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«Le hasard est capricieux» me disais-tu.
C'était la première fois que je restais sous l'eau
dans la baignoire de la maison.
En apnée... submergée.
J'avais trouvé mon endroit favori.
J'avais seulement 4 ans.
Mais je pouvais retenir ma respiration un long moment.
Tu avais 19 ans.
Et tu me donnais le bain comme chaque après-midi.
Il n'est rien arrivé, mais la frayeur ne t'a jamais quittée.
Car, plus jamais tu ne m'as quittée des yeux, Yari.
Yarisa. – Oui.
Joli prénom. – Merci.
J'espère qu'on te reverra.
Regarde celles-ci, elles sont belles.
Elles sont encore pleines de sable. Lavez-les bien, s'il vous plait.
C'est très aimable, merci. – De rien.
Par chance, tu es avec nous.
Vous me conseillez quoi? – Les œufs, ma jolie.
Non.
T'as commandé quoi? – Jambon et fromage.
Ok, donne-moi un de ceux-là alors.
Je me fiche de suivre mes parents,
de quitter Saint-Domingue,
si tu restes avec nous.
Pour ma famille, venir ici est un début.
Mais pour toi, c'est un retour.
Contente de te voir, Santa. Que fais-tu dans le coin?
Damaris. – Tu es mince ma parole!
J'ai vu Flora hier, elle ne m'a pas prévenue.
Tu l'as vue? – Pas encore.
Tu vas adorer la coupe de cheveux de ta fille.
Oui, Damaris. – Elle est belle!
Je t'embête pas plus longtemps.
On se voit plus tard. Contente que tu sois revenue.
Être revenue te fait peur.
Et quand tu es comme ça, effrayée,
tu me le fais payer.
Ne flingue pas ton futur par peur!
Comme si tout était une erreur.
Comme unies par le seul accident de ton apparition chez nous
quand je suis née.
Dis-moi, Yari.
Réponds.
Dis-moi que ce n'est pas seulement ça...
Le hasard.
Pourquoi j'apprends ta présence par les messes-basses de Damaris?
Elle m'a dit t'avoir croisée.
Ils ont décidé au dernier moment de bouger, il y a quelques jours.
Donc t'étais déjà là depuis un moment, et rien.
Seulement 5 jours, j'allais te le dire.
Bon sang, Maman. C'est pas possible.
Viens me voir.
Bon, si tu ne veux pas venir, c'est moi qui vient.
Hors de question, Mallory.
C'est mon lieu de travail.
Tu sais que je n'aime pas ça.
Tu attends le week-end.
Ils savent que t'as une famille, non?
Chérie, il y'a des gens.
Qui est-ce? Ta fille?
Madame Laura. – Bonjour.
Bonjour. Est-ce que je peux venir voir ma mère?
Bien sûr que oui.
T'es seule?
Oui.
On se voit plus tard, bye.
Yarisa!
Ok, on se la coule douce à la plage
mais ça me les brise que les gens continuent à dire de la merde.
Boucle-là. Regarde ce qui s'est passé hier au Brésil, en Argentine, en Colombie.
Il y a beaucoup de pères de famille bloqués.
Et pour rien, pour des petits contrats inférieurs à 10 milliards.
Changez de sujet, messieurs.
On est tranquilles.
Je veux que tu me dises quand on pourra rentrer.
Pendant ce temps, on est bien ici. – Madame! Celles-là vont dans le fond?
Je vais pas arrêter maintenant.
C'est pour l'événement de samedi?
Oui oui.
Le député est sur l'île.
Dites-moi si vous avez besoin de quelque-chose.
Il doit passer un bon moment.
Passe-moi ça.
Tu nous rends visite à la plage mais sans maillot de bain?
Prête m'en un.
Que je te prête le mien?
Et tu crois que ce petit corps rentre dans un de mes maillots?
Et Diego?
Il va bien.
Ah... J'ai entendu qu'il était dans le coin.
Vraiment? Je savais pas. – Tu ne savais pas.
Tu me l'apprends.
Il va être là, c'est ça?
Peut-être.
Mmh mmh...
Mais ça n'a aucun rapport avec ça.
Le sourire sur ton visage en dit long. – Oui, il vient, sûr.
Tu as besoin de me dire quelques petites choses. – Oh.
Tu me raconteras tout à ton retour. – Je peux pas tout te raconter!
Ah? – C'est un ami.
On ne me la fait pas, non.
Un ami? – Mmh mmh.
Ta façon de le regarder?
Quoi?
Comme quand moi je te regarde.
Comme ça?
Je le regarde pas comme ça. – Ok, d'accord.
Je t'ai vue faire parfois. – Je le regarde normalement. Regarde.
Salut. – Salut.
Ma chérie!
Tu arrives tôt! – Oui, ça va?
Je pensais que tu arrivais à 9 heures.
En effet.
Entre. Désolée pour le bazar.
Essaie.
Les deux mains.
Montre-moi. – Comme ça.
T'es là depuis 5 jours déjà.
Mallory.
Je me suis déjà absentée plus que ça.
Tu aurais pu me le dire.
Tu savais que je travaillais.
C'est pas une excuse, ça.
Tu aurais pu appeler et me dire «je suis là».
T'es venue ici pour que je m'en aille?
Non, je veux juste savoir pourquoi tu m'as rien dit.
Tu crois que je sais pas qu'il y a quelque chose que tu veux pas révéler?
Dis-moi. Parle-moi.
Parce que moi je sais.
J'ai peur.
Peur?
Oui.
De moi, de toi, de Flora.
Peur? – De...
D'arriver ici et de ne plus y avoir de famille.
Mais pourquoi tu dis ça?
Tu es ma mère, peu importe ce que tu fais.
Moi je t'aime dans tous les cas.
Ce que t'as grandi.
Ne le refais plus. Tu dois me prévenir, ok?
Ton odeur préférée?
Noix de coco.
Tu sens la noix de coco.
Vrai. C'est une huile que j'ai achetée. J'adore... pour son odeur de coco.
Ça sent très bon.
Merci. Toujours la coco, folle de coco.
Je te ramène chez toi.
Non, je descends là où tu t'arrêtes. Je marcherai ensuite, t'inquiète.
C'est pas loin – Raison de plus, je t'y conduis.
Tu fumes?
Tiens. Appuie sur le bouton.
C'est pas mauvais.
Y'a un goût de gâteau.
C'est de la vanille.
C'est bon.
Tu te souviens? On était venus ici il y a longtemps, et Yarisa t'avait amenée.
Dis-moi.
T'étais trop petite pour t'en rappeler.
Dis toujours.
On t'avait amenée à la plage et tu y chassais des crabes.
Tu te souviens? Tu avais attaché un bout de pain à une ficelle.
Et tu l'avais mis dans le trou des crabes, dans le sable.
Et quand le crabe attrapait le pain,
tu remontais la ficelle.
Et quand le crabe sortait, Bam!
Oui, je m'en souviens. – Tu les prenais par les fesses.
On attrapait les pinces pour ne pas être mordus.
Tu te rappelles? – Oui.
T'avais tellement peur. T'aimais pas ça.
J'ai toujours voulu essayer ce truc.
Ah, putain de chien! – Putain, Álvaro!
Mon Dieu. – Ce chien est plus bourré que moi.
Je crois que tu vas conduire ce soir, Sara.
Ça te dit de venir? – Hein?
À la fête.
Ça va être bien?
Ça va être super bien!
Sara, Sara!
C'est toi qui conduis!
Tu me ramènes à la maison.
T'es fou, Álvaro.
Ça se passe bien? – Oui.
Tu penses quoi de la soirée?
C'est cool.
Allez!
C'est ma tournée ce soir!
Plus fort! Plus fort!
Saute, saute!
Saute!
Saute!
Hey, tu t'ennuies?
Non, je cherchais un chien qui allait vers là-bas.
Je vois aucun chien.
Si, il est venu de la fête, et il est passé par là.
Il avait l'air saoul. T'as pas vu?
Non. – Sérieux?
Non.
Vraiment?
Et quoi de neuf? Tu devais pas aller étudier à l'étranger?
Je sais pas encore. Je crois que non.
Toi? T'as fini l'école?
Oui.
Tu vas faire quoi? Tu vas étudier ensuite?
Je veux ouvrir un salon.
Un salon? – Oui, coiffure, ongles et tout le reste.
Je peux voir? – Bien sûr.
Si tu veux, je te les fais.
Je suis pas sûre que ça m'aille bien.
Et pourquoi pas?
Je te les fais.
Non.
Je sais pas... C'est pas trop mon style.
Mais merci.
Pour Yari, tu sais que personne l'appelle Yari?
C'est seulement vous.
Dans le quartier, on l'appelle tous Santa.
Ma mère, elle fait quoi avec toi?
Elle nettoie, elle cuisine, elle range ta chambre?
Non.
Ça fait déjà longtemps qu'elle n'a plus à ranger ma chambre.
Et quoi d'autre?
Elle rit avec toi? Elle raconte des histoires, elle fait des blagues?
Oui, on rit beaucoup.
Elle a beaucoup de trucs intéressants à raconter.
Elle lâche des pets avec toi?
Oui.
Elle le fait tout le temps,
et quand tu lui demandes, elle dit que ce n'est pas elle!
C'est vrai! Elle dit, «Non, bien sûr que non».
Et elle fait comme si c'était pas elle. – Oui.
Elle fait toujours ça, et en plus elle dit que c'est moi!
Je fais comme si je savais pas.
Oui – Littéralement!
Elle t'apprécie?
Oui.
Elle m'adore.
Mais elle me parle aussi beaucoup de toi.
Oui? Qu’est-ce qu’elle raconte de moi?
Elle me montre des photos de toi, elle dit «Regarde comme ma fille est belle».
Vraiment?
Oui.
Bon, je vais me prendre un verre, et je rentre à la maison.
Tu veux pas qu'on te ramène?
C'est pas si loin. Je vais rentrer à pied.
Ok, ça marche.
Regarde! Y'a le chien!
Qu'est-ce qu'il y'a?
Le seul truc qui manque pour conclure, c'est une discussion.
Tu crois que tu peux m'aider? – Diego, c'est un corrompu.
Tu ne devrais pas parler comme ça de ton père.
C'est ta famille, ton sang.
Tais-toi maintenant.
Quoi? On va plus jamais pouvoir parler de ça?
Je comprends pas pourquoi tu veux travailler pour un corrompu.
Lui et moi en avons parlé. Il y a un poste possible dans l'équipe communication.
Où on est, bon sang?
On a besoin d'entrepreneurs comme lui pour que le pays progresse.
Des types qui font le sale boulot.
Ton père est une idole! – Merde!
Waah, bordel! – C'est quoi ça?
Regarde, Diego.
Eh beh?
Il est possédé celui-ci.
Klaxonne. – Oui.
Je fais quoi?
Continue à klaxonner.
Je veux pas non plus l'effrayer. – Klaxonne.
Oh l'enfer.
Allez, on y va.
Et mon bisou?
Noon, sors.
T'as vomi juste avant. – Un baiser.
Non, va-t'en.
Bien.
Tu sais pas ce que tu rates.
Merci pour le trajet.
Au plaisir.
Et pas de clin d'œil!
Tu fais quoi?
Allez, Diego, il pleut.
Va te coucher.
Diego! Álvaro va me tuer si je retourne pas à la fête.
La porte!
Putain, Álvaro! Attends!
Álvaro!
Tu fais quoi mec?
Tu fais quoi?
Chut.
Pardon, Yari.
Petite...
Il a beaucoup plu? L'entrée est trempée.
Tu sais que Maman a peur des orages.
Flora, je t'appelais pour savoir comment va ma fille.
Comment ça «ma fille»? Mallory.
Oui, elle est venue me voir hier.
Ne me parle pas comme ça.
Elle doit être avec une amie.
Je vais demander aux enfants ici.
Elle est partie avec eux.
Non. Flora.
Putain, Flora! Retourne au lit!
Me fais plus chier! Tu veux te disputer aujourd'hui?
Sara.
Sara.
Sara.
Yarisa, Madame Laura vous cherche.
Madame, j'ai peur.
Prends ton portable. Il y a un problème.
Comme je te disais, Papa. Ils dorment tous dans cette maison.
Qu'est-ce qu'il se passe?
Sara, chérie. Tu sais si elle est restée dormir à cette maison?
Appelle Renata et demande-lui si Mallory est là-bas.
Mallory? – Oui, Mallory.
«Je pars. Je marche. J'arrive dans 20 minutes.»
C'est ce qu'elle a dit à la tante c'est ça?
À la cousine, elles vivent ensemble.
Elle lui a envoyé un message qu'elle rentrait à la maison.
Entre temps, elle a peut-être changé ses plans.
Parfois, on dit qu'on part et on reste plus que prévu.
Surtout avec les jeunes.
Si ma fille dit qu'elle est en chemin, c'est qu'elle y est.
Elle répond pas?
Non. – Des nouvelles?
Non, rien.
Elle a peut-être un copain. À son âge, je passais ma vie dans la rue.
Ça rendait ma mère folle, tout comme toi.
Ne t'en fais pas, elle doit être avec son copain.
Tu l'as pas vue partir de la fête?
Allo, Mario!
Enfin.
Que se passe-t-il?
Non, je voulais savoir si des jeunes sont restés dormir chez toi hier.
Mes enfants, non. Ils sont ici.
Ça concerne juste une de leurs amies.
Oui, c'est pour lever le doute.
Ça sent? Surement, à cause des pieds trempés.
Qu'il vérifie la chambre de Renata.
Elle est noire. Elle a comme une coupe afro.
Je te les réveillerais à coup de pistolet.
9 dans un lit?
Vous êtes bien progressistes dans cette maison.
Yari!
Yari!
Yari, ça va? – Je te rappelle.
Yarisa... Yarisa.
Ici, à droite.
Pedro, on fait quoi à propos de la fête?
J'annule tout?
On ne peut pas. Le député a confirmé sa venue.
Écris à Hipólito pour qu'il aille à la maison organiser tout ça.
Ici, à la maison jaune.
Monsieur, ça a été un peu difficile.
Car la fille était recouverte de boue.
Il pleuvait beaucoup et on a dû attendre que l'eau se retire pour la voir.
Un homme a vu ses jambes ressortir à côté du chemin.
Elle était habillée... – Oui.
...mais pétrie de coups.
Le docteur l'a dit comme si elle avait été percutée.
Quand le médecin a commencé...
Quand il l'a examinée, elle et les lieux,
il a diagnostiqué des côtes cassées.
Vous comprenez?
Oui.
Quand elle a reçu le choc, en tombant,
son visage est tombé dans une flaque d'eau.
Quand on l'a retirée, et qu'on la retournée,
beaucoup d'eau s'était gorgée dans les poumons.
C'était un peu confus, au début.
Où l'avez-vous trouvée?
Pardon?
Où l'avez-vous trouvée?
Dans le raccourci de Cosón, celui qui va vers Aires del Mar.
Ok.
À 300 mètres de la jonction avec la nouvelle autoroute.
Autre chose que vous vouliez savoir?
Non, merci de nous avoir répondu. On vous rappelle si besoin.
À vos ordres.
Qui est parti reconnaître le corps?
Ça correspond à ce qu'il dit? – Je crois bien.
Nous allons prendre en charge toutes les dépenses.
Non, vous avez déjà fait beaucoup. – Pas de soucis, on s'en occupe.
Merci beaucoup...
Non, non, non, nous acceptons. Merci Monsieur.
On va s'en occuper.
Vous pensez pouvoir récupérer le corps?
J'ai essayé mais je n'ai pas pu.
Nous voulons le corps de ma cousine pour le veiller comme elle le mérite.
Comment ça? Ils n'ont pas rendu le corps?
Non, ils ont dit qu'un officiel devait signer, mais il n'y en avait aucun.
Je vais vérifier tout ça.
Je m'en charge.
Qui vas-tu appeler?
T'inquiète pas.
Tu sais tout.
Nous devons nous plier à la volonté divine.
Il est le seul à savoir comment se passent les choses.
Il faut accepter la volonté divine. Il le faut.
Nous passons tous, un jour, vers l'au-delà.
Accepte-le. Reste calme. Je suis désolée.
Cette femme brûle.
Elle va mourir.
Où est Sara?
Je ne sais pas.
Je veux la voir.
La Carajita? Maintenant? Tu veux la voir, Tatie?
Reste ici au calme. Repose-toi.
Désolée ma sœur. Tellement désolée.
Quelle peine, mais il faut suivre la volonté divine.
Nous irons tous là-bas un jour. Il faut suivre sa volonté, bon sang.
C'était une si gentille fille.
Ma fille!
Ma fille.
Mon Dieu.
Oh Dieu.
Mon Dieu.
Hey.
Il est arrivé quoi à ton œil?
Rien d'important.
C'était lors de la fête?
Je crois oui.
Quelques verres sont passés par là.
Et puis bon...
On perd un peu le contrôle.
Mais ça va.
Lors de la fête, tu as remarqué quelque chose d'étrange chez elle?
Chez Mallory? – Oui.
Elle s’amusait bien.
On a même dansé ensemble.
Et il y a un moment précis où elle a disparu?
Pas que je sache.
Pourquoi tu l'as laissée?
Quoi?
Elle a dit qu'elle rentrait à pied.
Je sais, mais tu sais que c'est très dangereux de nuit.
Et en plus, avec cette pluie.
Je me souviens pas bien de ce qui s'est passé cette nuit.
J'étais bourré.
Certes, t'étais bourré mais t'es arrivé vivant chez toi.
Aussi bourré que tu pouvais être,
tu te souviens qu'elle voulait rentrer à la maison à pied.
Qu'est-ce que je peux dire?
Je suis la baby-sitter de personne.
Pardon?
T'es la baby-sitter de personne?
Qu'est-ce que tu es alors?
Tu sais ce que t'es? Une merde.
Je suis quoi? – Une merde! Pauvre type.
Tu crois pas avoir abandonné un bout de merde là-bas.
Parle, dis quelque chose, putain!
Calmez-vous. – Je vais pas me calmer, vous savez pourquoi?
Parce que personne ne va me ramener ma cousine!
Rien de ce qui se passe ici ne permettra de la retrouver,
aussi malin que puisse être ce mange-merde.
Je comprends ta douleur, mais mon fils n'est coupable de r...
Bien sûr qu'il est responsable!
S'il l'avait ramenée, elle serait vivante!
Je savais pas ce que ta cousine allait faire!
Évidemment que tu savais, connard! – Calme-toi.
On y va. – Tu l'as dit qu'elle voulait rentrer à pied.
T'es bête ou quoi?
T'avais une voiture pour pouvoir la ramener chez elle!
Mais au fond, qu’est-ce que sa vie pouvait bien t’importer?
Pourquoi tu t’en soucierais?
Mais tu aurais pu te sentir concerné au moins par respect pour Yarisa putain!
Bon sang! Au moins du respect pour elle,
qui a dédié sa vie à s'occuper de vous, à laver vos culs!
Hein? Elle a négligé sa fille pour s'occuper de vous!
Et tu viens me dire ces conneries? T'es un putain de fou ou quoi?
Tu dois apprendre à aimer ton prochain!
C'est ça que tu dois comprendre!
Ça te parait juste que cet endroit soit vide?
C'est pas juste!
Mirta, qu'est-ce qu'il se passe à l'intérieur?
Y'a un problème? Dis-moi si on peut le résoudre?
Tyron.
Qu'est-ce qu'il y a?
C'est pas moi! – Dis-moi ce que c'est!
Dis-moi. Qu'est-ce qu'il s'est passé? Tu l'as cassé?
C'est pas moi! – Dis-moi.
C'était déjà cassé.
Ne me dis pas que tu as cassé leur phare!?
C'était comme ça. Touche pour voir.
Tu ne me mens pas? – C'était pas lui.
Tu sais que je peux t'en mettre une. C'était déjà cassé?
Oui, sûr? – Y'a pas de verre au sol.
Tu l'as cassé en entier, ou juste un morceau?
Dis-moi la vérité. – C'était juste un morceau.
Vous pouvez pas rester calmes une seconde?
Partez avant que je m'énerve.
Sara!
On va arriver en retard, non?
On sera à l'heure.
Ils sont là.
«Le hasard est capricieux» me disais-tu.
Je veux savoir comment tu vas.
Où tu es.
À l'enterrement, j'imagine.
Entourée de ta famille.
Je veux que tu saches que j'aimerais te prendre dans mes bras.
Quand tout ça sera fini
tu pourras revenir à la maison.
Nous t'y attendrons.
Je t'aime.
Je ressens à la fois fierté et peur.
Je me sens vivant.
On se sent vivants tous les deux.
Chérie, on est occupés. Attends dehors, s'il te plait.
Attends-nous dehors.
T'as lu cet article? Sur comment la Terre est plate?
Où t'as lu ça? – Sérieux, tu l'as pas vu?
Non.
La Terre est plate. On nous a menti.
Tout ce que l'on sait est mensonge.
Ils mentiraient pas sur ça. – Bien sûr que si.
Le monde est comme ça.
C'est dans leur intérêt qu'on la croit ronde.
Tu dis ça comme si c'était bizarre.
Tu me provoques.
Donc le chat regarde la rue, et?
Les chats ont un instinct qu'on a pas.
Je ne sais pas qui a le plus fumé, Renata ou le chat.
Il parait qu'ils ont le démon. – Ils ressentent les tremblements de terre.
Mais ils voient rien de paranormal.
Qu'est-ce qui t'arrive?
Qu'est-ce qui t'arrive? Dis-moi.
J'ai tué Mallory.
L'autre jour, quand je t'ai ramené chez toi.
Je l'ai percutée. Dans le raccourci de Cosón.
Qui est Mallory?
La fille de Yarisa.
C'est là où on a vu un tas de chèvres?
C'était pas une chèvre, Diego.
Comment tu peux en être si sûre?
Tu l'as vue? T'as vu son visage en particulier?
Sûre? Tu ne l'as pas reconnue?
Ok, bon.
Quelqu'un t'a vue?
Non.
Tu l'as dit à quelqu'un d'autre?
Alors de quoi tu t'inquiètes? Qu'est-ce qui va pas, Sara?
Je dois le dire à Yarisa.
Là tu m'inquiètes beaucoup.
Tu veux gâcher ta vie ou quoi?
Si tu dis ça à Yarisa, tu la perdras pour toujours.
Tu ne la verras plus de ta vie.
Elle ne te parlera plus.
Tu comprends? Elle va te haïr.
T'apprécies que les gens te haïssent?
Hé, tu te souviens de la maison à Jarabacoa?
Quand j'étais petit, un jour
pendant l'été,
je jouais dans la cour,
et y'avait une ruche d'abeilles qui me dérangeait.
J'allais demander au garde de la descendre,
or cet irresponsable était introuvable.
Mais son fils était là, Brayan.
Je lui ai ordonné de le faire.
Il a escaladé avec un bâton, puis il est tombé.
Il s'est ouvert le crâne, et il est mort.
Moi, j'ai vu ça.
J'ai vu le sang.
Ce que j'ai fait, c'est monter dans ma chambre,
et étudier car j'avais un exposé à faire.
Conclusion,
j'ai eu un 20/20 à mon exposé
et toi, t'as heurté une chèvre.
Ok? C'est tout.
Une chèvre.
Une chèvre.
Je quitte cette terre perdue
pour une terre plus belle
À boire l'eau de la vie
On arrive quand?
Vous devez faire ce que je vous dis.
Après le virage, sur la partie de droite.
Je dis qu'on peut chercher dans les deux directions.
À droite. – Comme elles viennent de le dire.
On est sur le point d'arriver.
Jésus est venu pour lui.
Ne le cherche plus...
Mirta! – Ils ont trouvé!
Mirta! – J'arrive, c'est où?
Ici, viens voir Mirta. – Laissez-moi voir.
C'est là, viens voir! – Cherchez encore! Il doit y en avoir plus.
Cherchez encore! – Ils t'ont tué, ma fille!
Gardez ça, ce sont des preuves!
Il y en a encore!
T'as vu?
Justice!
Justice doit être faite. On a les preuves.
Santa! – Les preuves sont là.
O nôtre Père, notre Seigneur.
Cherchez bien.
Vérifie par ici.
Regarde ici.
Santa! – Justice doit être faite!
Où est Santa?
Qu’est-ce qu’elle fait là-bas?
Par ici.
On continue à chercher. Y'en a encore.
Alberto, pourquoi Santa ne vient pas?
Je ne sais pas.
Qu'elle vienne voir, il y a des morceaux de verre en pagaille.
C'était eux, Santa!
Elle ne croit pas ce que tu dis.
Elle n'est plus avec nous mais avec la famille. Il faut la comprendre.
Avec qui elle est alors?
Elle n'est pas avec toi.
Elle n'est pas avec cette famille.
Ça fait un moment qu'elle n'est pas avec toi, Mirta.
Elle est loin.
Yarisa.
Que fais-tu ici?
Sara.
Sara.
Sara.
Sara.
Réveille-toi, il est tard.
Yarisa est là.
Quoi?
Oui. – Pourquoi?
Ça fait 6 heures qu'elle est là, enfermée dans sa chambre.
Je crois qu'elle se repose.
J'ai besoin que tu m'aides à nettoyer la cuisine.
Elle devrait pas être avec sa famille?
Si. Je ne comprends pas.
Je ne veux pas qu'elle se lève et se mette à nettoyer...
Je ne veux pas qu'elle pense qu'on est des gens répugnants.
La cuisine? – On n'est pas comme ça.
Tu m'aides, ma petite?
Sara!
Sara!
Tout est fermé à cette heure-ci.
J'essaie de commander mais ils ne livrent plus.
J'ai très faim. Álvaro est debout?
Qu'est-ce que j'en sais? – Écoute, tu m'as laissé la cuisine en bazar.
Range-là toi! Ou demande à Álvaro, il fait rien.
Ça marche pas comme ça. Allo?
Oui...
C'était quoi?
Laisse-moi voir.
Voyons...
Viens, laisse-moi voir. Par là.
Dieu seul sait où étaient ces tables.
Tu sais si t'es à jour pour le tétanos?
Non. – Comment ça, non?
Tu dois le savoir. Je ne suis pas une bibliothèque.
Tu dois savoir ce qui entre dans ton corps.
C'est quoi ce sang au sol?
Elle s'est coupée.
Álvaro, chéri, j'ai besoin que tu m'aides avec ces tables.
Quoi? – Uh-huh.
Je ne veux pas que Yarisa se lève et se mette à nettoyer.
Yarisa? – Oui. Aide-moi.
Reste tranquille.
Ça te fait mal?
Non.
Essaie d'ouvrir et de fermer.
Ferme, ouvre.
Reste calme.
Je t'ai amené vitamines et protéines.
Ta nièce a raison.
J'ai négligé Mallory.
J'aime commencer tôt.
Je commence à boire vers 16h pour avoir cette sensation
que tout va bien. Que tout est réussi.
Comme quand on mettait la dernière pièce du puzzle
auquel on jouait, quand on était petits.
Comme «Check», mission accomplie.
De la magie pure.
Je sais pas. Quand j'arrive à une fête,
et que tout le monde boit, danse, fume...
Je me sens serein quand je suis relié à tout ça.
Mallory se sentait comme ça le jour de la fête.
Elle était celle qui dansait et riait le plus.
On voyait qu'elle passait un bon moment.
Avec son petit parasol coloré qu'elle portait à l'oreille.
C'était la seule à ne pas avoir de maquillage.
Et même sans ça, c'était celle qui brillait le plus.
Je continue à boire, à boire
et à un moment de la soirée,
je me rends compte que personne ne me prête attention.
Et là je suis seul.
Tu vois le bleu que j'ai au visage?
Peu importe qu'on me frappe.
Je dis ce que je veux, et je fais ce que je veux.
Si le coup vient, il vient.
Peut-être qu'à force de prendre des coups, j'ai oublié Mallory.
Ta nièce a entièrement raison.
J'aurais dû la ramener à la maison après la fête.
Et je ne l'ai pas fait.
Mieux vaut que tu partes, Álvaro.
Yarisa.
Tu as pu te reposer après tout ce temps à l'intérieur?
Un peu.
Tu as mangé?
Dans cette maison, il y a beaucoup de restes.
J'ai aussi des cachets si jamais tu veux retourner dormir.
Où est Sara?
Sara.
Ça fait un moment que je ne l'ai pas vue.
Et Monsieur est avec elle?
Non, lui non plus, je ne l'ai pas vu depuis un moment.
Comment va Sara?
Elle va très mal.
Elle ne parle pas. Elle ne fait rien.
Mais étrangement, je lui ai déjà dit que tu étais là.
J'ai cru qu'elle serait avec toi.
Yarisa, que fais-tu ici?
Tu devais pas être chez ta sœur?
Tout va bien?
Oui.
Tiens, le fantôme de l'opéra.
Où tu étais?
Je faisais quelques courses. Rien d'important.
Et toi?
Je m'étouffais dans la chaleur et l'abandon.
Qu'il va être long cet été.
Où est Sara?
Chaleur et abandon, Pedro.
Yarisa, ce que tu fais n'est pas bien.
Je comprends que le moment doit être difficile pour toi.
Tu es chamboulée.
Mais je ne peux pas me permettre que tu continues à travailler.
Allons. – Pedro. Chéri, signe ici, s'il te plait.
Où est Sara? Tu n'as pas répondu.
Qu'est-ce que j'en sais?
Sors!
Sors putain! Sors, Sara!
Que le diable m'emporte, bordel!
Regarde-moi, putain, regarde-moi!
Où tu es?!
Regarde-moi en face!
Regarde-moi Sara! Putain, sors!
Bordel, Sara!
Qu'on me dise pourquoi!
Je t'ai tout donné.
Sara.
Sara.
Viens.
Parle à Mario et au Polonais.
Et pars avec Mario et le Polonais.
Fais comme je te dis.
On ne peut rien faire d'autre.
Compris.
Sous-titres: Association Fa Sol Latino
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