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Hip-hop 50 Cent : "In Da Club"
Alarme -Putain, elle arrive.
Alerte rouge, alerte rouge. Allez !
Alarme
-Oh !
-Ah !
Go, go, go, go !
Tiens, tiens. Tenez.
-Mais... Chloé, maman !
-J'ai failli t'oublier. Hop.
Hé !
Madame Fontaine. -Ah, Morgane.
Vous êtes là ? -Tiens,
oui. Au boulot.
Hou ! Ca donne chaud.
-Que faites-vous ?
-Il y a du gras sur les livres. Je dégraisse.
-C'est vous ?
-Oui, c'est moi. C'est Morgane. -C'est vous
qui mettez tout en désordre ?
Les livres, là, tout dérangés.
-Vous croyez que je n'ai que ça à foutre,
avec tout ce merdier ? -Le tapis, vous le bougez ?
-Attendez. Tout doux, bijou.
Je n'ai rien bougé. -Vous mentez.
Alors c'est qui ?
-Pardon. Moi, je mens ? Il s'agirait d'arrêter un peu la picole.
-Pardon ?
-Ca va, Sue Ellen. S'il y a une mytho, ce n'est pas de ce côté
qu'elle est. -Qu'insinuez-vous ?
-Je n'insinue rien. Les bouteilles qui disparaissent
tous les jeudis, quand votre mari part au squash.
Je ne les retrouve jamais dans la poubelle de verre.
On en parle ?
Et non,
car vous les jetez chez la voisine,
finaude.
Une femme de ménage sait tout.
-Sortez, espèce de folle. -Ce n'est pas toi
qui me vires. Je me casse.
-Barjo. -Ah, oui ? Tu veux jouer à ça ?
Ivrogne.
-Cagole.
-Pochtronne.
-Peigne-cul.
-Soularde.
-Pignouf.
-Sac à vin.
-Raclure de bidet. -Soiffarde.
-Troufignole.
-Boit-sans-soif.
Eh, oui.
Attends, elle ne m'a pas payée. Eh, mon chèque !
Je veux mon chèque.
En plus de m'insulter, vous m'arnaquez ? Je veux ma thune.
Elle sanglote.
-Pardon. J'ai été odieuse, je sais. Je...
J'ai cru que c'était vous.
-Moi qui quoi ?
Sanglots -La personne qui me harcèle.
Au début, j'ai cru que c'était dans ma tête.
Et ça a recommencé.
Ca a recommencé le jour, la nuit.
-Je veux bien faire un effort mais il faut m'en dire un peu plus.
-Il y a des objets qui bougent
quand je ne suis pas là.
Même quand je dors.
Vous ne me croyez pas.
-Si. Si, si.
Des objets qui bougent,
ça arrive.
-La police ne m'a pas crue.
Ca a commencé par le tapis.
Vous voyez, ces motifs ?
Ils étaient de l'autre côté. On l'a retourné.
Je me suis dit que je devais confondre
mais il y a aussi les coussins qui bougent de place
sur le canapé.
Et maintenant, c'est la bibliothèque.
-Oui. J'avoue que le tapis, c'est chelou.
Pour le reste, ça peut être n'importe qui.
Je ne sais pas, votre mari.
Donnez-moi la bouteille.
-Regardez, là.
C'était mardi dernier.
On a griffonné mon visage
sur les photos.
Ces têtes de poupées,
j'en trouve une devant ma porte quand mon mari part en déplacement.
Depuis des semaines,
je ne dors plus, je...
J'ai l'impression
que quelqu'un m'observe.
-Bon...
Rappelez les flics,
c'est leur boulot.
Envoyez-moi le chèque. Moi aussi, j'ai des problèmes.
-Alors ? -Fabrice Tessier, dentiste.
48 ans. Abattu de 3 balles à la poitrine devant son cabinet.
-Hum... -Voici le brigadier Guichard,
le nouveau.
-C'est un honneur.
-Euh...
-Oui. -Eh oui.
Bienvenue dans l'équipe. -Merci.
-Il y a des règles
à respecter, donc le temps
que vous... -Gants et chaussons en permanence.
Ni nourriture, ni enfants, ni animaux à proximité du corps
et interdiction de dormir au domicile
de la victime. J'ai lu votre note interne, comptez sur moi.
-Bien, très bien.
Gilles,
quel calibre ? -9mm, assez banal.
-Attendez.
Je note pour qu'on n'oublie rien
dans le PV.
Pour la qualification, c'est sûr, "meurtre" ?
-3 balles, ce n'est pas un suicide.
-OK, "Pas un suicide".
-C'est quoi,
dans la bouche ?
-C'est quoi ?
Soupir
-Ah...
Qui veut des pâtes ?
-Tu rentres super tôt, maman. Tu t'es fait virer ?
-Oh, tout de suite.
Je ne me suis pas fait virer, j'ai démissionné. OK ?
De mon plein gré.
La fille était folle. -On est à la dèche, sérieux.
Il faut payer le gaz. -La mère d'Henri
a stocké 10t de journaux. On va s'en sortir.
-Et l'électricité ? C'est la 2e relance.
-Figure-toi que les jours rallongent
donc pas besoin d'éclairer.
Pour les portables,
j'ai pensé à tout.
On avait évoqué une petite détox réseaux
et tu sais quoi ?
Ca démarre aujourd'hui. -OK.
La douche, elle fuit.
La chasse ne marche pas.
Les escaliers s'effondrent.
On a besoin de thunes.
Soupir
-Je sais, OK ? Crois-moi.
Je sais.
Sonnerie de téléphone
-Bon,
la société de ménage a arrêté le contrat.
-Quoi ? Attendez, pour une fois, ce n'est pas de ma faute.
Elle m'a harcelée mentalement,
psychologiquement
et peut-être même sexuellement.
Ca va, non ? -Vous êtes en fin de droits.
Essayez de garder un travail. -Ah, oui ? Sans dec'.
-On peut élargir
notre champ de recherche.
Il n'y a pas que le ménage. -Ah ?
-Avez-vous d'autres compétences qui ne figurent pas ici ?
-Grave. Des compétences, j'en ai plein.
Je sais faire plein de trucs.
Du patin en arrière.
Oui, OK. Ca ne sert à rien.
Sur un CV, c'est classe. Tu peux noter "patins à l'envers".
Euh...
Du pole dance.
Je touche ma bille.
Et, euh...
Je suis championne de bulles de chewing-gum. Regardez.
-Mme Alvaro...
-OK ?
Bon. Et puis sinon, je suis HPI.
-HPI, c'est bien, ça. Et concrètement, ça donne quoi ?
-Je réfléchis hyper vite, je fais des associations d'idées,
je retiens tout.
-Mais plus spécifiquement,
ça vous donne des compétences informatiques, managériales
ou commerciales ? -La vérité ?
Non.
-Bon...
Eh bien... Et ce travail
pour la police, consultante ? Soupir
Vous y êtes restée
un peu plus d'un an et puis, patatras. Abandon de poste.
Pourquoi ? Ca ne vous plaisait pas ? -Si.
Beaucoup.
-Alors pourquoi
vous êtes partie ?
-Un salaire pourri.
Soupir
Soupir
Soupir
Il s'est passé quoi ?
-Avec Christine,
c'était simple.
-Qui pourrait m'aimer ?
Soupir
Merci.
Merci pour tout. Merci d'avoir été là et...
Je n'ai pas les enfants. Vous venez ?
-Pardon. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Oublions ce qui s'est passé.
Ca ne voulait rien dire. -Ah...
Vous êtes sûr ? Votre langue me faisait passer un message.
Non.
-Roxane m'attend, je dois y aller. -Oui, bien sûr.
Bien sûr.
-A demain, à la PJ. -Oui.
Voilà.
Allez, au revoir. -Oui. A demain.
*-Coucou, Morgane. C'est Gilles. Sanglots
J'espère que tu vas bien. *-Morgane, c'est Daphné.
Je me demandais un peu où tu étais parce qu'on a du travail.
*-C'est le commissaire Hazan. Je venais aux nouvelles.
*-Bonjour, c'est Karadec.
Je viens aux nouvelles. Dites-moi comment vous allez.
*-Coucou, c'est encore Gilles.
*-C'est Céline. J'imagine que ce n'est pas simple.
*-C'est vide, sans toi.
*-Donnez des nouvelles. *-Vous nous manquez presque.
*-Si tu as besoin, je suis là. N'hésite pas. Je m'inquiète.
*-Il faudrait qu'on ait une conversation.
Sanglots Sonnerie et vibreur
Sonnerie et vibreur
Soupir
*-Vous avez un nouveau message.
*-Mme Alvaro, c'est encore votre banquier.
Pourriez-vous me rappeler ? Soupir
-Votre psychopathe, combien vous me payez
pour le retrouver ?
-Mmh...
Par contre, pour tes enfants, tu m'oublies.
Maladie, prise d'otages,
je m'en fous. -Je n'ai pas d'enfants.
A priori... -Ca ne me regarde pas.
Je ne suis pas baby-sitter. Aucune exception.
-Ce 1er jour se passe bien ?
Vous êtes bien reçu ?
-Très bien, merci.
-Mmh...
-Vous avez parlé à Daphné et Gilles de votre stage de psycho-criminalité
à Toulouse ?
C'est bien
pour les affaires, non ? -Ca ? Eh bien...
C'était un stage d'un mois.
Notre formateur avait... -C'est super
mais tu t'y connais en architecture jésuite ?
-Pas trop. Pourquoi ?
-Pour rien. Et en tempêtes solaires
ou en électricité,
tu es calé ?
-Brigadier, allez voir si les scellés
sont arrivés. -Bien sûr.
Pardon. -Aïe.
-Pardon. -Aïe.
-Expliquez-moi.
Ca fait des mois
que je négocie. Il ne vous plaît pas ?
-Si, il est...
-Il est sympa. -Sympa.
-Sympa. -Votre taux d'élucidation
est en baisse. Vous avez besoin d'aide.
Je sais, Morgane vous manque. On est sans nouvelles depuis 6 mois.
Il faut tourner la page. Elle l'a fait.
-2e victime.
Un dentiste
à Roubaix. Appelle l'équipe.
Demande le dossier.
-Allez.
-Roger. Ariel à toute l'escouade.
Lancement de l'opération Tire-baba dans 30s. "Do you copy" ?
-On arrive au spot des nounous.
-Sébastien et Polochon, vous êtes bien en place pour la phase
d'observation ? -C'est des surnoms pourris.
-C'est moi qui commande.
Bonne mission. Je vous aime.
-Va donner ça.
Donne à tes copains.
-Prince Eric pour Ariel. Ca va ?
-C'est dur, le dog-sitting. Pour 5E, c'est cool.
*-Attends, doudou.
C'est le comportement des maîtres
que tu dois observer.
Ursula pour Ariel. La surveillance a démarré ?
-On avait dit Roi Triton, pas Ursula.
-Je fais du dog-sitting. -On n'a pas de chien.
-Achetez-en un. Rires
*-Bonne mission. N'oubliez pas
que chaque détail compte. OK ?
-Moins vite, Monique !
-Je fais à peine du 10km/h. -C'est qui, le prof de conduite ?
-Arrêtez-vous.
Aboiements
Ah, arrêtez.
Sonnette
-Ne vous bilez pas. J'ai compris ce qui se passe.
Alors, par où je commence ?
Pouf, pouf. Oui, les coussins. Vous avez raison.
Ils bougent.
C'est assez cocasse. Quand vous allez,
tous les mardis,
à votre yoga, votre jardinier se boulotte
des bonbons
à la menthe. Une envie d'haleine fraîche.
Au même moment, la nounou des voisins
de gauche refile
leurs mioches à la nounou des voisins
de droite et elle file à l'anglaise.
Pas besoin de vous faire un dessin.
Si ?
-Oh !
-Mouah,
mouah, mouah. Ils faisaient des bisous dans votre canapé.
Pour être honnête,
ils ont 20 ans et les hormones en feu.
Ils ne faisaient pas que des bisous. Les coussins, ça volait.
Morgane rit.
Ils se sont fait une frayeur. Ils ont fait tomber votre verre
de vin
sur le tapis.
D'où...
Le tapis en sens inverse.
Ils ont planqué
la tache sous le canapé. Ingénieux. -Ah, d'accord.
Mmh...
Mais pour la bibliothèque,
ils dérangent mes livres ? Pourquoi ?
-Non, ce n'est pas eux. C'est vous, ça.
-Moi ?
-Oui.
Les antidépresseurs
que vous cachez
à votre mari.
J'imagine
que vous n'avez pas lu
la notice.
Personne ne le fait. Parmi les effets secondaires,
il y a, notamment, le somnambulisme.
Surtout si on picole
le soir.
Vous mettez
une crème
spéciale peaux sèches avant d'aller dormir.
Devinez ce que vous faites
quand vous vous levez.
Compris ?
Et le meilleur pour la fin : les poupées.
Saviez-vous que Patate avait des tendances psychopathes ?
-Patate ?
-Le chien
de la vieille Babeth.
Mon indic No1
a découvert que le clébard
est complètement barré. Il bouffe tout.
Pieds de chaises, coussins, bouffe, chaussures.
Surtout, les poupées.
Comme la vieille
veut se faire bien voir, elle le garde enfermé
sauf, d'après
mon indic No2,
le mercredi, quand elle a son petit-fils.
Elle le fout dehors.
Donc Patate peut aller décapiter
les poupées des voisines.
Le mercredi,
vous jetez les restes
du poulet rôti de dimanche.
Il embarque tout et vous fait un cadeau :
une tête de poupée.
-Ah, donc personne ne me harcèle ?
-Personne. -Vous êtes sûre ?
-Oui. -Attendez.
L'album griffonné. C'est quoi, l'explication ?
-Alors...
C'est beaucoup trop compliqué.
Croyez-moi,
ce n'est pas un psychopathe.
Du coup, pour mes 3 000E,
ça vous arrange du liquide, un virement, un chèque ?
Je préfèrerais du liquide. Comme vous voulez.
On fait comment ?
-Merci. Vraiment, merci pour tout. Vous êtes impressionnante.
-Oui, je sais. -Au revoir.
-Eh, vous ! Ne bougez pas.
Eh !
Oh ! Je vous vois, là !
Je vous vois. Arrêtez-vous.
Oui. Vous, là. Arrêtez, stop !
Stop !
Stop !
Ah !
Crissements de pneus
Arrête-toi ! Arrête !
Arrête-toi, je te dis.
Crissements de pneus
Klaxon
Klaxon Crissement de pneus
Putain...
Klaxon
Bouge-toi ! ...
Merde !
Merde.
Oh, fait chier, putain.
Putain...
-On a un suspect. 1,80m, la quarantaine.
Des témoins l'ont vu sortir du cabinet.
-OK. Avez-vous trouvé quelqu'un qui correspond
au portrait-robot ? -Pas encore. On creuse.
Gilles, les empreintes sur l'interphone ?
-Ca ne matche avec rien. -Ca ne colle pas.
-Oui ?
Brigadier Guichard ? -Il n'y a rien qui tient.
Ca m'agace.
Elle ne marche pas, la Patafix.
-A propos de l'enquête, une idée, une intuition ?
-Non.
Enfin...
C'est peut-être bête.
Les empreintes sont sur la base de données européenne
qui est mise à jour
le vendredi. Nos meurtres ont commencé lundi.
Demandons
aux autres pays s'ils ont eu
des prélèvements.
Pardon,
c'est idiot. -Ce n'est pas con.
-On peut essayer.
-C'est super, oui !
-Gilles, tu le fais ?
-Oui, carrément. -Bravo, brigadier.
Au boulot. -C'est super, on avance.
-C'est super.
-On avance.
Bris de glace Alarme
-Oh !
La porte se ferme.
*Vous croyez que je n'ai que ça à foutre, avec tout ce merdier ?
*-Le tapis,
vous le bougez ?
*-Attendez. Tout doux, bijou.
Je n'ai rien bougé. *-Vous mentez.
Alors c'est qui ? -Pardon. Moi, je mens ?
Arrêtez la picole. On entre.
-Tu es qui ?
-Attendez, attendez. Je venais faire un briefing du minibar.
Il n'y a plus de cacahuètes. -Tu viens faire quoi, là ?
-Des chips ? -Ah !
Ah...
-Les derniers prélèvements. Demain, très tôt ?
Merci de votre coopération. Au revoir.
-Ca ne vous dérange pas si je nettoie ?
-Pas du tout, je vous en prie.
Au revoir.
-Au revoir.
Sonnette Elle frappe à la porte.
-C'est vrai,
quelqu'un... -Que se passe-t-il ?
-Elle n'est pas là, votre dame ? -Non, Emilie est sortie.
-Je peux l'attendre ? C'est super urgent.
-Je sais que ma femme vous a renvoyée.
Elle était dans tous ses états. -Mais ce n'est pas à ce sujet.
Il faut que je la voie.
Sonnerie
*-Vous êtes sur la messagerie d'Emilie Fontaine.
Laissez un message.
*-Lille puait le vice et la frite molle, cette nuit-là.
Les 3 000E de ma cliente
dormaient dans mon coffre mais pas moyen de fermer l'oeil.
Quelque chose clochait.
Le mari était louche, ma main à couper.
Dans les vapeurs d'alcool et de tabac,
les questions se bousculaient.
-Qu'est-ce que tu fous ?
Il est 2h du mat. -Je fais une insomnie.
Ce n'est pas grave. Va te coucher. Allez,
laisse-moi tranquille. Va voir là-bas si j'y suis.
Soupir
*Qui était ce marlou qui surveillait Emilie en secret ?
Avais-je sous-estimé le danger qui pesait sur ma cliente ?
Dans la nuit poisseuse, une seule certitude m'envahissait :
je devais résoudre cette affaire seule.
En même temps, comme d'hab.
-Tu t'es enregistrée ?
-Non. Ca m'aide à réfléchir.
Je fais un ping-pong, une méthode américaine.
Voilà. -Et tu fumes ?
-Mais non ! Mais, oh !
-Et tu as un imper dégueu. -Je l'ai trouvé
dans les affaires de la mère d'Henri.
-Mmh...
-Il pleut dans la baraque. Tu as remarqué ?
C'est un imperméable.
C'est justifié.
J'ai un mauvais pressentiment.
Je ne le sens pas, son mari.
Quand j'y suis retournée, elle était dans la baraque.
Il a peut-être embauché le molosse.
-Appelle les flics. C'est dangereux.
Soupir -Oui, OK.
-Je vous transfère sa photo.
Inscrivez-le au FPR et diffusez.
-Tu avais raison. Les empreintes figuraient chez les Belges.
Elles appartiennent à Eric Dupas.
Sa femme l'a trompé avec son dentiste.
-Je vous laisse,
j'ai un double appel. -Donc bien joué.
-Allô, c'est qui ?
Voix masquée *-Je veux signaler une disparition.
-Je vous entends mal. Qui est à l'appareil ?
*-Euh...
Voix transformée *-Mon nom importe peu.
Retrouvez Emilie Fontaine domiciliée 35, rue des Acacias
à Bondues.
*-35, rue des Acacias
à Bondues. -C'est qui ?
-Un type avec une voix bizarre en anonyme.
La personne est-elle mineure ? *-Non.
Son mari
dira qu'elle est sortie. Son foulard est dans l'entrée.
Elle ne sort pas sans.
Elle soupire. -"Entrée", "Sort pas sans".
Je note. -Gilles,
ils se foutent de ta gueule. -Mais non !
-Allô ? Alors, la peine encourue
pour dénonciation calomnieuse, c'est 45 000E
d'amende. Va compter tes pièces avant de rappeler.
Gilles, franchement. -C'est toi,
"Gilles, franchement". -Tu es naïf.
-Ils ont raccroché. A quoi
ils servent ? -Tu devrais dire qui tu es.
Non ? -Oui.
*-Changement de programme.
Soupir
-J'en ai marre. On rentre quand ? -C'est clair.
Ca, c'est être en vacances. Pourquoi
on ne va pas 3 semaines chez Ludo ? -Bonjour, la solidarité familiale.
Vous voulez l'électricité ? Il faut mettre la main à la pâte.
Voilà.
Chouffe,
chouffe, ça sort. -Ah, il sort.
-Et il va...
Et il va...
Et
il va...
Chez le fleuriste, sérieux ?
Il séquestre sa femme et va chez le fleuriste ?
Chelou, non ? -Mmh...
-Putain, des roses rouges. C'est
pour une femme. Il se tape une autre nana donc il a...
Il a ?
-Une maîtresse ?
-Un mobile, bordel ! Un mobile.
On avance. -Il se barre,
surtout. -Oh, putain.
On part en filoche.
Elle démarre.
-Il est là.
Le téléphone sonne.
-Lieutenant Vandraud, j'écoute. *-Ecoutez-moi bien.
Ce type est un multirécidiviste.
Il a zigouillé sa 1re femme. Il va buter la 2e.
*-Arrêtez de m'appeler ou vous aurez des problèmes.
*-Ce type, c'est Barbe bleue, OK ? Si vous ne m'aidez pas,
vous le regretterez. Dites-moi comment est morte sa 1re femme.
Andréa Fontaine, décédée en 2019.
C'est une question de vie ou de mort.
-D'accord, vite fait.
Je n'ai pas que ça à faire.
Andréa Fontaine. OK.
Alors, 4 octobre 2019.
D'après le procès-verbal de l'époque,
"Cause de la mort : suicide".
Voilà, c'est un suicide.
*-Un suicide ?
-Elle s'est jetée d'un pont. Son mari a un super alibi.
Il a dit qu'il était au Cap.
*-Au Cap ? *-Oui, au Cap.
C'est une affaire classée. Ce n'est pas lui.
Je vais raccrocher et vous ne me rappelez plus.
Voilà, on arrête. *-Non.
Attendez, attendez.
Euh...
Et vous, sinon,
la vie, tout ça,
comment ça va ?
-Eh bien...
Ca va bien. Oui, ça va.
Enfin... *-Hou...
C'est un petit "oui", ça.
*-"Un petit oui", non. -Vous êtes déprimé ?
-Non, ce n'est pas ça. C'est que je me suis bloqué
le cou, cette semaine.
J'ai appelé
mon ostéo, il est en vacances.
Je n'ai pas eu de rendez-vous. *-Merde.
Vous avez essayé de mettre du chou ? Des fois, ça ne marche pas mal.
-J'ai essayé mais ça ne fait rien.
Je suis un peu stressé. Sonnerie
On est sur une grosse affaire,
au bureau. *-Quel genre d'affaire ?
-Le tueur a attaqué
un cabinet. Il y a des otages.
-Je vous laisse. Au revoir. *-Non,
attendez.
Soupir
Alors,
notre victime présumée n'a pas donné signe de vie
depuis hier soir.
Qu'est-ce qu'on sait ? On sait que depuis quelques temps,
elle était surveillée par un gars de type patibulaire, la quarantaine,
baraqué, non identifié.
Mais surtout, surtout, qu'est-ce qu'on sait ?
On sait qu'elle est mariée au très chelou Maxime Fontaine,
architecte de son métier,
et marié, auparavant,
avec une certaine Andréa
qui se serait soi-disant suicidée en 2019.
Sachant tout ça, qu'est-ce qu'on fait ?
-On commande à manger. C'est trop long, le barbecue.
-Non mais sérieux ! -Arrête, arrête.
Arrête. -On creuse
sur la 1re victime. Voilà ce qu'on fait : on creuse.
Allez me déterrer tout ce qu'il y a à savoir sur cette nénette.
Eliott, qu'est-ce que tu as ? -5 Andréa Fontaine
sur Copains d'avant. -OK.
-J'ai demandé
si elles étaient mortes. Aucune réponse.
-D'accord. Donc résultat mitigé mais il y a de l'initiative.
Ca, ça me plaît. Je dis bravo.
Théa, qu'est-ce que tu as ? -Euh...
-Tu te fous de moi ?
Tu es sur TikTok. -Oh !
-Tu veux que cette boîte marche ? Mets-y du tien.
-Tu nous saoules. Il n'y a rien sur elle
sur Internet, ni sur Facebook, ni sur Instagram.
Ton business est pourri. Si elle est morte,
comment elle nous paiera ?
-Sérieux ?
Oh, putain !
Oh, putain ! Comment vous avez tout faux, la gen Z.
Ce n'est pas sur Internet, c'est au grenier.
Soupir
La presse locale est une mine d'or et coup de bol, la mère d'Henri
n'a rien jeté
depuis 1950.
Ah, 2019.
2019, j'ai. Attends, août.
Septembre.
Octobre !
Les faits divers.
OK.
-"Andréa Fontaine".
-"Le suicide inexpliqué
d'une instit appréciée."
-"Elle a mis fin à ses jours sans explication et laisse
son époux dans la douleur".
-"Son mari,
"en déplacement,
a été averti de sa mort et a pris le 1er avion pour rentrer."
-Il a bien un alibi, ton suspect.
Soit tu te fais des films, soit il est trop fort pour nous.
-D'où il est trop fort pour nous ? Donne-moi 5mn.
On étudie le truc, quand même. -Maman !
Pour enquêter
gratuitement, retourne chez les flics.
Soupir
-J'ai compris.
Il n'était pas au Cap. Regardez sur la photo.
Le journal.
Là, la grille de mots croisés.
Elle n'est pas symétrique.
Elle n'est pas symétrique !
Les 3/4 des grilles
de mots croisés sont symétriques, une symétrie radiale à 180 degrés.
Si tu tiens ton journal à l'envers, ta grille a la même gueule.
OK ? La symétrie
des grilles est une convention établie en 1924 par les amateurs
de mots croisés.
Pourquoi ?
Personne ne s'en souvient.
C'est une règle respectée par tous : les Américains, les Japonais,
les Indiens,
les Sud-Africains sauf...
Dans le mille, Emile.
Les Français et les Italiens.
On ne peut pas faire
comme tout le monde. Bref, cette grille n'est pas symétrique.
Ce journal ne vient pas
d'Afrique. Il n'était pas au Cap, il l'a tuée.
-Elle vient peut-être
de Paris, avec son journal. En avion.
-Très bonne objection.
Ca, ça m'intéresse.
Que fait-on, Eliott ?
-Euh... -On check.
Tu vas me trouver le calendrier lunaire
d'octobre 2019,
s'il te plaît. -Pour quoi faire ?
-Tu vas voir. -Check.
-OK.
Pouf, pouf.
4 octobre 2019, 1er croissant de lune. OK.
Et là, sur la photo,
qu'est-ce que je vois ?
1er croissant de lune.
-C'est pareil, oui.
-Il dit être dans l'hémisphère sud.
Nous, on est dans l'hémisphère nord.
Je vous explique.
Show laser !
Vous voyez, au-dessus de la Petite Ourse, le "W" ?
C'est Cassiopée.
L'étoile
qui brille plus
que les autres n'est pas une étoile. C'est Jupiter.
-Et du coup ?
-Les gens de l'hémisphère sud
ne voient pas les mêmes constellations.
Vu qu'ils ont la tête en bas, ils voient la lune
à l'envers.
Donc si cette photo
avait réellement été prise à Cape Town
qui est en Afrique du Sud, le croissant de lune devrait être...
-Inversé.
-Exactement.
Conclusion :
notre suspect s'est fait
un alibi béton.
Il a buté sa 1re femme
et a fait passer sa mort pour un suicide.
Voilà.
-C'est super. -Oui. Enfin, pas pour la nana
mais c'est super qu'ont ait trouvé le truc.
Voix transformée *Il a menti. Il n'était pas au Cap.
-Je ne peux pas vous parler.
J'ai besoin de la ligne. *-Non,
allez-y maintenant car il va zigouiller la 2e,
si ce n'est déjà fait. -Tu fais quoi ?
-C'est mon corbeau, il est collant. -Passe-moi ce téléphone.
On bosse, là.
OK ?
C'est clair ?
Allô ?
Allô ?
Coup de feu -Viens là, doucement.
-C'est chaud, là, Gilles. ...
On y va ? Tu es prêt ? OK. Il soupire.
Go, go, go, go, go !
Elle soupire.
Applaudissements
...-Oh...
-6 otages sains et saufs. Le tireur n'a tiré que sur Gilles.
-Ca arrive souvent ? -Oui. Ca finit rarement aussi bien.
-Dans ce métier, il faut savoir se sacrifier.
Bienvenue dans l'équipe. Rires
-Bon... -Allez.
-Dupas est mis en détention pour assassinat et on a reçu
les félicitations du directeur.
Bravo, les gars. -Nickel.
-Vous finissez vos PV
et on va tous fêter ça. C'est ma tournée.
-C'est à qui, ça ?
C'est à vous ?
-Non. -Non.
-Non.
-Du coup, je jette ?
-Oui, jetez.
-Les techniciens ont appelé
pour ton corbeau.
Ils vont faire remonter l'appel. -Non, c'est quelqu'un qui est seul.
-Tu es sûr ? -Ce n'est pas la peine.
Cette histoire du mari qui zigouille
sa femme, c'était pour parler. -"Zigouiller" ?
Il a dit ça ?
-Oui, pourquoi ?
-Il t'a appelé sur ton portable ? Tu lui as filé ton numéro ?
-Je ne vais pas filer mes coordonnées.
Comment il a fait ?
-Il ou elle ?
-Tu penses
que c'était...
Oh...
-Qui est-ce ?
-Passe-moi les traces de l'appel.
-Oui.
-Merde, merde ! Un chien aboie.
-Qui est là ?
Il ferme la porte.
-Oh, putain. Oh, putain.
-Mains en l'air. Ne bougez pas.
-Je vous l'ai dit. Elle fouille partout.
-Tu ne bouges pas. -Oui.
-On a un homicide.
-Evidemment, les apparences ne jouent pas en ma faveur.
Je vous jure, ce n'est pas moi.
Entendu ? Ce n'est pas moi.
Mais lâchez-moi.
Je vous dis : ce n'est pas moi.
Sous-titrage EVA France ST'501
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