Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Messieurs !
La journée est terminée, éteignez tout !
Changez-vous, les bus vous attendent !
Grouille !
T'es sourd ? Je te dis d'éteindre !
Allez !
L'usine ferme en attendant la matière première.
Vous serez payés.
On vous contactera pour vos salaires.
Dirigez-vous vers les dortoirs !
Changez-vous,
prenez toutes vos affaires et montez dans les bus.
Si vous traînez, vous ne pourrez plus partir.
On ferme !
Lève-toi, grouille !
Bouge de là !
Surtout, n'allez pas voir la DRH.
Ne vous créez pas d'ennuis.
L'usine risque de porter plainte contre vous.
Vous pouvez vous faire arrêter
et perdre votre salaire.
Bonjour.
Je vous en prie.
Bonjour, Bayram.
Merci beaucoup.
- Assieds-toi. - Non, merci.
- Pardon. - Je t'en prie.
Bonjour.
Ghardashali,
j'impose rien aux autres.
Moi, je me sens encore en deuil.
Mais vous pouvez faire ce que vous voulez.
Bayram, tu sais que tant que tu porteras le deuil,
on restera tous en noir.
Une prière pour le défunt !
Que Gholam repose en paix, mon cher Bayram.
Dieu te garde.
- C'est pour toi. - Mais pourquoi ?
Gholam était mon cousin, mais il a été un père pour moi.
Merci beaucoup, mais il fallait pas.
Si tu permets, je voudrais aussi te couper la barbe,
pour que tu quittes le deuil.
Tu t'improvises barbier ?
Va t'asseoir et laisse-nous le convaincre.
- Allez. - Venez là.
Venez vous asseoir.
Mettez-vous à l'aise.
Bayram,
tant que tu porteras le noir, toute la famille fera comme toi.
D'accord, que tout le monde se coupe la barbe et retire le noir.
Je voudrais pas insister,
mais Gholam était notre parrain.
On attend que tu désignes son successeur.
Je porte encore son deuil.
Ca fait un an !
La succession a ses propres règles.
Le moment venu, vous lirez le testament.
Quel testament ?
Tu l'as toujours pas ouvert ?
Bien sûr que si.
Pourquoi on sait rien ?
Mon père a exigé un an de report.
Et maintenant ?
Je préfère ne rien dire encore.
Papa, quatre couples attendent de pouvoir organiser leur mariage.
Tu dis pas du tout ça pour toi ?
Je suis loin d'être le seul à te le dire.
Allez, papa.
Je le comprends, il en a marre.
On pensait tous qu'après le 40e jour, ton fils se marierait
et que les autres suivraient.
Franchement, si tu laisses ces pauvres gosses reprendre leur vie,
ça t'enlève quoi ?
Je t'en prie, Bayram.
Une prière pour lui !
Les salauds sont ceux qui se barrent en comptant sur les collègues
pour se battre pour les salaires.
Le rasoir électrique, ça ira.
Je te tiens au courant.
Je te rappellerai.
Au revoir.
Désigne le successeur aujourd'hui, qu'on en finisse.
Tu fais le forcing pour Ghardashali ?
Il a même proposé d'organiser le mariage de ton fils.
Mon fils a un père.
Pardon, Bayram.
Ghardashali mérite d'être parrain.
Mais je suis l'aîné.
Ben alors, Ghardashali ? C'est lui, l'aîné ?
- Qui ça ? - Esmail.
Ce tocard évite les mariages pour pas faire de cadeau.
Il est là pour bouffer à l'oeil.
C'est une façon de parler en public ?
Il a rien su faire pour ses propres enfants.
Tu parles d'un parrain.
Reste poli. Qui est le plus âgé ?
Bien sûr, c'est moi.
Je vous assure,
j'ai pas du tout la prétention de remplacer Gholam.
Mais si, te gêne pas, on n'attend que ça !
J'avais six ans quand tu es né, Ghardashali.
Ma mère était ta nourrice.
C'est pas juste une question d'âge.
Exactement.
Je disais simplement que j'étais l'aîné.
Alors que Ghardashali était son complice des derniers jours.
Ca, c'est bien dit.
Si Gholam est satisfait, nous serons tous satisfaits !
C'était mon berceau, tu sais ?
Il était à moi.
Oui, à nous tous.
T'es encore là-dedans, papa ?
J'y peux rien, j'ai mal.
Leila, t'as utilisé toute l'eau de la ville.
Tu m'emmènes chez le médecin, Alireza ?
Je l'emmène où ?
Oublie, il a rien.
Et la clé de ma voiture ? Papa !
Tu m'as pas payé hier.
J'ai passé la journée au garage.
Où est le double ?
Ose y toucher
et j'appelle les flics !
Fais comme pour Parviz,
fais-moi directement un procès.
Coupe l'eau, j'en ai plus !
On prend l'ascenseur.
J'étouffe là-dedans.
C'est un garçon ?
Je te jure que oui.
Tu jures à tort et à travers.
Sur la tête de Manouchehr ?
Sur la tête de Farhad, c'est un gars.
Dans ce cas, c'est une fille.
Les harcèle pas pour qu'ils l'appellent Gholam.
De quoi tu te mêles ?
C'est toi qui mets ton nez partout !
A l'anniversaire de la mort de Gholam,
j'ai été le premier à qui on a mis du blanc et taillé la barbe.
Donc, on attend ça de moi.
Viens plutôt voir le bébé.
Où est Manouchehr ?
Cette chochotte ne supporte pas l'odeur de l'hôpital.
Enfin un qui vient pas les mains vides.
Bonjour, mes chéries.
Content de te voir.
T'as du bol que celui-ci soit un gars.
Sinon, l'autre aurait continué de me harceler.
Félicitations.
Laisse-moi l'embrasser.
On n'embrasse pas le visage d'un bébé.
C'est pas un garçon.
Mais si, regarde.
Qu'elle le déshabille, alors.
Il va attraper froid.
Pour toutes les cinq, ils m'ont dit que c'était des gars.
Au bout de deux ans, je les voyais en jupe, avec des bijoux.
Cette fois, je me ferai plus avoir.
Déshabille-le !
Ca se fait pas comme ça.
Me baratine pas, saleté !
Ca va pas, monsieur ? Vous êtes dans un hôpital.
Sortez.
Excusez-le.
Tu nous fais honte.
Leila, montre-lui, avant qu'il nous fasse une attaque.
Viens voir.
Attends.
Et voilà.
Quelle merveille.
C'est un garçon.
C'est un garçon.
T'as vu ça ?
Il a manqué de garçons ou quoi ?
C'est ton serviteur.
Regarde ces cils, qu'il est beau...
Boude pas, mange. Je t'emmène chez le médecin demain.
Que Dieu te maudisse, Brock Lesnar.
S'il y a un type foutu de battre Undertaker, c'est Lesnar.
- C'est bidon. - Pas du tout.
Hardy saute d'une échelle de 10 m sur la figure de Big Show.
C'est bidon, ça ?
Nous, elle confond nos prénoms, mais les catcheurs, elle connaît.
C'est ta faute.
Lesnar va se faire écraser par Orton, maman.
C'est pas Shawn Michaels.
J'ai la même carrure qu'Orton, non ?
Ca va pas, espèce d'orang-outan ? Rhabille-toi.
Ils sont habillés, eux ?
Belle-soeur, je suis bloquée, prends le bébé.
Je suis désolée.
Aïe !
Touche pas à la vaisselle.
Il faut te marier pour plus avoir mal.
Farhad, tu manges et tu vas te vautrer ?
Viens, on débarrasse et on fait la vaisselle.
- J'ai pas fini. - Je le dis en général.
Tu rumines comme une vache. Ca suffit.
Tu parles de Parviz ou de moi ?
Attends qu'on débarrasse.
Dans deux minutes, il sera à poil.
Papa, tu vas souffler pour le petit.
Il est pressé de partir.
Tu as quelque chose à te reprocher.
Félicitations.
Qu'est-ce qui te prend ?
Que Dieu lui prête longue vie.
Dis-moi,
vous avez enregistré quel prénom à l'état civil ?
Celui que vous aviez choisi.
- Lequel ? - Gholam...
Gholam.
- Fais voir son carnet. - On l'a pas encore.
Ca, c'est quoi ?
Je suis allée le chercher. Parviz n'est pas au courant.
Lis-moi le prénom.
C'est Gholam.
Gholam.
Ca regarde personne.
Alireza, c'est la vérité ?
Oui, c'est Gholam.
Montre-moi. C'est quel mot ?
Là.
Rends-moi ma carte bancaire.
Pourquoi ?
Je veux pas que tu l'aies.
C'est pas Gholam !
Sortez d'ici, bande de menteurs !
Je savais que ces enfoirés m'écouteraient pas !
Dégage, sale voleur !
Pense à ton coeur.
Tu fais peur aux filles.
- Dégagez tous. - Ils sont partis.
Par ici, toi.
Qu'est-ce qui te prend ?
T'as perdu la tête ?
Il pique ma retraite et en plus, ils volent chez moi.
C'est Leila qui l'a mis dans mon sac.
Raheleh allaite, papa !
Après un an, ma femme était venue dîner ici, merci.
Reste là, toi.
Arrête, papa.
Il a pas envie d'appeler son fils Gholam !
Qu'il aille se faire voir et toi avec !
T'avais qu'à donner ce nom à un de tes quatre fils !
Il était vivant à l'époque, ça se fait pas, idiote !
Je chie sur vos traditions !
Bayram n'a qu'à appeler son petit-fils Gholam.
On le fait avant lui !
Et pourquoi ?
Pour pouvoir garder la tête haute.
Ca m'a porté chance, moi, de porter le prénom de ton père ?
Pourquoi je nommerais mon fils chéri comme ton abruti de cousin ?
Vous avez droit à un an d'indemnité de chômage.
Restez chez vous tous les jours de 8h à 14h,
vous pouvez être inspecté.
Toute absence entraînera une interruption de l'indemnisation.
Tenez, j'ai rempli le formulaire.
Signez là.
Premier étage, service emploi.
Comment je cherche du travail ?
Il y a beaucoup de licenciements, le règlement est très strict.
Si vous ne voulez pas d'ennuis,
respectez ces recommandations.
Merci.
Madame, j'ai reçu ce courrier.
Guichet 7, service des revenus.
Là, il y a une place.
Je vais prendre un numéro.
Assieds-toi, papa.
- Faites la queue. - Je donne juste ça.
En médecine interne, Jourablou.
Quelle cohue...
C'est ça, l'hôpital public. Ca peut être bien pire.
Pardon, madame.
Papa, on est là.
Tu peux éviter de demander aux parents comment ils vont ?
Pourquoi ?
J'ai dû lutter pour qu'ils arrêtent de réclamer le médecin.
T'arrives et ils remettent ça.
Ils te craignent vraiment ?
C'est pire, ils me détestent.
Mais ils sont malades...
Tu sais rien, Alireza.
A leur âge, ils ont besoin d'être suivis.
Tous les médecins de la ville nous connaissent.
Moi, je repars dans quatre jours.
Pourquoi tu dis ça ?
Tu vois que ça craint, tu te tires ?
Je dois retourner bosser.
Garde ton bobard pour les autres.
T'as pas de boulot, comme tes frères.
T'es chômeur.
Il suffit que tu reviennes une nuit à la maison
pour que je sache tout de toi.
Tu t'es fait virer.
On se fait virer quand on commet une faute.
Là, le patron a détourné des fonds, l'usine a fait faillite.
Ils ont dû licencier, ça s'appelle pas se faire virer.
Alors, arrête de faire semblant d'être en congé.
Fais-leur sentir que tu peux pas venir tous les jours à l'hosto,
puisque tu dois rester chez toi de 8h à 14h pour pas perdre ton alloc.
Assieds-toi.
Qui d'autre est au courant ?
Maman remerciait le ciel d'avoir un fils qui aurait une retraite.
Depuis qu'elle l'a appris, elle est perdue.
Comment elle l'a su ?
Je le lui ai dit.
Je vais vite retrouver du travail. J'aime pas rester à rien faire.
Rien ne s'arrangera en travaillant. Il faut faire quelque chose.
Alireza...
lance une affaire juteuse
et réunis tes frères pour les sortir de la misère.
Me mets pas la pression. Pourquoi ce serait à moi de faire ça ?
J'ai essayé moi aussi, j'y suis pas arrivée.
Pourquoi pas avec Manouchehr ? T'as trois autres frères.
Manouchehr, c'est une de mes inquiétudes !
Si on fait rien, il va se faire prendre à force de frauder.
Je comptais sur toi pour me soutenir, pour te battre avec moi,
pour agir de façon réfléchie.
Parviz supporte plus son poids. Tout ce qu'il veut, c'est se poser.
Farhad a des abdos à la place du cerveau.
Oublie-moi.
Je peux pas, tu es là.
Ca changerait rien que je reste.
Si on crève pas de faim,
c'est uniquement grâce à mon salaire.
Mais...
Pardon, on peut changer de place ?
Oui.
Merci.
Et mon salaire, alors ?
Le tien, le mien, la retraite de papa, ça suffit toujours pas.
Eux, ils stagnent depuis longtemps.
Pas eux, nous.
On stagne pas,
on régresse.
Régresser ? Qu'est-ce qu'on avait à perdre ?
Notre jeunesse.
Il en reste pas grand-chose.
Essayons de pas être vieux et miséreux.
Mon frère...
n'écoute pas les parents.
La nuit, ils dorment
et le jour, ils pensent à bien dormir la nuit.
A la maison, ils en peuvent plus les uns des autres.
Ca me fend le coeur de voir que toute leur colère,
ils la passent sur la famille.
Faites quelque chose tous ensemble.
Moi qui déteste voir mes frères au chômage,
j'étais contente que tu sois viré.
J'allais enfin pouvoir te prendre à part
pour te demander de pas abandonner tes frères.
Ils sont seuls,
ils sont paumés, fauchés, les laisse pas comme ça.
Si tu repartais, qu'est-ce qu'ils deviendraient ?
C'est à eux qu'il faut dire de se bouger.
Je l'ai fait, ils peuvent pas.
Pourquoi pas ?
Ils savent pas lancer une affaire.
Moi, je sais ?
Si l'un de vous en est capable, c'est toi.
Et après, qui ira bosser ? Ces flemmards ?
Ils sont pas flemmards, ils bossent.
Mais leur boulot vaut rien.
En tout cas, ils sont débiles.
Pas du tout.
Quand t'es pauvre, tu perds confiance en toi, t'as l'air bête.
Moi, j'aime pas le conflit.
Ils parlent tous en même temps, ça me stresse.
Je veux bosser loin et revenir de temps en temps.
Je t'en supplie, ne me mêle pas à leurs histoires.
C'est ta famille.
J'ai renoncé à un an de salaire,
juste pour fuir le raffut à l'usine.
Je déteste l'hystérie de ma famille.
C'est leur boulot précaire qui les rend hystériques.
Plus tu trimes, plus t'es pauvre.
La pauvreté, ça te colle à la peau.
Plus t'en bouffes, plus il en reste.
C'est à cause de tout ça que je suis parti.
En fait, toi,
t'es revenu pour rester si tout allait bien.
Et sinon...
Arrête, Leila.
Vous pouvez pas lancer un truc qui soit reconnu comme un métier ?
Que dans la case "métier" des formulaires,
vous ayez enfin un truc à mettre ?
Oui, je lui ai parlé.
C'est réglé.
Pourquoi tu t'es autant laissé aller ?
T'étais pas si gros l'autre fois.
Je bouge pas dans ce boulot de merde.
Il s'est mis à boire.
Ta gueule. C'est ma thyroïde.
D'après le toubib, picoler, ça aide pas la thyroïde.
L'appart est petit, les mômes font du bruit,
je bois parfois pour pouvoir dormir.
- Vous allez où ? - Aux WC.
C'est pas sec.
Mais c'est urgent.
- T'as du cash ? - Oui.
Vas-y.
Le carrelage blanc, t'as pas fini de nettoyer.
Pourquoi tu nous as fait venir ?
Ils veulent faire des boutiques à la place des toilettes.
C'est sur le point d'être validé.
Et alors ?
Je vous ai amenés voir.
Faut qu'on se grouille.
Les commerçants vont vite mettre le grappin dessus.
Pour faire fortune, il faut avoir accès à l'information.
T'as appris ça où ?
Nulle part. C'est de moi.
Laisse tomber.
Le directeur financier l'a dit ici, au téléphone.
J'ai fait une demande pour qu'on achète une boutique.
- Combien, le mètre carré ? - 50 à 60.
On peut pas.
Moi, j'ai pas un rond.
Les autres, n'en parlons pas.
Attends d'en savoir plus, on pourra peut-être.
La directrice m'apprécie.
Même sans apport, on peut pas.
Pourquoi t'es négatif, comme Manouchehr ?
Soyons positifs, t'achètes avec quel fric ?
Ca va, j'ai rien dit.
Tu les empêches de réfléchir.
On a besoin de fric, pas de réfléchir.
Elle déconne, cette balance.
Si tu le veux, ça marchera.
Fais comme si je voulais.
Faut que tu le veuilles vraiment !
Ca tient qu'à moi ?
Moi, je demande que ça. Je serais pas là, sinon.
Je vous ai fait venir, je suis partant.
S'il suffit de le dire, moi aussi.
On est tous vraiment partants.
C'est ce que vous dites, moi aussi.
Vous allez où ?
L'autre jour, j'ai payé pour deux fois.
Ca me dit rien du tout.
- C'est combien ? - C'était quoi ?
Comment ça ? Je suis allé vite fait aux WC.
Vite fait ? C'était long. File-moi 500.
T'as la monnaie, cette fois ?
Non, tu paies pour deux fois.
Et si t'oublies ?
Tu m'expliques, je me rappellerai.
S'il porte plainte, je pourrai plus rien te trouver.
Réveille-le, qu'il aille au lit.
Depuis qu'il a un pacemaker, il dort souvent assis.
Il dit que s'il s'allonge, il a l'impression de mourir.
Va écouter.
Regarde, mon petit.
Sans ces bandages, j'ai des fourmillements toute la nuit.
On va chez le médecin ?
Bien sûr. Je vais voir ça demain.
On a à faire demain. Pas de promesse en l'air.
Prends tes médicaments.
Mets ta crème contre les fourmillements.
Papa...
Laisse-le, il vient de s'endormir.
Prends tes cachets.
Il les prendra demain.
S'il les prend pas, demain, il sera malade.
Maman adore ces balèzes.
Triple H, Brock Lesnar, Big Show.
C'est pour ça qu'elle aime Parviz.
Avec ses bandages, elle les mettrait tous KO.
Te mets pas devant la télé.
J'ai appelé Manouchehr pour la boutique.
Et alors ?
Il dit que notre problème, c'est l'apport,
mais qu'il est sur un coup.
Son nouveau truc, c'est de consoler les vieilles dépressives friquées.
Sugar mama.
Il vous propose d'aller voir le gars demain soir.
Il vous expliquera tout.
Il avait honte de dire qu'on était ses frères,
pourquoi il veut nous embarquer ?
Bonsoir.
Pourquoi t'es là ?
Pourquoi pas ?
Attends-nous chez moi.
C'est une réunion d'hommes, soeurette.
Dans ce cas, il peut pas venir.
Tu veux que je l'ouvre pour te chier dessus ?
Quoi ? Il chie de la gueule ?
T'es dégoûtant !
C'est une question.
Va te reposer chez moi jusqu'à notre retour.
Je peux pas monter tous ces étages.
De quoi tu parles ? Prends l'ascenseur, il est nickel.
Merci beaucoup. Plutôt crever.
Il monte Parviz comme une plume.
Sympa.
Toi, c'est rien. La télécommande.
Vous signez rien sans qu'on ait discuté.
D'accord.
On est en retard, grouille.
Ca va, frangin ?
Ca va, merci.
Fais gaffe au ravin.
T'avais quoi en tête quand t'as acheté
dans un trou pareil ?
Quand j'aurai l'acte de propriété, tu verras.
T'as pas d'acte ?
Quand on aura le gaz.
Nom de Dieu, t'as pas le gaz ?
Il a deux chambres de 4 mètres carrés sans fenêtre.
Il a même pas accès à l'escalier de l'immeuble.
C'est vrai ?
Il dit des conneries.
Il y avait deux étages, deux proprios.
Celui du bas s'est fait un sous-sol en douce.
Pour se venger, celui du haut
a fait sur le toit l'appart que j'ai acheté.
Et puis ?
Celui du bas a bloqué l'escalier.
On a fait un ascenseur dans la rue.
Quelle idée d'acheter ça ?
Tu peux te vanter d'avoir un frère qui habite les quartiers nord.
Les quartiers nord, c'est plus bas que ce coupe-gorge.
Là, c'est un bidonville, crétin.
L'autre demeuré est venu. J'ai une vue de rêve.
Oui, mais tu te réveilleras quand t'auras une tour en face.
Si la mairie rase pas ton taudis avant.
T'as vu les bagnoles ?
Les quartiers nord, qu'il dit.
T'es grave, Manouchehr.
On y va.
Là-haut, vous allez halluciner.
Merci, Mahmoud. Ca, c'est du thé.
Sers-toi.
Je pose ça là, servez-vous.
Mahmoud a un super boulot ici.
Je t'en prie.
C'est pas compliqué et ça rapporte gros.
La proposition qu'il va nous faire est une faveur.
Mais non.
Depuis que j'habite avec Manouchehr, je l'aime comme un frère.
Il vit chez vous ?
Non, je suis chez lui.
Il y a six mois, j'étais à la rue.
Vous avez monté tout ça en six mois ?
C'est pas moi qui l'ai monté, mais je le gère.
C'est à vous, ici, ou pas ?
C'est à celui qui y travaille.
Et quel est le travail, au juste ?
Je vous explique...
Je peux le faire ?
C'est une société de leasing de voiture.
L'usine livre une Kia Pride en un mois pour 23 millions.
Mahmoud te la livre en 3 mois, mais pour 20 millions.
Attends, Manouchehr.
Vous prenez la voiture à l'usine ou chez un concessionnaire ?
Aucun des deux.
En fait, on livre pas de voiture.
Pardon, mais vous êtes pas de ceux
qui empochent le fric et s'enfuient ?
J'espère pas.
- Frangin ! - Il y a pas de mal.
Un fraudeur met son argent sous le matelas.
Moi, j'ai dix comptes bancaires. Demandez-lui.
Comment vous touchez l'argent sans livrer de voiture ?
Comment il s'appelle ?
Alireza.
Ali, c'est pas compliqué.
Ecoute-moi, tu comprendras.
Avant moi, c'est mon beau-frère qui était là.
Il a pris mille commandes et il est parti avec l'argent.
Il m'a laissé le bureau.
Moi, j'ai d'abord pris 1000 commandes pour rembourser sa dette.
Avant que les gens portent plainte.
Ensuite,
j'ai pris 1000 autres commandes et j'ai empoché l'argent.
Si vous voulez reprendre le bureau,
vous réglez d'abord ma dette,
ensuite vous prenez 1000 commandes et ce sera pour vous.
Et vous refilez le bébé à un autre.
Ce sera reparti pour un tour.
Il réglera votre dette avant de se servir.
- Et ainsi de suite. - C'est un cycle.
Exactement.
Excusez-moi, vous vous cherchez un successeur ?
Je cherche à laisser le bureau.
Il cherche un remplaçant.
Ces immenses bureaux, c'est juste pour ça ?
Ecoutez.
1000 fois 20 millions, ça fait 20 milliards.
En dollars, au taux du jour...
Tu le connais ?
Cinq.
Ca fait 4 millions de dollars.
On sera millionnaires en dollars.
Les gens portent pas plainte ?
Pas pour deux mois de retard.
Même s'ils le font,
pour trois pelés, on leur achète une Pride.
Mais non !
Jette-leur les 20 millions, ils repartent en remuant la queue.
A mon avis, le risque est quasi nul.
Ecoute, Ali...
j'ai laissé ma famille et mes 80 millions de dettes,
pour venir à Téhéran m'asseoir sur ce canapé.
Quand on m'a dit ça, comme toi, j'ai eu très peur.
Mais là, ma maison est tellement grande,
que ma femme appelle les flics pour y retrouver les gosses.
S'il y avait un loup, j'aurais pas trois bureaux.
Et tu vis dans le taudis de mon frère ?
L'occasion fait le larron.
Une adresse du nord moins chère que le sud, ça se refuse pas.
J'ai vu de mes yeux l'évolution de Mahmoud.
Impressionnant.
L'entreprise est répertoriée ?
On pourrait pas faire de publicité, sinon.
On doit vous payer combien pour la reprise ?
Le loyer et la publicité,
c'est cadeau pendant un an.
Mais l'un de vous doit signer, être responsable.
Je vois pas ce qu'on peut attendre de mieux.
C'est une occasion rêvée.
Il a pas tort, Alireza.
Et nous, on fait quoi ?
Sur le plan légal,
si je mets la boîte à mon nom,
il me faut un CA avec quatre membres.
Le président du conseil, ce sera moi.
Le PDG, toi.
Comme vice-président, on a pensé à toi, Parviz.
- A votre service. - Merci.
Et un membre lambda, Farhad.
Voilà ce que j'ai en tête.
Grâce aux conseils de Mahmoud, bien sûr.
Avec plaisir.
Attendez, bougez pas.
A trois, vous riez.
1, 2, 3, riez.
Elle est super.
Merci.
Je te le redis, il faut que tu vires ton coloc.
S'il se fait choper, t'es foutu.
Je le virerai quand j'aurai épongé ma dette.
Rien qu'un aperçu de tes combines, ça me fait froid dans le dos.
J'aurais dû y aller seul.
Si j'avais su que tu flipperais et que tu les contaminerais,
jamais je t'aurais mis dans le coup.
C'est juste qu'il est mou.
Si on rejette vos magouilles, on est mou et peureux ?
En huit ans d'usine, il a pas pris huit semaines de congés.
Si son ex avait pas épousé le voisin, il serait resté.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Te fatigue pas, Leila.
Au lieu de nous dire ce qu'on doit pas faire,
dis-nous quoi faire.
Faites tout sauf ce que propose Manouchehr.
Par exemple, la boutique.
Absolument.
Avec quel fric ?
Dit comme ça, personne n'en trouvera.
Faut le dire comment ?
Faut que ce soit ignoble pour que ça t'excite ?
J'ai assez de mal avec moi-même, fous-moi la paix.
N'écoute pas ce débile de Manouchehr.
Dis-moi combien tu as.
Si c'est que pour l'affaire,
j'ai autour de 20 millions.
Et toi, Farhad ?
Si j'arrête de faire taxi et que je vends la bagnole, 20 millions.
Parviz ?
Je te jure que j'ai rien, à part 5 millions de dettes.
Et ce que je t'ai versé le mois dernier ?
Bravo pour ta discrétion.
Ces 4 millions, c'était pour payer une autre dette.
Et toi, Leila ?
J'ai 8 millions et une demi-pièce d'or que m'a donnée la boîte.
Et toi, le petit génie ?
800 millions.
Rien, évidemment. Zéro.
J'en veux pas.
Tu veux qu'on parte, c'est ça ?
Il veut dîner avec son coloc.
Je peux pas manger chez moi avec mes vêtements d'extérieur.
Trop chou.
Change-toi, au lieu de bouder.
Pour une fois que tu nous reçois.
Si je dis pas de bêtise, tu pourrais vendre ton appart.
Tu dis une bêtise.
Fais pas cette tête. Il vaut combien ?
Le max du max, ce serait 120 millions.
Mais il y a mille et un obstacles.
- Comme quoi ? - Plein de choses.
- Du genre ? - L'acte de propriété.
Mon coloc, ma dette, t'en veux d'autres ?
C'est le moment d'acheter.
Même si l'affaire prend pas, le bien perd pas sa valeur.
Les prix flambent sans arrêt.
J'ai exploré toutes vos pistes à la noix
avant d'arriver au plan que je vous ai proposé ce soir.
T'as exploré aucune piste, t'as juste rêvassé.
Où tu veux en venir ?
Comptez pas sur mon appart.
Si on s'y met tous pour lever les obstacles.
Si vous mettez pas encore ça sur le compte de ma bêtise,
je garde un minuscule espoir dans mon coeur de faire revenir ma femme.
Je fais comment ?
On vous loue un autre appart.
Je préfère habiter dans un taudis
qu'être locataire.
T'as trafiqué mon passeport
pour aller traîner en Thaïlande.
T'as pas besoin de ta femme.
Il veut pas donner son appart, ça nous regarde pas.
Tu nous fais encore une poussée de tolérance ?
On est une bande de veaux
qui ont pas appris à pas se mêler de la vie des autres.
Si ça te gêne d'être locataire, vends ici,
on rase la maison et on construit des apparts.
Parviz...
La maison s'affaisse de partout,
on peut rien construire.
On est en quartier dégradé, on paie pas d'impôts.
Sans ascenseur, on peut faire quatre beaux apparts
de 55 mètres carrés chacun.
Et avec ascenseur, M. l'architecte ?
Avec ascenseur et un escalier aux normes, 40 mètres carrés chacun.
Quatre apparts pour vous quatre.
Les parents et moi, vous nous enterrez en dessous.
Tu sais quoi ? Je vais vivre dans le parking avec mes gosses,
OK ?
Deux secondes...
On peut faire un prêt.
Sur cette maison, on n'en aura pas.
Emmène-les, s'il te plaît. Ils me pompent l'air.
Les murs auraient pu s'effondrer, on serait tous morts.
Dieu merci, tu es là, en pleine forme,
en réalité augmentée,
sous mes yeux.
Maintenant que tu es si élégant, tu peux manger ?
L'élégance,
c'est 15 personnes qui parlent la bouche pleine en même temps.
Comment tu peux laisser ta famille habiter une maison pareille ?
Tu t'en fous de la famille. Tu veux devenir proprio, c'est tout.
Avec quel argent tu construis une maison ?
Si on en a, autant acheter la boutique.
Bravo.
Il vend son appart, on achète la boutique...
J'ai pigé. Pas la peine de répéter.
Je la ferme.
Je vais réfléchir.
Si c'est oui, je vous préviens. Si je dis rien, c'est que c'est non.
Mange pas ça, c'est périmé.
C'est encore bon.
Mon passeport non plus, tu le donnes pas ?
- Je te parle. - Il te sert à rien.
Vous avez entendu ?
Arrête, donne-moi ça.
C'est quoi, le code ?
Je lui demanderai.
Qu'est-ce que tu fabriques ?
T'es pas bien ?
- Il te le rendra. - Il va en faire quoi ?
Il donne pas ce trou et il me prend mes papiers !
Tu fais quoi ?
Lâche mon attaché-case !
Donne-moi ça !
Tu fous quoi avec mes papiers ?
Ils y sont pas !
Je te le donnerai !
Espèce d'imbécile ! Il va te le donner.
Laisse-moi deux secondes !
Rends-moi mes papiers !
Il va te l'ouvrir !
Rends-le-moi !
Arrêtez !
Donne-moi ça, sale brute !
Pourquoi tu le casses ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Fais pas ça !
Il les bouffe ou il les vend ?
Pourquoi il a fait ça ?
Tu peux la taper ?
Taisez-vous, elle arrive.
Désolée pour le retard.
Bonjour.
J'ai présenté votre cas au conseil,
en me basant sur la demande de Mlle Jourablou,
de telle façon que j'obtienne la réponse souhaitée.
En résumé,
vous devez avancer 40 % de la somme
et emprunter le reste sur 4 ans.
Donc, ça fait...
L'apport doit être de 176 millions.
M. Elias verra tout ça avec vous.
Quelle est la date de livraison ?
Dans 7 mois. Les travaux commencent dans 3 mois.
Votre dossier est prêt ?
Non, on a besoin de temps pour...
Ca va être rapide.
Accordez-nous un petit délai.
Vous vous en occupez, Mlle Jourablou.
Merci infiniment.
Je vous en prie.
Merci beaucoup.
Au revoir.
Merci.
Je vous prie.
Jetez un oeil, vous me direz si ça vous plaît.
Je vais aller faire un tour aussi.
Viens voir les jolies boutiques.
Sans emprunt, on arrivera à rien.
Lâche ton appart.
Farhad, viens voir.
Arrête avec l'appart. Ca réglerait pas votre problème.
- On a fait les comptes. - Oui, mais j'ai un souci.
Il en resterait que 50 000.
Au total, on aurait à peine 100 millions et il en faut 180.
C'est quoi, ton souci ?
Des dettes, c'est rien.
Qu'est-ce que t'as ? T'es pas bien ?
Mehnaz en a pris la moitié comme pension.
- Comme pension ? - Oui.
Vous avez divorcé ?
Ca fait deux mois.
Tiens.
T'en veux plus ?
Je vais te croquer, moi.
- Parviz ? - Oui.
Comment tu vas ?
Content de te voir.
Tout va bien ?
Bonjour, mesdemoiselles.
Qu'est-ce qu'elles sont belles.
Ca va ?
Pardon, j'ai avalé de travers.
Tu passes jamais me voir.
Tu vois, j'ai de quoi faire.
Que Dieu les garde. Ton père est là ?
Mon père ?
Tu veux le voir ?
Il doit être chez lui.
Mets-les là-dedans.
Vous devriez entrer, Esmail.
On restera dehors.
- Le barbecue est prêt ? - Oui.
Jafar...
- Fais du thé. - Très bien.
Fais-les sortir de la cuisine, on a besoin d'être seuls.
D'accord.
Ehsan, frangine, sortez, je termine.
Pourquoi ta famille dit partout qu'on t'a rendu opiomane ?
Par jalousie. On s'entend bien, ça fait jaser.
Aucun de tes fils n'est venu à la cérémonie pour mon père.
Je suis désolé.
T'as que ce mot à la bouche.
Jafar, apporte l'invitation.
Ecoute, cousin...
Après Gholam, beaucoup briguent le titre de parrain de la famille.
Au mariage de mon fils, son unique petit-fils,
on nommera son successeur.
Tu choisirais qui ?
Ghardashali, voyons.
Il est accro au jeu.
Sa mauvaise réputation a fini par déteindre sur mon père.
C'est vrai, mais on n'a pas le choix.
Dans son testament, mon père t'a désigné.
Moi ?
Pourquoi ?
Tu es l'aîné et tu lui as toujours été fidèle.
Ce terrain que tu lui as offert, il en parlait tout le temps.
C'était mon devoir.
Ca te vaut le titre de parrain.
T'auras droit aux courbettes.
Je veux pas te manquer de respect,
mais tu crois que t'as les épaules assez larges ?
Je t'assure que non.
Il va bien falloir.
Dis-moi un seul mot :
oui ou non.
Evidemment, oui.
Tu sauras faire ?
Je suis pas un grand, mais je peux vous imiter.
Au mariage, tu devras faire le plus gros cadeau.
T'en as les moyens ?
Je ferais tout pour vous.
Tu connais les règles ?
Le cadeau, c'est soit des espèces, soit...
des pièces d'or.
T'as ce qu'il faut ?
- Je trouverai. - Non.
Tu les as ou tu trouveras ?
Je les ai.
Il faut t'engager devant le notaire.
Avec plaisir.
Je compte sur cet argent.
Si t'as pas les moyens, je vais voir ailleurs.
Je les ai, sur la tête de mon Gholam.
Ton Gholam ?
Parviz vient d'avoir un fils.
On l'a nommé Gholam pour honorer ton père.
Je l'ai toujours dit :
s'il y a un vrai homme dans cette famille, c'est toi.
Tiens,
la liste des cadeaux faits par les parrains
ces 20 dernières années.
Le montant augmente à chaque mariage.
Je vois vraiment pas ce que j'ai fait pour mériter cet honneur.
Tu le mérites, cousin.
Tu le mérites.
Je mérite pas d'être dans tes bras, mais sous tes pieds.
Pourquoi tu répètes ce que dit ta garce de fille ?
Comment tu veux devenir parrain ?
Avec l'argent qu'elle a confisqué.
Combien ?
Assez pour devenir parrain.
Tu vas me dire que t'as pensé à épargner ?
T'aimerais pas que je sois parrain et toi, marraine ?
Que tout le monde se lève dès que tu entres dans une pièce ?
Je serais reçue en grande pompe au mariage du fils de Bayram ?
Et comment !
Le jour du mariage, ils nous feront livrer nos tenues.
Tu seras placée à côté de la mariée
et moi, du marié.
La mariée demandera ta permission avant de répondre "oui".
Si elle m'oublie, ce sera la honte.
Impossible, c'est la loi.
Je vois pas ces gens-là nous faire tant d'honneur.
Ca, c'est rien.
A ma mort, le faire-part dira :
"Le parrain de la famille Jourablou".
Et pour toi, ce sera :
"L'épouse du parrain de la famille Jourablou".
Ils nous disaient même pas bonjour.
Pourquoi ils t'ont fait cette proposition ?
D'abord, je suis l'aîné.
Et puis, Gholam l'a demandé.
Il a demandé que ce soit toi ?
Puisque je te le dis !
Apprends à tes enfants à respecter la famille.
Tu sais ce que ça va changer pour nous, si je deviens parrain.
Et surtout, ce que ça va changer pour les autres !
Farhad...
Quoi ?
Papa a décidé d'en mettre plein la vue
de Bayram au mariage de son fils.
Ca promet. Il nous manquait plus que ça.
Qu'est-ce que tu manigances avec ton mari ?
- Mon mari, c'est pas votre père ? - A toi de nous dire.
Tu fous quoi, papa ?
On est invités au mariage, je vais être nommé parrain.
On est dans la merde, il est content.
Ca vous déplaît, d'être respectés ?
Ca déplaît à personne.
Tu trouves pas ça bizarre, ce respect soudain ?
Vous savez que Gholam a payé les traites de cette maison ?
Comment tu peux raconter de si gros mensonges contre toi-même ?
Plus ils te méprisent, plus tu es en adoration.
Qu'est-ce qu'ils ont fait pour toi ?
Ils t'ont rendu accro à 70 balais pour te piquer ton héritage !
Dis pas n'importe quoi.
Pour 2 hectares de terre sèche...
Qui valent 100 millions aujourd'hui !
Gholam et Bayram ont dépensé 10 fois plus pour moi, au bord de la mer.
Vous espérez me dissuader d'y aller ?
C'était quoi, ce coup de fil ?
Je deviens dingue !
Papa est invité au mariage
en tant que parrain pour faire le premier cadeau,
donc le plus gros.
Il n'a qu'à en faire un petit.
Mais non, il peut pas.
Le cadeau du parrain doit être le plus gros.
S'il en fait un petit, ceux des autres seront riquiqui.
T'as pensé aux parents des mariés ?
Alireza,
tant que tu te seras pas marié
et fait humilier comme moi,
tu connaîtras pas ses ordures de cousins.
Espèce d'ingrat.
Et les pièces que t'as reçues de Gholam ?
Tu oses dire ça devant nous ?
Gholam voulait même pas venir à son mariage !
C'est papa qui a dû acheter 5 pièces à crédit.
Gholam a daigné venir les offrir, en faisant mine d'être généreux.
La pire soirée de ma vie, ce mariage !
On attendait 300 invités, on en a même pas eu 50.
A 1h du mat, les gens partaient et j'espérais encore
que ta famille arrive.
Je tiens le compte des cadeaux échangés depuis 20 ans.
J'ai la trace des magouilles de ta famille là-dedans.
Gholam a donné combien au dernier mariage ?
Pour sa petite-fille, 30.
Là, Bayram, le père du marié, va donner 35.
Donc, papa, 40 !
40 quoi ?
40 pièces d'or ?
Tout est bidon dans vos mariages, le prénom de la mariée, les cadeaux,
pourquoi on donnerait du vrai or ?
Vous déraillez complètement.
Il y a eu un ou deux dérapages.
Bayram n'a pas de quoi payer le mariage,
il vient te voir pour ça.
Il est venu par respect pour nos traditions.
Je suis à la fois l'aîné et l'élu de Gholam.
Arrêtez un peu.
T'as fini de faire l'autruche ?
Tu sais bien que l'annonce du premier cadeau est toujours bidon.
Aucun millionnaire ne fait de cadeaux aussi gros
que notre parrain déplumé.
Maman.
Qu'est-ce qu'il t'a fait miroiter pour te faire taire ?
Elle ? Elle se prend pour une reine.
Alors, la reine !
T'as passé ta vie à débiner sa famille devant nous.
T'as toujours voulu couper les ponts avec eux.
Ils ont changé, c'est tout !
Ils ont passé leur vie à faire du mal et à en tirer bénéfice.
Ils changeront jamais !
Dans chaque mariage, Gholam prenait une douzaine de pièces,
il en empochait cinq et rendait le reste comme cadeau.
Et tous étaient ravis qu'il soit là.
Ben voilà ! Il sait de quoi il parle !
Demande-leur de te passer 40 pièces
et refile-les-leur en te faisant annoncer comme plus offrant.
Tu fais quoi ?
Tu te sauves au lieu de répondre ?
Lâche-le, il va lui arriver quelque chose.
Pousse-toi.
Alireza, mon fils...
Laisse-les parler.
Et notre réponse ?
S'ils voulaient payer de leur poche,
ils m'auraient pas ouvert leur porte.
Tu sais ça et t'y vas ?
Ca marchera pas avec Bayram, mais dans les mariages suivants.
Tant que je vivrai, j'empocherai une partie
et je leur rendrai le reste.
Tout le monde sait que c'est bidon
mais ils poursuivent collectivement cette blague ?
Oui, c'est un cycle.
Ils savent tous que leur tour viendra.
Ca a toujours été.
Avec tous ces jeunes qui comptent se marier,
s'il est malin, papa se fera du blé.
T'es assez débile pour croire que papa est malin ?
Bien sûr que je suis malin.
Je vaux pas moins qu'eux.
Je suis allé bosser 37 ans en bus.
La preuve que t'es pas malin.
T'as trimé toute ta vie.
T'as jamais été un profiteur.
Dès qu'ils se pointent, nos ennuis commencent.
On peut pas te donner d'argent.
On veut tout mettre dans une affaire.
Tu comptais sur qui ?
Sur moi !
- Tu as quoi, toi ? - Des pièces !
- Combien ? - 40 !
Tu dis rien, toi ?
Il est en manque, il délire. Va prendre ta came.
De quoi il parle, Leila ?
C'est vrai. C'est pour ça que je vous ai appelés.
Il en a combien ?
40.
40 pièces.
D'où tu les sors ?
Je les avais.
Tu avais ça et on le savait pas ?
Sinon, vous me les auriez prises.
Ah oui ?
Tu nous as tellement vus galérer
et t'as rien dit ?
C'est mon bas de laine en cas de pépin.
On n'a que ça, des pépins !
Leila, il nous manque combien, pour la boutique ?
- 60 millions. - Manouchehr ?
- Je confirme. - Parviz, Farhad...
Tu vois, papa ?
Avec tes pièces, on pourrait acheter la boutique.
Vous parlez, mais vous écoutez pas !
Comme ça, on aurait tous du boulot.
Tous nos problèmes seraient résolus.
On pourra tous fonder une famille.
Et là, tu seras notre parrain.
Il suffirait d'une boutique.
Ces pièces sont pas pour ça.
Elles sont pour ce mariage et j'en suis le parrain.
Papa...
Foutez-moi la paix !
Si vous êtes pas contents, dégagez !
- Comment ? - Donne-moi ça !
Je fais quoi ?
C'est à moi ! Ca le regarde pas !
Donne-moi ça !
Tiens. Tu entends ce qu'on te dit ?
Ghardashali donnerait tout pour être à ma place.
Il est con !
Je suis plus con que lui !
L'argent, ça va, ça vient.
Votre père rêve d'être reçu dignement
une fois dans sa vie.
Maman...
Tes quatre fils sont au chômage.
C'est d'un boulot stable qu'ils rêvent.
Papa,
tes fils n'ont ni argent,
ni sécu,
ni l'espoir de toucher un jour une retraite.
Papa...
Papa,
regarde-moi.
Mon papa,
tu sais ce que je crains ?
Je veux pas vous faire de peine.
J'ai peur qu'on leur offre 40 pièces
et qu'ils aillent dire qu'elles étaient à eux.
Tout le monde les croira.
Tu sais pourquoi ?
Parce qu'on n'a pas des têtes à offrir 40 pièces ou 50 millions,
alors qu'on est fauchés.
Je t'assure.
Il a raison.
On ferait mieux de se louer des costumes,
au lieu de faire un cadeau si cher
qu'on sera soupçonnés et ridiculisés.
Tu sais que moi, je veux pas me disputer avec toi.
Mais tu vois pas qu'ils te mènent en bateau ?
Ce bateau, c'est un navire.
Un paquebot.
Un vaisseau,
un vaisseau royal.
Quel malheur !
Papa !
Relevez-le.
Alireza, Farhad...
Du calme.
Papa...
Regarde s'il respire.
Mon papa.
Restez de l'autre côté. La perf sera terminée dans 30 minutes.
La perf se termine dans 30 minutes.
Tu sais qu'il est jamais allé à la mer ?
Il vient de dire qu'il y allait avec Gholam...
C'est du pipeau.
Ils l'ont jamais emmené.
Quand t'arrives à peine à nourrir ta famille, tu pars pas en week-end.
Il invente des souvenirs fictifs avec ses cousins,
pour dire qu'il compte pour eux.
Pour le mariage de cet enfoiré de Bayram,
papa avait fait nettoyer son costume un mois avant.
Il surveillait le courrier pour l'invitation.
Ils l'ont jamais envoyée.
Il y est pas allé.
Mais il raconte plein de faux souvenirs de ce mariage.
Il raconte même que j'y étais, en me prenant à témoin.
Pour lui, être l'invité d'honneur de leur fête a un sens très fort.
Laissez-le tranquille.
Laissez-le faire ce qu'il veut.
A force de quémander leur attention, il a fini par avoir leur pitié.
Même pas.
De son vivant, ce salaud de Gholam le méprisait.
Et dans son testament, il l'aurait désigné comme successeur ?
J'y crois pas du tout, à ce testament.
Mais même s'il y en a un, ça voudrait dire
qu'on laisse un mort décider de nos vies.
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu fais quoi ?
Ca peut attendre, la vaisselle.
Je lave la pisse de ton père.
Ca t'apprendra à vouloir fumer en douce.
A qui tu parles ?
Ca te gêne pas que ta soeur fume ?
Et tes frères, ça les gênait,
que tu sois enceinte de 6 mois à ton mariage ?
Alireza, tu dis rien à cette traînée ?
C'est toi qui étais enceinte, j'ai rien à lui dire.
Je sais plus ce qu'il faut faire.
T'inquiète.
Ici, tu vas voir encore pire que ça et tu vas oublier.
Moi ?
Je fume pas.
Tiens.
Fume peu et arrête quand tu pourras.
Ca va pas ?
Si, ça va.
T'es sûr ?
Oui.
Tu mens ?
Oui.
C'est pas grave.
Tant qu'on touche pas le fond, on sait pas remonter.
Heureusement que tu fumes pas.
Tu crois qu'Oshin est vivante ?
Tu cherches à la joindre ?
Sans cette série,
on n'aurait jamais su qu'il fallait endurer toutes les épreuves.
Nous, on les endure pas, on les surmonte.
Oshin aussi, avec sa friperie, elle les a tous sortis de la misère.
Vous êtes des brêles, mes frères.
Pourquoi ?
Même pas foutus d'ouvrir une friperie.
Tu l'as dit !
Je sais toujours pas comment on est tombés si bas.
C'est pas du tout le futur que j'imaginais quand j'étais petite.
Moi, j'ai compris que grandir, c'est, au fur et à mesure,
renoncer à ses désirs.
Tu sais que les riches se connaissent tous ?
Je le vois dans la boîte.
Pourquoi ?
Ils sont peu nombreux.
Les pauvres se connaissent pas, mais ils se reconnaissent tout de suite.
Je sais pas, peut-être.
T'avais un prétendant qui a disparu...
- Madjid. - C'est ça.
Tu sais qu'il a divorcé ?
Et alors ?
Il te plaît toujours ?
J'avais oublié son existence.
Dieu merci.
Pourquoi ?
Parce qu'il s'est remarié.
Jamais deux sans trois.
C'est moi qu'il viendra chercher.
Il sera entraîné.
Pourquoi il était parti ?
Papa lui avait dit que j'étais malade.
Qui te l'a dit ?
Madjid.
Quand ça ?
Après son divorce.
Vous êtes en contact ?
Il m'a appelée une fois pour proposer qu'on se voie.
J'ai dit non.
Comment papa a pu faire ça ?
Il voulait que j'épouse quelqu'un de sa famille.
T'étais d'accord ?
J'ai pas eu l'occasion de donner mon avis.
Comment ça ?
Papa essayait de les charmer pour qu'ils envoient un prétendant.
Mais aucun d'eux ne voulait de moi.
Je peux faire quoi pour qu'on aille mieux ?
T'as une baguette magique ?
Suppose que oui.
Invente-moi une soeur.
Plus grande, pour que je puisse m'appuyer sur elle.
Et puis ?
Et puis...
Ramène Manouchehr à ses années de lycée, où il était si futé.
C'est tout ?
Efface tous nos problèmes, qu'on oublie cette période.
Moi ou la baguette magique ?
Toi, si tu pouvais...
Si je pouvais...
j'achèterais une boutique pour chacun de nous.
Et je ferais de papa notre parrain.
Tes voeux sont réalisables.
Comment ?
On empêche papa d'aller au mariage et on achète la boutique.
T'es folle ?
Ce vieillard sort tout juste de l'hôpital.
Il s'est évanoui pour de vrai, cette fois.
Non mais je rêve !
Tu veux qu'il aille donner les pièces au mariage ?
Les pièces sont à lui, il en fait ce qu'il veut.
C'est le mariage ou la boutique.
C'est sa vie ou sa mort.
Encore une dispute et il va nous faire une attaque.
Ce sera à toi de le garder.
Laisse tomber, Leila.
Je peux pas laisser tomber. Et toi, t'en as pas le droit !
Je sais comme toi que c'est une mauvaise décision.
Mais notre père a toujours pris de mauvaises décisions.
C'est un gosse entêté.
Chez nous, il y a que des gosses.
Même les vieux. Sur qui on peut compter ?
Si on le contrarie, il mourra.
C'est ton dernier mot ?
C'était aussi mon premier.
Chacun peut faire ce qu'il veut.
Chacun est responsable de sa vie.
Personne n'a le droit de pleurnicher pour faire du chantage aux autres.
Tu dis ça pour moi ?
Je pleurniche pour moi ?
Je t'ai demandé de rester m'aider.
Si je reste t'aider, il faut m'écouter.
Si tu fais comme les autres, je pars.
Maman !
Réchauffe mon déjeuner, j'ai une course, je suis en retard.
Samedi, vous étiez absent.
Je cherchais du travail.
La prochaine fois, vous perdrez votre allocation.
D'accord.
Votre carte.
Ali ! Doucement, tu vas encore tomber.
Dépêche-toi, maman, ça a commencé.
Allez !
Bonjour.
Papa, sors, enfin !
C'est quoi ?
Bayram envoie ça pour papa.
Il y a pas d'eau !
Maman, Leila, coupez l'eau. On veut tous se doucher.
Alireza ?
C'est trop beau ! C'est pour moi ?
Eh oui.
La classe.
La chemise que je t'avais promise. Super XL.
Merci beaucoup, c'est très gentil.
Ces chaussures, ça va très bien avec ton costume.
Merci, Manouchehr.
Avec plaisir.
Les montres, c'est du toc, mais elles marchent.
- Tiens, Parviz. Prends-en une. - Merci.
C'est des frères en or, ça !
- Manou-toc ? - Oui.
Je peux prendre ça ?
Je l'ai porté une fois.
Pas grave, il est canon.
Prends-le.
Parviz, j'ai retiré les semelles, ça devrait t'aller.
Merci beaucoup.
Regardez-moi cette peau de pêche !
De pêche ou de tomate ?
Ni pêche ni tomate, c'est mon petit canard.
Moi, j'adore le magret.
Tu es tout beau, mon papa.
Un vrai jeune marié.
Si tu le dis.
J'espère que cette année, on ira tous ensemble
sur les belles plages de Pattaya.
Je compte sur toi.
- T'as repris les pièces à Leila ? - Elle fait un paquet cadeau.
Va voir si elle en fait un beau.
T'inquiète.
Papa, Bayram t'a envoyé ça.
Magnifique.
Alireza, tu vas à la douche ou j'y vais ?
Vas-y, mais abrège.
Je fais vite.
Un costume choisi par Bayram,
c'est autre chose.
Qu'ils sont beaux ! Que Dieu vous protège.
Priez.
Arrête, maman. C'est le repas de Parviz.
Je vais vous prendre en photo.
Mettez-vous tous les deux.
Manouchehr, rapproche-toi d'Alireza.
Farhad, viens par là, t'es grand.
Attention.
J'ai vu. Alignez-vous. Parviz, avance.
Allez, mettez-vous bien.
Je fais attention.
Alors.
Regardez-moi.
Très bien.
Plus à gauche.
Je veux pas la porte des toilettes.
Encore...
Très bien.
Un... Souriez.
Deux...
Mes adorés, vous êtes trop beaux.
Trois.
C'est bon ?
Leila,
papa est tout beau, prends-le tout seul.
D'abord une avec moi.
Parviz, pousse-toi, je veux qu'il soit tout seul.
Pourquoi ? C'est mieux ensemble.
Il a pas de beau portrait.
Tu me contredis encore ?
Un portrait pour quoi faire ?
Vas-y.
On sait pas ce que l'avenir nous réserve.
C'est pour le faire-part !
Viens, papa, mets-toi là.
Farhad, assis, le pipi !
Arrête. Ca va lui porter malheur.
La prends pas.
La mort, ça se commande pas. Tu me prendras aussi.
Arrête ton char.
Toi, on pourra pas mettre ta photo.
On mettra une fleur. Pousse-toi.
Vas-y, Leila. Ce soir, c'est différent.
Papa, c'est moi qui le garde ou toi ?
Au moment des cadeaux, t'iras le donner à Bayram.
D'accord.
Alireza...
Oui ?
Merci.
Sans toi, les autres m'auraient pas laissé y aller.
Mon papa chéri.
Bonjour, félicitations.
Je leur souhaite le meilleur.
Bonjour, ça va ?
Les dames au 2e par l'ascenseur, les messieurs au 1er par l'escalier.
Bonjour, vous allez bien ?
Bienvenue.
Quel plaisir de vous voir !
Toutes mes félicitations !
Bienvenue à cette merveilleuse soirée.
Je veux entendre vos applaudissements.
Chez les dames aussi.
Quel honneur pour moi d'avoir à annoncer ce soir
le nom du successeur de notre regretté Gholam Jourablou.
Merci !
Ca, c'est de l'ambiance.
Encore ! Je veux pas de baisse de régime !
La soirée sera longue !
Merci à vous.
Quelle sacrée soirée !
Voici l'instant fatidique de la présentation du parrain.
En ce jour, en cette heure, en cet instant glorieux,
le nom du parrain
de la famille issue de la dynastie du clan Jourablou,
selon le souhait du regretté Gholam,
va être officiellement annoncé.
Il s'agit de monsieur
Esmail Jourablou.
Lâchez-vous sur les applaudissements !
Je veux vous entendre jusqu'au bout de la nuit !
Encore et encore, faites plus de bruit !
La classe !
Encouragez-le !
Jusqu'au bout de la nuit !
Je veux entendre chacun de vous !
On le félicite !
Ca siffle pas assez, là !
Félicitations, mon petit.
Merci beaucoup.
Musique.
Un, deux, trois, quatre...
En attendant que l'orchestre soit prêt,
j'ai le grand honneur d'inviter notre parrain,
M. Jourablou, ainsi que le marié,
à entrer dans la danse.
Vous êtes prêts ?
Je vous en prie.
Je ne vous entends pas !
Merci !
On a un parrain du tonnerre !
L'orchestre, 1, 2, 3, 4 !
Leila !
Arrête-toi !
Leila, attends !
Arrête-toi !
Pourquoi t'as fait ça ? C'est la honte de notre vie.
Mes frères sont chômeurs.
Donne-les-moi, tu me fais peur !
De quoi t'as peur ? Tes frères vont être aux anges !
S'ils apprennent ce que t'as fait, ils te massacreront.
Je t'ai dit de laisser papa aller à ce mariage.
Il y est !
Comme ça, c'est pire que tout !
Je voulais pas qu'il y aille.
C'est à lui !
Ca nous revient !
Te fatigue pas, j'ai pas les pièces ici !
Arrête d'être une poule mouillée, retournes-y,
prends sur toi pour sauver tes frères de la misère.
J'irai nulle part sans les pièces.
Bayram veut juste nous faire payer cette fête !
C'était prévu comme ça, ça nous regarde pas.
Moi, ça me regarde.
Je les donnerai pas.
Qu'est-ce que je vais dire ?
Rien, retournes-y, c'est tout. Ils ont pas le choix.
On leur donne les pièces et on les leur reprendra après.
Comment ?
En les suppliant,
en les menaçant, en les maudissant, ce que tu voudras.
Ils ont peur de rien, parce qu'ils croient en rien.
Vas-y, n'empire pas la situation de nos frères.
Tu veux que j'aille voir papa et eux se faire humilier ?
Papa est le parrain.
Tout le monde doit lui obéir.
Dis-lui d'annoncer qu'il supprime la tradition des cadeaux.
Papa tient plus à eux qu'à nous. Il va pas saborder leur mariage.
Tu y vas,
tu regardes Bayram dans les yeux et tu lui dis
de payer notre cadeau de sa poche.
Et s'il refuse ?
Il sera devant le fait accompli.
Surmonte ta peur.
Parle-lui fermement, tu verras qu'il mangera dans ta main.
C'est pas pour moi. Je viens avec toi.
Retournes-y !
Quand c'est moins de 500, tu complètes avec ça.
- Et tu doubles les pièces. - Entendu.
- Combien ? - Une demi-pièce.
Une pièce à M. Bapiri.
Merci beaucoup.
Donne 500 à Hassan.
- Ca va ? - Qu'est-ce que tu fais là ?
C'est quoi, tout ça ?
Comme dans tous les mariages.
C'est-à-dire ?
On gonfle les petits cadeaux pour l'effet d'annonce.
Merci de le faire pour nous aussi.
Tu rigoles ?
Je te jure que non.
Sors de là, qu'on puisse parler.
Qu'est-ce qui se passe ?
On compte sur vous.
On vous a invités pour pouvoir compter sur vous.
- On n'a pas de pièces. - Quoi ?
On n'a pas de pièces.
C'est une blague ?
T'en donnes bien aux autres.
Rien du tout. Ils me le rendent dans la salle.
Viens voir, je t'entends pas.
- Dis-moi. - On y est pas arrivés.
Je viens de parler à ton père.
- Et alors ? - Il a dit que t'avais 40 pièces.
Je t'assure que j'ai rien.
C'est pas le moment. Donne, je vais compter.
Je te jure que je les ai pas.
J'ai dit à ton père d'accepter que s'il pouvait.
Je l'ai pas forcé.
Tu l'as juste fait rêver.
Donne-m'en 35, je ferai annoncer 40.
Sois gentil, fais toi-même le cadeau en notre nom.
Je vais le voir.
Mon père doit rien savoir. Aide-nous.
Et ma réputation ? Je comptais sur vous pour payer la salle.
T'étais pas obligé de venir ici.
J'aurais marié mon fils unique dans un parking, comme vous ?
Tu veux faire quoi ?
Tu es devant le fait accompli, t'as pas le choix.
Idiot, c'est vous qui êtes devant le fait accompli.
Tu maries ton fils, mon père a été nommé parrain.
Ghardashali est là avec 50 pièces.
Dans sa poche ?
En chèque. Tu sais ce que c'est ?
Ce minable de Ghardashali ?
Moins minable que vous. Il fout pas le mariage en l'air.
Mon père est le parrain.
M'oblige pas à lui dire d'annuler les cadeaux de mariage.
C'est une menace ?
Si tu veux.
En acceptant mon offre, ton père s'est engagé devant notaire
à donner 40 pièces.
Je vais vous faire la faveur de pas porter plainte.
Alors, faites profil bas, bouffez et retournez dans votre taudis.
Il a 80 ans, il est malade, tu peux pas lui faire ça.
Espèce de connard pleurnichard,
quand tu peux, tu menaces et après, tu viens chialer ?
C'est vrai, tout ce qu'on dit sur vous.
Bande de glandeurs, de débiles, de crève-la-faim !
Tu tiens à gâcher la fête.
Qui veut gâcher la fête de mon fils ?
Le fils d'Esmail le crevard ?
Mes frères vont pas t'écouter comme moi.
Viens dire à tes frères de gâcher le mariage de mon fils.
Allez !
Cousin, ça fait une heure que je te supplie.
Ferme ta gueule. Va leur dire de gâcher la fête.
Tu comptais sur qui pour la gâcher ?
Tes frères dégénérés ou ton crétin de père ?
Même en m'attachant les deux jambes et un bras,
je vous massacre tous les quatre.
Tu veux que j'éjecte ton père à coups de pied ?
Que je vous fasse mettre à quatre pattes
pour asseoir Ghardashali sur votre dos ?
Tu veux ?
Si un seul de vous moufte ce soir,
je vous transforme tous en chair à pâté
que je fais bouffer à mon fils pour son mariage.
DJ ! Coupe !
Voici donc venu
le moment tant attendu des cadeaux, avec un léger changement.
Heureusement, de nos jours,
tout se règle par le dialogue.
A la demande du parrain,
M. Esmail Jourablou,
le premier cadeau sera offert par M. Ghardashali Jourablou.
Esmail reste notre invité d'honneur dans la salle,
aux côtés de ses fils.
Mais...
je présente,
en ce soir, en cette heure, en cet instant glorieux
le nom du parrain,
le successeur du regretté Gholam,
monsieur Ghardashali Jourablou !
Je vous félicite
pour vos applaudissements et votre énergie.
Le premier cadeau,
celui du parrain,
M. Ghardashali Jourablou.
70 millions de tomans.
L'équivalent de 50 pièces d'or.
Qu'il soit béni !
Merci !
C'est bien !
Pourquoi tu fermes ?
Attends, Esmail.
Ne ferme pas.
Viens, je t'en prie.
Je vais te faire un bon thé,
prends ton opium, ça ira mieux.
Viens.
En 2 jours, le prix de la pièce d'or a augmenté de 200 000.
- A combien t'as vendu ? - 1,4 million.
On se lève à quelle heure ?
Réveille-moi à 7h.
Vous étiez tous dans le coup ?
Manouchehr dort là parce qu'il a vendu son appart.
Farhad a vendu sa voiture, il reçoit l'argent à 8h.
A 10h, on signe la boutique.
Et on me dit rien ? Pourquoi vous m'avez mêlé à ça ?
Sans toi, ça aurait pas marché.
Vous avez tout fait vous-mêmes.
Avec ton aide.
Je me suis fait avoir.
Si ça tenait qu'à moi, vous auriez pas pu acheter la boutique.
Alireza, t'as été parfait.
A ta place, j'aurais fait une crise cardiaque.
- Pas vrai ? - Si.
Pourquoi vous m'avez rien dit ?
On te l'a dit, t'as refusé. On n'a pas insisté.
Qu'est-ce qui te tracasse ? Tu t'en es très bien sorti.
De quoi ?
Tu me prends pour un con ?
Il a raison. T'étais pas censé savoir ce qui se passait.
On a réfléchi, tu as exécuté.
Et tu l'as bien fait.
Vous avez réfléchi pour moi ?
Tu ferais mieux de nous dire
à quel nom on signe la promesse de vente.
La même personne devra signer la vente.
Bien sûr, au nom de papa, si on veut oser le regarder en face.
Pour qu'il la revende au premier accroc ?
Ou qu'il la donne à Bayram.
C'est Leila qui signe.
"Leila & Frères", c'est joli.
C'est pas ma boutique. C'est à l'un de vous de signer.
Lequel ?
Votez.
Farhad a le cerveau dans les biceps,
on passe.
Parviz est trop gros. Il peut clamser à tout moment.
On passe aussi.
Toi, t'es un voleur.
Tu finiras par te faire coffrer.
- On passe aussi. - Il reste Alireza.
Je suis pour.
Ca paraît logique.
Leila, tu dis quoi ?
Je m'abstiens.
- Tu votes pour qui ? - Je le dis pas.
- T'es obligée. - Et toi ?
Je vote pas, mais toi, tu votes pas pour moi.
Plus maintenant.
Et pourquoi ?
T'es un trouillard.
C'est pour ça que tu cries.
On t'a rien dit et tu t'excites tout seul.
Je t'ai fait rester
pour vous sortir de la merde, minable.
Mais vous voulez rien comprendre.
Qui a foutu tout le monde dans la merde ce soir ?
Comment tu oses défendre ton ordure de père devant moi ?
Tu me fais honte.
Vous avez humilié à tel point ce vieux naïf
qu'il n'oubliera pas jusqu'à sa mort ce qu'il a subi ce soir.
Tu vois que lui ? Et eux, alors ?
A cause de toi, il y a plus le moindre attachement entre eux.
Ils vivent ensemble de force.
J'y suis pour rien.
Ils sont là, ils connaissent les parents mieux que toi.
Ils se pointent pas tous les 8 ans en étant pressés de repartir.
Les parents sont peut-être séniles,
mais ce soir, je l'ai vu de mes yeux.
J'ai eu la preuve que la cause de leur malheur à tous, c'est toi.
Signez aussi les trois pages de cet exemplaire.
Félicitations.
- Merci. - Je vous en prie.
Merci pour tout.
Ca, c'est pour vous.
Alors, le proprio !
Alireza...
- Merci beaucoup. - De rien, passe-moi une enveloppe.
Voilà.
Félicitations.
A toi !
On se voit ce soir.
Bonsoir.
T'es déjà là ?
T'aurais dû attendre quelques jours.
Il est toujours pas sorti ?
Papa ?
Maman dit qu'il a pas mangé, ni pris ses médocs,
il est même pas allé aux toilettes.
Il lui est rien arrivé ?
Non, j'entends son briquet.
Je te remercie, Ali.
Arrête d'en rajouter, maman.
Papa...
Ce que tu as fait à ton père hier soir,
personne le ferait à son pire ennemi.
Bientôt, vous saurez pas comment nous remercier pour ce qu'on a fait.
On n'a rien fait de mal.
On a une boutique dans un super centre commercial.
C'est celui où je travaille.
C'est pas n'importe quoi.
On l'a pas achetée juste avec tes pièces.
On a mis tout ce qu'on avait.
Viens la voir demain. Si elle te plaît pas, on va...
T'as fini de dire des conneries ?
Et puis quoi, encore ? Allez, entre.
Parviz, il a rien. Entre.
Papa, les écoute pas.
C'est moi qui ai signé.
J'ai l'acte.
Je t'y emmène demain. Si elle te plaît, elle sera à toi.
Si tu l'aimes pas, j'annule la vente tout de suite.
Je rachète tes pièces et je te les rends.
Mais viens d'abord la voir.
Papa ?
Viens, papa.
Ce sera là, notre boutique.
Exactement là.
Regarde.
C'est là.
Attends, papa, je vais t'expliquer.
L'achat de cette boutique est une très bonne décision.
Je te dis ça,
alors que je te jure que je savais rien au mariage.
Ce centre commercial marche tellement bien
qu'ils transforment cet espace en boutiques.
On aura la meilleure.
Elle fera 2,5 m sur 3,5.
La devanture fera 3,5.
Elle va commencer exactement là.
1, 2, 3... Elle ira jusqu'au fond.
Tout ça...
Pardon.
Et dans ce sens, 2,5 m,
ça va jusqu'au couloir qu'on a pris.
Tu l'as vu.
A côté de deux des meilleurs magasins. C'est très bien situé.
C'est très demandé.
On l'a obtenue grâce à Leila et Parviz qui travaillent là.
Oublie tout ce que tu vois, les bruits que t'entends.
Dans trois mois, t'en reviendras pas.
Viens passer une journée ici avec moi, tu verras.
Papa...
On va bosser à fond tous les 4.
On va te faire un fric...
Grand bien vous fasse.
Je vous verrai au tribunal.
Quel tribunal, papa ?
Imagine que c'est un terrain à construire.
Tu as confiance en mon intuition économique ?
T'as économisé ces pièces pour l'avenir de tes enfants ?
C'est là, l'avenir.
Je veux pas d'enfants comme vous.
Alireza, je t'ai fait confiance.
C'était la pire erreur de ma vie.
Vous m'avez enlevé ma couronne pour acheter des chiottes ?
Rendez-moi mes pièces tout de suite !
Leila travaille là, c'est gênant. Ecoute...
J'écoute pas !
J'ai fait une hypothèque.
Si je les rends pas, vous serez tous à la rue.
Une hypothèque ?
J'ai eu les pièces contre l'hypothèque de la maison.
Vous m'humiliez encore.
Fallait pas faire de gosses !
Arrête de crier, on nous regarde ! Vieux con !
Ta gueule !
- Je vous ai faits... - Du calme.
Je vous ai nourris, élevés.
Allez vous faire foutre.
Pourquoi je devrais vous entretenir à 40 ans ?
- Pourquoi je devrais ? - Calme-toi.
Mes pièces !
D'accord !
Il va faire un malaise.
Papa !
Il part !
Appelez !
Je te demande pardon.
Apportez du sucre.
Appelez une ambulance.
De l'eau !
Papa !
Parle !
Passe-moi ça !
Je suis épuisé.
J'en peux vraiment plus.
Plus du tout...
Tout augmente.
Ca peut devenir encore pire que ça.
Avant que ça augmente encore,
on doit rendre la boutique et lui redonner ses pièces.
Il faudra me passer sur le corps
pour rendre la boutique.
Tu sais pourquoi il est dans cet état ?
Il a hypothéqué la maison pour emprunter les pièces.
Qui t'a dit ça ?
Lui.
- C'est pas possible. - Eh bien si.
S'il avait pas fait ça, il serait pas là.
Leila a pas vu la scène que nous a faite papa.
Il s'entête parce qu'on l'a fait descendre de l'estrade.
Il s'entête pas, il est à l'hôpital.
Sans parler de Leila, entre nous,
j'aurais jamais cru que Bayram ferait un coup pareil à papa.
Moi aussi, j'ai du mal à y croire.
Leila pouvait pas savoir que ce salaud ferait ça.
Vous pensez que si elle avait su que Bayram le ferait descendre,
elle aurait pas pris les pièces ?
Si on les lui rend pas, on perd la maison.
On les lui rendra, bien sûr.
En travaillant à la boutique.
Il va lui arriver malheur.
S'il lui arrive quoi que ce soit, vous ne me verrez plus.
Tant pis.
Tu crois qu'il va lâcher ? Il va s'entêter jusqu'à en mourir.
Qu'il meure.
Pour une fois dans sa vie, il a trouvé de l'argent au bon moment.
Au lieu de laisser Bayram le racketter,
on l'a pris pour en faire bon usage.
T'appelles ces saloperies, faire bon usage ?
Imagine que c'est un prêt.
Il va crever.
Il a été déshonoré.
Sa maison est en jeu. Il peut plus respirer.
Imagine qu'il l'a donné à Bayram.
Il serait pas en soins intensifs.
Et on aurait pas de boutique.
Papa a maudit cette boutique.
On pourra pas faire de bénéfices.
Parviz ?
Je suis son fils depuis 50 ans.
Un demi-siècle.
S'il prend ce chemin-là,
il ira jusqu'au bout.
Alireza a raison.
Il fera son cirque jusqu'à en mourir.
Le temps que l'affaire prenne,
on aura perdu papa, la maison, tout.
A quel prix on va lancer une affaire ?
Il y a une longue liste d'attente pour ces boutiques,
à quel prix on va perdre cette opportunité ?
Au prix de notre toit.
Au prix de la vie de notre père.
Mais pour toi, elle vaut rien.
Manouchehr...
tu vas rien dire ?
J'ai rien à dire qui te plaise.
Dis quand même.
Pour qu'un commerce devienne lucratif,
il faut du temps et un capital.
On n'a aucun des deux.
Cette boutique, c'est un capital, même si elle restait fermée.
Même si on perdait la maison, ce qui n'arrivera pas.
S'il avait donné les pièces à Bayram,
comment il les aurait rendues ?
On fera pareil.
Il les a empruntées sans penser à comment les rendre.
Il voulait juste monter sur cette estrade.
Dans cette famille, on est capables du pire.
Si on perd la maison, on devient tous SDF.
Le potentiel de la boutique est incomparable.
Grâce à elle, chacun de vous pourra s'acheter sa maison.
On fait ça pour nous.
On a aussi mis notre argent.
Donc, notre avis doit aussi compter.
On vote.
On vote ?
Alireza...
tu leur as fait un lavage de cerveau pour rendre la boutique ?
Tu en assumeras les conséquences seul ou avec eux ?
Toute votre vie, vous vous rappellerez cette soirée.
Vous regretterez votre décision absurde,
de ne pas m'avoir écoutée.
Vous détruisez tous ensemble la plus belle chance de votre vie.
Vous vous condamnez à la misère éternelle, ici et maintenant.
Vous êtes sûrs ?
On annule.
Bonjour.
On voudrait 40 pièces.
2,5 millions pièce.
1,5, vous voulez dire ? On vient de vendre à 1,4.
Non, c'est passé à 2,5.
Pourquoi ?
Les USA vont se retirer de l'accord sur le nucléaire. Pardon.
Ils l'ont pas encore fait.
On verra.
Ouvrez-nous.
Ils vont pas faire ça.
Bonjour.
On voudrait 40 pièces.
3 millions pièce. Ca fait 120.
On nous a dit à l'instant 100. 2,5 pièce.
Demain, ce sera plus de 150.
Je peux vous poser une question ?
Pour 40 pièces, on achète ou on attend ?
Attendez un peu, ça peut se calmer.
Ca va baisser ?
On est passés tout à l'heure.
Vous pouvez nous faire un prix sur les 40 ?
Le site est mis à jour. C'est passé à 3.
On est passés à l'instant.
J'y peux rien.
Là, en ligne, pour 40 pièces, c'est passé à 200 millions.
Avant, c'était 100.
Avant.
On sait pas ce qui se passe.
C'est complètement dingue. 5 millions pièce ?
Mais non, c'est une bulle.
Dans une semaine, ça reviendra à 1 million.
Vous voyez, il le dit aussi.
Merci.
On fait quoi, Manouchehr ?
A mon avis, on achète avant que ça empire.
Si personne n'achète, ils seront obligés de baisser.
La bulle va éclater.
Monsieur l'économiste,
leur bulle, elle est en acier, elle éclate pas.
Le taxi analyse. Moi, je te dis qu'on achète pas.
A vous de voir.
Vous pouvez en acheter combien, avec cet argent ?
Autour de 30.
Achetez-les.
Manouchehr dit que ça va baisser.
J'ai vécu 70 ans dans ce pays,
j'ai jamais vu un prix baisser.
Ils font rien pour ça.
Que Dieu vienne en aide à mes enfants.
J'ai peur qu'on achète à 5 et que demain, ça baisse à 1.
Merci bien, au revoir.
Bonjour, monsieur.
On voudrait des pièces.
- Combien ? - 40.
320 millions.
C'est passé à 8 millions ?
Le dollar est passé de 3 000 à 19 000. C'est normal.
On est d'accord que c'est une bulle ?
Tel que c'est parti, le dollar dépassera les 30 000.
Hier, la pièce était à 6. Après le discours de Trump,
elle est passée à 7. Après son tweet, à 8.
Merci, monsieur.
Je vous en prie. Bonne journée.
Un tweet, c'est une bombe ?
Non, mais même une bombe justifierait pas ça.
On y va, papa.
La pièce est passée à 14 millions.
Le dollar à 28 000.
Arrêtez, ça suffit.
Maudit soit celui qui cause ça.
T'as vendu la voiture 19 millions, Farhad ?
Oui.
Là, c'est passé à 100 millions.
C'est toujours une bulle, pour toi ?
Si vous aviez la boutique,
son prix aurait au moins été multiplié par 6.
Dans ce cas, allez la reprendre.
T'as dit quoi, papa ?
Ils voudront jamais.
Il y a pas de mal à tenter.
Le dollar a dépassé les 30 000.
On peut rendre 3 pièces à papa.
C'est censé être drôle ?
T'en as rien à foutre.
Matez la bagnole.
Tu veux dire le tank.
Attrape pas de torticolis, elles sont parties.
Si on avait suivi le plan de ton pote,
on aurait chacun une de ces caisses.
Avec l'une d'elles dedans.
La graisse empêche le sang d'arriver à ton cerveau.
Si on l'avait repris, on aurait dû rembourser mille fois 120 millions.
Je pense le contraire.
Tu fais que ça, penser le contraire.
La Pride était à 20 millions,
elle est passée à 116 millions.
J'ai pris 915 commandes.
Tu sais combien ça fait, 915 x 116 millions ?
106 milliards 140 millions de tomans.
Et pas un seul qui accepte de repartir avec ses 20 millions.
J'avais 2 mois pour livrer les voitures. Il me reste 10 jours.
J'ai 10 jours
pour livrer 915 voitures
ou trouver 106 milliards 140 millions.
Et encore, au taux d'aujourd'hui.
Bien joué.
Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Tous mes calculs étaient bons.
Si les prix n'avaient pas flambé, on aurait fait fortune.
Quelle est la solution, maintenant ?
On va porter plainte.
J'ai signé un contrat. Qu'est-ce que tu racontes ?
Présente-toi à la justice et règle ton problème.
Et s'il se règle pas ?
Si je prends 20 ans ?
Ton coloc est toujours au bureau ?
Non, je le gère seul.
Il est où, lui ?
J'en sais rien.
Il est plus là.
Je l'ai cherché partout. Il s'est volatilisé.
Il faut partir. C'est tout ce qui reste à faire.
Les gens détournent des fonds et s'enfuient.
Lui, il a pris le fric et il se la coule douce.
Nous, il nous reste la fuite.
C'est un bras cassé, il y peut rien. S'il part, il mourra de faim.
T'as un passeport, au moins ?
C'est pas un problème. Il y a ma photo sur celui de Farhad.
Mais il faut pas que je me fasse coincer à l'aéroport.
J'allais pas le laisser à ta portée.
Je sais que tu m'en veux.
J'ai bousillé tous tes papiers.
Garde-le si tu veux, mais je te jure que c'est la dernière fois.
En plus, c'est très risqué.
Je peux me faire coffrer à perpète.
Tu veux partir pour de bon ?
- Il a le choix ? - Je fais quoi ?
Il doit partir pour de bon.
S'il part comme ça, on le revoit plus.
Comment il va partir ?
C'est pas le moment, Farhad.
Il te sert à quoi, ton passeport ?
Je parle pas de mon passeport.
Comment il va faire pour pas se faire coincer ?
Si vous m'énervez, je le donne pas.
Tiens.
Moi, il m'a servi à rien.
Si tu peux, envoie du fric.
Sinon, ne reviens pas et n'appelle pas trop.
Si t'appelles, dis que tu nages dans le bonheur,
avec un bon boulot, plein de fric.
Ce serait sympa qu'on soit rassurés au moins sur toi.
Si on l'arrête à l'aéroport, ce sera encore pire.
Vous avez raison, je suis un trouillard.
Tu me croiras pas,
j'ai peur même des bonnes choses.
Quand tout va bien,
je me dis que ça peut pas durer.
Même Maryam,
j'ai pas pu la garder parce qu'elle était trop bien.
A l'usine, j'ai choisi une fille qui me convenait pas, dès le départ.
Et je l'ai quittée pour la même raison.
Je déteste les gens faillibles et j'ai peur des gens infaillibles.
C'est quoi, ça ?
J'avais peur de la boutique.
Même le bonheur me fait peur.
Quand on t'inculque des convictions à la place de la réflexion,
ça donne ça.
Mets-lui un truc qu'il aime, au moins.
- Tu le connais. - Il aura pas le choix.
Vous énervez pas, je m'en occupe.
Tu aides ton fils à partir, là ?
C'est toi qui l'as mis à la rue.
A la rue ? Moi ?
Qui, alors ?
Tu attaques pour mieux te défendre ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
Elle est pire que ses frères.
Si elle s'en foutait pas, elle serait morte de honte.
Commence pas, papa.
Laisse, Leila, je m'en occupe.
Tu sais pas faire.
Monte, avant que ça dégénère.
Je sais pas sur quelle garce ta mère a pris modèle pour te faire.
Sur elle.
Ferme-la.
J'aurais préféré que tu sois stérile.
Pourquoi moi ?
Mes fils vivaient tranquilles et gagnaient leur croûte.
C'est elle qui devrait être stérile, elle a causé leur malheur.
Arrête, maman.
Si on cherche des fautifs, on doit tous s'étriper.
C'est ce qu'ils font.
A qui la faute, si t'es chômeur ?
Et si Manouchehr s'enfuit ?
Et si on est au fond du trou, déshonorés,
ridiculisés par nos ennemis et nos amis ?
Maman...
Pourquoi vous crevez pas, tous les deux ?
Grâce à Dieu, celle qui crève de douleur, c'est toi.
Ca suffit, maintenant.
Si j'étais pas ta boniche, je serais pas dans cet état.
J'ai accouché d'une dame.
Tu t'es faite boniche.
Espèce de conne, toi qui n'aimes que toi,
toi qui détestes toutes les femmes, me fais pas rire.
Tu sais pourquoi ils sont dans la merde ?
A cause de l'éducation d'abrutis comme vous.
Toi qui préfères ton mari à tes fils, tes fils à ta seule fille.
Toi qui as légué à ta fille que des tares.
A mon âge, j'ai dû m'endetter et je prends encore sur moi.
T'endetter ?
Tu continues de mentir ?
T'as pas fini de te venger ?
C'est pas l'acte de la maison ?
Tu les as pas obligés à rendre la boutique pour ça ?
Où tu l'avais laissé ?
Pourquoi il est caché ici ?
Il a un compte caché depuis 20 ans.
Il a acheté les pièces avec son argent.
Maman, qui les a mis à la rue ?
Hein, papa ?
Moi, ou toi qui t'es mêlé de nos vies
pour nous rendre tous malheureux ?
L'un, en lui payant pas d'études,
l'autre, en l'empêchant d'épouser celle qu'il aimait.
Personne va faire taire cette mal élevée ?
Mal élevée ?
Tu sais ce que c'est, élever un enfant ?
C'est l'encourager quand il agit bien, comme tes enfants.
Et s'il agit mal, c'est le punir.
Jusque-là, les punitions étaient réservées aux enfants.
Mais parfois, il faut punir les aînés
pour qu'ils arrêtent de nuire aux autres.
Qu'est-ce que t'as fait ?
Ca va pas, Leila ?
Leila, qu'est-ce que t'as foutu ?
Leila, comment t'as pu ? Reste là !
Je vais te tuer !
Viens t'excuser !
Qu'elle soit maudite.
Leila, que Dieu te maudisse.
Tenez.
- C'est bon ? - Oui, allez-y.
Monsieur, votre portable.
Pourquoi ?
C'est plus autorisé.
L'usine vous doit 12 mois de salaire.
Mais il n'y a plus d'usine.
Grâce aux efforts de la direction,
on pourra vous payer trois mois.
Et le reste ?
Justement, il n'y a pas de reste.
Je ne touche plus de chômage. J'ai besoin de la totalité.
On pourra vous verser trois mois.
A condition que vous signiez le solde de compte de l'année.
Vous serez payés comptant.
Vous nous devez un an de salaire
et vous proposez 3 mois, avec une monnaie dévaluée à 90 % ?
Rabâche pas, j'ai déjà tout expliqué.
Ceux que ça intéresse font la queue.
Tu vas où ?
Je veux mon dû.
Le salaire de mon travail.
Tu vas perdre même ça.
Comme tu veux.
Pose pas les fruits par terre.
Prends les assiettes et les couverts.
Bonjour.
Merci beaucoup.
Que vous êtes jolies. Voilà ton cadeau.
- Merci, tonton. - Bon anniversaire.
Vous êtes belles dans ces robes.
On va voir qui est le plus rapide pour les gonfler.
Un...
Deux...
Il y aura une belle récompense.
Trois.
Tonton, t'as perdu ?
Il a eu peur, il s'est sauvé.
Papa...
Papa chéri...
Papa...
Papa.
Entrez.
Bienvenue, mes petits anges.
Les voilà.
Entrez, je vous en prie.
Venez, mes jolies.
Papa...
Tonton, viens danser.
Allez, lève-toi.
Adaptation : Massoumeh Lahidji
Sous-titrage : HIVENTY
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.