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Original subtitles

Les Studios LENFILM de Saint-Petersbourg

Troubetska�a - Irina KOUPTCHENKO

Troubetsko�- Alex�i BATALOV

Volkonska�a - Nathalia BONDARTCHOUK

Volkonskl - Oleg STRIJ�NOV

Gable-Annenkova - Eva SICULSKA, Pologne

Annenkov - Igor KOSTOLEVSKI

Ra�evski - Lev IVANOV Ra�evska�ai - Ra�ssa KOURKINA

Annenkova - Tatiana PANKOVA

Ryl�ev - O. IANKOVSKI Ryl�eva - T. FIODOROVA

Pestel - A. POROKHOVCHIKOV Kakhovski - V. KOSTETSKI

Nicolas 1er - V. LIVANOV

Zeidler - I. SMOKTOUNOVSKI Laval - V. STRIJELTCHIK

Miloradovitch - D. CHILKO Lebzeltern - I. DIMITRIEV

Alexandre 1er - V. DOUBENSKI L�vachov - V. T�R�KHOV

Vauch� - L. MAKAROVSKI Fiodor - A. TROUSSOV

Nikita - M. KOKCH�NOV Pafnouti - A. KOJEVNIKOV

Ce film est d�di� aux femmes russes

�TOILE DE MA BONNE FORTUNE

Sc�nario - V. MOTYL et O. OSS�TINSKI

Directeur de la photographie Dimitri MESKHIYEV

D�cors Val�ri KOSTRINE

Musique de I. SCHWARTZ

Ing�nieur du son - M. LAZAREV Romance sur des paroles de B. OKOUDJAVA

Sous-titres fran�ais Alexandre KARVOVSKI

R�alisation - Vladimir MOTYL

- Monsieur Nicolas se repose? - Il s'absente.

Monsieur et madame sont en vill�giature � Bi�la�a Tserkov.

Tu peux aller.

Marie!

Pardonne-moi d'avoir tant tard�. Je ne pouvais me lib�rer plus t�t.

Prends ceci, des lettres de Pouchkine.

Tu m'as bien manqu�e, crois-moi.

Pestel a �t� arr�t�!

Pavel?

Pourquoi?

Le r�giment dontj'ai la charge proc�dera � l'arrestation

du commandant en chef et du chef de l'�tat-major.

La Soci�t� du Nord conserve la monarchie.

La Soci�t� du Sud se propose de l'abolir.

Abolir la monarchie en une fois est impossible,

particuli�rement en Russie, o� on ne peut que la restreindre par la loi,

� la fa�on de la Grande-Bretagne.

Mais puisque nous aurons une r�publique, prince.

Vos objections tombent � faux. Le servage nous est une honte r�pugnante.

Pestel est c�libataire.

C�libataire... Pestel...

Kakhovski �galement.

Et Mouraviev-Apostol.

Mais Ryl�ev... Son �pouse... sa fille...

Je vais dire qu'on mette la table.

Le souverain assistera obligatoirement � la revue.

La mort du tsar donnera le signal de l'entr�e en action.

Les Sudistes veulent savoir si la Soci�t� du Nord approuve le r�gicide.

Ta brigade, prince, j'en suis satisfait.

Dommage, pourtant, que tu n'aies pas �radiqu� son vieil esprit s�ditieux.

Tu as mieux � faire au niveau r�gimentaire.

Majest�...

- Je sais, � quoi dois-je le... - Tu es bien rus�, prince Volkonski.

Prends garde, prince, � Paris d�j� ta jolie t�te

s'engouait de choses qu'il vaut mieux ignorer.

J'ai eu moi-m�me encourag� certaines r�veries farfelues,

failli ordonner qu'on r�dige une Constitution.

Mais je vois � pr�sent que dans une monarchie �clair�e elle est inutile.

Et l'interdiction de la soci�t� dont tu es membre, ne le nie pas,

je ne l'ai pas lev�e.

Le sang du tyran d�livrera la soci�t� de l'autocratie.

On ne peut qu'accepter le plan du Sud, prince.

Si d'ici le printemps le souverain ne nous accorde la Constitution promise...

Et s'il ne l'accorde pas?

Messieurs, j'attendrai l'ann�e 1826

et lors de la revue je remettrai au souverain ma t�te coupable.

Le souverain me fera ex�cuter.

Mais il accordera � la Russie le Code que vous �tes incapables d'obtenir.

Le tonnerre roulera, messieurs!

Je suis probablement condamnable...

Si cela ne se passe pas comme pr�vu,

j'esp�re que tu feras au moins l'effort de nous comprendre.

Nous?

Seigneur, nous?

Marie!

Qu'est-ce que c'est?

Seigneur, qu'est-ce que c'est?

Marie! Macha!

Seigneur! C'est un pr�sage!

Un pr�sage!

Un mauvais pr�sage! Seigneur! Pardonne-moi!

Tu es s�r, pr�s de la balan�oire?

Marie!

Ma petite Marie... Voyons, c'est fini...

Je t'assure que ce n'�tait rien, calme-toi.

Jamais je n'aurais pens�...

Allons, calme-toi. Un incident de rien du tout.

Je t'assure, allons...

Demi-tour!

Faites demi-tour, Excellence!

Un soldat a �t� post� devant votre demeure.

N'allez pas � Oumagne! Courrier de Petersbourg...

L'ordre d'arrestation du tsar...

Faites demi-tour, Excellence!

Trop tard pour faire demi-tour.

Hippolite!

Hippolite, je vous prie.

Voici quelques lettres pour ma femme.

Distribuez-les, en sorte qu'elles soient post�es d'endroits diff�rents.

Ma femme est encore mal remise.

Qu'elle l'apprenne le plus tard possible.

Ce sera fait.

En route!

L'hiver 1825-1826 divisa profond�ment la noblesse russe.

L'accession au tr�ne de Nicolas 1er,

successeur d'Alexandre,

fut marqu�e par une premi�re insurrection.

Qui va rendre compte au Souverain � mon sujet?

Mauvaise plaisanterie, capitaine. Nous n'avons pas l'ordre de vous arr�ter.

Le jour de la prestation d'all�geance vous �tiez au r�giment.

N'est-ce pas vrai?

Oui, mais j'ai rejoint les insurg�s quand ont a point� sur eux les canons.

Vous vous chargez calomnieusement.

Je faisais partie de la soci�t� secr�te etje dois partager leur sort.

Il a perdu beaucoup de sang et n'a pas mang� depuis deux jours.

Remis son �p�e sans difficult�

mais quand ont l'a conduit au corps de garde

a oppos� de la r�sistance ce pour quoi il a �t� ligot�.

Pour cause d'�vanouissement d� � la faim...

Il est bless�, qu'il reste assis.

Je savais te trouver ici.

C'est toi qui parlait d'exterminer la famille imp�riale? C'est toi?

Non, jamais je n'ai dit �a � personne.

Finissez.

Jamais dit �a � personne, mais je l'ai toujours pens�.

Debout!

Vous offensez leur auguste grandeur?!

Pardonnez, comment offenserais-je leur grandeur?

Quand ils ont les forts, l'arm�e, la flotte. Quand ils tirent � mitraille!

Qu'est-ce que �a peut leur faire si je dis: tsar Nicolas, tu n'es qu'un porc?

Tu oses rester assis en pr�sence du...

Canaille! Porc! Ordure!

L'encha�ner, qu'il ne puisse bouger d'un pouce! Ce gredin!

Au r�giment vous juriez mieux.

Catherine!

- Quoi qu'on te dise sur nous... - Tais-toi!

Dieu est ton seul juge, Serge! Toi et tes amis.

Monsieur l'Ambassadeur, des fonctionnaires russes sont ici,

le Ministre des affaires �trang�res en personne...

Qu'est-ce, monsieur le Ministre? Chez moi � une heure si matinale?

Je suis aux regrets de vous importuner � des heures indues,

mais chez vous

a pass� la nuit votre parent prince Troubetsko�.

Si vous gardez le prince � l'ambassade, il vous sera remis une note.

J'ai envoy� chercher le prince, mais s'il refuse de se pr�senter...

- C'est �pouvantable... - Tout va encore s'arranger, peut-�tre.

Pla�t-il, messieurs?

L'Empereur vous demande.

Quand?

lmm�diatement.

Pensez-vous, prince!

Ludwig, j'esp�re que vous prendrez soin de Catherine.

Catherine! Que fais-tu ici?

Avec les soldats on peut s'attendre � tout!

Je t'en prie, Papa, o� est Serge?

Il n'y a pas de Troubetsko� ici!

O� est Serge?

Va-t'en vite, ce sont les insurg�s!

Les insurg�s? lci? O� est Serge, je t'en supplie!

D�p�che-toi de partir! Sur-le-champ!

Avez-vous ne serait-ce qu'une compagnie?

Votre Majest�, l'artillerie a pr�t� serment, les pi�ces ont pris position.

Votre Majest�!

Les grenadiers sont dans la cour. Ne vaut-il pas mieux retourner?

Ce sont les insurg�s.

Votre recommandation vient un peu tard, g�n�ral.

Je vous salue, mes gar�ons!

Comment, vous ne me reconnaissez plus?

Votre Majest�, la compagnie du 1er R�giment Pr�obrajenski est sur place.

Mais il y a eu maldonne, les fusils n'ont pas de cartouches...

- Vous cherchez quelqu'un, lieutenant? - Les n�tres, Votre Majest�!

Puisqu'on en est l�, je vous ouvre le chemin, passez.

Ouvrez les rangs!

Ouvrez par le milieu!

Hourra � la Constitution!

Troubetsko�!

Soldat, peut-�tre que nul d'entre vous ne m'a jamais vu,

ne m'a jamais entendu?

Qui se souvient ici de moi? Qui me conna�t?

Soldats, ceux qui ont servi avec moi, ils ne se rappellent pas non plus?

Ni les troupiers de Moscou...

Ni les grenadiers de la Garde...

Mais alors, si je vous rappelle les batailles o� j'�tais avec vous...

les campagnes...

o� nous avons grelott� ensemble sous la neige?

Je crois qu'ils ne savent pas � qui pr�ter all�geance.

Pour le Tsar, pour la Patrie!

Pour le tsar ou pour la constitution... Si je savais qui c'est celle-l�...

Qui d'entre vous fut avec moi � Kulm et � Leipzig,

� Amst�dtten,

� Brienne, Pr�-Champenois et Reims,

� Bucarest, Obeleshti,

au lac d'Oberalt, � Tarentine,

� Vilno et � Borodino?

Personne n'en fut?

Gr�ces � Dieu! Il n'y a donc pas un seul soldat russe ici.

S'il se trouvait ici un officier, un soldat russe,

vous le sauriez, qui est Miloradovitch!

Mais je ne vois que des gamins! Des troublions, des brigands, des gredins!

Vous entachez l'uniforme russe!

L'honneur militaire qui s'attache au titre de soldat!

Vous faites la honte de la Russie!

Des criminels devant le Tsar et la Patrie,

devant Dieu!

Qu'est-ce que vous avez con�u l�?

Qu'est-ce que vous avez fait?

� genoux devant le Souverain l�gitime Nicolas Pavlovitch!

� genoux, les enfants! Tous!

Le g�n�ral est bless�!

Oui, Eug�ne.

En partageant tes vues, nous restons fid�les au tr�ne et � un souverain

que nous m�prisons pour ce qu'il nous a tromp�s!

Mon cher Serge, l'habitude est dans la nature des Russes.

Tu le disais tout r�cemment encore.

Prince Troubetsko�, vous avez connaissance de ces feuillets?

Prince Serge Petrovitch, r�pondez!

Un manifeste.

cr�atures et b�nis ce qui t'appartient.

Abolition du r�gime en place...

Abolition du droit de propri�t� sur l'�tre humain...

�galit� des castes devant la Loi... >>

Noble, marchand, bourgeois, paysan,

tous ont les m�mes droits?

C'est vous qui avez �crit ceci?

Je vous prie de vous souvenir.

n'est ni la propri�t� ni le bien

d'une personne ou d'une famille quelle qu'elle soit.

Le servage est � abolir r�solument>>.

C'est votre �criture.

En Russie la r�volution

est une absurdit� au m�me titre qu'une femme grenadier.

Dans quel but le bourgeois sort le couteau en Europe?

Pour usurper des droits qu'il n'a pas, pour se livrer au pillage.

Si vous parlez de ces soci�t�s, du genre Francs-ma�ons, moi je connais.

Beaucoup de bruit et d'animation, de la d�termination en paroles.

Et quand on s'est s�par� tout retourne au silence.

Sa Majest� imp�riale Alexandre Pavlovitch!

Nous vieillissons, Miloradovitch.

La Russie a besoin de forces, d'�nergie neuves.

Nous traversons une p�riode difficile, les champs sont �puis�s, la semence...

Les paysans s'alimentent d'exp�dients, le pain manque.

On les vend � la pi�ce, les familles sont bris�es, les femmes perverties,

les jeunes filles d�flor�es.

Tout ceci en plein jour! Pas de peur, l'oppression est consid�r�e comme due!

Les ma�tres disposent de l'honneur, des biens, de la vie m�me des petites gens!

Les n�gres dans les plantations sont plus heureux que nos paysans.

On voit des brutes qui obligent les paysannes

� allaiter leurs nich�es de chiens de chasse.

Tout noble qui s'oppose � l'acte de lib�ration

ne peut �tre consid�r� autrement qu'ennemi de la soci�t�.

Et le premier ennemi est le souverain empereur.

Je suis las.

Mes esp�rances vont � Dieu, car il est dit:

je ne me f�licite que lorsque je me sens faible

car c'est alors que le Seigneur me conforte...

C'est votre main?

La mienne.

Qu'avez-vous fait?

Vous avez conscience de ce que vous avez fait?

Prince Troubetsko�! Quel nom!

Colonel de la Garde...

Que se passait-il dans cette t�te

le jour o� vous avez attach� votre nom � pareille ordure?

Laissez-nous!

Votre sort sera �pouvantable.

�pouvantable...

Quelle charmante �pouse.

Vous avez bris� la vie de votre femme

Seigneur...

Je peux vous fusiller.

Vivre vous serait une punition.

Ex�cutez-moi

L�vachov!

Votre chance, Serge Petrovitch, que vous n'ayez pas d'enfants.

Au bonheur la chance!

A pas peur, mamselle, je suis chanceux, on passera bien...

P't'�tre ben qu'oui!

Au bonheur la chance! P't'�tre ben qu'oui!

Vous vous appr�tiez � tuer toute la garnison, mademoiselle?

Et tout cela pour le lieutenant Annenkov?

Soit dit en passant, vous �tes arriv�e � temps.

Aujourd'hui on a d�livr� votre cher ami du noeud coulant.

Mon Dieu!

Arr�tez! O� vous allez!

Halte!

Contre-ordre!

Calmez-vous, la serviette s'est d�chir�e, on l'a remont�.

Ne m'attardez pas davantage. Cela fait 2 jours que je suis arriv�e de Moscou.

Deux jours, monsieur.

Vous n'avez pas de coeur!

Comme les Russes ont chang�!

� vous entendre, la guillotine a �t� invent�e � Kostroma.

�a fait longtemps que dans votre pays les insurg�s auraient �t� ex�cut�s.

C'est vrai, monsieur, mais ils auraient eu des avocats.

Pour la visite, les demandes sont adress�es � la commission d'enqu�te,

puis soumises au visa du Souverain.

- Vous comprenez? - Non.

En russe, je t'aurais expliqu�.

Monsieur, vous �tes si fort et moi je suis faible...

Et pourtantj'ai pu venir jusqu'ici.

Est-il vraiment impossible � vous, un homme si fort,

de m'aider, moi une �trang�re perdue dans votre pays.

Regardez, c'est tout ce que je poss�de.

Je le garde de ma m�re.

P't'�tre ben qu'oui...

P't'�tre ben qu'oui... Au bonheur la chance...

Trochka!

Votre honneur!

Mademoiselle Pauline!

La vie du cavalier de la Garde est br�ve, c'est ce qui en fait le grand charme.

Sonne trompette, branle-bas, monte le chant des sabres entrechoqu�s.

L'alerte vibre encore dans les airs, que le chef a d�j� saut� en selle.

Ne jurez jamais � la jeune pucelle amour �ternel ici-bas...

Pas trop t�t.

Colonel, que faites-vous ici?

Excusez, mademoiselle, c'est que je suis ici chez moi.

Comment, ce n'est pas une auberge?

Rien de grave. Cela vous donnera une nuit de r�pit apr�s le pucier cantonal.

Je n'ai pas saisi, c'est votre demeure?

C'est le domaine de ma m�re.

Il y a l� des quintaux d'argent... Je suis seule, j'ai peur et ces cafards...

Ces grillons...

Ces quantit�s de gnole qu'ils ont distill�es � ce dimanche. Et maman?

Petite maman leur donnera du fouet...

Hormis cette femme sourde, il n'y a pas une �me vivante dans cette maison.

Personne ne vous importunera.

N'essayez pas, rieur, de prolonger les jeux de la jeunesse:

La gloire n'estjamais s�re tant que le sang n'a pas coul�.

Et le monde a beau ressembler � un r�ve, � votre front se lit l'angoisse.

Ne jurez jamais � la jeune pucelle amour �ternel ici-bas...

25 verstes � pied ce n'est pas folichon.

Il se fait tard.

Il serait plus raisonnable de retourner.

Laissez-moi! J'insiste!

Ah, bon! Si vous ne m'aimez pas...

Et qu'allez-vous donc faire?

- Je me battrai! - Avec qui?

Celui qui posera le regard sur vous!

Et s'ils sont plusieurs en m�me temps?

Je me battrai avec eux tous!

lls vous tueront et vous ne l'aurez pas vol�!

Je vous aime, � la folie!

lci des milliers de Russes et de vos compatriotes ont trouv� la mort.

En 1812, c'�tait la guerre. a d�ferl� en ces lieux.

Peut-�tre que par l� reposent les cendres de mon cher oncle,

l'hommes le plus gai que la terre e�t port�.

Mon oncle et mon p�re ont servi dans la Grande arm�e.

Votre p�re � combattu la Russie?

Non, il est mort en Espagne.

je n'avais pas neuf ans quand je suis devenue orpheline.

Taisez-vous! Depuis l'enfance cette musique me crispe.

Mon p�re le ha�ssait, Bonaparte.

Tout royaliste qui e�t soutenu les Bourbons l'aurait pay� de sa vie.

Mais un changement de r�gime c'est toujours la mort et la d�solation.

Seulement, si ces bouleversements n'avaient pas eu lieu en France,

je ne vous aurais jamais rencontr�e en Russie.

Jean, j'organise votre �vasion.

Je soudoie les soldats. Je donne un somnif�re � l'officier, ou du poison.

Vous vous r�fugierez � l'�tranger.

C'est impossible, je dois partager le sort de mes camarades.

Non, je ne peux l'imaginer! J'ai d�j� fait le n�cessaire...

Je dois partager le sort de mes camarades.

Tout va dans le bon sens.

Le destin s'est clairement prononc�.

Il vous �pargne le sort cruel de l'�pouse du bagnard.

Vous �tes fou!

Ce serait pour moi un bonheur d'�tre l'�pouse d'un banni

si votre sort s'en trouvait quelque peu soulag�.

C'est la v�rit�?

Vraiment?!

Nous unissons le serviteur de Dieu Jean

et la servante de Dieu Parasc�ve.

En as-tu l'intention pure et d�lib�r�e?

- Qu'est-ce que tout cela veut dire? - C'est-�-dire?

Nous revenons dans un instant.

Mademoiselle Pauline?

Expliquez-vous! Qu'y a-t-il?

Sachez que m�me si je crevais de faim,

jamais je ne me marierais avec un sac d'argent.

Bon voyage, mademoiselle.

Adieu!

Autrement dit, je ne vous plais pas?

Bravo, lieutenant, vous apercevez enfin ce d�tail de rien du tout!

Vous avez beaucoup trop d'aplomb. Je n'ai que du m�pris pour vous.

Un petit seigneur pr�somptueux et infatu� de soi.

Dieu, quel �ne!

- Laissez-moi, disparaissez! - Pauline, je ne vous crois pas...

Taisez-vous!

Je vous d�teste!

C'est la v�rit�?

C'est la v�rit�, Jean, je veux �tre votre femme.

� pr�sent, personne ne pourra plus me soup�onner d'�tre mue par l'int�r�t.

Pas m�me � la maison de mode o� je travaille encore.

Votre sac, mademoiselle.

�coutez-moi, Jean...

Merci, Pauline... Je ne suis pas digne de votre amour.

Vous referez encore votre vie... Vous serez heureuse...

Oubliez-moi. Oubliez pour toujours!

Jean! Je vous d�fends de me parler ainsi!

Je ne puis �tre heureuse sans vous...

Pour moi tout est fini! Adieu!

Je hanterai le monde et quand viendra l'ange de la mort, mes mains offertes...

Mademoiselle, le jour se l�ve. La ma�tresse vous demande.

On ne vous recevait pas parce que le d�ner s'est prolong� toute la nuit.

...Je d�sire garder une place pour une personne

avec laquelle je suis d�sormais li�e � jamais.

Mon tr�s cher! Quelle sorte de tourment avait-on sur le coeur?

Milord, tout est perdu, sous peu mon petit fr�re

convole avec la dame Cl�mentine...

Malheureuse Henriette!

Quelle destin�e pour la jeune fille

qui fait l'ornement de l'Univers...

Je regrette beaucoup, madame,

mais je dois vous dire que votre fils est aux arr�ts de forteresse.

Mademoiselle dit

que son excellence lvan Alexandrovitch a �t� mis au cachot.

Je parie qu'il a encore fait des dettes?

Madame... Sa vie est en p�ril.

�coutez voir ce qu'il �crit!

� port�e de la main

pour en finir de mon existence>>.

Ivan Alexandrovitch songe � se donner la mort.

Voil� o� la famille se r�jouira. Tous ces gredins en auront pour leur grade.

Vous seule pouvez acheter un passeport pour votre fils.

Moi je ferai tout le reste.

Un passeport et notre ma�tre peut s'enfuir...

Mon fils, fuir?

�a, jamais!

Votre r�ponse est digne des Romains, mais leur temps est r�volu.

Jean est un enfant.

Un petit enfant, lvan Alexandrovitch.

Du joli, le petit enfant qui � contract� chez les Fran�ais la peste ma�onne

et qui s'est mis en t�te d'�pouser une Fran�aise...

Ce ne serait pas toi, par hasard?

Conforte, Seigneur, nos forces d�faillantes.

Cela m'a boulevers� jusqu'aux tr�fonds du coeur.

Vous devriez �pouser une Anglaise, au lieu d'une Italienne.

Ne prenez pas une d�cision qui peut faire la fortune de Cl�mentine.

Moi, mon coeur a de la fiert�.

Je d�sire que vous pensiez � moi avec tendresse.

Chaleur de l'�t�, froidure de l'hiver...

Petite maman, je...

Ma m�re, je crois qu'il est temps que je me pr�occupe de fonder une famille.

>

Qui t'a pri� de venir � Moscou?

Ma m�re, je suis fianc�. Veuillez m'�couter jusqu'au bout.

Tiens! Voyons cela. Sur qui donc tu as pos� l'oeil � Petersbourg?

Vous l'avez vue, mais je doute que vous vous en souveniez.

Elle a une place ici, dans une maison de mode fran�aise.

Que tu es idiot, je le savais. Tu veux � pr�sent l'apprendre au tout-Moscou?

Que me soit m�decine votre main aimable.

Marquise, je couvre de baisers ma tendre fille,

je la lave de mes larmes.

Ma m�re, ne me forcez pas � recourir aux extr�mit�s.

Ma d�cision est r�fl�chie, je n'en d�mordrai pas.

[Skipped item nr. 462]

Vous me d�sh�ritez?

Cl�mentine s'est �prise de ta beaut�. Je suis indigne de toi

- Ainsi, j'encours votre mal�diction? - Hors d'ici, toi!

Vous ne m'avez pas r�pondu.

Fiodor!

Pas de chevaux pour lvan! Qu'il d�guerpisse comme il veut!

Mon portrait, rien � voir avec Grichka.

L'h�ritage sera en bonnes mains.

- Si, priez comme il faut Madame... - Dis-moi, F�dia!

Peut-on parler de sac d'argent quand votre m�re vous d�sh�rite?

Comment �a, Monsieur, c'est-y pas possible, mon Dieu...

Comme je te dis.

Halte!

Par ici, tenez-la!

Qu'est-ce que cela veut dire!

L�chez-moi!

Monstres crasseux! Ne me touchez pas!

Brutes!

Te mets pas en col�re.

Tu habiteras ici, tu �pouseras un g�n�ral,

et mon idiot tu l'oublies.

Tu sais combien il y a de diamants sur toi?

Pour cent mille roubles si ce n'est plus.

Je donnerai des bals.

Rendez-moi mon v�tement.

Ils font la fine bouche.

Nullement, prince. Je ne cherche pas des coupables.

Au contraire, je laisse la porte ouverte � la justification.

Mais ma position devient intenable d�s lors qu'on me retire la confiance.

Or je ne suis jamais que le premier citoyen du pays.

Vous avez pris les armes contre un ami de votre cause

ce qui a pour effet de paralyser mes propres intentions.

� la hauteur o� je me tiens cela ne peut m'�chapper:

s'il y a eu faute, en effet, de la part de quelques personnages,

il y avait aussi des raisons g�n�rales de m�contentement.

Une masse de gens est impliqu�e.

Ceci m'importe beaucoup plus que la culpabilit� de tel ou tel autre.

Vous avez une �pouse, la fille de Ra�evski.

Un fils vous est n� il y a peu.

Vous n'avez pas � vous inqui�ter, vos enfants sont mes enfants.

Si vous pr�tez serment d'all�geance au tr�ne, je puis vous pardonner.

Dieu soit lou�, nous pensions d�j� que quelque chose n'allait pas.

Que lui est-il arriv�? Le m�decin l'a vue?

Calme-toi. Il l'a vue. Pas besoin de m�decin, d'ailleurs, pour le savoir.

- Savoir quoi? - Un cas o� la naus�e est de rigueur.

Si Dieu le veut, � l'automne nous aurons un petit-fils.

Dans la mesure du possible, Serge Grigori�vitch,

je vous prie, ne me laissez pas seule pour longtemps.

Nous nous voyons si peu.

C'est �trange, je vous connais aussi mal que par le pass�.

L�vachov.

Je vous prie.

Je puis vous pardonner, prince Serge Grigori�vitch.

Tout le mal est l� - vous pouvez tout, vous �tes au-dessus de la loi.

Pour ma part, j'aurais voulu que vos sujets d�pendent de la loi

et non pas de votre bon vouloir, de vos caprices et de vos humeurs versatiles.

Aux fers. L'enfermer comme un criminel.

Un cr�tin fini ce prince!

Ou un menteur et une fripouille au plein sens du mot...

A�e-a�e-a�e, mon petit prince, mon petit Micolas...

Mon petit Micolas, parfaitement!

l�gor!

- La porte est ferm�e, que signifie? - On a dit de la fermer pour la nuit.

Alors tu l'ouvriras.

Sans faute, Excellence. Je vais le dire � Alexandre Nicola��vitch.

Marie!

Que t'arrive-t-il?

Marie!

Vous cachez le courrier? Je n'apprends les malheurs de l'hiver que par la rumeur.

Pas une lettre de Serge. Et maintenant cette assignation � r�sidence.

Allons, Marie, que vas-tu encore inventer?

Il se peut qu'il soit � la fronti�re turque. P�re rentrera, il nous dira.

P�re est � Petersbourg, il n'est pas en Bessarabie.

Je suis si lasse, Alexandre.

Depuis le d�but de cette horrible ann�e je vis dans une angoisse permanente

et vous venez me conter des histoires.

Cela n'est pas dans les r�gles de notre amiti�, c'est cruel, � la fin.

Comprenez donc qu'aucun tourment n'est comparable � l'incertitude.

Si tu ne me dis pas o� est Serge, je prends le chemin de Petersbourg.

Tu sais que je parle jamais en l'air.

Serge Grigori�vitch... comment te le dire...

Que lui est-il arriv�?

Enfin, bon... Il a �t� d�p�ch� � Petersbourg.

En somme...

Parle donc!

Il a pris part � une conspiration antigouvernementale.

Merci!

- Comment dois-je vous annoncer? - Colonel Pestel.

Entrez, s'il vous pla�t.

Sinc�res excuses, nous d�barquons � des heures indues.

- Vous avez des ennuis? - Nous devons �tre � Oumagne � l'aube.

Permettez que je vous pr�sente: prince lablonski, monsieur Grodeczki.

- Vous devriez passer la nuit chez moi. - C'est exclu, Serge Grigori�vitch.

On nous demande d'urgence � Varsovie.

La soci�t� polonaise attend notre r�ponse.

� peine mari� - au r�giment?

Il n'y aura pas d'autre occasion avant un an et peut-�tre plus.

Quand et o�?

Demain � Oumagne, dans votre appartement, � 1 heure de l'apr�s-midi.

Bien. J'y serai.

Je vous remercie. Je savais que je peux compter sur vous.

Marie!

Merci!

�a te r�jouis?

Il n'y a pas d'horreur o� Volkonski ne trempe.

Il est bon pour la forteresse, sinon, pire encore, le bagne � vie.

Le pire que nous pouvions redouter est � pr�sent derri�re nous.

Maintenantje lui serai n�cessaire.

La nuit du 12 au 13 juillet 1826.

Ces criminels coupables de haute trahison

que nous condamnons � la mort politique,

apr�s d�gradation, restitution des d�corations et lettres de noblesse,

seront envoy�s aux travaux forc�s conform�ment aux peines prononc�es.

Lieutenant Annenkov, cessez cela! Cessez!

- Qu'est-ce que c'est? - Un travail b�cl�!

Sugg�rait d'arr�ter l'empereur

et la famille imp�riale lors de la prise du palais.

Dirigeait la soci�t� secr�te du Nord

qui se proposait de lever la r�volte.

A accept� d'�tre d�sign� comme le chef et le dirigeant de l'insurrection militaire,

bien que n'y prenant pas de part active.

Qui pouvait pr�voir que les bois seraient si longs � venir.

- Mais qu'y a-t-il? - Le chariot s'est disjoint en chemin.

Voyons voir, les moujiks...

Tous ensemble. Ensemble, vous entendez?

Les cordes sont trop courtes.

Manquait plus que �a...

Qu'y a-t-il donc?

Faites-le venir, et vite!

On t'engage en Russie pour quoi faire, toi?

Voil� 50 ans qu'on n'ex�cute plus en Su�de, et toi, o� as-tu les yeux?

Faut besoin patienter, Excellence.

Moujik tromp�, poteaux pas profond planter.

Par ici les bancs, et que �a saute!

Malheureux empire... Incapables de proc�der � une pendaison convenable.

Son Excellence demande le commandant!

Si nous n'agissons pas, nous m�riterons le nom de gredins.

Voil� en quoi je verrais un �chec!

Il nous faudrait commencer, pour �a nos forces sont suffisantes.

La bravoure militaire et la d�raison politique ne sont pas la m�me chose.

Dans notre situation l'insurrection signe notre perte.

Oui, nous sommes condamn�s � p�rir...

Mais notre exemple restera.

...Sont condamn�s � la peine capitale

Pavel Pestel, Kondrati Ryl�ev, Serge Mouraviev-Apostol,

Mikha�l Bestoujev-Rioumine et Piotr Kakhovski

au termes du verdict de la Cour.

Pendre lesdits criminels en ch�timent de leurs crimes gravissimes.

Quel jour est-on?

Seigneur, accueille en Ton sein Tes humbles serviteurs.

Pardonne-leur les p�ch�s et ouvre-leur Ton royaume...

Donnez votre main. Vous entendez? Il bat plus fort?

Rendez-moi mon mari!

Rendez-moi mon mari! Ne le tuez pas! Non!

Mon petit, demande qu'on te rende ton p�re, demande!

Demande pour toi et pour moi...

Notre Seigneur et Dieu J�sus-Christ,

Toi qui donnas � Tes disciples et ap�tres les divins commandements...

O� est le commandant?

Excellence, un pli du Souverain!

Son Excellence vous demande!

Gredin... Vil bourreau...

Enl�ve-les, tes aiguillettes...

Tu peux nous �trangler avec... Elles seront peut-�tre plus solides...

On n'y manquera pas!

Quoi, g�n�ral, vous venez voir comment nous allons mourir?

R�jouissez votre tsar, ses voeux s'accomplissent,

nous connaissons une mort atroce.

D�p�chez-vous de les pendre!

La corde ne vaut rien! Faut envoyer en acheter d'autre...

Je meurs dans la souffrance...

Mais heureux de mourir deux fois pour ma patrie...

En Russie on a toujours graci� les cordes rompues. Des fois que le tsar...

Ex�cutez!

Pardon � ceux qui nous ha�ssent, qui nous ont fait du mal,

et que nul d'entre eux par nous ne p�risse...

Seigneur Dieu de par Ta gr�ce notre Sauveur...

Seigneur magnanime en Ta mansu�tude...

Seigneur Dieu � l'infinie g�n�rosit�...

Votre Majest�!

Votre Majest�!

C'en est fait, Votre Majest�!

Nous accordons une attention sp�ciale � la situation des familles

dont les membres leur ont �t� arrach�s en vertu du crime perp�tr�.

La parent� transmet � la descendance la gloire des actes de ses a�eux,

mais n'entache pas d'opprobre du fait de leurs vices et crimes.

Personne.

Que personne � nul n'impute en faute sa parent�.

Ceci est proscrit par la loi civile et plus encore par la r�gle chr�tienne.

Qu'�tais-tu si press� de me dire?

Votre Majest�, on entend circuler un raisonnement des plus venimeux.

Le savetier se r�volterait en Europe par d�sir de notabilit� et de richesse.

Mais nos nobles r�volutionnaires, qu'en ont-ils diantre besoin?

Quoi, ils r�vent de devenir savetiers?

[Skipped item nr. 657]

Prince, r�ponds: quel �cho trouvent en toi les divagations de ma fille?

Dis � Macha que tu refuses son sacrifice.

D�cris-lui les privations qu'elle va endurer si elle t'embo�te le pas.

Ta lettre coupera court � ses illusions, ses espoirs et elle se fera une raison.

C'est-�-dire...

Vous voulez dire qu'elle m'oubliera?

Petersbourg, Petersbourg, Petersbourg, Tchernigov...

R�p�tez encore une fois!

Je le sais: pour la princesse Troubetsko�, quai des Anglais...

Pas encore couvert 150 verstes et d�j� trois lettres...

Prince Serge, sois un homme, un chr�tien.

Tu as d�j� bris� sa vie, ne sois pas son meurtrier maintenant.

Elle a une sant� fragile, elle ne supportera pas les affres du voyage.

Prince Serge, ne sois pas �go�ste!

Ton devoir de p�re et d'�poux...

N'est-il pas dans vos intentions d'abolir le pouvoir du souverain?

En lieu et place du monarque, de faire gouverner les conjur�s?

O� a-t-on �t� p�cher tout cela?

Si le succ�s nous sourit,

les soci�taires s'�carteront aussit�t de la vie politique.

Un instant, prince, toi qui acceptes froidement de courir le risque

de conna�tre le d�shonneur et la honte, d'y perdre m�me la vie, il se peut.

Et si vous r�ussissez? Aucune compensation pour le risque encouru?

Un mot de gratitude de la post�rit�, voil� tout ce que nous escomptons.

Et si la part que je prends aux affaires de la soci�t�

devait faire obstacle � mon bonheur familial,

ce serait certes � contrecoeur, mais je renoncerais � ce bonheur

plut�t que de trahir mes convictions et mon devoir.

Seigneur mis�ricordieux!

Et tu as pu t'unir dans le mariage avec un pareil p�ch� sur le coeur?

Bonne nuit.

Je ferai tout ce que vous demandez.

Adieu.

Dieu vous garde.

Et pardonn...

Dieu vous garde, martyrs de la v�rit�...

Deuxi�me partie

2000 verstes jusqu'� Ekat�rinbourg. Doux J�sus!

Presque 7000 jusqu'� lrkoutsk. On a peine � le croire...

Encore 800 jusqu'� Nertchinsk...

Oui, princesse.

Byron. Plutarque.

Je comprends ce que vous ressentez, princesse.

Mais dans ce genre de choses je suis tenu d'observer le r�glement.

Cela va de soi, Majest�.

La couturi�re du comte Orlov a �t� autoris�e � aller en Sib�rie

rejoindre son �poux condamn�.

Et ce qu'a fait cette roturi�re vous inspire?

La couturi�re n'y perdait pas grand-chose, tandis que vous...

La loi ne peut retirer � une noble ce qui est permis � la classe inf�rieure.

En en appelant au droit de la classe inf�rieure,

la noble dame risque de se mettre sur un rang d'�galit� avec...

Monsieur le comte, tout est pr�t!

Catherine, ma pauvre enfant...

Fuir la r�volution fran�aise pour marier sa fille � un conjur�...

Garde-moi, Seigneur, en sant� et en prosp�rit�...

Veille au salut de ton humble servante...

Oui, princesse.

En route, Dieu nous garde!

Maman, viens! Viens!

Maman, viens!

Attends.

Votre Majest�!

Arr�tez!

Veuillez parlez en russe.

Je ne parle pas le russe.

Approchez.

- Que d�sirez-vous? - Veuillez m'�coutez, Votre Majest�!

Majest�, � titre de faveur particuli�re,

permettez-moi de partager l'exil du colonel Annenkov.

Il est votre �poux?

Je serais unie � lui

si je d�cidais d'enfreindre les r�gles de la biens�ance.

Je me suis d�cid�e � risquer cette demande audacieuse

quand j'ai appris que les femmes russes ont voulu suivre leur �poux

et que vous avez leur avez accord� votre soutien compatissant...

Mais ce n'est pas votre patrie, madame!

Je renoncerai � la mienne.

Prenez sa requ�te.

Votre Majest�!

Arr�tez-vous, je vous en supplie!

Toute l'Europe parle de votre charit� � l'�gard des familles d�sunies.

Nul n'est proph�te en son pays.

L'Europe n'a pas dout� de mon coeur.

Vous aurez ma r�ponse dans les trois jours.

Avoir en propri�t� des serfs, baigner dans le luxe

et se croire libre?

Allons donc, messieurs!

Combien de temps encore la noblesse vivra dans la d�bauche et l'oisivet�?

Cet opprobre n'�veillera-t-il jamais en nous honte et d�go�tation?

Et vous, colonel, votre avis l�-dessus?

J'ai honte pour ma caste.

Je suis un esclave au m�me titre que les domestiques de ma m�re.

Avec la seule diff�rence que...

Nathalie, mon petit, o� vas-tu donc?

F�dia!

F�dia!

F�dia!

M�me avec mon valet, ce vieil homme qui m'adorait,

il m'est arriv� de me montrer le digne fils de madame ma m�re.

O� �tais-tu fourr�, F�dia?

Bon, pour cette fois je passe.

Merci humblement.

Madame votre maman s'est achet�e tant�t 150 coud�es pour se faire une robe.

Raconte pas.

Si, et c'est point du tout la 1-�re fois.

D�s qu'elle a vent d'une �toffe neuve encore plus ch�re, elle l'ach�te toute,

pour que dans tout Moscou,

qu'est-ce que je dis, dans tout Moscou,

pour que dans toute la Russie leur robe soit la seule.

Ivan!

Sainte M�re de Dieu, sauve mon petit lvan...

Enl�ve l�.

Mais attention avec ton peigne!

Voyons, que je regarde. Bon, la m�che peut rester.

Tu me fatigues, lvan.

L'autre fois tu tues quelqu'un en duel, � pr�sent tu flambes 60 mille au jeu.

Demain matin tu prends la route de Petersbourg.

Pas un sou dans la poche. F�dia pourvoira � tes repas.

Ta dette, je m'en charge. Et n'essaie pas de voir ton fr�re.

Fais-moi le baisemain!

Et � l'avenir, tu ne te montres pas � Moscou sans mon autorisation.

Messire Roland serra sa main avec force...

Mon Dieu, le m�me agr�ment,

les m�mes charmes sur ce gentil minois.

ma main, l'interrompit-elle,

vous me feriez d�plaisir en m'obligeant � vous le r�p�ter... >>

Mademoiselle Pauline!

Le champagne coule � flot, le regard s'embrume vaguement,

Tout semble bien en main et fait pour durer des si�cles.

Mais la croix de bois ou de fonte nous attend d�j� dans la nuit.

Ne jurez jamais � la jeune pucelle amour �ternel ici-bas...

L'in�galit� dressait une barri�re entre elle et moi.

Le croirez-vous, sire, mon arrestation m'a �t� une joie.

L'obstacle qui entravait notre v�ritable union, a disparu.

Me voici enfin priv� de droits, de ma fortune, de mon titre de noblesse m�me.

Halte!

Arri�re!

Vous, cavalier de la Garde, je vous �pargnerais volontiers.

Dites seulement, connaissant le complot pourquoi ne l'avez-vous pas d�nonc�?

Vous avez entendu la question? R�pondez!

Ainsi...

D�noncer les camarades contrevient au code d'honneur.

Comme si vous aviez la moindre notion de ce qu'est l'honneur!

- Vous savez ce que vous m�ritez? - La mort, sire.

Vous croyez que vous serez fusill�?

Que vous serez int�ressant?

Non.

Je vous ferai pourrir au fond d'un cachot.

Qu'est-ce que tu fais?!

Qu'as-tu en t�te?

Et toi, o� avais-tu les yeux?

� quoi bon?

Je ne vivrai pas.

- Plus vite! - Impossible, on va finir de les crever...

D�p�chez, plus vite, je vous en prie!

Il faudrait changer les chevaux, et qui nous en donnera des frais?

- Prenez. - Je vous remercie.

P't'�tre ben qu'oui! Au bonheur la chance! Plus vite!

On y arrivera!

Jean!

Jean!

Ne bougez pas! Arr�tez!

Jean! Jean! Ne partez pas!

La r�ponse de l'Empereur!

- Nous allons rester ici longtemps? - Faudra bien une semaine pour r�parer.

Septjours!

La casse est s�rieuse, Excellence. Vous avez vu le train qu'on filait...

Reste la malle-poste.

- Voyez, elle n'a pas de ressorts. - Tout le monde s'en sert bien.

Tout le monde? Les moujiks et les bagnards.

- On les convoie sur ces charrettes? - Bien s�r.

Avec l'aide de Dieu.

Qu'avez-vous, Charles?

Madame, songez � mes parents...

Je leur ai promis de faire demi-tour si la route devient dangereuse.

Non, comment ne vous ai-je pas persuad�e de passer la nuit � Omsk...

Les loups!

La princesse Catherine m'a donn� l'ordre de vous conduire � Tomsk.

J'ai l'argent de la route jusqu'� Petersbourg etj'ai vos gages.

Ils l'ont soulev�e doucement,

lls l'ont port�e � la maison,

lls lui ont fait son petit nid, juste comme pour le petit Mikola,

lls y ont install� la petite Katia et sont all�s cueillir des champignons.

permanente, plus s�v�re

qu'aux arr�ts de forteresse.

Ob�is � ton sens du devoir.

Tu es m�re, tu es fille.

Je veux bien tout sacrifier pour te procurer l'apaisement.

Marie, amie inappr�ciable...

Quelle que soit la d�cision que tu prennes,

m�me si elle conduisait � m'�ter � jamais l'espoir de te revoir un jour,

en ce malheur je serais grandement soulag� de savoir

que tu le partages pleinement avec moi

et que cette d�cision t'auras �t� dict�e par la cruelle n�cessit� >>.

Je refuse de le croire!

Je ne vous ferais aucun reproche.

Cher Serge,

le tsar Nicolas m'a questionn� avec partialit� au sujet du prince.

�videmment, j'ai disculp� Serge autant que j'ai pu.

Mais amoindrir la culpabilit� du prince s'est av�r� impossible.

Le souverain a m�me dit que Volkonski est indigne de notre soutien.

Je ne suis pas enclin � cesser de lui accorder mon estime

mais j'aurais consid�r� que les engagements de ma fille sont rompus.

Or je la comprends. Rien de plus dur qu'�tre � jamais s�par�e d'un vivant.

Ne te tourmente pas, mon p�re.

Je ne connais d'autres chagrins que ceux qui touchent � Serge.

Il faut probablement poss�der une force morale plus grande

pour ne pas se d�vouer � celui qui en a besoin.

Je sais qu'aux c�t�s de Serge, je saurais supporter tout.

Aller se faire enterrer vive?

Au nom de quoi? Volkonski a conspir�!

Ton premier devoir en ce moment c'est ton fils! Tu vas tuer ton fils!

C'est assez!

Il y a un an seulement vous me persuadiez des vertus de mon fianc�.

Et voil� que vous me refusez consolation.

Sachez-le, j'aime mon mari.

Et attends de vous ne f�t-ce qu'une goutte de compassion.

Tu te plais � te leurrer. Tu n'�prouves aucun amour pour lui.

C'est sans doute l'influence des lettres des femmes de Volkonski.

Mon Dieu...

Et de sa m�re en premier lieu, qui n'a plus sa t�te depuis longtemps.

Une h�ro�ne, assurent-elles, et elle s'y rue comme la derni�re petite sotte.

Comprends ceci, Macha. Si je savais que tu y vas par amour,

que ce fantasme ne se dissipera pas,

j'eusse consenti � ainsi t'enterrer vive.

J'aurais vers� des larmes de sang et n�anmoins je t'aurais laiss� aller.

J'ai le pouvoir de t'arr�ter. Arr�te-toi de ton propre gr�.

Ne te ressaisir qu'en Sib�rie serait pour toi un grand malheur.

Aies piti� de ton p�re!

Macha!

Princesse Catherine? Je vous prie!

Si je m'attendais � vous voir chez moi...

Gouverneur Zeidler � votre service - asseyez-vous.

Permettez que je reste ainsi.

Je comprends, un tel trajet sur ce qui nous tient lieu de routes.

- Pafnouti! - Je comprends, Excellence.

Puis-je savoir...

pour quelle raison on nous a refus� les relais?

Probablement les chevaux manquent-ils.

�trange. Le pr�pos� a fait �tat d'une interdiction.

Oui-oui-oui... pardonnez.

C'est-�-dire que je dois vous informer de certaines choses.

S'il est dans vos intentions de vous rendre � Nertchinsk,

je suis tenu de vous apprendre sous le coup de quelles mesures vous tombez.

S'il est dans mes intentions?

Je n'ai pas fait un tel trajet pour le seul plaisir de vous rencontrer.

Et nonobstant, vous allez devoir m'�couter jusqu'au bout.

Savez-vous que tout ceci devra �tre renvoy� au point de d�part?

Ni sommes d'argent, ni objets de prix,

ceci non plus ne peut �tre emport�.

Mais ce n'est pas tout.

Votre droit de servage

est annul� d�s l'instant o� vous d�passez lrkoutsk.

Vos gens n'iront pas avec vous.

Bien, ils n'iront pas.

Je crains, princesse, que vous ne...

Que vous ne vous repr�sentez pas tr�s bien ce que sera votre vie l�-bas.

Votre existence sera celle de la plus mis�rable des paysannes.

R�ellement?

Les isbas sont sales, puantes,

infest�es de vermine.

Pour nourriture, du pain et du kvass.

Le climat, j'h�site � en parler - effroyable, et pour vous - meurtrier.

Mais je serai l�-bas avec mon �poux.

C'estjuste.

Toutefois n'oubliez pas, princesse, que votre �poux est en prison.

Les visites seront rares, pas plus d'une hebdomadaire.

Une heure en pr�sence d'un officier, dans le local des prisonniers.

Je comprends... une heure... un officier... en sa pr�sence...

S'il vous pla�t, dites qu'on me donne des chevaux!

Vous avez bien assimil� que tout le reste du temps vous serez seule,

au milieu d'une population barbare?

Vous vous trouverez � la caserne avec 5000 bagnards marqu�s au fer,

des individus de la classe la plus m�prisable et la plus d�bauch�e.

Quelqu'un dirige ces mines?

Les chefs n'ont pas la possibilit� de vous prot�ger contre des affronts

qui peuvent aller jusqu'� la violence.

Les crimes ne sont donc pas ch�ti�s?

Princesse, les criminels endurcis

ne craignent pas les ch�timents.

Ils s'autoriseront m�me de vous tenir pour une des leurs,

comme la femme d'un criminel qui partage le m�me sort qu'eux.

Demande pardon, votre Excellence, le samovar est pr�t.

Accepterez-vous de prendre le th�, princesse Catherine?

Un breuvage irrempla�able, par ici.

Dieu vous aide.

S'il vous pla�t, dites qu'on me donne des chevaux!

Je vous prie.

Comme vous voulez, princesse.

Vous trouverez ici tout ce dontje vous ai avertie.

Votre signature signifiera que vous faites soumission � ces mesures.

Et maintenant, faites-moi vite repartir.

Je suis aux regrets, princesse, le document doit aller

� Petersbourg pour visa personnel de sa Majest� imp�riale.

Par courrier sp�cial.

Et combien faut-il attendre, monsieur le g�n�ral?

Un mois aller... un mois retour.

Quant � savoir quand le tsar daignera prendre connaissance et r�pondre...

ceci, vous vous en doutez, ne d�pend pas de moi.

Vous attendrez? Ou vous pr�f�rerez retourner chez vous?

Mon Dieu...

Ne vous d�chirez pas, princesse Catherine.

Devant Dieu vous �tes pure.

Ma�tresse, o� voulez-vous aller!

Piti� de nous!

Ordre de pas laisser entrer!

Vous n'entendez donc pas? Faites un geste!

Je ne pensais pas repasser un jour le seul de votre demeure.

Toutefois, avant de partir pour la Sib�rie,

je voudrais vous aider � retrouver les bonnes dispositions de votre fils.

Madame vient d'apprendre que son fils Gr�goire a �t� tu� en duel.

Juste Ciel...

Attendez.

Fichez-moi le camp.

Je vois que vous �tes une forte nature, mademoiselle.

Le voyage en Sib�rie est une dure �preuve pour une �trang�re. Restez.

Je vous ach�te une maison � Moscou.

Vous ne manquerez de rien.

Mais n'y allez pas.

Aussit�t morte,

la famille s'emparera de tous mes biens.

Mon fils estjeune.

Il supportera facilement tout.

Vous �tes beaucoup plus n�cessaire � sa m�re.

C'est impossible.

Je connais votre susceptibilit�.

Prenez, �a vous sera utile en Sib�rie.

Soutenez lvan.

Je suis entour�e de monstres, ici.

D�s que vous partirez ils vont m'empoisonner.

Je prierai pour vous...

Ivan ne m�rite pas une pareille beaut�.

Que non, ma�tresse...

Il ne la m�rite pas, ma�tresse. Que non, ce d�vergond�...

Tiens ta langue, toi!

Nos humbles remerciements.

Lui faut prier le Ciel pour son petit lvan, cette va-nu-pieds fran�aise...

Prendre son fils l�-bas...

Prendre son fils l�-bas...

Maman!

...On ne peut pas permettre cela... on ne peut pas...

Maman!

Pour mon fils je te prie, sainte M�re de Dieu, pour mon fils...

J'aime l'enfant qui n'est pas encore venu au monde.

Mon �poux me sera plus aimable

quand je le retrouverai identique dans mon petit, dans le sang de son sang.

Secoure-moi, Seigneur, secoure-moi...

...De pareils sentiments envers le p�re de mon enfant � venir...

P�cheresse que je suis!

- Le courrier est remis? - Comme vous en avez ordonn�.

- Macha est chez elle? - Elle est mont�e dans la chambre.

Vous m'avez appel�e, papa? Je jouais au jardin.

Assieds-toi, Macha.

Le prince Serge Volkonski demande ta main.

Le prince est excellent homme, une maison notoire.

Tu seras heureuse avec lui.

J'ai donn� mon assentiment, j'esp�re que tu feras comme il sied � ma fille.

- Mais... je ne le connais pas du tout. - Le mariage est dans un mois. Va.

Mon fils nage dans le bonheur.

Mon mari se morfond.

Ma place est aux c�t�s de mon mari.

Marie! Et ton p�re, Marie!

Mais qu'est-ce qui nous vaut pareil ch�timent?

Tu auras ma mal�diction si tu ne rentres pas dans l'ann�e.

Reviens vite!

Nous allons tous t'attendre, Macha!

Pas vers� une seule petite larme.

C'est la femme la plus �tonnante de toutes celles que je connaisse.

Pourquoi ne pas prendre sa retraite

etjouir de sa vie en famille, �lever ses enfants?

Mon cher Serge,

Il y avait longtemps que je n'avais pas vu l'empereur, et dois reconna�tre

que mes sentiments ont chang� � son �gard.

Si tu le vois, rappelle-lui que la princesse ne l'oublie pas.

Te voil� plus gaie, cousine.

Quand je t'ai vue en Italie, tu �tais si triste.

Les femmes russes n'aiment pas voyager.

Leur attachement au foyer est in�gal�.

Les eaux ti�des de l'ltalie t'auront profit�.

Je ne puis te dire � quel point le docteur m'a r�confort�e.

� l'en croire, dans moins d'un an je pourrai faire pr�sent � Serge

d'un angelot.

Je prierai pour toi.

...Demain, cher h�te, allez voir son op�ra.

Tu d�sirais me voir? Me voici!

- Je ne vais pas vous g�ner? - Non, nous avons termin�.

N'oubliez pas que ce soir nous sommes invit�s chez la duchesse.

Pourquoi attendre inutilement?

Puisqu'ils sont absents.

Leur Excellence, quand ils sont mal, ils restent chez le docteur.

Il leur fait des onguents et des compresses. Comment s'en iraient-ils?

S�r qu'ils passent la nuit l�-bas, ils seraient depuis longtemps ici sans �a.

Vous avez eu tort d'attendre, votre Excellence, il fait d�j� nuit.

Montesquieu. >.

Est-ce que je leur aurais pas port�?

Je vous prie.

Une fois de plus je n'ai pas pu vous recevoir.

Je suis souffrant et n'ai quitt� le lit que pour une affaire pressante.

Et puis, la r�ponse du tsar, comme vous le savez, est encore...

Bien... bien...

Je n'ai rien pour votre consolation, princesse.

Si je ne m'abuse, c'est votre dixi�me visite?

Excusez, la onzi�me.

Vous voyez...

O� est ma lettre, g�n�ral?

O� est le papier que j'ai sign�?

- La r�ponse n'a pas pu se perdre? - Voyons, le courrier imp�rial...

Vous voyez.

Je ne voudrais pas ajouter aux soucis de sa Majest� l'imp�ratrice.

Pafnouti!

- Le papier? - Il attend, comme ordonn�.

Exp�die-le cette semaine. La semaine prochaine.

Voulez-vous mardi?

Vendredi. Vendredi sera l'id�al.

Vendredi sera l'id�al.

Oui-oui-oui...

Vendredi sera l'id�al.

Tenez, ne serait-ce que les vari�t�s de Petite-Russie...

Ou, par exemple, la rainette...

Et celui-ci, il fut plant� l'ann�e

o� Marie est n�e.

Qu'est-ce que la soeurette a marqu� de son ongle mignon?

Mieux vaut fauter envers la noblesse qu'envers la vertu.

La femme du charbonnier est plus digne d'estime que l'amante du prince.

Comment trouves-tu le prince?

Serait-ce que mon fr�re aurait l'intention de jouer les marieurs?

Qui sait? Volkonski est c�libataire, un des plus beaux partis de Russie.

Et si j'attendais un �lu plus modeste, pourquoi me presser?

Je prendrais la cl� des champs plut�t que m'unir avec ce brillant Apollon.

Ma soeur fid�le � la malchance...

Ma soeur fid�le � la malchance,

Espoir reclus dans un sous-sol obscur...

Espoir...

Espoir...

Espoir.

Bien s�r, n'aime-t-il pas le pays celui qui se sacrifie pour ses convictions,

qui pose pour elles sa t�te sur le billot?

Doit-on lui refuser le respect

du seul fait qu'il ait lanc� son projet pr�matur�ment?

En route, Excellence.

Prenez place, je vous prie.

Excellence!

Ordre du tsar de rattraper votre Excellence.

Une d�p�che de Petersbourg.

S'il vous pla�t, lisez.

[Skipped item nr. 411]

� quitter les lieux du bagne avant le d�c�s de l'�poux.

Et m�me apr�s sa mort le gouvernement ne prend pas d'engagement

concernant l'autorisation aux �pouses de criminels de regagner la Russie.

Je vous remercie.

Et maintenant, dites-moi si Ekaterinbourg est encore loin?

200 verstes, Excellence.

Excellence? �a alors! Quelque chose ne va pas?

Nous vous annon�ons.

Vont-ils seulement vous recevoir. Qui pouvait savoir?

Monsieur, la r�ponse �tait l� il y a une semaine.

Ne cherchez pas � ruser!

Vous le savez aussi bien que moi.

Vraiment, princesse? Moi, je ne l'ai pas encore lue.

Le temps m'a manqu�, est-ce pas malheureux?

Eh bien, lisez, monsieur!

Naturellement, je vais lire �a.

Mais j'ai un gros courrier de la part du tsar, pas rien que votre affaire.

- Dans une petite semaine... - Monsieur!

Vous m'immobilisez depuis bient�t 6 mois!

Eh bien, comme vous voulez. Pafnouti!

Prenez connaissance.

Lisez ce qui est exig� de vous.

Vous savez bien que cela ne m'importe pas.

Vous vous trompez, oh comme vous vous trompez, princesse.

L'�pouse qui suivra son �poux participera de ce fait � son sort et

perdra ses rangs et titres pr�c�dents, quelle qu'en soit la qualit�,

c. -�-d. qu'elle ne sera plus not�e que comme la femme du d�port� au bagne,

acceptant par l� de subir avec lui toutes les cons�quences f�cheuses

que cette condition peut entra�ner, � savoir:

les enfants ayant grandi en Sib�rie

auront statut d'ouvriers ruraux...

sans droit de succession ni droit de porter le nom du p�re,

du fait qu'ils seront catalogu�s serfs.

Vous avez souffert le supplice inutilement.

Au lieu de vous conformer sur-le-champ. Vous seriez chez vous depuis longtemps.

Et la famille ne se d�solerait pas en l'absence de la fille bien-aim�e.

C'est tout? Je puis aller rejoindre mon �poux maintenant?

Vous ferez le n�cessaire pour qu'on me donne des chevaux.

Vous est-il d�j� arriv� de voir des bagnards dans les fers?

R�pondez!

Pourquoi criez-vous?

Qui vous a donn� le droit?

Vous avez donn� le droit!

Vous �tes la femme d'un bagnard.

Vous irez � Nertchinsk sous escorte.

Vous serez encha�n�e aux pieds et aux mains.

Vous serez convoy�e avec le contingent des for�ats.

Vous serez li�e avec tous les autres, comme on le fait des criminels pour...

qu'ils ne s'�vadent pas.

J'avais oubli� de vous dire: sur les 500 hommes qui forment le convoi

pas plus d'un tiers n'arrive � Nertchinsk.

Alors?

Vous �tes consentante maintenant?

Tout m'est �gal, je dois y aller.

Dites qu'on apporte les fers.

Vous irez, vous irez...

Je ne peux plus vous tyranniser davantage. Pardonnez, princesse.

On a fait pression sur moi, outrageusement.

Le convoi c'�tait pour effrayer. Vous aurez vos chevaux, Dieu vous prot�ge.

L'hiver 1826-1827 n'en finissait pas � la mine de Blagodatsk.

Non, non, tu peux aller l�-bas.

Tu m�rites pas l'indulgence qui t'est accord�e!

Une indulgence?

Que tu sois admis � travailler est une indulgence au regard de ta faute.

C'est par ta modestie et ta conduite que tu dois prouver ta soumission.

Je suis malade, vous le savez, mon cher.

Parce que toi, tu es venu ici te faire soigner?

Debout, quand on te parle!

Voici qu'on se r�veille, ma petite Aliona se r�veille...

Voil�, on va lui donner son manger...

Seigneur!

Regarde-moi ces joues!

Patientez encore un peu, ma�tresse.

Nous y voici, en terre promise.

Halte! O� vous allez?

C'est interdit par l�.

Est-ce ici qu'est d�tenu le prince Volkonski?

Y a pas de princes, ici. �a serait tout des for�ats plut�t.

J'ai fait le voyage pour retrouver mon mari, 7000 verstes.

Allez-y, et vite!

Des fois que le commandant se pointe, nom de nom.

Mon Dieu...

Pardon...

Un an apr�s, au printemps 1828...

As-tu, Parasc�ve, l'intention pure et d�lib�r�e

de prendre pour �poux lvan,

lui que tu vois ici pr�sent devant toi?

Mademoiselle Gable, acceptez-vous d'�pouser Jean?

Oui.

Au bonheur la chance!

Mes f�licitations, madame.

Allons, d�p�chons!

O� l'emm�nent-ils, le tr�s cher?!

J'ai oubli� de te dire...

Je veux que tu saches...

Arri�re!

Tu parles une langue non russe?!

Je ne comprends rien...

Tu t'es engag�e � ne parler que le russe!

Arri�re! Tu es sourde?

Je vous interdis! Je vous tue!

Je vous interdis de la toucher!

Canaille!

Brutes!

Allons, enfants de la Patrie...

Silence!

Le jour de gloire est arriv�... Contre nous de la tyrannie...

Vous entendez?!

Cela ne vous fait pas honneur.

Calmez vos braves, g�n�ral.

Arr�tez!

Madame, dites-moi ce que vous vouliez

etje le communiquerai � votre �poux dans la langue r�glementaire.

Je voulais dire

que je suis heureuse...

Votre �pouse me prie de vous dire qu'elle est tr�s heureuse.

En route!

FIN

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