All language subtitles for Le.Parfum.Vert.2022.FRENCH.1080p.BluRay.DD5.1.H264.SDH.fre

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Original subtitles

Musique intrigante

-Tu sais comment il a traduit "La Boîteuse"?

II traduit "La Claudicante".

-Sarah, c'est un mensonge.

Dis ce que tu voudras,

mais ne m'insulte pas par ce mensonge!

-Malhonnête et vil.

Tu dois de l'argent à Lébédev et pour te détourner

de ta dette, tu veux tourner la tête de sa fille, la tromper comme moi.

-Tais-toi, nom de Dieu! Je ne réponds pas de moi.

La colère m'étouffe et je pourrais t'insulter.

-Tu as toujours impudemment trompé les gens.

Toutes les mauvaises actions, tu les mettais sur Borkine,

mais à présent, je sais qui en est l'auteur.

-Tais-toi,

Sarah, ou va-t'en!

Ou bien un mot m'échappera.

Je suis tenté

de te dire quelque chose...

d'affreux, d'outrageant.

Tais-toi...

sale Juive!

-Je ne me tairai pas.

Tu m'as trop longtemps trompée pour que je puisse me taire.

-Tu ne te tairas donc pas, au nom du ciel?

-Va tromper la Lébédev!

-Sache donc que... Sache donc que...

Que tu vas mourir bientôt.

Le docteur a dit que tu allais mourir bientôt.

Murmures dans le public

-Quoi?

-On m'a assassiné.

Le Parfum vert.

Musique intrigante

-Bonsoir.

-Louise! Louise!

La Comédie-Française.

-Quoi? -Un comédien est mort sur scène.

-Vlad?

On a fouillé sa loge, les coulisses, la scène?

-Pas d'effraction dans sa loge.

Le tueur avait tout : badges, clés, plans du bâtiment.

T'avais raison, y a un complice dans la troupe.

-Tu viens, Martin?

Ça va?

Rentre chez toi. Tout le monde comprendra.

-Non, mais ça va aller.

T'inquiète pas.

C'est juste que je.

J'ai les papiers du divorce à signer demain, en plus.

-Ça se remet, c'est pas grave.

-Ouais, c'est certain. T'as raison, ouais.

Excuse-moi. Tout se mélange dans ma tête avec tout ça.

Va falloir que j'appelle ma femme.

-Envoie plutôt un texto à l'avocat, non?

-Ouais, je vais faire ça.

Je reviens.

Les toilettes, s'il vous plaît.

-Derrière la réception à gauche. -Merci.

Musique intrigante

Lâchez-moi!

La porte s'ouvre.

-Attendez ici.

La porte s'ouvre.

-Asseyez-vous.

Asseyez-vous!

J'ai peur qu'on ait été un peu brusque avec vous,

mais on ne vous veut aucun mal, rassurez-vous.

Je me sens bien ici.

C'est agréable d'avoir un endroit à soi, tranquille.

Où on peut réfléchir, lire, où on peut se retrouver,

loin des tracas du monde.

Vous connaissez ça?

-Dans ma génération, c'est compliqué

d'avoir une maison de cette taille en région parisienne.

-Vous êtes jeune, ne vous inquiétez pas.

Vous aurez un jour un endroit à vous comme celui-là.

La vie moderne nous rend fous. Vous ne trouvez pas?

-Désolé, je suis épuisé. J'aimerais vraiment aller me coucher.

-Je comprends. Vous ne passez pas une bonne journée.

-Non. Je peux appeler un taxi?

-Attendez. On va vous raccompagner dans quelques instants.

On a sacrifié votre génération.

On vous a fait des promesses qui n'ont pas été tenues.

On vous a promis un buffet

et quand vous êtes arrivés, il ne restait plus rien.

Vous vous intéressez à la politique?

Je crois

que la jeunesse se politise à nouveau.

C'est normal avec tout ce qu'il se passe.

L'échec sans appel du libéralisme,

de la soi-disant démocratie américaine et européenne.

On a cru qu'on pourrait acheter les gens

avec des téléphones portables, des ordinateurs,

des campagnes électorales pleines de promesses vaines.

Mais vous, vous vous réveillez.

Même ma génération se réveille.

L'esprit critique s'éveille enfin.

Les Nations aussi.

On voit bien qu'avant tout, il faut du caractère,

qu'on a besoin d'hommes et de femmes qui sortent des cadres,

qui pensent les choses autrement, librement!

II faut des dissidents,

des résistants! -Excusez-moi. Je.

Je comprends pas ce que vous dites. Je voudrais vraiment y aller.

-Vous avez déjà séjourné en République de Volhynie?

À Rivne? À Loutsk?

-Où ça?

-Que vous a dit Vladimir Mstislavitch

à l'oreille avant de mourir sur scène ce soir?

-Rien. Il a voulu parler, mais des mots sans signification

sont sortis de sa bouche.

Des vagues bruits.

C'est vous qui avez commandité son meurtre?

Vous allez me tuer, maintenant?

L'homme parle en allemand.

-M. Rémi me demande

si on va l'assassiner ce soir.

Martin gémit.

(En allemand) Assassiner

deux comédiens de la Comédie-Française le même soir,

c'est un peu compliqué.

Je ne suis pas sûr qu'on nous féliciterait.

-II va pourtant bien falloir contrôler la situation, Einhardt.

Musique intrigante

-II n'a jamais parlé d'autres activités?

-Non. C'était un travailleur acharné. Il ne vivait que pour le théâtre.

On n'a pas beaucoup de temps pour le reste.

On joue souvent tous les jours, toute l'année.

-Son époux est éditeur, c'est ça?

-Oui. Il était à New York. II revient ce soir.

-J'insiste. Vous ne lui connaissiez aucune activité militante

liée à son pays, aux droits de l'homme?

-Non. En tout cas, il n'en parlait pas.

-Bonjour.

Martin Rémi, vous savez où il est?

L'homme à qui Vladimir a dit ses derniers mots.

-Il est pas là.

Il est parti hier soir, sans dire au revoir,

au milieu d'un verre qu'on prenait entre nous.

-Et ça vous a pas paru bizarre?

-Si.

Il a même oublié son portable.

Tenez, je l'ai pris. Comme je savais

qu'on se voyait.

-Il est déchargé?

-On m'a demandé de pas vous réveiller.

Vous inquiétez pas, la course est payée.

-Ah.

Merci.

-Bonne journée.

*-Nous recherchons un artiste de la Comédie-Française.

*-Est-ce qu'il s'agit de Martin Rémi?

*Propos indistincts

Musique de suspense

-Quoi?

Mais comment ça?

C'est une blague, j'espère?

Non, attends, n'inverse pas la situation.

C'est pas moi qui exagère

et qui ai un comportement de folle, c'est toi!

Oui, moi, je veux pas la voir,

Je veux pas dîner avec elle. Tu me dis : "Je comprends."

Maintenant, tu me dis que finalement, on se retrouve tous ce soir

et que ça va être sympa.

Quoi?

Avec son mari et ses gosses? Laisse-moi rigoler.

Mais je m'en fous. Voilà, je viens pas.

Tant pis si tu es déçue.

Arrête avec ton chantage affectif. Je suis pas énervée, je suis sereine.

Je m'en fous, je viens pas.

Je vais pas me réconcilier avec ma sœur car d'un coup,

tu trouves ça sympa d'organiser un dîner à la con

avec que des gens qui peuvent pas se blairer.

Écoute,

maman, je peux pas te parler, je suis en pleine séance de dédicace.

Oui, il y a du monde.

T'en as pas marre de projeter sur moi tes angoisses?

Il faut que je te laisse. Un type bizarre vient m'emmerder.

Je dis qu'il faut que je te laisse.

Oui, je te laisse.

Je te laisse.

Je te dis que je peux plus te parler.

OK, salut!

Salut.

-Bonjour. Fracas

-Ouh là! -Désolé.

-Laissez, je vais ramasser. -Non, c'est moi.

-C'est bon.

-Désolé.

J'aurais besoin d'un renseignement, là.

Mais je sais pas trop.

-Je vous écoute.

-C'est compliqué. C'est...

Par où commencer?

-Allez-y. On vous écoute.

-Oui. Est-ce que vous connaissez beaucoup de collectionneurs?

-De collectionneurs de bandes dessinées?

-Ouais. Enfin, non. De. Je sais pas.

Plutôt des collectionneurs de dessins originaux, d'albums rares,

de planches.

-Je pense pas que vous trouviez ça ici.

Ici, c'est les lecteurs de BD.

Ou des parents qui aiment habiller leurs enfants en pyjamas Snoopy.

-D'accord.

J'ai été chez quelqu'un hier qui avait une grande collection

et je cherche qui il est et où il habite.

-Vous avez été chez quelqu'un et vous cherchez où il habite?

-Oui. C'était la nuit.

-Vous étiez chez quelqu'un la nuit, mais vous le connaissez pas.

Ça va, votre vie? -C'est compliqué.

Je. J'ai été plus ou moins kidnappé.

-Vous avez été kidnappé par des collectionneurs de BD?

C'est pas mal, ça.

Je sais pas. Il faudrait aller à la galerie Glénat

ou chez un type comme Albert Lejeune, non?

C'est pas loin.

-Albert Lejeune? Et où je peux le trouver?

Maintenant, il est... Ou vous avez son numéro de téléphone,

que je puisse l'appeler? -Désolée.

Je dois prendre l'air. J'aime pas rester assise des heures.

En plus, y a personne. C'est pas ma journée

non plus. On va aller retrouver votre type, ça me calmera.

Quand je suis énervée, j'ai besoin de me déplacer.

Je reviens dans 2 heures. Vous ferez patienter les fans.

Les collectionneurs vont pas dans des magasins comme ça.

Ils fréquentent des galeries spécialisées.

Y en a pas dix mille dans Paris.

-Je me demande si je devrais pas aller à la Comédie-Française.

-À la Comédie-Française?

Vous avez une envie soudaine de voir une pièce à 10 h du mat?

-Non, à cause du meurtre. Ils interrogent les comédiens.

-Vous êtes comédien de la Comédie-Française?

-Oui. Oui.

-Et y a une histoire de meurtre, en plus de l'enlèvement?

-Un des types qui m'a enlevé était policier.

C'est un peu entremêlé, désolé.

-On va pas retourner à la Comédie-Française.

Vous vous ferez pas enlever une 2e fois,

ni arrêter par un flic véreux.

Je connais un mec dans une galerie.

On va essayer de retrouver votre type et vous vous occuperez du reste après.

Vous êtes quand même un peu particulier.

-Je suis pas comme ça normalement.

-Ah bon? Dommage. Ça vous donne un côté.

-Mythomane? Fou?

-Non, un petit côté déglingué qui vous va pas mal.

-Vous devez aimer les gens qui ont des emmerdes.

-Oui, ça doit être ça.

Bonjour.

-Claire!

Comment vas-tu?

-Très bien. Et toi?

-J'ai pas encore lu ton album. -T'inquiète pas.

Je viens avec un ami, il a besoin d'un renseignement.

C'est à vous.

-Bonjour.

-Bonjour.

-En fait, je cherche un.

Un collectionneur.

Il a une grande maison en banlieue parisienne.

Et voilà. Il a une soixantaine d'années.

Peut-être un peu plus.

-C'est pas hyper précis. Je sais pas comment vous vous appelez.

-Martin. -C'est n'importe quoi, Martin.

On va jamais le retrouver. Il ressemblait à quoi, exactement?

Y avait quoi dans sa collection?

Y avait des éditions originales? Des.

Des albums anciens?

Des planches accrochées aux murs? Des dessins?

-Oui, il y avait des planches en noir et blanc aux murs.

Et y avait des.

Des souris. Ou des rats, je crois. Des rongeurs, en tout cas.

Mais ils étaient en habits de ville.

Mais pas tout le temps.

-Bonjour. -BONJOUR.

-Désolé. J'ai des problèmes de mémoire depuis ce matin.

-Des rats en habits de ville, des souris...

C'est Mickey .

-C'est pas Mickey , j'aurais reconnu ça.

C'était un truc français, je crois. Ou belge, peut-être.

- Les Schtroumpfs?

-Des rongeurs?

-Faut que j'aille au bureau. -Oui.

Des rongeurs.

Ah oui! Chlorophylle? Sibylinne?

-Ouais, peut-être.

-Le dessinateur de Chlorophylle ,

c'est Raymond Macherot. Un dessinateur assez important.

-Vous pouvez me montrer un dessin de lui?

-Oui. -Merci.

Oui, c'est ça!

-Ah oui, Macherot.

C'est assez pointu. Moi, j'aurais jamais pensé.

-Vous connaissez

des gens qui collectionnent ça?

-C'est assez facile. Il y a un grand collectionneur

de Macherot. Joseph Van Damme.

Il est belge, mais il a une maison vers Rambouillet, je crois.

-Clothilde?

-Oui? Je reviens.

-D'accord, Rambouillet.

Musique intrigante

-On se barre. -Quoi?

-On se barre. Je le sens pas.

-Ah bon? -Non.

-Vous êtes un énorme angoissé, j'adore!

-Il faut trouver un taxi, vite.

Hé! -Attendez, regardez.

Mais vous êtes recherché. -Oui, justement.

Sirènes

Vous venez?

Venez! -Oui.

Oh, les salauds! [Is vous ont carrément dénoncé.

Quand même.

Collectionneur de Raymond Macherot, blablabla.

Il est aussi un grand ponte de la Commission européenne

et responsable de la sécurité informatique à Bruxelles.

-C'est pas lui, Van Damme.

-Si, le Van Damme qui collectionne Macherot, c'est lui.

Il pose à côté de sa maison. C'est celle-là?

-Oui. C'est la bonne maison

et la bonne collection, mais pas le bon bonhomme.

-Ca devient vraiment bizarre, cette histoire.

-Excuse-moi, il faut...

Il faut que je m'accroupisse, je fais un malaise vagal.

-T'es déjà accroupi.

-II faut que je m'accroupisse plus.

Signal de message

-Oh.....

Elle me fait chier!

-Je peux pas rentrer chez moi ou à la Comédie-Française.

Je suis vraiment dans la super merde.

-La seule solution, c'est que tu partes à Bruxelles.

-À Bruxelles? J'ai même pas la force de me relever.

-Je réfléchis à haute voix. J'essaie d'être force de proposition.

-Aller voir le Van Damme à Bruxelles, c'est la seule chose

que je peux faire qui a un sens. -Oui.

-À moins de me cacher dans une cave pendant 5 ans.

-Mais quelle conne!

-Quoi? Qui ça?

-Ma sœur. -D'accord.

-On se parle plus depuis 10 ans, c'est une conne.

Ma mère veut qu'on se voie ce soir, c'est l'enfer absolu.

Ma sœur me fout un coup de pression, c'est insupportable.

-D'accord. Attends, je.

Je vais aller me cacher, finalement.

J'arrive pas à faire trois pas. J'ai besoin de dormir 48 h.

-Quand je suis énervée, je bouge. On va aller Gare du Nord.

T'as une carte Vélib?

Sirènes

Musique rythmée

Ça va?

-Ouais.

Il crie.

Fracas

-Ça va?

Oh, la vache!

-Je suis de plus en plus dans le pâté depuis ce matin.

Ils m'ont fait une injection cette nuit.

-T'inquiète pas, je suis là. Vas-y, Martin. Allez!

Voilà.

Ça va?

Qu'est-ce qu'ils t'ont donné comme truc?

Ça va?

-Ouais, c'est...

-Qu'est-ce que... Elle crie.

Mais ça va?

-CÇa va.

Ça va. -Non, ça va pas.

-Ça va, j'ai eu un coup de...

-Je t'accompagne à Bruxelles. -Non, t'as ta signature.

Le téléphone sonne.

-Oui? *-IIs vous attendent.

-OK, on arrive.

-Je vous écoute.

-On fait au plus vite,

mais il manque encore pas mal de pièces au puzzle.

Il apparaît certain dans les synthèses d'écoutes, de surveillances numériques

que l'opération principale aura lieu à Budapest la semaine prochaine.

Le meurtre de Vladimir Mstislavitch à la Comédie-Française

n'était qu'un préalable à ce qui va s'y dérouler.

Mstislavitch avait compris

qui était l'agent de Hartz dans la troupe

et comment il allait faire l'échange de l'Anthracite à Budapest.

-L'Anthracite, c'est le prototype

que les services chinois doivent livrer à Hartz?

-Oui.

-Quand en serez-vous sûre?

-C'est compliqué.

Hartz sait que son organisation est surveillée. Ça fait 3 semaines

que personne du Parfum vert ne communique par voies classiques.

Téléphone Oui?

*-Ils viennent de monter dans le 12h35 pour Bruxelles.

-D'accord. Merci.

-Que vont-ils foutre à Bruxelles? -Un de nos hommes est

dans leur wagon. On est en contact avec lui.

Musique intrigante

-Voilà.

Et voilà.

-Merci.

-Bon, alors...

Assassinat de Vlad. -Parle moins fort.

Elle chuchote. -Assassinat de Vlad. Pour qui?

Pourquoi? Quel est le lien avec Van Damme?

Et qui est le faux Van Damme qui t'a accueilli dans sa maison?

Et qui est

la dame qui t'a injecté

de la drogue?

-Les portraits sont absolument pas ressemblants.

-J'ai pas vu les gens, donc on va se débrouiller comme ça.

-Ça m'embrouille un peu, quand même.

-34, 36. C'est par là, ma puce.

Bonjour.

Assieds-toi.

-Je voulais m'asseoir ici.

-Non, on verra après, mon petit chat.

Pose tes affaires. Excusez-moi, c'est mes pieds.

Y a rien. Tu veux pas ça, plutôt?

C'est très bien. -Non.

C'est pas Doudou rouge.

-Je vais envoyer un message à maman, elle va envoyer le doudou.

Quand on va arriver, il sera là, le doudou rouge.

-Et qu'est-ce qu'on fait?

-On peut jouer. T'as plein de jouets.

T'as plein de joujoux.

T'as la fusée avec les petits cosmonautes.

-Mon divorce! -Quoi, ton divorce?

-On avait rendez-vous pour signer. Je devais prévenir mon avocat.

-Si t'es angoissé, on va pas s'en sortir.

Ton divorce va attendre.

Tu vas pas me faire un infarctus avant d'arriver.

C'est quoi, le problème?

Dis-le-moi. T'es un Ashkénaze flippé? C'est ça?

Un Ashkénaze qui fait de l'hypertension artérielle?

-Les deux. Je prends un médicament pour l'hypertension depuis mes 19 ans.

Pour le côté ashkénaze, y a rien à faire.

-Regarde le type.

Regarde ses pompes. II a des rangers.

-Oui?

-C'est des rangers!

-Et?

-C'est des rangers.

-C'est toi, l'Ashkénaze paranoïaque!

C'est un SS déguisé en avocat qui va venir t'arrêter?

-Mais un homme d'affaires avec des pompes

et une coupe de légionnaire, ça colle pas.

Je suis ashkénaze paranoïaque, ça m'a toujours servi,

les paranoïaques s'en sortent toujours.

-T'étais aux El?

-Ouais. Pourquoi?

-T'as une tête de cheffe scoute. J'ai eu plein d'animatrices comme toi.

-Toi aussi, t'étais aux éclaireurs israélites?

-Jusqu'à 13 ans. J'en avais marre de pas me laver pendant 3 semaines

et de me moucher avec du PQ mouillé.

-La chochotte!

Et quel groupe local?

-La Victoire. Et toi?

-Strasbourg.

-Tu es là, voilà.

-Non, je voulais être là.

-Bon, je suis crevé.

Il faut que je me repose, sinon je vais encore faire un malaise.

-Ouais. -En tout cas, merci pour tout.

Par contre, si tu pouvais guetter un peu.

-Oui.

Oui, repose-toi.

-Laisse-moi sortir.

-Attends, ma jambe. -Ne mets pas ta jambe sous la mienne.

-Je vais aller à la voiture-bar m'acheter un truc,

je crève la dalle.

-Je reste là. Je vais dormir, enfin faire semblant.

Attends! La femme à l'imper.

Mais celle qui vient de passer, putain!

-Oui, la femme à l'imper. Je l'ai vue.

-Elle était à la Comédie-Française hier.

Elle marchait rapidement. Je l'ai trouvée étrange.

-Tu la connais, la dame?

C'est ta femme?

-Chut!

Attends. Reste là, je reviens. Ça va un peu mieux.

Musique intrigante

Où t'as trouvé ça?

Où t'as trouvé ça?

-Pardon? -Je demandais à votre enfant

où il a trouvé cette photo. -Ça vous regarde pas.

-C'est très important.

-Je m'en fous. Vous vous adressez pas à mon fils sans passer par moi.

-Oui, vous avez raison. Désolé. -Bon....

Chéri, t'as trouvé ça où? -Dans la poubelle, derrière.

-Merci.

-Chut.

-Elle est où, ta copine?

Elle voulait pas que tu la trouves?

-Laisse le monsieur tranquille, s'il te plaît.

Tu veux pas manger un gâteau? -J'aime pas.

-Tu l'as commencé tout à l'heure. -J'aime pas.

J'ai goûté, j'aime pas.

-Comment ça? C'est très bon. -Non.

-T'es là. -Ouais.

-La femme a disparu. -Comment ça?

-Je l'ai perdue. Elle a croisé un type qui lui a donné une enveloppe.

-Il est passé où, le type?

-À la place du légionnaire. -C'est qui, le légionnaire?

-Le type qui avait des chaussures qui allaient pas avec son costume.

-Ah oui. -Mais c'est pas tout.

-Bonjour. Titres de transport, s'il vous plaît.

Merci.

S'il vous plaît.

Merci. Bon voyage.

-"C'est pas tout”, tu disais.

-J'ai trouvé l'enveloppe que le type a donnée à la femme à l'imper.

-Mais non? -Si.

Elle l'a lue et elle s'en est débarrassée immédiatement.

-Montre!

-CÇa, c'est le vrai Van Damme.

-Elle doit le tuer.

C'est l'objet de son contrat.

-C'est sans doute elle qui a tué Vlad.

Et ça, c'est un dessin.

-Ben oui.

Fais voir. -Ca peut être quoi?

-Je le connais, ce dessin.

C'est un Kandinsky. Il est à Pompidou. Ça a un nom très bizarre.

C'est.

"Grüner Duft".

-Pourquoi on lui a donné un dessin de Kandinsky qu'elle a jeté?

Voilà. -C'est là qu'elle s'est volatilisée?

-Ouais. En tout cas, elle a pas pu aller plus loin de toute façon.

Ça veut dire quoi, " Grüner Tuft "?

-"Duft", "douft"...

" Duft", c'est...

C'est odeur.

Et" Grüner", c'est vert. C'est "odeur verte".

-Odeur verte.

Odeur verte.

Le parfum vert.

Le parfum vert!

-Quoi, le parfum vert?

-On va à la voiture-bar.

-Vous désirez autre chose? -Non, merci.

Je paie par carte. -CÇa fera 16 euros.

-Merci.

-Merci.

-"Le parfum vert", c'est les derniers mots de Vlad.

Il m'a dit : "On m'a assassiné." Non. "C'est un assassinat."

Un truc comme ça. Il m'a dit "le parfum vert" et il est mort.

-C'est un genre de code.

Une forme de confirmation d'ordre pour lancer une opération.

-Comment on s'organise à Bruxelles?

-On fonce au quartier européen prévenir Van Damme.

-OK. On saute dans un taxi et on fonce.

Je me demande comment réagit la troupe.

-La troupe? -De la Comédie-Française.

Me soupçonnent-ils? On doit partir en tournée en Hongrie,

je sais pas si je pourrai y aller.

Je devrais appeler le mari de Vlad et Caroline,

mais j'ai plus de portable. -Tu veux le mien?

Elle hurle.

Le voilà, ton légionnaire!

-Allez.

Souffle.

Souffle.

Plus gros. II est tout petit.

Allez! -La femme à l'imper.

-OK, on la suit.

-Elle est où? Là !

-Je suis enceinte! -Elle est enceinte!

Elle est enceinte. Pardon, poussez-vous.

-Merci. -Bonjour.

Musique rythmée

-Elle s'est arrêtée là.

Elle s'est arrêtée.

-Arrêtez-vous, arrêtez-vous.

-On vient voir M. Van Damme.

-Vous avez rendez-vous? -Non, c'est pour une urgence.

-Désolée, mais sans rendez-vous.

-M. Van Damme va être assassiné.

-Excusez-moi?

-Appelez M. Van Damme. Vite!

Le type du train!

M. Van Damme va être assassiné!

-Y a son assassin

dans l'escalier. -L'homme,

il faut l'arrêter. Y a déjà une tueuse dans le bâtiment.

-Que risquez-vous à nous croire?

Vous voulez la mort de M. Van Damme sur la conscience?

-Benoît? J'ai une urgence. Y a...

2 personnes étranges qui franchissent le portique.

Elles disent que M. Van Damme va se faire assassiner.

-Là.

Là!

Y a la fille!

Musique de suspense

-CÇa va aller.

Choc

-Bonsoir.

-Bonsoir.

-Suivez-moi.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Vous allez dormir ici ce soir.

-La maison est gardée par la police.

Vous n'avez pas le droit de sortir pour votre sécurité.

Les chambres sont à l'étage. -On viendra demain matin.

On pourra discuter.

En attendant, reposez-vous.

-Ah oui.

Voici votre portable.

-Et voici le chargeur correspondant.

-Merci, mais comment vous avez récupéré ça?

-Habituez-vous à pas trop poser de questions.

-Ou à ne pas recevoir trop de réponses.

-Bonsoir. -Bonsoir.

Il soupire.

Oui, Grégoire. C'est Martin.

J'appelle peut-être un peu tard.

J'imagine que la police t'a expliqué mon absence. Enfin, j'espère.

Je sais pas trop quoi dire.

Je suis dévasté.

Je me retrouve tout seul et...

Je me rends compte que je reverrai plus Vlad.

Enfin, qu'on reverra plus Vlad.

Et.

Je pense à toi.

Hésite pas à me rappeler, même dans la nuit.

Je t'embrasse.

Musique intrigante

Vacarme

Une porte claque.

-Martin, c'est moi.

-Oh!

Tu m'as fait peur.

Ça va?

-La balle a transpercé la jambe sans toucher l'os.

Ça fait très très mal, mais bon, ça va aller.

J'ai tellement faim!

Putain. Faut que je laisse un texto à ma mère, j'ai plus de batterie.

-Attends, tiens. J'ai récupéré mon portable.

Tu veux pas l'appeler?

-Non, pitié. C'est aussi pour sécher un dîner avec elle

que j'ai accepté de t'accompagner à Bruxelles.

Je préfère me prendre une balle dans la jambe

plutôt que de tomber sur elle qui va m'expliquer

pourquoi j'ai eu tort de pas dîner chez elle ce soir avec ma sœur.

Voilà.

On n'en parle plus. Y a quoi? -C'est pas trop mal.

Des trucs de traiteur sophistiqués genre houmous,

caviar d'aubergine, boulgour.

-C'est bon! J'ai tellement faim.

-Tu veux du houmous? -J'en peux plus du houmous.

-T'as passé trop d'étés en Israël?

-Ouais. J'y ai vécu 20 ans. Je suis rentrée y a deux ans.

-Ah bon?

-Y a pas de la vraie nourriture?

Toutes ces assiettes de mezze, ça va 2 minutes.

-Je sais pas. Tu veux que je fasse des pâtes?

-Super! Super, j'ai tellement la flemme.

Aïe.

-Et pourquoi t'es rentrée?

-De l'hôpital? -Pourquoi t'es rentrée en France?

-Je sais pas. J'en sais rien. Je crois que l'Europe me manquait.

-L'Europe? Ça existe, l'Europe?

-Ben...

Au début, j'étais bien en Israël. J'aime bien les Israéliens.

J'en pouvais plus des Français bien élevés, leur côté...

ils te toisent car ta mamie vit pas dans le même coin depuis 800 ans.

Ça va?

-T'inquiète pas, laisse-moi faire.

L'eau va pas bouillir plus vite si tu la regardes avec un air fâché.

-J'ai tellement faim!

-Il reste des feuilles de vigne farcies. C'est délicieux.

-C'est pas de la bouffe. C'est quoi?

Il fait nuit, je me suis fait tirer dessus...

J'en ai rien à foutre de leur apéro oriental.

Ils sont débiles, ces espions français.

-Alors, l'Europe? -Quoi, "l'Europe"?

-L'Europe te manquait?

-J'ai l'impression que ça t'intéresse pas.

-Ben si!

-Ah bon?

Je te la fais vite.

-T'inquiète pas. De toute façon, on va pas dormir de la nuit.

-Oui, t'as raison.

Je sais pas. Au début, c'est assez classique.

Je voulais quitter la France car je pensais appartenir à une histoire,

un destin,

celui des Juifs,

et que désormais, ça se jouait en Israël.

Pourtant, on m'avait dit : "Tu verras là-bas, la vie est dure."

Ils sont pas sympas, ils sont mal élevés,

y a des attentats,

la tension liée aux guerres, aux occupations.

Et l'État qui t'aide pas à t'intégrer.

Tu mets bien 180-200 g minimum.

-Je vais faire toute la boîte.

Si j'en fais pas pour moi, ça va me donner envie.

Continue, continue.

-Non, mais petit à petit, je me sentais bien là-bas.

Je militais à gauche, j'apprenais l'hébreu, l'arabe.

On perdait tout le temps. Tous les combats, les élections, tout.

Je me disais que c'était pareil dans le monde entier.

Quand t'es à gauche,

tu t'élances comme ça de défaite en défaite

dans un grand élan romantique.

-Tiens! Y a de la sauce tomate aux olives. Ça te va?

-Ouais, super.

-Et?

-Et...

Écoute, je sais pas.

À la fin des années 2000,

je me suis dit que quelque chose prenait pas pour moi là-bas.

Je sais pas. Comme si en fait...

j'étais pas non plus à ma place là-bas.

-La France te manquait.

-Non. Je crois que la France, je m'en foutais complètement.

Je crois que...

C'est l'Europe qui me manquait, en réalité.

C'était l'Europe comme espace intellectuel, tu vois?

Comme lieu de débat.

Oui, c'était mon espace intellectuel, affectif, politique

entre Londres

et Berlin, Amsterdam et Naples.

Tu comprends rien de ce que je dis.

-Quoi?

-J'ai l'impression que tu comprends rien.

-Parce que je fais la cuisine?

-Non, t'as l'air de rien comprendre.

-Si. Je suis pas complètement débile.

Je joue Shakespeare, Molière, Brecht, Goldoni.

Je sais ce que c'est, l'Europe.

-Ben oui.

J'avais l'impression qu'Israël,

c'était la conséquence d'une grande guerre civile européenne

et que peu à peu, elle prenait son autonomie. Je trouvais ça beau.

En fait, Israël a plus grand-chose d'européen

et j'avais plus grand-chose à y faire.

J'étais perdue pour la cause, j'étais trop européenne.

C'est ça dont parle ma BD.

J'en ai vendu 72, d'ailleurs.

-T'avais un mec là-bas?

-Ouais, j'ai eu plein de mecs. Je veux dire,

j'ai eu 2 ou 3 vraies histoires.

Ça se joue à deux, trois conneries.

Tu te retrouves à 40 ans et puis, t'as pas de mec

et t'as pas d'enfants.

Je crois que j'ai jamais vraiment voulu d'enfants.

Si j'avais eu une famille, ça se serait passé autrement.

J'aurais été plus contrainte.

Mais bon.

-C'est quoi, les 2 ou 3 conneries?

-Hein?

-Les 2 ou 3 conneries qui font que tu t'es jamais mariée.

Non, excuse-moi, je veux pas être intrusif.

Mais c'est juste que...

J'ai eu que des histoires de merde. Je divorce au bout d'un an, donc.

Quand tu dis "2 ou 3 conneries", tu peux en dire plus.

-J'ai jamais vraiment réfléchi à ça.

J'ai jamais dit que j'avais eu des histoires de merde.

-Moi, j'ai eu que des histoires vraiment merdiques.

-Je sais pas quoi te dire. Je suis désolée pour toi.

Il reste des pâtes?

-Ouais. J'arrive.

-Merci.

Je t'écoute.

-J'ai l'impression que j'ai pas de problème, c'est juste que...

Toutes mes histoires foirent, car j'ai jamais de chance.

J'ai toujours eu de la chance dans la vie.

Et en amour, c'est l'inverse.

Le Conservatoire, j'aurais jamais dû l'avoir et si.

La Comédie-Française, pareil. Je suis un acteur très moyen.

En général, j'ai de la chance dans la vie.

Avec les filles pour des trucs courts, ça a toujours été simple.

Mais en amour, dès que ça devient sérieux,

je tombe toujours sur la fille qu'il faut pas.

Ma femme, c'est hallucinant,

le niveau d'erreur dans lequel j'étais.

-Tu penses que t'as de la chance pour tout dans la vie sauf en amour?

-Ouais. Je peux pas dire autrement. Hormis en amour, j'ai de la chance.

-Réjouis-toi, parce que quand même, la chance,

si j'étais toi, je serais plus trop sûr.

-En tout cas, on s'est rencontrés.

Musique douce

-Je m'endors un petit peu.

-Bonjour.

On a des choses

à se dire et je dois être à Paris avant midi. Parlons.

-Bonjour.

-Bonjour.

Vibreur

Un numéro que je connais pas m'appelle.

-Répondez.

-Oui. AIIô?

Je comprends pas ce que vous dites.

Vous pouvez répéter?

Quelqu'un me demande de parler à sa fille.

-Laisse tomber, c'est ma mère. Passe-moi le téléphone.

Allô?

Mais tu veux pas me foutre la paix?

Mais oui, ça va!

Je te rappelle.

Mais je te rappelle!

Non, je te rappelle!

-Apportez-leur des cafés.

Que vous a dit Vladimir Mstislavitch avant de mourir?

Pardon d'être directe.

-Qu'on l'avait assassiné.

-C'est tout?

-Il a dit aussi "Le Parfum vert".

-C'était la 1re fois que vous entendiez ces mots?

-Ensemble, oui.

-Mme Cahen, laissez-moi seule avec M. Rémi, s'il vous plaît.

-Je vous demande pardon?

-Laissez-moi seule

avec M. Rémi. Ne faites pas comme si vous compreniez pas.

-Non, elle sort pas.

Elle a risqué sa vie avec moi,

elle a compris des choses bien avant moi,

bien avant vous aussi, sans doute.

Elle a failli y passer, elle reste avec nous.

-Elle est complètement d'accord. Elle sort pas!

Elle a risqué sa vie, elle a très mal à la jambe, donc elle reste.

-J'ai perdu un de mes meilleurs amis. Ça se voit pas, mais je suis furieux.

Je veux savoir ce qu'il se passe.

Et je veux le savoir en présence de Claire. Cahen.

De Claire Cahen.

J'ai des questions précises à vous poser.

Votre inspecteur ou commissaire Fanch...

Vous savez pourquoi il voulait me faire porter le chapeau?

-Finissez-moi ce rapport sur cette fille pour dans 30 min.

Préparez vos affaires, on va bientôt y aller.

Le commissaire Fanch a été trouvé mort dans sa voiture ce matin à 5 h.

Vous avez dit que vous étiez furieux. Pourquoi?

-On a tué mon meilleur ami, la police voulait me faire accuser,

on m'a menacé, on a essayé de me tuer. Ça vous suffit pas?

-C'est quoi, le Parfum vert?

-Le Parfum vert est une organisation européenne

financée par la Russie

et des milieux d'extrême-droite américains et européens.

Elle doit intoxiquer l'Europe par un réseau de relations dans les médias,

dans le monde politique, dans le monde universitaire.

Elle chapeaute aussi des chaînes sur YouTube, des comptes Twitter.

Elle gère ou plutôt manipule des sites complotistes

censés donner une interprétation non-conformiste

à l'actualité internationale, notamment à ce qui se passe en Syrie.

-Attendez, excusez-moi.

-Leur puissance de frappe est considérable.

Le chef de cette organisation, c'est le Dr Hartz, un Autrichien

basé à Budapest.

Ancien conseiller personnel du président syrien.

C'est lui qui vous a enlevé.

Sa spécialité, ce sont les outils de manipulation de l'information.

En la matière, il a trois ans d'avance sur tout le monde.

Le Parfum vert voulait assassiner Joseph Van Damme

pour intimider l'UE, leur dire : "Arrêtez d'enquêter sur nos méthodes."

-Van Damme, d'accord. Mais Vlad?

-On travaillait avec Vladimir Mstislavitch.

Il enquêtait sur le Parfum vert, car on pensait

que l'organisation avait un agent infiltré

dans la troupe de la Comédie-Française.

-Dans la troupe? Mais c'est n'importe quoi!

-Vous faites régulièrement des tournées à l'étranger?

-Oui, de temps en temps.

-CÇa peut être pratique pour faire passer des choses à l'étranger

en toute discrétion, pour rencontrer des gens aussi.

Mstislavitch avait démasqué l'agent et c'est pour ça qu'il a été éliminé.

-Dis donc, la Comédie-Française, ambiance ambiance.

-Je vous en prie.

La semaine prochaine, la venue de votre troupe à Budapest

est sans doute le moment choisi par le Parfum vert

pour récupérer un prototype informatique

visant à multiplier de façon exponentielle

la puissance de contamination des fausses informations

sur les réseaux sociaux

et plus généralement, dans l'espace public.

Cet objet a pour nom de code l'Anthracite.

Mis au point par les Chinois.

-On a joué Un fil à la patte à Shanghai le mois dernier.

-Vous voyez.

Vous comprenez.

D'après nos écoutes, c'est le comédien ou la comédienne

qui travaille pour Le Parfum vert qui doit remettre à Hartz cet objet

le soir de la représentation.

Vous devez nous aider à identifier cet individu.

On fera échouer l'échange et récupérera l'Anthracite.

-Et Hartz?

-On ne peut rien contre lui pour le moment.

-Pourquoi?

-Des accords entre services. C'est compliqué.

-Il a fait tuer Vlad!

-Désolée, mais on n'est pas dans le droit commun.

C'est pas une vendetta personnelle. On l'aura une autre fois.

Nous sommes là pour récupérer l'Anthracite

et empêcher le Parfum vert de mettre la main dessus.

Évidemment, le risque pour vous n'est pas nul.

Au vu des récents événements,

le Parfum vert voudra sûrement vous assassiner.

Nous assurerons votre protection.

-Ça s'est bien passé avec ta femme?

-N'oubliez pas, l'agent du Parfum vert peut être n'importe qui.

Des agents seront dans le train pour votre sécurité.

Notre dernier agent qui vous suivait a été assassiné pendant le voyage.

Musique intrigante

-J'ai fait une crise d'angoisse. Je vis un enfer.

Je dois avoir 12 de tension.

Je suis à deux doigts d'appuyer sur l'alarme,

mais j'irais pas mieux pieds nus dans une forêt allemande.

Ça va, toi?

-J'arrive pas à dormir avec ma jambe. Dans leur lit, c'est pas génial.

-Je repensais à ce que tu me disais sur l'Europe.

L'Europe, ça me panique. Surtout ici, l'Europe centrale.

L'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie. Même la Pologne.

J'ai l'impression d'aller à Auschwitz.

Je pourrais me pendre tellement je suis angoissé.

-Chut.

-Sorry.

Y a trois ans, on devait faire une tournée à Cracovie.

Ma famille est de là-bas.

À l'aéroport, j'ai fait une crise d'angoisse,

J'ai repris l'avion pour Paris.

Budapest, ça va, mais la campagne, les bois, c'est pas possible.

Le train s'arrête.

-Chut!

Aboiements de chien

Coup de sifflet

Vibreur

C'est ma mère.

Elle me laisse un texto à 3 h

pour me dire d'aller sur un site de rencontre juif.

-Elle est insomniaque? -Elle est totalement insomniaque.

Elle me fait ça tous les deux mois.

Je la bloque. Je la mets en quarantaine téléphonique.

Je dois faire ça tout le temps, c'est infernal.

-Mets-la en quarantaine, c'est bien.

-Allez, viens.

Aboiements de chien

Le train redémarre.

(En anglais) -Bonjour.

-Ah!

Bonjour. -Bonjour.

-Vous parlez français? -No.

(En anglais) -Vous parlez anglais?

-Un peu.

-Je mets en scène la pièce de ce soir. Voici Martin Rémi,

un acteur de la troupe.

-Enchanté. -Enchantée.

-On est venus voir le théâtre, la scène.

-Si c'est possible.

-Attendez, je dois passer un coup de fil.

La fille parle en hongrois.

C'est bon.

La scène est en haut.

-MERCI.

-Je vais regarder le plateau. Prends la salle si ça t'inspire.

-OK.

-Alors?

Comment tu veux qu'ils communiquent entre eux?

Tu fais quoi?

-Ici, on suit les pièces étrangères avec le texte original.

C'est un peu comme une partition, vous voyez?

Nous sommes un peuple de musiciens,

comme les Autrichiens.

-"Shit music"? De la mauvaise musique?

-Partition.

-Partition.

-Vous n'avez pas de surtitres?

Une traduction au-dessus de la scène?

Même pour du Corneille?

-Non, pas ici.

-OK, merci beaucoup.

Au revoir, merci. -Au revoir.

-Au revoir.

-Comme une partition.

-Quoi? -Attends, je sais pas.

Comme une partition.

Comme une partition! -Mais quoi?

-J'ai compris comment ils vont communiquer!

-Hein? Vas-y !

-Mais depuis la scène.

C'est depuis la scène que le comédien indiquera

à la personne du Parfum vert l'emplacement exact de l'Anthracite

qu'il aura préalablement caché hors ou dans le théâtre.

Ils seront jamais en contact direct.

-Depuis la scène? Devant tout le monde?

Comment c'est possible?

-Je sais pas. En changeant le texte par moments ou alors...

en calant discrètement une erreur ou un code entre les deux vers.

Le traître, ce sera celui qui fera une erreur volontaire

sur des petits détails du texte et qui, par cette erreur,

donnera une indication précise à Hartz.

-Faut qu'on parle de tout ça à Louise.

-Avoue que c'est une évidence, que c'est la seule solution.

-Ouais, je réfléchis.

-Faudrait que l'équipe suive le texte. T'auras pas la tête à ça.

-Alors...

Ça, c'est le texte.

Le quitte pas des yeux, d'accord? -D'accord.

-À tout à l'heure.

Musique de suspense

Deploy, you come with me.

-Qu'est-ce que c'est que ça?

Quinze, vingt personnes pour lui. Le mec est un peu parano.

Ça déconne, ce truc.

Attends, je reviens.

Musique intrigante

Sonnerie

-Pour Vlad.

-POUR VLAD.

-De ce père affligé soulage les douleurs.

Une vieille amitié prend part en ses malheurs.

Rennes, ainsi qu'à moi,

lui donna la naissance,

et presque entre ses bras je passais mon enfance.

Là, de son fils et moi naquit l'affection.

Nous étions pareils d'âge et de condition.

-Dorante, c'est assez. Je sais ce qui l'amène.

Ce fils est aujourd'hui le sujet de sa peine.

Vieillard, n'est-il pas vrai que son éloignement

par un juste remords te gêne incessamment?

Qu'une obstination à te montrer sévère l'a banni de ta vue

et cause ta misère?

Qu'en vain, au repentir de ta sévérité,

tu cherches en tous lieux ce fils

si maltraité?

-Oracle de nos jours, qui connais toutes choses,

en vain de ma douleur, je cacherais les causes.

Tu sais trop quelle fut mon injuste rigueur.

*-Là, comme on vit d'esprit, il en vécut aussi.

Dedans Saint-Innocent il se fit secrétaire.

Après, montant d'état, il fut clerc d'un notaire.

Ennuyé de la plume, il la quitta soudain.

*Grésillements

-Merde.

-Monsieur?

-Que veux-tu, page? -Un courrier vous demande.

-D'où vient-il? -De la part de la reine d'Islande.

-Ciel! Qui sait

comme quoi j'en suis persécuté.

Un peu plus de repos avec moins de beauté.

Fais qu'un si long mépris enfin la désabuse.

-Voyez ce que pour vous ce grand guerrier refuse.

-Je n'en puis plus douter.

-Il vous le disait bien.

-Elle m'a beau prier : non, je n'en ferai rien.

Et quoi qu'un fol espoir ose encore lui promettre,

je lui vais envoyer sa mort dans une lettre.

-Trouvez-le bon, ma reine,

et souffrez cependant une heure d'entretien de ce cher confident...

-Rien de nouveau?

-Non, rien à signaler.

-On n'a rien remarqué de particulier. -Attends.

On vient de trouver un corps.

Vous restez là.

Ils parlent en hongrois.

(En anglais) -On interrompt la pièce?

On ferme le théâtre?

-Non.

On attend la fin de la pièce.

Musique classique

Signal de message

-Enfin, le terme approche.

Un jugement inique

doit faire agir demain un pouvoir tyrannique.

À son propre assassin immoler mon amant,

en faire une vengeance au lieu d'un châtiment.

Par un décret injuste autant comme sévère,

demain doit

triompher la haine de mon père,

la faveur du pays, l'autorité du mort,

le malheur d'Isabelle et la rigueur du sort.

Hélas!

Que d'ennemis.

Qu'est-ce-ci "l'autre jour"? Est-il temps

que je vous trouve ici?

-C'est ce grand capitaine. Où s'est-il laissé prendre?

-En montant l'escalier, je l'en ai vu descendre.

-L'autre jour, au défaut de mon affection,

J'assurai vos appas de ma protection.

-Après?

-On vint ici faire une brouillerie.

Vous rentrâtes voyant cette forfanterie.

Et pour vous protéger, je vous suivis soudain.

-Votre valeur prit bien un généreux dessein.

Depuis?

-Tu passes ta vie dans les coulisses. Tu quittes plus Caroline des yeux?

-Sans sortir? -Sans sortir.

-C'est-à-dire, en deux jours. Qu'il s'est caché, de peur,

dans la chambre aux fagots.

-De peur? -Oui, vous tremblez.

La vôtre est sans égale.

-Parce qu'elle a bon pas, j'en fais mon Bucéphale.

Fière monture,

ne tolérant sur son dos qu'un roi.

Lorsque je la domptais, je lui fis cette loi.

Depuis, quand je marche, elle tremble sous moi.

Musique classique

-Vous en êtes sûre? -Oui, je suis sûre.

-D'accord. On m'a dit la même chose. On va l'arrêter dans les coulisses.

-L'un et l'autre, parbleu. Cette ambroisie...

-Il sort quand de scène? -Moins d'une minute.

-C'est un mets délicat et de peu de soutien.

À moins que d'être un dieu, l'on n'en vivrait pas bien.

Il cause mille maux et dès l'heure qu'il entre,

il allonge les dents et rétrécit le ventre.

-Enfin...

C'est un ragoût qui ne vous plaisait pas?

-Quitte pour chaque nuit

faire deux tours en bas.

Et là, m'accommodant des reliefs de cuisine,

mêler la viande humaine avec la divine.

-Vous aviez, après tout, dessein de nous voler.

-Vous...

-Restez ici!

Musique de suspense

-Elle est où, Claire?

Je la cherche partout.

-J'ai d'autres chats à fouetter. On va peut-être pouvoir arrêter Hartz.

J'attends les autorisations.

-C'est pas normal. Depuis quand vous l'avez pas vue?

-Vous allez vraiment transformer votre cirque en prise d'otage?

-Prise d'otage, prise d'otage,

toujours les grands mots.

Vous autres, vous disparaîtrez sous le poids de votre suffisance,

de votre certitude d'être plus intelligents.

-"Vous", on peut savoir de qui vous parlez?

-Vous le savez très bien.

(En hongrois)

On parle en allemand.

Elle nous dira quand la voie sera libre, ça ne devrait plus tarder.

La fille.

Pas besoin d'otage.

On la laissera ici.

Une balle entre les yeux.

Musique classique

Alarme

-Claire!

Claire!

-Vous avez vu Martin Rémi et Claire Cahen?

Signal de message

-Mais quelle famille de fou!

Il faut que je lève la quarantaine de ma mère.

Voilà.

-Tu lui diras que t'étais avec un dentiste juif

que t'as rencontré sur son appli, ça la calmera.

-Non, parce que rien ne la calme.

Pendant ce temps-là, on sait pas où est l'Anthracite.

-Pas dans les mains de Hartz, en tout cas.

-Comme le message a été transmis de la scène,

qui te dit qu'il y avait pas quelqu'un dans le public,

du Parfum vert, qui avait pas envie de le récupérer aussi?

-C'est pas possible, le niveau de pessimisme.

Allez, viens.

Musique douce

-Quand on est pessimiste, on est toujours agréablement surpris.

-Tu parles. Le pessimiste souhaite que le pire arrive.

Anthracite

Musique douce

Musique intrigante

Musique calme

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