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-Douane! Douane!
Allez, allez!
-Il est occupé.
-Tu racontes de la merde sur moi quand t'es bourrée?
-Je raconte rien.
-On m'a dit le contraire.
-Je te jure, Jean-Pierre.
-Ça, c'est parce que Fabrice était un ami.
Et les amis, ça s'entraide.
-Merci.
-Il en fait des caisses, non?
-Un peu, ouais.
Une porte s'ouvre.
-On se voit le mois prochain. -Merci, Jean-Pierre.
-Ton avis?
-Ouais, elle est bien.
-Vous êtes obligés de bouffer ça ici? Ça pue, votre truc!
Tiens.
-Si on pouvait être plus discrets, ce serait cool.
-Discrets?
-Tes gars ont traîné à récupérer la voiture.
-Tu sais pour qui elle est?
Tu crains rien, crois-moi.
Allez, si j'ai besoin de toi, je t'appelle.
-Lundi ou jeudi, vous venez avec vos idées,
vos envies. On en parle, je prends des notes et j'essaie de proposer...
-Vous faites quoi?
-Je me présente.
-Ah. T'as raison.
Je me présente, tu te présentes, nous nous présentons.
-Voilà, c'est ça. -Ouais.
On en reparlera, abruti.
-Voilà.
-Merci, belle journée. Au revoir. -À vous aussi.
Alex. -Quoi?
-Tiens. -C'est quoi?
-Regarde.
C'est pour la communion.
-C'est hyper habillé.
-T'aimes pas?
-Si, c'est magnifique, mais...
Faut que t'arrêtes.
-Je veux que tu sois belle.
-J'ai envoyé mes CV.
-Tu rigoles?
-Non. Je t'ai dit que j'en avais marre d'être ici.
-Alex, on en a déjà parlé.
-J'ai envoyé mes CV,
ça veut pas dire que je vais avoir des réponses positives.
-Mais j'ai un travail ici.
-À Toulon, il y a un port aussi. T'emmènes ta péniche.
-Alex. -Je vois pas le problème.
-J'ai tout, moi, ici.
-On te les ramène vite. Tiens.
-Coucou, maman! -Coucou!
Ça va? Bien passé?
-Ouais.
-Salut!
-Bonjour. -Ça va, Madeleine?
Comment ça s'est passé? -Impeccable.
-Ils ont pas été pénibles? -Non.
-Hé, les garçons. C'est pour qui, ça?
-Pour nous. Sonnerie
-Merci, papa. -De rien.
-J'adore!
-Allô?
Oui, c'est moi.
-Salut, les enfants.
-À demain, Madeleine. -À demain.
-Au revoir.
-Ça va?
-Mon père est mort.
Comment ça se passe, là?
-Papa, je mets pas ça.
-Pourquoi?
-C'est nul.
-Ramasse ça.
-J'ai pas envie de faire cette communion.
-Antoine. -Cette aube est bien.
-Je veux bien la mettre.
-Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte-Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.
-AMEN.
Vrombissement de moteur
-C'est là!
Allez, ciao!
Le curé continue. Le moteur s'arrête.
T'as calé!
On redémarre le moteur.
Merci, à plus!
(-C'est tonton?)
(-Oui.)
-Mes hommages, M. le curé.
-Monsieur.
-Ça va, les enfants? Bonjour, Alex.
-Bonjour, Christian.
-Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable.
-Bonjour, Antoine. Ça fait plaisir de te voir.
-S'il vous plaît. -Pardon.
-Dieu a créé l'homme pour une existence
impérissable.
Il a fait de lui une image...
-Alors? Ça te fait quoi d'enterrer le diable?
-On en reparlera.
Le curé continue la cérémonie.
-Tu peux me tenir ça?
(-Ouais.)
-Regardez ce que j'ai ramené. Regardez.
Regardez ce que je vous ai ramené. Des homards!
Cris
-Christian. -Pardon.
-On peut continuer?
-Bien sûr.
Excusez-moi.
-Aujourd'hui, tu manques à toute ta famille.
Ta présence auprès de Dieu les rassurera.
Ils sauront où te trouver...
-Excusez-moi, mon père.
Pardon, je voudrais...
Je peux dire un mot? -Tu fais quoi?
-Bien sûr. -Merci.
Alors...
je voudrais tenir une vieille promesse...
que j'ai faite à mon papa chéri.
Pour vous retourner, c'est maintenant.
-Ça va pas, non? Ça va pas, Christian?
-Tu vois ce que c'est, inséminateur?
Tu glisses ton bras dans le cul de la vache.
J'ai fait ça un an. -Pourquoi t'as arrêté?
-Au début, j'étais hyper précis, puis après...
-Et après quoi?
-Tremblement.
Je devenais un vibromasseur.
-T'arrêtes tes conneries?
Alex rit.
-J'ai soif.
Oh là là là là là!
-C'est toi qui as pêché les homards? -Ouais, c'est moi.
Je les ai pêchés à Madagascar, à la main.
-Pourquoi y avait une étiquette Carrefour dessus?
-T'es un malin, toi. -Ben oui.
-Ça va?
-Je peux te poser une question? -Bien sûr, vas-y.
-Il était comment, papy? -Papy, c'était Terminator.
-C'est quoi, Terminator?
-Tu connais pas?
-Ben non.
-Votre grand-père, c'était Voldemort.
-Christian.
Enchanté.
-Enchantée.
-Je suis le frère...
-Je sais. Madeleine.
-Tu veux boire un truc?
Antoine!
T'as pas un truc fort?
-Du jus de pomme?
-À la santé de mon frère!
Allez, c'est la fête! -C'est la fête!
-Non, on enterre ton grand-père.
-Dans le trou, Voldemort! Ils répètent.
-Y a d'autres bistrots dans la rue.
-On préfère venir chez toi, les cacahuètes sont gratos.
-Allez.
On enterre le père aujourd'hui, je me porte garant.
-OK.
-Toujours un plaisir de venir chez toi, Armelle.
Il imite des aboiements.
Le chien se met à grogner.
Bonjour.
-Merci, Armelle.
-Allez! Il est crevé, le vieux.
Allez.
-Tu sais comment il est mort?
-Non. Je m'en fous.
-Dans son bateau, au milieu de ses bouteilles.
-Ah ouais? J'ai pris une décision.
J'ai décidé d'arrêter. -D'arrêter la picole?
-Non, je vais me poser.
Trouver un boulot au port, me marier...
-T'es pas là pour le père.
-Je suis fatigué.
-T'es fatigué, toi? -Je vais m'installer ici.
-Ici?
-Chez toi, le temps de trouver un boulot.
S'il y a un problème, c'est pas grave. Je me débrouille.
Y a le bateau du père...
-Arrête, c'est une épave. -On est d'accord.
Trop content. Allez!
C'est la fête, mon frère!
Je l'adore, celle-là.
-Christian.
-Attends. -Christian.
Il augmente le volume.
-When I have rencontred you
You was a jeune fille au pair
And I put a spell on you -Oh, tu m'entends?
Oh, baisse ton son.
-Together, we go partout On my mob, it was super
T'aimes pas It Is Not Because You Are? -Non.
-T'aimes pas Renaud? -Et alors?
-De ce côté, c'est ton côté avec tes courses.
De ce côté, c'est le mien avec Renaud.
Chacun fait ce qu'il veut avec son côté, OK?
Don't let me misunderstood Don't let me sinon...
Il éteint.
Et là, c'est mieux?
-Tu mets pas des claques aux gens!
-Le gars aime pas Renaud!
Qui aime pas Renaud? -Y a des gens qui aiment pas.
-Attends, c'est ta baraque!
Christian ricane. -Marche arrière...
Oh, putain!
-Je crois que t'as touché le portail. -Tu crois?
-Oh, les fleurs! -Non, non, non!
-Pour ta femme, elle adore les fleurs.
-Pas les fleurs, c'est ses bébés, elle va me tuer.
Chut. Viens avec moi.
Chut, chut, chut.
Voilà. Chut, chut.
-Ouah, c'est beau.
-Je suis pas bien, là.
Oh, putain.
-Oh! Oh! Antoine!
Antoine. -Attends.
-C'est pas le fusil du père, ça?
Il est chargé.
-Range-le. -C'est quoi, ce bordel?
T'es dingue? Vous êtes dingues? -C'est Alex?
-Vous savez que des enfants vivent ici?
T'es bourré en plus, toi. Rentrez! Ça suffit les conneries.
Hein?
T'as rien à dire?
Allez, range ça.
Propos indistincts des neveux
-Tonton, on arrive!
-C'est moi, le premier.
Mon tonton!
-Oh! Ouh là! Comment ça va, les gars?
-Ça va super. -Ça va super bien.
-Bien dormi? -Ouais.
-Super. -Et toi?
-J'ai pas assez dormi.
-T'as fait des cauchemars? -Allez.
Bonne journée, travaillez bien à l'école.
-Il est midi, ils en rentrent.
-Ah bon?
-Ben, je vais me rendormir alors.
Tu sais ce que c'est? -Un couteau.
-Oui, mais c'est un couteau magique.
Je te montre.
Cris
-Je suis désolé. -Tu peux.
C'est ton frère, mais je veux plus le voir ici.
-Pardon, je dérange?
Je m'excuse pour hier soir, on a un peu trop bu.
Bonne journée, Alex.
La porte claque.
J'ai besoin de 5 000 balles.
-On y vient. -5 000 balles et je me casse.
-Pourquoi t'en as besoin?
-Ben...
j'ai des casseroles. -À 5 000 balles?
-Elles sont en Teflon, le caviar de la casserole.
-À qui tu dois 5 000 balles?
-À des Albanais.
-J'y crois pas. Et je les ai pas, de toute façon.
-Je te jure, c'est vrai. Si je leur donne pas le pognon...
-J'en ai marre de tes histoires!
-J'ai que toi, Antoine. Aide-moi, s'il te plaît.
-Prends tes affaires et tire-toi.
-Juste 5 000 balles.
-Mais je les ai pas! Putain, qu'est-ce que tu comprends pas?
-Antoine!
-Viens voir, Antoine.
-Quoi?
-Viens, fais-nous confiance. -Y a quoi?
-Des télés et tout. Viens.
-Et des magnétos. -Avance, viens.
Allez, fais-nous confiance. C'est au fond.
Regarde, c'est là. Là, et là.
-Non! Non!
Non! Non!
Non!
Ouvrez!
-Oh! Il est où, mon frère?
Oh!
Antoine?
Antoine?
-Christian! Viens m'aider!
-Antoine!
Antoine!
-Viens m'aider! Christian!
Résonance de métal au loin
-Antoine!
On tape en retour.
Grincement du métal
Ça va, c'est bon. Je suis là.
Ça va? -Ouais.
J'ai juste besoin de 5 000 euros. Je sais que je suis à découvert.
Du coup, on n'est plus à 5 000 euros près.
Vous me laissez dans la merde?
-Jean-Pierre veut te voir.
-Pourquoi tu te présentes aux élections alors que je me présente?
-Pour qu'ils aient le choix. -Le choix...
Quand tu manges une bonne viande,
tu regrettes de pas avoir pris le poisson?
-Non.
-Non. Eh ben, c'est pareil.
C'est marrant.
T'as remarqué? Dans un étang, y a de l'eau.
Dans "étau", non,
alors que ça finit en "au".
Encore une bizarrerie du français.
Allez. -Jean-Pierre!
Fais pas ça!
Je t'en supplie, Jean-Pierre!
-Dans l'autre sens!
Excuse-le, il est pas bricoleur.
Cris de souffrance
Regarde-moi et écoute bien.
Si tu retires pas ta candidature, la prochaine fois, c'est tes couilles.
Et ce sera pas M. Bricolage aux manettes.
C'est bon, allez.
-Qu'est-ce qui lui arrive?
-Petit accident du travail.
On va lui mettre un pansement.
J'ai besoin que tu me rendes un service.
Demain.
-Demain, je suis pas censé bosser. -Avec un autre bateau.
Faut que tu me fasses un trajet jusqu'à Rouen.
-On change les habitudes?
-Le mec est malade.
Il me faut quelqu'un pour conduire la barge.
Quand j'ai besoin, tu peux pas m'aider?
T'as besoin d'argent, fais pas le con.
-OK. -OK?
-OK, je vais le faire. -Bon.
Sonnerie de téléphone -Allô?
T'es sérieuse?
Brouhaha lointain
Cris de joie
-Alors?
À qui le tour?
-Tu fous quoi?
-Je gère. Je vous attends, les gars.
Personne?
Alors, le suivant, j'attends.
-Moi.
Exclamations choquées
-On arrête les conneries, on se casse.
-100 pour participer.
-Christian, merde! -T'inquiète pas.
Il restera 4 800 à récupérer.
-Tu sais quoi? Démerde-toi.
Exclamations en rythme
Cris de joie
-Allez, Antoine! Enfin! Oh...
Pourquoi t'es énervé comme ça?
-Pourquoi je suis énervé?
Un concours de gifles pour se faire du fric?
-Mais tu veux pas m'aider!
-Moi, je veux pas t'aider? Écoute-moi bien.
Je viens de nous trouver du travail, pour demain.
-T'as parlé à Jean-Pierre? Je bosse pas pour lui.
J'en ai marre des plans foireux.
Quoi? -Ton oreille.
-Quoi, mon oreille?
-Tu saignes.
-C'est pas grave, ça arrive de temps en temps.
-Oh, Christian.
Les propos deviennent étouffés.
-Fait chier!
-Il est rentré.
-Vas-y.
C'est qui, les cadors?
-C'est à cette heure que vous rentrez?
-Il nous a entendus.
-Tu restes derrière, OK? Je te promets qu'il passera pas la ligne.
Pas approchant
-Bande d'enfoirés.
Pourquoi t'as ça?
-Et toi, pourquoi... -Ta gueule!
-Tu sais faire que ça?
-Tu sais pourquoi ta mère est partie?
À cause de lui, de ton frère.
Elle te supportait pas. -Tu dis de la merde.
-C'est toi, la merde.
-Con!
-Papa, arrête!
(au loin) -Monsieur! Monsieur!
-Je cherche ma chambre!
-Ça suffit, maintenant! -Monsieur.
-C'est mon frère! Je suis tellement content de te voir.
J'ai failli mourir.
-Ouais. Ça va.
C'est grave?
-Ça pourrait devenir irréversible.
-Comment ça?
-Vous inquiétez pas, j'ai la tête dure.
-Votre tissu cérébral est fragile, je prendrais pas ça à la légère.
-J'ai fait de la boxe avec mon père. Il adorait les baffes.
Allez. -Vous faites quoi?
-Tu fous quoi, là?
-Je me tire. -Hors de question.
Il l'imite.
-Je vous le ramène.
Christian, viens ici.
-C'est par où la sortie? -Christian!
Arrête de hurler. -C'est par où?
-Viens ici!
On y retourne. -Je dois 4 800 balles.
Si tu les as, je reste à l'hôpital.
-T'es pas possible!
-Ils vont me retrouver et me faire la peau.
-Si seulement.
-Je peux dormir chez toi ce soir?
-Pourquoi tu dormirais chez moi? -Je suis ton frère.
Et puis... ma tête.
Hein?
T'as entendu ce qu'elle a dit, le médecin?
Le traumatisme, tout ça... La tête. Hein?
Elle a dit que c'était réversible.
-Irréversible, crétin.
-Exactement. Et ça, c'est grave.
-Ferme-la. -Attends-moi.
C'est pour remplacer les fleurs que j'ai abîmées.
-Je lui ai proposé de venir parce qu'il a eu un accident.
Le médecin dit
qu'il peut pas rester sans surveillance.
-Demain, je vais à Toulon. J'ai un entretien au Musée de la Marine.
-Trop bien.
-T'es sérieuse?
-Je veux savoir si je vaux encore quelque chose, je peux?
Pas dans les escaliers
-J'en fais quoi?
-Ben, va la planter.
-Alors?
-T'as vu l'état de la barge?
-Quoi? Elle est bien.
-Je transporte quoi?
-On te demande d'aller d'un point A à un point B.
-Avec le bateau d'un autre?
Je dois encore acheter des dragées pour la communion.
-Je compte sur ta discrétion.
-Ça pourrait faire tache, avec les élections?
-Madeleine, on mange quoi? J'ai faim!
Tonton! -Surprise!
-OUAIS!
-Installez-vous, je vous ai fait à manger.
C'est ma spécialité, les pâtes à la moutarde.
-OUAIS!
-Et une coupette pour commencer.
-T'as piqué le champagne? -Une bouteille.
Faut se faire plaisir.
-Oui...
-Ça a l'air trop bon!
-Allez, bon appétit.
-MERCI, TONTON!
-Bon appétit.
-Quoi?
-C'est pas bon.
-Ça pique, tonton.
-Quoi? -C'est dégueulasse.
-Il y a un peu trop de moutarde.
-Ah, les enfants.
Vous aimez les glaces? -OUAIS!
-Bonjour, maman.
*Cris inquiétants
-Bonjour.
-Vous êtes qui?
-Ben, c'est le glacier, maman.
-Mais ça va pas?
*"Elle préfère l'amour en mer" (Philippe Lavil)
Il se passe quoi, ici?
-J'ai fait des pâtes et...
ça a glissé.
*-Vous passez en conseil de discipline.
-Ah.
T'as vu? Le magnéto marche encore.
-Je te laisse et tu fais de la merde.
-Je voulais faire plaisir. -Tu veux me faire plaisir?
Pars. Pars où tu veux, mais pars loin.
Et tu nous laisses tranquilles.
-T'as raison.
T'es un cador, je suis une merde. Sonnerie
-Tais-toi. -T'as une belle maison,
une belle femme...
-Fait chier. *-T'es pas parti?
-Attends! -J'ai un petit imprévu.
J'arrive. -Moi, j'arrive.
Antoine, t'as toujours ton plan avec Jean-Pierre?
-Plus que jamais, ouais.
-Attends!
Gémissement
-Ça va? -Laisse-moi crever comme un chien.
-Eh ben OK.
-Quoi, OK?
Je te dis que je vais crever, tu me dis "OK"?
Je suis ton frère, Antoine!
Antoine!
Christian crie. Antoine!
C'est super, là-bas.
-Touche à rien. -Je cherche à boire.
-Non, y a rien. -Ah bon?
Et c'est courant de prendre la péniche d'un autre?
-Ça arrive.
-Elle aime quoi, Madeleine?
-Tu la laisses tranquille.
-Je vais lui écrire un poème, c'est classe.
Hein?
J'ai rêvé de maman, cette nuit.
On était petits, on était à la maison et elle décongelait le frigo.
Puis, elle partait. On regardait les glaçons qui fondaient,
et elle revenait pas.
L'eau commençait à couler, donc on avait les pieds
humides et gelés.
J'ai trouvé ça dans le bateau du père.
C'est ta communion.
On avait l'air heureux, là.
-Deux jours après, maman nous quittait.
-Garde-la, ça te fera un souvenir.
Grincements du moteur
-Oh. -Moi, j'ai rien fait.
-Touche à rien.
-OK.
-Vous avez vérifié votre bateau comment?
-Putain.
Antoine!
Antoine, viens voir!
C'est quoi, ça?
-Tu devais pas bouger.
Repose ça, putain!
-Y a quelqu'un?
Oh!
-Range ça! J'arrive!
-Eh oh!
Y a quelqu'un?
Vous dérivez, y a un problème?
-Non, non, ça va.
-OK, mais vous pouvez pas rester là.
-C'est une panne, on va vite repartir. Sonnerie
-On va vous tirer vers la rive.
-C'est gentil, ça. Merci.
-Ouais.
-Tu réponds pas? Sûrement le mécano.
Venez.
-C'est quoi, comme panne?
-Panne moteur, je crois.
*-J'ai eu ton message, démerde-toi. -Putain,
*y a des flics!
-C'est ton problème.
-Mon problème? *-C'est toi qui transportes, pas moi.
*Trouve une solution et livre la marchandise.
-Monsieur va jeter un œil au moteur.
-Je m'y connais un peu.
-Après vous.
Attention à la tête.
-Le dépanneur va pas tarder.
-C'est les injecteurs.
-C'est les vieilles machines, un rien et ça part en vrille.
-Ouais.
C'est la pompe-moteur?
-Non, c'est rien, ça.
-Désolé, je peux pas vous aider. -Pas grave, merci.
-On va vous remorquer, du coup.
Allez, bon courage.
-Merci!
-Putain...
-Ça craignait rien, j'ai tout balancé.
-T'es malade? Je dois la livrer!
-Donc tu savais.
-Christian!
-T'inquiète, elle est là. Y a au moins 10 kg.
-C'est la première fois.
-C'est ça, la nouvelle maison?
-Jean-Pierre me fait passer des trucs : fringues, téléphones, bagnoles...
Je savais pas pour la drogue.
-Tu pensais que c'était quoi?
-Je m'en sors plus, tu comprends?
Si je fais pas ça, je perds tout.
Y a pas que toi qui fais des conneries.
-C'était Jean-Pierre au téléphone?
Il t'a dit quoi?
-Celui qui doit nous aider... -Quoi?
-Le type a un problème, il arrive. -OK.
-Christian.
Reviens, merde!
Christian!
-Elle est où?
-Tu fais quoi, là?
-T'as des nouvelles de ton gars?
Eh ben voilà. J'ai trouvé une solution.
-Christian.
Christian!
C'est quoi, ça?
-Tu préfères attendre le retour des flics?
Allez, viens.
Allez, viens.
Allez!
-Tu peux rien faire pour la musique? -Pas quand il roule.
-C'est pas crédible pour des trafiquants.
-Parce que t'es trafiquant, maintenant?
-Tu remercieras ton pote pour le camion.
-Elle sait, Alex?
-Elle en sait rien.
-Tu lui diras quoi, en taule?
-Tu lui en parles pas. Tu lui dis rien.
Je te fais confiance.
-Continue à faire de la merde.
Tu vas la perdre.
Pff... Je dis ça...
-T'as jamais trafiqué? -Moi, je suis le con de la famille.
Je te préviens, tu prendras pas ma place.
-Ils auraient pu m'arrêter.
Je veux pas participer à ça!
-Quand je te file de l'argent, tu participes pas?
Y a un supplément pour le dérangement.
Écoute, va dormir, on en parle après.
T'es fatigué.
Quoi?
-Tiens, l'argent que tu dois.
Y a même un peu plus.
-Tu lui as dit "merde" à l'autre?
-Oui, j'arrête.
-Et?
-Il en a rien à foutre de moi, ça change rien pour lui.
-Je suis content.
Garde-les.
T'en as plus besoin que moi.
-Non, rembourse tes Albanais.
-Y a jamais eu d'Albanais.
-Je sais bien.
-Je te les rendrai.
-Je sais bien que non.
-Non, je te les rendrai pas.
Bon...
-Fais attention à toi.
-Ouais, t'inquiète pas.
Salut.
-Il est pas si fragile que ça, en fait.
Alexandra et lui m'ont beaucoup aidée, quand j'allais mal.
-T'avais quoi?
-J'ai hérité de la maison au décès de mes parents.
Je vivais seule dans cette grande baraque.
Pas de boulot. À traîner dans les bars, j'ai rencontré un mec.
Il est venu vivre chez moi.
Au début, c'était super. Puis il a commencé à me frapper.
-Les mecs comme moi, ça te fait pas peur?
-Non.
T'es quelqu'un de doux.
-Tiens. -C'est quoi?
Une lettre d'amour?
-Ben non. C'est un poème.
-T'es le premier à m'écrire un poème.
-Ah bon? -Ouais.
Air doux à la guitare sèche
"Pourquoi entre nous laisser telle palissade
"alors que mon cœur bat la chamade?
"Si tu es le feu, et moi, je suis l'eau
"alors nos deux âmes se tiendront chaud."
Ouais...
-T'aimes pas? -Si.
C'est beau, c'est original.
Tu vas partir?
-Bien sûr que non.
Et... t'en penses quoi de mon poème?
-Franchement, il est pas mal.
-Juste "pas mal"?
-Ben "pas mal", c'est déjà pas mal, non?
-Ah, t'es là?
Ça va?
-Ouais, ça va.
-Il est tard là, non?
Je vais me coucher.
-Et ton entretien?
-Ils me prendront pas.
-Comment tu peux savoir? -Je le sens.
C'est bien. Ça m'a donné l'occasion de voir Toulon.
Comment ça s'est passé avec ton frère?
-Il est parti.
-Parti?
-Il avait des choses à régler.
-Tu lui as donné de l'argent?
T'as bien fait.
L'air à la guitare reprend.
Quelqu'un approche.
-Tu la mets, finalement?
-Ça te fait plaisir?
-Je t'aime.
Cris d'amusement Des cloches sonnent.
Léo! Allez, viens.
-Papa, on joue!
-Viens, dépêche-toi.
Léo souffle et bougonne.
Regarde ça.
T'en as partout.
Qu'est-ce que t'as fait? Tourne-toi.
Lève tes bras.
Tourne-toi un peu.
-Il vient pas, tonton?
-Je t'ai dit qu'il était parti.
Les cloches continuent de sonner.
-Le corps du Christ. -Amen.
-Le corps du Christ.
-Amen.
-Le corps du Christ. -Amen.
-Le corps du Christ.
-Amen.
-Le corps du Christ.
-Amen.
-Le corps du Christ. -Amen.
-Le corps du Christ.
La porte claque.
-Je peux?
Désolé pour le retard. -C'est pas grave.
-DEVENEZ CE QUE VOUS RECEVEZ
DEVENEZ
LE CORPS DU CHRIST -Le corps du Christ.
-C'est beau, une famille.
J'ai pas d'enfants.
Pas eu l'occasion.
Et pas l'envie.
Petits cris d'amusement
-Tellement faim!
-Antoine!
J'ai plus de champagne!
J'espère qu'il en reste, j'en ai amené six caisses.
-J'arrive.
-Je t'engagerais pas comme barman. -Je fais ce que je peux.
-Allez.
Merci. Je bois trop.
J'adore le champagne. Enfin, quand il est bon. À ta santé.
Qu'est-ce qu'on mange?
-Ça va, chouchou? -Je vais chercher du champagne.
-Tu veux manger un truc?
Ambiance festive lointaine
-Ça va, beauté?
-Tiens, tiens. Le mouton noir.
-Qu'est-ce qui se passe?
Mon frère se marie?
-Non, c'est la communion de Léo.
Tu savais pas?
-Pourquoi t'es là?
-Tu fais la communion, tu m'invites pas?
Ben dis donc.
-C'est quoi, ça?
-L'argent de Jean-Pierre, j'en veux pas.
-Garde-le et tire-toi.
(Jean-Pierre) -Antoine?
Viens voir. -Pourquoi il est là?
-Ça te regarde pas.
-T'as pas du tout arrêté.
-Christian.
-Il est où? -Christian, attends! Christian!
-C'est pour qui, ça?
-Reste là! -Merci.
-Il est où?
-Tonton? Trop bien!
-Mes neveux préférés!
Oh oui!
(-Christian. Christian. Putain, fais pas le con.)
(Christian.)
-T'arrêtes avec tes plans foireux?
-Mes plans foireux?
-Prends-moi pour un con.
(-Range ça.) -C'est quoi, ça?
-C'est ton pognon, on n'en veut pas.
-Vous vous détestiez et là, vous faites tout ensemble.
-On fait rien ensemble. -Si, si.
Reprends ton pognon.
-Pourquoi t'es là, toi?
-Il s'en va. Christian, laisse-nous.
-Fais attention à toi, tu sais pas à qui tu parles.
-Je le sais très bien.
Casse-toi d'ici et laisse mon frère.
Qu'est-ce qu'il y a? C'est marrant?
-Dégage.
-Allez, viens.
-Non. (-Christian, putain.)
-Oh, mon Jean-Pierre...
-Casse-toi! -Je vais te faire des gros câlins.
-Enculé.
-Dégage de là,
espèce de taré!
-Quoi?
-Tu dégages!
-Tu me dégoûtes.
-Reste, tonton. Papa, il peut rester. -Léo, rentre.
-Ouais, tonton a fait des bêtises, il doit partir.
-Gros con. -Tu me parles pas comme ça.
-Gros con!
-T'es dingue? Viens là, toi.
-Christian!
(-Parle pas comme ça à ton père.)
-Je suis désolé.
-Ton frère est mort. -Demain, il est parti.
-T'as intérêt.
Sinon il finit dans un container et adieu ta barge.
-Ça va aller, viens.
Christian.
-C'est quoi, le problème avec Jean-Pierre?
-Christian a trop bu. -Me prends pas pour une conne.
C'est quoi, cet argent?
-Je sais pas, c'est entre Christian et Jean-Pierre.
-Tu me fais pas confiance.
-Bien sûr que si.
-Alors dis-moi ce qui se passe! -Y a rien.
-Antoine!
Ça va?
J'ai un message de Jean-Pierre. -Oui.
-C'est par rapport à ton frère.
-Comment ça?
-Écoute-moi bien,
s'il a pas dégagé demain, on pourra rien faire pour toi.
-Christian, je sais que t'es là!
Pars maintenant, ils vont pas te lâcher!
-Tu m'as menti.
-Il t'a dit de venir?
-Ça suffit, t'as plus 4 ans.
-Alex!
Attends.
-Je dis quoi aux enfants? Que tu trafiques?
-Je vais t'expliquer. -Je t'écoute.
-J'ai déconné, mais je trafique pas.
-Ah bon?
-J'ai commencé quand j'ai acheté le bateau.
On avait besoin d'argent.
Il pouvait arrondir mes fins de mois. -On aurait fait autrement.
-Je voulais pas que tu partes.
-Pourquoi je serais partie?
Ta mère est partie parce que ton père était alcoolique et la battait.
-Alex.
Alex, attends.
-Lâche-moi.
Percussions intrigantes
-Putain.
Jean-Pierre!
-Il est pas parti.
T'as rien géré du tout.
Il est chez toi?
Ta femme sait peut-être où il est.
On va demander à ta femme et à tes enfants.
-Il est pas chez moi.
-Alors il est où?
Coup
(Ivre) -C'est quoi, ça?
Qu'est-ce que tu veux, toi?
-Il a pas menti, ton frère.
-Qu'est-ce que tu parles? Pourquoi tu parles de lui?
-Rien, ça a pas l'air d'aller entre vous.
-Dégage.
Dégage, casse-toi.
Quelqu'un siffle.
On siffle.
On chante en chœur en italien.
Tu veux pas aller voir mon frère?
-Tu veux danser?
-Oui.
Donne-moi ta main.
Comment tu t'appelles? -Antoine.
Et toi?
-Alexandra.
Mais tu peux m'appeler Alex.
"Il Mio Rifugio" (Richard Cocciante)
-Christian!
Christian!
Christian!
Christian!
Christian!
Christian!
Christian!
Coups lointains
-Antoine!
Je suis là!
Coups
-Les gars!
Applaudissements
-A voté!
-Allez, en route.
-Chers camarades...
Camarades!
Je ne vous révèlerai pas mon vote.
Petit cri
Le secret de l'isoloir est sacré.
Chacun choisit en son âme et conscience,
même si je suis le seul candidat.
En cette journée spéciale, j'aimerais avoir une pensée pour Fabrice,
notre camarade disparu.
Nous ne t'oublions pas.
À Fabrice!
Bon, je vais vous laisser.
Je retourne dans mon bureau
pour préparer mon discours de victoire. Ou de défaite.
Rires et applaudissements
-Bravo.
La porte s'ouvre.
-Qu'est-ce que tu fais là?
-C'est bon pour mon frère?
-T'inquiète pas, tu vas pouvoir être tranquille maintenant.
-J'ai l'impression qu'il est pas parti.
-Arrête un peu.
-Je le connais.
C'est comme s'il était toujours là, à traîner.
-Tu m'emmerdes, va prendre un verre en bas.
-Coucou.
-Oh. Ben, tu vois,
j'avais raison.
-À quoi tu joues?
-T'as l'air fatigué.
-Charles, Kevin!
Tu veux de l'argent, c'est ça?
-Installe-toi. Aujourd'hui, t'as dictée.
-Jean-Pierre Deloup.
Jean-Pierre Deloup.
Jean-Pierre Deloup.
-"Chers camarades, chers amis,
"je vous remercie
"pour la confiance portée toutes ces années.
"Vous avez choisi de renouveler cette confiance."
-C'est mal écrit, y a deux fois "confiance".
-Écris! Écris!
-"Mais cette année est particulière.
"J'ai pris conscience qu'une élection avec un candidat unique
"n'était pas le reflet d'une démocratie épanouie."
-Vous pensez que je vais écrire ça?
-Écris!
-Jean-Pierre Deloup! Jean-Pierre Deloup.
Toujours Jean-Pierre Deloup. Jean-Pierre Deloup.
Et Jean-Pierre Deloup.
-Après ce que j'ai fait pour toi.
-On va jouer à un jeu.
Christian...
-C'est quoi, ça?
Vous déconnez, les mecs! Arrête, lâche-moi.
-Écarte les doigts. -C'est parti.
-Vous êtes cons!
-Écris ou je continue. -Je t'emmerde!
Cri
"Chers camarades, chers amis,
"je vous remercie pour la confiance portée toutes ces années.
"Vous avez choisi de renouveler cette confiance.
"Mais cette année est particulière.
"J'ai pris conscience qu'une élection avec un candidat unique
"n'était pas le reflet d'une démocratie épanouie.
"Donc si une personne
"ou plusieurs souhaitent être candidates,
"qu'elles se déclarent."
-Moi.
-Ben tiens, évidemment.
"Je propose ainsi un vote à main levée."
-Ceux qui veulent que Jean-Pierre Deloup
soit réélu au poste de président du comité des dockers,
levez la main.
Ceux qui veulent que Maxime Muller soit élu
président, levez la main.
Maxime Muller est élu
avec 55 voix contre 2.
Cris de joie
-Bravo!
-Allez, un sourire.
-Antoine.
-J'y vais. -Ben ouais, allez.
Ça va bien se passer, t'inquiète.
-...un fond aussi abyssal que son aquarium
qui est le plus haut d'Europe, avec ses 350...
350 000 litres d'eau salée, et ses poissons d'un atome polynésien.
Allez dans la salle des jardins de la mer,
je vous rejoins tout de suite.
-Pardon.
-T'as merdé, Antoine.
-Je sais.
-T'as merdé.
-Je sais.
Allez.
Rires
-À gauche!
Tu fais quoi?
-Y a trop de bateaux, c'est dangereux.
Tiens, prends la barre.
-Tu sais naviguer? -Ben oui, bien sûr.
Mais je suis plus cargos, paquebots...
-Ouais, mito quoi.
Petits claquements
Bips
C'est quoi, ça? -Accélère pour voir.
-Ça marche pas. -Non, ça marche pas.
Ça doit être une panne moteur.
-Et on fait quoi? -On répare, tout simplement. J'y vais.
-T'es sûr, là?
-T'inquiète.
Ça va?
-Ouais, nickel.
Des cloches sonnent.
-Ça s'est bien passé?
-Ouais, on peut y aller.
Monte dans la voiture. -Allez, en avant.
Sonnerie
-Allô?
Ouais. *-J'ai besoin de toi.
-T'es chiant! *-Je suis en mer, le bateau...
-Je t'ai dit de pas y aller avec!
*-Viens me chercher! -Non, hors de question.
*-Y a des requins partout... Il raccroche.
-Non, mais c'est vrai.
Non?
-On va chercher tonton? S'il te plaît, papa!
-Je lui ai dit de pas aller en mer avec le bateau.
Je lui ai dit de pas y aller et... -Lui, il y va.
-Qu'est-ce qu'il est chiant, putain!
-Tu veux pas y aller?
-Non, il se démerde. -Papa, s'il te plaît!
-T'es sûr que ton frère va venir? -Oui, c'est mon frère!
-Il partait pas à Toulon? -Il va faire un crochet.
-Il te l'a dit? -Il l'a pas dit, mais je le connais.
Il me laissera jamais tomber.
C'est mon frère.
Fracas Oh, putain!
-Christian?
Ça va? -Ouais, ça va. Ça va.
-J'appelle les urgences? -Non, attends.
Appelle mon frère, c'est mieux.
-Cadors
N'oublie jamais
Voilà ce qu'on est, on est des cadors
Genres de redresseurs de torts
Quand y a des embrouilles
Que je sors les dents
Je souris d'abord, après je mords
Toi, t'as l'air honnête
Propre sur toi (Mais quoi?)
Mais tu fais sa fête à l'aloi
Cadors
Tout petits déjà, on l'était
Mon frère, on est des cadors
Genres de redresseurs de torts
Toi et moi, comme deux doigts
Tu le sais qu'on s'aime
T'as qu'à t'en rappeler
Et quand il y a un problème, on va s'aider
Si la vie est douce
C'est pas tout le temps
Il faut des coups de pouce, des coups de dents
Cadors (Cadors)
Toi et moi, on est forts
Ouais, ça, on est des cadors
Ouais, cadors
(Cadors, cadors, cadors, cadors)
Cadors
Voilà ce qu'on est, on est des cadors
(Cadors, cadors)
Cadors
(Cadors, cadors, cadors)
Genres de redresseurs de torts
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