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Ca va?

Oui. D�s qu'on sera � la voiture, tout ira bien. D'accord.

On fait quoi? On va retrouver papa.

Tu es une grande fille maintenant. On devait partir en voiture. Est-ce que d'ici tu sais aller chez Madame B�riot?

Oui.

Bon. Il faut que tu y ailles tout de suite. D'accord?

J'ai peur.

C'est normal. Mais il faut que tu y ailles. Elle va bien s'occuper de toi.

J'ai envie de retourner avec maman.

Non. Maman veut que tu ailles retrouver Lucienne, crois-moi.

Papa aussi.

Allez. Vas-y, ma fille.

Tu y vas direct. Tu ne t'arr�tes pas. Tu ne regardes pas les gens. Tu ne r�ponds pas si on te parle. D'accord?

Oui? Vas-y, vas-y.

Maitresse!

C'est fini. C'est fini.

Ecoutez, vous me l'avez d�j� demand�. J'ai bien compris. Je vous dis qu'il est parti, le capitaine Garin.

Il faut que je lui remette ses affaires en main propre, c'est tr�s important.

C'est pour qui, cette valise?

Pour une intern�e.

Mais ils ont trop de bagages d�j�. On leur a dit 10kg par famille, pas plus.

Oui, mais elle, elle n'a presque rien. Je ne peux vraiment pas lui passer?

Pardon, excusez-moi.

Excusez-moi, pardon.

Excusez-moi. Sarah!

Je suis venue vous apporter des affaires que Daniel a pr�par�es pour vous.

Vous le remercierez.

Il n'a pas pu venir lui-m�me. Il ne pensait pas qu'il pourrait vous voir.

Oui, je comprends.

Voil�, il y a... des v�tements de rechange, de la nourriture, un peu d'argent.

C'ets vraiment tr�s gentil, Madame, mais on nous a dit qu'on ne pourrait rien emmener.

Surtout pas de l'argent.

Je pense que les gendarmes vont nous fouiller avant le d�part.

Ils vous ont dit o� ils vous emmenaient?

On nous a parl� de la Pologne, je crois.

Vous avez vu ces corps.

C'est un couple de Varsovie, des avocats.

Ils se connaissaient depuis l'�cole.

Elle s'appelait Sarah.

Remarquez, c'est courant comme pr�nom.

Quand ils nous ont dit o� on allait, j'�tais juste � c�t� d'eux.

Ils se sont regard�s d'une fa�on...

... �trange.

Vous ne devriez pas rester l�, Madame.

Je... je vous laisse la nourriture, hein?

Vous pourrez la manger avant le d�part, au moins.

... ou la partager.

D'accord, oui. Merci.

Il faut pr�parer vos papiers d'identit�. Il y a un contr�le.

Pr�parez les papiers. Vous lui traduisez. Pr�parez vos papiers, il y a un contr�le.

Oui, mais cette fois c'est les allemands. Ils reprennent tout en main jusqu'au d�part...

... suite � l'�vasion de la petite Cr�mieux.

Si vous avez vos papiers, sortez les tous.

Mais! Madame Larcher.

Mais qu'est-ce que vous faites l�?

Je suis venue apporter des affaires � Sarah.

Non, mais il ne faut pas rester l�. Je ne sais pas qui vous a laiss� entrer mais c'est dangereux.

Les allemands remplacent les gendarmes. Faites attention.

Sortez vos papiers.

Sarah, j'ai peut-�tre une id�e pour vous sortir de l�.

Venez, il faut qu'on trouve un endroit plus discret.

Vous allez prendre mes affaires, mon ausweis et sortir comme si de rien n'�tait.

Les allemands qui sont au contr�le ne m'ont pas vue rentrer. Ils n'auront aucune raison de se m�fier.

Mais vous, Madame?

Une fois que vous serez sortie, je m'arrangerai.

Je suis la femme du Maire, je broderai quelque chose. Je ne sais pas.

Mais si ils ne vous croient pas?

Ils me croiront. Je peux �tre tr�s persuasive.

Et puis de toute fa�on, s'ils ne me croient pas... Daniel me sortira de l�.

Je ne peux pas accepter, Madame.

Enfin,Sarah!

Monsieur ne serait pas d'accord.

Je crois que Monsieur serait pr�t � tout pour vous sortir d'ici.

Je ne peux pas. C'est tr�s g�n�reux de votre part, Madame. Mais je ne peux pas.

Sarah, je suis parfaitement au courant de ce qui se passe entre Daniel et vous.

Pour vous mettre tout � fait � l'aise, ce n'est pas pour vous que je fais �a.

c'est pour lui. Vous ne r�alisez pas vers quoi les allemands vous emm�nent.

Vous savez que j'ai fr�quent� un officier du SD l'ann�e derni�re...

Oui.

Sarah! Ils veulent en finir avec les juifs. Alors peut-�tre pas en les

tuant directement, mais croyez-moi, c'est une deuxi�me vie que je vous offre.

Enlevez la veste.

Passez la moi.

Je vais vous faire un chignon. Vous avez des �pingles?

Oui.

Ca n'a pas march�!

Si.

J'ai pu la faire sortir.

Mais... il y a eu un contre temps.

Pour l'instant elle est cach�e chez l'institutrice.

Chez cette conne! Enfin, pourquoi?

Sans cette "conne" comme vous dites, H�l�ne ne sortait pas.

Quant � moi, j'ai failli me faire prendre.

Excusez-moi. C'est moi qui devient con. Je...

Et B�riot?

Il a �t� interpel�.

...mais rel�ch�, heureusement.

Je l'ai eu au t�l�phone, 20 secondes. Ca va, �a...

Ca a l'air d'aller.

D�s que le train sera reparti avec la Gestapo avec, il nous ram�nera H�l�ne.

Et... et Anna?

Elle est merveilleuse votre femme. Vous savez, �a!

Je crois que.... Je ne pourrais pas vivre sans elle.

Ne dites pas �a.

Vous me faites peur, l�.

Non. Mais, ce que je veux dire, c'est qu'il faut vivre, Albert.

Hein? Vivre et aimer la vie.

Vous avez raison.

Mais je crois que je ne pourrais pas vivre sans elle.

B�riot doit nous faire passer un message par un cycliste de la poste, un camarade...

... nous dire que tout va bien pour H�l�ne.

D'ici l�, vous devriez dormir un peu.

Surveillez en attendant.

Quand vous sortez d'ici, vous �tes moi, Hortense Larcher.

Une femme � qui personne n'ose rien demander.

... � part son ausweis.

Voil�. Maintenant, il n'y a plus qu'� attendre que �a s�che.

Comment vous avez su, pour Monsieur et moi?

J'ai un sixi�me sens pour ce genre de choses.

Sarah, rien dans votre allure ne doit attirer l'attention.

Mais, le manteau est beaucoup trop grand pour moi!

Oui, bon. Les allemands ne sont pas des as de la mode.

Je n'ai pas une t�te � m'appeler Hortense!

Sarah, si vous n'y croyez pas, qui y croira?

Vous �tes Hortense Larcher, la femme du Maire.

C'est un r�le qui pourrait vous convenir, non?

Quand est-ce qu'on y va?

D�s que ce sera sec.

Vous pensez que j'ai eu tort de la laisser partir?

Je ne sais pas, Madame Cr�mieux. Je suis fatigu�e.

Je pense � Monsieur Kohn.

Je me demande o� il est, maintenant.

Bien cach� avec sa fille. J'esp�re pour lui.

Recherch�, sans papiers, un juif et sa fille...

Un juif et sa fille c'esr ce que sera mon mari, si tout se passe bien.

Je suis venu vous donner personnellement, donc, les derni�res instructions.

Donnez les papiers d'identit� aux gendarmes.

Pensez � enlever, bien s�r, les photos personelles, les lettres et caetera...

Et on nous les rendra quand?

A l'arriv�e � Paris.

Est-ce que c'est vrai qu'apr�s on va aller en Pologne?

Mais pas du tout!

Bon. Je tiens � d�mentir formellement ces rumeurs d'un d�part en Pologne.

Vous �tes transf�r�s dans la banlieue de Paris, dans des HBM qui ne doivent pas �tre trop mal puisqu'ils sont tout neufs.

Et ils �taient pr�vus au d�part pour des familles de gendarmes.

Vous serez gard�s, bien s�r, mais ce sont des immeubles d'habitation.

...pas un camp ni une prison.

C'est o�, exactement ?

A Drancy.

A une dizaine de km de Paris.

Mais... et les enfants?

Bon... Les enfants vont rester pour l'instant � la sous pr�fecture.

Il est question, sans aucune certitude qu'ils soient h�berg�s dans une maison d'enfants isra�lites de l'UJIF.

Vous serez tenus au courant � Drancy.

Mais pourquoi on ne pourrait pas les faire venir avec nous � Drancy?

Ca, je ne sais pas, Madame.

Ca, �a d�passe mes comp�tences.

Peut-�tre ils vous rejoindront au bout du compte.

En attendant, je fais appel � votre bonne volont�. Donc, les papiers d'identit�, le poids des bagages...

... pas d'argent liquide et bien s�r, pas d'objet dangereux.

Mais, le train, il est l�?

On m'a dit dans la journ�e. Ca peut �tre n'importe quand.

Bon, allez!

Alors, vous voyez, on ne va pas en Pologne.

A c�t� de Paris, ce n'est pas mal.

Madame Morhange?

Oui? Je dois y aller, mais, je voulais vous remercier pour ce que vous avez fait.

Pendant ces dures journ�es, vous avez �t� formidable.

Franchement, je ne sais pas ce qu'on aurait fait sans vous.

Je vais voir ce que je peux faire pour votre situation.

Je ne vous laisserai pas tomber.

Dantziger, Laura; Dantziger, Jules.

Goldberg Isaac, Goldberg Rachel.

Morhange Judith, �pouse de Kervern.

Judith Morhange!

Goldberg Isaac, Goldberg Rachel.

Bon, �a �

Bon, �a a l'air d'aller.

Vous �tes pr�te?

Oui.

Allez-y.

Bonne chance, Sarah.

Merci.

Qu'est-ce que tu fais l�?

Esp�ce de pute juive!

Ta valise est pr�te?

Tu as donn� tes papiers?

D�p�che-toi.

Prends un peu de soupe.

Je n'ai pas faim.

Il faut nourrir la maladie. C'est important pour gu�rir.

Mais, si on la nourrit, elle va rester plus longtemps!

Ce n'est pas une b�te!

C'est encore de ton �ge, �a?

Maman dit que quand je suis malade, j'ai droit.

Ca va?

Il faut que tu te reposes, hein.

Viens, Lucienne.

La Gestapo fouille l'�cole � sa recherche. Ils sont au rez de chauss�e. Ils seront l� dans 10mn au plus.

Elle cr�ve de fi�vre au feu, la pauvre H�l�ne.

Je ne sais pas.

On va la cacher sous le lit! Ils la trouveraient.

Et dans la salle de bains?

Ils rentreront dans la salle de bains?

Ils rentreront pazrtout. Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas, vraiment, je ne sais pas,

Madame vient chercher des papiers...

Mademoiselle, vous avez rendez-vous avec quelqu'un?

Non, pas vraiment. Ils a sans doute laiss� des documents pour moi.

Mais, tenez, juste, regardez, le voila.

C'est bon, je m'en occupe.

Merci. Tu viens!

Tu m'avais dit que tu ne serais pas l�.

Je t'avais dit peut-�tre. Tu vois, finalement je suis l�.

C'est des papiers provisoires et... un laiss�-passer consulaire.

Ce qui veut dire?

... que vous n'aurez pas de probl�me � passer la fronti�re suisse.

Peut-�tre m�me que... le douanier vous saluera.

Tiens.

Merci.

Vous partirez quand?

Je ne sais pas.

Demain.

Maman veut qu'on aille en Espagne.

... et puis en Am�rique.

Et toi, qu'est-ce que tu veux?

Moi... je veux ce que maman veut. Tu sais bien.

Je peux te voir une seconde?

Oui.

Qu'est-ce qu'il y a?

Il y a une grosse tuile.

Une m�me s'est �vad�e de l'�cole.

Bin, et alors, tant mieux pour elle!

Oui, sauf qu'elle �tait sur notre quota.

C'est la petite Cr�mieux.

La Gestapo la cherche, mais enfin, pas s�r qu'ils la trouvent.

Du coup, on retombe � 28.

Servier est hyst�rique. Il demande une arrestation dans l'heure.

Je ne te r�p�te m�me pas les menaces qu'il m'a faites, �a t'agacerait.

Qu'est-ce qu'on fait?

Tu veux rappeler Servier?

Non.

S'il veut qu'on en arr�te une autre, on va en arr�ter une autre.

Une autre?

O� ��?

Rue de Li�ge, num�ro 8, premier �tage.

C'est la m�re de...

Vous y trouverez une juive sans papiers, inspecteur, 65 ans, brune, des m�ches blanches dans les cheveux.

Tu l'arr�tes et tu la m�ne directement � l'�cole sans passer par ici.

Tu es s�r de toi?

Je suis s�r de moi, et c'est maintenant, tout de suite.

D'accord?

Je vais y aller.

Maman doit se demander ce que je fabrique.

Il y a un probl�me avec les papiers, il y a... enfin, je dois changer quelque chose

Ca sera long?

Non, une petite heure. Tu peux m'attendre ici.

L�, ce n'est pas possible.

L�, on peut la cacher l�? Non, non. C�, ils vont le fouiller en premier, c'est s�r.

J'ai une id�e.

Viens, viens, viens avec moi.

Tu vas te mettre l�.

Vas-y!

Attends.

Si tu entends les allemands dans le couloir, tu mets ta main devant ta bouche. Il ne faut pas qu'on t'entende tousser. Tu comprends?

Ca va aller, �a va aller. J'ai mal � la t�te.

Je vais aller te chercher une couverture.

Non, non, non. On n'a pas le temps.

Ecoute, je suis oblig� de te laisser dans le noir, pauvre petite. On est juste � c�t�.

Mettez-vous dans le lit. Allez!

Allez, allez, Lucienne. Allez.

Ils arrivent.

Allez, allez, allez...

Allez, allez. S'il vous plait.

Attendez.

C'est bon. Allez!

Comme �a, hein.

Gustave.

Gustave, ouvre, vite!

D�p�che-toi.

Sarah!

Ca va, Gustave? Est-ce que tu sais o� est ton oncle?

Bah, non. Je ne sais pas. Il a �t� appel� pour un truc grave.

Oui, oui, mais tu sais o�?

Je ne sais pas. Il ne l'a pas dit.

Poourquoi tu as les habits de Tata?

Gustave, c'est vraiment tr�s tr�s important que tu t'en souviennes.

Mais, je n'en sais rien. Il a juste dit un truc grave.

Mais, peut-�tre que tu sais qui l'a appel�?

Le docteur Morel, ou le dispensaire, peut-�tre.

Non, je ne sais pas.

Pourquoi ils t'ont lib�r�e?

Je suis content que tu sois rentr�e.

....

Ouvrez! Police allemande! Oui.

Bonjour Monsieur.

Papiers, s'il vous plait.

Je suis le directeur de l'�cole.

Votre �pouse?

Oui.

Papiers?

Ils sont dans mon sac.

Lucienne Borderie.

Vous �tes l'institutrice de H�l�ne Cr�mieux n'est-ce pas?

Oui.

Et quand l'avez-vous vue pour la derni�re fois?

Avant-hier.

J'ai �t� la chercher chez elle pour la ramener � sa m�re qui venait d'�tre arr�t�e.

Merci. Alors, vous �tes tr�s proches. Il n'y a pas de classe, en ce moment.

Dans une petite ville comme la n�tre, on est proche de tous les �l�ves.

Je crois que je pourrais vous r�citer leurs dates de naissance par coeur.

Pourquoi ist bis ?

C'est tr�s joli. C'est � vous?

C'est pour le b�b�.

C'est un cadeau de ma soeur.

Elle n'a pas d'enfant, elle n'a pas l'habitude.

Vous me montrez le reste de l'�tage, s'il vous plait.

Ouvrez, s'il vous plait.

Oh, �a c'est un d�barras qu'on n'utilise plus depuis des ann�es.

Il �tait d�j� condamn� quand je suis arriv� comme directeur.

Trouvez la cl�.

Je ne sais plus du tout o� elle est.

Lucienne, vous qui �tiez l� avant moi, elle est o� la cl� de... Ah, non. Je ne sais pas...

Il faut que je retourne m'allonger. Ahhh... Ca ne va pas?

Ah, Jules, ah....

Lucienne, venez. Aidez-moi, aidez-moi s'il vous plait � la ramener.

On va la d�poser... Ca va, �a va.

On va la d�poser sur le lit. Tenez.

Tenez bon.

Enlevez lui ses chaussures.

Was?

Enlevez lui ses chaussures!

Lucienne, Lucienne.

Ca va aller, �a va aller.

Ca va, �a va.

Encore une!

Bon. On se dit au revoir.

Je n'ai pas envie de le faire devant maman.

Mais il faut absolument que je te raconte une histoire.

Une histoire?

Oui. Moi aussi, je peux raconter une histoire.

Comme, comment d�j�? Scherzade?

Sch�h�razade.

Sch�h�razade. Si tu veux.

Je te raconte une histoire et puis si elle te plait, demain une autre.

... et puis apr�s-demain et puis tous les jours.

Pendant mille et uns jours?

Et pourquoi pas?

Maman.

Maman?

Qu'est-ce que �a veut dire?

Je ne sais pas. Elle a d� �tre r�arr�t�e par les gendarmes.

Il n'y a pas de scell�s � la porte. Ca leur ressemble.

Mais si seulement j'�tais revenue plus t�t!

Mais, �a ne sert � rien de ... Tu aurais �t� prise avec elle.

C'est s�rement le voisin. Il a d� leur dire que vous �tiez revenues.

Qu'est-ce qu'on peut faire?

Ecoute, je vais essayer de me renseigner. D'accord?

Ca ne va pas �tre facile, mais... je vais faire l'impossible.

Et puis au minimum, je vais essayer de savoir o� elle va �tre transf�r�e.

Ne t'inqui�te pas.

En attendant, tu vas venir chez moi.

C'est plus s�r.

Les gendarmes pourraient revenir.

D'accord?

Madame Morhange.

Ils vous ont dit pour quand �tait le d�part?

Servier a dit dans la journ�e.

Servier! Il est encore l�, Servier?

Non, non, non. Il est � la sous pr�fecture.Vous faites quoi avec vos v�tements, l�?

Monsieur, excusez-moi, est-ce que vous savez quand vous partez?

Euhhh, s�rement dans pas longtemps.

On ne nous dit rien, de toute fa�on.

Je suis la femme du Maire, Hortense Larcher.Pr�venez le sous pr�fet Servier.

Mais, Madame, ce n'est pas possible.... Aaaah...

O� est ton �toile? Pute juive!

Je ne suis pas juive. C'est une erreur. Une juive a pris mes affaires.

Une juive a pris tes affaires?

Voyez-vous �a!

Et qu'est-ce que tu fichais l�?

Je suis la femme du Maire. Je venais visiter les transf�r�s, une juive m'a agress�e et a pris mes affaires.

J'exige de parler � votre sup�rieur.

Montre-moi tes papiers.

Ils �taient dans mes affaires.

Je vous pr�viens, vous serez responsable de ce qui m'arrive.

Maintenant, �a suffit, sale juive.

Pr�pare tes affaires si tu ne veux pas que pour toi, �a tourne vraiment mal.

Monsieur l'officier, vous commettez une grave erreur. Renseignez-vous. Appelez le Kreis Commandant Kollwitz.

Appelez le sous pr�fet Servier. Je ne suis pas juive, je suis la femme du Maire de cette ville.

Si la fi�vre ne descend pas, donnez lui un bain frais.

Parfois �a marche.

Je vais aller voir comment �a se passait � l'�cole.

Et rassurer Anna.

Vous croyez qu'on va la garder combien de temps, ici?

Deux, trois jours. Le temps que �a se tasse, enfin, je veux dire que la Gestapo parte.

Bon. Et bien alors, elle dormira avec moi et vous dormirez dans le divan.

Tr�s bien.

Jules!

Prenez soin de vous.

Oui.

Mais vous ne m'aviez jamais embrass�e comme �a!

Vous n'aimez pas!

Si. Alors tant mieux.

Je suis le directeur de l'�cole... je cherche une femme.

B�riot! B�riot!

Madame Larcher! Mais qu'est-ce que vous faites l�?

Je suis victime d'une erreur. Appelez Kollwitz, qu'il me sorte de l�.

Mais je ne le connais pas!

Allez voir Servier � la sous pr�fecture, il pr�viendra Daniel.

Tout le monde � l'int�rieur. Je vous en prie, B�riot.

Allez, allez...

Vous faites quoi?

Une brassi�re pour le b�b�.

Moi, j'aurais bien aim� avoir un petit fr�re.

Je peux vous poser une devinette?

Oui, si tu veux.

Je suis invisible, mais sans moi on ne peut pas vivre. Qui suis-je?

Je ne sais pas.

Bin, il faut chercher.

Oh tu sais, moi et les devinettes...

Vous donnez votre langue au chat?

Oui.

C'est l'air.

Ah, oui. Gustave, il dit que c'est l'amour.

Mais on peut vivre sans amour.

... alors qu'on ne peut pas vivre sans air.

Je ne sais pas si on peut vivre sans amour.

Ca va?

Oui, oui.

Ca va.

Ca va? Oui, ca va.

Oh, je crois que je suis en train d'accoucher.

Et Jules n'est pas l�.

Vous voulez que j'aille chercher Monsieur B�riot?

Non. Tu restes ici.

Il finira bien par arriver.

Elle finira par le savoir.

Quoi.

Que c'est toi qui as arr�t� sa m�re.

Pourquoi? Tu comptes lui dire?

Non.

Mais sa m�re lui dira quand elle rentrera.

Elle m'a reconnu, tu sais.

Elle m'a m�me dit... euhh... Ca ne m'�tonne pas de lui.

Si c'�tait vrai, elle ne serait pas rest�e l� � t'attendre.

C'est tr�s juif, cette pens�e que l'on peut tout contr�ler.

Marchetti!

Quoi? Tu feras quoi quand la m�re reviendra?

Qu'est-ce que je peux faire?

Rien.

J'ai la t�te qui tourne.

Et Jules qui ne revient pas.

Il n'est pas revenu?

Vous voulez que j'aille le chercher?

Qu'est-ce que je peux faire?

Tu ne vas pas le chercher. Tu restes ici.

Il ne faut pas qu'on te trouve ici.

On va se d�brouiller � deux.

On va se d�brouiller � deux. Oh, s'il pouvait revenir.

Oh, il y a quelque chose qui coule entre mes jambes.

J'ai quelque chose qui se d�gonfle...

J'ai peur.

Qu'est-ce que je peux faire?

J'ai... J'ai la t�te qui tourne.

Qu'est-ce que je peux faire?

Il faut... Il faut que tu fasses tes devoirs.

Maitresse. Maitresse!

Maitresse!

Maitresse!

Alors, on dirait que le petit oiseau est sorti de son nid.

Pourquoi tu es sortie comme �a, ma petite?

On allait partir.

C'est la maitresse, elle accouche.

Elle s'est �vanouie.

C'est bien de t'occuper comme �a de ta maitresse, ma petite, c'est bien. Allez viens maintenant.

Ma petite fille!

Ca va mon bonhomme?

Tata est rentr�e?

Non, mais il y a Sarah.

Comment �a, il y a Sarah?

Bin elle est arriv�e tout � l'heure. Elle t'a cherch� partout et maintenant elle dort.

Qu'est-ce que tu racontes!

Sarah.

Sarah, c'est moi.

R�veillez-vous.

Daniel!

Monsieur! Madame est � l'�cole. Elle est prisonni�re. Elle a pris ma place.

Quoi!

Monsieur, l'acc�s est r�serv�.

Monsieur, s'il vous plait.

Monsieur.

Quand est-ce qu'ils sont partis?

Il y a une heure. Leur train quittait la gare il y a 20 mn.

Vous �tes un parent?

Je suis le Maire de Villeneuve.

Je ne savais pas qu'il y avait encore des maires isra�lites.

Bien, tu es encore l�, toi!

Bin ouais.

J'en ai encore pour une heure.

Bon. A demain.

On les a ramass�s au bord de la RD 88.

Pas de papiers d'identit� et des r�ponses pas claires � l'audition.

Et en quoi �a nous concerne?

Eh bien, il est circoncis.

Dans le contexte actuel, normalement, c'est pour vous.

Bon. Faites-les entrer.

C'est bon. Merci.

Ils correspondent au signalement des deux �vad�s d'hier.

Le p�re et sa fille, tu sais.

Ecoute, rentre chez toi, Loriot. Je vais m'en occuper.

Oui, mais comment tu vas faire s'il faut les transf�rer. Je vais m'en occuper, Loriot.

Oui, mais... Je M'en occupe.

Bonne soir�e.

Asseyez-vous.

Vous fumez?

Non.

Il y a une question que je me suis toujours pos�e par rapport aux juifs.

Nous, on n'est pas juifs.

On est catholiques.

J'ai fait ma premi�re communion.

On dit que vous �tes le peuple �lu.

Mais... �lu par qui?

Je crois qu'il y a m�prise, Monsieur l'inspecteur.

En fait, nous sommes alsaciens et ...

... et je sais tr�s bien qui vous �tes.

Donc vous �tes �lu par qui, Monsieur Kohn?

Par Dieu.

On dirait qu'il vous laisse un peu tomber, ces derniers temps, non?

Oui.

Enfin, on peut difficilement reprocher quelque chose � quelqu'un qui n'existe pas.

Si, moi je pense qu'il existe.

Parce qu'il vous a mis sur ma route pr�cis�ment aujourd'hui.

Alors, qu'est-ce que tu as re�u pour ta premi�re communion, dis-moi?

C'est Susie, c'est �a? Sophie. Sophie.

Alors, qu'est-ce que tu as re�u pour ta premi�re communion?

Moi, je vais te le dire.

D'accord. Tu as re�u une tr�s jolie montre, toute plate, toute dor�e.

Malheureusement tu l'as perdue pendant tous les voyages avec papa.

... et pendant ta communion il y avait aussi des drag�es, des blanches, des roses, des bleues...

Tu retiendras tout �a?

Mmmm... C'est bien.

Je vais vous faire une fiche de circulation provisoire.

Elle est valable pendant 8 jours...

.. apr�s il vaudrait mieux que vous ne soyez plus en France.

D'accord?

Je vais vous la faire.

Servier m'a r�cup�r�e sur le quai de la gare.

Daniel, �a s'est jou� � 5 mn.

Ah, je suis content.

Merci de ce que tu as fait pour Sarah.

M�me si c'�tait une vraie folie.

Je n'ai pas r�fl�chi.

Tu aurais d�.

Tu vas me reproch� de l'avoir sauv�e?

Bien non puisque je viens de te dire merci.

Elle est o�?

Dans sa chambre.

Ahhhhhh...

Tu as des nouvelles?

Oui.

Ecoute, tous les juifs de l'�cole y compris ta m�re sont partis tout � l'heure en train...

... dans la banlieue parisienne. Un endrooit qui s'appelle Drancy, apparemment.

On dit que ce n'est pas trop dur.

Et apr�s?

Apr�s? On ne sait pas vraiment.

D'apr�s Servier... Qui �a?

Le sous pr�fet. Il dit qu'ils vont rester l�-bas quelques temps.

Ecoute, je vais essayer de faire jouer divers circuits et je vais avoir des nouvelles tr�s vite. Je te promets.

D'accord?

Ne t'inqui�te pas!

Mmmmm... Ne t'inqui�te pas, �a va aller.

Il s'est pass� quelque chose, tout � l'heure, au commissariat...

... on m'a amen� un homme et sa fille...

Et?

Alors?

Non. Rien Rien!

Une histoire sans int�r�t. Oublie.

Toutes les histoires peuvent �tre int�ressantes.

Tout d�pend de la fa�on de les raconter.

C'est Sch�h�razade qui dit �a?

Non.

C'est juste moi.

C'est juste moi.

Coucou, coucou...

Je ne pensais pas que �a pouvait �tre si beau.

.. et si petit.

Elle vous ressemble, Monsieur.

Je suppose que vous dites �a � tout le monde.

Uniquement quand c'est vrai.

Je repasse vous voir dans deux jours.

Excusez-moi. Je ne vous raccompagne pas.

Vous m'enverrez votre note.

Absolument. Au revoir, Monsieur. Madame.

Merci.

Fran�oise... hou hou petite Fran�oise...On va beaucoup t'aimer, tu sais.

Lucienne?

Qu'est-ce qui vous fait pleurer?

Je pense � H�l�ne.

Je me dis que c'est de ma faute.

Ne dites pas de b�tise.

Nous avons fait tout ce que nous pouvions.

Va voir maman.

Va voir maman.

C'est vrai qu'elle vous ressemble.

Bon, allez. Il va falloir me nettoyer tout �a.

Autant s'y mettre tout de suite.

... op�rations de d�barquement � de nombreux points sur les c�tes de l'Afrique fran�aise du nord.

On �tait trois.

L'un est mort � l'atterrissage, le deuxi�me s'est pris une balle dans le bide et il est en train de crever dans une ferme.

Le troisi�me c'est moi.

D�brouillez-vous. Il me faut ce type.

Ton cirque ne m'int�resse plus. Tes grands airs de m�chant nazi ne m'excitent plus. Tu n'es plus rien pour moi.

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