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Anatomie de l'amour et de la douleur Partie 2 : le cerveau
L'histoire de l'homme n'est qu'un long d�clin.
� ses d�buts de simple organisme unicellulaire, il �tait � son apog�e.
Adam devait �tre le dernier � avoir go�t� au bonheur.
En d�but de vie, car d�s l'instant o� il s'est regard�
et a vu qu'il �tait un homme, la situation s'est d�grad�e.
Copernic brisa l'illusion que nous �tions le centre de l'univers.
Heureusement, il fut accus� d'h�r�sie, mais le mal �tait fait.
D'abord Darwin...
... puis Freud.
Mais le plus grand coup � notre image est pass� presque inaper�u.
En 1963, le neurologue espagnol Delgado implante une �lectrode
dans le cerveau d'un taureau, dans la zone qui r�gule l'agressivit�.
L'�lectrode est t�l�command�e.
Quand on l'active, le signal cr�ant l'agressivit� est interrompu
et le taureau enrag� s'arr�te net.
Il s'est av�r� ensuite que l'�lectrode lui faisait mal � la t�te,
mais la th�orie sous-jacente �tait pionni�re.
Notre ego, nos sentiments les plus profonds,
m�me ce que beaucoup appellent simplement le bonheur,
peuvent �tre r�duits � des impulsions �lectriques dans notre cerveau.
Reste � savoir si cette connaissance implique la fin du bonheur de l'homme
ou si nous pouvons l'utiliser pour retrouver le bonheur,
pour redevenir l'homme qu'�tait Adam ?
- Salut, Diego. - Salut, Kiki.
- C'est �a ? - Oui. Je suis pr�t dans une minute.
- Cet apr�s-midi, c'est bon. - Mais... c'�tait urgent.
- Tu connais Charlie. - Oui, je connais Charlie.
- Ouais... Ton frangin est l� ? - Oui. L�.
Cisse ?
T'as cinq minutes ?
J'aimerais r�gler quelques trucs avec toi.
OK, passons dans mon bureau.
- �a va, Diego ? - Salut, Sandra. Oui ?
Tu me files un coup de main ? J'arrive pas � l'ouvrir.
Une tenaille.
- "D�couvre ton homme int�rieur." - C'est pas � moi.
- Tu viens de le laisser tomber. - C'est pas vrai.
C'est pas � moi.
- Tiens, c'est ouvert. - Oui. Merci.
Dis, Sandra, tu veux boire un verre ?
Non, je n'ai pas soif.
Excuse-moi. Non, Sandra. Je voudrais t'inviter � boire un verre.
Arr�te de t'excuser, Diego, �a tape sur le syst�me.
Ouais...
Merci.
C'est un pi�ge, commissaire. Si vous d�connectez le mauvais fil,
- c'est la mort assur�e pour nous. - La mort ? La mort.
C'est quoi, la mort ?
Nous nous r�incarnerons peut-�tre en mis�rables fourmis
ou en aigle planant en cercles au-dessus de la prairie,
symbole de l'�tat cyclique de notre existence.
Coupez. Charlie, qu'est-ce qu'on a dit, vieux ?
Mon personnage est confront� � une bombe.
D�sol� de r�fl�chir � ce genre de choses.
- Bon... on coupera au montage ? - Oui, �a va.
Cisse, c'est � toi.
C'est bizarre, mais on dirait que son arme est plus grosse que la mienne.
Il l'a demand�, �a colle mieux � son personnage.
- S�rieux ? - Oui.
Cisse, j'ai ajout� 2 grammes de TNT, comme t'as demand�,
- mais l'explosion sera riquiqui. - On arrangera �a en post-prod.
- Je peux en rajouter, ce sera plus cool. - Tu fais la cascade ?
- H�, Kiki. Diego fait la cascade. - Non.
- Quoi ? - Non, Cisse, non.
- Ah, non. Je me disais bien. - Allez, arr�te.
Tous dans le p�rim�tre. La s�curit� avant tout.
Toi aussi, Kiki. Allez.
OK ?
- Et action. - 3, 2, 1, go.
- Coupez. - Bravo, les gars.
Super.
1 - L'Homme int�rieur
- Comment �a s'est pass� ce matin ? - Bien. Je peux arr�ter le Prozac.
- Le docteur a dit que t'allais mieux ? - Non, j'y suis devenue r�sistante.
- Et le boulot ? - Tr�s bien.
Notre producteur a rencontr� les gars de Hate Hurts de Hong Kong.
- Quoi ? - Hate Hurts.
Un film d'action chinois tourn� en partie en Belgique.
C'est bien.
- T'as choisi ton g�teau d'anniversaire ? - Tu peux choisir, maman.
Non, je suis assez nerveuse comme �a.
Ton p�re a dit qu'il viendrait � la f�te avec Brigitte.
Tu veux emmener quelqu'un, toi ?
D'apr�s le producteur, si on fait nos preuves avec Undercover,
on pourra s�rement faire les cascades de Hate Hurts.
- Pas de petite amie ? - Non.
Diego, les poubelles.
Les poubelles.
Cisse, le sac est perc�...
Le sac est perc�.
On n'a plus de sacs bruns, Cisse.
- Monsieur, j'en ai encore un. - On ne prend que les bruns, monsieur.
C'est un sac brun dans un sac jaune.
Baissez d'un ton. C'est un quartier r�sidentiel.
J'exige que vous preniez ce sac.
C'est un d�sir tr�s naturel, Diego.
C'est ton homme int�rieur qui parle.
Et, bien s�r, sous la pression sociale,
tu l'as enferm� en toi, comme s'il s'agissait d'un animal honteux. L�.
Mais quand je t'�coute parler, ton fr�re est un loup sauvage dans la for�t.
Mais toi, tu pourrais �tre un tigre qui se mettrait la jungle dans la poche.
- Un tigre ? - Oui.
- S�rieux ? - Quand je te vois comme �a, Diego...
Tourne-toi.
Maintenant, Diego, d�couvrir ton homme int�rieur est une chose,
mais tu dois apprendre � le ch�rir.
- Le caresser ? - Oui, bien s�r.
On appelle cette technique le massage de la prostate.
Doucement, Diego.
Tu veux �tre un tigre ou tu veux rester un lapin ?
C'est pour moi, Hugo, c'est mon t�l�phone. D�sol�, Hugo.
- Cisse ? - Dis, juste pour �tre s�r...
- Comment marche le d�tonateur ? - J'ai fait un dessin.
- Ah, c'est un dessin ? - Fil blanc � gauche, fil noir � droite.
- Tu veux que je vienne ? - Non, �a va, je vais me d�brouiller.
- Le fil blanc ici et... - S�rieux, �a ne me d�range pas.
Non, c'est ton anniversaire, amuse-toi.
Juste un dernier truc. Le troisi�me bouton, c'est quoi ?
- Le blocage de s�curit�. - Non, le blocage de s�curit� est ici...
Cisse ?
Combien de temps ?
Quinze minutes et on reprend, pas de souci.
On est des pros. Team Cisse Crash n'a qu'une parole.
Des pros ?
Diego fera la cascade.
Vous faites comme vous voulez, mais dans quinze minutes, on tourne.
- Une cascade ? Je dois faire quoi ? - C'est mon cadeau d'anniversaire.
� "�a tourne", j'enl�ve le blocage.
- � "action", Charlie entre et crie... - Pas un geste, salaud.
Tu cours vers la fen�tre. On doit croire que tu tombes � travers.
- Pass� cette ligne, je... - Celle-l� ?
Oui, celle-l�... je fais exploser la vitre � distance.
Eh merde. Bordel.
Il faut mettre le blocage, Cisse.
- On remplace vite la vitre et on y va. - Bordel, les gars.
- Cinq minutes. - Merde.
Tout le monde en stand-by, on tourne dans cinq minutes.
�a fait quand m�me haut, vu d'ici.
Regarde pas vers le bas. Tu fixes le point de mire.
Et t'atterris dans les caisses.
Le point de mire. Le point de mire.
- Le point de mire, o� il est ? - Diego...
Il ne peut rien t'arriver. On ma�trise.
- Toi aussi ? - Moi aussi, je pense.
Non, Diego, faut pas penser. Faut agir.
Pas penser. Je ne pense pas. Je suis un tigre.
2 - Tigre !
Silence, s'il vous pla�t, on tourne.
- Camera ? - �a tourne.
Pas maintenant, Diego. Attends qu'on dise "action".
Diego.
Merde.
Eh merde.
Doucement. Vas-y doucement.
H�, vieux. Diego.
Diego.
Merde.
- Il va s'en sortir ? - C'est trop t�t pour le dire.
Vous �tes sa compagne ?
Sa s�ur ?
- Sa nouvelle m�re. - Sa belle-m�re.
Cacher la bo�te
- t'emp�chera pas d'avoir le cancer. - Commence pas. Essaie de positiver.
De toute fa�on, faut bien mourir de quelque chose.
Tout le monde finit par mourir.
Enfin... je veux dire... pas aujourd'hui, de pr�f�rence.
On essaie de mener une vie saine.
On a commenc� le badminton. C'est sympa.
Et on se sent rajeunir. Tu devrais nous accompagner, Annie.
Non, merci, Brigitte.
Pas besoin de me sentir jeune.
- Salut, Diego. - Salut, Cisse.
- Je suis content de te voir r�veill�. - C'est vrai ?
- Tu nous as fait une de ces peurs. - C'est vrai ?
- T'as bonne mine. - Je me sens bien. Je me sens sexy.
- Sexy Diego. - Tony. Sexy Tony.
Appelle-moi Tony d�sormais.
- Tony ? - Tony T.
�a colle mieux � mon personnage. Tu trouves pas ?
- Bonjour... Diego Willems ? - Tony T, TNT.
Tony Trinitrotolu�ne. Mon nom de sc�ne. Et voici mon fr�re, Cisse.
Cisse. Tony. Dr Vandewoestijne, neurochirurgien.
Et voici l'une de mes assistantes, Jaana Ferrier.
Neurologie exp�rimentale.
Elle pr�pare un doctorat sous ma direction et veut vous interroger.
Tu me demandes ce que tu veux, mais moi aussi.
- �a marche ? - OK.
Vous souvenez-vous de l'accident ?
J'allais sauter et plus rien jusqu'� mon r�veil � l'h�pital.
- Et toi, t'as un copain ? - Non.
- OK, � toi. - Comment vous sentez-vous maintenant ?
Mieux. Plus sexy.
- OK. Qu'entendez-vous par mieux ? - Hol�, c'est mon tour.
- T'es lesbienne ? - Non.
Non ? Tu peux le dire franchement.
J'ai rien contre les filles qui kiffent aussi les nanas. Comme beaucoup de mecs.
- Cisse non plus. Hein, Cisse ? - Non.
- Professeur ? - Non.
- Voil�. Je repose ma question. - M. Willems, d�sol�, mais...
Tony.
- Oublions les questions pour le moment. - Vous avez raison.
Votre chute a endommag� la zone fronto-temporale.
On le voit ici et l�.
Il se peut que vous souffriez d'un syndrome frontal.
C'est quoi ? Il a l'air en forme.
Cela engendre des troubles graves du comportement et de la personnalit�.
Jusqu'il y a peu, il n'y avait aucun traitement,
mais Jaana a d�velopp� pour son doctorat une m�thode exp�rimentale
qui permet de traiter quasi tous les sympt�mes par une simple op�ration.
Il y a un truc entre vous ? Une tension romantique ?
Le d�but d'une histoire ? Un petit flirt ?
Non, M. Willems, je suis un homme mari� et combl�.
- Je m'excuse de vous d�cevoir, mais... - Non, faut pas.
Arr�te de t'excuser, �a tape sur le syst�me.
Et maintenant ?
Nous vous demandons juste de venir en consultation la semaine prochaine
- pour une �valuation et on avisera. - Tu veux me revoir.
- OK ? - Oui, super.
Bien.
- Tony. - Professeur.
Au revoir.
Tu prends la fuite, parce que la poursuite t'excite.
The French Connection.
Osama sur sa montagne poireaute, jusqu'� ce que Tony trouve ta grotte.
Voil� Tony, mister Upheaval,
pr�t pour le shock and awe avec son axis of evil.
Elle ne s'y attendait pas. Elle l'a pas vu venir.
Oh, maman, un nouveau mec. C'est bien.
- On t'a laiss� sortir ? - Oui.
- Comment tu vas, mon grand ? - Tr�s bien. Super. Viens l�.
- Les m�decins ont dit quoi ? - Je t'ai apport� des fleurs. Tiens.
- Et une pour... - Jacques.
- Jacques ? - Je suis son buddy.
Jacques a appris le mois dernier qu'il a le sida.
Le sida...
Les buddys de ma m�re sont mes buddys, mec.
- Sida ou pas sida. S'il te pla�t. - Merci.
T'es s�r qu'ils t'ont pas laiss� sortir trop t�t ?
- Faut rouler plus vite. - Encore plus vite ?
Tu peux pas l'acc�l�rer en post-prod ?
Cisse, Undercover, c'est du s�rieux, du r�alisme cru... Tu le sais, non ?
On veut porter la fiction t�l� flamande � maturit�.
Allez...
Kiki, prise suivante.
Et action.
Plus lentement, Tony. Plus lentement.
Coupez.
- Mon poignet ira mieux dans quinze jours. - D�sol�, on n'a pas quinze jours.
Si on tourne pas aujourd'hui, je perds 23 412 euros.
Team Cisse Crash va arranger �a, crois-moi.
�coute, je t'aime bien, mais va falloir qu'on envisage
de trouver quelqu'un qui tient le rythme.
- Je vais faire la cascade. - Tony ? Non, non.
- C'est lui qui s'est d�fenestr� ? - Team Cisse Crash n'a qu'une parole.
Ta s�rie aura la niaque, une box-office overdose.
On est plus fiables que Mac, on crashe mieux que Windows.
Tu ne forces rien, relax.
Tu fixes le point o� tu veux arriver et tu sautes.
Point de mire.
Et action.
Coupez. Super, super.
Qui a laiss� passer cette putain de Rover ?
�a va ?
- �a va ? - Oui, �a va.
Je suis rest� relax, comme t'as dit.
T'as sauv� Team Cisse Crash, frangin.
- Incroyable. - De rien. De rien.
Le r�gisseur de plateau n'a pas pu l'arr�ter. D�sol�.
C'est rien. �a va. J'ai juste quelques griffes.
Bon Dieu de... Tony, c'est �a ? C'�tait fantastique.
- Vraiment sensass. - Cet accident est un vrai chef d'�uvre.
Il donne un c�t� m�taphorique � la sc�ne.
Le Christ Charlie qui saigne pour ses id�aux.
J'avais dit qu'on crashe mieux que Windows.
- Je me sens super bien, Cisse. - Super.
Freine, Tony. Freine, freine, freine.
Cool, mec.
- Si Jaana nous voyait... - On se fout de Jaana.
Quand elle me conna�tra, elle sera dingue de moi.
Je pensais m'en servir pour mon intro.
Parce que l'homme est le seul primate qui n'a pas d'os p�nien,
il faut plus d'activit� dans le lobe frontal pour atteindre une �rection.
- Mais cette id�e est stupide. - Pas du tout.
L'activit� c�r�brale au lieu d'un os p�nien, c'est l'histoire de ma vie.
D�sol�e.
Oui, maman. Je suis au cin�ma.
Je dois raccrocher. Je te rappelle. Salut.
D�sol�e. Elle passe son temps � m'appeler.
- Elle s'inqui�te pour toi. - "Toujours pas de nouveau petit ami ?"
Elle a peut-�tre raison.
La vie n'a pas de sens sans quelqu'un qui t'aime.
Non, j'ai eu des petits copains, mais je veux me concentrer sur mon doctorat.
Tu n'as peut �tre pas trouv� le bon.
Probablement.
Un couteau.
D�sol�e de parler de ma vie priv�e. �a doit �tre la fatigue.
Pas de souci, rien ne l'interdit.
Je refuse d'�tre le professeur qui s'enferme dans sa tour d'ivoire.
J'appr�cie beaucoup cela.
J'ai l'impression que vous vous souciez de moi.
- Dans le bon sens, bien s�r. - Oui, bien s�r. Oui.
J'imagine m�me pas avoir une relation avec une belle jeune coll�gue de bureau.
- Le gros clich�. - Le clich�...
3 - Le C�ur fait boum
J'aurais d� mettre ma veste bleue.
- M. Willems ? - Tony.
Je t'ai apport� des fleurs. S'il te pla�t.
Merci, mais je ne peux accepter.
- Voici des infos sur le traitement. - Merci.
- Je vais vous interroger s�par�ment. - J'ai beaucoup pens� � toi.
- D'abord votre fr�re, s'il vous pla�t. - OK.
Nous avons tous besoin de chaleur, hein monsieur ?
Il a chang�. Mais ce n'est pas forc�ment une mauvaise chose.
J'ai gagn� un ami.
Fait-il ou dit-il des choses inconvenantes depuis l'accident ?
Bien s�r. Il �tait temps d'ailleurs.
Des changements dans votre comportement
- ou vos relations avec les autres ? - J'ai des tendances bisexuelles.
- Sous quelle forme ? - Soudain, j'ai une envie folle
de coucher avec deux femmes en m�me temps. C'est nouveau.
Enfin non, mais l'envie est plus forte.
- Avez-vous lu la brochure ? - Non...
Pour �tre franc, je ne participerai pas � ton �tude, donc...
Tony, cette �tude est tr�s importante.
Beaucoup de gens ont ce syndrome et il n'y a pas de traitement.
L'un d'eux te servira de cobaye. Moi, je suis l� pour t'inviter � sortir.
Une telle d�sinvolture est la preuve de votre maladie, Tony.
Et je ne vous parle pas de cobayes, mais de vous.
- Je peux vous gu�rir. - Je ne suis pas malade.
- Je me sens bien. Super bien. - C'est un sympt�me de la maladie.
Oui...
T'as r�ponse � tout.
Esther est critique d'art.
Depuis l'accident, elle se gave de fast food
et a troqu� ses v�tements de marque contre un cale�on et un t-shirt criards.
Elle a perdu son fianc�, ses amis et finalement, son job.
Leo, jadis tr�s puritain, est en soif d'exp�rimentation sexuelle,
et tente d'imposer une vie plus lib�r�e � sa famille.
De plus, il refuse de respecter les feux de signalisation.
C'est ainsi qu'il est mort dans un accident de la route.
Taylor est un pilote de F16 timide,
mais apr�s un crash en Afghanistan il devient intr�pide,
ignore les ordres, prend des risques irr�fl�chis.
Il est tu� dans une mission en solo.
Une autopsie r�v�lera
qu'il avait un syndrome frontal s�v�re depuis le premier crash.
O� est le rapport avec moi ?
Peut-�tre que �a ne les a jamais g�n�s.
- Ils vivaient enfin des trucs sympas. - Oui. Plein de trucs.
Et ils disaient eux-m�mes qu'ils allaient super bien.
Mais � terme, ils ont senti, au fond d'eux, qu'ils n'�taient plus eux-m�mes.
Ils commencent � se sentir seuls.
C'est une op�ration similaire.
Ce patient souffre d'obsessions compulsives.
Une pens�e, une impulsion �lectrique se bloque.
"Lave-toi les mains, lave-toi les mains."
Nous avons implant� une mini �lectrode pour r�parer le circuit.
Les r�glages se font par apr�s, � l'aide d'une t�l�commande.
Oui, tout �a m'a l'air tr�s propre.
Tony. Cisse.
Tony doute encore.
C'est un choix que vous seul pouvez faire, Tony.
N'oubliez pas que l'op�ration est la derni�re �tape.
Nous allons d'abord vous soumettre � des examens pour confirmer le diagnostic.
Observations, interviews, tests... Vous pouvez changer d'avis � tout moment.
Et seulement apr�s, vous devrez signer un formulaire
nous autorisant � vous op�rer, si n�cessaire.
Ah, bienvenue.
David, M. Depuydt est pr�t pour son bo�tier.
- Voici. - Merci, Rik.
Il est l'un des premiers parkinsoniens � qui on a implant� une �lectrode
et aujourd'hui, on a remplac� l'ancien stimulateur.
Regardez.
Voil�, vous voil� reparti pour quelques ann�es.
Merci, docteur.
On se croirait � Lourdes.
En mieux, j'esp�re. Et c'est moins loin.
Vous vous foutiez de moi, tout � l'heure, hein ?
Vous avez froid ? Imb�cile.
Hol�, vieux. Tiens, on la ram�ne moins, d'un coup, hein ?
Et maintenant ? Vas-y, attrape le bo�tier.
- Regarde le bo�tier. Regarde le bo�tier. - Tony, non.
- Oh merde, il est tomb�. - Enfoir�.
Frankenstein.
- Tu devrais avoir honte, Tony. - Non, vous. C'est un vrai cirque ici.
On essaie, jour apr�s jour, d'aider des gens comme toi
- et toi, tu ne montres que... - Que quoi ?
- Un manque de respect. - Ah oui ?
- T'entends �a, Cisse ? - J'ai entendu.
Je vais t'apprendre le respect. Je la fais, ton �tude.
Et je te prouverai que je n'ai rien.
Et tu seras forc�e d'admettre que tu ne me respectes pas
quand tu me compares � tous ces d�biles qui meurent seuls.
Tu sais qui va mourir seule si elle ne change pas tr�s vite ?
Toi.
Un peu plus seule, heure apr�s heure.
Je la fais ton �tude, je me glisse dans ton c�ur.
Tu ne supporteras plus la solitude.
Je te sortirai de ta torpeur, de ta d�cr�pitude.
Tony T, your remedy.
Dr Tony, I presume.
Je suis une bombe � retardement. Tic tic tic...
Jusqu'� ce que ton c�ur fait boum.
Viens, Cisse. On s'en va.
Bonjour Tony.
Bonjour Cisse.
- Jacques. - Bonjour.
C'est cool, un docteur particulier.
�a fait... La clinique de la for�t Noire qui rencontre Dr T et les femmes.
- Qu'allez-vous faire au juste ? - Proc�dures standard.
Observer Tony dans son univers professionnel.
Puis, des interviews et des tests du comportement.
On devrait d�j� �tre partis.
- C'est parti. - Au revoir.
Enfoir�.
Pas un geste.
On sait tout de votre ignoble trafic d'enfants.
Vous feriez bien de vous attaquer � des gens de votre taille.
Diego �tait un loser path�tique.
Tu n'exag�res pas un peu ? D'apr�s ce qu'on m'a dit,
- il �tait juste un peu timide. - Juste un peu timide ? Un peu timide ?
Ce mec n'osait rien faire. Que dalle.
Il n'osait rien et n'obtenait donc rien. Un trouillard de mes deux.
- Un loser, un petit con. - C'�tait peut-�tre un scientifique.
- On a du mal avec les relations sociales. - "On" a du mal ?
- Dis carr�ment que Diego t'aurait plu. - Ce n'est pas le probl�me.
Il n'aurait jamais rien pu se passer entre toi et Diego.
Il n'aurait jamais os� te parler.
Et s'il avait os�, tu te serais tellement ennuy�e apr�s 10 secondes,
que t'aurais vomi dans une armoire.
Je ne sais m�me pas pourquoi on parle de �a.
Moi je le sais.
T'as mont� toute cette �tude pour passer du temps avec moi.
Si, si. Je t'ai vue me sourire sur le tournage.
- Ou dans la camionnette, la nuit. - Je ne fais que mon travail, OK ?
Faut pas avoir honte, c'est normal.
S�rieux. Tu devrais arr�ter de te d�rober sans arr�t.
- Tu recommences... tu te d�robes. - Que les choses soient claires, Tony.
On a une relation docteur-patient.
Je n'ai pas besoin de toi.
Je me fais toutes les femmes que je veux.
Toi ? Tu te fais les femmes qui veulent de toi. Salut Tony.
- Quoi ? Tony est malade ? - Mais non.
Les femmes supportent pas qu'un homme soit bien dans sa peau.
Elles veulent toujours les changer. �a me d�passe.
Les hommes demandent pas aux femmes de changer.
Sauf quand ils viennent de tirer leur coup,
alors c'est vrai qu'ils aimeraient la changer en bac de bi�re.
Ou en B.D.
Alors quoi ? Vous allez tous nous op�rer ?
Tenez, je vais d�j� faire les trous.
375 euros.
Je veux juste que Tony aille mieux.
�coutez-moi bien, mamzelle. Sachez une chose.
Je veux que Tony reste comme il est maintenant.
Vous feriez mieux de trouver un rem�de contre le cancer.
J'ai pas raison ?
Et si gr�ce � une op�ration, il redevenait comme avant ?
Je sais ce que c'est d'�tre malheureux, ce n'est pas une vie.
C'est pour �a que je travaille � la ligne d'�coute Info sida.
Tous ces gens qui ont le sida et qui vont mourir,
j'ai cru que �a me remonterait le moral.
Que je me dirais que ma vie pourrait �tre bien pire.
Peut-�tre que je devrais avoir la maladie de Diego.
Il n'y a rien de pire que d'�tre seul.
- C'est d�j� fini ? - Oui.
- Et ? - Ben... c'est un peu...
Ce n'est pas encore tout � fait clair.
Par contre, il est clair que vous vous sous-estimez, Mme Willems.
Il n'y a rien de path�tique � oser �tre seule.
- Au contraire, c'est courageux. - Tu n'y crois pas toi-m�me.
Bonjour.
Je croyais que c'�tait fini, les observations et interviews.
Oui, mais...
- J'esp�rais d�buter les tests. - Pas le temps.
Quoi qu'on pense l'un de l'autre, Tony,
- nous devons poursuivre �a ensemble. - Pas maintenant.
- Plus tard ? - Peut-�tre.
On a des trucs sympas, mais les gars de Hong Kong sont super exigeants,
alors il faudrait voir plus grand.
OK, mais on bosse avec des petits budgets.
Pas de souci, mais �a fait deux mois qu'on n'a pas �t� pay�s.
Moi, j'investis en vous, je finance ce que vous voulez,
je demande juste que la cascade de cet apr�s-midi en jette.
4 - L'Icare kamikaze
Et action.
Trois, deux, un. Go.
T'as vu �a, frangin ? Tu m'as vu ?
T'as vu le feu ? Et la seconde vague.
Tr�s classe.
D�sol� de t'interrompre, je peux te demander un truc ?
On m'a demand� de pr�senter une �mission de cuisine.
En temps normal, pas question, je suis un acteur.
- Mais elle a du style, un contenu. - T'aimes cuisiner ? Ouais ?
Alors, fonce. Vas-y. Fais-le, Charlie.
The stylish story cook.
Pas vrai ? Bien trouv�, hein ? Cisse, le gobelet !
- Tony. Tony... - Oui ?
T'as une minute ? Pour le test de fluidit� verbale.
Fluidit� verbale ?
Je suis Tony T.
Mister TNT. J'explose, donc je suis.
I'll make you star in your own XXX show.
I'll make you scream higher than a Beach Boy.
Danger, danger, mi cabron, soy una bomba de testosterone.
- Je reviendrai plus tard. - Ouais.
Cisse, l'airbag, tu peux le ranger.
- Ici aussi. - L�, oui.
Comme �a ?
- Un coup de main ? - Non, �a ira, Jaana.
- L�-bas, je d�range, donc... - Merci.
D�sol� pour Tony tout � l'heure.
Il n'a pas � vous traiter ainsi.
Il n'y peut rien. Le syndrome frontal engendre un manque d'empathie.
La facult� de ressentir ce que les autres ressentent.
Pour vous non plus, �a doit pas �tre �vident.
�a peut aller.
Ce qui compte, c'est l'�quipe, et on est tr�s respect�s ces derniers temps...
- Regardez-moi voler. - Incroyable.
- Incroyable. - Fantastique. Fantastique.
- On l'a fait. - Regardez, regardez, regardez.
Merde alors.
Tu sais que tu dors la bouche ouverte ?
Comment �a se fait ?
- Je peux passer ton test, si tu veux. - OK.
Super, noir. Des jetons pour Tony.
- Et... mince, rouge. - T'as tout perdu.
Le test est termin�.
Ah. Je suis curieux de savoir ce que ce test t'apprend.
Un �tre normal est si affect� dans son subconscient par une grosse perte
qu'il commence � �viter les piles A et B.
Pas les patients frontaux, parce qu'ils veulent le plaisir
quelles qu'en soient les cons�quences.
C'est �a, ta grande �tude qui va prouver qui je suis ?
Un jeu de cartes et des jetons ? Tu vas me sortir quoi apr�s ?
Mastermind ?
Pim Pam Pet ?
- Je suis chiant, non ? - Pour �tre honn�te, oui.
Tu sais pourquoi ? Je suis heureux, je m'amuse.
Et puis je te vois et je sais que tu es persuad�e que je suis malade,
que je vais mourir seul, comme les gens sur tes diapos.
D�sol�e, Tony. J'imagine que �a doit parfois �tre dur pour toi.
Oui, tr�s dur.
Mais je comprends que tu doives faire ton boulot.
Et j'aime te voir travailler.
Avec toute ton attention, tr�s concentr�e.
Vraiment, je suis s�rieux.
C'est de la science, mais avec toi, �a prend une autre dimension.
T'as toujours voulu faire �a ?
J'ai eu un d�clic pendant un cours du Pr Vandewoestijne sur le sourire.
Notre sourire naturel est une acte qui d�coule d'un signal
dans le cortex cingulaire ant�rieur. Ici.
Mais quand on nous demande de sourire, pour une photo,
on utilise une toute autre partie de notre cerveau. L�.
C'est pour �a que nos sourires ont l'air forc�s sur les photos.
Tout � fait. Oui.
- Tu dois trouver �a barbant. - Non, non, je trouve �a int�ressant.
Tu crois que j'ai le syndrome frontal ?
Je n'ai pas termin� les tests, mais tout semble l'indiquer.
- Allez viens, Tony. Cisse veut y aller. - Oui, j'arrive.
Compte pas sur moi, Jaana. Pour l'op�ration, compte pas sur moi.
Tout le monde... tout le monde est content de moi maintenant.
Je m'en vais.
Viens, Kiki.
Un patient n'agit pas toujours dans son int�r�t. Tu le sais.
Nous sommes form�s � cela, nous avons de l'exp�rience.
Je suis tout � fait pour l'�volution de l'implication du patient,
mais en mati�re de d�cisions, on est mieux plac�s qu'eux pour les prendre.
�coute Jaana, si cette op�ration r�ussit,
peu importe si nous sommes les premiers � op�rer un syndrome frontal
ou si un livre sur nous tr�ne dans toutes les librairies.
Ce qui compte, c'est qu'il y aura enfin de l'espoir pour les autres patients.
C'est vrai.
Les perspectives sont �normes.
Je suis en train de faire une �tude, que cela reste entre nous...
On implante une puce et un micro-ordinateur dans le cerveau
et on la connecte � la m�moire � court terme.
T'imagines ?
Imagine que soudain chacun re�oit 10 gig de m�moire suppl�mentaire ?
Je me disais qu'apr�s ton doctorat,
tu pourrais peut-�tre m'assister dans mes recherches.
Vous �tes s�rieux ?
Nous formerions une �quipe de r�ve.
Et je me disais que comme sorte de c�l�bration anticip�e...
D�sol�e.
Ta maman ?
Bonjour, Tony. Oh, super.
F�licitations.
C'est tr�s gentil, mais je doute que...
Oui, je viendrai chez votre m�re.
On verra. OK, � tout � l'heure.
Ils ont d�croch� le contrat avec Hong Kong et ils vont faire la f�te.
Tony veut que je l'aide � persuader sa m�re de les accompagner.
Apparemment, elle m'aime bien.
Je disais que...
j'ai r�serv� une table pour deux � "La Maison"
pour c�l�brer... pour c�l�brer cette �tude.
Oh, sympa, mais j'ai d�j� dit oui � Tony.
- C'est... dommage. - Pas de probl�me.
- D�sol�e. - Non, non.
C'est peut-�tre l'occasion de lui parler de l'op�ration.
OK.
5 - Toi et moi
- S'il te pla�t. - Il ne fallait pas.
C'est joli, non ? Tu seras superbe avec �a, maman. Fantastique.
Surtout avec ta robe noire.
T'essaies de me convaincre d'aller danser ce soir.
Mais tu n'y arriveras pas.
J'aimerais aussi le voir sur vous. Il est superbe.
Allez, pour toi alors.
Assieds-toi.
Sant�.
Vous �tes superbe.
Quelle classe !
Les hommes vont se jeter sur toi en bo�te.
- Non, Diego, je ne viens pas. - Allez, venez.
- Non, non, pas question. - Je vais pisser.
C'est la robe que je portais quand j'ai rencontr� Roger.
- C'est vrai ? - Oui. Et tu sais ce qu'il a dit ?
"Prends ta veste. Je te ram�ne chez moi."
Non ? Je peux pas croire que quelqu'un dirait une chose pareille.
Roger, si.
Et il a d� remarquer que j'h�sitais, parce qu'il a ajout� :
"Tu ne trouveras pas mieux, tu sais."
Ouais.
Dis-moi, toi et Diego... il y a quelque chose entre vous ?
Non, non. Je suis l� en tant qu'amie.
- T'as quelqu'un d'autre. - Pas pour l'instant.
Diego non plus. Donc si on reprend les choses de mani�re logique...
Aucun de vous deux n'a le sida et... Oui, mais c'est vrai.
Les hommes sont des enfoir�s, mais la vie est courte
et puisque tu n'es pas lesbienne, autant sortir ensemble.
- Tony pr�f�re les filles comme Kiki. - Oh non, pas Kiki. Quel nom ridicule.
C'est sur toi qu'il a craqu�.
Tu sais que t'es la premi�re dont il me parle ?
Papa est l�. On y va. Tu viens, maman ?
Non, je viens pas. Je vais dormir.
Emm�ne Jaana.
Alors ? On va faire la f�te ?
- Pas longtemps alors. - Viens.
- Salut, Tony. Salut. - On l'a eu.
- Salut, Tony. - On l'a eu, frangin.
- Assieds-toi devant, Jaana. - OK.
- C'est moi qui conduis ? - Para�t que t'es un pro.
- Laisses-en pour les filles. - Bois alors.
Hong Kong. Hong Kong. Hong Kong.
Tony, je plaisante pas. Arr�te.
Je plaisante pas.
Mais allez...
- �a se contr�le, tu sais. - Oui, c'est vrai.
- Je peux t'apprendre, si tu veux. - Non.
C'est simple comme tout. Il suffit de regarder.
De regarder l� o� tu veux aller. Un point de mire.
Ne regarde pas l'obstacle. Et fonce.
- Apprends-moi d'abord. - D'abord Jaana.
- Non, j'oserai jamais. - Mais si.
Jaana. Jaana. Jaana.
- Si tout le monde attache sa ceinture. - OK.
OK ?
- Pr�te ? - Oui.
OK.
Regarde bien.
Acc�l�re.
Maintenant.
Tony, Tony, Tony.
- Roger ? - Monte, Tony.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Allez-y.
Je vais passer un moment privil�gi� avec mon fils avant.
Dis, tu vas bosser pour les mecs qui ont travaill� avec Bruce Lee.
Allez, on va prendre l'ap�ro. OK ?
Mais papa, Jaana m'attend.
C'est pas parce que t'as des livres que tu peux jamais aller � la biblioth�que.
- Et c'est moi qui offre. - Ah oui ?
Bonjour.
- Tu n'enl�ves pas ton t-shirt ? - Non, ton p�re aime mieux comme �a.
OK.
C'est bon.
C'est tr�s, tr�s bon.
D�sol�.
- D�sol�. - Tu as un probl�me ?
Oui, je pense � quelqu'un d'autre.
- Tu comprends ? - Oui, oui, je comprends.
Tu penses � Kluivert ou � Davids ?
Tony.
- Voici Nancy, ma colocataire. - Salut, Nancy.
- O� est Jaana ? - Quoi ?
- Jaana. Je la vois pas. - L�-bas.
- Tu vas pas partir, Jaana ? - Il est tard.
- T'es parti deux heures. - Je suis revenu pour toi.
- J'ai appel� un taxi. - Je te reconduirai.
Non. C'est ta soir�e. Je ne veux pas la g�cher.
Non, je te reconduirai. Voil�, j'ai d�j� enlev� ta veste.
- Allez, viens danser. - Une seule danse.
Je suis super content que tu sois rest�e.
S�rieux.
J'�tais chez une pute avec papa, l�.
Et je me suis arr�t� en pleine action, j'arr�tais pas de penser � toi.
Je suis dingue de toi.
- Je vais chercher un truc � boire. - Reste ici.
Non, continue � danser, je reviens.
OK.
Jaana. Jaana.
H�, Jaana. T'en vas pas comme �a.
- Laisse-la. - Je suis revenu pour elle.
- Mais laisse-la. - Je suis revenu pour elle.
H�, laisse-la, je te dis. H� !
Hong Kong. Hong Kong.
- Oh, Cisse. - Salut, Jaana. Oh, d�sol�. D�sol�.
- Je suis tellement conne, Cisse. - O� est Tony ?
� l'int�rieur, je suppose. Il m'a pas suivie.
Ouais, c'est Tony.
Je me sens si seul.
Oh, merde Cisse. Bordel...
6 - Ce qui monte...
Je me demande pourquoi d'un coup, Kiki demande une r�union.
- Je ne sais pas, Cisse. - Ah non ?
C'est pourtant toi qui l'as bais�e toute la nuit.
- Elle n'a rien dit ? - Toute la nuit, toute la nuit...
- Salut, Kiki. - Tony.
Johan.
Salut.
OK, les gars, bonne nouvelle, on a des bons sondages pour Hate Hurts.
Rien que le titre est vendeur en Allemagne.
Hate Hurts, HH, comme dans Heil Hitler.
Et la mauvaise nouvelle ?
Les producteurs de Hong Kong on revu le showreel.
Ils veulent voir une nouvelle grosse cascade en voiture avant de se d�cider.
Apparemment, j'�tais un peu trop enthousiaste hier.
Nous pouvons monter une cascade nous-m�mes.
- Une cascade en voiture. - Oui.
Je veux dire, ici on doit se retenir un peu. C'est normal, c'est la t�l�.
Mais si on peut vraiment la faire nous-m�mes, on met le paquet.
- Avec des feux d'artifice. - OK ?
- OK ? Des feux d'artifice ? - Oui. �a m'a l'air bien.
Parfait.
Un dernier petit d�tail.
Vous pourriez remplacer Team TNT par Cisse Crash & Team TNT sur la jaquette ?
On n'a le budget que pour un cascadeur belge.
�a aussi je l'avais mal compris apparemment. D�sol�e.
Non, non, d�sol�. On forme une �quipe.
On ne peut mettre que Tony en avant. Ce n'est qu'une question de budget.
Je me casse le cul depuis des lustres � faire du petit budget et c'est tout ?
Va te faire foutre. Viens, Tony, on s'en va.
Tony ?
Cisse.
Cisse.
- Cisse. - Voil�. Bordel.
Cisse.
Tu sais quoi ? Je te prends comme assistant.
On divise mon salaire en deux et on reste ensemble.
Je me fous d'�tre ton assistant, Tony. Tu piges pas ? Je t'ai form�.
- J'y peux rien s'ils veulent Tony T. - Va te faire foutre Tony T.
Tu sais qui c'est Tony T ? Un enfoir� d'�go�ste.
Je me suis battu pour toi, t'ai donn� ta chance.
Diego, il comprenait �a. Il serait sorti avec moi.
Il n'aurait pas trahi son fr�re. Mais toi...
Ils me veulent moi, parce que t'assures pas.
Va te faire. Trouve un autre assistant pour ton showreel de merde.
C'est ce que je vais faire. Et je ne devrai pas chercher longtemps.
- Bonjour Tony. - Il me faut du matos pour une cascade.
- Roger n'est pas l�. �a ira sans lui. - Oui.
En solo, je me pavane.
Je me donne � donf et je plane. Plus de technique que Zidane.
Tony Walhalla, plus grand qu'Allah.
Plus de charme que Bernal, plus maudit que les fleurs du mal.
Tony se d�brouillera tout seul.
Dis, Tony, c'est vraiment cool, la fa�on dont tu rappes.
Enfin...
- ton sens du rythme, c'est craquant. - Oui, j'imagine.
Je...
- Hol�, Brigitte. Hol�. - Pardon.
- Brigitte. - Pardon, je...
T'as toutes les filles qui bossent � la t�l�, toi.
- Je comprends, d�sol�e... - C'est pas �a.
T'es une femme superbe, Brigitte. Je le pense.
Embrasse-moi encore une fois alors, Tony. S'il te pla�t.
- David ? - Oui, Jaana. Je m'inqui�tais.
Tu n'�tais ni au bureau ni � la caf�t�ria.
- J'ai t�l�phon�, mais... - J'ai �teint mon GSM.
- Il est tard ? - Oui.
Vous voulez entrer ?
- Tout s'est bien pass� hier soir ? - Oui. On est all�s danser.
Danser... �a fait un bail.
- Tu l'as convaincu pour l'op�ration ? - Je ne lui en ai pas vraiment parl�.
- De quoi avez-vous parl� alors ? - De tout. Quelle importance ?
Je ne te trouve pas tr�s professionnelle.
Ce n'est jamais une bonne id�e de trop se rapprocher d'un patient.
- Vous croyez que j'ai couch� avec Tony. - Non, je n'ai pas dit �a.
Pas de souci, j'ai �t� une gentille petite fille.
Je n'ai pas couch� avec Tony.
- Mais j'aurais d�. - Jaana, je t'en prie.
C'est un homme des cavernes.
David... C'est un homme.
Un homme qui me donne l'impression d'�tre une femme. Vous comprenez ?
Pardon, je crois que je vais vomir.
�a va, Jaana ?
Jaana...
Et puis merde.
- M. Willems. - Bonjour. Je cherche Jaana.
- Je doute qu'elle ne vienne aujourd'hui. - Merde.
Vous pouvez m'aider ?
� une consultation, j'ai dit � Jaana que Tony est devenu mon meilleur ami.
- Qu'il est beaucoup mieux qu'avant. - Oui...
Mais j'ai vu son vrai visage.
Je n'aime pas dire du mal des gens dans leur dos, mais Tony d�conne.
Compl�tement.
- Oui, et qu'attendez-vous de nous ? - C'est vous, les m�decins.
Je refuse que l'op�ration n'ait pas lieu � cause de ce que j'ai dit au d�but.
OK, je ferai passer le message.
Mais je doute que Jaana soit dispos�e � accepter une critique sur Tony...
Que voulez-vous dire ?
Oui, qu'est-ce que je veux dire ?
� votre avis, qui lui a donn� toutes ses chances, Cisse ?
Elle a le b�guin pour lui pour l'instant, mais �a va pas durer.
Ah non ?
- La pancarte, Tony ? - Je suis occup�.
L�g�rement d�centr�e ?
Maman, j'ai pas le temps de m'occuper de �a.
C'est � �a que sert le personnel.
- Tu renoncerais pas au feu d'artifice ? - Je suis cascadeur, maman.
J'aurais pu �tre coiffeur ou d�corateur, mais je suis cascadeur.
- Quelqu'un devrait contr�ler tout �a. - Et toi, tu devrais me l�cher.
J'ai bien le droit de m'inqui�ter.
Tu sais ce que t'as le droit de faire ? Laver la voiture et t�che que �a brille.
- �a me fera plaisir. - J'appelle Cisse.
- T'as une minute pour la pancarte ? - Tu sais vraiment rien faire seul ?
- Je bosse gratuitement. - Sois content.
Content que je te permette de le faire. Tu vas crever dans quelques mois.
On n'est pas en train de b�tir une relation.
Cisse dit qu'il faut jamais faire une cascade pareille seul.
- C'est trop dangereux. - Cisse et ses belles cascades...
Il n'a pas fait une cascade d�cente de sa vie.
- J'en ai marre, Tony. - Du calme, Jacques.
C'est une question de respect.
C'est pas pour rien qu'on est les seuls ici.
Encore un qui vient se plaindre.
H�, tu vas m'expliquer ce qui s'est pass� entre toi et Brigitte.
Pas Brigitte ? C'est pas vrai, Diego.
J'essaie de construire un tremplin. Vous permettez ?
T'es malade, mon gar�on. T'es vraiment malade.
Tu connais les risques quand tu sors avec une jeunette.
Sois content que ce soit moi et pas un autre.
Tony. Arr�tez-le. Arr�tez-le.
Quand je pense que j'ai vant� tes m�rites � Jaana.
Laisse-la tranquille avant qu'elle aussi, tu ne la d�truises. Compris ?
7 - Le Roi de la douleur
Calme.
Carr�.
Chaud.
Sain.
Vacances.
Oh, merde.
Domestique.
Incendie.
Femme nue.
Bonheur.
- Y a-t-il des images qui t'ont frapp� ? - La femme nue.
La jambe. C'est d�go�tant. La maison en feu.
Elles provoquent toujours des �motions extr�mes. C'est normal.
Mais on devrait le voir sur la courbe. Regardez.
- Ce n'est pas le cas avec vous. - Mais j'ai ressenti quelque chose.
C'est ta m�moire �motionnelle.
Au fil des ans, ton cerveau a appris � r�agir face � des situations.
Cela appara�t � la r�sonance magn�tique.
Vous ne ressentez rien. Voici les r�sultats d'une personne normale.
- Vous voyez la diff�rence ? - Oui...
C'�tait le dernier test, Tony. Nous sommes s�rs de notre diagnostic.
- Tu dois prendre une d�cision. - Il n'y a pas beaucoup d'options.
Voici le formulaire de consentement pour l'op�ration.
Lisez-le attentivement.
- Pourriez-vous nous laisser un instant ? - Oui, d'accord.
Je reviens tout � l'heure.
Ne signe pas, Tony.
On s'est tromp�s. C'est toi qui avais raison.
- Je n'ai pas le syndrome ? - Si, mais t'es plus heureux qu'avant.
Les interviews et les observations le prouvent.
- Plus heureux que Diego. - C'�tait horrible d'�tre Diego.
- Voil�. Tu ne veux pas redevenir Diego. - Non.
- Tout le monde te pr�f�re maintenant. - J'en doute.
- Si. Et moi aussi. - Je suis malade, Jaana.
J'ai couch� avec la copine de mon fr�re et lui ai piqu� son boulot.
- Ce n'est pas enti�rement ta faute. - Je d�truis tout, tout le monde.
Je d�truis tous ceux que j'aime.
J'ai frapp� ma m�re au ventre. Mon p�re me hait. Tout le monde me hait.
Tony est un monstre. Il d�truit tout ce qu'il touche.
Il d�truit tout.
Moi, je ne te hais pas.
M�fie-toi de moi, Jaana.
Toi aussi, je vais te d�truire, t'es l'�tre que j'aime le plus au monde.
- C'�tait quoi �a ? - L'amour.
L'amour ?
Vive l'amour. Je suis plein d'amour. Je vais tout remplir d'amour.
Je vais me faire pardonner aupr�s de tout le monde.
Je vais offrir des fleurs � ma m�re et lui dire que j'ai une copine.
Qu'elle n'a plus de souci � se faire.
Je vais appeler papa et organiser un match de foot.
Mais avant, je vais pr�senter mes excuses � Cisse. Pour tout.
- Oui, pour tout. - Et puis j'emm�nagerai chez toi. OK ?
- Du sexe tous les jours. - Sexe et amour.
- Sexe et amour. - Sexe et amour.
- Tu peux d�j� venir ce soir, si tu veux. - OK, b�b�.
Je vais rendre Cisse heureux et j'arrive. D'accord ?
Cisse ? Je fais une cascade du tonnerre, frangin.
Il fait noir, personne ne verra que c'est moi.
Tu pourras la mettre sur ton showreel. T�che de d�crocher le job.
Tu le m�rites, frangin.
Merde, merde, merde.
Tony ?
Bordel, Tony...
Tony.
- �a va, Cisse ? - Oui, �a va.
OK, merci. Il est stable ? OK, merci.
C'est une situation d�licate, Cisse.
Il faut op�rer Tony de toute urgence. Mais il doit signer le formulaire.
C'est pas ce qu'il voudrait.
Ce que Tony veut n'est pas forc�ment bon pour lui.
Il a manqu� de se tuer.
S'il reste Tony, il va tr�s probablement recommencer.
Qu'est-ce qu'on doit faire ?
Vous connaissez sa signature ?
- C'est vraiment la meilleure solution ? - Je connais mon m�tier, Cisse.
Tony n'aura pas toujours autant de chance.
Il n'y a plus qu'� attendre, maman. OK ?
T'inqui�te pas, je t'appelle d�s que j'ai des nouvelles.
OK. Salut maman. Salut.
Cisse, Tony est l� ?
- Dr Vandewoestijne l'op�re. - Quoi ?
Il refusait de se faire op�rer.
Tony n'aurait jamais donn� son accord.
Tu le sais bien.
Cisse ?
C'est une erreur professionnelle grave : falsification de signature.
- J'en assume la responsabilit�, Rik. - Arr�te tout de suite.
Je te remplace, j'enl�verai le stimulateur.
Allez boire un caf�.
On peut en discuter dehors, Rik ?
David ?
Sale enfoir�.
- Vous �tes malade. - C'est ce qu'il y a de mieux � faire.
Vous permettez que je continue ?
- �a va ? - Oui.
Va chercher de l'aide, Cisse.
- La porte est verrouill�e. - Je ne sens plus mes mains. Aide-moi.
- J'ignore ce qu'il faut faire. - Je vais te guider.
Mets les gants.
OK, prends la pince.
Essaie de d�connecter le stimulateur.
- Eh merde. - Allez, Cisse.
La technique, c'est la sp�cialit� de Tony.
Comment est-ce possible ? Merde, il se r�veille.
Bon, on le referme. Du fil et une aiguille, derri�re toi.
Ne r�fl�chis pas, couds.
- Merde. - C'est bien. Tout va bien.
Allez.
Jaana.
Tout va bien, Tony. Tout va bien. OK ?
Tony ? Je m'appelle Diego.
Diego Willems.
Mate-moi voler, watch me fly, ton Mitsubishi samoura�.
Tony T pourrira pas � la casse, ton Don Quichotte que rien n'efface.
Je vole d'amour, gr�ce � l'extase, je m'�chappe � plein gaz,
ton Icare kamikaze.
- Qu'est-ce qui lui a pris ? - Aucune id�e. Pas la moindre.
Jaana ?
- Diego... - Je me sens pas tr�s bien, Jaana.
- Mais je suis content que tu sois l�. - Moi aussi.
- Il va bien ? - Je crois.
J'ignore ce qui s'est pass� ici, Jaana. Et je ne veux pas le savoir.
Mais si �a venait � se savoir, On peut fermer le service.
Je vous conseille de bien r�fl�chir � ce que vous allez faire.
Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.
8 mois plus tard
Peu importe que nous soyons les premiers � op�rer le syndrome frontal.
Ce qui compte, c'est que gr�ce � un travail d'�quipe irr�prochable,
il y a de nouveau de l'espoir pour ces patients qui n'y croyaient plus.
Selon le rapport, durant l'op�ration, Tony est r�apparu l'espace d'un instant.
- Cela peut-il se reproduire ? - Non.
Diego ne sera jamais soumis � un tel signal dans le monde ext�rieur.
Sauf s'il escalade une antenne de GSM, bien s�r.
J'ai une question pour Diego.
- �tes-vous toujours cascadeur ? - Non.
Ce n'�tait pas mon truc.
- Je travaille dans l'atelier de mon p�re. - Merci.
Comment vous sentez-vous, Diego ?
Normal.
Content de ce que j'ai.
Et c'est pour �a que nous faisons tout �a, non ?
Je suis content qu'il y ait de l'espoir pour les patients frontaux.
Oui, c'est gr�ce � un travail d'�quipe irr�prochable.
- Et tu te sens comment, Diego ? - Normal.
Sexy.
- Sexy ? - Elles sont o�, les antennes ?
On se calme.
Sexe et amour, b�b�.
Oui, monsieur. Oui.
- Qu'est-ce qu'il a racont� ? - Il a dit plus lentement, Jacques.
- T'es s�r ? - Plus lentement.
- Il n'a pas dit plus vite ? - Allez, tu m'�nerves.
Traduction : Sarah Desmedt The Subtitling Company
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