Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Downloaded from YTS.MX
Official YIFY movies site: YTS.MX
Le quartier Quarto dei Mille.
Des hommes s'embarquèrent ici pour les terres du sud,
guidés par le Héros des Deux Mondes qui tenta de créer un pays.
Ainsi raconte la légende tenace
faite de cendres, de sang et de rêves dénaturés.
On ne sait combien sont revenus,
retraversant une mer qui accueille et entraîne
hommes et ombres de notre temps.
Les nouveaux habitants des cavernes
ne sont pas des pêcheurs, ni des sédentaires.
Ce sont des hommes qui émigrent.
Nous ne connaissons pas leur histoire.
Nous savons qu'ils ont choisi, trouvé cet endroit,
et aucun autre,
pour se sentir à l'abri,
se défendre d'une route qui devient ville
à l'ombre de ceux qui reposent et qui veillent.
Tels des personnages anciens
entre les mille qui peuplent les lieux de nos souvenirs
et de notre mémoire qui s'estompe.
Peut-être viennent-ils de la mer,
tels des naufragés échoués.
Voilà leurs corps
au seuil de nos aventures.
LA GUEULE DU LOUP
Mon amour, voilà ce qu'on va faire.
Tu m'as attendu tant d'années et on arrive enfin au bout du chemin.
Tu te souviens de mon rêve ?
Une maison à la campagne, avec des chiens,
des canards, un étang, moi qui m'occupe d'un potager.
On se débrouillerait avec les moyens du bord.
C'est ce que j'ai toujours voulu.
Tu en rêves toi aussi, pas vrai ?
Je t'aime, mon amour. Je t'ai toujours aimée, connasse.
Tu es toute ma vie.
Au départ, je n'aurais jamais cru qu'on tomberait amoureux.
Il m'intimidait, son regard me mettait mal à l'aise.
Mais en apprenant à le connaître, jour après jour,
j'ai fini par comprendre que sous ce masque d'homme fort,
se cachait une âme tendre et sensible.
Il a la douceur d'un enfant dans un corps de géant.
C'est ce qui me plaît. Je l'ai compris
quand je l'ai vu pleurer devant "Bambi" de Walt Disney.
Il était trop mignon, je suis tombée amoureuse.
On s'est connus dans l'adversité.
On était seuls,
plus très jeunes. On n'avait rien.
On a décidé de se mettre ensemble, d'oublier le passé
et d'affronter la vie ensemble en s'encourageant mutuellement.
Je suis rentré, mon amour.
Je suis fatigué.
Je t'ai manqué, mon amour ?
Je sais pas, j'ai retrouvé ma gaieté, la joie de vivre.
C'est peut-être tes cassettes,
ou peut-être ta lettre.
Je ne le sais même pas, moi,
mais j'ai envie de vivre, d'être heureux.
Je t'embrasse. mon amour. Encore…
- Jette ton revolver ! - Oui, je le jette.
J'ai pris l'autre.
Je devais même pas bosser ce jour-là.
Ils s'appelaient Cochise et l'Indien.
Ils ont choisi la mauvaise boîte, j'étais au Zanzibar.
C'était ma vie alors.
Et c'est devenu mon enfer.
Ces braves gars de la police !
Ils sortent leur arme et me tirent cinq fois dessus.
Quatre balles dans les jambes et une dans le ventre.
J'en colle trois à l'un et quatre à l'autre.
J'avais pas mon fusil à canon scié.
J'avais un revolver,
un Magnum comme l'inspecteur Callaghan
et un autre chromé, allemand.
Je croyais les avoir tués, moi.
Heureusement que non, j'aurais encore trois perpètes.
Mon amour, hier soir j'ai reçu ton colis.
Je t'ai déjà répondu.
J'ai reçu tes cassettes
et le mandat ce matin, pendant que je t'écrivais.
Je te remercie de tout mon cœur.
Excuse-moi de parler doucement,
j'ai peur que le gardien découvre le magnéto.
Je continuerai après, ils vont passer nous compter.
À plus tard, mon amour. Je t'aime, garce !
Mon doux et sensuel amour, comment vas-tu ?
J'espère que tu t'es un peu calmé.
J'ai reçu ta lettre
où tu me dis que tu es furax, excité,
et que tu as tout cassé dans ta cellule.
Tu sais que ça me fait mal de lire ça,
j'ai peur que ça t'amène des ennuis.
Je sais que c'est un drame pour toi quand on te défend de sortir,
ça l'est pour nous deux.
Mais ça ne sert à rien de tout casser.
Au contraire, si tu es sanctionné, ce serait autrement plus grave.
Je veux réaliser nos rêves.
Tu te souviens de nos rêves ? Essaie de te calmer.
Je vais te laisser, j'ai des choses à faire.
N'oublie pas que je t'aime, que je t'adore et que je t'attends.
Je t'aime, je t'adore, mon doux salaud !
Si tu me fais cocu, quand je sors…
Tu te souviens quand j'ai mis en pièces ce poulet ?
C'est ce que je te ferai, Compris, salope ?
Je t'aime plus que moi-même, mais me mets pas en colère.
Si ton mari en bave en taule,
tu dois souffrir toi aussi. Boulot, maison.
Tu t'amuseras quand je sortirai. On s'amusera ensemble.
N'oublie pas, si tu m'aimes, c'est ce que tu dois faire.
Je veux aussi que tu m'écrives un jour sur deux.
J'en ferai autant.
MON AMOUR, QUE TU PARLES BIEN.
Enzo a grandi dans ces ruelles. Il est allé à l'école en Sicile
mais il en a été expulsé après plusieurs histoires.
Il est né à la campagne, près de Catane.
C'est quand il est arrivé en ville que les ennuis ont commencé.
La délinquance et la prison.
Enzo a commencé à travailler enfant à Gênes avec son père.
Pippo vendait des briquets,
il vendait au noir des cigarettes et d'autres choses.
C'est Enzo qui les transportait sans savoir ce que c'était.
Comme il était enfant, il y avait moins de risque.
Viens ! Tu es mignon, mets-toi entre Sara et moi.
Entre nous deux. Voilà. Allez, viens.
Bonjour, mon chou. Donne-moi un bisou.
Quel joli petit doigt. Tu es beau comme tout !
Un café, ma belle ?
Qu'est-ce qu'il veut ? Allez, donne-le-lui ! C'est quoi ?
- Le café de Serena. - Je le prends.
Il est bon, ce café !
Coquin, tu me touches la jambe ? Ta femme va être jalouse.
- Qu'est-ce qu'on lui fait faire ? - Du porno !
Je vais au boulot. Salut ! Merci pour le café, Siberia !
Après toutes ces années, il se sentait perdu.
Le quartier avait changé,
il ne fréquentait plus personne, il n'avait plus d'amis.
Beaucoup d'entre eux étaient morts ou partis.
Au début, il avait presque peur d'aller dans la rue.
Habitué à être dans une cellule de trois mètres,
il était complètement perdu, désemparé, dépaysé.
D'ailleurs, il avait toujours un couteau sur lui.
Je te vois déjà vieille,
les cheveux blancs comme neige,
assise les mains croisées, tremblant pour moi.
Je m'aperçois que tu es encore belle,
mon regard est sincère.
Qui trahirait un amour semblable en une vie ?
Tous les deux, nous ne devons faire qu'un.
Nous nous réconforterons vieux et contents.
Je te remercierai pour cette vie
près de toi sans parler.
Les lieux que nous traversons
sont une archéologie de la mémoire,
désirs inconnus,
souvenirs interdits d'un monde disparu.
Les habitants des cavernes se reposent.
Personne ne veille sur le sommeil de l'autre.
Seule la houle marque le temps qui passe.
Bientôt, les rayons du soleil tomberont sur leurs visages
appelés à s'éveiller
pour repousser le charme obscur de la nuit.
Ils envahiront les rues de la ville.
Ils traverseront des lieux disparus,
descendant des rampes et remontant des pentes reculées
où repose l'obscurité.
Ils s'installeront dans les ruines oubliées,
tels des naufragés sur terre.
Transparents.
Intouchables.
Un autre temps a d'autres vies à vivre.
C'est moi, mon père, Enzo.
Comment allez-vous, père Serafino ?
Quand je suis sorti de prison, vous m'avez aidé.
Le fils de Pippo. Briquets, aérosols, grenades…
Vous vous souvenez du petit Enzo ?
Le fils de Pippo, le vendeur de cigarettes.
J'étais venu vous dire bonjour.
Je suis dans la mouise.
Trop jeune pour la retraite, trop vieux pour être embauché.
Qu'est-ce que je fais ? Des casses, des enlèvements ?
Je descends encore des flics pour finir mes jours en taule ?
Un véritable compte à rebours, Il comptait les jours, les heures.
Pour lui, chaque journée était un jour de souffrance en moins.
Pour moi, c'était dur. J'avais la responsabilité
de trouver un toit pour quand il sortirait
et de penser à notre avenir.
Il m'appelait dès qu'il avait une permission et j'accourais.
On passait la journée et la nuit ensemble.
C'était des journées merveilleuses.
Toutes les semaines, je lui envoyais un colis avec du linge,
quelque chose à manger et aussi des cassettes
où ma voix était enregistrée. J'essayais de le calmer.
On avait un rêve.
Une maison à la campagne avec un jardin potager
et peut-être une véranda, avec un banc
où on pourrait se serrer pour regarder l'horizon.
Avec nos chiens autour de nous
et on attendrait la vieillesse.
On connaîtrait la paix, la tranquillité.
C'est tout ce qu'on voulait.
À CHRISTOPHE COLOMB
- À la santé de qui ? Tu paies ? - Oui, t'en fais pas.
- Toi, rien du tout. T'as pas payé. - Je bois quand même à ta santé.
C'est Pantalon qui paie !
- À moi le champagne. - Ça me va !
- On parie ? - Non. Tu vas perdre.
Il n'a pas un rond, que veux-tu qu'il offre !
Il m'a mis la main au cul !
Non, j'ai soupesé l'état des finances.
Dégage ! J'ai trop chaud.
Tu m'as cassé les couilles !
Je te crève les yeux, moi ! Recommence pas.
Où tu as fait de la taule ? Non, sérieux.
Où j'ai fait quoi ? De la taule ?
Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
- T'as fait de la taule ? - C'est arrivé.
De quoi je me mêle ? Qu'est-ce que tu me veux ?
Je demandais, c'est tout.
Va demander au commissariat ! Ils te le diront, eux !
Il a un casier, c'est bon.
Claudio, tu me sers une bière ?
Une Turbo.
- Une Bourbon ? - Une Turbo !
J'ai compris bourbon, le whisky.
Une Tuborg !
- J'aime pas ça. - Je suis sourde.
Tiens, je te fais un petit shampoing ?
- Pas touche ! - Repose ça. Tu fais quoi, là ?
Un shampoing !
Je vais t'en faire un, moi. À coups de pied au cul !
Alors, on joue au juke-box.
Tu mets un disque et je chante. Le jeu du juke-box !
Tu me dis ce que tu veux entendre
et moi j'entre en scène. Et je chante.
- Tu chantes, toi ? - Je chante !
- Je chante ! - Pas les mêmes choses que toi.
Pour ceux qui ne m'écouteront pas. Je veux chanter !
Ah, Riccardo !
- Pausini ? Non, c'est Cocciante. - C'est ça.
C'est Cocciante, j'en suis sûre.
- Arrête, Enzo ! - Bravo !
Tu me cocufies sous mon nez !
- D'abord moi, puis elle. - On le fait enfermer ?
Je ne suis pas près d'oublier. Je croyais que tu m'aimais.
- Toi, tu es une amie ! - Tu m'as trompée !
Espèce de lâche !
Tu es une amie. Elle, je l'aime.
Tu m'as trompée ! Il m'a embrassée !
- C'était du cinéma, pour le film. - Attention, hein ?
C'est une amie. Toi, je t'aime.
Tout à l'heure, il m'embrassait.
Toi, je t'aime. C'est mon amie depuis 40 ans.
C'est la femme de Mimmo, du Piccadilly.
- J'étais la femme de Mimmo. - Oui, il est mort.
Enzo a passé une bonne partie de sa vie en prison.
La longue galère, comme il dit, a commencé en 1986.
Elle a duré quatorze ans et elle a pris fin il y a neuf ans.
Le jour de sa libération a été merveilleux.
Mais plus tard, alors qu'il croyait que c'était fini,
ils sont venus une nuit et ils l'ont arrêté.
On lui avait fait un cumul.
Ça a été un choc pour lui.
Il s'est même mis à boire
et il a déraillé.
Quelqu'un doit me faire danser !
Je lui rabâche qu'il a gâché sa vie pour des bêtises.
Il a récolté un tas d'années de prison pour rien.
Au lieu de, je ne sais pas…
de prendre des cours de théâtre.
Il aurait pu devenir acteur avec son physique.
Et percer dans le cinéma.
La police a toujours raison, la loi l'emporte toujours.
À sa manière, pas à la mienne. Ça change tout.
Pour elle, j'étais un tueur à gages. Mais pas du tout.
Je suis libre et indépendant, moi.
La police rackettait les boîtes. Une vraie mafia !
C'est ça, la loi ? Je vais la faire moi-même, la loi.
J'ai fait ma peine jusqu'au bout. Vingt-sept ans.
Neuf ans la première fois, quatre la deuxième, et quatorze.
À chacun sa croix.
La mienne, je l'ai portée jusqu'à maintenant.
C'est à elle de parler.
Ce n'est pas vrai ce qu'il a dit.
J'étais en prison à ce moment-là
parce que je me droguais autrefois.
Moi aussi, comme lui, j'étais au bout de…
moi aussi, j'étais désespéré.
Je m'envoyais presque cinq grammes d'héroïne par jour.
J'étais vraiment une épave.
Voilà qu'un surveillant me dit :
"Mary, il y a un Sicilien à l'étage au-dessus
"qui peut te donner des cigarettes
"si tu raccourcis son pantalon."
Vu que je n'avais rien de rien,
ça m'arrangeait d'avoir un paquet de cigarettes.
Et j'ai accepté.
Alors, on m'apporte ce pantalon, je le raccommode.
Et quand j'ai fini,
je monte à l'étage où il se trouvait.
La cellule et le portillon étaient fermés, alors je frappe.
Le judas s'ouvre tout d'un coup
et je le vois dans toute sa splendeur.
Il portait un short
et il était tout… Il faisait beaucoup de sport.
Il avait un physique magnifique à l'époque.
J'ai été frappé par son aplomb,
par sa beauté tellement imposante.
Mais en même temps, j'étais intimidé
par son air si rude.
Je ne m'attendais pas du tout à ça.
J'étais presque intimidée, je pouvais à peine parler.
Et lui… "Merci." Et il me donne les cigarettes.
Il m'a dit : "Si je t'envoie des poèmes,
tu peux me les traduire ?"
Bref, c'était une excuse pour m'aborder.
Étant donné que j'étais seule,
j'étais contente de faire des connaissances.
Alors, il me donne ces lettres,
ces poèmes à traduire, et je les emporte dans ma cellule.
Ça a commencé comme ça.
Mais j'étais un peu sur la réserve,
je gardais mes distances.
Jusqu'à un matin où je suis allée à la librairie de la section.
Je devais traverser un couloir pour arriver à la librairie.
J'entre…
et quand je sors de la librairie, le voilà devant moi.
Il m'attrape d'une main…
il m'embrasse sur les lèvres,
ce qui m'a… j'étais sidérée.
Et ça a été le début de notre histoire.
Dès qu'on pouvait, on se retrouvait pendant l'heure de promenade.
C'était le seul avec qui je parlais.
Lui non plus, n'avait pas un sou,
mais il était doué de ses mains. Il savait…
Avec des allumettes, il faisait des briquets,
des petits cadres. De très belles choses.
Il fabriquait ces objets qu'il échangeait…
Par l'intermédiaire des surveillants, il se faisait donner
des boîtes de tomates, des petits pois, des pâtes.
Avec lui, on n'a plus jamais eu faim dans ma cellule.
J'étais avec deux autres transsexuels.
On était séparées des autres.
Je le voyais pendant la promenade.
Je passais mon heure de promenade en sa compagnie.
Comme on était dans deux cellules différentes,
il s'est fait mettre à mon étage, en face de ma cellule.
Comme ça, on pouvait se parler.
Pour y arriver, car on ne pouvait pas crier,
il m'a appris un alphabet muet.
On a appris petit à petit,
on communiquait grâce à cet alphabet.
Je ne le connais pas.
C'est lui qui… On communiquait comme ça.
Honnêtement,
j'ai passé quatre mois… Ça peut sembler absurde,
mais ces quatre mois ont été merveilleux.
Je ne dis pas les plus beaux de ma vie,
mais ces quatre mois ont été exceptionnels.
C'est absurde vu qu'on était en prison.
Mais honnêtement, pendant ces quatre mois,
j'ai reçu tout ce qu'on peut désirer.
La tendresse, la compréhension.
Tout l'amour qu'on cherche, je l'ai trouvé avec lui.
Il me l'a prouvé et j'ai passé quatre mois merveilleux.
C'est comme ça que notre histoire a commencé.
Elle dure depuis vingt ans.
Ça fait vingt ans qu'on est ensemble.
Il s'agit des quatre plus beaux mois de ta vie.
Moi, je te dois les plus beaux quatorze ans de ma vie !
Lui, il a eu une peine de presque dix ans.
Mais je l'ai attendu.
Entre-temps, j'allais d'une prison à l'autre
pour le voir presque tous les mois.
Mais c'est quelque chose…
D'abord, c'est comme ça que j'ai arrêté de me droguer.
C'est depuis que je le connais…
Personne n'y était arrivé,
ni ma famille, ni mes plus chers amis.
Ils avaient essayé, ils me conseillaient :
"Arrête, il faut que tu arrêtes la drogue."
"Redeviens la personne merveilleuse que tu étais."
Je disais "Oui, oui" mais je n'en avais pas la force.
- Alors que lui… - Grâce à ma force.
Avec sa tendresse, son caractère,
avec sa dureté, mais aussi avec sa douceur,
il m'a donné la force d'avoir un but.
Même de l'attendre dix ans.
Je me suis dit, je veux voir
jusqu'où je dois aller, jusqu'où on peut aller.
C'est presque devenu un but dans ma vie.
- Et, vingt ans après, on est là. - On y est arrivés.
Non sans difficulté.
La vie n'est pas dure qu'en prison, elle y est même facile.
Le seul problème, là-bas, c'est manger et dormir.
Et faire passer le temps.
Ce qui est moche dans la vie,
c'est tous les problèmes qu'il faut affronter pour vivre.
- Il y a autre chose, mon amour. - Quoi ?
Je peux dire quelque chose ?
Les surveillants qui apportaient les courses,
ils n'aimaient pas les tantes. Ils les maltraitaient.
Un jour, j'en ai appelé un. Paix à son âme, il est mort.
Je lui ai dit : "Tu apportes à manger dans cette cellule.
"Si vous touchez Mary, vous êtes morts."
- Qui t'a embêtée après ? Personne. - C'est vrai.
Tu appartenais à Enzo et on ne t'a plus embêtée.
J'ai démoli trente personnes, c'est pas vrai ?
Si, c'est vrai.
J'ai éclaté un ballon en cuir sur la figure d'un type.
C'est pas vrai ?
C'était le gardien de but. Je lui ai dit : "Vas-y".
Le ballon a explosé quand j'ai tiré.
- C'est vrai. - Elle confirme.
Gare à ceux qui la touchaient ! Même les gardiens.
Un soir, un gardien lui a mis du piment sous le nez.
J'ai dit : "Gardien, viens voir. Tu la vois, elle ?
"Refais ça et je te coupe la tête, gardien ou pas gardien."
Je n'avais rien à perdre. Pas vrai ?
C'est vrai.
On était tellement proches tous les deux
qu'on s'était isolés de toute…
- De toute la bande ! - De toute la section.
Ils avaient la trouille. On était trente à la promenade
et personne ne me disait un mot de travers.
Sinon, je leur en faisais voir.
À tous les détenus !
Elle et moi, on est tous les deux dominants.
Elle me domine et je la domine. Mais c'est elle qui commande.
Seulement, quand j'élève la voix, tout va bien. C'est réglé.
Pas parce que je veux la dominer.
Parce qu'on se comprend ! On est vieux maintenant.
C'est quoi, la chanson des vieux ?
"Tous les deux, nous ne devons faire qu'un."
Non, le début.
Non, il ne vaut mieux pas que je chante maintenant.
Dis-le, je vais chanter.
En tout cas, on ne se domine pas. On se connaît, c'est tout.
Tous les deux, nous ne devons faire qu'un.
Nous nous réconforterons vieux et contents.
Je remercierai Dieu pour cette vie
près de toi sans parler.
Notre voyage s'achève ici,
entre les feux de la nuit et Quarto dei Mille.
Laissons les naufragés à l'abri dans ces cavernes.
Le passé veut se faire oublier.
Il ne reste que des traces de mémoire et des formes
qui s'estompent.
De petites grandes histoires, voilà ce qu'il en a été.
La mesure de la nuit, du jour,
du temps, de l'amour, de l'ombre, de la lumière.
Voilà ce qu'il en a été
une fois, dans une ville.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.