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Le Livre de Job
Je m'appelle Rose McNulty.
Je n'ai pas tu� mon enfant.
Je m'appelle Rose McNulty.
Je n'ai pas tu� mon enfant.
Le Testament Cach�
Stephen ! Pensez aux titres de propri�t�.
Vous avez les cl�s ?
Je reviens ce soir.
Je passerai dans le week-end.
� VENDRE
Une femme massacre son nouveau-n�
C'est ici qu'elle a tu� le b�b�.
Nous devons faire r��valuer cette femme avant de la transf�rer.
Quand vous l'aurez vue,
vous signerez son transfert sans h�siter.
�a ne n�cessitait pas un psychiatre de votre envergure.
Entrez.
Bonjour, Florence.
J'ai ici un jeune homme qui vient vous voir.
Roseanne Florence Clear.
Non.
Roseanne McNulty.
Je suis la femme de Michael McNulty.
Nous avons un fils.
Puis-je savoir
votre �ge ?
On ne demande pas son �ge � une dame.
Quel est le v�tre ?
Bonjour, madame la pie.
Comment va votre mari ?
Un pour chagrin.
Deux pour heureux.
Lequel �tes-vous ?
Le second.
Docteur Grene.
Docteur Grene...
Vous ne pouvez pas rester ici �ternellement.
Si, merci.
Vous �tes r�el.
Il se peut
qu'on vous envoie ailleurs.
Je reste ici.
Jusqu'� quand ?
Jusqu'� ce que je veuille partir.
Cet h�pital va devenir un h�tel avec spa.
Dans ce cas, je vivrai � l'h�tel.
Je ne veux plus parler.
Caitlin, combien pourra-t-on en transf�rer demain ?
- Huit, docteur. - Pas neuf ?
L'un est d�c�d�.
Son ami, Joe Brady, du pavillon 5.
C'est regrettable.
Dites-moi...
Elle entend � travers les murs
et a des yeux derri�re la t�te.
Pour elle, cet endroit
est peupl� de visions, d'apparitions.
Elle n'est pas adapt�e au monde r�el.
Le monde r�el.
Rappelez-moi o� c'est.
Au pavillon 3.
Au pavillon 3. Je t�cherai de m'en souvenir.
Merci, Audrey.
Voici les plans.
Vous le voyez, c'est tr�s vaste.
Il y aura une promenade qui fera le tour.
Regardez.
Il faut que vous voyiez �a.
Elle s'arr�te.
Et elle repart.
Elle vit dans son purgatoire � elle.
Je ne lui offre pas le paradis, mais il faut que �a se fasse.
Allons-y. C'est triste, je sais.
Voil�. Vous �tes triste, je sais.
Mais tout va bien.
Margaret. Oui, je sais.
Archidioc�se de Sligo
Nous souhaitons que l'�minent Dr Grene r��value le cas de Roseanne Clear,
intern�e � St. Malachy depuis 1942.
Formulaire d'�valuation psychiatrique
Victime d'hallucinations auditives et visuelles
Emportez tout �a.
Ce n'est pas croyable !
Doux J�sus !
Que faites-vous ?
Ce sont mes affaires.
Dieu tout-puissant !
Qu'avez-vous fait de ma Bible ?
Mes livres. Rendez-les-moi.
Que faites-vous ?
Je fais juste mon travail.
Caitlin ?
C'est insens� !
- O� est Caitlin ? - Calmez-vous !
Je vous en supplie...
Mes affaires sont l�. Ne partez pas.
Rose !
- Qu'y a-t-il ? - Mes carnets !
Dans ma Bible.
Retournez dans le camion.
Qu'y a-t-il ?
C'est moi, l�-dedans.
Moi. Ma vie.
Que se passe-t-il, Florence ?
Ne m'approchez pas !
Ne le laissez pas m'approcher.
� votre poste, mademoiselle.
- � votre poste. - Pardon ?
� votre poste.
- Elle veut ses carnets. - �a va aller.
L�chez-la.
C'est un probl�me m�dical. N'est-ce pas ? Elle est hyst�rique.
- Pourquoi jeter ses affaires ? - Parce qu'elle doit partir.
Elle doit partir. N'est-ce pas ? Voil�.
�a va vous calmer.
Voil�.
- Emmenez-la. - Abaissez la benne.
Levez les pieds.
C'�tait un probl�me m�dical. Rien qui vous concerne, compris ?
Rien qui vous concerne.
Mademoiselle. Vous n'avez pas � fouiller les bennes.
Je veux l'�valuer m�dicalement.
Vous voulez prendre en charge cette patiente ?
Dans ce cas...
Mademoiselle.
Ne laissez pas la patiente seule.
D�cidez-vous, docteur.
Vous avez jusqu'� vendredi, Dr Grene.
Ressortez tout.
Compris.
C'est une Bible. Donnez.
Remontez ses affaires dans sa chambre.
G�nial.
Comment vous sentez-vous ?
Comme si on m'avait pris mon �me.
Ils ont emport�
ma croix.
Votre croix ?
Je suis navr�e, Rose.
Vous nous lisez un passage ?
Pourquoi ?
Pour que le Dr Grene puisse vous �valuer.
Et je pourrai rester ?
Vous n'aurez pas � partir demain.
Demain...
J'ai pass� 40 ans ici.
Mon enfant est n� l�-bas.
Qui se souviendra de mon b�b� ?
Je veux entendre votre histoire.
Vos oreilles fonctionnent ?
Celles du croque-mort ne lui servent � rien.
Qui est le croque-mort ?
L'autre m�decin.
Je vois.
4 janvier 1942.
J'�cris ces mots en secret, dans la peur et dans la terreur.
Il faut qu'un parent vienne me r�clamer,
sans quoi je resterai ici � tout jamais,
condamn�e � l'enfer sur terre.
J'ai eu une enfance heureuse dans le comt� de Sligo.
J'ai appris la musique avec mon p�re.
J'aimais mon p�re.
En mourant, il a emport� le coeur de ma m�re.
Elle a gard� ses habits de deuil, imaginez,
nuit et jour, jusqu'� ce qu'ils l'emm�nent.
Elle a gard� ses habits de deuil jusqu'� ce qu'ils me la prennent.
D�s que j'ai vu Michael McNulty...
j'ai su que je l'attendrais toute ma vie.
Jamais je n'aurais rencontr� mon aviateur
sans le monstre � la moustache.
Quand la guerre atteignit Belfast, je perdis mon emploi.
Je fus �vacu�e vers la R�publique, qui n'�tait pas en guerre.
J'allai chez la soeur de ma m�re,
tante Eleanor,
servir dans son salon de th�.
Retrouver le Ballytivan de mon enfance,
c'�tait comme entrer dans un conte de f�es.
Un monde paisible, coup� de toute r�alit�.
Je prends vos valises ?
Merci.
Bonjour, Roseanne.
Tu as fait bon voyage ?
En avant, filles de rien.
Ma soeur.
Allons-y.
Tout le monde �tait le bienvenu chez ma tante.
Catholique ou protestant, seule comptait l'apparence.
Le placement �tait strict.
Il y avait la salle
et ceux qu'on servait dehors.
Et ceux qui n'�taient pas admis.
Voyez celui-ci.
Pauvre Joe Brady !
Il est mort � l'asile de fous en haut de la ville.
Je pourrais avoir un...
anneau ?
- Sucr�. - Un beignet.
Malgr� mon bonheur,
les avions de combat au-del� de Ben Bulben
me rappelaient en permanence que la guerre n'�tait pas loin.
L'arm�e de l'air anglaise lance un appel aux hommes valides d'Irlande
Bonjour.
Rose, du salon de th� de Mme Prunty ?
C'est moi.
Je suis Michael McNulty.
Des tabacs et spiritueux McNulty ?
C'est �a.
Nos mondes sont oppos�s.
Les oppos�s s'attirent.
Vraiment ?
Je vais partir quelque temps.
J'esp�re vous voir � mon retour.
J'ai �t� enchant�e, Michael.
Moi aussi, Rose.
Rose ?
Rose Clear ?
C'est moi.
On s'est vus, autrefois.
� l'enterrement de ta m�re.
Tu as oubli� comment �a se passe � Ballytivan.
Choisis bien tes amiti�s.
- Comment �a ? - Ton camp.
Dans quel camp es-tu ?
Le n�tre ou celui des Britanniques ?
Les McNulty sont des commer�ants.
Pas fr�quentables.
Ils mangent � tous les r�teliers. Tu saisis ?
Choisis bien ton camp.
Je t'aurai � l'oeil.
Arr�te, Michael McNulty !
Arr�te !
Guettez-moi, l�-haut.
Vous avez travers� � la nage ?
C'est dangereux l�-bas
quand la mar�e change.
Sous la surface, on est battu comme du beurre.
Je suis une bonne nageuse.
Les dames ne doivent pas venir ici.
Il n'y a pas d'�criteau.
Pas besoin d'�criteau.
C'est la r�gle depuis toujours.
Je l'ignorais.
Vous n'�tes pas d'ici.
Vous devez nager l�-bas,
de l'autre c�t� de la digue.
D'accord.
Je vous pardonne, cette fois.
Vous �tes policier ?
Non.
Sauveteur ?
� ma fa�on.
�a ne veut rien dire. Vous �tes sauveteur ou pas.
Vous �tes boucher ?
Boulanger ? Fabricant de chandeliers ?
Vous n'avez peur de rien.
De quoi aurais-je peur ?
De quoi ?
Ici, une femme ne regarde un homme dans les yeux
que s'ils sont mari�s.
Je ferais mieux d'y aller.
Je vous d�pose ?
- Je ne pr�f�re pas. - Tr�s bien.
En regardant en arri�re, quelque chose m'a dit de ne pas vous laisser.
Une petite voix ?
Non. Une voix puissante et surnaturelle.
Si je monte, vous me laisserez ressortir ?
�a d�pend o�.
Ballytivan.
Je vous d�poserai l�-bas.
Promis ?
Promis.
Vous travaillez � Ballytivan ?
Chez ma tante Eleanor.
Mme Prunty ?
Et vous ?
J'�coute les probl�mes des gens.
Psychiatre ?
Vous devriez descendre ici.
Et votre promesse ?
C'est une petite ville. Les gens pourraient jaser.
Merci.
Je me demandais quel secret il cachait
Pardon, mon p�re.
Le p�re Gaunt ?
Je n'ai pas tu� mon enfant
Mon b�b� est n� apr�s les derni�res jonquilles
Un jour, mon fils viendra me r�clamer
Vous allez passer la nuit ici, docteur ?
�coutez �a.
"21 juillet
"1969.
"Des hommes sur la Lune � la t�l�vision. Irlandais.
"L'un d'eux s'appelle Michael.
"Pourrait-ce �tre mon fils ?
"Si loin,
"si libre et audacieux.
"Je me sens pousser des ailes."
Elle ne croit pas que son fils est mort.
Qu'est-ce que c'est ?
La sonate "Au clair de lune", je crois.
C'est fascinant.
Tout va bien, mon p�re ?
� merveille, Mme Prunty.
Rose, occupe-toi du p�re Gaunt.
Bonjour, Rose.
Voyons �a.
Vous �tes protestante ?
Nous ne sommes pas tous parfaits.
Un Earl Grey, allez. Je n'en ai pas chez moi.
Il tient son nom du 2e comte Grey.
Pas du premier ?
Du 2e. Il a �t� Premier ministre de l'Angleterre il y a 100 ans.
- Et ce th� lui rend hommage ? - Oui.
Ces Anglais sont �tranges.
�tes-vous des leurs ?
Pas du tout. Mon coeur appartient � l'Irlande.
Ce sera tout ?
Il me traquait et me suivait
Je ne savais pas quoi faire
Je ne pouvais pas dire non
Elle �tait avec le pr�tre.
La protestante ?
- Vous en �tes s�r ? - Certain. Je les ai vus.
Ta m�re �tait une sainte.
La vertu incarn�e.
Elle n'aurait jamais regard� un homme.
Et puis, elle a rencontr� ton p�re. Neuf mois plus tard, tu naissais.
Ils se sont mari�s entre-temps, pour les convenances.
J'�tais une enfant de l'amour.
Avec la m�re que tu as eue, tu dois faire attention.
Il n'y a rien entre lui et moi.
Si tu revois le p�re Gaunt, je te renvoie.
Bonjour, Rose.
Elle m'a regard�.
Tu es s�r que c'�tait toi ?
Et voil� qu'il descendit du ciel,
comme promis.
C'�tait forc�ment lui.
�a ne pouvait �tre que Michael.
Il esquissa une danse pour moi, seul dans le ciel.
Et il repartit vers la guerre.
Je le suivis des yeux
jusqu'� ce qu'il disparaisse � l'horizon.
La plupart des hommes de Ballytivan
�taient des rustres.
La clique des tailleurs.
Desi.
Eamon.
Barry.
Le patron, O'Donnell, et le doux Jack Conroy.
Rose !
C'est bien votre nom ?
Rose Clear.
�a vous dirait de sortir ?
O� �a ?
N'importe o�.
Au cin�ma ?
Au bar autoris� aux protestants ?
Pour �a, il vous faudrait de bonnes mani�res.
J'apprendrai. J'apprendrai les bonnes mani�res.
Apprenez d�j� le respect.
Alors, Jack, �a a march� ?
Courrier de Stephen Gaunt
Presbyt�re de Ballytivan
Je vous soumets le cas de Roseanne Clear...
Un caract�re but� plus qu'une inclinaison au mal...
Une beaut� tentatrice...
Des tendances � la nymphomanie...
Seigneur ! Crois-moi,
tu ne te fais pas d'id�es.
Vous dansez, Rose ?
D'accord.
Vous �tes un roc.
C'est faux.
Je suis fragile.
Pas si pr�s, Joe Brady.
Laisse la place au Saint-Esprit.
Laisse la demoiselle respirer.
Prenez donc ma place.
Qu'avez-vous ?
�a ne va pas ?
On nous regarde.
Vous �tes parano�aque.
Comme ma m�re ?
Je ne veux pas me donner en spectacle.
Je vous aime, Rose.
C'est la v�rit�.
L�chez-moi.
Regardez-moi dans les yeux, comme l'autre jour.
L�chez-moi.
Rentre chez toi.
Vous aguichez les hommes.
Ne vous ai-je pas dit de baisser les yeux ?
Vous ne baissez pas les v�tres.
Je suis pr�tre.
Vous �tes un pr�tre avec des d�sirs d'homme.
Laissez-moi en dehors de �a.
- Tante Eleanor... - J'ai un commerce � faire tourner.
Pardon.
Ne vois-tu pas le pouvoir que tu as sur les hommes ?
Fais tes valises.
�a va aller, toute seule ici ?
L'Allemagne vous parle.
La grande offensive contre la France
est termin�e.
La victoire a �t� totale.
Partout dans le monde, on s'interroge :
quand l'offensive sur le sol britannique sera-t-elle lanc�e ?
Michael !
Rose.
Par l� !
Ne restons pas ici.
En avant.
Partez !
Parlez moins fort.
Par l�.
Par ici.
Venez !
Il faut vous cacher.
Ouvrez.
Tu es donc ici.
Ouvre.
O� est-il ?
R�ponds-moi
ou je te prends � m�me le sol.
L�chez-la.
Elle cache le tra�tre anglais !
C'est une putain, �a se voit dans ses yeux !
Poussez-vous.
Dehors.
Tu as choisi le mauvais camp.
Viens, Conroy.
Il va mourir...
Tom !
Forces arm�es britanniques
En r�compense � l'officier McNulty
pour avoir tent�, au p�ril de sa vie, de sauver son camarade Tom Craven
Tom...
Qui est Tom ?
C'�tait un ami.
D'o� viennent vos br�lures ?
Notre avion a pris feu.
Tom a br�l� vif.
Je n'ai pas r�ussi � le sortir.
J'en ai r�chapp�
et il y est rest�.
Ce sont les al�as de la guerre.
Comment va votre main ?
L'eau me fait du bien.
J'avais presque oubli� ce bruit.
La bataille qui se livre au-dessus de cette �le
depuis quelques semaines
a r�cemment atteint une intensit� in�gal�e.
La gratitude de tous les foyers de l'Empire
va aux aviateurs britanniques
qui, malgr� les incertitudes, changent le cours de cette guerre
par leur bravoure et leur d�vouement.
Je vais bient�t devoir y retourner.
Je pourrai bient�t la d�marrer.
Une victoire pour notre flotte.
Sur le front terrestre, frapp� par de terribles pertes civiles,
nos valeureux aviateurs sillonnent sans rel�che le ciel
dans leurs Spitfire pour d�fendre leur patrie...
Cachez-vous.
Je me d�barrasse d'eux.
Vous ne pouvez pas vivre seule, ici.
�a me convient.
Il me faut une gouvernante.
Je peux entrer ?
Ce ne serait pas convenable.
Il ne vaut mieux pas.
Pourquoi ?
Pour votre proposition,
laissez-moi le temps.
J'ai besoin de temps.
Du temps.
Tr�s bien.
Je crus qu'il �tait parti sans me dire au revoir.
La solitude m'envahit � nouveau.
Mais diff�rente.
Comme si je perdais une partie de moi.
Puis je vis les fleurs qu'il m'avait laiss�es.
Vous voulez un cigare ?
Vous en avez ?
Oui.
Je ne dis pas non.
Ils viennent de St. Malachy.
L'asile ?
Ils cultivent leur propre tabac.
Les patients deviennent fous sans leurs cigares.
Dieu leur vienne en aide.
Il est infumable ?
Ce soir, c'est le meilleur cigare du monde.
Cordon-bleu et musicienne ?
Je jouais du piano.
Mon p�re m'a appris.
J'aimerais vous entendre.
�a lui rappelle Michael.
Le v�ritable amour.
Puis-je ?
� quoi pensez-vous ?
� ma m�re.
Elle aimait mon p�re � la folie.
� sa mort, elle est devenue folle et on l'a enferm�e.
Je me dis parfois
qu'elle avait peur de l'amour.
J'ai peur que vous mouriez.
Vous m'attendrez ?
T�chez de faire attention � vous.
Je peux y aller.
Que faites-vous ?
Je vous la donne.
Pour bravoure face � l'ennemi.
Michael !
Ne partez pas.
L'interpr�tation du songe
Ne bouge pas.
Qui est-ce ?
Ce n'est rien. Je m'en occupe.
Veux-tu �tre ma femme ?
Tu veux m'�pouser ?
Oui.
Je te veux pour moi seul.
Tu n'as pas de bague.
Maeve. Merci.
D�sol� pour l'attente.
Bienvenue. Votre nom ?
Rose Clear.
- Formidable. - Michael.
Avez-vous l'alliance ?
Par l'�change de cet anneau,
je vous d�clare mari et femme.
Certes, c'est une bague de cigare,
mais Dieu ne fera pas la diff�rence.
Qu'attendez-vous, Michael ?
Embrassez-la.
Bravo !
Merci, mon p�re.
"R�v�rend".
F�licitations. Tous mes voeux de bonheur.
En route !
Souris.
Mme McNulty, allons faire vos valises et partons d'ici.
Arr�te-toi.
Va-t'en.
Il y a quelqu'un � l'int�rieur. Va-t'en.
Allez-y !
Tu reviendras, mais pars.
Je reviendrai !
Va-t'en, Michael !
Des tendances � la nymphomanie...
P�re Gaunt ?
Ne vous g�nez pas, Anne.
J'ai cru que �a concernait la paroisse.
Pardon. Je n'ai rien vu, je suis affreusement myope.
Vous �tes la seule famille qu'il lui reste.
C'est tellement triste !
Rien ne vous frappe dans ce rapport ?
Tenez-le � la lumi�re.
On voit � travers.
Le pr�tre a martel� les touches, il croyait � ce qu'il �crivait.
�pelez "nymphomanie".
N-Y-M
P-H-O-M...
A-N-I-E.
Il savait l'�crire.
Et ce sergent qui affirme l'avoir vue tuer son b�b� avec une pierre,
franchement...
Je n'ai pas tu� mon enfant. Ce sont eux.
J'ai baptis� mon fils.
Je lui ai donn� le nom de son p�re.
Avec le sel de la mer et de mes larmes.
Vous �tes mon jury.
Un homme et une femme.
Un homme et deux femmes.
Un homme, une femme, deux personnes.
Je veux �tre jug�e �quitablement
par les deux personnes en qui j'ai confiance.
Avant de mourir.
Vous avez trouv� mon mari ?
Il est mort ?
J'ai un mandat pour vous conduire � l'asile de St. Malachy.
Pourquoi ?
Suivez-nous.
Je ne peux pas partir ! Michael pourrait revenir !
Vous �tes ici � la demande de votre unique parente, Mme Prunty,
et sur la foi du t�moignage du p�re Gaunt.
Pourquoi ?
Comportement sexuel
de nature d�viante.
Avez-vous trouv� mon mari ?
Mme Prunty affirme que vous n'�tes pas mari�e.
Vous avez l'esprit d�rang�, comme votre m�re.
Il faut vous stabiliser.
- Nous allons vous garder. - Je n'ai rien fait.
Ce sera tout.
- Vous �tes ici chez vous. - Venez, mon enfant.
Vous �tes � l'abri.
Nous prendrons soin de vous.
Sortez.
Si tu veux rester de ce c�t�, mets-toi au lit sans faire d'histoires.
Tout de suite.
Assise !
Il faut qu'ils voient que tu manges.
Je m'en occupe.
Assez. Sortez-la du lit.
Sortez-la !
Sanglez-la.
Tais-toi.
Voil� ton porridge.
Tenez-la.
Ouvre la bouche.
Salope !
Ouvre ta sale bouche.
Ouvre !
Ouvre, ou je te casse les dents.
On va devoir te nettoyer.
Laissez-moi !
Je veux mon mari !
Laissez-moi !
Tu vas te faire mal.
Bonne petite.
C'est ici que �a se serait pass�, dans les rochers pr�s de la digue.
Vous aviez raison, c'est magnifique.
Je me demandais... Pourquoi avez-vous accept� ce cas ?
Je devais r�gler les papiers de la maison de mes parents.
Je venais ici aux vacances d'�t�.
Mon p�re hurlait quand je nageais � mar�e haute.
Je n'imagine pas ce que �a fait d'�tre enferm�e pendant 50 ans.
Elle est l�, mon p�re.
Bonsoir, Rose.
Nous devons rester dans la pi�ce.
Je sais que vous avez refus� mes visites.
Mme Prunty ne signera pas votre sortie.
Mais si vous �tiez mari�e...
Vous comprenez ?
Je suis enceinte, mon p�re.
Descends.
L'enfant serait du pr�tre.
Le p�re Gaunt ?
J'aimerais l'entendre en confession.
Tu l'imagines ?
Il faut envoyer ce tabac � St. Malachy.
Que vas-tu faire de ton b�b� ?
Comment �a ?
Il sera adopt�.
Tu n'en veux pas ?
Je n'ai pas le choix. J'esp�re qu'on l'enverra en Am�rique.
Tu esp�res ?
Pour �a, il doit �tre bien portant.
Sinon, il passera sa vie ici.
Silence ! Au travail, vous deux.
Grande nouvelle, soeur Sarah !
Les jumeaux ont enfin �t� adopt�s.
On les envoie � Boston.
N'est-ce pas merveilleux ?
Vous ne me prendrez pas mon b�b�.
Non.
Il restera ici.
Depuis quand es-tu parmi nous, Teresa ?
Depuis que je suis n�e.
Depuis qu'elle est n�e.
C'est d�j� une chance.
Certains malheureux ne survivent pas.
Va fermer la porte de derri�re � ma place.
D�p�che-toi.
C'est Stephen !
Vite !
- Elle a perdu la t�te ? - Elle va se noyer.
Ramez !
Elle est perdue.
Continuez.
Elle ne s'en sortira pas.
Continuez !
Mon p�re.
L'enfant est de vous ?
On va droit sur les rochers.
Continuez !
Rose !
Seigneur !
Elle tue le b�b�.
Dieu tout-puissant.
Mes souvenirs...
Ils m'ont pris mes souvenirs.
Ils les ont effac�s � l'�lectricit�.
C'est vous ?
C'est moi.
Que s'est-il pass� quand le b�b� est n� ?
Il est sorti et il a pleur�.
J'ai coup� le cordon et il a pleur�.
Et ensuite ?
O� est ma croix ?
Vous savez,
pour bravoure face � l'ennemi.
La croix.
D'o� venait-elle ?
- De Michael. - Son nom de famille ?
Michael McNulty.
Vous �tes s�re ?
Aussi s�re qu'on puisse �tre s�r.
Comment �tait le b�b� ?
C'�tait un gar�on.
Un magnifique gar�on.
Vous croyez que je l'ai tu�,
comme les autres ?
Non, Lady Rose.
Il y a quelque chose de malade chez les gens
qui les emp�che de voir la v�rit�.
Seigneur.
Les yeux de l'amour ne peuvent pas se tromper.
Le reste n'est qu'illusion.
Excusez-moi.
Je n'aurais jamais d� couper le cordon
qui me reliait � mon enfant
- Vous savez �couter. - Merci.
Et dans l'intimit� ?
Vous discutez ?
Seulement apr�s deux verres de plus.
Parlez-moi de vous.
Ma m�re m'aimait
au-del� de la raison.
Elle parlait tellement qu'elle aspirait tout l'oxyg�ne.
Et mon p�re �tait un taiseux.
�a pour "Pr�pare le th�."
�a pour "Passe la serpilli�re."
Et �a pour "Aide-moi, je meurs."
Il �tait �tendu par terre
et il essayait de me dire quelque chose.
"Ta m�re..."
J'ai dit : "M'aimait ?"
Il a fait...
Il se d�signait, alors j'ai dit : "Tu m'aimes ?"
Il a fait...
Il manquait un maillon.
L'archev�que vient souvent marcher ici.
De l'autre c�t�, �videmment.
Pourquoi ont-ils fait appel � moi ?
Je ne sais pas.
Je suis seulement l� pour vous conduire.
Elle est r�veill�e !
Elle a noy� le b�b�.
Il �tait du pr�tre ?
Les hommes.
Pauvre petite.
La pauvre petite.
Je peux le voir ?
Ton b�b� est mieux l� o� il est.
Comment �a ?
Il est mort.
Non.
Si.
Non.
Tu es rentr�e � la maison.
Je veux mon b�b� !
On va veiller sur toi.
Je m'appelle Rose McNulty.
Je n'ai pas tu� mon enfant.
Je m'appelle Rose McNulty...
Infirmiers, tenez-la.
Goutti�re.
Enfoncez-la.
Tenez-la fermement.
Bonjour, mon amour.
Tu viens me ramener � la maison ?
Oui.
Michael est mort, Rose.
Ils l'ont tu�.
Qu'est-ce que tu racontes, Michael ?
Michael est mort.
Tu viens me ramener � la maison ?
�coutez-moi.
Michael est mort.
Michael...
Il est mort.
Dites � Rose que je l'aime
et que je pensais � elle.
Ils l'ont tu�. Je suis navr�.
Vous devez partir.
Je suis navr�.
J'ai des consignes.
Stephen !
Ne me laissez pas.
Tout va bien.
�a va aller.
Tout va bien, Rose.
Je suis navr�.
Michael ?
Ram�ne-moi � la maison.
Infirmiers.
Infirmiers !
Tout va bien.
Que faites-vous ?
Regardez-moi.
O� est Michael ?
Vous l'avez tu�. Vous !
Infirmiers !
- �a va ? - Reculez !
Vous l'avez tu� ! Qu'en avez-vous fait ?
O� est-il ?
- Vous l'avez tu� ! - Arr�tez.
�a va aller, regardez-moi.
Tout va bien.
Asseyez-vous.
�a va aller. Tout va bien.
Michael...
Vous l'avez tu� !
Infirmiers !
Sanglez-la � son lit.
On s'en occupe.
Je confiai mes souvenirs au "Livre de Rose".
Ils devinrent moi et je devins eux.
4 janvier 1942
J'�cris ces mots...
Mon testament cach�
et moi
ne faisons qu'un.
Repose en paix, Michael McNulty
Je vivrai pour son enfant
J'ai accept� que Michael �tait mort.
Je n'accepte pas que mon fils soit mort.
�a a laiss� un trou dans mon coeur,
qui ne sera combl� que si mon fils vient me r�clamer.
Dr Grene.
Vous n'avez pas � rester l�.
Allez dormir quelques heures.
Dites-moi, y a-t-il un rapport d'internement ?
�videmment.
Je vous le sortirai.
Merci.
Vous r�fl�chissez trop. Le bus sera l� demain � midi.
Elle doit partir.
Elle n'a pas de famille.
Personne ne viendra la r�clamer.
Faites-lui entendre raison.
Ce sera mieux pour elle.
Asile de St. Malachy
Nous avons r�admis Roseanne Clear hier soir.
Le sergent Doolin l'a vue frapper son enfant.
Il semble que le courant ait emport� le corps.
Vous avez lu la version du sergent ?
Des deux, qui croyez-vous ?
Je la crois, elle.
Comme c'est �tonnant !
�a va, Rose ?
J'ai r�v� que je retrouvais mon fils.
Vous pouvez me relire le passage ?
"Il n'y avait ni calendriers ni pendules dans notre foyer.
"Nous ne savions donc pas la date de naissance de nos b�b�s.
"Mon b�b� est n� apr�s les derni�res jonquilles,
"quand les pommiers �taient en fleur."
Quand �tes-vous n� ?
Il y a deux versions.
D'apr�s ma m�re, le 1er mai. D'apr�s mon p�re, le 2.
Regardez �a.
Mlle Clear s'est enfuie du foyer pour jeunes m�res
et a accouch� le 1er mai 1942.
Secr�tariat de Monseigneur l'archev�que S. Gaunt
C'est quoi, cette histoire ?
Titres de propri�t�
Certificat de bapt�me
Pour notre fils, Stephen
Le bus va arriver.
Ne nous obligez pas � vous endormir.
Pourquoi, Dermot ? Expliquez-moi.
C'est l'�glise.
C'est comme �a.
Cher Stephen,
Je suis ton p�re depuis 40 ans et je t'ai aim� toute ta vie.
Tu nous as �t� donn� quand tu �tais b�b�.
Un cadeau de Dieu qui a combl� notre existence.
Le pr�tre a dit que ta m�re �tait morte.
Plus tard, il nous a dit la v�rit�.
Mon p�re !
C'�tait un homme tr�s tourment�.
Pardon de ne jamais avoir r�ussi � te le dire.
Ton p�re, Martin Thomas Grene
PS : cette m�daille appartenait � ton vrai p�re,
un homme courageux.
C'est Michael qui t'a envoy�, n'est-ce pas ?
Oui.
Allons-y.
O� �a ?
� la maison.
� la maison.
Tu viens me ramener � la maison ?
Oui.
Adaptation : Emmanuelle Boillot
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