All language subtitles for Ali.Zaoua.Prince.of.the.Streets.2000.ARABIC.1080p.WEBRip.x265-VXT.(FR.24fps)

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Original subtitles

Je rame,

les vagues sont hautes.

Le soleil me br�le.

Je transpire.

J'arrive plus � avancer.

Et l�, je vois une jolie femme

qui m'attend.

Elle me regarde, me sourit.

Moi aussi, je lui souris.

Elle monte � bord.

Je lui prends la main

parce que le bateau tangue.

D'un coup, le vent se l�ve.

Je hisse la voile.

Et le bateau repart...

Ensuite ?

C'est tout. Apr�s, je me r�veille.

Quel �ge as-tu ?

15 ans.

Et la journ�e, qu'est-ce que tu fais ?

Je veille sur la ville.

Ali, on avait dit que c'�tait s�rieux.

D'apr�s tes copains, tu tires les voitures

avec les dents. C'est vrai ?

Ben, oui.

C'est facile. J'attache un bout de corde

� chaque r�troviseur.

Je me mets devant la voiture.

Je prends la corde au milieu.

Je la serre entre mes dents

et je commence � tirer.

Et apr�s ?

C'est tout, la voiture suit.

Quand j'�tais petit,

on m'appelait "Ali, m�choire d'acier".

Dis-moi, Ali,

qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?

Marin.

Ah oui ? Pourquoi marin ?

Parce que j'aime la mer.

Et puis ?

Parce que. C'est �a que je veux faire.

Et pour manger, t'habiller ?

Je travaille, je bricole quoi.

Je vis sur le dos de personne.

Pourquoi tu t'es sauv� de chez toi ?

Je me suis pas sauv�.

Pourquoi tu es parti ?

Ma m�re...

Elle a voulu vendre mes yeux.

Elle a voulu quoi ? - Vendre mes yeux.

C'est vrai ?

Quand j'�tais petit,

je me souviens

d'une grosse voiture noire.

Le mec parlait bizarrement.

Comme s'il venait d'un autre pays.

Ma m�re m'a envoy� faire une course.

Mais je suis pas con,

j'ai �cout� � la porte.

Il lui a dit: "Il ne sentira rien du tout.

Et plus la peine de travailler,

tu seras riche."

�a, je l'ai vraiment entendu.

Je me suis dit: "Pourquoi rester

avec une m�re pareille ?"

O� tu es all� ? - Dans la rue.

Tes parents ne t'ont pas recherch� ?

Tu ne les as pas revus ?

Ils sont o�, maintenant ?

Ils sont morts.

Je vais partir.

O� ? - Tu le sais bien.

Sur mon �le.

Et nous ?

Vous vous d�brouillerez.

But !

Toujours fier ! M�me si le Raja perd !

Le Raja, c'est des nazes !

Je vais te montrer un truc.

Jure que t'en parleras pas.

Jur�.

C'est quoi ?

Une boussole.

Une quoi ? - Attends.

Regarde.

Va jouer, toi !

Par l�, c'est le nord.

C'est l'aiguille qui me le dit.

Par l�, c'est l'ouest.

L� o� le soleil se couche.

Si je vais tout droit,

j'arrive sur mon �le.

A quoi �a sert, ce truc ?

Le soleil se couche � l'ouest.

Mais avec deux soleils, comment je ferai ?

Tu pars pour du vrai ?

Maintenant que je l'ai,

je peux embarquer.

J'ai trouv� un capitaine.

Au d�but, je ferai un peu de tout.

Je laverai le pont, je balaierai.

Comme �a, j'apprendrai.

Et je deviendrai un vrai marin

avec un uniforme.

N'aie pas peur.

Quand je serai sur mon �le,

je penserai � toi.

La nuit, tu regarderas les �toiles

et moi aussi.

On sera comme les tours jumelles !

Elles voient la m�me chose.

Elles sont grandes, les tours.

Nous aussi.

But !

La vie...

...c'est de la merde !

"M�choire d'acier"...

"M�choire de mes couilles !"

Vous revenez !

On revient pas.

Dib, on revient pas.

"Ma m�re a voulu vendre mes yeux !"

Alors, ta m�re est morte ?

En baisant !

Il est pas mort ?

Il est pas mort ! Il a chi� !

Vous sentez pas ?

Il a chi� ! Vous sentez rien ?

Putain, les vigiles !

La cave !

L�che.

L�che-le.

Viens, mon fils bien-aim�

Viens sous mon aile

Tu trouveras une maison

Entour�e de verts jardins

Tapiss�s de fleurs

De roses et de fleurs d'oranger

Tu y trouveras une main bienveillante

Et tu y seras aim�

Tes parents t'y attendront

Tes parents bien-aim�s

Ils t'attendent

Le c�ur d�bordant d'amour...

On meurt pas � cause d'une pierre...

Comme un chien.

�a d�pend o� �a tombe.

Comme un chien.

Il est vraiment mort ?

Tu l'as jet� comme un chien.

Tu voulais qu'on se fasse choper ?

Au moins, il est dans sa cave.

Ali, c'�tait un prince.

Un prince ?

Je croyais que sa m�re, c'�tait une putain.

Il faut qu'on l'enterre.

On va l'enterrer aujourd'hui.

Quoi ? �a va pas, l�-dedans ?

Kwita, c'est vrai qu'on va l'enterrer ?

Ouais, on va l'enterrer ! Tu as raison.

Mon oncle, il dit que quand on meurt...

Ton oncle, on s'en branle !

On aurait pas d� se barrer.

Si on �tait rest�s avec Dib,

on en serait pas l�.

T'es malade ou quoi ?

Tu sais pourquoi Ali nous a emmen�s

sur le port ? Hein ?

Il voulait partir.

Il avait trouv� un capitaine.

Il allait embarquer.

Et tu veux retourner

chez les encul�s qui l'ont tu� !

Je vais l'enterrer

et tout le monde pleurera.

La ville enti�re !

M�me toi !

Oui, m�me toi, tu pleureras !

Vous pouvez continuer � glander.

Je m'en fous, je l'enterre aujourd'hui.

�a co�te combien ?

On glande pas.

Qu'est-ce que tu veux ?

Ils prient pour un mort ?

Pourquoi ?

Mon ami aussi est mort.

Ici, c'est r�serv� aux Purs.

Mon ami, c'�tait un prince.

Les Purs, je t'ai dit !

Il faut qu'ils lisent pour lui.

On va l'enterrer aujourd'hui.

Tu ne pries pas, toi ?

Je connais une sourate.

Je peux la r�citer, je le jure.

Ne jure pas.

Je suis all� une fois � la mosqu�e.

Tu as de quoi payer ?

Oui.

Combien ?

Tu sais...

mon ami Ali voulait devenir marin.

Pour aller sur son �le,

celle aux deux soleils...

Maintenant qu'il est mort,

je me dis qu'elle est dans le ciel,

son �le.

Il n'y a pas d'�le dans le ciel.

Il y a le paradis ou l'enfer.

Ton ami est l�-haut,

il joue avec les anges.

Avec les anges ?

Bande d'encul�s !

Fils de putes !

Charognards !

Dib, j'allais te les filer.

Je t'en supplie.

Laisse-moi sortir.

Je te jure, j'allais te les filer.

Qu'est-ce que t'as � gueuler ? Il est sourd.

On va pas retourner avec eux, hein ?

Je suis un bon musulman.

Enfoir�, des sardines !

Je vous les ai mises de c�t�.

Kwita, t'es un pote. T'en as fil� �...

A qui ? A la vieille ?

Non...

T'es d�bile ? On a rien � bouffer.

On va pas nourrir les rats.

Rosa ! Sale b�te !

Allez, rentre !

Tra�ne pas avec ces sniffeurs.

A�cha la sorci�re,

elle peut pas entrer dans la cave ?

Non, elle vit dans l'eau.

Et elle mesure 3 m�tres.

Si elle vivait dans la cave,

sa t�te d�passerait de �a.

Pourquoi t'es jamais descendu ?

Peut-�tre qu'elle le tue encore plus.

On va pas le laisser l�-dedans.

On l'enterre toujours ?

T'aurais vu Omar, ce qu'il leur a mis !

Bal�ze !

L'autre, tu l'as d�moli, Omar !

Une pierre...

en plein dans les couilles !

A la fin, ils se sont tous barr�s.

C'est vrai ? - M�me Dib s'est sauv�.

Tu fais chier, bordel !

L�che-moi, j'ai oubli�.

Quoi ?

On mange dans les cabinets.

T'es o� l� ?

Dans le salon.

C'est facile.

Quand tu veux te reposer, tu vas au salon.

Pour pisser,

aux cabinets.

Pour bouffer, dans la cuisine.

Faut pr�venir sa m�re.

Ben quoi ? C'est sa m�re.

Omar, tu viens avec moi ?

Pourquoi ? C'�tait ton ami, Ali...

Notre ami !

Moi, je viens.

On y va tous.

H�, les m�mes !

O� est le mousse ?

O� est le mousse ?

O� vous allez ?

Revenez !

D�tail ! Cigarettes !

D�tail !

H�, l�che-moi.

D�gagez ! Allez, du vent !

Toi, tu restes l�.

Reste l�.

�a va durer longtemps ?

J'en sais rien.

C'est pas moi qui �carte les jambes.

C'est quoi, "mousse" ?

De la mousse !

Noureddine, �a va ?

Je m'appelle pas Noureddine.

CHEZ WINSTON

Tu nettoyais les chiottes, � l'�cole ?

Mon oncle, il en �crase 10 d'un coup.

Retourne chez lui.

Tu te souviens du pot de colle

qu'Ali m'avait vol� ?

Non.

Un pot encore plein.

Tout neuf.

Je l'avais trait� de fils de putain.

C'est sorti comme �a.

Tu le savais ?

C'est toi qui me l'avais dit.

Et alors ?

Il m'a foutu un gnon.

Et alors ?

J'�tais en col�re...

J'ai pas eu le temps de lui dire.

Laisse-moi voir.

Allez, laisse-moi voir.

D�lire !

Je vois rien.

D�tail...

Sniffeur de merde !

Madame Zaoua...

Et tu connais mon nom.

Je suis un ami d'Ali.

Entre.

�a t'a plu, le spectacle ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Et Ali, il demande pardon aussi ?

Pourquoi il est all� raconter

ces conneries � la t�l�vision ?

Donne-moi une cigarette.

Qu'est-ce que vous faites toute la journ�e ?

Ali travaille ?

Il veut toujours �tre marin ?

Marin, tu parles...

Il voulait faire le tour du monde.

Un sniffeur de colle !

Il devait partir hier pour son �le,

avec un capitaine.

Viens.

Regarde.

C'est pas une chambre ?

Qu'est-ce qu'il veut de plus ?

Tu vois �a ?

C'est de la musique.

Pour qu'il puisse s'endormir.

Il n'a jamais pu entendre

ce qui se passait � c�t�.

Regarde.

C'est moi qui les ai accroch�s.

Touche pas !

Je me serais arrach� les yeux

plut�t que de vendre les siens.

Redis-moi ton nom.

Omar, tu sniffes cette merde ?

Ali aussi ?

Non, il a jamais sniff�. - Menteur.

Et il pue autant que toi ?

Ali pue comme �a ?

Il empeste !

Il pue la charogne aussi ?

Donne-moi une cigarette.

Prends... dans le cendrier.

Oui, l�.

Fous-moi le camp ! Vite !

Qu'est-ce que t'as ?

Attendez-moi !

Tu vois, Boubker, t'as rien rat�.

Si c'est �a, une m�re,

vaut mieux rien avoir.

Peut-�tre qu'avec Ali, elle �tait douce.

Douce ? Mon cul !

Elle a toujours les cuisses ouvertes.

Et quand t'as dit qu'Ali �tait mort ?

Elle s'en fout, je te dis.

Moi, mon oncle, il m'aurait enterr�.

Ton oncle, on s'en branle.

Sa m�re aussi, on s'en branle.

Si elle s'en fout, nous, on l'enterre.

Ouais, on va l'enterrer !

Il a eu une vie de merde...

Mais il sera pas enterr� comme une merde.

Pas vrai, Omar ?

Viens, mon fils bien-aim�

Viens sous mon aile...

Vos gueules, les sniffeurs !

Arr�te, il nous faut du fric.

Oui, du fric !

Des montagnes de fric.

Tu entends, Ali ?

Comme un prince.

Oui, comme un prince.

Toute la ville parlera d'Ali Zaoua.

Vous, l'enterrer ?

Pour �a, faut des couilles.

Rosa, rentre !

�a va ?

�a va.

Monte.

Hier, vous avez dit : "O� est le mousse ?"

C'est quoi, un mousse ?

Un jeune marin, comme ton copain Ali.

O� il est pass� ?

Pourquoi ?

Je ne l'ai pas vu depuis 3 jours.

Vous le connaissez ?

C'est vous qui la lui avez donn�e ?

Qu'est-ce que tu fais avec �a ?

C'est avec vous

qu'il devait aller sur son �le ?

C'est vous le capitaine ?

O� tu as eu cette boussole ?

Et il est o� ?

Pourquoi on le voit plus ?

Plus fort !

Plus fort !

C'est pas gagn�.

Nous au moins, on essaie. Et toi ?

Putain ! O� t'as eu �a ?

Omar, t'as vu ?

Laisse-le-moi.

Je te jure, je le perdrai pas.

S'il te pla�t, Kwita.

Tu vas m'aider � l'enterrer ?

Oui, c'est m�me moi qui lirai la pri�re.

Comme un vrai fqih.

T'as encore fait la pute.

Un foot !

But !

Toujours fier ! M�me si le Raja perd !

Comme un prince !

C'est ma fianc�e.

Elle est douce.

Elle m'a vu � la t�l�.

On va se marier.

Et on aura une maison

� nous...

La vie...

...c'est de la merde !

Viens jouer ! Viens jouer, on te dit !

Vous l'avez tu� !

Avec la pierre !

D�gage. Tra�ne pas l�.

C'est interdit.

Va jouer ailleurs.

Je voudrais un uniforme.

Tu veux t'engager ?

T'es trop jeune.

Je veux pas m'engager.

Je veux un uniforme.

Tu te crois au souk ?

Je te paierai. - Me payer ?

Qu'est-ce que tu veux en faire ?

C'est pour un ami.

Pourquoi il vient pas ?

Il peut pas.

Handicap� ?

Non.

Reviens demain.

Pourquoi il m'a fait �a ?

Je lui avais rien fait.

Tu crois que j'ai eu mal ?

Je te jure, j'ai pas eu mal.

Juste envie de vomir.

T'avais qu'� lui vomir dessus.

Et l'argent de Kwita ?

Je l'avais cach� dans ma bouche.

Je voulais l'avaler...

Il aurait vu que

je sais garder l'argent.

Qu'est-ce qu'il va dire, maintenant ?

Qu'est-ce que tu veux qu'il dise ?

J'ai trouv� une civi�re.

Qu'est-ce que vous foutez ?

On mate des films.

Ben quoi ?

On va pas crever de faim pour l'enterrer.

C'�tait mon pognon.

Tiens. - Garde-le !

Je suis trop con de filer mon fric � un b�b�.

Toi, d�gage chez ton oncle.

C'est toi qui vas d�gager.

Je t'ai vu te barrer quand Dib est arriv�.

Si j'avais fait comme toi,

ils lui seraient tous pass�s dessus.

Quoi ?

T'inqui�te, Boubker, on y passe tous.

Apr�s, ils te foutent la paix.

Kwita, il conna�t la musique.

Ils l'ont tellement encul� qu'il

aurait pu tomber enceinte. - Ali aussi ?

Non, Ali c'�tait un dur.

C'est pour �a que Kwita

le suivait comme un chien.

Je vais l'enterrer tout seul. J'ai pas besoin

d'un morveux, ni d'un bouseux.

Vous battez pas !

Vous battez pas !

Encul� !

Pourquoi tu reviens ?

T'es o� ?

Vous avez le m�me sourire qu'Ali.

Tu sais, avant,

quand on passait avec Ali,

les gosses nous insultaient.

On faisait semblant de ne rien entendre.

Ali avait honte.

Mais il ne disait rien.

Moi, j'avais de quoi leur r�pondre.

J'aurais pu leur dire

ce que leurs p�res venaient faire chez moi.

Des enfants... J'allais pas leur dire �a.

Vous �tes tellement cruels.

Tu es son ami, hein ?

Dis-lui d'arr�ter ses b�tises.

J'ai r�par� son magn�tophone,

il pourra l'�couter encore plus fort.

Dis-le-lui, Omar.

Dis-le-lui.

On va � la foire ?

J'ai tout vendu

et je lui ai rendu son argent.

Hein, Kwita ?

Les gars, vous sentez rien ?

Le savon. - Non, �a pue.

Je sens rien.

T'�tais o� ? - Au hammam.

Mon oncle, il m'aurait frott� � l'eau chaude.

Quoi ?

C'est vrai qu'Ali

tirait les voitures avec ses dents ?

Je sais pas.

C'est lui qui me l'a dit.

Alors, c'est vrai.

Mais toi, tu l'as vu ?

Non. Mais puisqu'il te l'a dit...

Donc c'est vrai ?

Qu'est-ce que j'en sais ?

Mais d'apr�s toi, c'est vrai ou pas ?

J'en sais rien, je te dis.

Mais � choisir,

tu dirais que c'est vrai ou pas ?

Que c'est vrai.

Moi aussi !

Qu'est-ce que tu fais ?

D�conne pas.

On est des jumeaux.

Comme les deux tours.

Je les cherche,

les �toiles, comme tu disais.

Mais elles se cachent.

Comment je fais, alors ?

Il est o� ?

Il est o� ?

On allait l'enterrer.

On allait pas le laisser l�.

Dites-lui !

On doit juste trouver un cimeti�re.

J'ai d�j� une civi�re.

Debout.

Moins fort !

Moins fort !

Bande de chiens ! J'en ai marre !

Foutez-moi la paix !

Regarde Kwita !

Un bouseux...

Tu vas voir ce qu'il va faire, le bouseux.

O� tu vas ?

J'ai des choses � faire.

C'est la montre de Kwita.

Celle d'Ali.

M�me le pull est � Ali. Va lui dire.

Vous allez me le payer !

Noureddine, �a va ?

Je m'appelle pas Noureddine.

Commence pas � chialer.

Ma civi�re vous pla�t pas ?

Si, mais il lui manque quelque chose.

Clous de merde ! On dirait des punaises.

Recommence.

Pourquoi vous faites tout �a ?

Sans vous, on serait pas venus

habiter au port.

Et il serait pas mort.

Il vous a s�rement parl� de moi.

De quoi vous parliez ?

De la mer, des poissons qui y vivent...

Et de son �le.

Avec les deux soleils ?

Comme si celui-l� chauffait pas assez...

C'est vrai, il y a pas d'�le dans le ciel ?

Et moi, je fais quoi ?

Je veux faire quelque chose.

Va chercher des clous, on va en manquer.

Il va tout gaspiller.

Menteur ! On te l'a rendu, ton argent.

Rendu ?

A peine la moiti�.

Prends des grands !

Un enterrement, c'est une affaire d'hommes.

D'abord, c'est pas notre faute.

C'est lui qui a voulu se barrer de chez Dib.

Madame Zaoua !

Qu'est-ce que c'est ?

C'est pour vous.

C'�tait � Ali.

Il a voulu vous d�fendre.

On vous avait insult�e...

Il est mort.

Mais on va l'enterrer.

Comme un prince.

Qu'est-ce que tu racontes ?

C'est pas vrai.

Comme un prince.

C'est pas vrai !

L�che-moi.

L�che-moi, va-t'en !

Je m'en fous d'elle. C'est qu'une pute !

Toi aussi, t'es qu'une pute !

D�gage ta sale gueule !

Je rentre.

Qu'est-ce que tu fabriques ?

C'est ici, la colle.

Je veux des clous.

Pas ceux-l�, je veux des grands.

Pas de sous, pas de clous.

Mais il me les faut.

File ou je t'en colle une.

Tu planques tes fesses ! O� tu vas ?

Il me faut des clous.

T'en trouveras pas par l�.

O�, alors ? - Je vais te montrer.

Khalid, c'est vrai ?

Je te jure.

Mais des grands, hein ?

C'est toi qui choisiras.

Ils sont loin, tes clous ?

On arrive.

C'est vraiment la pierre qui a tu� Ali ?

On meurt pas � cause d'une pierre.

On va l'enterrer. Je l'ai pas dit ?

Quoi ? Tu d�lires !

Et pourquoi pas ? Il a le droit

d'�tre enterr� comme les autres.

C'est vous qui l'enterrez ?

Comme un prince.

T'as dit qu'on allait chercher des clous.

Dib en a plein. Tu vas voir...

Menteur ! Je veux plus aller chez Dib.

N'aie pas peur.

Celui qui te touche, je l'�clate.

Tu resteras � c�t� de moi.

Regarde ! C'est Omar !

Il nous attend.

Allez, tu viens ?

�a, alors !

C'est mon ami, Boubker.

Notre ami !

Bienvenue chez les puissants.

Toi, t'es un bouseux. Tu pues !

Assieds-toi.

Tu sais qui je suis, moi ?

Un prince, comme Ali.

Mon ami Ali, il me dit des secrets.

Et il me fait des cadeaux de gonzesse.

Toi, le morveux,

touche pas � ma montre.

Laisse-le !

Omar, tu sais comment �a marche ?

Non, tu sais jamais rien, toi ! Bouseux !

Regarde.

Tu l'attrapes,

tu te la mets bien profond.

Et quand tu marches, �a fait tic-tac.

C'est bien, tu apprends vite.

Vous la connaissez, sa m�re ?

Non. Et toi ?

Oui, c'est une putain.

Pourquoi vous n'avez rien dit � personne ?

Je vais les chercher, ces clous.

Tu me reconnais ? - T'es venu hier.

Tu as l'uniforme ?

Impossible. Le r�glement...

T'avais promis.

J'ai pas promis. J'ai dit que je verrais.

J'ai amen� l'argent. Tu m'as dit de revenir.

Ecoute...

J'ai tout fait pour trouver un uniforme.

Tu veux que j'aille au trou ?

T'as donn� ta parole.

J'ai rien donn� du tout.

Si, t'as promis.

T'as pas de parole.

Menteur !

Fils de pute ! Encul� !

Tu le connais ?

C'est un copain.

C'est un encul�, ton copain ?

T'es encore l� ?

Tu te sauves pas,

comme l'autre fois � la ferraille ?

L�chez-moi.

Boubker et Omar,

ils disent que tu veux l'enterrer.

Tu savais pas ? Ils sont revenus.

C'est pas vrai !

On a vu la montre d'Ali.

D�mente !

Dib, il arrive pas � lire l'heure.

Il a dit: "Allez chercher Kwita.

Lui, il doit savoir."

Arr�te tes conneries, reviens.

Dib t'attend.

J'ai des choses � faire.

Elles vous plaisent ?

"Beaucoup."

Vous les mettrez o� ? - "Dans un vase."

D'accord, mais o� ?

"Dans ma chambre, pour la parfumer."

"Tu habites o� ?"

Et vous ?

"Loin, par l�-bas."

"Et toi ?"

Loin aussi.

Mais de l'autre c�t�.

"Tu as une maison ?"

Bien s�r.

Je vis sur le dos de personne.

Et je vais trouver un m�tier,

comme Ali.

Il aurait fait marin.

Il faut juste que je trouve.

Attendez !

Vous l'avez gard�, mon collier ?

"Oui, je le mets le soir,

pour sortir avec mes amies."

Attendez !

Je suis pas un l�che, hein ?

Je vais l'enterrer.

Et apr�s, je reviendrai.

Mange, tu vas devenir grand et fort.

Comme Dib.

Tu vois, Boubker.

Dib a dit : "Personne voulait tuer Ali."

On l'aimait bien,

m�me s'il voulait jouer au chef.

Pourquoi vous �tes partis ?

Fallait rester dans la bande.

Regarde, c'est lui qui a lanc� la pierre.

T'as vu comment Dib s'en est occup� ?

Tu reviens � la niche ?

Attention, l'homme revient !

T'as fini ta danse du ventre ?

H�, beaut� !

On revient pas.

On revient pas, Dib !

On va l'enterrer.

Dites-lui qu'on va l'enterrer.

Fais pas ta pucelle.

C'est l� qu'on l'enterre.

Le corps, demain !

La vie...

...c'est de la merde !

Ils sont l� !

Ils sont l� !

La cave !

Ils sont o� ?

Ils m'emmerdent jour et nuit.

D�barrassez-moi de cette vermine !

Merde, Ali !

C'est toi qui l'as cach� ?

Je croyais pouvoir compter sur toi.

Je suis fou d'�couter des gosses.

C'est pas notre faute.

C'est � cause de Dib et sa bande.

Tu l'as mis dans la glace ?

On veut l'enterrer.

On veut vraiment !

Regarde.

On a le linceul.

On a m�me trouv� le trou.

Le trou ?

Jeter le mousse dans un trou ?

T'as la boussole ?

Pose-la.

Les �toiles...

elles sont dans la mer.

C'est son bateau.

Ils se couchent en m�me temps,

les deux soleils ?

Vous pouvez dormir dans la cabine

tous les trois.

Boubker, remonte.

Y a plus de Boubker.

Allez-vous-en !

Qu'est-ce que tu fous ?

Je vais me noyer. Voil�, je commence.

Fais pas l'idiot !

Je veux mourir.

Pour quoi faire ?

Comme �a, vous m'oublierez plus.

Comme dans le bus, avec Dib.

Vous avez m�me pas demand� ce qu'il m'a fait.

Aujourd'hui, je t'ai pas oubli�.

Je suis venu chez Dib.

Tu es venu pour Ali.

Il n'y a qu'Ali qui compte.

Je vais mourir aussi.

Comme �a, on s'occupera de moi.

Arr�te de r�ver.

Pourquoi je serais pas un prince, comme Ali ?

Tu es trop petit.

Tu as tout le temps de devenir un prince.

Remonte, maintenant.

Pourquoi je remonterais ?

J'ai pas de famille, j'ai personne.

Et ton oncle ?

A�cha la sorci�re ! Elle est accroupie l� !

Elle veut m'�trangler.

Mon oncle, il m'aurait jamais laiss� l� !

Ton oncle, il t'aurait mis des gnons.

Tu vois, tu te fous de moi.

Tu veux m�me pas qu'on dorme ensemble.

Tu dis toujours : "On est pas des p�d�s !"

C'est pour rigoler.

Je rigole pas, moi.

�a suffit, tes conneries.

On se caille, ici.

Je pourrai dormir avec vous ?

Ouais.

Doucement...

Fais gaffe, il va t'enculer.

Je suis s�r qu'il nous voit...

Et il est fier.

Il a peut-�tre eu une vie de merde...

mais il sera pas enterr� comme une merde.

Ouais !

Peut-�tre qu'il souffre, qu'il hurle,

et qu'on l'entend pas.

T'es con ou quoi ?

Pourquoi tu veux qu'il hurle ?

Ben quoi...

Avec les conneries qu'il a faites.

T'en as fait plus que lui.

Moi, j'ai pas bouff� pendant le ramadan.

Toi, tu niquais les chats.

Je vais me racheter, un jour...

Il a peut-�tre une femme.

S�r ! Au paradis,

tu as tout ce que tu veux.

Moi, quand je serai mort,

j'aurai plein de fric.

Au moins trois voitures.

Je parie qu'il est sur un voilier,

en train de naviguer.

Il est pris dans une temp�te

et il peut plus avancer.

Les vagues sont hautes, comme des murs.

Tu sais ce qu'il fait, Ali Zaoua ?

Dis voir...

Il plonge,

il prend la corde entre ses dents

et il nage comme un fou.

Et A�cha la sorci�re sort de l'eau,

elle veut l'�trangler.

Oui.

Tu sais ce qu'il fait, Ali Zaoua ?

Quoi ?

Il ouvre sa m�choire

et il se bat contre elle.

"M�choire d'acier" !

Il est bless�,

mais il la d�gomme quand m�me !

Et le matin,

Ali ram�ne son bateau sur l'�le.

Il fait chaud, sur l'�le.

Normal, il y a deux soleils.

Il y a une jolie femme qui l'attend

et ils font un grand mariage.

Ils mangent une tonne de bonbons !

Et il met dans son ventre

un petit Ali.

Elle a des nattes et elle est douce.

Le prince de l'�le.

La cuisine va s'effacer.

T'inqui�te pas.

Un ange, �a peut pas vraiment mourir.

Le vent se mit � souffler.

Et le bateau fut emport� par les flots.

L'enfant leva les yeux et face � lui,

il vit le soleil �clairer un bout de terre.

De derri�re un nuage sortit un autre soleil

qui illumina l'�le enti�re.

Il allait enfin savoir si les deux soleils

se couchent en m�me temps.

Noureddine, �a va ?

T'excite pas, on s'en fout de ta camelote.

Elle est o�, la femme qui...

Qui t'a fait chialer ?

Dis-le-nous, "Winston".

Apr�s, vous d�gagez ?

Jurez ! - Jur�.

Elle est partie vers la foire.

Compl�tement cingl�e.

Enfoir�s !

Je l'ai, Omar ! Je l'ai !

C'est qui, elle ?

Tiens.

Un dirham...

La vie...

...c'est de la merde.

Il voulait savoir...

si les deux soleils...

se couchent en m�me temps.

J'ai une fianc�e, maintenant !

Dis-moi, Ali,

qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?

Marin.

Ah oui ? Pourquoi marin ?

Parce que j'aime la mer.

Et puis ?

Parce que. C'est �a que je veux faire.

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