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Original subtitles

...

-Je laisse 5 cm entre mes costumes,

mais pour toi, je passe à 3.

-Plaisir d'offrir, joie de recevoir.

-En rangeant, j'ai retrouvé la photo de ma promo.

-Bruno Baligan ?

-Oui. Tu le connais ? -Un dingue.

Je suis dans une soirée chiante et je dis : "Je veux voir la mer."

5 min après, j'étais dans sa Porsche direction Deauville.

Un type brillant.

-Il a quand même échoué dans une banque en ligne.

Et ça s'est terminé comment, votre escapade iodée ?

-Mal.

Sa mère a porté plainte pour le vol de sa Porsche.

Je me suis retrouvée en garde à vue.

Comme papa était avocat, ça s'est vite réglé.

On est rentrés en train.

-Je préfère.

Et ce pauvre François ?

-Pourquoi "pauvre" ?

-Parce qu'il n'y a qu'une place de DG France.

Il va falloir le dégommer.

Ceci dit, ça n'a jamais été une foudre, ce François.

-Il a quand même fini major de ta promo.

Il a eu de la chance.

*-Marceau reprend la direction juridique.

-Bravo, Marceau.

*-Sibylle, quant à elle,

est chargée des acquisitions immobilières

de tous nos Mini Market de proximité.

Elle est où, Sibylle ?

-Là. J'étais avec la concurrence, mais ils ne veulent pas de moi.

Alors j'accepte le poste.

*-Un dernier point

très important... On prend le buffet d'assaut !

Allez.

-T'as vu sa robe ?

-Ouais, j'ai vu. Elle est sublime avec.

-Tu veux un secret ?

Elle est encore mieux sans.

-C'est quoi, ton planning ?

-Demain, Bayonne.

Une vieille quincaillerie familiale, 1 246 m2 en centre-ville

et un propriétaire sans âge.

-C'est négocié ?

-J'ai commencé au téléphone, mais il ne comprend pas bien.

-Il faut absolument que tu signes cette boutique, Sibylle.

On t'a donné de quoi être convaincante ?

-J'ai. Je la sens bien, cette affaire.

-Le Pays basque, je connais : des gens sympathiques mais rugueux.

Une affaire de famille, tu dis ? -Depuis 1896, oui.

-Pas les plus faciles.

Fanfare

-Je suis pas à Euro Disney.

C'est les fêtes de Bayonne.

C'est signé, Dijon ?

Quoi ?

Le notaire te ballade, Marceau.

Bon...

Je l'appelle. Je l'appelle.

Acclamations

...

Je viens de... Mais...

Je vais conclure une affaire au Pays basque.

Je prends un notaire basque.

Ah !

Ça va pas, non ? Mais c'est pas possible.

Jamais vous ne travaillez, ici ?

Oui, maître. Je ne prends pas de notaire basque, en fait.

Plus jamais je mets les pieds dans ce pays de frapadingues.

On chantonne.

...

On est les leaders de la grande distribution.

-Moi aussi, j'ai la plus grande quincaillerie de la ville.

-On a déjà un point en commun. Et vous... Vous avez quel âge ?

-Je sais pas quel âge... C'est tellement vieux.

-Vous avez l'âge de profiter de la vie. Hein ?

Vous aimez quoi ? Les voyages ? Les voitures ?

Les belles voitures ?

-La pêche. -Très bien.

Vous allez pouvoir vous acheter un beau bateau pour la pêche,

la balade, même le ski nautique.

Voilà 50 000 euros.

Pour vous.

Vous signez, on bloque l'affaire.

-50 000 ? C'est pas assez. C'est grand, ici.

-C'est les 10 % pour le compromis. On était d'accord il y a 5 min.

-Oui, mais... 5 min, c'est pas assez.

-Je rajoute 10 000 euros.

Mais c'est tout.

On signe tout de suite, sinon je reprends tout.

On chantonne.

Coriace le pépé, mais je l'ai eu.

100 000 pour le cash et 500 000 euros pour les murs.

-Mais non ! Mais ça vaut le triple.

T'es une tueuse, chérie.

Tous les deux, on va bouffer la boîte.

Alors reprenons.

Elle chantonne.

...

-Chérie, chut. C'est mon passage préféré.

Musique classique

-Pardon.

...

-Écoute, là. Quand les chœurs reprennent, c'est...

...

Sonnette

...

-Bonjour.

Sibylle éternue.

-C'est ce jasmin dans votre parfum.

-Je ne vais pas en changer.

Alors, ça y est ? Vous vous installez ?

J'ai raison, n'est-ce pas ? -Gagné.

-Ne fondez pas une famille tout de suite.

Moi, j'ai eu Gaëtan à 46 ans. Ils ont 20 ans d'écart.

Pour rester jeune,

il faut mettre bas le plus tard possible, hein, mon petit ?

-Une étable à me conseiller ?

-C'est bon, maman. T'es venue faire quoi ?

-Je pars mardi en thalasso, mais Gaëtan doit valider un stage

pour sa prépa après le bac, qu'il aura avec mention. Hein ?

-Ouais, ouais.

-Un stage en terminale ?

-Au cours Gunnarsson, si.

Beaucoup de surdoués, comme lui. La méthode norvégienne.

1 500 euros par mois, mais...

-Je sais, c'est moi qui paye. J'investis dans la France de demain.

-Mon banquier devait le prendre en stage.

Mais aucune parole,

tous ces cravatés.

Alors cerise au kirsch de chez Pariès.

Une usine à kilos, mais je craque.

-Ah non, merci, non.

Je risque de faire un œdème de Quincke.

-Vous êtes allergique à tout. C'est dans la tête, ça.

-Je peux pas le prendre en stage.

On démarre les budgets cette semaine

et c'est super confidentiel.

-Et vous, Sibylle ?

Vous n'êtes pas allergique aux jeunes, j'espère.

-Il est vraiment fort, ce Schiffman.

-80 % de ses théories étaient dans mon mémoire.

-Vous êtes surdoués, dans la famille.

-Gaëtan est le roi des branleurs.

J'ai l'impression qu'il y va, sur la fumette.

-Comme toi.

Si t'arrêtes, j'arrête. -Tu fumes pas.

-Ben, la pilule.

-Attends, chérie. On a le temps.

Et puis, je ne suis pas encore DG de la boîte.

-Ben moi, je ne vais pas attendre la ménopause.

Vibreur

...

-Allô ? *-Raphaël, il y a une couille.

Le vieux est sous curatelle. Son neveu a la signature.

Tu lui as bien donné 100 000 euros ?

-Pardon ?

-L'objectif, c'est surtout de signer ce magasin.

Le boss y tient énormément.

-Je vais aller voir le neveu. C'est vendu d'avance.

-Pas sûr. Il fait quoi ?

-Il s'appelle Ramuntxo... Un nom à coucher dehors.

Il fait

des espadrilles à Sare.

-Que fais-tu là ?

-Je venais pour mon stage. -Oui, le stage.

Bon, speed. On a un train dans une demi-heure.

Il soupire.

En basque -Qu'est-ce qui se passe ?

-Je suis lyonnais. Il a fait un peu de tachycardie.

Mais il va bien.

-Merci.

-Elle a 200 ans, cette boutique.

Et moi, je l'ai vendue.

-T'es sous curatelle. C'est moi qui signe pour toi.

-À un supermarché, en plus.

-Il vaut rien, ce papier.

-Tonton, on est basques.

Il n'y aura jamais de fromage chinois ou de jambon de Roumanie, ici.

-Elle m'a donné plein de billets. 100 000 euros.

Elle m'a dit qu'avec,

je pourrais faire

du ski nautique.

-Si je l'attrape, cette Sibylle Garnier,

je vais lui faire faire du ski nautique au fond du port.

-Ferran, tu l'as mis où, l'argent ? Hein ?

-Je l'ai caché,

mais je sais plus où.

Je me rappelle plus.

J'oublie tout, Ramun. J'oublie tout.

-100 000 euros, ça mérite un peu de ménage, non ?

Elle te les a donnés, t'es sûr ? -Je suis pas baoul.

Elle va me les demander.

-Ben là, tu feras le baoul. Tu ne l'as jamais vue.

-La pauvre.

Elle était si jolie.

-Elle le restera.

Mais elle a voulu t'escroquer. C'est tant pis pour elle.

-Alors la boîte a fait 80 000 euros de chiffre d'affaires ?

-Ça végète à mort.

-On va récupérer les thunes chez le vieux ?

-L'objectif numéro 1, c'est de signer la boutique. Allez.

-Ah, des barres...

Il y a un poney, là. Regarde. Des barres...

Vous le faites souvent, de filer du black

pour pécho des boutiques ? -Rarissime.

Mais évite de le mettre

dans ton rapport de stage.

Et parle moins fort.

Il rit.

Merci, monsieur. Au revoir.

C'est un boui-boui.

Tu connais Edward Schiffman ? -C'est un DJ, non ?

-Non. C'est le pape du néo marketing californien.

J'ai suivi sa master class

"Négocier à la baisse".

Leçon numéro 1 : l'effet de surprise.

Elle actionne la poignée.

-Ah ouais, la surprise, c'est qu'il n'y a personne.

Aboiements

-Bon...

L'homme parle en basque.

Bonjour, monsieur. Je cherche Ramuntxo Bert...

-Beitialarrangoïta.

Vous allez à la salle des fêtes et vous demandez Ramun

de la part de Goïgoitchea.

-Je m'en rappellerai. Allez.

Bonjour. Je voudrais 2 places. C'est combien, l'entrée ?

-C'est gratuit.

Sinon, il n'y aurait personne.

-Elle a dansé une nuit Dans le monde et le bruit

Toutes les seguidillas

Et par un beau clair matin

Elle a pris le chemin Qui mène à Santa Filla

Mais malgré son sourire Et son air engageant

La Belle de Cadix

N'a jamais eu d'amant

Chi-ca, chi-ca, chic Ay, ay, ay

Chi-ca, chi-ca, chic

Ay, ay, ay

-Tu vois, Gaëtan, c'est ça, la France.

-Oh, des barres.

-Merci.

-Il faut lui retirer les piles.

-Maman...

-Bonjour.

Un kalimotxo ?

-C'est quoi ?

-C'est local, comme moi.

...

-Il y a plein de saveurs...

-Du vin avec du Coca.

-C'est trop dar, ça.

-C'est vrai qu'il fallait y penser.

Je cherche Ramun...

-Chut. Il finit de chanter.

-Et ma joie est profonde

Lorsqu'à mon bras

Maman

Tu mets ton bras

-Espadrilles et sérénades. Là, on touche le fond.

-Ramun, il y a une dame qui veut te voir... Sibylle Garnier.

-Elle n'a pas traîné.

-Ici non plus, tu vas voir.

-Calme-toi, Ramun. Tu viens de sortir.

-Bonjour. -Ah. Bonjour.

-Alors, ça vous a plu ? -Formidable. Ça m'a...

-Non. J'avais pas le cœur.

J'ai perdu un oncle cette nuit.

-Quel oncle ?

-Ferran. Celui de Bayonne. -Merde !

Enfin, mes condoléances.

-Là, ça pique.

-Un homme discret. Je suis arrivé trop tard.

-Qu'est-ce qui lui est arrivé ?

-Une femme lui a fait signer des papiers pour sa acheter boutique.

Quand il a compris l'escroquerie, le cœur a lâché.

-Oh, merde.

Le pauvre.

-Elle a abusé d'une vieille personne.

-Non, elle n'a pas...

-Je déteste la grande distribution.

Ils se gavent en exploitant les petits producteurs.

Je préfère mes tomates bio. -C'est les meilleures.

-Vous vouliez quoi ?

-Vos espadrilles.

-Il me manque des couleurs.

-Bravo pour votre imitation de Tino Rossi.

-Ouais, merci. C'était Luis Mariano.

-Oh, la balayette qu'il t'a "mis". Bon. On rentre ?

-Si tu veux réussir dans la vie, il faut t'accrocher.

Et parler français.

C'est "se", la balayette qu'il t'a "mise".

-T'as fait mourir Ferran. J'aime pas ça, moi.

-Là, au moins, on est débarrassés d'elle.

-Elle peut nous faire un procès. -De quoi ?

Il sort d'une caisse noire, leur argent.

Puis, on sait pas où il est.

-Ça te va bien, ce jaune banane.

-C'est citron, pas banane. -Vieux citron alors.

-Ça va ?

Ça va ?

T'as enterré ta langue ?

-Contrôle Urssaf.

-On refait le coup de la surprise ?

-Il nous connaît, maintenant.

Leçon numéro 2 : le cheval de Troie.

-Ah ouais.

-Ils me foutent un contrôle Urssaf.

-Je te passe les caisses de vieillesse, de jeunesse...

-Ils vont nous mettre dedans.

-Chante pour nous.

-Pour vous ?

Vous vous mariez ?

-Je fais les robes.

-Enfin... Pour mes brebis, surtout.

-C'est quoi, cette connerie, là ?

-Au Japon, le bœuf de Kobe, ils lui mettent du Mozart.

Les gens se l'arrachent.

-On pourrait

faire pareil avec Luis Mariano.

-Ma cousine Felizia,

elle nous a décroché un reportage.

Toi, tu chantes,

moi, ça me fait de la pub.

-Moi, je parle de mon miel...

-Je suis rentré à la maison pour être tranquille.

-Je vais te faire un costume et...

-Et rien du tout.

-Mais je fais pas carnaval. J'ai ma fierté.

-NOUS AUSSI, OH !

-Rebonjour.

On se disait

qu'on voulait des basiques, pour commencer.

-Commencer quoi ? -Je traque les produits locaux.

Et là, je fais du sourcing pour mon concept store.

-Les sourcils,

les stores... Le français,

c'est plus difficile que le basque.

-Vous avez raison.

Dans ma boutique, il y aura un coin

avec des produits basques : jambon, piment...

et vos espadrilles.

-J'ai plus de stock.

-Mais nous, on en a.

Xabi, éleveur de fromage.

-Patxi, apiculteur. Médaille d'or. Altzibar, demain, tu montes la dame.

-Mais je peux pas.

-Ramun, alors. Franchement, c'est pas une corvée.

-J'ai pas de voiture.

-Prends celle d'Altzibar. -Ben, ouais.

Demain, vous goûterez mon fromage.

-Je veux m'en débarrasser et ils me la collent.

-À l'hôtel Arraya, vous serez bien.

-Faites péter une grosse ventrée de morue.

-Je penserai à faire péter la morue.

-Tu vas vraiment en acheter ?

C'est chelou, le marketing de Schiffmol.

-"Schiffman", Gaëtan.

-J'avais pris de l'avance.

Juste je te montre.

Lurex italien haute couture. Céline Dion ne met que ça.

-Elle porte ça si elle veut. Moi, jamais.

-C'est ton choix, je le respecte. -Mais ?

-Mais ne viens plus jamais me parler de solidarité

et de fraternité du peuple basque.

-Mais mets-le, toi. Je te ferai le playback.

-C'est pas à ma taille. -Ben, maigris.

-Je peux même pas en faire des torchons.

"Maigris..."

-J'ai qu'une chambre de libre.

-Ça continue.

Ça te dérange pas ?

Il rit.

Quoi ?

-Si ça te fait plaisir...

-Ça n'a rien à voir, il n'y a pas de place.

T'as combien, de moyenne ?

-Ils ne mettent pas de notes.

-Ils devraient.

C'est par où ?

-Ce soir, c'est marmitako.

C'est du poisson mariné au piment d'Espelette.

J'ai chargé en piment.

*-Il faut que tu fasses signer le neveu.

Tu l'as vu ?

-Non.

Il arrive demain à cause de l'enterrement.

-*Tu le harponnes. Tu dois rattraper le coup.

-J'ai compris. Je suis pas débile. *-Excuse-moi, chérie.

Heureusement, avec Gaëtan, t'es moins seule.

-Oui, c'est sûr.

-Allez, trouve une solution.

Il soupire.

...

-Ça, c'est bien. C'est parfait.

Elle va faire quoi du miel et du fromage ?

-En bouffer tout l'hiver.

Aïe !

Fais attention.

-Tu bouges comme un asticot.

-Ça fait 2 heures qu'on y est.

-Voilà. OK.

Moi, je la trouve choupette.

-La Parisienne, c'est pas mon genre.

-La Basque ne t'a pas porté bonheur. Pantalon.

-Quoi ? -Tombe le pantalon.

-Ils filmeront que le haut.

-Mariano portait pas un jean.

-Mariano, il avait une ferme et des vaches.

Tu le sais même pas, ça.

-Ça va, monsieur Je-sais-tout. Pantalon.

Orage

...

Elle regarde une vidéo en anglais.

...

Elle crie.

Sonnerie

...

-Vous répondez sur le portable de Gaëtan ?

-Il dort. Le mien a cramé avec... Avec l'orage.

-Nous, on a très, très beau temps, ici.

Bon. Le labo vient de m'appeler.

*Gaëtan a une mononucléose. -Il faut faire quoi ?

*-Mais le bourrer de vitamines D.

Notez, Sibylle.

*Anchois, escargots crus, graisse de canard,

harengs à l'huile...

-J'ai la gerbe, avec vos trucs. Je vous rappelle.

On frappe.

-Oh, pardon.

-Non, c'est mon beau-frère.

Enfin, futur. On n'est pas encore mariés.

-C'est pas votre stagiaire ?

-Si, c'est mon stagiaire.

Il n'y avait qu'une chambre.

Il fait une école norvégienne, pour faire l'ENA.

-Il roupille déjà comme à l'Assemblée.

Tenez, prenez ça. Vous serez plus à l'aise.

Allez, on y va.

-Un Euro Market,

c'est pratique, le soir.

Tout n'est pas à jeter, dans les supermarchés.

-Si, tout. C'est de la merde.

-On va où, déjà ? -Chez Xabi.

À Camou-Cihigue, à côté de Kakouetta.

-À part cacahuète, j'ai rien compris, Ramon.

Avec "Ramon", je me raccroche à quelque chose.

-Oui, à un jambon.

Ça veut dire jambon en espagnol. Moi, je m'appelle Ramun.

-Ramun.

Mais alors vous êtes français ou espagnol ?

-Ni l'un ni l'autre.

Je suis basque !

C'est le diminutif de Ramuntxo.

-Oui, oui. Ben, oui. Ramuntxo, le Basque.

Je raccorde.

Elle éternue.

-Vous avez froid ? -C'est les brebis.

Je suis allergique aux poils.

-Fais-nous goûter.

En basque -Tu as tout sorti ?

-J'ai vidé la réserve.

J'ai eu ton message.

C'est elle, la saloperie qui a voulu arnaquer Ferran ?

-Vous dites quoi ?

-Que c'est bien d'aider les petits producteurs.

Mets-lui 10 de celui-là

et 20 des gros.

-Des gros ?

-Faut pas en prendre trop.

Xabi, elle paye comptant.

Fais-lui un petit quelque chose.

-Je fais aussi des bérets.

Je vous l'offre.

-C'est sympa, ça.

-Patxi dit qu'il fait le meilleur miel du monde.

-Je vais rester dans la voiture.

Une piqûre et je peux y rester.

-Ne vous inquiétez pas, on est très bien équipés.

-Tenez.

Goûtez-moi ça. Soulevez le...

Bourdonnements

Voilà.

Alors ?

...

-À tomber.

Je viens de me rappeler,

j'en ai déjà commandé.

-Ah non, ne le vexez pas. Tiens, Patxi, mets-lui 50 kilos.

-C'est beaucoup.

Si vous êtes une amie de Ramun,

je peux faire une exception.

50 pots à 30 euros le kilo,

ça nous fait, 3 fois 5... 1 500 euros.

TTC.

-Ah oui.

C'est pas perdu. Ça se conserve ?

-Oui.

-Cool.

-Voilà.

-Merci bien.

Par contre, une abeille est rentrée.

-Quoi ? Elle est où ?

Elle crie.

En basque -Elle est allergique.

Elle peut y rester. -Il n'y a pas d'abeille.

Depuis le contrôle, elles sortent plus de leur ruche.

-Arrêtez de bouger.

Vous allez l'exciter.

...

-Elle a déjà dû s'envoler.

-Attention !

-J'ai une tête de mouton.

-Je la cuisine avec du piment d'Espelette.

Ah, le piment ! On l'a oublié.

-C'est pas grave.

-Tu fais quoi ?

-Je soulève des pierres.

-C'est bien.

-T'as été chez le coiffeur ?

-Pas du tout.

Pourquoi tu soulèves des pierres ?

-C'est un homme.

Gaëtan, ta mère a appelé. Tu as une mononucléose.

-Des barres.

-Il faut que tu manges du cacao et des anchois.

-C'est un peu bizarre, comme mélange, non ?

-Pas plus que le vin et le Coca.

Non, attendez. J'ai pas fini. J'ai des trucs à vous demander.

-Allez, allez.

Allez.

-T'as cramé ton portable, OK. Mais le type, tu l'as vu ou non ?

-C'est un ours qui ne bouffe que ses tomates,

ni propre ni sale.

Ah oui, il fait Luis Mariano aussi.

*-C'est pas impossible de le faire signer.

-Oui, mais c'est un borné, lui.

La pente est vraiment raide. *-Il va falloir que tu la grimpes.

Invite-le au resto, le chanteur de Mexico.

-Tu veux que je couche ?

-Avec Luis Mariano, tu ne risques rien.

Fais ton job et signe.

Attends !

*Avec sa mononucléose, Gaëtan ne doit rien porter,

sinon il peut se déchirer la rate.

-Elle a dit pourquoi elle était là ? -Non.

Elle a craqué du chéquier.

Tu l'aurais vue, un petit piaf pris dans la glue.

-À propos de piaf, un aigle est passé cet après-midi.

Aranxa t'a laissé

son numéro de téléphone.

Elle a aussi dit qu'elle serait là ce soir et qu'elle serait seule.

-Tiens, regarde.

Des fois, il vaut mieux être mal accompagné que seul.

-Je me disais... Pour vous remercier de cette super journée...

Si on dînait ?

-Excellente idée. C'est moi qui vous invite.

Au concours de l'Irrintzina. -De quoi ?

Il crie.

...

*-16, 18...

18, 21.

Formidable prestation d'Altzibar.

-C'est le cri

du berger basque.

-D'accord.

*-Je retourne au bar. Les gens ont soif.

-Une si petite voix...

-C'est son petit côté féminin. Il est styliste.

-Non. -Si.

Il a été petite main chez Balenciaga à Paris.

Maintenant, il est grosse main à Sare.

-Allez, c'est parti.

Cri

...

*-Magnifique prestation de Ramuntxo. Bravo, Ramuntxo, bravo.

Le 1er lot de cette formidable soirée est cette magnifique tronçonneuse.

-Une tronçonneuse ?

Avec moi, il n'y a plus de main du tout. Oh là là.

-Tenez. -Doucement, l'ysanxia. C'est mon 3e.

-"Izarra." Lysanxia, c'est un calmant.

Là-dedans, il n'y a que des herbes.

Hop. Cul sec.

...

Ouais ! Bravo !

*-Là encore, formidable. Formidable, Jean-Pierre.

C'est une soirée exceptionnelle pour ce festival des Irrintzina.

-Je dois vous parler.

-Ramun, tu viens ?

Chanson basque

...

-Alors, ça vous plaît, le Pays basque ?

-C'est beau, mais macho.

Il n'y a que les hommes qui crient, que les hommes qui dansent...

-C'est la fête, c'est normal.

-C'est la fête, mais c'est macho.

-Non, faut pas dire ça, non.

Bon. Allez, j'y retourne.

...

-Ça, c'est le fandango de Sare.

Entre le bas et le haut du village, c'est pas le même.

-C'est pas simple, votre bled. -Disons que ça se mérite.

Vous vouliez me parler ? -Oui.

Je me fous des espadrilles. Même si on est bien dedans.

*-Une charmante demoiselle frisée comme un petit agneau

m'a fait une remarque.

-De qui il parle ?

-À mon avis, c'est vous.

*-Il paraît que nous sommes des machos.

Huées

Mais, mais, mais...

Force est de constater que ce soir, nous n'avions que des hommes.

Eh bien, je l'invite à venir me rejoindre et à tenter sa chance.

-Vous ne pouvez pas refuser. Allez, allez-y.

Ouais !

Elle crie.

...

*-Alors là, je ne compte même pas.

Je pense que nous avons la gagnante de cette soirée.

-Oh, des barres.

*-Voilà, délicieuse frisette, le 1er lot,

cette tronçonneuse.

Et vous gagnez par la même occasion une bouteille d'Izarra.

-Vous avez une sacrée voix.

-Je voulais être chanteuse.

Mais j'étais première de la classe, alors j'ai fait des études.

-Tant pis pour vous.

-Ouais.

Musique pop

...

-Tu veux que je te fasse un tatouage ?

-Je sais pas. Pas ce soir.

-Demain. Rendez-vous 13 h au carrefour de Zugarramurdi.

-OK.

...

-Je savais pas que tu venais.

-T'as déjà perdu mon numéro ?

-J'ai essayé de l'apprendre, comme pendant la clandestinité,

mais il veut pas rentrer.

...

-Tu viens danser ?

-Je suis accompagné, Aranxa.

...

-Ramun, c'est chaud. J'appelle les pompiers ou quoi ?

...

-Je dois y aller.

-Je vous raccompagne.

-Non, c'est juste à côté. Merci.

-OK.

-Je dois vous parler, mais... Mais demain, hein.

C'est bien demain aussi, "Moumoune".

-Moi, c'est Ramun.

-Moumoune, Ramun, Betzazigouille,

Patachi Patacha, Tarax...

Que des noms de médicaments génériques.

Je vais y aller. -À demain.

-Elle tient la route, la petite. -Ne commence pas, Aranxa.

-C'est triste, de rentrer seul après toutes ces années de prison.

-Pas plus que de traîner seul dans les bars.

Sibylle chantonne.

Elle rit.

Qu'est-ce que vous faites ?

-Occupé.

Gaëtan avec...

Elle a les cheveux roses.

-Venez.

-Ah non, non. Je monte derrière.

Si je vomis dans votre belle voiture...

Allez.

Oh, merde ! Ma tronçonneuse. -Elle est là.

-Ah. Elle est là.

Allez.

J'ai une branche qui claque chez Raphaël.

Elle claque et clac, clac, clac...

-Ouais, d'accord.

Tenez-vous bien. -Ouais.

Allez, roule, ma poule !

Choc

-Qu'est-ce qu'elle fout, putain ?

-Elle négocie. Elle joue gros. Et toi aussi.

On lui dit quoi, à Olivier ? -Rien.

On attend. Elle va trouver une solution.

François, il faut que ça reste entre nous.

-Ça va, tu me prends pour qui ?

L'amitié d'abord, le business après. -Pareil.

-Pourquoi tu m'en as pas parlé ?

-J'ai pas voulu t'emmerder avec ça.

-Tu m'emmerdes pas. Tu me fais juste perdre 100 000 euros.

-Sibylle va jamais lâcher l'affaire.

Elle va revenir avec la signature. Je m'en porte garant.

-Il est parfait. Pas encore marié et déjà solidaire.

-C'est-à-dire ?

-Raphaël, moi aussi, j'ai des comptes à rendre.

Si ça foire, vous remboursez la boîte avec votre argent

et tout le monde garde sa place.

Vous avez 48 heures.

-Je la mets là ?

-Quoi ?

C'est quoi, ce truc ?

On est où ?

-Chez moi.

Il est 11 h 30.

-Il s'est passé quoi ?

On n'a pas... On n'a pas... Je me rappelle de rien.

-Il ne s'est rien passé.

-J'ai mal à la tête.

Ça poisse. -Arnica, camphre

et saindoux.

Vous aviez une belle bosse.

Petit déj ?

-J'ai mal partout. Vous m'avez roulé dessus ?

-Vous participez à la finale d'Irrintzina.

-Quoi ?

Mais quelle horreur !

Quoi ?

Ils en ont fait 2 pages.

-Une étrangère qui gagne, c'est historique.

Sacrée pub pour votre boutique.

-Je n'ai pas de boutique.

Vous allez tomber de haut.

Je suis là pour acheter la quincaillerie de votre oncle.

-À qui vous avez proposé de faire

du ski nautique. -Quoi ?

Vous saviez ? -Oui.

-J'ai acheté

1 500 euros de miel.

-Vous avez abusé d'un vieil homme malade.

500 000 euros. Une honte.

-Le marché a baissé.

-C'est pas vrai.

-L'immobilier, c'est mon métier.

Bon. Vous voulez combien ? -C'est pas à vendre.

Jamais je le signerai, votre papier.

-Je lui ai donné 100 000 euros en espèces.

Je veux les récupérer.

-C'est illégal. -Les accepter aussi.

-Désolé pour vous.

-Arrêtez de me prendre pour une conne.

Je suis sortie major d'HEC, moi.

-Ben moi, je sors de prison.

-De prison ?

Si je signe pas cette boutique, je serai virée.

Je viens pas d'un milieu friqué. Mon père était... cordonnier.

Des petits commerçants. Un peu comme vous.

J'ai reconnu l'odeur de la colle dans votre atelier.

Ça a été des années d'efforts pour en arriver où je suis.

-Voler les gens, c'est pas bien, Cosette.

-Cosette s'est fait arnaquer. -Vous, la victime ?

-500 000 euros, c'est beaucoup, pour vous.

-Vous parlez beaucoup trop fort.

-OK.

Et je peux téléphoner ? En chuchotant.

Il ne veut pas signer.

*-C'est le merdier total.

François nous a balancés à Olivier.

-Alors là, on n'a plus qu'à rembourser la boîte.

-Comment ça, "on" ? *-On est en couple,

on va vivre ensemble...

J'ai pas un sou de côté.

-Si je débloque mon épargne avant 2025, je perds tous mes intérêts.

-C'est tout pour moi ?

-C'est ta boulette, ma chérie. Sinon, tu le fais signer.

-Vous avez un train dans 1 heure.

-Elles sont magnifiques, ces montagnes.

-Si je retrouve les 100 000, je vous les rends.

Ne vous mettez pas dans cet état. C'est que de l'argent.

-C'est pas ça.

Pourquoi on ne peut jamais compter sur vous, hein ?

Je parle des hommes que j'ai connus.

-Il y en a eu beaucoup ?

-Pierre, l'architecte, est parti avec les plans de la maison.

John, le trader,

il a décidé de se faire une vasectomie à 28 ans.

Là, c'est moi qui suis partie. Et Raphaël.

Lui, il range ses chemises avec un rayon laser. Voilà.

Je vais vous épargner les autres. C'est que les trois derniers.

-Vous pouvez compter sur moi pour vous ramener en ville.

-Merci.

Je peux prendre une douche ? Ça pue vraiment, votre truc.

Merci.

-Rien n'a changé.

-Sauf que t'es plus chez toi.

Tu veux quoi ?

-Te remercier.

-De quoi ? D'avoir pris 6 ans pour vous couvrir Nuno et toi ?

-Nuno, c'était une erreur.

-On parlait de mariage.

-J'ai déconné. Je suis revenue pour toi.

-Je ne veux plus entendre parler de toi ni de la lutte armée.

Va-t-en.

-Je suis revenue te chercher.

On part où tu veux. J'ai beaucoup d'argent.

-De l'argent ?

-Dis-moi où t'as planqué les armes.

-C'est fini, tout ça.

-J'ai des mecs qui sont prêts à payer 300 000 euros.

On serait heureux, comme avant.

Ça non plus, ça n'a pas changé.

Cri

Ramun !

-Il y a quelqu'un ? -Va-t-en.

-Quoi ? C'est miss tronçonneuse ?

-La miss a fait HEC. Ça me change un peu.

-Douche de merde !

-Classe.

-C'est glacé ou bouillant.

Ah.

-Goïtz, Aranxa.

-Pour l'eau tiède,

il faut tourner le robinet du lavabo en même temps.

Elle n'est pas là depuis longtemps.

T'es sûr ?

-Pourquoi "coït" ? -Goïtz.

C'est très joli, en basque.

-En français, ça fait star du porno. Qu'est-ce qui vous a pris ?

-C'était le caniche de ma mère. Alors, je sais pas, vos cheveux...

-Là, c'est des barres, vraiment.

-Quand même.

-Je suis sincèrement désolée pour votre oncle.

-Quand c'est l'heure, c'est l'heure.

-J'ai attaqué trop bas.

620 000 euros, dernière offre.

Oui, je sais. Là, c'est pas pareil.

-Vous savez, le caniche de ma mère... -Oui, Coït.

-Je l'ai jamais aimé.

-650 000.

650 000 !

Mais quel con !

-Ma chérie, tu vas où ? -Ah, papa.

Cueillir des pommes. Je ferai une tarte.

-À ce soir.

-Bisou. -Bisou.

Gentille, serviable.

Si sa mère

la voit, de là-haut... Elle peut être fière.

-Tu vas où ? -Au carrefour du Zobi...

-Zugarramurdi. -Oui, c'est ça.

-Monte.

-Une tuerie, cette teuf.

Et Sibylle gagne le concours de cri de porc.

-De berger. Tu le fais exprès ou quoi ?

Gaëtan rit.

C'est elle, la femme de ton frère ?

C'est ta belle-sœur, en fait. -Ils sont pas encore mariés, quoi.

-Elle se fait pas chier, la bergère.

Et ils vont se marier ? -J'en sais rien, moi.

-Et elle fait, dans la vie ? -Elle achète des gens.

Il rit.

-Tu peux arrêter de rire ?

-J'ai pris une vidéo. Regarde. -J'en ai rien à foutre.

Mirentxu ?

Qu'est-ce que vous faites là ?

-Ben...

Tu dis rien à mon père.

-T'inquiète.

-Je te bande les yeux. -Un otage, quoi.

-Oui.

-C'est vrai qu'on dirait un otage.

-Tu trouves ? -Ouais.

Bouge pas.

On repasse à 20 h.

-OK.

Tu viens ? -OK.

-Vas-y.

On ouvre la porte.

-Vous lâchez jamais, vous. Même à 10 millions, c'est non.

-Je cherche Gaëtan.

-Ils sont durs à trouver.

-Elle habite où, la petite ?

-Bon. Dites rien.

Si son père l'apprend, il va le débiter en charcuterie, Gaëtan.

-Ramun, regarde ce que j'ai trouvé. Waouh !

Yes! Top, hein ?

-Ah oui, super.

Où est ta fille ?

-Aux pommes. Pourquoi ?

-Je cherche Gaëtan. Comme ils ont sympathisé...

-Comment ça ?

-C'est des jeunes, bonjour, bonsoir, ça rigole, un jus de fruits...

-Il a bu des kalimotxo, lui.

-Merde ! -Quoi, Ramun ?

-C'est Gaëtan. "Si elle veut le revoir,

"rendez-vous dans 3 heures..."

C'est qui ? -Aranxa.

-Elle veut quoi ? -Des armes.

-Des armes ? Mais quelles armes ?

OK. J'appelle les flics.

-Non, non.

-Mais ils sont où, vos flingues ?

-Il y a 150 Kalachnikov, une centaine de fusils d'assaut...

-C'est la guerre.

-Ton camion.

-T'as un casier.

J'y vais, moi.

-Comme ça, tu verras plus jamais ta fille.

-Bon. Moi, j'ai pas de casier et j'ai pas de fille. Voilà.

-J'ai fait sauter un car de CRS. J'ai pris 8 ans, j'en ai fait 5.

-Avec les CRS dedans ? -Non.

J'ai pas de sang sur les mains.

Elle respire fort.

...

Ça va ? -Oui.

Je respire mon gaz carbonique. Ça me calme.

...

Là.

Les flics ! -Arrêtez.

-Ils m'ont regardée, vous avez vu ? -Calmez-vous.

-J'ai du mal à déglutir. Ça bloque. Vous n'avez rien à boire ?

-On ira boire un petit thé, mais plus tard.

Soufflez dans votre petit sac, c'est bien.

-C'est ça, la planque ?

Je comprends mieux

la boutique invendable. -Je vais ouvrir.

-Ramun !

Ramun !

Votre oncle, le mort, il est là.

-C'est parce que c'était sa volonté. -Quoi ?

-Nous, les morts, on les veille chez eux.

-On les veille de quoi ?

-Dépêchez-vous. On n'a pas le temps.

-Vous êtes un peuple à part.

-Aidez-moi.

-Il y a des araignées, là.

Prenez les flingues, on va faire la chaîne.

-Allez, prenez ça.

-Je vous le laisse, celui-là.

Ils vont tuer des gens

avec tout ça.

-Attendez un peu pour les états d'âme.

Oh, merde !

Mais il est foutu, là.

C'est pas compliqué, d'attraper une mitraillette.

Bac plus 7 !

-J'ai pas fait un master en Kalachnikov.

-Vous allez où, là ?

-Voir les flics.

Il n'est pas mort. Il n'est pas mort.

-Je vous reconnais.

Alors ça y est, tu t'es marié ?

-Vous m'avez raconté n'importe quoi.

Je vous déteste ! Je vous déteste !

-Ah, ces amoureux, toujours prêts à se chamailler, bien sûr.

-C'est pas le moment.

-Rendez-moi l'argent.

-J'ai tout mis sur votre liste de mariage.

Vous faites quoi,

avec ces armes ?

-C'est du rangement, tonton.

Sirène

Ostia !

-C'est vous qui avez tiré ?

-J'ai cru à des voleurs, c'était un chat, j'ai tiré.

-Ouvrez le camion, s'il vous plaît.

-Vous êtes mes invités.

-Vous faites quoi, là ?

-C'est ça, la guerre.

Au fond, il a des jambons et du vin de pays.

-Vous avez séquestré des flics. -Ça se fait, ici.

-Je suis sénile.

Vous allez où, en voyage de noces ?

-Plutôt comment, on n'a plus de camion.

-Et ça, c'est quoi ?

-Ah non. -Si, si.

-Non. -Très bonne idée.

-J'ai arrêté le rayon peinture

en 1987.

Mais il me reste encore du rouge basque.

*-Appel à centrale...

-Ma mère était folle de Luis Mariano.

Quand j'étais gamin, elle me mettait sur la table.

Pour les anniversaires, les mariages, j'attaquais.

Une aventure mexicaine

Sous le soleil de Mexico

Mexico, Mexi...

-C'est loin encore ?

-Je vous raconte ça pour vous détendre, moi.

-Je pensais à Gaëtan.

Si elle le laisse aux trafiquants, ils vont le revendre ou...

lui prendre des organes.

-Elle a dit le petit contre les armes.

Elle va nous le rendre.

Vous avez au moins

6 octaves dans la voix. Peut-être même 7.

Vous feriez mieux de chanter.

On n'a qu'une vie.

-Nourrir les gens, c'est toujours mieux que de les flinguer.

-J'ai flingué personne.

-Kidnapping, trafic d'armes, l'oncle ressuscité, Orangina et vous...

-"Aranxa" pas Orangina.

Vous êtes une grande malade.

Je risque 10 ans de taule pour vous aider.

C'est mieux

que vos 3 derniers mecs.

-Oui, c'est vrai.

-Et merde.

-Bonjour. Contrôle de gendarmerie. Papiers du véhicule, s'il vous plaît.

-Je crois que c'est toi qui les as, chérie.

-Oui.

Je les ai pas oubliés chez ta mère ? Elle m'a énervée avec son caniche.

-Il y a quoi, là-dedans ? -Du matériel.

C'est du matériel qu'on a...

C'est du matériel, quoi.

-De quoi ?

-De notre cirque.

-Quel cirque ? -Le cirque Moralès.

Des frères Moralès. -On commence à pas mal tourner.

Klaxons -Ces papiers alors ?

-Ça ne sert à rien de les chercher, Sibylle.

Je viens de réaliser qu'ils sont dans le... camion de mon frère.

-Gaëtano.

Il a le gros camion, lui, avec le lion,

le chameau, les... les singes...

Enfin, toutes les bêtes.

-J'en ai jamais entendu parler.

-Vos enfants forcément.

Les enfants, ils adorent ça.

-Ça va vous revenir. Écoutez.

Là, vous allez dire

"Moralès, ah mais évidemment."

*-Ce soir dans votre ville,

le cirque Moralès,

ses trapézistes et ses fameux clowns Bouton et Pression.

Le cirque Moralès, à fond la caisse !

-C'est bon, c'est bon, allez-y. -Merci.

Bonne journée.

-Bouton et Pression, ça me dit quelque chose.

-Bouton et Pression ?

Où êtes-vous allée chercher ça ?

-Dans la boîte à souvenirs. Comme Coït, votre caniche.

Ben, un bouquin de gosses. Deux clowns... inséparables.

-Vos clowns m'ont évité de retourner en prison.

-C'est pas faux.

Ça vaut bien une petite signature, hein ?

Ça va pas ?

Vous allez où ?

-Cette boutique, c'est toute sa vie, à mon oncle.

-Il dort tout seul dans son bordel.

C'était le gardien de vos armes. En fait, vous n'avez pas de cœur.

-Pas de cœur ?

On kidnappe Gaëtan et vous, vous pensez à faire du business.

-Nous, les femmes,

on est multitâche.

-La multitâche,

elle va monter là-haut et récupérer le petit.

Peut-être en deux morceaux. Avec eux, on peut pas savoir.

-OK. OK.

Je parle plus de la boutique.

Ne me laissez pas tomber, Ramun. Pas vous.

-Ostia !

-Il y a quelqu'un ?

-Oui, ici, au fond ! -On est là, au fond !

-Il y a quelqu'un ? -La porte !

Les policiers frappent à la porte.

-Reculez.

-Attendez, oh. -Reculez !

-Vous cherchiez quoi ?

-Rien. J'étais en affaire avec le propriétaire avant son décès.

-Un frère ?

-Oui. Gaëtan.

-Gaëtano... C'était l'autre, mais l'autre, c'est lui.

Des trucs de gitans.

-Gitan de quoi ? Je ne suis pas gitan.

-Moralès, c'est pas finlandais non plus.

Votre frère a été contrôlé au volant d'un véhicule de gendarmerie volé.

-Il a pas de permis.

-Il a dit que vous aviez un cirque.

-Avec 2 clowns, Bouton et Pression.

-C'est quoi, cette histoire de cirque ?

Moi, j'habite en plein Paris, dans le 8e.

-Avec une complice, blonde frisottée.

Il l'a appelée Sibylle. Ça vous dit quelque chose ?

-Oui.

Alors là, je comprends plus rien.

-Ben, nous non plus.

-Ils se sont mariés.

-Ils se sont mariés ? C'est pas possible.

-Ils se chamaillent un peu, bien sûr, mais l'amour est là.

J'y vais. Des clients m'attendent.

-Vous reconnaissez avoir séquestré 2 gendarmes ?

-Mais c'étaient des soldats allemands.

Je vous reconnais.

Vous êtes le petit Jean Valjean. -Mais ça va pas ?

Je suis directeur financier chez Euro Market.

Je deviens fou !

-C'est le petit Jean Valjean.

On a retrouvé le petit Jean Valjean. Note-le. T'as un timbre ?

-La chambre de Mlle Garnier ?

Bon. Celle de M. Moralès, alors.

C'est la même ?

Ça confirme, alors. Merci.

-Ça va pas, mon garçon ?

-Mon frère a volé une bagnole de flics et se tape ma fiancée.

C'est rude.

-Le vrai problème, c'est le chômage.

-Il est con, celui-là, ou quoi ?

Sibylle Garnier et M. Moralès.

-Vous êtes qui ?

-Le mari et le grand frère.

-Ils sont pas là.

-Ça va, j'ai compris.

-C'est bon. Allez-y.

Vrombissement

...

-Montez.

-Deux minutes. J'ai une envie pressante.

-Allez, moi aussi.

Elle urine.

...

Craquements

...

-Vous pourriez aller plus loin ? Grognement

...

-Ne paniquez pas.

... Il n'attaque que les moutons.

-Mais je suis un mouton.

...

-Relevez-vous lentement avec les bras en l'air.

Il va comprendre que vous êtes un être humain.

...

Parfait.

Reculez doucement.

-Je dois remonter ma culotte pour courir.

-Surtout pas.

Il crie en basque.

Ça va ? -Oui, c'est bon.

Merde, j'ai pété ma culotte. Qu'est-ce que vous lui avez dit ?

-"Si tu la bouffes, tu vas en crever."

-Vous lui avez dit ça ?

-C'est ce que disait le berger aux loups. Allez, venez.

OK, c'est bon.

On peut agir.

-C'est-à-dire ?

-Vous avez déjà tiré ?

-Oui, pour des peluches à la Foire du Trône.

-Je les entraîne à l'écart,

vous faites exploser le camion. -"Exploser" ? Mais comment ?

-Avec le lance-roquettes. C'est facile.

Vous visez, vous tirez. Là.

-Je touche pas à ça.

-Ils vont tuer des innocents. Vous l'avez dit.

-Oui, mais... -Mais quoi ?

Ici, on est au Pays basque. Et quand on dit, on fait. Allez.

-Mais je suis pas basque, moi.

Je suis née à Versailles.

C'est un cauchemar. Ça marche comment, ce truc ?

Grognement

...

J'espère que t'es bilingue. Si tu me bouffes, tu crèves.

...

Ben, t'es bilingue.

*-Alerte à toutes les unités...

-C'est qui, ce mec ? -T'es flic ?

Parle.

-C'est une voiture volée.

-À genoux, allez !

-T'as piqué une bagnole de flics ?

C'est elle qui te rend aussi débile ? Ça va, les gars. Il est avec nous.

-On garde le pognon.

-Toujours en l'air. T'as pas changé.

-Toi non plus.

-Pas mal, pour une bourgeoise. -Où est Gaëtan ?

-Il est avec Mirentxu. Je les récupère à 20 h.

-Attends.

Voilà. Je l'ai trop réussi. -J'espère. Ça brûle grave.

Sonnerie

-C'est Ramun. -Il doit être avec Sibylle.

-Miren, t'es où ? *-Ben, aux pommes.

-Gaëtan est avec toi ?

-Non. Je l'ai pas vu.

-Dis-moi où il est.

Elles crient.

...

-Vous êtes tarées ou quoi ? Arrêtez, oh !

Arrêtez de vous battre !

-Il est avec toi oui ou non ?

-Oui.

-Il est là.

-Gaëtan, ça va ?

-Elle est complètement barrée.

T'as cru que je l'avais kidnappé ? Mes actes sont politiques.

-Comme trafiquer des armes ?

-Pourquoi t'es avec elle ? Une Française, en plus.

-Elle a un mec. Il s'est rien passé.

-Ben...

Tu veux pas qu'on...

Je sais pas, qu'on... monte une affaire en Espagne ?

-Rentre à l'hôtel et fais ton sac.

-Tu vois ? Je l'ai, l'argent. -Gaëtan ? Allô ?

On y va ?

-Tu fais quoi ?

Laisse-la.

Reste.

Reste avec moi.

-Prends soin de toi, Aranxa.

-Ramun !

-C'était ma culotte préférée.

Ramuntxo rit.

Quoi ? Mais c'est vrai.

-Comment ça, "culotte préférée" ?

-Ben, elle était très jolie. C'était ma culotte préférée.

-Culotte préférée ?

Ostia !

-Waouh !

-Allez.

Alors, la bagnole de flics dans le ravin ?

-Trop cool.

-Ça y est.

Vous êtes une vraie basque.

-Vous ne vendrez jamais, ne revenons pas là-dessus.

C'est débile, non ?

-Taisez-vous. Appréciez le paysage, un peu.

-Je peux parler et regarder.

Analysons calmement la situation.

Les espadrilles, ça coule gentiment, votre maison avec.

Vous avez une bagnole pourrie, une chemise de...

-Quoi ? -De rien.

C'est quoi, cette fierté mal placée ?

-C'est toute mon enfance, cette boutique.

J'ai pas eu de père. Ferran m'a élevé.

-Si vous l'aimez tant que ça, prenez-le avec vous.

Il faut le stimuler, l'entourer.

Il vous a dit qu'il voulait mourir dans sa boutique ?

-Non.

-Des cerisiers ! -Vous n'en avez jamais vu ?

-Là, normalement, je tousse, j'étouffe.

Je suis allergique à la cerise, aux fleurs...

-Calmez-vous. -Je peux en mourir.

-Oh !

Calmez-vous.

Regardez-moi dans les yeux.

Regardez-moi.

Respirez.

Voilà.

Vous avez jamais mangé de cerise ?

-Ah non, non, non.

-Sibylle, la vie n'a aucun intérêt

si on ne connaît pas le goût de la cerise.

Goûtez.

-C'est bon.

-On dirait que vous êtes guérie.

Le béret, c'est pour les hommes.

-Ah oui ?

-Tu aimes ta coupe ?

-Ah !

-Déjà ?

-Non, c'est la rate. -Merde.

-Non, j'y suis, là, Olivier.

Hein ?

Mais on va signer, j'ai pas de doute.

Je te rappelle. Je rentre en réunion.

-Raphaël...

Hé, Raph ! T'es là.

Merci d'être venu. -Tu sors d'où ?

-De nulle part. Ici, c'est la campagne, tu sais.

Il m'est arrivé plein de trucs.

Ah ! Raphaël, Ramuntxo... Le neveu.

-Je vous laisse en famille.

-C'est mieux, je crois.

Comment t'as pu te taper Gaëtan qui n'a que 17 ans ?

-Quoi ? T'es malade.

-Tu mens. J'ai vu le vieux. Il n'est pas mort du tout.

T'as pris le pognon pour vous tirer tous les deux.

-Raphaël, t'es devenu fou ?

Gaëtan, tu m'as fait peur.

Ça va, chéri ?

-C'est juste une fissure à la rate.

-T'as vu tes cheveux ?

Et c'est quoi, cette merde ?

-C'est la croix basque.

Où est Mirentxu ?

-C'est du feutre ?

-Tu as levé quelque chose ? -À cet âge,

ça se lève tout seul.

-Petit con ! Je vais te crever !

Je vais te crever.

-Il est fissuré de la rate.

Pauvre gosse.

-Petit fumier ! Il se tape ma femme.

-Je kiffe pas les vieilles. -Merci, Gaëtan.

-Alors t'as sauté qui ? Toute la ville le sait.

Même les pompiers !

Tu vas me lâcher, le bouseux ?

-Personne.

-Il était avec moi.

-Quoi ?

Mais Mirentxu, ma petite fille, mon bébé...

J'aurais préféré un Basque.

-T'inquiète pas, papa.

Gaëtan fait tout pour s'intégrer.

Et je fais ce que je veux.

-Comment t'as pu croire...? -Désolé, ma puce.

Je suis un con, voilà.

C'est cette pression, Olivier, tout.

T'en es où, avec l'autre ?

T'as réussi à le décoincer ?

-Un peu. -Je vais aller lui parler.

Je vais pas le laisser t'arnaquer. -Laisse-moi faire.

Descends les bagages et appelle un taxi.

-Je fais aussi taxi, monsieur.

-Ça suffit, vos clins d'œil.

-Je suis désolé, mais c'est un toc.

-Bon.

Je dois y aller. -Émouvant, ces retrouvailles.

-J'allais pas lui dire qu'on venait de...

-Tenez, votre promesse. Signée.

-Mais...

Mais pourquoi ?

-Je prends mon oncle avec moi.

-Et c'est tout ? -Vous jouez votre avenir

sur cette affaire, non ?

Et votre bonheur.

-Je fais juste mon job. -Et vous le faites bien.

Vous avez su trouver les mots.

Et les gestes.

-Vous croyez que j'ai couché

pour que vous signiez ?

-Je ne sais pas, Sibylle.

-Maintenant, tu sais.

-Vu ta tête, c'est planté.

-C'est ça.

-T'inquiète pas, j'ai prévu le coup.

J'ai négocié comme un chien.

Baligan te fait 2,18 %.

Intérêts déduits, lissé sur 8 ans.

Tu ne vas pas le sentir passer.

Devine la mensualité ?

-Je suis plus allergique aux cerises.

-Ah oui ?

Trop des barres. -Devant maman,

on verra si c'est des barres.

T'es pas prêt d'entrer à l'ENA, avec cette tête.

-Je veux être berger basque.

-OK. Merci, vieux.

Y a maman qui arrive.

Sibylle !

-Oui ?

-C'est validé avec Baligan. Tu passes signer le prêt

et il envoie directement l'argent à la boîte.

Il y a une nouvelle affaire

à Bayonne, 2 000 m2. -Super.

-Un pli pour Mlle Garnier.

-Vous auriez pu sonner.

-C'était ouvert...

-Pas pour les coursiers.

-Merci.

-C'est quoi ?

Qui c'est qui t'envoie une culotte ?

-C'est Ramun, le neveu, le Basque.

-"Ramun la cheminée."

-Ta gueule.

Il est complètement détraqué, ce type.

C'est immonde. Comme si t'allais porter ça.

T'es malade ? Qu'est-ce que tu fais ?

-Elle me va impeccable.

Je me sens tellement bien dedans.

Vous en pensez quoi ? -Waouh, trop stylé.

-Sibylle, enlève ça tout de suite.

Comment il connaît ta taille ?

-Qu'est-ce qu'il y a comme cartons, ici.

Que faites-vous, mon petit ?

-Rien, Jackie.

Je quittais votre fils. -Ah bon ?

-Quoi ?

-Bonne nouvelle. -Mais pas du tout.

-Gaëtan ! -Sibylle !

Sibylle !

Sibylle, reviens.

Reviens !

Sibylle !

-Il voulait pas venir chez moi.

Il est agrippé à sa boutique.

-Il a dit oui pour une semaine. Tu verras.

-Arrête avec ce pot de peinture. Il est vide.

-Et ça, c'est vide ?

-Ostia !

-C'est l'argent de la petite.

Si on lui vole, hein ?

-Demain, je monte à Paris lui ramener.

-Non, non. Demain, tu chantes.

-Une aventure mexicaine

Sous le soleil de Mexico

-C'est un peu comme avec le bœuf de Kobe,

sauf que là, on leur chante du Luis Mariano.

-Vous chantez toute la journée ? -Presque.

Mais pas nous, Ramuntxo.

-Le premier soir, on se promène

On danse un tendre boléro

Puis le deuxième, on se déchaîne

Plus rien ne vous freine On part au galop

On oublie tout

Sous le beau ciel de Mexico

On devient fou

Au son des rythmes tropicaux

Si vous avez un jour la veine

De pouvoir prendre le bateau

Allez goûter une semaine

À l'aventure mexicaine

Au soleil de Mexico

Mexico

Mexico

Sous ton soleil qui chante

Le temps paraît trop court

Pour goûter au bonheur

De chaque jour

Mexico

Mexico

-Allez...

-Ça te plaît ? -Oui.

-Il est pas mal, le hangar d'à côté. Il est pas à vendre ?

-On n'a pas encore ouvert, tu veux déjà t'agrandir.

-Ben...

-La mère Etchegarray ne vendra jamais.

-Fais-moi confiance.

-HÉ !

Sous-titrage : ECLAIR

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