All language subtitles for Meurtres_a_Rocamadour.fr

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Original subtitles

...

-Dis donc...

...

-J'ai un car qui vient

de Lisbonne. Je ne peux pas leur dire de repartir.

-L'accès doit être dégagé, monsieur le procureur.

-Ce matin, Rocamadour n'est ni un lieu de culte ni une destination

touristique. C'est une scène de crime.

Capitaine Lacaze !

-Je pars à la retraite à la fin de la semaine.

-Si jeune ? Quel scandale ! -Privilège de militaire.

-Vous finirez en beauté. -Laissez débuter mon remplaçant

en beauté plutôt. Il m'a doublée tout à l'heure sur la route.

Il avait hâte de commencer. -Il nous faudra vos compétences.

Il manque encore d'expérience à ce niveau de responsabilités.

-3 jours. Après, je pars. Enquête terminée ou pas.

-Vous connaissez le chemin.

-Capitaine ! Désolé que vous vous retrouviez sur cette affaire.

-Pas autant que moi, mon capitaine.

-Restez avec le père Bousquet.

-Toujours sur le pont ? -Comme tu vois.

-J'ai dit au procureur que je pouvais travailler seul.

Il n'a rien voulu savoir. -Il est toujours comme ça.

Alors ? -Ce matin, vers 7h15,

le père Bousquet a découvert ce cadavre.

On l'aurait contraint à faire un pèlerinage expiatoire.

Au Moyen Age,

l'Eglise forçait les prisonniers... -A monter cet escalier à genoux.

-Je te croyais

partie dans le Sud.

-J'y compte bien. -Il a fait une crise cardiaque.

-Apparemment. Peut-être à cause de l'effort et de la douleur.

-Pour l'instant,

personne n'a rien vu ni entendu.

-C'est quoi ça ?

-Aucune idée. -C'est analysé.

-Très bien.

Vous permettez ? -Oui.

-C'est bon. -Bien, capitaine.

-Sophie Lacaze. -Bonjour.

-Je peux vous interroger ?

-Oui, bien sûr.

-La victime a-t-elle pu entreprendre seule ce pèlerinage ?

-Non. Il était athée.

-La victime s'appelle Julien Crozier.

Il était hôtelier. -Comment l'avez-vous connu ?

-Son ex-femme, Valérie, est très pratiquante.

Il l'accompagnait à la messe.

Il ne restait pas. -Ils avaient de bons rapports

depuis leur séparation ? -Ils essayaient pour leur fille.

-Merci, mon père. -J'ai proposé d'aller voir

Valérie pour lui dire ce qui s'est passé. Mais vous voulez le faire ?

-Tout à fait. -C'est préférable.

-Elle travaille au Gouffre de Padirac. On y va ?

-On prend ma voiture. Je ne tiens pas à avoir un accident.

-Pardon ?

Vous rénovez une grange dans le Sud ?

-Je fais des chambres d'hôtes.

-Sympa. -Nécessaire.

Quand vous verrez le montant de votre retraite, vous comprendrez.

Un problème ?

-C'est ridicule pour un descendant des mineurs du Nord.

-Vous êtes claustrophobe ? -Ca ira.

-Ma fille aussi. Son école s'est effondrée.

Petite, elle est restée coincée 3h sous les gravats.

-L'accident de Carlugnac ? -Oui.

-Tous les enfants ont été sauvés. -Vous connaissez bien la région.

Ca va aller ? -Ouais.

-Nous sommes dans la salle du Grand Dôme. 67m de haut.

Et voici la pile d'assiettes.

Les gouttes d'eau tombent à une telle vitesse

qu'elles éclatent à l'impact et éparpillent le calcaire.

D'où sa forme plate et arrondie.

Voilà. La visite est terminée. Je vous invite à poursuivre par ici.

-Merci. -Au revoir.

Au revoir. -Valérie Verdier ?

-Oui. -Capitaine Delcroix.

Capitaine Lacaze. Nous avons quelques questions à vous poser.

-Dehors, c'est possible ? -Oui.

-Je vous en prie.

-C'est pas possible !

Qui a bien pu faire ça ? -Qu'a-t-il pu se passer ?

-Mon Dieu ! Chloé. Vous savez où est Chloé ?

Ma fille !

Julien était de garde ce week-end.

-Elle a un portable ? -Non.

Elle a 8 ans.

-Et les voisins ? -Ca ne capte pas.

Allez !

-On a une équipe chez votre ex-mari.

Vous m'appelez dès que vous avez du nouveau.

-Personne ne sait où elle est.

-On appelle les hôpitaux. -Où est Chloé ?

-Elle n'est pas chez votre ex-mari. -Ecoutez-moi, Mme Verdier.

Il faut partir du principe que votre fille va bien.

Elle compte sur nous pour la retrouver.

La piste à privilégier est

que sa disparition est liée au meurtre de votre ex-mari.

On avance sur le meurtre, on avance sur la recherche de votre fille.

-Je comprends. -Savez-vous

qui aurait pu le tuer ?

-Un concurrent ? Un employé d'un de ses hôtels ?

-Je ne vois pas.

A part sa santé, il n'avait pas de problèmes.

-Comment ça sa santé ?

-Un cancer des poumons. Mais il était guéri.

Il a passé des examens. La tumeur s'est comme envolée.

Un miracle.

On l'a assassiné. Ca n'a pas de sens.

-Quelqu'un aurait-il trouvé anormal qu'il guérisse miraculeusement

alors qu'il n'avait pas la foi ? -On l'aurait forcé à remercier Dieu

avec un pèlerinage expiatoire ? Téléphone.

-Qui aurait pu faire ça ? -Quoi ?

Votre ex-mari est vivant.

Comment on s'en est aperçu ? -Les ambulanciers ont entendu

des gémissements dans leur fourgon. Crozier était vivant et paniqué.

-Tu as fait une erreur. -Je n'ai fait aucune erreur.

-Ataxie. Dysphagie. Bradycardie.

-En langage courant ?

-Il est vivant. Il souffre nerveusement.

-Et la cause de son état ? -Des analyses sont en cours.

-On y travaille.

-On peut lui parler ? -Non.

Il est très faible.

-Ma fille a disparu. Il sait où elle est.

-On doit vite lui parler.

-Quelques minutes seulement.

A cause de la dysphagie, il souffre

d'une dysphonie. Il risque d'avoir du mal à parler.

-Je ne me souviens plus.

J'ai comme des flashes.

-Que voyez-vous dans ces flashes ?

-Une silhouette noire.

On me jette de la poudre au visage. Chloé...

-Il lui a fait du mal ?

-Je ne crois pas.

-Comment ça ?

-Je ne m'en rappelle pas.

-Vous avez fait ce pèlerinage pour protéger votre fille ?

-J'aurais tout fait.

-Où est-elle ?

-Aucune idée.

-Comment était-elle habillée ? -Un pantalon noir.

Un manteau rouge.

Un pull avec des fleurs.

-Des roses. Un mélange de plein de roses.

-Racontez-nous le moment où vous avez rencontré votre agresseur.

-C'est tellement confus.

-Essayez de vous rappeler de ce qui s'est passé hier, M. Crozier.

Vous avez petit-déjeuné avec Chloé.

-On voulait aller au Rocher des Aigles.

-C'est une attraction.

-Elle voulait y aller.

-Une voiture barrait la route.

J'ai cru que le conducteur était en panne.

-Vous avez vu son visage ?

-Il était penché dans le moteur.

Je me suis approché.

Il avait comme un masque.

-Décrivez-le. -Du métal.

Comme une muselière.

Ensuite, il s'est jeté sur moi.

Il m'a appliqué un chiffon sur le visage.

Je ne me souviens plus après ça.

-Et c'était quelle voiture ?

-Une tout-terrain Patrol kaki ou vert-olive.

Vous me tenez au courant.

-Alors ?

Comment il va ? Il sait où est Chloé ?

-Non. Il a du mal à se rappeler.

-Il va s'en remettre ?

-Ca devrait aller.

-Bonjour. Capitaine Lacaze.

En charge de l'affaire. Avec le capitaine Delcroix.

-Gérard Crozier. Ma femme, Edith. On est les parents de Julien.

-Vous êtes le maire

de Carlugnac. -Je l'ai été. Vous avez une piste ?

-On lance le plan Alerte Enlèvement.

Qui a pu faire ça à votre fils ?

-Julien est très gentil. -Il n'a pas d'ennemis avérés.

Nous sommes une famille qui a plutôt réussi.

On a plusieurs hôtels. Alors vous savez ce que c'est.

-Bien sûr.

-Le légiste doute que ce soit une erreur.

Il pense qu'il a été dupé.

J'ai déjà été en charge de plusieurs enquêtes.

Pas comme chef de brigade.

Très bien. Comptez sur moi, monsieur le procureur.

-Ca va, mon capitaine ? -Tout va bien, mon capitaine.

-Mme Verdier m'a transféré cette photo de Chloé.

On lance un avis de recherche.

-On va la retrouver. -J'espère bien.

Téléphone. -Tenez.

-Lacaze.

Déjà ?

Une voiture qui correspond au signalement que nous a fait Crozier

est tombée dans la Dordogne. Où ça ? OK. On y va.

*-Rocamadour a toujours été un lieu de miracles

*et de mystères. Comme aujourd'hui. Trouvé mort dans des circonstances

*étranges ce matin, Julien Crozier est ressuscité.

*Avec nous, le maire de Rocamadour, M. Courtois.

*Monsieur le maire. Que pensez-vous de cet événement ?

*-Je suis émerveillé.

*Rocamadour est une destination spirituelle et exceptionnelle.

*C'est un haut lieu de pèlerinage.

-Vous ne croyez pas aux miracles ? -Pas dans les affaires de police.

-Et dans la vie ? -Le vrai miracle

avec l'intervention de Dieu ? Non.

Ce n'est pas assez rationnel.

Vous êtes croyante ? -J'ai déjà prié.

-Ca a marché ?

-Parfois.

-Lieutenant Fouchet. -Lacaze.

-Delcroix. -On va bientôt sortir

le véhicule de l'eau.

-Qu'a-t-il pu se passer ?

-La voiture a raté un virage.

Elle a chuté sur 15 mètres avant de plonger dans la rivière.

-Pourquoi a-t-elle quitté la route ?

-Attendez l'expertise.

Ce tournant est dangereux.

-Il y a eu des morts à cet endroit. -C'était une chute mortelle.

-Les plongeurs ont vu l'intérieur ?

-Ils ont vu le cadavre du conducteur.

-Il n'y avait pas d'autres passagers ?

-On ne sait pas encore.

Que cherchez-vous ? -Une petite fille qui a disparu.

-Le conducteur pourrait être son ravisseur.

-Prions pour qu'elle ne soit pas dans cette voiture.

-C'est la même peluche que sur la photo de Chloé.

-On ouvre le coffre ? -Allez-y.

-On dirait que c'est bien le ravisseur.

-François Torelle. 14 rue de l'Eglise à Carlugnac.

-Bonjour.

-Gendarmerie nationale.

-Que se passe-t-il ?

-On peut entrer ? -Oui.

Mais... où est-ce qu'il va ? -Ne vous inquiétez pas, madame.

-Il y a un problème ?

-Mme Torelle. On peut

s'asseoir quelque part ?

-Si vous voulez, oui. -Merci.

Asseyez-vous, madame.

Vous êtes mariée à François Torelle ?

-Depuis 37 ans, oui. Il s'est passé quelque chose ?

-Nous sommes porteurs d'une mauvaise nouvelle.

Votre mari a eu un accident.

Sa voiture est sortie de la route. Il n'a pas survécu.

Delcroix ! Apportez-nous

un verre d'eau !

-Tout de suite !

-Qui pourrions-nous appeler pour que vous ne soyez pas seule ?

Un parent ? Un ami ? -Je vais appeler ma soeur.

-Ce moment est très difficile. Mais je dois vous interroger.

-Oui.

-Quand avez-vous vu votre mari

pour la dernière fois ? -Ce matin.

Je l'ai entendu partir à son club de montgolfière.

-Vous l'avez juste entendu ? -Oui. On fait chambre à part.

Il fait un boucan du diable quand il accroche sa remorque.

Pourquoi vous me posez toutes ces questions ?

Bruit au loin.

Qu'est-ce qu'il fait ?

-Il semblerait que votre mari soit impliqué

dans une agression et un enlèvement.

-Quoi ? -Nous recherchons

une petite fille. Chloé Crozier.

-Vous pensez qu'elle pourrait être ici ?

C'est n'importe quoi.

-Elle n'est pas là.

D'où viennent les photos des enfants

dans le bureau ? -On a été famille d'accueil 15 ans.

-Pourquoi avez-vous arrêté ? -A cause de ses béquilles.

Il y a 16 ans...

on a eu un accident de voiture avec mon mari.

Il n'a jamais fait de mal à personne.

Ce n'est pas l'homme que vous recherchez.

-Vous auriez pu faire preuve de plus de délicatesse.

Son mari vient de mourir. -On le soupçonne d'avoir voulu tuer

Crozier et d'avoir enlevé sa fille. -Mais est-elle complice ?

-J'espérais trouver la petite. -Le procureur vous met la pression.

-Aucun problème avec lui.

-Au temps pour moi, mon capitaine.

-Je ne sais pas. Peut-être.

Il était masqué.

C'est qui ? -François Torelle.

Vous le connaissiez ? -Non.

-Et vous ?

-Ca ne me dit rien.

-Et vous ?

-Non.

-Je ne crois pas, non.

-Comment ça, vous ne croyez pas ?

-Je rencontrais du monde quand j'étais maire. Tout est possible.

Non, je ne m'en souviens pas.

-Il a enlevé Chloé ?

-On a retrouvé son doudou dans sa voiture.

-Vous permettez ?

*-La victime ressuscitée,

*comment ne pas reconnaître une intervention divine

*dans la mort de l'assassin ? Voici le père Bousquet.

*2 miracles en un jour, c'est déjà arrivé ?

*-L'accident dont vous parlez n'est pas un miracle.

*Un miracle est un événement positif.

*-Châtiment divin ? *-Une coïncidence.

*-Un homme est revenu d'entre les morts. C'est un miracle.

*La dernière fois que c'est arrivé, c'était il y a 2 000 ans.

*-Cela a-t-il

*une origine divine ? L'Eglise ne parle pas de miracle à la légère.

*On doit d'abord... *-Pour un homme de foi,

*je vous trouve bien sceptique. *-Le miracle serait

*de retrouver Chloé Crozier en vie.

-Je vous raccompagne chez vous ? -Non. Je vais à la gendarmerie.

-C'est difficile de lâcher, je sais.

-Les premières 48h sont cruciales. Je veux bien tout vérifier.

-Ne vous investissez pas trop. Il y a des avis de recherche.

On ne sait jamais qui on retrouvera ou qui va vous hanter pour la vie.

-Vous ne voulez pas dormir à la maison, Valérie ?

-Non, je ne crois pas.

Si le ravisseur appelle sur le fixe...

Si elle essaye de s'échapper... Si elle essaye de rentrer...

-Je resterai avec vous ce soir.

-On va la retrouver ?

-On va la retrouver.

On va la retrouver.

*-Je commençais à m'inquiéter. -Rude journée. Beaucoup de boulot.

*-Tu as avancé sur les cartons ?

-Ne t'inquiète pas pour ça.

*-Je connais ce regard, Sophie.

-Quel regard ?

*-Une petite fille a été enlevée. Je ne voudrais pas

*que ça se passe comme avec... -Ne t'inquiète pas.

C'était il y a 10 ans. J'ai changé.

Ca va, toi ?

*-Ca va. Tu vas voir, c'est chouette. Ca va te plaire.

*Tu me manques.

-Toi aussi.

Téléphone.

...

-Allô ?

-Excusez-moi. Je pensais appeler le capitaine Lacaze.

C'est Mme Verdier.

-Je peux vous donner

*son numéro. -Non. Je...

Je voulais savoir si vous aviez eu du nouveau.

-Malheureusement, non.

-Vous n'avez rien trouvé sur ce François Torelle ?

-Rien qui permette de localiser Chloé.

*Ecoutez.

Le plan Alerte Enlèvement est en cours.

*Je vous tiendrai au courant.

-On n'est pas plus avancés ?

-Non.

Honnêtement, il ne se passera rien de plus ce soir.

*Je comprends que c'est dur. -Vous ne comprenez pas, non !

Excusez-moi.

Attendre sans savoir si le téléphone va sonner...

-Je fais tout ce que je peux.

-Je suis désolée de vous avoir importuné...

à cette heure.

*Vous devez être en famille. -Vous ne me dérangez pas.

*-Bonne nuit, capitaine. -Bonne nuit, Mme Verdier.

-Un de nos gars l'a remarquée.

Elle était recouverte par des branchages.

-Torelle l'aurait abandonnée ici avant d'aller enlever

Crozier et sa fille ? -Il a eu peur que ça l'encombre.

-Ca m'étonne qu'un fondu de montgolfière abandonne son ballon.

Il aurait pu le laisser chez lui. -Il y a plusieurs traces de pneus.

Ca, c'est le 4x4 de Torelle. Ca, c'est une autre voiture.

Et s'il allait retrouver un complice ?

-On dirait qu'on s'est enfoncé dans la forêt par ici.

Par là.

-Un peu grand pour un feu de camp.

-Oui.

-Et vos recherches pour la petite ?

-On a fouillé la maison de Torelle, interrogé sa femme, examiné

son téléphone, ses comptes bancaires. Toujours rien.

-Aucune piste pour l'enlèvement. -J'ai découvert quelque chose.

Torelle n'a pas d'eau

dans les poumons. Et toutes ses blessures sont post-mortem.

-C'est un faux accident ? -C'est ce que je pense.

-On l'a tué comment ?

-En le faisant souffrir.

Les jambes ont été brûlées.

Il avait subi 2 pontages. Son coeur a lâché.

-On sait où ça s'est passé.

-Quand on l'a retrouvé hier, son pantalon était intact.

-Son meurtrier a dû le lui remettre après l'avoir torturé.

-Comme s'il voulait d'abord qu'on croie à un accident.

-Ou à une intervention divine.

"La victime ressuscite. Le tueur est puni."

-Je peux vous expliquer la résurrection de Crozier.

Le résidu sur le visage

et les analyses de sang

contiennent de la tétrodotoxine. -C'est quoi ?

-Ce poison ralentit les fonctions vitales

et donne l'apparence de la mort.

Les prêtres vaudous s'en servent pour zombifier leurs victimes.

-Avec de la poudre blanche. -Ils la leur jettent au visage.

-On a voulu zombifier Crozier ?

-On a voulu le faire passer pour mort, sachant qu'il ressusciterait.

-Pour créer un miracle.

-Ca se trouve où ce produit ? -Sur Internet. Mais c'est

un des composants de la poudre.

-Et toute cette mise en scène,

qui a pu faire ça ? Téléphone.

-Excusez-moi.

Oui, Martin ?

-C'est moi l'officier en charge. -C'est l'habitude, mon capitaine.

Oui ?

Vous pouvez répéter ?

-L'infirmière a découvert le corps vers 8h45,

20mn après lui avoir servi son petit-déjeuner.

-Je vais procéder à des vérifications.

-Prends ton temps cette fois. -Très drôle...

Là, je n'ai rien.

Pas de pouls.

Cette fois, je crains que le diagnostic soit définitif.

Julien Crozier est vraiment mort.

-Le miracle a été bref.

-Il y a un problème ?

-Il a quelque chose

dans la trachée.

-On dirait du pain. -Du fromage peut-être ?

-Il se serait étouffé en mangeant ?

Ce serait un accident ? -Apparemment, non.

"Le jugement de Dieu attend

"les faiseurs de faux miracles."

-Il est sorti par la porte de service.

Il a enlevé sa blouse

et il est parti vers le parking en courant.

-Vous l'avez donc trouvé louche ?

-A cause du tatouage aussi. Sur l'avant-bras.

Je connais tout le monde

dans le service. Je n'ai jamais vu quelqu'un avec ce tatouage.

-Il représentait quoi ?

-Deux silhouettes noires. Mais un peu...

-Vous nous faites un dessin ? -Je peux essayer.

Voilà. -Merci.

On dirait la Vierge noire. -La quoi ?

-On dit que saint Luc, l'évangéliste, l'aurait sculptée.

Saint Amadour l'aurait ramenée d'Orient.

On vient du monde entier pour la vénérer.

Julien Crozier et François Torelle ont donc été assassinés ?

-Oui. C'est quoi ces bateaux ?

-Ce sont des ex-voto. -Des remerciements

des marins qu'elle aurait sauvés.

Elle est connue pour ça.

Dites, mon père, le meurtrier nous a laissé un message

près du cadavre de Crozier. "Le jugement de Dieu attend

"les faiseurs de faux miracles." Ca vous évoque

quelque chose ? -"Les faiseurs de faux miracles"...

Il y a des escrocs. Mais l'Eglise est toujours

très rigoureuse avant de qualifier un événement de miracle.

On parle des merveilles de Rocamadour. Ca permet de qualifier

les événements prodigieux sans abuser du terme "miracle".

Par ici.

-Rocamadour est construit sur 3 niveaux.

Les 3 ordres de la société médiévale.

Au sommet, on avait les chevaliers dans le château.

Mon père. -M. Granville.

-Ici, au milieu, les religieux.

-Il a aussi parlé de "jugement de Dieu" ?

-C'est ça.

-Il fait peut-être référence aux ordalies ?

-Les ordalies ? -Au Moyen Age,

pour déterminer la culpabilité ou l'innocence d'un suspect,

on le soumettait à une ordalie, une épreuve dont l'issue

est décidée par Dieu. L'ordalie par le fer rouge,

par le feu, par l'eau bouillante, par l'eau glacée.

-Une ordalie par le feu, ça consiste en quoi ?

-On forçait le suspect à traverser un bûcher.

S'il ne se brûlait pas, il était innocent.

-C'était une sentence. -Les temps étaient cruels.

-Torelle a subi une ordalie par le feu. Julien Crozier...

-Il est mort comment ? -En s'étouffant avec du pain.

-Il y a l'ordalie du fromage et du pain.

-Ca consiste en quoi ? -On gavait l'accusé de fromage

et de pain. S'il s'étouffait, il était coupable.

-C'est inattendu comme justice. -Vérifiez sur Internet.

D'où l'expression "rester en travers de la gorge".

-Quel esprit pervers peut avoir eu l'idée de faire subir une ordalie

à quelqu'un aujourd'hui ? -Quelqu'un qui veut

un châtiment divin. -Pour quels péchés

le tueur a-t-il décidé de punir... -Bonjour. Vous vous occupez

de la disparition de Chloé ? -Oui. Vous êtes ?

-Louis Lambardin. Je peux vous aider.

-Vous avez des informations ?

-Je ne dirais pas ça.

J'ai cette connexion avec elle.

Dans les bonnes conditions, je pourrais la localiser pour vous.

-Pour elle, vous voulez dire. -Je veux juste rendre service.

-Qu'est-ce qui vous fait dire que vous avez une connexion avec elle ?

-Je l'ai vue... dans ma tête.

-Dans votre tête ? -En rêve.

-Oui, bien sûr... -Elle était dans un endroit sombre,

fermé, inaccessible, comme...

comme gardée.

Mais j'ai aussi vu des fleurs.

Des roses. Plein de roses.

-Elle pourrait être

dans un jardin ? -Non. Plutôt comme sur un motif,

un vêtement épais.

Un pull.

-Excusez-nous.

-Restez là.

C'est le ravisseur ou le complice. -J'ai entendu parler de cet homme.

C'est un guérisseur. -Vous croyez ce qu'il dit ?

-La gendarmerie a déjà résolu des affaires de disparition

grâce à des médiums. Que voulez-vous qu'on fasse ?

-OK. Comme vous voulez.

-M. Lambardin. De quoi auriez-vous besoin

pour pouvoir la localiser ?

-Une carte d'état-major de la région,

un objet lui appartenant et une balle de tennis.

-C'est tout ?

-Si je pouvais être chez elle, dans sa chambre, ça aiderait.

-Bien sûr. -Très bien.

Sonnette d'entrée.

-Vous l'avez retrouvée ? -Non.

-On peut entrer ?

Le médecin légiste est formel. Il a tout vérifié.

Votre ex-mari est vraiment mort. Je suis désolée.

-On lui reproche d'avoir été un faiseur de faux miracles.

Ca vous évoque quelque chose ?

-Vous croyez que c'est à cause de son cancer ?

De sa guérison ? -Ca fait partie des pistes.

-Qu'est-ce que Chloé vient faire là-dedans ?

Pourquoi l'avoir enlevée ?

-On ne sait pas encore.

-Il y a un homme dehors.

-Il est avec nous.

-Mme Verdier.

On a une requête particulière à vous faire.

Ca vous sert à quoi, ça ?

-A me concentrer.

Ecartez-vous un peu.

-Bien sûr.

-Monsieur...

-Oui ? -Eloignez-vous

le plus loin possible.

Vous émettez des ondes négatives.

-Faites ce qu'il vous dit.

-D'accord.

Des ondes négatives... Putain !

-(Vous croyez qu'il peut aider ? -(Je ne sais pas.)

-(Chut !)

Je vois...

des arbres.

Un petit muret... en ruines.

De la roche.

Elle est sur ce couloir

d'énergie. -C'est pas possible...

-Physiquement, elle va bien.

Mais je sens qu'elle a peur.

Elle ne voit pas la lumière du jour.

Elle est...

Elle est là.

C'est dans cette zone qu'il faut chercher.

-Ce n'est pas très précis.

-Ce n'est pas une science exacte. Mais elle n'est pas loin.

-On perd du temps. -Soyez patient, Delcroix.

-C'est par là. C'est le petit muret

dont je vous ai parlé. -Il doit y en avoir des centaines.

Je me trompe ? -Mon capitaine...

-On va bientôt partir. -Je suis sûr qu'elle est là.

-Les chiens ne sentent rien. -Delcroix...

-Cherche !

Allez ! Cherche !

J'ai une piste.

-Venez, mon capitaine.

-C'est ça, capitaine. Venez.

-Cherche !

Allez ! Cherche !

Cherche ! Cherche ! Ouais !

Cherche !

J'ai quelque chose.

-On dirait le manteau de Chloé.

Apportez-moi une pochette !

-Il y a autre chose.

-Emmenez-le ! -Je n'y suis pour rien.

C'est comme ça

que vous me remerciez ? Je suis venu spontanément !

-Ca ne peut pas être elle.

-En plongeant dans de l'acide, peut-être.

-Comment peut-on faire ça ?

-Alors ?

-Venez dans mon bureau.

Il est très improbable qu'il s'agisse de Chloé.

-Qu'avez-vous trouvé ?

-Un squelette.

Mais il devait être là avant que Chloé ne soit enlevée.

-Mais vous n'en êtes pas sûrs ?

-Ecoutez. Il est peu probable...

-Mais ce peut être ma petite-fille. C'est ça ?

-M. Crozier. Nos techniciens devraient nous confirmer

que ce squelette

n'est pas celui de Chloé. C'est peu probable.

En attendant, on va tous devoir supporter cette incertitude.

J'en suis désolée. -C'est pas possible...

C'est pas possible...

Valérie Verdier pleure.

-Je veux un avocat.

-Il arrive.

-Levez la manche de votre bras droit.

-Pardon ?

Je ne ferai rien avant d'avoir vu mon avocat.

Qu'est-ce que vous faites ? Ca va pas ! Au secours !

-C'est quoi ce cirque ?

-Delcroix !

-J'ai ce pouvoir de me connecter... -Je n'y crois pas.

-Arrêtez ! -Comment vous saviez

qu'il y avait un squelette ? -Vous avez une idée trop étroite

de la réalité, mon capitaine.

-Ca suffit, Delcroix !

On peut se voir dehors ?

-Votre ami a un problème. -Vous, ça va !

C'est dur de garder son calme. -Ca va. Ca va.

J'ai passé l'âge de me faire sermonner.

Téléphone.

Institut médico-légal.

Allô ?

Ce n'est pas elle.

-Comment ? -Le squelette.

Ce n'est pas Chloé. -Les analyses sont formelles.

-Merci, mon Dieu !

-Ca fait 10 ans que ce squelette a été enterré.

Pas le manteau. Sur lequel il y a des cheveux de Chloé Crozier.

-Ce n'est pas son squelette mais c'est son manteau.

-Le ravisseur de Chloé connaissait l'existence de ce squelette

et il peut être lié à la mort de...

Il sera dur à identifier. -Elle.

Il s'agirait d'une fillette de 10 ans, Isabelle Fournel.

-Comment tu as trouvé

son nom ? -Son pantalon.

Taille 10-12 ans. Son nom est marqué sur une étiquette.

Comme on fait pour les enfants

pour les colonies de vacances.

-Comment on l'a tuée ?

-Je ne crois pas

qu'elle ait été assassinée. Elle a eu de multiples fractures.

Un enfoncement de la cage thoracique.

Elle a dû subir une grosse chute.

C'est comme si on l'avait sortie de décombres.

-C'est quoi cette histoire ?

-Votre ami Lambardin nous doit des explications.

-Quand des personnes, mortes ou vivantes,

sont en état de vulnérabilité ou de détresse extrême,

elle peuvent entrer en connexion psychique avec moi.

-Comme pour Chloé ? -Oui, tout à fait.

Je suis un bon récepteur pour ce genre d'ondes médiumniques.

Comme un requin qui apercevrait un poisson blessé

à des kilomètres de distance. -Vous êtes un requin

et Chloé, un poisson blessé. -C'était une image explicative.

-Bien sûr... -Tenir un objet personnel

de celui ou celle avec qui vous êtes en contact

vous permet de renforcer cette connexion psychique.

Vous teniez donc la poupée de Chloé pour essayer de la localiser.

-Oui, c'est bien ça.

-Mais ce squelette auquel vous nous avez conduits

n'est pas celui de Chloé Crozier.

Comment vous expliquez ça ?

-Nous touchons à des forces dont le fonctionnement nous dépasse.

-Votre client est un charlatan. Alors ne perdons pas de temps.

Comment vous saviez qu'un squelette était enterré là ?

-Isabelle Fournel,

ça vous dit quelque chose ? Une fillette de 10 ou 12 ans.

C'est son squelette. Quand on enterre un cadavre dans la nature,

c'est pour cacher un meurtre.

Vous l'avez tuée ? -Non.

-Vous avez juste aidé à l'enterrer ?

-Jamais de la vie. -Alors comment vous saviez ?

-Vous risquez d'être accusé de recel

de cadavre et de complicité

de meurtre. -Monsieur Lambardin,

vous devez dire la vérité.

-Un homme m'a payé.

-Pourquoi ?

-Pour vous conduire là-bas aujourd'hui.

Il m'a dit que Chloé Crozier y était et que ça permettrait

de la sauver. -Il était comment ?

-Ca s'est passé par téléphone.

-On vous a demandé de nous conduire à cet endroit aujourd'hui.

Il fallait respecter la date ? -Oui.

J'ai pensé

que le ravisseur regrettait ce qu'il avait fait.

C'est pour ça que je me suis prêté au jeu. Pour la petite.

-Un vrai bon Samaritain.

-Vous l'aimez comment ? -Court et sans sucre.

-C'est là. -Merci.

Vous croyez à son histoire ?

-Je ne sais pas. Je ne crois pas. Et vous ?

-En être réduit à croire ou ne pas croire, je n'aime pas ça.

Surtout quand il s'agit de la vie d'une petite fille.

Vous faites tout pour la retrouver.

-Eric Dourdon. Disparu en février 2000.

Pendant des semaines, j'ai tout donné.

J'en rêvais même la nuit.

17 jours après sa disparition, j'ai identifié un suspect.

Antoine Radsteny.

Je savais que c'était lui qui détenait Eric.

Dans une maison dans les bois.

Il était 3h du matin.

J'y suis allée toute seule. Je ne voulais pas attendre.

Sauf que Radsteny m'a repérée.

Il s'est enfui avec le gamin.

Ils se sont volatilisés

tous les deux.

On ne peut pas oublier un truc pareil.

Je me suis juré de ne plus m'investir autant dans une affaire.

-Facile à dire.

-Si j'avais gardé mon sang-froid, si j'étais restée détachée,

on aurait organisé une intervention dans les règles

et le petit Eric Dourdon aurait été sauvé.

-Vous n'en savez rien.

-Isabelle Fournel a été portée disparue

le 10 novembre 1998.

-Et l'adresse de ses parents ?

-Novembre 1998 ? -Tout à fait.

-Quel jour

on est ? -Le 4.

-Lambardin nous a déclaré qu'on lui avait demandé

de nous conduire au squelette aujourd'hui.

Il y a 16 ans, jour pour jour, a eu lieu

l'effondrement de l'école de Carlugnac. Ma fille y était.

-Isabelle serait morte là-bas ?

Il n'y a eu aucune victime. -Aurait-on menti ?

Elle est morte écrasée.

D'où l'état du squelette. On ne nous a rien dit.

-D'où ce faux miracle

dont parle le meurtrier. -On prétend qu'elle a disparu.

-Elle était en famille d'accueil chez Marie et François Torelle.

-Pourquoi avoir omis

de nous parler de la disparition d'Isabelle Fournel ?

-Elle est liée à l'assassinat de mon mari ?

-Oui, sans aucun doute.

-C'était il y a tellement longtemps.

-La disparition d'une fillette, ça marque une vie.

-Oui. Mais on a accueilli tellement d'enfants.

On a connu tellement de problèmes, de fugues.

-Là, ce n'était pas une fugue. -On a retrouvé son cadavre.

-C'est horrible. -Comment avez-vous découvert

sa disparition ? -C'est mon mari.

J'étais à l'hôpital à l'époque. -Comment vous a-t-il annoncé

sa disparition ?

-Il m'a dit qu'un matin, elle n'était plus là.

La plupart de ses affaires avaient disparu. On a cru à une fugue.

-On parle de la nuit du 9 au 10 novembre,

quelques jours après l'effondrement de son école

qui a eu lieu le 4 ? -Oui.

Le miracle de Carlugnac. -Avez-vous vu Isabelle Fournel

entre cet effondrement

et sa disparition ? -Non. Vous savez,

elle et moi, on se connaissait peu.

J'ai été hospitalisée.

-Vous avez les noms des enfants

qui étaient chez vous à l'époque ? -On n'en avait plus.

Isabelle a été la dernière.

-Vous avez dit qu'elle avait pris la plupart de ses affaires.

-On n'a jamais rien jeté des enfants qui sont passés chez nous.

Voilà. C'est par là.

Voilà. Elle doit être parmi celles-ci.

On l'a retrouvée sous son lit.

-"Isabelle Fournel". Je l'ai.

Elle avait toujours ses parents ? -Je ne crois pas.

Ils sont morts dans un accident de la route.

-C'est elle ?

Ca va ?

-Oui. C'est moi ou l'air ne circule pas bien ici ?

-Vous voulez remonter ? -Non, ça va aller.

Pardon.

Et lui, c'est qui ? -C'est son frère, Marc.

Vous n'avez pas l'air bien. -Vous ne nous avez pas dit

qu'elle avait un frère. -Je l'avais oublié.

Il n'est jamais venu chez nous.

Il avait 17 ou 18 ans. Il s'était engagé dans la Marine nationale.

Il était loin quand sa soeur a disparu.

-C'est la Vierge noire.

-La protectrice des marins.

-L'avis de recherche est lancé.

-Vous allez mieux ? -Oui.

Marc Fournel vengerait sa soeur ?

-Il ne sait pas ce qu'elle est devenue.

Il la croit peut-être vivante. Puis il apprend la vérité.

-Pas de miracle. Isabelle est morte.

-Il s'en prend à ceux qui ont caché le cadavre.

-Torelle et Crozier en faisaient partie.

-L'accident de Torelle et la résurrection de Crozier

ont été mis en scène

comme des interventions divines. -Pour les démonter ensuite.

-Comme le miracle de Carlugnac.

-Il utilise les ordalies car c'est un châtiment divin.

Il punit ainsi

les faiseurs de faux miracles.

-Car ils ont usurpé Dieu. -Mais personne ne s'est inquiété

pour Isabelle Fournel. Comment on a pu cacher sa mort

dans l'effondrement ? -Elle est arrivée

en cours d'année scolaire. Elle n'avait pas d'amis.

Ma fille avait le même âge. Je n'ai pas entendu parler d'elle.

-Elle a pu être discrète. On a pu l'oublier un moment.

Mais quelqu'un devait se rappeler d'elle. Le personnel de l'école.

-Ca a été un cauchemar.

La confusion. La panique des parents.

Alors qu'il avait plu toute la journée,

le soleil apparaît. Il illumine

la scène. Les sauveteurs déplacent un bloc de pierre

et les enfants sortent.

Tous les enfants sortent. -Presque tous.

-Après l'horreur, ça a été un soulagement.

Tout le monde a eu envie de croire à un miracle.

Personne ne voulait penser au pire. -Quelqu'un a découvert le pire.

On doit retrouver les sauveteurs.

-Gérard Crozier était le maire de Carlugnac à l'époque.

Il était là.

Quelqu'un a la main verte.

-Ca vous inspire

pour votre grange ?

Sonnette d'entrée.

-Il serait sorti en laissant les lumières allumées ?

-Capitaine...

Bruit au loin.

(Ca vient de derrière.)

Arrêtez ou je tire !

-Occupez-vous de Crozier.

...

Merde !

-Allez ! Allez !

Allez ! Allez !

Allez ! Gérard Crozier tousse.

-Tout va bien, capitaine ? -Oui.

-C'est le même homme qui a tué mon fils et qui a

ma petite fille ? -Oui.

-Ma pauvre Chloé...

-Et pour vous, M. Crozier, ça s'est passé comment ?

-Il m'a assommé dès que je suis entré dans la maison.

Quand j'ai repris conscience, j'étais enchaîné.

Si vous n'aviez pas été là...

-Vous avez eu de la chance.

-Vous saviez qu'il viendrait ici ?

-Non. On venait vous interroger.

-Le squelette que l'on a découvert était celui d'une fillette,

Isabelle Fournel.

Ca vous dit quelque chose ? -Non.

-Et vous, madame ? -Non, rien non plus.

-Pourquoi vous mentez ?

-Je ne mens pas. -Ecoutez... On a été agressés.

Notre fils...

-Votre femme n'a pas oublié Isabelle Fournel.

Tous les ans, à l'anniversaire

de sa mort, vous allez déposer des fleurs là où elle est enterrée.

-Comment ça ?

-Ce matin, des lilas violets.

Il y a des traces de coupe dans le jardin.

-Fallait bien que quelqu'un se souvienne d'elle.

Je suis désolée, Gérard. Je n'ai jamais pu oublier.

-Vous avez dissimulé son corps

après l'effondrement ? -Avec votre fils et Torelle.

Ils ont été tués. On a voulu vous tuer.

-Gérard... -Isabelle Fournel avait

un frère. Je ne sais pas comment, mais il a su ce que vous avez fait.

Il a fait croire que le squelette de sa soeur était celui de Chloé.

-Pour que vous éprouviez ce que ça fait de découvrir

que quelqu'un de disparu est mort. -Il a ressenti cela.

-Isabelle Fournel avait un souffle au coeur.

Elle était dispensée de sport.

Au moment de l'effondrement, elle n'était pas avec les autres

dans le gymnase.

-Elle était dans la partie la plus fragile du bâtiment.

Celle qui s'est complètement effondrée.

-Elle n'avait aucune chance d'en réchapper.

-Quand avez-vous su que tout le monde n'avait pas survécu ?

-Quand Torelle a débarqué. Il avait appris tard la catastrophe.

Il était au chevet de sa femme

à l'hôpital. -Il demande

des nouvelles d'Isabelle. -A ce moment-là, il est 20h.

Les journaux télévisés ouvraient sur le miracle de Carlugnac,

des enfants qui sortaient des décombres. On n'a donc rien dit.

On pensait retrouver

Isabelle Fournel vivante. -Ca ne s'est pas passé comme ça.

Vous avez caché sa mort plutôt que de reconnaître la vérité.

-Vous avez vite compris que la mort de votre fils et la disparition

de votre petite-fille étaient liées à Isabelle Fournel.

Pourquoi n'avoir rien dit ? -Qui savait ?

-Mon fils. Il était pompier volontaire.

Torelle.

L'instituteur, M. Benoît.

Le chef des pompiers, Maurice Carlier.

-Pourquoi se sont-ils tus ?

-Maurice devait vérifier la stabilité de la falaise.

C'était sa responsabilité.

M. Benoît n'aurait pas dû laisser seule une élève.

Ils craignaient les ennuis.

-Vous l'avez fait pour préserver le miracle de Carlugnac

avec toutes les retombées économiques que cela impliquait.

-Et Torelle ?

-Mon mari l'a payé pour qu'il déclare sa disparition plus tard.

-Elle n'avait pas de famille. Ca ne portait préjudice à personne.

-Son frère n'est pas d'accord.

-On doit retrouver l'instituteur et le chef des pompiers.

-Carlier est mort d'un AVC. Il reste M. Benoît.

-C'est Martin, lui ? -Oui.

-Martin ! -Mon capitaine.

-Faites protéger les Crozier 24h/24.

-Bien, mon capitaine.

-J'allais l'attraper tout à l'heure.

-Vous avez fait ce que vous avez pu.

-Vous aviez plus de chances de l'intercepter que moi.

Chloé serait peut-être dans les bras de sa mère ?

-J'avais plus de chances de sauver Crozier que vous.

-On a sauvé un salopard et Chloé est enfermée quelque part.

-Pour quelqu'un qui m'a conseillé d'être détaché,

je trouve que vous vous laissez trop atteindre par cette enquête.

...

-Court sans sucre, c'est ça ? -Merci.

Il est quelle heure ? -6h45.

J'ai retrouvé la trace de l'instituteur.

-Ah oui ? -Après l'effondrement

de l'école, il a été muté en Guadeloupe.

Il est mort

dans un accident de bateau il y a un an.

-J'ai appelé un ami qui travaille à la Marine nationale.

Il m'a dit que Fournel y était resté de 1998 à l'année dernière.

Sa dernière affectation a été

aux Antilles. -Il a pu rencontrer

M. Benoît là-bas.

-A Haïti se pratique le vaudou.

Il a entendu parler...

Qu'est-ce qui se passe ? Il a une certaine propension

à la violence.

Il n'est pas stable psychologiquement.

-Voilà.

-Merci.

-Votre ami a des photos récentes ? -Oui. Il me les a envoyées.

C'est le guide touristique.

-Granville. Ca fait un an qu'il est à Rocamadour.

...

-Police ! On ne bouge plus !

-Le un. -Rien.

-OK.

Il n'est pas là. Vous pouvez y aller.

-Merci.

...

Martin !

-Mon capitaine. -On fouille partout.

-Occupez-vous de cette pièce.

On emporte tous les documents pour une analyse plus poussée.

-D'accord.

-Plus on s'approche du but, plus il s'éloigne.

Téléphone.

...

Allô. *-Qu'est-ce qu'on dit ?

*Bonjour, capitaine ?

*Bonjour, mes capitaines ? -Fournel ?

*-Vous m'avez raté de peu.

*Vous savez tout.

-Où est-elle ? *-Avec moi.

-Elle n'a rien à voir avec ce qui s'est passé il y a 16 ans.

Elle est aussi innocente que votre soeur à l'époque.

*-C'est vrai. Je suis prêt à la libérer. Contre Crozier.

*Vous le protégez. Il est devenu un peu trop inaccessible.

-On ne peut pas faire ça.

*-On a toujours le choix. J'ai fait le choix d'agir.

-Vous auriez pu les attaquer en justice.

*-Ca aurait été moins satisfaisant. Crozier doit payer.

*Il paiera en donnant sa vie

*ou en pleurant sa petite-fille. -Ecoutez-moi.

*-Amenez-le-moi

*ce soir à minuit au Gouffre

*de Padirac. Sinon je la tue.

*Si vous m'arrêtez,

*vous ne la retrouverez pas. -Fournel !

-Il faut le retrouver avant ce soir.

On ne parle à personne de ce coup de fil.

-On sait ce qui attend Crozier

si on le remet à Fournel.

-Et ce qui attend Chloé sinon. -On ne peut pas.

On serait complices

d'un meurtre. -De celui de Crozier

ou de Chloé ? Tout ça ne m'enchante pas.

Mais gardons nos options ouvertes jusqu'à ce soir.

-On a traité les papiers sur lesquels il aurait pu écrire.

Aucun indice pour retrouver la petite Crozier.

-Vous ne rentrez pas chez vous ce soir.

On reprend depuis le début.

Je veux que tous les éléments soient réexaminés et réévalués.

Fournel a dû faire une erreur. On doit la trouver.

Allez !

-Ca ne sert à rien. Vous allez vous choper

une réputation de chieur. -Je m'en fous.

On va chez Crozier. Il a le droit de savoir.

On prend ma voiture.

-Bonsoir, capitaine. Ca chauffe un peu avec la belle-fille.

-C'était il y a 16 ans.

-Vous m'écoeurez.

Vous l'avez retrouvée ? -Pas encore.

-Je ne comprends pas. Vous avez identifié le ravisseur.

-Il a quitté son domicile. Il a emmené Chloé.

-Il l'a emmenée où ? C'est un meurtrier !

Il a tué Julien.

Il a agressé mon beau-père. -Valérie. Calmez-vous.

-Tout est de votre faute. -On fait notre maximum.

-Je veux retrouver ma fille.

-Valérie...

Valérie. Ecoutez-moi.

Valérie...

-On doit vous parler. Votre femme peut s'occuper de Mme Verdier ?

-Elle est

chez son frère. Elle est partie.

-Je vois.

On va vous raccompagner chez vous. On doit parler à M. Crozier.

-Lui parler de quoi ?

-S'il vous plaît.

-Pourquoi je ne peux pas rester ? -Faites-nous confiance.

-Gauthier ! Ramenez-la chez elle.

On restera ici. Vous reviendrez. -A vos ordres, capitaine.

Mme Verdier.

-Fournel veut qu'on vous emmène au Gouffre de Padirac à minuit.

-Il compte sur les galeries pour s'enfuir.

-C'est votre décision, M. Crozier.

-C'est notre dernière chance de retrouver Chloé vivante.

Faites ce qu'il veut. On l'arrête. Et il nous dit où elle est.

-Je donnerais tout pour sauver ma petite-fille.

Quelles garanties on a qu'il tiendra parole ?

-Aucune.

-Le procureur vous autorise à risquer ma vie ?

-Il n'est au courant de rien.

-Alors pourquoi on parle ?

-Si vous le faites, on vous suit.

-Quitte à vous faire virer ? -Je pars en retraite demain.

-Je veillerai à tout.

-Comment vous y prendrez-vous ?

-On vous suivra. On interviendra.

-Vous parlez du GIGN ?

-Fournel a menacé de tuer Chloé si on venait en force.

On ne sera que nous deux.

-C'est du suicide. C'est trop risqué.

-Vous vous rendez compte du risque que vous prenez en n'y allant pas ?

-Je m'en rends compte. Mais on parle de ma vie.

-Et de celle de Chloé.

C'est de votre faute si son père est mort.

Vous ne voulez pas vous racheter ? -En allant me faire tuer ? Non.

-Votre vie vaut plus que la sienne ?

-Calmez-vous, Delcroix.

-Vous préférez ne plus la revoir plutôt que d'essayer de la sauver ?

Où est votre humanité ? Il n'y a que votre gueule qui compte ?

-Vous dépassez les bornes !

-Que faites-vous ?

-Je l'emmène à Padirac.

-Raisonnez-le.

-On y va ? -Non...

-OK. Je vous suis.

-Vous ne pouvez pas faire ça.

-Que faites-vous ?

-Je vous empêche

de commettre une erreur. -Merci.

-Sophie ! On peut sauver Chloé.

-On y va. -Pardon ?

-Montez dans votre voiture.

-Sophie !

Merde !

-Il va me tuer. Il va prendre la fuite.

-Je l'en empêcherai. -Votre collègue aurait dû venir.

Vous auriez été 2 pour me protéger. -Delcroix ne mérite pas

d'être mêlé à ça. Allez !

Allez !

Ne bougez pas.

-J'ai entendu un bruit.

-Allez !

-Vous saviez qu'on l'appelait le Gouffre du Diable ?

Il aspirait l'âme des damnés.

Votre âme doit-elle être damnée ? -Allez vous faire foutre !

-Fournel ! Où est Chloé ?

-Capitaine. Vous vous réveillez juste à temps.

L'ordalie par l'eau froide. Jusqu'au bout, cette fois.

-Vous aviez promis

de libérer Chloé.

-Patience.

-Attendez !

Comment avez-vous appris

pour votre soeur ?

Comment vous avez compris qu'elle n'avait pas fugué ?

-J'ai vu son instituteur

dans un bar

en Guadeloupe.

Il n'allait pas bien. Il s'en voulait.

Il cachait quelque chose.

3 bières après, il m'avouait tout. Vous y croyez à ce hasard ?

Moi pas.

C'était un signe.

Le signe que quelqu'un là-haut voulait que je rende justice.

-Vous l'avez tué.

-Je suis revenu ici pour les autres.

-Non !

-Toute sa vie, elle a été abandonnée. Elle ne méritait pas

d'être effacée comme ça. C'était une enfant.

Il est coriace, ce salaud !

-Ne tuez pas Crozier.

Votre soeur ne reviendra pas.

-Lâchez-le !

Lâchez-le !

-Vous paniquez ?

-Delcroix !

Ca fait des siècles

que cette grotte existe. -Vous êtes claustro.

-Respirez lentement.

-Sortez-le de l'eau.

Coup de feu.

-C'est angoissant d'être dans les entrailles de la Terre.

-Des milliers

de touristes viennent ici. Il n'y a aucun risque. Tirez !

Coup de feu. -Des stalactites ont tremblé.

-C'est faux.

Tirez !

-C'est en train de s'affaisser. -Tirez !

-Des craquements.

-Respirez. Tirez !

-On respire mal ici.

-Tirez !

Coup de feu.

-Je déteste les grottes.

-J'ai failli me faire tuer. Et on ne retrouvera jamais Chloé.

-Vous êtes vraiment infect.

-J'ai trouvé ça. -Qu'attendez-vous ?

Elle doit ouvrir ce cadenas.

-Non. Ce n'est pas la bonne.

-Fournel devait nous donner Chloé contre Crozier.

-C'est la clé de l'endroit où elle est.

-Elle ouvre quelle porte ?

-Quelqu'un peut nous aider. Sortons.

-Très bonne idée. -Hé !

Je ne vais pas rester seul ici ? -On appelle des secours.

-Hé !

-C'est moi qui l'ai engagé.

Il était courtois et intelligent.

Il était aimé des touristes. -Les psychopathes sont

de grands manipulateurs.

-Ce sont les clés de Rocamadour. On va les comparer avec la vôtre.

-Celle-là ?

-Faites voir.

Merci.

C'est derrière cette porte.

C'est une sorte de cave. On n'y va jamais.

-Restez là, mon père.

Chloé !

-Chloé !

-Par ici ! -Chloé ?

-Je suis là.

S'il vous plaît !

-Chloé ?

-Ici ! Ici, s'il vous plaît !

Je suis là.

-C'est fini. C'est fini, Chloé.

Ca va ? Hein ? Ca va ?

On va aller retrouver ta maman.

Tout va bien, Delcroix ? -Oui.

Pourquoi ?

Je vous retrouve en haut.

-Maman !

Maman !

-Que s'est-il passé ?

Gérard Crozier se plaint de vos agissements.

Mettre en danger la vie d'autrui est un acte grave.

-C'est de ma faute.

Ni Delcroix ni vous n'auriez voulu prendre ce risque.

J'ai donc agi seule.

-Vous étiez opposé à cette idée ?

-C'est pour cela

que je l'ai neutralisé.

-Il peut répondre.

-Chloé a été retrouvée.

Crozier a été sauvé. Le meurtrier a été arrêté.

Quel est le problème ? -Pour être honnête,

si Mme Lacaze ne m'avait pas... -C'est moi qu'il faut punir.

-Alors que vous partez à la retraite ?

-J'y suis techniquement.

-C'est vrai ? -Oui.

-Félicitations, capitaine. -Merci, capitaine.

-Vous l'auriez fait si elle ne vous en avait pas empêché ?

-Vous avez bien fait de lui mentir.

Ca aurait été dommage que vous soyez viré.

-La gendarmerie vous regrettera. -Pas moi.

Je suis ravie d'arrêter. Téléphone.

Excusez-moi.

Quand on parle du loup...

Deux secondes, mon chéri.

Vous ferez un très bon chef de brigade, Alexandre.

Mais faites attention à vous.

-Merci. -Oui ?

On va aller déjeuner.

C'est moi qui t'invite.

Sous-titrage MFP.

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