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Les Francs ont été surpris par la bravoure des Égyptiens.
Dire qu'ils ont osé s'attaquer à Alexandrie !
Saladin leur a donné une leçon inoubliable.
Il est où ton frère le sultan ? Ces émirs sont venus
fêter sa victoire d'Alexandrie, et il s'éclipse ?
Cherchez-le, Adel.
Les émirs Arabes ont favorablement accueilli l'union des armées arabes
- pour libérer Jérusalem. - Où est le sultan ?
On dit qu'il a été blessé pendant la dernière bataille.
On dit qu'il est malade et qu'il garde le lit.
Il est peut-être malade, mais il ne garde jamais le lit.
Vous avez entendu ce qu'on dit du sultan ? Où est-il ?
Qui peut nous dire où est-il passé ?
Où est Saladin ? Ismail !
Où est votre père ? Les émirs l'attendent !
Hikkâri, je te sens inquiet depuis mon arrivée.
Tu me caches quelque chose. Quoi ?
Altesse, je...
Mes intuitions ne me trompent jamais avec toi.
Altesse, je... soit...
Malgré ma joie pour vos victoires
et ma fierté des exploits que vous avez accomplis pour l’Égypte...
je me permets une question.
Avez-vous oublié les Arabes de Jérusalem ?
N'aviez-vous pas juré
de restituer Jérusalem à son peuple ?
Le droit des Arabes à leur terre arrachée ?
Mais Saladin n'oublie jamais les Arabes.
Il y a donc un secret que cache Saladin
même à son plus cher ami Hikkâri.
Ce n'est pas un secret, cher ami. C'est un plan.
Les croisés s'accrochent à Jérusalem.
Ce ne sera pas facile de les en déloger.
Nous devons être prêts et sûrs de la solidité de nos forces unies
pour éviter le versement du sang d'encore plus d'Arabes.
Et jusqu'à présent, nous n'étions pas prêts.
- Mais maintenant... - Quelles nouvelles surprenantes !
- Tu le savais. - Vous avez votre génie.
- J'ai mon expérience. - Alors ?
Votre retour soudain ce soir m'a fait soupçonner
- que vous portiez des nouvelles. - Les émirs sont tous d'accord...
pour unir leurs forces avec les nôtres.
- Et quoi encore ? - Et Saladin voudrait
que je l'accompagne au palais pour que nous en discutions.
Après vous.
Et c'est ainsi que les trois chevaliers vainquirent
le régiment militaire des croisés.
Mon cher ami...
Que s'est-il passé en mon absence ?
Les émirs vous attendaient, alors que moi...
Aucun message des émirs Arabes ? Du roi Saleh ?
Personne n'est venu... Ah !
Le commandant Hussam Eddine est venu...
- délégué par le peuple de Jérusalem. - Où est-il ?
Je lui ai dit que vous le recevrez demain.
- Où est-il ? - Dans la bibliothèque.
Je reviens tout de suite.
Je reviens tout de suite.
Bienvenue, Commandant Hussam Eddine.
Comment allez-vous, Hussam ? Et les Arabes ?
Quelles nouvelles de nos frères à Jérusalem ?
Jérusalem est au plus mal, Altesse. Elle place en vous tous ses espoirs.
Jérusalem attend que vous répondiez à son dernier appel.
Les Arabes à Jérusalem ne possèdent aujourd'hui que la misère...
et la peur face aux attaques successives des croisés.
Ils vivent dans la terreur.
Et les sourires qui illuminaient les faces des enfants
ont été remplacés par l'angoisse
qui déchire les cœurs de tous, grands et petits.
Les Arabes de Jérusalem ne sont plus que des réfugiés
chassés de la terre qui leur appartenait depuis des générations.
Ils crèvent de faim, Altesse.
Pourtant, ils gardent espoir, ô Sultan des Arabes
et ils attendent.
L'eau de ce puits est potable ?
Ne vous avais-je pas dit, mes frères, qu'Allah ne vous oublierait pas
et que vous retourneriez victorieux dans votre pays ?
Dieu a exaucé nos prières et nous a envoyé le sauveur des Arabes !
Écoutez.
Écoutez. Ce sont ses tambours ! C'est lui !
Je les connais, Issa, Abdallah et Hussam Eddine.
Le Strict, le Souriant et le Vaillant.
- Bonjour, Altesse. - Bonjour, Altesse.
Bienvenue, mes confrères.
Votre place vous est réservée dans nos rangs.
Je vous présente mon fils, Ismail.
Issa, tu es le Souriant. Apprends-lui à sourire à l'adversité.
- Traite-le en soldat. - Bienvenue, Nageur.
Bienvenue dans nos rangs.
J'espère que tu t'en montreras digne et que tu nous feras honneur.
Et essaie, Ismail, d'apprendre de chacun, ses meilleures qualités.
- Altesse, les Arabes vous attendent. - Nous répondrons à leur appel.
Notre plus cher espoir est de voir les Arabes unir leurs rangs.
Seule cette union...
nous permettra de libérer Jérusalem de ses envahisseurs.
Que Dieu soit avec nous.
Que Dieu soit avec nous ! Libérons Jérusalem !
Sire, Regardez !
Comme c'est beau de voir les cœurs de tous les Arabes unis.
Altesse, nous sommes tous dans la joie, en tant que musulmans.
Vous avez uni les rangs des Arabes.
Cher Gouverneur d'Acre, gardons cette joie
pour le jour où nous libérerons Jérusalem.
Tes ambitions ont surpassé les limites... Virginie !
Ne jette pas toute la faute sur ton époux, comme les femmes vulgaires du Karak !
Les armées de Saladin marchent sur Jérusalem !
Jérusalem ne tombera pas !
Ne gâche pas nos adieux.
C'est la faute de ce maudit Gumushtekin.
Je pars ce soir pour Jérusalem.
Je vais voir le roi Guy pour préparer la défense
contre l'agression de Saladin.
Tu es responsable de la situation maintenant.
- Renaud ? - Virginie.
Je dois te faire mes adieux avant de partir. Virginie...
Le gouverneur d'Acre attend avec des présents.
- Qu'il aille au diable ! - Faites-le entrer.
Prends les présents et dis-lui que la princesse le remercie,
- et dis-lui de foutre le camp ! - Non.
Nous ne pouvons le renvoyer ainsi.
Donnez vos ordres pour le recevoir, Altesse.
Pas maintenant. Dites au gouverneur de partir !
- Renaud ! - Ne gâche pas nos adieux, Virginie !
Bienvenue, notre grand ami, le Gouverneur d'Acre.
Princesse Virginie.
Prince Renaud.
Et si Saladin vous fait signe, vous vous précipiterez vers lui !
- J'ai ma fierté, Excellence. - Asseyez-vous.
Quand notre ami le gouverneur a répondu à l'appel de Saladin,
ce n'était pas par faiblesse ou par peur
mais c'était pour garder Acre.
Et qui nous dit que vous nous serez fidèle ?
Ma confiance en lui ne suffit pas ?
Nous retournerons sains et saufs, Altesse
quand le pèlerinage sera terminé.
Qu'Allah soit avec vous, Hikkâri. Votre départ nous attriste,
mais puisque vous partez en pèlerinage
visiter la tombe du Messager d'Allah, notre peine est soulagée.
Altesse.
La caravane de Mossoul est arrivée avec la princesse, cousine du roi Saleh.
Pourquoi je ne viens pas avec vous au pèlerinage ?
Tu es encore jeune pour le pèlerinage.
Assurez-vous que la princesse ait tout ce dont elle a besoin.
Nous sommes responsables de la sécurité des pèlerins.
Et la protection de la cousine du roi Saleh
est l'une de nos missions les plus sacrées.
Rassurez-vous. Elle recevra le même traitement que votre sœur.
Saluez de ma part notre frère, l’émir de la Mecque.
Qu'Allah vous protège.
Amen.
Bienvenue à Jérusalem, Prince Renaud.
Qu'y a-t-il, Prince du Karak ?
Vous savez que Saladin marche sur Jérusalem.
Il la réclame en tant que territoire arabe
mais je ne crois pas qu'il va recourir à la guerre.
Vous ignorez ce qui se passe autour de Jérusalem, Roi de Jérusalem.
Nous pouvons toujours négocier avec Saladin.
Il a unifié les rangs des Arabes pour s'en emparer.
C'est pourquoi j'assumerai la commande de nos armées
à la défense de Jérusalem.
- Mais... - Je reconnais vos droits
royaux et spirituels, mais vous m'accorderez la commande de l'armée.
D'accord.
- Une caravane de pèlerins musulmans. - Et les coffres du Karak sont vides.
- Attaquez la caravane. - Non !
Je leur ai promis la sécurité en passant par nos territoires.
C'est une parole d'honneur, Renaud.
Mais il se prépare pour marcher sur Jérusalem.
Et nous avons besoin d'argent pour défendre Jérusalem, Majesté.
Cela n'est pas une excuse, Prince du Karak.
Les caravanes de pèlerins sont autre chose. Saladin protège les nôtres.
Et en tant que chrétien, vous devez respecter le traité.
La politique est une autre affaire. Rendez à César ce qui est à César.
- Attaquez la caravane et pillez-la. - Je vous préviens
des conséquences de cette trahison !
Après leur entrée au Hedjaz, pendant qu'ils prient...
avec les vêtements blancs de leur pèlerinage, sans armes...
à ce moment-là, l'attaque aura lieu.
- Allah est Grand ! - Allah est Grand !
- Allah est Grand ! - Allah est Grand !
- Allah est Grand ! - Allah est Grand !
- Allah est Grand ! - Allah est Grand !
Vengeance aux pèlerins !
Comment accepter la mort de nos martyrs
sans se révolter et se venger contre ces meurtriers lâches ?
Nous devons, non seulement les venger,
mais aussi protéger le peuple contre Renaud de Châtillon
pour que nous ne soyons pas traités de lâches.
À Hattin !
La seule chose qui pourrait étancher ma soif à part l'eau du Tibériade...
- est le sang de Saladin. - Est-ce Renaud qui parle ainsi
bien qu'il ait causé cette guerre avec ses sauvageries ?
Renaud parle en tant que guerrier, pas de pitié pendant la guerre sainte.
- Nos réservoirs sont-ils pleins ? - Oui, Majesté.
Et deux patrouilles d'hospitaliers sont de garde nuit et jour.
Bien.
Les réservoirs sont donc entre les mains de notre chère Louise.
Qui croit toujours que notre position sur la colline est vulnérable.
Depuis quand les officiers discutent-ils les ordres ?
- Je voulais dire que les Arabes... - Quoi ?
Ma chère Louise.
Nous sommes comme des aigles de cette position élevée.
Nous pouvons attaquer l'ennemi n'importe quand.
Nous sommes en haut, et l'ennemi est en bas.
Qui donc est le plus vulnérable ?
Les croisés campent au sommet de la colline de Hattin.
- Lavons la colline avec leur sang ! - Attaquons-les immédiatement.
Pas tant qu'ils occupent ces positions élevées et impénétrables.
Nous camperons ici jusqu'au matin.
Hikkâri, occupe-toi de leurs exercices d'obstacles.
Adel, tu dresseras notre camp.
- Dressez le camp ! - Dressez le camp !
Dressez le camp !
Rentre dans ta tente pour dormir, mon fils.
Il se fait tard et la journée a été fatigante.
- Renaud est un commandant rusé. - Il est frivole et orgueilleux.
Nous devons tirer profit de son orgueil.
Ainsi, nous le serrerons...
et ainsi, nous le tuerons.
Nous devons les pousser à descendre de la colline...
à la plaine.
Ils sont 120 000 et nous ne sommes que 40 000.
"Combien de troupes peu nombreuses
ont vaincu, par la grâce d'Allah, une troupe très nombreuse !"
Il en fut ainsi à la bataille de Badr.
À la tête de 300 hommes, le Prophète eut raison
de 1 000 infidèles.
- Le sultan n'a pas déclaré son plan. - Il fait bon nager
- dans le lac de Tibériade. - Ils sont peut-être plus de 120 000.
Le sultan a dû prendre ses précautions.
Quelqu'un veut nager avec moi ?
Peut-on y retourner sans bataille ?
Je vais nager dans le lac de Tibériade.
Il est le seul à ne pas s'inquiéter.
- Il doit connaître le secret. - Bien sûr.
Dis-nous ce que tu sais pour nous rassurer.
- Parle, Nageur ! - Je sais...
que le sultan sait.
Qui est là ?
- Je vous en prie, n'approchez pas. - Qui êtes-vous ?
Je suis une chevalière croisée des hospitaliers.
Chevalière croisée ?
Alors, montrez-vous.
- Rendez-vous, sinon... - Non, je vous en prie !
Je... Je...
N'empêche que vous devez vous habiller et devenir ma prisonnière.
Je vous en prie, je me rendrai.
Je vous demande simplement de vous retourner pendant que je m'habille.
Me retourner et vous laisser vous évader ?
Laissez-moi me couvrir, puis faites ce que vous voulez.
Allez-y.
Finissez-en. Mes yeux sont fatigués.
Ouvrez-les, mais ne vous retournez pas.
Cela a trop duré. Inutile de vous farder, chevalière.
- Vous allez en prison et non... - Soyez généreux jusqu'au bout.
Prouvez-moi la chevalerie des Arabes.
- Vous voulez la chevalerie... - Que ça te serve de leçon !
Leçon ? Nous nous retrouverons
et ce sera le dernier jour de ta vie.
Nous nous retrouverons.
Et la prochaine fois, la flèche ne touchera pas ton épaule...
elle touchera ton cœur.
Cette flèche aurait pu toucher ton cœur.
- Dieu m'a sauvé, Altesse. - Dis la vérité, quelle qu'elle soit.
- Parle, Nageur. - D'où est venue la flèche ?
J'ai voulu nager dans le lac de Tibériade.
Après m'être déshabillé, je me vis seul face à cinq hospitaliers armés.
Et j'étais désarmé... et seul.
- Une patrouille de reconnaissance ? - Non.
Ils étaient loin de nos lignes.
Tu t'es trouvé dénudé devant cinq chevaliers ?
Et désarmé. Ils m'attaquèrent, je me défendis.
- Mais tu étais désarmé. - Avec quoi t'es-tu défendu ?
- Un arbre. - Un arbre ?
Une branche d'arbre... et j'ai plongé dans la bataille.
- "Dans le lac." - Et j'ai résisté
- jusqu'à ce que... - Et après qu'ils t'ont tiré dessus ?
- Ensuite, elle s'enfuit. - "Elle ?"
- N'étaient-ils pas cinq chevaliers ? - "Elle ?"
- J'ai dit "elle ?" - Tu as dit vrai.
- Leur camp est loin ? - L'eau du lac...
reflétait le feu du camp de la garde.
Rassemblez les hommes immédiatement.
Là il y a des réservoirs qu'ils remplissent du Tibériade.
Si nous les détruisons, les Francs n'auront plus d'eau.
Renaud devra faire descendre ses hommes
- pour ouvrir un chemin jusqu'au lac. - Mais le chemin est ouvert pour eux.
Et le terrain est trop vaste pour nos forces.
Réduisons ce terrain vaste autant que possible.
Des murs de flammes tout le long du terrain
jusqu'au Tibériade pour les empêcher d'avancer.
Ainsi, ils n'auront que le passage étroit.
Renaud l'arrogant voudra l'emprunter à tout prix.
Et là, nous livrerons bataille.
C'est un peu comme le plan des musulmans à la bataille de Badr.
- Que Dieu guide vos pas. - Ce soir...
quand Renaud pensera que nous sommes fatigués du voyage,
nous commencerons l'exécution de notre plan
et nous détruirons les réservoirs.
Qui de mieux que le Nageur ?
Es-tu sûr de pouvoir remplir cette mission malgré ta blessure ?
Altesse, vos soins m'ont complètement guéri.
- Ne me privez pas de cet honneur. - Comptons sur Allah.
Nous avons besoin de bons nageurs pour nous faufiler derrière leurs lignes
à travers le lac... que tu connais très bien maintenant.
D'ici... Hussam, le Strict et toi...
vous attendrez Issa aux réservoirs à l'aube, pour le soutenir.
Conduis tes hommes au lac immédiatement, Issa.
- Vous autres, soyez sur vos gardes. - Tout va bien.
Toujours des ordres, toujours de l'orgueil !
- En avant ! - En avant !
C'est devenu un enfer. Où est l'eau ?
Je descends chercher de l'eau !
Saladin le paiera cher.
Je lui apprendrai à se mesurer à Renaud.
Le temps est avec nous, et je puis encore
convaincre Saladin d'accepter la paix.
La paix, Roi de Jérusalem ? Je savais que vous étiez défaitiste,
mais pas à ce point.
Quelle défaite pourrait être pire que ça ?
De quoi parlez-vous ? La bataille n'a pas commencé.
Depuis que les réservoirs sont détruits et la perte de notre seule source d'eau,
tu es le seul à boire, sans penser à la soif des autres.
Mes hommes font fi de la soif.
Quant à moi, je dois boire pour les conduire à la victoire.
Comment combattront-ils s'ils meurent de soif ?
Cette soif les poussera au combat.
Mais si nous pouvons nous entendre avec Saladin...
Si Conrad de Montferrat vient à notre secours.
Hattin sera une bataille décisive,
si nous la perdons, nous perdrons Jérusalem aussi.
Renaud n'a besoin de l'aide de personne !
Il attaquera seul les Arabes et les exterminera !
Mes hommes ne mourront pas de soif après être coincés sur une colline !
Préparez immédiatement l'attaque !
Avant le crépuscule, je pénétrerai Jérusalem
brandissant la tête de Saladin sur mon épée !
Maintenant, les hommes de Renaud meurent de soif.
Ils devront quitter leurs positions.
Nous les contraindrons à emprunter l'étroit passage
en élevant des murs de flammes, là-bas...
et là-bas, pour leur barrer les deux autres passages.
Assurez-vous que le bois est sec.
Ô Arabes, c'est la bataille décisive.
Renaud a attaqué les pèlerins, faisant fi de tous les traités !
Nous devons éliminer cet assassin de la face du monde
et l'envoyer en enfer, où est sa place.
Que les tambours annoncent la fin de l'injustice,
la fin de la trahison, la fin de la persécution !
Battez les tambours !
Battez les tambours !
Dès qu'ils empruntent le passage, nous exécuterons notre plan
et nous verrons le résultat des exercices d'obstacles.
Tu me veux dans ce passage. Bien, je viens.
Je viens avec mes hommes ! Mais tu le regretteras, Saladin !
Préparez-vous à attaquer le passage !
Renaud, je te préviens, Ce sera pure folie !
Renaud craindra-t-il ces va-nu-pieds ?
Je viens, Saladin !
Leurs armées seront dans la vallée pour atteindre le passage.
Je serai ici au centre. Toi, Hussam, tu seras à l'aile droite.
- Oui, Altesse. - Occupe tes positions.
Et toi, Adel, tu seras à l'aile gauche.
Cache-toi avec tes hommes, et n'attaquez
que quand ils auront emprunté le passage.
Occupez vos positions.
Les chevaliers de l'aile gauche, en avant !
Les arrières occupent leurs positions et attendent vos ordres.
Dites à Hussam de leur donner le signal convenu, au moment décisif.
Attaquez !
Suivez Renaud au lac !
Reculez !
Attaquez !
Attaquez !
Saladin est aux portes de Jérusalem.
Jérusalem sera perdue ! Impossible !
Si on perd Jérusalem, ce serait votre fin, Majesté.
Ce serait notre fin à tous. Vous devez lutter jusqu'au bout.
Jetez le reste des guerriers dans la bataille.
Quels guerriers ? Votre mari stupide les a jetés tous dans le piège.
Et ceux qui ont survécu à la bataille, ont crevé de soif.
- Nul n'a survécu. - Comment acceptez-vous
- cette défaite, Roi de Jérusalem ? - Jérusalem est perdue.
- Et votre mari est prisonnier. - Qu'il se débrouille !
Peu m'importe le sort de Renaud !
Mais je ne perdrai pas Jérusalem.
Je pars demander de l'aide aux rois d'Angleterre,
de France, et d'Allemagne.
Ils ne laisseront pas la ville sainte tomber entre les mains de Saladin.
Persistez jusqu'à mon retour avec les renforts.
N'oubliez pas votre devoir sacré.
Tout cela est en vain.
Le fils du sultan, tuons-le.
Reculez !
Reculez !
Allah est Grand !
Allah est Grand !
Allah est Grand !
Je suis Renaud !
Je suis Renaud !
Ne me traitez pas ainsi !
Où sont mes guerriers ?
- Allah est Grand. - Allah est Grand.
Allah est Grand.
Vous êtes chrétien ? Et vous combattez avec eux ?
Avec eux ? Ce sont mes frères.
- Je suis Arabe. - Et tes frères chrétiens ?
Un chrétien sincère ne reconnaîtrait jamais des frères étrangers...
qui se servent de la croix pour envahir son pays.
Puis-je savoir votre nom ?
Chevalière Louise de Lusignan, commandante des hospitaliers.
Et si vos soldats vous voyaient pleurer ?
Et comment vous appelez-vous ?
Issa.
Vous, Sultan des musulmans...
que l'on prête être juste et bon...
vous laissez vos hommes enlever les enfants des bras de leurs mères ?
Lâchez-la.
Approche.
Vous, qui feignez la sagesse, rendez-moi ma fille unique, ô Sultan.
Ma fille a été enlevée par les hommes du vizir Gumushtekin
et vendue comme esclave.
Ces hommes ne sont pas les miens. Calme-toi.
Cherchez immédiatement sa fille et rendez-la à sa mère
et quel que soit le prix, rachetez-la avec mes propres deniers.
Quant à toi, sache que notre loi ici est la justice, la clémence
et le respect des religions car la religion est à Dieu
et la patrie est à tous.
Je compte sur vous, Émir d'Acre
pour transmettre mon message au prince Conrad.
Virginie, rassurez-vous.
Ce soir, j'enverrai l'un de mes hommes les plus fidèles à Tyr
et il livrera votre message au prince Conrad.
Je suis sûre, dès que le prince Conrad reçoit mon message,
il n'hésitera pas à accourir à notre aide.
S'il réclame de l'argent en mon absence, je compte sur vous.
- Mais... - À mon retour avec les rois d'Europe,
je vous rembourserai tout ce que vous aurez payé, et encore plus.
Vous êtes prêt ?
Je serais là pour vous accueillir, vous et les rois d'Europe.
Acre, son armée et son prince sont au service de la belle Virginie.
L’Émir d'Acre tient toujours sa parole.
Et Virginie n'oubliera pas sa promesse
de vous donner la province de Jaffa
pour que vous soyez le Roi de Jaffa et d'Acre.
De l'eau ! De l'eau ! Un verre d'eau vaut le trône du Karak !
- Où est l'eau ? - Tu buvais seul et tu souffres seul.
Nous avons tous soif. Mais tu es le seul à réclamer de l'eau.
- Vive le grand Sultan ! - Vive le grand Sultan !
- Vive le sauveur de Jérusalem ! - Vive le sauveur de Jérusalem !
- Jérusalem a été délivrée ! - Jérusalem a été délivrée !
- De l'eau, nous voulons de l'eau ! - Les prisonniers n'ont pas bu ?
Ils ont tous bu, sauf leurs commandants.
J'attends les ordres de son Altesse.
Mon fils, as-tu besoin d'un ordre pareil ?
Apportez l'eau !
Lis-leur nos décisions.
Égalité de droits entre chrétiens et musulmans.
Libération des prisonniers de guerre
à raison de dix dinars par homme
et de cinq dinars par femme.
Le pèlerinage à Jérusalem est autorisé à tous les chrétiens du monde.
Le sultan n'a pas décidé notre sort.
- Serait-ce la prison ou la mort ? - La vie.
Ne t'abreuvent-ils pas de leur eau ? C'est donc qu'ils veillent sur toi.
Au nom du Christ, je vous remercie, Sultan.
Tu le remercies ? Faites-le taire !
Où est donc cette eau ?
Tu bois, mais bien malgré moi.
Jusqu'ici, tu t'étais abreuvé de sang, Prince du Karak.
Je suis prisonnier, mais je dois être traité en prince.
Saladin te traite comme tu le mérites.
Souviens-toi de la caravane de pèlerins.
Si j'avais mon épée, nul n'aurait osé me parler sur ce ton.
- Donnez-lui une épée. - Non, Altesse.
Il ne mérite pas l'honneur d'un duel, il mérite la peine de mort.
Votre Altesse, Renaud est mon prisonnier, à moi de le tuer.
Renaud ne se bat que contre un roi.
Il te défie, Saladin.
Un pauvre serviteur tuera Renaud.
Tiens.
Si je devais le punir pour tous ses crimes,
je l'aurais tué des milliers de fois.
Des milliers d'enfants chrétiens ont crevé de soif.
Les pèlerins de Jérusalem sont abattus.
On a détruit tous les temples et violé tous les monastères
et les moines se sont enfuis dans le désert.
Et tous ceux qui ont échappé à Saladin ont été dévorés par les fauves.
La tombe du Christ...
- Que voulez-vous, Arthur ? - Écoute la belle dame
venue d'Orient.
Si le roi Richard part pour l'Orient, ce sera l'occasion pour vous
de saisir le trône... Le trône d'Angleterre, Prince John.
Et s'il retourne victorieux après avoir libéré Jérusalem,
qui oserait lui tenir tête dans toute l'Angleterre, Duc Arthur ?
L'époque des martyrs recommence !
Vous serez apaisée avant le coucher du soleil.
Les Arabes n'occuperont pas Jérusalem, tant qu'il existe un chevalier chrétien
- du nom de Richard Cœur de Lion. - S'il revient.
S'il ne revient pas, mon cher Arthur,
sachez que je vous couronnerai roi de Jérusalem
aux côtés de la belle dame. C'est ma promesse à moi, John.
Majesté, faites-moi l'honneur de placer mon épée et mes hommes
- au service du christianisme. - Cher frère,
c'est mon devoir d’être à la tête de cette croisade
et c'est le vôtre de rester pour veiller sur les intérêts du pays.
Madame.
Venez, Princesse.
Le conseil de guerre se réunit immédiatement.
Moi, Richard Cœur de Lion, déclare la guerre sainte
- pour libérer Jérusalem. - Vive le Roi Richard !
- Vive le Roi Richard ! - Vive le Roi Richard !
Saladin a libéré les prisonniers et a payé leur rançon de ses deniers.
Mais ils m'ont oubliée.
Le sultan vous a choisie pour son plus cher commandant, Issa.
- Vous serez sa compagne. - Sa compagne ?
C'est-à-dire une de ses esclaves !
Il aurait dû avoir le courage de me dire cette vérité ignoble
et non pas me l'imposer comme un fait accompli !
Louise, quelle vérité ignoble ? Vous serez honorée ici.
Je suis une chevalière croisée. Et si je suis tombée prisonnière,
vous devez me traiter en prisonnière de guerre et non en esclave.
Louise, vous ne serez pas mon esclave,
mais mon épouse.
Moi, l'épouse d'un Arabe ?
Si ce n'était pas un péché, je me serais suicidée
avant d'être l'épouse d'un Arabe qui appartient au camp de l'ennemi !
Si vous voulez partir, je ne vous empêcherai pas.
Louise !
Louise !
Qui nous traite en ennemis ? Qui nous considère comme ennemis ?
Jérusalem doit demeurer entre nos mains à nous
- pour le bien du christianisme. - Jérusalem est arabe !
Et le passé a prouvé qu'elle avait plus de sécurité et de respect
entre nos mains à nous. Mais tu préfères prêter l'oreille
à ceux qui font commerce de la religion, et du sanctuaire sacré, un marché...
où ils exploitent les pauvres ! "Payez pour recevoir la grâce !"
Et comme ça, l'argent se verse dans les coffres d'Europe.
Et il n'y a que la guerre et la mort
pour celui qui ose toucher à cette grande ressource !
Ils font du chantage au nom des lieux sacrés !
Louise ! Je sais que tu as bon cœur.
Je suis chrétien, et meilleur chrétien que toi.
Car je me conforme aux enseignements de notre religion.
Je sais que l'enlèvement de ce qui ne m'appartient pas,
est un péché impardonnable.
Et que ma foi en la justice des autres,
vient de ma foi en la fraternité et l'humanité.
Louise !
Louise !
Tous les trésors de l'Orient...
toutes les provinces riches des croisés, ô Roi Philippe...
toutes les richesses que vous pouvez imaginer, Saladin s'en est emparé.
Toutes ces richesses pourront être les vôtres, ô Roi de France,
si vous sortez sur la tête de votre armée pour libérer Jérusalem.
Et quelle sera la part de la belle princesse Virginie ?
Après l'expulsion de Saladin,
quelqu'un devra occuper le trône de Jérusalem par intérim.
Et je suis au service du Roi de France.
Virginie.
Richard est un roi bien orgueilleux.
Vous pensez qu'il nous causera des problèmes ?
Dans tous les cas, nous devons être sur nos gardes.
Le prince Conrad de Montferrat nous attendra près d'Acre.
Conrad semble se plaire en orient après avoir quitté la France.
- François. - Votre Altesse.
- Acre est encore loin ? - On l'aperçoit à la longue vue.
Merci.
Il reste six miles !
Terre en vue ! Acre !
Préparez-vous. Nous devons nous emparer d'Acre avant le coucher du soleil.
Préparez-vous pour l'attaque !
Le fort d'Acre.
Acre ouvre ses bras pour nous accueillir.
Derrière elle, se cachent les pays enchantés...
les trésors de l'Orient...
le royaume de Jérusalem.
Jérusalem.
Ville des oliviers.
Le château-fort du mot sacré qu'a rapporté le fils de Dieu.
Votre Altesse, les Francs attaquent Acre avec une flotte puissante.
Que tout le monde rentre ! Ramassez les filets,
et réfugiez-vous derrières les murs !
- Dépêchez-vous ! - Dépêchez-vous !
Vous autres, près de l'enceinte droite.
Vous et les enfants, près de l'enceinte gauche. Vite !
- Nageur, es-tu prêt à résister ? - Oui.
Ismail.
Va vite informer le sultan.
Hussein, pars vite à Jérusalem
pour informer le sultan que les Francs attaquent du côté de la mer.
Toi, Ismail, tu participeras à la défense avec le Nageur.
Richard Cœur de Lion.
Philippe Auguste, roi de France.
Bohémond, prince d'Antioche.
Commandant, ils commencent à débarquer. On tire ?
Patience. Attendez le signal.
Leurs armées sont puissantes.
- Tirons donc ! - Le sultan nous a appris
à user de patience.
Attaquez !
Qu'attend le commandant Hikkâri ?
Tournez le gouvernail à gauche !
Tournez le gouvernail !
Altesse, les Francs ont assiégé Acre avec une flotte puissante.
Envoyez des renforts à Acre immédiatement !
- Qui commande les Francs ? - Richard Cœur de Lion,
- roi d'Angleterre. - Richard ?
Richard Cœur de Lion ?
Deux moutons ne suffisent pas à le rassasier.
On dit qu'une fois, il a livré un duel à cent hommes et les a tous tués.
Ô Arabes !
L'Europe vous envoie ses meilleurs guerriers.
Alors, préparez-vous ! Celui qui meurt en les battant,
ira au paradis. Et souvenez-vous,
vos aïeux ont vaincu des ennemis bien plus terribles
que Richard et ses hommes.
- Le premier groupe a été décimé. - Envoyez le second et le troisième.
Suivez-moi, vite !
Suivez-moi, vite !
- Les armes sont épuisées. - Ouvrez les dépôts.
Où sont les armes ? Nous voulons des armes.
Où sont les armes ?
Jetez toutes les armes, vite !
Vite !
Gardes, que faites-vous ?
Ouvrez les portes.
Bienvenue, Virginie.
Virginie, j'ai tenu ma parole. À vous de tenir la vôtre.
Plus tard.
Mohamed, où sont les armes ? Où sont les boules de feu ?
Trahison !
Trahison !
Continue l'histoire de cet Arabe avare, Conrad.
On lui coupa les mains.
Alors il se jeta sur le coffre d'or.
"Vous m'avez volé mon argent !" Hurla-t-il.
"Le futur de mes enfants ! L'argent de mes enfants !"
Et après, il s'agrippa au coffre avec ses pieds.
Mes officiers lui coupèrent les pieds.
Finalement, ils durent le tuer pour s'emparer du coffre.
Et dans le coffre, que pensez-vous qu'on a trouvé ?
- Des milliers. - Non.
Réfléchissez...
Réfléchissez...
Réfléchissez...
Cinquante dinars et un bijou...
digne de la belle Virginie.
Le bijou ne plaît-il pas à Louise ?
Je me fiche de tout cela.
J'ai appris que Louise, chevalière des hospitaliers
a décidé de ne plus participer aux batailles
et de dédier tous ses efforts aux soins infirmiers.
Quel est donc ce secret ?
Louise, tu es trop soucieuse.
Je ne reconnais plus en toi l'amie
qui nous avait visité il y a deux ans en Angleterre
et avec qui on riait et s'amusait en se promenant dans les bois,
celle que mon mari, le roi Richard, admirait tant.
Maintenant, tu es toujours triste et silencieuse.
Ouvre-moi ton cœur, je suis ton amie.
Parle-moi comme à une amie, non comme à la reine d'Angleterre.
On allège ses peines en les confiant aux amis.
Majesté...
En tous cas la bataille d'Acre ne fut pour nous qu'une promenade.
Buvons à la mémoire de Barberousse, le grand roi Allemand...
mort tragiquement en route vers Jérusalem.
- À la mémoire de Barberousse ! - À la mémoire de Barberousse !
- Un verre, Majesté... - Non, merci.
- Un petit verre ? - Le roi d'Acre nous sert en personne ?
Le roi d'Acre est toujours à votre service.
Son Altesse a reçu des nouvelles inquiétantes ?
Les princes de Bourgogne, de Poitiers, de Touraine
ont profité de notre absence pour s'insurger.
J'aurai leur peau à mon retour.
Vous les écraserez sans peine, Majesté.
Mais je ne puis retourner sans les clés de Jérusalem.
Je dois retourner avec les trésors de l'Orient
et la fierté de la victoire.
Ainsi vous sauverez votre trône et gagnerez les bénédictions du Pape.
Et les bénédictions du Pape vous apporteront des dons innombrables.
Le roi Philippe n'oublie jamais ceux qui l'aident.
Aidez-moi à conquérir Jérusalem et je vous placerai sur son trône...
- à côté de la belle Virginie. - Votre Altesse.
Je disais que j'avais trouvé un chevalier digne de la belle Virginie
pour partager avec elle le trône de Jérusalem.
- Altesse. - Alors que moi, j'étais confus.
Je ne sais pas comment remercier le Roi de m'avoir choisi...
la plus belle des belles pour que nous partagions ensemble
le trône de Jérusalem.
Pourquoi n'êtes-vous pas venu au banquet, mon ami Conrad ?
Des projets, mon cher Arthur.
Et ainsi je devins incapable de viser une arme contre eux...
de crainte de l'avoir tué...
lui qui m'a généreusement sauvé la vie.
- C'est parce que tu es amoureuse. - C'est parce que je suis chrétienne.
Son Altesse a fixé la date de la marche sur Jérusalem ?
La voie est ouverte. Dans deux ou trois jours,
nous délivrerons Jérusalem des barbares.
Mais il faudra d'abord nous laisser une garnison française ici à Acre.
Pas par manque de confiance au Gouverneur d'Acre...
je veux dire au Roi d'Acre et de Jaffa.
Mais cette garnison française le soutiendrait.
Pourquoi pas une garnison anglaise ?
Il appartient à Virginie et à moi de choisir la garnison
puisque c'est grâce à nous qu'Acre est tombée.
Et je n'oublie pas le mérite du Gouverneur d'Acre.
- À la santé du gouverneur d'Acre ! - Roi d'Acre et de Jaffa.
Roi d'Acre et de Jaffa.
La princesse Virginie sait sans doute
que c'est la crainte des Arabes pour le Roi Richard Cœur de Lion...
- qui nous a permis de pénétrer Acre. - Inutile de nous disputer.
Les provinces sont nombreuses et sont toutes pleines de trésors.
- Chaque fois qu'on en prend une... - Ne parlons pas de butin, croisés !
La guerre sainte n'est pas terminée.
NE PENSE PAS QUE CEUX TUÉS DANS LE SENTIER D'ALLAH
SOIENT MORTS MAIS VIVANTS, AUPRÈS DE LEUR SEIGNEUR.
"Ainsi faisons-nous alterner les jours parmi les gens."
Dieu est véridique.
Calmez-vous.
Mes condoléances pour Hikkâri et les martyrs d'Acre.
Adel, mon frère, nous allons tous mourir.
La victoire et la défaite dépendent d'Allah seul.
Mais la catastrophe...
c'est que les larmes des mères dans ce pays...
soient le prix cher d'une trahison, non pas le prix de la victoire.
Votre Altesse, mon frère !
- Le sultan ne reçoit personne. - J'ai un message du roi Richard.
Dites-lui: "Vous avez gagné la bataille d'Acre par..."
Strict ! Nageur !
Laissez le messager.
Lis ton message.
"Le roi Richard Cœur de Lion d'Angleterre
et le roi Philippe Auguste de France
au nom des rois et des princes d'Europe
et au nom des masses nombreuses qui luttent pour la croix,
attendent l'arrivée du sultan Saladin pour une réunion urgente
qui aura lieu après le lever du soleil
pour négocier la paix
et épargner le sang des Arabes."
Dites-leur que Saladin sera présent à la réunion
pour arrêter l'effusion de sang, le sang des Arabes...
ainsi que celui des croisés.
Mais l'invitation est grossière.
Ils sont fiers de leur soi-disant victoire.
Il ne faut pas que vous vous rendiez à leur camp, Altesse.
La réunion doit avoir lieu en terrain neutre.
Ils pensent que nous sommes faibles
surtout que la réunion aura lieu après la prise d'Acre.
S'il est vrai que Richard est venu pour protéger les chrétiens
et non pas pour s'emparer de nos trésors,
je pourrai le convaincre de retourner dans son pays
- et d'épargner le sang. - Vous avez raison.
- Préparez le cortège du sultan. - Nul besoin de cortège.
Les défenseurs de la vérité ne s'intéressent pas aux apparences.
- Mais, Altesse... - Non, Nageur.
- J'irai sans cortège. - Altesse...
Richard Cœur de Lion n'est pas comme les autres.
C'est à Richard le chevalier que je vais m'adresser.
Impossible ! Je ne me déplacerai point pour accueillir un sultan sauvage
dont les mains sont tachées de sang chrétien.
Vous ne reculez devant aucun sacrifice pour obtenir la paix.
Peut-être que cet entretien avec Saladin
épargnera le sang chrétien.
Richard Cœur de Lion est un nom redouté.
Et Saladin ne mérite pas l'honneur de le voir personnellement.
La sécurité des chrétiens en Orient dépend
de cet entretien entre le roi Richard et Saladin.
Ce n’est pas aux bandits de décider le futur des chrétiens.
J'ai décidé de ne pas le recevoir.
Reçois-le, Arthur.
Ma chère Virginie.
Voici notre frère Conrad.
Il n'est pas venu et il a envoyé trois délégués.
C'est un affront pour les rois d'Europe.
La seule réponse à cet affront...
c'est de lui retourner leurs cadavres.
- Saladin ! - Il vient sans gardes ni cortège.
Il se moque de nous !
- Que la paix soit avec vous. - Philippe Auguste, Roi de France
et commandant de l'armée française.
- Conrad de Montferrat. - Arthur.
- Robert, duc d'Orléans. - William.
- Henri de Champagne - Godfrey, duc de Normandie.
- Henri d'York. - Robert, duc de Lister,
porteur du bouclier d'or de l’empereur de Byzance, Alexis II
et le commandant des chevaliers du Temple.
Saladin, serviteur de Dieu, et serviteur des Arabes.
Si vous voulez la paix,
voici nos conditions.
Depuis quand les agresseurs imposent-ils leurs conditions
aux maîtres légitimes ? Vous avez agressé nos pays.
Si vous voulez la paix, quittez nos pays.
- C'est une déclaration de guerre ? - Je hais la guerre.
L'islam et le christianisme la condamnent.
Mais nous la livrerons s'il s'agit de sauver notre territoire.
En tant que chevaliers,
nous ne voulons pas tirer profit de votre défaite.
Nous vous offrons la paix
si vous nous restituez Jérusalem et toutes les provinces chrétiennes.
Et pourquoi devrions-nous vous céder nos territoires arabes ?
Pour sauvegarder votre pays...
et votre vie.
Donc, c'est la guerre.
Nous la ferons pour défendre le droit et la justice.
Quel droit et quelle justice ?
Le Roi Richard.
Le chevalier courageux. Richard Cœur de Lion.
Si vous n'étiez pas venu chez nous en agresseur,
je vous aurais accueilli les bras ouverts.
Richard Cœur de Lion ne tient pas à un tel accueil d'un chef de bande
qui persécute les chrétiens, viole la tombe du fils de Dieu,
et s'empare de la ville sainte de Jérusalem.
Qui vous a dit que Saladin, le croyant, viole la tombe du Christ
ou persécute les gens du livre ? Jérusalem est arabe.
Et les lieux saints sont ouverts à toutes les religions.
Ce qui m'étonne c'est que vous clamiez le courage et l'honnêteté
et en même temps, vous niez la persécution des chrétiens
alors que vos mains sont encore tachées du sang de Saint Renaud.
Ça ne m'étonne pas que la veuve du criminel Renaud
- dise des mensonges. - Prenez garde.
- Vous vous adressez à une femme. - Nous respectons les femmes.
Mais je m'adresse à une guerrière, la complice de Renaud.
Votre prétendue gentillesse ne lavera pas vos mains du sang des chrétiens.
Je cède la parole à Issa, il est chrétien comme vous.
Et il est l'un de mes meilleurs généraux et l’un de mes amis les plus chers.
Notre devise est: la religion est à Dieu et la patrie est à tous.
Il est l'un de ses agents. Il lui a offert de l'argent sans doute.
Conrad sait quels sont ceux qui se laissent acheter pour l'argent.
Quant à moi, je n'ai point d'agents.
Ô Roi Richard, pour la dernière fois, je vous propose la paix.
Et moi, je vous propose pour la dernière fois
la reddition inconditionnelle, ou la guerre.
- La guerre ! - La guerre !
- La guerre ! - La guerre !
C'est donc la décision de Richard, le chevalier de la croix ?
- Refuse-t-il la paix ? - Ma conscience de chrétien
ne me permet pas de laisser la ville des oliviers aux arabes.
Mais vous brûlez les branches des oliviers.
Sur la route de la victoire, vous acclamerez Richard Cœur de Lion !
Bien que les croisés soient supérieurs,
nous les croiserons derrière ces murs.
Que peuvent vos murs contre nos tours ?
Appelez le sultan immédiatement.
Ils disposent de tours géantes.
Il faut empêcher ces tours d'atteindre nos murs à tout prix
de crainte qu'ils ne les escaladent.
Nous devons les brûler immédiatement.
Faites ce que vous voulez, Saladin !
Vos flammes n'affecteront pas nos tours !
Essayez encore !
- Ouvrez le feu ! - Ouvrez le feu !
Essayez ! Essayez encore une fois !
En avant, les croisés !
Retirez-vous !
Nous avons dû sacrifier Ashkelon pour sauvegarder nos troupes.
Cela se répétera chaque fois qu'ils attaquent avec leurs tours.
Tant qu'ils auront ces tours maudites,
nous ne pourrons jamais les affronter à l'intérieur des villes.
Il faut les attirer en dehors des murs.
Richard veut s'emparer de Jérusalem.
Il y a plusieurs routes qui mènent à Jérusalem.
Nous les attirerons vers cette route pour qu’ils atteignent ce marais.
Là nous livrerons le combat.
La facilité avec laquelle Saladin nous a cédé Ashkelon
ne correspond pas à son orgueil quand nous l'avons vaincu à Acre.
N'avait-il pas fui d'Ashkelon, de Césarée et de Jaffa ?
Ne vous avais-je pas dit que ce serait une promenade ?
Il semble que je repartirai bientôt pour la France.
Nous devons nous diriger vers Jérusalem directement.
Pas avant d'avoir écrasé Saladin. S'il reste vivant,
il ne nous laissera aucune chance pour installer notre gouvernement.
Il faut tuer Saladin pour que l'on puisse nous installer sur nos trônes.
- Notre but est de le tuer. - Pourquoi devrions-nous dévier
- de notre route vers Jérusalem ? - Sans Saladin,
les Arabes ne résisteront plus. Il nous faut donc avoir sa peau.
Majesté, les troupes de Saladin approchent.
La poussière de ses chevaux est en vue.
Vous retournerez en France plus vite que vous ne le pensiez.
Nageur !
Nageur ! Les soldats Francs nous suivent.
Allez, les guerriers. Je veux un nuage de poussière plus grand.
Dépêchez-vous !
Je suis sûr que c'est parti d'ici.
- Il est à droite. - Excusez-moi... à gauche.
Droite ou gauche ! Certainement il était là et puis il est parti.
- Il a fui. - Qu'il fuie !
Regardez.
Si nous traçons une ligne entre cette épée et ce bouclier,
- nous repérerons leur route. - Tu es un génie, mon cher Conrad !
Dépêche-toi, Strict !
Dépêche-toi, Strict ! Passe-moi n'importe quoi.
- Je n'ai plus rien sur moi. - Ta ceinture.
Vite ! Le temps presse !
Attaquez ! Voici ces diables d'Arabes.
En avant !
En avant !
En avant !
- En avant ! - Attaquez !
En avant, ô Arabes !
Nous étions plus agiles sans ces boucliers.
Et eux, ils étaient surchargés comme des chameaux !
Quand l'un de ces chevaliers m'a vu lutter sans bouclier,
il s'est évanoui dans la boue !
Je n'oublierai jamais l'agilité du commandant Hussam.
Est-ce vrai qu'il a disparu en pleine bataille ?
- Il se repose sous sa tente. - Il n'est pas revenu de la bataille.
L’émir Ismail non plus.
"Les beaux yeux m'ont tué, sans me rendre la vie."
La lettre N. Il faut trouver un vers qui commence par la lettre N.
- N. ? "Nous attaquons les ennemis." - "Nous attaquons ?"
Nous en avons marre des attaques. C'est une compétition de paroles d'amour.
"C'est vrai que je suis plein d'amour et de désir.
Mais les hommes comme moi ne révèlent jamais leurs secrets."
Le Nageur a gagné.
Qu'as-tu, Strict ? Viens jouer avec nous.
Cite un vers d'amour qui commence par la lettre R.
Strict, je te dis qu'Ismail et Hussam reviendront.
On dit qu'ils sont morts dans la bataille.
Qui vous dit ça ?
Nous les attendons d'un instant à l'autre.
Tu oses dire cela aux soldats ?
Veux-tu les priver de la joie de la victoire ?
Ces soldats qui chantent et rient ne célèbrent pas la victoire.
Ils ne célèbrent pas le fait qu'ils soient vivants.
S'ils rient tellement,
c'est de crainte que cette nouvelle ne soit vraie.
Se peut-il que le sultan lui-même ait peur ?
Depuis la bataille, il n'a pas quitté sa tente.
Il a tout abandonné
pour poursuivre ses travaux et ses recherches sur la chimie.
Mais Ismail et Hussam reviendront.
Le commandant Hussam est arrivé !
Hussam, où est Ismail ?
J'ai fermé ses yeux moi-même.
Non. Impossible !
Non ! Ismail est vivant !
Non ! Ce n'est pas possible !
Au diable les tours ! Au diable la guerre !
La guerre doit-elle faire périr les êtres chers ?
Que le diable emporte tout !
Je vous dis qu'il est vivant !
- Il est vivant ! - Issa !
Sèche tes larmes.
Nous avons vaincu l'ennemi.
Dieu soit loué que tu sois retourné, Hussam.
Reprenez vos festivités.
Viens, Hussam.
Mon Dieu, aidez-moi à être patient.
On nous a leurrés au sujet de cet homme, Arthur.
Mais il est sûrement un grand stratège.
Cœur de Lion a le temps de lui donner une leçon.
Cette trêve est une perte de temps. Il nous faut continuer l'avance.
Et le temps appartient aux chrétiens qui souffrent à Jérusalem.
Il appartient aux victimes de Saladin, pas à nous.
Nous nous sommes déjà emparés de plusieurs villes arabes.
Oui, mais à quel prix ?
Il nous faut la trêve
pour dresser des plans.
La trêve ? Dresser des plans nécessite du temps.
- Continuons notre avance. - Et sacrifier encore plus d'hommes ?
Quand les rois vont à la guerre, peu importe le nombre de victimes.
L'essentiel est de remporter la victoire.
Parce que pour un roi victorieux, la guerre c'est la gloire.
Mais pour ces pauvres soldats, même s'ils sont victorieux,
c'est la mort.
Nous devons songer à eux avant tout.
Avant nous-mêmes, et avant cette gloire mortelle !
Avec un tel raisonnement,
nous ne pourrons pas reprendre Jérusalem à temps.
Nous devons reprendre le royaume de Jérusalem à tout prix.
Ensuite, nous pouvons négocier la trêve.
Mais il ne nous restera plus un homme pour pénétrer dans la ville sainte.
- Je parle en tant que commandant... - Je refuse la trêve.
- Mettons la question aux voix. - Je suis d'accord avec Philippe.
- Et moi. - Et moi.
Moi, je me retire avec mes hommes.
Vous assumerez tous devant Dieu et le Christ
la responsabilité de votre folie.
Il n'y a aucun espoir si Richard se retire.
De cette façon, vous nous imposez votre point de vue.
Prépare-toi pour envoyer à Saladin une délégation de chevaliers Anglais.
Je jure que Saladin ne respectera jamais la trêve !
Que la trêve soit pour six mois.
- Avoue ton péché ! - Je vous jure que c'est un chrétien.
N'empêche, tu as mis ta main dans celle d'un Arabe !
- Avoue ton péché ! - Je jure que c'est un chrétien.
Si nous avions le courage des Templiers,
nous aurions exterminé les Arabes immédiatement, sans aucun délai.
Six mois.
Philippe, les héros de jadis, quand ils avaient du mal à réfléchir,
ils montaient leurs chevaux et couraient dans les bois.
Venez. Éloignons-nous de cette ambiance suffocante de Richard.
Au sultan Saladin, tout de suite.
Virginie
La guerre doit continuer.
Nous devons empêcher la trêve à tout prix.
Sinon...
Sinon...
Empêchons les messagers de Richard de se rendre chez Saladin.
Ils sont en route en ce moment.
Attendons-les à leur retour.
Dans ce cas, ils ne se rendront pas chez Richard
et il n'y aura pas de trêve.
Les chevaliers du Temple sont prêts à tout
contre ceux qui empêchent la guerre sainte.
Même le meurtre.
Saladin fait ses adieux aux ambassadeurs de Richard.
- Il semble qu'il accepte la trêve. - Ils nous libéreront donc.
Pas d'espoir pour un chrétien emprisonné par les musulmans.
Mais il a offert des présents aux ambassadeurs.
- Comment t'appelles-tu ? - Bernard, mercenaire.
Je combats pour l'argent.
- Et toi ? - Moi, je suis armurier.
Et toi ? Un chevalier du Temple sans doute ?
Et toi ? Repose-toi.
Un paysan de Normandie.
Tu devrais semer la terre...
et non pas la désolation.
- As-tu des enfants ? - Quatre.
Je voulais en faire des soldats. Mais tout ce que je veux maintenant...
c'est de retourner sain et sauf
pour leur apprendre tout ce que j'ai appris ici.
Apprends-leur à cultiver la terre. C'est mieux que la guerre.
Avant de repartir, je voudrais visiter Jérusalem en pèlerinage.
Bientôt, tu t'y rendras.
Nous leur avons dit que nous acceptions la trêve.
Espérons que ce soit le premier pas vers la paix.
Envoyez leurs cadavres à Richard.
Et puis, nous verrons s'il ne changera pas d'idée.
Voici la réponse de Saladin.
Comment traiter avec de tels sauvages ?
- Ils ne nous laissent que la guerre ! - Attaquons immédiatement !
Saladin a déjà dû se mettre en marche.
- Ordonnez l'attaque, Cœur de Lion. - Nous devons attaquer...
avant qu'il ne nous prenne par surprise.
Commençons par tuer les prisonniers Arabes.
La meilleure réponse c'est qu'on tue tous ses prisonniers.
- Saladin a tué vos ambassadeurs ! - Nous avons besoin de chaque homme.
Impossible d'immobiliser des soldats
pour garder 3000 prisonniers Arabes. Il faut massacrer les prisonniers.
- Ordonnez leur massacre ! - Que la guerre continue !
Et par mes ordres, apportez tous les prisonniers.
Majesté, arrêtez.
Majesté, les prisonniers chrétiens reviennent !
- C'est sûrement un piège. - Ils reviennent !
Non seulement ont-ils tué nos ambassadeurs
mais ils ont tué les meilleurs chevaliers de Richard !
Richard perdra la trêve avec Saladin.
Majesté, au nom de la paix et du Christ...
je vous conjure de libérer les prisonniers Arabes
- comme nous a libérés Saladin. - Tirez !
Attendez !
Majesté, ce n'est pas juste,
Saladin a envoyé des présents avec vos ambassadeurs,
et vous le remerciez ainsi ?
Mes ambassadeurs ? Arrêtez-vous !
Moi, Richard Cœur de Lion, ordonne à tous les soldats de se retirer.
Retirez-vous !
Roi de France, je vous attends chez moi.
Avez-vous jamais vu un homme tromper Richard ?
Mais Richard n'épargne jamais ceux qui le trompent.
Que marmonnez-vous, M. le Duc ? Le départ de Philippe vous attriste ?
En tous cas, il y a un bateau qui attend au port
et qui peut emporter des dizaines.
Tous ceux qui regrettent son départ, peuvent partir avec lui.
Je jure que je n'empêcherai personne de partir.
J'enverrai même un de mes délégués pour les accompagner au port.
Il est saoul.
Heureusement, les soldats de Philippe sont encore avec nous.
Que dit la belle Virginie ?
Regrette-t-elle son départ aussi ?
Non, je disais que l'armée de France demeurait ici.
Peu importe l'armée de la France,
puisque je suis votre commandant unique...
- Notre commandant unique, bien sûr. - Je vous conduirai à la victoire.
Mais les chevaliers du Temple sont partis avec Philippe.
Ils ont été chassés avec Philippe !
Ne mentionnez plus leur nom devant moi !
Leurs mains sont tachées du sang de 70 innocents prisonniers.
Si vous n'avez pas confiance en ce que fait Richard...
On dit que Saladin a accepté la trêve.
Oui, Saladin se félicite de la trêve. Et à cette occasion,
j'ai décidé, moi, Richard Cœur de Lion,
après toutes nos souffrances,
d'assumer seul la commande de toutes les armées de croisés.
Seulement ainsi,
pourrai-je assumer la responsabilité de la guerre sainte.
Mais nous sommes devenus peu nombreux.
Peu nombreux ?
Les armées de 12 pays d'Europe sont peu nombreuses ?
Vous avez peur, mon Duc.
Mais sachez que notre force réside dans notre unité.
N'avez-vous rien appris de l'ennemi ?
Puis-je donc rassurer les Rois et les Princes apeurés ?
Rassurez-les.
Je leur dirai que les renforts de votre frère le prince John
arriveront avant la fin de la trêve.
Dites-leur n'importe quoi.
Mais dites-leur aussi de remplacer leur cœur par un cœur de lion.
Et d'autres renforts qu'a demandé Richard au nouveau roi d'Allemagne
arriveront aussi avant la fin de la trêve...
Et maintenant, faites célébrer un service d'action de grâce
pour nous avoir épargné à temps,
la vie des milliers de prisonniers Arabes innocents
et que la malédiction suive
tous ceux qui ont sali l’étendard sacré de sang.
Remettons la prière à demain quand votre Majesté serait...
Je suis prêt à prier à tout moment. Ordonnez le service tout de suite !
Je veux la bénédiction ou la malédiction maintenant !
Si ma présence ne vous convient plus, permettez-moi de me retirer.
Continuez, Duc Arthur.
Je disais que le roi Richard s'excuse
que des prisonniers musulmans aient été tués par mégarde.
Vous voulez dire le massacre de 70 prisonniers.
Le roi Richard ne considère pas cette erreur involontaire
comme une violation de la trêve.
Il voudrait donc maintenir la trêve malgré le meurtre des 70 innocents ?
Nous savons qu'il n'a point l'habitude de tuer les prisonniers.
Aussi nous acceptons ses excuses
- et nous pardonnons tout. - Mais celui qui peut pardonner
- peut punir aussi. - Veuillez aussi emporter un présent
au roi Richard, pour le rassurer que nous tenons à la trêve
- et en témoignage de notre pardon. - Le Roi Richard ne m'a pas envoyé
pour s'excuser comme un serviteur soumis qui attend la récompense
mais plutôt, comme roi et guerrier
qui a commis une petite erreur due aux circonstances.
Dites à votre roi que nous acceptons ses excuses.
Cet homme hait Richard.
- Conrad ? - C'est moi, Arthur,
- le maître de Conrad. - Duc Arthur ?
Virginie. Que les nuits d'Orient sont belles !
Elles sont faites pour l'amour.
De quel droit entrez-vous à ma tente et me parlez-vous ainsi ?
Vous vous adressez à une princesse croisée pas à une pute dans un bordel !
Virginie, ne jouez pas avec Conrad, ça finira mal.
C'est un conseil, pas une menace.
Richard est plus éveillé qu'on le pense.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ? - Ne vous troublez point.
Arthur est discret. S'il voulait parler, il aurait parlé
lorsque Philippe a été chassé. Je sais que vous êtes intelligente.
Vous ne pouvez pas compter sur Conrad. Il ignore l'amour.
Venez dans ma tente pour en parler loin des blessés.
Et sachez que je serai le futur roi de Jérusalem
et que je voudrai partager le trône avec vous.
- Venez avec moi dans ma tente. - Avec vous ? Dans votre tente ?
Virginie et Arthur sont du même genre et ils ont le même but.
Nous pouvons nous entendre, et nous avons tout intérêt à le faire.
Ne comprenez-vous pas que vous me dégoûtez ? Sortez !
Un soir moins beau, vous ramperez devant moi.
Et en attendant cette nuit...
Sortez avant que j'appelle les gardes.
Mes hommages à votre beau chevalier... Conrad.
Lis-nous le message du Damascène.
Il a perfectionné son invention, un liquide...
qui démolira les tours des ennemis.
- Finalement ! Que Dieu soit loué. - L'âme d'Ismail pourra reposer en paix.
- L'heure de la vengeance a sonné. - Qu'il repose en paix.
Mais le Damascène ne peut pas quitter Acre
- car il est étroitement surveillé. - Altesse...
Il peut venir par mer. Mais il aura besoin d'un nageur.
Débrouille-toi, Nageur. Prends cette bague.
Damascène reconnaîtra que tu es un ami.
- Avec la bénédiction d'Allah. - Hussam, toi et le Strict,
- vous aussi, achevez votre mission. - Nous l'achèverons parfaitement.
Un liquide qui met le feu aux tours. Allah a tenu Sa promesse.
Qu'Allah ait pitié de toutes nos victimes. Allez tous à Acre.
- Le service de la patrouille est terminé. - Allons à la taverne.
Voici le bateau qui emmène Philippe.
Bon débarras !
- Remplis-la ! - Laisse-moi en paix.
- Tu veux que je te laisse ? - Fiche-moi la paix.
Je vais voir le roi de France pour lui lire les lignes de la main.
Peut-être pourrai-je lui révéler la cause de son expulsion d'Orient.
Quand je reviens, je veux qu'elle soit pleine.
Tu me rappelles la seule femme que j'ai aimée.
Elle a tes yeux tristes. Nous devions nous marier à Noël.
Mais Dieu seul sait quand je retournerai.
Je me demande si mon destin est de mourir dans un pays étranger.
Richard a envoyé son ami le duc Arthur
pour vous souhaiter bon voyage et pour s'assurer de votre départ.
La situation est critique, Conrad.
Nous devons obtenir des gains pour justifier notre campagne foutue
et les taxes énormes que nous avons imposées au peuple.
Impossible d'obtenir des gains tant que Richard est ici.
Écoute, Conrad...
Ne songez pas à l'avenir et savourez le présent.
Présente ce vin au Roi Philippe.
- J'ai une faveur à te demander. - Tu n'as qu'à payer.
Écoute...
Abdul !
Abdul !
Si la France pouvait constituer un état chrétien en Orient,
Saladin veut Jérusalem. Qu'il la garde.
Mais qu'il se désiste du Karak, d'Ashkelon,
de Jaffa, d'Acre, et de Sidon. Je suis sûr que Saladin acceptera
pour éviter la guerre.
Ce soir, j'enverrai cette proposition à Saladin. Rassurez-vous, Majesté.
Ce soir, ils enverront une proposition à Saladin.
Je n'ai pas tout entendu mais j'ai compris...
qu'ils allaient céder Jérusalem à Saladin.
Le service est terminé. Marchez !
Ça me fait plaisir, Gouverneur d'Acre
que votre visage soit mon dernier souvenir de l'Orient.
Qui est-ce ?
C'est moi.
- Ouvre. - Qu'Allah te donne le meilleur.
Je ne suis pas un mendiant. Je suis le Nageur.
- Voici la bague du sultan. - Issa le Nageur ?
- Comment es-tu venu ? - En nageant.
Je suis venu sur l'ordre de Saladin pour t'emmener avec moi.
- Vite, le temps presse. - Tout de suite.
Mais les Francs surveillent toutes les routes.
Vite, Damascène. Laisse-moi faire.
- Vite, Damascène. - Qu'Allah soit avec nous.
Un espion ! Un espion qui s'évade ! Attrape-le, John !
Vite !
- Sauve-toi, Damascène ! - Et toi ?
Dépêche-toi ! L'essentiel c'est que tu atteignes le sultan.
Remise en main propre au roi Adel.
Jérusalem se vend pour quelques villes.
Le Christ se vend pour 30 deniers. Judas ressuscite !
C'est ça la guerre sainte ?
Dieu merci pour avoir protégé votre bon fils Richard.
Quel châtiment au monde est digne d'une telle trahison ?
Calmez-vous, Majesté.
Heureusement que votre ami courageux Arthur a éventé la trahison à temps.
Est-ce ainsi que luttent les chevaliers ?
C'est ça les batailles honnêtes ? Ce ne sont que des sales pièges !
Quelle différence entre Saladin et l'empereur païen...
qui paya pour avoir le Christ ?
Majesté, nous ignorons la réponse de Saladin.
Vous avez failli lui faire confiance
au retour des prisonniers chrétiens.
Nous ne nous faisons pas d'illusions sur la bassesse des Arabes.
C'est l'attitude des Français qui nous surprend.
Arthur, envoyez un messager au roi Adel avec ce même message.
Et la réponse de Saladin sera une gifle pour le sale Conrad.
Tu parles de la moralité de Saladin. Attends voir demain.
Un noyé !
C'est un chrétien, il porte la croix.
C'est un passe-temps agréable...
pendant les jours ennuyeux de la trêve, Louise.
Plutôt un devoir sacré.
- Tu veux dire une prière ? - Une prière pour les âmes pures.
Alors après la guerre, tu entres au couvent.
- C'est le noyé qu'ils ont repêché. - Vous pouvez partir.
Je demeurerai auprès de lui.
Seigneur, j'ai abandonné les armes
justement pour ne pas avoir à affronter une telle situation.
Seigneur, si je dois souffrir encore,
je vous prie, donnez-moi le pouvoir de supporter.
Finalement !
Une tente au milieu du camp des blessés ? Je ne peux supporter.
Je l'ai choisie pour être loin des espions de Richard.
Peu m'importent Richard et ses espions.
- Je t'attends sous ma tente. - Conrad, je...
Nous pouvons le faire un autre soir où les espions sont endormis.
Conrad, ce soir, tu es l'invité de Virginie.
Virginie... La plus belle de toutes.
Tu as peur.
Conrad de Montferrat, j'ai décidé de tuer Richard.
Autrement, il ramènera Guy
et l'installera sur le trône de Jérusalem.
Mais on ne peut pas tuer Richard par une simple décision.
Avoue que tu n'en as pas le courage.
Je ne te permets point de m'injurier.
Richard sait que c'est Philippe qui a tué les ambassadeurs
et il doit être au courant de nos rapports avec Philippe.
Louise ! L'espionnage fait-il partie de ta piété ?
Où suis-je ?
Louise ?
Louise...
J'étais sûr...
que nous nous reverrions.
Si la volonté de Dieu nous a mis sur le même chemin,
c'est impossible d'éviter Sa volonté.
Pourquoi nous espionne-t-elle ?
Elle doit en savoir très long sur nous.
Cette Louise me semble dangereuse.
Comment t'es-tu imaginé que cela était une victoire
- qu'Allah nous a apportée ? - Je ne dis pas que nous devrions accepter
et lui céder toutes les provinces croisées pour garder Jérusalem.
- Mais le principe en lui-même... - Justement, le principe !
Comment acceptes-tu que la guerre finisse de cette façon horrible ?
Cher frère, si un roi franc vient nous proposer
qu'il est prêt à déserter en pleine bataille
pour quelques gains personnels, je pense qu'on ne doit pas refuser,
exigeant qu'il s'entende d'abord avec ses camarades.
Tu penses que Saladin peut faire confiance à un roi qui trahit ses alliés ?
Le Prophète lui-même a remporté des victoires
en semant la désunion entre ses ennemis.
Et la guerre est un leurre, comme l'a dit le Prophète.
Le Prophète ? Le Prophète était dans le champ de bataille.
Il n'avait pas d'autres moyens. Nous, nous sommes en pleine trêve.
On ne peut pas accepter une victoire que nous offre un roi chrétien...
aux dépens de la vie de ses frères.
"Quand j'aurais trouvé un moyen pour rompre la trêve
et que les armées de Richard s'engagent dans la bataille,
je me retirerai en pleine bataille,
laissant ses lignes ouvertes pour vous."
Une telle victoire serait honteuse !
Nous ne combattons pas pour une parcelle de terre...
mais pour assurer le triomphe des valeurs spirituelles.
S'ils se trahissent mutuellement, pourquoi ne pas en profiter ?
En tant que politicien...
comment peux-tu faire confiance à un roi
qui trahit sa propre cause et ment à ses alliés ?
Comment peux-tu être sûr qu'un homme pareil
pourrait tenir sa parole et respecter un traité avec toi ?
Adel, mon frère...
nous avons nous-mêmes souffert de la trahison
et nous avons méprisé la victoire que nos ennemis ont obtenue...
par la trahison.
Souviens-toi d'Acre.
Écris au roi Conrad, dis-lui...
que bien qu'il ne mérite pas le temps de lui répondre,
les Arabes voudraient montrer aux Francs
que la défaite dans une guerre honnête
est mieux que la victoire obtenue par la trahison.
- Si vous permettez, Altesse. - Entre, Damascène.
J'ai une quantité limitée de ce liquide.
- C'est formidable, Mahmoud. - C'est grâce à vous, Altesse.
Jérusalem sera leur prochain but.
Que Damascène obtienne tout ce dont il a besoin
pour fabriquer une grande quantité de ce liquide.
Je vous remercie, Altesse.
Et quelles nouvelles du Nageur ?
Ta présence ici est un danger pour toi.
C'est tout ce que tu trouves à me dire ?
Le destin nous a réunis après une longue séparation...
mais te voilà différente, étrangère, seule.
Louise, où es-tu ?
Je ne sens pas ta présence.
Je ne sens pas le battement de ton cœur.
À notre dernière rencontre, quand nous étions à Jérusalem...
et pendant que tu essayais de te perdre dans la foule...
je sentais ta présence.
Je sentais ton désir secret de demeurer avec moi.
Tu étais avec moi, bien que tu feignais le contraire.
Tu étais avec moi, Louise.
Maintenant...
Où es-tu, Louise ?
Tu es à mes côtés, et je te sens loin de moi.
Est-ce que nous nous sommes retrouvés pour faire nos adieux ?
Tu m'as offert la liberté quand j'étais prisonnière.
Je te rends ton bienfait maintenant. Tu es guéri.
Tu n'as plus à rester ici. Tu dois partir immédiatement.
Le seau de Saladin...
Donc il est Arabe !
Gardes !
Louise.
Louise.
Viens avec moi.
Arrêtez cet espion !
Je savais que ta piété cachait une suprême lâcheté.
Nous aurions dû nous méfier de toi quand tu as abandonné la guerre.
Tu laisses l'espion de Saladin fuir ? Pourquoi as-tu fait cela, Louise ?
Donc, il est l'amant de la vertueuse Louise !
Dieu sait que je n'ai rien à me reprocher.
Garde ton courage pour le conseil de guerre !
Ton sort sera celui des sorcières ! Le bûcher !
C'est ainsi que tomba Louise.
Ô Rois... ô Princes...
Vous avez quitté vos pays et vos trônes
et vous avez traversé les mers avec vos armées.
Vos bateaux étaient poussés par le vent sacré de la haine
pour prendre la terre du Christ aux barbares ennemis de la croix !
C'est ainsi que tomba Louise.
C'est ainsi que la princesse croisée fut une traîtresse !
Laissez-moi me jeter à vos pieds. Ayez pitié de moi !
Ne te prosterne que pour Allah !
Ayez pitié de moi, pour mes enfants.
Et toi, as-tu songé aux milliers d'enfants quand tu as livré Acre aux envahisseurs
qui ont écrasé les sourires des enfants avec leurs durs souliers ?
Nul d'entre nous n'ignore que Saladin est un sauvage, un barbare...
sauf Louise. Non !
Pour elle, Saladin a été généreux avec les prisonniers.
Et les Arabes ne sont pas des barbares.
Donc il n'y aucun mal à se mettre en rapport avec eux.
Et c'est ainsi qu'elle a arraché la haine sacrée de son cœur.
Ton cœur est devenu comme une ville sans murs
quand tu as oublié l'amour.
Tu as arraché l'amour de ton cœur, tu as haï ton pays, ta patrie
et tu as livré Acre sans remords.
Elle a fait un pas en avant
et l'ennemi est parvenu à pénétrer son cœur.
Elle a livré son corps sacré de chrétienne à un Arabe.
Louise, la chevalière croisée...
s'est jetée dans les bras d'un Arabe
oubliant les traditions de cette guerre honnête.
Elle a oublié que nous n'emporterons aucune victoire sans la haine sacrée.
Et sa haine l'a poussée à se jeter dans les bras des envahisseurs
oubliant les traditions de la chevalerie,
et oubliant nos traditions glorieuses
qu'Allah n'accorde sa grâce qu'à ceux qui aiment les autres.
L'amour a remplacé la haine dans ton cœur, alors tu es tombée.
La haine a chassé l'amour de ta vie, alors tu es maudite.
Ne vous laissez pas attendrir par la pitié.
La mort pour l'amoureuse !
Non ! Tu ne comprends pas qu'en tuant l'amour,
tu te conduis à la mort, entraînant les tiens !
Non, il n'y a pas de victoire sans haine.
Il n'y a pas de libération sans amour.
- Que notre haine sacrée se venge ! - À bas la haine !
Brûlez-la comme on brûle les sorcières.
Livrez de vos mains le châtiment divin !
Tel est le châtiment divin de tous ceux qui ont trahi Jérusalem.
Leur chair doit se consumer pendant qu'ils se tiennent debout !
Honte à toi, Conrad ! Enlève donc le masque que tu portes.
Tous les masques tombent face à la volonté de Dieu !
Tu as conspiré contre Jérusalem ! Tu as conspiré contre nos vies
et contre le futur des rois et des princes.
Tu as trahi le sang de nos martyrs
venus placer la croix sur la tombe du Christ.
La malédiction de Dieu te chassera toujours, même dans la tombe !
Les Arabes ont refusé ton complot !
Saladin a refusé de mettre sa main dans tes mains sales.
Lisez ! Lisez tous, mes chers Rois, Chevaliers, et Princes !
Et que Dieu punisse tous ceux qui trahissent Jérusalem !
Et à cause de ça, ennemi de Dieu,
nous te réservons le châtiment des traîtres.
"Et le seul châtiment pour ceux qui trahissent la confiance,
trahissent leurs frères, et sèment la dissension et la corruption
est la peine de mort." Tuez le traître !
Seigneur, que ce jour de Noël se passe bien.
Le sultan a condamné le traître d'Acre à la mort !
Il a bien fait !
À cause de lui, Saladin a refusé l'offre de Conrad.
- Je cherche... - Le nageur est arrivé !
- Où est-il ? - À la porte.
- Le Nageur est arrivé ! - Informez le Strict !
Bienvenue !
- Bienvenue, Nageur ! - Bienvenue !
Vite, chez le sultan.
Altesse, Issa le Nageur est arrivé.
Issa. Bienvenue encore une fois à Jérusalem, mon ami.
Dieu merci, le Damascène est arrivé sain et sauf.
Le Sultan sait que sans le Nageur, je ne serais jamais arrivé.
Maintenant, Adel, mon frère, pour parachever la joie des Arabes,
rends-toi chez Richard Cœur de Lion et invite-le à Jérusalem
pour y passer Noël.
Sa Majesté ne peut pas refuser une invitation au pèlerinage.
Sa Majesté n'a toujours ni accepté, ni refusé l'invitation.
Votre Majesté peut parler pour elle-même.
Roi Adel, dites à votre frère le sultan...
Je suis prêt à dire au sultan tout ce que vous voulez.
Dites-lui que Richard le remercie de son invitation
et qu'il n'a pas encore décidé.
Que vous empêche-t-il d'accepter ?
Vous êtes invité en tant que chrétien.
Je répondrai avant le crépuscule,
et en tant que Roi croisé, pour voir
- la liberté des chrétiens. - Merci.
Quelle que soit votre réponse, Majesté,
nous avons l'habitude, nous les Arabes, de toujours rendre le salut.
Que la paix soit avec vous.
Que la paix soit avec vous. Notre salut est celui de la paix.
Saladin sait choisir ses ambassadeurs.
Si vous acceptez l'invitation, comment les combattre jusqu'au bout ?
Cela n'a rien à voir.
Pourquoi devrions-nous les combattre jusqu'au bout ?
Car Jérusalem nous appartient, ce fut ordonné par le Christ.
Le Christ n'a pas ordonné que Jérusalem appartienne
à des hommes comme Conrad et Philippe.
Il a maudit des hommes pareils quand il était sur le Mont des Oliviers.
Abandonnerons-nous Jérusalem à Saladin ?
Si Saladin est honnête.
S'il a refusé l'offre de Conrad de lui livrer la tête de Richard
et s'il ne persécute pas les les chrétiens comme on nous l'a dit,
s'il respecte la liberté de culte.
À quoi bon massacrer inutilement nos hommes ?
Pleurez avec moi, martyrs chrétiens de toutes les époques !
Sa Majesté, la reine d'Angleterre,
l'épouse de Richard, le roi courageux et le chevalier de la croix,
veut livrer Jérusalem aux ennemis du Christ !
Et moi, en tant que reine chrétienne, après avoir passé un an ici,
je préfère que Jérusalem reste entre les mains d'un roi juste
quelle que soit sa religion, plutôt que d'un traître chrétien
- dépourvu de tout sens moral. - Et la fierté des rois, Majesté ?
Et la gloire qui attend sa Majesté le Roi Richard Cœur de Lion ?
Et les couronnes de lauriers dans toute l'Europe ?
Et les cloches de Rome et toutes les capitales européennes
qui sonnent en son honneur ?
L'Europe attend son retour triomphal, portant les clés de Jérusalem.
Richard retourne portant les clés du royaume de Jérusalem !
Le roi n'a pas annoncé sa décision.
Demander la paix comme l'a exigé la reine
et retourner en Europe portant la défaite ?
- De quel enfer viennent tes paroles ? - Cœur de Lion
doit élever son étendard sur Jérusalem.
L'étendard de Richard sur Jérusalem ?
Ô Diable, dis à Saladin que je viens visiter Jérusalem dans deux jours.
Mais cela ne veut pas dire la paix.
S'il veut la paix, qu'il cède Jérusalem.
Écoutez !
Virginie.
- Jérusalem... - La ville du Dieu vivant.
- Richard ! - Trahison !
Déception ! Une flèche arabe empoisonnée !
Le sang du sultan ne nous suffira pas !
Cherchez partout ! Attrapez les coupables !
Le sang de Richard n'aura pas été versé inutilement !
Par une flèche arabe ? Chapeau bas.
- Le roi Richard est mort. - Vive le roi John !
Finie la trêve, Virginie. Dans quelques jours,
la belle Virginie partagera le trône de Jérusalem avec Arthur.
Il faut sauver Richard pour prouver notre innocence
de la trahison d'un homme que nous avons invité au pèlerinage.
Je peux lui envoyer votre médecin pour qu'il le soigne
- et qu'il lui livre votre message. - Non, je le soignerai moi-même.
Il serait dangereux que le Sultan aille au camp des Francs.
Surtout qu'ils sont prêts à tuer tout ce qui est Arabe.
Ma vie n'est pas plus chère que notre dignité
ni plus chère que la vie des milliers
qui risquent de mourir dans un acte fou de vengeance.
Adel, demeurez toujours sur vos gardes.
Espérons qu'on ne soit pas poussé au combat.
Permettez-moi de vous accompagner.
Je sais qui peut nous conduire chez Richard.
C'est une trahison, ô guerriers d'Angleterre !
Le roi Richard a été tué d'une flèche arabe empoisonnée !
Nous devons les exterminer tous pour cette trahison !
Ne laissez pas un seul Arabe sur terre !
Vengez-vous de ceux qui ont trahi la trêve !
Vengez-vous de ceux qui ont trahi les traités !
Ô guerriers du Cœur de Lion, vengez la mort de votre roi !
Ne laissez aucun homme vivant ! Exterminez-les tous !
Hommes, femmes, et enfants ! Sauvons Jérusalem !
Leur trahison doit être punie !
La mort de Richard doit être vengée !
Pour que son étendard flotte sur Jérusalem, nous devons nous unir !
Sauvons Jérusalem ! Ne la laissez pas entre les mains des Arabes !
Leur trahison doit être punie !
Nous n'avions qu'à souhaiter un miracle pour le sauver
et vous voilà venu, Sultan des musulmans...
- pour sauver Richard. - Priez Dieu, Majesté...
pour qu'il soit guéri par ma main modeste.
Ô soldats !
Sous cette tente, repose le roi Richard,
victime de la trahison des Arabes !
Ô soldats, vengez le sang du roi
qui a été la victime de la trahison !
Vengez chaque goutte de sang...
par la mort de centaines d'Arabes !
À la vengeance !
Au lever du soleil, donnons aux Arabes une leçon inoubliable !
Duc Arthur, la Reine vous demande de vous éloigner un peu.
Que la reine me pardonne. Dites-lui que nous nous préparons
pour la vengeance. Le sang de Richard n'aura pas été versé en vain.
Demain, l'étendard de Richard flottera sur Jérusalem !
- Merci pour ton courage. - Je suis sûre
que ce n'était pas une main arabe qui avait lancé cette flèche.
Je suis sûre que les Arabes ne commettraient jamais un tel crime.
Je vous remercie, en tant qu'épouse chrétienne,
d'avoir fait tout ce que vous pouviez pour sauver la vie de mon époux.
Pourvu qu'il reprenne connaissance avant l'aube.
J'étais roi de Jérusalem...
Le soleil...
- Richard ! - Majesté !
Majesté, vous êtes sain et sauf.
Saladin dit que vous vous en remettrez.
- Saladin ? - Il est venu en personne
pour vous sauver après que nous avions perdu espoir.
Saladin...
Toujours... Saladin. À l'éveil, dans le sommeil...
même pendant ma maladie, il est toujours à ma face.
J'aurais voulu que nous nous rencontrions ailleurs
à la porte de l’Église de la Résurrection. Je vous y attendais...
- si ce n'avait été de cet attentat. - Qui a fomenté ce complot ?
Vous savez pertinemment que ce sont vos proches qui vous trahissent.
Moi, je n'exige pas votre tête.
Ma seule exigence, c'est que vous me tendiez la main de la paix.
Quelle paix quand vous m'invitez à visiter Jérusalem
- et me tendez un piège ? - Richard...
Majesté, allez remercier Dieu d'avoir sauvé la vie de Richard.
Richard sait bien que cette accusation n'est pas vraie.
Pourquoi vous aurions-nous tué, Roi d'Angleterre ?
Tu crains de me voir entrer à Jérusalem.
Vous pourrez visiter Jérusalem bientôt, si Dieu le veut.
- Bientôt, je serai roi de Jérusalem. - Pourquoi devez-vous être
- le roi de Jérusalem ? - Jérusalem est le berceau du Christ.
Le christianisme est bien gardé ici.
Et vous savez que Jérusalem est un territoire arabe, Majesté.
Arrêtez cette effusion de sang, c'est mieux, Richard.
Arrêtez l'effusion de sang, cela fera plaisir à Dieu et au Christ.
Mais vous ignorez, ô Sultan des musulmans...
que le Pape à Rome, aussi bien que les bûcherons dans les bois...
- Richard... - les paysans dans leurs champs...
les vieux qui se réchauffent auprès de leurs cheminées...
Richard !
Des milliers de chrétiens, attendent le retour de Richard
- avec les clés de Jérusalem. - Richard !
Vous risquez tout pour un mirage !
Ce n'est pas pour la gloire de la Croix que vous vous combattez,
mais pour votre propre gloire ! Je vous préviens, Roi d'Angleterre.
Car ce que vous cherchez, c'est votre propre gloire !
Vous conduisez les bûcherons et les paysans au trépas
pour devenir le roi de Jérusalem. Vous voulez être couvert de lauriers.
Vous conduisez des milliers de pauvres à la mort
dans un pays étranger, pour devenir le roi de Jérusalem !
Vous voulez que les clairons retentissent :
"Richard Cœur de Lion a récupéré Jérusalem !"
Vous voulez la guerre.
Soit. Mais prenez garde. Vous ne triompherez pas.
Méfiez-vous de vous-même, ô Chevalier.
- Richard est vivant ! - Richard est vivant !
La maladie ne peut pas vaincre Richard !
Même la mort ne peut pas le vaincre !
- Vive Richard ! - Vive Richard !
- Vive Richard ! - Vive Richard !
Le Cœur de Lion est invincible !
Un miracle.
Laissez-nous vous venger !
- Ô Roi de tous les rois ! Richard ! - Richard !
Majesté, Dieu a exaucé nos prières et Il a guéri son fils
pour nous conduire tous à Jérusalem et y hisser l'étendard de Richard.
- Jérusalem ! - Jérusalem !
- Jérusalem ! - Jérusalem !
- Jérusalem est à nous, Richard ! - En avant, les chevaliers !
Le soleil ne se lèvera ni ne se couchera un nouveau jour
sans que l'étendard de Richard ne flotte sur Jérusalem. En Avant !
Aujourd'hui, la gloire serait la tienne, Damascène !
Es-tu sûr de l'efficacité de ce liquide ?
Oui, bien que je n'en aie jamais préparé une quantité aussi grande.
Seul Allah le sait... Prends garde !
Veux-tu nous brûler ?
Tu es sûr du résultat, mon ami.
Tout est prêt.
Tout est prêt, Majesté.
Aujourd'hui, c'est ta gloire, Damascène !
En avant, les héros !
En avant, les courageux !
En avant, les croisés ! En avant !
- Jérusalem ! - Forcez les portes !
Conquérez Jérusalem ! Vive John, roi d'Angleterre !
Attaquez toujours ! Ne reculez pas d'un pouce.
C'est le plus bel honneur de mourir sous les murs de Jérusalem.
L'Europe entière vous attend.
Elle attend votre retour glorieux, ô croisés.
Cette nuit, Jérusalem sera à nous, quels que soient les sacrifices.
Chaque pas vers Jérusalem mérite des dizaines de martyrs.
- À la bataille ! - À la bataille !
Majesté, écoutez-moi.
Les blessés jalonnent toute la route d'ici jusqu'à Jérusalem.
Et alors ?
Hissez le drapeau blanc
- avant la défaite. - La défaite ?
Richard ignore la défaite.
Mais l'Europe ne vous demande pas d'y retourner avec les têtes des Européens
J'y retournerai avec les clés de Jérusalem
et la tête de Saladin.
- Et maintenant, Altesse ? - Maintenant, c'est notre tour.
Ouvrez les portes !
En avant !
Avancez !
Je frissonne !
C'est la fièvre, mon ami, repose-toi.
Mon épouse, je veux retourner chez moi.
Tu sais les ordres de Cœur de Lion. Nous ne bougerons pas d'ici
- avant de saisir Jérusalem. - Ce soir, nous mourrons à Jérusalem.
Idiot ! Éteins ce feu !
Ont-ils besoin de ce feu pour nous repérer ?
Tu vois cette montagne noire ? Ce sont les soldats de Saladin.
Ce soir, au réveillon de Noël, la mort se versera sur nous de cette montagne.
- Baisse ta voix ! - Nous mourrons tous.
Une montagne de feu !
Je ne vois que le brouillard et l'obscurité !
Non, je ne veux pas aller en enfer.
Je suis une pécheresse !
Aie foi, Dieu allégera tes douleurs.
Grâce à la foi, Dieu a pardonné la femme pécheresse
- mais il oublie Virginie ! - Le Christ t'aidera.
Je ne suis plus la plus belle de toutes.
Aide-moi, bonne Louise. Prie pour moi.
Le péché m'a tuée.
"Notre Père qui es dans les cieux, sanctifié soit ton Nom
Que soit faite ta volonté sur terre comme au ciel..."
Ça suffit !
Ces prières ne changeront pas notre destin.
Les Arabes viendront de cette montagne ce soir.
Au réveillon de Noël ! Ils nous extermineront tous !
Pardonne-moi, Louise. Je me confesse à toi.
- À moi ? - Oui...
Toi, la pure,
tu es proche du cœur de la Vierge.
Conrad et moi avions comploté ta mort.
Nous voulions nous débarrasser de toi et de Richard.
Que Dieu me pardonne.
Mais Conrad m'a trahie.
Il a voulu vendre Jérusalem.
Jérusalem, meurtrière des prophètes...
- Loin de moi ! - Arthur...
Aide-moi, Arthur.
Virginie, la plus belle de toutes,
son visage a été déformé par le feu ?
- Laisse-la, Louise. - Non !
Tu es la seule chrétienne ici ! Ne m'abandonne pas !
- Écoute mes confessions. - Tes confessions ?
Va-t'en, Arthur ! Dieu est avec moi !
Tais-toi ! Tu délires !
Conrad était mort, et puis j'ai commis l'adultère.
- Arthur a apporté une flèche arabe... - Tais-toi, Virginie !
Tais-toi !
Louise !
Arthur a lancé la flèche arabe sur Richard.
Tais-toi Virginie, tais-toi !
Virginie... réponds-moi.
Nous sommes les rois de Jérusalem ! Virginie !
Virginie ! Nous sommes les rois de Jérusalem.
Virginie !
Virginie est morte. Quant à la flèche arabe...
c'est Arthur qui l'a lancée.
Louise ! Louise !
Tous tes alliés t'ont trahi, Richard.
Même Arthur.
Tous des traîtres.
Le délai qu'on leur a accordé pour transporter leurs blessés a expiré.
Reprenez l'offensive. Ce soir nous les exterminerons.
Nous leur montrerons le combat pendant la nuit.
C'est l'occasion parfaite
pour leur apprendre à ne jamais plus nous envahir.
- Attaquons immédiatement ! - Attaquons immédiatement !
- On donne le signal de l'attaque ? - Bonne fête.
Avez-vous souhaité bonne fête à Issa et à vos frères chrétiens ?
- Bonne fête, Issa ! - Bonne fête, Issa !
- Bonne fête, Nageur ! - Bonne fête, Nageur !
Annonce à nos soldats chrétiens que nous ne combattrons pas ce soir.
Attendons jusqu'à la fin des fêtes.
Dieu est Grand.
Allons prier.
Il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu.
Il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu.
Et Mahomet est le Messager de Dieu.
Et Mahomet est le Messager de Dieu.
Venez à la prière.
Venez à la prière.
Venez à la félicité.
Venez à la félicité.
Dieu est Grand.
Il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu.
Ça suffit.
Le champ de bataille est jonché de cadavres.
Même ce que nous voulions de cette guerre n'est plus clair.
Pas ce que nous voulions, ce que vous voulez, Richard.
Il ne convient jamais que le chevalier Cœur de Lion
combatte par entêtement.
Le Cœur de Lion vous prie d'accepter la main qu'il vous tend.
En venant ici, j'ai vu des milliers de cadavres jonchant la route.
Je n'ai pas distingué les cadavres croisés des Arabes.
Tous les cadavres se ressemblent.
Un jour, j'ai craint pour Richard de lui-même.
Mais aujourd'hui, je vous remercie
parce que vous êtes comme je vous ai imaginé.
Je ne suis plus qu'un roi vaincu.
Vous auriez pu attendre les renforts et continuer la guerre.
Quelles sont les conditions qu'impose le sultan victorieux
au roi vaincu ?
Aucune.
Mais promettez-nous de ne plus nous envahir.
Quittez ce pays.
Mais vous serez toujours les bienvenus en tant que pèlerins.
Le soldat qui sacrifie sa vie en silence
vaut plus que le commandant avide de gloire et d'acclamations.
Celui qui oublie sa fierté vaut plus que tous.
Quand vous retournerez aux paysans...
aux bûcherons dans les bois...
aux vieillards qui attendent de vos nouvelles,
et qui racontent vos histoires glorieuses auprès des cheminées.
Quand vous retournerez à eux, ô Roi d'Angleterre...
dites-leur...
dites aux Européens quand vous retournerez,
que dans la vie, il y a de la place pour tout le monde,
et que la guerre ne peut jamais être la loi de la vie.
Ils sont sortis ?
- Ils sont sortis ? - Patience, mon fils.
Dis-moi, qu'est-ce que tu vois ?
Les voici. Le sultan, Issa, et Conrad.
Conrad est mort depuis belle lurette, ignorant !
Nous espérons vous revoir à Jérusalem.
Je suis le roi de Jérusalem !
Il a été enfermé dans une cage comme une bête.
Virginie, tu ne me réponds pas ?
John, le roi d'Angleterre, est mon ami ! Il punira Richard !
Je suis le roi de Jérusalem.
Louise, je n'oublierai jamais tes services.
J'espère te retrouver à mon retour à Jérusalem en pèlerin.
Issa !
Issa !
Le commandant Issa peut se retirer.
Allah, je Vous remercie. Vous m'avez soutenu...
et Vous avez vaincu les ennemis, seul.
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