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Musique douce
...
Musique guillerette
...
-Bonjour. -Bonjour.
-Je ne vois plus mon livre en devanture, c'est normal ?
-Ça fait trois ans. Je fais la place aux meilleures ventes.
-C'est dommage.
Les ventes sont en train de décoller
grâce à un bouche-à-oreille exceptionnel.
♪ ai passé le millier d'exemplaires !
Ce qui est remarquable,
pour la biographie d'un poète oublié. Soyons honnêtes.
Charles, comment allez-vous ?
-Très bien, et vous ? -Moi aussi, merci.
Je suis en retard.
-Par contre,
réservez votre 17 juin.
-Pourquoi ? -Nouvelle création de Gisèle Mon fort.
-Ah ! Formidable. Je me réjouis d'avance.
-Une adaptation libre de l'Évangile. -Oui ?
-Je vais jouer Jésus.
-Vous ?
-Oui.
-Bah, Jésus était pas.…
Remarquez, si c'est une adaptation libre,
pourquoi pas !
Allez, bonne journée Charles.
Je savais que le théâtre allait mal,
mais Jésus africain, on touche le fond.
Il soupire.
Son téléphone vibre.
Non, pitié, pas lui.
Ah non, ça.…
Oh!
...
Pardon.
-Un expresso, comme d'habitude ? -Avec plaisir.
Il soupire.
Et voilà.
-Bonjour, Claude ! Un café ?
-Non. J'ai un rendez-vous très important avec mon éditeur. Pas de chance !
-Dimanche, je fais un méchoui pour mon anniversaire.
-Formidable, Rachid ! Je me régale d'avance.
-Et votre café, M. Verneuil ? -Buvez-le.
-Ah, Claude !
Claude, vous tombez bien. -Non, non…
Je suis très en retard, on m'attend.
-Sur votre compte, il y a des mouvements suspects.
Quelqu'un a dû pirater votre carte bleue
pour acheter sur Internet.
-C'est moi, pour ma femme.
-On peut dire que vous la gâtez. À mardi.
-Comment ça, "à mardi" ?
-Le vernissage de Ségo.
-Bien sûr, je ne raterai ça pour rien au monde.
Vernissage de Ségo….
Musique douce
...
-Claude !
Ounh ! Claude !
-Il manquait plus que lui !
-Vous devriez vous y mettre !
-On parlera de ça une autre fois, David !
Je suis pressé, on m'attend.
-Claude, faut prendre le temps de vivre !
À ce soir ! -Comment ça, "à ce soir” ?
-On fait shabbat !
-On l'a fait vendredi ! -C'est tous les vendredis !
-Je sais bien, David, mais je suis catholique !
Je vous demande pas de venir à la messe le dimanche !
Bon…
-Tu m'emmènes ?
-Ah non, je ne retourne pas à Chinon. Ils sont partout !
-Mais qui ? -Nos gendres ! On fait pas un pas
sans tomber sur eux.
-C'est toi qui les as fait venir ici.
-Peut-être, mais j'étouffe.
Les anniversaires, les fêtes de l'Aïd,
le Nouvel An chinois, les shabbats…
Et alors, je te passe
les avant-premières de Charles. Il joue Jésus.
-Oui ! -Charles ?
-Je pose les colis de Monsieur dans son bureau ?
-Bien sûr, comme d'habitude !
-Merci, Babette ! -Merci.
-C'est quoi, ces colis ? T'en reçois tous les jours.
-C'est de la documentation pour mon livre.
Un téléphone sonne. -Téléphone !
...
C'est la Côte d'Ivoire. -C'est Kofi, il essaye de me joindre.
C'est urgent. Ne réponds pas !
-Attends, c'est la famille.
Allô, André ?
Comment allez-vous ? Très bien, merci.
De quand à quand ?
Mais avec grand plaisir ! Je me fais une joie !
Mon mari aussi d'ailleurs. Oui.
Embrassez Madeleine.
Les Kofi arrivent.
-Pourquoi chez nous ? Ils peuvent pas aller chez Charles ?
-Il dit que c'est trop petit et que Laure cuisine mal.
-Depuis qu'elle est vegan, c'est une horreur.
Ils débarquent quand ?
-Le weekend prochain. -Oh, et ils repartent quand ?
-Il est resté flou. -Comment ça ? Il a dit quoi ?
-"Pour une durée indéterminée."
-Mais ça, c'est pas du tout flou.
Mais ça y est, ils migrent !
-Mais t'es malade ?
-Ils migrent ! Ils viennent s'installer avec les autres !
Je t'avais dit de ne pas décrocher !
Musique guillerette
...
-C'est minable, ce buffet !
Il y a trois carottes, deux radis et pas une saucisse !
-C'est Laure qui l'a préparé.
Regarde-la, on dirait un lapin.
♪ espère qu'elle va pas engrener nos mecs dans son délire vegan.
-David est un viandard.
-Si de Gaulle n'était pas allé à Londres ?
C'est le sujet de votre livre ? -Oui. Attention.
Je ne prétends pas réécrire l'histoire, c'est de la politique-fiction.
-Si de Gaulle n'avait pas été à Londres,
on parlerait allemand et on mangerait de la choucroute.
-Ou des hamburgers.
Allez savoir ce que serait devenue la France.
Allez savoir !
Conversations indistinctes
...
Accent allemand -Ce tableau dégage
une puissance phénoménale.
-Vous aimez vraiment ? -Oui !
C'est une œuvre radicale qui s'adresse directement à nos tripes.
-C'est vrai que ça nous remue.
Ma fille en est l'autrice.
-Je vous la présente. -Oui ?
Ségolène ? Viens.
Tu as un admirateur allemand. -Helmut Shaeffer.
Je passais par hasard,
je dois dire que j'ai été happé par la puissance de vos œuvres.
-Oh.…. Les compliments me mettent mal à l'aise.
-Vos peintures parlent pour vous.
-Tu dis tout dans tes peintures. -Oui.
-Je repasserai quand il y aura moins de monde.
Cette fois, ce ne sera pas par hasard.
♪ aime avoir un dialogue intime avec les œuvres.
-Moi aussi, je déteste les mondanités.
-À très vite.
-Et au plaisir de vous revoir.
-Au revoir, monsieur. -Au revoir.
Helmut Shaeffer, ça me dit quelque chose… Oh !
Maman ! -Quoi ?
-C'est un immense collectionneur.
Il a des Koons, des Cattelan, des Basquiat.
-Bientôt des Ségolène, c'est inespéré !
Enfin, je veux dire, c'est formidable.
-Oh oui ! -C'est qui, ce type ?
-Helmut Shaeffer, un grand collectionneur.
Je sais que ça t'étonne,
mais des gens aiment ma peinture.
-Pourquoi tu m'agresses ? Ton vernissage se passe mal ?
-Non, très bien. À part toi, on me félicite.
-Je continue, il y a plein de choses formidables à voir.
-Merci, maman.
Helmut Shaeffer.
Ils rient. -Charles ?
C'est quoi, ces conneries ? Laure me dit
que tu vas jouer Jésus ?
-Les grands rôles sont pas que pour les blancs !
-C'est pas la question.
Comment tu vas faire ? Tu vas te faire un "white face" ?
-Je vais le jouer nature. Jésus est universel !
Et il était noir.
-Il était feuj !
-Ils viennent d'Egypte, donc d'Afrique avec du sang noir.
Hein ?
-Je sais pas si ce sont les tableaux ou les radis,
mais j'ai la nausée. -C'est pas les radis, j'y ai pas touché.
Qu'est-ce qu'on a raté
pour qu'elle peigne des monstruosités ?
-J'en sais rien. Filons avant que je vomisse.
-Oh ! Un liquide coule.
-Clovis !
Non, mais Clovis !
Fais quelque chose ! -Viens !
-Ça a dû le déclencher. ! fait jamais ça en intérieur.
Encore bravo, on a adoré. -En plus, le message est fort.
Ça dénonce, c'est…
-Ça dénonce quoi ?
-Les abattoirs.
-Ça va au-delà. Ça parle de la condition humaine.
-C'est évident. -La condition humaine.
-Allons-y. Allez, Clovis. -Salut, les filles !
Elle saluent leurs parents.
-Il y a de l'eau dans le gaz entre Chao et Ségolène.
T'as rien remarqué ? -Non.
Avec un peu de chance, on aura notre 1er divorce.
-Je plaisante, c'est une boutade.
-Ils sont mignons, nos parents.
-Ils sont mariés depuis combien de temps ?
-Vous savez pas ? Vous êtes graves !
Ça fera 40 ans le 18 juin.
-40 ans, c'est les noces d'émeraude.
Ils méritent une médaille.
-Surtout maman, ouais ! Rires
-Vous êtes bien calés dans vos slips ?
Je vous présente en exclusivité
mondiale… mon nouveau concept de génie.
Alors ?
-C'est une tente pour les SDF ?
-Non, monsieur. C'est une yourte autogonflable.
-Quel intérêt ?
-L'intérêt est de pouvoir tenir
debout à l'intérieur, contrairement aux tentes classiques.
Hé, hé ! Je vous en prie.
-"Yourte Nature", c'est la marque ?
-C'est un jeu de mots. "Yourte 0%", "yourte vanille"…
T'as compris ? -Bien sûr.
C'est Gisèle, mon metteur en scène.
AllÔ ? Gisèle ?
-Mais euh…
Ta plancha portative ? T'as abandonné ?
-Je me suis fait niquer par les Coréens.
Arrête ça tout de suite, toi ! No photo, no photo, rien, rien.
-Ça va, détends-toi.
-C'est à cause de tes photos que les Coréens m'ont pompé.
-Pour toi, on est pareils,
mais je suis chinois. -Ouais, bien sûr.
Rires au loin
-Jésus ?
Mes pommes ! Tu t'es cru chez Monoprix ?
-Parlons-en.
Les branches, là… Elles empiètent sur mon terrain.
-Et alors ?
-Une de tes pommes est tombée
pile sur mon persil.
-Et alors ?
-Et alors ?
Ça l'a abîmé.
-Tu veux que je te rembourse ton persil ?
-Arrête juste d'annexer ma propriété.
C'est Chinon, ici. Pas Jérusalem.
-C'est bon, les frères. Pas d'embrouille, c'est à tout le monde.
-On t'a sonné, Jésus ?
-Oh, les 4 fantastiques ! Ségo est arrivée. On peut commencer.
-Bien installés ?
On voulait se réunir
pour organiser une grande fête surprise aux parents
pour leurs noces d'émeraude.
-C'EST BIEN !
-Oui.
-Ouais. -Super que vous le preniez comme ça.
En plus de participer financièrement, on aimerait que vous vous impliquiez.
-Bien sûr. -Ouais.
-Excusez-moi,
pour la participation financière,
moi, avec les gilets jaunes,
les 17 confinements, le virement mensuel pour ma mère,
il me reste 1 euro sur mon compte.
-Ne me fais pas honte devant mes sœurs.
-À fond derrière vous.
Ils ont tellement fait pour nous… -Oui.
Ça suce des boules sans jamais s'arrêter.
-Ne recommencez pas !
-Reste concentré.
-On peut reprendre ? Voilà.
C'est l'occasion rêvée de réunir toute la famille.
-Toutes "les” familles pour être précise.
-C'est ça. -Comment ça ?
-Les vôtres !
-Hein ?
-Vos parents !
-Vous êtes pas contents de voir vos parents ?
-Quelqu'un a un Lexomil ?
-David, s'il te plaît. -Oui !
-Ah non…
-Ça va être une boucherie. -Oui.
Déjà que mon père, avec l'autre, c'est chaud…
-Mon père, c'est no way.
Il a mal vécu le dîner à Pékin.
-Quel dîner ?
-Le dîner à Pékin.
Musique traditionnelle chinoise
...
La voiture klaxonne.
...
...
-Chauffeur peu aimable, mais efficace.
Pile à l'heure. -C'est parfait.
-Je suis épuisé, on reste pas longtemps. -Arrête d'être négatif.
Ça nous changera de l'hôtel.
-Qui est plutôt pas mal. -C'est vrai.
*Musique pop
-Elle chante mal ! -Et en plus, elle est moche !
On sonne.
-T'attends quelqu'un ? -Non.
-Va ouvrir !
*---
-Bonsoir, Madame Ling.
Ravie de vous revoir. Ça fait combien de temps ?
-Oh bah presque 8 ans !
-La mariage de Chao et Ségolène était en mai.
-Ça passe.
-Voilà des…
Macarons français.
Vous aimez ?
-C'est qui ? -Deux blancs avec un cadeau.
-Prends le cadeau !
-Ah, je reconnais le papa. Bonsoir, monsieur Ling.
Comment allez-vous ?
-Que nous veulent ces gens ? -Je sais pas.
Continue de sourire.
-Ils n'ont pas attendu pour manger. -Oui.
Peut-être une tradition d'ici.
Manger avant les invités.
-J'ai l'impression qu'ils ont faim. Fais-leur à manger.
Après, je les fous dehors.
Entrez !
-MERCI.
-C'est coquet, chez vous.
Ah, j'aime vraiment beaucoup !
Qu'il est joli, ce tissu.
Magnifique. C'est "made in China" ?
-Qu'est-ce que tu veux que ce soit d'autre ?
-Je me pose des questions, Claude. -Moi aussi.
Qu'est-ce qu'il y a dans ces raviolis ?
-Non, je suis sérieuse. -Moi aussi.
-Nous ne sommes pas chez les bonnes personnes.
-J'ai reconnu le papa.
♪ ai fait des milliers de photos avec lui.
Une tête aussi peu sympathique, ça ne s'oublie pas.
-Alors, comment t'expliques
qu'ils ont vécu 20 ans à Paris et ne parlent pas français ?
-C'est l'échec de l'intégration à la française.
C'est ce que je me tue à te répéter.
Oh!
Oh là ! Marie !
Méfie-toi !
Il y a un truc atrocement gluant
et épouvantablement piquant dans les raviolis.
Oh.….
Hm… Hm!
-Oh !
Le téléphone sonne. -Qu'est-ce que c'est ?
-C'est votre fils ! C'est Chao sur WhatsApp.
-Formidable !
On va faire
une réunion de famille !
*-Mes parents vous attendent
depuis une heure !
-Certainement pas, nous sommes chez eux.
Je suis en face de votre sympathique papa. Chao !
-Faites-vous coucou !
-Comment on dit "coucou" ? *-J'en sais rien.
-Qu'est-ce qu'ils veulent les 2 tarés ? -Je sais pas.
*-Je les connais pas !
*Vous êtes pas au 4e gauche ?
-Claude !
On s'est trompés de Chinois. *-Trompés de Chinois ?
-Ah non.
-Ah non, mais moi, je remange pas.
Mais c'est qui, eux ?
-Ça va, y a pas mort d'homme.
-Pas pour mon père. I| est très rancunier.
Vous voyez Kofi et Verneuil ? Un mix des deux.
-Putain, le pauvre. -Le mien est pas facile non plus.
-Vous avez de la chance.
Moi, toute la famille est ingérable. -C'est fini, le bureau des pleurs ?
On a organisé ces noces d'émeraude.
Débrouillez-vous pour les faire venir.
-Pour une fois, vous allez assurer.
-Si vous gâchez la fête, vous aurez affaire
à nous.
-On peut vous pourrir la vie.
-Ça va, n'exagère pas, Ségo. Vous avez 24h pour les appeler.
La fête est dans moins d'un mois, le timing est très serré.
-Moi, c'est réglé.
Ils sont dans l'avion.
-Tu dois lire le livre.
-J'arrive pas à finir le 1er chapitre.
À chaque fois, je m'endors.
-Fais un effort, c'est important pour Claude.
-T'as qu'à le lire, toi.
-C'est pas à moi qu'il l'a offert.
Y a marqué quoi ? "À mon grand ami André."
C'est pas marqué Madeleine. Donc, je ne le lis pas.
Si tu veux qu'on soit reçus correctement, lis.
-Bonne journée, Mme Bouin. -Merci.
-Madame Verneuil.
Qu'est-ce qu'on lui sert ? -Mettez-moi un bon roast-beef tendre.
-Pour combien ? -Quatre.
Non, on a Kofi, c'est un gros mangeur. Pour six.
Flûte, mes rillettes…
-Dis, Liliane ?
Elle a pris un coup de pelle, la mère Verneuil.
-J'ai oublié mes rillettes.
-Les rillettes…
Il bégaie. Bien… Bien sûr.
-Tu reconnais ton papy ?
Papy André !
Rires
...
Il a l'air intelligent.
-Oui.
I| est très en avance.
-Il est pas un peu chétif ? -Non, il fait 13 kg.
Le poids normal à 3 ans.
-Moi, à son âge, je pesais 19 kg.
Et votre belle-mère, 26.
-Boh !
-Qu'est-ce qu'on est bien, ici !
-Vous aimez la France, maintenant ? -J'ai toujours aimé la France.
Le problème, ce sont les Français.
-Oh !
-Plaisanterie mise à part,
ce que j'apprécie particulièrement ici, c'est le climat.
-Non, mais j'imagine.
Sans vouloir vous chasser bien sûr,
vous comptez rester longtemps ?
-Jusqu'à la fin de la saison des pluies.
-Pardon ? -Il a des rhumatismes,
il a besoin d'un climat sec.
-Climat sec, climat sec… I! faut le dire vite.
Souvent, l'été, on a beaucoup d'orages.
L'an dernier, on a eu des inondations.
-Oui.
Peu importe la météo,
les Kofi sont les bienvenus. Ils peuvent rester autant qu'ils veulent.
Vraiment.
-Il n'y a pas de mal à savoir quand ils repartent.
On a nos vies,
on ne fait pas maison d'hôtes. -Claude.
-Venez à la maison. C'est plus simple.
-C'est pas plus simple, c'est comme ça.
(-N'insiste pas, c'est un ouf !) (-OK.)
-Vous êtes les bienvenus.
Je vous prie de m'excuser.
Je suis un peu tendu en ce moment.
Mon livre me demande beaucoup d'énergie.
-Mon mari a adoré le premier.
-Ah ? -Oui, le premier,
Tonnellé le raté.
-"L'oublié". C'est Tonnellé, l'oublié.
Ça vous a vraiment plu ?
-Je l'ai lu d'une traite et j'ai même regretté
de le finir si vite.
-Vous me taquinez ?
-J'ai aimé l'histoire,
le style, le propos.
Et surtout la typographie.
-La typographie ?
-Ah oui, c'est important la présentation.
Mon père disait toujours :
"Pour faire bonne impression,
"il faut toujours être élégant."
-Je regrette de ne pas avoir connu votre papa.
La saison des pluies dure entre 2 et 4 mois !
Avec le changement climatique, ça peut aller jusqu'à 6 mois.
Il n'a pas lu mon livre.
Il s'est bien payé ma tête, Houphouét-Boigny. La typographie !
-J'ai pas le moral.
Épargne-moi ta mauvaise humeur et sois un peu généreux.
La pendule sonne.
-Vas-y, Charles.
Approche-toi du lépreux.
Touche son visage.
Non, non !
C'est mou !
-Mais oui ! -Mou ?
Je veux un Jésus pêchu !
-OK, je vais te le faire pêchu.
-Toi aussi, Erwann.
-Quoi ? Un lépreux pêchu ? T'es sûre ?
-On perd du temps !
-OK. Pëchu ?
Ronflements
-Marie ? Marie ? Musique douce
...
Qu'est-ce que tu fais ? -Réponds-moi franchement.
Tu trouves que j'ai vieilli ?
-C'est pour ça que t'as pas le moral ?
-Claude ?
-Un peu chaque jour comme tout le monde.
Moi aussi, je vieillis et j'en fais pas tout un foin.
-Oh...
Ça, c'était notre voyage de noces à Venise.
♪ étais belle.
-Tu es toujours aussi belle.
-Pourquoi tu me regardes plus ? -Je te regarde tous les jours.
Après 38 ans, je vais pas me pâmer d'admiration à chaque fois.
-Si tu étais attentif,
tu saurais que ça fait plus de 38 ans qu'on est ensemble.
-40 ans le 18 juin.
-Tu t'en souvenais ?
-Une date qu'on n'oublie pas. Je n'organiserai pas un grand raout.
On fera un petit dîner en tête-à-tête. -Comme tous les soirs.
-Non, on ira au restaurant, si tu veux.
Allez, viens te coucher, j'écris tôt, demain.
On ira à l'orée du bois, chez Goulat.
-Non, Chao, on ne viendra pas en France.
-Tu peux pas me faire ça, quand même ? *-Tu sais quoi ?
Trouve deux Chinois ou même des Viets
*dans le 13e arrondissement.
Les Verneuil feront pas la différence.
-Mais…
-Papy et Mamie viennent ?
-Non. -OH...
-C'est pas grave, on ira à Pékin cet été, hein ?
Son téléphone sonne.
*-Mon fils ?
On vient !
T'inquiète pas !
D'accord !
-Papy et mamie viennent !
-OUI !
-C'est comme ça.
-J'espère que tu vas pas recommencer tes folies.
Ça nous a causé assez de problèmes comme ça.
-Je peux pas. -Arrête de faire l'enfant.
-Depuis qu'ils se sont embrouillés, chez eux, c'est Ramallah.
-À cause de quoi ?
-J'ai rien compris, une histoire de pain.
-De pain ? -De pain.
-Me prends pas pour une conne. Appelle ! -Comme tu veux.
Le téléphone sonne.
-Allô ? *-Maman ?
-Ton père me rend folle, je peux plus le voir !
-Sur la Torah, ta mère va me tuer !
-J'espère bien, rends-moi ce téléphone !
-Je t'avais prévenue, c'est deux malades.
-Tout ça pour du pain ? -Hm.
Et encore, c'est une petite embrouille.
Une embrouillette.
Tu vas leur parler, quand même ? -Oui, oui.
♪ attends un blanc. *Dispute
-T'es la pire chose qui me soit arrivée !
-Moi, j'ai gagné au Loto ?
*-Lâche ! Lâche !
-Tu vois, c'est le romarin.
Ça, c'est le persil plat.
Et ça, c'est le pommier de David. Son téléphone vibre.
C'est grand-mère. Va arroser. Ouais, maman ?
*Musique rock
*-C'est quoi, cette histoire de concert ?
Ta femme a dit qu'il allait jouer au mariage de tes beaux-parents.
*-Quoi ? -Ça y est.
Il a ressorti sa guitare, t'entends ?
*Notes de guitare électrique
-Je te rappelle !
T'as appelé mes parents ?
-Ce serait chouette qu'il fasse un petit bœuf.
-C'est pas chouette, c'est la cata. T'as réveillé le Kurt Cobain algérien.
-Ah mon Dieu, donne-moi la patience !
*---
| chante.
- -
Un voisin jure en arabe.
-Ferme ta gueule ! -Je vous emmerde !
Vive le rock'n'roll ! -Nardinamouk !
-Toi-même !
Saloperie, va !
| chante.
Jusqu'à demain matin ! Saloperie, va !
-On fait comme d'habitude ?
-Non, j'ai envie de changer de tête.
♪ aimerais bien un truc plus…
Enfin, vous voyez ? C'est…
Là…
Comme ça, là, voilà.
Il faut qu'ils soient… Je sais pas.
Vous voyez ? -D'accord, je vois.
-Le général de Gaulle…
Avait le choix entre plusieurs pays. La Suisse, impossible, neutralité.
Liechtenstein, trop petit. L'Amérique du Sud..
L'Amérique du…
Je t'en foutrais, moi, de la typographie.
-Les vœux, il faut les faire sur la scène.
-Non, dans les escaliers, on les verra mieux.
-Au milieu. -Non, il y a plein de passage.
C'est pas bien ! -Ah !
Et s'il pleut ?
-On est dans la merde.
-Oh non… -Mais il va pas pleuvoir.
-Ah, merci.
-On m'a recommandé
ce Chinon, c'est un producteur de la région…
-Ouah !
C'est magnifique, Marie.
Comme le dit la chanson,
vous êtes "raffinée sexy".
-Je dirais même plus, c'est "chic modé".
-Qu'est-ce qui t'arrive ?
Tu montes à Paris faire un défilé ?
-Quand on porte un pull aussi moche, on évite les réflexions.
André rit.
-Qu'est-ce qu'il a ? -On dirait |le Colonel Moutarde.
Moi, j'adore, c'est le principal.
-J'ai raté les tripes.
Je dois rajouter du sang.
Oh!
Monsieur Shaeffer ! -Comme promis.
Je suis revenu admirer vos œuvres dans la paix.
-Oui, bien sûr.
Profitez.
Je vous en prie.
Musique douce
...
-Tout est magnifique. Je ne sais vraiment pas lequel acheter.
-Oh...
Si ça vous intéresse, j'en ai d'autres dans mon atelier.
-Ah ? Formidable.
Où est votre atelier ? -Dans le grenier de mes parents.
-Chez la gentille dame du vernissage ?
-Oui.
-Serait-il possible de le voir ? ♪ aime pénétrer l'intimité de l'artiste.
-Oh bah oui, bien sûr, je… Je vais chercher ma voiture.
-Non !
Laissez-moi vous accompagner.
-Ah bah oui.
Musique féérique
Quel engin magnifique !
-Je ne supporte pas le médiocre.
Je n'aime que la beauté.
-Ah ? Oui.
-Quelle production !
Quelle énergie créatrice !
Ça sera délicat de choisir une œuvre.
-Oui.
-Un thé, M. Shaeffer ? -Avec plaisir !
Mais appelez-moi Helmut. -Si vous m'appelez Marie.
-J'aime votre nouvelle coiffure.
Elle vous va à ravir.
-C'est vrai ?
-On m'a beaucoup parlé de vous.
Apparemment, vous plaisez aux femmes.
Ils rient.
Je vais vous faire un aveu, cher Helmut.
♪ ai un faible pour la culture germanique.
Je suis un admirateur de vos philosophes et de vos poètes.
-Tu inspires l'amour
Et le désir
Je le sens et je brûle
Aimable enfant
Inspire-moi maintenant confiance
-Goethe, n'est-ce pas ? -Monsieur est connaisseur !
-Je suis moi-même de la partie.
♪ ai écrit la biographie d'un poète français. C'est ma 1re œuvre.
-Alfred Tonnellé, le créateur du pyrénéisme !
-Vous connaissez ? -Bien entendu.
Je suis féru de littérature et d'alpinisme.
Je vais acheter votre livre.
-Vous plaisantez ? Mon mari va vous l'offrir.
-Natürlich…
Ça va de soi. -Dans ce cas, en remerciement,
accepteriez-vous de venir déjeuner dans mon modeste château
avec votre épouse
et votre charmante fille ? -Évidemment.
Wunderbar. Das ist wunderbar.
Auf Wiedersehen!
I| est extra, cet Helmut.
-Je croyais que tu détestais les Allemands.
-Pas du tout, au contraire. Je crois au couple franco-allemand.
C'est le moteur de l'Europe. Et puis quel plaisir
de discuter avec un homme fin, intelligent, cultivé.
Oui, rien à voir avec…
Avec ces… Avec les…
Enfin bref, quoi.
Il siffle.
...
Choc
"Ready For The Fight” (The Young Punx)
...
-Il veut la guerre, il va l'avoir.
...
-Les carottes sont bien. -Oui.
Ça ressemble à la soupe kandia. -C'est vrai.
-Hm !
Ça sent drôlement bon.
Qu'est-ce que vous mijotez,
là, toutes les deux ?
-On fait une daube, André.
-Je peux goûter la sauce ?
-C'est sur mon corps que tu vas passer avant d'y toucher.
-Pitié, je meurs de faim.
Une lichette !
Je suis en hypoglycémie, Madeleine.
-Tu t'es regardé ? Tu es gras comme un phacochère.
Va là-bas !
Quitte là-bas !
Il râle. -Ah… Femelle sadique !
-Ah ! Dites-moi, Kofi ?
Vous qui avez adoré mon livre, j'ai une question.
-Je vous écoute.
-Le passage de Tonnellé dans les Alpes autrichiennes est-il trop long ?
-Disons que…
Disons que… Oui.…
Oui, il faut que je relise.
-Mais bien sûr. Sauf que pour relire,
il faudrait avoir lu.
Vous êtes démasqué. Il n'est jamais allé dans les Alpes autrichiennes.
Il est resté dans les Pyrénées. D'où le mouvement pyrénéiste !
Vous êtes un menteur !
-Retirez ça immédiatement.
-Je ne retire pas et je réitère : vous êtes un menteur.
-Attention, si vous ne présentez pas vos excuses,
je quitte cette maison.
-Excuses refusées.
-C'est ridicule.
-Je lui dis, mais il n'écoute personne.
-Je veux qu'il s'excuse.
C'est une question
d'honneur, j'ai été outragé !
-Vous allez rater ma daube.
-Les excuses, d'abord !
La daube ensuite.
-Excuses refusées !
-Allez, Madeleine.
Dépêche-toi, on part sur-le-champ !
Rires
-Charles ? -Oui ?
-T'as prévenu Viviane et Nicole ? -Elles seront rentrées de Calcutta.
-Très bien. -Tadah !
-Oh ! Les costumes sont prêts ?
-Laissez venir à moi les petits enfants.
Le royaume de Dieu
est à ceux qui leur ressemblent.
-Qui va avoir un Molière ? C'est papa !
C'est papa ! On sonne à la porte.
-T'attends quelqu'un ? -À part Dieu le père, personne.
On tambourine.
Papa ?
-Prends nos valises !
-Hein ? -Claude Verneuil,
c'est fini ! C'est gâté ! Plus jamais !
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Le gougnafier !
I m'a humilié !
-Heureux les humiliés. Le royaume des cieux est à eux.
-Pourquoi t'es en Bédouin ?
-Je suis pas un Bédouin, je suis Jésus.
C'est un rôle pour une pièce de théâtre !
-Tu vas jouer Jésus ? -Hm hm.
-Tu entends ça ? -Oui, je suis pas sourde.
-Mon fils, je suis fier de toi.
Viens dans mes bras ! Je savais
que t'étais pas un clown.
Ah ah ah !
-Non, Yvonne.
Je n'irai pas me terrer à Londres chapeauté par Winston Churchill.
Je préfère Acapulco.
On frappe à la porte. Je travaille !
-J'ai eu Laure.
-Hein ? -Les Kofi sont chez eux.
-Bon débarras !
-Tu vas aller présenter tes excuses.
-Certainement pas.
I n'a même pas lu mon livre.
-Personne n'a lu ton livre.
-S'il te plaît, n'insulte pas mes lecteurs.
Je te rappelle que j'ai vendu plus de 1000 exemplaires.
-C'est toi qui les as achetés, pauvre fou.
Je sais ce qu'il y a dedans.
Regarde. Tu as l'intention de dépenser
toute notre retraite ?
-Le prochain sera un best-seller.
-Ça fera un bide, cette histoire
de De Gaulle qui s'enfuit à Acapulco, ça ne tient pas la route.
-Et voilà ! -Ça sent bon.
C'est quoi, ça ? -Un cassoulet végétal.
Une recette
que j'ai inventée.
-Mon Dieu !
-C'est une saucisse de Toulouse ? -C'est une courge, ça remplace.
-Ça remplace rien !
Ce repas
n'est pas équilibré. Où est la viande ?
-On ne mange plus de viande. C'est mauvais pour la planète.
Les animaux sont nos amis. -Nos amis !
Les blancs, vous avez un problème avec vos bêtes.
-Papa !
-C'est la vérité.
Ils vivent avec des lapins, des poissons et même des rats.
-Des rats ? -Oui.
Des enfants blancs dorment avec des rats.
Dans leur chambre ! -Tu veux dire
des hamsters ?
-C'est la même chose.
Les animaux
sont sur Terre pour qu'on les mange !
Surtout le bœuf !
Moi, j'aime le bœuf.
(-Moi aussi.) On sonne.
-Ah… Décidément, on a de la visite.
C'est cool !
-Moi, je touche pas à ça, hein.
On dirait du vomi de guenon.
-Tu vas jamais changer.
-Papa, maman !
-On reste pas longtemps. -Avance.
Tu avances.
André ?
Mon époux a quelque chose à vous dire.
-Je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses.
-J'ai rien entendu. Plus fort.
-Je… Hm.…
-Allez ! -Je vous prie d'accepter mes excuses.
-Je veux qu'il se mette à genoux.
-Il peut se brosser. -Ça suffit, hein !
I| s'est excusé ! Tu te tais !
Elle tchipe.
Un moteur se met en route.
...
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Mais qu'est-ce que c'est ?
Sa race, mon pommier !
Mon pommier !
T'es un grand malade !
-Je t'avais prévenu. Je veux plus voir tes pommes.
-Tu les verras plus. Et dis adieu au soleil, aussi !
-Ça veut dire quoi ? Tu me menaces ?
-Ça suffit, maintenant, y en a marre !
-Venez vous coucher, merde !
Elles claquent les fenêtres.
Voix d'enfants -On va bientôt manger.
-OK ! D'ACCORD ! Rires
-Les merguez
Avec l'agneau
Les merguez à l'agneau
Ah non, non, pas du tout !
Tu vas pas mettre ça dans mon barbecue ?
Ça va niquer le goût de la viande.
Regarde. Tu vas à la cuisine,
tu mets les légumes dans une casserole et tu fais une soupe.
Hein ? -Ah ah, t'es vraiment un beauf, David.
-Oui. C'est vrai.
-Ça m'embête de renouveler les vœux loin de mon église.
Je suis plus à l'aise à domicile, comme au foot.
À l'extérieur, c'est la pression.
-S'il vous plaît, mon père.
-Pour la famille Verneuil, je suis prêt à relever le défi !
-Merci !
-Ça, c'est réglé. Parlons maintenant du menu.
-J'ai des choses à dire,
sur le menu. -Je vais aller aider David.
-On a voté.
On veut pas de ta quiche au salsifis.
-Ouais, en plus, ça fait péter, les salsifis.
-C'est terrible.
Pfffou !
-Je lâcherai pas.
-Je la sens pas, cette cérémonie.
-Ça va être l'intifada.
-Laissez-la faire sa tourte.
-Très bien, mais on la met pas à la carte.
Ça te va ? -C'est le minimum.
-On fera un repas multiethnique. Comme ça, pas de jaloux.
-Je vous écoute. Faites-moi voyager.
-En entrée, nous aurons une kémia israélienne.
En plat de résistance,
un attiéké ivoirien au poisson braisé,
puis un couscous algérien au poulet. -Poisson et viande,
c'est parfait !
-Du fromage français et un dessert chinois.
Un problème, chéri ?
-Non, tout est super. Rien à redire.
Juste, Chao…
Le prends pas mal, mais le dessert chinois, c'est un peu de la merde.
Non ?
Hein ?
Non ?
-Votons. Qui élimine le dessert chinois ?
-On peut faire
le plat de résistance chinois, poulet-basilic
et un dessert algérien.
-Bonjour, le diabète. Le prends pas mal, Rachid,
mais le dessert arabe, c'est sucre, gras et sucre.
-T'as jamais goûté le mouskoutchou.
-Le mouskoutchou ? -Le mouskoutchou.
-Pourquoi on se fait chier ?
On achète 17 kg de merguez, et c'est réglé !
-Pourquoi on se fait chier ?
C'est leurs 40 ans de mariage.
On va tous se faire chier pour qu'ils s'en rappellent !
-Claude ! Claude !
Je ne le trouve pas, je ne sais pas où il est.
Claude ?
Elle crie.
Qu'est-ce que tu fais ?
-Ce que devraient faire tous les écrivains sans talent.
-C'est pas une question de talent.
C'est une question de sujet.
Quand tu trouveras une bonne histoire, tu auras du succès.
Allez, viens, mon petit Balzac.
Je t'ai fait un gigot. Viens.
-Avec de la sauce à la menthe ? -Avec de la sauce à la menthe.
-C'est prêt ! À table !
-Oh merde, mes légumes.
-|! faut qu'on voie un dernier truc : le gîte.
-|ls dorment pas chez vos parents ?
-Le grenier est occupé par l'atelier de Ségo.
On pensait mettre une yourte dans le jardin.
-Très bien. -Attendez.
Qui y dormira ?
-Un des quatre couples.
-Mon père dans une yourte, c'est pas possible.
-Le mien a failli pas venir. Il repart direct !
Il est chinois, pas mongol.
-Vous êtes des ringards. C'est une expérience unique au monde.
-On y mettra tes parents, c'est réglé.
-Détendez-vous, on a prévu un tirage au sort.
Il y a ici un papier avec le nom des familles.
[ Faut une main innocente.
Mon Père ?
-Allez, hop !
La main de Dieu, comme disait Ma ra don a.
Isabelle rit.
Musique de tension
-Famille Kofi ! -Yes !
Rires
-Oh non…
-C'était chaud, là !
-Je te laisse l'annoncer à ton père.
Hm ?
Musique guillerette
...
-C'est sublime.
-Je trouve ça bling-bling. -T'étais pas obligé de venir.
-Ça va ! -Il en tient une couche.
-Entrez, c'est par ici.
Monsieur arrive.
Je vous accompagne.
-I n'y a que des chefs-d'œuvre. On se croirait au MoMa.
-Impressionnant.
Que des chefs-d'œuvre.
-Le ciel en jaune, c'est complètement original.
En hurlant -Nein!
Ne touche pas à ça, pauvre crétin !
Cette œuvre vaut plus de 100000 $.
-Qu'est-ce qui vous prend ?
C'est complètement idiot. On ne touche pas.
-Enfin, on n'est pas chez le marchand de patates !
-Tu me fais honte.
-Je ne sais pas ce qui m'a pris.
-Non…
C'est moi, veuillez excuser mon emportement.
-Oh...
-Je regrette de vous avoir traité de crétin.
-Ce n'est pas grave.
Ce n'est pas grave ! Enfin, il s'en remettra.
Oh.….
C'est remarquable, cette Wienerschnitzel.
Ça me rappelle notre voyage à Vienne.
Tu te souviens de cette belle balade en calèche ?
-C'était il y a bien longtemps. Quand il m'emmenait encore en voyage.
-Vous connaissez Vienne ?
-Hm. Non.
Il paraît qu'il y a des musées extraordinaires.
-Seriez-vous d'accord pour exposer votre œuvre à New York ?
-Ce serait mon rêve.
-Parfait, vous allez faire l'ouverture de ma nouvelle galerie à Soho.
-Ah oui ?
-Vous êtes libre en août ?
-Non, non, attendez. Non ! -Si !
-Non, non, non !
Le mois d'août, c'est compliqué.
Les filles sont en vacances, et je travaille.
-Enfin, Chao, on s'arrangera.
On prendra les jumelles.
Hein, Claude ? -Évidemment !
Enfin, Chao !
C'est important pour la carrière de ma fille.
Ne soyez pas égoïste.
Quel homme délicieux, cet Helmut.
♪ ai toujours rêvé d'avoir un fils comme lui.
Je me demande s'il a des prix, chez Porsche.
-New York, ma chérie. Cet homme va changer ta vie.
(-Oui..)
-Excusez-moi.
Les affaires.
Pour me faire pardonner, voici un armagnac de 1946.
-Oh !
Vous êtes tout à fait pardonné, Helmut.
46, c'est…
Belle année !
(-Suce-boules en chef.….)
-Chao, t'es une pince !
Mouvements
Hé, mais il fait quoi, lui ?
Oh!
Oh ! Oh! David ricane.
Ça va pas, non ? Tu fais quoi ?
-Je fais le mur !
-Comment ça, le mur ?
T'es qui, toi ?
-Super Mario. Il travaille pour moi.
♪ y connais rien, en jardinage, mais le persil a besoin de soleil, non ?
-Tu vas pas faire ça.
-Eh si.
Va falloir changer d'assaisonnement. Mets de la coriandre.
C'est bon, la coriandre.
Tu ne toucheras plus au pommier.
-C'est ce qu'on va voir.
C'est ce qu'on va voir !
-Un mur de 3 m de haut, c'est hyper grave.
-Ça va trop loin. Il parle de mettre des barbelés.
Il ne veut rien entendre. -Rachid, c'est pareil.
C'est deux grands malades.
-On laisse passer la cérémonie et on sévit.
-Les filles, j'ai une idée de psychopathe.
On fait venir les parents en montgolfière.
-Ah! -Ah, c'est bien !
-C'est écoresponsable.
Vous imaginez les parents atterrir dans le jardin ?
-C'est une idée de malade.
C'est génial ! -C'est hyper beau !
Cris enthousiastes
...
-C'est quoi, ce délire ?
-Le mariage de papy et mamie les rend débiles.
-Papy et Mamie vont se marier ?
-Chut, c'est un secret.
-On est partis depuis 23 minutes.
-Qu'est-ce que tu veux que ça me foute ? -Je te parle pas.
Lâche. -Arrête !
-Lâche ! -Arrête !
Ah ! -Oh !
L'hôtesse de l'air propose à boire.
...
-Bois de l'eau !
-De l'eau.
*Musique rock
*---
Sonnerie
-Oui ?
-T'as récupéré les colis ?
-Ouais.
Pour l'instant, R.A.S. *-Très bien, sois prudent.
Musique de tension
...
-Les nouilles sont cuites.
Je répète : les nouilles sont cuites.
-Détends-toi. On n'est pas dans Homeland.
...
-Allez, hop, hop, hop. Tout le monde à son poste.
Vite, vite, vite !
Allez, Babette, là ! Du nerf !
-On sera combien déjà ? -18.
-Oh, mon Dieu. -C'est pas le moment de craquer.
-C'est compris ? Personne ne parle et personne ne bouge.
-D'ACCORD. -On joue à cache-cache ?
-Oh, mon petit amour.
-Ayez les uns pour les autres une charité persévérante.
Exercez entre vous l'hospitalité.
Sans murmurer.
(-Ça va pas le faire…)
-Il veut la serrer.
-Qui ? L'Allemand ? -Oui.
Claude pousse Ségolène dans ses bras.
-Mais pourquoi ? -C'était son rêve.
Que sa fille épouse un blanc.
-C'est pas faux et en même temps, ça m'étonne.
Il a jamais pu blairer les Allemands.
-Ça en dit long sur l'estime qu'il nous porte.
-C'est vrai.
-Allez, gonfle !
-Tu leur as dit, pour la yourte ?
-Bien sûr !
-Ton père a dit quoi ?
-Que ça lui rappellerait l'armée.
-T'as été courageux.
-Pfff… ça va être l'apocalypse.
-“LE MONDE A SOIF
Il chante très aigu. D'UN PEU D'AMOUR
ESPRIT DE DIEU
VIENT PARMI NOUS
EMPORTE-NOUS
DANS TON ÉLAN
TU NOUS CHOISIS
PARMI LES NATIONS
OUVRE NOS CŒURS
À TON AMOUR
-C'est la dernière fois qu'on l'emmène, Louis Armstrong.
(-Mais arrête !) (-Enfin, arrête…)
(Regarde, Marie.)
(Ce cher Helmut est là.)
-Moi qui pensais qu'il était protestant…
-Décidément, il coche toutes les cases.
-Quelles cases ? -Non, rien, je me comprends.
-Chut ! -Je partage mon missel avec ma femme !
(Je peux plus, lui.)
-ESPRIT DE DIEU
Voix aiguë SOURCE DE VIE
-Plus que 10 mn !
Babette hurle.
-BABETTE! -Je suis désolée.
-Téma, Chao.
-Au fait, t'as prévenu ton père ?
-Ben non, t'as vu sa tête ?
-C'est bon, les gars.
Klaxon
-Ah ! Les voilà !
Brouhaha de joie
...
-On n'a pas le temps pour les embrassades !
On les installe dans les chambres !
Musique enjouée
-Vous êtes ici. -Ah !
...
-C'est pas possible, y a papa dans la valise ?
-Oh, j'aurais bien voulu.
Oh, que c'est beau !
-Vous êtes dans la meilleure chambre. -C'est là.
-Quoi, quoi, quoi ?
-Il a vraiment une voix de fausset, votre curé.
Il est pas castrat ? -Je suis pas allé voir sous sa soutane !
-Ils sont là ! Ils sont là !
-Ils sont là ! -Tous dans le salon !
-Oh...
Qu'est-ce que c'est que ce truc immonde ?
-C'est la yourte de David.
-Pourquoi il l'a mise dans le jardin ?
Pourquoi il a mis sa yourte dans le jardin ?
I va m'entendre, le David.
Musique de tension
-SURPRISE !
-Mais pourquoi ?
Youyous et cris de joie
-On a décidé de fêter
vos 40 ans de mariage en réunissant toute la famille.
(-Quelle tuile…)
Youyous et cris de joie
-Qui sont ces gens ?
-On va dans la yourte de papa ! -OUAIS !
-Eh, oh ! Les enfants !
Léger brouhaha
...
-Ils auraient pu nous prévenir. Je déteste les surprises.
-Qu'est-ce que tu es vieux jeu !
Ça fait du bien, un peu de folie.
-Je ne tiendrai pas.
-Je te préviens, t'as pas intérêt à gâcher ma fête.
-Ta fête ?
Moi aussi je me suis enquillé 40 ans de mariage.
Qu'est-ce que tu crois ? -Pardon ?
-Je te prie de bien vouloir m'excuser.
Je vais faire des efforts.
-Merci !
-Tu m'avais promis !
-Mais j'ai soif, moi !
-Bois de l'eau ! -C'est une grande occasion !
-Je croyais que c'était réglé, ça !
-Mon fils, ne t'inquiète pas. -Ça va ?
Tout se passe bien ?
-Excusez-moi, vous êtes qui, vous ?
-Papa ! -Santé.
-Hein ? Oui.
-Maman a l'air super contente. -Papa, moins.
-Sois pas négative, il a toujours besoin d'adaptation.
-Je suis pas négative.
-On avait dit "pas d'embrouilles".
-Mais pourquoi elle dit ça ?
-On fait un selfie pour ma story ?
-Allez !
-Cheese! -Pour info, un selfie équivaut
à la consommation de 7 ampoules de 45 W sur une journée.
-Casser l'ambiance, c'est combien d'ampoules ?
-Vous êtes musicien ?
Je vous pensais retraité de la RATP.
-Je le suis aussi, malheureusement.
-Comment ça ? -Quand Rachid est né,
j'ai sacrifié ma carrière pour faire bouillir |la marmite.
♪ ai arrêté la musique
et j'ai conduit un métro.
Gallieni/Pont de Levallois. Pendant 30 ans.
-Oui, c'est impressionnant.
-Tu peux pas t'en empêcher.
Attends.
-Toute sa vie, il va me reprocher d'être né ?
-Allez…
-En tout cas,
c'est formidable que vous soyez là.
Je suis un fan absolu de la musique arabo-andalouse.
-Moi, j'admire
beaucoup Oum Kalsoum. -Ah oui, ça, elle l'aime.
-Préhistoire ! Moi, je fais du rock.
Regardez, c'était mon groupe.
Les Hyènes électriques. -C'est vous, là ?
-Oui, avec des cheveux.
C'est drôle de les revoir ici.
-Comment ça, les revoir ?
Les Hyènes mécaniques vont débarquer ici ?
-Électriques. -Oui, oui, d'accord.
-On va vous mettre le feu, M. Verneuil.
-Le feu ?
-Le feu.
-Formidable. Le feu.
-C'est une tuerie. -Bravo, mon fils.
-Je suis sûr de mon coup.
Je vais être milliardaire. -Ça tombe bien.
Tu payeras mon divorce. Elle veut tout prendre.
-T'as rien. Que la Skoda. -Je laisse même pas un slip.
-Ça suffit. C'est quoi, cette histoire de pain ?
-Ton père et moi, on a un deal. Je m'occupe de tout
et il s'occupe du pain.
Même ça, il n'est pas capable. -Ce qu'elle oublie de dire,
avec sa mauvaise foi de Tunisienne,
c'est qu'on a une boulangerie, mais elle dit
que le pain est pas bon. Je fais 3 kms à pied, le matin,
pour son putain de pain !
-Pourquoi tu prends pas ta Skoda ?
-Ça coûte cher.
-Il est pas bon, le pain en bas ?
-Ignoble ! Ignoble !
-Il est très bon.
C'est le roi de la mie. C'est pour me pourrir la vie.
-C'est une raison pour insulter ? Tu sais ce qu'il a dit ?
-Non.
-Il m'a dit : "Tu peux te le foutre dans le cul !"
-T'as dit ça, papa ? -Bien sûr !
Qui parle comme ça à sa femme ?
Qui ? -3 kms pour du pain !
Qui fait ça à son homme ?
-Et une honte pareille, qui fait ça à son fils ?
-Je ne tiendrai pas, chérie.
Les enfants râlent. -Tu arrêtes, Lucas !
-Je dois emmener toute la smala visiter le château de Chambord ?
-On a les tickets, y a qu'à les conduire.
-Y a qu'à les conduire ?
Je vous préviens, je n'irai pas chercher les Hyènes. Hors de question.
-Qu'est-ce qu'il raconte ?
-Ça va, papa ?
Cris au loin
...
-Charles ? J'ai l'impression que votre père est énervé.
-Laure, je m'occupe de Nicolas.
-Non, viens ici tout de suite.
-C'est pas votre chambre ! Sortez !
-Parle français, on n'est pas à Pékin !
-Calmez-vous, André.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Ah, le fourbe !
-Ils ont pris notre chambre.
-Madeleine, André, Charles a quelque chose à dire.
-Oui, enfin… Parce que…
On a tiré au sort les chambres.
Vous dormez dans la yourte.
-Quoi ?
-Vachement sympa.
-Tu m'as pris pour un migrant ?
Hors de question.
Je refuse ce tirage au sort.
-Pourquoi ?
-Rien ne prouve qu'il n'a pas été truqué.
-Le curé l'a fait.
-Je ne fais pas confiance à ce castrat.
Soit on refait le tirage,
soit je quitte cette maison.
-Vous n'allez pas recommencer !
-Je vous préviens,
cette fois, y aura pas de daube !
-Voilà ! Il grogne.
Bonne yourte.
Gémissements
...
Madeleine râle.
-Phacochère !
Gémissements
...
Notes grinçantes au cor de chasse
...
-Reposez ce cor de chasse !
Et retournez dans votre yourte !
-J'exige
qu'on refasse un tirage au sort !
-Non ! -Retourne dans ta yourte !
-Comme vous voudrez.
Il joue des notes dissonantes.
-À vous l'honneur. Comme ça, pas de discussion.
C'est marrant, ça vous va pas, à vous, cette tenue.
Pourtant, vous êtes du coin !
Ah, pardon !
Ah bah, "famille Kofi".
-Allez, hop. -Yes !
Filez dans votre yourte.
Oh, là, là, là, là !
Bonne nuit, vieux !
Quelqu'un ronfle.
...
-On peut mettre de la musique ?
-Mais bien sûr.
C'est quelle fréquence, France Musique ? -Non.
Mettons plutôt ça.
Ronflements à l'arrière
*Musique hardrock
*---
-Le 1er album des Hyènes électriques !
-Y en a eu d'autres ? -Non.
Premier et dernier.
-Tant mieux.
Enfin, je veux dire… Quel dommage, hein !
Vous chantez dans quelle langue ?
C'est du kabyle ?
-Non, de l'anglais.
-Ah, vous ne me l'auriez pas dit…
Ah oui, oui, quand même. Y a des bribes.
-Mohamed, pouvez-vous dire au chauffeur qu'il a une conduite
trop sèche ?
♪ ai mal au cœur, moi.
...
Il sonne.
-Ah, il n'y a personne ici.
Monsieur est à Chambord avec les étrangers
et Madame remplace Mille Ségolène.
-Ja!
Musique dramatique
...
-Le bâtard ! Il va à la galerie !
Crissement de pneus
-Helmut ?
Musique épique
-Bonjour, Marie. -Bonjour, Helmut.
-Je vous rapporte ceci.
Mon majordome l'a retrouvé dans le vestibule.
Quelle atrocité ! C'est le pire de tous !
-Pardon ?
-Je me faisais la réflexion : il est nouveau, celui-là ?
-Oui, il est exposé depuis ce matin. -Ah oui…
Pff, il y a tellement de chefs-d'œuvre…
Je ne sais pas lequel acheter. -Vous n'avez toujours pas choisi ?
-Eh non.
-En fait, si.
-Ah.
-Mon choix est fait depuis longtemps. C'est vous.
Musique douce
-Moi ? C'est-à-dire ?
Je comprends pas bien. -Je me fiche des tableaux.
Depuis le 1er jour où je vous ai vue,
je ne dors plus, je ne mange plus, je suis complètement perdu.
-Qu'est-ce que vous racontez, Helmut ? Vous me faites marcher.
-Nein!
Je suis sérieux. Laissez-moi
vous emmener au bout du monde. -Mais je suis mariée !
-Avec ce petit homme à l'esprit rabougri et aux livres ennuyeux ?
-Je ne vous permets pas de dire ça.
-Vous méritez mieux. Marie, vous êtes une reine.
Vous êtes ma reine !
-Vous êtes trop jeune !
-L'âge n'a pas d'importance, l'amour peut tout.
-Mais arrêtez !
Il fredonne.
-Je lui apprends la valse viennoise.
-C'est très amusant. Fatigant, mais j'adore.
Ça fait tourner la tête.
-De toute façon, il faut que j'y aille.
Dites à Ségo que je repasserai. ♪ hésite encore pour le tableau.
-Oh...
-Il l'a appelée "Ségo".
-Alors ? Ça vous plaît ?
-C'est magnifique ! -C'est beau !
-Ça vaut pas Jérusalem.
Le mont du temple,
c'est autre chose. -Vous vous croyez où ?
-C'est biodégradable.
Une petite orange,
Momo ? Ça vous dérange si je vous appelle Momo ?
-Oui.
-Régalez-vous.
Elles viennent de Jaffa, c'est les meilleures du monde.
-Vous n'avez jamais goûté celles de Constantine.
-J'ai pas le droit.
Les citoyens israéliens
sont interdits de séjour en Algérie, cher monsieur.
-Parce que les citoyens algériens sont les bienvenus en Israël ?
Cher monsieur ?
-Shalom. -Shalom aleykoum.
-Vous savez quoi ?
On va visiter l'intérieur.
C'est à couper le souffle.
Hein ?
Shalom aleykoum.
-Mon Père ?
Ouh, ouh !
Je dois me confesser.
Je suis tourneboulée.
-Ça tombe très mal, j'ai tennis.
En plus,
j'affronte l'abbé Mignard, et il est coriace.
C'est le Nadal de l'évêché.
Venez demain !
-Demain ?
(J'espère qu'il sera pas trop tard.)
-Nous voici actuellement dans la chambre de François ler,
inspirée de celle du XVIe siècle. -.….de construire le château
de Chambord à sa gloire.
-C'est Marignan, 1515 ?
-Exactement, Isaac.
-C'est le lit de François ler ? -Oui.
-C'est pas du king size. -C'est minuscule.
-Je précise que François ler séjournait peu au château de Chambord.
Au contraire, il donnait des fêtes magnifiques,
des fêtes éblouissantes appelées les magni.…
-Qu'est-ce qu'il raconte ?
-Un problème ?
-On comprend rien. Vous êtes un mauvais guide.
-Je vous demande pardon ?
-Soyez gentils, il est pas guide.
-Je fais ça pour aider, c'est pas par plaisir.
-Il n'est pas notre guide ? Qui est ce monsieur, alors ?
-Non mais attendez, ça va bien, Dong !
Je crois que la plaisanterie a assez duré.
-Dong ? Qui vous dit que je suis Dong ?
Ding dong.
Ding dong.
Ding dong.
-Et derrière vous,
c'est celui de… -Madame ?
-Pourquoi y a un gars dans le lit ? -Oui ?
Il ronfle.
-Non ! Mais Kofi ? -Kofi !
-Dans le lit du roi !
Le lit du roi !
Mais je rêve ! -Laissez-moi dormir, Verneuil !
-Allez, allez, hop ! -Laissez-moi !
-Il va dormir dans le coffre de la bagnole.
-Dans le lit du roi ! Je suis connu, ici, je passe pour qui ?
-Elle est où, Xu ? -Hein ?
-Bah, votre femme ?
-Où est-ce qu'elle est partie encore ?
Musique chinoise
Dong l'appelle.
-Arrête ça tout de suite, on y va !
...
-Finalement, ça se passe pas si mal.
-Pas de morts. Pas de blessés. Que de la joie.
-Nous nous enflammons pas. Le match est après-demain.
-David a raison. Restons vigilants. On klaxonne.
-Tu faisais quoi, à la galerie ?
-Rien, je passais par hasard.
-Me prends pas pour une conne. Tu m'espionnes ?
C'est quoi, ton problème ?
-Ton histoire avec Helmut.
Je vois votre petit manège.
-Tu délires complètement. Nos rapports sont professionnels.
-Tu crois quoi ? Qu'il est là pour tes tableaux ?
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Que j'ai pas de talent ?
-Non, c'est pas ça. -Mais je te déteste !
Sors de cette voiture !
Tu sors !
Sors ! Oh, mais je le déteste !
-Comment ça, ta prof de maths est relou ?
-Bah, elle est relou. Qu'est-ce que tu fais, papa ?
-J'ai décidé de réaménager le jardin.
-T'es sûr ? Tu veux pas faire appel à un paysagiste ?
-T'inquiète, ma chérie, ça va être magnifique.
Je t'aime.
-Je t'aime aussi.
-Votre salade d'avocat au pamplemousse est délicieuse.
-Merci, Moktaria.
-En Israël, on a les meilleurs avocats. -Ah bon ? Je savais pas.
-Et aussi les meilleurs pamplemousses.
-Vous avez tout en mieux, chez vous.
Enfin, "chez vous".…
Momo ricane.
-Quelqu'un veut du vin ?
-Moi ! -Pose ton verre !
-En Israël, on fait un bon Bordeaux. -Oh !
-Mais quoi ? -Arrête avec Israël.
-Je sais pas si on arrivera au dessert.
-Aucune chance ou il faut faire appel aux Casques bleus.
-Je rêve ou Xu a un problème d'alcool ?
-Ils ont tous un problème.
On a une brochette de cas sociaux. Merci à nos gendres.
-C'est chaud ! -Posez-le là !
Évidemment, c'est chaud, ça sort du four.
-Quel est le programme de demain ?
-J'espère qu'on se retape pas un château.
-Je passe mon tour, là.
-Quartier libre la journée, théâtre le soir.
-AH !
-Théâtre ? C'est pas très rock'n'roll, ça.
-On va à la 1re de mon fils. -Il est acteur ?
-Oui, il va jouer Jésus.
-Jésus ? -Oui.
-De Nazareth ?
-Oui. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Bah euh…
-Bah… Jésus était noir !
Il est venu d'Afrique. -C'est dit dans la Bible.
Jésus avait des cheveux d'agneau.
Ça veut dire "crépus". |l était noir.
-Et voilà. -Évidemment !
C'est ça !
Les grands hommes africains, on les blanchit.
Comme Beethoven.
-Il était noir ?
-Évidemment !
-Beethov', noir ? Hm. C'est le pompon, là.
-Et Mozart était kabyle ?
Éclats de rire gras
...
-Ça l'amuse, le Chinois ?
I "comprend français"” ?
C'est bien. Il parle peut-être, aussi ?
Depuis qu'il est arrivé, je ne l'ai pas entendu parler.
-Ferme un peu ta grande gueule, bouffon !
-Là, on l'a bien entendu. Clair comme de l'eau de roche.
-Toi, va te faire cuire un pangolin !
-Quand on se comporte comme un crabe,
on est mangé avec bruit.
-Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'il raconte ?
-Je vais te massacrer
avec grand vacarme !
Cris
-Non, non !
...
-Arrêtez ! Arrêtez !
Je ne peux plus supporter ça.
Vous me fatiguez, je vais me coucher.
-Tu me laisses avec cette bande ?
-Toi aussi, tu me fatigues.
-Allez, Madeleine. À la yourte !
-Rachid ?
Rachid ?
-Oui, ma chérie ? -Tu te couches pas ?
-Je finis ça et j'arrive. Je t'aime.
-Moi aussi, mais c'est pas le propos.
Gémissements d'effort
...
Babette baille bruyamment.
On sonne à la porte.
-Qui ça peut être encore ?
Ah, Babette.
Si ce sont les Hyènes électriques, dites-leur d'aller à Tours.
C'est bon, je m'en occupe. Allez vous coucher.
(Quelle enclume !)
Ségolène ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
-C'est Chao, papa. ♪ en peux plus, là.
Il faut que je fasse un break.
-C'est une nouvelle formid… C'est tragique !
-Est-ce que je peux dormir à la maison ?
-Bien entendu, calme-toi.
Tu vas tout me raconter. Qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est bien beau, les mariages mixtes.
Au début, on est attiré par la nouveauté et l'exotisme.
Mais passée la période amoureuse,
les différences culturelles creusent
un fossé d'incompréhensions. -C'est juste un break.
♪ aime toujours Chao. -Mais bien sûr.
Moi aussi. Tout le monde aime Chao.
Mais tu dois d'abord penser à toi.
À ta carrière, à ton expo, à New York.
À Helmut.
-Pourquoi ?
-Oui, Helmut, c'est une chance inestimable de l'avoir rencontré.
C'est vrai, il est extra, non ?
-Oui, c'est pas la question.
-Si, justement. L'occasion fait le larron.
Une chance comme ça
ne se présente pas forcément deux fois.
Dors là-dessus, chérie.
-Merci, papa.
| chantonne en allemand.
...
-Ich liebe dich…
...
Marie ! Marie ?
Marie ! Marie !
-Oui ? -Le Chinois est cuit !
-Quel Chinois ?
-Le nôtre ! Chao !
D'après ce que dit Ségolène, elle va bientôt le quitter.
-Ça te réjouit ?
-Ça veut dire que la place est libre pour Helmut.
-Helmut ?
-On va organiser un dîner avec Ségolène.
Il faut battre le fer tant qu'il est chaud.
-Tu te méprends, Claude. Helmut en aime une autre.
Hm, hm.
C'est une femme… disons, plus mature.
Mais…
Son cœur est déjà pris depuis longtemps.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
Helmut est fou de Ségolène.
Ça se voit. Qu'est-ce qu'il foutrait avec une vieille ?
Enfin !
Avec une vieille… C'est n'importe quoi !
| chantonne en allemand.
(-Tu sais ce qu'elle te dit, la vieille ?)
Il baille bruyamment.
Mouvements
Musique intrigante
C'est quoi ?
...
Qu'est-ce que…
C'est quoi, ce truc ? Une taupe ?
Accent arabe -Non ! Un Arabe !
Rachid ricane.
Ouais.
-Ouh ! -Bravo, les enfants !
Ce filage était parfait, on est bons !
-Vous pouvez me détacher ?
Je sens plus mes bras.
-Oh, pardon, Charles.
Au fait, Charles ?
C'est quoi, ces 17 invitations ?
-C'est la famille. -Oui, bon, oui.
On est dans le subventionné, mais quand même.
-Il faut déjà pouvoir jouer.
Parce que là,
les intégristes cathos veulent bloquer l'entrée du théâtre.
-Super, c'est bon pour le buzz.
-Ils menacent Charles de mort.
-Encore mieux !
-Je veux pas me défiler, mais il vaut mieux que je joue Judas.
-Tu rigoles ? À six heures de la première ?
-On connaît nos textes par cœur. -J'ai déjà trois rôles.
-Tu te plains qu'il n'y a pas de grand rôle pour les noirs.
-Judas, c'est un grand rôle. T'es gentille, je risque ma vie.
-Tu risques rien.
Il va y avoir un curé énervé et trois familles catho.
Faut arrêter, c'est pas Daech. -Non, c'est sûr.
-Ça va être un énorme succès.
-Ils sont devenus fous. -On ne sait plus quoi faire.
-Regardez-moi cette horreur.
David a construit ça pour une histoire de pommes.
-En représailles,
Rachid a creusé un tunnel.
Ricanement
-Rachid ? -Non, c'est David !
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-J'installe un piège à taupe.
-Je t'ai élevé comme ça ?
-Pour l'instant, il n'y a pas de victimes.
Mais c'est quoi, la prochaine étape ?
Tu brûles sa maison ? -J'avais pas pensé à ça.
-Ne fais pas d'humour.
-Ton père a raison. Regardez-vous.
Vous êtes beaux-frères et voisins.
Vous vous aimez beaucoup.
-N'est-ce pas ?
-Oui.
-Rachid…
-Rachid ?
Réponds à Mme Bénichou.
-Rachid ?
-J'accepte de faire la paix si tu détruis ton mur.
-Tu toucheras plus à mon pommier ? -Promis.
-Pour moi, c'est bon.
-Voilà !
-À votre tour de faire la paix. -Mais enfin, David.
Mohamed et moi, on s'entend bien.
Même si on a parfois
des petits désaccords géopolitiques. -Petits désaccords ?
-Non, non, non. Je parle de toi et maman.
Je vous donne 48h.
Ou je viens plus vous voir en Israël.
Viens dans mes bras, mon frère.
Parce que je t'aime. Tu sais que je t'aime.
-Moi aussi, je t'aime.
-JÉSUS
LE FRUIT DE VOS ENTRAILLES
-C'est bizarre. Normalement, ils sont là une heure avant.
-C'est un bide.
-C'est pas de ta faute, c'est la manif. Les gens ont eu peur.
-Heureusement qu'il y a mes 17 invités.
Huées -Jésus, on t'aime !
...
-Je vais les taper.
-Calmez-vous. Inutile d'envenimer les choses.
-Je vais les… -Allez, venez là. Enfin !
C'est ridicule !
-C'est un blasphème !
*Musique orientale
*---
[ réprime un rire.
-Chut !
-Voilà qu'apparaît déjà Jérusalem.
-Il est beau, hein ? -Il est magnifique.
-Le fils de Dieu sera livré aux prêtres.
Ils le condamneront à mort,
le flagelleront, le crucifieront…
(-Ridicule, on n'y croit pas.)
(-Arrête…)
-Ça dure combien de temps, cette purge ? -3h12.
Je me suis renseigné, c'est un cauchemar.
-Lève-toi et marche.
-Ah !
Oh!
Je n'ai jamais rien vu de pareil !
Miracle !
Miracle !
-Bravo ! Bravo !
-Assieds-toi !
-I m'a fait flipper !
-Seigneur,
si Dieu le veut, tu peux me rendre pur.
-Je le veux. Bruissement
Garde-toi d'en parler à personne.
Montre-toi au sacrificateur.
Présente l'offrande que Moïse a prescrite
pour que cela serve de témoignage.
*Musique orientale
*---
Vibreur
*---
Lu par la voix d'Helmut
(-Insupportable…)
Sonnerie
-Ah! -Toilettes, toilettes !
-Jésus n'était pas norvégien. De là à en faire un Gabonais…
-Qui est Gabonais ? Nous sommes Ivoiriens.
-Ah oui ! J'ai dit "Gabonais" ?
-Ouh, j'ai chaud…
-Arrêtez de me tourmenter, je perds la tête.
-Chut…. Ne dites rien et écoutez-moi.
Demain matin, je vous attendrai sur les bords de Loire
à Montsoreau. -Mais pourquoi ?
-Pour vous enlever ! Ensemble, nous nous envolerons
comme deux tourtereaux vers Bayreuth.
Nous écouterons du Wagner avant de faire l'amour.
-Mais vous êtes fou !
Demain, je me remarie.
-Nein!
Vous n'allez pas faire deux fois la même bêtise ?
Oubliez ce petit bonhomme.
Marie, vous êtes une aventurière.
Vous êtes une Walkyrie.
-Moi, une Walkyrie ? -Ja!
Sonnerie -J'y vais !
-À demain. I lui envoie un baiser.
-Vous, que dites-vous ? Qui suis-je pour vous ?
-Tu es le Christ.
Le fils du dieu vivant.
-Tu es Pierre.
Sur cette pierre, je construirai mon Eglise.
-Ah !
-Je te donnerai la clé du royaume des cieux.
-Il jette des chips.
-Paul ?
-Avance !
-Plus que 22 minutes.
Percussions
...
-Relève-toi.
...
-C'est fini dans 15 secondes. -Ça va, merci ! J'ai compris.
-Père…
Entre Tes mains…
Je remets mon esprit.
-Bravo ! Bravo !
Tout le monde crie "bravo".
-C'est fini ?
-Bravo, chéri !
...
-La vérité sur Jésus est enfin rétablie.
Ça fera date. -Arrêtez ! Arrêtez !
-Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Vous n'avez pas encore égaré votre femme ?
-Si.
Musique guillerette
...
-Ballon de Côtes.
-Un Côtes-du-Rhône ? -Oui, ballon de Côtes,
avec cochonnaille et fromages français.
-Bien.
-Google dit : 6 bars encore ouverts à Saumur.
-C'est pas Tel-Aviv by night !
-Merci, ça va, on sait, |Isaac.
-Trois au sud de l'église, trois au nord.
-Pour info, c'est une cathédrale.
-On fait deux équipes. Les femmes…
Au sud. Les hommes au nord.
Suivez-moi !
-Allez ! -Qu'est-ce qu'il a dit ?
Pourquoi il nous parle chinois tout le temps ?
-C'est par là, le sud ?
-Pas là.
Allez !
-"Allez", "allez”…
-Encore ballon de Côtes !
-Et de la cochonnaille ?
-Oui, cochonnaille !
-Elle est là ! Ho, ho !
-Hé ! Mes copines !
-OUH, OUH !
-Allez, venez ! -Tournée générale !
-Non, elle est pas là.
Il en reste qu'un : La Bulle.
-LA BULLE ?
-La Bulle.
Rires
-Un ballon de Côtes avec cochonnaille, évidemment.
Téléphone
-Mon mari. Qu'est-ce qu'il veut ?
-Dites-lui d'aller dormir.
Elles rient.
-On a retrouvé Xu !
-Ah !
Et elle va bien ?
*-Elle pète le feu !
Nous aussi, hein, les filles ?
-OUI !
-Vous avez bu ?
-Et alors ?
-On arrive. Vous êtes où ?
-Dans ton cul !
Rires
-Sarah, donne-moi tout de suite l'adresse !
-Jamais ! On veut pas vous voir.
-Elles sont torchées.
Elles veulent pas qu'on vienne ! -Donnez-moi ça.
*C'est Claude, passez-moi ma femme.
-Bonsoir, Claude. Oui, je vous passe Marie.
*-Marie ?
C'est quoi, cette histoire ?
-T'as pas entendu ma copine ? On veut plus vous voir !
*“-OUAIS !
-Mon Dieu, mais tu es ivre ?
-Et alors ? Je fais ce que je veux !
*Ce soir, je fête
mon enterrement de vie de jeune vieille !
-OUI !
*Elle raccroche.
-Bravo, Dong !
Votre femme a entraîné les nôtres
sur la pente tragique de l'alcoolisme.
-Eh, oh, oh ! Personne a forcé elles !
Comment on dit en France ? "Chacun sa merde."
-Attention, sur un autre ton.
Il est grossier ! -Oh, oh !
On va pas s'engueuler pour nos bonnes femmes.
-Il à raison.
On peut aussi aller faire la fête.
-Pour célébrer votre enterrement de vie de garçon.
-J'ai passé l'âge de faire la nouba. -Si, si !
Nouba ! Hé, les gars ! Nouba ou pas nouba ?
-Ah bah nouba ! -Nouba.
-Allez, nouba. -Nouba !
-Nouba !
-Nouba, mais pas tard.
-NOUBA, MAIS PAS TARD
NOUBA, MAIS PAS TARD
NOUBA, MAIS PAS TARD
Léger brouhaha
En anglais -Profitez de la soirée.
Attendez un petit peu.
-J'espère qu'ils passent du rock.
-Y a de la jeune belette. Ça changera des vieilles chaussettes.
-Moi, je suis très satisfait de ma femme.
-Mais pareil, ne soyez pas bêtement vulgaire.
-Oh, là, là, les rabat-joie.
On est là pour faire la nouba, oui ou non ?
-Bonsoir, messieurs.
-On n'accepte que les hommes accompagnés.
-Il enterre sa vie de garçon. -Inutile d'insister.
Vous ne correspondez pas au profil.
-Qu'est-ce qu'il a notre profil ? -Oui ?
-Notre couleur ? -Notre religion ?
-Noir, Arabe, Juif, Chinois, pas bon ?
-Attention ! La discrimination raciale est passible d'une grosse amende.
Voire même de la prison.
-Je vais filmer.
-Profitez de la soirée. -"Profitez de la soirée…"
-Ça n'a rien à voir, mon frère. Tu peux comprendre.
C'est une boîte de jeunes, ici.
Vous allez casser l'ambiance ! Il tchipe.
-Vous avez dépassé la date de péremption.
-Ça reste de la discrimination. Du racisme antivieux.
Ça va mal finir, je suis un ami du procureur Bouchard.
Ça tombe mal pour vous. Filmez ! -Dégage ça.
-Quoi ? -L'Antillais, reste tranquille !
-NON, NON !
-J'appelle la police !
Musique électro Ils crient.
...
-Il a dit quoi ton père ?
-Quand il a vu Mohamed, il a dit : "C'est un Algérien ?
"On dirait le frère de Travolta."
-Hé ! Si on changeait de crémerie ?
Il se passe rien, ici. -Et on va où ?
-J'ai envie de danser. -Oui, on va danser !
Ça, c'est une bonne idée !
-Je suis un ami personnel du procureur Bouchard.
-Rentrez là-dedans et allez cuver votre vin.
-On a rien bu, on n'a même pas eu le temps !
-Entrez là-dedans ! -Arrête !
-On n'a rien bu !
-Non, mais doucement !
Et vous fermez ?
"Street Life" (Randy Crawford)
...
-C'est quoi ça, encore ?
...
ils se sont tous échappés d'un EHPAD ou quoi ?
...
-On laisse entrer ? -On laisse entrer.
*Musique électro
*---
-Mesdemoiselles ? Vous voulez boire quoi ?
-Ballon de Côtes avec cochonnaille !
-Pardon ? -Non, non, Xu, laissez-moi faire.
Vodka-champagne pour tout le monde.
-OUAIS !
-Du brut.
-Oui, du brut !
-Avec des cacahouètes. -Et des olives.
*---
-Et moi !
*---
Téléphone
-Je vous aime.
-Ça va, Marie ?
*---
-Qui, oui. Cette musique, c'est… Ouh !
-On va arranger ça. -Oui, d'accord.
*---
-Vous pouvez changer la musique,
s'il vous plaît ?
-Vous voulez quoi ?
Marcel Amont ? Adamo ?
-Adamo, oui, j'adore.
-C'est un Africain ? -Italo-belge.
-Oh, putain, y a du niveau.
Bonne soirée.
C'est une boite de nuit, pas un thé dansant.
-Quoi ?
-Et de la zumba ? -Bonne idée, Madeleine.
Ça va nous rappeler des souvenirs.
-Ça n'existe plus. Faut vous mettre à la page.
-Mets la zumba !
-Les mémés, cassez pas les couilles.
-Oh ! Oh!
Larsen
...
-Mets la zumba tout de suite ! -Allez !
-Faut venir vite. Y a un problème.
-Les 5 vieilles ? -Comment tu sais ?
Des pas se rapprochent.
-Oh, les papys ?
On a ramené de la meuf.
Rires de femmes
Mesdames…. Non, non !
-Qu'est-ce que vous foutez là ? -Et vous ?
-On a été victimes d'une discrimination.
-Bah, nous aussi !
-Où étais-tu ?
Rires et brouhaha
-N'envenimons pas ! N'envenimons pas !
-On t'a cherchée partout toute la soirée !
-Sarah !
Musique douce Un clocher sonne.
...
-Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ?
-J'en sais rien. J'en sais rien.
...
-Allez, allez. Debout les racailles.
Tout le monde se lève !
Allez, on y va. Allez, allez.
-Bouchard a dû intervenir. Je le savais.
Musique cocasse
...
-Il reste 4 heures avant le départ de la montgolfière.
-Oh, la montgolfière… Comment a-t-on pu…
Accepter une chose… pareille.
Il ronfle.
...
-Maman ? -Quoi ?
-T'as des nouvelles d'Helmut ?
-Helmut ?
Non, pourquoi ? -|! répond jamais à mes messages.
Chao avait peut-être raison.
-C'est-à-dire ?
-Il s'intéressait plus à moi qu'à mon œuvre.
-Oh, mais non. Tu te fais des idées.
Je dois y aller. On en parle une autre fois.
-Merci, maman.
Musique dramatique
...
-Ma Walkyrie, je savais que vous viendriez.
-Je viens vous dire adieu.
-Adieu ?
Ce mot résonne comme une flèche empoisonnée.
Je vais me jeter dans la Loire.
-Ne dites pas de bêtises. La Loire est un fleuve dangereux.
Comprenez-moi, Helmut.
Dans une autre vie, je serais partie avec vous.
Mais là, c'est trop tard.
Je peux pas vivre sans ma famille.
-Je ne vous interdis pas de revoir vos proches.
Ils sont les bienvenus dans mon château.
-Ça inclut mon mari. Il fait partie de ma famille.
Adieu, Helmut.
-Nein!
-Vous me faites peur.
-Nein!
Nein!
Nein!
La porte claque. -Ah bah ça ! Ah!
-Debout, Claude, c'est l'heure ! -Tu es déjà prête ?
-Bah oui ! Bah oui !
Allez ! Allez, on y va. -Oui…
-Alors, les parasols…
Quatre, cing, c'est bon. -À droite !
Il râle.
-Les bougies sont avec les fleurs.
-C'est quoi, cette odeur immonde ?
-Laure prépare une quiche aux salsifis géante.
-On la filera à Kofi. -Ça y est ?
C'est le grand jour ?
-Je suis excitée. -Et toi, papa ?
-Faites venir vos sœurs, que je leur dise adieu.
-Vous êtes
en sécurité. Le pilote est un ancien colonel de l'armée de l'air.
-On a vérifié. D'après les statistiques,
on compte un accident de ballon sur 2235 atterrissages.
C'est rien. -Alors, t'as qu'à y aller !
-Je trouve ça follement romantique.
Merci, mes filles ! Merci !
Musique enjouée
...
Musique intrigante
...
-Ne me dis pas que c'est lui. C'est un manchot.
-Non, ça doit être son assistant. -Son assistant ?
-Lieutenant-colonel Jean-Raymond Girard.
Enchanté. -Enchantée.
-Permettez-moi de vous féliciter
pour votre renouvellement de vœux.
Claude marmonne.
Prêts pour la grande aventure ? -Oui, enfin…
-Oui, enfin…
-C'est mon bras qui vous inquiète ?
-Oh non, pas du tout. -Non, c'est-à-dire…
-C'est une blessure de guerre ?
-Non, accident de tondeuse.
Mais avec ma bouche et mes pieds, c'est comme si j'avais 8 mains.
Dans le milieu,
on m'appelle la pieuvre.
-Sympa.….
Si c'est comme ça, allons-y.
Allez !
-Vous êtes seul, en fait ? -Oui.
-Mon ami ! Je suis content de te voir !
-C'est le groupe de papa, ça ? T'as jamais aimé sa musique.
-Oh non… Moi, le rock'n'roll…
Je préfère la musique berbère.
Tu te rappelles quand je te chantais A vava inouva pour t'endormir ?
-Bien sûr, maman. Bien sûr.
Musique féérique
...
-Waouh. -Quelle merveille.
-J'avoue que ça valait le coup.
-Champagne ?
Oh!
Ah, c'est ingénieux.
-La pieuvre !
Servez-vous. -Et voilà.
La pieuvre… -Merci.
-À la tienne, chérie. -Santé.
-Hm…
C'est la voiture d'Helmut ?
Bah oui, hein ?
-Helmut !
Oh, oh ! Helmut !
-Il ne peut pas vous entendre.
-Oui, oui… Merci, Colonel. Merci.
Laissons passer une semaine,
et on fait ce dîner avec Ségolène. -Oui.
Sonnerie La chevauchée des Walkyries
-Ja? *-Oui,
bonjour.
-Arrêtez de me harceler.
-Désolée de vous mettre la pression, mais je voulais savoir
*si vous aviez fait votre choix.
♪ ai d'autres personnes intéressées. *- Vendez-leur !
Je n'achèterai jamais vos croûtes.
-Pardon ?
*-Vous êtes la pire artiste que j'aie jamais rencontrée.
Je n'ai qu'un seul conseil : arrêtez la peinture.
-Ah, Ségo.
Je voulais te dire…
Je regrette mes propos. T'es une grande artiste.
Quoi ?
Elle pleure.
-Qu'est-ce que j'ai dit ?
♪ ai rien fait, j'ai rien dit !
...
Petits rires
...
Il marche sur la cigarette. -Merde !
Ah, ça y est ?
Vous avez signé les accords de paix ?
-On a trouvé une solution.
-T'acceptes le pain de la boulangerie ?
-Non, ça, jamais.
-Ah. Donc, papa, tu vas continuer à galérer 3 bornes à pied ?
-Non plus. -C'est quoi, la solution ?
-On ne mange plus de pain.
-Mon dieu, qu'on est compliqués, les Juifs !
Ya rabi!
Ils rient.
*Musique hardrock Mohamed hurle les paroles.
Î' ..' -
-Qui peut danser là-dessus ? -Pas moi, en tout cas.
-Kofi ! Kofi, Charles, venez !
Viviane et Nicole sont arrivées !
Î' ..' -
-Hé !
-Nicole n'est pas là ?
-Elle avait peur de ta réaction, papa. -Pourquoi ?
-Parce que je suis pas venue seule. Ramesh ? Ramesh Kofi.
[ Jure.
-Ramesh Kofi.
Dis bonjour à ta nouvelle famille. -Bonjour.
-Il parle pas français. -Un hindou dans la famille.
Manquait plus que ça.
Donc votre voyage en Inde,
c'était pour acheter un enfant ?
-On n'a pas acheté d'enfant. Il est orphelin, on l'a adopté.
-Ramesh. Viens, mon chéri.
Je suis ta mamie. -Et moi, c'est tonton Charles.
-Et moi, ton papy.
-Il aime manger alloco façon, comme un vrai Ivoirien.
-Hiii !
-Regarde ses yeux, on dirait papy.
Musique féérique
-Regarde le petit banc.
Tu le reconnais ? -Bien sûr.
On s'y est embrassés pour la 1re fois.
-Ah non, chérie. Tu y as refusé de m'embrasser.
-J'ai refusé ? -Oui.
Six fois ! I! à fallu attendre le 7e rendez-vous.
-On s'y est quand même embrassés la 1re fois.
-Hm. Marie ?
♪ avais prévu une surprise.
Nos filles ont mis mon projet en péril.
♪ ai été obligé de changer les billets d'avion.
On part quand même à Venise.
L'hôtel de notre voyage de noces
existe toujours, j'ai réservé la plus belle chambre.
-Oh ! -Atterrissage dans 5 mn.
-Ah oui, merci, Colonel.
Musique cocasse
-Attention !
Ségo rit.
Oh ! -Mince !
Elle est retournée avec Chao !
-C'est mieux comme ça. -J'attends toujours mon 1er divorce.
Non, je plaisante.
Ou sinon Odile ? -Odile ?
-Odile avec Helmut, ça peut le faire. -Non…
-Je n'ai rien contre David, mais il est vulgaire.
-T'es dur. -Oh, dur…
Vous voulez un coup de main ? -Non, non.
Ça roule. -On descend ? Allez-y.
Léger brouhaha
-Regardez, ils sont là !
Exclamations
Hé !
...
-Ils sont tous là. -Notre maison est belle.
-Ah, ça oui.
-Atterrissage dans 30 secondes. -Merci, Colonel.
Musique féérique
-Bravo, les filles.
C'est une réussite totale.
Non, j'ai quand même cramé ma quiche aux salsifis.
-C'est ce que je disais. Une réussite totale.
-Totale !
Musique féérique
-Papy ! Mamie ! -Ouais !
...
-Claude. Voulez-vous renouveler
vos engagements envers Marie ?
-C'est un bail de combien ?
-OH !
-Non !
-Oh !
-Je plaisante.
-|! sera forcément plus court.
-Oh !
-Ah oui. Ah, ah.
-On plaisante.
-Très amusant. -Un peu plus court,
ça me convient aussi. -Ah bon ?
-J'aime Claude de tout mon cœur,
mais c'est pas une sinécure.
-Sérieusement, se marier à 20 ans,
c'est beau, mais on ne sait pas dans quoi on se lance.
Alors que renouveler ses vœux
après 40 ans de vie commune en toute connaissance de cause,
y a pas plus belle preuve d'amour. Alors, oui,
j'accepte de m'unir à toi,
ad vitam aeternam.
-Moi aussi, Claude !
Exclamations -Nein!
Brouhaha surpris
Que cesse immédiatement cette mascarade !
-Qu'est-ce qui vous prend ? -Tais-toi, petit Français arrogant…
-Je vous demande pardon ? -Venez, Marie.
Vous pouvez fuir !
-Je te jure, il s'est rien passé.
-Ah, d'accord. La vieille, c'était toi ?
-Mais je t'en prie, enfin !
-Mufle !
-"Oh, oh ! -Ça va pas ?
-Oh, oh ! -Qu'est-ce qu'il me veut, le Wisigoth ?
Frappez-le au cou ! Merci, mes gendres.
-Marie !
Marie !
-Helmut ?
-Tu me dois une explication.
-Je voulais pas t'inquiéter. Ce dingue me harcèle.
-J'aurais dû m'en douter.
Les Allemands, on ne peut jamais totalement leur faire confiance.
C'est la politique du couteau dans le dos.
*"Marche nuptiale" à la guitare électrique
*---
C'est une trouvaille, ces Hyènes électriques.
“"Have Love, Will! Trave!"” (Sonics)
*---
*-Have love
*ON, baby, will travel!
*---
*Have love
*ON, baby, will travel!
*---
-Un peu fatiguées, les hyènes, non ? -Je trouve qu'elles se défendent.
I| se croit au Stade de France.
-Ton père, oui. Mais le bassiste,
il est décédé, frère !
-À la vôtre, Claude.
-À la vôtre, Dong.
-Alors, ce livre
sur De Gaulle ?
-Je l'ai mis de côté. -Ah.
-J'ai trouvé un autre sujet, je vais parler de ma famille.
-La famille Verneuil, vaste sujet.
Sans faire de mauvais jeu de mots,
il y a de quoi en faire des tomes !
-Excellent, oui.
-Oh...
-Verneuil ? -Oui ?
-Vous allez parler de moi ?
-Évidemment, Kofi.
Et je ne vais pas vous louper.
Ils rient.
*Et maintenant,
“je dédie ma prochaine chanson à mon fils Rachid.
-Ah, à son fils ! Super !
*Musique douce
*---
*J'ai pas toujours trouvé les mots
*Pour bercer tes rêves d'enfant
*Ensemble, on est devenus grands
*---
*De bons points
En double zéro
*Paralysé par tant d'amour
On s'apprivoise au jour le jour
*---
♪ ai jamais su trouver les gestes
Qui pouvaient soigner tes blessures
Guider tes pas vers le futur
- -
À tous les signaux de détresse
Dis, comment j'aurais pu faire face
Pris entre le feu et la glace
Au-delà de nos différences
Des coups de gueule Des coups de sang
À force d'échanger nos silences
Maintenant qu'on est face-à-face
On se ressemble sang pour sang
- -
Maintenant qu'on est face-à-face
On se ressemble sang pour sang
- -
- -
Comme si les battements De nos cœurs
Étaient sur la même longueur d'onde
Les lignes de nos mains Se confondent
- -
Tu me renvoies Comme un miroir
Mes doutes Et mes éclats de rire
La promesse d'un autre avenir
- -
Peu importe si la vie menace
Ce qui reste en nous d'innocent
Puisqu'on se comprend à présent
- -
Peu à peu la douleur s'efface
On n'en garde plus qu'une trace
Comme une offense Au temps qui passe
Au-delà de nos différences
Des coups de gueule Des coups de sang
À force d'échanger nos silences
Maintenant qu'on est face à face
On se ressemble sang pour sang
...
Maintenant qu'on est face à face
On se ressemble sang pour sang
- -
Maintenant qu'on est face à face
On se ressemble sang pour sang
...
Tous les deux sang pour sang
...
Tous les deux sang pour sang
...
Tous les deux
- -
Musique douce
...
Musique cocasse
...
Sous-titrage : HIVENTY
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