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Je savais qu'il était là.
Il est beau, non ?
- Ca a de la valeur ? - J'en sais rien.
Mais ça doit bien valoir quelque chose.
- C'est quoi ? - Aucune idée.
Quelle importance ?
Ca a valu la peine, non ?
Oui.
Qu'est-ce que t'as ?
Rien.
- J'ai un truc à te dire. - Quoi ?
- On m'a proposé un job. - Un job ? Qui ça ?
Les Fourmis.
- Et tu m'as rien dit ? - Je t'en parle là.
- Quand ça ? - Là.
Non. Tu leur as parlé quand, dis-moi ?
On s'en fout ! Tu veux savoir ou pas ?
Je veux tout savoir !
Faut mettre le feu à un magasin.
- C'est tout ? - Oui.
Ca, c'est un énorme coup de bol !
Mais j'ai un truc à te dire.
Y a un problème.
Cri ?
Cri ?
Je vais finir par y passer.
Non, il t'arrivera jamais rien. Allez.
Lève-toi.
Laisse ce truc ici.
Il est lourd.
Qu'est-ce que tu disais ? Y a un problème ?
Laisse tomber. Allez, on y va.
Vous étiez passés où, petits salauds ?
Ca te regarde pas, putain !
Fils de pute !
Allez, vite, il fait nuit !
Remonte-moi ces moules !
Calme-toi ou tu vas avoir une attaque.
Ton cul va avoir une attaque !
Rigole, toi ! Espèce de con, va !
Les anchois vont pas tarder à arriver !
Et nous, on peut pas bouger, avec ce putain de bateau !
Y a pas d'anchois, l'hiver !
T'en sais quoi, toi ?
Tu sais même pas si l'eau de mer est salée.
Ca suffit. Concentre-toi sur le dîner.
Putain de merde !
- Baisse-toi ! - Enculés !
Arrête-toi, on les a perdus.
Je les vois plus, putain !
Allez, on rentre.
Non, je veux voir par là.
- C'est qui, Tête-Brûlée? - Non, c'est pas lui.
Qu'est-ce qu'il fout ?
Va-t'en !
Vous regardez quoi, bordel ?
Dégagez, vous servez à rien !
On y était presque, tu l'as vu aussi.
C'est la dernière fois que je te couvre.
On y va ?
- Attends. - Mais il dort !
Aïe !
Vous me volez quoi, salopards ?
- Rien. - Comment ça, rien ?
- Tu me caches quoi ? - Allez, c'est juste de l'essence.
- Quoi ? - Juste un peu.
- On en a besoin. - Pour quoi faire ?
On y va, il me fait chier.
- Retourne te coucher. - Je vais vous tuer.
- Va lui parler. - Non, vas-y toi.
- T'es plus doué que moi. - J'en ai rien à foutre.
Dis-lui qu'on la lui paiera, son essence !
- Tant qu'on descend de là... - Je lui dis quoi, à ton avis ?
J'en sais rien, bordel ! Dis que demain, on...
- N'importe quoi ! - Petites merdes...
Vous descendrez pas, si vous me rendez pas mes sous.
T'insistes ? On a pas un rond !
Et mon essence ?
Tu le sais, on peut rien te dire.
- Et pourquoi ? - Parce que !
Ah bon ? Alors, vous descendrez jamais !
Va te faire foutre.
Fils de chienne !
Bravo.
Tu veux que je lui dise la vérité ?
Il nous lâchera pas, il veut son fric !
Je sais, mais on a pas un rond, pour l'instant.
Va lui dire que s'il nous lâche pas, il verra pas le moindre sou, putain.
- Vous travaillez ici ? - Oui.
Elle m'aide de temps en temps.
C'était volontaire.
Vous n'aviez rien remarqué d'étrange ?
Non, rien. Tout était normal.
Vous gardiez quoi ?
Ce qu'on garde d'habitude. Des outils et de la nourriture.
Et ça, alors ?
Venez avec nous.
- Je suis au courant de rien, moi ! - Allez !
Viens !
Je suis au courant de rien.
Qu'est-ce qui se passe ?
J'aurais besoin que tu viennes avec moi.
Pourquoi ?
Pour que tu m'aides à comprendre qui a fait ça.
Ce sera pas long, promis. Après, je te ramène à l'école.
Je suis au camp pour orphelins.
Secteur 24.
Qu'est-ce que vous foutez ?
Attends !
- Vous valez rien ! - On te répare toujours tout !
Mon bateau est mal en point à cause de vous !
Mondocane !
- C'est Franc-Tireur. - Mondocane !
Mondocane !
T'étais passé où ?
Lâche-moi, sale vieux !
- Je m'appelle Pietro. - Non, tu t'appelles Mondocane.
T'as fait du bon boulot, tu sais ? C'est toi qui as mis le feu, non ?
Si, avec lui.
Qui ça ? Lui ?
On le connaît.
C'est toi que Tête-Brûlée veut voir.
Pas Le Pisseux.
- Viens, on y va. - Attends-moi, Pietro !
Monte.
Pietro !
Tu m'as cassé les couilles, là.
Pietro, attends-moi !
Tu fais chier !
Tu reconnais personne ?
On essaie avec eux.
Je suis pas sûre.
D'accord, ne t'inquiète pas.
- Vous savez qui c'est ? - On a une piste.
Les Fourmis.
- Tu sais qui c'est, non ? - Tout le monde le sait.
- Pourquoi ils ont tué ces animaux ? - On essaie de comprendre.
Il n'y avait pas que des animaux, là-dedans.
Ils coupaient aussi la drogue, dans ce magasin.
Tête-Brûlée a voulu y mettre le feu.
C'est qui, Tête-Brûlée ?
Leur boss.
C'est le boss ?
Et tu le cherches.
Il se fait tard.
Ca fait deux heures que t'es là. Il va te ramener.
C'est pas toi qui me ramènes ?
Tête-Brûlée?
Viens, approche. Viens là.
Franc-Tireur dit que t'es doué.
Tu veux rester avec nous ?
Tu pourras pas revenir en arrière.
- Bon, tu sais faire quoi ? - Un peu de tout.
- Tu fais de la moto ? - Non.
- Tu sais tirer ? - Non plus.
Tu sais rien faire.
Je peux rester deux minutes et demie sous l'eau.
Je plonge jusqu'à 20 mètres.
Vingt mètres...
Tu sais rien faire, mais t'es doué.
Et personne ne le connaît à la Nouvelle-Tarente.
C'est déjà ça. Bien.
J'étais pas seul. Il était avec moi, cette nuit.
- Cristian. - Qui ça, Le Pisseux ?
- Qui ? - Le malade.
Je viens pas ici sans lui.
Désolé, mais j'ai pas besoin de lui.
Il a peur de rien. Et il est plus doué que moi.
Je m'occupe de lui.
Bon, écoute-moi. Laisse tomber.
Je viens, s'il vient aussi.
C'est vrai ?
Alors tant pis.
Salut, Mondocane.
Vas-y !
Avance !
- Alors ? - Ils m'ont recruté.
- Pas moi. - Non.
Toi, tu restes là et tu nettoies le cul au vieux.
- Ca te va ? - Pour qui tu te prends ?
Tu vas où, sans moi, fils de pute ?
C'est la vie...
Tu te fous de moi, c'est ça ?
Allez, raconte ce qui s'est passé.
J'ai refusé.
- T'es fou ou quoi ? - Ils veulent pas de toi.
C'était avec toi ou rien.
T'as bien fait de les envoyer chier.
Je sais pas... C'était ma seule chance, je crois.
T'allais me laisser avec le vieux ?
- T'aurais fait quoi, à ma place ? - Pareil que toi.
Non, tu m'aurais laissé là avec le vieux.
- Va te faire foutre. - Salopards !
Vous êtes bâtards de nature.
Vous creviez la dalle dans la rue, je vous ai recueillis
et vous vous joignez à ces assassins ?
On est pas obligés de rester là.
Ca te fait chier qu'on ait trouvé mieux ?
- T'aurais voulu faire pareil ? - Tais-toi, petit con !
Il fait sa crise de jalousie.
Vous êtes des bons à rien !
S'il s'était joint aux Fourmis, il aurait fait quoi ?
Il aurait atterri à Tamburi, ou dans la rue...
Nous, on l'aurait recueilli.
C'est clair.
Ce qui compte maintenant, c'est toi et moi.
Y a moyen de parler avec Franc-Tireur ?
- Je crois pas... - Sûr ?
Bonjour, je dois parler au préfet. J'ai ramené une gamine.
On s'en occupe. Garez-vous juste là.
D'accord.
Ne t'inquiète pas, tu ne seras pas punie, je vais lui parler.
Tu as grandi ici, toi aussi ?
Tes parents ?
Ils ont été tués.
Les tiens ?
Je les ai jamais connus.
Ils sont enterrés à Tamburi.
J'en sais pas plus.
- Tu pourrais m'y emmener ? - A Tamburi ?
Non. Je peux pas.
Pourquoi ?
La police n'est pas libre d'agir ?
Non, on peut pas y aller, nous non plus.
Seule l'unité de stérilisation y va.
Merci de l'avoir ramenée.
- Lâche-moi.! - Elle était avec nous.
C'est pas la première fois qu'elle s'enfuit.
Tu me fais mal !
Bon courage.
Il est lourd, bordel !
On va pouvoir le déplacer !
- Ce bois va nous suffire ? - Aucune idée.
J'ai jamais brûlé personne.
Qu'est-ce que tu fous ?
- Je le bénis. - Ca va pas, la tête ?
Tu veux lui faire une cérémonie funéraire ?
T'as oublié d'où il nous a sortis ? C'est grâce à lui si...
Il serait mort, sans nous.
- C'était comme un père. - Dis pas de conneries !
Il nous traitait comme des chiens.
Il nous a tout appris.
Il nous a appris à faire des pipes.
Tu l'as oublié ou quoi ?
Il nous a appris à nager et à pêcher.
Il se faisait plaisir, le connard ! Réveille-toi.
On était ses esclaves.
Vas-y.
A trois.
Un, deux...
trois !
On s'est paumés ?
Je suis sûr que c'était ici.
Les Fourmis doivent se cacher par là.
C'est pas sûr...
Tu veux qu'on fasse demi-tour ?
- Tu veux pas le lâcher ? - Non.
C'est moi qui le porte, pas toi.
On fait quoi, si on les trouve pas ?
- On s'en va en Afrique. - Oui, c'est ça. Sans sous.
Pas grave. On se débrouillera à bord.
On se paiera la traversée comme ça.
Ils vont d'abord te tuer, puis te demander ton nom.
Ils savent que c'est nous qui avons mis le feu au magasin.
- Franc-Tireur ? - Ca va pas la tête ?
Je l'appelle. T'as une meilleure idée ?
- Franc-Tireur ! - Franc-Tireur ?
Franc-Tireur !
On est où, putain ?
- C'est qui, eux ? - Des gamins de la rue.
Vous voulez quoi ?
Que vous nous ameniez.
- Où ça ? - Chez les Fourmis.
Allez, avancez.
On va où, bordel ? On tourne en rond !
- On sait pas où ils se planquent. - Personne le sait.
On file !
On les prend tous !
Tu vas où, putain ? Tu viens avec moi !
Aidez-moi !
Lâchez-moi !
Au secours ! Aidez-nous !
Vous êtes prêts pour la stérilisation ?
- Putain, quel endroit ! - A chier !
Tu fais quoi ?
Il va bientôt faire nuit.
On attend qu'il fasse jour ici ?
- Je veux pas, moi. - On continue à l'aveuglette ?
Toi seule peux nous aider.
Regarde-le avec attention.
Attends. Lui, avec la barbe.
Je crois l'avoir déjà vu.
Plus d'une fois, j'en suis sûre.
Au magasin.
C'est Cengis.
J'y vais.
Elle s'attendait à autre chose, l'orpheline.
Elle pensait quoi ?
Que tu la sortirais de là.
Je suis pas sa mère.
Faut pas la lâcher.
Je suis sûre qu'elle a vu des choses.
Je vois.
On fait quoi avec Cengis ?
On l'arrête ?
Pas pour l'instant.
Il va nous emmener chez Tête-Brûlée.
C'est ta couleur préférée ?
Le rose, le jaune...
- J'aime le rose, le jaune... - On en choisit qu'une.
- On choisit laquelle ? - Elles sont toutes belles !
- On peut pas en choisir deux ? - Non, une seule.
- Pourquoi ? - Vous devez apprendre à choisir.
Tu préfères laquelle ?
Tu veux dessiner quoi ?
- Une girafe. - Très bien.
On va lui faire un long cou.
Je te comprends pas, Mondocane.
Tu étais déjà des nôtres.
Tu es sourd ?
On veut pas de lui. Il est malade.
Il a fait le job avec moi.
C'est vrai ?
- Il a fait quoi ? - On a mis le feu au magasin.
Peu importe si on est deux.
Ils t'ont apporté ça.
C'est pour moi ?
Oui, on l'a trouvé à 20 mètres de profondeur.
Il est beau.
- Vous savez ce que c'est ? - Non.
Quelqu'un le sait ?
Qu'est-ce que je fais avec eux ?
On peut toujours les jeter à la mer.
Ils sont comme tous les autres.
Qu'il se taise, ce con.
T'es un connard.
Fais gaffe, toi.
Sale con !
Attends, attends !
Regardez, Le Pisseux est énervé...
Vous avez vu ça ?
Y a un petit job pour vous deux. Une petite chose de rien du tout.
Si vous y arrivez, vous êtes des nôtres.
Sinon, vous avez qu'à retourner dans votre trou.
On y va.
Trouvez-moi le coffre.
Vous aussi.
Allez chercher le coffre.
Vite, on a pas de temps à perdre.
Grouillez-vous !
Allez !
T'as vu toutes ces fringues ?
Viens voir.
Je mets laquelle ?
- Aucune des deux. - Tiens, pour toi.
Elle est pas mal.
Bingo !
Pietro !
Viens voir !
- Qu'est-ce que tu fous ? - Elle est chaude !
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Touche.
C'est qui, celle-là ?
J'en sais rien. La propriétaire de la villa ?
Tu voulais la laisser là ? T'as perdu la tête ?
T'étais pas censée être là.
Mais puisque t'y es...
Voilà ce qu'on va faire.
Tu me donnes la combinaison du coffre,
j'économise du temps,
et tu te débarrasses de nous.
- Je la connais pas. - Regarde-moi.
Regarde-moi.
- Je la connais pas. - Non ?
Seul mon mari la connaît.
Y a quoi, dans ce putain de coffre ?
Alors, tu la connais, maintenant ?
- J'en sais rien. - C'est vrai ?
- Non ? - Non.
- Tire, vas-y. - Non !
- Pitié... - Tu la connais pas ?
Ne me faites pas de mal, je vous en supplie.
Elle l'ignore pour de vrai.
Viens là.
On emporte ce putain de coffre, allez !
Allez !
Je vous ai fait peur ?
Venez.
Approchez.
Maison-Blanche ?
Elle a vu ta tête.
Vas-y.
- Ca pète ! - Bienvenue chez nous.
Bon...
Vous allez découvrir comment ça marche ici.
C'est pas difficile.
Vos lits sont là-bas, avec vos affaires.
- Vous nous donnez des fringues ? - Non.
On garde celles-là ?
Vous avez vos sacs, on vous fournit rien.
Les Fourmis ne possèdent rien.
On vous donne juste les sacs et les chaussures, rien d'autre.
- Les armes ? - Les motos ?
Ca alors...
Du calme.
Vous pouvez sortir, mais il faut s'assurer que personne vous suive.
Personne ne sait où on crèche.
Il y a des endroits interdits à la Nouvelle-Tarente.
Si on vous arrête, faut pas parler.
Faut garder la bouche fermée.
Ou on vous la ferme, nous.
- Y a quoi, là-dedans ? - Rien.
On défend les droits des animaux.
Allez-y, goûtez.
Le baiser de la grenouille.
Tiens, Mondocane.
Essaie.
Lèche
et tu verras.
Vas-y, Mondocane.
Allez.
Lèche.
- Ca m'a rien fait. - Moi non plus.
T'as vu comme elle est tombée, putain !
Vous êtes prêts ?
Regardez ce que fait Bombino.
Insérez le chargeur.
Ensuite, vous appuyez sur la culasse.
Comme ça.
Et là, le fusil est prêt.
Attention, accrochez-vous bien, parce qu'ils sont puissants.
Visez.
Respirez.
Doucement.
Les épaules, en avant, ou tu tombes en arrière.
Bien joué, Le Pisseux.
Tu dors ?
- Tu te branles ou quoi ? - Arrête !
- Qu'est-ce que c'est ? - C'est rien.
C'est une photo ? Tu l'as prise où ?
- A la villa. - Pourquoi ?
Elle me plaisait.
Putain si elle belle !
Quelle beauté ! Du jamais vu !
Arrête un peu !
- Pousse-toi. Allez ! - Pourquoi ?
Tu sais ce qu'on va faire avec ce que j'ai volé ?
- On va les dépenser là où tu sais. - Où ça ?
La plage de la photo.
On peut pas aller à la Nouvelle-Tarente.
- Pourquoi ? - C'est dangereux.
- Pourquoi ? - On risque de se faire choper.
T'as pas tort.
Mais c'est dommage... Tous ces gens friqués...
Et les filles de la Nouvelle-Tarente...
Qu'est-ce qui peut nous arriver ?
Toi et moi sur la plage...
J'en sais rien, mais c'est sûr qu'on prend des risques.
Peut-être...
Mais tu sais quoi ? On y va quand même.
Putain, quelles fesses !
Elles sont canons !
C'est clair !
Qu'est-ce que je vous apporte ?
- Deux verres d'eau. - Il rigole. Deux bières.
- Autre chose ? - Des pâtes...
- Tu veux des frites ? - Non.
- Vous voulez le menu ? - On prend tout.
- Comment ça, tout ? - Oui, on a trop faim. Vas-y, fonce.
Bouge-toi, couillon.
- J'ai plus que ça. - T'inquiète, c'est lui qui paie.
Le salaud !
Bon... On doit se grouiller quand même.
- Pourquoi ? - Il se fait tard.
- Dégage ça ! - Non.
- Allez ! - Je vais le porter.
- Allez, enlève-la. - C'est pas pour moi ?
Oh que non !
- Tu crois ? - Oui.
Bon, je l'enlève.
On va flirter ?
- T'es sérieux ? - Oui, pourquoi ?
Non.
Tu paries ?
C'est votre première fois ici ?
Non, pourquoi ?
- Vous êtes d'où ? - A ton avis ? D'ici.
- De la Nouvelle-Tarente ? - Depuis toujours.
Nos parents ont la cabine ici.
- On se connaît ? - Non, je suis toujours avec lui.
Je crois t'avoir déjà vu.
- C'est impossible. - Pourquoi ?
Il aurait pas pu t'oublier. Et moi non plus.
- Enchanté, Cristian. - Sabrina. Salut.
- Tu parles pas, toi ? - Moi c'est Pietro.
- Vous vous amusez, avec l'école ? - Bof, c'est un cours de sport.
T'as de jolies copines.
Vous êtes de Tamburi ?
Je vais pas vous faire chasser.
Pourquoi on nous chasserait ?
Pour vol. Enfin, pour plusieurs vols.
- Je dois y aller. On se revoit ? - Oui, mais quand ?
- Je viens ici tous les jours. - Alors on se revoit ici.
On fait comme ça :
je dis à personne que vous êtes pas d'ici
et vous m'emmenez au cimetière de Tamburi.
C'est tout ?
Marché conclu.
Je suis sûre de t'avoir déjà vu.
- T'as vu son regard ? - Comment ça ?
Elle me veut !
C'est moi qu'elle regardait.
Pourquoi elle a dit qu'elle t'avait déjà vu ?
Au magasin des animaux.
- T'y avais déjà été ? - En repérage.
- Elle nourrissait les animaux. - T'y es allé sans moi ?
C'est Franc-Tireur qui m'y a amené.
- Pourquoi tu m'as rien dit ? - Ils te voulaient pas.
Santé !
T'es trop beau !
Trop beau !
T'es un bon gros chien, toi.
Tu joues jamais avec lui ?
Bien sûr que si.
Je lui fais plein de câlins.
S'il pouvait parler, il te le dirait.
Ton bracelet clignote trop souvent.
T'as l'habitude de t'enfuir ?
Tu vas me faire la leçon ?
Non, mais si tu te fais trop remarquer, tu vas rester
à l'aciérie toute ta vie.
Si tu veux faire mieux, tu dois bien te conduire.
Pour quoi faire ? L'agent de police ?
L'agent de police...
Ou autre chose.
Ce serait pas mieux que l'aciérie ?
Tu veux pas une maison ? Un travail à la Nouvelle-Tarente ?
Tu me fais la leçon.
Pour moi, le camp d'orphelins a été une opportunité.
Je pense pas vraiment ce que j'ai dit.
Que c'est nul, la police ?
Il est beau, ton sourire.
- Comment ça ? - Il s'est passé quelque chose ?
Rien de spécial.
Mais bon...
Quoi ?
J'ai connu des garçons à la plage.
Et voilà.
Mignons ?
Sympathiques, drôles.
Des gars de la rue.
Un des deux, je crois l'avoir déjà vu
à la Nouvelle-Tarente.
Où ça ?
Je dois me tromper. Enfin, je me trompe sûrement.
- Parfait. - Ca te plaît ?
Oui, merci.
Tête-Brûlée, ils sont là.
Attends.
On va faire un jeu.
Bonjour tout le monde, enchanté, présentez-vous.
Touchez-le.
Ca roule ?
Hé, Le Fuyard.
Tu dois me dire un truc ?
Non ? Sûr ?
Parce que ça, ça lit dans les pensées.
T'es prêt ?
Ca y est.
Arrête !
Pitié ! Je rendrai tout !
J'ai pas compris.
Je vous rends tout !
Va remettre le fric à sa place.
D'accord ?
Au top, les nanas de la Nouvelle-Tarente.
- Moi j'aime celle du resto. - Qui ça ?
- Sabrina. - C'est vrai, elle te plaît ?
Je te comprends pas.
Avec toutes les filles qui sont ici, tu te rabats sur elle ?
- On s'occupe de Cengis quand ? - Quand tu veux.
On sait où il crèche et on connaît ses déplacements.
- C'est eux que vous avez choisis ? - Oui.
Je veux que vous soyez prudents, parce que ça va pas être simple.
Le Pisseux et Mondocane?
Pour cette mission ? Non, ils sont pas prêts.
Je veux les amener.
- Ils viennent de se joindre à nous. - On les amène.
Je veux les voir en action.
Cri. Tu m'entends ?
Tu m'entends ? Cri ?
Oui, je t'entends.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Rien.
- Quelqu'un m'a vu ? - On s'en fout ! Tu vas bien ?
Oui, ça va...
- T'es sûr que ça va ? - Oui, ça va, je t'ai dit.
T'énerve pas !
C'est Cengis. Il demande de l'aide aux Africains.
Si Tête-Brûlée l'apprend, c'est la guerre.
Ils vont peut-être s'entretuer.
T'aimerais bien !
On va tous les arrêter.
Toi et moi ? A deux ?
Si tu demandes pas d'autorisation, je viens pas.
Désolé.
Va-t'en, Katia.
Restez là.
Pourquoi on doit rester là, bordel ?
On surveille les motos.
C'est nul ! Qu'ils aillent se faire foutre !
Tu vas où, putain ?
- Ils veulent qu'on reste là. - Mon cul !
Cri !
Tu vas où ?
On voit rien d'en bas.
Je veux pas rater ça.
- Qu'est-ce qui se passe ? - C'est le bordel.
Il est là !
Qu'est-ce qu'on fout là ?
Fait chier ! Je vais aux motos.
Ils vous aiment déjà tous.
Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ?
On l'a tué, ce fils de pute.
Tous les deux ? Toi et lui ?
Oui, pourquoi ?
Mondocane n'a pas tiré.
Il était plus près, mais j'ai tiré le premier.
Et Mondocane ?
Il a dû avoir un souci avec son arme.
Tu l'aimes beaucoup, ton pote.
Tu es bien ici ? On te traite bien ?
- Oui. - Oui ?
Si tu as le moindre souci, viens me voir.
L'amitié est une belle chose,
mais ça, c'est ta famille, maintenant.
Je le sais.
Fais gaffe, avec ton ami.
Il risque de te faire couler.
Va faire la fête, maintenant.
Cristian ! Tu viens nager avec nous ?
Allez, viens, Cristian !
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - On s'en va.
Tu rigoles ? Après tout ce qu'on a fait ?
Qu'est-ce qu'on fout ici ?
Arrête ce cirque. Elle veut aller à Tamburi.
A Tamburi ?
Elle va sortir avec toi. Je te prépare le terrain.
J'en ai rien à foutre.
- T'es devenu pédé ? - N'importe quoi !
On aurait pas dû venir. On est des Fourmis.
Parle moins fort.
Je m'en vais, fais ce que tu veux.
Dis-nous où il est.
Près de l'hôpital de la Citadella ?
A La Croix ?
Ou à Statte ?
Ils se planquent où ?
On a déjà été rue Paul VI.
Et on y retournera.
Vous pouvez pas vous cacher.
Qu'est-ce que tu crois ?
Tu vas pourrir ici. On te laissera pas sortir.
Aide-nous, Bombino.
Où se cachent les Fourmis ?
On sait que c'est entre Paul VI et Tamburi.
Tu as du bol, t'es avec nous.
Là où tu vas aller, ils sauront te faire parler.
Indique-moi la position sur la carte.
Bon, très bien.
On le transfère là-bas.
Il faut que tu le ramènes ici avant qu'ils le fassent parler.
- Ils l'amènent où ? - J'en sais rien, putain !
Qu'est-ce qui se passe ?
Ils ont arrêté Bombino.
- Où ? - A la Nouvelle-Tarente.
- Comment ça se fait ? - Ils l'ont chopé là-bas.
- Il faisait quoi là-bas ? - A ton avis ?
Il était en mission, pas comme toi.
- Ils nous cherchaient. - Ils te cherchaient.
- T'étais avec moi, toi aussi. - Je suis rentré avant toi.
- Toi, t'es resté avec elle. - Tu veux quoi ?
- Elle se met entre nous. - Entre toi et moi ?
Non, entre nous et les Fourmis.
Parle aux jeunes.
Bon.
Bombino a été arrêté.
On doit le libérer pendant qu'ils le transfèrent.
Laissez-moi passer ! Poussez-vous !
Calme-toi.
Calme-toi.
Cri ? Tu m'entends ?
Oui, je t'entends.
C'est rien.
Ne t'inquiète pas.
Vous avez vu Mondocane ?
Apprenez, parce que si ça arrive de nouveau, faut être préparés.
- Compris ? - Oui.
Bien.
- On t'attendait. - Je suis là.
T'es de retour parmi nous.
On est où ?
Chez moi.
Moi, je suis né ici.
Salut.
C'est les miens.
Ils font quoi ?
Ils sortent en mer pour pêcher. Comme toi.
Salvatore !
- Comment tu vas ? - Bien.
Vous avez à manger pour ce gamin ?
- Bien sûr. - Cool.
Donnez à manger au petit !
Viens.
C'est trop.
Que Dieu te bénisse, Salvatore.
Mange.
Allez, c'est bon.
J'étais qu'un gamin...
quand on nous a obligés à évacuer la zone.
En une semaine, ils ont chassé tout le monde de Tarente.
L'aciérie tuait les gens.
On pouvait pas toucher à l'acier, alors on a bougé les gens.
- Pourquoi eux sont restés ? - Ils se fichent d'être contaminés.
Ils vont pas abandonner leur terre, c'est tout.
Tu as grandi à Tamburi, t'as pas eu le choix.
Eux, ils suivent leurs idéaux,
ils veulent que leurs terres soient assainies.
Que la situation s'améliore.
L'argent qu'on vole, ça sert à ça.
Pour qu'on reprenne ce qui nous a été volé.
Quand j'étais à l'orphelinat,
je voulais toujours être différent des autres.
C'est la curiosité qui m'a sauvé.
Lire et étudier...
J'essayais d'imaginer ce que je voulais construire.
Là, je vous ai vous.
Mes Fourmis.
On fera la guerre.
On remettra les choses en place.
Tu es avec moi maintenant, mais faudra que t'y sois plus tard aussi.
Parce que tu es comme moi.
On n'aime pas le destin, nous.
On aime la liberté.
Je sais même pas à quoi ils ressemblent.
Ton pote est trop mignon.
Tu trouves ? Carrément mignon ?
Il est normal, comme tous les autres.
Mais laisse-moi te dire qu'il a un sale caractère.
Avec ce que tu voles, t'as pas le fric pour aller en Afrique ?
J'aimerais bien !
Où t'aimerais aller, toi ?
J'en sais rien. Loin d'ici. Genre, à Rome.
Pour quoi faire ?
Pour visiter une ancienne capitale.
Justement.
Y a plus rien à faire là-bas.
- T'en sais quoi ? - C'est ce qu'on dit.
Qui dit ça ?
Allez, aide-moi.
- Et s'ils sont encore en vie ? - C'est possible, oui.
Il vaut mieux qu'on y aille.
Pourquoi ?
Ton bracelet clignote. S'ils te chopent ici ?
Ils me mettent en punition. C'est déjà arrivé.
Et nous ? C'est quand qu'on se revoit ?
Ca dépend de la punition. Ca va de 4 à 5 jours.
Ca dépend de leur humeur.
On se retrouve dans six jours, alors ?
A la plage ?
Va voir, Le Pisseux.
Sortez, fils de pute !
On s'en va !
Tête-Brûlée, cette salope...
Le Pisseux va prendre la relève.
- Pourquoi ? - Je le fais pour toi.
Sinon, je devrais te tuer pour ta grosse connerie.
Bon.
Bombino va nous manquer.
Il a fait ce qu'il a juré de faire en devenant une Fourmi.
- Ca va pas ? - Laisse-moi tranquille.
Vous avez tous juré d'agir comme ça.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Lâche-moi !
- Tu m'en veux pour quelque chose ? - T'es con ou quoi ? Arrête !
Le voici.
Tu penses pouvoir faire ce qui te chante ?
Tu penses être libre ?
Il était avec moi.
Viens là.
Amène-le dans le puits.
Vas-y.
Je sais pas quoi faire de Mondocane.
A condition qu'il sorte vivant du puits.
Pourquoi on devrait le tuer ?
Parce qu'on ferait mieux de l'éliminer.
Il nous a pas trahis.
Laissons-le une semaine de plus dans le puits et on verra.
Même au bout d'un mois, il aura pas appris la leçon.
Avec Cengis, il s'est chié dessus.
Tu ferais quoi, toi ?
- Je le laisserais... - Non, toi.
Moi ?
On peut le punir encore et encore, mais est-ce que ça servira ?
- Donc ? - Il faudrait le mettre à l'épreuve.
Bien dit.
Va lui dire.
Qu'est-ce que tu veux ?
Tiens.
Doucement.
Sors-moi de là.
T'inquiète.
Qu'est-ce que t'es moche ! T'as vraiment mauvaise mine !
C'est toi qui dis ça ?
Cri, s'il te plaît, sors-moi d'ici.
C'est pour ça que je suis là.
On y retourne ?
- Où ça ? - A notre bateau.
Oui.
Tu crois qu'il est toujours là ?
Qui va voler un bateau dans cet état ?
- Il y a un moyen de sortir de là. - Lequel ?
Tête-Brûlée se méfie de toi.
Il veut te mettre à l'épreuve.
Je dois faire quoi ?
Tu vois cette femme de la police ? Celle qui a chopé Bombino.
Oui, quoi ?
Tu dois la buter.
Sa vie contre la tienne.
Qu'est-ce que tu racontes ? Allons en Afrique !
Mais où tu veux aller, putain ?
T'as toujours pas pigé, je crois.
On rêve de ça depuis tout petits.
- Parce qu'on savait rien. - Tu voulais savoir quoi ?
Qu'on pouvait pas revenir en arrière ? Que Tête-Brûlée...
Tu me fais chier avec Tête-Brûlée !
- Qu'est-ce qui te prend ? - Et toi ?
T'as toujours pas pigé.
C'est sa vie ou la tienne.
Vas-y.
Va !
Va ! Va !
Lâchez-moi.
Regarde.
Qu'on m'explique pourquoi il est toujours en vie.
On va le choper !
Laisse.
Le courant fait ça.
On est déjà en train de le chercher. A Tchernobyl et ses alentours.
On n'arrêtera pas tant qu'on l'aura pas trouvé.
Il est à Tamburi.
Quoi ?
- Ce serait con d'y aller. - Justement.
Justement.
On va à Tamburi.
On va le trouver.
On s'en occupera toi et moi.
Je te laisserai le tuer, je te le promets.
Trouvez-moi ce gosse.
Trouvez-le-moi !
Sabrina, je suis désolé.
Qu'est-ce que tu faisais là-bas ?
T'es une Fourmi, t'es un assassin !
Non.
Si j'avais pas été avec elle, t'aurais fait quoi ?
Réponds !
Je veux plus te voir.
Attends.
Quand le vent se calmera, retourne en ville.
Tu vas devoir nager un peu, mais tu y arriveras.
Et toi ?
Je suis déjà mort. Mais au moins, tu seras sauve.
Pietro ! Attends !
Je viens avec toi.
Non, tu dois y aller toute seule.
Je viens avec toi, j'ai dit !
Tu veux me laisser seule ?
S'ils me trouvent, ils te tueront aussi.
Et c'est sûr qu'ils finiront par me trouver.
Il faut que tu t'en ailles.
Où veux-tu que j'aille ? Au camp pour orphelins ?
Personne ne m'attend là-bas.
J'y retournerai pas.
Ils sont où ?
Ils sont où ?
Parle !
Ils nous cherchent à Tamburi.
On va vers le port de l'aciérie.
Il y a les bateaux qui vont vers le Nord.
Alors ? Ils le savent ou pas ?
Ils savent rien, putain !
On va où ?
Ils sont pas là.
Pourquoi tu nous as amenés ici ?
Ton pote s'est fichu de toi.
Tu sais pourquoi ? Il est plus doué.
Ferme ta gueule !
Il est passé par là.
- Il est où ? - Au port de l'aciérie.
Monte avec moi.
Voilà le bateau.
Mais il est de l'autre côté.
Vas-y !
- On fait quoi, maintenant ? - Monte dans cette barque.
Quoi ? Et toi ?
Fais-moi confiance.
Je le veux vivant !
Je t'ai fait une promesse.
On y va !
Tu vas faire quoi ? Me tirer dessus ?
Cri...
Regarde-moi.
Enlève ce casque.
Regarde-moi.
C'est moi, Pietro.
Allons-nous-en. Qu'ils aillent tous se faire foutre.
Allez.
On revient pas en arrière. Il est là !
- Allez, vite ! - Par là !
Je suis là. Je suis là.
La porte ! Ouvre !
Ouvre !
Adaptation : Simona Torelli
Sous-titrage : VDM
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