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Original subtitles

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Concentre-toi un peu. La bouteille de lait, elle fait combien de litres?

Euh... un.

Et un litre, �a fait combien de centim�tres cube?

10.

Gustave...

100.

Mais, ce n'est pas une loterie, tu sais.

R�fl�chis un peu!

1 000.

Pourquoi tu as dit mille?

Ce n'est pas �a?

Si! Ben tu devrais �tre content, alors.

Tiens, c'est revenu.

Le but, ce n'est pas que je sois content, c'est que tu comprennes.

Non, le but, c'est que j'ai une bonne note � mon devoir.

Pourquoi tu es �nerv� comme �a?

Docteur Larcher?

Oui.

On vous am�ne une malade.

Mais je ne consulte pas � cette heure-ci, conduisez-la � l'h�pital.

C'est elle qui nous a dit de venir.

Elle dit qu'elle vous connait.

Madame Morhange!

Ils vous ont lib�r�e.

Docteur!

La femme r�lait. Ils l'ont descendue du train.

Emmenez-la vite � l'int�rieur.

Par ici.

Faites attention.

J'ai des lettres.

Qu'est-ce qu'elle dit?

Je crois qu'elle dit...

Le r�glement, c'est vous qui vous en chargez?

Oui.

C'est un r�glement au mieux, vous savez.

Venez.

Gustave.

Tu travailles bien?

Vous pouvez disposer.

Alors, Monsieur Cr�mieux?

Qu'est-ce que vous nous racontez de beau?

Je voudrais voir mon avocat.

Ah ben oui.

Et moi, je voudrais un rendez-vous avec Suzy Delair, tiens!

Aucune chance.

Vous �tes amateur de femmes?

Oh, oui. J'ai arr�t� la sienne en juillet, tr�s mignone, hein!

Ecoutez, si vous nous donnez des informations, on peut s'arranger.

Peut-�tre m�me vous lib�rer.

Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je voudrais voir mon avocat.

Vous faites partie du mouvement R�sistance-Jura, mmmh.

Non.

Et en juillet, vous avez failli vous faire coincer en d�m�nageant une machine � imprimer.

Vous me confondez avec quelqu'un d'autre.

Qui �tait le jeune gar�on qui est venu vous voir hier?

Je n'ai vu personne, � part vous.

On �tait l�, Monsieur Cr�mieux.

On vous a vu discuter avec ce gar�on.

Je voudrais voir mon avocat.

Et si �a continue comme �a, ce n'est pas votre avocat que vous allez voir, c'est la Gestapo.

Juif et r�sistant! Si j'�tais vous, j'�viterais la Gestapo.

Mais vous n'�tes pas moi. Et moi, je voudrais voir mon avocat.

Ca nous fait du bien, hein.

Mollo.

Je peux vous voir une minute?

Pourquoi il n'est pas encore chez les allemands?

D'apr�s nos accords, je pourrais le garder 24h, moi.

Nos accords, depuis hier, c'est du vent.

Enfin, Marchetti, ce type est juif, antinational...

...livrez-leur, �a les calmera un peu.

Ecoutez, il est sur la touche depuis juillet...

... seul il ne vaut rien.

Je m'en moque!

C'est une preuve de notre bonne volont�.

Mais, par lui, on pourrait coffrer tout le mouvement R�sistance-Jura!

Ce sont eux qui inondent notre d�partement avec ces tracts, l�.

Il est pr�t � coop�rer?

Pas encore.

Ces choses l� �a prend du temps.

Du temps, on n'en a pas!

Bon. Vous avez quoi pour le tenir?

Et bien, on cherche.

Il a de la famille?

Oui.

Mais dans un endroit o� on ne peut pas leur �crire.

Bon. Laissez tomber, Marchetti. Livrez-le leur au plus vite.

Bon. Par ailleurs, le docteur Larcher vient de m'appeler. Il a demand� � vous voir.

Excusez-moi, monsieur le sous pr�fet mais je ne suis pas en tr�s bons termes avec le docteur Larcher.

Sachez que Madame Morhange est rentr�e de Drancy.

Mais, je... je pensais que...

Madame Morhange est un cas � part. Elle a �t� tellement exceptionnelle en juillet. Je me suis d�men� pour elle.

Tr�s bien. Et en quoi �a me concerne?

Je ne sais pas.

Allez chez Larcher, il a demand� � vous voir.

Bon. J'ai analys� la situation et j'ai pris mes d�cisions.

Max, tu es responsable militaire du triangle, Paul, tu es responsable politique.

Je ne m'attendais pas � �a de ta part.

Et en tant que reponsable politique c'est � toi de prendre contact avec les gaullistes.

Ah, je comprends.

Mais, enfin! De nous quatre, Marcel est le seul � �tre activement recherch� par les flics!

Ce n'est pas � lui de s'exposer de cette mani�re.

Tu n'as pas la parole, camarade.

Elle a un peu raison, quand m�me.

A moi d'y aller.

Un responsable militaire est trop pr�cieux dans un triangle.

Et pas un responsable politique?

Il faut bien accomplir nos t�ches.

Prendre contact avec les gaullistes, c'est typiquement une t�che politique.

Et puis je te rappelles que c'est ce que tu nous sugg�res depuis des mois. Tu devrais �tre content d'appliquer tes id�es.

Mais enfin, c'est compl�tement stupide.

En r�glant tes comptes de cette mani�re, tu mets en danger la s�curit� de tout le monde.

Reste le cas de la camarade Suzanne.

Ca t'amuse, hein?

Je n'ai pris aucune d�cision sur ce dossier.

Et alors, il va se passer quoi?

Je vais vivre en sursis en attendant que tu te d�cides?

Tu as tort de le prendre sur ce ton, camarade.

J'ai autorit� pour prendre n'importe quelle mesure te concernant.

N'importe laquelle!

Pour le moment, tu restes sous la garde de Max. Et ne t'avise pas de nous fausser compagnie.

A toi de jouer, camarade.

On se retrouve ici demain matin � 9h.

Avec , j'esp�re un compte-rendu de ta prise de contact.

Bonne fin de journ�e, Monsieur Vallighi.

Vous avez demand� � me voir?

Sans enthousiasme.

Vous ne pouvez pas vous emp�cher d'�tre sinc�re!

Asseyez-vous.

Je pr�f�re rester debout. Merci.

Parfois, vous savez, �a fait du bien, d'�tre sinc�re.

Poutant vous n'avez pas l'air bien.

Madame Morhange est ici.

Servier me l'a dit, oui.

Apparemment, c'est lui qui l'aurait fait sortir.

Oui, plut�t la maladie.

Et alors?

Elle veut revoir de Kervern.

Elle ne sait pas o� il est.

Moi non plus, je ne sais pas o� il est.

Vous pouvez le trouver.

Demandez � Servier.

Visiblement, il n'a pas envie de le chercher.

Et je le comprends.

Bon. C'et tout ce que vous aviez � me demander?

A Drancy, Madame Morhange �tait d�tenue avec Edith de Witt.

Ca vous dit quelque chose?

Oui.

Si vous trouvez de Kervern, vous pourriez avoir des nouvelles de cette dame.

Parce que vous avez des nouvelles d'Edith, vous!

Trouvez de Kervern.

O� est Madame Morhange?

Mais enfin, Marchetti!

O� allez-vous?

Vous devenez compl�tement fou, Marchetti.

Sortez de chez moi!

C'est vous qui m'avez appel�, non?

Vous n'avez donc aucun respect pour rien?

J'appelle Servier imm�diatement.

Servier!

Vous voulez que je lui dise comment est mort le terroriste au commissariat?

Il n'aurait jamais pu r�cup�rer cette pilule de cyanure tout seul, vous l'avez forc�ment aid�.

Vous voulez que je le dise � Servier, �a?

Ou � Muller, peut-�tre?

Marchetti!

L�chez-moi.

Pas cette lettre. Vous n'avez pas le droit.

C'est une enqu�te de police.

Le destinataire est recherch�.

Ouvrez la fen�tre!

Ouvrez la fen�tre!

Laissez. D�tachez les enfants. On ne peut pas laisser les enfants attach�s...

La fen�tre.

Allez-vous en Marchetti!

Je suis o�, l�?

Vous �tes chez des amis.

Dites-lui que je vais retrouver de Kervern. Je ne sais pas combien de temps �a prendra.

Allez-vous en!

Ca va aller, maintenant.

Drancy, le 19 juillet, 2 heures du matin.

Rita, ma ch�rie, on part tout � l'heure pour la Pologne. J'aimerais te dire qu'il me reste de l'espoir, mais ce ne serait pas vrai.

Ce que j'ai vu ici, dont je t'�pargne les d�tails d�passe tout ce que j'imaginais.

J'essaie de ne pas voir, de garder les yeux ferm�s, de voir ton visage de petit lutin pench� sur moi...

Je me dis que je vais me r�veiller.

Rita, j'aime tant �crire ton nom, Rita, Rita...

Maintenant le plus dur: je ne sais pas ce que Marchetti t'a racont�,

mais ma ch�rie,c'est lui qui m'a fait arr�ter par un de ses flics.

... et il savait tr�s bien ce qu'il faisait.

J'ai peur de te faire mal. Toi et moi, on n'est pas dou�es pour les choisir.

Ce type est une crevure et si ma lettre te parvient, fuis � toutes jambes.

Ca, alors!

S'il y en a un que je ne pensais jamais voir ici!

Je viens juste pour parler.

Mais vous n'�tes pas mari�?

Si.

Et bien, les �pouses, c'est fait pour �a, non?

Je pourrais vous parler en t�te � t�te?

Ah, chez nous, on commence par le t�te � t�te ...

.. et on finit par le t�te � queue.

Je la connais.

Va te promener.

Alors?

De quoi voulez-vous donc parler?

Eh bien... eh...

De votre femme.

Oui. Enfin, pas exactement. Comment dire... Heu...

Vous avez des probl�mes de fermet�? Mais c'est courant..

Ah non, c'est ferme.

Enfin, je veux dire... non, c'est ferme.

Alors, o� est le probl�me?

Disons que c'est elle...

Elle se refuse � vous!

Non! Eh... comment dire...

On dirait que �a ne lui fait rien.

Ah, �a, mon pauvre monsieur...

Mais, elle ne s'�tait pas plus o� moins entich�e d'un feldwebel?

Oh, mais pardon, mais c'est ce qu'on m'avait dit.

Si, mais je pensais qu'avec le temps...

Oh, mais le temps, pour un femme, �a n'existe pas.

A part quand elle se regarde dans une glace.

Prenez une maitresse. Ca la rendra jalouse.

Ah non. Non, non, ce n'est pas pour moi, �a.

Et bien, alors... il faudrait que vous lui fassiez des trucs que son feldwebel ne lui a pas faits.

Quel genre de trucs?

Il faudrait que je vous montre.

Vous seriez mon premier directeurd'�cole.

Ecoutez, il faut que je r�fl�chisse.

Excusez-moi.

Vous �tes compl�tement fou de vous promener par ici.

Si moi je vous ai reconnu, n'importe qui peut vous reconnaitre.

Qu'est-ce que vous faites ici?

Je vous ai suivi.

Je voulais vous parler.

A quel titre.

Mes amis voudraient rencontrer les v�tres.

Je n'ai pas d'amis.

Enfin, pas depuis la guerre, en tout cas.

Moi non plus.

Vous comprenez tr�s bien ce que je veux dire.

Madame Berthe me regarde.

Ne vous inqui�tez pas pour elle, elle sort avec un camarade.

Oui, mais avant elle sortait avec Muller du SD.

Je vous dis qu'il n'y a pas de probl�me avec elle.

Qu'est-ce qu'ils me veulent, vos amis?

Faire des choses ensemble.

Unir nos forces.

Des bolcheviks avec des sociaux traitres et des bourgeois!

C'est nouveau.

Ecoutez...

On ne va pas parler de �a maintenant.

Vos amis et les miens, on veut chasser les boches...

.. on est contre Vichy, oui ou non?

Oui.

L'invasion de la zone sud change tout.

Parlez � vos amis.

Vous avez une id�e d'o� on pourrait se rencontrer?

A l'�cole.

Disons une heure avant le couvre-feu. Mais je ne sais pas du tout comment �a va r�agir de mon c�t�.

O� puis-je vous joindre?

Nulle part.

Si vous �tes d'accord pour une r�union, disons demain.

Mettez une affiche dor�e fort sur le mur ext�rieur de l'�cole.

Tr�s bien.

J'ai r�fl�chi. Vous me montreriez un truc ou deux?

Ca y est! J'ai enfin des nouvelles de Sarah.

Ah, tant mieux.

Elle s'�tait r�fugu�e ches Madame Piquine.

J'irai la chercher demain.

Et Madame Morhange?

Elle survit. C'est d�j� �a.

Tu es tr�s en beaut�!

Oui.

Je sors diner.

Ca s'est vraiment bien pass�, hier, on dirait.

Avec ton petit italien.

Il n'est ni petit, ni italien.

Ah bon!

C'est Heinrich!

Vous �tes vraiment tordus!

Je dine avec lui pour r�cup�rer mes tableaux.

Ca ne m'int�resse pas, Hortense.

Ne dis pas �a, Daniel.

Je n'ai aucune envie de replonger, tu sais.

D'ailleurs je me demandais... Comment dit-on... enfin comment fait-on comprendre � un homme que...

... que c'est fini.

Qu'on ne veut plus.

Franchement, je ne suis pas sp�cialiste.

Je pourrais peut-�tre lui dire que toi et moi, on est de nouveau un couple, non?

Ah non, surtout pas. Tr�s mauvaise id�e.

Pourquoi?

Parce que �a veut dire que si tu �tais libre, tu t'int�resserais encore � lui.

Non. Si tu veux qu'un homme comprenne que c'est fini, vraiment fini, tu te concentres sur lui...

Je ne t'aime plus, je ne ressens plus rien pour toi.

Je n'ai plus envie de toi.

Je suis s�r que tu trouveras les mots.

Je n'ai pas envie d'y aller.

Et elle... Il lui reste la moiti� d'un poumon qui marche...

On a tous nos probl�mes.

Mon Albert, mon amour...

J'ai une minute pour t'�crire. J'esp�re que cette lettre t'arrivera...

Vous voulez la suite?

Vous bluffez. Ils ne peuvent pas �crire de l�-bas.

C'est sign� "Ton Annabelle".

Vous voulez la suite ou pas?

Est-ce que vous faites parti du... de R�sistance-Jura, Monsieur Cr�mieux?

Je voudrais voir mon avocat.

Mais enfin, pourquoi tu lui as parl� de la r�sistance, bordel!

Ah! Pour le faire craquer.

Mais, tu l'as remont�, imb�cile.

Il �tait sur le fil en train de penser � sa femme et toi tu le replonges dans la politique.

Er dans... dans la morale.

Mais pourquoi vous ne r�essayez pas?

C'est trop tard, il est blind�, maintenant.

Il ne se laissera plus avoir.

Il a raison, j'ai merd�.

Mais, tu parles!

Et bien, je pensais qu'il avait d�j� craqu�, moi.

Bon, il y a quoi dans cette lettre, l�?

Rien. C'est une lettre d'amour, une lettre d'adieu. Aucun int�r�t.

Drancy, le 22 juillet 1942...

C'est juste apr�s son arrestation ici, �a.

Mon Albert, mon amour, le train part cette nuit pour la Pologne...

Passionnant.

J'ai une minute pour t'�crire...

J'esp�re que cette lettre t'arrivera. Je veux que tu saches que chaque seconde qui passe, je sens ton amour sur moi...

Ah, c'est beau!

Et carr�ment...

Loriot, ta gueule! D'accord! Je ne veux plus t'entendre.

Continue.

... que tu n'oublies pas que chaque minute pass�e avec toi a �t� un instant de bonheur, quoi que j'ai pu dire, quoi que j'ai pu faire

Sache aussi qu'H�l�ne a h�rit� de toutes tes qualit�s...

... elle est bonne, elle est forte, elle est sinc�re et intelligente...

... elle me console et me rassure.

Albert, les deux fiert�s de ma vie sont de t'avoir rencontr� et d'avoir eu cette enfant de toi.

Quoiqu'il arrive, cela, rien ne pourra jamais l'effacer.

Ca y est. On nous presse. Il faut que j'y aille.

J'ai juste le temps de t'�crire notre A, A comme Albert et comme Anna, A comme amour, A comme ami, A comme adieu.

A toi pour toujours, ton Annabelle.

Dis-moi, Delage, tu n'es pas mauvais comme faussaire, toi, non?

Ah, je me d�fends, oui.

C'est quoi, ton id�e?

Elle est tr�s bien, cette lettre, mais je trouve qu'elle finit mal.

Tu pourrais m'en faire une copie?

Oui.

Alors, bien s�r tu me changes le lieu, la date et la fin aussi...

Et tu mets: " Varsovie, 2 novembre, je me demande combien de temps nous allons rester ici

J'ai un peu d'espoir car un attach� militaire fran�ais ...

... qui vient de temps en temps au camp...

... connait bien l'inspecteur Marchetti.

Demain, je partirai t�t. Je ne pourrais pas donner la classe.

Encore une de vos r�unions!

Oui

Vous regrouperez les grands et les petits.

Votre vie clandestine me fait de plus en plus peur.

Vous avez fait votre pri�re?

Oui.

Jules?

Jules!

Jules!! Mais qu'est-ce que...

Jules.

Jules.

Jules!

Tu ne dis rien.

Je te regarde.

Quelque chose de sp�cial?

Certainement.

Tu as d� en voir, des femmes, l�-bas.

Oui. J'ai vu des femmes.

Des hommes et des femmes.

Dis-moi, mes tableaux...

... tu vas vraiment me les rendre?

Ils sont en route vers chez toi.

Ou d�j� peut-�tre arriv�s.

Comment tu les as trouv�s?

Sinc�rement?

Tes tableaux?

Oui.

Ils sont nuls, Hortense.

Tu n'as aucun talent et tu le sais.

Salaud!

Tu crois vraiment que tu vas m'avoir comme �a!

C'est une vraie question?

Alors... oui.

Je crois que je vais t'avoir comme �a.

Et pourquoi voudrais-tu que je me laisse faire?

Pourquoi?

Pourquoi?

Tu sais ce que je faisais en Russie?

La guerre, non?

Oui, si on veut.

J'avais deux t�ches principales.

Interrogatoires des prisonniers afin de d�nicher les commissaires politiques et de les liquider.

Ca, c'�tait le plus amusant.

Et puis il y avait l'autre t�che...

S'il vous plait?

Apportez-moi du champagne.

Du bon!

L'autre t�che, donc...

Supervision des actions sp�ciales concernant certaines populations civiles.

On va dans les villages, on arr�te des gens, on les met dans des camions par familles enti�res...

... on les am�ne vers une clairi�re, on les fait descendre, ils attendent

quelques heures pendant lesquelles ils entendent le son des d�tonations

... et puis quand c'est leur tour, on les aligne devant les tranch�es et ensuite

la mitrailleuse, coup de gr�ce au niveau du coeur. C'est un travail assez routinier...

... p�nible.

Excellent.

Au bout d'un moment, les tranch�es sont pleines de corps.

A ras-bord, alors il faut creuser d'autres tranch�es. On ne va pas les creuser nous, ces tranch�es, n'est-ce pas?

Alors, on demande aux prochains de la file.

Je me souviens d'un p�re de famille, il devait avoir 6 ou 7 enfants, il est grand, maigre, il porte une kippa, ces esp�ces de natte des juifs

Je m'approche de lui et je lui dis...

... il faut que vous creusiez de l� � l�...

Il a vu les ex�cutions juste avant...

... il sait que je lui demande de creuser sa propre tombe, leur tombe pour lui, sa femme et ses enfants...

... il regarde la pelle qui est fich�e dans le sol, il pourrait essayer de me donner un coup de pelle pour me dire qu'il refuse de creuser...

Eh bien, non figure-toi!

Il adresse un regard � sa femme...

... il prend la pelle... et il se met � creuser.

Et moi, je le regarde qui creuse...

... qui envoie des pellet�es sur le c�t�...

.... bien sur le c�t�, pour ne pas faire d�sordre. Il creuse bien...

... je n'ai jamais vu quelqu'un creuser aussi bien...

Et je me souviens m'�tre demand�, et je me demande encore...

Mais, enfin, pourquoi il creuse?

Pourquoi?

Mais il creuse.

Il creuse.

On va chez moi?

Je t'interdis d'essayer de me revoir.

Hortense!

Hortense!

Journ�e �puisante!

Je me suis un peu inqui�t�e.

Parce que j'ai eu un peu mal au ventre en faisant les courses.

Comment �a, mal au ventre?

Oh, ce n'est s�rement pas grave mais en rentrant � la maison enfin, je suis g�n�e de te parler de �a...

Attends, Rita, j'aime quand tu me parle.

Quoi

En rentrant, j'ai vu que j'avais saign�, un peu.

Ah bon.

Un peu beaucoup, m�me.

Ca c'est arr�t� mais je me suis dit que peut-�tre je pourrais aller chez le m�decin.

Le m�decin.

Juste pour �te rassur�e, quoi.

Ce n'est peut-�tre rien.

Mais c'est s�r que ce n'est rien.

Juste qu'il faut que tu te reposes un peu.

S�rement.

Mais, imagine que ce ne soit pas rien?

Ecoute, notre situation est un peu compliqu�e.

Tu veux dire....

ma situation.

Notre situation.

Rita, je t'aime. Je veux faire toute ma vie avec toi.

C'est juste que qui dit m�decin dit papiers, dit fiche, dit liste, dit adresse, dit nom de famille. Tout �a, ce n'est pas bon pour nous.

Parfois, j'ai l'impression que tu veux me garder sous cloche.

Non. Je veux te prot�ger.

Je veux nous prot�ger.

Mais excuse-moi, mais tu me parles mariage...

Si on se marie, il faudra bien faire quelques papiers, non?

Oui, c'est vrai. Tu as raison.

Ecoute, si tu penses que c'est s�rieux alors �videmment, va voir un m�decin.

Larcher.

On dit que c'est le meilleur.

Non. Pas Larcher.

Larcher il ne m'aime pas beaucoup et il n'aime pas beaucoup les juifs, non plus.

Bah... on m'a dit qu'il avait une maitresse juive!

Mais ce n'est pas pour �a qu'il aime les juifs en g�n�ral.

Toi, tu les aimes, les juifs?

... en g�n�ral?

Je ne suis pas Larcher, moi.

Bon, �coute. Si vraiment tu penses que c'est n�cessaire, va voir le docteur Morelle.

Il est tr�s bien, le docteur Morelle.

Hortense!

Alors, comment �a s'est pass�?

Ca n'avait pas l'air de te passionner, tout � l'heure.

Tu exag�res.

Viens me raconter un peu.

Si tu as envie.

Il m'a racont� des horreurs sur ce qu'il avait fait l�-bas.

Et.. tu vas le revoir?

Non.

Les tableaux sont arriv�s?

Ah oui, excuse-moi.

Je ne les ai pas d�ball�s.

Morelle s'est absent� deux jours et j'ai trois fois plus de patients.

Ah bon.

Qu'est-ce qui lui est arriv�, � ce brave docteur Morelle?

Je ne sais pas. Un deuil, je crois.

Dis-moi, Daniel, sinc�rement...

Mais vraiment sinc�rement, hein.

Evidemment!

Mes tableaux... tu les trouves comment?

Sinc�rement?

Ben oui!

Je n'y connais rien, moi, je...

Mais enfin, peu importe, qu'est-ce que tu en penses, toi?

Tu es d�j� all� dans un mus�e.

ou inaugurer une exposition.

Ben, je les trouve tr�s bien.

Sans doute parce que je te trouve tr�s bien.

Malgr� tout.

Elle va mieux?

Non. Ca va mal. J'ai pris une garde malade pour la nuit.

Daniel!

Tu veux bien me prendre dans tes bras?

Juste comme �a.

Juste comme �a.

Oui... pour avoir chaud, quoi.

Il ne fait pas froid, ici.

Poour avoir chaud � l'int�rieur, Daniel.

Ca me fait bizarre.

Oui, mais tu es tout crisp�, l�. Serre moi vraiment, comme une amie.

Les amies, je n'ai pas l'habitude de les serrer dans les bras, tu sais.

Et bien, change tes habitudes.

C'est qui?

C'est un putain d'emmerdeur!

Je vais l'�conduire et je nous fait du caf�.

J'ai eu si peur!

Comment tu as fait pour passer la ligne?

C'est le fr�re de Madame Piquine. Il est passeur.

Et puis dans ce sens l�, c'est plus facile.

Je suis content de te voir.

Pourquoi vous parlez aussi bas?

C'est... � cause de Madame Morhange.

Elle est ici.

Elle a �t� lib�r�e?

Oui.

Marcel est en suret�?

Ca je... je ne peux pas vous dire. J'ai d� partir tr�s vite...

Sarah, tu ne peux pas rester ici.

Je veux dire � Villeneuve.

Oui, je ... je sais.

Je vais te faire passer en Suisse.

En Suisse?

Oui.

Mais on ne pourra plus se voir!

Vous aviez parl� de Poligny.

Je pense � ta s�curit�.

Je comprends.

Il faut que j'y aille.

Elle a besoin de moi.

Tu peux pr�parer du caf�?

Pour trois.

Oui, bien s�r.

Vous allez bien, Sarah?

Oui.

Oui, �a va tr�s bien, Madame.

Je.. je vais faire du caf�.

Oui.

Je peux la garder?

Si vous voulez.

Vous allez faire quoi, maintenant?

A part me demander de voir votre avocat, bien s�r.

Ce que je vais faire...

Vous savez, je pourrais essayer de faire sortir Anna et H�l�ne de leur camp de Varsovie.

Je ne dis pas que j'y arriverai, mais j'ai de bonnes chances.

Je connais tr�s bien Mercadier.

L'attach� militaire dont elle parle.

En �change, vous voulez quoi?

On vous lib�re. Vous r�int�grez votre groupe, et vous nous renseignez.

Vous me donnez quoi, comme garantie?

Aucune.

Ce sont les allemands qui les tiennent, pas nous. Mais, je vous dis, j'ai de grandes chances.

Non, je ne peux pas faire �a.

Si vous ne le faites pas, elles vont mourir.

Et si je le fais, vous ferez quoi?

On les arr�tera tous, �videmment.

Sauf vous et elles.

Et je leur dirai quoi, moi, quand elles me demanderont ce que j'ai fait pour les faire sortir?

Ce que vous devez vous demander, surtout Monsieur Cr�mieux c'est ce que vous vous direz � vous m�me.

.. dans un cas comme dans l'autre.

Non, mais il faut que je r�fl�chisse.

Et bien, r�fl�chissez vite.

Car vos amis vont finir par remarquer votre absence.

... et l�, il n'y aura plus de march�.

Je ne vois pas pourquoi on accepterait de rencontrer des communistes.

Ces gens l� ne savent pas ce que c'est que la France.

Mais, ce sont quand m�me des r�sistants, comme nous.

Qui ob�issent � Moscou!

Je vous rappelle qu'en 40, Thorez a d�sert� sur ordre de Staline.

Thorez, Thorez... on s'en fiche un peu de Thorez, quand m�me.

Ils �taient pr�ts � pactiser avec les boches jusqu'en juin 41.

Pas tous!

Je croyais que vous n'aimiez pas les communistes, vous.

Je n'aimais pas les communistes jusqu'� ce qu'ils se fassent fusiller par les allemands.

Il faut payer cher pour �tre aim�, chez vous, dites donc.

Ce sont des manipulateurs.

S'ils proposent une rencontre, c'est pour servir leur int�r�t, pas le n�tre.

Nos int�r�ts pourraient co�ncider.

Moi, pour chasser les boches, je suis pr�t � m'allier avec le diable.

Ils ne sont pas le diable, ils sont pr�ts � tout pour prendre le contr�le de la r�sistance, alors, pourquoi on les aiderait?

La question, c'est qu'est-ce qu'on y gagne?

Non. La question c'est: Une simple rencontre, qu'est-ce qu'on risque?

Qu'ils soient infiltr�s par les flics par exemple, Voil�.

Oui, et bien, dans ce cas, on ne fait plus rien.

Si, on fait des choses, mais on fait attention.

Bon, on y va.

Vous ne votez pas?

Je ne sais pas comment �a se passe � Londres, mais ici, ce n'est pas la d�mocratie.

Je crois que de toute fa�on, le peuple vous soutient.

Qui y va?

Mmm... Vous, pas question.

Vous viendriez?

Je m'arrangerai.

Alors, il va bien, Cr�mieux?

Il n'�tait pas l�.

Il a d� aller s�rement ramasser des collets ou je ne sais pas...

C'est d�j� arriv�. Je n'allais pas attendre une heure.

Tu repasseras ce soir. De toute fa�on, il faut qu'on lui parle.

Ca ne me plait pas, un rendez-vous aussi rapide.

C'est moi qui ai demand� un rendez-vous rapide, pas eux.

Eux, ils n'ont m�me pas encore accept�.

Tu sais pourquoi le parti a cr�� ce front national de la r�sistance?

Pour unir nos forces.

C'est �vident

Oui. C'est aussi pour pr�parer l'avenir.

Quand on aura chass� les boches, on pourra reconstruire la France. Une

France socialiste, une France o� les travailleurs auront le pouvoir.

Oui.

Et c'est maintenant que �a se joue.

C'est �vident que c'est ceux qui auront lib�r� le pays qui seront les maitres du jeu.

C'est pour �a qu'il faut prendre le contr�le d'un maximum de mouvements de r�sistance, le front national est le moyen.

Pourquoi tu trouves ce rendez-vous trop rapide, alors?

Pour la s�curit�.

Qu'est-ce que tu en penses? Il y a quand m�me une caserne de boches � c�t� de l'�cole.

Oui, mais ce n'est pas �a qui m'inqui�te.

C�t� gaulliste, qui sera au courant de cette r�union?

Ca, je ne sais pas.

Je ne leur fais pas confiance � ces bourgeois.

Pour l'instant, il s'agit juste de discuter.

Avec des gens qui font des tracts en quantit� depuis des mois.

Pendant ce temps l�, vous faisiez quoi?

Des analyses dialectiques?

Tr�s bien. Si Max est d'accord, on y va.

Oui.

Je voudrais dire un mot � Suzanne.

Tu ne lui parles pas du rendez-vous!

Tu nous laisse deux minutes.

Ca va?

Si on veut.

Edmond m'a fait des avances.

Quoi?

On est all� se promener tout � l'heure, pr�s de la rivi�re.

Et alors?

Et alors, il a essay� de m'embrasser.

Je l'ai gifl�. Il l'a tr�s mal pris.

Il a fait comme si j'avais mal compris. Il m'a dit que je me faisais des id�es, que j'�tais ridicule.

Marcel, ce type me fait peur.

Aide-moi � m'enfuir.

Mais non. Ca ne r�soudrait rien.

Moi, �a me foutrait dans la panade et toi, il finirait par te retrouver, de toute fa�on.

Mais enfin...

Ecoute, Suzanne, si tu t'enfuis c'est comme avouer d'�tre coupable.

Et alors, on fait quoi?

Je retourne me promener acec lui, pr�s de la rivi�re?

Je vais rester avec toi jusqu'� ce qu'on parte.

Je finirai par trouver une solution.

La r�union elle est dans la ferme de Marie Germain.

Sur la route de Grand Sart pr�s de l'�tang d'Angely.

Qui participe � cette r�union?

Marie Germain, son fils Raoul, et un type de chez vous, mais je ne connais pas son nom.

Laissez-nous. Allez.

Merci.

Un agent ou un inspecteur?

Un inspecteur.

D�crivez-le.

35-40 ans, brun, moustachu.

Il a une femme et deux enfants.

Ensuite?

Il y a une secr�taire, � la pr�fecture.

Yvette.

Elle travaille � l'intendance.

Bon. Et puis?

Un op�rateur radio qui est arriv� ces derniers jours.

Avec son mat�riel.

On l'appelle Vincent, mais �videmment, je ne connais pas son vrai nom.

Cette radio, elle est o�?

Dans la ferme de Marie Germain.

C'est tout?

Oui.

Vous n'�tes pas tr�s nombreux, dites-moi!

C'est d�j� pas mal.

Et le directeur de l'�cole, B�riot, il n'est pas chez vous?

B�riot, non.

B�riot, c'est un mou.

Il ne fera jamais rien.

C'est bon.

Vous avez pu joindre Henri?

C'est en cours.

Reposez-vous.

Je vais vous faire un peu de th�, �a vous fera du bien.

Non.

Ecoute...

Avec Hortense, on est mari� depuis 10 ans...

Et alors?

Et bien, je ne sais pas. S'il reste une chance...

Elle fait vraiment tout ce qu'elle veut!

Enfin! De toute fa�on, vous n'avez pas de comptes � me rendre...

Si.

Tu m'as beaucoup donn� depuis quatre mois.

Mais qu'est-ce que quatre mois par rapport � dix ans?

Ah, tu exag�res.

J'exag�re!

Bon. Je partirai demain matin.

Qu'est-ce que tu racontes!

Il faut que je trouve un passeur.

Je pr�f�re me d�brouiller toute seule.

Sarah!

Je vous laisse � votre comptabilit�.

Vous deviez �tre trois, non?

Il y en a un qui va arriver. Il est policier.

Jolie fr�quentation.

Je plaisante.

Bon, alors. Parlez-nous de ce front national de la r�sistance.

L'id�e c'est de regrouper tous ceux qui veulent faire quelque chose, par profession.

Les m�decins, les profs, les avocats, les ouvriers.

Et pour quel type d'action?

Politique.

Propagande, tracts, presse, bouche � oreille. Pour la presse, vous �tes plut�t bons.

Et... qu'est-ce qu'on y gagne?

Ce que vous y gagnez?

Oui. On perd en s�curit�, et vous aussi, c'est �vident.

Alors, l'union c'est bien bon, mais qu'est-ce qu'on y gagne?

De la fiert�...

...de la joie, de la solidarit�...

... de la confiance dans l'avenir.

On pensait � quelque chose de plus concret.

On est les seuls � �tre pr�sents sur les deux zones.

... et on tient les cheminots.

Vous seriez pr�ts � diffuser nos tracts sur la zone sud?

Il faudrait voir.

Des tracts du front national de la r�sistance, s�rement.

Mais �crits par qui?

Ecrits ensemble.

Ce qu'il faudrait...

... c'est monter une r�union au niveau r�gional...

... avec un haut responsable de chaque c�t�.

Je propose qu'on suspende un moment.

Comme �a, on en parle en petit comit�. D'accord?

On n'a qu'une heure avant le couvre-feu.

Cinq minutes.

D'accord.

Pas question de faire un accord avec ces charlots!

Le troisi�me n'est m�me pas l�.

Excuse-moi, mais la ligne, c'est de faire un accord.

Si c'est possible!

Et l�, je trouve que ce n'est pas possible.

Et moi, ils me paraissent plut�t pas mal.

Je n'aime pas le type � lunettes.

Mais, sinon, diffuser en zone sud...

... avoir acc�s aux cheminots.

Enfin il est hors de question de passer au niveau r�gional.

C'est beaucoup trop risqu�.

Mais, enfin... Mais c'est nous qui sommes demandeurs.

Si on bloque le niveau r�gional, ils ne vont rien comprendre.

Bon, alors, �coutez, avec les camarades, sur le principe, on est ravi de travailler avec vous...

... mais on doit respecter nos consignes de s�curit� alors, dans un premier temps, on oublie le niveau r�gional...

... on va rester sur le niveau local.

Je sens comme de la d�fiance.

Ce n'est pas �a.

Si, c'est �a!

On ne se connait pas.

On verra quand on se connaitra mieux.

Enfin, la d�fiance ce n'est pas une base solide.

On n'est pas en train de vous chercher des noises pour le pacte germano-sovi�tique!

Il �tait parfaitement justifi�.

On s'�gare, l�!

Excusez pour le retard.

Vous en �tes o�?

Au pacte germano-sovi�tique.

On se connait, non?

Ca m'�tonnerait.

Si, si.

J'ai une excellente m�moire. C'est un peu mon boulot.

Vous avez peut-�tre surveill� des manifs avant la guerre?

Non. J'�tais en Bretagne.

Je sais.

L'ann�e derni�re en novembre, apr�s le coup de la pharmacie...

On avait mont� une sourici�re en bas de chez une fille, rue de l'habergement et vous �tes venu chercher du mat�riel photo...

... c'est comme �a qu'on avait eu le type qui a tir�.

Excusez-nous une seconde.

Personne ne te reproche rien, mais �a veut dire que Suzanne �tait innocente.

Et �a change les choses.

C'est � Paul de reprendre la main.

Je suis mandat�!

Edmond!

Ca va.

Excusez-nous, mais c'est quoi, ces messes basses?

Pardonnez-nous pour ce petit passage de cuisine interne, mais on ne s'attendait pas aux infos que tu nous a donn�es.

Dont je te remercie.

Je pense qu'on peut faire du bon travail ensemble.

Et pour commencer, je vous donne notre accord pour une r�union au niveau r�gional.

D�s que possible.

C'est bien.

Se rencontrer, comme �a juste apr�s le 11 novembre. On va faire de grandes choses.

Vous savez, je peux vous trouver un coup � boire, si vous voulez.

Allez.

C'est un bon d�but pour une r�sistance unie.

Rouge ou blanc?

Rouge.

Toujours.

Bon, j'am�ne les deux.

Tu n'as rien � te reprocher.

Fiche-moi la paix.

O� peut-on faire la r�union?

Eventuellement dans ma ferme.

C'est grand, c'est d�gag�. Il n'y a aucun risque au niveau s�curit�.

Monsieur le sous pr�fet.

Je vous avais dit de livrer Cr�mieux aux allemands.

Nom de Zeus! Vous avez la radio! Mais ils vont me manger dans la main!

M�me Kollwitz, m�me Muller! Et pour vous, c'est Paris, si vous le souhaitez.

Ah bien s�r il faudrait faire quelques am�nagements dans votre vie priv�e...

Je suis tr�s bien � Villeneuve. Merci.

On voit que vous ne connaissez pas Paris.

J'aimerais profiter de ce succ�s pour pouvoir �pouser ma compagne.

Vous plaisantez!

Vous ne pouvez pas �pouser une juive.

Mais, elle n'est pas juive, monsieur le sous pr�fet.

Vous en demandez trop, Marchetti.

La capture d'un r�seau entier et surtout d'une radio, �a m�rite bien une petite r�compense.

Vous ne croyez pas?

Vous l'aimez tant que �a!

Je l'esp�re pour vous.

Parce que foutre en l'air votre carri�re de cette mani�re, c'est quand m�me dommage.

J'aimerais pouvoir me marier avant No�l si possible.

Je vais voir ce que je peux faire.

Le coup de filet sur la ferme, c'est pour quand?

Je vais voir ce que je peux faire.

Marchetti, vous �tes impossible!

Tr�s bien. Elle n'est pas juive. Vous ne voulez pas que je sois votre t�moin, pendant que vous y �tes?

Pourquoi pas!

Pour le coup de filet, je vais monter un dispositif autour de la ferme.

Ca nous permettra d'arr�ter tous ceux que Cr�mieux ne nous a pas balanc�s.

Bonne fin de journ�e, Mademoiselle.

Suivant.

Vous �tes... vous �tes Rita de Witt?

Je n'ai pas de rendez-vous et je m'excuse mais en fait je devais voir

le docteur Morelle mais il a annul� ses rendez- vous pour la journ�e.

Il a un deuil.

Je ne veux pas d�ranger.

Vous permettez. Je vais voir Mademoiselle rapidement.

Voil�. Vous pouvez vous rhabiller.

De Witt avec deux T?

Oui.

Ca vous parait normal?

Oui. Le col est tr�s l�g�rement ouvert, mais rien de grave.

Il faut vous m�nager.

Evitez les efforts violents.

En dehors de faire la cuisine et la vaisselle...

Ah, la vaisselle, �a peut �tre un sacr� sport, dites!

Vous pratiquez?

Non... Mais j'observe.

Le sens de l'observation, c'est tr�s important pour un m�decin.

Alors, vous prendrez 2 de celui-ci le matin, ajeun, 2 le soir avant le coucher.

Et s�rieusement, m�nagez-vous.

Tr�s bien.

Vous avez d� �tre contente d'avoir des nouvelles de votre maman.

Pardon?

La lettre de votre m�re.

Je suppose qu'il y a eu des nouvelles.

Mais quelle lettre?

Ultimes rebondissements, coups de th��tre impr�vus qui sauvera sa peau?

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