Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
[musique inquiétante]
[Bakary, en peul] Où suis-je ?
[craquement]
J'entends des sons étranges.
[musique inquiétante]
Est-ce l'orgueil qui a conduit mes pas ?
Qui prend soin des miens ?
[musique inquiétante]
Attends, il y a quelque chose, là.
[musique inquiétante]
[Bakary] Mon Dieu, qu'ai-je fait ?
[meuglement]
Hé, hé, hé !
[meuglement]
[sifflement]
Hé, hé !
Hé !
[Thierno] Papa !
Hé !
[meuglements]
- [meuglements] - Hé !
Hé !
[Bakary] Retiens-la. Si elle bouge, elle pourrait se blesser.
On y est presque.
- Doucement, doucement... - [meuglement]
C'est rien.
C'est rien, c'est rien.
Voilà.
C'est bon.
Donne le tissu.
Voilà.
[Bakary] Son terrier ne doit pas être loin.
Le troupeau l'a perturbé.
Il est venu monter la garde.
[musique douce]
- Bonsoir. - Bonsoir.
[Sidibé] Papa !
[il rit]
- Pas trop fatigués ? - Non. Merci.
[musique douce]
C'est bon.
C'est pas propre ?
- Et maintenant ? - Non...
- C'est propre ! - Non.
- Et maintenant ? - [rires]
Mange !
Je t'en coupe un morceau ?
- Tu veux du citron ? - Oui.
Merci.
Ils ont attrapé 4 jeunes à Mawoundou.
Maintenant, ça fait 10 villages raflés.
Si on ne donne pas nos fils, les Français emprisonnent les chefs.
On doit refuser.
Oui.
Il faut négocier.
Ils ont des armes. C'est impossible.
On ne peut pas les laisser faire.
On doit cacher nos fils.
- Dieu nous aidera. - Inchallah.
- Encore ? - Non.
[meuglement]
Tiens.
[chant des grillons]
[grondement au loin]
Thierno. Viens.
Les Français arrivent.
Viens, viens.
Viens, on y va.
Thierno, que Dieu te garde.
Je reviens avant la nuit. Viens.
- Tu resteras une nuit avec lui ? - Je ferai au mieux.
[musique inquiétante]
Reste caché jusqu'à ce que je revienne. T'as compris ?
Oui.
[cris et coups de feu]
Viens, vite !
Cours !
[coups de feu]
Pars !
T'arrête pas !
- [Bakary] Cours, Thierno ! Cours ! - [coups de feu]
[musique inquiétante]
[des enfants sanglotent]
[musique sombre]
[Sidibé] Papa,
il est où Thierno ?
Il va revenir.
- Oui. - Oui.
Hé...
Regarde-moi.
Pour l'amour de Dieu, ne te trompe pas.
[musique sombre]
[un homme dit une prière]
- [en français] Allez, allez, on y va. - [brouhaha]
Ouvre la bouche.
Ton nom.
- [en peul] Comment tu t'appelles ? - Bakary.
Nom de famille ?
- Dieye. - [en français] T'écris ça comment ?
D-I-E-Y-E, chef.
Ton âge.
[en peul] Ton âge ?
30 ans.
[soldat] 30 ans, chef.
Incorporé.
Bravo, soldat, pour ton entrain
à venir défendre maman patrie.
- [en peul] C'est bon ? - [soldat] Lève-toi !
- Allez.
[brouhaha]
Dépêche-toi. Dépêche-toi.
[chant des grillons]
Thierno.
C'est moi.
On y va, lève-toi.
Va, va ! Va.
Par là, par là.
[murmures]
[Bakary claque sa langue]
Allez-y.
[murmures]
Allez !
- [en français] Alerte ! - [coups de feu]
[en peul] Ne dis pas que je suis ton père.
[soldat] À genoux ! Ne bougez pas !
[Bakary] Mon frère, aide-moi !
On a besoin d'hommes au village...
[en français] Foutez ces abrutis au trou.
[brouhaha]
[cliquetis de chaînes]
[Bakary tousse]
On va s'en sortir.
[musique sombre]
[en wolof] Poussez-vous. Poussez-vous.
[hennissement]
Hue, allez, hue !
Hue !
[musique sombre]
[en français] Derrière, debout !
[l'orage gronde]
Allez, plus vite.
[en peul] Prends tes affaires.
Prends tes affaires, dépêche-toi.
[l'orage gronde]
OK.
- Reste là. T'as compris ? - Oui.
[l'orage gronde]
[Bakary] Qu'est-ce que tu veux ?
Dégage !
Tu m'attends ici.
Je reviens.
Thierno.
Adama.
[l'orage gronde]
[musique inquiétante]
Bonjour.
Tu comprends le peul ?
Tu comprends pas. Et lui ? Tu comprends ?
[musique inquiétante]
- Bonjour. - Bonjour.
- Tu parles le peul ? - Je comprends un peu.
Tu es peul ?
- [il parle en dialecte] - Tu comprends ou pas ?
Je viens d'arriver, mais je connais quelqu'un.
- Tu connais quelqu'un ? - Mouhammad.
Il travaille là-bas, aux cantines.
- Mouhammad, aux cantines ? - Aux cantines.
[musique inquiétante]
Quelqu'un parle peul ?
[soldat] Tu veux quoi ?
- Tu connais un Mouhammad ? - Même plusieurs.
Celui qui rend des services aux frères peuls.
Mouhammad Sarr. Mais il n'est plus là.
- Comment ça ? - Il est de repos.
Et il est où ?
Dans ce merdier !
[l'homme parle en wolof]
Je suis peul. Je ne parle pas wolof.
[en français] Tu parles français ?
- Oui. - C'est bien.
On va te protéger.
Et toi, tu nous paies.
C'est qui, lui ?
Je le connais pas.
Ta solde.
Donne ta solde !
[gémissements]
[Thierno gémit]
[propos en dialecte]
- [choc] - Hé !
[propos en dialecte]
- [soldat] Ferme la porte. - Quoi ?
Ferme la porte.
Tu veux quoi ?
Je cherche Mouhammad Sarr. Tu le connais ?
Lève-toi ! Va le voir, va demander.
Hé ! Hé !
Attends là.
[en français] Soldat, debout.
[en wolof] Lève-toi, soldat !
[en français] Soldat !
- Sergent ? - Relève-le.
Qui t'a fait ça ?
Soldats.
Emmène-le là-bas.
[brouhaha]
Installe-le ici.
[brouhaha]
[le lieutenant] Va manger.
Après, viens jouer. Je vais le pouiller.
[rire]
Tu peux y aller, soldat.
[le lieutenant] Tu parles français ?
Tu as appris où ?
À l'école des Blancs.
Tu t'appelles comment ?
Thierno.
C'est ton prénom ou ton nom ?
Mon prénom.
Tu veux manger quelque chose ? C'est pour moi.
Ici, tu fais ce que tu veux.
Dans ce café, pas de hiérarchie. On est tous égaux.
Y a que des camarades, ici !
Mon lieutenant !
On vit et on mange ensemble.
On combat ensemble et on mourra ensemble.
Plutôt que d'abandonner l'un des nôtres.
Allez, vas-y.
[brouhaha]
Il est là.
Merci.
Qui est Mouhammad ?
- C'est moi. - Bonjour.
- Ça va ? - Épargne-moi tes politesses.
Je suis fatigué.
Je cherche une solution pour ne pas monter au front.
Nous sommes deux. Moi et un homme de mon village.
Je peux vous nommer aux cantines.
C'est 300 francs.
- Pardon ? - 300 francs par tête.
Tu es le quinzième à venir ce soir.
Je n'ai pas tout cet argent.
- Mais si tu veux, au pays... - On n'est plus au pays !
Tu as l'argent ? Tu as une place.
Sinon, obtiens-le et reviens.
Mon ami ne tiendra jamais au front.
J'ai 170 francs. Fais-moi une avance.
Par pitié.
Je vais payer.
Va chercher tes 170
et ton gars.
Je ne sais pas comment te remercier. - Tu veux m'aider ?
- [fracas] - Laisse-moi dormir !
- [fracas] - Bonne nuit.
[coup de sifflet]
Diallo ! On monte en 1re ligne. Rassemblement.
Dépêche-toi !
[musique inquiétante]
[en peul] Thierno, suis-moi. J'ai un plan.
Il a dit qu'on partait au front.
Non. Tu as une place aux cantines.
Donne-moi ton argent.
- Viens, on y va. - Des soldats m'ont tout volé.
Quoi ?
- Il t'est arrivé quoi ? - [en français] Armes à l'épaule.
- [en peul] C'est quoi ce sang ? - Salif !
- Forme les rangs. - [Salif] Soldats, formez les rangs.
Thierno... On part affronter la bête.
- [en peul] Pourquoi il connaît ton nom ? - Je me suis fait soigner là-bas.
[Salif] Nous montons en 1re ligne.
Tous ceux qui n'ont pas leur barda...
[en peul] Il a dit de prendre ses affaires.
[musique sombre]
Merci beaucoup.
Merci, tu es quelqu'un de bien.
Dépêche-toi !
[Salif] Plus vite, plus vite ! Formez les rangs !
Sergent, rassemblés !
[le général] La bataille de demain
sera l'une des plus décisives depuis le début de cette guerre.
Vous, Africains du Haut-Niger,
du Sénégal, de la Guinée,
du Soudan,
vous allez contribuer à cette éclatante victoire.
Cette colline est le dernier rempart qui nous sépare de la victoire.
Si vous la prenez, vous serez considérés comme des héros
par tous les habitants de ce pays.
Soldats,
ce n'est pas moi qui vous parle, mais la patrie tout entière.
N'écoutez pas votre peur, votre lâcheté, votre désarroi.
N'écoutez que votre courage.
Après cette bataille, vous ne serez plus des indigènes...
[sifflement]
...vous serez des Français !
[fracas]
[cris]
[les soldats toussent]
[fracas]
[cris]
[gémissements]
[soldat] Appelez-moi un brancardier.
[grondement]
[fracas au loin]
[fracas]
[les soldats toussent]
En place.
Première vague en position !
Première vague en position !
[en peul] Prions. Prions.
[ils murmurent une prière]
Tenez-vous prêts !
[propos en peul]
[Bakary murmure une prière en peul]
- [en français] Allez, pour la France ! - [sifflet]
Deuxième vague avec moi ! En position !
En position !
[en peul] Quoi qu'il arrive, on ne se sépare pas.
T'as compris ? On ne se sépare pas !
[coups de feu]
[soldat] Ne craignez pas les Allemands, craignez Dieu !
[cris et fracas]
[propos en peul]
[Salif] À mon signal !
En avant !
[coup de sifflet]
Reste derrière moi !
[coup de sifflet]
[fracas et coups de feu]
Thierno !
Thierno ! Thierno !
Thierno !
Attends-moi !
Attends-moi !
[fracas] [coups de feu]
Thierno !
Restez là !
Fracas
[tirs en rafale]
Adama ! Reste ici !
Hé, Thierno, Thierno !
Reste ici !
[fracas] [coups de feu]
[Bakary] Où es-tu ?
Thierno !
[Thierno] Adama !
[Bakary] Thierno ! Où es-tu ?
- Qu'est-ce qu'il a ? - Adama ?
- Qu'est-ce qu'il a ? - Oh mon Dieu, Adama !
- Adama ! - Ça va aller.
[musique sombre]
Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
Ça va aller, mon petit.
Papa...
- Il est mort ? - Il est pas mort ! Il est pas mort.
Reste avec nous ! Reste avec nous !
Adama ? Adama, reste avec nous.
Adama ?
- [en français] Hé ! Avance, allez ! - [coups de feu]
Allez !
Thierno !
Thierno !
Thierno !
[soldat] Allez ! Allez !
Allez ! À terre !
[coups de feu]
Grenade !
[grands cris]
[fracas]
[brouhaha]
[Thierno] Lâche-moi ! Lâche-moi !
[fracas]
Calme-toi !
[soldat] Hé ! Restez là !
Repliez-vous ! Repliez-vous !
- [Bakary] Viens. - [soldat] Restez en position.
- Repliez-vous ! - On tient la position !
[soldat] Il faut se replier immédiatement.
[soldat] Thierno, reste là !
Repliez-vous.
[fracas]
[musique sombre]
[le lieutenant] Sergent Diatta, il est où ?
[soldat] Sergent Diatta est tombé, mon lieutenant.
[soldat] Caporal Ndiaye est tombé, mon lieutenant.
[le lieutenant] Saïdou, Saïdou !
Allez, debout. Debout !
À la mitrailleuse. Allez, courage, soldat.
Paul ! À l'avant-poste.
[musique sombre]
Vous vous êtes battus comme des lions et personne ne nous a soutenus !
[en peul] Il est fou.
[soldat] Il n'y a plus de survivants.
Je veux des sentinelles partout.
Toi, là-bas, allez.
Et quelqu'un d'autre là-bas ! Allez !
On garde la position !
Je veux que chacun tienne son rang et on attend les ordres !
Vous êtes des lions !
Diallo.
Faut aller rejoindre les sentinelles.
Tu t'es bien battu, soldat.
[musique sombre]
[un soldat gémit]
[coup de feu]
Thierno !
Viens.
On va chercher le petit Adama.
Je pensais à lui.
Laisse-nous passer.
Vous allez où ?
Attends !
- Attends ! - [Bakary] Laisse, on passe.
Vous êtes malades !
Vous allez mourir.
[cri]
C'est lui.
[Bakary] Allez.
Allez.
Là, là.
[musique sombre]
La bâche... La bâche...
La bâche.
[musique sombre]
Prends ses pieds.
[Bakary dit une prière]
[Bakary répète]
[Thierno dit une prière]
[Bakary murmure une prière]
[musique mélancolique]
[fracas]
Quoi ?
Calme-toi ! Assieds-toi.
Pose ça.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Pose ça.
Pose ton fusil.
[soldat] Restez à vos postes.
[soldat] Diallo !
Le lieutenant veut te voir.
[en peul] Je reviens.
- Salut ! - Salut.
- Comment vas-tu ? - Ça va, merci.
Je cherche Mouhammad.
Il est là-dessous.
Le pauvre... Attends !
Attends...
Il m'avait promis une place aux cantines.
Tu sais à qui je peux demander ?
Un Blanc a repris les cuisines.
Ce salaud nous prend pour des chiens ! Je te le déconseille.
Attends, tu n'as pas compris. Je peux payer.
Tu es sourd ? Trouve un autre plan !
J'ai pas d'autre plan !
Dégage !
Dépêchez-vous !
Plusieurs de mes caporaux sont tombés. Vous les remplacez.
J'ai besoin de deux courageux comme vous.
[Thierno] C'est quoi comme viande ?
Je ne sais pas.
[le lieutenant] Un problème ?
Je mange pas de porc.
Tu manges du riz, non ?
À la vôtre, caporaux.
Salif !
[Salif] Mon lieutenant.
[Thierno] Je te cherchais.
Le lieutenant...
m'a proposé de devenir caporal.
Il faut remplacer les sous-officiers tombés.
J'ai pas le choix.
Tu dois t'en servir.
Le lieutenant t'a à la bonne, hein ?
Tu dois t'en servir.
Pour trouver un moyen de partir.
Ouvre les yeux, sois attentif.
Essaye de sonder le terrain.
Deviens ami avec ce lieutenant et son chien de garde, Salif.
D'accord ?
Mais il faudra...
que tu joues le jeu.
Que tu m'obéisses.
- De quoi tu parles ? - Si je suis ton supérieur,
il faut que...
Je veux dire...
que tu fasses semblant de m'obéir.
À vos ordres, mon caporal.
[rires]
J'accepte.
C'est bon.
Oui.
Deux tricots et deux écharpes.
Deux manteaux.
Un paletot.
Plus un képi.
Tiens, tes galons.
[musique douce]
[brouhaha]
C'est là.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
[Thierno] Que font maman et les enfants ?
À cette heure...
Sidibé doit encore
embêter ta mère,
pour ne pas aller se coucher.
Mariama doit ronfler.
Sa petite respiration, là.
Parfois ça résonne tellement que je n'arrive pas à dormir.
[Thierno rit]
Tu crois que tout aura changé à notre retour ?
Plus vite, dépêchez-vous !
Plus ferme, caporal. Fais-toi obéir.
Plus vite ! Allez !
[Thierno] Allez ! Dépêchez-vous ! Allez, là-bas !
Plus vite !
Plus vite, plus vite !
[sergent] Hé, non.
Laisse-le se débrouiller seul. Si ça arrive au front,
on ne risque pas deux vies.
Sergent, il est blessé.
Caporal, affirme ton autorité.
Tu y retournes, maintenant !
Ne m'oblige pas à te forcer.
À quoi tu joues ?
[le lieutenant] Thierno !
Maintenant !
[musique intrigante]
Allez, soldats !
Dépêchez-vous, allez ! Allez !
[propos en dialecte]
[Thierno] Plus vite, là-bas !
Soldat, va à l'infirmerie.
[le lieutenant] On va faire le même exercice sans les armes.
Tu prends le commandement.
[musique intrigante]
Allez, soldats ! Dépêchez-vous !
[soldat] C'est pas comme ça que t'échapperas au combat.
Tu sais...
Ne te blesse pas volontairement pour t'en sortir.
Ils nous ont toujours à l'œil.
Ils te colleront une balle dans la tête.
De quoi tu te mêles ?
Remarque, avec une balle dans la tête...
tu échappes encore plus au front.
Tu échappes à tout !
Hm ?
N'est-ce pas ? [il rit]
Je t'ai déjà vue.
Ton père aussi est à la guerre, hein ?
[choc]
- Qu'est-ce que tu fais là ? - J'étais en train de chier.
C'est interdit ?
Et toi ?
Si tu penses te planquer ici, tu fais une grosse erreur, mon pote.
Parce qu'ici,
les gendarmes font des rondes tous les deux jours.
S'ils te chopent, tu finiras au bout d'une corde.
Remarque, au bout d'une corde...
c'est fini, la guerre.
C'est au revoir.
Hm ?
N'est-ce pas ? [il rit]
Tu m'as suivi ?
Oui.
J'avais peur que tu fouines partout
et que tu tombes sur mes affaires.
S'il faut faire confiance à ces imbéciles pour manger,
on mourra de faim avant l'hivernage.
Remarque, si on meurt de faim...
Hé... Oui, j'ai compris.
Tu en veux ?
Je ne bois pas.
- Tu devrais. - Hé !
Fous-moi la paix à la fin !
Mon frère !
Écoute-moi.
Toi et moi,
on cherche la même chose.
Un moyen de quitter cet enfer.
Comme dit le lieutenant Chambreau,
il n'y a rien de plus solide
qu'une camaraderie de fugitifs.
J'ai pas besoin de toi. J'ai mes plans.
Je sais ce que je fais.
[il pouffe]
Tu sais rien du tout.
Tu sais...
La police est partout, il y a des rondes, jour et nuit.
Avec ta tête,
tu te fais attraper en une journée.
Je sais comment me cacher.
Seul, tu y arriveras pas !
[musique sombre]
Ça me manque de manger du poisson.
Dans la rivière, chez nous,
il y a des poissons partout.
Un bon poisson grillé.
Je mangerais même les arêtes.
[musique sombre]
Les poissons,
et les femmes.
Ma femme me manque.
[musique sombre]
Non, merci.
Papa...
Pardonne-moi, s'il te plaît.
Il y a encore quelques années, tu étais dans les bras de ta mère.
Tu n'es pas encore un homme.
Est-ce qu'un enfant tue des hommes ?
Il n'y a pas d'issue, papa.
Aucune.
Tu le sais bien.
On doit combattre et l'emporter.
C'est comme ça qu'on rentrera chez nous.
Maintenant, je suis caporal.
Les soldats me respectent.
Je pourrai te protéger.
Si j'ai accepté que tu sois caporal,
c'est pour notre survie, pour qu'on parte d'ici !
Tu n'as rien accepté du tout !
Ce n'était pas ton choix.
Je suis désolé, mais ce n'est plus toi qui décides.
C'est la guerre, papa !
La guerre !
On n'a pas le choix. On combat, et si Dieu le veut, on survit.
Comment oses-tu me parler ainsi ?
Hein ? Qu'est-ce qui te prend ?
Sors.
Pars d'ici.
Dégage, je t'ai dit !
Tout de suite !
[le lieutenant] Caporal... Viens boire un verre.
Ma première ligne est tombée et le général...
a préféré faire confiance au deuxième bataillon.
Le lieutenant m'a offert cette bouteille en consolation.
Il est promu capitaine.
Et nous ?
- On va attaquer la seconde ligne ? - Non.
Victoire totale, mon ami !
On a avancé de 300 mètres, on a perdu 2 000 hommes
et là, on va patienter sagement.
On va garder la position.
Jusqu'à ce que les Allemands décident de prendre notre 1re ligne,
reprendre leur ancienne 1re ligne.
Puis, l'État-major considérera que la colline est prioritaire
et on recommencera à attaquer.
Voilà.
C'est la loi de cette guerre, caporal.
À la tienne.
Non, non.
Je vais pas te l'ordonner. Allez.
Maintenant, Thierno, écoute bien ce que je vais te dire.
Rien à foutre de ce que pense l'État-major.
Ça m'est égal, ça les regarde.
Nous, Abdoulaye, Salif,
toi, moi, les autres, on connaît le terrain.
On peut prendre la colline.
La ligne allemande a un point fort. Le fortin est aussi leur point faible.
Il est isolé. Les communications sont compliquées.
Si on retourne les armes allemandes contre eux,
on peut prendre la colline.
Dès qu'on sera sur le front, on partira en repérage.
Quoi ?
Pose ta question. Ici, pas de hiérarchie. Vas-y.
Quoi ?
Vous voulez prendre la colline avec 10 soldats ?
Oui ! Oui !
Les grandes offensives, c'est de la boucherie. On crève.
J'ai besoin de toi.
Les jeunes t'écoutent.
Ils te font confiance.
Si on y va ensemble, on a une chance.
Sauf si t'en parles à ton père.
Tu veux ton père dans ton groupe ? Je ferme les yeux.
Mais il reste à l'écart.
Toi, t'es avec moi pour préparer la prise du fortin.
D'accord.
Je suis avec toi.
[musique sombre]
[un soldat chante]
[musique sombre]
[le lieutenant] Allez, on y va. Allez.
On prend aucun risque. Objectif : voir les mitrailleuses.
On reste concentrés.
Prenez le flanc gauche. Nous, le droit.
- Attentifs ! - [le lieutenant] Thierno,
reste avec Salif. Salif, avec moi.
[cri]
[gémissement]
[cliquetis métallique]
Chut...
Calme.
[soldat] Pst !
Tu cherches toujours à te barrer ?
J'ai entendu parler d'un truc.
J'ai rencontré un Sérère d'un autre bataillon.
Il est en cheville avec un sous-officier blanc.
Ils sont près du tunnel, de l'autre côté de la colline.
Il exfiltre des Africains jusqu'au Havre.
Là-bas, on prend un bateau pour l'Afrique.
Les bateaux qui rapportent les vivres.
Il maîtrise toute la chaîne.
C'est sûr.
Évidemment,
c'est cher.
Tu en es ?
Faut voir.
L'argent...
Tu as combien ?
Un peu.
Combien, je t'ai dit.
- Voilà. - Ça ne suffira pas.
- C'est déjà une belle somme. - Mon frère,
je te parle d'un voyage jusqu'à Dakar.
[grands cris]
On se retrouve au village.
[coups de feu]
Où est le caporal Thierno Diallo ?
Thierno Diallo ? Il est où ? Tu l'as tué ?
Je vais te tuer. Par Dieu, je vais te tuer !
[le lieutenant] Mettez-le aux arrêts !
Thierno !
[soldat] Avance !
[Thierno] Hé ! Médecin !
J'ai dit médecin !
Je sais que c'est fini, caporal.
Je sais que c'est fini.
Médecin !
Guerrier...
Salif... Hé !
Salif ?
[musique triste]
[le lieutenant] Tu sais ce qu'on risque en s'en prenant à un officier ?
On risque la peine capitale.
J'ai de l'admiration pour ce que fait ton père.
Il fait tout ça pour que tu survives.
Mais ici, c'est la guerre.
Il peut pas faire ça. Il met en danger tout le monde.
Il faut que vos chemins se séparent.
Je peux aussi te rétrograder et vous muter tous les deux.
J'ai pas dit ça.
Tu sais qui est mon père ?
Le général qui dirige ce corps d'armée.
Qui vous a reçus avec son discours promettant gloire et reconnaissance.
Lui, tu vois, il a toujours méprisé ma valeur.
Lui, il croit pas en moi.
Il y croira le jour où je serai tombé sur le champ de bataille.
Toi et moi...
on va la prendre, cette colline.
Il sait que tu es mon père.
Il va t'envoyer dans un autre régiment.
Sans te dénoncer.
Je ne te laisserai pas mourir pour ce fou.
Jamais.
Tu ne te rends pas compte.
Tu risques la cour martiale !
[claquement de porte]
[roulement de tambour]
- [en peul] C'est beau. - N'y touche pas !
Comment on dit en français ?
- Félicitations. - Félicitations.
- [le lieutenant] Sergent ?
Général Chambreau.
Repos.
Je voulais vous féliciter. Vous et votre section.
[en wolof] Que faites-vous là ?
[cri]
[en peul] Putain, mais aide-moi !
T'as trouvé ?
Oui.
Allez !
Tu les as tués !
Hé, Bakary...
Il se passe quoi ?
T'es toujours avec moi ?
Oui.
Maintenant, on ne peut plus reculer.
Ce sera assez ?
Oui, ça ira.
C'est quand, le rendez-vous ?
Demain soir.
Y a combien ?
Sache juste que c'est assez.
[rires]
[soldat] Vous voulez juste goûter ce que j'ai goûté.
Tiens.
[soldat] J'ai emprunté de l'argent aux filles de mon village.
Comme ça, elles prieront pour que je revienne sain et sauf
pour payer mes dettes.
Moi, j'épouserai une Blanche, blonde.
Moi, je n'aime pas l'odeur de leur peau.
[soldat] Tu as tort,
quand elles sont parfumées, elles ont un goût de miel.
Tu as déjà senti la peau d'une Blanche ?
[soldat] À côté de Fréjus... Marie.
Une belle femme...
Elle nous apportait parfois de la nourriture.
- Tu as fait l'amour avec elle ? - Une fois.
[rires]
Mon frère !
Tu racontes n'importe quoi.
Mais je ne mens pas !
Elle avait les cheveux doux, couleur d'or,
des poignets fins,
des seins comme les dunes du désert.
Elle avait un grain de beauté sous le cou.
Et ses jambes...
Quand elle les enroulait autour de moi...
[soldat] Mon frère, arrête-toi là, ça vaut mieux.
Et toi, sergent ?
Tu as déjà senti la peau d'une fille ?
Jamais.
Les filles du bordel militaire acceptent les sous-officiers noirs.
Il faut négocier, mais on t'arrangera le coup.
T'as honte ?
[soldat] Que vas-tu faire après la guerre ?
Je vais rentrer chez moi.
[soldat] Avec ton niveau en français, reste ici.
Il y aura du travail pour nous après la guerre.
[soldat] On deviendra tous citoyens français !
[soldat] Et on aura des pensions militaires.
Moi, je me suis enrôlé pour ça. Volontaire de guerre.
Chez moi, c'était la misère.
Ici, je me bats pour les miens.
Notre vie changera après tout ça.
[soldat] Tu dis vrai.
[musique mystérieuse]
[Thierno] Allez, soldats !
Regarde devant toi ! Allez !
Allez, enchaîne, enchaîne !
- [Thierno] Plus vite, plus vite ! - 30 secondes !
Alpha, plus vite que ça.
Dépêchez-vous !
[musique mystérieuse]
[Bakary] Thierno.
On part. On s'enfuit.
Quoi ?
On part dans un village de l'arrière.
Puis au Havre, on prendra un bateau pour l'Afrique.
Mais c'est de la folie !
On n'a aucune chance d'y arriver vivants !
Et ta mission suicide ? Tu crois que je ne sais pas ?
Arrête de délirer !
Qu'est-ce que tu dis ?
- Hé ! C'est fini ! - Qu'est-ce qui est fini ?
Lâche-moi !
Je vais te tuer !
- Hé ! - Qu'est-ce qui est fini ?
Lâche-moi !
C'est moi ton père, tu as compris ?
J'arrive plus à respirer ! Lâche-moi.
Allez.
Allons-y.
Dépêchez-vous !
Vous êtes en retard !
Tiens, pour ton nez.
- Dis-lui. - Repos.
Le sergent, tu le mets là-bas. Vite.
Toi, tu suis, tu te mets là-bas. Et toi,
tu montes là, dépêche-toi.
Allez !
[musique inquiétante]
[soldat] C'est bon.
Allez, on descend, vite !
On perd pas de temps.
[en peul] Il est où ?
Hé ! Le troisième, il est où ?
[en français] Il est parti.
Il est où ?
- Il est parti, j'y peux rien ! - Ça suffit !
- Calme, calme. - Pas le temps pour vos conneries !
Calme.
Mon frère !
Ton ami s'est enfui. Il est parti.
C'est trop tard !
L'argent ! Donne l'argent.
Deux minutes.
Qu'est-ce qui se passe ?
Birama...
- C'est mon fils. - Hein ?
- C'est mon fils. - Merde !
Bakary, on n'a plus le temps.
Ils vont partir au combat.
Cette nuit !
J'en suis sûr.
Les Blancs lui ont lavé le cerveau.
S'il veut mourir, tu ne pourras pas l'empêcher.
Il a fait son choix.
Sonde ton cœur.
Mais ne te trompe pas.
Allez ! Dépêchez-vous !
Vite !
Vas-y.
Va en paix.
[musique sombre]
Thierno, deuxième échelle. Allez.
Vous attendez le signal.
[musique sombre]
[soldat] Que fais-tu là, soldat ?
[en peul] Je ne comprends pas le français.
[en français] Je comprends pas ça. T'es de quelle section ?
- Hein ? - Section combien ?
Section ?
Chambreau.
[musique sombre]
[soldat] Bakary ! Tu vas où ?
Attends ! Bakary !
Tu vas où ?
On doit attendre le signal !
Reste là ! Tu es fou !
- Laisse-moi, j'y vais. - Tu vas où ? Reviens ici !
[musique sombre]
[coups de feu]
[musique sombre]
- [soldat] Tirez pas ! - [propos en allemand]
[coups de feu]
[musique sombre]
[conversations en allemand]
[cris étouffés]
[conversations en allemand]
[coup de feu]
Vite !
Ils vont arriver !
Vite !
[en peul] Papa.
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
[le lieutenant] On tient la position.
- Tu n'aurais pas dû venir ici. - [le lieutenant] Restez là !
À vos postes !
C'est un ordre.
[Thierno gémit]
[coups de feu]
[Bakary] Allez !
Allez...
Courage !
On y est presque.
[coup de feu] [Bakary hurle]
Papa ! Lève-toi !
Papa !
Papa, lève-toi !
Papa !
Lève-toi.
Lève-toi !
Lève-toi !
[musique dramatique]
Non...
Si tu restes ici...
on va mourir tous les deux.
[musique dramatique]
Tu veux me sauver ?
Pars.
Rentre chez nous.
Retrouve notre famille.
[Thierno sanglote]
Pars.
[sanglots]
Pars.
Je te bénis, mon fils.
[sanglots]
[musique dramatique]
Va.
Que Dieu te sauve.
[murmures]
[propos en allemand]
[coups de feu]
[musique sombre]
[le général] En remettant cette décoration,
nous signifions la reconnaissance éternelle de la patrie
au sacrifice qui fut le sien
pour la prise de la colline de Morsang.
Lieutenant Joseph Émile Eugène Chambreau,
nous te faisons chevalier
de la Légion d'honneur à titre posthume.
[roulement de tambour]
Aux morts !
[musique triste]
Au nom du président de la République et des pouvoirs qui nous sont conférés,
nous lui attribuons la Croix de guerre avec étoile de vermeil.
[musique triste]
[Bakary] Cette guerre, qui l'a gagnée ?
Personne.
La guerre n'apporte que la mort et la désolation à ses soldats.
Suis-je condamné à errer éternellement
dans l'éther de ce pays que je ne connais pas ?
Loin des miens,
loin de toi.
[musique triste]
[lieutenant] Avancez !
[Bakary] Où suis-je ?
Je suis dans le vent
qui fait bouger les arbres et te rafraîchit.
Hourra ! Thierno est arrivé !
Hourra ! Thierno est arrivé !
[Bakary] Je suis dans l'eau qui coule et te désaltère.
Je suis dans la terre qui te nourrit.
Je suis dans le vol d'un oiseau.
[musique triste]
Tu me reconnais ?
[Bakary] Mon fils...
Même si je souffre du froid,
même si je souffre de l'oubli,
je suis le sang qui coule dans tes veines.
Et dans les veines de tes enfants,
et des enfants de tes enfants.
C'est parfait. Mettez-les en caisse.
[musique douce]
[Bakary] Au-dessus de moi, les bruits ont changé.
Où suis-je ?
Suis-je dans votre cœur ?
Ai-je ma place parmi vous ?
Souvenez-vous de moi.
Souvenez-vous de nous.
[musique sombre]
Sous-titrage : EVA France ST'501
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.