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Maman, j'ai faim.
J'ai faim, maman.
Il faut �tre patiente, ma ch�rie, hein!
Ils vont s�rement te donner quelque chose.
Mais tu as d�j� dit �a hier.
Dis lui quelque chose, s'il te plait. Mais qu'est-ce que tu veux que je lui dise.
Excusez-moi. Vous permettez?
Comment tu t'appelles?
Sophie.
Moi, je m'appelle Judith.
Tu sais, Sophie, je sais que tu as faim, mais...
... je pense qu'ils vont nous donner � manger dans pas tr�s tr�s longtemps.
En attendant, peut-�tre que tu pourrais aller chercher de l'eau. Non?
Allez, viens.
Vous croyez qu'ils vont donner quelque chose?
J'esp�re.
Ah, je pense qu'ils veulent nous faire crever, oui!
Mais ne dites pas n'importe quoi!
Vous croyez que c'est comme �a que vous allez aider votre fille?
L'aider � quoi?
Enfin, arr�tez de raconter des horreurs comme �a.
Les gens ici, ils ont besoin d'autre chose. On a tous besoin d'autre chose.
Vous ne voulez pas voir la r�alit� en face.
Excusez-moi.
Vous allez continuer longtemps comme �a?
On se relaie.
Ecoutez, vous ne pouvez pas continuer � vous goinfrer comme �a devant tous ces gens qui cr�vent de faim, quand m�me!
C'est cens� me couper l'app�tit?
Alors! Laissez, il n'y a rien � faire avec ce genre de type.
Attendez, moi j'ai �t� pr�voyant. Ce n'est pas comme d'autres.
Vous voulez que je fasse quoi? Que je donne � manger �... � 100 personnes?
Avec mes provisions.
Mais je ne sais pas moi. Vous pourriez au moins �tre discret. Ne pas manger comme �a devant tout le monde!
C'est marrant comme, m�me chez les pers�cut�s, il y a des ordures.
Qu'est-ce que vous avez dit?
Allez-y.
Non. Arr�tez!
Vous �tes fous. Arr�tez �a.
..... Nom d'un chien, c'est un ordre!
Qu'est-ce qui vous prend, Morel?
Vous frappez des civils d�sarm�s!
Les consignes sont: ne pas laisser le d�sordre s'installer entre les juifs.
Oui, et bien les consignes c'est moi qui les donne!
Allez arranger votre tenue.
Occupez-vous plut�t de stocker le mat�riel. Ex�cution.
Bon. Qui peut parler au nom des gens, ici?
Le rabbin, l�-bas.
Il ne parle pas fran�ais.
Moi, je suis fran�aise. J'ai �t� directrice de cette �cole.
Oui. Alors, qu'est-ce que vous fichez ici?
D�faut d'�toile jaune.
Bon allez. Il n'y a rien � voir. Occupez-vous de vos affaires. Allez, allez.
Qu'est-ce qui se passe ici?
Il se passe que ces gens ont faim!
Le maire s'en occupe.
On nous dit �a depuis hier.
Cette petite, elle n'a rien mang� depuis 36 heures.
et le petit gar�on non plus l�-bas... et la petite fille non plus et derri�re il y en a autant qui attendent.
Je ne vois pas ce que je peux faire, Madame.
Oui, mais moi, je vois. Il y a certaines personnes ici qui ont � manger et � boire.
Alors, je ne sais pas, moi, si on pouvait faire l'inventaire,
redistribuer un peu, particuli�rement aux enfants, ce serait d�j� quelque chose.
Vous demandez de partager! Pourquoi? On est chez les bolcheviks?
Ne m�langez pas tout, vous.
Il est hors de question que je me plie � �a!
Vous, vous ferez ce qu'on vous dira de faire.
Qui pourrait recenser les vivres?
Il y a s�rement autre chose � faire.
Moi, avec quelques volontaires.
Je suis partant. Evidemment!
Vous vous appelez comment?
Judith Morhange.
Bien, je vous nomme porte- parole. Recensez les vivres.
C'est incroyable! ... apportez-moi l'inventaire et ensuite on verra.
Je reviens tout � l'heure.
Ca va ?
Vous vous en sortez?
Oh, ce n'est pas �vident, hein. Je suis porte-parole mais je n'ai rien � dire.
Quant � la solidarit�, tout le monde me renvoie sur le rabbin et pour l'instant, il est en pri�re.
Je suis vraiment d�sol� pour vous.
Et pour les autres, vous n'�tes pas d�sol�!
- Oh non, non, ce n'est pas ce que je voulais dire. - Je sais.
Vous n'�tes pas un mauvais gars.
Qu'est-ce que vous en savez?
Ca se voit.
Venez.
Rapprochez-vous.
Tenez, c'est pour vous.
Qu'est-ce que c'est? Une esp�ce de g�teau aux raisins fait par Lucienne.
Ah non. Non, je ne peux pas. Vous �tes gentil mais je ne peux pas manger pendant que les autres...
Vous devez manger, pour �tre en forme et aider les autres, justement.
Non, vraiment, �a me g�ne.
Faites-en profiter quelqu'un alors.
Enfin, �coutez, Larcher, c'est vous qui nous avez convaincu de les prendre.
Alors � vous de trouver une solution. Normalement ils devraient �tre � la gare.
C'est � dire entass�s dans une salle d'attente.
Non. Je veux dire hors de notre juridiction.
J'en appelle � votre humanisme.
... � votre solidarit�.
Ah, la solidarit�, je suis tout � fait pour.
On pourrait peut-�tre commencer par �tre solidaire avec nos milliers de ch�meurs.
... de sans-abris, de femmes de prisonniers, de veuves...
Ah, c'est vrai, ce ne sont pas des juifs �trangers.
Nous n'avons pas �t� pr�sent�s...
M. Chassagne vient de prendre la pr�sidence de la chambre de commerce de la r�gion.
Ah, je ne savais pas.
C'est dans tous les journaux.
Pas dans ceux que je lis, visiblement.
S'il vous plait, Monsieur Chassagne a un peu raison.
Surtout que ces gens l� n'ont rien � faire en France, tout de m�me.
Ces gens-l� sont des �tres humains, et � ma connaissance, ils n'ont commis aucun d�lit.
Larcher, aujourd'hui en France �tre juif �tranger et vouloir s'incruster, c'est un d�lit.
Bon, Monsieur le maire, notre temps est pr�cieux. Vous nous demandez quoi, exactement.
De contribuer � l'achat de vivres via le secours national.
Ah... Vous croyez au P�re No�l !
... � hauteur de 5 000 francs par entreprise de plus de 20 salari�s.
Vous proposez un don.
Sec! Non.
Je vous propose de financer cela par un all�gement des imp�ts locaux �tal� sur trois ans.
M. Larcher, nous sommes �trangl�s par les r�quisitions, le manque de main d'oeuvre, la...
C'est bien joli de promettre un remboursement sur trois ans, mais vous ne pourrez pas tenir votre promesse.
Les caisses de la minucipalit� sont vides...
Non, honn�tement tout ce que nous pouvons faire pour ces personnes, c'est leur souhaiter bon voyage et ...
on est bien bon de ne pas leur demander de rendre tout ce qu'ils ont pris � la France depuis Dreyfus.
Je vous raccompagne, Madame Schwartz. Merci.
Monsieur Servier.
Vous savez, Larcher... m�fiez-vous de Chassagne.
Il est bien avec tout le monde, chez nous, chez les Allemands...
Qu'est-ce que vous voulez que �a me fasse?
Il vise la mairie.
Et vous le soutenez?
Non... pas pour le moment.
Insiste, Dubois.
Police.
Tiens, qu'est-ce que tu as rajout� � la main, de Witt Edith et Rita. C'est quoi?
Elles ont �t� d�nonc�es comme youpines avec faux papiers.
Par une lettre anonyme. Elles sont cens�es �tre belges.
Bon, vous vous occupez du dessus. Moi, je m'occupe d'elles.
Police.
Mademoiselle de Witt?
Oui. Police. C'est une enqu�te de routine. Je peux vous d�ranger deux minutes?
Je vous en prie.
Merci.
Vous �tes Rita ou Edith?
A votre avis?
Edith, peut-�tre?
Perdu.
Je perds toujours avec ce genre de pari.
Moi, je gagne tout le temps.
Chaque fois qu'on tire � pile ou face, par exemple, je gagne.
Vous voulez essayer?
Non.
Dites-moi, Edith c'est... Ma m�re.
Votre m�re!
C'est elle que vous venez voir.
Elle et vous. Une v�rification d'identit�.
Je pourrais voir vos papiers, d'ailleurs?
C'est elle qui s'occupe de �a.
Vous allez devoir l'attendre.
Elle revient quand?
10 minutes.
Et bien, dans ce cas, je ... je vais patienter 10 minutes.
Vous voulez une chaise?
Je suis bien debout. Merci.
Un verre, peut-�tre?
Je vous pr�viens, je n'ai pas grand chose.
Merci, non.
Vous dites non � tout?
Non.
Marchetti!
Quoi?
Pardon.
Je suis tomb� sur un nid, l�.
Tiens, tournez-vous, l�.
Bon. Tu... tu rentres � la taule, je te rejoins.
Et elle? Je... je m'en occupe.
Bonjour Monsieur.
Voil�, j'essaye d'aider lez gens, ici...
Il traduit n'importe comment!
Il demande ce que vous lui voulez.
Il demande ce qu'elle veut, pas ce qu'elle lui veut.
Bon, peu importe. Voil�. Dites-lui que les Polonais ne veulent pas partager la nourriture si vous n'�tes pas d'accord.
Il lui dit que vous favorisez les mendiants et les impr�voyants.
Pas du tout.
Il dit que vous semez la discorde.
Le d�saccord. La discorde!
Moi, ce que je veux, c'est la solidarit�. Qu'on se serre les coudes.
Vous �tes croyante?
Non.
Non, mais qu'est-ce que �a change!
Je crois... Ca change tout, Madame.
Vous dites, vous vouloir faire quelque chose contre injustice, mais faire quelque chose, �a ne servira � rien.
Si vous comprendre pas pourquoi. Toujours, il faut donner...
... donner du sens aux choses.
Oui, non. Les enfants ce qu'ils veulent ce n'est pas du sens, c'est manger.
Essen. Si on leur donne manger, ils seront contents.
Et nous aussi, contents.
Mais rien de compris � l'essentiel. On nous fait du mal. Mais le vrai mal,
il est en nous. Et seulement pri�re et m�ditation permettent de...
Gagner. Triompher.
Vaincre.
Est-ce que vous �tes pr�t � m'aider ou pas?
A une condition.
C'�tait couru. Ils ne sont pas pr�vus pour ce genre d'usage.
Vous avez un plombier pour vos WC ? �a date de Mathusalem votre bastringue.
Oui, j'ai un plombier.
Eh bien, faites-le venir.
De son stalag? Ca va �tre difficile.
Fichue guerre.
A propos du stockage du mat�riel, chef. Ouais?
Le camion a d� repartir � Dijon.
On se retrouve avec 60 m3 de cantines et de mat�riel sur les bras.
On ne peut pas les laisser dehors, avec le temps qu'il fait...
Bon, qu'est-ce que vous sugg�rez?
Stockage dans les caves de l'�cole. Je crois qu'elles sont � peu pr�s vides.
Ah, mais les caves, �a ne va pas �tre possible.
Ah oui, c'est vrai. Il y a votre histoire d'�boulement, l�.
Bon, ben on va aller voir �a.
- Maintenant ? - Ben oui, maintenant.
Allez. C'est par o�?
C'est un peu encombr�.
Il faudrait que je fasse le m�nage avant.
... pour que vous puissiez... Laissez-moi faire.
C'est ... d'avance.
Elle a l'air tr�s bien, cette cave.
Qui vous a dit qu'il y avait des risques d'�boulement?
Oh, c'est un ing�nieur de l'Acad�mie. Il avait l'air s�r de lui.
Les ing�nieurs pour la plupart c'est tous des youpins ou des franc mac, alors...
Il y a quoi, l�-dessous ?
Ca c'est du vieux mat�riel scolaire. C'est des trucs que je dois jeter depuis une �ternit�.
Ca va �tre une occasion de le faire.
Il faudra me laisser un petit peu de temps, hein.
Nous, il ne faut pas trop qu'on tarde, hein!
Bon, allez. Formez une escouade qui descendra � H+3.
Pr�parez le plan de stockage, pr�-rapport � H+2.
Chef.
Vous avez 3 heures pour virer �a. Apr�s, je ne peux plus vous couvrir.
Je lui montre un autre vase, et � ce moment l�, ma m�re lui a dit: "Vous l'achetez ou c'est ma fille que vous voulez?"
Le type �tait tellement estomaqu�, il est parti en laissant son portefeuille.
On l'a encore. Avec dedans une photo de son �norme femme et de ses six enfants, tous tr�s laids.
Je peux savoir qui est ce monsieur?
Ah! Il y a un probl�me?
C'est un contr�le d'identit�. Il parait que c'est vous qui avez les papiers.
Tu ne lui as rien propos� � boire!
Il a dit qu'il n'avait pas soif.
Excusez la. De quoi?
Elle ne sait pas que quand les hommes disent non, il ne faut pas les croire.
Excusez-moi, Madame de Witt mais comme votre fille vient de vous le dire, je n'ai pas soif.
Moi, ce que j'aimerais bien voir surtout c'est... vos papiers d'identit�.
Ca va.
Je croyais que c'�tait apr�s les juifs que vous en aviez?
Vous savez, la police en a apr�s tout le monde.
De Witt, c'est de quelle origine?
Flamande.
Ca veut dire blanc.
... qui a du blanc, enfin... Le pr�nom de votre m�re?
Anne.
Et votre p�re?
Max.
Vous avez connu Max, Rita? Non.
Oui. Dans notre famille, les hommes ne vivent pas vieux.
Ils se sont mari�s � Bruxelles?
Non, ils n'�taient pas mari�s.
Et moi-m�me je n'ai pas �t� baptis�e.
Ma m�re est morte quand j'�tais tr�s jeune.
O� �a?
Parce qu'un acte de d�c�s �a se retrouve tr�s facilement. Le type qui vous a vendu ces papiers aurait d� vous le dire.
Non, attendez. Je vais vous expliquer.
Faites.
Ne te fatigue pas maman.
Tais-toi!
De Witt, �a vient de Wittenberg. C'est une petite ville en Allemagne.
Ma grand m�re s'appelait Rachel et mon grand p�re David.
Vous �tes content?
Vous allez me suivre au commissariat toutes les deux.
Vous �tes en �tat d'arrestation.
Ici, ce n'est pas la peine.
Ah, monsieur Sorgues.
Vous �tes au courant de la situation � l'�cole.
Vaguement.
Il y a l�-bas des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants qui n'ont rien mang� depuis deux jours.
C'est que je n'ai d�j� pas tout � fait assez pour nous...
En plus on est en fin de mois.
Vous avez forc�ment un petit quelque chose, quelque chose que vous n'aimez pas.
Ce qu'on n'aime pas, on l'�change ou on le revend.
D'ailleurs en ce moment, il n'y a pas grand chose qu'on n'aime pas.
Quelque chose d'un peu pass�, alors.
Ca aussi on l'�change ou on le revend.
Ces gens, l�, c'est qui ? C'est des Polonais � ce qu'on m'a dit.
Des juifs, des juifs �trangers, de plusieurs nationalit�s Il a des femmes et des enfants, beaucoup d'enfants.
Je suis d�sol�, Monsieur le Maire. Des tickets de rationnement, �a vous en avez bien, quand m�me.
Si chacun donne quelques tickets. Des tickets... des points textile peut-�tre?
De l'alimentation, monsieur Sorgues.
Ah ben �a... c'est la patronne qui g�re �a.
Ce n'est pas moi. Il faut que je voie avec elle. Elle est au lavoir, l�. Elle rentre vers 6h.
Et... ils sont o�, vos gens?
A l'�cole. L'�cole principale? Oui.
Mais, et alors, les tickets, on les donne � qui ?
Au poste de contr�le. Dans la cour de l'�cole, vous trouverez facilement.
Bon ben elle rentre vers 6h. A priori, je passerai vers 7h.
Oui, c'est �a 7h.
Ca ne sera pas trop tard? Non.
- Calmez-vous ! - Je vous dis que j'ai 3 heures pour vider la cave.
L'officier a vu la machine et il n'a rien dit.
C'est peut-�tre un franc-ma�on, il y en avait beaucoup dans la gendarmerie...
... mais enfin son adjoint est un collabo dur-dur. Il FAUT vider la cave.
Eh bien, videz-l�!
Enfin, Albert. Videz-la ! Le papier, l'encre, je peux me d�brouiller, mais la machine, elle ne se d�monte pas !
Oh, si, elle se d�monte, croyez-moi.
Comment �a, elle se d�monte?
En octobre, vous me disiez...
L�, vous m'avez bien eu!
Allons, Jules, pensons au pr�sent.
Vous d�montez la machine vous mettez les pi�ces et le reste dans des sacs de jute ou des caisses, il y en a plein la cave...
...et puis le tour est jou�.
Je ne peux pas transporter �a tout seul. Rien que la machine, �a p�se au moins 300 kg.
Il faut �tre au moins trois, et il faut un v�hicule.
Je peux vous trouver une camionnette pour demain matin.
Mais enfin, ils seront l� dans trois heures.
Vous �tes bouch� ou quoi!
Et moi, ce soir....
...j'ai besoin de cette camionnette pour mettre ma femme � l'abri. Vous pouvez comprendre �a, non?
Excusez-moi, mais votre femme, elle risque l'internement.
Moi... Je risque autant que vous, vous savez. Non!
Rien ne vous lie � l'�cole.
Tandis que moi, si on trouve la machine dans ma cave, en parfait �tat de marche...
S'ils vous arr�tent, vous parlerez, Jules, et vous me d�noncerez.
Ca, jamais!
Ne dites pas n'importe quoi! Bon.
Je peux retarder le transport d'Anna d'une heure ou deux.
Mais il faut qu'on termine bien avant le couvre-feu, hein.
Non, mais attendez. Je ne voudrais pas... Votre femme passe quand m�me avant...
Faudrait savoir ce que vous voulez. Vous d�montez la machine, vous emballez tout le bastringue et je viendrai avec 2 types.
... et � 4, on transporte tout dans la camionnette et on y va.
Dans une heure, hein.
Si on r�partit �a, on prive ceux qui ont quelque chose et on ne donne quasiment rien � ceux qui n'ont rien.
Il y a beaucoup moins que ce que j'esp�rais!
Quand je pense que �a m'a co�t� une pri�re.
J'esp�re que la collecte du maire va donner des r�sultats.
Dr Brochart de l'Institut.
C'est vous qui �tes en charge?
Affirmatif.
Madame. Le commissariat aux questions juives m'a signal� ce... ce regroupement.
Il est rarissime d'avoir une telle concentration de juifs � disposition, surtout des familles.
Si je pouvais proc�der � quelques mesures.
Mesures de quoi?
Le cr�ne, de l'occiput � la racine du nez, l'�cartement nez-menton.
Vous connaissez mes travaux.
C'est-�-dire, j'en fais partie.
Ah. J'ai un budget vous savez, je peux payer dix francs par juif.
Monsieur, c'est une zone militaire, interdite aux civils.
Veuillez circuler.
Dix francs par juif, c'est tout de m�me raisonnable.
Je vous dis, circulez !
Enfin, la gendarmerie est cens�e aider la science, je ne comprends pas.
Tout va bien, Monsieur?
Honn�tement, non.
Tout ne va pas bien.
Voil� ce que j'ai r�colt� en faisant du porte � porte: trois l�gumes et un peu de caf�.
Oui, effectivement, oui.
L'important c'est d'essayer.
Vous me faites penser � mon fr�re, tiens.
Vous avez des nouvelles de lui?
Oh non. Pas depuis six mois.
Vous savez, vous ne devriez pas trop venir au rez-de-chauss�e.
Qu'est-ce que je risque?
Mais vous �tes sur une liste de juifs �trangers recherch�s, Sarah.
Mais, je ne devrais pas rester ici, alors.
Mais, si, pourquoi ?
Je vous fais courir beaucoup trop de risques, Monsieur.
Non. Ne vous inqui�tez pas pour moi, allez.
Sans vouloir vous commander, Sarah, je pense qu'il vaudrait mieux que vous ne veniez pas au rez-de-chauss�e.
Oui, Monsieur me l'a dit. Oui.
Ah, alors, si Monsieur vous l'a dit...
Bon, je ferais mieux de monter.
Ce serait mieux oui. A tout � l'heure.
Alors?
Tu progresses?
De quoi tu parles?
Bah, de ta collecte.
Donc alors, mademoiselle Wittenberg n�e � Uccle en Belgique. C'est �a.
C'est �a.
Date de naissance?
- 1906. - La vraie ? - C'est la vraie.
21 mars 1906.
Profession.
Fille d'antiquaire.
Je ne vais pas �crire fille d'antiquaire!
Vous �crivez ce que vous voulez.
Qu'est-ce que �a change? De toute fa�on!
Bon. J'�cris antiquaire, alors.
Bon. Et ces papiers, vous les avez eus o� ?
On les a trouv�s.
Vous avez trouv� des papiers d'identit� avec vos photos, comme �a, par hasard!
Oui.
Ils �taient dans une corbeille en osier qui flottait sur la rivi�re.
C'�tait un soir.
Pr�s du lavoir.
Il y avait un petit lutin.
Avec un bonnet rouge. Et un grelot.
Qui nous faisait des signes.
Avec la main.
Vous savez.
Le lutin a agit� la main et puis soudain, il a d�sign� la corbeille.
Avec l'index, comme �a.
Je me suis pench�e, et au fond de la corbeille, il y avait nos papiers.
Un pour moi, un pour maman, impeccables.
Et je les ai pris.
Je me demandais si je ne r�vais pas, vous comprenez.
Mais, non. Ils �taient bien r�els.
J'ai relev� la t�te, pour remercier le lutin...
Il avait disparu.
Vous racontez tr�s bien les histoires.
C'est � cause de quand j'�tais petite.
C'est votre m�re qui vous en racontait?
Non. Justement, jamais.
Alors il a bien fallu que je les raconte toute seule.
Pile ou face?
Face.
C'est face. Bravo!
Bon.
Vos papiers sont en r�gle, Mademoiselle de Witt.
Je suis d�sol� de vous avoir d�rang�e.
Vous pouvez y aller.
Mais qu'est-ce que vous faites l�! Ah c'est vous.
Rien.
C'est le gendarme qui m'a dit que vous �tiez dans la cave.
Oui. Je dois d�monter une machine-outils, une antiquit�.
Mais qu'est-ce qu'elle fait � la cave?
Peu importe. En tout cas, les t�tes de vis sont compl�tement encrass�es et le tournevis ne passe pas.
Pourquoi vous n'utilisez pas de l'acide oxalique?
C'est un sacr� r�ducteur.
J'utilisais �a pour les TP de chimie, avant la guerre.
Ah, Lucienne, vous auriez d� �tre institutrice.
Il est o� ce nouvel acide? L�, dans l'armoire du fond.
Bonjour. J'apporte des vivres.
J'apporte des vivres. Monsieur le Maire.
- �a vient d'o� ? - C'est quelques personnes de la ville qui ont apport� �a pour les youpins.
On ne savait pas quoi en faire, alors on les a mis l�.
Vous ne pouviez pas les distribuer?
Je n'ai pas d'ordres.
Mettez tout �a dans la brouette.
Bonsoir, Madame Morhange!
Monsieur le Maire!
Vous nous apportez quoi?
Pas grand chose. Des l�gumes en quantit�, mais je ne sais pas comment on va les cuisiner...
... du pain noir, des jus de fruits, quelques noix et un pot de caf�, entam�.
Mais, c'est mieux que rien.
Quand vous l'aurez charg�e, vous rentrerez la brouette.
Bien, Monsieur le Maire. Excusez-moi, mais... rien ne rentre dans le p�rim�tre sans un ordre �crit.
Je vais lui trouver, son ordre �crit.
Monsieur le Maire, il nous faudrait du lait, de la viande!
Je suppose que quelques-uns ont de l'argent.
Heu... Ben, oui, je suppose.
Ecoutez... je sais que c'est dur de demander �a, mais pour ceux qui peuvent payer, ce serait possible de trouver � manger.
On nous enferme et en plus il faut qu'on paye pour manger!
Madame Morhange, je suis comme vous, j'essaye de trouver des solutions.
Je vois des gamins qui ont faim, des gens qui ont de l'argent...
C'est � vous de voir.
Remarquez, si je peux les convaincre de faire une caisse collective...
Ce serait bien de vous en occuper.
Il ne manquait plus que �a!
Mais qu'est-ce qu'ils foutent. Non, mais qu'est-ce qu'ils foutent! Mais ce n'est pas vrai...
Qu'est-ce que vous foutez, bordel!
Les gendarmes vont d�barquer dans la cave d'ici 10 mn.
Mes gars ne sont pas l�.
Comment �a, ils ne sont pas l� ? Mais ils sont o� ?
Je ne sais pas. Ils ont eu un p�pin... ou pire.
Mais enfin, vous auriez pu me pr�venir!
Calmez-vous. Je suis calme.
Je sais pas o� ils sont. Je peux pas les faire appara�tre par enchantement. Retournez l�-bas et improvisez.
Gagnez du temps, dites que votre �pouse va accoucher... je ne sais pas, moi.
Pas vrai!
Eh bien, alors ?
Vous n'�tiez pas cens� la vider, cette cave?
Oui, mais ma femme elle va bient�t accoucher, elle a eu des contractions...
Ah oui, mais, nous on ne peut rien installer.
Oui, mais les types qui devaient m'aider � la vider ne sont pas venus.
Ah, peut-�tre demain !
Non. Pas question d'attendre demain.
Bon. Dupain, H�r�ro, ex�cution.
Ca vous fera un peu d'exercice.
Non! Non, �a me g�ne.
On vous met �a o�?
Dans la rue derri�re, pas loin de l'entr�e, il y a une camionnette bleue...
Ex�cution.
Attention, c'est lourd.
Si c'est lourd, demandez � Francou et Champeu de vous aider.
Merci beaucoup, Messieurs.
Au revoir.
Faire faire le boulot par les gendarmes... vous �tes encore plus fort que moi, hein.
Je ne l'ai vraiment pas fait expr�s.
Mais c'est �a le g�nie, Jules.
R�ussir sans le faire expr�s.
Oh!! Qu'est-ce qu'il y a?
On se connait?
Non, vous ne me connaissez pas. Si, le rendez-vous de la gare, c'�tait vous, non?
Non, ce n'�tait pas lui, et il n'y a pas eu de rendez-vous.
D'ailleurs il n'y a m�me pas de gare � Villeneuve. Vous �tiez o�, bordel!
Un probl�me avec ma femme! Un probl�me avec sa femme.
Eventuellement, changez de femme, Charles.
Et soyez � l'heure!
Allez.
Non. N'ouvre pas!
Mais, maman, c'est Lucienne.
Bonjour.
Mademoiselle Anne Nysberg?
Non.
Anna Cr�mieux.
Vous n'�tes pas Nysberg?
C'est mon nom de jeune fille. Je ne comprends pas.
Je vais demander de nous suivre dans le cadre d'une proc�dure g�n�rale concernant les juifs �trangers.
Notamment les Autrichiens. Vous �tes autrichienne, c'est �a ?
Mais... je suis mari�e.
Mari�e � un Fran�ais.
Vous avez votre livret de famile?
C'est Albert qui l'a. Je ne sais pas o� il est.
Ecoutez, faute de livret, pour moi, vous �tes Anne Nysberg.
Vous pourrez toujours voir �a plus tard au commissariat.
Dans l'imm�diat, vous prenez des affaires pour deux jours, pas plus de 5 kg.
Oui. Mais vous m'emmenez o�?
Dans un premier temps, � l'�cole centrale.
Apr�s, ce n'est plus de notre ressort.
Je peux venir avec toi?
Non, ch�rie! Ah, mais, si, si.
Elle peut venir.
Normalement on ne prend pas les Fran�ais, mais le pr�fet a dit, si les mamans veulent, les enfants peuvent venir.
Allez. Je vous attends.
Ma ch�rie, je veux que tu attendes Madame B�riot et surtout papa.
Tu lui racontes tout �a. Il saura quoi faire.
Tu n'as pas peur de rester seule une heure ou deux?
Non. C'est bien, ma ch�rie.
Il faut prendre des provisions pour deux jours?
Il y a � manger, l�-bas?
Oui. Oui. Oui, normalement c'est... c'est pr�vu.
Ah, j'ai honte.
D�pouiller ces gens de leurs �conomies pour qu'ils puissent se nourrir.
Pourquoi vous dites �a? Gr�ce � vous, ils vont avoir � manger.
Les enfants, peut-�tre. Pour nourrir tout le monde il faudrait au moins dix fois plus.
Aucune nouvelle, du train? Non.
Toujours pas. Il parait qu'on manque de locomotive.
Ah, c'est pas vrai!
Attendez. Je crois que j'ai une id�e pour am�liorer l'ordinaire.
Monsieur.
Ne restez pas l�.
Docteur!
Ah! C'est vous.
Votre proposition, payer pour mesurer les gens, c'�tait s�rieux?
Evidemment. Je suis membre de l'Institut, Madame.
Alors ce sera 30 francs par juif et 50 pour les enfants, payables d'avance.
50 F! Dernier prix.
Vous savez comment on est, nous autres juifs, avec l'argent.
Oh, vous pouvez laisser la radio, vous savez.
Je me suis permise, ce n'�tait pas tr�s fort.
Vous avez �cout� les nouvelles?
Oui. On se bat en Russie, en Nouvelle Guin�e, dans l'Atlantique. On se bat partout.
Ici, tout est si calme.
Sauf � l'�cole.
Oui, enfin, ce que je veux dire c'est que ici on n'a pas l'impression que c'est la guerre.
Enfin, � part pour les juifs.
Ca va, vous... ne manquez de rien?
Non.
Enfin, �a me d�range quand m�me un petit peu d'avoir pris la chambre de Madame.
Ne vous inqui�tez pas pour �a. De toute fa�on, c'est provisoire.
D'ailleurs, je voulais vous demander... Comme je connais un peu de monde...
.. un patient � moi, un fermier d'Auxonne, un brave homme...
... si je lui demandais, il pourrait vous prendre chez lui sans poser de question.
Il vous pr�senterait comme sa ni�ce.
Mais � Auxonne, je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est o�? Je ne connais pas.
Mais c'est juste � 10 km d'ici.
Et puis, je pourrai venir vous voir.
Bon, j'ai toujours aim� la vie de ferme... et puis ma grand-m�re en avait une.
Ben, je vais lui en parler, dans ce cas.
Bonne nuit.
Bonne nuit, Monsieur.
Daniel!
Non. Ca je n'oserai pas, non.
Monsieur Larcher, alors?
Monsieur Larcher, peut-�tre.
Bonne nuit, Sarah.
Bonne nuit, Monsieur Larcher.
Ca se passe bien?
C'est bon, Sophie?
Tu avais faim.
Tout va bien?
C'est bon?
Bon app�tit.
Elle dit que �a fait du bien, et elle vous remercie beaucoup, Madame.
De rien. Tant mieux.
Dites-moi, il en reste encore un peu?
Pas beaucoup.
Ca va aller.
Vous pouvez aller vous resservir. Il en reste encore un peu.
Vous croyez vraiment � ce que vous faites?
Je suis un scientifique, Monsieur.
Vous savez, je n'ai rien contre vous.
Enfin, je veux dire, identifier les juifs, ce n'est pas pour leur faire du tort.
Ah bon!
Non, c'est m�me les respecter.
Approchez-vous un peu.
D'ailleurs, personnellement, je n'ai rien contre les juifs...
... je pense que vous devriez avoir un coin pour vous , pour �tre entre vous quoi.
Et si on n'a pas envie d'�tre entre nous?
Vous voyez bien comment �a finit par tourner, chacun fait des histoires.
Penchez un peu la t�te en arri�re s'il vous plait.
Un jour, il faudra bien avooir un moyen scientifique pour savoir qui est juif et qui ne l'est pas.
Vous comptez d�poser un brevet?
Et pourquoi pas?
Je vous am�ne cette personne.
Votre nom?
Anna Cr�mieux.
Date de naissance?
5 f�vrier 1910.
Nationalit�?
Autrichienne.
C'est bon. Faites entrer.
Ah, Madame Morhange, je suis contente de vous voir.
Je suis victime d'une erreur. Je suis mari�e � un Fran�ais, je ne devrais pas �tre ici.
Moi, je suis fran�aise, Madame.
Venez.
Qu'est-ce que je peux faire?
Trouvez-vous une place, plut�t dans la salle du fond, l�-bas.
Et grignotez un peu, tant qu'il en reste encore. Je vais vous apporter un peu de soupe.
Plus vite!
On va attirer l'attention.
De toute fa�on, Albert, excusez-moi, mais vous n'avez plus le temps d'amener Anna � Pontarlier avant le couvre-feu, l�.
Je suis d�sol�.
Ca va. Je l'emmenerai demain � l'aube.
Ca passe encore mieux � l'aube.
Bon, qu'est-ce qu'on fait de la machine et du mat�riel?
On va la d�charger chez moi.
Ah, non. Moi je ne peux pas, ce soir.
On m'attend, quoi.
Votre femme?
Ce n'est pas parce qu'on fait de la r�sistance qu'on cesse d'avoir une vie priv�e, merde!
Dites, c'est vous qui �tiez en retard.
R�sultat, lui, sa femme, il n'a pas pu l'emmener en Suisse.
Bon. On ne va pas �piloguer.
Ou alors, on ne d�charge pas.
On garde dans un endroit tranquille. Quand les r�fugi�s et les gendarmes sont partis, on ram�ne le tout � l'�cole.
Ah non, non, non, non. Ah non. Termin�, � l'�cole.
Merde.
Ah, non!
Ouvrez le coffre.
Oh, ne vous inqui�tez pas. Je le connais bien, celui-l�.
Il est souvent � la gare.
Oh, mein Freund !
Qu'est-ce que tu fais dehors � cette heure?
La routine, Helmut.
La routine, comme vous.
On fait une r�paration de nuit sur un aiguillage.
et on est press�.
Ca va chauffer.
Le feldwebel, il veut je contr�le la marchandise.
Je te dis qu'on est press�.
Tu connais les sous-officiers. Vas-y descends, �a ne prendra que deux minutes.
Comme vous voudrez, mais...
Vas-y, descends.
Un ordre est arriv� ce matin de la Gestapo de Besan�on.
Ils veulent qu'on transporte les parents et les enfants s�par�ment.
Franchement, je ne comprends pas. Tu d�missionnes alors que tu peux aider ces gens!
Mais ils s�parent les familles, Hortense!
Ce n'est pas moi qui ai d�cid� qu'il fallait arr�ter les juifs.
Vous vous contentez juste de le faire.
Amonsion, Simon, Nathan et Nina.
Il y a des choses qui vont vite changer, dans cette ville.
Il va falloir collaborer beaucoup plus.
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