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Original subtitles

Odysseus, voyage au cœur des ténèbres (Ulysse et l'Île des Brumes)

Par la grâce de Zeus, nous rentrerons !

- Virez de bord ! - Oui, Mon Roi !

Maintenant que le repos éternel se profile à l'horizon,

ma peur s'est apaisée.

Et... sur ce parchemin...

moi, Homère d'Ithaque...

j'écris le dernier chapitre de...

mon... odyssée !

Homère !

Mon Roi !

Le chant des sirènes se fait entendre, note notre position.

- C'est une légende des marins. - Ce n'est pas une légende, c'est réel.

Plus d'un bon marin a péri en écoutant le chant des sirènes.

Encore une aventure pour mon héros.

- Notons chaque... - Vite ! Note la position !

Le chant des sirènes est apporté par la brise.

La folie suit rapidement.

Ulysse !

Le courant forcit !

Maudite soit la grandeur de Poséidon !

Homère !

Notre seul salut est la surdité.

Allez !

- Euryloque ! - Mon Roi ?

Préparez les hommes au combat. Nous ignorons ce qui nous attend.

Aux armes !

La mort nous guette.

Mets cette cire dans tes oreilles.

Ordre du roi !

À quoi ça sert de se rendre sourd ?

Les ordres sont les ordres.

Le chant des sirènes...

Mais...

qu'ils prennent garde...

ceux...

qui naviguent à la recherche de l'Île des Brumes.

Il y a...

des bêtes démoniaques...

qui la gardent !

Elles...

boiront votre sang...

comme... du vin !

Mon Roi !

Il ne reste plus de cire.

Ulysse, prends la mienne.

Non, attachez-moi au mât.

- À tes ordres ! - Tu vas perdre la tête.

Je navigue depuis Troie depuis des années et aucune trace d'Ithaque.

Qui peut dire que je ne suis pas déjà fou ?

- Je peux m'attacher avec toi ? - Non !

Je n'ai confiance qu'en moi,

pour entendre ce qu'aucun homme n'a vécu pour raconter.

Plus serré, plus serré !

Noter le chant des sirènes serait nécessaire...

Les dieux combleront ce vide, Homère.

Je vous entends !

Je vous entends !

Quelle est cette sorcellerie ?

Détachez-moi !

Détachez-moi, c'est un ordre !

Détachez-moi !

Quelle est cette nouvelle menace ?

Démons du royaume d'Hadès !

Nous nous sommes échoués.

Ulysse !

Nous avons fait naufrage...

sur une île inconnue.

Soyons prudents !

Les monstres qui ont détruit notre vaisseau

reviendront sûrement chercher les survivants.

Avez-vous une idée de ce qui nous a attaqués ?

Je n'en avais jamais vus auparavant, et j'espère ne plus en revoir.

Nous devons être prêts.

Euryloque, les armes !

Périmédès, la nourriture et l'eau.

Vous trois, venez avec moi !

Homère,

as-tu encore le journal de bord ?

Bien sûr, mon Roi. Je l'ai conservé au péril de ma vie.

Bien !

Depuis deux ans, tu notes les péripéties de notre voyage.

Plus rien !

L'eau de mer a tout effacé.

Les notes sont chez Poséidon.

Ulysse, là-bas dans la brume.

Une réception de bienvenue ?

- Un banquet sinistre ! - Non, non, ils nous font signe.

Attends, attends !

Restons sur nos gardes !

Mauvais augure !

Des morts nous saluent.

C'est mieux que le salut de ceux qui les ont tués.

- Digne d'Hadès lui-même. - Pire qu'Hadès !

Nous avons fait naufrage sur l'Île des Brumes.

Les croix sont couvertes de squelettes humains

dont la peau séchée pend encore sur les os.

Ils ont tout abandonné pour fuir.

Excuse-moi, mais tu n'en as plus besoin.

Allez, allez, allez...

N'importe quel bateau se briserait sur ces récifs.

Nous devons trouver une baie protégée.

Il y a assez de bois pour un radeau, mais nul endroit pour le mettre à l'eau.

Nous devons traverser cette île.

Non !

Lève-toi, Christos ! Le roi a donné un ordre.

Christos !

Je ne t'ai jamais vu montrer de la peur.

Mon Roi, cette vision était si claire...

la mort nous attend !

Aussi sûr qu'Hélios règne sur le ciel et Poséidon sur la mer.

Tes entrailles seront prélevées...

ton sang... coulera dans le sable tes vos pieds.

Et toi...

un poignard pénétrera dans ton ventre.

Christos !

Je respecte tes visions...

mais on ne peut pas rester assis à attendre la mort.

Nous l'affronterons comme des guerriers.

Le choix est simple...

une mort certaine ici, ou tenter ta chance avec nous.

Ce n'est pas un lâche...

il a toujours vaillamment combattu.

Le temps l'a peut-être affaibli, Périmédès.

Je crains que le souffle de la mort nous touche tous.

Reste donc,

mais sache que la lâcheté te fera tomber dans l'oubli.

Vous allez à la mort !

À la mort !

Penser à Ithaque me stimule.

Et toi mon vieil ami,

Que feras-tu en premier une fois dans notre patrie ?

Des choses que tu ne peux même pas imaginer.

Je rêve d'une vie simple...

pas celle d'un guerrier.

Travailler de façon à plus avoir à faire face à la mort.

Et toi, mon Roi ?

Quelles sont les raisons qui motivent ce long et épuisant voyage ?

Honorer ma femme comme un mari doit le faire,

verrouiller la porte de notre chambre pendant un mois.

Et quiconque nous dérangera, ressentira les affres de la mort.

Voir aussi mon fils célébrer son âge adulte,

et faire le deuil de son enfance que je n'ai pas partagée avec lui.

Parle !

Tes paroles sont sages !

Pas d'oiseaux, pas d'animaux.

Et l'odeur...

est celle des plaines poussiéreuses de Troie après le siège.

La puanteur de la mort...

partout et en tout !

Peut-être sommes-nous déjà morts.

Avec des crampes d'estomac ?

- En effet ! - Et la gorge sèche ?

Aussi !

Il y a un autre moyen de vérifier si tu es encore en vie, Homère.

Tu as ressenti ça ?

Oui mon Roi !

Les morts ne ressentent pas la douleur.

En avant !

Les visions de Christos n'ont jamais failli.

Jamais ?

Il nous a prévenus des jours à l'avance pour le Cyclope Polyphème.

Que d'aventures, je dois toutes les écrire.

De l'eau !

Ici, la mort rôde même dans l'eau.

Pourquoi les dieux se jouent-ils de nous ?

- Malédiction ! - Pour effrayer les lâches !

Et c'est efficace !

Le crépuscule approche ! Homère, va en amont...

- Remplis les outres. - Moi ?

- Seul ? - Périmédès., va avec lui.

Nous devons dresser le camp.

Ici !

Remplis-les !

Tu crois que nous mourrons ici ?

Quelle autre alternative les dieux offrent-ils ?

Mourir d'un mal que l'on connaît ?

- Ou que l'on ne connaît pas. - Assez parlé, Homère.

Ulysse a soif !

Si nous sommes à nouveau attaqués,

ce sera la victoire ou la mort.

Je suis heureux que tu sois avec nous.

On fera de toi un guerrier, Homère.

J'écris juste des aventures, mais préfèrerais les éviter.

Nous sommes à la merci du destin.

Nous devons accepter notre destin.

Le mien est une mort glorieuse au service de mon roi.

Et toi, connais-tu ta destinée ?

Observer et noter... les exploits des grands guerriers

pour raconter leur bravoure.

Eh bien, alors...

considère-toi comme chanceux !

Encore un chargement et ça suffira.

Vas-y,

je suis fatigué.

Périmédès, prends la prochaine garde.

Ces êtres préfèrent l'obscurité à la lumière.

Oui, mon Roi !

Tu vois quelque chose ?

Pas sûr !

Le calme avant la tempête.

Repose-toi !

Aux armes !

Aux armes !

Où ?

Où ?

En formation, en position défensive !

Sont-ce les mêmes qui ont attaqué notre bateau ?

Probablement !

Les boucliers !

Je ne crains ni hommes ni bêtes, sauf ceux-là.

La colère des dieux est sur nous.

Attention, ils attaquent !

Les lances !

Quelles étranges bêtes.

Elles ne craignent pas nos lances mais nos boucliers.

Mon Roi...

J'ai failli à ma tâche !

Combattez jusqu'au dernier souffle !

Laisse mes hommes !

C'est inutile !

Pénélope, mon amour...

je t'ai abandonnée...

Zeus...

je suis prêt à mourir !

Qu'es-tu, dieu ou bête ?

Peut-être peux-tu garder espoir !

Fais-moi confiance !

Miracle des miracles !

Nous vivons pour nous battre à nouveau !

Suis-moi vite, si tu veux vivre.

Attends, tes chants perfides ont drossé notre navire sur les rochers.

N'est-ce pas plutôt la curiosité qui vous a poussé ?

Ne parle pas par énigmes.

Lève ton arme à nouveau,

et ce sera la dernière chose que tu feras !

Seuls, mes chants vous protègent des créatures.

Venez avec moi, ou servez de pâture pour les bêtes de l'ombre.

Suivons-la !

La sorcière règne sur la mort et la vie.

Je pense que c'est juste sur la mort.

Reste près d'elle, afin de pouvoir me conseiller.

Voici mon sanctuaire,

vous serez en sécurité ici,

les créatures ne peuvent pas entrer ici.

Qu'attends-tu de nous ?

Une alliance pour quitter cette île.

Quel est ton nom ?

Plus tard !

Elles sont savoureuses...

bon appétit !

L'Île des Brumes était autrefois un paradis,

cet endroit est tout ce qui me reste.

Sommes-nous les seuls à avoir survécus ?

Je dois avouer que mes chants de sirène ne me servent que d'appât.

Quoi ?

Vous aidez ces bêtes démoniaques ?

Ces créatures ont besoin de viande pour survivre.

- Meurtrière ! - Seul ici, aurais-tu agi différemment ?

Vous voyez les deux côtés.

Au moins, à la guerre, la mort est honorable !

Tu es plus courageux que moi.

Quand je quitterai cette île, je n'aurai plus besoin d'appâts.

Je serai libre !

Avec ce que tu as enduré ici,

même ceux qui sont plus courageux que moi seraient devenus fous.

Je pense que tu es déjà fou, Périmédès !

Songe à nos compagnons disparus dans un naufrage,

et qui ont été dévorés la nuit dernière à cause d'elle !

Garde ta fougue pour combattre les créatures.

Les dieux nous ont amenés ici pour assister à notre mort.

Les dieux sont parfois cruels...

avec nous !

Ne confonds pas l'indifférence avec la cruauté !

Qu'attends-tu de nous ?

Une place sur votre radeau, et je débarquerai dès la première terre.

Est-ce beaucoup en échange de ma protection ?

- Une trêve ? - Nous ne sommes pas en guerre.

Je préfère le mot « alliance ».

Une alliance comme celle que vous avez passée avec les démons ?

Nous voulons tous quitter cette île, pourquoi pas ensemble ?

Une alliance jusqu'à la première terre.

Mes gens et moi avons traversé beaucoup d'épreuves.

Pour l'instant nous avons besoin de nourriture, d'eau et de repos.

Ce qui est mien, est vôtre !

Profitez de mon refuge !

- Votre destin est de m'aider ! - Destin ?

Toi et tes compagnons avaient erré tant d'années.

Comme si les dieux vous y avaient préparés,

et rendus plus forts pour me sauver.

Peu de navires passent par ici probablement.

J'ai vu ces créatures s'entre-tuer,

tuer les plus faibles, juste pour rester en vie.

- Elles craignent la lumière. - Tu es observateur !

Elles attaquent aussi le jour...

leur vigueur augmente la nuit.

Si tes chants pouvaient les éloigner pendant 3 jours,

nous pourrions construire le radeau et nous échapper.

Cependant, il faudrait trouver une crique pour le mettre à l'eau.

Vous avez fait naufrage ici,

le sanctuaire est là...

le reste...

n'est qu'obscurité !

Périmédès, va avec elle, et observe la côte.

- Trouve une crique ! - À tes ordres !

Peut-on lui faire confiance ?

Il me semble pour l'instant, que nous voulions tous la même chose.

- Anéantir ces créatures ? - Non !

Quitter vivants cette île !

Trois ans que je n'ai pas goûté de cochon fraîchement cuit.

- Je pourrais en manger cru. - Homère !

Tu as encore beaucoup à apprendre.

Manger, c'est comme aimer...

une femme !

Il faut savourer chaque étape et choisir tous les ingrédients.

Oui !

Nous avons fait le tour de l'île, rien que des rochers et des pierres.

Aucune trace des créatures !

- Rien ? - Non !

Selon tes ordres, je suis devenu ami avec elle.

- Et ? - Elle répète toujours la même histoire.

L'Île des Brumes était autrefois un paradis.

Les créatures sont apparues et elle est la seule survivante.

Elle dit qu'elle a hâte de quitter cette prison.

Un menteur habile dit toujours en partie la vérité.

Pourquoi nous donner l'espoir de vivre si elle doit nous tuer plus tard ?

Et pourquoi n'a-t-elle pas quitté l'île, si elle a un pouvoir sur les créatures ?

- Rien ici n'est ce qu'il semble être. - De cela, tu peux en être sûr.

Mon Roi !

Le porc est cuit, croustillant comme il se doit.

Périmédès...

Ulysse est bien trop modeste pour conter à Homère

quelle ruse il a employée pour échapper aux Cyclopes.

Pourquoi ne pas éclairer le jeune poète comme tu m'as éclairé ?

Les Cyclopes ?

S'il te plaît Périmédès, conte-moi toutes les aventures du roi.

- Vingt ans d'aventures pour toi, Homère. - Je veux toutes les noter.

Nous avions été capturés par un monstre borgne.

Il était dix fois plus grand que nous...

Le monstre devient plus grand chaque fois.

Continue, s'il te plaît !

Ulysse s'approcha hardiment du monstre

qui demanda son nom à notre roi et Ulysse lui répondit :

« Personne » !

- Personne ? - Personne !

Le monstre crut que c'était vrai et se mit à appeler le roi ainsi.

Alors...

nous avons taillé en pointe un poteau en bois...

Et Ulysse l'a enfoncé dans l'œil du Cyclope.

Furieux le Cyclope hurlait de douleur,

il nous cherchait partout, mais il ne pouvait plus nous voir.

Alors il a appelé les autres Cyclopes, pour nous pourchasser...

Mais... quand ils ont demandé :

« Qui t'a rendu aveugle ? », il leur répondit :

« C'est Personne qui m'a fait ça. »

Ils pensaient qu'il était devenu fou,

et nous avons fui en nous cachant parmi les moutons géants.

Mon Roi...

d'abord le cheval de Troie, puis le cyclope...

Vous êtes un maître de la supercherie.

Je crois que j'ai trouvé mon maître.

Impossible !

Qui ?

Parvenus sur l'Île des Brumes...

Ulysse et ses compagnons...

rencontrèrent une séduisante femme...

détenant d'étranges pouvoirs...

sur la vie et la mort.

N'aie pas peur, Homère.

Dois-je...

- réveiller les autres ? - Laisse-les se reposer.

Pourquoi notes-tu tout cela ?

J'immortalise le nom d'Ulysse !

Les gens découvriront sa force de caractère...

on parlera...

encore de lui dans des milliers d'années.

Et de tu parleras de moi.

Je ne saurais quoi dire.

J'en sais si peu sur toi.

J'étais autrefois une jeune femme insouciante...

je vivais dans un pays paradisiaque avec ma mère.

Un jour je sortis pour cueillir des fleurs...

quand je fus brusquement enlevée par un souverain étranger

et dus l'épouser selon ses coutumes.

Je parvins à lui échapper

mais me retrouvais prisonnière sur l'Île des Brumes.

Tu es...

Tu es...

Prends garde !

Le moment n'est pas encore venu de te révéler ma vraie nature.

Dors et oublie cela !

- Ulysse ! - Athéna !

La sirène qui est parmi vous n'est pas ce qu'elle prétend !

- Qui sert-elle ? - Elle même !

C'est Perséphone, la déesse déchue.

La reine des damnés, a été exilée sur cette île

par les dieux de l'Olympe.

Tu es le seul mortel qui peut faire ce que nous te demandons.

Et que devrais-je faire ?

Un dieu déchu est encore trop puissant pour un mortel comme toi.

Perséphone est venue depuis les Enfers sur l'Île des Brumes

avec l'intention de soumettre tous les mortels.

Les dieux de l'Olympe ont utilisé la Croix de feu des Enfers,

une arme créée il y a des lustres,

et son pouvoir magique pour la lier à cette île désolée.

Ulysse...

tu devras enfoncer la Croix de feu au plus profond de son cœur.

Tant que Perséphone vit,

la Croix de feu ne doit pas quitter cette île,

sinon le sortilège sera rompu

et elle, à nouveau libre.

Pourquoi les dieux demandent-ils a un mortel de résoudre leurs problèmes ?

Seule la main d'un mortel peut prendre et manier cette arme.

Comment pouvons-nous triompher ?

Nos armes sont inoffensives contre les bêtes de l'ombre.

Les enfants de Perséphone...

engendré par Hadès lui-même ne sont ni mortels ni immortels.

C'est leur force et leur faiblesse.

Percez leur cœur

avec une arme créée avec ce qui jadis contenait le feu de la vie...

mais qui est désormais éteinte.

Ainsi, ils succomberont !

Où est-elle ?

Elle est partie pendant ma garde.

A-t-elle dit quelque chose ?

Non !

Euryloque !

Ces créatures sont les ennemis les plus terrifiants

que nous ayons rencontrés.

Ce qui ne tue pas le guerrier, le rend plus fort !

Ces bêtes ne sont pas des dieux, si on les frappe avec le bouclier et...

Et fuir ?

Si on plonge un pieu dans le corps...

- Ils saigneront ? - Ils saigneront !

Pour vaincre ces créatures

nous devons fabriquer des armes avec quelque chose...

qui fut vivant mais...

qui est mort maintenant.

Du bois !

Je vous promets ceci :

Nous quitterons cette île vivants !

Avec ça, nous les vaincront !

Affûtez-les !

Crois-tu qu'elles nous attaqueront durant la journée ?

J'espère qu'elles le feront.

Et-tu sûr de nos armes ?

Jour après jour, nous nous affaiblissons, et elles plus fortes.

Nous les combattons maintenant, ou nous sommes perdus.

Ici !

Plus profond ! Creuse plus profondément.

Restez vigilants !

Elles peuvent surgir à tout instant.

Si ces créatures veulent du sang nous allons leur en servir !

Tu t'en sors bien, Homère !

Nous utiliserons du sang de porc comme appât.

- Et un pieu en bois comme arme ? - Ulysse sait ce qu'il fait !

Parfois, je ne suis pas aussi confiant que toi.

Ne devrions-nous pas faire un radeau pour quitter cette île maudite ?

Je suivrais le roi jusqu'aux Enfers et en reviendrais.

Je crains que ce soit exactement ce que nous ferons,

dans peu de temps.

Ton manque de confiance m'exaspère, Homère.

Prends garde !

Excuse-moi, mon ami !

Mon imagination, parfois...

se déchaîne.

Je suis un guerrier...

pas un penseur !

Homère !

Aujourd'hui, tu va devenir un guerrier.

Tu es le plus petit, reste dans l'arbre, Homère.

Peu importe que j'ai le vertige, je suppose ?

Ça va commencer...

Tue-le !

Cette auge te conviendra parfaitement, sale porc.

Victoire, mon Roi !

La victoire contre les bêtes de l'ombre.

Tous les citoyens d'Ithaque se réjouiront de cette victoire à notre retour.

Je reconnais cette bague, elle appartenait à un de nos compagnons.

- Homère ! - Nous avons vengé un des nôtres.

Je vous en implore tous,

si au combat je deviens la proie d'une de ces bêtes,

tuez-moi !

Retournons au refuge, nous devons établir un plan.

Elle est partie depuis des heures.

Ses chants la protègent !

Ou elle nous a laissés ?

Peut-être servons-nous de leurre pour qu'elle s'évade ?

Cette déesse devrait être une reine du mensonge,

pour tromper Ulysse.

Belle déclaration pour mon récit. Elle est de toi, Périmédès ?

Athéna !

Athéna ?

Quel beau trophée !

Cette sorcière n'est pas notre alliée.

Nous devons rester sur le qui-vive en sa présence.

Homère !

N'écris pas ce que je vais dire.

Ces bêtes de l'ombre gardent une arme puissante.

La Croix de feu des Enfers.

C'est un mythe mon Roi. Je l'ai entendu conter dans mon enfance.

Quel mythe, mon ami ?

La Croix de feu !

Forgée par Héphaïstos, aiguisée par Apollon,

dotée du pouvoir de la foudre par Zeus et de la force de la mer par Poséidon.

C'est la seule arme capable de défaire un dieu.

Ma mère m'a souvent conté des histoires sur son pouvoir.

Ce n'est pas un mythe Homère !

La Croix de feu des Enfers est ici, sur l'Île des Brumes.

Et nous devons découvrir où elle est.

- Sa puissance est énorme ! - Comme celle des dieux !

Trouver la Croix de feu des Enfers...

est le seul moyen de renter chez nous.

Laisse !

Sur l'île des Lestrygons

seul, le navire d'Ulysse parvint à s'échapper,

tandis que des rochers énormes tombaient de la falaise...

Donne-moi cette corde.

Alors !

Eh bien, quoi ?

- Mon récit, qu'en penses-tu ? - Je n'écoutais pas !

Vraiment ?

D'accord !

À quoi pensais-tu ?

J'étais là quand les rochers touchèrent les autres navires,

mais n'avais guère le loisir de penser.

- Mais tu devais avoir un avis. - Les mots ne sont que des mots.

Donne-moi la graisse !

N'as-tu jamais ouï dire que la plume est plus puissant que l'épée.

Je peux t'affronter avec ta plume quand tu veux.

Non, ça veut dire...

que les idées sont importantes, écoute ceci...

« Un chien mordit un garçon »

- Ça arrive avec les chiens. - D'accord !

Réarrangeons les mots...

« Un garçon...

mordit un chien » !

Ce garçon n'est pas normal.

- Tu vois, les mêmes mots... - Tire fort !

Disposés différemment donnent un sens différent.

D'accord !

Relis ce passage.

Parle-moi de cet homme courageux alors que d'énormes rochers tombaient...

Cela effrayera les créatures encore plus.

Lorsque nous atteindront la Croix de feu nous devrons être prêts !

Homère semble vouloir écrire toutes les aventures passées.

- Il n'y a pas de mal à ça. - Non !

J'aurais aimé qu'il soit plus familier avec la lance et l'épée.

Homère est le plus courageux de nous tous.

Tu plaisantes mon Roi ?

- Homère courageux, un simple scribe ? - C'est exactement ce que je pense !

Homère s'est joint à nous il y a environ deux ans,

une tempête l'avait jeté à la mer.

Beaucoup de marins audacieux avaient péri,

mais Homère a survécu.

Mais à la bataille...

- Il est plus une gêne qu'un soutient. - C'est faux !

À bord du navire,

c'est Homère qui a découvert la vulnérabilité des créatures au bois.

En désespoir de cause, il a saisi une rame,

avec, il a frappé la créature qui s'est enfuie.

Toi et moi, Périmédès, sommes entraînés à tuer.

Nous ne craignons rien,

nous souhaitons juste avoir une mort honorable.

Mais Homère a peur de tout.

Combat, mort, faim, trop de soleil.

Il demande l'approbation de ses récits

à des hommes qui savent à peine écrire leur nom.

Nous vainquons nos peurs avant le combat.

Homère surmonte ses peurs à chaque instant.

À Homère !

Un brave parmi les braves !

Mon Roi !

Le brouillard vient de tomber.

Il est plus dense que les nuages qui cachent l'Olympe à nos regards.

Vole mon âme !

Mon Roi...

tuez-moi...

par pitié !

- Non ! - Pour le salut de mon âme.

Je ne peux pas !

Je t'en supplie !

Mon roi !

Je prie pour que tu parcoures les plaines élyséennes à tout jamais.

Zeus !

Combien de temps devrai-je endurer ces souffrances ?

Toutes ces années...

séparé de ma bien-aimée Pénélope,

mes compagnons tombés au combat,

mon vaisseau et ma flotte détruits,

mon équipage anéanti !

Écoute-moi maintenant...

Zeus !

Je ne suis pas vaincu !

Je ne me prosternerai jamais devant toi.

Je battrai jusqu'à la mort,

jusqu'à ce qu'il sente la terre d'Ithaque sous mes pieds.

Zeus, tu m'entends ?

Je ne suis pas encore vaincu !

Une obole pour le batelier !

La vie...

et la mort...

nous te vengerons !

Qui ?

Périmédès, a été tué au combat.

S'il te plaît...

insuffle la vie dans son corps.

Il est mort !

Il n'y a plus d'étincelle de vie à raviver.

Où étais-tu ?

À l'autre bout de l'île

où j'ai trouvé une baie d'où nous pourrons nous enfuir.

Tu m'avais dit que les créatures ne pouvaient pas entrer dans le refuge.

Elles ne le peuvent !

- Il a été tué dans ton refuge. - Ce n'est pas possible !

À moins...

que vous n'ayez commis un sacrilège qui aura brisé le sortilège.

Un sacrilège ?

Qu'avez-vous fait, dis-moi.

- Nous avons réussi à en tuer un. - Tuer ?

Nous lui avons transpercé le cœur avec un pieu en bois.

Avez-vous pris quelque chose à cette créature ?

Cette bague !

- Elle appartenait à... - Malédiction !

Le pouvoir protecteur a cessé.

Maintenant, notre salut dépend de la Croix de feu.

Elle éloignera les créatures

et nous permettra de retourner à Ithaque en toute sécurité.

Et où est cette croix ?

Sur cette île, dans le volcan.

De l'autre côté de l'île il y a une coulée de lave

descendant jusqu'à la mer.

Avec la Croix de feu qui nous protégera nous amènerons le radeau sur le rivage.

Recouvrez-le !

Et hâtons-nous !

Y a-t-il une raison pour que tu me méprises

ou méprises du tout ?

Toi et Périmédès étiez proches.

Mon Roi !

- Là ! - Ulysse !

C'est moi !

Christos ?

Mon Roi, je t'en prie, emmène-moi avec toi.

Depuis trois jours je me cache des créatures.

Comment as-tu survécu seul ?

- Tuez-le, il est possédé ! - Attendez !

Comment as-tu survécu ?

Mon Roi, une vision...

j'ai compris que je devais faire le mort,

et me cacher dans une tombe lorsque les créatures approchaient.

J'ai utilisé ce charme !

Ne l'écoute pas, il est possédé !

Mon Roi, les créatures vivent dans le volcan,

et elle n'est pas qui elle prétend.

Écoutez... elles attaquent !

Elles sont invulnérables !

Homère, la voile !

À l'attaque !

Vengeance !

Vous avez travaillé en mon absence.

- Une idole qui porte chance ? - Ma femme.

Ou du moins ce dont je me souviens d'elle.

Tu la vénères ?

Je lui demande de me protéger.

Tu as de la chance d'avoir quelqu'un qui t'attend.

Tu es plein de ressources, Ulysse !

Je fais ce qu'il se doit pour rejoindre ma femme et mon fils.

Après si longtemps, es-tu sûr qu'ils soient encore vivants ?

- Ils sont vivants ! - Vraiment ?

J'en suis sûr !

Ensemble, nous prendrons la Croix de feu et quitterons cet endroit.

S'échapper de chez Hadès, ce serait vraiment un exploit.

Que se passe-t-il ?

Qui chante ?

Pénélope !

Es-tu là ?

Ne parle pas.

Est-ce un piège ?

Ce n'est pas un piège !

Mes yeux me trompent.

Quel autre mari croirait en la fidélité de sa femme

après presque 20 ans de séparation.

Parle-moi de quelque chose, que Pénélope connaîtrait !

Parle-moi de notre chambre.

Il y avait un grand olivier qui poussait dans le jardin.

Il grandissait et s'épanouissait, il ressemblait à un pilier.

Tu as bâti notre chambre autour de lui.

C'était il y a si longtemps.

Sais-tu comment tu t'es trahie ?

De quoi parles-tu ?

Tu n'as pas pris une ride...

tel le souvenir de ma bien-aimée volé à ma mémoire

et projeté sur ce corps odieux.

Mon Roi...

Tu es la reine des créatures de l'ombre.

Ma progéniture sera bientôt là

mais elle ne te fera aucun mal, sauf si je lui ordonne.

C'est Perséphone !

Tu m'as donné la meilleure semence,

ton enfant grandit maintenant en moi.

Maudite sorcière !

Elle est l'épouse d'Hadès,

c'est la déesse des enfers, fille bâtarde de Zeus.

Mon royaume rivalisera bientôt avec celui de mon père.

Ulysse...

toi et moi, sommes destinés l'un à l'autre.

Prédestinés à régner ensemble, comme mari et femme.

J'ai déjà une femme

et tu es le seul obstacle qui s'oppose à nos retrouvailles.

Quelle fidélité !

Crois-tu qu'elle éprouve la même chose ?

- Je le sais de tout mon cœur. - Tu es parti depuis longtemps.

Elle pense que tu es mort et ne reviendra jamais

et je sais qu'elle reçoit de nombreux prétendants

qui désirent prendre ta place sur le trône.

C'est faux !

Je régnerai sur la Terre et les Enfers et tu seras mon conseiller.

Je suis roi et ne serai pas ton conseiller.

Je t'offre plus que ça, être le roi de tous les mortels.

Si tu es si puissante, pourquoi as-tu besoin de nous ?

Je suis maudite par les dieux...

et liée à la croix de feu dont seul un mortel peut me libérer.

Si tu refuses,

avec ta semence qui grandit dans mon ventre,

j'aurai bientôt un enfant mortel qui me libérera de ce charme.

- Non ! - Choisis Ulysse, choisis maintenant.

La vie éternelle avec moi,

ou la mort dans la souffrance pour toi, tes compagnons

et toute ta famille à Ithaque.

La mort !

Soit !

Fuyons !

Ça ne serait pas mal d'être immortel.

- C'est la reine des damnés ! - Personne n'est parfait !

Sautez !

Un de ces jours faudra que j'apprenne à nager.

Je suis d'accord !

Ulysse !

Ulysse !

Ulysse !

Il ne respire plus !

- Ulysse ! - Seigneur !

Portons-le !

Athéna !

J'ai échoué, Déesse !

Je n'ai jamais approché la Croix de feu.

Tu en es plus proche que tu ne le penses.

N'oublie pas que tu as conquit Troie non pas avec une armée

mais grâce à la ruse et ton intelligence.

Tu as échappé aux Cyclopes grâce à la ruse et ton intelligence.

Ulysse,

le monde sombre de Perséphone se cache derrière le voile de la mort.

Et toi, tu peux te cacher sous ce voile.

Ce voile ?

Le sort des mortels est entre tes mains.

Tu devras t'assurer que son fils mortel ne verra pas le jour.

Ou toutes ses aspirations maléfiques deviendrons réalités !

Le voile de la mort !

- Le voile... - Quoi ?

- Le voile de la mort. - Mon maître ?

Il nous faut un voile.

- Un voile, pour quoi ? - Nous protéger...

des créatures de l'ombre.

Attendez...

qu'est-ce que Christos a dit ?

Il s'enterrait chaque fois que les créatures apparaissaient.

- Il faisait le mort ! - Il faisait le mort ?

Quoi ?

Comment se cacher sur l'île de la mort ?

- En étant mort, mon Roi ! - En faisant le mort.

- Ça pue ! - L'ail...

et la mort.

Les créatures !

Serions-nous invisibles ?

- Je ne sais pas, Ulysse ! - Silence !

Les créatures ont des yeux et des oreilles.

Elles sont parties !

- Miracle ! - Elles ont dû nous sentir...

et décidé de ne pas s'approcher.

Restez immobiles, c'est peut-être un piège.

Rappelez-vous, rien n'est ce qu'il semble être.

Des créatures !

Avez-vous un plan, mon Roi ?

On ne doit pas échouer.

Quel est le plan ?

L'inspiration ne pas encore touché...

mais elle viendra.

Comment puis-je aider ?

Suivez-moi !

Quels sont ces déchets ?

- Leurs fèces ! - Et elles sont infectes !

Allons plus loin !

Je commence à m'habituer à la puanteur.

Parce que nous approchons de la mort.

Cela semble marcher.

Le temple d'Hadès !

L'œuvre du diable !

La Croix de feu !

L'arme des dieux.

Le salut dépendra de la façon dont nous utiliserons

pour vaincre Perséphone.

Je la prends !

Non, attends !

Victoire !

Elles savent sûrement que nous sommes ici.

Ulysse, attends !

Je couvrirai ta fuite !

Ta mission est importante, mon Roi.

Homère, tu remettras ça à ma femme.

Tu lui diras que l'amour suffisait je retournerai à elle.

- Tu es un grand guerrier... - Promets de lui dire !

Zeus en est témoin !

Maintenant !

- Que les dieux soient avec toi, mon ami. - Nous nous reverrons !

Ce ne sera pas facile pour toi !

Le combat sera rude !

Courons !

Il est encore temps pour me rejoindre.

Maintenant, nous avons la Croix de feu.

Croirais-tu que les dieux de l'Olympe sont fous ?

Elle n'a aucun pouvoir entre les mains d'un mortel.

Vous avez réussi à arriver ici.

Il n'y a aucune voie de salut.

Pauvre Homère ! Qu'adviendra-t-il de tes récits ?

Nous avons la croix !

Comme Ulysse, tu resteras un idiot jusqu'à la fin !

Dommage...

des millions de personnes auraient pu les lire !

Tu as voulu nous manipuler comme des objets.

Voilà des siècles que j'attendais qu'un mortel tel que toi

fasse naufrage ici.

Les dieux de l'Olympe doivent se cacher derrière les nuages.

Quelle tragédie que tu ne puisses voir la lumière dans mes ténèbres.

Tous ce que tu as connus,

même ta chère Pénélope, périront de mort violente.

Mes enfants, le temps de notre règne est venu !

Tu aurais pu être un dieu, Ulysse,

notre alliance a porté ses fruits.

Tu t'es emparé de la Croix de feu là où elle était !

Mais même si tu ne me la remets pas, il me suffira d'attendre quelques années

pour que notre enfant grandisse et rompe le charme.

Et je pourrai enfin quitter cette île.

Maintenant tu vas mourir de ta propre main.

Une fin appropriée, digne de ta vie sans valeur.

Repaissez-vous de leur cœur, mes enfants.

Dieux de l'Olympe, veillez au salut de mon âme.

Que la mort t'emporte !

Je te l'avais dit, que l'inspiration me toucherait.

Seigneur,

je conterai tout cela lorsque nous serons de retour à Ithaque.

Un hommage à nos camarades tombés au combat.

Mon Roi, une nouvelle fourberie ?

Merci, Athéna !

Notre vaisseau ?

Ce n'est pas une fourberie !

Rentrons chez nous !

Aux dieux, je confie les âmes de nos camarades tombés au combat.

Une fin appropriée pour mon récit.

Mais il y a d'autres aventures à raconter, Homère.

Ces trois dernières années, tu ne m'as jamais parlé du passé.

Pourquoi maintenant ?

Tu le dois à ceux qui ne rentreront pas chez eux.

Oui, mon Roi !

Et même moi, je ne serais pas un vrai roi si je n'étais pas un peu vaniteux.

Nous avons vogué vers Troie,

avec une flotte si magnifique,

que les dieux en furent jaloux...

Des... rumeurs venus...

des îles voisines,

content que...

des... créatures...

surgissent... la nuit...

plongeant... dans...

les gorges des gens, leurs...

dents pointues.

Elles craignent...

la croix...

et ne meurent...

que si un pieu de bois...

leur transperce le cœur.

Pourtant, une chose...

reste inexpliquée :

D'où... viennent ces créatures,

et qui les a... créées ?

® Le 24/10/2021

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