All language subtitles for Le Sixième Enfant

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Original subtitles

...

Vibreur

Quelqu'un se lève. Vibreur

Un bébé se réveille.

Vibreur

---

(- Allô ?)

(Ouais ?)

(Ça a fait comment ?)

(T'as pas débrayé ?)

Le bébé pleure. C'est la courroie.

- Chut...

- Cherche pas, la distribution est morte.

T'as tout cramé.

Bon... T'es où, là ?

...

Dans 20 minutes, on a les flics.

- C'est fini, là.

...

Vibreur

---

- Oui ? Bonjour, monsieur.

Je sais, mais j'ai eu un contretemps.

Un collègue a eu un souci,

mais c'est réglé, je peux être là dans une heure.

- T'as 800 kilos, là.

- C'est toi qui l'as brûlé ?- Oui, c'est nickel.

Soupir

- Tu l'as eu où ?

- Un électricien avec qui je traite.- T'as une facture alors ?

- Ton père signe juste le livre de police.

- Je suis pas mon père.

- Bon, je vais venir avec un gars pour libérer votre fils.

- On pèse, sinon vous bougez. - Attends !

- 9 h, pas plus.

- Allez, 2,20 euros. - Lâche l'affaire.

- OK.

- T'es sourd ou quoi ?

Je bosse pas avec vous, y a toujours des problèmes.

- Quels problèmes ?

- Je risque pas ma cabane pour des voleurs.

Mon père fait ce qu'il veut, moi c'est non.

Dis à tes potes les rabouins qu'il me faut une facture.

Fracas

Putain !

Cri- De la part des rabouins.

C'est un mort, ce mec.

- C'est toujours simple avec toi.- On bouge.

Cris lointains

- Ouvre la porte !

Ouvre !

- Ça va, dégage ! Coups sur la carrosserie

Putain, casse-toi ! - Ouvre la porte !

- Ils sont barjos !

Cris lointains

Et je fais comment ?

- On y va, c'est tout.

- Déménager du Louis XV avec 800 kg à l'arrière ?

Je vais te poser avec ton matériel, tu vas te débrouiller.

T'entends ?

Fracas

- Alors, vol aggravé. Au dépôt RATP, en plus.

Recel, agression...

Le ferrailleur a eu 8 jours d'arrêt. C'est pas bon.

Va falloir faire profil bas. - Pourquoi aggravé ?

- Parce que vous étiez deux. C'est bande organisée.

- J'y étais pas, au vol.- Il va falloir le prouver.

- Je vous jure.

- Je vous crois, mais jurer suffit pas.

Vous êtes déféré devant le procureur à 11 h.

Vous voulez que je vous assiste ?- Oui.

- Alors, évitez les "Je regrette" et "Je recommencerai pas".

Il entend que ça.

OK ? Pour mes honoraires, vous préférez quoi ?

Temps passé ou forfait ?

- J'ai pas d'argent.

- Pourquoi votre femme m'a appelé ? Je fais pas d'aide.

- Elle a regardé sur Internet.

(- Putain...)Soupir

Vos revenus, c'est quoi ? Normalement ?

Par mois : 1 000, 2 000 ?

- 1 000, ouais. Des fois, un peu moins.

- Bon, on va faire un truc.

Si je vous ai du sursis, vous me payez en 4 fois.

Disons 350 euros par mois.

Je vous fais confiance. Si c'est du ferme...

Tant pis pour moi. Ça vous irait ?

- Ouais.

- Ouais ? Bon, allons-y.

Et malgré le tableau que nous a peint Mme la procureure,

ce "petit truand"

se lève tous les matins à 5 h,

week-end compris, pour nourrir sa famille.

- Il n'a surtout pas d'emploi fixe.

- Non. Il est auto-entrepreneur.

Il fait principalement des déménagements.

Il achète légalement des métaux de réemploi, qu'il revend.

Il travaille aussi régulièrement au garage Baudoin, à Aubervilliers.

Il part chaque automne pour faire les vendanges.

Et avec tout ça, il habille,

soigne et nourrit ses 5 enfants. Mais c'est un marginal,

vous avez raison,

car il vit, par tradition, dans une caravane.

C'est tout ce qu'on pourrait lui reprocher.

- Êtes-vous imposable, M. Meyer ?

- Non.

- Mais vous remplissez une déclaration ?

- Oui. - Le dossier contient

les deux dernières,

M. le Président.

- M. Meyer, j'imagine que vous regrettez vos agissements ?

- Les regrets, ça sert à rien. Il faut savoir ce qu'on a fait.

- Je pense qu'un séjour à Fleury vous ferait du bien.

(- Ça, je crois pas.)

- Parlez dans le micro, M. Hernandez.

Il se racle la gorge.

- Fleury, ça fait du bien à personne.

- Pourquoi y passer votre vie alors ?

- Parce que vous m'y envoyez.

- S'il se tient bien, il peut sortir dans 3-4 mois.

Il a de la famille ?- Sa mère, c'est tout.

Je savais pas que j'étais aussi vertueux.

- Faut en rajouter un peu, sinon ça marche pas.

- Et voilà.

- MERCI.

- Il y a un sac de vêtements aussi, normalement.

- Oui, j'arrive. - Merci.

- J'ai jamais fait les vendanges.

- Mais si. Ça plaît toujours, ça.

Il faudra payer les 7 000 euros à la RATP,

sinon ils vont vous assigner, et là, ce sera du ferme.

- Alors ?

Sursis ?

Yes !

- Ma femme.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Bon courage pour la suite. Prenez soin de vous.

- Merci. Je vais vous payer, hein.

- Je sais.

Allez, au revoir.- Au revoir.

Au revoir. - Au revoir.

- Vous rentrez comment ?

- Bah, RER.

Elle baille.

- Je suis morte...

- J'ai plus de permis.

Deux téléphones, deux verres de vin, hop !

- Deux verres de vin ? - Oui.

- Non. Trois ou quatre verres de vin, plus deux téléphones,

plus des radars. - C'est bon.

Il pouffe de rire.

- Je savais pas que vous preniez cher,

vous aussi.

- Comme les autres. Voire un peu plus, je dirais.

Musique douce

---

- C'est à droite.

Bips du clignotant

---

- Merci, hein !

- De rien.

Klaxons

- Oh, t'as ramassé !- Ça va.

- Tu as la gueule à ton chien.- Très drôle.

- Et Samy alors ?

- Il a pris 6 mois. Soupir choqué

Ouais.

- Ça va, t'as mal ?

- Ça va, mais je leur dois 7 000 euros.

- À qui ?- À la RATP.

- Tu t'es fait mal ?

- Non, ça va.

Un accident, mais tout va bien.

- Je vous sers à boire ?

- Non, non, merci.

- Une bière, rapidement.- C'est gentil, on va y aller.

- Je vous dois bien ça.

Allez, 5 minutes.

- Tu veux ?

- Oui.

- Un verre rapide.

- Allez, venez.

- Je sors les bières, j'arrive.

Bonjour !- Bonjour.

- Asseyez-vous. Vous m'excusez ? Je vais voir la mère de Sam.

- Bien sûr.

- Papa !

- Viens ici, toi.

Ça va ?

- Oui. - Oui ? Allez.

- T'es jolie. Tu t'appelles comment ?

- Maria.

- Moi, Anna.

- Je te montre un truc ?

Viens !

- Je vous aide, madame ? - Non, c'est bon, j'arrive.

Et je m'appelle Meriem, hein !

- Tu t'appelles comment ? - Cheyenne.

- Elle s'appelle Punky.

- Il lui est arrivé quoi ?

- Une maladie.

Regarde.

Je suis magicienne.

Là, elle me voit.

Elle me voit plus. Elle me voit.

Elle me voit plus.

Elle me voit, elle me voit plus.

- Les filles,

arrêtez d'embêter la dame. Si vous les écoutez,

elles vont vous montrer tout le terrain.

- Merci.

- Tenez.

- Alors ?

- Sursis, grâce à monsieur.

- Bonjour.- Merci, monsieur.

Et ton camion ?

- Terminé.- Terminé ?

Tu vas faire quoi ? - Me débrouiller.

- Tu la changes ?

- Ah oui, tu vas te débrouiller !

Bien sûr,

tu vas te débrouiller...

- C'est votre mère ?

- Non, celle de Meriem.

- À la vôtre. - Allez, santé.

- Allez !- À la vôtre.

- À la procureure !

- À la tienne.

- Allez-y, hein.

- Vous êtes avocate aussi ?

- Oui.

- J'aurais pu tomber sur vous.

- Non, je fais pas de pénal.

- Vous faites quoi ?

- Du droit immobilier.

- Ah oui. Bah ça, nous, on a pas besoin.

Petits rires

- Vous êtes là depuis quand ?

- Sur ce terrain, 5 ans.

- Vous êtes jamais sur les routes ? - Non.

On n'y est plus.

Quand on a les sous, on va aux Saintes.

Mais sinon, on voyage plus.

- Et pourquoi ?

- Pour l'école, c'est mieux. Pour mon travail aussi.

On sait plus où se mettre, aujourd'hui.

Meriem acquiesce.

- Vous allez où, à l'école ?

- Edgar Quinet.

- Et ça marche ?

- Pas trop.- Elles travaillent bien.

Le grand, c'est compliqué, il aime pas ça.

- Vous en avez un autre ?- Warren.

Je sais pas où il est, là. Avec ses cousins ?

- Les cousins, ça marche.

Vous en avez combien ?

- On n'en a pas.- Non.

- Ça marche pas, nous.

- Tenez.

- Ah !

- Vous avez pas dû être payé.

- Bah, merci !

Merci beaucoup.

- Bon, ben...

Au revoir.

- Au revoir.

C'est quoi ? - De la goutte.

De la gnôle qu'elle fait. - C'est comment ?

- Sans fumer à côté, c'est bon.

Rires - Vous, buvez-en pas.

- Non.- Non, c'est pas bien.

- Oh la vache, oui !

- Vous connaissez la famille P'tite Goutte

qui a 3 filles ?

- Tout le monde connaît.

- Pas moi. - Mélusine, Corinne et Justine.

Il imite un homme saoul.

Mélusine P'tite Goutte, Corinne P'tite Goutte,

Justine P'tite Goutte !- Il me fait trop honte !

- Juste une petite goutte.- Mais t'as pas honte ?

- Je vais voir avec le juge si je peux aider.

- Pour elle, 6 mois sans lui, c'est dur.

- Oui, je vais voir ça.

Bon. Bah, merci.

- C'est moi. Je viendrai vous payer.

- Je vous fais confiance.

- T'es belle.

- Oh, c'est toi qui es belle. Très belle, même.

- Allez, viens.

- Au revoir.

- Au revoir.

- Bon retour, hein !

- Merci.

La voiture démarre.

- Ça va ?

- Hm ! Ça va.

- C'était sympa, non ?

- Oui, très.

- Ça donne presque envie

d'acheter une caravane.

Musique sombre

---

- M. Meyer, vous dites ?

- Franck, oui.

- Oui, Maître. M. Meyer est là, qui souhaiterait vous voir.

D'accord.

Ça va être un peu compliqué, aujourd'hui.

Mais vous pouvez l'appeler demain avant 9 h.

Sonnerie - D'accord.

- Cabinet Tamas-Quenardel, bonjour ?

- Au revoir.

- Franck !

Oui. Merci, mademoiselle.

Désolé, c'est la course. Une urgence ?

- Besoin de vous voir.

- Je suis avec la partie adverse d'un dossier.

- Je reviendrai demain.

- Oui, Maître ! Oui.

Oui, je voulais vous en parler. Je peux vous rappeler

dans un petit quart d'heure ?

Ah !

Non, ça ira très bien.

Merci beaucoup, cher confrère. Excusez-moi encore.

Merci.

Euh... Une petite seconde.

Venez avec moi.

Si c'est pour Samy, j'ai pas eu le temps de m'en occuper.

- C'est pas ça, non.

- Pardon. C'est pas ça. C'est quoi alors ?

- Euh...

Voilà, avec Meriem, on a un problème.

- Ah. Asseyez-vous, allez-y.

- Non, ça va.

- Qu'est ce qu'il y a ?- Elle est enceinte.

- Encore ?

Pardon. Et ben...

C'est bien, non ?

- Ça va faire six.

- Eh oui ! Ben oui...

Et quoi ?

- Ben on peut pas le garder.

- Ah...

Elle est enceinte de combien ?

- D'un seul, j'espère.

- Non. De combien de mois ?

- Ah oui. Deux mois.

- Hm...- Mais non. On fait pas ça, nous.

- Non, non...

Vous voulez faire comment ? Je comprends pas.

- On voudrait le donner.

- Le donner ?

- À vous, oui.

- S'il vous plaît.

- Votre femme est pas là ?

- Non, elle est au palais aujourd'hui.

- Hier soir, on s'est dit... Voilà.

Vous arrivez pas à en avoir.

J'ai plus un sou, moi. J'en dois à tout le monde.

RATP, vous, tout le monde.

Et j'ai plus de camion pour travailler.

C'est pour ça...

- C'est pour ça que ?

- On peut peut-être s'arranger.

- Mais s'arranger quoi ?

Échanger votre enfant contre un camion ?

- Non.

Avec votre femme, vous êtes des gens bien,

vous nous plaisez.

Avec vous, le petit sera bien.

- Franck, c'est gentil,

mais vous savez ce que vous proposez ?

Ça s'appelle du trafic d'être humain.

C'est puni par la loi.

Sévèrement.

- Non mais... Ils m'avaient l'air normaux, pourtant.

- Ils sont dans la merde.

- Attends, quand même !

Soupir

J'ai super faim, j'ai rien mangé ce midi.

- J'ai pris des lasagnes, jambon ricotta.

- Ah super !

Elle est au courant ?

- Oui, je crois. Enfin, c'est ce qu'il dit.

- C'est dingue, quand même. - Oui...

C'était violent, j'étais super gêné.

- Ils vont faire quoi, du coup ? Elle va avorter ?

- Non, ils sont ultra-catho, ils veulent pas.

- C'est mal foutu. - Oui.

Mais bon, quand on vit à 7 dans une caravane, on est prudent.

- Hm...

- On se met où ?

- Comme tu préfères.

Il t'a pas dit ça pour te piquer du fric ?

- Non. Ça, je crois pas, non.

- Il voulait combien ?

- Je sais pas, le prix de son camion

et de quoi payer ses dettes.

- Ça fait combien ?

- Tu veux acheter un gosse ?

- Maman !

Il y a quelqu'un.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour.

- On voulait vous voir. Franck est là ?

- Non, pourquoi ? Il se passe quoi ?

- Rien ! Non, non, rien. Euh, on...

On voulait vous parler de... - OK...

Attendez une seconde.

Vous continuez, j'arrive.

Venez.

Allez-y.

Asseyez-vous, hein.

Vous voulez boire quelque chose ?

- NON, MERCI.

La bébé sanglote.

---

- Euh, voilà...- Une seconde.

Va faire un tour.

Babillements

- Je pense que vous savez que Franck est passé me voir.

- Oui. - Et...

Et il vous a dit que c'était pas possible.

Nous, on en a discuté tous les deux

et on a eu une idée.

- Il y a un moyen légal de faire ce que vous proposez.

L'enfant prendrait notre nom,

mais le lien de parenté serait pas rompu.

- Donc vous l'adopteriez ? - Oui.

Mais dans la démarche d'une adoption simple,

pas d'une adoption plénière.

Ça, ça marche pas. - Non.

- Et l'autre que vous dites, c'est quoi ?

- L'adoption simple. L'enfant prendrait notre nom,

on l'élèverait, on s'occuperait de lui,

mais vous resteriez ses parents.

Ce serait notre enfant, mais aussi le vôtre,

en quelque sorte.

- Il saurait qui je suis ?

- Bien sûr. - Oui.

- Je veux pas du tout ça, moi.

Je veux pas qu'il me retrouve, qu'il sache que je l'ai abandonné.

Puis tout le monde ici, ma mère, mes frères... Non.

- Mais vous comptiez leur dire quoi ?

- Qu'il est mort à l'accouchement.

- Si vous leur expliquez, ils comprendront.

- Non, non. Personne comprend ça, ici.

Même moi.

- Au revoir.- AU REVOIR.

- Ça passe pas.

Encore.

- Ça va, c'est bon.

Musique sombre

---

Bonjour.

- Oui, bonjour.

- Votre femme est pas là ?- Non, elle s'occupe des petites.

- Bah venez, montez.

- Vous voulez nous dire quoi ?

- Qu'avec mon mari, on a réfléchi.

On voudrait reparler de votre proposition.

- Meriem m'a dit... - Pas de celle-là.

De la vôtre.

Quand vous en avez parlé à Julien, on s'est un petit peu affolé.

On pensait que c'était mieux de faire les choses légalement.

Mais aujourd'hui, on comprend votre position.

Finalement, ce serait mieux que ça se sache pas.

J'aimerais en parler à Meriem.

- Elle a plus envie d'en parler, elle.

Pourquoi il est pas venu ?

- Vous êtes son client, il est beaucoup trop exposé.

Il veut que ce soit moi qui m'en occupe.

Il y a 10 000 euros.

En une fois, on n'a pas pu sortir plus.

Mais...

si c'est bon, la prochaine fois, on vous donnera 30.

- C'est trop.

- Mais non, c'est pas trop.

Je vous note mon numéro.

Vous dites à votre femme de m'appeler ?

Tenez.

- Tiens.

- Merci.

- Tu penses à quoi ?

- À rien.

- Je me demande si elle fait pas tout ça sans lui dire.

- Et alors quoi ?

- C'est un avocat, quand même.

- Elle aussi, hein.

Il va pas dénoncer sa femme, de toute façon.

- S'il veut pas du petit ?

Et toi, t'es sûre que tu veux ?

- On a le choix ?

- C'est votre première grossesse ?- Oui.

- Spontanée ?

- Spontanée,

c'est-à-dire ?

- Pas de dons d'ovocytes, d'insémination, d'in-vitro ?

- Ah non. Non.

Ma sœur peut venir avec moi ?- Bien sûr.

- Mesdames, bonjour.- BONJOUR.

- C'est... - C'est pour moi.

- Je suis sa sœur.- Très bien. Par ici.

Vous pouvez vous installer sur le fauteuil vert.

Et madame, le tabouret gris, ici.

- Tiens.

- Voilà.

Ça va pour monter ? Oui ?

Vous êtes primipare ?- Oui.

- Si vous pouvez relever votre chemisier.

Voilà. Le papa n'a pas pu venir ?

- Il travaille.

- Attention, ça va être un petit peu froid, voilà.

Remarquez, à la 1re, on voit pas grand-chose.

Alors...

Le voilà...

Alors il y en a qu'un, déjà.

La tête, le corps...

Les jambes sont repliées, on les voit pas bien.

Mais la clarté nucale

est bonne.

Et le reste

est parfait.

- Vous voyez le sexe ?

- Ça, c'est un peu tôt, encore.

Par contre,

écoutez ça.Bip

Battements vifs

Le cœur.

---

Ce sera un marathonien.

- Je suis sûre, ils nous ont pris pour des gouines.

- Au moins, ils penseront pas à autre chose.

- J'aime pas ça, moi.

Je voulais vous demander...- Non, hé !

On peut peut-être se dire "tu", puisqu'on couche ensemble.

- Oui.

- Bon vas-y, c'est quoi ?

- Voilà, enfin...

Vous... Enfin, ton mari et toi, vous êtes croyants ?

- Euh...

Non, pas vraiment, non.

- Parce que... Enfin, après, c'est vous qui décidez, mais...

J'aimerais bien qu'il soit baptisé.

Pour nous, c'est important.

- Alors on le fera.

- T'en parles avec ton mari ?

- Oui.

Et on le fera, je te promets.

- Ah, ben t'es là.

- Ça va ?- Et toi ?

Tu devais pas arrêter ?- C'est ma dernière.

- Je suis claqué.

Neuf audiences ! Je crois que c'est mon record.

Ça me fatigue !

- T'adores ça.

- Aujourd'hui, j'ai eu le...

le joueur du PSG, tu sais. Un sketch !

197 km/h au lieu de 110, tu sais ce qu'il dit au juge ?

"Le coach me dit : 'Viens vite !'

"alors je prends ma Porsche et j'y vais vite."

Un débile !

T'entends ? - Oui.

- Toi, t'as fait quoi ?

- J'y suis pas allée, moi.

- Au bureau ?

- Hm. J'ai pris ma journée.

- T'as fait quoi ?

- Ça.

- C'est quoi ?

- Bah, regarde.

- C'est quoi, ça ?

- Regarde le nom, en bas.

- Tu m'expliques ?

- Meriem a passé l'écho avec ma carte Vitale.

C'est moi qui suis enceinte.

- Tu déconnes ?

Tu m'as rien dit ?

- T'aurais été d'accord ?

Réfléchis, tu verras que c'est la seule solution.

- J'ai beau réfléchir, je dirai toujours la même chose.

- L'adoption ou ça, ça change quoi ?

- Comment ça ? Tu veux que je te lise le code ?

- Je m'en fous du code.

- Mais...

- J'ai déjà donné l'argent.

Mon PEL.

- Anna, on va pas acheter un gosse.

On l'a pas fait à Phnom Penh,

on va pas le faire ici.

Tu sais ce qu'on risque ?- Très bien.

Mais on se fera pas prendre.

- T'es dingue.

- Pas du tout.- Mais si.

Article 225-4.

20 ans de prison, 3 millions d'amende.

Pour nous tous. Tu veux finir en taule ?

- Il s'applique pas, là, le 225-4.- Peu importe !

En plus, on se ferait choper. Ils vivent les uns sur les autres.

Il y en a bien un qui va balancer.

Non. Attends, tu sais quoi ?

Tu vas les appeler,

leur dire, je sais pas, que t'es allée pisser,

qu'il y a eu du sang et que c'est fini. Hein ?

Anna...

Même sans la loi, il y a un petit problème moral.

- Un avocat qui parle de morale.

En fait, ça va pas se passer comme ça.

Soit tu fais cet enfant avec moi, soit je le fais toute seule.

Alors ?

- T'es malade.

- OK.

- Anna !

Tu fais quoi ?

- Je vais dormir chez Margot.

- Mais pourquoi tu me fais ça ?

Anna ?

- Parce qu'il y a rien qui marche,

que tu t'y es habitué et qu'en fait, tu t'en fous.

Mais moi, aujourd'hui que ça se présente,

je vais pas le laisser passer.

- Mais tu vis sur quelle planète ?

- Sur quelle planète ?

Une vie sans enfant, la chambre vide, sur quelle planète

on voit ça ?

Elle sort.

- Tu t'arrêtes. - Lâche-moi.

- Calme-toi. - Me calmer de quoi ?

De voir que tu comprends rien ? Que j'en peux plus ?

Que ça fait 7 ans !

7 ans que j'en peux plus, de me faire charcuter les trompes,

de me faire inséminer,

de passer ma vie avec des psys à la con !

J'en peux plus !

- Chut... Chut...

Elle sanglote.

C'est une raison pour finir en taule, ça ?

- Lâche-moi !

Musique mélancolique

---

Klaxons

---

- Bonjour.

- Montez, faut que je vous parle.

- Vous avez récupéré votre permis ? - Non.

- Vous avez pas peur d'être puni par la loi ?

- Je voulais vous voir pour cette histoire.

Ma femme va pas bien en ce moment.

Je sais qu'elle a vu votre femme.

Mais elle a fait tout ça sans me le dire.

- Votre argent, je l'ai plus. J'ai payé un acompte pour le camion.

- Elle vous a donné combien ?

- 10 000 euros.

- Ce marché, il n'en est pas question.

C'est trop risqué, pour nous et pour vous.

Pas de sursis, c'est lourde peine.

Et vos autres gosses finiraient à la DDASS.

Voilà ce que je propose.

Vous gardez l'argent et le bébé, et vous lui dites que c'est non.

- Je perdrai l'acompte et le camion.

- Bon.

C'est combien, votre camion ?

- J'ai pris un Master...

- Combien ?

- 18 000.

- Bon, je vous donne encore 8 000,

pour votre affaire c'est réglé, et on arrête tout ça.

Ça irait ?

Je vous les apporte demain ?

- Bah, oui.

- Vous parlez à votre femme et vous appelez la mienne ?

- Il a raison, votre mari. - Ton.

- Ton mari.

Si c'est pour que mes petits aillent au foyer d'accueil...

- Mais non... Ça, je vois pas pourquoi.

Il est comme ça, il s'affole.

Mais si on fait les choses bien, et je crois que c'est le cas,

il y a aucune raison que ça se sache.

Sauf si des gens comprennent et nous dénoncent.

- Des gens de chez nous ?

Non, ça je crois pas.

Il y a personne qui trahit, chez nous.

Babillements

Pourquoi vous adoptez pas normalement ?

- Parce que c'est un enfer.

On n'y arrivait pas, alors j'ai consulté.

J'ai fini par faire une micro-chirurgie,

3 fécondations in vitro et 3 fausses couches.

Et depuis qu'on s'est décidé à adopter, on a eu 5 refus.

Ici et à l'étranger.

Ça passe toujours par les services français.

- Pourquoi ils ont refusé ?

- À cause d'une psychologue,

qui a écrit que je voulais devenir la mère que j'aurais voulu avoir.

Et aussi que le bébé

serait un remplacement au vide laissé par l'infertilité,

et que c'était pas bon pour l'enfant.

Une conne.

Parce que c'est pas vrai, je te jure.

Babillements

- Toute façon, je t'ai dit, moi...

je pourrai pas l'élever.

J'y arriverai pas.

- Mais moi, si. Je te jure.

---

Je t'ai apporté les 30 000 euros.

T'inquiète pas, c'est mon argent,

pas le sien.

- Ton mari a déjà donné 8 000 à Franck.

- Ça vous fera 8 000 de plus.

- Non, j'en veux pas.

- Mais si.

- Non, non, non.

- Je te donne 25 000 alors.

---

- BONSOIR.

- Alors ?

- Rien à faire, elle reviendra pas en arrière.

- On peut pas croire en Dieu et faire un truc pareil !

Vous avez aucune influence sur elle.

- Elle pleure, elle s'énerve...

- Vous affrontez les ferrailleurs, mais pas votre femme ?

- Et vous, vous affrontez la vôtre ?- Elle est folle, elle.

- Je vous ai rapporté les 8 000 et vos honoraires.

- Vous savez où on va, là ?

Faut qu'elle comprenne, Franck.

- Elle est dedans, maintenant.

Elle adore ses petits, mais 6, non. Elle a plus la force.

Et elle aime bien votre femme, elle veut pas la trahir.

- Pour le camion, vous avez dit quoi ?

- Personne sait. Le soir, il dort là.

Julien soupire.

Bon...

- Ouais...

...

Ça va ?

- Oui.

- Ça commence à râler, au bureau.

- Je m'en fous.

- Tu t'en fous ?

- C'est bon.

Je réponds à tous mes mails et je prends les appels.

En arrêt maladie, je suis pas obligée.

- Prochaine étape, tu vas tricoter ?

- Laisse-moi.

Julien s'éloigne.

- Donc là, vous êtes à 7 mois.

Mais la tête est déjà bien basse,

vous avez dû forcer un peu.

Faut pas, hein. Vous risquez de faire un prématuré.

Bon. Vous voulez savoir alors ?

Le sexe ?

- Bien sûr.- Ah non, je veux pas.

- Mais si !- Non, non. Je veux pas.

- Mais enfin pourquoi ?- Parce que.

- Bon...

Alors on fait quoi ?

- Non.

- Bon.

Alors, tenez.

Donc avec moi, c'est la dernière.

Maintenant, l'hôpital prend le relais.

- Pour la 3e, je viendrai pas.

C'est trop dangereux.

Et comme tu veux pas savoir...

En tout cas, t'as entendu.

Faut que tu te reposes.

- Viens te reposer avec moi, tu verras.

Bon.

On se verra pour l'accouchement.

- Ben non.

- Ben si.

- Je dois pas venir chez toi, mais on se verra ailleurs.

- Où ça ?

- Je sais pas, dans des bistrots, des cafés.

- J'ai pas le temps pour les cafés.

Bon allez, j'y vais.

Musique mélancolique

---

- Hello, hello !

- SALUT !

- Oh !- C'est pas vrai ?

- On boit des coups ?

- C'était ça,

ton anémie ?

- Écoute...- Tu sais tenir ta langue, toi.

- Félicitations, mon gars !

Ça fait plaisir !- Oui.

- INSTALLE-TOI !

- Pourquoi t'as rien dit ?

- J'attendais qu'il s'accroche.- Il tient bien ?

- Oui. Celui-là, ça va.

Mais le médecin préfère que je reste allongée,

sinon on va faire un prématuré.

- Ah. Et sans indiscrétion, pourquoi tu es là ?

- Juste une soirée. Je vais devenir folle, sinon.

- T'aurais pu me le dire !

- Après trois fausses couches, c'est pas...

- Ça te va bien, t'es trop belle.

- C'est un garçon ou une fille ?

- On sait pas encore.

- On préfère garder la surprise.- Ah bon ?

- T'as pas l'air content.

- Si, si, tu rigoles !

C'est juste que c'est un peu compliqué.

- Il veut pas que je sorte.

- Ça va, détends-toi, une soirée !

- ALLEZ ! - On est prudent !

- Elle peut boire une coupe quand même, non ?

Ça se fête ! Monsieur ?

- Juste une goutte.

- Pourquoi juste une goutte ? On va voir, on va voir.

Deux bouteilles de champagne. - Bien sûr.

- Merci beaucoup.

Alors, décembre. Avant le 22,

c'est Sagittaire : mouvement, instinct nomade.

- Je préfère. - Voilà.

- Sauf que je suis prévue le 28.

- T'as qu'à aller courir. Un petit marathon et voilà !

- Je vais faire ça.- On y va !

- Oui, pardon. J'arrive.

Allez ! - Bisous.

- Prends soin de toi. - Oui, oui.

- Oh, des câlins ! - Oui...

Bisous, les filles.

- Tu nous tiens au courant ?- Oui, bien sûr.

- Ça va ? - Oui.

- Bisous, les amis.- Rentre bien.

T'es garée où ?

- À deux minutes.

- T'es contente ? Tout le monde sait, maintenant.

- J'en avais marre qu'on se fasse la gueule.

- C'est réussi.

Tu lui diras que tu l'as échangé contre une camionnette ?

- La vérité, je lui dirai.

Que je l'ai attendu pendant des années.

- Avec un ballon sous ton pull ? C'est quoi ?

- Rien.

- Vas-y, fais voir. - Non.

- Vas-y.

C'est quoi, ça ? - Le plaid.

- Du salon ?

- Hm. Avec ton élastique de sport.

- N'importe quoi !

L'enfant, tu vas lui mentir toute ta vie ?

Et à moi aussi ?- Toi, tu fais ce que tu veux.

- OK. Tu peux conduire, là ?

- Arrête !

- Parce que moi, je vais prendre l'air.

Brouhaha

- Dégage !

- Oh, vous arrêtez ça, là !

Cheye ! T'entends ce que je te dis ?

Viens mettre un manteau, ma fille !

---

Dépêche-toi, je chauffe dehors, là !

Qu'est-ce vous faites, là ?

Faut pas venir là, je t'ai dit.

- J'avais envie de te voir.

- Non mais pas ici.

Bon, viens.

C'est mercredi en plus, il y a tout le monde.

- Bonjour !

- Bonjour.

Bonjour.

- Bonjour.

- Va jouer avec les autres.

- Pourquoi ? - Parce que.

Allez, je t'appelle pour manger.

- Vous aussi alors ?

- Oui.

- Je te chauffe du café ? - Je veux bien.

- Asseyez-vous.

- Tu restes encore ? - Oui, elle reste. Allez !

- Maman !

- Et c'est pour quand ?

- Dans 3 semaines.

- On doit parler, mam.

- C'est quoi, vous savez ?

- Non, je préfère pas.

- En touchant, je peux vous le dire.

- Eh, t'entends ?

- Oui, je suis pas sourde.

(Meriem, elle va refaire une fille.)

Alors ?

Vous voulez pas ?- Non.

- Mam ! - Oui !

J'ai un truc pour vous.

Venez avec moi.

- Si c'est une autre bouteille, oublie.

- Mais non ! Vous l'avez goûtée, au fait ?

- Moi non, mais mon mari oui.

- Alors ? - Très bonne.

Dites, vous êtes sûre pour...

- Je me trompe jamais.

Demandez aux gens ici.

Attendez-moi là, j'arrive.

C'est mon mari.

Il en avait tout un stock.

Sainte Sara.

C'est notre patronne.

Il en a donné à tout le monde, ici.

Tous les petits en ont une.

Enfin, sauf...

Sauf ceux de Meriem.

Elle préfère la Vierge.

Tenez.

- Merci.

- Elle vous apportera la chance.

Et puis...

à lui aussi.

Tiens, je vous fais la bise.

- Merci.

Musique douce

---

- Anna ?

Elle t'a donné quoi ? - Une médaille.

---

- Ton café.- Merci.

---

- T'as mis quoi, là-dessous ?

---

- Toi, tu me fais voir ?

Il bouge, là !

- Oui.

Encore, là, regarde.

Tu sens ?

Vas-y, hein.

- Qu'est-ce tu fais, là ? Jette-moi ça.

Tu veux attraper la mort ? Tu crois avoir l'air d'un homme ?

- C'est bon.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien !

- Ben... Si, qu'est-ce qu'il y a ? T'es pas bien ?

Qu'est-ce qui se passe ? Dis-moi.

- Je sais pourquoi la femme de l'avocat vient ici.

- Pourquoi ?

- Vous allez lui donner le bébé.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

Qui t'a dit ça ?

- Personne, mais je sais.

Et ton camion.

- Quel camion ?

- À Leclerc. Je t'ai vu monter dedans.

Et l'autre, avec son gros ventre.

Elle se croit permis avec ses sous.

Elle peut tout acheter ?

Ça se fait pas.

- Écoute-moi.

Les avocats arrivent pas à avoir d'enfant.

Et nous, on peut pas garder celui-là.

Je gagne pas assez bien. Avec un petit de plus

et sans le camion, je finirai au placard avec Sam.

Vous pourrez même plus manger.

Les autres pourront pas aider.

Vous finirez au foyer, tu comprends ?

- Ça se fait pas.

- Je sais, mais c'est comme ça.

Tu m'entends ?

Dis rien à personne, sinon on serait vraiment mal.

Je peux te faire confiance ?

Musique sombre

---

Une porte grince.

Des pas se rapprochent.

---

- Il y a pas de risque.

Ça va très bien marcher.

- Tu parles !

C'est même plus le problème.

- C'est quoi, alors ? - Toi.

Ce que tu me fais dans le dos, ce que t'es en train de devenir.

- Je te fais rien.

- Ben tiens !- Il y a 6 mois,

t'aurais tué pour ce gamin.

- Tué, sûrement pas, non.

Mais toi, je vois que t'es capable.

- Quelle différence avec tout ce qu'on a essayé ?

On adopte, c'est tout. - On paye !

Si tu veux acheter un animal, prends un chat.

Ou achète leur clebs ! Ils vont te le vendre, je suis sûr.

- Pauvre con, va.

- C'est ça.

C'est le mot, exactement.

Elle a raison, la psy.

T'es pas apte.

- OK.

Sonnerie

Oui ?

Quoi ?

Bon. Et il est où, Franck ?

Tu vas faire comment pour les petits ?

D'accord.

Bon, je me dépêche, j'arrive.

- Tu vas où ?

- Accoucher.

- Anna, attends ! La porte claque.

...

- Tu fais quoi ? - Tu vas te tuer, pousse-toi.

- Laisse-moi ! - Pousse-toi, je te dis !

Allez.

C'est où ?

- À l'hôpital de Montfermeil.

Soupirs de douleur

- Ça va ?

---

- Je perds les eaux, là.

Je vais pourrir le camion !

Musique mélancolique

---

- Ça va être une fille, je crois.

- Je m'en fous, t'as pas idée.

- Elle va être belle, en plus.

---

- On va faire l'admission ? - On va faire ça en haut.

Vous êtes le père ? - Non.

- Il est dehors.- Il va assister à l'accouchement ?

- Non, il est pas apte. J'y vais, je suis sa sœur.

---

- Vous pouvez attendre en haut.- Je vais rester là, je préfère.

Bips

- Ah oui, c'est bien avancé ! C'est votre 1er ?

- Oui, oui. - OK.

Il est pas loin, là.

C'était quand, la date prévue ?

- Le 28, il m'avait dit.

Gémissement - Il ira en couveuse ?

- Non. 38 semaines, il est prêt à courir.

Ça va, la douleur ?- Ça va, ouais. Oh la la...

- Très bien.

Vous allez faire une petite poussée.- D'accord.

- Encore, encore, encore, encore...

(Oui, allez !)

Allez, c'est bien, c'est bien, c'est bien !

SoupirC'est super bien !

GémissementSuper ! Très bien, très bien.

Meriem expire.

---

OK. Relâchez tout votre air.

On va repartir.

On bloque, attention...

- Attendez.- Quand vous voulez.

On bloque, on pousse ! On pousse !

Encore ! Encore !

Super ! Super ! Très bien ! Très bien !

Relâchez. Relâchez.

Il arrive, il arrive.

Vous avez fait le plus dur, la tête est sortie.

- Tenez.

- Merci.

Restez pas là, venez.

...

Musique douce

---

Pleurs

---

- 3h12.

Comment elle va s'appeler ?

- Euh...

- Lila, j'ai pensé, moi.

- Ben oui. Lila, c'est bien.

Lila.

- C'est très beau. Vous voulez couper le cordon ?

- Euh... Oui.

- Ça va ? Meriem acquiesce.

Allez-y, allez-y franchement.

---

Notification

---

Pleurs

---

(- Attends. Viens là.)

Oui.

Parfaite.

Bravo.

Babillements

On frappe.

- Bonsoir, mademoiselle.

Mme Verlet, bonsoir.

- Bonsoir.

- Ça va, ça s'est bien passé ?- Oui ! Hein ?

- Oui ?

Fort bien.

39 ans, primipare, c'est ça ?

- Oui, c'est ça.

- Je vais vous examiner.

- Euh, oui.

- Allez, on relève le drap.

- Je vais le faire.

- C'est allé vite pour un 1er.

- Hm...

- Ça me semble très bien, ça.

Parfait. Beau travail.

- Pour la petite demoiselle, tout est parfait.

- Très bien, tout ça.

Au revoir, mesdames.

Et toutes mes félicitations.

Prenez bien soin d'elle et de vous.

- Bah, merci.

- Allez, on vous laisse.

- AU REVOIR.

Babillements

---

On frappe.

- Oui ?

...

- Je peux la voir ?

- Comme ça ?

- Il y a peut-être une serviette.

Musique nostalgique

---

- Ça va ?

- Oui.

---

- Ça va ?

- Ouais.

T'as acheté le lait maternisé ?- Oui, j'ai tout.

Pleurs

- Tiens.

---

Attends.

Voilà.

Vas-y.

- Bon. - Oui.

- Vous allez dire quoi ?- Ce qu'on avait dit.

- Et à sa mère ?

- Pareil.

Elle connaît, elle en a perdu un aussi.

Au revoir.- Au revoir.

- Au revoir.

- On va aller brûler en enfer.

- Non.

C'est quand on fait du mal qu'on va en enfer.

Pleurs

---

- Tiens.

---

Essaye encore, essaye encore.

Allez, allez.

---

Geignements

---

- CHUT...

- Voilà.

Musique mélancolique

---

(- Tu dors comme un petit chat.)

- Lila Meriem Virginie... Pas d'accent à Meriem ?

- Non. C'est hébreu, ça veut dire "la gardienne du temple".

- Pour le nom de famille, je mets quoi ?

Verlet, Jorel ou les deux ?

- Verlet.

- Alors, c'est Lila Meriem, sans accent,

Virginie Verlet,

V-E-R-L-E-T,

née à Montfermeil, le 18 décembre.

---

- Je vous salue Marie,

pleine de grâce.

Le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes

et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pêcheurs.

Maintenant et à l'heure de notre mort.

Amen. - Amen.

---

Soupirs d'effort

---

- Putain...

Soupir

Anna ?

Mon amour ?

Anna ?

...

Allô ?

Mais... Attendez, pardon, vous êtes qui ?

Quoi ?

Elle est où, Anna ?

Je suis son mari. Elle est où, Anna ?

Quoi ?

Où ça ?

D'accord.

Bonsoir. Je viens pour Anna Verlet.

- Vous êtes ?

- Son mari.

- Une seconde.

Oui, j'ai monsieur Verlet ici.

D'accord, OK. Asseyez-vous, on va venir vous chercher.

- Merci.

- M. Verlet ?

- Oui ?- Vous venez avec moi ?

- Excusez-moi, vous pouvez m'expliquer ?

- Suivez-moi.

Babillements

---

Entrez.

Vous avez vos papiers ?

- Il se passe quoi ?- Vous les avez ?

- Oui. Dites-moi ce qui se passe.

- Deux personnes mettent en cause votre femme. Asseyez-vous.

- Il y a une plainte ?- Non.

- Alors libérez-la.

- Le parquet va la poursuivre. Vous savez ce que ça veut dire.

Asseyez-vous et donnez-moi vos papiers.

L'adresse, c'est la bonne ? 120, boulevard Magenta ?

- Oui.

Musique mélancolique

---

Vrombissement d'une imprimante

---

- Vous relisez ?

---

- Warren, tu rentres !

---

- Merci, hein. - Ça va ?

- Bof.

- Viens, on a 10 minutes.

- Qui a balancé, c'est eux ?

- Non, c'est l'hôpital.

Elle avait une cicatrice d'épisiotomie.

Il faut les charger, Julien, sinon leur avocat va vous pourrir.

- Je sais, te fatigue pas.

- Tu peux t'en sortir, mais Anna est très mal.

- On peut trouver un vice de forme ?

- Où ça ?

J'ai tout passé en revue, c'est la seule défense possible.

Leur avocat, c'est Gavani.

- Il fait ça, lui ? - Bah oui !

Il veut surtout passer sur BFM.

"L'avocat des beaux quartiers

"achète un enfant aux gitans."

Il va vite leur dire

que pour revoir leurs gamins, ils doivent vous charger.

- Ils feront pas ça. - T'es sûr ?

Contre 5 ans de taule et jamais revoir leurs enfants ?

Je vais te dire. Il va les impressionner,

ils vont l'écouter, il va leur faire dire

que vous les avez harcelés et profité de leur faiblesse.

Elle sait à peine lire, tu savais ? - Non.

- Hm... Il est venu te voir au bureau, c'est ça ?

- Qui ? - Meyer.

- Oui.

- Alors, c'est là qu'il t'a dit...

- Anna risque combien ?

- Avec ce qu'elle a fait, si on a des circonstances atténuantes,

au mieux 7 ans. Le réquisitoire, ce sera 10.

Attends, attends. Écoute. Si vous dites

qu'ils vous ont fait comprendre que soit vous preniez leur bébé,

soit ils s'en débarrassaient à la naissance,

si on joue cette carte-là et qu'on en démord pas,

elle peut s'en sortir avec 6 ou 8 mois.

Et toi, encore moins.

Allez !

- Elle est venue chez moi.

- Qui ça ?

- Anna.

Madame Verlet.

Elle m'a dit qu'elle pouvait pas avoir d'enfant

et qu'elle voulait acheter le mien.

- Le prix de cette vie

était donc fixé à...

35 000 euros.

- 43, Madame le Juge. 43 000.

Devant le refus de mes clients, M. Verlet a renchéri.

- Vous confirmez, M. Verlet ?

- Il l'a fait car M. Meyer en demandait toujours plus.

- M. Verlet ?

- Oui, c'est vrai.- Quoi donc ?

- Il en demandait toujours plus.

- Vous reconnaissez ça, madame ?

- Je pense que ma cliente n'est pas en état.

- Si.

C'est moi.

Moi qui ai proposé d'acheter la petite.

C'est moi qui ai demandé à mon mari

de m'emmener rencontrer Meriem.

Je les ai rappelés pour leur proposer de l'argent.

- Ma cliente culpabilise...

- Non, laisse-moi parler, Martin.

Bien sûr, ils voulaient pas, alors j'ai insisté.

(- Anna, attends.)

- Mais laisse-moi, s'il te plaît.

Mon mari n'y est pour rien.

Et M. et Mme Meyer non plus.

Avoir un enfant, pour moi...

c'est devenu une idée fixe.

J'aurais pu tuer pour ça.

Alors payer, c'était rien.

Meriem et Franck, ils voulaient pas. Bien sûr qu'ils voulaient pas.

Mais je savais qu'ils étaient dans la mouise,

alors je leur ai proposé 20 000.

Puis trente.

Puis quarante, et puis... comme ils voulaient toujours pas,

j'ai volé la carte bleue de mon mari.

- ANNA.- Attends.

- Ils vivaient à 7

dans une caravane.

Je leur ai dit que la petite, elle aurait sa chambre.

Elle aurait une bonne éducation...

Qu'elle serait heureuse.

Quand Julien l'a su,

il a voulu me dénoncer, mais je savais qu'il le ferait pas.

Voilà.

Ça s'est passé comme ça.

Exactement comme ça.

Il faut leur foutre la paix.

Et surtout rendre Lila à sa mère.

Parce que je la connais bien, maintenant.

C'est une mère formidable.

C'est une très belle personne.

- Mme Meyer, est-ce comme ça que les choses se sont déroulées ?

- Il me semble que Mme Verlet...- Ma question s'adresse à Mme Meyer.

- Oui, c'est ça.- C'est ça quoi ?

- C'est ça qui s'est passé.

Musique mélancolique

---

...

Ça va ?

- Ouais.

Elle sourit.

- C'est ça ou elle pleure.

- Comme moi.

Elle pèse combien, là ?

- Là, 7-8 kilos.

Quatre biberons, plus purée, jambon, fromage, elle mange tout le temps.

- Et elle dort ?

- Pas trop la nuit.

C'est le 12, c'est ça ?

- Oui.

Julien et Martin ont préparé ça comme le Débarquement.

Il y a beaucoup de circonstances atténuantes.

D'après eux, ça devrait toucher le jury.

Surtout les femmes.

- T'as reçu mon colis ?

- Oui, merci.

Ah, tiens.

- C'est quoi ?

- Sainte Sara, sa patronne.

Tu lui mettras, hein ?

- Tout de suite, même. Attends.

- C'est quand, le baptême ?

- Bah... On verra.

On va attendre un peu.

Et puis sans marraine, ça marche pas.

- Il va falloir attendre un moment.

- C'est pas grave.

Elle préfère, elle m'a dit.

Vas-y, regarde.

Voilà.

Pardon.

Tourne la tête, ma fille.

Voilà.

Arrête de bouger.

Musique mélancolique

Sous-titrage CINELI DIGITAL

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