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Original subtitles

Tu manges pas ?

J'ai pas faim.

T'es tendu ?

- Et le parti ? - Ça discute.

Normal, chez les démocrates. Mais on a rien à dire.

Chez toi, ça va ?

Tout un poème. Ma femme a des hémorroïdes.

- J'ai une super crème. - C'est quoi ?

- Pastorien ? - Je sais plus.

Ma femme met de la Pastorien.

J'ai un trou de mémoire.

Y en a une autre...

Ça y est!

Les voilà.

Rocco, pour cette histoire de marché des cantines scolaires...

Suis la procédure, Sergio.

Si je la suis, c'est foutu pour moi.

Arrête.

Moira !

Approche, que je t'amarre.

Monte.

Bienvenue à bord, Candida.

- Présente-toi. - Enchantée, je suis Candida. Et toi ?

Assieds-toi avec nous.

Candida,

si tu retirais ton maillot?

Je parlais du bas.

Montre à ce grand homme ce que tu sais faire.

Grand homme, non...

C'est bon, merci.

Pourquoi ?

C'est un 25 chevaux ?

Il est débridé, 75.

T'en as pas marre d'être à Tarente ?

Montre-moi tes loches.

Rocco,

tout va bien ?

Pour l'histoire des cantines scolaires,

je vais voir.

Merci, Rocco. T'es un chef.

Bouge pas.

Attention, c'est chaud.

Papa!

On a le marché.

Et t'es pas content ?

Pas du tout.

- Tu les as payés ? - Je ferais jamais ça.

- J'ai jamais arrosé personne. - Moi non plus.

Alors comment on a décroché le marché en une demi-journée ?

- Je me suis donné. - Tu es un porc.

Félicite-le. Il a assuré.

Vous êtes deux porcs.

Oui, mais on s'adore.

Montre-moi tes loches.

- Quoi ? - Tes loches.

Margot !

Tu connais Fabrizio Sala ?

Le gérant du Margot sur la Costa Smeralda ?

Il écrit aussi une rubrique people et déniche des talents.

Il recrute starlettes, bimbos et bombasses

pour les lui emmener.

À lui ? Lui ?

Lui-même. Il en cherche à Tarente.

Il pense en trouver dans ce trou ?

Tu déconnes ?

Dans le coin, on pêche du lourd.

Y a vraiment de la pute.

On m'a demandé de passer le casting de Sala.

Tu vois ?

- Mais quel con ! - Je rigole.

J'en peux plus, de ce bled.

Qu'est-ce qu'on fout encore là ?

On mérite mieux, Tamara.

Qu'est-ce que tu racontes ?

J'ai pris une décision.

On se tire à Rome.

À Rome ? Et t'as décidé ça quand ?

Devant un tatouage, j'ai eu une révélation.

Je veux l'atteindre.

Lui?

Lui-même.

Je sais, je suis un peu en retard.

Bonsoir. Candida Pascià.

Pour Sala. Je suis son manager.

Aucun manager. Y a qu'elle qui entre.

D'accord. J'attends dehors.

Vas-Y-

Ok, y a qui? Sonia ? Qui d'autre ?

Vous êtes où ?

Au Timone d'Oro ?

Ça marche.

Dans 20 minutes. Le temps que Sergio boucle son taf.

Tu me commandes un tartare de thon ?

Avec de l'avocat, hein ?

Tu t'appelles comment ?

Tu ris tout le temps ?

Va t'amuser.

À toi, ma chérie.

- T'as un nom ? - Candida.

Et tu es candide ?

Pas du tout.

Tu fais quoi ?

Je faisais de la gym, je me suis blessée, j'ai arrêté.

Tu nous montrerais des acrobaties ?

Je peux essayer.

T'es vraiment trop bonne !

La Dolce Vita.

Cadeau.

Tu vas débarquer en Sardaigne à la villa Morena ?

C'est vrai. Mes fêtes vont te vider le Margot.

T'es un bon, toi.

Tu t'entoures de traînées en filant de la coke gratis.

Tu penses l'atteindre avec elles, mais c'est mon job.

Je suis un libéral. Les monopoles, c'est surfait.

Il te manque deux choses :

être classe et le connaître, lui.

Deux détails que je règle, Fabrizio.

Tu vas perdre tout ton fric, Sergio.

Tu rentreras à Tarente complètement à poil.

- Alors prends une ligne, détends-toi. - C'est démodé.

J'ai pas touché à la coke depuis au moins dix ans.

Casse pas l'ambiance,

les filles adorent ces fêtes démodées.

Oui, je comprends.

T'as entendu quoi?

Rien. Tu ne parlais pas.

Très bien,

Sergio Morra.

Tu me connais ?

Tu fais tout pour te faire remarquer.

Du coup, je t'ai observé de loin.

Disons que j'aime bien être actif.

C'était qui, ce con au téléphone ?

Personne ne joue au con avec moi, ne l'oublie jamais.

C'est important.

Parce qu'aucun homme au monde ne me résiste.

Toi...

tu me résisterais ?

En fait...

maintenant que j'y pense,

je ne vois aucun obstacle.

Pourtant, il y a un obstacle.

Ah oui?

C'est moi, l'obstacle.

Tu ne baiseras jamais une fille comme moi.

Ne t'en fais pas,

t'es assez vaillant pour te taper toutes les autres.

Pourquoi ?

Tu baises avec qui ?

Avec lui ?

Je veux le rencontrer.

Si tu m'es dévoué et serviable, je te le présenterai peut-être un jour.

Ce con d'Attilio décroche jamais.

Cette fête m'a pris la tête.

- Vous en voulez ? - Laisse tomber.

Je bosse demain, pas comme toi qui te tournes les pouces.

Méfie-toi de Kira.

- Elle est pire que Poutine. - J'imagine.

Mais quelle classe.

De la classe... Maintenant, oui.

Y a 10 ans, en arrivant d'Albanie, elle s'est tapé tout Rome.

Toi y compris ?

Tu me prends pour un con ?

Laisse tomber, Riccardo.

Raconte.

Le top du top.

À peine tu ramasses ton slip

qu'elle te la met profond.

C'est Rome.

Comme l'Albanie quand ils crevaient la dalle.

Mon Dieu,

quelle surprise ! Où tu t'étais caché ?

- Aux toilettes. - On attend depuis une heure.

Riccardo, on doit se revoir.

Moins on se voit, mieux c'est.

Salut, mon grand.

Le maquillage lui monte au cerveau.

Au sommet sur la faim dans le monde, il a sorti :

"Abrégeons les débats.

"C'est moins dramatique, mais nous aussi, on a faim."

Quand il parle, je ne sais pas si je vais rire ou pleurer.

On pleure déjà, Cupa,

même quand il nous fait rire.

Il nous a apporté deux choses qu'on n'avait pas sans lui :

la force économique et l'enthousiasme.

Ça ne suffit plus.

Je ne te suis pas, Santino.

Occupe-toi du petit,

on parle sérieusement.

Si tu allais plus loin ?

Je t'emmerde.

On a perdu parce que les gens,

au fil des années,

ont compris inconsciemment la somme de toutes ses conneries,

et si on fait les comptes,

il faut avouer qu'il a complètement merdé.

Sois plus explicite.

Les procès auxquels il doit faire face,

et les lois ad personam pour s'en sortir.

T'as beau contrôler toutes les chaînes nationales,

les gens finissent toujours par savoir

et se ferment.

Toutes les promesses non tenues.

Les gens le voient.

Son collaborateur qui a pris 9 ans pour association mafieuse.

Les gens s'énervent.

À l'étranger, c'est : "Mourez chez nous, on a aboli les droits de succession."

Ça, c'est plutôt bien.

C'est intelligent d'affirmer à la télé

que le spectateur italien moyen

a le niveau d'un collégien qui ne s'asseyait pas au premier rang ?

Il faut que je lui parle.

- C'est pas la réalité ? - Si !

Pense ce que tu veux, mais ne le dis pas.

Cupa, il a 70 ans,

le cœur et la prostate fatigués, même s'il en abuse,

ce qui ne fait qu'amplifier les ragots.

Je vois où tu veux en venir.

Mais aie le courage de lui parler, ne me le demande pas.

Cupa,

tu me soutiendrais ?

C'est-à-dire ?

Pour que je devienne

le prochain leader du centre droit.

Un président du Conseil avec de telles chemises ?

Je ne les porte que pour promouvoir le made in ltaly.

Cupa, tu as toujours été directe.

Je veux entendre ta réponse.

Je suis de ton côté.

Lance-toi.

Putain !

Maintenant, les filles, c'est à nous.

La jeunesse est éphémère. Ne lâchons rien.

Sergio...

Qu'est-ce que t'attends ?

Tu me piques mon mari?

Mais toi, tu l'aimais plus !

70 % de sa valeur...

Ça marche, Sergio.

Embrasse-le.

Maintenant.

Coupez !

Con nards,

vous m'avez droguée. Vous m'avez recouverte de chats.

Je déteste les chats.

Ça suffit, maintenant.

Ça suffit.

T'es qui, toi ?

Moi ?

Un découvreur de talents.

J'ai dit que j'allais voir le pape.

Lory del Santo est super.

Jamais vu de faucon ?

Il m'envoie sa bite en photo.

Ils voulaient me plâtrer l'orteil, j'ai refusé.

On me prédit que des trucs bien.

L'avocat est naze.

Je sais pas nager.

Je fais semblant de boire.

Je voulais me tuer.

Je peux chier que chez moi.

Milan, ça booste.

Mais c'est tellement beau...

J'angoisse. Y aura des gambas ?

Ok, les filles !

Vous sentez ce parfum d'été qui flotte ?

On ne sent rien, on en a plein les narines.

Mes beautés,

merci d'avoir accepté cette invitation à dîner.

Je voulais vous annoncer que j'avais réservé

la villa Morena,

et que vous êtes mes invitées en Sardaigne.

On fera une fête incroyable !

Santé !

T'as assuré.

Vraiment assuré.

Il va craquer devant tous ces canons. Elles sont parfaites.

Pour moi, elles sont pas dingues.

C'est toi qui es parfaite.

Ça ne marche pas comme ça,

jamais comme ça avec moi.

Je l'ai vu à un meeting de Forza Italia, il est pas si petit.

Je te le présenterai au Bagaglino. Il est élancé.

- On se connaît pas ? - Non.

Je suis une amie de Palmira.

La réalisatrice.

Toi, tu fais quoi?

Figurante. Et j'étudie les lettres.

- Tu veux faire quoi, plus tard ? - Actrice.

Ciné ou télé ?

C'est pas pareil ?

Écoute...

- Tu viens à ma fête en Sardaigne ? - Je sais pas.

Je serais pas à ma place.

Je bois pas, je me drogue pas.

Ce que je peux te promettre,

c'est que dans ma villa en Sardaigne,

les producteurs de téléfilms vont défiler.

- Non, arrête ! - Pourquoi ?

- J'ai jamais trompé Sergio. - Il serait temps. Il est fou.

C'est faux, et tu l'as jamais aidé.

Il est pas présentable.

Je me mouillerai pas pour recommander un merdeux cocaïnomane.

Va te faire foutre !

Dégage ! Je trompe pas mon mec !

Bordel !

T'as 13 ans ou quoi?

J'ai jamais trompé Sergio.

Tu viens de le faire, chérie.

T'es vraiment qu'un enfoiré.

Tu voulais pas te mouiller ?

Je vais tout balancer.

Tout. Espèce d'enfoiré de mes couilles !

Tu as des rêves, Sergio ?

J'en ai réalisé quelques-uns.

Quitter ce trou de Tarente

et mon père.

Pourquoi ton père ?

Il est honnête et cohérent.

Pour lui, la vie est un labeur. Je devrais trimer aussi.

Je pense que ton père a raison.

Parce que ta vie est difficile ?

À mort.

C'est dur, la vie, quand on sait rien faire.

Quand tout sera fini, il ne restera qu'un miroir.

Nous, on ne pourra même pas l'approcher.

Ton père se regardera fièrement

et dira : "J'ai été honnête

"et cohérent."

Arrête, Kira, tu me déprimes.

Moi aussi, je me déprime !

- Tu crois en Dieu ? - Bien sûr.

Juste le lundi.

- Il veut quoi ? - À ton avis ?

Des années qu'il me soûle...

J'aurais dû coucher avec lui il y a 10 ans, il m'aurait lâchée.

Et toi, tu as des rêves ?

Vaut mieux pas.

Les filles comme moi sont bêtes quand elles rêvent.

Avec la coke que les filles prennent et la villa en Sardaigne,

je claque tout.

Faut que je me renfloue.

Cette fête en Sardaigne sera le meilleur investissement de ta vie.

Villa Morena est face à sa propriété.

Il verra tes meufs défiler et t'en sera reconnaissant.

Faut espérer.

Quand on parle du loup...

Je bande quand il t'appelle.

Bon à savoir.

Mon amour !

Moi, bien.

Je suis chez moi avec un ami que je dois te présenter.

Un type très en forme.

Il s'appelle Sergio Morra.

Génial ! Tu viens au Bagaglino ?

Oui, je sais bien, mais en fait,

c'est des incapables.

Ils croient quoi, avec cette majorité à deux balles ?

À mon avis, avec un peu de patience,

tu reviendras au gouvernement bientôt.

Je t'ennuie, mon chéri?

Ton bras ne va pas tomber juste parce qu'il te fait mal !

On fait quoi, après le Bagaglino ?

Dommage que tu doives partir.

Oui, Geri était vraiment ravie.

Le Bagaglino, c'est trop pourri.

On a même pas vu ce con.

Parle pas de lui comme ça.

Une robe à 300 pour rien.

Il a pas le temps de venir.

Comme si une robe suffisait à le séduire.

Tu m'as bien regardée ?

Vivement que ça se termine.

Ça y est, ça recommence.

Santino, c'est moi.

Ton chèque est sans provision. 10000, ça me suffit pas.

La ferme, Santino. Tais-toi, connard.

C'est 40000 ou je parle à ta femme.

Et demain, je vais faire un test de grossesse.

Si c'est positif, prépare-toi à vendre ta maison place d'Espagne.

À plus.

On pouvait pas aller au resto en taxi ?

T'as raison.

Se promener pour voir Rome.

Genre, on connaît pas.

Y a que Confalonieri qui le tutoie.

- Galliani aussi. - Non. Pas lui.

- Qui t'a dit ça ? - Je le sais.

- T'aurais pas dû le faire. - Quoi ?

T'as tout gâché. T'aurais pas dû le faire.

C'est lui !

C'est lui et son escorte !

La méthylènedioxy-N-méthylamphétamine, communément appelée

MDMA,

stimule le système nerveux

et a des propriétés entactogènes.

Elle possède les effets d'une onde de chaleur agréable

qui vient du bas.

Cette phase s'exprime avec le verbe "monter".

C'est monté !

On dit: "Ça monte."

- Ça monte pas. - Non, ça monte pas.

Contrairement à la cocaïne,

elle provoque un état d'excitation douce appelé :

le velours.

Le désir sexuel n'est ni prédateur ni vorace,

mais véhiculé par un sentiment d'amour universel,

dirigé vers les autres

et les objets inanimés.

On note une réduction du jugement,

une augmentation de la désinhibition sentimentale.

D'où son surnom de drogue de l'amour.

L'un de ses effets le plus visible

est la crispation de la mâchoire.

Putain, t'es où, Silvio ?

On devrait rester comme ça pour toujours.

On devrait tous rester comme ça pour toujours.

Je t'aime, Sergio.

Je meurs, voilà.

Joyeux anniversaire, madame.

Tu ne m'as même pas fait sourire.

Je préférais quand tu m'offrais des chaussons ou un plaid en cachemire,

car tu savais que j'étais frileuse.

Puis j'ai découvert que les femmes aimaient aussi les diamants.

Et les petits papillons.

Tu ne le prends pas ?

J'essaie, mais...

j'y arrive pas, je m'éloigne.

J'arrête pas de m'éloigner.

Ça m'a peiné pour ta belle-sœur.

Ça va, monsieur ?

Je m'emmerde un peu, pour tout dire.

Y a quoi, là-dedans ?

- D'Alema, le président du Conseil. - Bonne blague.

Mon cher Fabrizio, ça va ?

J'irais bien au Margot,

mais je dois rester sagement à la maison.

J'essaie de reconquérir ma Veronica.

Mamie dit que tu connais les noms latins des plantes.

Oui, j'étais chez les salésiens.

Ils prenaient le grec et le latin très au sérieux.

- Ça, c'est quoi ? - Caryopteris.

- Tu en es sûr? - Évidemment.

Quand vous nettoyez l'étang, où vont les cygnes ?

- Ils se suicident. - C'est vrai ?

Je plaisante. On les met dans l'autre étang.

Le volcan, il marche ?

Bien sûr. Un jour, je te montrerai. Regarde la mer.

- Poutine... - C'est qui ?

Le chef de la Russie.

Quand Poutine est venu, il était en mer,

avec deux navires de guerre et le lance-missiles Moskva.

Tu parles d'un spectacle !

Je te crois pas.

Tu es bien sceptique.

Ta grand-mère déteint sur toi.

Papi,

12 camarades de classe disent que tu dois aller en prison.

- Vous êtes combien ? - 30.

C'est cohérent.

D'après un sondage,

30 % des Italiens souhaiteraient me voir incarcéré.

Pourquoi ?

On m'accuse de fraude fiscale, faux en bilan, corruption.

Les crimes des autres, pas de ton papi.

- Tu iras ? - Non. Moi, je suis sain.

Les juges sont déséquilibrés et nous détestent tous les deux.

Mamie aussi ?

Non, elle est belle et lit des livres intelligents.

Personne devrait aller en prison.

Les garanties constitutionnelles ! Je suis de ton avis.

Le monde de mes rêves n'a pas de prison.

- Tu as marché sur une crotte. - J'ai pas marché dessus.

Si, tu viens de l'écraser.

Tu sais ce que disait le grand savant anglais Isaac Newton ?

"Les apparences, aux médiocres."

Tu n'es pas médiocre, comprends ce qu'il en est.

Papi n'a pas écrasé une crotte.

Ça ne lui est pas arrivé et ça ne lui arrivera jamais.

Les jardiniers ont défriché le terrain et, assez souvent,

des mottes de terre semblables à des crottes ressortent.

- Compris ? - On aurait dit une crotte.

Mais ce n'en est pas.

- La morale de l'histoire ? - Y a des fausses crottes.

Non, la morale, c'est que la vérité

dépend de la force de persuasion dont on se sert.

Peut-être que c'en était.

Peut-être que Newton n'a jamais dit ça.

Ça a de l'importance ? Non.

La seule chose qui compte, c'est que tu m'as cru.

Madame, pourquoi toujours le même tableau ?

Quand mon mari aime une chose, il la multiplie.

Ça vaut aussi pour les femmes.

Qui est ce monsieur, toujours avec votre mari ?

Paolo Spagnolo.

Un de ses amis ?

Je ne crois pas.

Mon mari n'aime pas être seul

et très rarement être à deux.

Paolo Spagnolo est le troisième.

- On va diffuser ça. - Très bien.

Mais sur cette prise,

vous ne parlez pas du référendum constitutionnel.

Aucune importance.

En voyant ça, les ménagères vont se dire :

"Je le baiserais bien."

Tu me vois revenir au pouvoir ?

J'ai 70 ans.

Si la gauche s'accroche, ça durera cinq ans.

À ce moment-là, j'aurai 75 ans.

L'âge importe peu.

Un ami de mon beau-père a 92 ans et continue encore le judo.

Ma chérie, pas encore. Je suis avec lui.

J'ai compris, je te rappelle. Je te rappelle !

Pardon, ma femme me pousse à faire de la téléréalité.

Elle pense que ça boosterait ma carrière.

- C'est moi, ta carrière. - Je le lui ai dit.

Tu sais jouer Domenica Bestiale de Concato ?

Je l'aime pas, celle-là.

Moi, si. C'est notre chanson, avec Veronica.

C'est pas mal, ça. Continue.

J'ai tué ma jalousie il y a un bail.

Comment être jalouse avec toi ?

- Alors quel est le problème ? - Ma dignité.

Ça, tu ne dois pas y toucher.

- Je ne me permettrais pas. - Au contraire.

Te voir te cacher derrière un bosquet

pour régler le problème Violetta Saba

est une atteinte de plus à ma dignité.

Et n'essaie pas d'enjoliver la réalité.

Tu fascines les Italiens, pas moi. Je te connais depuis 26 ans.

C'est pour ça que tu es si glaciale ?

Oui.

"On ne devrait jamais mettre de côté argent, pensées et sentiments

"parce qu'après, on ne s'en sert plus."

C'est de Natalia Ginzburg.

C'est l'unique citation d'un communiste

que je partage pleinement.

Veronica, je dois partir à Rome pour deux jours.

Pour mes cheveux.

Papounet !

Michel Martinez !

L'héritier de Maradona, enfin te voilà !

- Je te fais visiter ? - Avec plaisir, monsieur.

- Qu'est-ce que tu lis ? - Saramago.

Il t'insulte.

C'est toujours flatteur de susciter l'intérêt d'un prix Nobel.

J'ai beaucoup aimé L'Aveuglement.

Je suis d'accord, un chef-d'œuvre.

Ça te plaît? C'est beau, hein ?

Si tu signes au Milan, on fera une fête avec le volcan.

- C'est à couper le souffle ! - J'imagine.

La Juventus m'a fait une offre.

Refuse, s'il te plaît. Ou je meurs.

Je suis très tenté.

J'estimais M. Agnelli, il avait de la classe.

À la Juventus, tu seras avant-centre.

Au Milan, tu seras n° 10.

Comme ceux qui gagnent le Ballon d'or. Les autres sont des figurants.

Tu es meilleur que Maradona.

Personne l'a compris, sauf moi.

J'ai souvent changé la feuille de match à raison.

Je ne suis pas sûr de vouloir un président dans les vestiaires.

Et les bimbos, les danseuses

qui te suivront?

C'est pas ma priorité.

T'es gay ? J'ai rien contre.

Et même, un quart de moi est gay.

Mais lesbien.

Je vis avec ma mère, mais je ne suis pas gay.

Les bimbos ne m'intéressent pas.

- Elles sont frivoles, exhibo... - Bravo, Michel.

En plus, ça détourne de l'essentiel.

Mais une mère, ça compte.

C'est qui, ton idole ?

Gullit. Et vous ?

Mon père.

J'aurais dit Agnelli.

Agnelli a hérité de sa fortune. J'ai bâti la mienne.

Écris un chiffre.

Tu vois, au Milan, tu peux vraiment tout avoir.

Tout, ça suffit pas.

À ton avis,

c'est normal que je sois encore dans l'opposition ?

Pas pour moi.

Je le reçois aux cactus.

Mon cher ministre !

M. le président !

- Comment vas-tu ? - Comme un riche retraité.

Les communistes ont le gouvernement, mes enfants ont les sociétés.

Il me reste Veronica qui me voit comme l'origine du mal.

Quoi de neuf?

T'as l'air soucieux.

C'est pas la politique, mais une fille.

- Comment tu le sais ? - Je ne sais rien.

Je comprends.

Un séducteur de ma trempe comprend

quand un autre souffre d'amour.

C'est cela dont je voulais te parler.

Par contre, dis-moi son nom.

Sinon, je vais chercher de qui on parle,

et je ne serai ni attentif ni utile.

Tamara Morra, tu la connais ?

De vue.

Une belle femme.

Galbiati l'entretenait.

Je m'en rappelle, parce qu'un jour, il a parlé d'elle

d'une manière qui m'a déplu.

Il a dit : "C'est ma pute."

La mienne aussi.

Maintenant, elle me fait chanter. Je suis terrorisé.

Terrorisé.

Je vois ma brillante réputation se désagréger en un clin d'œil.

Une minable, de toute évidence.

C'est là mon problème.

Je ne m'amourache que de salopes.

Tu sais pourquoi, Santino ?

Parce que toi aussi, t'es une salope.

- Mais j'essaierai de t'aider. - Merci, Silvio.

Maintenant, récite une poésie en mon honneur.

Oui.

Pensée nouvelle,

générosité orientale,

sourire persuasif...

Fou présomptueux,

judas maléfique,

ridicule bestiole...

Moi aussi, je déclame. C'est pour toi.

Silvio, je ne comprends pas.

Tu as trois choses à comprendre.

Un:

je suis jeune.

Deux :

tu es vieux.

Trois :

si tu veux prendre ma place, viens d'abord m'en parler.

Sans comploter dans mon dos.

- Qui te l'a dit? - Cupa.

Elle joue un double-jeu.

Elle m'a poussé à être ton héritier. Maintenant, elle me dit ambitieux ?

Elle m'a tendu un piège.

Écoute-moi bien.

On est avec moi ou contre moi.

Exclu du parti, on est mort politiquement.

Tu étais dans la lumière,

tu vas entrer dans les ténèbres.

Enfermé dans une pièce sombre.

La télé ne te sollicitera plus.

Nos alliés détruiront ta réputation.

- Un mot de moi, et c'est fini. - Je ne mérite pas ça.

Je me suis fait tout seul.

De la merde, Santino !

En Italie,

le seul qui s'est fait tout seul, c'est moi.

T'es qu'un vulgaire parasite de la politique.

- Tu m'as cassé les couilles. - Je t'en supplie !

Monsieur,

vous avez laissé votre portable chez vous.

Une idée brillante de Veronica : la journée sans portable.

Jumelles.

C'est quoi, cette horreur ?

C'est de moi.

En fait, ça ne me déplaît pas.

Tu sais que tu deviens douée en sculpture ?

Où est Mariano ?

À la villa, monsieur. Il a le mal de mer.

Tu te sens seul ?

Non, ma chérie. Le bruit de la mer m'agace.

De la musique m'aurait apaisé.

Sur son bateau, Agnelli avait un portrait de lui par Bacon.

Nous, on a Apicella.

Et on a aussi ta fantastique sculpture.

Pourquoi tu n'as jamais diffusé de programme culturel ?

Je l'ai fait.

- J'avais Mike. - Bongiorno ?

C'était des quiz.

De culture générale.

Pourquoi tu l'as viré sans même un coup de fil ?

Sa femme m'a appelée. Il ne s'en est pas remis.

Ce n'était pas ma décision.

Mike t'a tout donné pendant 30 ans.

Il attend juste ton appel.

Je le ferais, si j'avais mon portable.

Antonellina, tu en as un ?

Oui, monsieur.

Et le numéro de Mike Bongiorno ?

Non, monsieur.

Tu vois ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Mystère. J'y connais rien, aux moteurs.

On fait quoi ?

Tu vois l'utilité des portables ?

Attendons et profitons de la mer.

- T'as pas peur du vide ? - Non, je le regarde de loin.

À mes 8 ans, j'ai décidé de ne pas faire ma première communion.

Et il en a été ainsi.

Une femme de caractère.

C'est pour ça que je te voulais.

Surtout parce que j'avais 24 ans et que j'étais belle.

Veronica, tu n'es pas précise.

Tu n'étais pas belle,

tu étais d'une beauté

renversante.

J'étais utile.

Maintenant, j'ai 50 ans et je ne sers plus à rien.

Je te comprends. C'est l'impression d'être superflu.

Moi, ça me tue.

Martinez va à la Juve et gagnera moins, moi, je ne suis plus au gouvernement.

Je suis un homme d'action.

Il me faut des projets.

Pourquoi je n'en réalise plus, ne serait-ce qu'un ?

Je désespère. Je vais m'offrir une grande maison.

On en a déjà vingt.

On a tout.

Tout, ça suffit pas.

- C'est de qui, ça ? - De moi.

Si tu veux me reconquérir, faisons le Cambodge à pied,

pour voir les temples d'Angkor.

Tu as besoin d'un rendez-vous chez Maltese ?

C'est un très bon neurologue.

Tu te rappelles que deux ans avant qu'on soit ensemble,

tu m'as courtisée toute une soirée.

Tu me l'as déjà dit, mais je ne m'en souviens pas.

Tu te rappelles au moins la chanson de notre premier baiser ?

Je te jure que je ne m'en rappelle pas.

Tu te rappelles le nom des domestiques,

mais pas notre chanson ?

L'amour est aussi fait de détails.

C'est cette chanson-là ?

Manfredi, tu soûles !

Silvio, j'ai un patrimoine de 1,7 milliard de dollars.

Je suis 882e du classement Forbes des fortunes mondiales,

le 19e homme le plus riche d'ltalie.

Je suis devenu immensément riche grâce à deux facteurs.

Primo : on est associés depuis des années.

Deuzio : je n'ai pas renoncé à mes principes.

Et même, je les ai suivis.

Maintenant...

après des années de bénéfices,

nos clients ont perdu gros à cause d'un mauvais placement.

C'est ma faute, c'est ma faute,

c'est ma très grande faute.

J'ai une proposition un peu folle à te faire.

Remboursons-les, Silvio.

Remboursons-les.

Aucune société financière ne le ferait, alors on doit le faire.

Remboursons-les, ils nous en seront reconnaissants.

Ça nous coûtera 160 millions d'euros et une part du dividende,

mais je sais qu'après ce geste,

la quantité d'investissements augmentera.

Faisons-le, Silvio. Faisons-le !

Il faut être généreux par les temps qui courent.

L'altruisme est le meilleur moyen d'être égoïste.

Un autre de mes principes.

D'accord, Ennio, faisons-le.

Tu es un génie.

- C'est ton idée. - Justement !

Seul un génie offrirait au pied levé 160 millions d'euros

grâce à l'idée d'un autre. Qu'est-ce qui te tracasse ?

25000 personnes.

- Si peu ? - Oui.

Si peu.

Tu imagines que j'ai perdu les élections de 25000 voix ?

Si je fais la conversion, ça représente six sénateurs de moins ?

Exactement.

Et ça te décourage ? Je ne te reconnais pas.

- Je devrais faire quoi ? - C'est simple.

Convaincre six sénateurs de passer dans ton camp.

À la première déstabilisation, le gouvernement tombe.

Il y a des élections, tu les gagnes et à toi le gouvernement.

Convaincre six sénateurs ?

Qu'est-ce qu'on a fait toute notre vie ?

On a vendu.

On est des vendeurs et on est les meilleurs.

C'est quoi, un vendeur, Silvio ?

Deux choses. Un vendeur est un homme seul.

Là, ce n'est pas le sujet, ça nous déprimerait.

Mettons ça de côté, mais souvenons-nous-en.

Un vendeur, c'est peut-être l'homme le plus seul au monde,

car il parle et n'écoute jamais.

Ce qui nous intéresse, c'est l'autre chose.

Un vendeur sait persuader.

On convainc les autres.

Les gens ne veulent pas acheter. Ils ont peur.

C'est là qu'on intervient.

On les convainc. Et de quoi les convainquons-nous ?

On les convainc de la qualité de nos rêves.

On ne se lève pas de la table des négociations,

tant que nos rêves ne sont pas devenus les leurs.

Et là, ils achètent.

Et nous, on est heureux.

C'est toi qui me l'as enseigné.

Parce que tu es le plus grand vendeur que j'aie jamais vu.

C'était dans une autre vie.

Je ne saurais même plus faire.

Personne ne change, Silvio.

Personne ne peut sortir de lui-même.

Tu te souviens de tout.

Quand tu étais promoteur, tu as créé une ville.

En pleine crise de l'immobilier, tu as vendu tous tes logements.

Tu as fait modifier le trajet des avions qui passaient au-dessus de Milano 2

parce que sa valeur baissait en flèche.

En partant d'une télé locale à circuit fermé,

tu as monté un empire télévisé privé et tu l'as vendu aux Italiens.

Je continue ?

En résumé...

tu dis que je devrais convaincre six sénateurs

de passer dans mon camp ?

C'est bien ce que je dis.

Tu les convoques, tu les convaincs,

tu leur vends le rêve d'avenir.

Offre-toi complètement, Silvio.

L'altruisme est le meilleur moyen d'être égoïste.

Ennio,

la meilleure affaire de ma vie,

c'est de m'être associé avec toi.

Pour moi aussi, Silvio.

Pour moi aussi.

Allô ?

Bonsoir, Elide.

Qui êtes-vous ?

Augusto Pallotta,

chef des ventes immobilières de la société Pallotta.

Ça vous semble normal d'appeler si tard pour un appartement ?

Oui, madame. Parce que c'est le soir qu'on cultive ses rêves.

Je n'ai pas de temps à perdre.

Moi non plus, madame.

Si je vous appelle, c'est qu'on ne perd pas notre temps,

mais qu'on l'améliore.

Je ne veux pas d'appartement.

Tout le monde rêve d'être propriétaire.

Quand on l'est, on rêve d'une maison plus grande.

Ou pour un enfant qui va se marier. Vous avez des enfants ?

Oui, une fille. Écoutez...

Vous ne voudriez pas

revoir la joie qu'elle avait à 8 ans en récitant une poésie ?

Vous ne voudriez pas la gâter pour lui faire oublier le jour

où vous pleuriez sur le canapé

et qu'elle vous a dit, d'une voix triste :

"Maman, je suis là et je t'aime." ?

Qui êtes-vous ?

Je suis Augusto Pallotta, madame.

J'ai vendu plus de 15000 appartements.

Vérifiez demain. Pourquoi je vous appelle si tard ?

Parce que je vends des appartements, mais surtout un rêve.

Il est trop tard pour rêver.

Qui a dit ça ? Moi, je n'ai rien dit.

Je ne vous ai pas parlé de nos crédits à taux O,

je ne vous ai pas raconté mon rêve et vous ne m'avez pas dit le vôtre.

Je vais raccrocher, je regarde mon feuilleton sur Canale 5,

je veux connaître la fin.

Je vais vous la dire, moi.

Ça se finit bien.

Loretta et Flavio ont un autre enfant et se remettent ensemble.

Vous n'aimeriez pas que votre vie

ressemble à la série que vous regardez ?

Je peux le faire.

Je peux le faire !

Moi non plus, je n'ai pas de temps à perdre.

J'aurais déjà raccroché

si on ne construisait pas près de chez vous.

Mes hommes font la liste des habitants et m'ont donné votre fiche.

Je ne veux pas vendre au premier venu,

je veux vendre à quelqu'un comme vous, distingué, honnête,

qui porte une douleur.

Je sens, dans votre voix, une douleur qui remonte à loin.

Je sais que vous devez laisser derrière vous cette douleur,

vous le méritez bien.

Vous comprenez, madame ?

Vous méritez d'enterrer cette douleur

parce que ce n'est pas votre faute.

J'y peux rien si ce con s'est tiré avec une esthéticienne de 24 ans.

Écoutez-moi, madame. Je suis un homme.

Pour moi, ce serait facile et naturel de défendre votre mari.

On me respecte dans mon travail parce que je dis la vérité.

La vérité, c'est que les hommes sont des êtres limités,

esclaves de tentations puériles.

Ils ne voient pas l'avenir, puis s'en mordent les doigts.

Je sais que votre mari a voulu regagner le foyer

parce qu'il ne suivait pas la jeunette

et que vous l'avez envoyé paître.

Au premier hic, la fille en a eu marre.

Il a voulu revenir à coups d'excuses et de promesses.

Mais pour vous, ces excuses et ces promesses

avaient un air de déjà-vu !

Alors que vous, à présent, vous désirez de la nouveauté.

Je suis l'ange de la nuit venu vous offrir cette nouveauté.

Comment vous savez tout ça sur moi ?

Je connais le scénario de la vie.

On ne devient pas le plus grand vendeur d'ltalie

sans connaître les douleurs et les désirs des clients.

Et ce soir, je n'ai choisi qu'un seul client.

Vous.

Vous êtes trop envahissant, je n'ai pas confiance.

À mon avis, vous êtes un escroc.

Vous m'entendez ?

Je vous ai vexé ?

Pardon de vous avoir traité d'escroc, mais je ne vous connais pas.

Très bien.

Alors, au revoir.

120 mètres carrés exposés plein sud,

à un kilomètre

de chez vous, 21 rue Manzoni, dans une résidence ultra-moderne.

Le salon ? Je mesure 1,70 mètre.

Imaginez-moi allongé, multipliez par 7, et vous aurez la longueur des murs.

Balcons larges de 3,50 mètres tout autour de l'appartement,

air conditionné partout, stores électriques.

On fournit le frigo contrôlable depuis votre portable.

On fournit même le portable, un technicien vous expliquera.

L'appartement est beau, mais la résidence est éblouissante :

voiturettes de golf à disposition pour rejoindre vos nouveaux amis,

étang avec des cygnes, deux piscines dont une couverte,

sauna, salle de massage, canapés dans le hall, gardien 24h/24,

aires de jeux pour les visites des neveux,

arbres fruitiers, salle d'exposition,

amphithéâtre pour des représentations, la culture est essentielle,

vrai volcan avec feux d'artifice pour les anniversaires de vos proches,

les fêtes aussi sont essentielles,

tennis, foot, gymnase, glacier, pizzéria,

deux restaurants, un de poisson, un de viande

et enfin, un carrousel d'époque au centre de la place.

Dites-moi, n'ai-je pas pensé à tout ?

Vous avez vraiment pensé à tout.

C'est vraiment à 1 km de chez moi ? Je n'ai rien vu.

Les travaux commencent dans un mois. Les livraisons, dans six.

Par contre...

il y a un petit problème.

Lequel ?

C'est un peu plus cher que les prix du marché.

Ce n'est peut-être pas un problème.

Je dois vendre le commerce de ma mère, dans le centre.

Vous m'entendez ?

Vous êtes encore là, monsieur ?

Je serai toujours là pour vous.

Tout à l'heure, vous m'avez demande

si vous m'aviez vexé.

Je ne me vexe jamais.

On dirait un dieu grec.

Merveilleux !

Le meilleur !

Veronica...

Silvio,

je suis tombée amoureuse de toi.

Assainissement.

Silvio, merci de m'avoir pardonné.

Écoute,

j'ai parlé avec mon oncle.

D'où mon pardon. Qu'a-t-il dit?

Que ton idée de convaincre six sénateurs est belle,

poétique, mais inutile.

Il faut autre chose, quelque chose de plus,

de plus concret, matériel, a-t-il dit.

J'ai compris.

Sénateur, vous êtes servi ?

Oui, de la limonade Arnone.

Vous en avez, alors que je n'en trouve jamais.

On a tout, ici.

Un tour de la propriété, ça vous dit?

Avec joie, merci.

- Vous avez fait bon vol ? - Oui.

Merci de m'avoir fourni un jet privé.

Et votre fils ? Michele, c'est ça ?

Il vient d'être diplômé et cherche du travail.

Il a trouvé. Il y a forcément un poste pour lui dans mes sociétés.

Mais vous n'avez jamais de conflit d'intérêt ?

Mon cher sénateur,

je vais vous parler d'un rêve.

Permettez que cette fois,

vous écoutiez et je parle.

Vous aimeriez que je passe dans votre camp

et que je contribue,

avec le vote de cinq autres sénateurs, à faire tomber la majorité

dont je fais partie.

Vous me demandez de trahir.

Mais en politique, on change d'avis.

Parole d'Évangile !

Je doute de changer d'avis. Vous savez pourquoi ?

Pas parce que vous voyez les juges comme des subversifs

ou que vous avez employé un garçon d'écurie mafieux.

Les lois ad personam pour les avantages économiques

ou éviter la prison

ne sont pas le problème non plus.

Comme le fait d'être riche, à la tête de chaînes nationales

et également chef du gouvernement.

Ni parce que votre politique n'est que de la propagande populiste

sur le dos des pauvres.

Si ces allégations

ne me sont pas dommageables...

Pardon,

mais pourquoi être venu jusqu'ici pour me dire que vous refusez ?

Je comptais accepter.

Pendant que je vous attendais,

je me suis rappelé une chose.

Ce qu'a écrit Javier Marias.

Mon Dieu, ça recommence ! Qu'est-ce qu'il a dit?

Que dans les sommets internationaux, vous êtes chez vous.

Vous faites des blagues, des pitreries

à cause d'un gigantesque complexe d'infériorité.

Voilà pourquoi je ne peux pas vous rejoindre.

Votre complexe d'infériorité me met dans l'embarras.

Être dans l'embarras, à mon âge, je ne peux pas me le permettre.

Sénateur, vous savez ce qui se passe

quand les autres essaient

de faire de la psychologie sur moi?

Non. Quoi?

Rien.

Il ne se passe rien.

Vous savez ce qui se passe quand, moi,

je fais de la psychologie sur les autres ?

Non. Quoi?

Le compte-tours se met en route.

Je commence à faire de l'argent.

Comment va ta fondation culturelle, Rizzo ?

Endettée de deux millions d'euros, mais...

Voilà.

20 s : le temps qu'il faut à mes sociétés

pour facturer 2 millions.

Ça te dirait, au prochain vote, d'être de notre côté ?

On pourrait donner le rôle de la chancelière à Barletta ?

Le réal voulait une actrice allemande de 60 ans.

Allez, c'est pas pour moi.

Elle est proche d'un sénateur

que je veux convaincre de me rallier.

Je vais m'en occuper. Barletta conviendra parfaitement.

Martino, tu es le meilleur.

Tu pourrais m'aider avec Gardin ?

En ce qui concerne Gardin,

on l'a vue pour le rôle de Marietta, mais elle est un peu trop...

moderne.

Tu trouves ?

Maintenant que tu le dis, Gardin était très bien. Soyons francs.

Le problème, Silvio,

c'est qu'elles veulent jouer Jeanne d'Arc, Mata Hari,

Rita Levi-Montalcini.

Ce sont des cruches qui ne savent pas jouer, je le sais.

- Comment ça va avec les sénateurs ? - Plutôt bien.

- Tu as lu ? - Quoi?

Les journaux. Ils ont publie' tes communications avec Martino.

Je suis citée. Les journalistes arrivent.

Je fais quoi ?

Déjà, ne m'appelle pas. Ton téléphone est sûrement sur écoute.

Au revoir.

- Attends ! Et nous ? - Quoi, nous ?

Pourquoi tu deviens distant?

Je ne suis pas distant, je suis sur écoute.

Et mon rôle de sainte Thérèse d'Avila ? J'ai tant travaillé.

Et mon rôle politique ?

Et ma réputation sur la scène internationale ?

Et la réaction de mes enfants quand ils liront ça ?

Et la dignité bafouée de ma femme ?

Ne m'appelle plus, Manuela.

Où tu vas ?

Faire le Cambodge à pied pour voir les temples.

- Tu es en colère contre moi ? - Non.

Contre moi.

- Vous quittez le centre droit ? - Oui.

Et avec bien des regrets. Je rejoins le groupe mixte.

La teneur de ces communications est inacceptable.

Je suis navrée pour mes relations avec M. Berlusconi,

mais honnêtement, j'ignorais tout de son côté sombre.

Je me sens blessée en tant que parlementaire,

mais surtout en tant que femme.

Gaia, fais-lui Mille Lire AI Mese.

- Tu as vu le talent ? - J'ai étudié le sifflement à Dubaï.

Et en plus, elle est belle.

Elle mourait d'envie de te rencontrer.

Très bien. Reprends-la avec toi et va-t'en aussi.

Chère Veronica,

moi aussi, je lis.

Moi aussi, j'ai un auteur préféré.

C'est Dino Buzzati.

J'en ai appris un passage par cœur.

Tandis que tu es à un cocktail

et que tu effleures le dos des jeunes femmes

ou que tu danses, leurs seins contre ta poitrine,

à ce moment précis,

dans une petite pièce emplie de fumée,

un jeune homme travaille.

Peut-être peste-t-il

alors qu'il fait ce que tu dois faire.

Voilà.

Le jeune homme dans la petite pièce, c'était moi.

Mais je ne suis plus celui-là.

Joyeux anniversaire !

J'ai fait mon vœu !

Mon amour, 30 ans, c'est que dalle !

C'est que dalle !

Tu ne peux pas entrer.

Tu plaisantes ? Je dirige ce lieu.

Mais tu ne peux pas entrer.

En plus,

petite précision :

je ne plaisante jamais.

Silvio, tu connais Sergio Morra ?

J'en ai entendu parler.

En bien, j'espère, M. le président.

Avez-vous reçu le pull que je vous ai envoyé ?

J'imagine que oui.

Vous avez organisé une fête avec des filles.

Oui, on s'est bien amusés.

Passez chez moi demain, y a trop de bordel ici.

Avec grand plaisir.

Puis-je vous présenter Tamara, ma compagne ?

Enchantée.

Vous dansez, M. le président?

Pourquoi pas ?

Mon Dieu, merci.

Tu viens d'où, Tamara ?

De Rome.

Puis j'ai rencontré Sergio et je l'ai suivi à Tarente.

À ce sujet,

Santino est encore amoureux de toi.

Je me sens fatigué.

Je ne vais pas tarder.

Salut !

Bonjour, M. le président.

Tamara vous a fait un tiramisu pour le splendide collier.

Tu as loué cette maison

et l'as remplie de jolies filles pour que je te remarque.

Bravo, tu as réussi.

Félicitations.

- Pour quoi ? - La chute du gouvernement.

Génial, le coup des six sénateurs.

Après les élections, vous gouvernerez.

J'organiserai le premier Conseil à Naples,

ville que j'aime, couverte d'ordures.

Je ferai grandir le Sud : création d'emplois,

libéralisations, baisse d'impôts, et relance de la croissance.

Et un pont jusqu'à Messine.

- Et Cupa Caiafa... - A fait la connerie de sa vie.

Elle me croyait incapable de renverser le gouvernement. Erreur n° 1.

Elle pensait brouiller les cartes avec le groupe mixte. Erreur n° 2.

Là, elle monte un parti de droite pour m'extorquer quelques sièges.

Erreur n° 3. Elle n'aura rien.

Toi, tu voudrais quoi?

Mon rêve, c'est de devenir député européen.

Ou bien les marchés publics, pourquoi pas avec des soutiens.

J'aime m'investir.

Je te présenterai des gens.

Je veux faire une fête avec des filles. Tu en as combien ?

28, monsieur le président.

- Ça fait peu. - Je peux en trouver plus.

Elles doivent être fiables.

J'autorise les portables ici, mais pas les vidéos de moi.

Rappelle-toi que c'est une résidence d'État.

C'est évident.

Dis-leur d'être naturelles, maquillage léger, pas de talons.

On n'est pas grands.

Pas de professionnelles. Je ne paie jamais, j'aime séduire.

À quoi bon ? Elles vous aiment toutes.

Elles rêvent tant de vous connaître.

Quand j'ai été 1er du sondage Playboy sur les politiques les plus sexy,

j'ai été harcelé.

Une fille m'a appelé :

"Que dois-je faire pour coucher avec vous ?"

Je lui ai dit d'appeler ma secrétaire.

Pour le repas, je pensais pizza et champagne. Ça irait?

Et Michele fera des glaces maison pour tout le monde.

Attention, je ne tolère pas la drogue.

Bien sûr. Je vous prépare une petite surprise...

C'est possible de dormir ici.

D'accord.

Viens, et ramène ta copine.

Que des belles, pas de thons.

T'as un Master, toi ?

Mets des lunettes de vue et viens avec un journal.

Il aime ce genre-là.

Livia, ne me déçois pas.

Alors tu viens ?

Ça va être la totale, mais tu t'en fous.

Les filles, allez manger, après, on répète la choré.

C'est chiant !

Pourquoi vous voulez me voir ?

Pour t'offrir une opportunité.

- À moi? - À toi.

Les filles, c'est ton rayon. J'en ai besoin.

Beaucoup sont en vacances.

Débrouille-toi. Tu croûles sous les dettes.

Amène des filles, je le persuaderai de t'aider.

Toutes les merdes

finissent aux chiottes.

Mon amour,

c'est reparti.

Tu as vu combien de livres

ils ont pris la peine d'écrire contre moi ?

La gauche n'arrive pas à me cerner.

Ils pensent que tout est toujours complexe.

Alors que tout est élémentaire.

Vous possédez le charisme du ruisseau.

Vous apportez a la vallée fraîcheur et bien-être,

et étanchez la soif.

C'est tout.

Écoutez-moi, les filles.

Je possède le charisme du ruisseau.

Il a des mains royales, il devrait porter une bague.

Mon fils étudiera des ouvrages sur lui à l'école.

Il emploie au moins 10000 domestiques.

Tu crois qu'il pleure ?

Sa femme est folle.

Il n'est pas si petit.

Ses yeux ont le charme de l'Orient.

J'aimerais vivre dans sa tête.

Avec sa veste d'amiral, il me rend dingue.

Dis-moi que c'est vrai.

C'est vrai.

Combien de jolies demoiselles avons-nous ce soir !

Merci !

Je vais vous raconter une blague.

Silence !

Vous savez quelle est la différence

entre le christianisme et le communisme ?

Le premier

prêche la pauvreté.

Le second

la réalise.

Si vous le souhaitez,

vous pouvez aller danser.

Chez Michele,

il y a des glaces maison pour tout le monde.

Vous pouvez faire un tour de manège.

Soyez libres, les filles. Amusez-vous.

Amusez-vous.

Ça suffit.

Monsieur le président,

pardonnez-moi.

Concernant mon désir de devenir député européen,

je voulais vous partager mon opinion sur la Géorgie...

Pourquoi tu veux tout gâcher ?

Stella,

viens t'asseoir à côté de moi.

Peut-être tout à l'heure.

Je dois aller aux toilettes.

Kira, excuse-moi une minute.

Tu veux quoi ?

Va te faire foutre.

Voyons, les filles...

Tu sais pourquoi ça arrive ?

Parce que pour lui, je suis quelque chose d'accessible.

Et Stella a dix ans de moins que moi.

Tu te sens vieille ?

Je me sens idiote.

Pourquoi tu le fais ?

À moi, ça ne me coûte rien.

Et les hommes adorent ça.

Non, tu l'aimes.

Peut-être.

Monsieur le président,

que faites-vous ici ?

Je veux te montrer quelque chose.

C'est marrant, non ?

Tu as...

une très belle peau.

Tu ne sors pas ?

Il y a des petits vieux très importants

qui décident du destin des acteurs de télé.

On m'a dit que tu voulais être actrice.

Je n'en suis pas si sûre.

De la politique, alors ?

J'ai vraiment besoin de jeunes femmes belles et intelligentes comme toi

pour les prochaines Européennes.

Je veux rajeunir l'hémicycle parlementaire.

Sauf vous.

Tu as vraiment une très belle peau.

Et une bouche

encore plus belle.

Tu n'apprécies pas la soirée ?

Je peux parler librement ?

Tu es dans la Maison des Libertés.

Non, ça ne me plaît pas.

Pourquoi ?

Qu'est-ce qui cloche ? Il y a la musique, la joie,

un bon repas.

Et après ?

Ça...

il n'y a que toi qui peux le décider.

Tu es fâchée contre moi ?

Si je t'ai manqué de respect, je te demande pardon.

Vous ne m'avez pas manqué de respect.

À votre façon, vous êtes gentil et galant.

Alors qu'est-ce qui cloche ?

Vous avez l'haleine de mon grand-père.

Elle n'est ni forte ni désagréable.

Comment, alors ?

C'est juste l'haleine d'un vieux.

Je ne voulais pas vous vexer.

Je ne me vexe jamais.

C'est que je me sens mal à l'aise.

Ça me navre. Mais pourquoi?

Parce que j'ai 20 ans

et vous en avez 70.

Parce que je suis pathétique d'être ici

et vous êtes pathétique

quand vous me faites des compliments ou des excuses.

Pathétique de vous être déchaussé,

de vous être assis en tailleur

pour faire jeune...

Tout est si pathétique, monsieur le président.

Et triste.

Et on ne construit rien avec la tristesse.

Même pas un coup d'un soir.

À ton âge, la joie devrait être un devoir civique.

À mon âge, la joie n'est qu'un désir.

Qu'est-ce que tu fais ?

Il vaut mieux que je m'en aille.

L'été est fini pour moi.

Reste. On va peut-être lancer le volcan. C'est à couper le souffle !

On s'est plantés où ?

Quand on a pensé être plus malins qu'eux.

Tu es enceinte ?

Je l'ai été.

Saute !

Je jure d'être fidèle à la République,

d'en observer loyalement la constitution et les lois

et d'exercer mes fonctions dans l'intérêt exclusif de la nation.

Qu'est-ce qui se passe, madame ?

J'ai perdu mon dentier en courant.

Je vais vous en faire envoyer un nouveau.

Merci.

Je fais 1,70 m.

Imaginez-moi allongé par terre, multipliez par 4,

ce sera votre salon.

Vous aurez tous un logement antisismique

dans un temps record.

L'Aquila aura une New Town

parce que je tiens toujours mes promesses.

Jésus-Christ !

Rendez-nous Jésus-Christ !

Appelle Mike, il souffre.

Beaucoup de voix affirment

que gouverner ne m'intéresse plus,

que je ne me consacre qu'aux filles, que...

Les voix seront d'autant plus nombreuses

si tu ne parles pas à l'ONU la semaine prochaine.

Je souffre du dos.

L'ONU consent que tu t'exprimes avec un mal de dos.

- Envoie Santino. - C'est toi qu'ils veulent, pas lui.

Je les comprends.

Il y a un autre point, c'est délicat et ennuyeux.

Il paraît qu'a été rédigé un genre de décalogue,

approuvé par des ministres des Affaires étrangères,

sur la façon dont tu devrais te comporter

dans les sommets internationaux.

Pas de bise, d'embrassade,

de tape sur l'épaule, de blague, d'oreilles de lapin, de coucou.

Je fais comme bon me semble.

Mon électorat apprécie mon comportement avec les chefs d'État.

Essaie au moins d'éviter les blagues.

En quoi ça les dérange ?

Et Churchill ?

Ses blagues ont marqué l'histoire.

Churchill devait exorciser une guerre mondiale.

Tout est prêt pour le massage.

Paolo,

ça aurait un sens

un musée sur moi?

Pas encore, monsieur.

New York ?

Non, Naples.

Tu es le meilleur !

Bienvenue à la maison, mon amour.

Le temple te plaît ?

Je l'ai fait construire pour toi.

Ça te dit, un week-end à Portofino ?

Tu sais pourquoi je suis revenue ?

Pour l'opéra. Et le Cambodge, à la longue, c'est fatigant.

Je suis rentrée pour divorcer.

Tu ne vas pas croire la presse de gauche ?

Ce n'est qu'un complot pour me détruire.

La gauche t'a gracié, c'est sa plus grande erreur.

Essaie d'être un homme,

pas un clown.

Tu n'es pas à la télé, il n'y a que nous.

L'épouse et le mari dans un moment douloureux, celui de l'échec.

Je rentre pour clore le chapitre de ma vie conjugale avec toi.

Pourquoi ?

Tu es malade.

- Voyons... - Tu as besoin d'un psy.

Va au but, tu tombes dans le mélo.

- Je vais me surveiller. - Y avait pas un coquillage ?

Un homme,

un père de famille avec des mineures, c'est quoi ?

Le chef d'un gouvernement qui remplit sa maison de putes, c'est quoi ?

Un leader qui présente des bimbos aux Européennes, c'est quoi ?

Un cinglé.

Voilà ce que c'est.

C'était moins mélo ?

Tu te rappelles ce qu'a dit Borboni quand tu jouais au théâtre ?

"Tu étais bien, ma petite, mais je n'ai rien entendu."

Ne m'insulte pas.

Je n'ai jamais été une bonne actrice.

Tu n'étais pas une actrice, tu étais surtout une bimbo.

Même si ce terme n'existait pas.

Très bien.

Alors rappelle-toi que cette bimbo

est devenue la mère de tes enfants.

Regarde-toi.

Normal que j'aie eu besoin de compagnie.

Tu me sors les théories de tes hommes de main ?

"Elle néglige son mari qui se console avec des mineures et des putes."

Quelle mineure ? Noemi est la fille d'un socialiste que je connais.

Elio Letizia !

Alors, qui c'est ?

- Le chauffeur de Craxi. - Non, son chauffeur s'appelle Nicola.

Personne ne connaît de Letizia.

Je devais lui parler des candidatures à Naples.

Un négociant en parfums.

Un chef de parti aborderait un tel sujet avec un parfumeur ?

Veronica,

ne sois pas ridicule.

Je ne le suis pas. Tu es ridicule.

Et pathétique.

Tu es un homme malade.

Pas à cause des femmes, tu avais de grandes choses à faire.

Tu avais une opportunité :

t'occuper des Italiens et tu ne l'as pas fait.

Parce que tu t'en fiches, tu ne t'intéresses qu'à toi.

C'est ça qui te rend malade.

Et s'il y a un Dieu quelque part, Il ne te pardonnera jamais tes actes.

Tu voulais être un homme d'État

et même président de la République.

Mais tu n'es qu'un représentant.

Avant, au moins, tu étais vendeur.

Au gouvernement, tu as tout bradé :

la culture, l'espoir des gens,

la dignité des femmes et tu m'as bradée moi.

Moi, je t'ai bradée ?

Je t'ai placée au centre du monde,

un monde qui aurait oublié ton nom avant même de le connaître.

De quel droit tu me dis ces horreurs ?

Qu'est-ce que tu as accompli dans la vie

pour te permettre des accusations aussi sévères ?

Vu que tu as élevé trois enfants,

tu penses avoir ce droit.

Tu as fait mon portrait, c'est à mon tour.

Tu n'as aucune vitalité, tu es froide, formelle.

Tu as bâti un monde bourré de règles insupportables.

Tu réfléchis avant de rire.

Je ne m'impose peut-être pas de règles, mais je suis vivant, dynamique.

Je pourrai me vanter d'avoir profité de la vie.

Alors que toi, tu penses

que la vie est un long calvaire remplie de responsabilités.

Ça, c'est triste. Plus que mes agissements !

Rien ne te fait vibrer.

Tous ces trucs : la philosophie fumeuse, les temples, la sculpture,

c'est du vent.

Du vent !

Ça trompe ceux qui ont peur d'affronter la vie.

Tu as évité d'affronter une vie de merde,

pleine d'humiliations,

grâce à mon argent.

Moi, je me suis sali les mains pour toi et nos enfants.

Et je l'ai fait mieux que quiconque dans ce pays.

J'ai créé un empire économique et politique.

Très bien, Silvio.

Tu es en boucle sur ton talent. On n'en peut plus.

Tu veux savoir la vérité ? C'est faux.

Si tu es un grand entrepreneur, c'est parce que tu as toujours triché.

Tu es tellement naïve.

À ton avis, ils font quoi, les autres entrepreneurs dans le monde ?

Tu penses qu'ils sont tous droits comme la justice, sauf moi ?

Je vais te révéler une chose qui n'est pas arrivée jusqu'à ta serre :

ils agissent tous comme moi,

ils sont prêts à contourner ou abattre les obstacles.

Mais moi, je l'ai fait mieux qu'eux parce que je suis le meilleur.

Tu n'es qu'un gosse qui a peur de mourir.

Mais je dois être honnête jusqu'au bout avec toi.

Tu n'es pas bon,

tu as survécu grâce à Craxi

et aux criminels qui faisaient le sale boulot.

D'ailleurs, ils ont fini en prison.

Et tes chaînes de télé ?

Désolée de te décevoir, mais tu n'as rien inventé.

Tu as juste bourré la grille de pubs,

de messages promotionnels, de soaps, de variétés,

de vieux films vulgaires et de quiz idiots.

Tu te vantes, mais tu vaux moins que ça.

Donc, depuis des années, tu penses que je n'ai aucune qualité.

Pourquoi tu es restée avec moi ?

Toi et tes compères, vous avez dirigé ce pays

suivant vos pulsions sexuelles, votre vanité

et la sauvegarde du pactole.

Maintenant que tu divorces, tu te fiches du pactole ?

Je ne pense qu'à mes enfants.

Le grand alibi de toutes les femmes en procédure de séparation.

- Réponds-moi. - Tu me fais pitié.

Toi et tes amis,

vous êtes un film de Totô et Peppino.

Des provinciaux avec vos bas de laine, une voix idiote,

la langue pendue devant les danseuses de revue.

Une caricature d'un vieux film comique qui se veut moderne !

Tu n'as pas répondu, ma chère.

Pourquoi tu es restée avec moi tout ce temps,

si tu as toujours pensé que je n'avais pas la moindre qualité ?

Réponds-moi.

Toi, réponds, pour une fois, à ce que tout le monde te demande :

quelle est l'origine de ta fortune ?

Mon père m'a prêté 30 millions de lires pour me lancer.

C'est faux. C'était 113 milliards de lires.

Personne ne sait d'où ça sort. Réponds !

J'exerce mon droit à garder le silence.

Je ne suis pas juge.

C'est comme si tu avais répondu.

Toi, tu n'as pas répondu.

Tu ne te dévoiles jamais.

Même pas à moi.

Tu es

une immense

mise en scène ininterrompue.

Et toi,

tu n'es pas aussi une immense mise en scène ?

Je suis tombé amoureux d'une jolie fille d'Émilie.

Tu avais ce bel accent de Bologne.

Que reste-t-il de cette fille sensée, intelligente et gaie,

avec des rêves plein la tête ?

Tu te donnes des airs qui m'échappent.

Tu ne cesses d'être antipathique,

énervante, rigide.

Je ne me dévoile jamais, mais toi non plus...

je ne te reconnais pas.

Tu sais ce qui reste de cette fille ?

Rien.

Il n'en reste rien.

J'ai vieilli.

J'ai mal vieilli.

- Et c'est ma faute. - J'ai pas dit ça.

S'il te plaît, réponds.

Pourquoi tu es restée avec moi tout ce temps,

si tu as toujours pensé que je n'avais aucune qualité ?

Parce que j'étais amoureuse.

C'était ça, ta qualité.

Tu m'as rendue amoureuse.

Appelle Mike,

tu l'as blessé.

Monsieur,

je vais y aller.

- Tu vas où ? - Comment ça ?

La téléréalité !

Avec deux valises ?

T'as même pas droit à une brosse à dents.

Je les cacherai.

Y a quoi dedans ?

Mozzarella, provolone,

cafetière.

Il reviendra vite.

Si je tarde, c'est que j'ai gagné.

Alors reviens vite.

Pourquoi on ne me laisse pas gouverner,

diriger le pays comme mes entreprises ?

Au lieu de ça, les juges de gauche me persécutent avec leurs procès,

mes adversaires politiques m'attaquent chaque jour

et tout le monde s'immisce dans ma vie privée.

Je ne comprends pas.

Tu espérais quoi?

Pouvoir être l'homme le plus riche du pays,

Premier ministre

et que tout le monde t'adore ?

Oui.

J'espérais exactement ça.

Tu n'es jamais descendu du bateau de croisière où on chantait.

Ou je n'y suis jamais monté.

Tu sais quoi ?

L'autre jour, je suis tombé sur un journal.

Ils avaient publié toutes les photos de tes fiancées présumées.

Et j'ai remarqué

qu'elles ressemblaient toutes à Veronica.

Pourquoi tu ne réessaies pas ?

Un jour, il y avait une fille, ici.

Elle s'appelle Stella.

Je me suis approché d'elle et elle m'a dit:

"Vous avez l'haleine de mon grand-père.

"Elle n'est ni forte

"ni désagréable.

"C'est juste l'haleine d'un vieux."

Je n'ai pas eu le courage de lui dire la vérité.

De toute évidence,

son grand-père et moi utilisons

la même marque de nettoyant

pour dentiers.

Il est trop tard pour reconquérir Veronica.

Fedele, il est trop tard.

J'avais de grands rêves.

Ils se sont transformés en cauchemars.

Daniela était inquiète

quand j'ai été licencié.

Elle pensait que je le vivrais mal.

Et je l'ai mal vécu

parce que ce n'est pas toi qui m'as licencié.

Daniela me disait :

"Pourquoi Silvio n'appelle-t-il pas ?

"Vous avez partagé une vie entière de travail."

Moi, je lui répondais :

"Tu verras, Silvio va m'appeler,

"dès qu'il aura un petit moment."

C'est moi qui avais raison.

Tu es triste, Silvio.

C'est la première fois que je te vois triste.

Je ne m'amusais qu'en vendant des maisons.

Comme l'a sous-entendu Enzo Biagi,

je suis entré en politique pour éviter la prison,

sauver les meubles et contrôler la télévision.

Mais je voulais vraiment faire quelque chose pour mon pays.

Comme on dit en tombant au combat :

l'ltalie est vraiment le pays que j'aime.

Personne ne m'a cru, Mike.

Personne.

Ils disent que je n'ai pas tenu la moindre promesse,

qu'après tous ces scandales, ma vie politique touche à sa fin.

C'est vrai, selon toi ?

Je ne sais pas, je ne suis pas la politique.

Un jour, dans un refuge,

quand je skiais encore,

une dame m'a demandé :

"Bongiorno,

"qui êtes-vous vraiment ?"

J'en suis resté bouche bée

car je n'en savais rien.

Tu connais la différence entre nous deux ?

Là-dedans, il y a des souvenirs. Moi, j'ai des projets.

Tu as eu un métier étrange.

Présenter un quiz toute ta vie.

Si on y réfléchit, c'est un peu débile.

- Comment ? - Tu peux rester dormir ici.

Merci, Silvio, mais Daniela sera plus rassurée

si je rentre à Milan ce soir.

D'accord.

La prochaine fois que tu viens, on mettra le volcan.

Des millions de matelas de qualité...

et ses parents.

Giorgia, 32 ans...

Tu vois ?

C'est nouveau

et encore plus complet !

Des milliers d'euros.

Monte.

Monte doucement.

Comme ça. Doucement.

Ça descend.

Monte encore.

Monte.

Monte la corde encore un peu.

Continue.

Le voilà.

Le voilà qui arrive.

Donne du lest.

Descends.

Encore.

Parfait.

Attends, ils vont l'attraper.

Baisse.

Baisse doucement.

Descends.

Doucement, ça va toucher.

Il est au sol. Parfait.

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