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Floride, 1990.
Je me réveille avec la gueule de bois.
Je mets ma main gauche sur mon nez pour bloquer la lumière.
L'aile d'un papillon de nuit chatouille ma joue droite.
Je mets ma main devant mon visage pour pouvoir faire valser l'insecte.
Je vois mon petit doigt.
Il bouge tout seul.
"Bon sang, c'est juste un doigt."
Mais il semblait étranger.
Merde. Ce n'est pas le mien.
Me suis-je cogné la tête ?
Des images de la veille me reviennent vaguement à l'esprit.
Woody Harrelson était au bar ce soir-là.
Peut-être qu'on s'était battus pour rigoler.
Mais je m'en serais souvenu.
Je revoyais mon garde du corps m'appuyer contre la porte
tout en cherchant la clé de ma suite.
Mais je n'avais pas de bosse. Merde.
Action !
Action !
Michael !
Il n'y a pas plus célèbre dans ce milieu.
Michael J. Fox.
Moteur.
Malgré les apparences...
- Ne bouge pas. - ...j'étais terrifié
et en plein doute.
Le tremblement était un message...
du futur.
Tout le monde parle du contrôle de son image.
La triste histoire veut
que Michael J. Fox ait été détruit par une maladie handicapante.
Oui, c'est rasoir.
Mes cheveux se sont mis à boucler à 49 ans.
Ils n'avaient jamais bouclé. Et d'un coup...
C'est arrivé un beau matin.
- Ça vous va bien. - Je peux me recoiffer.
- Non. - Ou mettre un chapeau.
On se fiche de la tête que j'ai pour un documentaire.
Oui, ça vous ressemble.
Regardez-moi.
Voilà.
J'arrive.
Les gars, à un moment donné,
- on laisse tomber. - Là.
- Comment ça va ? - Bien.
Regarde.
- Ta journée se passe bien ? - Jusqu'ici ?
Pour l'instant, nickel.
Les gens savent,
mais en vous voyant marcher, ils sont surpris.
Oui.
Stop. Souffle un peu.
Voilà. C'est bien.
Ma démarche fait peur aux gens.
Regarde.
Mais je ne la cacherai pas.
Faites-en ce que vous voulez.
Avoir pitié de moi ne m'affectera pas.
Je ne suis pas pathétique. Je suis occupé.
Salut.
Prends ton temps.
Je suis un sacré dur.
Un vrai cafard, j'ai vécu.
- Increvable. - Oui.
Va lentement.
Voilà. Bien.
- Bonjour, ça va ? - Et vous ?
Bien. Souffle.
M. Fox.
Ça arrive.
- Ça va ? - Ça va, merci.
Ravie de vous rencontrer.
Moi aussi. Vous m'avez soufflé.
STILL : LA VIE DE MICHAEL J. FOX
Avant Parkinson, c'était quoi, l'immobilité ?
Aucune idée.
Je bougeais beaucoup.
Je ne sais pas ce que j'avais en tête à deux ans.
Haut comme trois pommes, léger comme une plume et rapide comme l'éclair.
Je ne pense pas que je partais en courant
pour m'échapper.
Je ne connaissais pas de limites.
Quand le téléphone sonnait,
le vendeur de bonbons contenait son amusement.
"Votre fils est là."
J'imagine ma mère, abasourdie que je sois sorti.
"Donnez-lui un bonbon.
Mon mari va venir et vous paiera."
"Il a des sous.
Il a pas mal de sous, d'ailleurs."
Gamin, je n'avais pas le courage de rester immobile.
C'est une sacrée ironie du sort.
J'avais la bougeotte jusqu'à ne plus...
tenir en place.
Quand ma sœur est née, je n'ai pas été jaloux.
Plus on est de fous, plus on rit.
Mais quand j'avais six ans et elle trois, nous faisions la même taille.
On m'a demandé un jour si nous étions des jumeaux :
en apprenant que ma jumelle avait trois ans de moins,
les réactions ont changé.
Apparemment, j'étais censé être plus grand.
Je ne m'y attendais pas.
Je ne pouvais rien y changer.
J'étais le plus petit de ma classe.
Plus petit que les autres hockeyeurs.
J'étais celui qu'on envoyait chercher la balle.
Mais je me faisais frapper. J'étais petit.
On m'enfermait.
Les grands me couraient après pour me casser la gueule.
Mais je pouvais compter sur ma rapidité pour échapper aux agresseurs.
Alors que tout semblait s'écrouler,
j'ai trouvé une échappatoire.
CLUB DE THÉÂTRE
Le cours de théâtre.
Avec les filles.
J'ai joué Rumpelstiltskin.
- Rumpelstiltskin ? - Oui.
Vous aviez l'air d'avoir cinq ans de moins.
J'étais un petit elfe.
J'étais mignon et elfique. Un elfe mignon.
Un elfe mignon.
Sur scène, on peut être grand.
Tout est possible.
Mais mon père me trouvait complètement largué.
Il était pragmatique, déterminé à protéger sa famille des rêves fantaisistes.
Il avait eu des rêves, enfant, mais ils avaient été réprimés.
Il était colérique.
Si sa lèvre se retroussait, ça allait chauffer.
On se disait : "Merde, je suis foutu."
LYCÉE EDMONDS JR
Un appel du bureau du principal et mon père allait m'engueuler.
DEVOIR NON RENDU
MANQUE DE DISCIPLINE
Il disait : "Mais bon sang !"
Je me suis mis à boire et à fumer.
J'ai accumulé les accidents
et amoché les voitures de mon père.
Pour lui, vous étiez un raté.
Potentiellement.
Super, ça te va bien.
Ces chaussures sont super. J'ai enfin mes chances.
À 16 ans,
mon prof de théâtre m'a tendu un journal.
"Ils cherchent un gamin futé de 12 ans, il n'y aurait pas plus futé que toi."
Je vais me planter, Leo. Devant tous ces gens.
Le maquillage t'attend.
Tu entreras dans l'histoire.
Je dois grandir d'ici vendredi.
J'ai eu le rôle. C'était facile.
Pour le basket ?
Non. Penny Montgomery.
Quand je suis trop près d'elle, je ne vois pas son visage.
Le directeur de casting m'a encouragé.
Les producteurs américains engageraient un acteur
qui pouvait jouer un gamin.
Mais il fallait partir à Hollywood et quitter le lycée.
Ça paraissait inconcevable.
Mon père : "Tu es sûr de vouloir faire ça ?"
Moi : "Totalement."
"Tu y crois ?"
"Totalement."
Et mon père m'a bluffé.
"Si tu veux être bûcheron, autant aller dans cette foutue forêt."
Il croyait en vous.
Oui.
Papa a accepté de m'accompagner
et de tout payer.
La relation avec mon père avait beaucoup changé.
STUDIO 26
Il me conduisait aux auditions et me posait des questions après.
Sa façon de me dire que je devais me débrouiller.
Allô.
Non, c'est parfait.
J'avais toujours une 2e audition
et trois appels ont débouché sur des rôles.
"Tu tiens le bon bout", disait mon père. "Accroche-toi."
Je vivais dans les bas-fonds de Beverly Hills.
Je n'ai jamais vu une maison aussi belle.
Je suis content que tu sois venue.
L'appartement faisait 20 m carrés. Un matelas, une plaque chauffante
et une salle de bain microscopique avec le seul évier de l'appart.
Je me shampouinais au liquide vaisselle et vice-versa.
J'ai passé une bonne soirée.
Ronald McDonald est devenu mon nutritionniste.
RIEN NE VAUT MCDONALD
- On est seuls ? - Seuls ?
Votre mari n'est pas dans les parages ?
Mais au printemps 1982...
Schweitzer.
...le constat était médiocre.
Que se passe-t-il, ici ?
Détendez-vous, M. Wyatt. Je vais vous ausculter.
- C'est une blague ? - Bonjour.
Je décrochais des rôles,
mais j'en vivais à peine.
Mon agent prenait 10 % de mon salaire.
Ta paie.
Puis le photographe, l'imprésario ou l'avocat.
- 1,25 $ ? - Et alors ?
Ce doit être une erreur.
J'ai travaillé dur. C'est injuste.
J'ai travaillé trop dur.
J'ai vendu des objets.
J'ai vendu mon canapé petit à petit.
J'ai raté quelques films. Dont Des Gens comme les autres.
Robert Redford n'a pas été bluffé par mon audition.
Il s'est curé les dents.
Pourquoi sont-ils venus ici ?
Le rejet est tellement froid,
on finit par y être insensible.
N'écoute pas ceux qui n'y connaissent rien.
J'étais fauché.
L'argent venait à manquer. C'est...
Non, il manquait déjà. Je n'en avais plus.
- Je piquais de la confiture. - Quoi ?
- Chez IHOP. - Pourquoi ?
Pour manger.
- Non. - Et...
Je ramassais la monnaie que je trouvais
pour tenir. Je vivais au jour le jour.
Je me disais : "Je dois partir. Je suis fauché.
Je dois du fric aux impôts, j'évite mon proprio, je n'ai pas de téléphone.
Je devrai marcher jusqu'à l'aéroport."
- Quel était le plan ? - Mon frère est chef de chantier,
je comptais ramasser des clous sur les chantiers.
Mais j'avais encore une chance.
Pardon ?
Comme au poker, tant que tu as un jeton et une place,
tu as une chance de te refaire.
C'était ma dernière chance.
"Arrêtez de me parler de lui",
disait le producteur Gary David Goldberg au directeur de casting.
On ne peut pas engager quelqu'un qui n'est pas drôle.
"Je ne changerai pas d'avis.
Il ne conviendrait pas."
On sent tous qu'Alex est compétent,
rédacteur du journal, mais aussi sympathique.
SACRÉE FAMILLE
"Je sais ce que je veux,
je ne veux pas que Michael Fox joue Alex Keaton."
Non, je veux ce boulot. J'en ai besoin. J'en suis capable.
Il y a toujours un truc qui cloche.
Trop jeune, trop vieux, trop petit, trop grand. Je peux tout régler.
Je peux être plus vieux, plus grand. Je peux tout faire.
- On est prêts ? À cinq. - Cinq, quatre, trois, 2.
Attendez, mon script s'est défait.
- C'est où ? - Page 11.
"Il entre en maternelle.
Il doit être à l'heure. Sa vie serait foutue."
"Mal a raison. C'est mon alma mater. J'y suis connu."
Ils ont rigolé. Et j'ai fait...
J'ai reçu comme une vague de...
"J'en ai."
Aucune drogue, aucun alcool, aucune femme, rien n'a fait
autant d'effet au type de 22 ans que j'étais
qui se démenait depuis trois ans pour réussir.
"Tant mieux."
Le rire, c'est irrépressible.
J'avais trouvé quelque chose,
une façon inattendue de communiquer avec vous.
La seule réponse, c'est de faire ce bruit.
"Sérieux ?"
Il faut que ça sorte. C'est très authentique.
Dans son fauteuil, Gary David Golberg a dit :
"Vous auriez pu me parler de lui !"
Super.
J'étais dans une cabine devant un restaurant de poulet.
Mon agent négociait un salaire à sept chiffres
et moi, je regardais le menu en rêvant d'avoir de quoi m'acheter quelque chose.
Le contrat ne pouvait pas être finalisé
puisque le grand manitou de NBC, Brandon Tartikoff,
refusait catégoriquement de me donner le rôle.
Ce gamin est doué et son timing comique est bon,
mais ça ne fonctionnerait pas sur les produits dérivés.
Je pouvais être viré et remplacé.
Les discussions ont duré jusqu'au tournage du pilote.
SACRÉE FAMILLE
Bienvenue sur le plateau.
Andy, on est prêts ?
L'heure suivante allait sceller mon sort.
Ils vont baisser la lumière.
Commencez l'enregistrement.
Paul, premier plan.
- Bon tournage. - Trois, deux...
C'est parti. Action.
Allô. C'est de la part de qui ?
Kimberly Blanton.
- Kimberly. - Pardon.
Dès l'instant où j'ai prononcé le P...
Alex. P. Keaton.
...c'était comme si le public avait conscience de mes années de galère.
Désolé d'ouvrir moi-même. Notre majordome est en congé.
Si Kimberly n'apprécie pas ta famille telle qu'elle est,
peut-être qu'elle n'en vaut pas la peine.
Tu comptes attacher tes cheveux ou pas ?
Michael J. Fox.
Ça marche.
J'ai su à ce moment-là que mon rêve allait se réaliser.
Maman, tu fais quoi ?
Les parents devaient être au centre.
Pas de bananes.
Mais l'Amérique s'est entichée du fils.
Tournez-vous vers Michael. Ça l'aidera. Vers lui.
Ça ira.
Son jeu est excellent.
Son sens du timing est divin.
Le sens de l'humour chez un homme, ça m'émoustille.
Un prêtre et un rabbin sont dans...
Depuis quand aimez-vous faire rire ?
Gamin, j'étais petit.
Je devais amuser ou me battre.
Si je pouvais faire rire mon adversaire
avant qu'il s'énerve, c'était plus sûr.
- Là. - Alex, avoue.
Tu es vraiment spécial.
D'accord.
Je ne vais pas te dire le contraire.
M. Fox m'a envoyé cette boîte.
Il a signé : "Brandon, gros bisous de Michael J. Fox."
ILS VOULAIENT QUE J'Y METTE UN CORBEAU, MAIS...
Quand je suis avec vous, je vois dans vos yeux
que vous avez une blague à sortir, mais qu'elle reste coincée.
C'est pénible. C'est vraiment dur.
Quand j'ai vraiment besoin de dopamine,
à la fin d'une dose... On y est presque.
Je me fige. Je me fige physiquement et au niveau du visage.
C'est un masque. Le masque de Parkinson.
Je dois vraiment faire un effort
pour sourire et être expressif.
J'ai l'air éteint.
Quand vous êtes heureux,
- ça ressemble à quoi ? - À ça.
C'était votre métier.
Oui.
Stop.
Vous êtes échauffé ? Vous avez la tête qui tourne ?
Ça me rend dingue.
On va lire des pages de votre livre.
D'accord. "Quand mon père a quitté l'armée..."
Plus droit.
Pourquoi vous livrer maintenant ?
"Petit, je semblais avoir des facilités.
Je pouvais lire un livre en entier..."
Mon univers se rétrécit.
J'aime mon esprit, où il m'emmène,
et je ne veux pas que ça s'arrête.
"Petit, je semblais avoir des facilités."
Pensez-vous que dans 20 ans,
vous ne pourrez plus vous raconter ?
Si je suis encore là,
je serai guéri ou dans le formol.
"Je devais avaler mon déjeuner à la paille."
J'avais plusieurs couches de caoutchouc
recouvertes de poils de yak sur le visage." C'est...
- Qui a écrit ça ? - Un con.
Un film de série Z,
mais à côté se déroulait un vrai tournage.
Que filmaient-ils ?
Le nouveau film de Bob Zemeckis et Steven Spielberg. Qui jouait dedans ?
Crispin Glover.
Aïe.
Dur de me dire que Crazy Crispin tournait un Spielberg
pendant que moi,
je tournais un film sur un lycéen loup-garou.
SACRÉE FAMILLE
Peu après Noël,
Gary David Goldberg m'a convoqué.
"J'ai un aveu à te faire.
Avant le début de la saison, Steven m'a envoyé ce script."
Par "Steven", il entendait Spielberg.
SACRÉE FAMILLE
"Steven te voulait pour le rôle.
Ils voulaient que je te libère de la série.
Je ne t'ai rien dit, car c'était impossible.
GARAGE - JOUR
GROS PLAN
TIC TAC D'HORLOGE
D'AUTRES HORLOGES
Ils ont tourné avec Eric Stoltz,
mais il ne fait pas l'affaire.
DES NIKE
LE SKATEBOARD TOMBE
Ils veulent refilmer ses scènes malgré le coût."
LA POIGNÉE TOURNE
Je n'en revenais pas.
UNE ÉNORME EXPLOSION
Autre chose ?
"Tu ne rateras rien du tournage."
On a conclu un marché.
Un chauffeur passerait le matin à 9h30
pour m'emmener au studio
où je tournerais Sacrée Famille.
Salut, ça va ?
Tu sauras gérer deux boulots ?
C'est pour moi.
À 18 h, un chauffeur m'emmènerait
là où on tournait le film ce soir-là.
RETOUR VERS LE FUTUR
Action !
Attendez, Doc.
Vous avez fabriqué une machine à voyager dans le temps
avec une DeLorean ?
Je tournais jusqu'à l'aube.
Puis je montais dans un van avec un oreiller et une couverture
tandis que le chauffeur me ramenait chez moi.
Je dormais quelques heures
avant qu'un chauffeur vienne chez moi,
rentre avec une clé,
me fasse du café,
allume la douche.
Et c'était reparti.
Bonjour !
- Tu es en retard. - Ah ?
Alors, ce boulot ?
C'est vraiment super.
On m'attend. Je pars plus tôt.
- Clap. - Action !
Salut, tout le monde.
Pendant trois mois et demi, mon double emploi m'a épuisé.
Prise 22.
Je confondais les tournages.
Je ne me reconnaissais même plus.
Tu travailles sans relâche depuis deux semaines.
Comment ça pouvait être bon ?
- Ça va ? - Bien et vous ?
Bien. Fatigué.
- Que s'est-il passé ? - Je me suis cogné.
Je marchais vite et je suis tombé sur un meuble.
J'ai chuté différemment et me le suis pris en pleine poire.
Je suis resté au sol et je me suis dit : "J'ai dégusté."
Un bleu s'est formé, et mes yeux sont devenus noirs.
Cet œil est devenu noir. J'ai passé des radios
et on m'a dit : "Vous avez brisé les os de votre joue et votre orbite."
On m'a opéré. Ils ont tout réparé et m'ont mis des broches.
J'en ai ici.
- Là. - Des broches ?
Oui, je me suis explosé le visage, ça m'arrive.
C'est ce qui se passe quand je tombe.
- Pas top. - Parkinson et la gravité, c'est sérieux.
La gravité existe. Même si je ne tombe pas de haut.
Les affaires reprennent.
Ma vie, deuxième prise.
Mal au crâne.
Où suis-je ?
Allô ?
"Mike, on a vu le film."
Lequel ?
"Retour vers le futur."
C'était mon agent.
Désolé, Pete. Je suis mauvais.
Si c'était le début de la fin, je m'étais bien amusé.
Robert Ebert, critique de cinéma au Chicago Sun-Times.
Gene Siskel, critique de cinéma au Chicago Tribune.
Retour vers le futur. Je déteste ce genre de films,
car on ne peut rien changer au passé
sous peine d'altérer le futur dépeint au début
qui n'aurait pas existé.
Mais Retour vers le futur évite cet écueil
et j'en suis absolument ravi.
C'est mon film préféré de l'été.
La performance de Michael J. Fox est impeccable.
La fête ne faisait que commencer.
1. "RETOUR VERS LE FUTUR"
Comment ça va ?
C'est très élogieux.
- Ça fait peur. - Vraiment peur.
- Vous resterez le même ? - Oui.
- Vous saurez le gérer ? - Oui.
Il y avait un kiosque dans mon quartier.
J'y passais de temps en temps.
Je ne vérifiais pas les critiques,
mais j'observais mes photos en couverture.
GQ, US, People, Rolling Stone,
Playgirl, TigerBeat, TV Guide,
Variety, McCall's, The Star, The Globe,
Seventeen, 16, Mad, Cracked, etc.
Partout, je voyais mon image.
Aucune ne me représentait vraiment.
Qui que je sois.
L'ÉLAN DANS LA NATURE
Il n'y a pas plus populaire dans ce milieu, voici Michael J. Fox.
Michael J. Fox !
Michael J. Fox est avec nous. Oui !
Ça ne vous fait pas plaisir ?
Ça coûte cher de faire venir ma famille, mais c'est cool.
Bravo. Retour vers le futur mène le box-office.
PEUT-IL EN FAIRE DEUX DE SUITE ?
Mais il aura de la compétition.
Un autre de vos films. Aura-t-il plus de succès ?
EN DIRECT
Je l'ignore.
Sa popularité est incroyable.
1. RETOUR VERS LE FUTUR
Dites à Spielberg que je ne suis pas prêt à m'engager.
Votre secret ?
LE SECRET DE MON SUCCÈS
C'est ma...
J'allais dire que le cinéma, c'est ma vie.
La cérémonie des Emmy a eu lieu, les gagnants sont...
MEILLEUR ACTEUR DE COMÉDIE
Je n'en reviens pas. C'est génial.
J'ai l'impression d'être un géant.
Le mot "adorable" est toujours accolé à votre nom.
Ça ne vous agace pas, à la longue ?
Ma mère écrit pour ces magazines.
Ah oui ?
Michael J. Fox est chou.
Il est trop chou. J'adorerais sortir avec lui.
Ne vous méprenez pas, je me suis vraiment bien amusé.
- Avec qui couchez-vous ? - Avec qui ?
Je n'allais rien demander, c'est Shelley.
Mais c'est fait.
Parce que...
Je ne comprends toujours pas.
Je ne sais pas ce qu'on me trouve, mais...
Il y a une bière que j'adore,
c'est une bière canadienne avec un animal qui a des bois.
Un matin, j'ai vu un camion de livraison par la fenêtre.
Le livreur m'a dit que je n'en manquerais jamais.
J'avais une Ferrari, une Range Rover, une Jeep Cherokee,
une Mercedes 560 SL décapotable.
L'alcool était gratuit et moi, l'invité.
Un flic m'a arrêté quand j'étais en Ferrari.
Le flic se penche et me dit :
"Mike, c'est toi ?" Il me fait : "Grosse cylindrée, fais gaffe."
J'étais à 145 km/h sur Ventura Boulevard.
Il m'a dit : "Super série."
Et moi : "C'est tout ?"
- Cinq pas en avant. - Oui.
Si tu butes du pied gauche, arrête-toi et reprends-toi.
Je ne t'arrêterai pas, mais arrête-toi quand tu peux.
- Mes genoux bloquent. - Bien.
- Je peux le faire... - Cale-toi.
Rebondis un peu, plante les talons. Tourne en restant bien ancré.
- À une époque, j'étais au sommet. - Position de golf, souple.
Et je jouais un rôle. Je jouais...
Ça, en l'occurrence, c'était triste à voir.
Comment va Tracy ?
On est toujours mariés.
Une jeune star qui monte rapidement sait rarement ce qui est réel.
Des gens se cachaient dans les buissons pour me photographier.
Ils se planquaient avec leur chapeau et leurs lunettes.
C'est débile. C'est pas une vie.
- Grand pas à droite. - Non.
Grand pas à droite. Position de golf.
Bien. Il faut qu'on travaille ça.
Ralentir ton mécanisme de pensée.
- Il faut travailler là-dessus. - Oui.
- Pour ralentir. - Oui.
Mets-toi debout. Position de golf. Sur les talons.
- C'est bon ? - Oui.
Fais un petit pas autour du tabouret.
Parkinson est une catastrophe.
Mais c'est bien réel.
Si mon bras se crispe, que ma main tremble,
c'est réel. Bien réel.
Tourne. En équilibre.
Bien. Retrouve l'équilibre.
Tu ne peux ni marcher ni aller aux WC.
Il n'y a pas plus réel.
Avance doucement.
Bravo. Super. Je sais que tu peux le faire.
- Je peux le faire. - Oui.
Ça me tue, parce que...
- Je perds le contrôle. - Oui.
C'est pas progressif.
- Mais boum, je tombe. - Oui.
On en a parlé, ta vitesse tient à ta personnalité.
- Je veux y arriver. - Ralentis. Prends ton temps.
Tu es suffisamment en forme pour compenser
- si ça déraille. - Pourquoi courir si on peut marcher.
Oui. Tu vois ? Encore mieux.
La star de cinéma est différente de la star de télé.
Je suis plus intimidant.
Est-ce que votre vie a changé ?
Pas vraiment, non.
- Pour Joan. - Qui ?
Joan. J-O-A-N.
Qu'il signe un autographe ou file à une interview,
il faut vendre Michael J. Fox et le film.
Sa famille devait se poser des questions quand il a arrêté le lycée.
Quand on vient le voir, on passe du temps avec lui
et on l'accompagne là où il veut nous emmener.
Mais non, on ne...
On ne se soucie pas du show-business.
Dans le jardin, il est Mike Fox.
Pas la star, le Michael J. Fox que le public connaît.
Rentrer chez lui lui permet de garder les pieds sur terre.
Ils ne me laisseront pas mal me comporter.
Silence.
J'ai toujours voulu être le meilleur, depuis...
Non, ça y est. Tu peux compter, Andy ?
Cinq, quatre, trois, deux.
J'ai toujours voulu être le meilleur,
depuis tout petit.
Ce n'était pas la victoire qui m'intéressait,
mais la compétition elle-même.
Ça a toujours été très fort en moi.
J'ai un coup de mou. On peut reprendre ?
- OK. - J'essaie de me booster.
Sur le plateau de Sacrée famille, on m'a accueilli en fils prodigue.
J'étais la star, après tout.
Ça ira ?
Je trouve que ça ne marche pas là-bas.
Ça vous embête pas ?
- Si ? - On doit refaire
- d'autres plans. - Combien ?
38.
Je n'aurais jamais imaginé faire le forcing.
Mais en réalité, on me laissait tout passer.
J'essaye de comprendre si c'est...
S'il y a des choses qui vous gênent,
dites-le-moi, car je ne comprends pas.
Le prince d'Hollywood.
J'étais célèbre. Très célèbre.
On pense que c'est du solide,
mais non, ça n'est que du vent.
C'est une illusion.
Oui ?
Alex P. Keaton, du comité d'accueil.
Bravo.
Pardon. Je peux traîner un peu ici ?
D'accord.
Puis Tracy Pollan est entrée dans ma vie.
De par sa formation théâtrale, Tracy avait un côté pragmatique.
Pose ça. Tu ne vois pas que je la peins ?
Elle détonnait avec mon envie de faire rire.
Il s'intitule comment ? "Trouve la pomme" ?
Je t'expliquerais bien l'art abstrait,
mais je perdrais mon temps.
Vous n'êtes pas la candidate type.
Vous n'êtes pas la blonde écervelée et guillerette,
- ni une je-sais-tout. - Non.
- Vous êtes d'accord ? - Oui.
J'ai été surprise qu'on me choisisse.
Je ne sais pas si je me serais choisie.
- Pourquoi l'ont-ils fait ? - Je crois
qu'ils voulaient quelqu'un de très différent du personnage d'Alex.
Et... Je crois
qu'ils ont vu autre chose en moi.
Un jour, on est allés déjeuner.
Les femmes, la vie, la mort, l'art.
En place pour E. Cinq, quatre, trois...
Après manger, on a repris.
C'est bon. Prêts, action.
J'ai quelque chose pour toi.
Ah bon ?
Les Picasso étaient en soldes.
Je t'en ai acheté un.
C'est gentil de ta part.
Quand elle a dit sa réplique, j'ai senti de l'ail,
et j'en ai profité pour la taquiner.
"Des langoustines au déjeuner ?"
Au début, elle n'a rien dit. Elle a gardé la même expression.
Mais elle m'a dévisagé en disant :
"C'était méchant et gratuit, tu es vraiment un connard."
- Bonjour, Ellen. Tu es prête ? - Oui, allons-y.
D'accord.
Oui.
Personne ne me reprenait.
Cette femme n'était pas impressionnée par mes grands airs.
Un goujat reste un goujat, même s'il est célèbre.
Elle avait raison de vous traiter de connard ?
J'étais très con.
Elle plaisantait mais ça m'a échappé, car on ne me chambrait jamais.
On ne se moquait pas de moi.
Mais elle a dit : "Je vois clair dans ton jeu.
Malgré les apparences, tu es un gamin apeuré
et je vais te démasquer."
C'est là que je suis tombé amoureux d'elle.
Bon.
Attends. Je vais...
Oui.
OK. Pas mal.
Je vais...
C'est bon. Ça y est.
OK.
Voilà. Doucement.
Fastoche.
Alex, tu es unique.
Tu lis en moi comme dans un livre ouvert.
Je découvre une facette que je ne...
Que je refuse d'admettre, ça me fait peur.
Tracy a eu un rôle dans un film que je tournais à Manhattan.
On traînait ensemble.
Parle-moi de ton travail.
C'est censé m'épater, non ?
J'en doute.
Elle voyait bien le tourbillon qu'était ma vie trépidante.
Elle était consciente des répercussions.
Je ne devais pas me perdre dans le tourbillon qu'était ma vie.
- Tu as mon numéro ? - Oui.
Appelle-moi.
Avec plaisir.
- Je t'aime. - Je t'aime.
Bon.
On s'aime.
On l'a dit, on le sait.
C'est tout ce qui compte. Quoi qu'il arrive désormais.
Et maintenant ?
- Regardez. - Plus haut.
HOWARD, MEILLEURS VŒUX
C'est drôle, c'est au nom de Norm, Fred ou je ne sais quoi.
Je l'ai achetée pour un dollar à la librairie Strand.
Une fois en couple, j'étais très amoureux. Je le suis toujours.
Tu dois répondre. Tu as tellement de textos sans réponse.
- Oui. - Tu dois répondre.
Réponds à... Attends.
Tu vas voir.
Tu as ignoré cinq textos d'Aquinnah.
J'ai essayé hier soir.
- Je vais répondre. - Oui.
"Ça fait longtemps,
- tu me manques." - Hâte de te voir.
- "J'ai hâte." - Attends.
J'ai hâte de te voir. La plage t'attend.
D'accord.
- "La plage t'attend ?" - Un truc du style.
On t'attend à la plage.
Hâte de te voir à la plage. J'ai hâte de te voir à la plage.
J'ai hâte de te voir à la plage.
Décrivez-la-moi.
La clarté.
- "J'ai hâte de te voir. Je t'aime." - Je t'aime. Voilà.
Je crois qu'elle est directe.
Oui. Vraiment directe.
Sa personnalité tient à sa franchise.
Si j'étais roi d'Angleterre, elle serait la même.
Si j'étais Elvis, elle serait la même.
Mets-en un peu.
- Écrase-le. Je tiens le bol. - C'est dur.
- J'ai mal. - J'arrive pas à tenir.
Quand je suis en famille, personne ne s'apitoie.
Pas de : "Mon pauvre.
C'est dur, j'ai de la peine pour toi.
Tu es un vrai saint."
Ce serait la pire chose à faire.
- Attends. - Quoi ?
On discutait.
Sur son portable,
il a un million de textos sans réponse.
Ça m'est arrivé plusieurs fois.
- Une question ? - Souvent.
"Est-ce que ça va ? Je pense fort à toi. Cœur, cœur."
- Pas de réponse. - Pas de réponse.
Et une semaine plus tard,
à mon : "Je t'aime, j'espère que ça va",
il m'envoie ce message mignon, mais bizarre.
"J'espère que tu es satisfaite de tes choix."
OK. Merci.
- C'est inné. - Bravo, papa.
- Quoi ? - Tu devrais en faire ton boulot.
On dirait un biscuit chinois.
J'ai envie de répondre :
"Je t'aime. Je pense à toi. Ça va ?"
- Mais tu ne dis rien. - Ça fait...
- Ça fait... - Mais...
J'insiste puis je me dis :
"Ça marche pas. J'appuie sur les touches."
Me voilà sur un site chinois.
Enceinte un mois après, Tracy se retrouve avec un mari...
Action !
Michael !
...qui, lorsqu'il ne tourne pas,
dort, au lieu de préparer l'accouchement.
Michael.
Il adore les chevaux.
Ça cavale.
Comment va la famille ? Et la paternité ?
C'est super.
Je parie que tous les pères savent que c'est super.
Mon fils est... Notre fils.
Je ne fais pas la moitié du boulot.
Comment gérez-vous les deux ?
Vous tournez beaucoup.
Michael !
Ma vie était telle, que ma femme
se demandait dans quoi elle s'était fourrée.
Michael vous a manqué ?
Oui, c'est bon de le retrouver.
- Elle a un mini-moi à la maison. - J'ai un mini-lui.
En un an,
cette actrice talentueuse de 20 ans s'était retrouvée mère célibataire...
Il faut apprécier qui on est et sa famille.
Il faut s'aimer et aimer ceux qui vous entourent.
...pendant que je bossais.
Je tournais mon cinquième film en moins de trois ans.
Mais c'était une vie étriquée, recluse.
C'est un lâche.
Motivée par la peur et la solitude.
Aucun acteur ne fait ce métier par excès de confiance en lui.
Bonjour, M. Eastwood.
Un acteur veut surtout passer le plus de temps possible
dans la peau d'un autre.
Tu n'es rien d'autre qu'une vermine.
Ceux qui ont la chance ou la folie de devenir professionnels...
Pour qui tu te prends ?
...savent de moins en moins qui ils sont.
Et toi.
Ça nous ronge.
Je ne sais pas.
On pense qu'on est un imposteur.
Je déteste tes films.
Décrivez-nous une journée dans la vie de Michael, Tracy et Sam.
Je vais bosser, je rentre, tout le monde dort.
C'est tout.
Mon père déclinait depuis un mois.
"Il a été emmené aux urgences.
Mon père déclinait depuis un mois.
Son cœur a lâché, puis ses reins.
Je ne pouvais pas savoir, en 1990, que ce jour-là, je franchissais un cap."
Pardon.
Ces choses-là, ça vous bouleverse.
Quand ça vous arrive, vous êtes...
Ces trois phrases sont très lourdes de sens.
Quel cap ?
L'âge adulte. La dure réalité.
La vie.
Bon sang, Mike, c'est juste ton doigt.
Mais justement.
Il ne m'appartenait pas. C'était celui d'un autre.
Mes pires scénarios n'auraient pu me préparer
aux trois mots que le neurologue m'a assenés ce jour-là.
Maladie de Parkinson.
Je lui ai dit : "Vous savez qui je suis ?
Je ne suis pas dans la tranche d'âge qui est censée être affectée."
COMPRENDRE PARKINSON
SIGNES AVANT-COUREURS & SYMPTÔMES
Il m'a donné une brochure.
J'ignorais lequel était malade, ils avaient l'air heureux.
Il a rajouté "progressive", "dégénérative"
et "incurable".
Il a ajouté : "On ne peut pas gagner, dans ce scénario. On perd."
J'étais sur le trottoir à chercher une réponse.
Ma vie a basculé.
J'aurais dû m'y attendre.
Le prix à payer pour tous mes succès.
Je l'ai annoncé à Tracy.
"Pour le meilleur et pour le pire."
Relâchez la tête.
OK. C'est bien. Regardez mon doigt. Ouvrez.
Regardez par là.
Oui. Tout en haut. C'est bien.
Faites ce geste.
Bravo. Formidable.
- C'est très bien. - Je suis fort.
- Vous êtes fort. - Très.
Vous vous habilliez, vous étiez pressé
et vous vous êtes cogné ?
- À la tête de lit. - OK.
Et votre épaule déboîtée date de quand ?
- Du même moment ? - Oui.
Tout s'est enchainé. Des blessures en chaîne.
- Venez voir la maison. - OK.
- Toujours au même endroit. - Oui.
Serrez ma main.
- Ça fait mal ? - Ça va.
Ça va aller.
- Ça ira. - Oui.
Ils n'auront pas à vous amputer.
- Pas ma tête. - OK. Bien.
- Votre tête ? - Ma tête.
OK.
Tracy est très intelligente.
Elle a appris à encaisser.
Ça doit être énervant de porter un fardeau qui n'est pas le sien.
C'est mon fardeau, mais elle le partage. Et en plus, elle fait le gros du travail.
Vous prenez les premiers cachets au lit ?
- Non, une fois levé. - Levé.
- Parfois, il aime attendre... - Oui.
...s'il a quelque chose à faire.
Il pense que s'il attend, ça marchera mieux.
On partage tout.
Et je dois trouver le moyen de composer avec.
Je dois le ressentir et faire avec.
Je peux marcher un peu. Comme ça.
Elle doit m'aider.
- Je marche. - Je vois ça.
- Bravo. - Je sais.
- Par là ? - Oui.
Ralentissez un peu. Bien.
Je rêvais de m'en sortir.
HISTOIRE DE PARKINSON
Et si on m'avait mal diagnostiqué ?
LA PARALYSIE TREMBLANTE
UNE MALADIE DES PERSONNES ÂGÉES
HOMMES DE 72 ANS
J'étais jeune.
Comment pouvais-je avoir une maladie de personnes âgées ?
Les symptômes sont la rigidité musculaire,
la lenteur, les maladresses, les tremblements,
une diminution des clignements et des expressions faciales.
Je pensais que les clignements et mon expression diminuaient
parce que j'étais à l'aise face caméra.
Un jeu plus subtil.
Non, tu ne t'améliorais pas. Tu étais malade.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un atteint de la maladie ?
Le plus important, c'est d'être honnête avec soi-même.
Voilà Johnny.
Sans raison, ma main gauche se mettait à trembler.
Nous avons un beau programme.
M. Michael J. Fox sera là.
J'avais demandé un traitement à mon médecin.
Le Sinemet est absorbé par le cerveau et transformé en dopamine,
le neurotransmetteur que le malade ne produit plus en quantité suffisante.
EN DIRECT
Ravi de l'accueillir.
C'est un jeune homme très doué.
Michael J. Fox !
Je ne prenais pas ces cachets dans un but thérapeutique ni par confort.
Je n'avais qu'un but.
Oui.
Le cacher.
Je trimballais des bouts de cachets
dans toutes mes poches.
Comme des Smarties.
Les tremblements surviennent quand le membre est au repos.
Je pouvais les masquer en manipulant un objet de la main gauche.
Tous les jours, pendant des heures.
Oui.
Je ne vous entends pas.
Il y a du bruit à l'extérieur.
Puis-je vous rappeler ?
Je n'ai jamais envisagé de parler de ma maladie à quiconque.
J'avais à faire.
Je voulais faire comme si de rien n'était.
Tu ne peux pas faire ça.
Tu ne peux pas mentir et manipuler. Je refuse.
Pour cette fois, tu n'auras qu'un avertissement.
J'aime les personnages trop malins.
Ces gens qui pensent manipuler tout le monde,
mais qui, en un sens, se mettent dans une position intenable.
Je suis devenu expert en prise des cachets
pour être au top au bon moment.
Il me faut un cachet.
On fait une pause ?
J'aurais dû m'arrêter il y a 10 minutes, il me faut des cachets.
- Deux minutes. - Oui.
Vous le prenez, vous attendez. C'est comment ?
C'est comme attendre le bus.
"Tu fais quoi ?" "J'attends le bus." Les gens comprennent.
Ça fait effet. C'est cool.
Ça agit rapidement, aujourd'hui.
J'ai encore du mal à articuler, mais je me sens bien.
Je me sens calme.
Vous attendez toujours ?
Non, je suis à bord. Je paye mon ticket.
C'est un soulagement. Comme si je reprenais forme.
Je redeviens moi.
LE CONCIERGE DU BRADBURY
Moteur.
Ça tourne.
Je souffrais.
Playback.
Je me tortillais dans des positions inconfortables
pour cacher mes tremblements.
Clap.
Recommence.
Je vois "R-E-C".
Oui, c'est "enregistrer".
J'avais perdu l'appétit.
C'était mon excuse pour ne plus dîner en famille.
Je croyais que penser à Parkinson accélèrerait sa progression.
Je buvais pour oublier.
Pour m'échapper.
Je buvais en cachette.
J'avais des bouteilles au garage.
J'ouvrais deux bouteilles de vin,
Tracy pensait qu'on en avait bu une, j'avais bu l'autre.
J'ai commencé à prendre une margarita avant la dernière prise.
Un whiskey, avec glaçons.
Le Concierge du Bradbury commence bien, puis ça retombe. C'est non.
C'est évident. C'est un échec.
Ça n'a fait qu'empirer.
Graine de star ne raconte rien.
Je me demandais pourquoi Michael J. Fox semblait perdu
dans les grandes scènes.
Encore un film qui s'égare.
Les Héritiers affamés.
Michael J. Fox se fait avoir.
FOX DANS L'IMPASSE ?
Il joue un personnage sympathique.
- À quand le méchant ? - Oui.
Les gens adorent les personnages méchants.
Nicky !
C'est pourri, Angie. C'est nul.
Encore un film à gros budget
sitôt vu, sitôt oublié, vite jeté aux oubliettes.
J'étais amer et en colère.
Un jour, un type m'a doublé dans la queue d'un magasin.
J'ai dit : "Je suis invisible ?"
Et lui : "Oui, tu es invisible."
Je l'ai pris par son t-shirt. "Je t'emmerde.
On va sortir, je vais t'éclater.
Rien ne me ferait plus plaisir que de te démonter la tête."
Il a reculé et les autres se sont éloignés.
Je peux m'énerver.
Je ne comprenais pas ce qui se passait.
Oui, je pouvais boire quatre verres de vin
et un shot.
- Vous étiez alcoolique ? - Totalement.
Mais je ne bois plus depuis 30 ans.
À quoi était dû ce comportement ?
C'était la peur.
Ce soir-là, la fête battait son plein.
On en était à notre 3e pichet à la fin du tournage.
Bon sang.
J'ai vu des pieds, ceux de Tracy.
Chaussés. Merde. Quelle heure il est ?
Elle ne semblait pas en colère,
mais impassible devant mon piteux état.
Elle a dit : "C'est ce que tu veux ?
Devenir comme ça ?"
Michael, Tracy, par ici.
J'ai eu la peur de ma vie.
Tracy ! Tracy !
Tracy !
Je me réfugiais dans mon bain.
J'y passais des heures tous les jours.
Je voulais garder la tête sous l'eau.
Je voulais souffrir, être au plus bas.
J'entendais les éclaboussures de ma main qui tremblait.
Si l'alcool m'avait mis bien bas,
la sobriété allait être pire.
Je ne pouvais plus fuir.
Le début de ma sobriété a été un corps-à-corps.
Avec ?
La vérité.
La vérité. Je faisais l'autruche.
BIENVENUE SUR TERRE
Je voulais quitter ce monde.
Être ailleurs, à faire autre chose.
Je suis parti tourner à l'étranger.
À la maison, je ne peux pas ignorer Parkinson.
La maladie est présente.
Ailleurs, avec d'autres gens,
s'ils ignorent ma maladie, je ne suis pas malade.
Mais Tracy en pâtissait et elle n'en pouvait plus.
16 MARS 1996
D'autant qu'on avait des jumeaux.
Aquinnah and Schuyler.
Je suis rentré chez moi.
Sam était ravi, mais en colère.
4 JUILLET 1996
Maman, j'essaye.
Vas-y.
Je fais quoi ?
- À gauche. - Ça bouge.
Non, tu assures. Ça va aller. Continue.
Bravo, continue. Allez, allez.
J'ai fait un choix.
PRÉAMBULE
Refaire de la télé.
SCÉNARIO
J'ai pensé : "Rien de tel que débarquer sur le plateau,
dire sa réplique et voir les gens réagir."
Puisque le Daily News nous aurait vus dîner ensemble,
autant le faire.
Le Post dit qu'on couche ensemble.
- Vous avez les sondages ? - Les voici.
Les critiques étaient bonnes et l'audimat prometteur.
27 FÉVRIER 1996
Le tournage collait au rythme de ma famille.
Schuyler, approche.
Tout semblait parfait.
La force de persuasion. Faire croire aux gens ce que je veux.
C'est mon métier, je suis doué.
Vous avez assuré.
Je vous en prie.
C'était chouette de faire semblant.
Le maire va parler de la grève ?
J'ai fini.
On va passer plus tôt que prévu.
Le stress d'un épisode hebdomadaire devant un public
exacerbait mes symptômes.
Mon bras gauche tremblait si fort
que tout mon corps était secoué.
Je me tordais.
Je me tortillais au sol.
Sachant que le public m'attendait.
J'entendais leurs pas, mais je les sentais aussi.
Rejoignez-nous.
Pendant ce temps, je calculais.
À quand remonte le dernier cachet ? Quand va-t-il s'estomper ?
Si je le sentais au milieu d'une scène de 4 à 5 minutes,
je ne pouvais rien faire pour retarder les symptômes.
Fred, Joe, c'est toujours un plaisir de vous voir.
Je crois que...
À part ma famille, personne n'était au courant.
Je vis dans le mensonge.
J'en ai marre. Il faut que ça s'arrête.
On a l'impression que les gens nous observent,
nous dévisagent, nous jugent
et lisent jusqu'au plus profond de nos âmes.
- Son. - Moteur.
RÉALISATEUR
C'est bon, Michael.
- OK ? - Oui.
C'est parti.
Pour moi, le pire est la contrainte,
d'être coincé sans avoir une échappatoire.
Je me sentais parfois coincé.
LE MERCREDI À 20 H
Je faisais des trous dans les murs.
C'est le secret qui rend malade.
Si tu es à l'aise, tu peux lâcher la barre.
Sinon, essaye de ne pas trop t'agripper de la main droite.
Bien. Je suis là.
Décale ton pied droit vers la droite.
Encore. Voilà.
Ça va ?
Essaye de tenir.
Encore une chute.
J'ai trébuché et je me suis cassé la main.
On m'a mis des broches.
Mais les plaies se sont infectées et on a failli m'amputer d'un doigt.
Puis, le bras.
Mes proches m'ont dit : "Fais attention."
"Ça ne change rien.
C'est normal.
Avec Parkinson, tu trébuches et tu tombes."
Essaie de relever le buste.
Voilà.
- OK. - On laisse pas Mikey dans un coin.
Quand vous parlez des moments difficiles,
on s'en approche et vous partez dans l'autre sens.
Attention à ta main droite.
Oui.
- Assieds-toi. - Ça va.
- Tu es sûr ? - Oui.
- Je ne peux pas utiliser... - Oui.
Tu as encore tes abdos. Tes obliques.
- Oui. - Comment tu te sens ?
Ça va.
On s'est parlé pendant des heures.
Vous ne m'avez jamais dit : "J'ai mal."
- J'ai mal. - Oui ?
J'ai d'énormes douleurs.
Cinq, quatre, trois, deux, un. On détend tout.
- J'ai mal. - À l'épaule ? Ici ?
Chaque tremblement me fait l'effet d'une décharge.
- Tu veux t'asseoir ? - Oui.
Sur la chaise ?
- Tant que je bouge. - OK.
Pourquoi...
- On parlait... - Question de timing.
...d'honnêteté. Pourquoi ne rien dire ?
Question de timing. Je ne vais pas en parler d'emblée.
Bien. Pas d'un coup.
En douceur. Bien.
C'est bon.
- Je veux aller mieux. - Oui.
Je crois que j'ai une idée de la marche à suivre pour aller mieux.
Mais c'est la partie Michael J. Fox.
Les gens me disent que je les aide.
Que grâce à moi, ils se surpassent.
Il n'y a pas meilleure sensation, mais c'est une grosse responsabilité.
- Je ne veux pas me planter. - Oui.
Tu as le droit de ne pas toujours être Michael J. Fox.
Michael J. Fox a gardé un secret.
Au sujet de sa santé.
Il a annoncé qu'il était atteint de la maladie de Parkinson.
Michael J. Fox, chouchou de l'Amérique,
a révélé son combat contre la maladie de Parkinson.
...l'annonce choc de sa maladie de Parkinson.
...depuis sept ans.
Michael, cette semaine, on a entendu
parler de cette terrible maladie
qui affecte votre quotidien et contre laquelle vous luttez.
Vous sentez-vous soulagé ?
Dans quel pétrin étais-je ?
La suite ?
D'ici 10 ans, il sera handicapé.
Problèmes d'équilibre.
Ce sera difficile.
LE COMBAT D'UNE VIE
Redoutez-vous que le public vous regarde différemment ?
Mon premier tournage en public depuis l'annonce de ma maladie.
J'avais peur qu'on me rejette, qu'on ne me comprenne pas,
qu'on me trouve moins drôle.
J'espérais qu'on m'accepte.
- Son. - Moteur.
- Clap. - Action.
On se retrouve, M. Bond.
Voilà.
Prends ça, Bobo Fischer.
Je le savais.
Voilà qui est osé.
Et le public a réagi.
Tu as fait le mauvais choix.
Échec et mat.
C'était un amour incontrôlable.
Tu as l'impression d'avoir un père de 90 ans ?
J'ai pas l'impression d'être vieux, mais vous m'engueulez.
"Fais attention."
Je fais attention. Pourquoi le ferais-je exprès ?
Personne ne pense que tu le fais exprès.
Mais peut-être que...
Ça...
C'est moins important pour toi.
Alors...
Je préfère te le dire. Quitte à...
Tu me comprends, je préfère que tu ne tombes pas.
- J'y travaille. - Oui.
Je me vois et je me dis : "J'ai Parkinson.
Comment je veux vivre ?"
Si j'en reste à : "J'ai Parkinson",
si je ne surmonte pas le fait que le matin, je me dis : "C'est réel",
alors je suis coincé.
C'est la première fois qu'on se parle,
depuis votre conférence de presse
- et l'annonce de... - Oui.
...votre maladie.
- Le public doit... - Oui.
Comment ça va depuis ?
- Comment les gens ont réagi ? - Rien n'a changé.
- Je reste malade. - Oui ?
Après des années à cacher mes symptômes, je pouvais lâcher prise.
Je souffre d'une maladie qui me fait faire ça,
et ça, et...
À force de me regarder, on s'y fait.
Je n'avais rien d'autre à faire à part être moi-même.
Si je prends trop de cachets,
ça me fait bouger comme ça, comme Axl Rose.
Quand je fais ça, fredonnez "Paradise City" dans votre tête.
J'étais toujours moi, reconnaissable. Mais avec Parkinson.
Bon Dieu.
- C'est quoi ça ? - Tiens.
Tu l'as secouée exprès ?
C'est Parkinson.
Certains pensaient que ma maladie sonnerait ma fin.
Mais je sentais qu'elle n'était qu'un début.
Michael J. Fox devant le Congrès
pour demander plus de fonds pour la recherche sur Parkinson.
"Je viens vous dire qu'un programme de recherche réussi
n'est pas si compliqué.
Il suffit d'avoir du bon sens et l'envie d'agir. Merci."
Bravo.
Je n'ai jamais dit ça, mais j'en ai toujours rêvé.
"Tu es plus grand que moi, tu vas me tabasser.
Mais si je te frappe, tu auras mal."
J'avais vécu ce moment.
Muhammad Ali et Michael J. Fox se joignent à ceux
qui demandent des fonds.
Je voulais avoir un impact, pas accuser le coup et m'effacer.
J'ai encore tellement à donner.
J'en tremble d'émotion, sans mauvaise blague,
d'être ici et...
La Fox Foundation a révolutionné la philanthropie,
mobilisé la communauté de Parkinson et récolté deux milliards.
LA SCIENCE À CŒUR
Esmé est née dix ans après mon diagnostic de Parkinson.
Coucou, je...
Va voir papa. Fais-lui un bisou.
- Papa. - Il fait quoi ?
Esmé, regarde.
Les enfants sont super, ils te disent : "Arrête un peu de bouger."
J'imagine.
Et moi : "Je vais essayer, chérie."
15 FÉVRIER
JOYEUX 5E ANNIVERSAIRE
- Non. - Amoureux.
- Non. C'est... - Ils volent.
- Ils dansent. - OK.
- On change d'équipe... - Mais...
...vu qu'on gagne ou on reste comme ça ?
C'est bien comme ça.
- Je suis nulle. - C'est ma faute.
J'ai une idée.
Tu vois ?
- Oui. - C'est bon ?
Toi.
- Vous l'avez ? - Oui.
C'était moi.
Moi ?
Moi, pas toi.
Pas "Michael J. Fox".
J'ai toujours bougé, tu sais, peut-être parce que je suis petit.
J'ai toujours bougé, je comptais sur le mouvement
pour aller d'un endroit à un autre,
et pour m'exprimer chemin faisant, être qui je suis.
J'ai appris que je ne pouvais pas rester immobile dans ma vie.
Je ne pouvais pas être vraiment présent.
Jusqu'à ce qu'il m'arrive cette chose
qui m'a rendu présent à chaque instant, et m'a réveillé.
Voilà.
D'APRÈS LES LIVRES DE MICHAEL J. FOX
STILL : LA VIE DE MICHAEL J. FOX
Sous-titres : Audrey Prieur-Drevon
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