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Veuillez identifier l'accus�.
Dr William Chester Minor.
Chirurgien Capitaine retrait� de l'arm�e am�ricaine.
Le Dr Minor est venu chercher refuge dans notre pays.
Dans son pays, les �tats-Unis,
il �tait traqu� par un homme engag� pour le torturer et l'assassiner.
En cette nuit fatidique du 17 f�vrier,
l'accus� s'est r�veill� en sursaut.
Il a su imm�diatement qu'on l'avait retrouv�,
que l'homme qui le poursuivait, Declan Reilly,
�tait dans sa chambre.
Il s'est empar� de son revolver
et il est parti en chasse.
F�nien !
Un homme courait dans la rue.
� l'aide ! � l'aide !
Au secours !
Eliza, ouvre la porte !
Eliza !
Dans l'obscurit�,
il n'a pas fait la diff�rence
entre son agresseur et l'innocent George Merrett.
Eliza.
- Halte ! - Ce n'est pas lui !
Non !
Ce n'est pas le f�nien ! Je suis d�sol� !
Pardonnez-moi !
Monsieur le Juge, le Dr Minor a tir� sur la mauvaise personne.
Autrement dit,
ce n'�tait pas intentionnel.
La cour devrait peut-�tre lib�rer ce brave docteur
en pr�sentant des excuses pour ce malentendu.
Silence, s'il vous pla�t !
Silence dans la cour !
Nous, membres du jury de Sa Majest�,
d�clarons le Dr William Chester Minor
non coupable de l'homicide volontaire de George Merrett.
Silence !
Pour cause de d�mence.
Je ne suis pas fou, monsieur.
S'il vous pla�t !
William Chester Minor,
par la pr�sente cette cour annonce que vous serez d�tenu en lieu s�r
� l'asile psychiatrique de Broadmoor
jusqu'� ce que la volont� de Sa Majest� soit connue.
Silence, s'il vous pla�t !
Cours !
Connerie de merde !
Encore une fois et tu sors !
Harold.
- Il faut que j'y retourne. - Dans une minute. Respire.
Surveille l'ailier. Si cette brute arrive, joue en arri�re,
ne le laisse pas t'entra�ner.
- Prends la balle correctement. - Oui.
- Le match. - Attends. Harold.
Quant � ton langage...
- Oui, monsieur. - Bien.
Vas-y, mon gar�on !
- Je l'ai sermonn�. - J'ai vu.
Il y a une histoire �pouvantable, un meurtre � Lambeth
par un Am�ricain, officier de l'arm�e.
Il laisse une veuve avec six enfants.
J'ai vu.
J'ignore ce que je ferais, James, si tu disparaissais ainsi.
Je tiens � pr�ciser
que je poss�de une connaissance lexicale et structurelle g�n�rale
des langues et de la litt�rature des classes aryenne et syro-arabe.
J'ai soumis un article
sur la d�clinaison des verbes allemands � la Soci�t� philologique.
M. Murray, vous n'avez donc pas de dipl�me universitaire.
Non, monsieur, aucun dipl�me.
Je suis autodidacte, j'apprends seul.
Je connais le mot. Des �tudes ?
J'ai arr�t� � 14 ans pour gagner ma vie.
Freddie, cela fait beaucoup.
Beaucoup, oui.
Bien s�r, nous, augustes d�l�gu�s de l'Oxford University Press,
essayons de r�diger ce dictionnaire depuis 20 ans.
Malgr� les plus grands efforts d'une arm�e d'universitaires,
dont je fais partie, nous n'avan�ons pas.
Ou plut�t, nous r�gressons.
La langue se d�veloppe plus vite que nos progr�s.
Notre grande langue, qui s'�tend � travers le monde,
a sorti ses canons et d�clar� qu'elle ne serait pas apprivois�e.
Avec nos d�bats
sur la port�e, le mode, ou le but de ces mots,
nous sommes tous inclin�s devant elle,
noy�s dans une mis�rable d�faite.
Nos efforts sont vains.
Cela fait beaucoup, Max ?
Je crains que rien de moins qu'une panac�e ne soit n�cessaire.
Je sugg�re que l'extraordinaire, le non conventionnel M. Murray
soit la solution et notre sauveur.
Votre compte rendu, bien qu'un peu dramatique, est vrai.
Mais nous attendons autre chose qu'un plaidoyer passionn�.
Des dipl�mes, par exemple.
- Peut-�tre une licence. - Eh bien...
Je parle couramment le latin et le grec.
J'ai une connaissance significative des langues romanes :
italien, fran�ais, espagnol, catalan
et dans une moindre mesure, portugais, vaudois et proven�al.
Dans la branche teutonique,
l'allemand, le n�erlandais, le danois et le flamand.
Je me suis consacr� � l'anglo-saxon, au m�so-gothique,
sur lesquelles j'ai pr�par� des ouvrages � publier.
J'ai une connaissance utile du russe,
suffisante de l'h�breu et du syriaque,
pour lire l'Ancien Testament et la Peshitta,
et dans une moindre mesure de l'aram�en, de l'arabe, du copte
et du ph�nicien, au niveau o� Gesenius les a laiss�s.
Pardonnez-moi, je m'�tale. Vous avez s�rement des questions.
D�sol� de te l'avoir cach�.
J'y ai � peine cru moi-m�me.
Elle est tout � moi, Ada, la langue enti�re.
Je n'ai jamais su r�sister � ton exub�rance.
C'est si soudain.
Abandonner l'�cole, la stabilit�...
Est-ce ce que tu souhaites pour nous ?
Je suis un gar�on de drapier de Teviotdale,
et j'ai soudain une opportunit�.
J'ai pr�par� ma vie pour cela. L'appel est arriv�.
Tout ce que j'ai entrepris, je l'ai fait avec toi.
Je n'aurais pas pu autrement.
J'ai besoin de ton soutien.
Pour ce livre, j'ai besoin de mon pilier.
"Le prisonnier est agressif, il crache
"de mani�re incessante,
"en essayant de ne pas avaler
"les barres de fer froides empoisonn�es
"que l'on presse contre ses dents.
"17 mars.
"Le prisonnier n'a pas dormi depuis trois jours.
"Il saute sans arr�t de son lit
"pour regarder en dessous, empli de terreur.
"Il pr�tend chercher
"'ceux qui viennent le traquer la nuit'.
"Docteur Richard Brayn, directeur de psychiatrie,
"asile de Broadmoor."
Pardon, Ada.
Pourquoi ?
Pour avoir perturb� notre foyer, vous avoir amen�s ici.
Pas de doutes, James, pas d'inqui�tude.
Tu dois me le promettre.
Maintenant que nous sommes ici, nous irons jusqu'au bout.
Un appel au public anglophone de Grande-Bretagne,
d'Am�rique et des colonies britanniques
� tirer des extraits de livres pour un dictionnaire
digne de notre langue.
Nous vivons en connaissance des origines de la Terre,
de l'Homme et des animaux,
du point d'�bullition de l'eau, des unit�s de mesures.
Nos capitaines savent calculer pr�cis�ment
la latitude et la longitude.
Pourtant, pas une carte,
pas une boussole ne nous guident � travers l'oc�an des mots.
Le temps est venu d'accorder � notre belle langue
la m�me dignit� et le m�me respect
que les autres normes d�finies par la science.
Envoyez vos mots � Oxford.
Soyons tous connect�s dans cette entreprise,
� travers le d�dale de notre r�seau postal.
C'est un travail de titan,
mais nous porterons l'�tendard de la langue.
M. Bradley.
Avec vous, chers b�n�voles, tels les barreaux d'une �chelle,
nous �l�verons l'anglais aux portes du paradis.
L�che-moi !
Qui m'a fait �a ?
�loignez-vous de la grille !
Prends-moi !
Laissez-moi passer !
Reculez !
Regardez-moi.
Fiston, �coutez-moi.
On va soulever la grille.
- Essayez de retirer votre jambe. - Je ne sais pas.
Il le faut, fiston. D'accord ?
C'est bien. � trois. Un, deux,
trois.
Poussez-vous !
Poussez-vous !
O� est le forgeron le plus proche ?
� Crowthorne.
Le chirurgien ?
� Crowthorne, � une demi-heure aller-retour.
Il me faut un couteau aiguis� et une scie.
Remontez-la !
Dans une demi-heure, cet homme se sera vid� de son sang.
- Coleman. - Chef.
Trouvez un couteau aiguis� et une scie.
Vite !
�coutez-moi bien, docteur.
Je sais qui vous �tes et comment vous �tes arriv� ici.
Votre argent ne servira � rien si vous tentez quoi que ce soit.
Son �tat est instable, mais il est en vie.
Nous vous sommes tous tr�s reconnaissants.
La plaie a-t-elle �t� recouverte de ph�nol ?
Notre chirurgien conna�t bien les techniques d'antisepsie de Lister,
comme vous.
Le tranquillisant du Dr Rush.
Il fut �galement chirurgien dans l'arm�e am�ricaine. Il pensait
que si l'on maintenait un patient immobile pendant les convulsions,
la d�mence pouvait �tre contr�e.
La barbarie dans toute sa splendeur.
C'est une relique des jours sombres de ma profession,
qui reste utile, combin�e aux techniques modernes.
Vous pensez que je suis fou.
Ne le sommes-nous pas tous un peu ?
Dr Minor, nous ferons tout en notre pouvoir
pour garantir votre s�curit�.
Y a-t-il autre chose que je puisse faire ?
Je re�ois une pension de l'arm�e am�ricaine.
Je souhaite que la majorit� soit vers�e � Mme Merrett
pour subvenir aux besoins de ses enfants.
Eh bien, cela peut s'arranger.
Monsieur ?
Je souhaiterais m'en occuper personnellement.
Eh bien, voil�, Dr Minor.
Notre meilleur homme est sur le coup.
Merci, M. Muncie.
Il y a des enfants qui dorment, ici.
J'ai une lettre pour vous.
Il est un peu tard pour le courrier. Vous �tes tous de pi�tres menteurs.
Je ne suis pas journaliste.
Je ne viens pas vous d�ranger.
Juste m'assurer que vous receviez cela.
C'est sous la porte.
- Je ne suis pas journaliste. - Qui �tes-vous, alors ?
Je m'appelle Muncie, madame.
Je veux vous aider.
- C'est de votre part ? - Non, madame.
- Tout est expliqu� dans la lettre. - Elle est de qui ?
Cherchez encore, il doit y �tre.
J'ai cherch� et nous ne l'avons pas.
Nous avons des citations au XIVe, XVe, XVIe et XIXe.
Mais rien au XVIIe ou XVIIIe si�cle.
Mais comment ?
Comment Ruskin a-t-il pu �crire "La sculpture est approuv�e" en 1849 ?
Comment puis-je l'employer,
si vous me dites que le mot a disparu au XVIIe ?
- O� �tait-il pendant 200 ans ? - Il n'a pas disparu.
Je dis juste que nous n'en avons plus de trace.
Cherchez, Charles.
O� exactement, monsieur ?
Dans les cartes d'anniversaire ?
Les ordonnances ? Les manuels d'utilisation ?
Ou les messages de la nuit de Fawkes ?
Et il ne s'agit que des "A".
Qu'en sera-t-il des B, C, D,
E, F, G, H, I,
J, K ?
- C'est sans espoir ! - M. Hall !
Essayez de garder un semblant de convenance.
Henry, quel est le probl�me ?
C'est "Approuver". Il y a une pi�ce manquante.
Sans parler de "Art".
Le mot dispara�t au XVIIe et au XVIIIe si�cle.
Nous en perdons la trace.
Consultez "Le Paradis Perdu".
La langue a pris un tournant avec Milton.
C'�tait un puriste, il voulait r�affirmer le sens de son anglais.
Essayez cela.
Peut-�tre pourrions-nous oublier le XVIIe.
Nous avons sa naissance en 1380 avec John Wycliffe :
"Le Christ confirma Sa loi et l'approuva par Sa mort."
Et nous avons Ruskin dans ce si�cle-ci.
M. Bradley, nous voulons chaque �tape.
Il ne s'agit pas des si�cles,
mais de r�pertorier l'�volution du sens.
Regardez chez Milton, c'est juste l�.
Oui, monsieur.
- M. Bradley. - Charles.
Accept�es.
Du zinc...
J'ai besoin de feuilles de zinc. Il a d� passer par-dessous.
Et l'eau dans une cuvette, sur le plancher.
Ainsi, le d�mon n'entrera pas.
- Qu'y a-t-il de l'autre c�t� ? - La nuit.
Il veut m'y emmener.
Il ne peut me voir que dans le noir.
Que diriez-vous si nous augmentions la lumi�re ?
- En guise de traitement ? - Non !
Pas de traitement ! En guise d'exp�rience !
- Pour le voir et me d�fendre ! - Une exp�rience d'autoprotection
que nous entreprendrons ensemble, docteur.
D'accord ?
Permettez.
Multiples lac�rations au visage.
Que diriez-vous
si nous introduisions certains conforts de chez vous ?
M�choire orthognathe, angle facial,
80 degr�s.
Quelques v�tements ?
Amativit�, enclin 8.
Philog�niture, d�clin 4.
- Qu'en pensez-vous ? - Ma garde-robe comme protection ?
Oui, pr�cis�ment.
Affectionnivit�, 3 constant.
Combativit�, enclin 6.
Secr�tivit�, 8.
Esp�rance, 4, constant.
Ce sont des choses simples
que nous int�grerons dans votre environnement.
La cellule voisine s'est lib�r�e. Vous pourriez �tendre vos jambes.
J'aurais plus de place pour peindre. Je pourrais avoir un chevalet.
Bien s�r.
�merveillement, condition physique.
Huit pour tous.
D�clin.
Contingence ind�termin�e.
Avez-vous d'autres requ�tes ?
- Puis-je avoir mes livres ? - Absolument.
- Autre chose ? - Mon revolver.
Pas celle-ci.
Merci, docteur.
- Ne me remerciez pas. - Cela faisait longtemps...
Mon cher ami, pas de remerciements...
C'est un nouveau d�part.
Oui, un nouveau d�part.
Comment un homme d'une telle �ducation
a-t-il pu r�gresser dans la maladie
au point de revenir � l'�tat sauvage ?
Docteur ?
Ceci est pour vous.
- De la part de mes hommes. - Qu'est-ce ?
Un livre.
Pour vous remercier.
Oui, je vois. Merci, M. Muncie.
Vous avez sauv� notre jeune garde.
Je le lirai avec avidit� et je le garderai pr�cieusement !
Remerciez-les de ma part !
Joyeux No�l.
Joyeux No�l � vous aussi, oui.
Du jambon, M. Muncie !
Comment ?
Je trouve qu'un bon jambon chaud
est plus efficace contre le froid
que des couvertures ou du charbon,
surtout � cette p�riode de l'ann�e.
A-t-il aim� le livre ?
Le livre ?
- Je ne sais pas. - Mais il l'a lu ?
Il l'a d�ball�.
Il l'a ouvert.
- Puis il l'a jet� par la fen�tre. - Comment ?
Le diable en aurait jailli pour entrer par ses narines.
- Vraiment ? - Il s'arrache les poils maintenant.
Pour retracer la vie d'un mot,
nous devons d'abord archiver sa naissance,
sa premi�re trace �crite.
De l�, les mots voyagent � travers les �ges, se tordant,
frayant leur chemin.
Leurs sens glissent tels des poissons,
ajoutant et perdant des subtilit�s de nuances.
Mais ils laissent des traces...
dans l'�tendue de la litt�rature de la langue anglaise.
Nous les poursuivrons, les chasserons et les d�nicherons.
Chaque mot, sans exception.
De tous les si�cles d'�criture.
Nous le ferons en lisant chaque livre.
Est-ce r�alisable ?
Esp�ce de charogne !
Garde ! Garde !
J'ai trop froid, je vais rentrer.
Nous allons nous r�chauffer.
- Venez. - J'ai trop froid.
Profitez.
Je ne peux pas, il fait trop froid !
�a suffit !
Non, vous aviez promis !
Je ne vous dois rien !
- Comment nourrirai-je mes enfants ? - Demandez � leur p�re.
Comment avancent ces allumettes ?
Maman, tout va bien ?
Oui, j'ai juste besoin d'une minute.
Que puis-je pour vous ?
�a va aller.
Votre m�re est l� ?
Nous viendrons � bout des allumettes avant l'aube.
- Un monsieur est l�. - Dis-lui que c'est No�l, il s'en ira.
Pouvez-vous lui transmettre cela et un joyeux No�l de M. Muncie ?
Bonne nuit.
Maman ?
Il y a un jambon et autre chose.
Il a dit : "Joyeux No�l".
Joyeux No�l de la part de M. Muncie.
C'est bien comme �a, pas vrai, maman ?
Monsieur !
- Attendez, s'il vous pla�t ! - Oui, ma ch�re ?
C'est cens� �tre moi ?
Tu n'es pas cens� me voir.
- Bonne nuit, Mme Merrett. - Bonne nuit...
Et merci.
Excusez-moi de le dire, mais il pourrait en �tre autrement.
Les enfants n'ont pas � souffrir de la faim.
Quelqu'un est dispos� � les nourrir.
Emmenez-moi le voir.
Laissez-moi le regarder pour voir si je peux le supporter.
William ?
Dr Minor ?
J'ai une proposition � vous faire. Quelqu'un a demand� � vous voir.
Tristram Shandy.
Un cadeau de M. Muncie et ses hommes.
Mais c'est bien plus.
C'est gentil.
Je vais avoir besoin de beaucoup plus de livres que je n'ai d�j�.
William, cela pourrait �tre tr�s important pour nous.
L'universit� d'Oxford a entrepris un inventaire de la langue anglaise.
Ils ont besoin d'aide.
Vous m'entendez ?
Je vais m'en sortir...
si j'ai du travail.
Ce travail.
Je vais m'en sortir.
Mais sans livres...
J'ai seulement besoin de livres.
Indiquez-moi les titres que vous souhaitez.
Si je les ai, je vous les ferai parvenir.
Merci, docteur.
William...
Quand viendra-t-elle ?
Mme Merrett.
- O� est-il ? - Il ne devrait pas tarder.
Je dois m'assurer que tout le monde se sent bien.
Votre visite est emplie de g�n�rosit�, Mme Merrett.
- Et de courage. - Ce n'est pas ce qui m'a motiv�e.
Est-ce que...
Pourraient-ils nous laisser ?
La lettre...
Oui.
C'est bon.
- Comment... - Nous y veillerons.
- Merci, docteur. - Merci, Mme Merrett.
Cela ne r�pare rien.
Que souhaitez-vous lui envoyer ?
Tout.
Peu de livres anciens ont �t� lus.
C'est pour le XVIIe et le XVIIIe si�cle surtout
que nous avons besoin d'aide.
Ils n'ont quasiment pas �t� parcourus.
Concentrons-nous sur ce qui est rare, d�mod�,
sp�cifique, mais aussi quotidien.
Chaque mot en action devient beau � la lumi�re de sa signification.
M. Muncie !
M. Muncie !
Pardon de vous r�veiller, j'ai du courrier.
Enfin, il fait nuit ?
J'en ai beaucoup.
J'ai besoin d'un tas d'enveloppes...
Et d'un grand sac... D'un menuisier aussi.
Est-ce possible ? Pour demain matin.
Ce livre sera une contribution d�cisive � notre �rudition.
Il vous rendra c�l�bre.
Regardez bien, voici l'Empire.
Un quart des terres et des peuples de ce monde.
Le plus grand territoire d'�changes.
Quiconque veut y participer doit s'incliner devant Sa Majest�
et parler sa langue :
l'anglais.
Dites-moi, M. Gell, pourquoi ai-je d� quitter mon travail ce matin ?
La Bible, M. Murray.
J'ai la t�che
de moderniser le march� de l'Acad�mie.
De vendre.
Savez-vous quel livre se vend le mieux ?
La Bible du roi Jacques, qui s'est vendue partout,
dans chaque recoin o� un Anglais r�alisait l'�uvre de Dieu en robe.
Nous op�rons sur tous les continents.
Nos d�p�ts � �dimbourg, Toronto, Melbourne, Calcutta
impriment, lisent, exp�dient,
promeuvent et attendent maintenant le prochain bon livre.
Tout le monde attend apr�s vous.
Et ceci ?
Vous tra�nez. Nos attentes �voluent et nous n'avons rien � pr�senter.
Les d�l�gu�s m'ont charg� de veiller au respect des d�lais.
� cet effet, voici mes suggestions
sur la fa�on de limiter l'ampleur du travail.
La s�lection doit �tre rigoureuse. Les mots gard�s, essentiels.
Je suis fatigu�.
Mon �quipe enti�re l'est.
Depuis des mois, mes requ�tes ont �t� vaines.
Vous avez refus� de me donner un assistant suppl�mentaire.
Mon intention �tait de cr�er quelque chose d'in�dit,
d'ordonner le monde des mots, les rendre accessibles
et utiles � tous.
J'ai jur� de ne fl�chir devant rien pour y parvenir.
Et aujourd'hui ma d�termination est plus grande que jamais.
Vous ferez tout annuler. Ces r�gles orchestreront le travail.
Elles vous d�plaisent, mais quelle m�thode avons-nous ?
La mienne, M. Gell.
M. Murray,
nous vous surveillons de tr�s pr�s.
Alors surveillez, vous serez surpris.
Seigneur, aidez-moi. Je suis perdu.
Monsieur !
- Quoi ? - C'est un miracle.
C'est inesp�r� !
Du calme, mon ami. Parlez.
- "Approuver", monsieur, est clos. - Clos ?
Vous aviez raison : "La foi du juste approuv�e", Le Paradis Perdu.
- Vous l'avez trouv� ! - Pas moi. Lisez plut�t cela.
"C'est avec un sentiment de privil�ge que je vous offre mes services..."
Continuez.
Vous trouverez ci-joint mille fiches de mots
avec les citations correspondantes
des cimes et ab�mes de la litt�rature.
J'ai con�u une m�thode,
une sorte de dictionnaire dans un dictionnaire,
pour compiler les mots
avec leurs citations annex�es.
Ma demande est simple :
je veux all�ger votre fardeau.
�crivez-moi.
Dites-moi quels mots sp�cifiques
vous �chappent actuellement.
Laissez d'autres personnes utiles parcourir les oc�ans
avec leurs filets.
Je jetterai ma ligne
pour p�cher les citations qui vous manquent
lorsque vous m'y inviterez.
Tr�s cordialement, W.C. Minor.
Crowthorne, Berkshire.
Regardez. Tout est l�.
Il a trouv� "Approuver" au XVIIe et au XVIIIe si�cle.
- Et "Art" ? - Non, mais beaucoup d'autres.
Des "A" sur lesquels nous travaillons.
Et tout semble utilisable.
Nous avons un sauveur.
Il ne reste plus qu'� correspondre avec lui. Merci, M. Hall.
Voyons ces fiches.
Vous n'imaginez pas l'importance de votre implication
et de votre temps.
J'en suis heureux.
Papier et encre seront notre chair et sang
en attendant de nous rencontrer.
Ci-joint une liste de mots, qui nous �chappent encore.
Le mot "Art" s'av�re particuli�rement probl�matique.
Vous trouverez ci-joint les citations demand�es.
Concernant "Art",
je me souviens des mots d'un grand homme de notre �poque :
"Toute grande et belle �uvre est n�e d'un premier regard
"sans s'enfoncer dans l'obscurit�."
- Puis-je, monsieur ? - Certainement.
J'ai bien connu cette obscurit�.
Merci de me laisser vous apporter mes lumi�res.
Ensemble,
nous r�duirons l'obscurit�
jusqu'� la pleine lumi�re.
Bien � vous, W.C. Minor.
Crowthorne, Berkshire.
Le voil� !
Nous y inscrirons ton nom aussi.
M. Bradley,
pourrais-je en avoir un autre ? Je connais quelqu'un
qui sera ravi de le voir.
Madame ?
- M. Muncie travaille-t-il ? - Oui.
Mme Merrett souhaite le voir.
Bien, madame.
- Bonjour, madame. - M. Muncie.
Je suis ravi de vous voir.
Entrez donc.
C'est tr�s int�ressant.
Entrez, docteur.
Mme Merrett vous apporte un livre.
De chez Maggs.
La librairie. On m'a dit que vous aimiez lire.
Merci.
Aimeriez-vous aller marcher dans les jardins ?
C'est une tr�s belle journ�e.
L'avez-vous lu ?
"Les Grandes Esp�rances", votre livre ?
Est-ce un de vos pr�f�r�s ?
Non, le libraire me l'a sugg�r�.
Je suis venue vous dire...
Merci.
Les enfants ne souffrent plus de la faim.
Ils ont des v�tements chauds, m�me pour l'an prochain, mais...
Il n'est jamais trop tard. Ils ont leur vie devant eux.
Mais je ne peux plus accepter votre argent. C'est mal.
- Je vous en prie. - C'est le prix du sang.
Je sais, mais c'est �galement mon sang.
Ma vie vous appartient depuis ce soir-l�.
J'ai pris une vie et j'en ai plac� une autre entre vos mains.
Ce que je poss�de vous revient.
Je ne sais quoi penser. Je n'aurais pas d� venir.
Mme Merrett, attendez !
Bon, dites-moi si elle revient.
Montrez-moi vos mains.
Merci.
- Puis-je vous aider ? - Oui, je viens voir le directeur.
- �tes-vous attendu ? - J'ai bien peur que non.
Je m'appelle James Murray. Je suis un ami du Dr Minor,
par correspondance.
Dr Minor, le directeur ?
Oui. Je suis venu lui apporter ceci, le fruit de notre travail.
Je sais qui vous �tes. J'ai post� toutes ses lettres,
l�ch� tous les timbres.
Merci pour votre "langue maternelle".
Je vais voir ce que je peux faire.
- Alors vous �tes ce brave docteur ? - M. Murray, monsieur.
Dr Minor, je suis ravi de vous rencontrer.
- Je n'en crois pas mes yeux. - Moi non plus.
Quelle surprise.
Comment �tes-vous entr� ?
Je suis venu par hasard et je vous apporte ceci.
Notre collecte.
Modeste, mais bient�t donn�e en h�ritage au monde.
Merci. Vous pouvez en �tre fier.
Stup�fiant.
Vous avez �t� notre pilier.
Ravi de pouvoir aider, en humble ouvrier de la reine.
- La ruche est v�tre. - Vous avez cette citation de...
- Baret, 1580. - Oui.
Le premier dictionnaire d'anglais, latin, fran�ais et grec, vous savez.
Bien s�r que non. Je connais les po�tes.
Et vous savez �crire.
Maintenant je dois d�crire.
"Ruche", quel beau son.
Que pensez-vous de "Gourdin" ou "Forme" ?
C'est beau. "Dissolu".
Celui-l� me rappelle mon enfance. Toujours l'air d�v�tu.
"Comatrice". J'adore celui-ci.
Un fauteur de troubles.
En effet, et difficile � trouver. "Spirale".
- Une r�volution. "Tourbillon". - "D�cuss�".
D�crit des lignes crois�es.
Vous devriez d�finir et moi...
Je serais inutile � vos patients.
Laissons les choses comme elles sont.
Ce n'est que le d�but. Partenaires, mot pour mot.
Un Am�ricain et un �cossais ?
Comment arrive-t-il jusqu'ici ?
C'est une longue histoire. Continuons les comparaisons.
- Un Oxford, un Yale. - Les deux grisonnants.
- Un g�nie, un fou. - Oui, mais lequel est lequel ?
Quelle est la prochaine �tape ?
- De "Antagonisme" � "Baignade". - "Baignoire" � "Chol�ra".
- "Cholest�rol" � "Dysenterie". - "Dyslexique" � "Ecz�ma".
"Escarre" � "Fongo�de".
- Ou "L�pre" directement. - Ce serait en laisser trop de c�t�.
- Si nous retournions � "Acn�" ? - Inutile de se gratter la t�te.
- Qui est-ce ? - Murray, monsieur.
- Qui ? - L'homme du dictionnaire,
sur lequel il travaille.
Grand Dieu.
Sa journ�e a �t� intense. Ne l'�tirons pas.
Oui, monsieur.
M. Muncie, accordez � M. Murray
un droit de visite illimit� et informez-m'en.
- Bien. - Merci.
R�pertorions leurs rencontres avec tous les d�tails.
- C'est magnifique ici. - �coutez les feuilles frapper l'air.
Cela sonne parfois comme une fusillade et parfois...
- Des applaudissements. - Oui, c'est cela.
- M. Murray ? - Oui. Je devrais y aller.
V�rifiez votre courrier. J'essayerai de m�ler mes id�es aux v�tres.
"Comme le fer aiguise le fer, l'homme s'aiguise au contact de son prochain."
Les Saintes �critures. Vous �tes un homme de Dieu.
Par Sa gr�ce uniquement.
J'aurais aim� y avoir go�t� davantage.
Cela viendra, mon ami. "Le bonheur et la gr�ce m'accompagneront
"tous les jours de ma vie."
"M�me quand je marche dans la vall�e de l'ombre..."
Vous n'�tes pas seul.
Nous sommes li�s maintenant. Consanguins.
Fr�res.
Je t'ai cherch�e, je voulais partager une bonne nouvelle.
- Quelle nouvelle ? - Un nouveau b�n�vole, un miracle.
Il nous sort de ce bourbier et nous fait avancer deux fois plus vite.
C'est merveilleux, James.
Qui est-ce ?
Un ami.
- Une lettre de notre directeur. - Merci.
Henry, pourriez-vous garder un �il
sur les lettres du docteur ?
C'est un homme plut�t discret et je voudrais respecter cela.
Je vous ai rapport� un livre.
Je vois. Qu'est-ce que c'est ?
Un de la liste que M. Muncie m'a donn�e.
C'est un de ceux que vous vouliez.
Lisez.
Je devinerai lequel c'est.
- Un paragraphe, une phrase. - D�sol�e, docteur.
Mme Merrett !
Attendez. Qu'ai-je fait ?
Vous ne savez pas lire.
Pardon, je n'aurais pas d� le pr�sumer.
Vous n'avez pas � m'offrir cela, vos visites...
Laissez-moi.
- Je peux vous apprendre. - Je suis comme je suis.
Vous apprendrez � vos enfants.
C'est une libert�. Je peux m'�vader de cet endroit � travers les livres.
Je me suis envol� au bout du monde.
- Je ne peux pas. - Quand je lis...
personne ne me poursuit.
Quand je lis, je suis celui qui poursuit.
Qui poursuit Dieu.
Je vous en supplie.
Poursuivez avec moi.
Kumquat.
Rectangle.
Mutin.
Pruneaux.
Noix de coco.
M�mo.
- J'ai gagn�. - Comment �a, "M�mo" ?
- Raccourci de "M�morandum". - Bien s�r.
- Une lettre ou note. Du latin. - En effet.
Qui est-ce ?
Mme Merrett !
Il a fait d'�normes progr�s.
Plus il est expos� au monde ext�rieur, plus sa gu�rison s'acc�l�re.
- Vous pensez qu'il peut gu�rir ? - Il le faut.
Il y a de l'espoir pour chacun de nous.
M�me pour l'�me la plus bris�e.
Songez-y.
Mon cher ami, j'ai conseill� aux d�l�gu�s
de faire appara�tre votre nom dans le premier volume
du Nouveau Dictionnaire Anglais sur les Principes Historiques,
que l'on a vu na�tre gr�ce � votre vibrant esprit.
Le dernier volume est d�j� complet.
Dans l'attente de vous revoir, James.
F�licitations, Dr Murray.
Pour nous avoir fourni du "A" � "Byzantin"
et pour le reste � venir, � commencer par "Cal�che".
Merci.
Tout ira bien. Ils sont gentils.
Vous n'y �tes pas oblig�.
Regardez-moi.
William.
Tout ira bien.
Les enfants, je voudrais vous pr�senter un ami.
Il s'appelle William.
- Tu dois �tre Olive. C'est cela ? - Oui.
Iris.
Jack et Peggy.
Tu dois �tre Peter.
Ravi de te rencontrer, Peter.
Et toi, tu es Clare ?
Clare.
C'est un honneur de te rencontrer.
Clare !
M. Muncie.
Surveillez-les un instant, s'il vous pla�t.
Docteur ! Attendez !
Je suis d�sol�e.
Je n'ai jamais voulu que cela se produise.
J'�tais en s�curit�, je savais qui j'�tais.
Puis un matin, tout avait disparu.
Et je vous ai d�test�. Tellement.
Pendant si longtemps. Maintenant, je sais qui vous �tes.
Je sais que vous avez v�cu la m�me chose.
Je vous ai �crit quelque chose.
- "Je peux". - "Je peux... gr�ce � vous."
Mon mari me manque.
J'�tais venue pour vous d�tester.
Pour prendre votre argent, vous voir au plus mal.
Vous devriez me ha�r.
Ce n'est plus le cas.
Regarde ce que tu as fait !
Regarde ce que tu as fait !
Il n'y en a pas tant cette fois.
Je vous ai �crit quelque chose.
Lisez-le plus tard.
Je suis d�sol�, Eliza.
Et si je ne le suis pas ?
Je l'ai tu� � nouveau.
Je l'ai tu� � nouveau.
Dans votre c�ur !
Mon ami,
je n'ai plus l'esprit � cela.
Je pense que vous pourrez l'accepter.
Gardez ceci en souvenir,
en t�moignage de notre amiti�, de ce que nous avons cr�� ensemble,
pendant ce bref instant durant lequel,
gr�ce � vous,
je pouvais faire confiance � mon esprit. William.
- Dr Murray, M. Brayn, le directeur. - Enchant�, monsieur.
Je suis tr�s fier des contributions du Dr Minor,
mais sa maladie a �volu�.
Cela pourrait vous choquer. Je vous avertis
qu'il pourrait vous �tre hostile.
Vous �tes venu.
- Cela va de soi. - Je savais que vous viendriez.
Votre Dieu est tr�s exigeant.
Un sacrifice �tait n�cessaire.
- J'ai re�u votre lettre. - L'amour...
De sa vie...
Je l'ai vol�e au mort.
En �tes-vous � la lettre "i" ?
J'ai quelques id�es...
pour vos mots.
Mais je ne...
je ne retrouve pas ma plume.
Nos mots, William, nos mots.
Peut-�tre bien.
Peut-�tre...
que la folie nous a donn� des mots.
Vous les avez faits v�tres.
Ils portent votre signature secr�te.
Pourquoi �tes-vous venu ?
Amenez-vous les autres ?
- Je suis seul. - J'ai des raisons de croire...
qu'ils se cachent entre les lattes du plancher,
attendant le bon moment.
Je suis d�sol�, James.
Pardonnez-moi.
Pendant un moment,
j'ai repris un peu espoir.
Vos mots, son...
- Son pardon. - C'est bien plus que cela.
Elle... m'a donn� cela.
Lisez-le plus tard, si vous voulez vraiment savoir pourquoi.
Savoir quoi ?
D�dommagement.
D�dommagement ?
D�dommagement.
Une citation.
Austin, 1832.
Je l'ai envoy�, avec un espoir,
mais je n'�tais plus s�r.
- Je ne me rappelle pas la citation. - Cherchez !
Cherchez-la !
Vous m'avez vu, nous en avons fini.
Vous pouvez laisser le fou � ses hallucinations.
- Je suis venu voir mon ami. - Je ne suis l'ami de personne.
Je suis un meurtrier.
Tout le reste n'est qu'illusion. Alors partez.
Partez, partez, partez, partez !
Partez ! Partez, et ne revenez pas !
Je ne veux plus vous voir !
Docteur, si vous pensez vraiment �tre mon ami,
vous respecterez ma demande !
Oui.
Plus de visiteurs pour le Dr Minor.
"Asservi".
Il n'appara�t pas dans le volume 1.
Pourtant courant et bien valable.
Je ne comprends pas, j'avais v�rifi� les �preuves.
L'universit� de Vienne l'a trouv�.
- Ces Autrichiens ! Quelle honte ! - Du calme, Philip.
Nous rattrapons cela dans un addenda. J'allais vous en parler.
Vous pensez en oublier d'autres ?
"Les auteurs de cette grande folie choisissent �galement
"d'inclure ou non les noms ou adjectifs relatifs aux pays.
"D'o� l'absence de 'Africain', 'Arabe', 'Am�ricain', etc."
Dans le fichu Figaro ! Dans le m�me �lan,
ils vantent les dictionnaires concurrents.
France, Allemagne, Pays-Bas.
Nous propageons la langue coloniale.
Sans munitions et ba�onnettes.
- Avec l'influence et l'apparence. - C'est absurde.
Non, ce qui est absurde c'est votre approche obstin�e.
Une abondance de redondance. Vous devez rester concentr�.
La langue vous �chappe, vous vous perdez.
Que voulez-vous dire exactement, M. Gell ?
Nous sommes � Oxford. Nous ne perdons pas.
- Notre seule solution... - "Asservi".
Comment ? Plus fort, Freddie.
"Asservi". J'ai emprunt� l'�preuve au scriptorium
pour l'utiliser � une conf�rence et j'ai oubli� de la remettre.
- C'est ma faute. - Cela ne change rien.
Ainsi que l'absence de "Africain", "Arabe", et "Am�ricain".
J'ai convaincu James de ne pas les inclure.
Vous accusez la mauvaise personne.
Vous avez raison, Philip, il n'y a qu'une chose � faire.
Je d�missionne de mon poste de d�l�gu�.
Nous l'annoncerons et le projet continuera avec James.
- Je ne vois pas comment... - Philip !
�crivez demain au service de presse.
- Il ment. - C'est �vident.
- Pourquoi le laisser faire ? - Pensez-y.
Dr Murray est � deux doigts de craquer.
Sans l'appui de Furnivall, il le fera.
Touchez-en un mot � Bradley.
Je pense qu'il est plus facilement mall�able.
James ?
Que se passe-t-il ?
Je suis perdu, Ada.
Cette journ�e a �t� un �chec.
Je dois t'avouer certaines choses.
N'essaye pas de m'expliquer ce que tu as fait.
Rien ne pourra arranger les choses !
Tant de sagesse, d'assiduit�...
Quand as-tu su qu'il �tait malade ? Depuis quand vous voyez-vous ?
Pourquoi te f�ches-tu ? Quelle diff�rence ?
Sa contribution prouve qu'il est sain d'esprit.
Il a tromp� ce jury et il t'a tromp�.
Et la repentance ? La r�demption ?
Les d�l�gu�s, ton �quipe, ta famille !
- Nous m�ritons mieux que cela. - �a suffit !
Je pourrais douter de la moralit� de chacun de nos b�n�voles.
Celui-ci bat son enfant, celui-l� boit et l'autre triche aux mots crois�s.
- Sans parler des crapuleux. - C'est un meurtrier. Il t'a menti.
N'as-tu jamais menti ?
Non ?
De quoi as-tu si peur ? Qu'un homme mauvais puisse se racheter ?
N'est-ce pas ce en quoi nous croyons et transmettons � nos enfants ?
Ce pour quoi nous prions ? Le pardon.
- Je ne sais pour qui tu pr�ches. - Moi non plus.
"Dans l'�tat le plus humble ils demeuraient repentants,
"car du haut du tr�ne de la mis�ricorde la gr�ce descendue,
"avait �t� la pierre de leurs c�urs et fait cro�tre une nouvelle chair."
Milton, Le Paradis Perdu.
La gr�ce pr�venante, Ada. Jusqu'� la chute, le salut pour tous,
si nous nous engageons.
"Si c'est de l'amour... alors quoi ?"
- Qu'est-ce que c'est ? - Un mot.
De la veuve, posant la question...
au tueur.
"D�dommagement :
"satisfaction pour un tort caus�, compensation, r�paration,
"indemnisation.
"�pouse et famille de la victime ont droit � un d�dommagement."
- Je ne comprends pas. - Cela signifie s'acquitter de tout.
Le coupable indemnise la victime.
- Mais il lui a donn� de l'argent. - Non, Ada.
Sa vie, avec sa vie.
"Si c'est de l'amour... alors quoi ?"
C'est ce qu'elle a �crit.
Et sa r�ponse...
"... alors aucune chance de r�demption."
Que vas-tu faire ?
Que puis-je faire ?
C'est parfois lorsqu'on rejette le plus les autres
que l'on a le plus besoin de soutien.
Laissez-moi entrer !
Il faut que je le voie !
M. Muncie, s'il vous pla�t, je sais que vous m'entendez !
Laissez-moi entrer !
- Mme Merrett. - J'ai besoin de le voir.
Il vaudrait mieux que vous partiez et ne reveniez plus.
- J'ai besoin de le voir. - Je suis d�sol�.
Je dois le voir !
Je dois le voir !
S'il vous pla�t !
L'heure est venue d'un traitement plus invasif et plus exp�rimental.
Toutes les proc�dures seront document�es.
William.
�tes-vous pr�t ?
Plus que jamais.
Merci, Docteur.
- Tenez-lui les bras. - Tr�s bien, allons-y.
Voil�.
Doucement.
- Relevez-le. - Allez.
- Docteur, permettez. - Oui.
C'est bon.
Debout, soldat. Bien droit.
- Encore. - Encore une fois, monsieur.
- Encore. - Nous vous tenons.
Une derni�re, monsieur.
- C'est bien. - Je l'ai voulu.
Une derni�re fois.
- Vous les avez ? - Oui.
Mme Murray.
Mon nom est Church, je travaille au "South London Chronicle".
Pourrais-je parler � votre mari ?
L'histoire sort demain, monsieur. Toute l'histoire : vous,
le dictionnaire, la veuve Merrett.
Je ne peux plus rien faire. Je voulais juste vous pr�venir.
Mais ceci...
Je ne l'ai pas donn� au journal.
Peut-�tre devriez-vous les garder.
Il semble �tre en mauvais �tat.
Allez jouer l�-haut.
James.
Si je peux me permettre, de vous � moi,
certaines techniques m�dicales du Dr Brayn m'inqui�tent.
Nous avons d� prendre des pr�cautions.
William ?
C'est James.
C'est inutile.
Il n'est plus l�.
Je ne saurais dire o� il est mais il n'est plus avec nous.
Attendez dehors.
Je vous demanderai de bien vouloir m'informer de vos visites.
- Je suis venu d�s que j'ai su. - Mais ceci n'est pas un club.
Il s'agit d'un h�pital. Le Dr Minor est mon patient.
- C'est mon ami, mon fr�re. - Le mien �galement.
Et un exemple de courage.
Cependant, il s'agit d'une s�rieuse catalepsie.
Nous pouvons nous demander si son �me a d�j� quitt� le navire.
"... s�par� de lui-m�me et de ce noble jugement
"sans lequel nous sommes des effigies, ou de simples b�tes."
Comment est-ce possible ?
Je vous demanderai de partir.
- Sa place n'est pas ici. - Elle n'est nulle part ailleurs.
Laissez-nous poursuivre notre travail.
Tout va bien, William. S'il vous pla�t !
Tout va bien...
William.
Tout va bien.
400 ann�es ont �t� d�finies par ses citations.
Nous �tions en grande difficult�. Il nous a sauv�s.
Aidez-nous, Ben,
pour raconter la v�rit� des faits.
Pour le faire conna�tre, pas ainsi.
Je regrette que vous ne soyez pas venu me voir plus t�t.
Ce qu'il faut savoir a d�j� �t� dit.
Ici, par �crit. Ne le voyez-vous pas ?
Il s'agit d'une vie.
Ce qu'il a �t� finira avec lui ici.
Il est l� o� il doit �tre.
Quel est l'int�r�t d'un acte de charit� vain ?
- Alors je d�missionne. - Il est inutile de vous emporter.
M. Minor sera priv� de reconnaissance.
Vous �tes le bienvenu en tant que contributeur du dictionnaire.
Bradley prendra la direction de la r�daction.
Je vais le proposer � la r�union d'urgence des d�l�gu�s aujourd'hui.
Ils seront d'accord.
- Je ne vous volerai plus de temps. - Moi non plus.
- Oui ? - Le ma�tre de maison est-il l� ?
James.
Tout va bien ?
Pardonnez-moi, Freddie. Je ne savais pas o� aller.
J'ai tout perdu.
Tout est fini.
Je voulais documenter l'histoire de chaque chose...
offrir au monde un livre
qui donne la signification de tout ce que Dieu a cr��.
Du moins de la partie anglaise.
Mais j'ai �t� vaincu.
Maintenant, j'en paye le prix avec ce qui a eu un sens pour moi.
Il y a un autre livre qui pr�tend ne faire que cela.
Mais il vous a d�j� devanc�.
Venez, je veux vous montrer quelque chose.
J'ai utilis� un bardage.
Comment, pour un sprat ? Quelle id�e.
"Bardage" ? "Sprat" ? "Bluff" ?
Combien de nouveaux mots voient le jour ?
Combien pour ce qui n'existe pas encore ?
Combien d'entre eux se trouvent dans votre livre si complet ?
Aucune langue ne stagne �ternellement, James.
Pas si elle surgit de la vie m�me.
Comment le travail aboutit-il s'il n'est jamais complet ?
Vous nous avez donn� le c�ur,
et une secousse pour amorcer les premiers battements.
Les g�n�rations suivantes poursuivront ce travail
car vous leur avez montr� la voie.
Mais il ne finira jamais.
Laissez tomber. Prenez soin de vous, laissez-moi le projet.
J'ai quelques id�es pour Jowett et son laquais Gell,
auxquelles ils n'ont pas pens�.
Ada ?
Avec Bradley
� la gestion de la presse universitaire,
nous pensons respecter notre objectif
de 704 pages par an, doublant les estimations de ventes actuelles.
Merci, M. Gell.
Messieurs, je pense que nous sommes tous
suffisamment inform�s pour soumettre la proposition au vote.
Veuillez excuser mon mari qui est absent.
Pourrais-je dire quelques mots en son nom ?
Mme Murray, je le regrette, c'est une r�union priv�e.
Ma famille a beaucoup fait pour la gloire des d�l�gu�s, M. Gell.
Ils pourront certainement m'accorder de leur temps en retour.
Bien s�r, Mme Murray.
Nous vous �coutons.
Mon mari a ce stupide petit parchemin en cuir.
Il y a grav� un credo :
"Seulement une vie des plus diligentes".
"Diligence". J'ai consult� votre dictionnaire.
Effort constant et sinc�re pour accomplir une entreprise.
Pers�v�rance, assiduit�, mais aussi travail...
et douleur.
D'aucuns prendront mon mari pour un imb�cile, obstin�, na�f,
guid� par la peur de ce qui nous attend apr�s la mort.
Mais c'est faux.
Il voit le monde, tout entier, avec ses myriades de choix
et il choisit d'�tre qui il est.
Pourtant, ces deux hommes se sont trouv�s � cette m�me �poque.
Mon mari et son ami, le fou meurtrier.
Ensemble, ils nous ont offert quelque chose d'extraordinaire.
Je viens vous demander
de vous opposer � notre nature humaine.
Je suis ici pour vous demander de ne pas les punir pour cela.
Bradley m'a dit que tu avais d�missionn�.
J'ai fait ce que j'ai pu mais ils sont coriaces.
Nous allons partir et retourner � Londres.
Le livre ne concerne pas que toi, tu te souviens ?
Moi, les enfants et tous les autres.
Et ils peuvent, James, s'il y a de l'amour.
Je connais la r�ponse maintenant.
La r�ponse � la question de la veuve.
Fais quelque chose pour moi.
Bien s�r.
Je veux que tu ailles la voir et que tu la regardes dans les yeux.
Si tu vois du pardon,
si tu vois de l'amour,
je veux que tu aides ton ami.
Oui.
- Tenez, mon gar�on. - Merci.
Il m'a donn� cela la derni�re fois qu'il a �t� lucide.
Ils m'interdisent de le voir.
Pouvez-vous me faire entrer ?
C'est inutile. Il n'est plus celui que vous connaissiez.
Si je lui ai pardonn�, pourquoi le punissent-ils encore ?
Merci de me recevoir aussi rapidement, M. Charles.
Freddie est un vieil ami.
Je dois n�anmoins vous avertir, le meurtrier am�ricain est une plaie.
- Peut-�tre ouverte. - Cela pourrait le gu�rir.
Je ne pense pas. N'importe quel politicien soutenant cette cause
s'appr�te � un scandale.
Les chances de pardon ou de gr�ce sont inexistantes.
Quel prix pour la justice ? Pour la mis�ricorde ?
Cher pour la premi�re.
Bon march� mais impopulaire pour la seconde.
�coutez, il y a des solutions. Obtenez une audience.
Mais � votre place, je chercherais � savoir qui y participe.
Je l'arrangerais en ma faveur.
William, vous m'entendez ? C'est James.
Sortez tous.
�coutez. Mme Merrett est ici.
- Laissez-le ! - Elle veut vous parler.
Sauf votre respect, monsieur,
laissez-les tranquilles !
William ?
William, c'est moi.
C'est Eliza.
Vous vous souvenez ?
"Si c'est de l'amour... alors quoi ?"
Si c'est de l'amour... alors quoi, William ?
Si c'est de l'amour...
C'est de l'amour.
Si c'est de l'amour, c'est de l'amour.
Levez-vous.
Savez-vous pourquoi vous �tes l� ?
Oui.
D'apr�s vous, Sergent, les circonstances ont-elles chang� ?
Non, monsieur.
Comment est-il entr� en catalepsie ?
La proc�dure document�e.
- Avec consentement ? - Bien s�r.
Messieurs, sauf votre respect, l'affaire pose ici un autre probl�me.
O� et entre quelles mains
une compassion malavis�e l'entra�nerait-elle ?
Il n'a nulle part o� aller. Sa maison est ici.
Merci, Mme Merrett.
Voulez-vous ajouter autre chose ?
Oui, en effet.
Mon mari ne m�ritait pas ce qui lui est arriv�.
Il travaillait dur. Il veillait sur sa famille.
Un jour il est parti, et rien ne le ram�nera.
Ce qui lui est arriv� n'est pas juste.
Longtemps apr�s son d�part, j'ai refus� de me souvenir de lui.
M�me de son apparence.
Je tiens � m'excuser pour cela.
Il m�ritait mieux.
C'�tait un homme bon, mais il pouvait s'�nerver.
Un jour, il a bott� le po�le � bois qui ne fonctionnait plus.
Son pied l'a travers� et il s'est br�l�.
Il a longtemps boit�.
Un jour, il a surpris Jack derri�re lui.
Il sautait et boitait comme lui. Tu t'en souviens ?
Il a regard� Jack...
et il s'est mis � rire.
Il a tellement ri qu'il a failli tomber.
Je pense que c'est pour cela qu'il se f�chait.
Parce qu'il voulait que ses b�b�s...
Vous �tiez tous ses b�b�s...
Il voulait qu'ils le fassent rire.
Je pense que si George �tait l�, il penserait que tout cela est injuste.
Je pense que cela le mettrait en col�re.
Il n'aurait pas de belles paroles.
Mais je sais qu'il voudrait que cela cesse.
Monsieur, accordez-nous une minute.
Mon rapport sera rendu dans deux jours.
Nous ne demandons pas la d�lib�ration mais un indice sur votre avis.
La lib�ration sera refus�e. Les faits r�v�l�s sont troublants.
- N'est-ce pas suffisant... - Mettant en accusation
l'ensemble du syst�me de psychiatrie
qui n'incombe pas � la commission.
Le Dr Minor est tr�s perturb�.
Pour sa propre s�curit�, il ne peut �tre recommand� de le lib�rer.
Il doit y avoir un autre moyen.
Quoi que vous entrepreniez, il vous reste un jour.
Ensuite je soumettrai mon rapport.
Il reste une derni�re chance, James,
mais il faut vous pr�parer � tout donner.
Vous tombez tr�s mal.
Un gang a braqu� un immeuble sur Sidney Street.
Les gardes �cossais l'ont encercl�. L'affaire s'est transform�e en si�ge.
Il est de mauvaise humeur.
Attendez ici.
D�sol�, messieurs. C'est impossible.
Ce n'est pas le moment.
Monsieur ?
Monsieur ? M. Churchill !
S'il vous pla�t !
Pardonnez-moi, c'�tait insolent.
Je ne vous connais pas, monsieur.
Je ne sais pas quel genre d'homme vous �tes.
Mais le bureau que vous occupez me permet d'esp�rer
que vous �tes le genre d'homme que j'attends.
Vos d�cisions affectent toutes les vies de ce pays.
Je suis ici, devant vous, pour une seule d'entre elles.
Une vie compliqu�e, douloureuse et am�re.
Mais une vie tout de m�me.
Donc m�ritante, digne et pr�cieuse.
Si vous consid�rez, comme je l'esp�re,
que chaque vie individuelle m�rite une chance,
�coutez ce que je suis venu vous dire.
S'il vous pla�t, monsieur.
C'est vrai que je vous avais dit de tout donner.
Charles.
Je ne lib�rerai pas le Dr Minor.
Le Premier ministre d�sapprouverait et le public aussi.
Or votre lexique nous donne les moyens de dissimuler l'ind�sirable.
Ce que je peux faire, c'est expulser le Dr Minor.
- Les siens sont au Connecticut ? - En effet.
J'informerai le conseil
qu'il soit renvoy� chez lui.
Un �tranger ind�sirable. Laissons � l'Am�rique son fils errant.
R�glez cette affaire et retournez � votre travail.
La nation a besoin de vous.
- Permettez-moi de retourner au mien. - Merci, monsieur.
F�licitations, docteur.
Puis-je vous pr�senter Freddie Furnivall.
- C'est un honneur, docteur. - C'est impossible.
Ils sont pr�ts, monsieur.
Un instant, s'il vous pla�t.
Je reste l�, William. Juste l�.
D'accord ?
Bien, merci de tenir jusqu'� trois.
Un, deux, trois.
C'est � nous. Un peu de lecture pour le voyage.
A-t-elle �t� pr�venue ?
Oui.
Dites-lui que...
Dites-lui.
Je le ferai.
Avez-vous vu la derni�re �preuve ?
Ce qui est bien avec ces horribles personnes,
c'est qu'ils croient au droit divin des r�gles de la monarchie.
Leur syst�me s'�croule s'ils manquent � ces stupides subtilit�s.
Alors, nous les utilisons contre eux.
Votre livre est en s�curit�.
Et vous le serez toujours � sa t�te
ou jusqu'� ce que vous rendiez l'�me.
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