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LES INÉGALITÉS PRÉSENTES DANS NOTRE PATRIE
VIENNENT DU PASSÉ ET SONT TOUJOURS D'ACTUALITÉ.
C'EST UNE ÉVIDENCE.
SINCÉRITÉ, LE CHILI INTIME EN 1910
Salope ! Viens là ! Suivez-la !
- Vers la rivière, allez ! - Cours !
Elle est là, allez !
Par là !
TROIS JOURS PLUS TÔT
Merci !
Je vous salue, Ngen, pour que vous me laissiez passer.
J'avais une petite-fille qui est allée étudier chez les huincas
il y a six ans
pour apprendre ce que notre peuple sait depuis toujours.
J'avais une grand-mère. Vraiment bornée.
C'est sûr.
Juste à temps pour le wüñoy tripantu.
Oui.
José a réparé ta moto,
mais ne compte pas sur moi pour monter dessus.
- Ça va ? - Oui.
- Bonjour ! - Bonjour !
- Bonjour ! - Bonjour !
Bonjour !
Ça faisait une éternité ! Tu es bien arrivée ?
Très bien.
- Je suis content de te voir. - Merci.
- Ça faisait longtemps. - Trop longtemps.
- Ça fait plaisir. - Tout le plaisir est pour moi.
Sayen ! Je pensais que tu arrivais demain.
Je ne voulais plus rester là-bas car...
je voulais fêter le wüñoy tripantu avec vous.
Pourquoi vous rigolez ?
Papa !
Papa !
- Sayen ! - Papa !
- Papa ! - Sayen !
Papa !
Papa !
Plus un pas !
Sayen !
Sale huinca !
- Papa ! - Sayen !
Papa !
Papa !
Elle a craché sur Lihuel et il la poursuivait.
Mais elle s'est arrêtée et elle s'est mise à pleurer.
Lihuel s'est envolé !
Le pauvre ! Je m'excuserai quand je le verrai.
Sayen, on est tous ravis de ton retour.
Ta grand-mère, la communauté,
et surtout...
José est ravi.
Regarde sa tête.
Quoi ? Quelle tête ?
Quelle tête ?
Vous voyez, un agneau ? Il a une tête d'agneau amoureux.
Laissez mon wenüi tranquille.
En plus, personne ne vieillit, ici.
Regarde-toi.
- Moi ? - Oui.
Tu as dû faire un pacte avec le diable pour être si bien conservé.
Je voudrais profiter de ce moment
pour te donner la bienvenue chez toi, Sayen, avec ta grand-mère.
Bienvenue.
- Santé ! - Santé !
- Jusqu'à la victoire ! - Jusqu'à la victoire !
Et j'espère que ton retour motivera José
à écrire pour son peuple, pas que pour les huincas.
Depuis quand je vous tourne le dos ?
Quand ils nous dévalisent et nous virent de nos maisons.
Ce n'est jamais dans le journal.
Et qui publie tout ça sur les réseaux ?
- Les réseaux... - Exactement.
Je veux aider, mais ce n'est pas mon travail.
- D'accord ? - Ça ne fait qu'empirer.
- Voilà tout. - Oui.
Il faut protester pour se faire entendre.
Écoute, Pedro...
Ma petite-fille vient d'arriver, et on se dispute déjà.
Il faut apprendre à connaître les huincas.
Seuls les imbéciles les évitent.
Je me disais que je pourrais passer un jour
et t'aider avec l'entrepôt de ta grand-mère.
Ton départ l'a transformée en un vrai écureuil.
J'ai remarqué.
Ou on pourrait aller dans la forêt, comme avant.
Je ne vais pas partir, José. On a le temps.
Je t'emmenais ici, enfant.
Oui, je me souviens.
Tu te souviens de mes mots ?
Elmapun nous donne ce qu'on doit protéger.
Quand le monde est né,
il nous a donné un Ngen à tous pour qu'il ne s'éteigne jamais.
Sans les Ngen,
plus de rivières ni de forêts,
plus de vent,
plus de feu,
et la Terre disparaîtrait.
Les Ngen-mawida vivent en toi.
Ils parlent aux autres êtres en langue sacrée.
C'est le savoir des Mapuches.
Le huinca veut posséder la terre,
la détruire, expulser les Ngen et nous enlever notre foyer.
Le monde est simple, mais les huincas le compliquent.
Je peux vous aider ?
Bonjour.
On cherche madame...
Ilwen Lemunko. Elle habite ici ?
Oui. Pourquoi vous la cherchez ?
Vous êtes de la famille ?
Oui. Pourquoi vous la cherchez ?
On veut juste lui parler.
Attendez ici.
Grand-mère ! Des gens te cherchent.
Ça va, madame ?
Asseyez-vous.
- C'est quoi ? - Du plantain.
Ma mère m'en donnait toujours, enfant.
Du miel ?
Oui, merci.
Ça fait combien d'hectares ?
D'hectares ?
C'est quoi ? Un mot huinca.
Des gens roses comme vous.
Mme Ilwen, je vais être clair.
Vos écosystèmes sont uniques.
On voudrait vous parler
pour essayer de vous aider à protéger cet endroit.
Et vous faire une bonne offre. Pour vous et la communauté.
Vous parlez beaucoup pour ne rien dire.
On veut acheter vos terres.
Pas vraiment les acheter.
On ne serait pas les propriétaires, ce n'est pas l'idée.
On voudrait acheter une partie de vos terres.
Vous vivrez toujours ici. Rien ne changera pour vous.
Et non seulement on vous paierait plus que la valeur de marché,
mais on négocierait aussi
un programme de développement durable pour votre communauté.
Tout à fait. Regardez.
Voici le nom de notre entreprise.
Actaeon. Du groupe GreenCorp. Vous nous connaissez peut-être.
On a d'importants projets dans plusieurs pays.
Et voici notre offre.
Pour que vous la lisiez.
Votre petite-fille peut vous aider si vous ne savez pas.
Prenez votre temps, madame Ilen.
Ilwen.
Pardon ?
Ilwen.
Ilwen. Madame Ilwen, on a tout notre temps.
C'est une bonne offre pour tout le monde.
Vous achetez,
nous restons ici.
Qu'est-ce que vous y gagnez ?
Un tourisme écologique.
Mais le tourisme n'a jamais été écologique,
et les forêts se préservent toutes seules.
Vous êtes espagnol, n'est-ce pas ?
La forêt vit en nous.
Je ne la possède pas.
Je suis sa gardienne.
C'est un endroit sacré,
notre machi nous l'a confié à tous.
Vous êtes chilien, vous savez ce que c'est.
Vous auriez dû lui expliquer
qu'on s'est battus il y a 500 ans
contre les Espagnols pour préserver nos terres.
Et là, je devrais les donner à un Espagnol
pour ses beaux yeux ?
Le thé est froid.
Elle veut dire que cette conversation est finie.
- Oui. - Allez.
Je vous demande juste d'y réfléchir.
Je vous laisse ma carte, avec mon nom et mon numéro,
et notre première offre.
C'est négociable.
Comme je vous ai dit, il y aurait beaucoup de bénéfices.
Et de bénéficiaires.
Bonne journée.
Tu as été trop direct.
Ils étaient déjà venus ?
C'est la première fois.
Ils défendent ces terres depuis longtemps,
et ils continueront.
On verra, Lira.
Tout le monde a un prix. Comme toi et moi.
Ce putain d'arbre aussi.
Ils accepteront une de nos offres.
C'est simple.
On verra.
Ton père a appelé.
Il allait atterrir.
C'est pas loin ?
À 15 km, mais la route est mauvaise.
Ça s'est bien passé ?
Vraiment pas.
Papa Máximo sera fâché contre son petit toxico de fils.
Tu ne sais pas de quoi tu parles.
Les gars, allez prendre un café.
- Et mon paquet ? - Demain.
Demain ?
Il n'y avait pas de dealers, ici. J'en ai trouvé un à Santiago.
Tu l'auras demain.
T'en fais pas. Je serai toujours là pour toi.
MÁXIMO TORRES APPEL...
Papa.
Ça va ? Et ton vol ?
Tous les mêmes, Antonio.
On continue les analyses,
mais elle est plus grande que celle du Rwanda.
Du cobalt primaire, 6,7 %.
Intéressant. Qu'en pense Lira ?
Antonio a raison.
On dirait qu'il y a beaucoup de cobalt. C'est très rare pour cette région.
On dirait ? Tu es sûr ou pas ?
On examine toujours les données.
Je veux forer à 2,8 m et refaire un spectrogramme.
J'ai pas le temps !
Les autres salauds ne me lâchent pas, bordel !
Máximo, je dois le faire.
Il a raison. Tu as raison, Papa.
C'est une mer de cobalt. On doit se lancer.
Tu as l'accord ?
Presque.
On a un problème avec la proprio, une Mapuche.
Elle a signé ou pas ?
Presque, je te dis.
Ils ne font pas confiance aux étrangers.
Ça prendra du temps, mais je gère.
C'est ce qui m'inquiète.
Ce n'est pas raisonnable.
Se lancer sans être sûrs ?
Je dois refaire mes analyses à la zone D et la vieille doit...
Lira !
Dehors. Laisse-moi tranquille une minute, OK ?
Oui, c'est confirmé, il y a du cobalt.
Tu es sur place ?
Je suis au nord, pour le lithium.
Mon fils s'en occupe.
- Antonio ? Ça va déraper ? - Non.
Et nos contacts ?
Ne t'en fais pas, on parle souvent.
OK, tiens-moi au courant.
Très bien.
Merde !
Miranda ! Bykov !
L'Indienne nous a filmés !
- Elle est partie par là ! - Bykov !
On y va !
Allez à gauche. On prend à droite.
On la tient !
On l'a.
- Merde ! Elle nous échappe ! - Allez. On y va.
Allez !
Elle est là !
Allez !
Hé, gamine !
On sait que tu es là !
C'est bon ! Tu n'as rien volé !
On n'appellera pas la police !
Gamine !
Écoute !
On aime tous enregistrer des trucs,
mais notre camp est privé.
On a besoin de ton téléphone pour effacer ce qui n'est pas à toi. OK ?
C'est qui ?
La petite-fille de la proprio.
Allez.
Grand-mère ! Prends tes affaires. On doit prévenir tout le monde !
Ces hommes sont là pour forer dans la montagne.
Ils sont armés ! Ils m'ont vue !
Quoi ?
On doit y aller, grand-mère !
On doit prévenir tout le monde. Le chef, Nawel, les jeunes.
On n'ira nulle part.
Ils sont armés !
Et tu es très fâchée. Ça ne va jamais bien ensemble.
Ma petite-fille dit que vous forez !
Vous avez des armes et des machines !
Qui vous a autorisés ?
Elle nous a aussi enregistrés. Et a peut-être volé.
Des choses de valeur. On pourrait appeler la police.
Ma petite-fille n'est pas une voleuse, huinca. Vous, oui !
Ne leur parle pas. Ils ne font que mentir.
Je ne suis pas née d'hier.
Je sais ce que j'ai vu et entendu. Forage, cobalt...
Si votre petite-fille me le permet, je peux tout expliquer.
Et tout le monde aura sa part.
Et si après, je ne vous ai pas convaincue,
on prendra nos affaires et on partira.
Écoutez, ce qu'il y a sous cette forêt
protégera non seulement ces terres, mais toute la putain de planète.
Je mens, Lira ?
Lira est géologue et chilien comme vous.
Chilien, peut-être, mais je suis mapuche.
Peu importe. Explique-leur.
- Quoi ? - Le cobalt.
En grande quantité.
Le nouvel or pour un futur sans véhicules polluants.
Voilà. Et une solution pour vous pour éduquer vos enfants.
Éducation, santé... Des études à l'étranger.
Beaucoup comme vous
sont venus faire des promesses.
Tu es le plus jeune, par contre.
Il a parlé avec son père, grand-mère.
Qu'y a-t-il sous ces terres ?
On a une relation sacrée avec elles.
On n'a pas besoin de relation commerciale.
On les respecte.
Vous, vous venez ici
avec des mensonges, des armes, des tromperies.
Dis à ton père
que s'il veut que cette vieille signe,
il peut venir,
se mettre à genoux et aller se faire foutre !
Dehors !
Prenez vos affaires.
On est chez nous ! Compris ?
Non ! Grand-mère !
Grand-mère.
Grand-mère.
Elle allait me frapper. Vous l'avez vu, non ?
Elle m'a craché dessus.
On doit brûler la maison avec elles dedans.
D'accord ? On est tous coupables, ici.
On doit effacer nos traces.
On n'est jamais venus.
D'accord ? Jamais. OK ?
Allez !
Vous êtes fous ou quoi ? Ne comptez pas sur moi.
Je m'en vais !
Tu es impliqué.
La fille qui nous espionnait
préparait ses amis à brûler nos affaires et nous voler.
Tu crois qu'elle oubliera ?
Non, elle enverra ses amis pour nous traquer.
Rubén.
Quoi ?
Mets-la dedans.
- Bonjour, Ilwen ! - Bonjour !
Je t'écoute.
C'est elle qui m'a fait venir.
Je veux être une guerrière.
Mais tu es une femme.
La fille d'Aukan... Je ne peux pas.
Je n'entraîne pas les femmes !
Pourquoi ?
Pourquoi ?
C'est comme ça.
Depuis la nuit des temps, les guerriers, c'est les hommes.
Emmène-la, Ilwen.
Je t'en prie.
Et si je te bats ?
Tu as beaucoup de courage. Mais ça ne suffit pas.
Ouste.
Qui est le suivant ?
Je veux être une guerrière comme mon père !
Arrête de m'embêter. Lihuel. Emmène-la.
Lâche-moi !
Sois fort !
Debout.
Viens, Lihuel.
Notre entraînement, c'est bien plus que combattre.
Vous apprendrez la vigilance.
Vous vous oublierez pour aider les faibles.
Pour notre combat !
Je t'aime, grand-mère.
Prépare le pick-up.
C'est comme le Rwanda.
Ce n'est rien.
Le Rwanda, c'était pire.
Oui, ce n'est rien.
T'inquiète, je maîtrise la situation.
Putain, ça suffit.
La salope ! J'avais raison ou pas ?
Lira, tu crois qu'une Indienne normale s'échapperait
et ferait tout exploser ?
Trouvons-la avant qu'elle n'en mobilise d'autres.
Elle est blessée. On peut la rattraper.
- Et après ? - On rentre au camp à pied
en risquant qu'elle parle, ou on la tue.
- Non. - Pourquoi ?
Elle connaît la forêt, nous non.
Allez ! C'est toutes les mêmes.
Tu es là pour trouver des solutions, pas des problèmes.
Si on continue, on va la perdre.
Traquons cette sale Mapuche.
Pour notre combat !
Sayen ! José ! Plus de force !
Aiguisez-les !
Courez ! Plus vite !
Sayen !
Attention !
Debout !
Bien joué !
Je vois l'esprit guerrier de ton père grandir en toi !
Le Chilien, tu es sûr qu'elle n'a aucune autre issue ?
Que tu es obstiné, le Russe. Elle ne peut pas traverser la rivière.
- Allô ? - Le pont est bien plus loin.
- Ma chérie. - Elle ne peut pas escalader.
C'est trop raide.
Elle ne peut que monter, ou rebrousser chemin et tomber sur vous.
- On devrait avancer. - La nuit, pas possible.
Vous voulez vous casser une jambe ?
Elle ne peut pas bouger non plus. Elle n'est pas débile.
Tu fais une soirée pyjama ?
C'est super.
Merci, chérie. Sois sage.
Salut.
Je n'aurai jamais d'enfants. Ni d'animaux.
Ce que tu devrais faire,
c'est appeler ton père
et tout lui dire.
Quand ça sera réglé.
Réglé ?
Quand est-ce que ce sera réglé ?
Quand ni moi, ni mon équipe, ni le meilleur géologue d'Actaeon
ne seront en danger.
Là, ce sera réglé, Lira.
Calme-toi.
La vieille sera vite oubliée.
Je m'en occupe.
Ce n'est pas elle, le problème. C'est mon père.
Il ne voit que mes erreurs.
Ce connard ne me respectera jamais.
S'il ne te respectait pas, tu ne serais pas là.
C'est énorme. Une mine de cobalt.
Ce n'est pas une tâche facile. Il n'a pas le courage de venir.
Il s'occupe d'autres choses. Il est dans le nord.
Allez. On rentre au camp.
Demain est un autre jour.
Patron.
Reposons-nous.
Monte la garde.
Sale huinca. Espèce de traître.
Je ne suis qu'un employé. Le conducteur.
Tu allais faire quoi ? Les laisser me brûler vive ?
Non ! Ne tirez pas. Elle est à moi.
Salope.
Reviens !
Écoute.
On ne veut pas te faire de mal.
On va aller voir la police
et signaler cet incident.
Elle en a une belle paire.
APPEL MÁXIMO
Ton père.
- Papa. - Tu n'es pas au camp
et Bykov ne répond pas. Alors ?
Une vieille tarée.
Elle a disjoncté. Ils sont bien dangereux.
Une vieille ? De quoi tu parles ?
C'était un accident.
De la légitime défense. J'ai des témoins.
Papa ? Papa ?
Passe-moi Bykov.
Papa, on conduit.
Passe-moi Bykov tout de suite.
Je n'aurais pas dû t'y envoyer. Pas après ce qui s'est passé en Afrique.
- Monsieur ? - Bykov !
C'est quoi, ce bordel ?
C'est délicat.
- Il y a un témoin. - Putain.
Tu devais juste garder un œil sur lui.
Tu connais bien ses sautes d'humeur.
Tu es comme son père ! Tu devais le contrôler, putain !
Oui, M. Torres. J'ai été négligent.
Écoute-moi bien.
Je ne vous entends pas.
Bykov, putain !
Fait chier.
Il a dit quoi ?
Rien. On avance.
- Quoi ? - Je prends tout.
Sayen. Où est Sayen ?
- Je ne sais pas. - Sayen...
Je ne sais pas. La voilà ! Ne touchez pas au corps !
- La machi n'est pas arrivée ! - C'est quoi, ça ?
- Attendez ! Sales huincas. - Attendez la machi !
Un peu de respect !
Sales huincas.
Une attaque ?
Oui, mon fils a été pris dans une embuscade.
Un homme serait grièvement blessé.
Ils ont peu de réseau, on a été coupés.
C'est sûrement une attaque terroriste.
Manríquez, Salazar et moi comptons sur vous.
Je m'en occupe, M. Torres.
Capitaine.
Il y a un corps. Ilwen Lemunko, la propriétaire.
Protégez la police et évacuez les lieux.
- Oui. - M. le gouverneur !
- Monsieur le gouverneur ! - Hé !
C'est bon, laissez-le.
- Qui êtes-vous ? - José Huenupe.
Journaliste et ami d'Ilwen Lemunko.
Sayen Coñuepán, sa petite-fille,
était avec elle, elle a disparu.
- Ils lui ont fait quelque chose. - Vous nous la décrivez ?
Pour pouvoir la trouver.
Écoutez-moi bien, ce n'était pas un accident.
Elle ne l'aurait jamais abandonnée, morte ou vivante.
Ilwen Lemunko a été tuée
et brûlée.
La police et les procureurs verront.
- Ils ne feront rien. - Capitaine.
Lâchez-le !
Lâchez-le !
Lâchez-le !
Pour la presse,
Sayen Coñuepán est une terroriste, un danger.
Elle a tué Ilwen Lemunko
et sûrement un groupe de scientifiques étrangers.
- C'est clair ? - Oui.
Pas si vite.
Rubén,
tu nous ralentis.
Tu comprends ?
On reviendra.
- Mais... - On a les coordonnées.
Ramenez-moi au camp. À l'infirmerie.
Assieds-toi.
Ne bouge pas. Et ça ira.
Mais non. Et si elle revient ?
Tu ne lui sers à rien. Ça ira.
Lira, non !
M. Antonio ! Chef !
Connard !
Connard ! Si je plonge, vous plongez tous !
Bonjour, grand frère !
Grand frère !
Lira, change d'attitude.
C'est une épreuve pour l'équipe.
Comme dirait mon père,
c'est une occasion de se réinventer.
Allez, on y va.
Miranda ! Où est Rubén ?
Il dort.
Qui a dit qu'on s'ennuierait ?
Les femmes sont toutes comme ça ici ? Comme toi et la Mapuche ?
Dangereuses ? Je devrais m'en dégoter une.
Elle pourrait te tuer dans ton sommeil.
Je te plais ?
- Regarde. - Ça doit être elle.
Il doit y avoir un chemin.
Allez.
- Plus un geste ! - Attendez.
Mains en l'air.
Du calme.
Ne bougez pas. Vos armes.
Du calme.
Envoyez vos armes.
- Vos armes. - Baisse ton arme.
Non ! Donnez-moi vos armes !
Allez.
Menotte-le.
Baisse-la.
Menotte-toi.
Voilà.
À genoux, sales poulets.
À genoux !
On t'aura, connard.
Menotte-toi à la voiture.
Calme-toi.
Qui a les clés ?
Envoyez-les-moi.
Calme-toi. Ça va aller.
Nous laisse pas là.
Restez là et ne bougez pas !
Salopard !
Allez.
Pepi !
Tu es un vrai guerrier !
Silence.
Vous vous souvenez du pick-up brûlé ?
Oui.
Il appartient à une compagnie minière. Actaeon.
Ils n'ont pas signalé de vol ou de disparition.
- Et les passagers ? - Aucune nouvelle.
On doit chercher Sayen. Elle est en danger.
Non, eux sont en danger.
Allons chez Ilwen.
Ils nous trouveraient. On va se préparer.
Pas touche ! Et s'il était empoisonné ?
Allez.
Merde !
Ne tirez pas ! On aura besoin des balles.
Une putain de flèche ! Elle va tous nous tuer.
- Miranda, sors-la. - N'y touche pas.
- Sors-la. - Non ! Arrête.
Sors-moi cette merde ! Putain !
C'était un leurre. Elle nous chasse.
Cette putain d'Indienne nous chasse.
On perd notre temps. Allez.
Vous allez où ?
Une autre rivière. J'y crois pas.
- Ça va ? - Oui.
On continue.
Tu m'expliques pourquoi elle est si dure à trouver cette pute ?
On s'en occupe.
La forêt est compliquée, c'est des kilomètres inexplorés.
Quand on l'aura, il faut contrôler l'information.
Un tweet, un article sur cette opération,
et on sera foutus.
Les investisseurs fuiront à toute vitesse. Ça ne va pas.
Ni pour moi, ni pour Actaeon,
ni pour toi, compris ?
Sa grand-mère voulait vendre, mais la petite n'était pas d'accord.
La culpabilité l'a poussée au suicide.
Très bien.
Pour votre fils, on cherche, mais...
Il peut attendre.
Occupe-toi d'elle.
Miranda !
Bykov !
Miranda !
La tête de ces huincas...
Ta main tremble toujours ?
Laisse-le tranquille, Pedro.
Je le remerciais.
Merci, mon frère.
C'est mieux que d'être au bureau.
Ce con ne la ferme jamais, hein ?
Exactement.
Un tupu. Celui d'Ilwen.
- Oui. - C'est ça.
Les traces continuent par là.
Hé !
C'est les huincas, ça.
Avec un huinca mort, l'armée sera là demain.
Mais si on découvre qui...
Il ne comprend rien.
Ce n'est pas notre faute.
Ici, à Wallmapu, tout est toujours notre faute.
On doit réfléchir.
Oui.
On doit trouver Sayen.
- S'ils la trouvent avant nous... - Là, tu réfléchis.
Tu commences à comprendre.
Si tu bouges, tu suffoqueras.
L'Indienne s'y connaît.
Elle connaît la forêt. On tourne en rond.
Je te l'avais dit. Mais toi aussi.
Je suis sérieuse.
Tu es censée me protéger.
Non, béret noir ?
Si tu me la ramènes...
ton chèque aura autant de zéros que ton numéro de téléphone.
Je l'aurai.
Tu veux savoir qui a tué ta grand-mère ?
Elle avait raison.
Antonio n'est que le messager.
Tu veux savoir
qui l'a envoyé ?
Ça, c'est le nord.
Oui.
Et ça ?
Le prochain village est à 30 km.
C'est le Brésil. Le Brésil, le nord du Chili et l'Afrique.
Actaeon est partout.
Non. Elle n'est que dans des pays pauvres.
C'est qui à côté d'Antonio ?
Tu abuses de ma patience.
- Bye. - Máximo Torres Esquídez.
- Le père d'Antonio. - Il sait tout ?
C'est mon chef.
Tu sais qui c'est, ça ?
Ça marche comme ça.
Ils soudoient les politiciens, les lobbys, les présidents.
Pour opérer au tiers monde, il faut...
investir beaucoup.
D'autres entreprises plus grandes et puissantes qu'Actaeon
s'en prennent aux ressources naturelles partout.
Je dois te croire ?
Désolé pour ta grand-mère. Vraiment.
Sors-moi d'ici.
J'ai des enfants.
Une famille, une femme. Ils m'attendent.
Vous avez tué ma grand-mère.
Vous l'avez assassinée, vous avez brûlé son corps.
Vous vouliez faire pareil avec moi.
Vous êtes des assassins.
Des mercenaires.
Je peux t'aider.
T'aider à te venger.
Sors-moi d'ici, et je t'aiderai.
Bonjour.
Où est Sayen ?
Vous êtes ses amis ?
Vous êtes qui ?
Pedro ! Cours, José !
Trouve Sayen !
Lira !
Allez.
Pedro...
Pedro...
José.
Il est vivant.
Il est dans la montagne. Il...
José.
José.
- Elle n'était pas aux funérailles ? - Personne ne l'a vue.
MÁXIMO TORRES Appel entrant
Elle est dangereuse.
Pas besoin de la capturer vivante.
Il faut avant tout protéger la communauté.
Est-ce clair ?
Oui, monsieur. Excusez-moi.
Bonjour, Sayen.
C'était si facile.
Vous deviez juste accepter l'argent.
Mais non.
"Les meilleurs guerriers, depuis 500 ans", blabla.
Tu as peur, assassin ? Tu devrais.
J'ai un avenir. Toi, tu as quoi ?
Ton père n'est pas de ton avis.
Qu'est-ce que tu en sais ?
Je l'ai entendu te parler. Il est pire que toi.
Lira me l'a dit.
Il m'a dit qu'au Rwanda, tes amis et toi
avez tué des gens, des enfants à cause de toi.
Il m'a aussi parlé de tes addictions,
de tes problèmes.
Sale psychopathe !
Tu crois que je ne vous connais pas ?
J'aime connaître l'histoire des gens que je visite.
Weichafe.
Guerrier, non ?
Dis-moi.
On t'a entraînée pour quoi ?
Pour protéger quoi ? Ça ?
Je vais te dire un truc
qu'aucun lâche et offensé n'ose dire.
On s'en fout tous de ta forêt !
Tu crois que la masse ignorante veut des arbres
à la place d'une voiture, d'un téléphone ?
Non.
Alors pourquoi tu te bats ?
Tes petits mercenaires et toi avez assassiné mon peuple.
Tu as tué ma grand-mère.
Je vais vous tuer. Ton père et toi.
Désolé, OK ? C'était eux ou moi.
Un d'eux m'a échappé.
- José. - Et toi...
tu vas m'aider à le trouver. C'est ton petit ami ?
Il n'est pas à ta hauteur.
Je vais te donner un conseil. Trouve-toi un vrai homme.
J'ai lu que ton peuple
mangeait le cœur des ennemis les plus forts pour avoir leur énergie.
Et si je mangeais le tien ?
Tu n'es pas mapuche.
J'aime ton odeur.
C'est une odeur... brute.
Tue-moi.
Et tu ne sortiras pas d'ici vivant.
Salope.
Connasse !
Putain.
Si elle veut jouer, on va jouer.
Ils achètent des politiciens, détruisent des communautés.
Lira m'a tout dit.
Antonio n'est qu'un pion. Son père et lui doivent payer.
- Devant un tribunal. - Un tribunal ?
Depuis quand ça sert à quelque chose ?
Tu vas faire quoi ? Les tuer ? Les uns après les autres ?
Tu finiras en prison comme ton père.
- Il est innocent. - Mais pas toi, Sayen.
C'est comme ça. Ne te mets pas en travers de mon chemin.
Ce n'est pas si simple.
Il faut combien d'autres morts ?
Ilwen ?
Pedro ?
Nawel ?
Tu ne peux pas finir comme eux.
Ça ne ramènera pas ta grand-mère.
Je suis épuisée.
Vraiment, José.
Tu as toujours été plus forte que moi.
Je ne parle pas de tes coups.
- Tu n'as jamais peur. - Je le cache bien.
Jamais je n'aurais été un grand weichafe.
Je suis bien plus utile comme journaliste.
José, tu m'as sauvé la vie.
- Laisse-moi t'aider. - Comment ?
Comment, José ?
Écoute...
Tu as vu les photos. Ça ne suffira pas pour faire tomber Actaeon.
Ils ne peuvent pas s'en sortir, rester impunis.
Non, on devra enquêter.
Aller plus loin que Wallmapu.
Si tu tues les Torres,
il y aura deux morts et une terroriste.
Mais si on révèle la conspiration,
on peut aider plus de gens, de communautés.
De gens comme Ilwen.
J'ai trouvé ça par terre.
Ma grand-mère est morte.
Si j'étais restée...
C'est ma faute.
Mon erreur.
Ce n'est pas ta faute, Sayen.
- Non. - Si.
C'est mon erreur.
- Non ! - Cours, Sayen !
- Non ! - Cours !
Maintenant !
Salope !
Sayen Coñuepán, on vous arrête !
Lâchez l'otage !
Rendez-vous ou nous ouvrirons le feu !
Vous êtes accusée des meurtres d'Ilwen Lemunko, Rubén Anticura
et de Manuel González !
Rendez-vous tout de suite !
C'était simple ! Vous n'aviez qu'à signer, c'est tout !
On est pareils.
Non. Pas du tout.
Mon père m'aime !
- Fisk. - Máximo.
On a des problèmes dans le sud. Je rentre à Atacama.
Et la terroriste mapuche ?
Sayen Coñuepán ?
Ne t'en fais pas. C'est un problème local.
C'est une région compliquée.
Tu es conscient que ça ne peut pas se reproduire dans le nord ?
- Bien sûr. - J'oubliais,
- désolé pour ton fils Antonio. - Merci.
- Où allez-vous, jeune homme ? - Vers le nord.
- Talca, ça vous va ? - Oui.
- Montez. - Merci.
Sayen Coñuepán dirige un groupe terroriste...
- Tu t'appelles comment ? - José.
...pour kidnapper des étrangers en échange de son père, Aukan Coñuepán,
qui est en prison pour terrorisme.
Avec son groupe, elle aurait assassiné le policier Manuel González,
retrouvé dans la forêt. Le chauffeur, Rubén Anticura, père de famille...
NORD - SANTIAGO - SUD
Sous-titres : Diana Mira Navarro
Direction artistique : Lori Rault
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