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Original subtitles

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Juillet 1942, suite � une panne, un train s'arr�te � Villeneuve.

A l'int�rieur, des dizaines de juifs �trangers.

Ces gens-l� ont faim, il y a des malades. Il faut un lit. C'est pourquoi j'ai pens� � l'�cole.

L'histoire s'acc�l�re. Le temps des rafles et des d�portations commence.

Les allemands veulent qu'on en profite pour arr�ter tous les juifs �trangers pr�sents � Villeneuve.

Il y a 28 noms.

Rien dans la convention d'armistice ne nous oblige � faire �a.

Je m'y suis engag�.

Marchetti, le chef de la police est charg� des arrestations.

...mais il rencontre Rita, une femme juive, dont il tombe amoureux.

Je vous dis que j'ai trois heures pour vider la cave.

C'est alors que les activit�s clandestines de Jules B�riot et de Cr�mieux risquent d'�tre d�couvertes.

O� �tais-tu? Mais vous �tiez o�?

Eteignez! Je vous en prie.

Je n'ai pas dormi de toute la nuit.

Personne n'est venu?

Venu? Mais qui serait venu pendant la nuit! Je ne comprends pas, Jules.

Un policier, un soldat allemand, je ne sais pas, non.

Mais vous �tiez o�?

J'ai dormi chez un ami.

Un ami? Un camarade de r�giment. Quelqu'un dont je ne vous ai pas parl� qui �tait de passage � Villeneuve.

Mais, vous ne m'aviez pas dit que vous alliez chez cet ami.

Non. Je vous attendais pour diner.

Je sais.... Vous auriez pu appeler.

Il n'avait pas le t�l�phone.

Je ne comprends pas, Jules.

Lucienne!

Il y a quelque chose que je vous cache depuis plusieurs mois.

Au d�but de l'automne, je suppose que vous vous en souvenez, lorsque Cr�mieux avait besoin d'aide...

... j'ai dit oui. J'�tais avec lui, cette nuit. On a failli se faire prendre. Un autre type a �t� arr�t�, un type qui connaissait Cr�mieux.

Moi, il m'a vu mais il ne sait pas qui je suis.

Enfin, j'esp�re.

Ca va. Vous avez fait combien de kilom�tres comme �a?

Et votre femme, alors?

Heu... Peut-�tre � la maison, en train de m'attendre.

Elle doit vraiment se demander ce que je fabrique. O� est-ce qu'il y a un t�l�phone?

A la poste, � trois kilom�tres.

A la poste.... Je peux y aller, moi.

Et vous restez ici.

Non, je ne veux pas vous faire courir de risques.

Oh, �a va. Reposez-vous. Je vais aller t�l�phoner � votre femme.

On avisera apr�s. D'accord?

Merci pour tout ce que vous faites pour moi, Marie.

Je n'ai pas l'habitude qu'on fasse des choses pour moi.

Messieurs, bonjour.

Je vous ai adress� une personne pour les formalit�s. Merci.

Madame Cr�mieux.

Je suis d�sol�! Mais ca va s�rement s'arranger.

Madame Morhange m'a dit qu'elle parlerait de moi au Maire.

C'est pour Albert que je m'inqui�te. Il a d� paniquer quand il ne m'a pas vue � la maison.

Ah, oui. S�rement, oui.

En fait, je suis surprise qu'il ne soit pas encore venu.

Lui, il saurait quoi faire pour me sortir de l�.

Et donc, H�l�ne, elle est � la maison?

Mais oui. Avec Albert.

Albert, il n'est pas � la maison.

Il va bien, ne vous inqui�tez pas.

Mais il est oblig� de se cacher pour l'instant.

Ils arr�tent aussi les juifs fran�ais?

Non, non. Ecoutez, je ne peux pas rentrer dans les d�tails...

mais on a fait quelque chose hier soir et �a a mal tourn�.

Albert doit rester cach�. Vous comprenez?

Et H�l�ne qui est toute seule...

Comment il a pu... Il exag�re!

Oh.. Madame. Il ne vous disait rien pour vous prot�ger.

Ah... C'est r�ussi.

Ecoutez... Ce que j'ai besoin de savoir c'est que voulez vous qu'on fasse pour H�l�ne maintenant.

Est-ce que vous pourriez aller la chercher?

Je comprends, c'est beaucoup demander, mais...

Non, non, non, ce n'est pas �a mais vous voulez vraiment qu'on la ram�ne ici?

Mais enfin, on ne va pas la laisser toute seule! Vous me dites qu'Albert doit se cacher. Ramenez-la moi, je vous en prie.

Bon et bien je vais y aller, ou Lucienne. Je vous tiens au courant.

Je vais essayer d'avoir des nouvelles d'Albert. Bon courage.

Il faut vous reposer.

Ce n'est pas possible, ici.

Je manque d'air.

Je crois que j'ai de la fi�vre. Il ne faut peut-�tre pas que je sorte trop.

Donnez-moi votre pouls.

Ce n'est pas bien m�chant. Une petite bronchite.

Elle a de la fi�vre. Il faut qu'elle boive.

Il n'y a pas beaucoup d'eau, ici.

Dites-moi, c'est quoi ces cicatrices aux poignets?

Notre fils a �t� tu� l'ann�e derni�re, sur la ligne de d�marcation.

Depuis, elle... On l'a sauv�e de justesse.

Il faut chercher de l'eau.

Madame Morhange!

Vous savez o� je peux trouver de l'eau?

Il y a un robinet, il coule � peine.

Comment! Vous n'avez pas d'eau? Et bien, non.

Ah bien, �a je vais l'arranger avec la mairie. Dites, mon fils ne se sent pas bien, sa gorge le br�le.

Allez faire la queue, devant la petite salle au fond.

Juste regarder sa gorge, �a vous prendra une minute.

Je m'occupe de l'eau, Madame Morhange.

Samuel, montre ta gorge au docteur.

Viens par ici.

Ouvre la bouche.

10 000 francs pour vous si vous nous faites sortir d'ici.

Samuel, montre ta gorge au docteur, s'il te plait.

Excusez-moi, Monsieur, mais je ne peux rien faire pour vous.

J'ai de l'argent sur moi, en marks. Vous �tes le Maire de la ville, non?

Oui. Mais, je.. je ne peux rien faire.

Certainement pas accepter votre argent.

Vous n'avez pr�texter que nous avons une maladie contagieuse. En g�n�ral, ils lib�rent les contagieux.

Je suis d�sol�.

Excusez-moi. Vous n'avez pas envie d'aider un juif, c'est �a?

C'est bon, tes affaires?

On va o�?

A l'�cole, rejoindre maman.

Mais, je devais aller go�ter chez Marceau!

Ecoute, H�l�ne. On va � l'�cole rejoindre maman, et puis on verra.

D'accord?

C'est peut-�tre papa.

Il n'a pas les cl�s?

Parfois, il les oublie.

Bonjour, Madame B�riot.

Allez-y.

Je peux savoir ce que vous faites l�?

Je donne des cours de violon � la petite.

Vous devriez rentrer chez vous.

Ce n'est pas bon pour vous de vous m�ler avec ce genre de gens.

Ce sont des gens bien.

Une m�re juive �trang�re et un p�re antinational!

C'est vrai, c'est tr�s bien.

Depuis combien de temps tu n'as pas vu ton papa, toi?

Hmmm..... Tu sais o� il est?

Non.

Tu me dis o� il est. Ca pourrait pour aider ta m�re, tu sais.

Chou blanc. L'oiseau n'est pas au nid.

Il n'y a personne.

Non. Il n'est pas idiot.

Bon, cherchez, je ne sais pas, moi, de la doc... ou du mat�riel. Trouvez quelque chose.

Vous n'avez pas le droit de faire �a.

Retournez � l'�cole, Madame B�riot. Le droit je m'en occupe. Merci.

R�ponds. Allons, fais ce que je te dis. Vas.

D�croche.

Allo.

H�l�ne? Oui.

Passe-moi ta maman.

Elle n'est pas l�.

Tu es toute seule?

Allo. Qui est � l'appareil? Allo.

C'est qui, cette dame, tu la connais?

Je ne sais pas.

Veuillez m'excuser. Je vais l'emmener.

Vous n'aviez pas un cours de violon � lui donner?

Vous n'�tes pas venu arr�ter l'enfant, je suppose?

Ni m'arr�ter, moi!

Non. C'est vrai.

Bien. Nous sommes donc libres de circuler.

Va chercher tes affaires, H�l�ne.

Je ne trouve pas le violon.

C'est bon. On y va.

Je suis s�r que tu sais o� il est ton p�re. Non?

L�chez-la. L�chez-la. Allez, vas-y.

On vous fera arr�ter pour �a.

Bon, alors?

Il n'y a que de la compta. �a m'�tonnerait qu'il ait gard� de la doc chez lui. C'est un malin, Cr�mieux.

Moi, ce que je voudrais bien savoir c'est qui �tait le troisi�me type qui �tait dans cette sacr�e camionnette.

Qu'est-ce qui se passe?

Je ne sais pas.

C'est s�rement � propos des juifs.

Ils n'arr�tent pas de rousp�ter parce qu'on n'en arr�te pas assez.

A l'�cole, la situation sanitaire n'est pas brillante.

Ce qui est terrible avec les Allemands c'est que plus on se met en 4 pour leur �tre agr�able, moins ils sont contents.

En plus ils nous font attendre!

Vous savez quoi.

A mes heures perdues, je fais des statistiques.

Tenez, ici c'est le temps que j'attends chaque fois que j'ai rendez-vous avec Kollwitz: en octobre 20mn.

Enfin je veux dire, je suis quand m�me l'�quivalent de Kollwitz dans l'administration fran�aise.

Il est sous-commandant, je suis sous-pr�fet. Normalement, il ne devrait pas me faire attendre.

Regardez, mai-juin, 50mn.

Vous vous rendez compte, 50mn!

Vous dessinez bien, dites donc.

Non, mais ce n'est rien, �a.

Un reste de jeunesse.

Vous me parliez de la situation sanitaire...

Messieurs.

O� en �tes-vous des arrestations de juifs �trangers?

On avance. Mais je crains que nous n'arrivions pas � 28, mon commandant.

A moins que nous puissions piocher dans d'autres nationalit�s que celles mentionn�es dans votre liste.

La nationalit�, la Gestapo s'en fiche. Vous leur avez promis 28 juifs, livrez-leur 28 juifs.

On va voir ce qu'on peut faire.

Vous avez du nouveau pour le d�part?

Pour le train? Rien!

Commandant, la situation � l'�cole est mauvaise.

Il ne faudrait pas que �a dure trop longtemps.

Personne n'a envie que cela dure, Monsieur le Maire, et certainement pas moi.

Il y a l�-bas des gens qui ont �t� arr�t�s injustement.

Notamment des juifs fran�ais.

Des fran�ais!

Je proteste, mon commandant.

Ce genre de d�tails ne m'int�resse pas.

Les personnes concern�es doivent r�gler leur situation l� o� on les emm�ne, pr�s de Paris, je crois.

Mais, cependant... Ceux qui sont arriv�s ici doivent tous repartir. Point final.

Asseyez-vous.

Je vous ai fait venir pour une raison pr�cise.

Un ordre est arriv� ce matin de la Gestapo de Besan�on.

Ils veulent qu'on transporte les parents et les enfants s�par�ment.

Je vous demande pardon?

Les enfants et les parents seront transport�s vers Paris dans des convois diff�rents.

La Gestapo nous demande donc de les s�parer.

C'est un probl�me... technique.

Un probl�me de transport.

On ne peut pas s�parer les gens de leurs propres enfants.

La s�paration devra avoir lieu cet apr�s-midi.

C'est indigne. Dites � la Gestapo que cet ordre est irrecevable.

Je ne peux pas!

Enfin, vous avez autorit� sur eux.

Plus depuis le mois dernier.

Ils d�cident de tout en mani�re de police et donc de question juive.

Mais... Larcher!

Vous voulez rendre les gens fous o� quoi?

Etre en famille, c'est tout ce qui leur reste.

Commandant, vous n'�tes pas un SS.

Et comment justifiez-vous �a.?

Je suppose que dans les infrastructures qui vont accueillir ces gens, les �quipements pour les enfants ne sont pas pr�ts.

Et bien alors, pourquoi les avoir arr�t�s maintenant?

Messieurs, cela ne sert � rien de discuter. Ou vous organisez vous-m�mes

cette s�paration ou je dis � la Gestapo que c'est � eux de le faire.

D'apr�s moi, il vaut mieux que ce soit vous. Ils viendront v�rifier que c'est fait ce soir � 20h.

Mais, enfin... quand partiront les convois?

Et pour o�?

Je n'ai plus aucune autre information.

C'est tout, Messieurs.

Vous marchez trop vite.

O� pourrait-on transf�rer les enfants?

A l'annexe de la mairie?

Larcher!

On ne peut pas faire �a, Servier, vous le savez bien.

Mais on va le faire. Vous le savez bien.

On est cens� aller jusqu'o�?

Prenez un peu de recul, Larcher.

Du recul! Quand on s�pare les parents des enfants.

Je croyais que la famille �tait le pilier de la nouvelle France que nous b�tissons.

La famille fran�aise, oui. Mais enfin, les juifs �trangers sont quand m�me des parasites!

Vous ne pouvez pas le nier.

Il y a des fran�ais aussi � l'�cole, comme Madame Morhange.

Et Kollwitz refuse d'en entendre parler.

Un cas particulier ne peut pas remettre en question l'ordre g�n�ral.

Moi, �a ne me plait pas de faire ces arrestations. Mais enfin, Laval a n�goci�, le Mar�chal a donn� son accord...

Ils ont s�rement d� obtenir des choses en �change.

Du genre?

Je ne sais pas moi! Une v�ritable police nationale, une am�lioration du ravitaillement, quelque chose quoi!

Enfin, vous prenez le Mar�chal pour un idiot?

Vous allez d�truire des familles pour du ravitaillement!

On n'a pas le choix.

Oui, je la connais cette chanson l�.

Le couplet et le refrain.

Je vous demande pardon?

Vous aurez ma d�mission sur votre bureau demain matin, Monsieur le Sous Pr�fet.

Effective imm�diatement.

Attendez! Larcher, attendez!

Vous ne pouvez pas me laisser tomber comme �a. Larcher!

Ah... Monsieur l'inspecteur.

La bonne surprise!

J'aimerais parler � votre fille. Elle est l�?

Entrez.

Non, je vais l'attendre ici.

Rita, c'est pour toi.

Inspecteur?

J'aimerais lui parler en particulier, si possible.

Ooooh... je ne voudrais surtout pas d�ranger.

Je me permets... pardon.

Excusez-moi.

Qu'est-ce qui se passe?

Vous avez chang� d'avis?

Sur quoi?

Sur le fait de nous laisser partir.

Non, non, vos papiers sont en r�gle, Mademoiselle de Witt, d'ailleurs les juifs belges ne sont pas concern�s.

Mais les juifs belges avec des faux papiers, oui.

Je suppose.

Je voulais vous revoir.

Simplement.

On pourrait... aller faire un tour... au jardin Garnier. C'est ouvert en juillet.

Mais je n'aurais pas beaucoup de temps. Je m'en excuse.

Vous �tes entre deux arrestations?

Vous me plaisez.

Et je suis certain que je vous plais aussi.

Ca ne m'arrive pas souvent.

Vous �tiez o�?

Avant la guerre? Et bien � Bruxelles.

enfin � Uccle, juste � c�t�.

Vous faisiez quoi?

Ce que j'ai toujours fait depuis toute petite.

Sourire au client pour qu'il entre dans la boutique.

D'accord. La boutique d'antiquaire, c'est �a?

Plut�t une brocante. Tout � un franc.

Il y avait une grande banderole au-dessus de la vitrine. Maman en est tr�s fi�re.

Dites-moi, qu'est-ce qu'on peut encore trouver pour un franc de nos jours?

Rien.

Mais �a fait entrer les clients. Ah! D'accord.

Je me demande ce que vous cherchez � faire avec moi.

Ce n'�tait pas bon? Si.

Regardez derri�re vous.

Ca ne compte pas, �a.

Non? Ca ne compte pas! Non, �a ne compte pas. Vous �tes avec moi. Vous ne risquez rien.

Vous vous rendez compte de ce que vous dites!

Quoi?

Tant que je suis avec vous, je ne risque rien.

Et si je n'ai plus envie d'�tre avec vous?

Il se passe quoi?

Remarquez, c'est original...

Ca me fait penser aux mille et unes nuits.

Je ne connais pas.

Le roi doit tuer la belle Sch�h�razade

... mais elle obtient de lui raconter une histoire...

une belle histoire.... et tant qu'elle raconte bien, il la laisse en vie.

Il y arrive?

Oui... elle raconte pendant mille et unes nuits.

Mille et unes nuits �a... �a fait � peu pr�s... � peu pr�s trois ans.

Dans trois ans, la paix sera sign�e, les allemands seront partis.

Il n'y aura plus de pancarte, aussi.

Vous ne vous rendez pas compte que les juifs aussi seront partis.

Ecoutez, Rita, je peux vous prot�ger, vous et votre m�re jusqu'� la fin de la guerre.

Ce n'est pas moi qui ai d�cid� qu'il fallait arr�ter les juifs.

Non, vous vous contentez juste de le faire.

Oui. C'est justement pour �a que je peux vous prot�ger.

Changement de papiers, changement d'identit�...

Je peux vous faire passer en Suisse ou ailleurs, peu importe.

Non.

Ca ne peut pas marcher.

Ramenez-moi chez moi.

Ca va, les enfants?

On attend H�l�ne.

Vous pouvez aller jouer un peu plus loin, il faut que je parle � ton p�re.

Allez, viens. Merci.

On a un probl�me.

La m�re Cr�mieux s'est fait arr�ter hier soir.

Etrange.. que tu trouves que ce soit un probl�me.

Elle devait venir ici cet apr�s-midi, les gar�ons l'attendent.

Et Cr�mieux? Je ne sais pas. La petite est � l'�cole avec sa m�re.

Ah quelle sottise d'avoir accept� qu'une juive vienne go�ter ici. Il y a toujours des probl�mes avec les juifs.

Le probl�me, c'est plut�t elle qui l'a, non?

Mais qu'est-ce qu'on va leur dire?

Si on leur disait la v�rit�?

Non, mais tu plaisantes, Raymond?

Ce sont des probl�mes de grande personne. Ils ne sont pas arm�s pour �a.

Ils ont douze ans, leur copine se fait arr�ter parce qu'elle est juive...

... on va leur dire.

Alors il faut leur parler aussi de l'influence nocive des juifs dans notre pays, sinon, comment tu veux qu'ils comprennent?

Ah, �a tu le feras tr�s bien, toi, plus tard si tu veux.

Marceau!

Raymond, je ne suis pas d'accord, moi.

Je te demande de ne pas faire �a.

Mon petit Marceau je n'ai pas une bonne nouvelle.

Votre copine H�l�ne ne viendra pas.

... sa maman s'est fait arr�ter.

Pourquoi?

Parce qu'elle est juive, imb�cile!

Vraiment pas possible!

Et H�l�ne, elle est o�?

Avec sa maman, � l'�cole.

Ca va s�rement s'arranger.

Ca, tu n'en sais rien.

Allez, allez jouer les enfants. On va avoir des nouvelles plus tard. Ne vous inqui�tez pas. Allez, allez.

Tu les fais souffrir pour rien, uniquement pour me contrarier.

Tu vas me le payer, hein! Tu as int�r�t � t'occuper d'eux pendant que je ne suis pas l�.

Tu as int�r�t.

On peut savoir o� tu vas?

Tous les enfants!

Jusqu'� 16 ans.

Ecoutez, �a ne me plait pas plus que vous. Mais si on n'arrive pas � convaincre

les parents, l'�quipe de la Gestapo d�barque et embarquera les enfants de force.

Monsieur le sous pr�fet, vous voyez �a comment?

Et bien, il faut informer les familles...

Ca, vous allez vous en charger!

Je pense que �a serait mieux si c'�tait vous.

Vous �tes porte parole.

Ensuite il faut que les parents le disent � leurs enfants, qu'ils expliquent que c'est provisoire,

que c'est pour leur bien, qu'ils seront avec d'autres enfants. Il faudrait leur donner des jeux.

Il doit y en avoir � l'�cole, non, des jeux?

Des jeux!

Mais, apr�s? Qui va s'occuper des enfants, une fois qu'ils seront s�par�s!

Leur donner � manger, les faire dormir, les emmener aux besoins, les gendarmes?

Ne le prenez pas mal.

Ne vous inqui�tez pas.

Il faudrait... je dois voir �a avec Kollwitz, �videmment, il faudrait que quelques m�res de famille deux ou trois, je ne sais pas...

... � vous de voir, accompagnent les enfants. Oui.

Non. 2 ou 3, ce n'est pas assez. Il faudrait 5 femmes, non, 6 peut-�tre.

Si vous voulez.

De toute fa�on, il y a un moment o� il faudra qu'elles retournent avec les adultes.

...sinon, on ne va plus s'y retrouver.

Moi, j'exige d'accompagner les enfants.

J'ai �t� 20 ans directrice d'�cole, j'ai l'habitude.

Ce serait bien que la petite Lucienne, elle vienne aussi.

Pas de probl�me.

D�signez vous-m�me qui accompagne les enfants. Je trouve �a tout � fait normal.

Tout � fait bien. Oui.

Mais apr�s?

Apr�s, ils seront men�s o�?

Par qui?

Ca, je ne sais pas, moi. Certainement dans une sorte de foyer.

Bon, �coutez, ce qui est important, c'est ce qu'on fait maintenant.

Est-ce que je peux compter sur vous pour parler aux parents?

Oui.

Oui.

Non, attendez.

Ce n'est pas possible. On ne peut pas faire �a. Comment vous pouvez laisser faire �a!

Je n'ai plus le choix! Vous croyez que �a m'amuse?

D'accord.

Je parlerai aux parents. Mais je veux des garanties sur l'avenir des enfants.

Et du ravitaillement pour eux.

D�brouillez-vous.

Faites-moi un inventaire de vos rations. Vos hommes se serreront la ceinture, je crois.

Qu'est-ce qui se passe?

J'en veux bien un aussi.

Je croyais que �a t'emp�chait de dormir.

Non, pas celui-l�, non.

Daniel, qu'est-ce qui se passe?

Je ne suis plus maire de Villeneuve.

Quoi!

A l'�cole les allemands s�parent les enfants des parents. Enfin ils nous demandent de le faire.

Ce n'est pas forc�ment une mauvaise id�e.

Daniel, les camps de travail pour juifs, � l'est, d'apr�s ce que j'ai compris...

Mais qu'est-ce que tu as compris?

De ce que m'en a dit Heinrich Muller. Tu sais tr�s bien que c'est lui qui m'en a parl�, alors inutile de faire le malin...

Ces camps, Daniel, c'est vraiment dur!

Je veux dire, vraiment! Et alors?

Et alors, il vaut peut-�tre mieux que les enfants n'y aillent pas, non?

Je veux dire que si �a devait m'arriver � moi, je pr�f�rerais que Te Quiero n'y aille pas, voil�.

Ce n'est pas � toi que �a arrive, Hortense.

A toi non plus, que je sache.

Dans le buffet.

Franchement, je ne comprends pas que tu d�missionnes alors que tu peux aider ces gens.

Je ne vois plus comment. Mais comme tu fais d'habitude!

Je ne sais pas. N�gocier, obtenir quelque chose de Servier. Il t'adore.

Mais ils s�parent les familles, Hortense. Personne ne peut s�parer les familles de cette mani�re, �a n'a pas de sens.

Ou alors...

C'est � se demander si le sort des juifs te tient vraiment � coeur.

Quoi?

Je ne sais pas, mais quand on s'est rencontr� tu disais qu'il y

avait quand m�me un peu beaucoup de juifs en fac de m�decine, non?

Mais enfin, mais �a n'a rien � voir!

Comment tu... Je cache Sarah, tout de m�me.

Non. Non, �a c'est autre chose.

Ca veut dire quoi?

Daniel! Tu en pinces pour cette fille. Je veux dire, je comprends vu notre situation,

je n'ai rien � dire mais ne fais pas passer �a pour un acte de g�n�rosit�, franchement...

Ah... mais tu es vraiment..... Quoi?

Quoi? Tu n'en pinces pas pour cette fille, peut-�tre?

Euhhh j'�prouve de l'�motion, de la solidarit�, du respect... Oui, oh...

Oh oui. Oh bin bien s�r, je comprends que pour toi,�a te soit �tranger, le respect, pour toi, c'est du vent...

Tout ce que tu sais faire c'est prendre... et �tre prise, hein!

Non, mais! Imaginer que je puisse d�sirer cette fille en ce moment avec tout ce qui se passe?

Tu me d�go�tes. Tu crois qu'on est tous comme toi, hein?

Des animaux! des animaux pr�ts pr�ts �... Je t'interdis de me parler sur ce ton.

Mais tu ne m'interdis rien. Je suis chez moi, ici.

Allez, va-t'en, va-t'en. Va-t'en, je ne te supporte plus.

Ne vous inqui�tez pas. Je vais rester avec vos enfants.

Il y aura aussi Madame B�riot, il y aura... il y aura des volontaires...

Et surtout le sous pr�fet m'a fait la promesse que demain matin, je pourrais venir vous donner des nouvelles.

Et si les enfants partent avant?

Puisqu'on ne sait pas quand ils partent.

Quand on part... Ni o� on part.

Non, non. Il n'y a aucun train qui va partir avant demain matin.

Ecoutez... je pense, moi que c'est la solution... la moins pire.

C'est la meilleure solution qu'on puisse choisir.

La solution pour faire quoi?

Vous savez tr�s bien comment �a finira.

Monsieur Kohn, ce n'est pas la peine de r�pandre ce genre de rumeurs. Vous savez, c'est d�j� assez dur comme �a.

C'est vrai que vous �tes p�nible, � la fin.

Est-ce que... Est-ce que vous savez o� ils vont emmener les enfants?

Ah, oui. Ils vont emmener les enfants dans une annexe de la pr�fecture. C'est une grande salle et...

les enfants ne seront pas trop mal s'il y a... Ils m'ont promis qu'il y aurait des lits...

...des serviettes, des draps propres.... des biscuits de rationnement...

Ecoutez... j'ai bien r�fl�chi...

... ce qu'on nous fait c'est d�gueulasse... mais... mais on ne peut pas l'emp�cher.

... ca va arriver... alors... si vous parlez � vos enfants...

... �a se passera moins mal. Ils auront l'impression que vous savez � peu pr�s ce qui se passe, que...

... que ce n'est pas trop grave. Pensez � vos enfants.

Mettez-vous � leur place.

Vous croyez qu'on fait quoi, l�?

Je sais, Monsieur Goldmuntz.

Et si ils nous demandent quand est-ce qu'ils vont revenir?

Vous leur dites... vous leur dites que �a ne d�pend pas de vous.

... que... d�s que possible.

Vous pensez que je dois y aller?

Vous vous en sentez capable?

Je ne sais pas.

Ca leur ferait s�rement du bien d'avoir une femme comme vous, avec un b�b� dans le ventre.

... et puis vous vous entendez bien avec Madame Morhange...

.... oui, je pense que c'est mieux que vous y alliez, Lucienne.

Jules, pourquoi ils les s�parent comme �a?

Vraiment, je ne sais pas. Je ne comprends pas.

Peut-�tre... non!

Non, je ne sais pas.

Et vous... vous ne pouvez rien faire contre �a? Moi?

Oui, vous. Avec votre mouvement de r�sistance.

Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse?

Pour l'instant, on est surtout occup� � ne pas se faire prendre.

D'ailleurs, il faut que j'aille voir Cr�mieux.

Que je lui dise pour sa femme et sa fille.

Vous savez o� il est?

Ne me posez pas de questions Lucienne.

Vous me promettez de ne pas tirer sur la corde. D'accord?

Si vous �tes trop fatigu�e, vous vous faites remplacer.

Je compte sur vous.

Oui. Et vous, vous me promettez de prendre soin de vous.

Raymond.

Woh... O� sont les enfants?

Dans la chambre de Marceau. Non, ils ne sont pas dans la chambre de Marceau.

Et bien, je suis d�sol�. J'ai dormi.

Madame? Oui.

Madame, je comprends pas. Luc de la d�fense passive m'a dit qu'il a vu Marceau avec son copain. Ils se dirigeaient vers l'�cole.

Ah, mais d�cid�ment, on ne peut vraiment rien te confier.

Tu n'es vraiment plus bon � rien, toi!

Elle n'a pas vraiment voulu dire �a.

Si. Elle a raison.

Bon, reculez, Messieurs-Dames.

Reculez, il n'y a rien � voir.

C'est vrai, qu'on les emm�ne aujourd'hui?

Oui, mais ce n'est pas vraiment un spectacle.

Reculez, s'il vous plait.

Reculez.

Ca c'est la petite Cr�mieux, l�-bas.

Il va falloir commencer.

Mesdames et Messieurs on va y aller, s'il vous plait.

Mesdames et Messieurs!

Monsieur le sous pr�fet, ma fille est fran�aise, n�e en France.

Ce n'est pas le moment. Madame Cr�mieux, ce n'est pas le moment, je vous en prie.

Mesdames et Messieurs, un peu de silence.

S'il vous plait.

Aronson, Simon, Nathan et Nina.

Non ce n'est pas Aronson, monsieur le sous pr�fet. Aron'son', Simon, Nathan et Nina.

Je ne sais pas, j'esp�re.

... de sortir sans me pr�venir. Je m'en occupe, je te pr�viens! Toi aussi, Gustave.

Attends, je veux voir H�l�ne.

Karagansach Sarah, Emma et Ethel.

Allez, on se d�p�che un peu.

Khun Sophie.

Khon!

Bon, il y a bien une Sophie Kohn?

Sophie Kohn.

N�e en 1931.

Sophie? Bon elle est o�, cette Sophie Kohn!

Enfin, Kohn, c'est vous!

Evidemment. Ez�chiel, votre fille, elle est o�?

Je ne sais pas.

Monsieur Kohn, tout le monde attend.

Sophie? Vous devez... Je ne sais pas, je vous dit. Je ne sais pas.

Sophie! Sophie. Sophie Kohn!

Sophie. Elle est l�!

Elle est l�, elle est cach�e derri�re le rideau.

Ah oui, elle �tait l�, cach�e.

Calme-toi.

Ca va. Sophie, tiens.

Ca va aller. Ca va.

Cr�mieux H�l�ne.

Vous allez dans le bus avec Luciene et moi, je vous rejoins tout de suite. D'accord?

Allez-y, allez-y.

Monte dans le bus l�-bas.

Allez, vas-y.

Viens.

Laissez-moi passer. Laissez-moi passer, laissez-moi passer!

L�chez-moi. Mais laissez-la!

L�chez-l�!

Rentrez dans l'�cole.

Madame, s'il vous plait.

Vous avez vu �a, ce n'est pas possible...

D�p�chez-vous. Ce n'est pas un spectacle pour vous.

Oui.

Je suis d�sol�e de vous d�ranger, Monsieur.

Je vous en prie, Sarah, vous ne me d�rangez jamais.

Comment �a se passe � l'�cole?

Mal!

Je ne suis pas s�r que vous ayez envie d'entendre tous les d�tails.

Non.

Je voulais savoir si vous ne vouliez pas que je vous pr�pare une bonne soupe.

Mais, vous n'�tes plus employ�e ici, Sarah. C'est moi qui devrais vous pr�parer une soupe.

Le seul probl�me, c'est que... je ne sais pas la faire.

Oui, mais moi, si.

Bon, la soupe, c'est moi qui en veut. Je peux m'en faire une et vous pouvez en prendre un petit peu.

Si vous avez de quoi, oui.

Vous pouvez circuler comme vous voulez � cette heure-ci au rez de chauss�e.

J'en pr�pare pour trois ou pour deux? Pour deux.

Madame vit sa vie.

Je veux dire, elle habite ici, mais c'est provisoire.

Oui. Je vous ai entendu vous disputer tout � l'heure.

Enfin, malgr� moi. Je ne suis pas du genre � �couter aux portes, mais vous parliez fort.

Je n'ai pas tr�s bien entendu, mais... j'ai eu l'impression que vous parliez de moi?

Plus ou moins. oui.

Madame veut que je m'en aille, c'est �a?

Madame ne veut pas que vous vous en alliez, Sarah. de toute fa�on, Madame n'a pas son mot � dire.

Elle voit le mal partout.

Le mal?

Elle s'est mise dans la t�te que...

C'est ridicule.

Elle s'est mise dans la t�te que quoi?

Qu'il y avait quelque chose entre nous.

... comme si je pouvais avoir la t�te � �a en ce moment.

Si vous saviez l'image que j'ai de moi, depuis ce matin...

Quand je pense que pendant deux ans j'ai pu soutebir un r�gime capable...

C'est vous qui m'avez ouvert les yeux.

A la prison, en novembre.

Oui, mais je... j'exag�rais.. Ah, non.

Non,non. Vous n'exag�riez pas. Non, non.

Je suis comme eux!

Pire! Pire qu'eux, m�me.

Vous n'�tes pas comme eux.

Vous le savez tr�s bien.

Je ne veux plus jamais que tu sortes sans ma permission.

Tu as compris.

Ah, Marceau!

Regarde-moi.

Tu es ce que j'ai de plus pr�cieux au monde.

Tu me chantes une chanson?

Une chanson comment?

Et bien... je ne sais pas. Une chanson que tu as apprise � l'�cole.

Je n'ai pas envie.

Allons, pour me faire plaisir.

Non, mais pas aujourd'hui.

Marceau!

Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas....

Vous �tes compl�tement hyst�rique, Madame Kohn!

Et c'est la derni�re chose dont les enfants ont besoin.

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