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Séquence 34.
Extérieur.
Plans d'ambiance.
Jour.
Scène s'ouvrant sur différentes
vues sordides dans la ville.
Scènes décrivant
la condition misérable
de ses habitants.
La femme dans la fosse septique
Plans larges.
Prises de bidonvilles.
Baraques délabrées.
Montagnes d'ordures.
Ne laisse pas tes ordures ici.
Jette-les là.
Tu as laissé tes
ordures l'autre jour.
C'est déjà crasseux ici.
Va te faire voir.
La caméra arrive chez Mila.
Pour la première fois,
on voit la minuscule cabane de Mila.
Séquence 35.
Cabane de Mila, intérieur jour.
Mila cuisine pour ses 7 enfants.
Elle fait bouillir de l'eau
et ouvre un paquet de nouilles
pour le déjeuner.
Mila a la tête ailleurs.
Séquence 36.
Maison de Mila. Jour.
Ses enfants se partagent
le peu qu'elle leur a préparé.
Ils ont très faim.
Mila n'ose pas les regarder.
Mila croise les yeux de sa fille.
Mila détourne le regard,
embarrassée.
Séquence 37.
Extérieur. Maison de Mila. Jour.
À côté de la maison de Mila.
Près du puits.
Mila lave sa fille.
Coupé vers.
Mila essaie d'habiller sa fille
dans une vieille robe du dimanche.
Coupé vers.
Elle arrange sa coiffure.
Mila est toujours distraite.
Séquence 38.
Mila sort avec sa fille.
Elles se faufilent à travers
un dédale sans fin
de ruelles étroites.
Sombre. Suffocant. Dégoûtant.
Mila tient fermement sa fille.
Séquence 39.
Extérieur.
Rue de Manille encombrée.
Jour.
Mila et sa fille traversent la rue
vers un immeuble résidentiel.
Séquence 40.
Appartement de M. Smithberger.
Jour.
Mila frappe à la porte.
Un vieux de type caucasien ouvre
Mila laisse faire.
Sa fille entre.
La porte se referme.
Mila se retrouve seule.
Mila s'assoie dans les escaliers.
Elle est perdue.
Fondu au noir.
Séquence 41.
Ouverture en fondu.
Intérieur, extérieur. Nuit.
Hé, on vient de le passer.
Il y en aura d'autres. Impatient, hein ?
J'ai assez attendu mon café.
Je peux fumer ?
Oui, mais baisse la vitre.
J'ai repensé à ces séquences.
Tout doit être juste
jusqu'au moindre détail.
Tout doit coller.
Casting, équipe, endroit,
tout doit être parfait.
Aussi réaliste que possible.
Ça doit être crédible, tu ne crois pas ?
C'est le seul moyen.
En plus, les sélectionneurs
ne le voudront pas autrement.
Mais nous n'avons toujours pas
notre vedette pour le rôle de Mila.
Nous avons rendez-vous
avec Mme Eugene Domingo.
Crois-tu qu'elle a aimé ?
Elle a demandé à nous voir.
C'est un bon signe.
Sinon, elle n'aurait pas appelé.
Plus tard, nous pourrions,
visiter le lieu du tournage.
Envoie un SMS à ton contact, Jocelyn.
Pour être sûr.
Qu'il ne nous pose pas un lapin.
- Merde ! - Quoi ?
J'ai oublié mon chargeur.
Je l'ai laissé à la maison.
On travaille avec deux caméras ?
Pourquoi deux caméras ?
Plus on filme, mieux c'est.
Mais c'est cher.
Tu serais plus à l'aise avec une Mini DV.
Je ne veux pas d'une Mini DV.
On pourrait demander un soutien,
ou chercher quelqu'un
qui sponsoriserait une caméra.
Je verrai ce qui est possible.
Je ne te promets rien.
Je pensais à un story-board.
As-tu un budget pour un dessinateur ?
Non.
Tu as utilisé des crayons
pour organiser tes plans.
Et pourquoi ne pas te fier
à ton instinct ?
N'oublie pas, le budget est juste
pour un tournage de 12 jours.
Et ma Steadicam ?
Qui a besoin d'une Steadicam ?
Tu en as besoin pour quoi ?
Plus ça secoue, mieux c'est.
Je prendrais...
grand, glacé, allégé...
double Splenda, supplément moka.
Un Grande,
deux coups de vanille,
lait allégé extrachaud.
Y a-t-il une prise électrique ?
Là-bas.
Avez-vous le Wi-Fi ?
Oui, mais c'est payant.
Mal !
Les téléchargements sont trop lents.
Je suis impatient de voir les affiches.
Je paie le Wi-Fi et voilà ce que j'ai.
As-tu parlé avec ton contact
pour le lieu du tournage ?
Mec,
nous avons déjà un labo
et ils nous font un prix.
Mais ils veulent
que ce soit le monteur de la boîte.
Ce qui veut dire ?
Tu ne peux pas amener ton monteur.
Ça ira.
De toute façon,
- je serai toujours là. - O.K.
- Alors j'envoie ça. - Ça joue.
Tu sais quoi,
je pensais
à l'apparence du film.
Et je crois qu'il nous faut un très
bon chef décorateur.
Je veux que le public sente les lieux.
Tu doutes de Jon Sta. Ana ?
As-tu déjà vu son travail ?
Trop commercial.
Il ne peut pas.
C'est déjà négocié.
Tu as l'air si sûr.
Il y arrivera ?
Bien sûr qu'il le peut.
Je lui fais confiance.
Et tu devrais me faire confiance.
La décoration devrait
être le moindre de tes soucis.
Ta matière est superbe.
Le scénario est captivant, serré.
La fin est un choc.
Ça joue sur plein de niveaux.
Métaphorique, sociologique.
Pour ne pas dire
controversé.
On ne peut pas se tromper
avec un tel scénario.
C'est ça, frangin.
Ce scénario,
cette histoire, ce film,
le pays en a besoin maintenant.
Ça fera l'histoire.
Oublie Cannes, frangin !
C'est des Oscars qu'il s'agit.
As-tu lu le statut d'Arthur Poongbato ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
Lis-le, lis-le.
"Arthur Poongbato
"est de retour de Venise."
"Les gens du festival vont lui manquer."
"Qui était trè..."
Qui était très accueillant !
"Vive le cinéma philippin !"
Était ?
Les gens qui était !
Arrivaderci, arrivaderci. Mon cul !
C'est sûr...
Il a été à Venise,
mais tu ne peux pas le faire
sortir de Novaliches.
Vraiment, ce gars. Quel arrogant.
Regarde ça.
Il a posté des photos.
D'Europe.
Regarde cette graisse.
Quel culot.
Il n'arrête pas de jaser
sur le festival.
Il poste le bonnes critiques
mais pas les mauvaises
des Hollywood Reporter et Variety.
Pourquoi pas les poster
et faire un lien ici.
Ramène-le sur terre.
Il est verni avec son 1er film
se prend déjà pour
un don du ciel pour notre cinéma.
Je commente :
"On te laisse Venise."
"On ira direct au Kodak Theater !"
Non, flattons encore plus son ego.
Comme ça
Félicitations !
Tu es notre fierté !
Plus de pouvoirs !
Les projets d'affiche.
Allons-y !
O.K., O.K.
Projet n° 1.
"Avec rien", ça pourrait aller.
Ça marche pour moi.
Bien que
je n'aime pas la typo.
Mais irait pour les festivals.
Mais j'aime l'idée.
Je te suis pour la typo.
Peut-être moins chargé ?
Suivant.
Suivant-
Projet n° 2.
Excessif.
Tu peux le dire "directorial",
ne pas "surjouer".
Je préfère le premier.
Il te saisit plus.
Suivant.
Le dernier mais pas le pire.
Voilà !
C'est ça.
Où dois-je signer ?
Fixé.
Super.
Super.
Quel est notre titre anglais ?
"Walang-wala" en anglais peut-être
salement pauvre, à court de cash
Non, fauché.
Poches vides.
Marginalisé. Sans le sou.
Enfoncé.
Et ça...
"Walang-wala".
"Moi qui n'ai rien"
Eugene Domingo dans "Moi qui n'ai rien".
Ou Eugene Domingo "Elle n'a rien".
Ou Eugene Domingo dans "Rien".
Ou Eugene Domingo "Elle n'est rien".
Juste une question.
Surtout toi, Bingbong.
Tu es d'accord avec Domingo ?
Tu n'es pas convaincu ?
J'ai mes doutes.
C'est un bon rôle.
Tu penses qu'elle le mérite ?
Ou qu'elle va
lui faire honneur ?
Nous avons rendez-vous avec elle.
Et maintenant tu as des doutes.
Il faut qu'on revoit ça.
Imagine avec moi.
Séquence 34.
Extérieur. Plans d'ambiance. Jour.
Scène s'ouvrant sur différentes vues
des côtés sordides de la ville. Bla, bla.
Où veux-tu en venir Rainier ?
Quel est le problème cette fois ?
Séquence 35. Intérieur.
La maison de Mila. Jour.
Mila cuisine pour ses 7 enfants.
Blah, blah, blah.
Mila cuit des nouilles.
Qu'en penses-tu ?
Ne serait-ce pas mieux
d'avoir plutôt Cherry Pie ?
Picache ?
Tu en connais beaucoup ?
Cherry Pie ?
Mais elle a la peau claire.
Il n'y a pas de gens à la peau
claire dans les bidonvilles ?
Cherry Pie a l'air riche.
Eugene a l'air salement pauvre.
Mais Cherry Pie est plus maternelle.
Eugene peut jouer maternelle.
Voilà pourquoi elle est actrice.
Et Mercedes Cabral ?
Que penses-tu d'elle ?
Tu ne l'aimes pas ?
Ne serait-elle pas parfaite pour ça ?
Elle a l'air pauvre.
Elle joue naturellement.
Je pense que c'est un bon choix.
Parce qu'elle t'a tapé dans l'œil.
Quel mal y a-t-il à être inspiré ?
Eugene a déjà le scénario.
Allez, accepte-le.
Je choisirais Cherry Pie
si tu n'aimes pas Mercedes.
Pourquoi n'aimes-tu pas Eugene ?
Cherry Pie est une meilleure option.
Cherry Pie ou Mercedes ?
N'importe.
Décide-toi.
Eugene, Cherry Pie ou Mercedes ?
Mec, Mercedes est bonne.
Mais Cherry Pie aussi parfaite.
Maintenant Eugene...
Je ne sais pas.
Décide-toi.
Voici, écoute.
Séquence 36.
Maison de Mila. Jour.
Ses enfants
se partagent le peu.
Avec Cherry Pie
c'est plus touchant, plus poignant.
O.K., si nous prenons Cherry Pie
nous devons aussi changer
le casting des gosses.
Ils doivent être clairs aussi,
pour que ce soit plus réaliste.
Ça va être difficile à trouver.
Alors prenons Mercedes.
Avec Mercedes,
la peau des enfants correspond.
Mais qui va croire
que Mercedes a 7 enfants ?
Combien peut-elle en avoir ?
5 ? 3 ? 4 ?
Quatre tout au plus.
Mais n'en a-t-elle pas vendus
parce qu'elle en avait trop ?
N'est-ce pas l'argument ?
Plus elle a d'enfants,
plus Mila devient désespérée !
Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?
Ce qui nous amène à la séquence 37.
Extérieur. Maison de Mila. Jour.
Elle baigne sa fille.
Qu'en penses-tu ?
Je me demandais...
Au lieu de la fille pourquoi
ne pas vendre le garçon ?
- Quoi ? - Plus d'impact.
C'est de mauvais goût.
Plus risqué.
Ce serait trop.
Restons-en à la fille.
Le garçon, ce serait plus controversé.
La fille.
Plus de controverses avec les garçons.
Trop transgressif.
Fais-moi confiance.
Le garçon, c'est des prix.
Tu es sûr ?
Je t'ai donné la fille.
Laisse-moi au moins Cherry Pie.
Pas de Cherry Pie.
Bon. Je ne veux plus du garçon.
J'y vais pour la fille.
Tu as déjà dit le garçon.
Le garçon, point.
Toucher, jouer !
Je concède le garçon.
Laisse-moi avoir Pie.
Elle n'est pas disponible.
Tu sais qu'elle est dans 4 séries ?
Oui, en route pour le prochain tournage.
D'accord, Merci.
D'accord, Merci. Au revoir.
On devrait juste partir avec Eugene.
Tant pis.
Et ma Mercedes ?
Tu ne savais pas ?
Quoi ?
On ne peut pas avoir Mercedes.
Pourquoi ?
Elle ne veut pas travailler avec nous.
Quel culot ! Elle a dit ça ?
Si je n'avais pas le béguin pour elle.
Qu'elle aille se faire voir.
Bon, on est d'accord ?
Eugene et fils.
Je suis forcé de réussir.
Attends, attends.
Encore un point.
Quoi d'autre ?
Séquence 40.
Intérieur. Appartement de M. Smithberger.
Jour.
Mila frappe à la porte.
Mila donne son enfant au pédophile.
Et alors ?
M. Smithberger doit-il être caucasien ?
Smith et Burger.
Bien sûr qu'il est blanc.
Ce que je veux dire...
blanc, c'est trop convenu.
Pourquoi pas noir ?
Ou jaune ?
Ou Japonais ?
Ou arabe ?
Ou Pakistanais ?
Et pourquoi pas Philippin ?
Quel est le problème, Rainier ?
Le problème ?
Tu sais,
tu rends les choses
plus difficiles qu'elles ne le sont.
Alors mes suggestions, elles
sont toutes nulles ?
Toi, tu es brillant. Qui est le cinéaste ?
Tu oublies notre stratégie.
Laquelle ?
C'est un film, pas un jeu vidéo !
Tu veux toujours des choses inutiles.
Un pédophile est un pédophile,
quelle que soit sa couleur.
Je veux juste faire un bon film.
Au diable tes stratégies !
Bon ne suffit pas. Il doit gagner.
Concentre-toi.
Garde ta concentration.
Je veux juste raconter mon histoire.
Elle ne vaut rien,
si on ne la voit pas à l'étranger.
Pense aux festivals, aux Oscars, Cannes !
On sait ce qu'ils veulent.
Pourquoi tu ne fais pas le film toi-même ?
À ta place, j'aurais gardé la 1re idée.
Ton 1er traitement, plus osé.
La critique internationale aurait aimé.
Là, c'est frais.
C'est ce que je veux.
Je ne vois pas pourquoi tu l'as changé.
- Lequel ? - La docufiction !
Imagine.
Les premiers plans de la séquence 34
ont une atmosphère différente.
Plus vraie.
Réaliste.
Qu'on te jette à la tête.
Ce n'est pas mis en scène.
C'est dur de s'en tirer.
J'aimais l'idée de non-professionnels.
On les prends des bidonvilles.
On observe leurs vies.
C'était juste une discussion d'ivrognes.
Ce traitement était audacieux.
Et moins cher.
Tu renonces trop facilement.
Avec un tel traitement,
il aurait fallu faire des recherches.
Trouver un sujet.
Ce n'est pas si dur de trouver une mère
avec 7 enfants dans les bidonvilles.
Tu crois que tu peux trouver
pour le faire ?
Tu es fou.
On parsème leurs interviews
de reconstitutions de leurs vies.
Plus facile à dire qu'à faire.
Le film va brouiller
réalité et fiction.
C'est ça qui aurait été bien.
Roman, prépare les tasses.
Tu me les tends.
Salut les enfants !
Ne faites pas attention à moi.
Je voudrais vous demander.
Ça fait quoi de manger
des nouilles instantanées chaque jour ?
C'est bon, monsieur.
C'est bon, monsieur.
Vous n'en avez jamais marre ?
Non, monsieur.
Vous ne vous sentez pas
mal nourris avec un seul paquet
de nouilles pour tous ?
Non, monsieur.
Vous n'êtes pas affamés plus tard
si vous n'avez mangé que ça ?
Non, monsieur.
Vous ne vous sentez pas
faibles ou malades
par manque de nourriture ?
Vous ne pleurez pas de faim ?
No.
Je pisse.
Toi aussi. Je peux pas tous vous avoir.
Peut-on vous interviewer à nouveau ?
Reculez, vous allez être trempés.
Pourquoi vous lavez vos enfants ?
Partez, vous allez être mouillés.
Sharon !
Je t'ai dit de te laver les cheveux !
Où l'emmenez-vous ?
Je vous ai dit de dégager,
vous allez être trempés.
Ils arrivent.
Allons-y.
Madame, attendez.
Où allez-vous ?
Madame ! Je vous prie, attendez.
Où emmenez-vous votre fils ?
Arrêtez de me suivre !
Où emmenez-vous votre enfant ?
Hé Madame !
- Partez ! - Attendez !
Arrêtez de me harceler !
Madame, attendez !
Je vous en prie, attendez !
Allez-vous vendre votre enfant ?
Allez-vous vendre...
ça suffit maintenant.
Monsieur, assez.
Madame attendez.
M... Vous m'avez suivie jusqu'ici ?
Ne vous approchez pas !
Allez-vous vendre votre enfant ?
Gardien !
Cet homme n'arrête pas de me suivre.
Je vous en prie, arrêtez-le !
Vous n'êtes pas autorisé ici.
Nous essayons de faire une histoire.
J'ai dit non. Partez !
Monsieur, laissez-nous entrer.
Je dois filmer cette femme.
Stop ! Je vous ai dit de partir !
Comprends-tu ce que je dis ?
Où vas-tu en trouver une qui l'admette ?
Et un pédophile
qui se laisse filmer ?
Tu marques un point.
Bingbong.
Rainier.
Comment tu vas ?
Comment tu vas ?
Qu'est-ce que vous faites ?
Jocelyn, notre assistante de production.
Directeur Arthur Poongbato.
Enchanté Jocelyn.
Assistante de production ?
Vous avez un nouveau projet ?
En fait, oui.
Rainier dirige, je produis.
Bien.
C'est bien.
Comme ils disent, ne renoncez jamais.
Comment allez-vous ?
Nous allons bien.
J'ai toujours le décalage horaire.
J'arrive juste de Venise.
Nous avons vu tes postes sur Facebook.
Bon retour.
Merci.
Vous avez l'air un peu confus, désolé.
Je suis encore un peu faible.
Je me sens revenu juste pour une douche.
16 heures de vol.
J'ai un rendez-vous
pas loin d'ici.
Un qui veut financer mon prochain film.
C'était si dur de trouver
des investisseurs,
maintenant, ce sont eux qui me cherchent.
Mais rien n'est encore conclu.
Nous verrons bien.
Cela a l'air bien.
Mais je ne suis pas sûr.
Je devrai peut-être le repousser.
Je m'en vais ce week-end.
Je suis invité au festival
international de Mar del Plata.
En Argentine.
Bien.
Vraiment bien.
Donc je suis loin 2 semaines.
Après l'Argentine
je vais à d'autres festivals.
Le Caire,
Tokyo, Bruxelles.
Où encore ?
Marrakech.
Et où ?
Vesoul.
Où est Vesoul ?
Tu sais ?
Je n'en ai aucune idée.
Mais je suis le mouvement.
Suivre le courant.
Vesoul is in France.
Juste, juste, en France.
Je réalise qu'être cinéaste indépendant
c'est comme être un touriste.
Alors, Rainier...
C'est quoi ton film ? Ça parle de quoi ?
C'est une femme qui s'appelle Mila
Elle a sept enfants.
Elle vit dans un bidonville.
Il a eu une vision dans un rêve...
Avant ça, elle était devenue veuve.
Son mari
fut tué dans un rencontre...
Attends. Avant que j'oublie. Désolé.
On a cette critique sur Twitch.com.
Bonne critique.
Très bonne critique.
Très approfondie.
Si sympa.
Il faut la lire.
Je vous enverrai le lien
dès que j'ai le temps.
Vous savez...
c'est grâce à cette critique
que le film
a trouvé son vendeur international.
Nous aurons une sortie commerciale
large aux États-Unis
et dans certaines parties d'Europe.
Juste des salles d'art et d'essai.
- Mais c'est bien, hein ? - C'est bien !
N'est-ce pas ?
Bon, désolé...
Que disais-tu ?
Il était forcé de ?
Elle était forcée de.
Forcée à quoi ?
Elle était forcée de vendre ses enfants.
C'est beau.
Merci.
Beau, beau.
Beau.
Désolé, désolé.
Je suis vraiment désolé,
mon esprit est encore à Venise.
Ah, café. Désolé,
ça va, on comprend.
Le décalage horaire, mec.
Le café italien me manque.
Comment on l'appelait ?
Espresso.
Expresso.
J'adore l'expresso.
Une si petite tasse
mais c'est vraiment fort.
Vraiment bon.
Expresso.
Vous avez de l'expresso ?
O.K., bon.
Les gars, je suis désolé.
Je dois partir.
Alors...
Bonne chance pour ce film.
Je dois avancer.
Sympa de vous avoir revus.
Bonne chance pour le nouveau film.
Sympa de vous avoir vus.
Salut. Porte-toi bien.
Attends.
Rainier, quel sera le titre ?
"Avec rien".
"Avec rien".
Ouah !
On dirait
qu'il n'y a rien.
Mais c'est super.
Intéressant. Beau.
Heu, alors
ravi de vous avoir revus.
Portez-vous bien.
Allons-y.
Rainier, qui sera la star ?
Nous avons rendez-vous
avec Eugene Domingo.
Eugene Domingo ?
LA Eugene Domingo ?
Ouah !
Félicitations !
Félicitations !
Je l'admire tant !
Et elle m'admire aussi.
Félicitez-la pour moi.
Dites-lui "salut" pour moi.
Allons-y. Nous avons un meeting.
Ce café est assez bon.
Votre expresso. Je l'emporte.
Quel con ! Pauvre type !
- Arrogant. - Pour qui il se prend ?
Je l'emmerde. Il est pathétique !
Expresso, vous avez entendu ça ?
Où est-ce qu'il a vu ça ? Idiot !
Il arrive de la montagne ?
Plutôt des grottes, oui.
Non, il descend de l'arbre !
Peut-être d'un corail.
Non, d'une porcherie !
- Idiot ! - Sac à merde !
Son film, c'est de la merde !
J'ai vu son travail, de la merde !
Notre merde sera meilleure que la sienne.
C'est une merde !
Tu veux de la merde ?
On t'en donnera !
Je t'emmerde !
Attends qu'on l'invite
à notre première.
On va lui montrer ce que c'est de
faire un film ! Ce con !
Ce porc va mal.
Tu peux le voir à son ventre.
On lui enverra des cartes postales
jusqu'à ce qu'il en fasse dans son froc.
On prendra les meilleurs !
Ceux qu'il ne peut pas s'offrir.
Ouais ! Qui ?
Mon cousin Vittorio. Tu le connais ?
Il vient d'avoir son M.A. à Juilliard.
- Oh ? - Ouais !
- Impressionnant. - Oh oui.
Il est le meilleur frangin.
- Juilliard ? - Ouais !
- Il va composer la musique ? - Juilliard.
Pourquoi pas une comédie musicale ?
Nous sommes sans rien.
Nous vivons pire que les rats.
Nous sommes ruinés.
Nous crevons de faim.
Nous sommes sur le fil du rasoir.
Avec rien.
Mon estomac devient fou.
J'ai une émeute dans le ventre.
Mon intestin se mange vivant.
Je rote mon âme.
J'ai un pied dans la tombe.
Nous sommes sans rien.
Nos bouches sont coincées au sol.
Sans un rond, misérables.
Nous avons même vendu nos corps.
Sans rien.
Mon estomac devient fou.
J'ai une émeute dans le ventre.
Mon intestin se mange vivant.
Je rote mon âme.
J'ai un pied dans la tombe.
Il n'y a plus rien à perdre.
Nous avons tout perdu.
Il n'y a plus rien à perdre.
Quand vous avez tout perdu.
Mon estomac devient fou.
J'ai une émeute dans le ventre.
Mon intestin se mange vivant.
Je rote mon âme.
J'ai un pied dans la tombe.
Sans rien.
Sans rien.
Sans rien.
Soupe.
Soupe.
Soupe.
Je n'offre que de la soupe.
Aussi chaude que mon étreinte.
Prends un coup de mon amour.
Le monde, tel qu'il va,
est de la soupe.
Si tu coules,
ajoute juste de l'eau et du sel.
Soupe, soupe, soupe.
Tout ce que j'offre...
est si bon !
Notre déjeuner est si bon.
Jusqu'au dîner et au souper.
Les gens d'ici qui sont... sans rien.
Soupe, soupe, soupe.
Tout ce que j'offre
est dérisoire
clairet
fade
soupe !
Ne te moque pas de moi.
Ne te moque pas de moi.
Parce qu'un jour,
Ce sera ton tour de dire-
Ne me regarde pas comme ça.
Pas comme ça.
Je trouvais du réconfort dans le sommeil.
C'est fini, l'évasion, même quand je dors.
Où les cauchemars envahissent mes rêves.
Même mes rêves.
Puisses-tu vieillir
et ne pas te rappeler.
Puissent les souvenirs
de ton esprit innocent s'évanouir.
Puisse ce cauchemar
être un jour oublié.
Puisse-t-il être oublié.
Nous sommes sans rien.
Nous vivons pire que des rats.
Nous sommes sans un rond.
Nous sommes affamés.
Nous sommes sur le fil du rasoir.
Sans rien.
Mon estomac devient fou.
J'ai une émeute dans le ventre.
Mon intestin se mange vivant.
Je rote mon âme.
J'ai un pied dans la tombe.
Nous sommes sans rien.
Nous vivons pire que des rats.
Nous sommes sans un rond.
Nous sommes affamés.
Nous sommes sur le fil du rasoir.
Sans rien.
Sans rien.
Sans rien.
Sans rien.
Sans rien.
J'arrive.
Voici le gosse promis ?
Est-ce le garçon ?
Est-ce le gosse promis qui me
donnera tant d'heures de joie ?
Est-ce celui-là ?
Oui, c'est lui.
Comme c'est gentil.
Oui, c'est mon fils.
Je vois que le gosse est énergique.
Avec les piles incluses, je parie.
Je me suis déjà occupé de gosses.
Aimerais-tu être mon chouchou ?
Qui est cet homme, Maman ?
Qui est-ce ?
Pourquoi me laisses-tu avec lui ?
N'aie pas peur, car je ne mords pas.
À moins que tu le veuilles.
Je ne suis qu'un homme seul
cherchant un ami comme toi.
Quel est cet homme, maman ?
Qui est-il ?
Pourquoi me laisses-tu avec lui ?
J'ai changé d'avis.
Laisse mon fils tranquille !
J'ai changé d'avis.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Tu ne peux pas changer comme ça.
Nous nous étions mis d'accord.
N'essaie pas de le toucher !
Donne-le-moi !
Laisse-le partir !
Il est à moi !
Laisse-le !
Ouvre tes yeux.
Ce n'est qu'un mauvais rêve.
Ça peut être sans espoir,
nous nous en sortirons.
Si tu es choqué,
accroche-toi à mon bras.
Quand tu seras grand
puisses-tu ne pas te rappeler.
Puisse ton esprit innocent oublier.
Puisse ton esprit innocent oublier.
Puisses-tu grandir
et ne pas te souvenir.
Puisse la mémoire
de ton esprit innocent s'évanouir.
Puisse ce cauchemar
être un jour oublié.
Puisse-t-il être oublié.
Puisse-t-il être oublié.
Puisse-t-il oublier.
Puisse-t-il être oublié.
Puisse-t-il oublier.
Jocelyn, réveille-toi. On y est.
Qui êtes-vous Monsieur ?
Rainier de la Cuesta.
Nous avons rendez-vous avec Miss Eugene.
Rainier de la Cuesta.
Il dit qu'il a rendez-vous.
Entrez
Dépêchez-vous.
Comment va Miss Domingo ?
Je ne sais pas encore.
Comment va Miss Domingo ?
Je ne sais pas.
Comment va Miss Domingo ?
Bien !
Miss Domingo arrive tout de suite.
Salut, bonjour !
Comment allez-vous ?
Ne restez pas debout. Asseyez-vous.
Détendez-vous.
Bingbong. Le producteur.
Ne soyez pas si formaliste.
Nous sommes sûrement du même âge.
Ainsi, c'est vous Bingbong-
- Et vous le réalisateur. - Rainier.
Enchanté Miss Domingo.
Oh, "Miss Eugene".
Vous êtes si jeune.
J'aime travailler
avec les jeunes.
J'aime l'énergie, l'attaque, l'aura.
Votre génération est différente.
Les indépendants sont mes préférés.
Vous tous, je vous aime.
Avec vous, tout est
Sundance, Hollywood.
J'étais coincée par des films commerciaux
et la télé depuis deux ans,
alors vous arrivez au bon moment.
Je ne veux pas que faire de l'argent.
Je veux du risque, pas de l'assuré.
Quelque chose pour l'esprit.
Mes poches sont pleines, vous voyez.
- J'ai déjà assez, n'est-ce pas ? - Oui.
J'ai juste besoin de quelque
chose pour l'esprit-
Avez-vous mangé ?
Je prends une salade.
Vous mangez de la salade ?
Vous ma chère ?
Je ne vous avais pas vue.
Salade de poires. Vous en mangez ?
Je ne mange que des salades.
Plus de viande, surtout pas de porc.
Je n'en ai plus mangé depuis 6 ans.
Vous paraissez plus mince.
Vraiment ?
Je suis heureuse que vous le remarquiez.
Vous le savez !
Ça veut dire que je n'aurai pas
à perdre de poids pour jouer Mila ?
Alors vous acceptez le rôle ?
Acceptez le rôle ?
Mon dieu ! Je tuerais pour ce rôle !
Peu d'acteurs se voient offrir ce rôle.
Vous plaisantez ?
Voyez ces scénarios ?
Ils veulent que je les joue.
Et tous sont-
de la camelote !
Ils sont horribles !
Comme s'ils les tiraient de leur cul.
Mais votre scénario, mon dieu !
- Vous l'avez aimé ? - Il est brillant !
J'enregistrais cette série télé
toute la semaine dernière,
mais maintenant j'ai fini.
Je suis toute à "Sans rien".
Et le titre, "Sans rien".
Je suis sans voix.
Merci de l'aimer.
Oh, vous êtes un génie, Direk.
Vous êtes un génie !
Vraiment, vous m'étonnez.
Je veux travailler avec vous.
C'est une 1re
collaboration, et vous
serez peut-être choqués.
J'espère que nous nous entendrons.
D'abord, il y a le look
- Du film ? - Le mien.
Nous ferons un test, n'est-ce pas ?
- Bien sûr. - Bien.
Deuxièmement-
Direk, que voulez-vous comme jeu ?
À la lecture, on peut voir chaque scène...
Vous savez, Direk
il y a 3 types
d'interprétation dans mon livre.
C'est juste. Dans mon livre.
Je crois au jeu sans souffrance.
Alors je demande toujours.
"Quel type de jeu vous voulez ?"
C'est comme un bulletin de commande.
"Que puis-je vous proposer ?"
Voici le menu.
"Quelle est votre commande ?"
Numéro 1 : le jeu de l'ascenseur.
Le jeu de l'ascenseur.
Direk-
Votre scénario est superbe.
J'ai de la chance d'être de "Sans rien".
Vous voyez ? Ascenseur.
Chaque dialogue haut, bas, haut, bas.
Ascenseur.
Je m'en sers pour le comédies.
Ça marche à tous les coups.
En cas de doute, "ascenseur".
Et le deuxième ?
Le second... "Patrouille TV".
Interprétation "Patrouille TV".
C'est quelque chose. Un autre niveau.
Vous avez perdu un être aimé.
Votre maison brûle
ou est détruite, secousse ou tsunami.
Tout simultanément !
Patrouille TV ! Mon dieu !
Direk !
Votre scénario est formidable !
J'ai de la chance d'être de "Sans rien".
Oh mon dieu !
Oh mon dieu !
Comme un infarctus.
Je m'en sers dans les séries télé.
Maintenant vous savez.
Et la troisième ?
J'ai le sentiment
que vous aimerez la troisième.
Juste une supposition.
Le jeu "Comme c'est, où c'est".
C'est l'interprétation sans interpréter.
En terme profane, jouer "non jeu".
"Comme c'est où c'est".
Direk, votre scénario est superbe.
J'ai de la chance d'être de "Sans rien".
Ouah.
C'est ça.
Vous pensez que je ne joue pas. Mais si.
Ce n'est pas facile.
C'est le plus difficile.
C'est une question de contrôle.
Trop et ça sonne faux.
Trop peu, et on vous taxe
d'interprétation paresseuse.
Nous ne le voulons pas.
J'aime ce "Comme c'est où c'est".
Je vous le disais. Les indépendants...
C'est toujours ce que vous voulez.
Je le savais déjà.
Pas la peine de me le dire.
Je sais quoi faire.
Direk. S'il vous plaît.
Quelle est votre vision ?
Ma vision ?
Oui, votre vision ?
En tant que réalisateur,
ce que je veux obtenir
en plus de raconter une histoire
la plus claire possible-
parce que pour moi, je pense que...
au cœur du combat de Mila,
à la fin de la journée,
Le fil conducteur,
il s'agit de survie. Correct ?
Après avoir lu le scénario
onze fois,
j'ai pris quelques notes.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
Je suis très difficile
sur ces séquences.
Séquences 35, 36, 37,
jusque 40.
Je sens qu'elles sont cruciales.
J'ai des inquiétudes.
Tout d'abord,
pourquoi n'y a-t-il pas de dialogues ?
Même pas une narration ?
Parce que ce n'est pas nécessaire.
Mais ça l'est. Par moi, mais pour Mila.
Ce ne sont que des suggestions.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
Séquence 34.
Extérieur. Plans d'exposition. Jour.
La scène s'ouvre sur différentes vues
sordides de la ville.
C'était un jeudi.
Un jeudi ordinaire.
Pour notre...
Une narration ? Vraiment ?
Je vous prie, silence.
Vous ne m'en voudrez pas, j'espère.
C'était un jeudi.
Un jeudi ordinaire pour nous tous.
Aussi ordinaire que la nourriture...
... que nous devrons nous partager.
Mon cœur est oppressé chaque matin.
Je n'en peux plus de les regarder.
Je ne peux plus voir leur souffrance.
Mon fils,
souviens-toi,
quoi qu'il arrive
que maman t'aime beaucoup.
Pourquoi, maman ?
Pourquoi pleures-tu ?
Ce n'est rien.
Quelque chose dans l'œil.
Juste du savon.
Je t'aime tant.
Vraiment beaucoup.
Ce que je ferai ce jeudi, une mère
ne le fait pas d'ordinaire.
Aucune mère normale
n'est amenée à faire ce choix.
À chaque pas,
je sais que nous nous approchons
de plus en plus de l'enfer.
Lentement, tant que je vivrai
mon âme brûlera en enfer.
Bonjour, M. Smithberger.
Mon enfant,
je t'attendrai dehors.
Je serai ici.
M. Smithberger est un gentil monsieur.
Suis-le, s'il te plaît.
Je n'ai pas envie, maman.
Je ne veux pas.
Je t'en prie mon fils.
- Suis-le. - Je ne veux pas.
Entre.
Arrête de pleurer. Pas ici.
Je t'en prie, mon fils.
Voici votre putain d'argent,
mère indigne !
Mon fils !
Pardonne-moi !
Mon dieu, pardonnez-moi !
N'était-ce pas fabuleux ?
Eh bien ? Qu'en pensez-vous ?
Miss Eugene, ça peut se faire.
Juste, Rainier ?
Juste, Bingbong.
O.K., j'appelle Madonna.
- La popstar ? - Non, quelqu'un à moi.
Maria Madonna, elle s'appelle.
Salut Madonna-
Comment cela va-t-il ?
Je discute avec
ces gens "Sans rien".
Non, c'est le titre, "Sans rien".
Oui, les indépendants.
Les mars et avril ?
Il y a toujours de la place ?
Oui.
O.K. C'est bien.
O.K., Je te rappelle.
O.K., au revoir. Merci.
Mars et avril. Ça va pour vous ?
O.K. Nous bosserons en mars.
Au fait,
J'arrête tout chaque minuit.
J'espère que les repas seront délicieux.
Vous avez mon tarif indépendant,
donc tout devra être propre.
Ma tente aura la climatisation.
N'oubliez pas de contrôler la foule,
étant donné l'endroit.
Pour être sûr, on doit se vacciner.
Pour moi ce n'est qu'un rappel.
Alors ?
Tout est en ordre ?
Me voilà dans l'équipe !
Tout le monde est content ?
Bienvenue dans notre film, Miss Eugene.
Merci, Bingbong.
Oui, bienvenue.
Merci, Direk.
Direk ?
M. le producteur...
Miss-, Jocelyn.
J'ai une dernière question importante.
Oui, Miss Eugene ?
Séquence sept.
La scène de la fosse septique.
Qu'y a-t-il, Miss Eugene ?
Comment la prévoyez-vous ?
Nous visons l'authenticité.
Nous voulons être réalistes.
Réalistes ?
Cela veut dire ?
Je dois tremper dans
une fosse septique réelle ?
Oui, Madame.
Dans un réel égout ?
Dans de la vraie merde ?
- On l'espère. - Hola...
C'est de la merde.
C'est dégoûtant.
La merde est dégoûtante, vous réalisez ?
Réalisez-vous que c'est dégoûtant ?
Oui, mais c'est ma vision...
Je suivrai tout le scénario.
La scène de nu de face ! O.K.
La scène de cascade
mortellement risquée! O.K.
Cette scène de sexe,
avec une vraie pénétration-
Tout contrôlé ! Je ferai tout.
Ne me faites pas tremper dans la merde.
Prenons une doublure.
Mais Miss Eugene...
Nous allons voir.
Nous trouverons une solution.
Juste, Rainier ?
Ouais.
Bon !
Appelez ma doublure
à Kimmy Dora. Prenez-la.
Je n'avais pas idée
que ce serait si épuisant.
L'important
est qu'elle dise oui.
Nous verrons ses désirs plus tard.
Au moins, nous l'avons.
- Nous en avions besoin. - C'est juste.
Le reste suivra.
Jocelyn...
Peux-tu rester éveillée ?
Je ne connais pas le chemin.
Ouah ! Parfait, c'est ça !
Tous les angles conviennent.
Quoi que tu fixes, il y a de la texture !
360 degrés. C'est ça.
Nous tournerons ici.
C'est notre jour de chance.
Êtes-vous ceux qui vont filmer ici ?
- C'est nous. - Suivez-moi.
Que cherchez-vous ?
Nous voulons faire un tour.
Soyez notre guide !
Pas de problème.
Commençons notre visite !
Nous y voici.
Excusez-nous.
À votre droite.
Merci.
Bonjour.
Nous filmerons la scène de Mila ici.
Là où elle et son fils passeront.
Tu pourrais avoir raison.
Bien sûr que j'ai raison.
Quoi ?
Photo.
Je peux vous prendre en photo.
O.K., O.K.
- Assurez-vous d'avoir ça. - O.K.
C'est important.
Dépêchez-vous, d'accord ?
Une autre.
Ça ira.
Ouah.
Majestueux !
Il faut une scène ici.
On ne peut pas laisser cette imagerie.
Imagine ça avec une focale large.
Cet endroit joue.
On aura besoin d'une grue
Prenons une grue.
Tu es un chef !
Allez !
Dieu, merci, pour cette journée !
Si seulement je pouvais garder
tout ça dans une bouteille.
C'est pas un peu trop mélo ?
- Je vous aime ! - Je vous aime aussi !
Tu l'as eu frangin !
Merde, c'est ma voiture !
Merde !
Hé ! Ne la touchez pas !
Fils de pute ! C'est ma voiture !
Laissez-la ! À l'aide !
Pitié pour ma voiture !
Je vous emmerde !
N'approchez pas.
C'est mon rétroviseur !
Qu'on appelle les flics !
C'est mon auto ! Connards !
Ma voiture !
Vite, à la régie.
Ça vous prend pour toujours.
Vite ! Ce n'est pas encore prêt ?
Le voici.
Ça pue.
Le trépied, s'il vous plaît.
Vite, ça pue.
Vous êtes trop nombreux.
Les autres devraient partir.
Ceux dont on n'a pas besoin, partez !
- Pourrais-je avoir des mouchoirs ? - Voici.
Et une cigarette.
- Miss Eugene... - Je porte ça ?
Oui, ma'am.
- Oui, oui. - Vraiment ?
O.K. Ai-je besoin de rouge?
Pas besoin. Ça va.
Où est ma cigarette ?
Ça n'ira pas.
- Oh, non ? - Voici.
Où est le réalisateur ?
Il parle avec quelqu'un.
Oh oui ? Puis-je avoir du feu ?
Allume-la, s'il te plaît.
Les bottes sont trop serrées.
On n'a pas de chaussettes ?
Régie, des chaussettes.
- Où est Direk ? - Là-bas.
C'est la fosse septique ?
- Où est Direk ? - Juste là.
Direk, Miss Eugene vous cherche.
Puis-je avoir de l'eau ?
Est-ce ma doublure ?
Oui madame.
Est-ce ma doublure ?
Oui, c'est elle.
Elle est rondelette, ça ira ?
Ça va bien. C'est un plan entier.
C'est la fosse septique ?
Ça pue. Avançons.
- Où est le réalisateur ? - Là.
Direk !
J'ai vu les rush cette nuit !
Superbe !
- Avez-vous le DVD ? - Oui.
Le monteur y encore travaille.
Je dois-
Désolé, désolé.
C'est beau !
Je ne m'y attendais pas
Mais c'est vraiment beau. Étonnant.
La mise en scène, tout.
Du parfum, ça pue.
La mise en scène, les sentiments-
C'est réellement important.
Ça vous touche vraiment. C'est important.
C'est ce qui marche dans les festivals,
je te le dis.
Notez ça. Vous allez gagner.
Vous allez gagner !
On va ne faire que voyager l'an prochain.
Ça va être la fête.
Je n'attends que ça.
Je voyagerai en business ?
C'est vraiment beau.
On ira à tous les festivals...
On ira à Toronto.
Tribeca.
Venise. Berlin.
Je n'ai jamais été à Berlin.
Nous irons à New York.
Et Cannes.
Miss Eugene !
Miss Eugene !
Tenez ça !
Silence sur le plateau !
Miss Eugene ?
Miss Eugene ?
Ça va, si nous filmons maintenant ?
Avec vous ?
Merci !
Silence sur le plateau !
Prêt pour la prise ! Son ! Caméra !
Miss Eugene ?
3, 2, 1, Action !
Traduction : Martial Knaebel
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