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11 Novembre 1942
Novembre 1942
Vincent envoy� par Londres est parachut� � Villeneuve pour y installer une radio clandestine.
Vous n'�tes pas ravi de me revoir?
Les terroristes nous font la guerre. Je suis ici pour la gagner.
Mais Muller tente aussi de reconqu�rir Hortense.
Ton cirque ne m'int�resse plus. Tu n'es plus rien pour moi.
Sarah! Je vais te faire passer en zone sud.
Dans la maison de Moissay, chez mon p�re.
Pendant que Larcher cache Sarah...
Marcel!
... il retrouve son fr�re.
Le parti a d�cid� de r�activer le front national de la r�sistance avec toutes les composantes de la soci�t�.
Et Marcel est confront� � Suzanne, son ex-maitresse qu'il �tait cens� avoir ex�cut�e.
Voil� quelqu'un qui va m'aider � faire mon autocritique camarade...
Ce n'est pas de ma faute, Marcel!
Tais-toi!
Alors? Camarade chef de triangle?
Qu'est-ce que tu penses de mon autocritique?
Je n'y comprends rien. C'est qui cette femme?
La camarade Suzanne que Paul est cens� avoir ex�cut�e en juillet.
Tu as menti au Parti!
Laisser �chapper une moucharde qui avait vendu le camarade Yvon!
Je ne suis pas une moucharde!
Tais-toi!!!
J'ai le droit de me d�fendre.
Ce n'est pas moi qui suis responsable de l'arrestation d'Yvon.
On ne frappe pas une femme devant moi, camarade!
Elle a vendu Yvon aux boches!
C'est faux
Quant � lui, il couchait avec elle.
Alors �videmment il avait d'autres priorit�s que la ligne du parti.
Ca aussi, c'est faux.
On n'a jamais couch� ensemble.
Non, �a ce n'est pas faux.
J'ai des sentiments pour la camarade Suzanne.
Nous avons eu une liaison l'ann�e derni�re.
Quand m�me!
Mais ce n'est pas pour �a que je l'ai �pargn�e en juillet.
C'est parce qu'elle est innocente.
Mon enqu�te a prouv� le contraire.
Ton enqu�te n'a rien prouv� du tout.
J'�tais ton responsable politique!
et je t'ai donn� l'ordre d'ex�cuter cette moucharde!
Et tu devais ob�ir aveugl�ment au parti!
On est en guerre, et dans une guerre, l'arm�e qui gagne c'est celle qui ob�it!
J'ai toujours agi pour le bien du parti.
Tu nous a quand m�me jou� une sacr�e com�die, Paul.
La bague.
Mentir au Parti pour une histoire de femme!
Je n'ai tromp� personne.
Tu ne peux pas dire �a, Paul.
Dans l'imm�diat, je te suspends de tous tes mandats politiques.
Je nomme le camarade Edmond responsable provisoire sur Villeneuve.
Ce soir, je dois repasser la ligne. Demain, commission de discipline pour statuer sur ton cas.
D'ici l�, tu seras sous la responsabilit� de Max et Edmond.
Vous �tes d�j� lev�.
J'adore me promener dans la campagne le matin.
On n'a jamais le temps.
Cette nuit, j'ai �cout� Radio Londres...
Les am�ricains contr�lent l'Alg�rie, mais on se bat encore au Maroc.
Ca change des choses pour vous, ce qui se passe l�-bas?
Rien.
Et � part l'a�rodrome, c'est quoi votre mission?
Vous savez, je fais le malin, comme �a mais je suis juste un radio. Celui qui connaissait la mission, il est mort.
Vous allez faire quoi, alors?
Attendre des instructions de Londres.
Je vais recevoir un message ce soir.
Je suppose qu'ils vont me faire monter en r�gion parisienne.
Vers Lyon, peut-�tre.
Mon poumon droit il aurait bien besoin d'une radio.
Mais �a ne se passe pas comme �a. Je ne d�cide de rien, moi.
Dommage.
A bien, c'est Vernet. C'est le flic de la grange.
Bon. Je n'ai pas de bonnes nouvelles...
Vous �tes vraiment recherch�, par nous et par les allemands.
Ils ne l�cheront pas.
Qu'est-ce qu'on peut y faire?
Ah, il faut qu'il parte.
Les allemands commencent � �tre bons pour rep�rer la radio.
Je sais.
En tout cas, n'�mettez plus tant que vous �tes dans le secteur, vous vous feriez prendre en quelques minutes.
C'est tout?
Non.
Je pense que Marchetti commence � me soup�onner. Je n'en suis pas s�r, mais il me met sur une affaire criminelle foireuse...
A priori c'est pour m'�carter.
Vous avez peur?
J'ai une femme et deux enfants...
Vous voulez arr�ter?
Non. Arr�ter maintenant, plus rien n'aurait de sens.
Mais il faut que je joue tr�s serr�.
Contactez-moi que si vous estimez que c'est absolument indispensable. De mon c�t�, je ferai pareil.
Allez, bonne chance.
Il parait que vous allez vraiment partir.
Il n'est pas l�, Raoul?
Non.
Il est parti t�l�phoner � Eliane et porter du ravitaillement � Cr�mieux.
Ben dis donc, tu as une sale gueule.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Tu lui as dit quoi, � Rita?
Rien.
Il faut dire que tu as le chic pour te choisir des filles... comment dire? Difficiles.
Ce ne sont pas les filles qui sont difficiles, c'est la vie.
D'accord.
Ca, c'est le probl�me des planques. On s'emmerde, alors on dit des conneries...
Mais l�, tu n'as pas besoin d'�tre en planque pour dire des conneries, je dois dire.
On parle de moi?
Oh l� l�!
Et, Loriot!
Je ne voulais pas rater les r�sultats de notre pari.
Quel pari?
Deux bouteilles de Bordeaux qu'il ne vient pas, le Raoul.
Mais il vient, Raoul, il vient toucher sa premi�re pelle, croyez-moi.
Bon, le chapitrage avec la petite, �a a donn� quoi?
Elle a eu les jetons, mais je crois qu'elle a compris les r�gles du jeu.
L'important, maintenant, c'est de savoir si lui, il a compris les r�gles du jeu.
Tiens.
Je n'ai pas faim.
Comme tu veux.
Max!
Je ne suis pas cens� te parler avant la commission.
Tu m'en veux?
En tout cas, je n'ai plus confiance en toi.
Je n'avais pas le choix.
Elle est innocente, et tu le sais.
Ce que je sais, c'est qu'elle couche avec un flic.
Et avec toi, apparemment.
Et tu sais aussi que l'enqu�te d'Edmond, c'est du flan.
Je ne raisonne pas comme �a, moi.
Edmond... il peut se gourer comme tout le monde...
... il est born�, il est souvent injuste... mais son seul souci, c'est le parti.
Comme moi.
Suzanne, elle n'est pas claire. Lui, il est clair.
Le reste, moi, �a ne m'int�resse pas.
Je peux dire un mot � Suzanne, avant la commission?
Non, �a, ce n'est pas pr�vu.
Je ne l'ai pas vue depuis un an!
... et je risque de ne pas beaucoup la revoir.
Je vais voir �a avec Edmond.
Edmond!
Il ne voudra jamais.
Tu le connais mal.
C'est superbe.
Merci.
Tu ne peux pas savoir le trac que j'ai.
Qu'est-ce que tu risques?
Et bien, je ne sais pas.
Peut-�tre que c'est pour �a que j'ai le trac. Non?
Si on ne peut m�me plus se fier aux amours de jeunesse!
Mooi, en Bordeaux, j'aime bien le Saint Emilion.
Une bonne ann�e, hein.
On n'a pas pr�cis� l'ann�e.
Bon, vous lui avez dit quoi, � Vernet pour ce matin?
Qu'on faisait une saisie sur le march� noir.
Bien.
Moi, �a me g�ne d'enfumer un coll�gue.
Franchement, tu pr�f�rerais quoi, que je fasse faire une enqu�te sur lui?
Non, mais, bon, il est vraiment mouill�?
En tout cas il n'est pas fiable sur les men�es antinationales et �a, �a fait aussi partie de notre boulot. D'accord?
Bah, moi, je pr�f�rais quand notre boulot c'�tait de courir contre les m�chants.
Mais c'est comme �a, voil�.
Il y vient, Raoul!
Oui, encore pas s�r que ce soit lui.
Et deux bouteilles de Saint Emilion, deux!
Peur-�tre la derni�re fois qu'il embrassera une fille.
Bon, Delage, tu files � la bagnole.
Je suis folle de faire �a, hein?
Pourquoi?
Parce que.
Parce que quoi?
Parce que vous allez partir.
Pourquoi vous le faites puisque vous savez que je vais partir.
Ce n'est pas tellement mon genre, �a.
Vous avez eu quelqu'un depuis la mort de votre mari?
Vous posez beaucoup de questions, Monsieur pour un r�sistant.
Ah mais je ne suis pas un r�sistant, moi. Je suis de la France libre.
C'est pareil, non?
Ah non. Moi, je suis un militaire.
Et vous... vous avez quelqu'un � Londres?
Plus ou moins.
Ca veut dire quoi?
Une femme mari�e.
A un pilote de la RAF.
De mieux en mieux.
C'est �a, la France libre!
Quand j'ai bu, je prie pour qu'il se fasse descendre.
Et vous buvez souvent?
Quand il est l� trop longtemps, oui.
Il est navigateur sur un Lancaster. Normalement un �quipage de bombardier ne d�passe pas 28 missions et l� il en est � 24.
Et vous, vous ne me dites pas?
Non, moi, je n'ai personne.
Ca se passe bien, dis donc!
Oui.
Ah, il y a du monde.
Compte tenu des �v�nements... et puis; Morelle m'a dit qu'il te trouvait vraiment tr�s dou�e.
Il s'y connait, lui, contrairement � moi.
Mais je ne suis pas dou�e, Daniel.
Des fois, je ne te comprends pas.
Oui, je sais.
C'est ce que j'aime chez toi.
M�me les allemands sont venus.
Pour toi, pas pour moi.
Qu'est-ce qu'il fout, l�?
Il regarde une affiche de fusill�s.
C'est normal.
Il pense � son avenir.
Je me demande bien o� il va, quand m�me.
Bon. Quand la voiture repasse, tu dis � Delage de planquer � tous les carrefours.
Je ne veux pas qu'on le perde s'il tourne.
Ah, c'est si bon, de te sentir.
Suzanne.
Tais-toi. Tu vas dire des b�tises.
Me poser des questions. Je n'ai pas envie que tu poses des questions.
Je ne t'en poserai qu'une alors.
Pourquoi tu es revenue?
Je croyais avoir �t� clair, il y a un an.
Tu ne devais pas revenir avant la fin de la guerre.
Je n'avais pas le choix.
On a toujours le choix.
Parfois c'est m�me tout ce qui nous reste.
Tu me fatigues avec tes phrases.
D�j�?
Ma fille est malade.
Tr�s malade.
Elle va se faire op�rer vendredi.
Elle peut y rester. Mes beaux parents ont refus� de me la passer au t�l�phone.
Je voulais l'embrasser avant l'op�ration.
Tu n'as pens� qu'� toi, quoi!
Oh, comment tu peux dire �a?
L'ann�e derni�re, tu as pris tous les risques pour voir Gustave.
Tu as m�me failli te faire arr�ter.
Tu devrais comprendre, quand m�me.
C'�tait long, tout c�e temps sans te voir.
Sans m�me savoir si tu �tais vivant.
Tu as pens� � moi?
Tu avais promis de penser � moi.
J'avais dit "Parfois".
Comment Edmond a su que tu �tais revenue?
Un cheminot qui m'a reconnu � la gare.
Sa femme travaillait en face de la poste.
Tu ne veux pas m'embrasser?
Je ne crois pas que ce soit le bon moment.
Je ne suis pas s�re qu'il y en aura un autre.
Ne t'inqui�te pas.
Ils ne feront pas une chose pareille.
Pas � froid, comme �a...
Mais qu'est-ce que tu en sais?
Tu as oubli� l'ann�e derni�re?
Allez! Embrasse-moi.
Si je t'embrasse, tu vas croire que je suis aussi pessimiste que toi.
Tais-toi.
Dites, il n'est pas un petit peu long, Raoul, l�?
Il devait voir la planque de Cr�mieux.
Ca prend deux heures maximum aller et retour, non?
Oui.
Vous �tes s�re que c'est bien l� qu'il est, Raoul, et pas ailleurs?
Oh, non. Il ne mentirait pas comme �a.
Vous avez bien s�re de vous.
C'est une t�te de lard, mais il ne mentirait pas � sa m�re.
M�me pour un palot?
Vous me faites peur, l�.
C'est vrai que c'est un peu long.
Et s'il nous avait vu?
On l'aurait entendu.
Et puis, ce serait si grave?
Il est sp�cial, Raoul. Il est comme son p�re.
Il peut faire n'importe quoi, s'il nous a vus.
Ecoutez, on n'a qu'� y aller chez Cr�mieux.
Vous avez autre chose � faire, non?
Rien avant l'�coute de la centrale ce soir.
Et puis, j'ai �t� un peu dur avec Cr�mieux hier...
Je peux quand m�me jeter un coup d'oeil sur ce fameux rapport, comme �a, vous serez rassur�e.
Vous �tes gentil.
... si, je pensais m�me faire les Beaux-Arts, et puis je me suis mari�.
Enfin, bref...
Dites, le monsieur qui prend des notes, l�-bas, vous savez qui c'est?
Non. J'ai cru entendre qu'il est italien. Je ne le connais pas.
Ce n'est pas vous qui l'avez invit�?
Non.
Peur-�tre un patient de votre mari?
Non, non. Daniel ne le connait pas non plus.
Ou bien un critique d'art venu de Paris.
Vous vous moquez de moi.
Non. C'est parce que je suis jaloux. Vous faites ce que j'ai toujours r�v� de faire.
Monsieur le sous pr�fet.
Je voulais vous voir, justement.
Monsieur Muller. Vous connaissez Madame Larcher, je crois.
Oui, oui.
Alors! Vous en �tes o�, de la traque de l'op�rateur radio?
Enfin! Nous sommes ici pour parler d'art.
Nous sommes ici pour parler de ce que je veux, Monsieur Servier.
Et bien, nous... progressons.
De mani�re impressionniste, il me semble.
A quatre heures, alors.
Merci.
Ce type, l�, � qui je parlais.
Et bien, quoi?
C'est un marchand d'art italien.
De Florence.
Ne me dis pas qu'il a aim�!
Il a tout achet�, Hortense!
Au-dessus du prix de r�serve.
Enfin, ne dis pas n'importe quoi. Ca ne le vaut pas.
Mais enfin! Tu es terrible.
Il a tout achet�.
Oui. Il parle de.. de Modigliani, de Odilon Redon...de Victorine Meuran, le mod�le d'Olympia, de ... Monet...
Monet!
Il enverra une camionnette pour chercher les tableaux cet apr�s-midi.
Il va faire une exposition � Florence ou � Venise.
Il m'a dit qu'il �tait trop timide pour te parler maintenant mais
qu'il te donnait rendez-vous chez Georges � 4 heures, dans la grande salle.
Oh! J'ai l'impression de r�ver.
O� il est?
C'est toi qui a invit� Muller?
Bin, tu es fou! Bien s�r que non.
Et bien, qu'est-ce qu'il veut?
Je n'en sais rien. Il ne m'a m�me pas adress� la parole.
Tu veux que je lui dise de partir?
Non. Non, non, surtout pas. C'est s�rement ce qu'il cherche.
Faire un scandale! Il est malade, ce type.
C'est bien, c'est courageux.
C'est un peu plus loin, � 200m.
Alors?
Je ne sais pas si c'est chez lui, mais il a rejoint un type et depuis ils parlent.
Fais voir.
L'homme dans une canadienne, c'est Albert Cr�mieux.
Tu es s�r?
Oui. Une barbe en plus et des v�tements minables, mais c'est lui.
Et bien, bonne pioche, hein!
On le prend en laisse?
Non. On n'est pas press�. On va attendre de voir s'il y a des copains ou des copines qui viennent les rejoindre.
C'est marrant comme les juifs, avec la barbe, ils ont l'air... plus juifs.
D'abord, on se demande pourquoi ils se la laissent pousser.
Peut-�tre qu'ils sont trop radins pour se la raser.
Non.
Bon, je vous laisse un moment. Tiens!
Tu vas o�?
Comment �a o�! Je t'en pose des questions, moi?
Ben non, mais euhhh...
Quoi? Vous �tes � deux plus l'auxiliaure de police. Ca couvre des possibilit�s, non?
Quoi?
Rien.
Je reviens dans une heure.
Je prends la voiture. J'irai plus vite.
Ca y est!
J'ai embrass� Eliane.
Tu as embrass� Eliane!
Mais c'est formidable, �a, mon gar�on.
Ah! et ta m�re est au courant?
Non. Vous ne lui direz pas, hein?
C'est notre secret.
Si tu veux.
Je ne crois pas que �a la d�rangerait.
Non. Mais il faut me jurer que vous ne le direz pas.
Il faut me jurer sur un truc important.
Sur... sur la t�te d'H�l�ne.
Si tu ne veux pas que je le dise, je ne le dirai pas. Mais pas besoin de jurer.
Surtout sur la t�te d'H�l�ne.
Il �tait bien, ce baiser?
Ah, je ne sais pas.
Oui.
Et bien! Moi, je me souviens de mon premier baiser avec Anna.
C'�tait � Vienne, en 33, en juillet...
Il faisait beau. Je prenais un chocolat - cr�me � la terrasse de l'h�tel Imp�rial.
Et je vois cette fille qui passe...
... elle �tait sublime...
Je me suis tout de suite dit que ce n'�tait pas une fille pour moi.
Et puis, un.. un carnet a d� tomber de sa poche, je ne sais pas...
... elle s'est retourn�e pour le ramasser...
... et nos regards se sont crois�s.
Je l'ai invit�e � ma table. Je lui ai demand� ce qu'elle voulait boire. Elle m'a dit "La m�me chose que vous."
Et voil�!
Le soir m�me, je savais qu'on passerait notre vie ensemble.
C'est dingue.
Je me demande souvent comment on sait que c'est la bonne personne.
Il doit y avoir un d�tail, une fa�on de se regarder, je ne sais pas...
ou l'odeur, hein.
Apr�s tout, on est des animaux.
Mais on sait.
On sait.
Tu ne m'avais pas dit que tu rentrais d�jeuner.
Je ne reste pas.
Tu as encore oubli� un papier ce matin!
Non.
En fait... il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit, hier soir.
En fait, j'ai vu Servier dans la soir�e...
C'est si mauvais que �a?
Oui.
Je n'ai pas envie de savoir.
Je ne sais rien de pr�cis, mais... je pense qu'elle ne reviendra pas.
Mais tu n'es pas s�r!
Disons que je ne suis pas compl�tement s�r.
Oh, Jean.
Heureusement que je t'ai.
Heureusement que je t'ai.
Fais attention, c'est fragile.
Il n'y a pas � dire, tu es en train de devenir une vraie artiste.
Attends!
Excuse-moi de te presser un peu mais j'ai un accouchement � Braisne et puis ensuite je dois passer voir Sarah � Moissay.
C'est quand m�me fou, cette histoire, non?
Tu te rends compte!
Florence, Venise...
Tu crois que je serai invit�e au vernissage?
Ma foi, j'imagine.
Et tu viendrais avec moi?
Ecoute, tu sais, avec les patients, la mairie...
Daniel...
Je voulais... te remercier de m'avoir permis d'organiser tout �a.
Oh! Voil�. Finalement, il marche plut�t bien notre arrangement, non?
Oui, j'ai l'impression.
Alors, tu m'as pardonn�?
Daniel, excuse-moi de t'avoir demand� �a.
Ne le prends pas mal, mais.. je crois que je suis plus heureuse comme �a que quand on �tait vraiment ensemble.
Ah bon!
Mais oui, parce que, tu vois, un vrai couple, �a peut ne plus s'aimer, divorcer... et plus jamais se revoir comme les Schwarz...
... alors que nous, rien ne pourra jamais nous s�parer.
Tu crois?
Alors, quoi de neuf?
On a perdu le gamin.
Ah mais ce n'est pas vrai. Comment c'est possible, vous �tiez trois, bordel!
Ce con s'est tap� l'auxiliaire.
Je ne me la suis pas tap�e. On s'est r�v�l� nos sentiments.
Bon, alors?
Et bien, alors, � ce moment l�, Cr�mieux et le gamin l�vent le camp et
comme Monsieur se r�v�lait, eh bien je me suis retrouv� tout seul.
Alors, je les suis. Dix minutes en pleine cambrousse...
Et tu t'es fait rep�rer, c'est �a?
Non, mais � un moment ils se s�parent... Et bien, il fallait bien choisir.
Tu as choisi Cr�mieux.
Enfin! On savait d�j� o� il �tait.
Enfin, c'est quand m�me lui, le gros gibier, non?
Et puis... et puis, je ne pouvais pas savoir qu'il allait revenir ici, moi.
Oui, mais bon, il faut vivre, aussi.
Oui, c'est bon. N'en rajoute pas. Ca va.
On est condamn� � attendre que quelqu'un d'autre vienne, maintenant.
Je te pr�viens, s'il faut planquer pendant deux jours et deux nuits, tu va planquer pendant deux jours et deux nuits.
Ce n'est pas mon probl�me. D'accord?
Qu'est-ce que c'est que ce trafic, l�!
Ce n'est pas normal.
Il vaut peut-�tre mieux de le serrer et de rentrer � la t�le.
Pas s�r.
Apparemment, lui aussi il se demande ce qui se passe.
On va encore attendre une heure d'�ventuels visiteurs.
On l�vera le camp apr�s.
C'est la RAF?
Je ne sais pas.
Ils volent vraiment tr�s bas.
On n'est pas loin de la ligne de d�marcation, pourtant.
A deux kilom�tres.
Vivement qu'on soit chez Cr�mieux, on verra mieux.
On y sera dans 10 minutes.
J'ai soif.
Il y a du trafic, on dirait.
Il y a quoi de l'autre c�t�?
Le pont de Chauvernes, la ligne de d�marcation...
On peut observer, sans se faire voir?
Oui, venez.
Incroyable!
Tout le r�gime de Vichy va tomber par terre.
Vous croyez?
Pas tout de suite, mais... s'il n'est plus souverain, il n'est plus rien.
Il faut que je rentre � la ferme pour �mettre.
Je croyais que vous aviez des cr�neaux horaires tr�s pr�cis!
Sauf en cas d'extr�me urgence, et c'est une extr�me urgence.
Ca vous emb�te qu'on passe � la planque de Cr�mieux, juste pour boire un peu d'eau. C'est � 2 minutes.
Je dois y aller.
Allez-y vous, si vous voulez.
Non. Je ne vais pas vous laisser tout seul, vous allez vous perdre.
Je peux rentrer les yeux ferm�s.
Allez, chiche.
Venez.
Et en 39, qu'est-ce que tu as pens� du pacte germano-sovi�tique?
J'�tais SFIO. Qu'est-ce que vous vouliez que j'en pense?
Je ne sais pas.
Dis-le nous?
J'ai trouv� �a tr�s bien.
Elle ment.
J'ai trouv� �a consternant, lamentable!
Nul!
Vous �tes contents?
Alors, pourquoi tu as adh�r� au parti?
Parce que l'ann�e derni�re vous �tiez les seuls � vous bouger sur Villeneuve et que...
... j'avais envie de faire quelque chose pour mettre les boches dehors.
C'est tout � ton honneur.
R�suktat, elle a couch� avec un flic!
Je l'ai fait pour sauver ma peau. Je n'ai donn� personne.
Tu as donn� Yvon � ton flic!
Mais, si elle a fait �a, comment tu explique qu'elle ne t'ai pas donn� toi?
Je n'en sais rien.
Tu es dessus depuis le d�but. Elle d�cide de donner Yvon qu'elle connait � peine et elle ne te balance pas toi!
Toi, qui �tais tout le temps avec Yvon.
Je n'�tais pas tout le temps avec Yvon.
En tout cas, tu �tais avec lui, juste avant qu'il se fasse arr�ter.
Tu crois que je l'ai balanc�?
Non.
J'essaye juste de comprendre ce qui est arriv�.
Et je r�p�te, tu n'as aucune preuve que Suzanne l'ai fait.
Ce n'est pas le probl�me.
Le probl�me c'est ta conduite antiparti.
J'ai pass� un an dans l'organisation sp�ciale.
A prendre des risques tous les jours, � voir des camarades tomber par dizaines!
Pendant que toi tu te tournais les pouces ici, � mariner dans ta bile...
... alors je commence � en avoir assez de t'entendre parler de ma conduite antiparti, camarade.
Comment tu expliques que Suzanne ne t'ai pas donn�?
J'e n'en sais rien, moi...
Je n'en sais rien. Tu n'as qu'� demander aux flics!
C'est vrai que �a pose quand m�me question, camarade.
Vous croyez que moi, je suis un traitre?
Non. Assieds-toi.
Cette affaire n'est pas simple.
Marcel!
Marcel!
Marcel!
Je crois avoir avoir vu une voiture allemande approcher sur la route.
Tu dois te tromper, camarade. C'est impossible, en zone sud.
Paul, qui est cette femme?
C'est... c'est...
Ne me dis pas qu'une sans parti �tait au courant de notre pr�sence ici!
Mais j'ai vu les uniformes, j'en suis s�re.
Paul, tu ne nous as toujours pas dit qui est cette femme.
C'est ma compagne.
Ta compagne, c'est une camarade?
Elle a raison. Les boches sont en bas!
On est coinc�.
Ils sont trop nombreux.
Pas question de les affronter.
Ferme �a.
Enfin, qu'est-ce qu'ils foutent l�!
Pourquoi est-ce qu'ils sont venus jusqu'ioci?
On ne peut pas rester dans la maison.
Il faut passer par la cave, il y a une sortie.
On y va au trot. Julien en t�te. Max, tu nous couvres.
On emm�ne tout le monde?
Oui, on emm�ne tout le monde.
Ne vous inqui�tez pas, il va venir.
Aujourd'hui, c'est un jour sans, mais je peux m'arranger, si vous voulez un petit remontant.
Je n'ai pas envie d'un remontant, j'ai envie d'�tre tranquille.
C'est vous qui voyez.
Je ne te d�range pas?
J'attends quelqu'un.
Quelqu'un que je connais?
Non. Non, je ne pense pas, non.
Laisse-moi deviner...
Tu m'importunes!
Peut-�tre il signor Lamberti?
Je ne crois pas qu'il viendra.
Je ne comprends pas.
Votre travail me fait penser � Modigliani.
Odilon Redon et Victorine Meuran.
Tu sais que j'ai d� potasser des livres de biblioth�que pour faire �a.
Ah, Hortense...
... le marchand d'art... l'exposition � Florence...
Tout de m�me... Je te connais bien, non?
Attends. Tes tableaux...
... tu n'as pas envie de les r�cup�rer?
A l'heure qu'il est, ils roulent quelque part entre ta maison et mon bureau.
Tu me les revendrais?
Allons, Hortense! Je te les donne.
Enfin...
Qu'est-ce que tu veux?
Mais ce que je t'ai demand� hier, rien de plus.
Un diner en t�te � t�te.
Tu ne m'as pas donn� de r�ponse.
Qu'est-ce qu'il veut?
Une de ces petites urgences de la guerre...
Petite ou grosse?
Moyenne.
Tu veux une r�ponse?
Alors cong�die-le.
Alors?
Un simple diner qui n'engage � rien d'autre.
Un simple diner qui n'engage � rien d'autre.
Mais oui.
Tr�s bien. A demain.
Demain? Mais oui, tr�s bien.
Demain est un autre jour.
Ah, il faut s'�loigner plus, hein!
Ils vont faire une reconnaissance dans les bois.
Le temps qu'ils investissent la maison, il y a un peu de temps, non?
Non. On ne sais jamais.
Excusez-moi, mais... pourquoi vous avez racont� �a?
C'�tait le seul moyen de justifier votre pr�sence.
Et on se quitte quand?
Il faut partir.
On y va.
Roger est tr�s g�n� que tu ai laiss� une sans parti sur le lieu de la r�union.
Tu sais...
Tu aurais pu m'en parler, quand m�me.
Aaaah! Tu �tais o�?
Bin... chez Cr�mieux.
Tu as mis du temps!
Bah, on a mis un temps fou � poser les collets. Il les pose n'importe comment alors j'ai essay� de lui apprendre.
Oui. Vous avez trouv� � manger quand m�me?
Oui. On a des collets � moi, apr�s.
C'est bien.
Et Cr�mieux, il va bien, sinon?
Oui. Toujours pareil. Il cause tout le temps de sa femme et de sa fille.
C'est bien, Raoul.
Tu sais, parfois, je suis dure avec toi, mais c'est parce que c'est dangereux tout ce qu'on fait ici. Tu comprends �a?
Tu le sais que je t'aime?
Bon, et bien, je ne pars pas tout de suite.
Je suis cens� faire un relev� pr�cis des mouvements de troupe, le plus vite possible.
Ah, bon!
J'en ai pour un moment.
Oui, c'est probable.
Pourquoi tu me regardes comme �a?
Bon, je... je vais pr�parer quelque chose � manger. J'ai faim.
Mais bien s�r, je vous comprends.
Bien.... Passez-moi Monsieur Servier. J'attends.
Les allemands ont pass� la ligne.
Je suis sans nouvelles de Sarah.
Eh bien, d�rangez-le dans sa r�union, Madame!
Les allemands ont envahi la zone sud. Vous n'�tes pas au courant!
Alors, et Lamberti, �a s'est bien pass�?
Oui, enfin...
Il a reparl� de Venise?
Ce n'�tait pas.... Ah! Servier.
Il faut obtenir d'urgence un entretien avec Kollwitz.
Bon. Je vais me reposer.
Oui ... Mais...
Tout est bloqu� partout, maintenant.
Cette invasion allemande est une aubaine pour nous.
Nous allons recruter � tour de bras en zone sud.
L'urgence camarade, c'est de prendre contact avec les gaullistes pour faire exister enfin le front national de la r�sistance.
On va les contacter au plus vite.
Qu'est-ce que vous avez d�cid� pour notre affaire?
Tu es bon camarade, Paul.
Mais tu ne devais pas laisser une sans parti entrer dans une r�union clandestine de cette importance.
Maintenant, il faut qu'elle parte.
Et r�duis les adieux au minimum.
Sarah!
Il faut que tu t'en ailles.
Tout de suite.
Je comprends.
Alors, si tu as compris... vas-y!
Tu ne nous as jamais vus.
Tu es vraiment entre les mains des femmes!
Paul, en temps de paix ta vie priv�e, ce serait ton affaire, mais, l� tu nous fait prendre trop de risques.
La jalousie entre les femmes! L'une finira par te balancer.
ou balancer l'autre.
Edmond dirige le parti sur Villeneuve.
Mission principale, le front national.
Tu me tiens inform�?
Et Suzanne?
Sa culpabilit� n'est pas �tablie, mais...
Edmond dirige. C'est lui qui d�cide.
Je me demande ce que vous mangez, vous. Ce ne doit pas �tre terrible.
Aujourd'hui, Raoul est venu me voir.
Je l'aime bien, ce gosse.
Il n'a pas invent� la poudre, mais je l'aime bien.
Et je ne sais pas pourquoi je lui ai racont� que j'avais tout de suite su qu'on passerait notre vie ensemble.
Peut-�tre parce que j'avais envie que ce soit beau.
Que parler de toi, de nous...
Ce serait beau...
Mademooiselle!
Vous savez, je pourrais essayer de faire sortir Anna et H�l�ne de leur camp de Varsovie.
En �change, vous voulez quoi?
On vous lib�re. Vous r�int�grez votre groupe, et vous nous renseignez.
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