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Ce film a �t� restaur�
� l'initiative de Rogosin Heritage Inc,
par la Cinetaca del Comune di Bologna
� partir des n�gatifs originaux,
au laboratoire L'lmmagine Ritrovata en mars 2006.
Du calme, l'ami, t'emballe pas !
� qui tu crois causer, hein ?
Y a que des types bien, ici !
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je m'appelle Dougherty.
T'as perdu ta langue ?
Tu vas te d�gonfler, maintenant ?
Tais-toi, va...
Ferme-la, bon Dieu !
- C'est � moi que tu causes ? - La ferme !
Je m'appelle Brennan.
Brennan ? Connais pas !
C'est � Dougherty que t'as affaire, un Irlandais comme on en fait plus !
Mon seul pote au monde...
Comment �a va ?
- Pas mal. - T'es revenu ?
- T'as �t� bosser o� ? - Sur les chemins de fer.
- O� �a ? - � Jersey.
- Je te croyais � Monowese. - Eh non.
- On peut pas y loger. - C'est ce qu'on m'a dit.
Comment c'�tait, � Jersey ?
- �a a �t�. - Tant mieux.
La bouffe est plut�t bonne.
On y cr�che bien ?
Pas mal.
Souvent, c'est pas �a...
Ouais, je sais, mais y a des draps propres.
� Monowese, y a pas de draps !
Pas de draps...
Non, on a juste droit � une vieille couverture.
Tu m'offrirais pas un godet ?
Je bois que de la bi�re.
C'est �a ou rien.
�a fera l'affaire, merci.
Je pr�f�rerais du vin, mais va pour la bi�re.
�a marche. Donne-nous deux bi�res.
Je te remercie.
De rien.
� la tienne.
� ta sant�.
Qu'est-ce t'as fait, toi ?
Des bricoles � droite � gauche. C'est trop dur, les chemins de fer.
Y a des potes l�-bas, on s'assoit avec eux ?
Je crois que j'ai boss� avec l'un d'eux sur les voies.
Ils y ont tous boss�.
- Ah oui ? - Tu peux me croire.
Ils voudraient te conna�tre.
On se conna�t, non ?
Assieds-toi.
Bonne id�e.
T'arrives, l� ?
Je reviens juste de Jersey.
Je suis arriv� ce matin.
Vous aimez le vin, non ?
�a oui !
Pas moi, mais si vous prenez que 4 verres, c'est ma tourn�e.
�a, c'est un chic type.
On fait comme �a.
Moi, j'en bois pas.
Comment s'appelait ce contrema�tre ?
Dans quel coin il �tait, ce vieux rat de Mike ?
Dans l'Utah.
Il a bien failli tous nous tuer un jour !
Il avait pas voulu que je verrouille le cric...
Je m'en souviens.
On a eu du bol d'en r�chapper.
Tu l'as dit !
Nous voil� servis.
Ils doivent avoir la p�pie, ces hommes-l� !
J'aime autant te dire que je l'ai, moi, la p�pie.
J'attendais que tu nous payes un coup.
J'attendais que tu payes...
Sors-les, tes thunes ! On attend, maintenant.
Une chance que �a existe encore, des gens comme toi. Merci.
De rien, va.
C'est gentil.
Faut pas que �a devienne une habitude.
Crapule, va ! Tu peux compter sur nous.
Tu peux compter sur nous.
On s'en grille une ?
Bonne id�e !
C'est le rade le plus sordide que j'ai jamais vu !
Qu'est-ce que tu lui reproches � cet endroit ?
Et � notre ami ?
Y te pla�t pas, Ie caf� de notre ami ?
On fait pas mieux, dans le pays !
Tu vas chanter ?
�coute, c'est moi qui ai pay� la boutanche !
C'est vrai, t'es un gentleman. Personne ici dira le contraire.
�a, c'est clair. Mais �coute-moi bien !
�coutez, �a c'est de la chanson !
Si on peut plus
S'aimer
Pourquoi on resterait pas...
Tu disais ?
... amis ?
Ya qu'� quelqu'un comme toi
Que je peux confier mes soucis...
Et toi, Gorman ?
T'as boss� o� dans les chemins de fer ?
Pennsy,
New Haven, Lackawann...
Faut que je file.
Je reste encore ici quelques jours.
- � plus. - Bonne chance.
On parlait de Pennsy et de New Haven, c'est �a ?
T'as �t� � Monowese ?
�a doit bien faire 15 piges... Y doit plus rien rester l�-bas.
� un de ces quatre.
Ils ont fil� bien vite, nos lascars.
Tu penses, y avait plus rien pour se rincer le gosier !
Du moment qu'ils ont � boire...
Eh oui !
Apr�s tout, il suffit de le savoir.
C'est �a, le Bowery !
Qu'est-ce qu'y a d'autre, sinon ?
Je te suis pas...
Je pensais � tous ces endroits o� on va.
Y a toujours moyen d'y bosser un jour ou deux.
Tu peux toujours faire la plonge de temps en temps...
C'est �a qu'y me faut, un jour de boulot par-ci par-l�.
D'apr�s ce qu'on dit, y a du boulot partout.
Mais faut �tre l� � l'ouverture.
�a se comprend.
Tu sais...
J'ai quitt� le camp hier,
et je suis plut�t fauch�.
Tu pourrais me d�panner ?
J'ai pas un radis sur moi.
Si seulement y avait moyen d'en trouver...
Qu'est-ce t'as de beau dans cette valise ?
Ben, c'est...
des fringues...
Va au "march� des voleurs".
T'en tireras bien quelques dollars.
Y m�rite pas forc�ment son surnom.
Y a bien des trucs vol�s... Mais sinon, �a va.
Tu connais quelqu'un ?
On ach�te souvent des trucs l�-bas.
�a te fera un peu de sous.
T'y gagneras m�me plus que si t'y �tais fripier.
Je reprendrais bien un verre.
Faut aussi trouver une cr�che.
�a oui !
Alors, tu veux y aller ?
Tant qu'� faire !
On a rien sans rien.
On l'ouvre o� ?
Peu importe. Ici, �a fera l'affaire.
�a devrait nous payer un verre.
J'ai pas grand-chose.
- Y a quoi d'autre ? - Pas grand-chose.
Ben voil� !
Pas �a, l'ami.
Pourquoi pas ?
C'est comme �a.
Faudra faire avec les pantalons.
C'est pas ce qu'on appelle une r�ussite.
C'est plus ce que c'�tait.
Les temps ont chang�...
Il faut que j'en garde pour une piaule.
Une bi�re et un muscat s'il te pla�t.
Salut, Walter.
�a va, Doc ?
T'as une piaule de libre ?
T'as de quoi payer ?
J'ai pas un liard.
La maison fait pas cr�dit.
Faut vraiment que je dorme.
T'auras rien si t'as pas de quoi payer.
Attends une seconde.
Et �a, qu'est-ce que t'en dis ?
Elle est pleine.
�a marche, je te file une chambre.
- Laisse la valise ici. - Pas de probl�me.
Merci.
Laisse-la l�.
- Merci. - C'est par l�.
OK, merci.
C'est o� pour les camions ?
� l'angle de Houston Street.
T'as qu'� me suivre.
Comment �a va, Gorman ?
Bien. On m'en a dit de vertes, sur toi.
Hein ? Sur moi ?
T'as disparu un moment.
Y para�t que t'as �t� en taule du c�t� de Riker Island.
Faux c'est � Hart Island que j'�tais.
Tu vas pas finasser,
les deux �les se touchent.
Peu importe.
J'ai d'abord fait 10 ans et apr�s, j'en ai pris pour 5.
Mais si j'avais �t� dans des quartiers comme il faut,
tout �a serait pas arriv�.
T'as qu'� rester � l'�cart des mauvais quartiers !
Faut que je fasse la ville d'est en ouest
pour gagner ma cro�te.
Tu fourgues quoi, avec ta charrette ? De la gn�le ?
Non, je r�colte des cartons, des m�taux, des chiffons...
Faut bien manger le matin !
J'irais bien manger au foyer.
Tu manges quand tu bois du vin ?
Je bois pas des masses. Mon estomac appr�cie pas.
�a devrait �tre interdit.
On est comme on est.
Moi, un verre, un seul et j'ai plus faim.
�a va, j'ai connu pire.
Et la bouffe ?
Comme il faut !
Si tu survis pas l�-bas, tu survivras nulle part.
Tu voudrais du r�ti tous les jours ?
Pourquoi pas ? La ville a les moyens.
Pas l�-bas, je te le dis.
Je suis jamais all�...
Cette prison est mieux que celle de Riker.
Personne te colle aux basques, tu bosses pas...
On peut pioncer la journ�e ?
D'abord tu te l�ves et tu d�jeunes.
Ensuite, tu balaies, tu laves le sol et c'est tout.
T'es un vrai clodo, toi ?
J'ai m�me pas eu mon dipl�me !
Je liquide mes affaires ici,
je descends dans le Sud prendre un bateau
et en route pour les mers du Sud !
C'est l� que j'irai.
�a doit te plaire, l�-bas.
Si je fais pas les mers du Sud,
j'irai...
au "Guatalama".
Tu vas rester l�-bas ?
Pourquoi pas ? C'est pas plus mal qu'ici !
Tu vivras � l'abri d'un cocotier ?
Qu'est-ce que �a peut faire ?
Ici, c'est � l'abri d'une porte, qu'on vit.
Ils abusent pas ici, question tarif.
Je me ferais damner pour ce vin.
Faut juste essayer de pas en abuser.
Y en a qu'y arrivent pas.
J'en boirais m�me en dormant.
Tant qu'y me reste un sou, je le d�pense en vin.
�coute.
Je suis sur un coup pour un boulot.
Quelque chose de bien.
Y faut s'occuper d'une cuisine.
C'est bien pay�.
C'est un h�tel du c�t� de la 50e.
Je vois.
Du genre rupin.
Si je peux t'aider avec mon chariot...
Pour quoi faire ? Je vais m'occuper de la cuisine !
J'aurai besoin d'aide.
Si �a t'int�resse,
et si ta bourgeoise te laisse y aller...
�a pourrait se faire.
Va bient�t falloir que j'y aille.
Tu fais quoi ?
Je vais en ville voir ce type.
Moi aussi, je vais en ville.
Bon, faut que j'aille conclure cette affaire !
Y a personne ?
Non.
- T'as vu personne ? - Non.
Sers-moi donc un petit godet.
Juste une larme, hein !
T'as pas vu Phil ?
Pas aujourd'hui.
Alors, qui c'est le cador ?
C'est lui !
Il m'a battu deux fois d'affil�e.
Je te croyais le champion local,
vu que c'est toujours toi qui reprends.
On peut pas �tre le meilleur tous les jours.
T'as eu des nouvelles
de ta famille, au fait ?
Tu sais, je d�pends pas d'eux pour vivre.
Je me d�brouille avec ma pension.
Je m'assois ici 2 ou 3 heures par jour.
Ensuite, je sors et je fais ce que j'ai envie de faire.
Je m'assois sur les bancs je joue...
C'est �a, ma vie.
�a m'a l'air bien tranquille, et tout ce qu'y a de rang�.
Exactement ce qu'y me faudrait.
Salut, Ray.
Comment va, Gorman ?
Et toi, �a va ?
On fait aller.
Alors, cette journ�e ?
J'ai eu du bol, aujourd'hui.
J'ai �t� au carrefour
et j'ai ramass� quelques dollars en bossant sur un camion.
Y a bien plus agr�able pour gagner des sous !
Je connais que le travail, pour �a.
On boit un verre ?
Non, n�gatif !
Je pr�f�re rester ici.
�a me dit rien du tout.
Tu comptes faire quoi, ce soir ?
Un type m'a dit que le foyer du coin ouvrait ses portes
sur le coup des 6 heures ou 6h30,
dans ces eaux-l�...
On peut y aller pour se laver, se raser,
faire laver ses frusques et aller � la messe...
Y loger pour la nuit.
Je crois que je vais y aller.
Au moins, j'irai pas me perdre dans un de ces rades.
Je veux plus boire.
�coute, t'as gagn� des thunes, aujourd'hui !
Tu peux t'offrir une piaule avec.
C'est pas une question d'argent.
Y s'agit pas de �a.
Si je tra�ne ici et que je r�serve une chambre,
je serai tent� jusqu'au moment o� j'irai me coucher. Tu vois ?
Alors que si je vais l�-bas,
je serai coinc� jusqu'au moment de se coucher.
Et du coup, je serai pas tent� de boire.
Chacun fait ce qu'il veut.
Si tu veux pas boire, OK !
Je te le re-proposerai, et si tu refuses, OK.
Laisse-moi te dire un truc.
Ce verre me ferait plaisir, mais je pr�f�re pas.
Bon, je vais traverser la rue direction le "Confidence"
et m'en jeter 2 ou 3.
�a m'aidera � passer la nuit.
�a risque pas de te faire que du bien !
Surtout que je bois que des doubles rations.
�a m'�tonne pas.
OK, on se voit plus tard, alors.
�a marche, Gorman, � plus tard.
Je suis heureux de vous pr�senter notre sup�rieur,
le r�v�rend George Bolton.
Que Dieu vous garde.
Messieurs.
Depuis plus de 28 ans maintenant,
j'officie
au foyer de ce quartier.
Je me suis efforc�
de vous faire comprendre
qu'il n'y a pas de cas d�sesp�r�s pour Dieu.
Et je peux attester de la v�racit� de mon propos
gr�ce � mon exp�rience personnelle.
Il faut que vous sachiez que je viens
d'un foyer similaire � celui-ci,
dans un quartier d�laiss�.
Je crois pouvoir affirmer qu'aucun d'entre vous
n'est destin�
� venir �chouer ici
� Bowery.
Le Bowery de New York.
Un journaliste a �crit
que c'�tait la plus triste
et la plus incroyable des rues du monde.
Il est sans doute encore loin de la v�rit�.
Car c'est certainement la plus tragique
des rues.
Je le redis je ne crois pas
qu'il y ait un seul homme,
qu'il soit d'ici ou d'ailleurs,
dont l'ambition est de mourir d'alcoolisme.
C'est pourtant ce qui pourrait arriver � l'un de vous
aujourd'hui m�me.
Ce n'est pas une fatalit�.
Dieu vous aime tous.
Si vous croyez en J�sus-Christ, vous serez sous la gr�ce de Dieu,
et ce, m�me si...
vous n'avez jamais cru en lui.
N'est-ce pas merveilleux ?
Maintenant, mes fr�res, prions.
Entrons dans la maison du Seigneur,
comme cet homme l'a fait il y a fort longtemps,
et comme les centaines d'hommes qui ont p�n�tr� dans cet endroit.
Ce qui compte n'est pas ce que dit le r�v�rend,
mais ce que vous faites pour Lui.
Nous vous avons demand� de venir
pour que vous vous agenouilliez devant cet autel
et que vous demandiez � J�sus d'�tre votre Sauveur.
Faites-le maintenant que nous entrons en pri�re.
J'ai perdu la foi il y a 24 ans.
Je n'ai fait qu'errer depuis,
mais je suis heureux d'�tre ici ce soir.
Nous sommes avec toi.
Quelqu'un d'autre ?
Excuse-moi comment �a se passe, ici ?
C'est la 1e fois ?
Je suis jamais venu ici.
Il faut dormir par terre, la premi�re nuit.
Par terre ?
Les lits sont d�j� pris.
Y a s�rement du monde qui vient ici.
On peut donc rester plus d'une nuit ?
Combien de temps ?
Une fois qu'ils vous donnent un lit l�-haut
on peut rester une semaine.
On peut chercher du travail ?
On a tout le temps qu'on veut pour le faire.
Messieurs voil� comment on fonctionne ici :
on est l� pour vous aider.
Vous devez vous laver pour avoir droit � un lit.
Vous parlerez quand j'aurai fini.
D'abord, vous devez passer toute la nuit ici.
Il faut prendre un bain. On d�sinfecte vos v�tements.
Il faut laver vos sous-v�tements et vous raser.
Tout �a doit �tre fait
pour avoir droit � un lit.
Maintenant, une fois dans ces murs t�chez d'oublier vos manies.
Termin�, la gn�le ! Faites une croix dessus.
Ici, il n'est pas question de boire.
En restant ici vous vous engagez � ne pas boire.
Quand vous vous pr�sentez � la porte,
c'est-�-dire � 18 heures
on v�rifie si vous �tes ivre.
Si vous avez bu vous n'aurez pas droit au dortoir.
Les dortoirs et les lits sont propres.
On peut s'y raser, se laver.
Tout est � votre disposition.
� condition d'�tre sobre.
Tiens.
Merci.
Tu t'y feras, va.
- Ils nous r�veillent quand ? - � 6 heures.
Quoi de neuf ?
Comment �a va ?
On a vu mieux. �a doit se voir � nos t�tes, non ?
- Tu payes un godet ? - T'as pas tenu le choc ?
- J'en ai eu ras-le-bol. - Je le savais.
M�me avec de la volont� c'est dur de tenir le coup'.
T'es pas un surhomme !
�a non ! Je sais pas vous, mais moi j'ai soif !
Plus on prend de l'�ge, plus on boit.
Une bi�re, s'il te pla�t.
C'est marrant.
Je m'en tire bien.
�a te d�range si je prends une taffe ?
Non, pas du tout.
Regarde, je me l�ve tout seul !
Tu pourrais, toi ?
J'esp�re bien. Si j'arrive � me d�coincer.
Allez, on va se poser ailleurs.
Je vais t'aider.
Tu lui arrives pas � la cheville.
J'en connais pas deux comme lui.
Si tu le dis, c'est que c'est vrai.
Collins aussi, il le dit.
Apr�s, quelqu'un m'a aid� � trouver un job dans un canard.
J'ai boss� au "Life and Time",
au "Life and Herald".
Ensuite, j'ai eu envie de faire m�decine.
Je suppose que t'�tais
un docteur plut�t bon...
Y a int�r�t ! J'ai eu mon dipl�me en m�decine.
Je me suis dit que j'allais pratiquer quelque part.
J'ai �t� un sacr� chirurgien et un sacr� interne.
J'ai �t� un bon m�decin !
�coute-moi bien.
T'as peut-�tre �t� aussi bon que tu le dis,
mais pour moi,
y a qu'une seule chose qui compte...
Les Yankees ont pris 2 � O.
T'as sans doute raison...
Tu t'en souviens ? C'est pas chouette, �a ?
� propos, d'o� tu viens, toi ?
T'es de quel coin ?
Mon originalit�, tu veux dire ?
Ton origine, quoi !
Je suis n� dans le Kentucky,
j'ai grandi en Caroline du Nord.
Mon fr�re jumeau a voulu entrer dans l'arm�e.
On �tait potes, lui et moi.
J'ai suivi le m�me chemin.
Je t'ai fil� 15 cents pour que tu m'ach�tes...
un pansement.
T'es jamais revenu !
T'es qu'un rat !
On peut pas me faire pire que ce que tu m'as fait.
Nulle part � Bowery !
T'en penses ce que tu veux...
Faut que je te dise un truc,
c'est la pire chose qu'on puisse me faire !
Tu payes un verre ?
Mais bien s�r que je te paye un verre.
Je rentrerai pas chez moi.
Tu sors d'o�, toi ?
J'ai juste donn� cette chaise � la dame.
Pour la mienne je me d�brouillerai sans toi, OK ?
Je sais pas.
Je viens d'arriver.
Gorman, ram�ne un verre � la dame.
T'as qu'� y aller, toi, au bar !
Je sais o� il est, le bar...
Je rentrerai pas.
T'y vas, tu te prends un verre,
et tu me prends un gin.
La m�me chose.
L'officier de police avec sa plaque...
Imagine qu'il me dise : ''Venez avec moi."
Je fais quoi ?
Je suis une victime.
Tu es victime des circonstances.
T'as raison !
�coute.
Tous les deux, on va boire un coup,
et puis on va le semer.
D�barrassons-nous de lui on sera libres.
Regarde ce qu'on va faire...
D�pense tes 80 cents et va dormir dans le parc.
Je m'en fous de dormir dans le parc ou ailleurs.
Je vais te dire un truc, moi !
C'est pas tes oignons ! Elle est avec moi.
J'aimerais avoir son adresse.
Je la donne � personne.
� personne.
- C'est � quel arbuste ? - J'ai une vraie adresse.
Tu vas pas tarder � t'en prendre une !
Il est � moi.
Faites ce qui vous chante.
Quelle descente !
Bois un verre, allez !
Allez, allez !
Bois si t'en as envie. Je t'oblige pas.
Pee Wee Reese !
Duke l'a emport� sur Notre Dame, non ?
Il me semble bien.
Tu vas te barrer, oui ?
D�gage !
J'en fais quoi de ta valise ?
Je l'emm�ne avec moi.
Tu me dois 2 nuits.
Je pr�f�re mettre ma valise au clou.
Elle vaut plus que 2 nuits d'h�tel.
J'ai jamais laiss� d'ardoise � Bowery.
�a fait une paye que je viens ici.
Et j'ai jamais enfl� personne.
Tiens.
Merci.
- Salut. - � bient�t.
Voil� les cond�s !
Barrons-nous !
Laissons pas ce type ici.
ACHAT-VENTE
La nuit a �t� chaude, on dirait.
On peut le dire !
Un petit verre ?
Tiens, bois �a !
Non, merci.
Qu'est-ce qu'il y a ?
�a me dit rien du tout, point.
J'en ai trop bu, de ce truc.
C'est quoi, le probl�me ?
Tu le sais tr�s bien.
Je suis arriv� ici avec des thunes apr�s avoir boss� tout l'�t�.
J'ai commenc� � boire cette merde.
Un verre en am�ne un autre.
J'ai trop bu, trop d�pens�.
J'ai fini sur le pav�,
sans rien, sans frusques, sans sous. Que dalle !
Tes compagnons de boisson ont d� te tirer par les poches.
Ils ont surtout vid� mes poches.
Ils ne m'ont rien laiss�.
�a arrive.
Et maintenant ?
J'ai plus qu'� attendre ici...
qu'un des potes du camp passe dans le coin
pour lui emprunter des sous et me laver.
J'irai � Chicago. Y m'�coeure, cet endroit.
Y para�t qu'ils embauchent, l�-bas.
Je pourrai trouver un job...
et m'�tablir dans la r�gion.
Si �a marche pas cette fois, je laisse tomber.
Comment tu veux y aller ?
T'es compl�tement fauch�.
Avec des fringues propres, je pourrais faire des petits boulots.
J'aurais qu'� faire du stop.
Ou je pourrais prendre le train...
Je descendrais sur les voies au lieu de chercher du boulot.
Et puis j'irais en sens inverse jusqu'� Chicago.
Une chose est s�re.
Je serais vraiment idiot de remettre le nez l�-dedans !
�a oui !
C'est pour �a que j'ai refus�.
� partir de maintenant,
j'arr�te de boire.
Esp�rons.
Je dis pas que j'y arriverai.
Mais je vais essayer.
J'ai d� dire �a un millier de fois.
T'as quelques ann�es d'avance. Je l'ai dit que 800 fois.
J'ai pas un rond, l�. Absolument rien.
Mais un pote devrait passer m'en donner.
Il est toujours pas arriv�.
Il a une heure de retard mais il viendra.
Je te jure que quand il sera l�,
je te filerai de quoi voir venir.
On m'a d�j� fait ce coup-l�.
C'est pas du baratin que je te fais.
J'ai une parole et je la respecte.
J'ai entendu �a des millions de fois. � la prochaine.
Qu'est-ce qui t'a pris ? T'es parti comme une fus�e !
Tu sais ce que c'est.
J'ai besoin de thunes pour me remettre � flot.
J'ai vu aucune connaissance
alors je peux aussi bien attendre ici.
Les gens d'ici s'entraident, quand ils peuvent.
Je le sais, va. J'ai pu m'en rendre compte.
Quand t'es sorti,
Obi est arriv� et il avait mes thunes.
C'est lui dont tu me parlais ?
Il avait une liasse de billets sur lui.
Du coup, je lui ai demand� mes sous.
Il m'en a donn� une partie.
Je vais partager avec toi.
Y a pas des masses,
mais �a pourra t'aider.
- Tu vas partager avec moi ? - Si je te le dis.
�a t'aidera.
Je pense bien.
Je vais filer chez Talman
m'acheter une chemise et un pantalon neufs.
Je pourrai bosser.
Mais tra�ne plus dans le coin, � l'avenir.
Je te suis tr�s reconnaissant.
Si on se retrouve un de ces jours, je te les rendrai.
Si on se revoit pas, je les refilerai � quelqu'un.
Fais comme tu veux. On se reverra de toute fa�on.
Mille fois merci.
Bonne chance.
� toi aussi.
Comment va ?
Pas mal.
T'as vu Ray r�cemment ?
Ouais, ce matin.
Il �tait couch� dans une all�e ce matin.
Dans un sacr� �tat !
On s'est mis � deux pour le porter.
On lui a fil� � boire
on l'a arrang� un peu et on lui a fait boire du caf�.
Il �tait ici, tout � l'heure.
�a va mieux, maintenant.
- Il s'est remis dr�lement vite ! - C'est gr�ce � lui.
Je sais y faire.
Comment tu t'y es pris ?
Je l'ai habill� je lui ai donn� de l'argent.
C'est pas la modestie qui l'�touffe.
�a va bien se passer pour lui.
Comment �a ?
Je le sais. Il va trouver un job.
Il va s'en sortir.
Il voulait partir de Bowery.
J'ai fait mon possible pour l'aider.
C'est la moindre des choses.
Tu veux que je te dise ?
Il reviendra.
Adaptation : Guillaume TRICOT
Sous-titrage TITRA FILM Paris
Correction : Cadiot & Co
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