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6 h 04, le jeudi 26 septembre.
Bonne journée et bienvenue sur 87,5 FM.
Avant de passer aux prévisions météo,
l'Agence France presse annonce à l'instant
que l'ancien président français, Jacques Chirac est décédé.
Il est mort, donc, à l'âge de 86 ans,
et la nouvelle vient de sa famille.
Donc, décès au cours des dernières heures
de l'ancien président français Jacques Chirac, 86 ans.
On aura plus de détails, évidemment, au cours de la matinée.
Maintenant, pour ce qui est de la météo...
Tu as fait un mauvais rêve ?
Non.
Maman ?
Maman ?
D'abord, avertissement de vent, des rafales de 90 km/h.
Les meubles de patio, attention,
ça risque de voler un petit peu !
Alors, passage d'un front froid aujourd'hui, on le sent.
Ça va toucher surtout les secteurs du sud en soirée,
et, un peu plus tard, début de nuit
pour les secteurs un peu plus au nord.
Alors, ça va souffler ce soir et cette nuit.
Beaucoup de pluie à venir pour ce corridor,
le Matagami, Chibougamau et Manicouagan, là,
une cinquantaine de millimètres de pluie à prévoir...
Eh !
Je te dirais que t'es matinal, mais avec le bruit qu'on fait !
Ah, regarde...
T'es habitué, comme dirait l'autre !
Comment Mado prend ça, là, de... de revenir à la maison ?
On n'a pas trop eu l'occasion de s'en parler.
Je pense qu'elle est contente de retrouver ses petites photos, ses affaires, mais...
Mais voir des gars faire des travaux
pour qu'on vende avant que tu casse ta pipe...
Ouais, c'est certain. Qu'est-ce que tu veux...
Bien, il faut que j'aille conduire la fille de mon frère.
- Eh, Denis ! Denis ! - Oui ?
Les gars m'ont remis ça tout à l'heure quand je suis arrivé.
C'est quoi, ça ?
Ils ont pas voulu s'en débarrasser, et tout à coup...
C'était enterré à 3, 4 pieds de profondeur, quand même !
Je me suis dit : « Attends une minute, toi, là !
« Hein, c'est peut-être à Denis, c'est peut-être à ses frères,
« ou... ou à...
« ... peut-être à sa sœur, va savoir. »
Ça se pourrait que Mireille ait laissé ça derrière elle ?
Non, ça me dit rien du tout.
Merci. - Pas de trouble !
- Salut ! - Pas de souci !
♪♪ Krève, Krève, Krève ♪
♪ Bouge ta tête de mort ♪
♪ Envie de meurtre, à qui le tour ♪
♪ Ça fait quinze ans que je tourne en rond ♪
♪ Sans savoir après qui je cours ♪♪
Marie-Soleil !
Il va falloir que je la jette par la fenêtre, cette maudite chaîne stéréo là ?
Baisse-moi ça !
- Ah, my God ! Ta gueule !
Qu'est-ce que tu as, toi, ce matin ?
Alors, événement à caractère haineux
en face de l'hôtel de ville tôt ce matin.
Les autorités confirment
qu'il s'agirait probablement d'un règlement de compte
oui, car tout ça a eu lieu au pied du mât de l'hôtel de ville,
qui tenait le drapeau de la fierté gaie,
auquel on a mis feu vers 5 h 00 ce matin,
drapeau installé depuis 24 heures à peine.
Il a pas fait long feu, j'ai envie de dire !
Oh, Martin !
C'est maintenant le retour aux dernières nouvelles...
Marie-Soleil !
C'est la dernière fois que je te le dis !
Ferme-moi ça, viens boire ton smoothie, ton oncle Denis arrive !
Bon, c'est bon, ça !
Eh boy, princesse ! Nouveau look ?
Beurk ! M'appelle-pas comme ça !
Marie-Soleil ! Ton smoothie !
- Bon matin. - Bon matin !
Ah, pas chaud...
Eh ! Entre ça puis une claque sur la gueule...
Ah, regarde, je prendrais la claque.
Au moins, ça s'arrête là, pas besoin de t'obstiner !
- Tiens, tu lui donneras ça. - Merci.
Inquiète-toi pas, Chantal, t'es pas toute seule dans ton cas.
Sonia est en plein dedans avec les filles.
Ça mange de la merde toute la journée, puis après ça, ça te traite comme de la merde.
Comment ça se passe, toi ?
Ah... ça va bien, là. Je suis censé les avoir, là.
- Hein ? - À la fin de Thanksgiving.
- Ah ! - Oui !
Oui, mais là-bas. Donc, je vais devoir y aller en voiture.
- À Moncton ? - Hum, hum. - Voyons ! Elle est bien folle, elle !
Ça va me faire du bien, de toute façon, j'aime bien conduire, moi.
Je vais m'occuper de le dire à Julien moi-même, là, mais...
le médecin est passé hier, puis Mado, là...
c'est une question de jours.
Hum.
Avec les résultats qu'il a vus, là, ça fait que...
Bien désolée, mon Denis.
C'est ça ! Fini, les miracles, hum !
Ouais.
Eh...
J'aide Elliot à s'installer cet après-midi.
- Hein ? - Oui ! Premier appartement !
Hein, c'est aujourd'hui ?
Bien, ils lui ont donné son congé, là, pour qu'il voie sa mère un peu.
Oh !
Regarde, tu vois ?
Ça va être une belle journée, mon Denis, je le sens !
- Regarde, on se croise les doigts ! - Ça va être une super journée !
- Un jour à la fois, hein ! Lâche pas ! - Oui !
Il lui en reste pas long, c'est ça ?
Comment ?
Bien, grand-maman, là !
Il lui en reste pas long, c'est ça ?
Écoute, ton père va t'expliquer ça
quand il rentrera ce soir.
- O. K., ma chouette ? - O. K.
Borduas écrit qu'il réclame
un monde axé sur la créativité désaliénante,
seule possibilité de libérer
l'homme annihilé par les pouvoirs oppresseurs.
Bon !
Cette notion-là, de libération
à travers une...
création sans restriction,
une création presque... anarchiste,
violente,
on la retrouve ici dans ces peintures de Borduas.
On parle de défocalisation, d'apolitisme,
d'« all-over » composition,
comme dirait le critique Clement Greenberg,
et pourtant, on a peine à croire au désengagement de Borduas.
Regardez ici.
Ces deux lignes rouges parallèles sur fond contrasté d'un blanc si pur...
Oui ?
Monsieur... M. Larouche ?
M. Larouche, vous avez une question, une observation ?
Vous vous êtes levé, vous...
Je vous ai choqué peut-être, c'est ça ?
Non, non...
Euh, excusez-moi, c'est bon.
Bon ! Pour ma part, cette agressivité...
♪ Bonne fête, Elliot ♪
♪ Bonne fête, bonne fête ♪
♪ Bonne fête, Elliot ♪♪
Comment tu te sens ce matin ?
Euh, bien.
Bien ?
Bien, Michel... bien.
Euh, je... Fier.
C'est sûr que je suis fier.
Ah !
O. K.
Alors... euh...
Bien, je pensais pas, en fait que j...
que je pouvais tenir le coup.
- Hum.
- En fait, je... - Hum, hum !
Je pense pas que je me sois jamais senti... aussi bien.
Non, c'est... Être fier comme ça, c'est... c'est...
Je sais pas.
Tu sais...
... j'ai jamais rien fait.
J'ai jamais rien bâti, accompli, ça fait que...
Tu sais, t'as trente ans, tu vis chez ta mère qui te paye...
ton linge, ton épicerie...
- Oui. - Ça fait que...
Non, pour moi, cette fierté-là...
Non, c'est bien nouveau, cette fierté-là.
Elliot...
Tu sais que Marcel et moi, on penche plus vers la permission
que le congé définitif, hein.
Mais vu les circonstances,
et puis tes frères, qui ont sans doute besoin de ton aide,
on peut pas t'empêcher d'être présent
à un moment charnière comme celui-ci,
même si ce moment-là, précisément...
ce moment-là, c'est une menace pour toi,
une menace comme, hein... Vanessa en représente une.
Non ! Ça, là, c'est fini, c'est du passé, je te le dis.
Non.
- Mais... - C'est fini.
Les moments qui t'attendent, Elliot...
Bien... c'est juste humain de penser à quelqu'un comme elle
qui te comprend, qui te juge pas...
Mais...
Mais sachant qu'elle a raté les deux dernières réunions.
Et puis, la mort de Mado,
bien, la mort prochaine de Mado,
la mort qui flotte...
... c'est quelque chose, ça !
T'es fragile, Elliot.
On peut être fort, mais fragile à la fois.
Et comment est-ce que Julien vit ça, lui ?
Ça fait... Oh boy...
cinq, six ans, qu'on l'a pas vu dans les réunions.
Julien, il ne boit plus, il ne consomme plus, il est clean...
Non... oui, ça va faire douze ans en fait.
Puis, là, il a repris... il a repris les études.
Je pense que ça le...
ça lui donne quelque chose à quoi... s'accrocher.
Et euh... il gère ça comment, votre mère ?
Bien, tu sais, Julien, ça a tout le temps été le plus proche, le préféré,
ça fait que je pense qu'il en bave.
Mais... Chantal est là, comme toujours.
Elle le raisonne, elle le calme.
Je lui fais confiance. Tout le monde lui fait confiance, en fait.
Chantal, c'est un petit peu comme la colonne vertébrale, tu sais, de la famille,
qui... qui brisera pas, qui fait en sorte que...
qui nous permet de nous tenir droits.
Mais c'est Denis qui...
qui nous garde ensemble, ça c'est sûr.
Il est tout le temps là à réparer quelque chose,
à réconcilier le monde...
Denis, le grand Denis !
Il s'est toujours occupé de moi.
C'est mon frère, mais c'est un peu aussi le père que j'ai jamais eu,
puis le père de... le père de toute la famille,
parfois, on dirait.
Non, je pense que ma mère...
que ma mère va être fière de me voir tout à l'heure.
Je suis reconnaissant pour ça.
Puis, je le remercie.
Je le remercie, parce que...
si je devais pas sortir aujourd'hui, je serais pas sorti.
Ce qu'il faut qu'il arrive, arrive, puis...
Allez, toi !
Puis c'est à nous de faire avec le reste.
Bien voyons ! Woh !
Je vais aller en fumer une !
Ça sort d'où cette saleté de vent-là, bordel ?
Nicole...
Nicole ?
Nicole ?
Nicole !
Allô ? Allô ?
Oh, c'est toi, Mimi !
Mme Larouche, que c'est que vous faites là ? Voyons donc !
Qu'est-ce que...
Hein ? Attendez !
Téléphone...
Quoi ? Quoi, le téléphone ?
- J'appelle Denis ? - Non...
- Denis, Julien ? - Non...
Mme Larouche, je sais pas quoi faire ! Ça n'a pas de sens !
Il faut que je vous ramène à votre lit !
Nicole ? Attendez, bougez pas !
Nicole !
Nicole ! Attendez... Nicole !
Comment vous êtes arrivée jusqu'ici ?
- Je veux... téléphoner...
Il faut que je parle...
Je veux parler au téléphone...
O. K., j'appelle Denis !
Non, non... je veux pas Denis,
je veux Julien, je veux Julien, pas Denis !
Je veux... je veux téléphoner...
Oh, Seigneur !
À qui vous avez besoin de parler, Mme Larouche ?
Ça a dû te manquer, ça, c'est normal.
Quoi ?
Ça, là.
Manger de la merde.
Ça fait cent vingt jours que je mange de la merde,
plus ou moins, hein ?
Eh, viens ici ! Viens ici !
- Denis ! Denis... - Hein ?
- Denis ! - Je suis content de te voir !
T'as pas besoin de faire ça !
Voyons, voyons ! Bordel, merde ! J'ai le droit de te toucher !
Pas forcer de même, là, c'est whack !
Bien non, mais voyons ! J'ai le droit de toucher mon frère !
Ça me fait penser...
Ah, bordel, Vanessa, merde...
C'est à toi, ça ?
Hein ?
C'est les gars qui ont trouvé ça dans la cour.
En creusant.
Ils se sont dit que ça devait être à nous.
Bien, à toi ou à Ju, parce que moi, j'ai jamais vu ça, cette boîte-là.
C'est pas à moi du tout. J'ai jamais vu ça de ma vie.
Ah ! Ça doit être à Julien.
M. Larouche ?
Vous avez deux, trois minutes ?
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Non, rien.
- Excusez-moi pour tout à l'heure, j'étais... dans ma tête.
Je préférerais que vous soyez dans mon cours.
Je vous taquine, M. Larouche.
Dites-moi, Julien, j'ai...
j'ai beaucoup aimé votre exercice d'appropriation. C'est très réussi.
- Ah ? Merci ! - Très réussi,
cette espèce d'interrogatoire qui m'a évoqué la charge de l'orignal, évidemment.
Et puis non, ce protagoniste que vous avez créé,
joueur de base-ball, star du village,
qui se sacrifie comme ça pour...
pour défendre son pote,
mi-homme mi-renard...
C'est original !
C'est venu d'où, cette idée ?
Nulle part, c'est juste... c'est juste un devoir.
Oui, bien sûr.
Ah, bon week-end, M. Larouche !
En fait...
j'ai...
j'ai joué quand j'étais jeune... au base-ball.
Oui, je... J'avais compris, oui.
Mettons que la joie de vivre, ces temps-ci, on repassera !
Je suis assez stressée, là !
Pour moi,
ils vont enterrer leur mère, ils vont me balancer dans la tombe d'à côté !
T'as pas le monopole de la merde non plus, Chantal !
Ah ben tu m'étonnes !
Mado qui est en train de mourir, là...
Je l'aime, Mado.
Mais à force, on en arrive à ne plus savoir.
C'est fini ? C'est pas fini ?
Voyons !
Mon Dieu, cette famille-là, là...
Ils en ont bavé.
Ça fait vingt ans que je suis dans la famille, ils ont pas eu un moment de répit en vingt ans.
Eh, là, je te dis tout ça, Karine, mais tu gardes ça pour toi, hein ?
Non, non, je sais que tu sais...
mais c'est juste que des fois, avec tous leurs problèmes,
on dirait que c'est toujours nous autres qui écopons.
Marie-Soleil,
Julien,
moi...
- Je suis là, moi aussi, là ! - Bien oui, t'es là.
- Ouais...
Ma surprise est dans quatre jours, tu sais...
Bon, j'en ferai pas une maladie, là, mais j'ose espérer que ça tombera pas à plat.
Mais voyons donc !
Je veux pas faire mon égoïste, mais...
- Eh ! Toi, tu viens, là ? - Bien, on vient avec toute la bande !
C'est ça !
Ça fait deux semaines que je répète ma chanson.
Eh, arrête !
Eh, j'ai tout organisé : le bar, la guest, le DJ, le...
tout est réservé depuis trois mois, payé !
Là, ça reste un surprise même si je suis pas surprise, hein ?
Bien certain !
Je veux juste que tout soit parfait, tu sais.
Y a jamais rien de parfait, tu me diras.
Ça commence à faire un méchant bout que j'ai pas vu Julien dans les réunions, hein.
Comment est-ce qu'il va ?
Vas-tu me le dire, ton nom ?
Tu le sais, mon nom.
C'est Crystal.
Eh oui !
Moi, c'est Pablo !
Tu sais qu'on n'a pas le droit de le dire, notre nom, Julien ?
Mais ça fait trois fois qu'on se voit !
Oui...
Carole.
Je m'appelle Carole. C'est moins chic, hein ?
Non, j'aime ça, moi, Carole.
Elle, la petite, ça doit être une Josiane.
Presque.
Marie-Soleil.
Eh bien ! Marie-Soleil.
En tout cas, elle, c'est une Chantal.
T'as les yeux tristes, toi.
Le monde est tout triste.
Ouais... je t'ai pas dit que t'étais triste.
Je t'ai dit que t'avais les yeux tristes.
Ah, je suis juste...
je suis stressé ces temps-ci.
Mon petit frère qui sort de désintox,
ma mère qui est sur le point de mourir...
ça me donne pas envie d'être sympa,
puis que quelqu'un me regarde dans les yeux quand je baise,
qui m'en fasse voir.
Ouais.
Mais... elle a l'air sympa.
Puis, elle est belle.
Ça va être trou de cul, ce que je vais dire, là, mais...
on dirait que je la respecte trop pour qu'on baise.
Ah ! Puis moi, tu me respectes pas, c'est ça ?
Eh, eh, relaxe...
Je te taquine.
Tu sais bien que je le prends pas pour moi.
C'est pas que je te respecte pas, c'est...
c'est que je te connais pas.
Puis, que toi non plus, tu me connais pas...
puis c'est justement ça que j'aime.
Je vais vous chercher ça, Mme Larouche, mais vous bougez pas, par exemple, hein !
1991...
91, 91...
Mme Larouche, c'est le passé.
Elliot ?
Vous arrivez au bon moment, je pense.
Bordel, pousse-toi !
Dégage !
Bordel !
J'ai euh...
J'ai honte de ton frère.
Honte ?
- Ton frère...
Oui ?
J'ai honte de ton frère...
Calme, calme, je suis là.
Je suis là, maman. Je suis là. Calme-toi.
Ah oui, des nouveaux cheveux...
- Les cheveux... - Oui, j'ai changé...
Je pensais que t'aimerais pas ça.
Essaie de dormir... Hein, mon bébé...
T'es mon bébé...
Est-ce que vous avez parlé à Denis ?
Denis est sur le chantier.
Ça se peut pas...
Maman, arrête...
Ça se peut pas...
- Hello ! - Hello !
Pour moi, ça va retomber !
- Puis ? Puis ? Puis ? - Bien, écoute...
C'était bien, c'était une belle soirée.
Non, arrête ! Arrête !
Combien ? Je suis une fille de chiffres, moi !
- Monique, je veux trinquer ! - Tiens, tiens, tiens, tiens !
Attends, je vais m'en remettre un petit peu.
Tiens ! Bon ! À tes prochaines élections !
À nous, chérie ! À nous !
Tu sais comment Leclerc m'a regardée ce soir ?
Eh, il peut fermer sa gueule un peu, lui ?
Comme si j'étais...
un insecte !
Et je peux te dire...
Ils ont peur de moi, mon amie ! Ils ont peur !
Bien, c'est sûr, Mado ! Évidemment !
- Ils ont peur ! - Mado, combien ?
Ils s'imaginent... 34 000.
Ah ! 34 000 !
34 000 !
Je sais !
Eh, ça va nous en faire, de la belle pancarte électorale !
Regarde, j'en veux partout, c'est pas compliqué !
Mais ils s'imaginent que je « pogne »...
Que je déteste ce mot !
- Moi aussi, je hais ça ! - ... avec mes beaux vêtements,
mon beau sourire, et tout le tralala !
- J'entends des gens ! - Je sais bien !
- J'ai des idées ! - Je sais !
Et ils sont prêts, Momo ! Oui, oui, ils sont prêts !
Ils sont prêts pour une femme !
Ils sont prêts pour une leader !
- Ils sont prêts pour... - Un pays !
Oui ! Non, pas oui, non !
Non, non, pas un pays, mais pour une langue,
une langue bien parlée, bien écrite, et sauvegardée !
Oui, oui ! Mais une langue, chérie, pour ça, il y a le Bloc !
C'est un parti qui veut un Québec autonome...
- Bien voyons ! - Ça te ressemble, ça, Mado !
Jean Lapierre, excuse-moi, cherryberry, un existentialiste
qui sait pas comment se brancher !
Ah, parce qu'un Jean Chrétien, c'est mieux ?
Un cours de diction à Ottawa, ça serait pas le Pérou, non ?
Oh ! Langue sale !
Je devrais te laver la langue au Irish Spring !
Écoute, autant que tu me la laves en français, ma langue !
Bon, des frites !
Pierre, franchement !
Il faudrait que t'apprennes à leur dire non à un moment donné !
Ils dormiront pas de la nuit avec ce sel-là dans le sang !
Je passais devant Patates à Momone, la dernière fois, j'avais pas payé.
- Menteur ! Pfft ! - Encore des bonnes vitamines !
Eh, Laurier ! Tu vas avoir du mal à viser à viser droit
avec tes trois steamés moutarde-chou !
Ouf ! Eh boy, as-tu vu ça, Mimi ?
C'est pas à soir qu'il va se faire drafter, hein, notre Laurier !
Just watch me.
Nos fils ont de quoi frimer, y a pas à dire, hein !
Ils sont assez beaux !
Aïe, aïe, aïe !
Avec le repêchage qui s'en vient l'été prochain,
toi puis tes projets de mairesse,
ça commence à nous en faire, ça, des lampions allumés !
Eh, dis-moi donc, toi...
qu'est-ce que c'est, ça...
Mimi qui est rentrée chez Mme Lagarde en pleine nuit ?
C'est quoi, cette histoire-là ? C'est des menteries, ça ?
Écoute, je sais pas.
Une lubie, une illumination.
Elle voulait voir de quoi ça avait l'air chez le voisin.
C'est ça qu'elle m'a dit.
- Eh ben dis donc ! - Je sais !
Elle ne supportait peut-être plus ton papier-peint !
Ah bien là, s'il faut qu'on recommence à décorer
pour garder les enfants dans leur lit,
on n'a pas fini de la payer, cette hypothèque-là !
Bien non ! Voyons, Mado ! Oublie ça, cette histoire-là !
On en a tous fait, des folies, quand on était petits !
- Oui, oui, je sais. -Ça passe, ça passe.
Ta fille va rester dans son lit bien bordée,
nos deux gars s'en vont dans les ligues au States,
merci, bonsoir !
- Oh ! - On va aller se coucher !
Bon bien, Monique, merci pour le drink ! À demain !
Bye, bye, cherry !
Laurier, envoie !
- Allez, Julien, dépêche ! Allez, dépêche-toi !
Je suis là, maman. Je suis là.
Maman, je suis là.
Pas toi...
Pas toi.
Pas toi.
♪♪ Quand vous mourrez de nos amours ♪
♪ J'irai planter dans le jardin ♪
♪ Fleur à fleurir de beau matin ♪
♪ Moitié métal, moitié papier ♪
♪ Pour me blesser un peu le pied ♪
♪ Mourez de mort très douce ♪
♪ Qu'une fleur pousse ♪
♪ Quand vous mourrez de nos amours ♪
♪ J'en ferai sur l'air de ce temps ♪
♪ Chanson chanteuse pour sept ans ♪
♪ Vous l'entendrez, vous l'apprendrez ♪
♪ Et vos lèvres m'en sauront gré ♪
♪ Mourez de mort très lasse ♪
♪ Que je la fasse ♪
♪ Quand vous mourrez de nos amours ♪
♪ J'en ferai deux livres si beaux ♪
♪ Qu'ils vous serviront de tombeau ♪
♪ Et m'y coucherai à mon tour ♪
♪ Car je mourrai le même jour ♪
♪ Mourez de mort très tendre ♪
♪ À les attendre ♪
♪ Quand vous mourrez de nos amours ♪
♪ J'irai me pendre avec la clef ♪
♪ Au crochet des bonheurs bâclés ♪
♪ Et les chemins par nous conquis ♪
♪ Nul ne saura jamais par qui ♪
♪ Mourez de mort exquise ♪
♪ Que je les dise ♪
♪ Quand vous mourrez de nos amours ♪
♪ Si trop peu vous reste de moi ♪
♪ Ne me demandez pas pourquoi ♪
♪ Dans les mensonges qui suivraient ♪
♪ Nous ne serions ni beaux ni vrais ♪
♪ Mourez de mort très vive ♪
♪ Que je vous suive ♪
♪ Que je vous suive ♪♪
Ah !
Il y a un problème avec le corps.
Julien, arrête ! Qu'est-ce que tu fais ?
Voyons donc, t'as même pas de parapluie !
À quoi t'as pensé, bordel ? Pourquoi tu l'as appelée ?
Ça t'a pas traversé la tête de me le dire ?
Bien oui, mais tu savais bien que ça arriverait !
Voyons donc, dans quel monde tu vis ?
- Va chier, Chantal ! Va chier ! - Ah bien non, par exemple !
Non, tu me parleras pas sur ce ton !
Julien, attends !
Shit !
Salut, Julien !
On n'est pas obligés de se parler.
On n'est même pas obligés de se regarder.
Mais c'est moi qui embaume le corps de maman.
O. K. ?
Adaptaté du français canadien et synchronisé par eMartini
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