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Après les guerres territoriales de Nouvelle-Zélande des années 1860, la Couronne britannique
n'ayant pas tenu ses engagements envers le peuple maori, suite au traité de Waitangi,
les Maoris furent submergés par les colons européens, dépouillés de leurs terres, leur économie et leur culture.
En 1975, plus d'un siècle plus tard, les tribus du Nord de la Nouvelle-Zélande
se rassemblèrent pour protester contre la perte de leurs terres et de leur identité.
Elles étaient menées par une femme de 80 ans, Whina Cooper.
TE KARANGA, HOKIANGA NOUVELLE-ZELANDE, 1895
[Je te baptise Joseph Te Wake.]
[D'une longue lignée de chefs.]
[Éveillé pour ton peuple qui te réclame.]
[Mon beau fils.]
[Elle n'est pas un garçon.]
[Pas Joseph ?]
[Josephina.]
[Whina.]
PANGURU, HOKIANGA 1914
- Cours ! Cours !
Cours, ma petite-fille. Ce salaud s'est pointé.
Surveille les femmes.
Whina !
- Où est-elle ?
Whina !
Whina !
Whina Te Wake !
Vous êtes en terre maorie ! Sortez d'ici !
Whina ! Whina Te Wake ! Où est-elle ?
Whina ! Whina !
[Montgomery arrive !]
[Avec la police.]
[Ils savent qu'on est ici.]
Les voilà. Attrapez-les !
Whina !
Foutus indigènes, faudrait
contrôler les vôtres.
Me faciliter la tâche.
-Merci.
Merci pour ton aide, Frank.
- Qu'est-ce que vous faites ?
Vous la laissez partir ?
- Elle aura un avertissement. - Un avertissement ?
Elle doit être inculpée d'intrusion, de vandalisme.
- Qu'elle dégage de ma terre. - C'est la terre maorie, pas la vôtre.
- Votre bail n'a aucun sens. - Whina.
C'est toi qui as fait ça, hein ?
Saboter mes tuyaux,
tu as envoyé ta sœur faire ton sale boulot.
Oh, un chef.
Ce chef a bâti l'église où tu pries,
M. Montgomery.
Étant donné les circonstances, les officiers ont décidé
qu'un avertissement est approprié.
J'espère bien que vous serez d'accord.
Si je la retrouve sur ma terre,
Je ne réponds pas de ce qui arrivera.
[Papa.]
[Il a déboisé les forêts. Puis, il mettra des vaches et des clôtures.]
[Bientôt, il nous faudra sa permission pour manger les fruits de mer.]
[Ma fille, tu peux choisir le bon ou le mauvais chemin.]
[Je choisirai celui qui fonctionne.]
[Tu as fait des études pour pouvoir diriger ton peuple, ]
[pas revenir te comporter en criminelle.]
[Ton frère pense que j'aurais dû le choisir, lui.]
[J'aurais peut-être dû lui léguer ce fardeau.]
[Tu auras le respect de ton peuple.]
[Tu l'utiliseras comme tu voudras.]
[Je t'ai entendue parler à Papa.]
Ça fait 135 ans
que ça dure.
- Ça suffit.
Si on se met les Pakehas à dos,
on ne recouvrera jamais notre terre. Jamais.
- Il faut qu'on collabore.
Qu'ils aillent se faire foutre.
Ils se fichent de nous.
Whaea.
Que fait-on ?
En 1840...
les Maoris possédaient 66 millions d'acres
dans notre pays, Aotearoa, la Nouvelle-Zélande.
Et nos ancêtres ont signé le traité de Waitangi...
et aujourd'hui... il nous en reste à peine 2 millions.
- Les salauds.
Mon père a dit...
"Ne vendez jamais votre terre...
même si vous êtes sans le sou."
Il savait que pour affronter les défis
du monde pakeha...
il faut être malin...
et apprendre leurs manières.
- J'ai bien peur...
que si nous n'agissons pas maintenant...
nous perdions toutes nos terres.
PANDÉMIE GRIPPALE PANGURU, HOKIANGA 1918
[Ton père parti, ton frère voudra être le chef.]
Carla.
Dans les champs de résine,
on parle d'un nouveau projet foncier.
Pourquoi le gouvernement nous aiderait ?
On n'a même pas de prêts bancaires.
Notre terre ferait alors partie de leur dette,
mais si on travaille suffisamment la terre,
on pourrait rembourser la dette.
Et si on ne peut pas ?
Ils nous mettraient en faillite, tu le sais bien.
[Tu veux jouer la seule terre qu'il nous reste ?]
Apirana Ngata organise
une réunion à Rotorua, j'aimerais y aller.
Une femme ne sera pas acceptée.
[N'oubliez jamais les valeurs de nos ancêtres.]
[Mais...]
[explorons aussi les savoirs européens.]
Pour ce projet foncier, il faudra des machines, des outils.
Vous pourrez cultiver votre terre
de façon moderne,
vous aurez des résultats incroyables.
Je crois que c'est une opportunité.
Une opportunité pour les Maoris de gérer leurs fermes
au même rythme, sinon plus vite que les Pakehas.
[Le monde change.]
[Soyez vigilant.]
C'est une ère nouvelle...
on doit être prêts.
Tu regardes ça
comme si tu n'avais jamais rien vu de semblable.
Jamais, non.
On n'a pas de sculptures chez nous, dans le nord.
Non ?
J'ai entendu dire que le nord était devenu catholique.
L'église n'a rien à voir avec ça.
Elle encourage notre culture.
Malgré tout, vos marae n'ont pas de sculptures.
-Tout le monde à bord !
[Eh bien, Whina.]
[Fille du chef Heremia Te Wake.]
[Je t'ai vue prendre beaucoup de notes.]
Oh...
[Tu penses pouvoir relever le défi ?]
[Donne-moi l'argent, Api.]
[Je te montrerai comment on fait.]
Tout le monde à bord !
[Bon voyage...]
[Whina Te Wake.]
Ma sœur ! Un télégramme !
- Oh ! Oh ! - Un préavis.
Un préavis.
[Les paroles de nos ancêtres sont vraies.]
[Rejoignons-les, ne nous dispersons pas, ]
[avec votre panier de nourriture et le mien.]
[La terre reste, les gens disparaissent.]
[Merci, Pita. Ça suffit.]
[Maintenant, parlons de nous, ]
[et de ce qu'on doit faire ici.]
[Ferme-la ! Les femmes n'ont pas le droit de parler sur le marae !]
[Mon frère, tu avais terminé. Merci.]
[Parlons de l'ingérence du gouvernement dans nos terres.]
[Voilà les questions importantes.]
[Tu peux pas contrôler ta femme ?]
[J'ai reçu un télégramme de Apirana Ngata.]
[Le gouvernement veut auditer les régimes fonciers.]
[Chaque jour, on perd des terres maories.]
[Si tout n'est pas parfait, on risque de tout perdre.]
[Je suis si fière de ce qu'on a accompli ici.]
[Mais je suis aussi d'accord avec ce qu'a dit Pita, ]
["La terre reste, les gens disparaissent."]
[Si on n'est pas prudents, notre peuple et notre terre disparaîtront.]
[Alors, que fait-on ?]
NORTHLAND, NOUVELLE-ZELANDE 1975
On veut que le gouvernement
reconnaisse ce qui arrive à la terre maorie.
- On veut notre terre !
- On veut l'égalité.
- Bien.
Nous sommes tous là,
pas que les Maoris,
mais Pakehas et Maoris, tous ensemble.
- On ne fait qu'un !
Et on restera jusqu'à ce que le gouvernement reconnaisse
nos doléances et nous rende notre terre.
On est prêts à se battre s'il le faut.
- Pardon ? - Whaea, on ne peut pas
faire tout ce chemin,
lancer ce mouvement, puis se disperser.
On nous doit des réponses, et on restera
- tant qu'on ne les aura pas. - Exactement.
Je ne sais pas d'où tu tiens ça, ma fille.
Il ne peut y avoir de violence.
De quoi ça aura l'air si... tu restes te battre ?
Des communautés se soulèvent dans le monde entier,
des indigènes,
des travailleurs, des opprimés par un système
qui se fiche d'eux.
Il est temps de répliquer...
- collectivement.
Whaea... on t'aime.
On t'aime tous pour tes conseils
et tout ce que tu as fait pour nous.
Mais c'est en train de changer.
On change. Ce n'est pas que notre mission.
Tous les Maoris doivent décider.
Je vois.
Je vois.
Pourquoi ?
Whina.
Pourquoi ?
- Tu es d'accord. - Mais il y a quand même des règles.
Quel est le plus important ?
- Des récitals interminables
ou de s'occuper de ce qui doit être fait ?
- Arrête de discuter avec moi, femme !
[Tu me défies constamment.]
Je t'aide à la ferme...
et à collecter des fonds pour l'église.
- Richard.
Si nous ne sommes pas prêts, quand ils viendront inspecter...
[Mais tu te moques toujours de moi.]
[Comment crois-tu que je me sens quand je marche dans la rue ?]
Tous ces types...
qui savent que je ne peux pas te contrôler.
Richard.
- Richard.
- Richard.
Whina.
Oui.
Salut, Whina.
William Cooper.
Alors, c'est toi qu'on envoie nous auditer.
Agent de consolidation des terres autochtones.
Ton mari est là ?
Tu veux voir la terre, non ?
- Euh, oui. - J'arrive.
- Je dois avouer
que vos progrès sont très encourageants.
La nation Ngati Kuri vient juste de défricher.
Comme dirait Apirana Ngata,
"la compétition accroît la productivité."
Mais tu sais tout ça.
Salut.
Ça fait quoi, 120 mètres ?
Vous avez seulement mis 50 mètres de fossé.
On peut faire plus, si on veut. On est chez nous.
- Pas d'accord ? - Pas du tout.
On va donc continuer à monter par ici...
et là, tout le long, aussi loin qu'on veut.
Avec la pente de la berge pour un drainage autonome.
On laisse travailler la terre, comme tout le monde.
Si seulement plus de monde pensait comme ça.
[Dieu nous bénisse]
[et cette nourriture que tu nous as donnée]
[par notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.]
Amen.
J'ai compris que ça s'était bien passé aujourd'hui.
Oh.
Très impressionnant, ce que vous avez fait.
On travaille chaque heure que Dieu nous donne.
- Oui.
- Savez-vous...
qu'il y a pas mal d'autres programmes...
de développement qui peuvent apprendre beaucoup de vous.
- Vous pourriez les aider. - On aimerait bien.
On aimerait partager notre connaissance de la terre.
N'est-ce pas, Whina ?
Je pense que je vais me coucher tôt
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
[Va t'occuper d'eux.]
[Que tout soit normal.]
[Mais, mon chéri...]
[Va.]
Oh, non. Non.
Que fais-tu ?
- Oh, je... - Je ne t'ai pas demandé de nettoyer.
Aucun souci. Je voulais aider.
On n'a pas besoin de ton aide. Compris ? On se débrouille.
Carla, va au lit.
- Prends ton frère. - D'accord.
Je vais peut-être aussi me coucher.
A quelle heure veux-tu
- continuer... - Au lever du soleil.
Je te réveillerai.
Bonne nuit.
et de cette colline, on a une vue incroyable.
Je venais ici, enfant.
La famille qui y vivait, c'étaient des amis de mon père.
Ils possédaient toutes les terres alentour.
Aussi loin qu'on puisse voir.
Il manque un papier, et...
on les leur enlève.
Désolé, Whina.
Vraiment.
Je sais que vous vivez des temps difficiles.
Si je peux vous aider en quoi que ce soit...
[...et ne nous soumets pas à la tentation, ]
[mais délivre-nous du mal.]
[Oh, mon dieu... Que suis-je devenue ?]
[J'ai trébuché, je suis tombée...]
[Mon dieu, ]
[pardonne-moi.]
Ton père s'asseyait là
quand il voulait un moment avec Dieu.
Va retrouver Richard.
Il a de la chance de t'avoir pour femme.
Et c'est un bon catholique.
Il sera bientôt auprès de Dieu.
Merci, mon père.
"Je lèverai mes yeux vers les collines,
d'où vient mon secours."
"Mon secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre."
"Voici, celui qui garde Israël
ne s'assoupira pas ni ne dormira."
"Le Seigneur est ton gardien."
"Le Seigneur est ton ombre sur ta main droite."
"Le soleil ne te frappera pas le jour, ni la lune la nuit."
"Le Seigneur te préservera de tout mal."
"Il préservera ton âme."
"Le Seigneur préservera ta sortie et ton entrée,
à partir de maintenant et même pour les siècles des siècles."
[Adieu, mon ami.]
Whina !
Avance.
- Whina. - William...
non.
- Je dois rentrer à Rotorua. - Vas-y.
On peut parler, au moins ?
J'ai dit non.
- Whina !
- Whina, il faut que je te parle.
On doit parler.
J'ai du travail !
Bon, alors... je vais t'aider.
Ne sois pas ridicule.
Qu'est-ce qu'on cherche ?
-Voilà, laisse-moi t'aider.
Non, j'ai pas besoin de ton aide.
- S'il te plaît, laisse-moi t'aider. - Pas besoin...
- Merci.
- Hé.
- Content que ça t'amuse.
Laisse-moi t'aider.
Mes condoléances pour Richard, Whina.
Je suis sincère.
J'ai présenté le rapport à la commission.
Ils étaient aussi contents que moi.
C'est bon, Whina. Tu...
as réussi.
[William, je suis enceinte.]
Quoi ?
[Je suis enceinte, ]
[et il est de toi.]
Tu es... Tu es sûre ? Combien de mois ?
Tu devrais connaître la réponse.
Je pense que je le sens.
Tu ne sais pas si c'est un garçon.
Je sais... que je t'aime...
et que...
je veux être avec toi.
[Whina, dis-nous que tu as encore eu de l'argent des Pakehas !]
[Eh bien, ]
[J'ai tenu à vous réunir ici aujourd'hui, ]
[parce que j'ai quelque chose à vous dire.]
[Je suis enceinte.]
[Mais, ]
[Richard n'est pas le père.]
[Le père est William Cooper]
[et j'ai l'intention de l'épouser.]
[Comment oses-tu !]
[On t'a traitée comme une princesse, une reine.]
[Allons-nous-en, ma sœur.]
[Ils t'ont aidée, soutenue, ]
[et voilà ce que tu leur fais !]
[Arrête, Pita !]
[Ferme ta gueule.]
[Laissez-nous tranquilles !]
[Tu fais honte au Ngati Manawa.]
[Tu n'es plus rien pour nous !]
Allez ! En voiture !
Le voilà !
Allez, vas-y, Whina ! Pars d'ici !
Ne reviens pas !
Ne reviens pas !
Whaea.
Tu es prête ?
TE HAPUA, NORTHLAND SEPTEMBRE 1975
Nous nous sommes unis
pour ouvrir les yeux de ceux qui refusent de voir...
de voir ce qui est juste devant eux...
- la perte de notre terre.
Nous allons marcher le long de cette île,
Te Ika-a-Maui,
du sommet, jusqu'au Parlement.
- Un hikoi sacré...
- pour nous réunir tous.
Te Roopu o te Matakite.
Ceux qui sont prévoyants.
C'est ce que nous sommes, ce que nous devons être.
Nous allons rencontrer des oppositions de toutes sortes.
Préparez-vous à être maltraités.
C'est ce que font les gens quand ils ont peur de vous.
Ils essaieront de vous provoquer.
Ne soyez pas violents.
Soyez au-dessus de ça.
Soyez fiers.
Alors seulement, ils sauront que nous sommes sérieux.
Même nos chefs maoris ont dit que cette marche est mauvaise,
que les Maoris ne marchent que pour la guerre, pas pour la paix.
Moi, je dis qu'on marche pour les deux.
Oui !
Guerre et paix.
- On marche.
On marche pour être vus. On marche pour être entendus.
On marche pour éveiller la conscience de Pakehas,
pour faire savoir au peuple de notre pays
que plus une acre de terre maorie ne sera volée.
- Plus une acre.
Plus une acre.
[Réveillez-vous ! Ne faites plus qu'un au soleil !]
Bonjour
ici la radio de Nouvelle-Zélande.
Sir Apirana Ngata a commencé les préparatifs
des célébrations du centenaire de Waitangi
qui auront lieu à Waitangi le 6 février 1940.
Cette occasion mémorable marque le centenaire de la signature
par les Britanniques et les Maoris
du document fondateur de la Nouvelle-Zélande,
le traité de Waitangi.
C'est tout ce que tu dois faire. Tu l'alignes...
tu respires lentement, et tu appuies.
Tu ferais mieux de l'écouter, fiston.
Salut, papa.
Ta mère est championne de tir de Panguru.
Plus maintenant.
Je doute qu'ils trouvent mieux.
Il ne tient pas ça de moi.
Tu as réfléchi à ce dont on a parlé ?
On a quitté Panguru il y a 7 ans, Whina.
[La terre n'est plus bonne.]
Plus de résine.
Plus de bûches.
Il va être de plus en plus dur de vivre.
Le mieux qu'on puisse faire pour les enfants
est de leur donner une éducation.
Qu'ils utilisent leurs têtes... pas leurs mains.
Les écoles d'Auckland permettront ça.
Qu'est-ce qu'on dit du centenaire de Waitangi ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
Le comité aura fort à faire.
S'ils sont organisés, ils s'en sortiront.
On faisait ce genre de chose tout le temps.
Pas avec les chiffres annoncés.
- C'est leur problème,
alors, non ?
Maman. On s'en occupe.
Merci..
Je suis d'accord.
La terre n'est pas bonne.
Ils doivent utiliser leur tête.
Voilà.
C'est bien.
Whina.
Tu as dû entendre parler du centenaire du traité.
Parfois, je le demande ce qu'on fête.
Notre terre s'est vendue sous nos pieds.
La puissance de nos chefs dans la poussière.
Notre culture...
éparpillée.
Mais si les choses doivent changer...
c'est à nous de le faire.
Il me faut des gens de confiance en responsabilité.
J'espère...
que tu seras une d'entre elles.
Je ne suis pas sûre d'être une de ces personnes, Api.
Malgré tout ce que tu as traversé...
Whina...
Je sais de quoi tu es capable.
Que voudrais-tu que je fasse ?
La restauration ?
Il n'est pas sérieux ?
C'est un travail important.
Pas de ton niveau, Whina.
- Quelqu'un doit le faire. - Mais pas toi.
Tu devrais accueillir les dignitaires,
pas leur faire la cuisine.
Il a peut-être raison, Wiri.
Tous nos choix ont des conséquences.
Mets-toi debout.
[Debout, Whina.]
[Tu n'es pas une cuisinière.]
[Whina Te Wake.]
[Tu es une cheffe.]
[Tu ne devrais pas accueillir les dignitaires.]
[Tu es une dignitaire.]
[Rien de moins que ça]
[est une insulte à tes ancêtres.]
Ici.
Ah, la voilà. La grande Whina Te Wake.
Mlle Ngapuna.
Je suis surpris qu'elle soit encore là
après cette affaire sordide à Panguru.
Toujours un plaisir de te voir, Mahina.
Aujourd'hui est un grand jour pour moi
d'avoir mon mana ainsi reconnu,
d'être celui qui lève le tapu du marae.
Tu dois être très fière.
[Ma famille a faim.]
[Apporte-nous à manger, Whina !]
[Bien sûr. C'est mon job.]
[Nous nous réunissons en unité avec le passé...]
[...le présent et le futur.]
[Tu viens avec moi.]
[Laisse-la.]
[Elle n'a aucune honte.]
[Laisse le sage décider qui doit libérer cet espace sacré.]
[C'est toi qui dois franchir le seuil.]
[Nous nous réunissons en unité]
[avec le passé, le présent...]
[- Et le futur. - et le futur.]
[Elle est une honte.]
[Ça devait être une occasion magnifique, ]
[mais son insolence a tout gâché !]
[Cet acte égoïste a sapé le mana de Ngapuhi.]
[Mohi, pourquoi as-tu donné l'honneur à Whina ?]
[Je le devais.]
[Elle est la fille d'Heremia Te Wake.]
[grand-chef de Ngati Manawa, Te Rarawa et Ngapuhi.]
[Elle est de Pangaru, la montagne sacrée et les étoiles-guides.]
[Elle est de l'arbre sacré qui penche à l'ouest.]
[Elle seule pouvait lever le tapu et apaiser les dieux des forêts.]
[Elle a déshonoré, non seulement Te Rarawa, mais Ngapuhi]
[et nous ne le tolérerons pas.]
[Désolé, M. Ngata, ]
[nous ne continuerons pas plus longtemps.]
[Bonne journée.]
[J'ai dit la vérité. J'ai été obligé par les ancêtres.]
[Elle est l'élue.]
J'aurais dû savoir que te confier
la restauration était dangereux.
- Api... - Je ne peux pas contester
ton droit à faire ce que tu as fait.
Mais le problème, c'est la façon dont tu l'as fait.
Comment rassembler les nôtres
s'ils partent toujours en colère ?
Chaque jour, je navigue dans les différences tribales
mais aussi dans les mondes maori et pakeha.
Je le fais...
car je crois en un futur...
où nous sommes plus proches...
pas plus éloignés.
Bon, je suis sûr que tu as à faire en cuisine.
Il ne reste plus personne.
Quoi ?
Ngati Kuri ne travaillera plus pour moi.
[Je vais voir ce que je peux faire.]
Ah !
On dirait que tu as
besoin d'aide, tatie.
Gabriel ?
Dois-je en croire mes yeux ?
Depuis quand Panguru envoie ses anges à la guerre ?
Je suppose que même les anges
doivent se battre quand on les appelle.
C'est tes amis ?
Salut.
Les tiens maintenant, Whaea. Ordre d'Api.
Au boulot, les gars.
Comment ça va chez toi ?
Honnêtement, j'étais content de partir.
Et pourquoi ?
Cet endroit est mort. Il n'y a pas de boulot.
Plus personne ne travaille la terre.
Beaucoup de whanau emménagent à Auckland.
Et personne ne fait rien ?
Qui ?
CENTENAIRE DU TRAITE DE WAITANGI WAITANGI, NORTHLAND 1940
On doit rentrer, William.
Rentrer à Panguru.
C'est chez moi.
Si on rentre à Panguru...
on ne sera jamais en paix.
Ils s'en assureront.
PANGURU, HOKIANGA 1942
[Ma grande sœur !]
[On a longtemps prié pour ce jour.]
[Ne pleure pas. Tu vas me faire pleurer.]
- Wiri.
Heretute.
[Comment vas-tu ?]
[Très bien. Mieux maintenant que vous êtes rentrés.]
Les enfants, comme vous avez grandi.
Ici...
nous construirons une salle de réunion...
où les femmes peuvent parler aux côtés des hommes.
Avec des sculptures qui racontent les histoires de nos ancêtres.
C'est ainsi qu'on rendra espoir à notre peuple.
Ça va en froisser certains, Whina.
Eh bien qu'ils soient froissés.
Qui fera les sculptures ?
J'ai déjà envoyé un message à Te Arawa.
Je leur ai demandé d'envoyer leurs maîtres-sculpteurs.
Ils nous enseigneront.
Que je comprenne bien.
Tu veux construire un marae où les femmes peuvent parler...
avec des sculptures d'un autre iwi ?
Une salle de réunion, pas un marae.
Et oui.
J'espère seulement que Te Arawa accepte.
Maman. Maman !
Te Arawa... ils sont ici.
Ils nous rejoignent.
[Oh, bonjour, la famille.]
- Dépêchez-vous. Oh ! - Bonjour, Whaea.
On t'attendait.
La nouvelle de votre marche se répand, Whaea.
Et il en arrive encore.
On vient avec toi.
On vient tout le long du chemin, Whaea.
- Bonjour. Bonjour. - Bonjour, la famille.
Ce mémorial des droits...
énumère les doléances du peuple maori
concernant notre terre.
Rangatira...
prends le stylo...
et rejoins-nous.
Tu verras...
qu'il a été signé par les chefs
de presque toutes les tribus du nord.
Ceci...
nous unira.
Tous les Maoris réunis.
- Tous les Maoris réunis...
pour montrer au gouvernement...
que nous sommes unis...
et que plus une acre ne devra nous être volée.
Donc, Rangatira...
rejoins notre quête sacrée.
Fais ce qui est juste pour ton peuple.
Merci.
Je sais que beaucoup d'entre vous souffrent.
Je souffre moi aussi d'arthrite chronique.
Il y a peu...
Je ne pouvais même pas quitter le lit.
Allongée, je pensais, "Bon...
ça y est."
"Je n'y arrive plus."
"Il est temps que je meure."
Et puis, cette nuit-là...
j'ai fait un rêve.
J'étais au paradis.
Et j'ai vu toutes mes anciennes relations.
Et j'ai vu Jésus.
Je pouvais à peine le regarder.
J'ai dit, "S'il te plaît, Seigneur...
je veux être ici avec toi et mon mari."
- Et il a dit, "Non."
Il a dit, "Tu as bien plus à faire."
Et, maintenant, je sais pourquoi le Seigneur m'a laissée ici.
Pour conduire cette marche sacrée.
Faudrait pas que je le déçoive, hein ?
Hé ! qu'est-ce qui se passe ici ?
On prend l'air, Whaea.
Restez assis.
Vous savez...
on a déjà renvoyé des gens
pour ce genre de comportement.
On se détend, Whaea. Où est le problème ?
Ça nous aide à terminer la marche.
"Ça vous aide à terminer la marche."
Retrouver nos terres, ça vous motive pas assez ?
Vous pensez qu'ils vont en faire quoi de ça...
Ceux qui nous surveillent,
qui attendent une raison pour nous arrêter ?
Mais, on se fera pas prendre,
- Whaea. - Trop tard.
Remballe tes affaires.
Quoi ?
- On n'a pas besoin de toi, pars. - Tu n'es pas sérieuse.
- Je suis très sérieuse, petite. - Whaea !
Je rêve !
Bon...
vous deux... vous êtes venus me voir...
vous m'avez demandé de mener la marche.
Il va falloir que vous décidiez...
si vous restez avec nous...
ou si vous partez avec elle.
Désolés, Whaea.
Gabriel.
[Travaillons comme un seul homme.]
Whina !
Whina, on parle beaucoup
dans la communauté.
Tu construis ton marae, pourquoi ?
[Un monument à ta gloire ?]
Pas un marae, une salle de réunion.
Un foyer pour nos jeunes de retour de la guerre.
[Ils ont déjà un foyer !]
Tu insultes notre marae en construisant ça.
Tu insultes Te Rarawa
et le peuple de Waipuna, et en plus tu fais venir
des sculpteurs de Te Arawa.
Je sais qu'on a pas toujours été d'accord,
mais il ne s'agit plus de notre passé, Whina.
Tu dois arrêter ça.
Renvoie les sculpteurs de Te Arawa.
Ou ça finira mal.
Si j'avais demandé la permission...
crois-tu vraiment qu'on m'aurait laissé faire ?
C'est la première fois qu'il sourit
depuis qu'il est rentré.
Gabriel.
- Comment vas-tu ? - Bien.
Père Mulder.
Si contente que vous soyez des nôtres.
Il paraît que vous partez à Auckland.
Oui.
C'est vrai.
S'il vous plaît...
laissez-moi vous montrer ce qu'on fait ici.
Voici nos taniwha.
Araiteuru...
Niniwa.
Ils gardent le port de Hokianga...
ils protègent notre terre.
Ils aideront notre peuple à guérir.
Et Dieu, Whina ?
L'avez-vous retrouvé ?
On s'est mariés, William et moi.
On veut vivre le restant de nos jours
en accord avec l'église.
Je crois que Dieu nous a pardonnés.
J'espère que vous aussi.
C'est entre vous et Dieu.
Merci pour la visite.
Mon travail ici touche à sa fin...
et j'ai beaucoup de choses en tête.
En pensant à ce que j'ai réalisé...
je m'inquiétais
pour l'avenir de Panguru.
Je voudrais exprimer... mes préoccupations immédiates,
et j'espère que vous entendez l'urgence de mes propos.
"Tu n'auras aucun autre dieu... que moi."
"Et tu ne feras pas...
pour toi...
d'image...
en forme de quoi que ce soit...
dans le ciel en haut, sur la terre en bas
ou dans les eaux en dessous."
Donc, hier, j'ai vu...
des sculptures en bois...
qui étaient peut-être...
les idoles les plus offensantes...
et grotesques que l'on puisse imaginer.
Les organes reproducteurs... Totalement exposés.
Des idoles accouchaient.
C'était très dérangeant.
Une imagerie dégoûtante qu'aucun chrétien
- ne devrait voir. - Excusez-moi, mon père...
- mais vous avez tort. - Comment oses-tu ?
Vous ne devriez pas prêcher
au sujet de ce que vous ne comprenez pas.
Vous nous menacez de la damnation ?
Nous sommes les plus fidèles servants du Seigneur.
Et qui es-tu pour me parler
- ainsi dans mon église ? - Mon père a construit cette église !
Je ne vais pas rester assise
à vous écouter prêcher l'ignorance.
Allez-y.
Et tous ceux qui sont d'accord avec moi.
Les gens se mettent facilement en colère.
Ils changeront d'avis.
Tu verras.
Les gens ne voient pas ce qu'il leur faut
avant que tu le leur mettes sous le nez.
Quoi ?
C'est bon d'entendre à nouveau l'ancien toi.
Je ne sais pas qui c'est.
Je me rappelle la première fois où tu as joué ça.
Non, non !
- Wiri ! - Viens ici !
Non !
Wiri !
Wiri, non !
On doit sortir les sculptures !
Wiri !
Wiri, non !
Wiri !
- Wiri !
- Ma poitrine. - A l'aide ! S'il vous plaît !
- Whina. - Qu'est-ce qui se passe ?
- A l'aide ! - Whaea !
- Wiri ! Je ne t'entends pas.
Je ne t'entends pas. Ne me fais pas ça, s'il te plaît.
[Qu'est-ce que je vais faire ?]
[Comment continuer, William ?]
PONSONBY, AUCKLAND 1950
Vous désirez ?
Bonjour. Josephine Cooper.
Vous êtes Josephine Cooper ?
J'ai loué cette maison.
Désolée, on n'a plus rien de disponible.
- Mais, tout était arrangé... - Désolée.
- Je ne peux rien pour vous. - Comment ça ?
On est censés faire quoi ?
Oui ?
- Je cherche le père Mulder. - L'évêque Mulder ?
- Pas ici. - Et où est-il ?
Désolé. Revenez demain.
Non, s'il vous plaît.
On a besoin d'aide.
On ne sait pas où aller.
- Ce n'est pas un centre d'hébergement. - Non, c'est la maison de Dieu.
"Celui qui opprime le pauvre méprise son créateur...
mais celui qui est bon avec le pauvre honore Dieu."
J'ai amené ma famille ici pour travailler.
Mais il n'y a pas de travail.
J'ai pas trouvé d'endroit où vivre, alors...
ma femme, elle...
elle est partie.
Elle a pris mes deux... petites filles.
Et le marae ?
- Où on se réunit ?
Je sais pas.
Au pub.
Le seul endroit où on est bienvenus.
Et toi ? Tu as de la famille ici ?
Personne ici.
Mon mari est mort.
Je ne pouvais pas payer le loyer...
ils nous ont jetés à la rue.
Personne n'a essayé de t'aider ?
Des dames m'ont invitée à une réunion.
Quelle réunion ?
La ligue de bienfaisance des femmes maories.
Une perte de temps, pour moi.
- S'il vous plaît.
S'il vous plaît, mesdames, écoutez-moi.
S'il vous plaît.
S'il vous plaît !
Écoutez-moi !
S'il vous plaît !
[Salut, moi c'est Mira.]
Whina.
[Whina Cooper de Panguru ?]
Il y a beaucoup trop de monde
et un risque de maladies infectieuses.
- Il y a pas de boulot.
- Pas de maisons.
Nos gens arrivent en ville,
et ils n'ont rien à faire.
Ils ne peuvent pas nourrir leurs familles.
Je veux dire un mot...
Nos gens se sont mis à boire.
Ils ne savent même plus ce qui est important.
Sont-ils responsables ?
Les gens boivent quand il n'y a plus d'espoir,
leur situation est sans espoir.
- Organisez-vous !
Qu'est-ce qu'elle a dit ?
Si vous voulez rester discuter dans cette salle,
alors continuez.
Mais si vous voulez changer les choses,
vous devez vous organiser.
La force vient du nombre... de l'union.
Si on est assez nombreux,
on a une vraie chance de résoudre nos problèmes
au lieu d'être assis ici, à se battre.
Vous dites qu'il n'y a pas assez d'emplois.
- Regarde autour de toi. - Il n'y a pas de maisons.
Tout le monde s'en fiche.
Ni l'église...
ni le gouvernement.
- C'est le problème.
Ils ne bougeront que s'ils voient les nombres.
Les vrais nombres.
Les statistiques...
qu'on établira sur la population maorie.
Le gouvernement,
n'écoute pas la colère.
Le gouvernement écoute la paperasse.
On va leur donner tellement de paperasse,
qu'ils feront tout pour se débarrasser de nous.
Et surtout...
nous devons nous regarder.
Éduquer nos femmes...
leur apprendre la cuisine...
la couture... à gérer une maison...
l'hygiène, la nutrition,
le jardinage, à s'occuper des bébés.
On doit...
veiller sur nos enfants...
sur ce qu'ils entendent...
de leurs sentiments.
La façon dont les enfants grandissent...
déterminera...
l'avenir de Aotearoa.
C'est tout ce que j'avais à dire.
Tu as été formidable.
[Au travail !]
Au travail !
Bonjour de Radio Nouvelle-Zélande.
Les titres.
La marche pour les terres maories conduite par Whina Cooper
continue à parcourir son chemin depuis le Grand Nord.
Partie à cinquante,
la marche a continué de gagner en nombre et en ampleur
en parcourant les les 1000 km jusqu'au Parlement de Wellington.
Des foules se rassemblent sur le bord de la route
pour soutenir le mouvement.
ATTENTION MARCHE POUR LES TERRES MAORIES
- Ça va, ma petite-file ? - Oui.
- Je vais bien. - Allons-y.
C'est bien, ma petite-fille.
[Bonjour.]
On est de la ligue de bienfaisance
des femmes maories.
- [Bonjour.] - [Bonjour.]
Vous vivez à combien
- dans cette maison ? - Nous quatre.
- Vous quatre. - Oui.
Tu as trois enfants ?
Trois enfants.
Et vous dormez tous dans la même pièce ?
- Oui. - Mmm.
Et comment gagnes-tu
ta vie pour soutenir ta famille ?
Ça fait quelques mois qu'on est là...
- Des petits boulots. - Mmm.
Je prends tout ce que je peux, mais c'est difficile.
Vous avez l'eau courante ?
- Oui, on l'a. - D'accord.
Et l'électricité ?
Des fois, oui.
Bonjour.
Salut, je m'appelle Whina.
C'est ici que vous vivez ?
Venez avec nous, vous aurez à manger.
- Quel est ton nom ? - Toiahukura.
Superbe.
Whina Cooper.
J'ai vue que tu as été élue présidente
de la ligue de bienfaisance des femmes maories.
Les positions de pouvoir peuvent parfois
peser lourd sur ceux qui les portent, non ?
Une partie de mon job, mon père,
est d'établir les besoins de mon peuple.
Cela comprend leur bien-être spirituel.
Les Maoris ne sont pas les bienvenus dans vos églises,
c'est évident.
Et ainsi, ils ne sont pas présents...
et vous perdez beaucoup de vos dévots.
On rencontre de nombreux problèmes,
mais je ne veux pas que cela en soit un.
Très bien.
Considérez que c'est fait.
Whina.
Écoute, il y a des choses que je regrette...
certaines plus que d'autres.
Je passe mon temps à convertir les gens
et à leur pardonner les péchés les plus odieux.
Mais qui pardonnera le mien ?
Qui me pardonnera, Whina ?
C'est entre vous et Dieu.
Merci de m'avoir écoutée.
BUREAU DES AFFAIRES MAORIES WELLINGTON, 1957
Tu as pensé à organiser
la demande de logement pour les Haweas ?
- Oui. Whina... - Et les colis de nourriture
pour la maternelle de Onehunga ?
Whina, écoute-moi.
Réfléchis à ce qui suit.
Tu n'es allée qu'à trois réunions
ces 5 dernières années et ça n'est pas bien vu.
Un comité ne m'a jamais aidé à prendre des décisions.
C'est pas maintenant que je vais commencer.
[Logement, santé, bien-être et famille.]
Je n'ai de temps que pour ça.
Whina.
Heureuse de te voir aujourd'hui.
Oui, merci, Frances.
- Bon...
on commence par une revue des activités de l'année ?
Il y a plus important.
Quand tu étais présidente,
ta ténacité et ton énergie
ont été un atout majeur pour la ligue.
Ces dernières années... il semble que les choses ont dérapé.
Tu n'assiste pas aux réunions.
Tu prends des décisions sans consultation.
Ta façon de faire
était nécessaire dans le passé, Whina...
mais ce passé est révolu.
On regarde vers le futur.
Un futur où ta manière de faire...
ne marche plus.
Vous êtes tous d'accord ?
Oui.
Bien...
merci à tous pour votre temps.
Bonjour de Radio Nouvelle Zélande.
Ici Joe Cote pour le journal du lundi matin.
Les titres. La marche pour les terres maories
se termine près du parlement ce jour. Les marcheurs
atteindront leur destination finale,
le parlement, aujourd'hui. Deux mille marcheurs
ont passé le week-end au marae de Porirua
et le quittent pour aller à Wellington.
Ils devraient être rejoints par des supporters...
C'est bon. C'est bon.
Allez, Whina.
Je ne sais pas quoi faire.
Allez, Whina.
Quand a-t-elle quitté son lit ?
Tu vas y arriver.
Trois semaines, peut-être.
Allez, Whina.
Il faut qu'elle se lève, qu'elle bouge.
Elle souffre. Quand je la soulève, elle pleure.
Eh bien, vous devez continuer.
Je ne peux pas l'aider.
- Prends ta cane.
Encore un pas.
- C'est bon.
Bien.
Prends ton temps.
Maman, tu as de la visite.
Bonjour, Whaea.
Bonjour.
On vient parler des terres.
Le retour des terres volées.
Les terres maories.
- Sois notre guide. - Personne ne nous entend, Whaea.
On n'écoute pas quand on parle, mais quand tu parles,
ils écoutent, tous.
Avec toi, on serait entendus.
Je me suis battue toute ma vie, mon garçon.
Mon combat est terminé.
Allez, Whina.
Tu peux y arriver.
Allez, Whina.
T'as l'air en forme, tatie.
Oh ! Gabriel ! Mon ange.
Viens.
Je veux te montrer quelque chose.
Papa les a sauvés.
Il les a sortis de là avant le feu.
Oh !
Le peuple a besoin d'un chef, tatie.
Unis-nous.
On est prêts.
vous avez des tas de terres. Pourquoi il vous en faut plus ?
Vous n'êtes pas les bienvenus. Dégagez d'ici.
- Reculez. Reculez.
- Pas de violence !
Sortez les sculptures de là !
- A l'aide !
Oh... oui.
Ça va ?
Très chers.
Remettez sur pied cette vielle dame.
Donne-moi la main.
[Éveillés ! C'est ainsi que nous marchons !]
Le pouvoir, en effet.
Les infos,
alors que la tête de la marche pour les terres maories
approche Wellington, la colonne semble maintenant
de plus de 4000 personnes.
Plus tôt ce matin, elle a été rejointe
par vieux et jeunes, et, malgré la pluie,
qui a débuté en fin de matinée,
les marcheurs sont toujours motivés.
M. le Président...
par votre intermédiaire à l'Honorable Premier Ministre...
je souhaite que vous receviez...
ce Mémorial de Droit...
signé par les différents anciens des tribus de Nouvelle-Zélande.
Je vous salue, vous qui avez le pouvoir...
de modifier et d'ajuster toutes les lois
qui infligent des injustices et des difficultés
au peuple maori
et qui avez le pouvoir...
de confirmer toutes les promesses
faites pour soulager
le peuple indigène de Nouvelle-Zélande...
sous la Magna Carta de Sa Majesté. Longue vie à la Reine.
Votre peuple maori prie...
[Adieu, Ninihi et Puhanga Tohora, ]
[Je retourne à Panguru, à Papata.]
[A l'arbre sacré qui penche vers l'ouest.]
[Aux ancêtres Ruarei et Raparapa]
[et aux descendants de Wharewhare-Te-Rangi]
[A cette paix et ce calme divins.]
[Le jour et la nuit.]
Wiri.
J'arrive bientôt.
Oui.
J'arrive bientôt.
Joignons tous nos mains dans l'unité.
Maoris et Pakehas ensemble. Le Conseil législatif.
Souvenons-nous que le traité a été signé
pour que nous puissions tous vivre comme une seule nation à Aotearoa.
La marche de 640 km de Te Hapua à Wellington
conduit le gouvernement à reconnaître officiellement
une discrimination entre Maori et Pakeha
et la perte des terres maories.
En conséquence, une procédure officielle de compensation
pour les Maoris fut lancée
et continue à ce jour.
Dame Whina Cooper ONZ, DBE, CBE, MBE Décembre 1895 - Mars 1994
Connue comme "Te Whaea o te Motu" "La mère de la nation",
Whina mourut paisiblement à 98 ans, entourée des siens
et repose à Panguru, son foyer.
Sous-titres français et adaptation : citizenjazz
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