Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
-Valorgue Bouches-du-Rhône, 323 habitants, altitude 170 m,
..80 km de Marseille, 53 km de Tarascon, gendarmerie..
..et recettes de 5e classe. Industrie, distillerie...
C'est ainsi..
..que le guide de Provence décrit Valorgue. Si vous étiez là,
..vous verriez Valorgue autrement. Je ne peux pas l'expliquer. C'est..
..le monde de la lavande, le blanc des maisons, le bleu du ciel.
Aujourd'hui on a envie de se promener dans cette forteresse,
..qui semble avoir enfermé la joie de vivre.
Mais la ville est déserte.
Car tout le monde est descendu sur la route, pour assister..
..à l'arrivée du 19e prix régional. Les coureurs vont arriver.
Tout le monde est là. La municipalité est au complet.
M. le maire est venu près de notre micro. Nous lui demandons..
..ses impressions sur cette journée inoubliable.
-Oui... Moi...
Il est évident... -C'est l'évidence même.
Et d'ailleurs, tout le monde a compris que l'organisation..
..est parfaite. Tout le monde est là. Vous êtes ému, sans doute ?
Je crois que la réussite sans faire de publicité,
..nous la devons au directeur de la marque qui a fait la fortune..
..du pays. C'est M... -Courtecuisse.
-Noël Courtade dit Courtecuisse. -Dites-moi M. le maire,
..la municipalité est au complet ? -Où est Félicien ?
-Félicien ! -Vous ne l'avez pas vu ?
-Félicien !
Arrête de tourner comme un ours en cage.
Allons voir l'arrivée. Ne sois pas nerveux.
-Je ne le suis pas ! Allons voir l'arrivée...
Ça m'a fait la même chose pour son certificat d'études.
-C'est pas la 1re fois qu'il court ?
-Pour moi, si. Si je vois les 10 premiers et qu'il n'y a pas Justin,
..de quoi j'aurais l'air ? Ils me diront : qu'est-il arrivé..
..au petit, il était dernier ? -Pourquoi...
-Oui, il devrait gagner. Il est jeune, fort, mais quand même...
Il faut compter avec les impondérables.
-C'est quoi les impondérables ? -C'est les crevaisons.
Les erreurs de parcours, la chaîne qui saute.
-Et surtout les accidents ! -Les accidents ?
-Tu crains qu'on te dise qu'il est tombé.
Tu ne penses pas que les autres peuvent être plus forts.
Il n'est pas seul. -Je le sais, sinon il n'y aurait..
..pas de course. Je te le dis, j'ai peur.
Je ne veux pas le montrer. Un père qui se fait du mauvais sang,
..ça ne va pas intéresser. -Ici, tu ne t'inquiètes pas ?
-Si ! Beaucoup plus, mais personne ne me voit.
Je voudrais être sa mère, on se foutrait pas de moi.
-Je ne voulais pas qu'il soit coureur. Personne ne m'écoute.
Pourvu qu'il n'attrape pas une insolation.
-Tu es folle ! Au contraire le soleil, ça l'aide.
*-Voici l'arrivée ! Je reconnais Justin Hébrard. Un enfant du pays..
..qui gagne avec 6 longueurs.
Ovation.
-A ce soir.
-M. Félicien ! -Oh !
Qu'est-ce qu'il y a ? -Votre fils !
-Il a gagné ? -Oui. Il leur a mis 6 longueurs.
-Je te l'avais dit, c'est le plus fort.
Attends !
Prends un croissant et un pain au chocolat. Tu es prête ?
Applaudissements.
-Alors Félicien, tu as manqué ça. -Je ne suis pas arrivé à temps,
..car ma femme n'était pas prête. -Oh !
-Bravo. -Tu l'emmènerais courir à la ville,
..il deviendrait un champion. -Je veux en faire un champion..
..dans la boulangerie. Si je l'envoie à la ville, ce sera..
..pour apprendre la pâtisserie. -Mes chers amis.
-Enlève le chapeau. -Ah !
Et ta casquette ? -Oui.
-La casquette !
-Justin, viens ici. Laissez-moi vous dire toute la joie que j'ai,
..de remettre la coupe à un enfant de Valorgue.
Applaudissements.
-M. le receveur qui lit les journaux, aurait..
..sûrement trouvé des mots plus forts pour marquer..
..d'une pierre blanche, le souvenir de cette journée.
Je me contente de laisser parler mon coeur et je joins..
..dans mes félicitations, le vainqueur de cette rude épreuve..
..et son heureux père, mon ami Félicien.
Applaudissements.
-Mes chers amis. Nous avons fait notre devoir en faisant triompher..
..les couleurs de Valorgue. Mais nous ne dirons pas..
..comme certains "nous ferons mieux la prochaine fois." Car il n'y..
..aura pas de prochaine fois. Nous avons fait notre devoir,
..mais un devoir plus grand appelle mon fils.
Le service de la patrie.
Applaudissements.
-Du fond de l'Afrique... Émile, arrête de boire..
..dans tous les verres. Évariste, surveille ton fils.
Si tu ne veux pas qu'on sache de qui il tient.
Du fond de l'Afrique, au pays des déserts et de la soif,
..il sera le digne représentant de notre petit village.
-Où va-t-il ? -A Alger.
Devant vos marques de sympathie, je ne vous dirai qu'un mot :
..un seul... -Atchoum !
-Merci.
Applaudissements.
-Maintenant, va mon fils et ne t'endors pas sur tes lauriers.
Et prends une bonne douche dans la lessiveuse.
Et maintenant, à la vôtre !
Acclamation.
Il siffle.
-Je t'ai attendu toute..
..la soirée. -Je n'ai pas pu sortir.
Je voudrais..
..te parler. -Quoi ?
-Je voudrais te parler. -Voilà quelqu'un !
Il chante.
-Françoise !
Ouvre-moi.
-Ne reste pas là, on va nous voir.
-Comme ça, on ne nous verra plus.
Tu ne veux pas me laisser entrer ? -T'es pas fou ? Si ma mère..
..t'entendait. -Elle dort.
-C'est pas bien. -Laisse-moi entrer. 1 mn.
C'est le dernier soir. Je voudrais tellement...
-Tais-toi.
Il heurte quelque chose. -Merde !
-Jamais de lampe dans cette rue et ils foutent tout au milieu.
-C'est toi Justin ?
-Ouais, c'est moi.
Bonsoir. -Bonsoir.
Tu rentres tard. -J'ai blagué avec Auguste.
-Ah oui ? Avec Auguste ? -Ouais.
-La discussion devait être animée. Tu es encore rouge.
-Parce que j'ai couru. -Oui, t'as couru.
Va vite te coucher. Car depuis une semaine, tu passes une vie...
Heureusement que pendant 18 mois, l'adjudant te couchera à 21 h.
-Des fois, j'aurai la permission. -Oui, des fois. Mais si..
..tu continues comme ça, tu coucheras en taule.
C'est drôle. Je le sais depuis longtemps que tu t'en vas.
Il me semble que ce soir je viens de l'apprendre pour la 1re fois.
Tu vois, c'est au moment de se séparer qu'on s'aperçoit..
..que c'est bon d'être ensemble. Je sens que pendant 1 an 1/2,
..il va me manquer quelque chose. Ta mère et moi, on va rôder..
..dans cette maison, comme 2 âmes en peine.
C'est bête.
Allez, bonne nuit petit.
C'est la dernière fois que je te dis petit.
Quand tu reviendras, tu seras un homme. Dans le village,
..on ne dira plus : Justin, c'est le petit du boulanger. On dira :
..le boulanger, c'est le père de Justin.
Tu vois quand même, ça me fera plaisir.
Allez va. Va retrouver ta mère. -Elle ne dort pas ?
-Non. Elle t'attend.
-Bonsoir.
-Surveille-toi. Dans ces villes, il y a des mauvaises femmes.
-Je ne suis pas un bébé. -D'autres se sont faits prendre.
Si on ne te fait pas assez manger, va à la cantine.
Tiens, ne le dis pas à ton père. -Sois tranquille.
-Clotilde ! Va voir si la fougasse est cuite.
-Maintenant ? -Oui. Ton fils peut attendre 2 mn.
La fougasse elle, elle n'attend pas.
Tiens, prends-ça. -Merci papa.
-Pas un mot à ta mère. -Ça ne risque pas.
-Si un jour tu sors avec le général, paye-lui l'apéritif.
Allez mon petit... -Au revoir.
Au revoir maman.
-Surtout donne-nous des nouvelles. -Oui.
-Bon voyage.
-Je suis venue te dire au revoir. -Ça me fait plaisir.
-Tu ne m'oublieras pas ? -Je t'écrirai souvent.
-Justin, dépêche-toi. -Ouais.
-Bonjour Clotilde ! -Bonjour M. Arnaud.
-Et Félicien ? -Il s'habille.
-On va être en retard. -C'est ce bouton là ! Ça y est.
Ça me fait quelque chose qu'il soit mort Soulace.
-A 89 ans ! -Oui, c'était à lui.
Combien ça te fait à toi ? -70.
-70 ? T'en as encore pour...un moment.
-Ah.
Tu l'as trouvé le truc pour ne pas vieillir. Tu ne le mets pas..
..souvent à jour ton calendrier. -C'est de la négligence.
Avec le travail que j'ai...
Clotilde ! Où est mon parapluie ? -Dans l'armoire !
Il l'a bloqué le jour du départ de Justin.
Depuis 10 mois, on n'a pas le droit d'y toucher.
-Déjà 10 mois ? -Presque 11.
-Sale temps.
J'y crois pas. -Ah oui.
-Bonjour. -Qui aurait dit ça. A la dernière..
..séance du conseil municipal, il était assis avec nous..
..et maintenant...allongé. -S'il n'était pas tombé,
..il serait encore là. -Ça provient de l'éclairage.
-Non, il avait 89 ans. C'est une rupture de...
-De quoi ? -Enfin, il aurait pu tomber..
..aussi en plein soleil.
-Il est tombé en pleine nuit. Il faudrait finir par faire..
..quelque chose. -Cet éclairage est provisoire.
-Il ne faudrait pas qu'il le reste. -Je propose le même..
..que l'année dernière...
-Pauvre Soulace.
Je disais que je proposerai le même éclairage que l'année dernière,
..avec une lampe en plus au pont des cannisses.
Et une autre à la rue du Président Doumergue.
-Et une, rue du Calvaire. -Très important. Et une autre,
..rue du cimetière. Ce sera plus gai. Ah ! Ah ! Ah !
Je la paierai. -Tu pourrais les payer..
..toutes. -Pourquoi pas une usine ? Hein ?
-Si j'ai bien compris, vous voudriez 4 lampes.
Nous sommes en déficit de 300 000 frs. J'ai le souci..
..d'équilibrer le budget. -Alors on s'en fout que les gens..
..se cassent la gueule ? -Non !
-Si. -Je n'ai pas dit ça !
Chut. -Il n'entend pas.
-Pour combler votre déficit, augmentez le tarif de la bascule..
..publique. -Mais les habitués iront ailleurs.
-Il y n'a que la bascule de la distillerie. Elle n'est juste,
..qu'au-dessus de 1 000 kg.
-Le mois dernier, le cheval de Soulace pesait 704 kg..
..à la bascule publique et 681 à celle de la distillerie.
En 450 m, il a perdu 23 kg. -C'est pas vrai ?
-Demande-lui. Oh pardon.
-Alphonse ! -Oh Mme Zanetti !
-Tu n'as pas vu Françoise ? -Non.
-Elle a dû rater son train. -Sans doute.
-Tu es là ?
Comment es-tu venue ?
-Je vous laisse. -Merci Mlle Négret.
Pourquoi tu n'as pas pris le car ? -J'ai pris le camion..
..de la distillerie. -Ça m'étonnait de ne pas te voir.
Je sais que tu devais arriver aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'elle veut dire là ? Elle parle italien.
Pourquoi elle me demande de ne pas être sévère avec toi ?
Tu n'as pas fait une bêtise ?
Un bébé pleure.
-N'aie pas peur, je ne vais pas crier.
Je ne suis même pas en colère.
C'est un garçon ?
Combien il a ? -2 mois depuis hier.
-C'est toi qui le nourris ? -A moitié.
Je me suis fait tellement de mauvais sang que j'ai presque..
..plus de lait. -Ma pauvre petite.
Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ?
-C'était pas possible.
Je ne peux pas me marier tout de suite.
-Pourquoi ?
Son père t'a laissée ? -Il est parti, mais il ne m'a pas..
..laissée. Il reviendra. Ne t'inquiète pas. Il m'épousera.
-Quand ? -Dans quelques mois.
-Qui c'est ? Un garçon du pays ? -Ne me le demande pas.
Je ne peux pas le dire.
-Alors, il est marié. -Non ! Il ne l'est pas.
Il est soldat.
-Je comprends pourquoi tu ne mangeais plus..
..et que tu avais les traits tirés. Dire que je t'ai laissée partir..
..chez ta tante, car je croyais que tu faisais de l'anémie.
Tu m'as bien trompée.
Elle parle italien.
Tu mériterais que je t'étrangle. Donne-moi ses lettres !
-Je ne les ai plus. -Tu mens.
-Je les ai brûlées. -Tu les as brûlées ?
Qu'est-ce que tu as dit ? Qu'il était soldat !
Et son père ne serait pas boulanger, par hasard ?
-Maman !
Elle rouspète en italien.
... -Eh Mme Zanetti !
Oh...qu'il est beau.
Je le pèse ?
-Vous aurez tout le temps !
Je vous le laisse. Il est de votre fils.
-De mon fils ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
-C'est un débauché, il a séduit ma fille !
-Ne nous emballons pas. Votre fille était en Italie, mon fils..
..à Alger. Comment ils ont fait ?
-Je ne sais pas. Voilà ce qu'elle m'a rapporté.
-Vous osez dire que... Mon fils est un brave petit. Il n'est pas..
..capable de ça ! -Et ma fille, elle ment ?
-Je ne sais pas si votre fille ment...
-Mais... -Mais Justin est soldat depuis..
..septembre. Et costaud comme il est, il n'aurait pas fait..
..un enfant chétif ! -Chétif ?
-Oui ! -Il vous ressemble.
Depuis qu'il est arrivé, il crie ! Le bébé pleure.
-Quoi ? Il me ressemble ? Il ne ressemble à personne de la famille.
Même pas à mon père !
Regardez !
Il ne lui ressemble pas, ni à moi ! Ni à Justin !
Alors ?
Il a les cheveux rouges. Il n'y a pas de rouquins chez nous.
-Il n'est pas rouquin, il est chauve.
-Il est chauve ? Raison de plus.
Reprenez-le votre enfant.
Je ne marche pas ! -La justice vous fera courir !
-La justice ! Vous avez une preuve ?
-Ça, c'est quoi ? -Si Françoise était sérieuse,
..elle saurait de qui il est.
Elle rouspète en italien.
-Que dites-vous ? -Vous en profitez,
..car je suis veuve. -Heureusement.
-Que je sois veuve ? -Oui, ça se règle entre hommes ça.
Elle parle italien.
-D'accord.
Elle parle italien.
-Si je m'attendais à ça... -Avec cette femme, il faut..
..s'attendre à tout. -Félicien, à ton âge !
Tu devrais avoir honte ! -Quoi ?
-De mon temps... -Vous auriez dû vous faire..
..déboucher les oreilles. Foutez le camp !
-Je t'en supplie. -Je ne lui ferai rien.
Viens.
-Il y a une façon de dire les choses.
-Elle était affolée. Elle a dit ce qui lui passait par la tête.
-Alors M. Aussel ? On la fait cette partie ?
-Si vous voulez.
-C'est calme ce soir.
Pardon.
-Ah non !
Ça suffit ! Si vous avez quelque chose à dire, dites-le.
Mais ne m'empêchez pas de jouer. Si Françoise a eu un enfant,
..c'est malheureux. Mais qu'elle ne mette pas ça sur le dos de Justin.
-J'estime Françoise. Elle est honnête. Si elle a parlé de Justin,
..ce n'est pas pour vous créer des ennuis.
-Vous les avez vus ? -Moi, oui.
-Où ? -Rue du Puits.
L'an dernier, avant qu'il s'en aille.
-Rue du Puits ? Il y fait noir et toi tu les as reconnus.
-Je l'ai vu naître Justin. Pas besoin de soleil pour savoir..
..que c'est lui. -Tu avais ton litre de rosé..
..là-dedans. Tu devais y voir clair, comme la semaine dernière.
-Quelle semaine dernière ? -Quand tu as cru ouvrir la porte..
..des W.C et que tu as pissé sur les géraniums.
-Je te remercie de le dire à mon chef et devant tout le monde,
..que je bois. -Je n'ai pas besoin de le dire.
Il le sait. Ton chef. -Ça prouve qu'il était saoul,
..mais ça ne prouve pas que Justin soit innocent.
Il paraît que Françoise a des lettres de Justin.
Ils parlent de ce qu'ils ont fait. C'est une preuve, non ?
-Si elle l'avait fait avec un autre qui n'écrivait pas ?
Françoise est poussée par sa mère. Comme il faut un responsable,
..elle en a trouvé un qui a une situation. Ou Justin l'épouse,
..ou c'est la justice. C'est du chantage !
-Du chantage ? -Oui !
-Ne déraisonnons pas. -Qu'est-ce que vous croyez..
..que c'est Alger ? 400 000 habitants. Il y a au moins 50 000..
..filles de 20 ans, sans compter les fatmas. Il n'avait pas besoin..
..de faire un enfant par correspondance.
-Les filles du village, valent bien les autres.
-Tu as épousé une fille..
..de village, toi ! -Je savais d'où elle venait.
-Françoise vaut bien ta femme. -Un ami de 40 ans, ose comparer..
..Clotilde à cette traînée ? Vieux saligaud, faux témoin !
-Vous perdez la tête. -Taisez-vous ! Tous ceux qui..
..soutiendront cette sainte-nitouche et sa mère,
..ne viendront plus dans mon magasin.
Ils iront ailleurs. A Cugnans. -A Cugnans ?
Il y a 9 km. -Ça te fera les pieds.
-Vous ne ferez pas ça ?
-Oui, je vais le faire. Et pas plus tard que demain.
-Mme Hébrard. Voudriez-vous me vendre ce pain ?
-Laisse-ça !
-Dis-lui que je n'ai pas besoin de son argent.
-Répondez qu'il n'aura pas besoin non plus de mon facteur..
..pour avoir son courrier, en dehors des heures de distribution.
-Mais c'est les lettres du petit que nous attendons.
-Peut-être. Mais pour les porter, mon facteur doit manger.
-Qu'il dise à son facteur d'aller boire. On attendra.
-Parfait.
Quand il nous a dit d'aller à Cugnans, je pensais que c'était..
..un mouvement de colère. Je suis venu voir s'il mettait sa menace..
..à exécution ou s'il avait réfléchi. La nuit porte conseil.
-Il y a 30 ans que je travaille la nuit et que je dors le jour.
-Enfin, quand même.
-Quand on a un mari sans coeur, il ne peut pas en demander aux autres.
-Mon coeur est énorme. Mais j'ai aussi un pied.
Sortez ! Sinon ce pied se flanquera quelque part.
-Je ne réponds plus de rien. -Ils vont piller la boulangerie !
-N'aie pas peur !
Je ne suis pas comme tout le monde. Dans un repas de famille, si on..
..m'en met trop dans l'assiette, ça me décourage et je ne mange plus.
Au lieu de venir ensemble, il fallait venir seul. Vous auriez..
..eu du pain. Vous avez préféré écouter les divagations..
..d'un fonctionnaire, abruti par 30 ans d'administration,
..de 2 imbéciles en uniforme et d'une vieille chouette.
C'est votre droit. Mais les méthodes d'intimidation,
..je ne les aime pas. Je sais pourquoi on vous a monté la tête.
Mon fils est un prétexte. Évariste, tu as toujours regretté..
..de ne pas être le mari de ma femme.
Vous, vous en voudrez toujours aux hommes, de vous avoir laissée..
..moisir comme une figue sèche.
Quant à toi, tu ne m'as jamais pardonné d'avoir demandé..
..ton renvoi au conseil. -Moi ?
-Je ne parle pas dans le dos des gens.
Quand les romanichels ont volé les poules, tu as eu peur !
-Le coup de couteau, c'est toi qui l'aurais reçu ?
-On t'aurait fait de belles funérailles.
-Son attitude étant inadmissible, nous allons...
-Quoi ?
-Calme-toi. -Tu sais comment il est.
-C'est pas parce qu'il est..
..receveur des postes !
-Mme Zanetti,
..la guerre est déclarée. -Que dites-vous ?
-Hébrard a refusé son pain.
-Je n'aurais pas cru ça.
-Faites comme lui. Vous êtes..
..dans votre droit. -Quoi faire ?
-Pas de café, pas de sucre, pas d'huile.
-Ils se débrouilleront.
-On nous veut assez de mal.
-Il faut nous défendre, avec les mêmes armes.
Je n'ai pas capitulé en 40. Je ne capitulerai pas maintenant.
-Bravo chef.
-Félicien a refusé... Brouhaha.
-C'est fini !
-Il a raison ! -Pourquoi ?
Qu'est-ce que tu en sais ?
-Silence MM. !
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Prenez "La prière d'une vierge". Attention, il y a écrit largo.
Allons bien ensemble.
3, 4...
-C'est ça, aller ensemble ?
-Nous refusons de jouer "La prière d'une vierge".
-Pourquoi ? -Jouer ça quand une fille du pays..
..promène l'enfant qu'on sait pas d'où il vient...
-De Justin. -Tu y étais ?
-Je ne jouerai pas.
-Bon, bon !
Silence ! Alors, prenez "La marche des zouaves".
Je ne veux plus vous entendre. Attention.
A mon commandement ! 1 ! 2 !
-Et alors ? -Et alors ?
Puisqu'ils ne veulent pas jouer "La prière...", on ne jouera pas..
.."La marche...". -Justin n'y est pour rien.
-Je ne jouerai pas en l'honneur, d'un fainéant, pendant..
..que son père nous enlève le pain de la bouche.
-Il a raison !
Applaudissements.
-De grandes circonstances nous réunissent aujourd'hui.
Il convient de donner à cette assemblée, le caractère..
..et la tenue qu'exigent les événements. Mon attitude..
..provoqua la réaction sanitaire de l'élément sain de ce village.
-Bravo !
-Cette attitude... -Bravo !
-Cette attitude me désignait comme antagoniste principal.
Et me conférait le redoutable honneur de marcher à votre tête.
Certains de nos concitoyens donnant le pas à l'amitié sur la justice,
..ont cru devoir se joindre au boulanger.
Nous ne nous laisserons pas faire !
Nous avons des moyens d'actions.
Il chantonne.
-Écoute
Félicien... -Tu sais lire ?
-Non mais... -Je te demande si tu sais lire ?
-C'est pas à cause de toi, c'est pour la collectivité.
-La collectivité ? -Oui, on a faim.
-Ah ! Tiens, mange. La prochaine fois, ce sera avec la colle !
-Avec la colle ? -Oui, car c'est fait..
..aussi avec de la farine.
-Ah ! -Vous étiez là ?
-Ignoble individu. Vous vous cachez pour surprendre les femmes ?
-Pour qui vous me prenez ? -Pour ce que vous êtes.
Vous êtes bien le père de votre fils. Satyre !
-Le célibat vous pèse ! Allez vous faire soigner !
-Je saurai me défendre ! -Taisez-vous !
-Ne me touchez pas ! Satyre ! Assassin !
-Le beugle de porc !
-Et alors ? Vous êtes sourds ?
Vous voulez que j'en écrase un ? -On ne passe pas.
-C'est la farine pour Félicien.
-M. Hébrard nous refuse son pain.
Nous lui refusons sa farine. -Vous en avez de bonnes, vous.
Cette farine ne vous appartient pas.
Je dois livrer. Mon patron n'entre pas dans ces détails.
-Le mieux pour toi, c'est de faire demi-tour.
-Où ? Je ne vais pas descendre en marche arrière.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Vous êtes en panne ?
-Ils refusent de me laisser passer.
-Quoi ? -Ne vous en mêlez pas.
Quand le peuple est affamé, l'autorité ne peut plus rien.
Le roi et les empereurs en savent quelque chose.
-C'est pas sérieux.
Circulez !
-C'est sérieux. Nous ne discuterons pas.
-Vous ne discuterez pas ?
Faites circuler. -Allez, circulez.
-C'est de la rébellion ! Je vous préviens..
..une dernière fois. Si vous refusez de circuler,
..je dresse des P.V.
Attention, je compte jusqu'à 5.
1 !
2 !
3 !
4 !
Allons ?
Circulez, soyez raisonnables.
Mettez-vous à ma place.
-M. Félicien ! Ils ont arrêté votre camion de farine.
-Comment ils l'ont arrêté ? -Ils barrent la route.
Je vais chercher du monde. -Non !
-Ma patience est à bout. Je n'hésiterai pas à me servir..
..de mon arme. Dernière sommation !
Circulez ou je tire !
Allons, circulez.
Je vous le demande gentiment.
-Ne me touchez pas ! -Pourquoi je vous toucherais ?
Où est ta 1re ? -A gauche !
-Monte ! -Hébrard ! Félicien ! Descendez !
-Ceux qui ont les pieds fragiles, je les préviens, ça pèse 5 tonnes.
-Il est là M. le maire ? -En bas !
-M. le maire !
M. le maire !
Propos inaudibles.
-Hein ? -Il y a...
-J'entends rien. Viens ici.
Qu'y a-t-il ? Il est arrivé un malheur ?
-Il y en a 2 ou 3 d'écrasés. Je n'ai pas pu voir ça.
Je suis passé devant pour vous prévenir...
-Parle moins vite. Explique-toi. Écrasés par qui ?
-Félicien ! -Félicien ? Coquin de sort !
Dis, tu ne crois pas que tu dépasses les bornes ?
S'ils avaient tenu 3 s de plus, tu serais joli.
A l'heure qu'il est, le village compterait des morts..
..et un assassin. -S'ils avaient tenu 3 s de plus,
..c'est moi qui me dégonflais lamentablement.
Pour "les affameurs au poteau", comme ils ont écrit, dis à ton..
..receveur qu'il le fasse solide, le poteau.
Car les bras bougent plus qu'un paquet recommandé.
-Au nom de notre amitié, vends ton pain à tout le monde.
L'heure est grave. Aux prochaines élections, nous risquons d'être..
..blackboulés. -Je l'attendais ! Il y a que ça..
..qui compte ! Pour gagner des voix, tu piétinerais l'honneur..
..d'un père. -N'exagère pas comme ça !
-Tiens celle-là. Elle raconte que je me suis sauvagement précipité..
..sur elle. La folie des grandeurs. -Tu sais qu'elle est jobastre.
-Non, c'est eux qui la poussent. Ils ont détruit la réputation..
..de mon fils, de ma femme et la mienne. Et je leur vendrais..
..mon pain ?
-J'ai eu du pain, maman. -A la boulangerie ?
-Non. M. Courtecuisse est allé à Cugnans. Il le vend.
-Où ? -Dans son magasin.
-A tout à l'heure.
-Tout le monde sera servi !
Brouhaha.
-Que veux-tu, toi ? Allez, 400 g.
3 pains ? -Combien tu vends tes oeufs ?
-40 frs.
-Il n'est pas net Courtecuisse. Avec sa neutralité comme il dit,
..il vend à tout le monde ! Et il fait du bénéfice !
Ça s'appelle du marché noir. -Je vous rends service..
..et vous n'êtes pas contents ! -Tu exagères !
-J'exagère ? Qui me rembourse l'essence, mes pneus...
-Je refuse de payer 20 frs de plus par kg !
-Adresse-toi au boulanger.
Si vous n'en voulez pas à ce prix, laissez-le. Vous reviendrez.
Ce sera plus cher.
-Profiteur ! -Voleur !
-Ça me rappelle les plus mauvais jours de la commune.
Et ceux de l'occupation ennemie. Grâce à qui ?
A M. Félicien. Et aux amis..
..de M. Félicien. -Les amis de M. Félicien,
..ils vous em... Rires.
-Les amis de M. Félicien vous...
Coup de sifflet.
-C'est le soleil qui vous rend nerveux ?
-On discutait sur les prix. -A coups de ma marchandise !
Je porte plainte ! -Contre qui ?
-Tout le monde. -Contre inconnus.
Évariste, le maire te demande.
-Bien M. le sous-chef de cabinet. Oui, M. le sous-chef de cabinet.
Oui certainement, M. le sous-chef de cabinet.
Merci M. le sous-chef du cabinet. -C'était le sous-chef du cabinet ?
-Oui, le sous-préfet était occupé. -Qu'est-ce qu'il dit ?
-Que s'il fallait déclencher l'appareil administratif..
..quand un garçon et une fille font... On manquerait..
..de sous-chefs de cabinet. On frappe.
-Entrez !
-Vous m'avez fait demander ? -Oui, viens ici.
En attendant de trouver une solution, nous avons décidé..
..de rallumer le four communal. Rends-nous service.
-Moi ? -Tu as travaillé comme mitron..
..avec Félicien, dans le temps ? -Oui, il y a 30 ans.
-Nous n'avons pas le choix. Si nous ne voulons pas que le village..
..soit à feu et à sang, Nous devons faire le pain. Et tu peux le faire.
-M. le maire !
M. le maire !
-Qu'est-ce qu'il y a ? -Il y a le feu, au four communal !
C'est pas de ma faute, je vais vous expliquer.
-Ça va, fous le camp ! Je vous rejoins.
-Bon.
-Il y a le feu !
-M. le curé ! Je vais vous expliquer.
La... -Je sais.
-Je vais vous expliquer. La cheminée...
-Il y a le feu au four ! -La cheminée...
-Ça va !
-Félicien, viens vite ! -Quoi ?
-Il y a le feu au four. -Qu'est-ce qui est arrivé ?
-Oh là là !
-C'est terrible ! La cheminée, c'est pas moi...
-Ça va ! Ça va !
-Vite ! Dépêchez-vous !
-Faites vite quelque chose !
-Tes pompiers, ils arrivent ? -C'est l'inauguration de la pompe.
Pour éteindre le feu, il n'y a plus personne.
-Vous ne pouvez pas pousser derrière ?
-Prends notre place ! -Dis qu'on s'amuse.
-Je n'ai pas dit ça. -Si, tu as l'air de le dire.
-Quand vous aurez fini de discuter, j'ai la pompe sur le bras.
-Allez plus vite ! -Je n'ai que 2 mains.
-Faites quelque chose !
-Vous êtes là ? -Je suis où le devoir m'appelle.
-C'est pas possible ! Vous retenez derrière !
-Mais c'est accroché ! -Où ?
-Jamais j'ai vu ça !
-Je me demande comment le feu a pris.
-Quand on prend un facteur qui a fait mitron il y a 30 ans,
..voilà ce qui arrive. -Je connais un bon boulanger.
Mais je ne pouvais pas lui demander.
-Attention !
-Vous m'avez mis dans une situation délicate.
-Elle serait plus délicate, si vous étiez en dessous.
-Je dois vous dire merci. -Je ne changerai pas d'avis.
Un seau !
-Oh là là !
-Allez, allons-y ! -Oh hisse !
-M. le curé ! Si on pouvait éteindre l'enfer si facilement...
-Je serais chômeur !
-Alors, voilà. -Eh oui.
-Ça s'est pas si mal passé. -Ça s'est même très bien passé.
Pourquoi ? Tu veux remettre ça ? -Ah...
-Oh...
Non mais écoute ce... Klaxon.
Tiens, les voilà. Te presse pas !
On a le temps. Et c'est dans les pompiers, ça.
Avant que tu te remues, on aurait tué un âne à coups de figues.
-Je vais t'expliquer. -Alors ?
-Quand on a voulu sortir la pompe, j'ai pris le truc, mais..
..il y avait la chose qui tenait au...
-Au machin. Allez, va-t-en.
-Que fais-tu là à cette heure-ci ? -Rien M. le curé.
Avant, ici tout le monde s'entendait. Maintenant...
Ce matin la bagarre, les gendarmes, ce soir l'incendie. Les gens vont..
..dire que c'est de ma faute. -Tu n'y es pour rien.
Les granges brûlaient avant toi et elles brûleront après.
-Oui, mais tout le monde est contre moi, même ma mère.
-Tu te fais des idées. Laisse-lui le temps de s'habituer.
-Peut-être, mais je ne sais plus quoi faire.
Je voudrais échapper à ces regards pleins de sous-entendus.
Je n'en peux plus.
-Écoute Françoise. Si j'étais un de ces bons curés de campagne,
..je te dirais de te réfugier dans le prière. Mais je ne le dis pas.
Parce qu'il ne faut pas mélanger le bon Dieu avec ces histoires..
..de clocher. Ça s'arrangera avec le temps. Allez rentre.
-Bonsoir M. le curé.
Mme Zanetti crie. -Qu'est-ce qu'elle a Mme Zanetti ?
Elle parle italien. -Que dites-vous ?
Qu'est-ce qu'il y a ? -Je viens vous dire...
..que ma petite... -Quoi ?
Attendez une seconde.
Que voulez-vous ?
Ça ne vous regarde pas !
-Avis à la population !
Toutes personnes qui auraient vu Mlle Françoise Zanetti et son fils,
..dont on nous signale la disparition, doivent..
..se présenter à la gendarmerie. Qu'on se le dise !
-Avec le petit ?
-Vous voyez, un drame. Elle est allée se noyer avec l'enfant.
A cause de cet assassin de boulanger !
-Voilà ce qui arrive quand on est borné.
-On ne peut pas te reprocher ça. Toi, tu as l'esprit large.
-Parce que une fille fréquente 7 ou 8 hommes, on dit tout de suite..
..que c'est une traînée. -Je n'ai pas dit ça !
C'est une coopérative. D'abord toi, je ne t'ai pas parlé.
Je parle à Mme.
-Mlle.
Mlle Félicie Blanc. -Blanc ?
-Blanc ! Vous savez ce que ça veut dire ?
-Non. -C'était le nom de jeune fille..
..de ma mère. Mon père avait oublié de lui donner le sien.
Il a oublié de revenir, sachant que j'arrivais. Si je suis..
..contre vous, c'est parce que le petit de Françoise s'appellera..
..Zanetti.
-Qu'est-ce qu'il a à voir ? Et que faites-vous plantés..
..comme des santons ! Commencez les recherches. Je sais,
..vous allez dire que je m'occupe de choses qui ne me regardent pas.
-Exactement. -J'aurais dû vous laisser..
..sous la poutre. Et cette affaire ne m'intéresse pas.
Je suis étonné de voir que vous attendez que ça tombe tout cuit.
Tout cuit !
-Qu'est-ce qui lui prend ?
-C'est trop cuit !
Trop cuit !
-Bonjour Mme Hébrard ! -Bonjour M. le curé.
-Ma bonne est venue ce matin pour chercher le pain et...
Il me faudrait 6 flûtes de plus.
-Prenez-les. -Merci.
Marquez ça sur mon compte. -Entendu.
-Au revoir Mme. -Au revoir.
-Oh coquin de sort ! C'est pour vous tout seul ça ?
Depuis quelque temps, vous avez un drôle d'appétit.
-C'est bizarre. -Oui.
-Ce doit être le grand air. -Oui, c'est ça.
Je vous accompagne un bout de chemin.
-Vous êtes inquiet ? Vous n'avez pas reçu de mauvaises nouvelles ?
-Non, Justin nous a écrit hier. Ils ont fini les grandes..
..manoeuvres et dimanche, avec des camarades ils ont mangé le mouton.
Le méchoui, ils appellent ça. Ils y mettent de la menthe.
Vous croyez que c'est bon ? -C'est tout ce qu'il a dit ?
-Non, après ils sont allés... Je ne peux pas vous le dire.
-Vous ne lui avez pas parlé des événements de...
-Si vous croyez que je vais l'embêter avec ça ?
Surtout avec la responsabilité qu'il a. Il est au pointage.
Une erreur de 2 mm peut avoir des conséquences catastrophiques.
-Vous avez bien fait. D'autant plus que, honnête comme je vous connais,
..vous avez dû vous poser la question.
Pas pendant une dispute quand les esprits sont échauffés,
..mais en face de vous-même.
En votre âme et conscience, vous avez dû vous demander :
..est-ce que l'enfant ne serait pas de Justin ?
Si vous avez répondu non, après avoir pesé le pour et le contre,
..vous avez acquis la certitude que votre fils n'y était pour rien.
Vous avez bien fait de ne pas l'ennuyer avec ça.
Car vous vous êtes posé la question ?
-On ne m'en a pas laissé le temps. -C'est très grave.
Les recherches n'ont donné aucun résultat.
-Je sais, puisque j'y étais. On ne disparaît pas comme ça.
Dans la garrigue on trouve plus facilement une femme qu'un lapin.
Mais le petit ? -Oui.
-Vous ne croyez pas qu'il est en danger ?
-Les Italiennes disent : "In caso di pericolo tirare la maniglia."
-Ah oui ? Ça veut dire quoi ?
-En cas de danger, tirez la sonnette d'alarme.
C'est dans les trains italiens. Ceux qui vont à Bella Vista.
Ceux qui en reviennent aussi. -Que voulez-vous que ça me fasse ?
"Ils disent : In caso di pericolo... Comme vous dites.
Ils ne sont pas bêtes ces Italiens. -Je vous laisse.
-Au revoir M. le curé.
"In caso di pericolo tirare la maniglia."
-Vous êtes bien brave, M. le curé. -Et encore merci.
Sans vous...
Ils parlent italien.
-Ah ! Ah ! Ah !
-M. le maire ! Il est parti ! Il est rongé par le remord.
-Vous ne savez pas ce que vous dites.
-Où il est allé ?
-Ne commençons pas à nous énerver. Je vais voir ce qu'on va faire.
-In vettura !
-Pardon M., pourriez-vous me renseigner ?
Je cherche une jeune fille avec un bébé.
Il répond en italien.
-Vous ne parlez pas français ? Je n'y pensais pas.
Scusi.
Scusi.
Il essaie de parler italien.
-Excusez-moi, je ne comprends pas l'italien.
Et je suis de passage. Scusi.
-Scusi.
Passage ? Il ne pouvait pas le dire plus tôt ?
-Scusi.
-Scusi !
-Tavernière !
-Buongiorno.
Il parle italien.
-Yes, euh no.
Gracia.
-Si, si, si.
Dans le pays, il y a une famille Zanetti ?
-Zanetti, Zanetti, Zanetti...
... -Tous des Zanetti.
Ça arrange tout. Vous, pas vu jeune fille avec enfant ?
Jeune fille. Maman avec guili guili...
Bambino. -Bambino.
Pietro ! Julia ! Francesca !
Maria ! Pépino !
... -Non, c'est pas ça.
Tu es sage, oui. Ça va.
-Tout à l'heure.
Spaghettis, non...oui, oui.
Françoise, Francesca !
-Si, Francesca.
No capito ?
Pépito ! Accompagne le signore.
-Des bonbons pour bambino.
Au revoir !
Basta ! Basta !
Scusi. Mme Zanetti ?
-Tante à Francesca ?
-Je ne suis pas de la police. Je suis boulanger.
Parla à Francesca.
Francesca ! -Francesca !
-Francesca !
Guili, guili.
-Que venez-vous faire ? -Ce que je viens faire ?
Je viens te chercher. -De quel droit ?
Je fais partie de votre famille ? Non, alors ?
-Si tu en faisais partie, je ne discuterais pas.
-Je connais vos méthodes. Vous n'aimez pas les discussions.
-Nous en reparlerons. -Non. Pas avec vous.
On m'a enlevé à Valorgue une réputation d'honnêteté..
..que je ne mérite plus. Mais il me reste de la fierté.
Je n'ai pas à me justifier. Surtout vis-à-vis de vous.
J'élèverai mon enfant seule et bien pour qu'il ne s'aperçoive..
..pas que son père lui manque. Ça, ça ne vous concerne pas.
Voilà, nous n'avons plus rien à nous dire.
-Comme tu voudras. -Pour une fois, ça ne sera pas..
..comme vous voudrez. Adieu M. Hébrard.
-Il faut que tu m'écoutes. -Ça, c'est du culot.
Ma mère, vous l'avez écoutée ? -Oui, je l'ai écoutée.
Elle ne m'a pas convaincu. C'est un peu pour elle que je suis là.
Pourquoi tu ne l'as pas prévenue ?
Tu dois savoir ce qu'on éprouve quand un enfant disparaît.
Mets-toi à sa place. Elle ne vit plus depuis ton départ.
Si en te levant, le berceau était vide, que dirais-tu ?
Réponds ! -Je deviendrais folle.
-Ta mère le devient.
-Elle était la seule sur qui je pouvais m'appuyer et elle m'a..
..traitée comme une fille des rues. -Les paroles, c'est que..
..des paroles. Ce qui compte c'est les intentions. A ton âge,
..on attend les mots. Ta mère a des principes. Quand elle te disait :
..tu es une fille perdue, il fallait entendre : pauvre petite,
..comme je te plains. C'est pas à 80 ans qu'on est sourd, c'est à 20.
-Il n'y avait pas que les vieux, les jeunes me traitaient aussi..
..de traînée. -Celle qui avait été si adroite,
..ne peut pas se faire faire un enfant. Toi, tu as vu que ceux..
..qui étaient contre toi. On a organisé une battue..
..pour te retrouver. A part le père Auguste qui a 84 ans,
..tout le monde y était. Auguste voulait venir. Sa fille n'a pas..
..voulu, elle a eu peur qu'il tombe dans la mare.
-Pourquoi me dire tout ça ? -Pour que tu reviennes.
Reviens pour les remercier de t'avoir cherchée.
-Vous saviez où j'étais ? -J'ai la tête solide..
..et les pieds par terre. J'ai pensé que tu étais ici.
-Si je reviens, ça recommencera. -Non. Si tu penses à ta mère,
..elle ne te dira rien. Et depuis que tu es allée te noyer,
..c'est moi le responsable de ta mort. Maintenant, je suis seul.
-C'est pour ça que vous êtes là. -Un peu.
Nous sommes les 2 habitants du village qu'on a le plus engueulés.
-Vous devez y tenir à votre prestige, pour me retrouver.
-Je voulais te retrouver. Je te l'avoue, le curé m'a aidé.
Et je peux te dire la vérité. Si j'ai fait ce voyage,
..c'est ni pour moi, ni pour toi, ni pour ta mère, ni pour les gens.
C'est pour le petit.
-M. Hébrard,
..vous arriverez à me faire regretter d'être partie, mais..
..j'ignore ce que je vais faire.
-Réfléchis. Nous avons tout notre temps. Je me suis renseigné,
..il n'y a pas de train avant 5 h. Si on télégraphiait à ta mère ?
Ça la rassurerait. J'expédie le télégramme.
Surtout que maintenant, je me fais comprendre en italien.
Avec les mains.
-Je vous en prie. Que vous vous ennuyiez ici où il ne se passe..
..rien et que pour créer des distractions, vous vous dressiez..
..les uns contre les autres, c'est votre droit.
Mais que les journaux s'emparent de l'affaire, non.
On parle d'une galéjade et nous sommes de plus en plus ridicules.
Lisez. "Le pain de la discorde." Là, "Un village dans le pétrin".
Celui-ci,
.."Suite et faim, FAIM".
-De quoi ils s'occupent ? Pourquoi ils mettent leur nez..
..dans les affaires de famille ? -Cette affaire a dépassé le cadre..
..de la famille.
J'attends vos propositions. -Tout ça, c'est à cause..
..du mauvais éclairage. Si on... -Non, non, non !
Je vous ramène aux faits. Je suis là pour que nous cherchions..
..une solution rapide en toute objectivité.
-Objectivité ! S'il commence à nous embrouiller avec des mots..
..qu'on ne comprend pas, je fous le camp.
-Qu'est-ce que tu veux faire ? -Rien.
-On ne peut pas obliger Félicien à vendre son pain à tout le monde.
-Vous en avez les moyens. -Quels moyens ? Vous êtes rigolo.
Pardon ! -Je ne sais pas si je suis rigolo,
..mais je commencerai par vous donner un ordre de réquisition..
..de la boulangerie. -Vous ne le connaissez pas.
Qui fera le pain ?
-Mon facteur.
-Oh là là ! -Alors sortons la pompe à incendie.
-Ce sera parfait. Nous n'avons pas à faire intervenir les querelles..
..personnelles dans l'exercice d'une profession vitale.
-Bravo ! -Et Zanetti aussi ne veut rien..
..nous vendre. -Dites Mme Zanetti. Ça ne vous..
..écorcherait pas la langue. Elle a suivi l'exemple d'Hébrard.
-M. Hébrard. -Si vous voulez.
Mettez-vous à sa place. Cette mère de famille a été bafouée,
..sa fille a été séduite. Il existe une conséquence vivante de l'acte.
Et l'auteur refuse de prendre ses responsabilités.
-Si c'est pas Justin ? On ne peut l'obliger à reconnaître un enfant..
..qu'il n'a pas fait.
-Qu'est-ce qu'il dit lui ? Ce Justin.
-Eh oui, c'est vrai. J'avoue qu'on n'y avait pas pensé.
-C'était le 1er à consulter. -Si on écrivait à son colonel ?
-Vous croyez que le colonel reconnaîtra le petit ?
-Peut-être qu'il lui accordera une permission ?
C'est bien long. -Il n'est peut-être pas là.
-Ou il ne veut pas venir. Non, tiens le voilà.
-Tu es requis ! -Requis ?
-Oui ! -On n'est plus libre de faire..
..ce qu'on veut. Vous auriez pu en choisir un autre. Je n'aime pas ça.
-C'est pas difficile d'ouvrir une serrure ?
-C'est mon métier, mais ouvrir le magasin d'un ami absent,
..c'est un abus de confiance. -Tu crois que ça me fait plaisir ?
-Il est mon ami comme toi. Mais là, c'est le maire qui parle.
Le sous-préfet n'entre pas dans ces considérations.
-Je suis forgeron, pas un cambrioleur !
-Il y en a qu'un qui peut parler, moi. Vous croyez que ça m'amuse..
..de faire le pain après mon service ?
-Surtout si tu le fais comme la dernière fois.
Tu as un vrai four, tu vas pouvoir mettre le feu au village.
-On t'appellera pour l'éteindre. -Prenez ma place, je ne suis pas..
..jaloux.
-Bon Évariste, c'est ouvert.
-Oui, c'est ouvert.
-Qu'est-ce que tu attends ?
-Il faut y aller.
-Et alors ?
-Si, si.
-Doucement. Tu devrais le couvrir, il y a un peu d'air.
Va Françoise et ne recommence plus. -Merci M. Hébrard.
-Félicien ! -T'es déjà là ?
-Tu aurais dû me laisser ici. Si tu savais ce qu'ils ont fait.
-Quoi ? -Ils ont réquisitionné..
..la boulangerie. -Qui "ont" ?
-Les autorités. -Qui fait le pain ?
-Je te le donne en mille. Le facteur.
-Évariste ? -Ouais.
-Oh ! Oh...
-Félicien ! Sois calme. -Mais je suis calme.
Bruit de casse et dispute.
-Laissez-le !
C'est pas ouvert complètement.
Dépêche-toi. Qu'est-ce qu'il y a ?
C'est fini.
Il chante.
-Félicien ! -Oui.
-Le maire veut te voir. -Je suis occupé !
-Mon cher Félicien, connaissant ton grand coeur et ta grande gueule,
..je suis venu te féliciter pour ton geste.
-Laisse-moi te dire que je ne vous félicite pas pour le vôtre, geste !
-Félicien.
-Comment ? Vous osez venir avec des sourires de distribution..
..de prix ? Vous êtes venus ici, comme des malfaiteurs.
Par effraction ! -Ça ne vient pas de nous.
C'est le sous-préfet. -Je m'en fous de lui !
Qu'est-ce qu'il a à voir ? La boulangerie m'appartient !
C'est de la dictature ! Le sous-préfet... Ah !
Le sous-préfet...
-Nous n'avions plus de pain. La population se plaignait.
C'est pas fini. On verra qui commande ici.
-Tu ne vas pas recommencer ? -Je continue !
-Vous manquez de tolérance.
-Et si le boucher disait la messe à votre place ?
-Je remercierais le boucher. -Vous n'êtes pas rancunier.
Votre rôle, c'est de pardonner. -C'est notre rôle à tous.
-Moi aussi, je pardonne. Je pardonne tout.
Mais ils iront chercher leur pain à Cugnans.
-Bon !
J'oubliais. Nous avons demandé officiellement une permission..
..pour le soldat Justin Hébrard. Son colonel a télégraphié..
..qu'il était d'accord. Je te dis ça, au cas où ça t'intéresserait.
-Personnellement, ça ne m'intéresse pas.
Mais à part ton joli travail de cambrioleur,
..tu sais aussi organiser des guets-apens. Voilà !
-Clotilde, viens voir.
-Retiens-toi.
-Il n'a pas pu venir directement ici, il fallait qu'il embrasse..
..Françoise d'abord. -Il a grandi.
-C'est le costume qui fait ça.
-Mon petit !
Que je suis contente ! Tu as grandi. Que tu es beau.
Tu n'as pas maigri. Tu penses si ça me fait plaisir.
Mange, tu dois avoir faim.
-Tu es là, militaire ? -Oui, je suis là.
Bonjour papa.
Tu n'as pas reçu le télégramme du colonel ?
-Le maire l'a reçu. -C'est pareil.
-Ton père et le maire, ce n'est pas pareil. Assieds-toi.
Ils n'ont pas changé dans l'armée. Grâce à moi, ton régiment..
..a un homme de plus. Et c'est le maire qu'on avertit quand tu viens.
-Car c'est lui qui a demandé la permission.
-C'est plus facile de demander une permission, que de te mettre..
..au monde, non ? Tu aurais pu écrire. Tu as eu peur d'en dire..
..trop. Tu es là, c'est l'essentiel.
-Laisse-le arriver et manger. -Ah oui.
Je ne te demande pas si ça va, je le vois.
Non, ça va très bien, merci. -Ça me fait plaisir.
-C'est heureux.
Tu sais pourquoi on t'a fait venir ?
-Oui. -Ah...
On va savoir ce qu'a fait M. Justin Hébrard.
On va connaître la position de Justin, l'africain.
Du moins, je le suppose. J'attends tes explications.
-Tu ne me laisses pas parler. -Parles, tu es là pour ça !
-J'aurai à peine commencé, que tu te mettras dans une colère..
..sanglante. Je ne pourrai pas continuer.
-Ayez des enfants.
-Justin... Tu sais que tu as toujours été pour ta mère..
..et moi, un brave petit. Tu as grandi sans qu'on s'en aperçoive.
Il me semble que tu portes encore des pantalons courts.
Mais aujourd'hui, je veux te parler comme à un homme.
Justin... -Je sais ce que tu vas me dire.
Si c'est pour me parler de l'enfant...
Il est à moi.
-Il est à toi ?
Tu en es sûr ?
-C'est arrivé la veille de mon départ.
-Tu m'as fait ça, à moi. Sans m'avertir, ni me prévenir.
Sans te demander ce que j'en penserais. Moi, qui me suis battu..
Sans te demander ce que j'en penserais. Moi, qui me suis battu..
..pour toi. Tu arrives pour me dire : cet enfant est à moi.
Pourquoi ne pas en avoir parlé ?
-Je voulais m'expliquer. Je savais que tu ne serais pas content.
-C'est le bouquet.
Tu aurais voulu que je te félicite ?
-Je croyais avoir une permission de détente.
-M. voulait se détendre ! Alors que le village était en révolution..
..et que sa mère passait ses nuits à gémir ! Et qu'on me crachait..
..dessus ! Par ta faute, la moitié du village ne mange plus de pain.
-Ce n'est pas moi qui refuse de leur vendre.
-C'est à cause de toi ! -Si tu veux.
J'aurais dû t'en parler.
Mais... -Quoi ?
-De là à les priver de pain... Tu y es allé un peu fort.
-Reproche-moi de t'avoir défendu ! D'abord, le pain fait grossir.
-C'est à lui de venir.
D'ailleurs, je crois que tu te fais des illusions.
Têtu comme je le connais, il ne viendra pas et il empêchera..
..son fils de te voir.
-Papa.
Je sais que je t'ai causé assez d'ennuis, pour avoir le droit..
..de te demander quelque chose. Mais...je voudrais...
-Tu voudrais que je sorte de l'armoire mon costume..
..et que nous allions ensemble avec ta mère voir Mme Zanetti.
Tu voudrais que je traverse le village, pendant que derrière..
..chaque fenêtre, on se foutrait de moi en disant : regarde-le,
..comme il se dégonfle. Et le facteur avec son oeil au beurre..
..noir, il dirait : c'était pas la peine qu'il fasse tant d'histoires,
..pour à la fin, être d'accord.
Quand je passerai devant la poste, je n'oserai pas relever la tête,
..de peur de rencontrer M. le receveur.
-Félicien.
Je n'ai jamais élevé la voix. Depuis 20 ans, tu as crié..
..le plus fort. Je ne pourrais pas t'imaginer autrement.
D'ailleurs, je t'ai toujours aimé comme tu es. Car derrière chaque..
..coup de colère, il y a le brave garçon que j'avais choisi.
Mais aujourd'hui, je le cherche ce brave garçon.
-Je n'ai pas dit que j'irai pas. J'irai.
Mais quand il fera nuit.
-Tu vois, je te l'avais dit. Elles sont couchées.
Comment on va faire maintenant ? -Demande à ton fils, il sait..
..comment on rentre.
Il siffle.
-T'as vu ? Il siffle aussi.
-Françoise ! Ouvre-nous.
-Nous descendons ! Tout de suite.
Mamma !
-Qu'est-ce que tu regardes ? -Je me disais qu'un crochet..
..planté dans le mur, ça peut faire des révolutions.
-Quel crochet ? -Celui-là. S'il n'existait pas,
..Justin n'aurait pas grimpé et comme il partait...
Tu veux les points sur les "I" ?
-Quelle surprise ! Entrez.
-Pardon.
Et alors ?
-Asseyez-vous.
Donnez-moi le chapeau. -Bonsoir Mme Zanetti.
-Bonsoir. Asseyez-vous.
-Excusez-nous de venir si tard, mais on a tellement de travail..
..dans un commerce. Vous savez ce que c'est.
Ma femme n'en finissait plus de se préparer et Justin s'est rasé.
10 h est arrivé, on ne s'en est pas aperçu. Ce n'est pas une heure..
..pour venir chez les gens. On vous a fait lever ?
-Non, on se couche très tard. -Oui.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Françoise, va chercher les cerises à l'eau-de-vie.
-Reste ici, Justin.
"Lavez votre linge en famille, grâce à toutblanc."
Vous me mettrez des boîtes de côté, nous en aurons besoin.
Oh ! Des cerises.
Merci.
Oh là là !
Excusez-moi.
Tiens, tu mangeras celles-là.
Le voilà.
Enfin, il est arrivé.
Il est arrivé parce que... Il aurait pu arriver avant.
2 mois avant, s'il avait eu la permission. Seulement, la mer...
La mer...ou prendre le bateau.
Et des bateaux, il n'y en a pas tous les jours, hein ?
La base... L'Algérie...
Il parle à demi-mot.
Il aurait pu venir avec le bateau. Mais M. a un caractère...
Il a engueulé ses supérieurs. Alors, il a eu 15 jours.
15 jours de prison.
De taule !
De taule, oui.
Alors... -Nous sommes venus vous demander..
..la main de Françoise. -Voilà.
On frappe.
-Ne vous dérangez pas, je vais voir... Elles sont bonnes.
Tiens, M. Aussel ! Vous désirez quelque chose ?
-Non, je passais. Comme j'ai vu de la lumière et que l'heure..
..est tardive... Comme j'ai vu de la lumière, disais-je...
-Il est interdit d'avoir de la lumière à partir d'une certaine..
..heure ? Je savais que vous étiez dans les PTT, mais j'ignorais..
..que vous représentiez la compagnie de l'électricité.
-Je m'inquiétais pour ces dames. -Ne vous inquiétez plus pour elles.
A bientôt M. Aussel.
A très bientôt.
C'était un client qui croyait que c'était encore ouvert.
Comme disait ma femme, nous vous demandons la main de Françoise.
Je sais que ce qui est arrivé entre Justin et la petite, ça ne vous a..
..pas fait plaisir. Ils ne nous ont pas demandé notre avis.
Il aurait mieux valu les marier d'abord.
C'est comme ça que ça se fait. -J'aurais..
..voulu la voir sortir de l'église en blanc, avec le tapis rouge.
-Ça, ça peut s'arranger. Mais pour la robe blanche...
Elles sont bonnes ces cerises. Et ce qui est fait est fait !
-Crie pas, tu vas réveiller..
..mon fils.
-Vous l'avez entendu ? "Mon fils !"
Tu ne sais même pas le dire.
Tu crois qu'il suffit de faire l'acrobate et d'arriver 10 mois..
..après pour avoir le droit de dire "mon fils" ?
-Comment veux-tu que je l'appelle ? -Appelle-le... On ne l'appelle pas,
..il dort. -Vous voulez le voir ?
-Oui, je vais le voir. Ton fils !
-Une soupe au lait. Il crie et à la fin il est de l'avis..
..de tout le monde. -Ne touche pas sa figure..
..avec tes mains sales ! -Ça recommence.
Le bébé pleure.
-Il a suffi qu'il rentre dans la chambre, pour le réveiller.
Quand même !
Applaudissements.
-Avant de commencer ce repas, je vais vous dire quelques mots.
M. le maire, M. le curé, Mmes, MM. Comme l'a dit La Rochefoucauld,
..les hommes ne sont jamais aussi bons, ni aussi mauvais..
..qu'ils le paraissent. Et M. le curé ne me contredira pas.
Nous voici à nouveau réunis. J'espère que M. Hébrard..
..nous dira sa joie d'être grand-père.
Applaudissements.
-Ma place de grand-père, je ne la donnerais pas pour tout l'or..
..du monde. Dans la balance, j'ai vu au poids qu'il ferait parler..
..de lui. -Tu ne t'es pas trompé.
-C'est le portrait vivant de son arrière-grand-père.
Plus tard, si sa mère le veut, il sera boulanger comme tous..
..les hommes de la famille. A moins qu'il préfère étudier pour être..
..notaire ou pharmacien. Ça n'a pas d'importance, pourvu..
..qu'il le fasse bien et avec son coeur.
-Très bien ! Applaudissements.
-Tu vois, c'est simple. Tu es dans un pays où on parle fort..
..et si on s'échauffe la tête, c'est à cause du soleil.
Tu vois ce soleil, ça fait tout grandir. Les melons,
..les enfants et les histoires d'hommes.
Et maintenant, bon appétit.
Sous-titrage MFP.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.