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Original subtitles

ROME, VlLLE OUVERTE

Les faits et personnages de ce film,

bien que s’inspirant d’une période tragique et héroïque

de 9 mois d’occupation nazie, sont imaginaires.

Ainsi, toute ressemblance avec des faits et personnages réels

est purement fortuite.

lci Londres.

O Jésus !

Je viens, je viens !

Monsieur Manfredi ?

Il n’est pas là.

Il ne rentre pas tous les soirs.

Où va-t-il ?

Je ne sais pas, c’est un célibataire.

Où est sa chambre ?

Par ici.

Fouillez la maison !

Des visites ?

Oui, mais plus maintenant.

Oui, bien sûr.

D’autres locataires ?

Deux.

- Le téléphone ? - Au fond.

Je vais répondre.

Giorgio est là ? Qui est à l'appareil ?

Un ami.

Qui ?

Qui est-ce ?

C’était une femme. Qui ?

Je n’en sais rien.

- Quelque chose ? - Rien.

La porte ?

Ah ! La terrasse.

Surtout, du calme.

Et là ?

C’est l'ambassade d’Espagne.

La ville est divisée en quatorze zones.

Le plan déjà établi dans d’autres villes d’Europe,

permettra des rafles monstres.

Avec le minimum de troupes.

Bauer a téléphoné :

personne à ce nom.

Non ? Etrange !

Il y avait deux femmes. Vous les interrogez ?

Non, inutile.

Mauvaise nouvelle ?

Il n’est pas venu.

Quelqu’un d’important ?

Je l'espère.

Vous connaissez ?

Non. Qui est-ce ?

L’ingénieur Manfredi ?

On nous l'a signalé.

Un chef du comité de libération ?

Je crois que c’est lui.

Comment le savez-vous ?

Je l'ai rencontré ici.

Tous les soirs, je fais une longue promenade,

dans mon bureau.

J’aime beaucoup ces photos prises à l'improviste...

des rencontres intéressantes.

Il y a quelque temps, par exemple,

j’ai vu Monsieur Manfredi et sa petite amie.

Je me suis dit :

cet homme, je l'ai déjà vu quelque part.

Par exemple,

regardez ce groupe :

le deuxième à gauche. Des photos de Berlin.

Je ne crois pas me tromper.

Pas de doute, c’est lui.

Excusez-moi...

Qu’y a-t-il ?

Nous interrogeons le professeur.

Moins de bruit !

Ils crient,

ces ltaliens !

Oui. Et la fille qui est-ce ?

Une certaine Marina Mari,

actrice de variétés.

Ah ! Je la connais. Pas mal, hein ?

Pas mal du tout.

Doucement, du calme, du calme !

Qu’y a-t-il ?

Elles l'ont prise d’assaut.

Et vous ?

Moi, je suis en uniforme...

Je ne peux rien faire.

Ce salaud, il avait même des petits pains.

Il disait l'inverse : pas de farine, hein !

Agostino, tu ne te sers pas ?

Je suis sacristain, j’irais en enfer.

Tu en auras au paradis !

Bas les pattes !

Madame Pina, c’est une folie pour vous !

Vous voulez que je meure ?

Mais, va te faire...

Nous y voilà.

Voulez-vous que je le monte ?

Ainsi, c’est plus léger.

J’ai une de ces faims !

Pina... Ces Américains existent vraiment ?

On le dirait.

Des œufs à seine lires.

Ferme-la.

En ma présence ? C’est du marché noir.

Laissez tomber.

Au revoir.

Vous voulez ?

Francesco habite ici ?

Il est sorti.

Où est-il ?

Il est à ses affaires !

Qui êtes-vous ?

C’est pas votre problème !

Ah, vous êtes Pina.

Vous savez ?

Par Francesco.

Mais, vous...

Un ami.

Je croyais voir un policier.

Je dois entrer chez lui.

J’ouvre. Je prends la clef.

Je ne trouvais pas la clef.

Entrez !

Tout est en désordre, sale...

Laissez. Vous connaissez Don Pietro ?

Le curé, je voudrais lui parler.

J’y vais.

Non, pas vous.

J’envoie mon garçon.

Attendez ici.

Qu’est-ce ?

Descends !

Peux pas !

Tu vas chez Don Pietro.

Je suis occupé.

Descends tout de suite.

Je t’ai dit de ne pas rester chez Romoletto !

Tu lui dis de venir ici.

Et ne traîne pas.

Il sera ici très vite.

Ce matin, la boulangerie.

La 2ème de la semaine.

Et les femmes ?

Certaines sont conscientes,

la plupart raflent tout.

Elles ont même volé une balance !

Je veux savoir

qui a mes bas.

Excusez-moi.

C’est vous ?

Qu’est-ce qui vous amène ? Vous venez me voir ?

Il était dans l'escalier...

Tu pouvais le dire !

D’accord.

Je voulais un service.

Permettez un instant.

Vous voyez Marina ?

Oui, ce soir.

Dites-lui que je ne la verrai pas avant quelques jours.

D’accord.

C’est tout.

Elle est ici ?

C’est ma sœur.

Ça vous étonne !

Qu’est-ce qu’elle vous a raconté ?

Elle a honte de nous. Une artiste.

Je ne changerais pas avec elle.

Elle n’est pas méchante mais idiote.

Mais comment la connaissez- vous ?

Je suis indiscrète ?

Elle est l'amie d’une femme.

Marina ?

Vous la connaissez ?

Depuis toujours.

Sa mère était concierge là où mon père travaillait.

Elle a grandi avec Lauretta.

Je vous en prie,

ne lui dites pas tout ça.

Je ne la verrai plus.

Pourquoi ?

Cette histoire doit finir. Elle a trop duré.

Depuis longtemps ?

Depuis quatre mois, à Rome.

Elle mangeait place d’Espagne.

Lors d’une alerte, nous sommes restés seuls.

Elle riait, sans peur.

Et, vous l'aimez ?

Oui... Ça arrive.

Ça arrive.

Elle n’est pas pour moi.

Peut-être... si je l'avais connue avant.

Une femme peut changer,

surtout amoureuse.

Vous êtes sûre !

Et pourquoi pas.

Je ne vous ai même pas offert un café !

J’en ai pour un instant.

Du café... si on veut.

Quel miracle ! Toi à l'oratoire !

Maman m’a envoyé.

Elle a bien fait.

Laissez-moi finir,

vous devez venir tout de suite à la maison.

Je ne sais pas.

Quelqu’un est chez Francesco.

Eh bien, allons-y.

Ecoute... Pousse-toi !

Agostino va venir. Et, ne soyez pas méchants !

Viens ici ! Tu galopes toujours ?

Je ne te vois plus ?

A quoi ça sert d’y aller.

Comment ?

Vous ne savez pas :

il faut former un bloc contre l'ennemi.

Qui te dit tout ça ?

Romoletto.

Ah ! Il dit cela.

N’en parlez à personne.

Voilà Purgatoire.

Qu’as-tu là ?

Des achats.

Eh ! Toute une carte de pain !

Et sans ticket.

D’où ça vient ?

Il y avait une fête.

Quel saint ?

Je ne sais pas, le boulanger non plus !

Excusez-moi, j’y vais.

Une fête ?

Qu’en sais-je ?

J’espère que Maman l'a su...

Ce ne doit pas être bon, mais c’est chaud.

Buvez vite.

Vous allez vous marier.

C’est un mariage en retard, vu les conditions.

Il est fixé depuis longtemps, et puis on retardait.

Maintenant, il est fixé à demain.

Je vous offre...

Offrir ? C’est la guerre !

Juste, chez Don Pietro.

A l'église ?

Francesco ne voulait pas,

mais mieux vaut Don Pietro, qui est des nôtres,

plutôt qu’un fasciste à la mairie.

C’est sûr.

En vérité,

j’y crois, en Dieu.

Vous travaillez ?

Je travaillais au tissage. Ils m’ont renvoyée.

Les Allemands ont tout.

C’est Don Pietro !

Je vous laisse.

Merci d’être venu.

Que fais-tu là ?

Qui est là ?

Allez, va prendre de l'eau !

Je dois te parler.

Ils sont cinq cents là-haut, on ne peut pas les abandonner.

Le rendez-vous est pour ce soir, au pont Tiburtino.

Moi, je m’en vais. Je suis signalé.

Le couvre-feu est à cinq heures.

J’irai.

J’en étais sûr.

Que dire ?

Rien, il s’agit d’une somme d’argent.

C’est trop ?

Trop peu pour ceux qui se sacrifient.

Comment le reconnaître ?

Il sifflera "Mattinata fiorentina".

Vous connaissez ?

C’est comment ?

Ça fait :

Bien sûr, elle est connue.

Mon père. Vous désirez ?

Un saint Antoine.

Je regrette, nous en avions récemment.

Mais j’ai un saint Roc.

Non, merci.

Un saint Roc ne vous intéresse pas ?

Entrez.

Venez voir !

C’est une belle pièce.

J’y vais.

N’oublie pas Chiuranni !

C’est un bon prix.

Je voudrais voir Francesco...

L’homme aux chaussures étroites m’envoie.

Un instant.

Suivez-moi, ils sont là.

Descendez cet escalier.

Ah ! C’est vous. Qu’y a- t-il ?

Rien de grave, de justesse. Les S.S. chen Manfredi.

Mais où est-il ?

Chez toi.

Pina l'a fait entrer, pour quelques jours.

Il m’a remis ce billet.

Je voulais l'envoyer chez les Passionistes.

Il ne veut pas. Il serait écarté.

Il a raison.

Etant repéré, son travail sera difficile.

Je sais, mais nous sommes peu nombreux.

Bien sûr.

Don Pietro. Le directeur.

Très heureux.

J’ai entendu parler de vous.

C’est mauvais, pour ma modestie et ma sécurité.

Vous faites beaucoup pour nous.

C’est mon devoir de venir en aide.

Voulez-vous venir ?

Voilà, mon père.

Manfredi m’a parlé d’une somme d’argent.

Des livres mais... pas grand chose à lire.

Les mêmes ?

Mille pages.

Un million ?

Qui est-ce ?

Marina, c’est moi, ouvre.

Bonsoir, devine qui j’ai vu ce matin?

Ça m’est égal.

Manfredi, chen moi.

Quoi ?

Pourquoi est-il venu ? Que voulait-il ?

Il m’a dit qu’il ne te verrait pas pendant quelques jours.

C’est tout ?

Sans explications ?

Je ne lui ai rien demandé.

Tu penses, j’étais en bigoudis.

Tu ne te changes pas ?

Il savait ton adresse ?

C’est vrai, tu as dû lui donner.

Non, jamais.

Que veux-tu que je te dise ?

Mon adresse n’intéresse personne.

Je ne veux pas que l'on sache où j’habite.

Je vais venir chez toi en attendant.

Mais oui, viens quand tu veux.

Tu es un amour.

Tu veux quoi ?

Une cigarette.

Tiens !

Quand est-il venu ?

Giorgio.

Tôt ce matin, je m’habillais.

Mademoiselle Marina !

Tu es amoureuse, oui ou non ?

Il est sympathique.

Ne te mêle pas de ça, tu veux !

Si tu es contente...

Ça ne va pas ?

Ce n’est rien.

Marina... Tu sais que ça te fait mal.

Il y a tant de choses qui nous font mal,

et que nous faisons.

J’arrive !

Bonsoir, comment vas-tu ?

Bien. Comme vous êtes belle.

Toujours élégante.

Bon, je m’en vais.

Vite, ou le directeur va crier.

Excusez-moi.

Mais oui !

Vous en avez ?

Quel amour !

Il ne fait plus rien. Il va, il vient.

Il ne devrait pas mettre le nez à la fenêtre.

Jamais là !

Il a ses raisons.

J’espère bien !

Vous m’étonnez.

Vous croyez que je ne sais pas

que vous aven tout organisé, à la boulangerie.

Moi ?

Oui, vous ! Vous me prenez pour un imbécile ?

Continuez ! Et c’est les ennuis.

J’espère pas.

Espérons.

De la soupe.

Ça se sent !

Le couvre-feu ! Il est ?...

Quatre heures et demie.

Bon, j’y vais.

Un message ?

Non, c’est Don Pietro, je le verrai demain au mariage.

Le voilà !

Ne cuisine pas sur le poêle !

Et des choux !

Ou des poulets.

Ne réponds pas.

Mais enfin, le poêle ou la cuisinière ?

Toujours des livres, sans avoir de quoi manger.

Laisse. Je les porte à San Lorenno.

Comment ? Et le couvre-feu ?

Ça ne fait rien pour les prêtres.

Aussi les sages-femmes.

Je l'ai lu. Une balle, c’est facile,

avec ces salauds.

Don Pietro, j’étais venue me confesser.

Maintenant ? Là, je sors. Demain matin.

D’accord, nous ferons le chemin ensemble.

Donnez le paquet.

Allez ! Donnez !

Pour moi, ce n’est pas lourd.

Allons-y, il va se faire tard. Venez !

Au revoir.

C’est rien.

Cette guerre me rendra cinglé.

Don Pietro ?

Je voudrais vous parler.

Entrez.

Bon, je m’en vais.

Que veut-il ?

Ce serait mieux.

Attendez là.

Asseyez-vous.

Laisse-nous.

De Don Severio.

Le curé de Minturno...

Ne me prenez pas pour un lâche.

J’en ai marre.

Courage, je vais essayer de vous aider.

D’où venez-vous ?

De Cassino. Un enfer !

Il voulait ?

Qui était-ce ?

Il voulait un tuyau.

Quand je les vois...

Je voudrais me confesser !

Laissez-moi parler.

J’ai toujours mal vécu. J’ai fait des erreurs.

Je n’ai pas honte d’aller à l'autel ainsi...

Vous ne pouvez pas comprendre.

On fait les choses sans y penser, sans penser à mal.

J’étais tellement amoureuse, il est si bon, si fort.

Il aurait pu trouver mieux que moi,

une fille plus jeune,

pas une veuve avec un garçon, sans le sou.

Parce que j’ai tout vendu pour vivre,

et la vie est pire.

Qui pourra nous faire oublier

ces angoisses et ces pleurs ?

Le Christ ne nous voit-il pas ?

Beaucoup me posent cette question, Pina.

Ne méritons-nous pas ce fléau ?

Avons-nous vécu selon les lois du Seigneur ?

Personne ne pense à s’amender,

et quand tout va mal, on se demande :

le Seigneur nous voit-il ?

Oui, le Seigneur a pitié,

nous avons tant à nous faire pardonner !

C’est pour cela qu’il faut prier.

Vous avez raison.

Mais que faire ?...

Avec ceux-là, des envies vous prend...

Vous avez raison.

Le paquet !

Il se fait tard, au revoir.

Elle y était pour lui,

son fiancé était via Tasso.

"Soyez tranquille", j’ai dit.

Elle avait de ces cuisses !

Halte ! Mains en l'air.

Un laissez-passer ?

lmprimeur.

Regardez les papiers.

Ça va. Rentrez, et vite.

Francesco ! Tu m’as fait peur.

Ils ont tenu à me raccompagner.

Il n’y a rien de mal à ça !

Ça a marché pour toi ?

Le propriétaire et Nannina ont été bien.

Ils sont revenus, ce matin.

Il n’y avait rien.

Pina t’a ouvert ?

Oui.

Qu’en dis-tu ?

Tu as raison.

Elle m’a pris pour un policier.

Je te crois !

Don Pietro a vu Gino.

Ah ! Qu’a-t-il dit pour moi ?

Il est soucieux. Et le Vieux !

Il est là ?

Tu ne dois pas le voir.

Tu dois cesser tout rapport avec le centre.

Il a raison, mais rester inactif...

Comment ils ont fait ?

Il faut savoir ce qu’ils savent.

On peut essayer, mais via Tasso ?

Si c’était la Questure...

Don Pietro a-t-il vu le contact ?

Espérons.

Tiens, le journal.

Il est bien tiré ?

A combien ?

Douze mille.

Voilà Pina.

Bonsoir, ça va ?

Je suis inquiète. Marcello a disparu.

Je l'ai cherché partout.

Là-haut.

Otello et le fils de la Sicilienne ont aussi disparu.

Où sont-ils ?

Ils sont sortis.

A cette heure ?

Je suis fier de vous.

Vite, les gars.

Ah ! Te voilà ! Tu vas voir un peu...

Si mon père était comme ça...

Petit vaurien !

Entrons séparément.

J’entre d’abord.

Ah, vous voilà !

Ils sont là.

Petits voyous !

J’y vais avant le pire.

- Où étiez-vous allés ? - Là-haut.

Ce n’est pas vrai, il n’y avait personne.

En bas.

Où en bas ?

Mais on en peut plus, avec ces gosses-là !

On ne peut jamais être tranquille ici !

Je travaille, moi...

Et quel travail !

Comment ? Parlez plus haut.

Laisse.

Quoi ? Je ne peux plus parler chez moi ?

lci c’est chez moi, et...

Je paie pourquoi ?

Ça va !

J’en ai marre de vivre ici.

Va-t’en donc !

Vous devez vous disputer tous les soirs ?

Si elle ne s’en va pas, un jour...

Ce doit être cuit.

Il doit être tout brûlé !

Une surprise !

Elide a fait un gâteau, pour le mariage.

N’allez pas vous disputer au dernier moment...

On doit faire un de ces repas !

Il n’a pas d’autres soucis.

Vous m’éteignez, hein ?

On leur en a bien mis.

Pourquoi pas moi ?

Tu es une femme...

Les femmes

ne peuvent être des héros ?

Si, mais Romoletto dit

qu’elles amènent des ennuis !

Tu ne dors pas ?

Cachez-vous !

Dormez !

Tu ne dors pas ?

J’ai pas sommeil.

Où êtes-vous allés ?

J’peux pas le dire.

Même à moi ?

Non, c’est un secret.

Alors, tu as raison. Dis-le à personne.

Ecoute !

Qu’y a-t-il ?

Devrais-je vraiment t’appeler papa ?

Si tu veux.

Oui, je t’aime beaucoup.

Qu’as-tu ?

Une dispute avec ma sœur.

Encore ?

Elle veut partir. Elle ne vient pas au mariage.

Elle dit ça comme ça.

Non, elle est sérieuse.

Elle changera d’avis.

Je suis si fatiguée.

Tu pleures.

Viens par ici.

Oui, mais lui ?

Mais, c’est un ami.

Depuis longtemps, je veux te parler seule.

Viens là.

Mettons-nous ici.

Comme la première fois, tu te souviens ?

En colère, tu as tapé à la porte.

Tu plantais un clou et ma glace est tombée,

sans se casser.

Pour qui me prenez-vous !

Tu ne me plaisais pas. Pendant deux mois, pas un bonjour.

Déjà deux ans.

Comme ce temps est loin et différent.

C’était déjà la guerre.

On croyait qu’elle finirait,

sauf au cinéma.

Va-t-elle finir ?

Parfois, je n’en peux plus.

Cet hiver n’en finit pas.

Il finira, Pina.

Le printemps viendra. Il sera plus beau que les autres.

Il faut y croire, le vouloir.

Je le sais, je le sens. Je ne peux pas t’expliquer.

C’est un homme instruit, il a étudié.

Je crois vraiment que nous devons ne pas avoir peur.

Nous avons raison, et sommes sur le bon chemin.

Nous luttons pour l'avenir, qui doit arriver.

Le chemin sera long et difficile.

Nous y arriverons, à un monde meilleur.

Et surtout nos enfants.

Marcello et celui que nous attendons.

Aussi, tu ne dois jamais avoir peur.

Jamais.

D’accord.

Mais je n’ai pas peur, jamais.

Allô, non, on ne l'a pas vu.

Il n’a pas téléphoné ?

Il n’a envoyé personne ?

Dites-moi la vérité : vous savez quelque chose ?

Je ne sais pas, juré.

Si je le savais, je vous le dirais.

Espérons que non. Bonne nuit.

Par téléphone, elle est folle.

Le président de la police.

Faites entrer.

Cher ami, vous tombez bien.

J’ai une chose intéressante :

Manfredi a été vu ce matin, à Rione Prenestino.

Il y a que...

on vient de faire sauter un wagon d’essence,

à la gare de ce quartier.

Mes nouvelles sont bien meilleures.

J’ai fouillé nos fichiers,

j’ai fait aussi une rencontre très intéressante.

Formidable !

Ferraris Luigi,

né à Turin...

arrêté à Bologne, en 1928,

condamné à douze ans pour conspiration,

évadé, vu à Marseille et à Paris.

Battu !

Si je puis me permettre, l'essentiel reste à faire :

le pincer.

Il ne m’échappera pas !

Je vous défends...

Je veux dire :

je préfère agir seul.

Permettez...

lngrid !

Comment allez-vous ?

Madame.

Merci pour les fleurs.

Vous corrompez mes fonctionnaires.

Vous êtes pardonné.

Il a trouvé une chose intéressante.

Fantastisch !

Assez parlé, lngrid. Il faut agir tout de suite.

Fais-moi confiance.

Bonjour, mes enfants.

Loué soit Jésus-Christ.

Loué soit-il.

Loué soit Jésus-Christ !

Toujours le dernier à le louer.

Qui est là ?

Police !

Brigadier !

Attendez, je m’habille.

Alors, nous allons féliciter la future.

Francesco, les Fascistes, les Allemands.

Ils entourent la maison.

Vous trois par là. Faites attendre les gens.

Vous par ici, faites de même.

Que voulez-vous ?

Je suis ici pour le service, je dois partir.

Restez ici !

Qu’y a-t-il ?

Les Allemands, à la maison.

Allons-y.

Arrêten, attenden!

Ils sont là-bas !

Je vais aller voir.

Nous y allons.

Vous restez ici.

Il y a des bombes chen Romoletto!

Vite, vite.

Ils sont entrés.

Francesco a pu filer.

Vous savez, la maison est vaste. Pas un mot à Pina !

Et mes affaires !

Allez, vite, par ici.

Bien sûr, quelle idiote je suis !

Où est Francesco ?

En sécurité.

Ces salauds, ils descendent les malades.

Grand-Père n’est pas descendu !

Ce n’est rien.

Mais où était-il caché ?

Où sont les hommes ?

Alors, où ?

Qu’est-ce que j’en sais.

Que veut-il ?

C’est pour un malade.

C’est le curé.

lnutile de vous presser. Il ne reste personne.

Tout le monde est sorti.

Non, il est trop malade. Je dois monter.

Mon père, le malheureux a tant appelé.

Il est peut-être mort.

Qu’est-ce que cette histoire ?

Un petit vieux paralysé.

Allez, dépêchez-vous.

Autrefois, les pompiers arrivaient plus vite !

Romoletto, ouvre, c’est moi,

et le curé.

Allez-vous-en tous.

Ouvre, je te dis.

Non, partez !

Mais que fais-tu ?

Je vais tous les tuer.

Tu veux qu’on se fasse massacrer ?

Arrête !

A quel étage est-il ?

Au troisième, au quatrième...

Je suis aussi médecin, je vais voir.

Je viens aussi.

Non, vous ne me plaisez pas !

Personne ici !

Allons au-dessus.

La porte !

Hein ? Le curé ?

Mais je vais bien, très bien, c’est compris ?

Je veux vivre cent ans !

Les Allemands arrivent...

Les Allemands ? Mais je m’en fous des Allemands !

Donne.

Voyez par là.

Allons, réveillez-vous.

Donne-moi ça.

Eh Bien !

Quel coup vous lui avez mis !

Après leur passage,

visez les chauffeurs.

Flavio !

On a de la viande.

Où ça ?

Voilà.

C’est un restaurant ici, pas une boucherie !

Nous faisons le boucher.

Vous êtes des spécialistes.

Oh ! lngénieur, bonsoir. Entrez.

Bonsoir, Mademoiselle vous attend.

Giorgio, enfin. Je t’ai cherché partout.

Qu’y a-t-il ?

Rien, pourquoi ? Que voulais-tu qu’il m’arrive ?

Un ami. Assieds- toi, Francesco.

Les S.S. sont...

Qui te l'a dit ?

Ton concierge. Pourquoi toi ?

Parce que je suis officier.

Tu es où ?

Nous irons chez un ami.

Pourquoi pas chez moi ?

Non.

Non, je ne veux pas te déranger.

C’est rien, il peut s’installer sur le divan.

Ça ira ?

Après...

Les tickets !

Je n’en ai pas.

En voilà un.

Je vais m’occuper d’eux.

Mennetti a été pris.

- Quand ? - Ce matin, à six heures.

Si on disparaît, ils vont nous avoir.

Tu voulais aller là ?

Quelqu’un a dû parler.

Pauvres bêtes !

A cette heure-ci, il y a souvent du jann.

On prend un verre ?

On m’a donné ce gin,

qui nous réchauffera.

Ça ne va pas ?

La fièvre ! Touche, il est brûlant.

Je fais le lit.

Ne vous dérangez pas !

Courage.

Aide-moi, Giorgio.

Vous serez très bien.

Je vous donnerai une aspirine.

Vous pouvez me la passer ?

Tout le monde attrape la grippe.

La seule chose qu’on attrape, par les temps qui courent.

Qui ça peut être ?

C’est Marina.

Ah ! C’est toi.

Bonsoir. Tu vois, je suis venue.

Fritz me retenait.

Tu es ivre.

Un tout petit peu.

Alors, au lit.

Il y a quelqu'un, par là ?

Oh ! L’ingénieur !

Va te coucher.

Je ne le mangerai pas.

Quoi ?

Pina t’a chassé de la maison ?

Allez vous coucher. Marina a raison.

Quelle réception, j’aurais dû rester là- bas.

Je vais le dire à Pina.

Francesco, couche-toi. Tu es fiévreux.

Je me suis disputée avec ma sœur.

Entre, entre.

Ne regardez pas !

Marina ! Et l'aspirine ?

Il doit y avoir un tube, dans le tiroir.

Il ne manquait qu’elle.

Et où vas-tu coucher, toi ?

Je vais m’installer dans le fauteuil.

Tu vas être mal à l'aise, tu auras froid.

Ah, c’est vous ! Bonsoir.

Comment vas-tu, Marina ?

J’attendais ton appel.

Tu n’es pas seule ?

Et lui ?

Tu l'as vu ?

Il est là ?

Ah ! Lauretta.

Elle habite ici,

pour quelques jours.

On se téléphone demain.

Ce truc, dans le sac ?

Ah oui, c’est au dentiste.

C’était quand j’ai eu si mal.

Quand ça ?

Souviens-toi ! C’était cette dent- là.

Je l'appliquais pour la douleur.

Et tu as encore mal ?

Non. Je n’ai pas eu mal depuis longtemps.

Mais tu le gardes sur toi !

C’était pour le lui rendre.

Ah ! Tout s’explique.

Que fais-tu ?

Nous irons ensemble.

Rends-moi ça !

Tiens.

Tu pourrais le perdre.

Tu te rends compte, à ce prix-là !

Pourquoi me regardes-tu ainsi ?

Tu ne crois pas que...

Non. D’ailleurs, tu es libre.

Je n’ai aucun droit sur toi.

Je suis un homme qui est passé dans ta vie.

Un des hommes ?

Mais tu l'as pensé !

Bien sûr, j’ai eu des amants.

Comment crois-tu que j’ai acheté ces meubles ?

Mes vêtements ? Tout. Avec ma paie ?

Ma paie suffit pour les bas, les cigarettes.

Je me suis débrouillée.

La vie !

Elle est comme nous voulons.

Des mots ! La vie est laide et sale.

Je connais trop la misère.

Je serais peut-être mariée à un chauffeur.

Et je crèverais la faim. Moi, mes enfants et lui.

Ma pauvre Marina.

Tu crois que le bonheur, c’est un appartement chic,

et des amants.

Si tu m’aimais, tu m’aurais changée.

Mais tu es pire que les autres.

Eux ne font pas de sermons.

Tu as raison.

Vous vous êtes encore disputés.

Tu as écouté, bien sûr !

Non, pas du tout.

On entend tout dans la maison.

Don Pietro m’avait proposé de me cacher.

Nous irons ensemble.

Pas moi, je ne peux pas.

Je dois travailler.

Elle est morte.

Je comprends.

Tu es exaspéré.

Tu commettrais des imprudences.

Tu serais plus dangereux qu’utile.

N’aie pas peur d’être en retard.

C’est un long combat.

Et le nôtre commence.

Votre aspirine.

Qu’est-ce qu’il y a ?

Peut-être que Manfredi a raison.

Nous sommes idiotes.

Tais-toi. Dors.

Quelqu’un vous attend.

Fais-le entrer.

Bonjour, Don Pietro.

Je t’attendais.

J’ai préparé tes papiers.

Vous m’aven rajeuni de deux ans.

Qui est-ce ?

C’est cet Autrichien.

Un brave homme.

Permettez... Ce monsieur ira avec nous.

J’ai parlé au supérieur du couvent, il vous attend.

Et Francesco ?

Il est dans la cour. Allons, il faut nous dépêcher.

Après vous.

Je rentrerai un peu tard.

Ah ! Vous...

avec vos histoires !

Dînez et allez vous coucher.

Qui pense à dormir ?

Pour le petit, j’ai besoin...

Compris.

Ça te suffira...

Et vous ?

J’en ai.

Ouais, sûrement.

Je pars quelque temps.

Mais je reviendrai, et pour toujours.

Allons-y, Francesco.

Tu vas avoir froid... un cadeau de Maman.

Les renseignements étaient exacts. Bravo !

Les renseignements étaient exacts. Bravo !

Il te plaît ?

Essaie-le.

Voilà, ma chérie.

Magnifique.

Regarde-toi, Marina.

Ils l'ont arrêté ?

Que vont-ils lui faire ?

Aucun mal.

Il nous faut des renseignements.

Dès qu’il les donne, nous le relâchons.

Et sinon ?

Mais non. Ne t’inquiète pas.

Il parlera.

S’il refuse ?

Pourquoi refuserait-il ?

C’est vrai, pourquoi ?

Tu l'aimes ?

Moi ?

Je n’aime personne.

Pourquoi es-tu si méchante ?

Je veux partir.

Non, tu vas rester ici près de moi.

Non, je ne veux plus. Laissez-moi m’en aller.

Pourquoi ?

Qu’est-ce que j’ai fait ?

Vous aven mal, Don Pietro ?

Non... Mes lunettes.

Elles sont cassées.

Patience.

Tout est de ma faute. Ils ont dû me suivre.

Je crois le contraire.

Ils devaient me surveiller,

je n’aurais pas dû vous faire venir.

Chut. Les murs ont des oreilles.

Pour ce que nous avons à dire !

N’est-ce pas ?

Bien sûr,

rien à nous dire.

Vous avez entendu ?

Nous allons crever comme eux.

Calmez-vous.

Nous avons trouvé ça chez le prêtre, Sturmbannführer.

Et voici les papiers des prisonniers.

Tous faux.

Vous avez tout fouillé ?

Il n’y avait qu’un sacristain et un enfant.

Ils ont eu si peur qu’ils n’avaient rien à dire.

Ils parleront.

Mais vous n’avez pas peur, vous ?

Si, j’ai peur. Mais je me sens très calme.

C’est étrange, je ne sais pas...

Je te comprends.

Mais vous êtes des fous.

Ecoutez, je sais...

Vous avez des choses à cacher.

Des vies humaines dépendent de vous.

Vous croyez résister aux tortures ?

Mais vous ne savez pas ! Avec eux...

les héros deviennent des lâches.

Nous ne sommes pas des héros.

Mais ils ne sauront rien.

Quelle heure est-il ?

Ces hommes doivent être gardés au secret.

Il faut qu’ils parlent avant que la nouvelle se répande.

Nous avons dix heures devant nous.

Ecoutez, Don Pietro.

Je ne sais pas si nous resterons ensemble

ou si nous pourrons nous revoir.

Je veux vous remercier pour tout.

Je dois vous dire la vérité.

Je ne suis pas la personne que vous croyez...

Ecoutez !

Ils viennent.

Ne me trahissez pas !

Vous !

Kramer, éteignez la lumière.

Entrez !

Votre nom ?

Giovanni Episcopo.

Ah oui ! Espicopo, né à Bari, commerçant.

Et, en quoi ?

Huiles et vins.

Excellent !

Ecoutez, Monsieur Episcopo,

avec plus de temps, je m’amuserais bien,

à parler de votre commerce.

Mais je suis très pressé et je vous estime.

Je sais tout sur vous.

Votre nom, votre passé politique.

Je sais par mes agents qu’aujourd’hui,

vous êtes un des chefs militaires

du Comité de libération nationale,

et que vous êtes en rapport avec

le Centre militaire monarchiste.

Il faut absolument

que je connaisse cette organisation.

Vous êtes l'homme

le plus apte pour ça.

Vous savez qui je suis,

mes activités présentes et passées.

Alors, pourquoi ?

Je pourrais devenir un mouchard ?

Je sais que dans cet immeuble,

les mêmes offres

ont été faites à des généraux, les "badogliani" !

Ils ont payé de leur vie leur loyauté et leur silence.

J’espère être leur égal.

Je suis désolé de vous voir refuser cette offre.

Franchement, je m’y attendais.

Vous autres, ltaliens, vous êtes fous de rhétorique.

J’espère arriver à un accord avant l'aube.

Une cigarette ne vous fera pas parler.

On raconte tant de choses sur la Gestapo.

Emmenez-le !

Le prêtre !

Soyez calme, mon fils.

Essayez de prier.

Nous avons pris ça

chez vous.

Votre but évident est de porter atteinte au Reich !

Ce n’était pas mon but.

Comment s’appelle un homme qui fournit

de faux papiers, héberge

des ltaliens qui préparent des attentats,

et même, aide des déserteurs allemands ?

Un homme qui exerce la charité.

Cet homme est un traître et sera puni selon les lois

de guerre du Reich !

Si Dieu le veut.

Alors, écoutez-moi bien.

Votre ami Episcopo est à la tête d’une organisation

que vous connaissez très bien aussi.

Si vous parlez,

ou si vous persuadez votre ami de le faire

vous aurez accompli votre devoir de prêtre.

Je m’explique.

Ces hommes qui préparent des attentats

contre les Allemands

violent les droits de l'occupant,

garantis par les traités.

Ce sont des francs-tireurs, ils doivent être jugés.

Est-ce clair ?

Vous me touchez

profondément.

Enfin !

Prenez sa déposition !

Il y a une difficulté.

Et laquelle ?

Moi, je n’ai rien à dire...

Ce que je sais vient des confessions,

et doit mourir avec moi : c’est ma discipline.

Elle ne m’intéresse pas !

Elle intéresse quelqu’un au dessus de nous.

Persuadez votre ami de parler.

Je crois qu’il ne sait rien.

Vous n’ignorez pas sa véritable activité ?

Sa véritable identité ?

C’est un homme qui avait besoin de moi.

Ah, oui !

Je vous dirai qui il est :

un subversif, un athée,

un de vos ennemis.

Je suis un prêtre catholique...

Qui se bat pour la justice et la liberté,

suit les voies de Dieu.

Et les voies du Seigneur sont infinies.

Ce n’est pas un sermon, j’espère ?

Non, pas du tout.

Je n’ai pas de temps à perdre.

Vous ne parlerez pas ?

Vous n’essayerez même pas de le convaincre ?

Epargnez-vous des souffrances que vous ne pouvez pas

imaginer.

Je les imagine très bien.

Mais c’est inutile.

Si c’est bien lui, il ne parlera pas.

Vous ne croyez pas ?

Soyez tranquille, il parlera !

Je ne crois pas.

Vraiment ?

Il ne parlera pas.

Je prierai pour lui.

Vous trouverez peu de crédit,

auprès du Père Eternel.

Ça risque de durer.

Je suis dans la salle de jeu.

Le déserteur s’est pendu.

L’idiot !

Qui gagne ?

Toujours le même.

Beaucoup de travail, ce soir ?

Peu mais intéressant.

Ah oui ? Quoi donc ?

J’ai pincé un homme qui doit parler.

Et un prêtre qui dit le contraire car il prie pour lui !

Et s’il ne parlait pas ?

Absurde !

Et s’il se taisait ?

Cela signifierait qu’un ltalien est l'égal d’un Allemand.

Et qu’il n’y a pas de différence

entre une race d’esclaves et une race de seigneurs.

Quel sens aurait le combat ?

Je commandais des exécutions en France.

J’étais un jeune officier.

Je croyais à notre race de seigneurs.

Mais les Français mouraient plutôt que de parler.

Les peuples veulent vivre libres !

Vous êtes saoul, Hartmann !

Oui, je suis saoul.

Je me saoule pour oublier.

Le résultat : je redeviens lucide.

On ne sait que tuer...

couvrant l'Europe de cadavres.

Et, de ces tombes, naît la haine,

la haine, partout la haine !

Nous serons anéantis par la haine.

Sans espoir !

Assez !

Nous mourrons tous,

sans espoir.

Je vous interdis de continuer !

Sans espoir.

Vous êtes un officier allemand.

Wendel n’a jamais vu une pareille obstination.

Il est totalement insensibilisé.

Que faisons-nous ?

Alors, Wendel ?

C’est impossible.

Il doit reprendre des forces.

Il sera bientôt trop tard.

Peut-être la psychologie ?

Non, il doit parler tout de suite.

L’aiguille.

Ecoutez, j’ai beaucoup d’estime pour vous,

et j’apprécie beaucoup votre courage,

votre esprit de sacrifice,

mais ce n’est plus possible.

Vous êtes un communiste.

Votre parti a un pacte avec les forces réactionnaires.

Maintenant vous marchez contre nous.

Mais, quand Rome sera occupée,

"libérée" comme vous dites,

ces monarchistes seront-ils encore vos alliés ?

Je vous propose une solution.

Donnez les noms des généraux,

et je vous garantis,

à vous la liberté, aux vôtres l'impunité.

Alors ?

Monsieur Ferraris ?

Comment ça va ?

Je te l'avais dit ! Pas facile...

Une cigarette, s’il te plaît.

Le prêtre, tout de suite !

Regarde, prêtre !

Tu es satisfait ?

Voilà ta charité chrétienne, ton amour du prochain !

Tu as préféré ça plutôt que de parler.

N’espère pas, prêtre hypocrite,

que tu vas te sauver, toi et tes complices !

Tu mourras aussi, comme les traîtres.

Nous vous tuerons tous,

tous jusqu’au dernier.

Tu n’as pas parlé.

C’est fini,

c’est fini !

Vous aven tué son corps, mais pas son âme.

Soyez maudits,

maudits !

Vous serez écrasés comme des vers.

Mon Dieu, qu’ai-je dit ?

Pardon... mon Dieu.

Pardon.

Dehors ! Dehors !

Emmenez le prêtre !

Ces ltaliens stupides...

Bon sang, ça nous manquait.

Ce prêtre

m’a mis hors de moi.

Je te l'avais dit.

Tu as toujours raison.

Le constat ?

Ah oui !... Cause du décès...

"Crise cardiaque".

Et la jeune femme ?

A elle de décider.

Bouclez-la pour quelque temps.

Viens. J’ai besoin d’un remontant.

Quel nom dois-je mettre ?

Manfredi ou Ferraris?

Simplement Episcopo, Giovanni Episcopo.

Sinon nous allons faire de nouveaux martyrs.

Un instant.

Pour la prochaine fois.

Nous sommes une race de seigneurs !

Quelle heure est-il ?

Huit heures quatorze.

Exact. Ils ont du retard.

Une cigarette ?

Allumette ?

Le chapeau, Don Pietro.

Venez. Courage.

Il n’est pas difficile de bien mourir.

Il est difficile de bien vivre.

Mon Dieu, pardonnez-leur...

Adapt. : 'Amber Memories' ;)

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