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Original subtitles

"La Côte d'Azur est un endroit ensoleillé peuplé d'êtres obscurs."

Remous des vagues Cris des goélands

... ...

... Rotor d'un hélicoptère

Circulation

...

*"Dancing In The Moonlight" (King Harvest)

*... Quelqu'un prend une douche.

*... ...

*...

-Giulia, tu trouveras le numéro d'un compte bancaire.

J'ai mis assez d'argent pour que tu passes un bon moment.

Nous t'embrassons bien fort, Adrien et Margot.

*...

Vibreur

...

Elle soupire puis renifle.

-Alors ? -Il répond pas.

*...

-Ça te va ?

-J'adore.

-Vieux porc.

Vibreur

...

*...

-Et moi, ça va, comme ça ?

*...

-Parfait.

-C'est pas ridicule ?

*...

OK.

*...

*...

*... On sonne.

*...

-Fais pas ça.

Coup de feu La femme crie et tombe.

Gémissements

-Margot !

Margot !

Respiration forte

*... ...

-Oh putain. À l'aide !

Au secours, s'il vous plaît !

À l'aide !

À l'aide !

Léger brouhaha

...

... Une femme tousse.

Léger brouhaha

(-Laissez-moi faire.)

(Un peu de patience.)

Il soupire.

Léger brouhaha

...

... Bourdonnement

...

"Sonate pour piano" (interprétée par Manfred Reuthe)

...

-Le vent ramenait

des feuilles mortes dans la piscine.

Elle était stressée par la préparation de la soirée.

Elle avait peur qu'il pleuve,

qu'on sorte pas les bougies.

Attendez, madame. Je vais vous aider.

-C'est pas à vous de faire ça. Il est où, ce con ?

-Qui ça ?

-Claude ! Idiote.

*-Et nous passons devant la maison de Martha Duval,

*célèbre actrice française autrefois mariée...

-Oh, c'est pas vrai...

*-... grand réalisateur anglais...

-Hello !

Hello, bande de ploucs.

*-Regardez, Martha Duval. -C'est moi !

...

Madame ?

...

Madame ?

...

*Propos inaudibles en anglais

-Martha avait insisté pour qu'il termine

son livre dans le bureau de Thomas.

Le pauvre, c'était plus un bureau. C'était un mausolée.

Rien n'avait bougé : les photos de leur mariage,

sa collection de livres rares,

ses chemises dans le placard,

ses cigares dans les tiroirs...

Voilà que je fais des rimes. Rires

-S'il vous plaît.

-Martha était la seule femme de Paris,

à ne pas être au courant que son mari était gay.

-Il y a quatre ans,

à force d'entendre des allusions, elle s'est posé des questions.

Musique rythmée

Il lui avait dit qu'il louait un bureau sur les hauteurs de Èze

pour travailler en paix.

Il partait tous les matins. Il rentrait tous les soirs.

-C'était, comme on dit...

-Un secret de polichinelle.

-Il vivait depuis cinq ans avec le fils Rougier

Beau mec. J'étais presque jaloux.

...

...

...

Bris de verre

...

-C'est le premier été qu'elle passait à la villa, divorcée.

-Lui, on le connaissait pas. On le découvrait à peine.

Il passait ses journées

dans l'ancien bureau de Monsieur,

soi-disant qu'il travaillait. Tu parles.

... Elle frappe.

... ...

-Une seconde.

Il regarde un film d'action.

...

J'arrive.

... *...

...

Oui, entrez.

...

-Elle m'a demandé de vous donner ça.

-C'est quoi ?

-Elle lui faisait un virement sur son compte tous les mois.

Les choses étaient très claires. C'était un employé, comme le jardinier.

-Merci.

Porte qui claque

Elle gémit puis respire fort.

"Sonate pour piano" (interprétée par Manfred Reuthe)

-C'est une ravissante bastide de la fin du 19e siècle,

elle avait appartenu à Somerset Maugham.

Thomas l'avait acquise dans les années 70,

juste après le succès de Bouquet final.

Il continuait à rembourser le crédit.

-Cette maison, c'est beaucoup de frais.

Ça, je peux vous le dire.

Du coup, elle vendait ses meubles, ses tableaux...

Aboiement Eh bah alors...

À défaut de tourner des films, elle sauvait les apparences.

-Vous avez eu Thomas ?

-Oui, c'est bon. Il sera là ce soir.

... Respiration forte

Elle soupire. -Pauvre merde.

-Martha ?

Tu veux pas que je mette ça ?

-Pourquoi pas ? Il est très beau.

Je l'ai loué chez Guérin.

-Non mais j'ai l'air d'un con.

-Ah ça, c'est pas le costume.

Oh, je rigole.

Fais-moi plaisir. C'est pile dans le thème de la soirée.

Avec du bol, tu seras le seul en blanc, on verra que toi.

-J'ai peut-être pas envie.

-Ben moi si. Je viens de t'acheter.

Elle rit.

Oh !

Rigole un peu, s'il te plaît.

Respiration forte

-Y aura qui ?

-Tout le monde. T'as pu travailler ?

-Euh... oui, j'avance.

-Je parle pas du livre, mais du piano.

-Non mais écoute, c'est ridicule.

-Si tout est ridicule, je serai ridicule.

Pas besoin de toi pour me sentir ridicule !

Martha soupire.

Allez.

Musique douce au piano

...

Il fait une fausse note.

Il soupire. -Maria ! Vous êtes où encore ?

Musique douce

"J'ai voulu que tout continue immuable.

"J'ai dit chaque jour :

"'Demain, ce sera comme c'était autrefois.'

"Hier encore, je l'attendais.

"Aujourd'hui, je n'ai plus à attendre."

-Ils se sont rencontrés à Paris.

Elle avait tenu à lire un texte de Marcelle Sauvageot,

un monologue sur le chagrin.

-C'était pour que Thomas vienne

et qu'il comprenne ce qu'elle ressentait.

Applaudissements -Bravo !

... On siffle.

-Elle n'était pas montée sur scène depuis 15 ans.

C'était presque émouvant.

-Entrez. Asseyez-vous, asseyez-vous.

Je vais ouvrir une petite bouteille.

Je suis tellement heureuse

de vous voir tous ici, ce soir. J'ai l'impression

d'être une actrice.

Rire -Il était temps.

Musique classique rythmée Brouhaha

... ...

-Enchantée.

...

-Enchanté.

...

Merci.

-Ça vous a plu ?

-Tiens. -Beaucoup.

Je vous ai trouvée incroyable.

Encore plus incroyable

que dans Lucrèce Borgia.

...

-J'ai pensé à vous

en jouant ce soir.

-À moi ?

...

On se connaît pas.

-C'est peut-être pour ça.

...

Vous voyez mes parents ?

...

Ce sont pas

mes vrais parents.

Je sais pas d'où je viens.

...

C'est pour ça que je suis actrice.

...

-Elle se serait fait un canapé pour se changer les idées.

-Un mois plus tard,

il habitait chez elle.

-Je peux lui demander ce qu'il fait ?

-Euh, ben oui, bien sûr.

Musique douce

-Mon fils était danseur.

Danseur professionnel.

Je l'ai regardé danser jusqu'à l'âge de 20 ans.

On était tous très fiers

quand il a intégré la compagnie d'Alain Reynaud.

Il sortait avec une Yasmina.

Vrombissement du moteur

Je l'avais prévenu :

"Fais pas le con en moto."

...

...

... Crissement de pneus

Bips de l'électrocardiogramme

Il s'est broyé les ligaments et il a boité deux ans.

-Ce que j'ai compris, c'est que sa copine l'a largué

pendant qu'il était à l'hosto.

Et là,

il a commencé à boire, à prendre des cochonneries.

-Il nous disait faire des affaires.

Il nous offrait des choses.

...

Un tapis pour le salon,

des parfums,

des bijoux...

-Je l'ai rencontré en 2012. Il avait 25 ans.

Du moins, c'est ce qu'il disait.

Il adorait les belles choses

mais ne faisait rien pour se les offrir.

-Puis un jour, sa sœur m'a tout raconté.

...

Les dames plus âgées...

Je pouvais plus le regarder.

...

... Respiration forte

Alors on a cessé de se voir.

-Adrien est romancier.

-Oh !

-On peut lire quelque chose

que vous avez publié ?

-Eh bien...

je prépare un livre sur Martha.

-Je vais rougir. Rires

-Je pense que Martha est la plus grande actrice de ce siècle.

-Et du siècle dernier.

Rires

-Non, vraiment.

À travers ses rôles,

elle a réussi à injecter plus d'humanité dans nos vies

que la plupart

des grands poètes, et des grands musiciens aussi.

-Mazette.

Garde-le. Rires

...

-Tu l'emportes à Nice ?

-C'est possible. Il sait nager. Il a même vécu là-bas

pendant plusieurs années.

-Je le trouve mieux

que celui de l'an dernier. Moins beau,

mais plus malin. -Il est formidable.

Je n'ai plus qu'à l'aimer.

-Il admirait beaucoup l'actrice.

Puis il a rencontré la femme.

Il joue au piano.

-Françoise, fermez la porte.

...

Musique classique

*-Nous proposons des appartements de 2 à 4 pièces

*avec terrasse, balcon, jardin

*à partir de 400 000 euros.

*Livraison prévue

*pour mars 2021... -Ben voyons.

400 000 euros.

Pourquoi pas 15 000 le mètre, hein ?

C'est quoi, l'arnaque ? -Y a pas d'arnaque, Simon.

-On te connaît. Tu vas encore

nous chier un gros bloc de béton,

comme à Menton.

Mais si le maire me suit,

c'est pas pour faire de la merde.

-Je viens, je te fais un cadeau,

un mandat d'exclusivité sur 14 appartements...

-Un cadeau ? Mais c'est du poison, ton truc.

Un coup de fil au maire, et ton projet,

tu te le fous dans le cul. -Regarde cette photo.

Quand ton frère et ton père...

-Tu me parles plus

de mon frère. C'est pas un hasard

s'il a fait un infarctus.

-Simon ! -Je ne participe pas

à des programmes véreux, truffés de malfaçons.

OK ?

Chez moi, je vis pas dans la trouille.

-Ni dans le luxe.

-Le luxe ? Qu'est-ce que t'appelles le luxe ?

C'est ta Corvette, là ? Ta femme refaite ?

-OK.

Tu vas te faire bouffer.

Tu t'es toujours fait bouffer.

-Salut, embrasse ta femme. Non, elle me dégoûte.

-Qu'est-ce que t'as dit ? -Oh, oh !

-Hé ! Hé ! Hé !

-Doucement ! -Lâche-le !

Musique jazz Brouhaha

... ...

-Putain.

Il soupire.

...

Allez.

... Rires et brouhaha

... ...

... Rires

... Brouhaha

... ...

(-Quel cirque, je te jure.)

-Bonsoir. Vous allez bien ? -Bonsoir.

-Tu te souviens de notre fille ? -Lucie.

-Ouais, c'est ça. -Non ?

-Elle va bientôt se marier. -Tais-toi, on passait

une bonne soirée.

-T'es insupportable, papa.

Sonnerie -Oh putain.

C'est elle. Excuse-moi.

Deux secondes. -Non mais vraiment ?

-Chérie, je peux pas te parler. On attaque un filage.

Pour deux heures. Je te rappelle après.

Orage

-Oh non ! Oh putain. Non, c'est pas vrai !

Maria !

Simon, vous partez déjà ?

-Désolé, mais j'ai une affaire urgente à régler à Antibes.

-Au revoir. -Au revoir.

-Très bien. Je t'embrasse, ma chérie.

A tout à l'heure. Ça commence.

...

-S'il vous plaît.

Je vous demande votre attention.

Je voudrais profiter... (-Arrête.)

-... de la présence du directeur du théâtre national de Nice.

Applaudissements

...

Il y a quelques semaines, nous avons dîné ensemble

comme nous le faisons à chaque début d'été,

et tu m'as parlé de ton projet

de monter cette comédie d'Alphonse Grimaud

qui se situe dans les années 20.

Par pudeur,

ou par bêtise,

tu ne m'as pas proposé le rôle d'Adélaïde.

Gémissements d'étonnement et rires

Mais en rentrant,

je me suis quand même procuré la pièce. Tout à fait ravissante.

Alors,

je vais vous imposer une sorte d'audition en public.

Gémissements d'étonnement et applaudissements

En vous interprétant

la chanson d'Adélaïde qui se situe

au début du troisième acte.

Et pour se faire,

je serai accompagnée par...

Adrien.

Applaudissements timides

-Mon merveilleux compagnon.

...

Viens, chéri.

...

Musique douce au piano

Moi qui ne suis d'aucun...

Mais... Elle soupire.

C'est trop haut pour moi.

(-Je la connais que comme ça.)

-Descends un peu.

(-Je ne peux pas descendre, euh...)

... Respiration forte

... ...

...

-Moi qui ne suis

d'aucun pays

Aucun ! Gémissement

...

Rires

...

Ni de France

ni de Navarre

Nulle part !

Sur le piano

de mon lit

-Je joue les blanches

et les noires

Très tard

J'ai goûté

à tous les poisons

Tous ces félons

Et dansé nue sur bien des tables

Mais comme je ne suis

que passion

Il me reste à aimer le diable

J'ai croisé tellement de visages

Trop sages

Qui se sont empourprés d'ardeur En un quart d'heure

Mais...

comme je ne suis que passion

...

Je le dis sans prétention

Je connais bien

la chanson

Qu'il est mignon

Rires

Acclamations

... Applaudissements

... ...

Musique jazz Brouhaha

... ...

-Vous sortez d'où ?

-Vous parlez anglais ?

-Oui.

-La vue est superbe.

... ...

-Oui.

Vous aussi.

Musique classique majestueuse

... ...

-Je vais vous embrasser.

-Pardon ? -Oui.

Je vais m'approcher de vous et je vais vous embrasser.

-Pourquoi ?

-Parce que vous avez l'air triste.

... ...

Ça vous a plu ?

-Oui.

-Puis-je recommencer ?

-Je vous en prie.

... ...

-Venez avec moi.

... ...

Prenez le volant.

-Pourquoi vous parlez en anglais ?

-C'est comme ça, cherchez pas.

... ...

-OK.

... ...

-Voilà ce qui va se passer.

... ...

Vous allez conduire

et vous ne freinerez pas avant de jouir. OK ?

Respiration forte

-J'ai pas le permis.

-C'est pas grave.

...

Le moteur démarre.

Respiration forte

... Musique classique

... ...

Roule.

-Hein ? Ouais. Je vais où ?

-Tout droit, et je vous dirai.

-OK, OK, OK.

... Vrombissement du moteur

...

... Respiration forte

... ...

...

... ...

... Gémissements de plaisir

... Respiration forte

... ...

...

... ...

...

-Faut que je freine.

-Si tu freines, je la griffe

jusqu'au sang.

...

...

... Adrien crie.

-Oh putain.

Adrien respire fort.

...

Elle soupire.

Adrien respire fort.

-Attends.

...

...

Attendez, deux secondes. On est bien, là.

-Hein ?

-Faut que je fume une cigarette.

-Ça monte, là.

Donc vous êtes folle.

C'est à qui, cette voiture ?

-C'est celle d'un con. Enfin de sa femme.

-On est bloqués. C'est bloqué.

Et ça monte.

-Vous n'aimez pas Titanic ?

-Quoi ?

Respiration forte

...

-Bon, allez.

Faut que j'y aille.

-Où ça ?

Attendez.

Attendez.

Gémissements d'effort

Attendez.

...

Attendez...

Oh putain.

-Bonsoir. -Merci. Au revoir.

-Bonsoir. -Bonsoir.

Musique classique Brouhaha

-Attendez !

Attendez-moi.

Vous allez où ?

-Quelle importance ?

-C'était une Jaguar de collection

que j'avais offert à ma femme.

-Pouvez-vous nous parler de Mlle Margot Hansen ?

-Je la connaissais à peine.

-Votre rencontre ?

-Chez des amis, un soir.

Elle flirtait avec Maurice Hamart,

ex-promoteur qui fait du mécénat.

Il m'a aidé à financer mes spectacles.

Le théâtre subventionné n'est pas

aussi grassement... -S'il vous plaît.

-Je l'ai trouvée sublime.

Musique classique

Des jolies filles, j'en croise, mais des comme ça, c'est...

Je lui ai demandé

si elle avait déjà pensé à jouer la comédie.

Elle semblait pas intéressée.

-Et depuis ce soir-là, vous ne l'avez plus croisée ?

-Non.

Musique intrigante

-Jamais ? -Jamais.

...

Jamais.

*Musique classique majestueuse

*...

*...

-Bonne nuit, Maria.

-Bonne nuit, monsieur.

*...

*... Le sol grince.

*...

*-Bonsoir, Juliette.

-Pardon

pour le piano.

J'avais le trac.

J'étais pas bien. -Je comprends.

-T'as passé une bonne soirée ?

-Et toi ?

*... *-Déshabillez-vous.

-Elle était belle, cette fille.

-Comment ? -C'est dingue,

la voiture de Bardin dans l'étang.

-Oui, c'est bizarre.

-On dort ensemble ?

-Pas ce soir, si tu permets. J'ai trop bu.

Je suis crevé.

*...

-J'avais jamais rencontré un violoniste sans un violon.

*... *Télévision

-Je compte sur toi demain.

*...

-Oui.

*...

Bonne nuit.

*...

Aboiements au loin

-Ça va ?

...

Alors ?

Sympa, ce tour de voiture ?

Musique intrigante *Télévision

... *...

...

-Quand on y réfléchit, c'est une région assez triste.

...

Les très riches crèvent d'ennui.

...

Les riches font semblant d'être très riches.

...

Quant à tous les autres...

...

ils crèvent de jalousie.

...

(En italien) -Il a pas laissé de pourboire, Marsac ?

-Non. Rire jaune

-Avec le fric qu'il se fait...

S'il revient, crache sur ses frites.

Ce midi, je suis allée faire un tour à l'hôtel.

-Encore ? Mais pourquoi tu fais ça ?

-C'était toujours la même clientèle. J'ai vu Sophie Courcel.

Toujours à la même place, toujours aussi soûle.

Y avait Carole et Simon Laurenti,

le frère de l'autre connard qui a bidouillé le contrat.

Il osait même pas me regarder. Quelle bande de lâches.

Pendant la guerre, ceux-là...

-Madame Giulia.

-Mademoiselle.

Bonjour, Lionel.

Musique classique

Ne fais pas cette tête-là.

Je ne prendrai qu'une entrée. -Giulia...

-Quoi ?

Je n'ai plus le droit de déjeuner dans mon restaurant ?

...

-Tu te fais du mal pour rien.

-Qui vous a engagé ?

-C'est vous, madame.

...

-Quoi ? Tu vas me frapper ?

...

Ah non, j'oubliais.

Pas devant les clients. Tu faisais ça en coulisses.

-Bon... -T'en fais pas, je m'en vais.

-Je te remercie.

-Je vais le buter.

-Arrête d'y penser.

Faut que t'avances. Elle rit.

-Dit-il. T'as passé une bonne soirée ?

*Musique italienne

-Luca, la même chose.

-OK.

-Est-ce qu'elle te gâte, au moins ?

-On sort presque jamais.

Elle déteste voir que personne la reconnaît.

*...

-Parce que moi, je te gâtais.

*...

Ça y allait, les week-ends.

Rome, Florence, Positano...

*...

(En italien) Salut, Luca. A demain.

-Au revoir.

-Je te propose pas de rentrer ensemble ?

-Tu veux ?

-Non.

J'aimerais que toi, tu le veuilles.

Ça...

J'ai plus les sous.

Bonne nuit.

Musique intrigante

-Le fils de Dumatel arrêtait pas de traîner.

-Dites pas n'importe quoi.

C'est pas le genre de mes invités.

... Le sol grince.

Ah t'es là, toi ? Je croyais que t'étais crevé ?

-Qu'est-ce qui se passe ?

-On m'a volé des bijoux.

Et personne n'a rien vu.

-Si ça vous rassure, fouillez nos chambres.

Aucun de nous trois n'est sorti ce soir.

-Tu crois vraiment que je pourrais te...

-Non, tu serais trop con.

Bonne nuit.

Musique intrigante

Et toi, tu me suis.

J'ai plus sommeil. Couinements du chien

...

... Respirations fortes

... ...

... Elle gémit.

... ...

Cris d'enfants Brouhaha de la rue

...

-Ça va, aujourd'hui ?

...

-Tu me remets une petite. -Hé, tu sais qu'il est 11h ?

-Ouais, peut-être. J'ai pas de montre.

...

Conversation au loin ...

...

-Comment ça va, Brigitte ?

-Et toi, comment tu vas ?

-Bien. Elles sont belles, vos pivoines.

-Oh, pas tant belles que toi, va.

-Je vais en prendre une. -Je te l'offre.

-Il a fait quelle tête ?

-Euh... Qui ça ?

-Quand il a découvert la voiture. Merci, Brigitte.

-Je t'en prie.

-Beh, furieux. Il était furieux.

-Il a pleuré ?

Ce genre de type chiale quand on touche à ses affaires.

Et je touche à leurs affaires.

Vous avez des affaires ?

-Euh, c'est-à-dire ?

-Vous avez une maison ? -Non.

-Un appart ? -Non.

-Une maison de famille ? -Pas vraiment.

-Un bateau ? -Non plus.

-Des actions ? -Non.

Musique calme Respiration forte

...

Elle soupire. -Un compte secret ?

-J'ai rien de tout ça. Mais je peux vous offrir un verre.

-Un verre ? -Une bouteille ?

-Et après la bouteille ?

-Un déjeuner ?

Vous avez déjà goûté les pizzas du Safari ?

-Une pizza ? -Oui.

-Heureusement qu'on est le week-end. -Pourquoi ?

-Ça. Ce qu'on fait là.

Musique douce

De la merde. Les choses gratuites et inutiles.

...

... Respirations fortes

... ...

Vous voulez venir ?

Adrien rit.

-Vous habitez ici ?

-J'aimerais bien.

-Pourquoi ?

-Je sais pas.

Je trouve ça chic. Les hôtels,

les maisons, les voitures, les bateaux...

Je trouve ça chic.

Tenez, prenez-moi en photo.

-Là ? -Mmh.

...

... Clics de l'appareil

Elle rit. -Quoi ?

-Un livre ?

-Oui, un livre. -Ça marche, ça, les livres ?

-J'en sais rien, c'est le premier.

-Pourquoi vous faites ça ?

Petit rire

-Car elle aime ça.

Elle trouve ça... chic.

-La chanteuse ?

-Non, c'est une actrice.

Une grande actrice.

-Ouais, on m'a dit.

J'aime beaucoup sa baraque.

Vous savez ce que j'aimerais ? -Non.

-Qu'on vive ensemble dans cette maison.

Pas vous ?

-Si.

-Mais un étage chacun, hein.

Tout fois deux.

Deux piscines,

deux cuisines, deux salons...

-Pour quoi faire ?

-Pour pas se voir. -Ah oui.

-Vous petit-déjeunez près de la piscine ?

-Oui, quand y a pas trop de vent.

-Elle met quoi sur ses tartines ?

Faites-moi rêver.

-Elle est plutôt pancakes,

avec un peu de sirop d'érable importé de Londres.

Merci.

*Chant d'opéra

-Ah non ! Merde !

-Pardon. -Faites attention, putain !

Vous avez deux mains gauches ?

*...

Où tu vas ?

-J'aime pas quand tu lui parles ainsi. -Alors casse-toi.

Robin des Bois de mes deux.

-Vous vous dites très généreux ?

-Ah non, non.

-Ça m'a foutu la dalle, cette histoire de pancakes.

-Ça vous dit de bouffer gratos dans un grand resto ?

Musique classique

-C'est beau.

-Elle a tout fait. -Combien de temps ça lui a pris ?

-Onze ans.

Et elle a plus le droit de s'y asseoir. -Putain.

Quel con.

-Tiens, justement.

C'est lui.

Le gars avec le pif énorme, là.

... Léger brouhaha

-Tout s'est bien passé ?

-Parfait, merci.

... ...

-T'es prêt ?

... ...

-Quand tu veux.

-Tu me dis ça comme ça ?

-Calme-toi.

-Tu vas te barrer avec cette pute et me laisser les gamins ?

Je fais comment, moi ? -Arrête, chérie...

-J'arrête rien.

Me dis plus ce que je dois faire.

-Ne fais pas de scandale.

-T'as peur ? C'est moi, le scandale ?

C'est moi, le scandale ?

Gémissements d'étonnement

-S'il vous plaît.

-S'il vous plaît, quoi ?

Bande de faux-culs, vous le saviez tous, hein ?

Tous !

Tu m'as fait trois gosses

et tu me laisses comme une merde ?

-Chérie, calme-toi.

...

-Faites quelque chose ! -Excusez-nous. Pardon.

-Bon, madame, ça suffit.

-Vous, me touchez pas !

"Ma Che Freddo Fa" (Nada)

-Espèce de folle !

...

Il gémit.

-Oh là, pardon. Excusez-nous.

...

...

...

-C'est celui-là que je veux. Avec deux voiles.

-J'ai le mal de mer.

-Tant pis pour toi.

...

-On fait quoi ?

-J'ai encore faim.

-OK.

...

Arrête.

(En riant) Arrête !

...

*...

-C'est ça, le problème, quand on s'aime bien.

On bouffe et on se regarde.

-Moi, ça me va.

-Arrête.

-Quoi ? -Tu me fais faire que des conneries.

-Qu'est-ce que j'ai fait ?

-Je fous en l'air mon capital.

Toi, elle s'en fout.

-Non, moi, elle veut que je bouffe tout le temps.

*...

-Elle a plein de tableaux ?

*...

-Ouais.

-T'es capable d'en voler un ?

-Pourquoi ?

-Pour faire l'amour ailleurs.

-Tu me plais.

-T'es sûr ?

-Je suis pas sûr que tu sois vraie. Tout est faux ici.

*Musique douce

Elle soupire.

-T'es le premier que j'embrasse par plaisir depuis 3 ans.

-T'es la première que j'embrasse par plaisir.

-Rho.

-C'est vrai.

-J'ai pas toujours fait ce que je fais aujourd'hui.

-Tu fais quoi aujourd'hui ?

Elle soupire. -Rien.

-Et avant ?

*... Sonnerie de portable

-Ah. ...

*...

Oui ?

*...

Oui, désolée.

J'étais en mer.

Des amis qui ont un bateau.

Dites-moi vite, ça capte mal.

Soupir Mais pourquoi tant d'impatience ?

C'est un vilain défaut.

*...

Non, je préfère le Negresco.

*...

À tout de suite.

*...

Bon, qu'est-ce qu'on fait ?

*...

On se retrouve en cachette pour manger ?

*...

-J'adorerais. Pas toi ?

*...

Ça te coûte quoi ?

-Du temps.

De l'argent.

*...

Salut.

*...

06 42...

Note vite. Vite.

-Attends.

-42 58...

*...

11, 22.

(42, 58, 11, 22.)

*...

-Je t'appelle.

Maintenant. Je t'appelle maintenant.

-En résumé, c'est long, c'est chiant,

c'est roboratif,

c'est éprouvant.

Et c'est la Palme d'or. Il rit.

...

-Ah, la voilà,

la pomponette qui revient manger la soupe du vieux pompon.

Garce, salope,

ordure.

-Bonsoir.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Comment va mon poète ?

-Bien. -Tu as faim ? Regarde.

Je suis gentille, je t'ai laissé une gamelle.

-J'ai déjà mangé.

-Tu vas manger deux fois.

-Martha...

-C'est une maison ici, pas un hôtel.

-Je vais finir par prendre du bide.

-Tu te feras vomir.

Je te montrerai. J'ai 25 ans de doigts dans la gorge.

Comment j'ai fait

pour garder cette taille de guêpe ?

Hein ?

Ça pique, une guêpe, tu sais.

Mange.

-Merci.

-Mange proprement, mon cœur.

-Je sais pas faire.

On m'a jamais appris.

J'essaie de vous observer. Je m'applique.

Mais il me faudrait des années pour espérer

vous ressembler. Vous êtes tous

tellement chics.

-Il a de beaux yeux, ce con.

Musique douce

-C'était intéressant de voir ce type évoluer.

Quelques mois plus tôt, il s'excusait d'être né.

Et puis voilà qu'une force obscure en avait fait un prince.

*Musique électro

*...

-Tu vois la maison là-bas ?

-La rose ? -Oui, c'est celle de mon beau-père.

Je la lui rachète. J'adorerais t'y amener le soir, c'est canon.

Vraiment. -Avec joie.

Elle crie. -Je jouis, putain !

Je jouis !

-Oh putain. Mais toi, tu veux jouer !

-Arrête, putain.

-Allez ! -Arrête, c'est gelé !

-Ça raffermit les nichons.

-Ils sont faux.

-Non, ils sont vrais.

-Et toi, jolie Margot ?

Montre-moi les tiens. Allez ! -Non mais dégage !

-Je déconne !

Margot !

Je vais te jeter à l'eau.

-Mais lâche-moi !

Elle crie.

-Oh putain !

Elle tousse.

*...

-Elle mouille !

-Connard !

-Allez !

Allez, remonte !

On déconnait ! Allez ! Viens !

-Tu t'attendais à mieux ?

-Je m'attendais à rien.

-Marrantes, ces poupées. -J'aime bien.

Voilà dans quoi je vis.

C'est pas très chic.

-Tant qu'il y a un lit.

-C'est presque beau, ce truc.

Danse.

Danse.

-Non, je danse plus. -Tu mens, alors.

T'as jamais été danseur.

-Si tu veux.

-T'assumes pas d'être juste une pute ?

-Et toi, hein ?

Musique douce

...

Allez, viens !

-C'est haut, putain. -Tu risques rien.

Je viens là pour dessoûler.

-Tu connais bien alors.

-Réfléchis pas. Un...

deux...

trois !

... Elle crie.

...

... Elle rit.

... ...

... Brouhaha animé

... ...

...

...

-Je veux plus qu'on se voie.

-De quoi ?

-Parce que c'est ridicule.

On se voit, on s'appelle. On dirait un couple.

-Et alors ?

-T'as ni boulot ni argent. Tu te défonces.

Non, j'ai déjà vécu tout ça.

J'ai déjà été folle amoureuse.

Au début, c'est agréable.

Mais ça paye pas les factures et rend pas heureux.

-Je suis heureux.

-Tant mieux, il t'en faut peu.

-Je t'aime.

-Quoi ?

-Je t'aime. -Oh, arrête.

T'aimes bien ma tête, mon cul, mais dans 5 ans, tu te barres.

-Non.

-Si, vous vous barrez,

mon père, mon ex, mon beau-père, tous.

On vieillit, on grossit, vous nous frappez et vous partez.

C'est comme ça.

-J'ai rien contre les vieilles.

-Parce qu'elles te payent.

-Arrête.

-T'y peux rien, c'est génétique.

À partir d'un âge, vous êtes des enculés.

Respiration forte

...

...

-Je t'ai suivie quand t'avais rendez au Marriott.

Je t'ai regardée.

Tu fumais clope sur clope, tu regardais ton portable,

t'attendais mes textos.

Quand je t'écrivais, tu riais.

C'est pas vrai ?

Margot !

Je vais trouver du boulot.

J'arrête les joints. Je vais me bouger.

-Je suis pas toute seule.

-C'est qui ?

-Maman. -Merci, Sandrine.

-Y a pas de souci. -Au revoir,

Sandrine. -Bonne soirée.

-Bonne soirée.

Elle était chez ma mère pendant quelques jours.

Tu m'as manqué, mon bébé. Tu sais ça ?

-Elle est jolie.

Elle l'embrasse. Elle te ressemble.

Si je te raconte, tu vas cesser de m'aimer.

-Pourquoi ?

-Je vivais à Londres.

C'était une boîte sélecte

pour me payer des cours de chant.

La journée, je passais des castings de mannequin à deux balles.

Je vivais avec un type qui avait pas une thune,

un pseudo chanteur que je trouvais génial.

Je payais tout.

Un matin, je me suis mangé sa guitare.

-C'est-à-dire ? -Tu vois la marque ?

*Musique électro Brouhaha animé

Un gros poivrot venait là tous les soirs,

un ancien champion de tennis.

J'ignorais qui c'était, mais c'était le roi de la boîte.

Il était totalement soûl qu'il ne tenait pas debout,

mais il repartait avec une pétasse différente.

Des gamines de 20 ans.

*... ...

Musique de suspense

Je peux te jurer que c'est dégueulasse.

Surtout celui de ce porc.

Musique intrigante

C'était ça ou je rejoignais ma mère dans sa vie de chiotte.

...

Test de paternité, avocats, pension alimentaire.

-Du coup, t'as de l'argent ?

-Bah non. T'as vu où je vis ?

-Je comprends pas.

-Je m'étais gourée de type.

-Sérieux ?

-Oh, mais j'y connais rien en tennis.

Je m'intéresse pas au sport.

(En riant) -OK.

Du coup, je comprends mieux les poupées.

-Faut pas croire tout ce qu'elle dit.

Je la connais depuis le collège. Elle a pas vécu à Londres.

C'est une fille qui invente ce qu'elle aimerait être.

Quand on sait ça, c'est une fille cool.

-Selon vous, qui est le père de sa fille ?

-Sûrement Quentin, le branleur avec qui elle sortait à Grenoble.

-En tout cas, c'est sûr,

je trouverai le moyen

de lui offrir une belle vie.

C'est ça, le projet, tu vois.

Elle et moi dans une maison, et aucun mec

pour nous faire chier.

-Le truc qui est vrai,

en revanche, c'est que...

son beau-père lui tapait dessus.

Elle le cachait mais ça se voyait.

Quentin aussi la frappait.

-Elle est trop belle. Ça les rend dingues.

-Bon, je vais me coucher.

-Je peux pas rester ?

-Pour quoi faire ?

J'ai pas de cœur.

Rentre chez ta mère.

Musique classique

...

-Salut. Viens voir deux secondes.

...

-Oui.

...

-Mais oui, mon cher ami. -Attends, je fais qui ?

-Léopold. C'est une scène à deux.

Mais oui, mon cher ami, je vous ai trahi.

-Trahi ? Le mot est faible. Vous m'avez humilié.

-Pour mieux vous revenir.

Ha...

-Vous convenez vous-même...

-Vous convenez vous-même

qu'une femme de mon rang ne peut vous épouser.

Je serais couverte de dettes et vous, de culpabilité.

J'accepte volontiers de partager votre vie mais pas vos créanciers.

En revanche, réfléchissez,

Paris est une corbeille de fruits qui demandent à être goûtés.

Choisissons ensemble le plus juteux d'entre eux.

Vous serez cocu, mais nous serons riches.

Musique intrigante

...

-Et si je t'aide ?

...

-C'est qui, lui ?

-Je peux t'aider.

...

Je connais plein de gens.

Mon amie qui tient le bistrot dans le vieux Nice,

elle a tous les dossiers.

Faut que tu rencontres le bon profil. -C'est-à-dire ?

-Les types que tu vois veulent juste passer du bon temps à l'hôtel,

mais ils rentrent dîner chez bobonne.

-Faudrait qu'on tue bobonne.

-Change quelques trucs pour les garder.

-Tu vas m'apprendre à séduire, toi ?

Parce que tu te trouves très séduisant ?

-Non mais je t'ai observée avec les mecs,

et je vois que t'as tendance à sourire faux.

On dirait que tu te fous d'eux. -Je me fous d'eux.

-Beh oui, mais faut pas. -Je t'ai dit,

je suis pas actrice.

-Il va falloir que tu bosses.

-Oh...

-C'est le mariage que tu vises ?

-Non.

C'est le divorce.

Je sais pas moi. Le maire ?

-Le maire ?

Mais il a rien, le maire.

Mais non, les politiques s'en prennent plein la gueule

et gagnent pas un rond.

Et il est fidèle.

-Gozlan ?

-Il quittera pas sa femme.

Elle est moche, elle est conne,

mais il divorcera pas.

-Et pourquoi ?

-Je crois qu'il l'aime.

Ça arrive, hein.

-Le patron d'A Mare ?

-Mais t'as vu sa tronche ?

C'est pas gentil pour ton amie.

Je dis ça, mais c'est comme vous voulez.

-Je m'en fous.

-C'est trop tard,

il va se marier.

Une autre a eu l'idée.

-Et toi ?

-Quoi, moi ?

-Tu peux pas récupérer quelque chose ?

Je dis pas la maison, mais bon...

Mais bon, elle a de la thune, elle, non ?

À cet âge-là, ils ont tout eu.

-Non, elle me donnera rien.

Elle est pas amoureuse.

-Ça se travaille, ça. Non ?

*"All Of Me" (Billie Holiday)

Embrasse-moi.

*...

T'es gentil.

*...

-Tu pleures ?

*...

-Un peu.

*...

On va être bien.

*...

-Je te le promets.

*...

-Dans moins d'une heure, je suis au bureau.

(En anglais) -Excusez-moi.

Pour la visite, c'est vous ? -Je te rappelle.

Comment ?

-Pour l'appartement.

-Oui, c'est moi.

-Margot Hansen. -Enchanté.

Vous me suivez ?

(Accent anglais) *-Lui a toujours voulu

*un rat, et moi, je trouve ce rat mignon.

*Il est le seul rat que je supporte.

*Il est gentil. *-C'est un rat chinois.

-Je suis pas sûre d'y arriver.

-Mais si. La première fois, j'ai cru que t'étais anglaise.

Même ton nom fait anglais. -C'est danois.

-Peu importe.

-Le problème, c'est de parler français avec l'accent.

-Vas-y, montre.

(Accent anglais) -Que je te le montre quoi ?

-Putain, j'adore.

Ça te rend vulnérable.

Une fille avec un accent, on a envie de la protéger.

-Même le russe ?

-Sauf les Russes.

-Désolé pour mon niveau d'anglais.

J'étais un très mauvais élève.

(Accent anglais) -Oui, je comprends.

Si tu veux...

Si tu veux, je... je parle un peu français.

Musique intrigante

-Ça m'arrange.

...

(Accent anglais) -Bonjour.

C'est vrai ?

...

Magnifique !

-L'un des plus beaux produits qu'on ait.

Et vous allez voir,

la terrasse s'étend quasiment

sur 360 degrés.

-Ouah.

-C'est pour vous, l'appartement ?

C'est pour vous ? -Non.

Je visite pour mes parents.

-Pour vos parents, OK.

-Oui, je visite

Cannes... -Mmh mmh.

-"Banlieu".

-Beaulieu.

-Ah oui, "Beauliou".

-Presque.

-Oui, et Nice too.

-French Riviera.

-Oui, pour moi, c'est la plus belle place de...

-De France.

-De le monde.

J'aimerais vivre aussi ici.

-Bienvenue.

Regardez, là, vous avez cette très grande pièce à vivre.

Là, le coin salle à manger, salon, la cuisine.

Et au-dessus, ce sont les chambres.

Et vous allez voir une autre... -Vous admettez

leur avoir suggéré le nom de Simon Laurenti ?

-Je ne sais pas, peut-être. -Pourquoi le leur avoir suggéré ?

Il y a dans la région des hommes plus riches,

plus disponibles

et moins mariés.

-Mmh. -À ce moment des faits,

il n'est pas riche mais a les moyens de le devenir.

Son père est mort.

Son frère est mort.

Il devient le seul patron de l'agence,

et ça le rend fragile. -Pff.

-J'adore.

-Moi aussi.

C'est un appartement que j'ai failli prendre pour moi.

Mais ma femme l'aimait pas.

Elle le trouvait trop tape-à-l'œil.

-Tape-à-l'œil ?

-Trop cher.

-Ça donne envie de boire du vin.

-Je suis d'accord.

-Vous avez "un" bouteille ? -Ah non, pas ici.

Mais si c'est un critère,

je peux le vendre à vos parents

avec une cave pleine à craquer.

-Saint-Estèphe.

-Saint-Estèphe. Quelle année ? -Peu importe.

Et tu notes aussi Pauillac et château Lynch-Bages.

-Comment ? -Lynch-Bages.

Le préféré de Martha.

-Lynch-Bages,

c'est un très bon vin.

-C'est celui je préfère. C'est ma "favorie".

-Y a du bon vin en Angleterre ?

-Il y a, oui, mais pas le même.

Vous savez

les endroits pour boire le bon vin ?

-Oui, bien sûr.

-Vous pourriez me texter une liste ?

-Bien sûr.

Vous êtes en voiture ?

-Oh no, je vais appeler le taxi.

-Vous parlez parfaitement le français.

-Je parlais mieux avant.

J'ai étudié la littérature à "la" université.

-La littérature française ?

-Oui. -Ah.

Et quelle période ?

-Romantisme, c'est trop cliché.

Non, t'as étudié la poésie du 20e siècle.

Comme ça, tu vas pouvoir citer des vers.

-Ah ouais ?

-Je te ferai un florilège. -Un quoi ?

Je déconne.

Paul Éluard, vous connaissez ?

-Non, mais il paraît que c'est très beau.

-Oui.

Euh...

"Sur la plage, la mer a laissé

ses oreilles.

"Et le sable creusé la place d'un beau crime.

"Les couteaux sont des signes et les balles

"des larmes."

-C'est très beau, mais j'ai rien compris.

Mais c'est très beau. Mais j'ai rien compris.

Ils rient.

-Mais c'est très beau.

-Excusez-moi.

Le dossier de l'appartement.

Vous me tenez au courant ? -Oui.

-Je vous envoie les restaurants.

-Merci. Au revoir.

-Au revoir.

Vrombissement du moteur

Eh beh dis donc.

-Oui, mon chéri ? *-Ça va ?

Si on allait dîner ce soir ?

-Tous les deux ?

-Bah oui, tous les deux.

-Mais où ça ? On n'a pas réservé.

-J'en sais rien, écoute. On improvise, hein ?

Je veux boire du vin face à la mer.

*On habite à côté, on la voit jamais. -Ben, d'accord.

Bisous, mon chéri. *-Bisous.

-Excusez-moi, c'était Simon.

-Comment il va alors ? Avec tout ce qui se passe.

Il dirige l'agence seul maintenant ?

-Oui, c'est beaucoup de pression.

Il gère des affaires de très grosse envergure.

C'est plus les mêmes journées. -Mmh.

-Vous êtes mariés depuis quand ?

-Oh là...

Vous n'étiez pas né. -Ah.

N'exagérons rien.

-Vous vous aimez ?

-Si on s'aime ?

-Oui, je sais pas. C'est une question. Elle est pas obscène, si ?

-Bien sûr qu'on s'aime.

Comme deux personnes qui s'aiment depuis longtemps.

-Vous dansez ?

Ensemble, vous dansez ?

Ça me dérange pas. Elle est pas mal.

-Pas mal ?

-Ouais, pas mal.

Elle a ce qu'il faut où il faut. C'est mon style.

-Merci pour le tapis.

-Maria va t'aider à le prendre.

-Non, ça va. -Si, il pèse une tonne.

-Ça va me faire faire du sport.

Je serai plus endurante en danse.

Martha rit jaune.

Au revoir.

-Merci beaucoup.

Au revoir.

-Au revoir.

-Mais qu'est-ce que vous faites ? -Ce que vous voulez.

-Adrien... -Carole.

-À quoi vous jouez ? -C'est pas un jeu.

Si c'en est un, il est agréable.

-Oui, bon, j'ai plus l'âge.

-Vous avez l'âge idéal. Je vous trouve magnifique.

-Descendez, s'il vous plaît.

D'abord, vous dites n'importe quoi et Martha est à 15 mètres.

Il soupire.

-Au revoir.

Vous avez pas vu comme je vous regardais

quand je l'accompagnais au piano ?

-Non.

Bon...

-Vous aviez une robe superbe.

-J'avais pas de robe. -Mmh ?

-Je portais un chemisier. Raté.

Allez, sortez, s'il vous plaît.

-On se supporte plus.

Je suis une bonniche parmi les autres dans cette maison.

-Ça me regarde pas, mais pourquoi vous restez là ?

-J'attends la fin de l'été.

Je vais peut-être me suicider. -Comment ?

-Vous pouvez me déposer à Nice ?

-Si vous voulez.

-Merci.

-Arrêtez de me regarder.

-Je vous regarde pas. -Ben si.

-Non, je regarde la mer, juste derrière.

Elle est belle. Encore plus que d'habitude.

-Arrêtez.

-D'accord.

Vous avez raison.

-Ah !

Qu'est-ce que vous faites ?

Crissement des pneus

Frein à main

Gémissement

Je sais même pas qui vous êtes.

-Tant mieux.

-Paraît que la mer est propre, cette année.

-Ah oui ? -Ouais.

C'est Éric qui m'a dit ça.

Le midi, il avale un sandwich et va se baigner.

-Il a raison.

-J'ignorais pourquoi l'après-midi, il avait les cheveux mouillés.

Bip

Excuse-moi. -Je t'en prie.

...

"Sonate pour piano" (interprétée par Manfred Reuthe)

...

Pardon.

...

... Bip

...

... ...

...

... ...

...

Je sais pas ce qui m'a pris.

J'ai rien compris.

C'est pas du tout mon genre.

-Madame,

croyez-moi, nous ne sommes certainement pas là

pour porter sur vous un jugement moral.

Ce qui nous intéresse, c'est le déroulement des faits.

Avez-vous

revu M. Saillard ?

-Une fois.

La première et la dernière.

Ça faisait trois jours qu'il insistait.

J'ai accepté dans le but de mettre un terme à cette bêtise.

- Non mais rhabillez-vous. -J'ai chaud.

-Je hais ce genre d'histoire.

Il se passera rien. Arrêtez de m'écrire, c'est embarrassant.

-Je préfère quand on se voit.

Musique intrigante

-J'en avais pas vraiment envie.

...

Elle soupire.

Je sais pas pourquoi je m'en veux.

Je dois être vieux jeu.

Musique classique rythmée

...

-Coucou.

...

Ça va ?

...

-Faut que je te parle.

-Quoi ?

Il soupire.

Bien, demain, on dîne toujours

avec Franck et Lucie ?

-Tu dis rien ?

-Je te demande si demain,

on dîne toujours au Safari avec Franck et Lucie.

-Oui, c'est ce qui est prévu.

-Ça m'emmerde, j'ai pas envie.

J'adore ma fille, mais je serai crevé.

J'ai une très grosse journée.

-Je comprends.

-Moi aussi.

*Télévision

*...

Respirations fortes

...

... -Oh putain.

...

-Faudrait qu'on se fasse une Peter Glau.

-Une quoi ?

-Il lui a fait un putain de chèque.

La meuf a plus besoin de bosser.

-Elle s'est fait ça elle-même ? -Non, son frère.

-C'est quand même violent.

-Pour qui ? -Pour ce pauvre type, là.

-Oh, petit chouchou.

Le pauvre.

Il a tout eu dans sa vie. Aucune guerre, aucune maladie.

On va chialer ?

Il est tard, faut que tu partes.

Allez, allez.

-Pourquoi ?

-Elle va te larguer si tu découches toujours.

-Oh non.

Non, je suis bien, là.

*Chant lyrique

T'as déjà envisagé de retrouver

tes parents biologiques ?

*...

-Euh, j'ai mon dossier dans un tiroir.

Y a le nom de ma mère, je crois.

J'ai jamais osé l'ouvrir.

*...

Je l'ai toujours fantasmée en personnage très distingué, une aristo,

genre suédoise ou italienne.

J'avais peur de tomber sur une personne quelconque.

Mais il est trop tard. Elle doit pourrir six pieds sous terre

dans une banlieue sordide.

*...

-Ça te va bien, les cheveux en arrière.

C'est joli. -Ah bon ?

*...

Thomas trouvait que mon front trop grand me rendait masculine.

-Thomas est un vieil homme.

Tu devrais l'ouvrir, ce dossier.

Ça te ferait beaucoup de bien.

Musique douce

...

Cris des goélands Brouhaha

... ...

-Physiquement,

cette région est sinistrée.

Elle rit.

Chaque année,

c'est de pire en pire.

-Vous êtes belle.

-Je suis vieille. -Non.

Vous êtes belle depuis longtemps.

Sonnerie de portable

Ah, c'est lui.

(En italien) -Elle te plaît beaucoup.

Je vois

tes sentiments à travers tes lunettes.

-Oui, j'aimerais bien.

-Ouais.

-C'est épuisant, non ?

-Ouais. -J'ai vécu ça deux fois.

La dernière fois, c'était avec toi. J'ai pleuré

pendant un an.

-Je la vois tous les jours. Je rêve d'elle la nuit,

même quand je dors pas.

...

-Prends du Lexomil.

Alors ?

-Ce soir.

-Ah ! Où ça ?

-Ça s'appelle l'Abri Côtier.

-On y mange mal mais c'est très cher.

Musique d'ambiance

-Bonsoir.

Ça va ?

(Accent anglais) -Très bien.

C'est votre restaurant que vous le préfère ?

-Non. C'est la première fois que je viens.

C'est un fantasme.

-OK.

-Je peux te donner des conseils ?

J'ai quelques heures de vol et puis je le connais bien.

-OK.

-Laisse-le choisir pour toi.

-J'ai faim.

-Dis que t'aimes tout.

-Je sais pas quoi prendre.

-Que tu as envie de découvrir.

-Je vous conseillerais le loup grillé.

-Vous voulez que je prends le loup ?

-Ce soir, tu es absolument enthousiaste.

-Comme vous voulez.

-OK, je le prends, le loup, alors.

-Ils aiment croire donner du goût à tout ce qu'on bouffe et boit.

Bois pas trop. C'est un ancien alcoolo.

Il en a chié pour s'en sortir.

N'aie pas peur de t'épancher sur tes parents, sur tes ex...

Si tu déballes tout,

tu n'as rien à cacher.

-Mes ex ?

-Oui, bon, ton ex.

-Mon ex-boyfriend détestait le poisson.

-Les types de son âge n'ont pas beaucoup évolué.

Ils disent le contraire, mais on est vite une pute

dans leur inconscient.

-Ça a duré longtemps ?

-Cinq ans. -Ah !

-On a failli se marier.

Mais je pense, j'étais trop jeune.

Lui aussi, je crois.

-Vous avez gardé contact.

-Mais on est copains maintenant.

C'est comme mon frère, en fait.

-Je comprends.

-Tu bois peu,

mais tu restes jusqu'à la fermeture.

-Encore un verre et j'arrête.

-Et alors,

tu regardes autour

et tu lui dis, l'air enfantin...

-Oh my god, il y a plus que nous.

-On parle, on parle et...

Je demande l'addition.

-Non, c'est moi.

-Non.

-Tu payes. -Si, je l'insiste.

-Et tu prétextes...

-Vous m'invite la prochaine fois.

Ça nous obliger à nous revoir.

-À la fin, sois très honnête.

-Honnête ?

-Ben non.

Bien sûr que non.

Mais tu lui avoues que... -Je voulais bien

vous "invite" à monter boire le verre,

mais je veux dire la vérité. Je...

Je viens de séparer de mon homme

et j'ai besoin d'un petit... de temps.

-Je comprends.

Je suis marié, vous savez.

-Je m'en fous.

Musique intrigante

...

-Prolonge un peu le regard.

Quand c'est gros, ça passe.

Je connais très peu de types

qui ne se sentent pas potentiellement irrésistibles.

...

Il soupire.

-Quand vous avez dit son nom,

leur avez-vous parlé de vos différends avec la famille Lorenti ?

Leur avez-vous précisé qu'il n'y était pour rien ?

-Pour rien ?

Il le savait, il a rien dit. Je l'ai supplié

de me défendre.

Supplié !

-C'était son frère.

-Oui, c'était mon hôtel.

Les hommes sont solidaires pour magouiller, ou se taper

des filles.

Leur agence

nous avait vendu l'hôtel.

Ils étaient cul et chemise avec mon ex.

Musique intrigante

Lors du procès pour que je garde la gérance,

je leur ai demandé de témoigner.

Il m'ont lâchée comme une merde.

Bastarde.

-Vous avez vécu cette perte comme une injustice.

Mais vous avez brisé la vie d'un homme dont le seul crime était

de porter le même nom que son frère.

-Mais je n'ai brisé la vie de personne. J'ai juste cité un nom.

Il rit.

-L'histoire nous a appris que le fait de citer un nom

pouvait avoir des conséquences très funestes.

Je n'ai plus d'autres questions.

-Moi, j'en ai une.

Quand ce procès va redevenir

le sien ? -Madame...

Pardon, mademoiselle.

-Madame. -Je vous prie de vous calmer.

-On pleurniche sur des lâches,

sur des notables, sur des riches.

Et sur des hommes !

-Madame, taisez-vous.

-Oui, j'ai compris. Vous voulez que je me taise.

-Margot.

Margot, attends.

-Tu me surveilles ?

-Je sais pas. Il te plaît ?

-Arrête. Pendant 2 h 30, il m'a parlé d'immobilier,

de sa fille aînée,

d'un projet de résidence.

Quel plaisir de sourire à mon grand-père.

-Vous vous êtes embrassés ?

-Oh, tais-toi.

Sois jaloux mais pas de n'importe qui.

Non mais tu l'as vu ?

Musique dramatique

...

... Il fredonne.

... ...

Il soupire.

...

Il crie.

-Je t'ai fait peur. Excuse-moi.

-Non mais ça va.

Ça va.

-Je veux plus qu'on dorme séparément. On est trop jeunes pour ça.

Il soupire.

Je veux qu'on habite ensemble, comme un vrai couple.

Pas toi ?

-Si.

Maria a mis tes affaires dans le dressing.

-Ah ouais ?

C'est super.

-Puis tu sais quoi ? Y a un souci de décor.

On va pas répéter pendant 5 jours. -Non ?

-J'aimerais qu'on parte faire un tour.

Musique douce

...

-Viens. Viens, allez.

Mets-toi derrière moi.

... Martha soupire.

... ...

Qu'est-ce que c'est beau !

...

Regarde ! -J'ai envie de gerber.

-Déjà ? -Ouais.

...

Cris de goélands -"Tu ne serais pas

"une femme, si tu ne savais pas

"si bien te faire et te refaire une âme,

"une âme neuve..." -Deux secondes.

-"... avec un rien." Il halète.

...

-Je vais crever.

-Oh no.

Pas tout de suite.

-Reprends deux répliques plus tôt.

-Euh... oui.

Vous étiez, si je me souviens bien, tout à fait disposée...

... Gémissements

...

-C'est agréable.

...

J'espère que le public sera moins radical.

-Non, Jacques Prévert. -Mmh...

...

Celle-là ?

...

-T'attends un texto de la petite pute ?

...

-De quoi ? -Celle que t'as embrassée à la fête.

...

-Je sais pas de qui on parle.

... Rires jaunes

... ...

-J'adore être en mer, mais je pense à Nathalie Wood.

-Qui est morte noyée ?

-Elle est censée être morte noyée

car elle avait trop bu.

Mais ce serait son mari qui l'a jetée.

-Pourquoi ? Elle était belle.

-Pour le fric, qu'est-ce que tu crois ?

-Oh my god.

-Oui, j'ai promis à vos parents. Lynch-Bages !

... Il rit.

...

-Il a hérité de tout.

...

Mon chéri, tu me ressers ?

...

... Clapotis de l'eau

-Hé oh ! -Non !

Laisse-le.

Quoi ? Tu vas me tuer ?

Vas-y !

...

-"Tu crois être le doute et tu n'es que raison."

...

-Vas-y. Respiration forte

... ...

-"Tu es le grand soleil"

"qui me monte à la tête."

Paul Éluard.

Mais celui-là, j'ai tout compris.

...

-J'espère que tes parents

prendront pas l'appartement.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il me plaît de plus en plus.

...

-Vraiment ?

...

-Je l'ai quittée.

...

-Qui ça ?

...

-La pute.

...

-Elle est bonne, cette liqueur.

-À tout à l'heure.

Il sonne plusieurs fois.

Margot ?

Il sonne.

Brouhaha

Tu sais pas où elle est ?

-Elle l'a bien travaillé, hein.

-C'est-à-dire ? Ça veut dire quoi ?

-Ils sont partis en week-end.

-Où ça ? -Ah, attends.

-Attends. -Une seconde.

On arrête pas, aujourd'hui.

Il soupire.

Si pronto.

Oui ?

Très bien.

Et à quelle heure ?

Très bien. Soyez à l'heure, sinon c'est cuit. Au revoir.

En Italie.

-Où ça ?

-Qu'est-ce que ça peut te foutre ?

-Putain, elle répond pas à mes textos.

-Évidemment qu'elle répond pas.

...

-Merci.

(En italien) -C'était bien, ta croisière ?

Musique intrigante

...

... Brouhaha

...

-La salle est pleine. Archi pleine.

-L'horreur.

File-moi une cigarette

s'il te plaît. -Moi ?

-Oh arrête, je sais très bien que tu fumes.

-Oh Thomas !

Maestro ! Il rit.

-Laissez-moi seule avec Thomas. -Bien sûr.

-Je suis impatient.

-Tiens.

Respiration forte

-S'il vous plaît.

...

(En anglais) -Pense à respirer.

Martha respire profondément.

...

Avec moi. Il expire.

Sonnerie

... Il échauffe sa voix.

... ...

Sonnerie Brouhaha

... ...

...

Musique classique

...

...

... Applaudissements

... ...

-Oui, mon cher ami, je vous ai trahi.

-Trahi ? Le mot est faible.

Vous m'avez humilié. -Pour mieux vous revenir.

Une femme de mon rang ne peut vous épouser.

Je serais couverte de dettes et vous, de culpabilité.

J'accepte volontiers de partager votre vie.

Mais pas vos créanciers.

En revanche,

réfléchissez.

Paris est une corbeille de fruits

qui demandent à être goûtés. (-Je t'aime.)

-Choisissons ensemble le plus juteux d'entre eux.

Vous serez cocu, mais nous serons riches !

Rires Sonnerie

Il rit.

-Madame ? -Qu'est-ce ?

J'ai dit qu'on ne me dérange pas. -C'est M. Charles.

-Ah !

Voilà le premier fruit.

Musique mélancolique

Ce salon où je régnais

est désormais truffé de pièges

que je pensais avoir posés,

mais dont je suis la seule à m'y blesser les pieds.

...

... Applaudissements

... ...

... Acclamations

... Sifflements

... ...

Bouchon Il rit.

-Je salue le retour fracassant... et je pèse mes mots,

... fracassant d'une très grande comédienne.

-Arrêtez, s'il vous plaît.

J'ai eu ma dose d'applaudissements. Pour ce soir.

Rires

-T'es folle

de venir ici. -Oui.

Elle est bonne.

Tu viens ?

-Aussi bonne qu'en Italie ? Bon, Margot...

Allez. Il crie.

-Là, ce con, il m'a fait un énorme blanc.

Il cherche pas son texte.

Il me regarde comme un caniche qui a honte d'être incapable de chier.

Musique d'ambiance

... Rires

-Excusez-moi.

... ...

...

Je monte écrire. J'ai un chapitre sur le feu.

...

... Il l'embrasse.

À plus tard.

-Il la tenait.

Ce petit merdeux, là, il la tenait.

Je sais pas ce qu'il avait fait,

mais il la tenait dans ses mains.

Elle était cuite.

Grincement

Respiration forte

Ça sentait le cul dans cette maison,

mais pas dans la bonne chambre.

Respirations fortes

On le fait, cet enfant ?

-Maintenant ?

-Oui.

...

Oui, mon amour. Musique classique

... ...

-C'est lui qui va choisir le prénom ? -Non.

Non, là-dessus, il peut se toucher.

Mais ce sera un bon père.

Il va le gâter. -Oui.

-Nous aussi, il va nous gâter.

-Oui.

... ...

... Gémissements de plaisir

... ...

On frappe.

Oh putain...

Respiration haletante

...

Il souffle.

-Coucou.

-Coucou.

-Il reste encore du whisky ?

Respiration haletante -Euh... ouais.

Musique classique Respirations fortes

... ...

... Gémissements de plaisir

Gémissement d'étonnement

... Gémissements de plaisir

-Déjà ?

-Garde-la comme maîtresse.

Il soupire. -Carole...

-Mais pourquoi pas ?

Si je ferme les yeux, profites-en,

putain !

-C'est pas ton genre.

-Qu'est-ce que t'en sais ? Quoi, c'est pas mon genre ?

On en sait rien. On a jamais vécu ça.

Après tout, essayons.

Ça va pas durer 10 ans, de toute façon ?

-J'en sais rien.

-Elle débarque de nulle part.

Elle a l'âge de ta fille.

Tu vas pas faire comme ces porcs qu'on critique ?

Tu vas dire :

"Voici ma fiancée. Regardez comme elle est bonne."

Tu vas te faire des teintures ?

Tu vas te vider les poches ?

Tu vas pas devenir comme ça ?

T'as jamais été comme ça. Tu peux pas l'être.

Des filles plus jeunes, y en a des tonnes !

-Arrête de dire ça. Je partirais avec elle

si elle avait ton âge.

Mais il se trouve qu'en plus, elle est plus jeune.

Il soupire.

Musique mélancolique

... Il referme la portière.

...

...

...

... Vrombissement du moteur

... ...

-On est partis sur cette teinte ?

-C'était... celle-là.

... Il cloue.

... ...

-Bonjour.

...

-Vas-y. Ouvre-le, toi. -Moi ?

OK.

-Attends, faut que je boive un verre.

-Attends, me dis rien. 2014, tu dis ? -Ouais.

...

-Un assemblage de mourvèdre et de grenache.

-Et vous avez un endroit pour le vendre, ce vin, dans la ville ?

-Non, pas vraiment.

-Moi, j'adorerais faire ça. -Ah.

-Fais-le.

-Moi ? -T'es prête, hein ?

-Oui, vite. -C'est un joli nom.

-Vas-y.

-Et ça explique beaucoup. -C'est-à-dire ?

-C'est-à-dire que tu es allemande.

...

Regarde.

"Greta Schneider."

Là.

...

-Tu vas pas demander

à tes parents. Il faut bien que mon agence serve à quelque chose.

C'est pas une boutique de 300 mètres carrés que tu veux.

-Oui, mais je veux place à moi-même.

-Mmh ! Il crache.

Mais ce sera à toi.

Ce sera ta boutique.

Ce sera The Margot's Shop.

Il crache. -Tu es fou.

-Rentre pas, je suis à poil.

-So what?

-Je veux pas que tu voies ça.

-Quoi ?

-Ben parce que c'est moche.

...

-Non.

... Il soupire.

...

... Respiration forte

... ...

Tu es heureux ?

... ...

-J'en chialerais.

-Je t'appelle.

-Tu m'envoies une photo.

-Tout dépend de sa tête.

Couinement et grognement

Musique douce

...

... Clic de l'appareil

...

...

-Tant d'éléments importent.

...

-Alors ? -Alors quoi ?

-Les tableaux ?

-Tu vas rire.

-Quoi ? -On les a volés pour rien.

-Comment c'est possible ?

-C'était déjà des faux.

...

-Oh, la pute.

...

-Maman !

...

(-Chut, elle est bien.)

(-J'aimerais rester.)

(-Je sais.)

(-Elle rentre quand ?)

(-Après-demain.)

Margot ouvre la porte.

-Tu sais, j'ai toujours adoré la littérature allemande.

Tu te souviens, Jean-Charles, quand je te bassinais

avec Brecht, Botho Strauss, Goethe... -Büchner.

Tout à fait.

-C'est fou, la vie. C'est vraiment fou.

-On a pas les moyens. C'est Byzance, leur machin.

-Considère la propale de Bazin.

-Arrête avec Bazin.

Je ne bosserai pas avec Bazin. Même à 12, même à 15, j'irai pas.

-Et pourquoi non ?

...

C'est qui, Bazin ?

-C'est un ami à moi. Il pourrait devenir le tien.

-C'est un bandit. -Et alors ?

C'est maintenant que tu dois prendre le risque

pour... pour être heureux.

-Pas besoin de ça pour être heureux. -Si.

-Flatte ses ambitions, qu'il ait envie de t'épater.

-Tu veux les choses grandes et...

Je trouve beau que tu veux les choses grandes.

...

-C'est nul. Y a pas de thune à se faire.

On frappe. Oui, entrez.

Ah, Simon ! Entre, entre.

...

(-Vas-y, tape.)

(Si.)

(Faut qu'il y ait des signes avant.)

Allez, tape.

Allez, tape. -Tu vas lui dire quoi ?

-Que je suis tombée.

-Je veux pas te frapper devant la petite.

Arrête.

-Vas-y.

-Non, je peux pas. Je peux pas.

-Ferme les yeux et tape.

Il soupire.

Vas-y.

Respiration forte

Elle soupire.

-Vas-y, fais-le, toi.

Gémissement de douleur

... -Bon...

On peut pas se taper soi-même. C'est un truc animal.

Respiration forte

Vas-y, pousse-moi.

Il soupire.

Tu m'as poussée, là ?

-Ben, tu sais...

Ouais.

J'aime pas.

Musique intrigante

-To know, knew, known.

To lay, laid, laid.

To lead, led, led.

(En italien) -Ce ne sont que des rumeurs !

Montrez-moi les preuves, si vous en avez.

Je vous défie

de prouver que j'ai perçu quoi que ce soit de Bazin.

Je ne le connais pas.

-Choose, chose, chosen.

Drink, drank, drunk.

Respiration haletante

... Acclamations et applaudissements

... ...

-Ce soir-là, je devais dîner avec Martha.

Elle m'a planté comme une merde.

...

-Éric,

mets la même ambiance lumière

qu'à la fin de la pièce. *-OK.

...

-Ouais, merci.

...

... Vaporisation

...

-Qu'est-ce que tu fais là ?

Qu'est-ce qui se passe ? -Viens, assieds-toi.

-Bonjour.

Mais c'est superbe, tout ça.

...

Incroyable.

...

-On joue une pièce de qui ?

-De nous.

...

-J'ai vu Bazin.

-Je le sais.

-Comment tu le sais ?

-Je commence à te connaître.

-Je vais pas te mentir, je pensais pas qu'on passerait l'été.

-Je vais pas te mentir, moi non plus.

-Mais je sais pas, quelque chose a changé.

-Oui.

Quelque chose a changé.

-T'as changé.

-Tu me fais changer.

-Tu sais, je...

Je suis quelqu'un d'un peu...

Comment tu dis ?

Classique.

-Classique ? -Aujourd'hui,

j'ai plus envie d'être un amant parmi d'autres.

Le type de l'été.

C'est...

Ça m'intéresse plus.

-Il y a un poème de Keats qui dit :

"Cette main vivante,

"à présent, chaude et capable

"D'une étreinte fervente,

"ne manquerait, serait-elle froide

"Et dans le silence glacial

"de la tombe,

"De hanter tant tes jours

"et transir les rêves de tes nuits,

"Que tu souhaiterais ton cœur tari de sang

"Pour qu'en mes veines à nouveau puisse la vie rouge affluer

"Et toi calmer ta conscience.

"Regarde, la voici

"Vers toi, je la tends."

...

...

-Magnifique.

Ça veut dire quoi ?

-Veux-tu m'épouser ?

...

... Gémissement d'étonnement

Nous ?

...

Te gêne pas pour dire non.

-Non, non, j'ai pas envie de dire non.

...

Mais c'est complètement fou.

... Elle rit.

...

Soyons fous.

...

-Pourquoi on ferait ça ?

Écoute, on est bien, non ?

J'adore notre vie. Pourquoi s'embarrasser

des conventions bourgeoises, quoi ?

Non puis ça m'obligerait à divorcer, donc...

Les conflits avec Carole, tu vois ?

Les papiers, Lucie qui va me faire la gueule...

Elle se marie dans trois mois.

Le parallèle est ridicule.

-Ridicule ?

-Je peux pas lui voler son mariage.

Et puis on vit déjà ensemble. -Chut, j'ai compris.

-Oh, je t'en prie, non, le prends pas mal.

-Tout va bien ! Parlons plus.

Il soupire.

Juste, je voulais te dire que...

si j'ai pensé que nous se marions,

c'est que...

-Et si on adoptait ?

-Quoi ? Un enfant ? -Non, un lapin.

Oui, un enfant.

Regarde-moi, je m'en suis pas si mal sortie.

-Ouais, c'est pas faux.

-Et tu le sais depuis combien de temps ?

-Quelques jours.

-Mon Dieu...

Tout va trop vite.

Il respire fort.

Tout va si vite que j'ai plus le temps d'y croire.

Il faut que j'aille prendre l'air.

Qu'est-ce que tu fais ?

-Je l'ai trouvé dans ton table de nuit.

-On a été cambriolés plusieurs fois. Il est pas chargé.

-Really?

-Pose ça, s'il te plaît.

-Tu as peur ?

-Pose ça, Margot.

(-Je t'aime.)

Déclic

-T'as l'air d'une folle.

Musique intrigante

...

...

... Bris de verre

-J'adore !

On va faire ça ensemble, à la maison. Je vois déjà la scène.

Des tentes dans le jardin, des lampes chinoises.

Les invités en blanc. -Non, non. On va faire tout l'inverse.

-Tout l'inverse ?

-Y aura que des amis.

-J'en ai pas. -Je sais.

Y aura personne. Presque personne.

-Ce sera gai.

-Ça sera vrai.

Pas de mise en scène. Ça fait des mois que je te regarde.

Tu vis tout pour la galerie.

T'as épousé Thomas comme ça. C'est pour ça que lui t'a épousée.

Pour la gueule que ça avait.

T'as des peintures, t'y connais rien.

T'as une piscine, tu nages pas.

Même cette région, c'est...

Tu supportes pas le soleil.

On va se marier.

Et on va se marier pour nous.

Dans une mairie de merde.

Mmh ?

J'ai besoin de ça, maintenant.

J'ai besoin de savoir ce que tu ferais sans public.

-Tu me ressers ?

Conversation lointaine

...

... Musique intrigante

... ...

...

... Bip

...

... ...

...

-Déshabille-toi.

Oh, lâche ton portable.

-Je termine une note pour mon bouquin.

...

... Bip

...

-Dostoïevski, je suis là.

...

... Respirations fortes

... ...

...

... ...

... Gémissements de plaisir

... ...

*"Beso de Fuego" (Carmen Delia Dipini)

*...

*... Respiration forte

*...

-Oh...

*...

Sonnette

...

-T'aurais dit quoi s'il avait ouvert ?

-Je sais pas. Que je m'étais planté d'étage.

*Télévision

*...

Qu'est-ce qu'elle fait là ?

Tu lui as présenté ? -Non.

Il est parti trois jours à Marseille pour une vente.

*...

-Pourquoi tu réponds pas ? Pourquoi tu disparais ?

-Désolée, j'avais mille choses à faire.

Puis toi aussi, j'imagine. Non ?

Un mariage, ça se prépare.

-Arrête. -Pas ici.

*...

-Ah oui, c'est vrai.

C'est vrai, là, je suis chez vous.

*...

-Fume pas. Il supporte pas.

*...

-Il s'est pas foutu de toi.

-Non.

*...

Il a pas de goût.

J'ai tout choisi.

-C'est bien, comme ça, tu t'entraînes.

-Mmh.

-Pour info, j'aime pas la table.

-Moi si.

Musique intrigante

...

*Télévision

... *...

-C'est bien.

Vous devez être heureux, ici.

... *...

-Arrête.

... *...

Arrête, tu te fais du mal pour rien.

-Mmh.

... *...

-Viens !

Allez, viens. Il rit.

-C'est votre chambre, là-haut ?

Je peux monter ? -T'es sûr ?

... Respiration forte

... ...

Adrien.

... ...

-C'est doux, ça.

... ...

Respiration forte

-Putain de merde ! -Qu'est-ce qui se passe ?

-Il arrive. -Il rentrait pas demain ?

-Prends Ava. Emmène-la, vite !

*Télévision Respiration forte

-Putain...

*... ...

Tu vas venir avec moi, ma chérie.

-Non.

-Si, si, tu vas venir avec moi. -Non.

Arrêtez de faire ça.

Vous êtes trop rigolos.

-Ouais.

*... Ava rit.

*... Respiration forte

-Margot ? T'es là ? (-Viens.)

-J'arrive !

Elle rit.

*Télévision

*...

-Qu'est-ce que tu fais là ? -Je prends des affaires.

-Tu repars ? -Oui.

(-Chut.)

-J'imagine que je vais devoir

partir.

-Je pense que ce serait mieux.

Tu vas pas rester toute seule

dans ce grand appartement.

Il chuchote.

On peut parler un peu ?

-J'ai pas envie de parler. Pas ici. Viens, on sort.

-Assieds-toi.

*... Respiration forte

Alors,

qu'est-ce que tu comptes faire par rapport au bébé ?

-Qu'est-ce que tu voudrais que je fasse ?

-Je voudrais que tu fasses ce qu'il y a à faire.

Je suis trop vieux pour revivre ça.

*...

-Moi aussi, je suis trop vieille !

-Tu te moques de moi ?

T'as toute ta vie.

T'es une gamine. -Pas dans mon cœur.

-Je t'en supplie.

Réfléchis.

Pour lui, c'est pas gentil.

-C'est toi qui n'es pas gentil.

-Margot !

Margot !

Mais... Margot !

(-Allez, viens.)

-Mais attends, ne réagis pas comme ça.

Respiration forte

On ouvre la porte.

-Elle a mangé, elle dort.

J'y vais.

-Attends.

-T'es enceinte ? C'est vrai ?

-Oui, de toi.

-Va savoir.

-Je le sais. -Laisse-moi passer.

-Très bien, casse-toi !

Je vous emmerde tous. Tous !

J'en ai rien à foutre de personne !

De personne !

-Maman ! Musique dramatique

Maman... -Pleure pas, mon bébé.

Pleure pas.

... Petits gémissements

... Respiration forte

...

Ça va.

...

-Nous sommes réunis ici

pour célébrer l'amour.

Et je ne vous cache pas que c'est un honneur pour moi

d'être face à un joyau du cinéma et du théâtre français.

Quant à vous, cher Adrien, vous seriez sur le point

d'achever votre première œuvre littéraire.

Si vous avez autant de goût avec vos mots

que Martha en a eu avec ses rôles,

nous sommes tous impatients de vous lire.

Rires

... Brouhaha

...

-Je reviens.

... ...

Qu'est-ce que tu fais là ?

... ...

Suis-moi.

... ...

Comment t'oses venir ici ?

-Je le vois ce soir. On y est presque.

-J'en ai plus rien à foutre, moi. Ça me regarde plus.

-Si, ça te regarde.

-Je t'ai vue chialer devant lui.

-J'avais honte. Tu comprends, ça ? -Chut.

... Tintement métallique

... Respiration forte

-T'avais l'air amoureuse.

-J'étais blessée.

Les types que j'approche se cassent.

-Je les comprends.

-Non ! Une femme rit.

Ils rient.

-Lâche-moi. -Non, je te lâche pas.

J'ai essayé, mais je peux pas.

(Tu m'aimes ?)

(-Bien sûr que je t'aime.)

(-Jure-le.)

(-Sur la tête de ma fille.)

Sur la tête de notre bébé.

Respiration forte

On va se barrer,

tous les quatre, loin.

...

...

Bon,

félicitations.

-Merci. Vous êtes une amie de la mariée ?

-Non.

Je lui chie dans la bouche.

Musique classique Brouhaha

... ...

Musique classique

... Moteur de la voiture

...

-Vous désirez boire quelque chose ?

-Un jus de raisin, s'il vous plaît. Mais dans un verre à vin.

...

... Imprimante

... Elle chantonne.

-Je suis désolé.

-C'est ce que tu voulais, non ?

Ça te fait plaisir ?

-Tu fais ça où ?

-À la clinique...

Saint George ?

-Saint George, oui. Quand ?

-Demain. -Demain ?

-Bonsoir.

Un apéritif ?

-Un verre de blanc.

-Alors nous avons... -Non, n'importe.

-Bien, monsieur.

-Je t'accompagne ? -Non.

-C'est très violent, tout ça. J'en suis conscient.

-C'est comme ça que c'est.

Je ne suis pas tombée en amour de la bonne personne.

-Je dirais plutôt que tu arrives tard dans la vie de cette personne.

Merci.

...

...

-Qu'est-ce que c'est ?

-Regarde.

...

-Non ! Tu l'as fini ? Oh !

-Je l'ai même terminé il y a quelque temps, mais...

je trouvais que le timing avait du charme.

-Tu m'étonnes.

-À "le" dernière soirée ensemble.

C'est cool,

je peux boire. Ça fera "le" mal à personne.

Brouhaha

Mmh.

Il est bon.

...

-Bonsoir.

-Bonsoir. Vous allez bien ?

-Très bien, oui.

Non...

Vous m'avez oublié ?

...

On avait discuté ensemble chez Martha.

Je vous avais prêté ma voiture.

-Je le crois pas que c'est moi, non.

(Accent anglais) -Vous le croyez pas ?

-Non.

Il rit. -C'est pas grave.

Bonne soirée.

-Bonne soirée.

-Weird.

-Qu'il est con, lui.

Il paraît qu'il drague toutes les actrices.

Vieux porc.

-J'ai juste envie de le dévorer tout de suite.

Je suis pas sûre de pouvoir patienter tout le dîner.

-Alors patiente pas.

-Tu m'en veux pas ?

-Comment je pourrais ?

-En même temps, je pars avec toi.

...

-Voilà.

...

-Come on, Simon. Please.

Un dernier verre et tu rentres.

-Je peux pas.

-Écris-lui que je te rends dans une heure.

Elle va pas me faire chier pour ça ?

-C'est pas ça, écoute.

-Rho, j'ai bien compris que c'est elle, le propriétaire de toi.

Moi, je te loue une toute petite loyer.

*Musique pop Brouhaha animé

*... ...

-Un whisky et un Ice Tea. -OK.

-Et le Ice Tea dans un verre à whisky. -D'accord.

*... ...

-C'est fort.

Tu veux me soûler ou quoi ? -Non, je veux rire, finir en riant.

-Cul sec. -Non.

-Allez. -Non !

-Cul sec, allez.

*... Brouhaha animé

*... Il soupire.

*...

*... Brouhaha animé

*... ...

Musique calme

...

*"Can't Get You Out of My Head" (Kylie Minogue)

*... Brouhaha animé

*... ...

*La musique s'atténue.

Musique intrigante

...

*"Can't Get You Out of My Head" (Kylie Minogue)

*... ...

*"Five Reasons" (NineOneOne)

*... ...

-Ah non ! Non !

-Vous avez bien une table ? Ça se trouve, une table !

Ça fait 15 ans que je viens chez vous !

Mais vous savez qui je suis, moi ? Vous savez qui je suis ?

-Si elle savait ce qu'il m'endure de l'embrasser.

Musique douce

Mais c'est le prix de la vue mer,

des grands vins, des cigares...

-Il est où, cet abruti ?

Parfois, sa perruque se déplace quand nous faisons l'amour.

Et je lutte à mort pour en finir.

-J'ai 25 ans de doigts dans la gorge.

Comment j'ai fait pour garder cette taille de guêpe ?

-Margot est mon soleil dans ces mensonges.

C'est l'antidote à toute cette fange.

Sans elle, j'aurais déjà

étouffé Martha dans un oreiller de soie.

Respirations fortes

-Faut que je rentre. Je suis complètement bourré.

-S'il te plaît. -Arrête, je peux pas.

Musique intrigante

... Il soupire.

Non.

... Gémissements

(Sans accent) -Quoi ? Tu vas me laisser comme ça ?

Comme une merde.

Comme une pute.

... Respiration forte

...

... ...

...

... Elle crie.

... ...

...

-Je suis quoi pour toi ?

... Respiration forte

Un jouet ?

Hein ? Tu m'as pris dans tous les sens

et tu me jettes ?

-J'ai rien demandé. -T'as rien demandé ?

Je t'ai tout donné ! Je t'ai tout donné, tout !

...

-Adrien !

Adrien !

...

-Y a un problème, madame ?

Elle le gifle. -Assume !

...

Assume ! Gémissements

... Respiration forte

Assumez !

... Elle respire fort et renifle.

...

... Elle pleure.

... Respiration forte

Espèce d'idiot, on avait tout.

-Il est où, cette pute ?

-Il est parti.

...

-Dépêche-toi.

Vas-y à fond.

-Attends.

-Dépêche-toi, frappe.

-Putain. Respiration forte

... ...

Je peux pas.

... ...

Non, faut qu'on fasse autrement.

Je...

Je peux pas.

...

...

-Tu veux que je te dise quoi ?

Tu veux savoir la vérité ?

...

Il me plaît, ce mec.

-Tais-toi.

-Je suis sérieuse.

...

-Tais-toi.

-Il est tendre. Il est doux.

... ...

Il a pas de complexes, danse pas comme une fiotte.

-Arrête.

-S'il était resté, je serais avec lui.

J'étais bien dans cet appart,

dans ses bras. -Margot, arrête.

...

-Bouge-toi le cul.

... Respiration forte

Fais quelque chose.

C'est le moment ! Sers à quelque chose !

Sers à quelque chose !

...

...

C'est ça ?

Respiration forte Hein ?

Plus fort.

Fais comme lui, sois un homme.

Frappe comme un homme, putain !

... ...

... Elle gémit.

... Respiration forte

Gémissement -Mon amour.

Ça va ? -Ouais.

Ça va.

...

Mon chéri.

Mon chéri ?

... ...

...

...

Une femme pleure.

...

... Musique intrigante

... ...

Mon chéri.

... Respiration forte

... ...

-Non, m'approche pas.

... ...

*Opéra de Camille Saint-Saëns

*... Quelqu'un monte les escaliers.

*... Pas à l'approche

*... ...

-Tu n'es qu'une merde.

*...

-Je suis désolé.

J'ai pas le choix.

-Une vilaine petite merde.

*...

-Ça t'a plu ?

-Je l'ai brûlé.

-J'ai fait des copies, tu sais.

*...

-Qui va te croire ?

*...

T'es qui ?

-Ton mari.

Un mari est bien placé pour parler de sa femme.

-Y a pas un éditeur qui publiera ce torchon.

*...

-Y a toujours Internet.

*...

-Ça te dérange pas de passer pour un traître.

*...

-C'est pas pire que de passer pour un con.

*...

-Tu as raison, c'est vrai.

*...

Je t'ai jamais aimé.

*...

Jamais.

*...

Pas une seconde.

*...

J'aime pas tes yeux.

J'aime pas ta bouche.

*... Elle sanglote.

J'aime pas ton rire.

*... ...

Je m'en fous.

*... ...

-Je suis désolé.

*... ...

-Pourquoi ?

*... Elle renifle.

*... Elle sanglote.

*... ...

-J'ai pas le choix.

*...

-Me laissez pas.

*...

-À qui tu parles ?

-Tout le monde.

...

...

...

Tu vas vraiment faire ça ?

-Ça dépend de toi.

...

-C'était donc pour ça ? L'argent ?

-C'est important, l'argent.

Tu le sais.

Regarde où tu vis,

ce que tu manges, ce que tu bois,

ce que tu portes sur toi.

Qu'est-ce que tu ferais sans argent ?

-Va dormir dans la cave avec les autres rats.

-Martha.

Elle soupire.

T'as eu beaucoup de chance.

Dans ta vie. Beaucoup de talent aussi.

Faut pas l'oublier.

Les gens t'adorent.

C'est déjà ça.

-Crève !

Musique mélancolique

... Elle sanglote.

... ...

...

... Respiration forte

... Applaudissements

... ...

Musique intrigante Respiration forte

... ...

-Et qu'avez-vous fait ?

-Un chèque.

Le plus gros que j'ai jamais fait.

-Avec quel argent ?

-J'ai dû vendre la maison.

-Je vous remercie.

-Votre mari vous a déjà frappée ?

-Jamais. Mon mari n'est pas violent. -Même alcoolisé ?

-Jamais.

-Je lui ai dit que je voulais garder le bébé.

C'est un enfant qu'il voulait faire.

-Vous n'avez jamais assisté à des accès de colère ?

-Si, surtout depuis quelque temps.

Il était sous pression, clairement.

-Mais il s'est mis à s'énerver,

à me traiter de pute, de chienne.

... Elle soupire.

Je voulais sortir de la voiture mais il me retenait par le bras.

J'ai hurlé mais... Respiration forte

Il avait bloqué la porte. J'ai pas pu m'empêcher de le gifler.

Une petite baffe, rien de grave.

Elle soupire.

Et là, j'ai vu ses yeux devenir complètement fous.

Respiration forte

Il me tapait,

tapait.

...

-T'as vraiment frappé cette fille ?

-Je sais pas.

-Tu ne sais pas ?

...

Musique intrigante -Mon chéri.

-Je crois pas.

...

J'ai plein d'images bizarres.

J'arrive pas à comprendre.

...

-Lâche ce truc, putain !

...

-Je me souviens de rien.

...

De rien.

-Ben va te faire soigner.

Tu sais quoi ?

Va te faire soigner, putain !

Et toi, comment tu fais pour supporter tout ça ?

...

Ah au fait, il paraît que la fille est enceinte.

... Respiration forte

... Musique mystérieuse

-Mesdames, messieurs, je pourrais

parfaitement me contenter

d'en appeler à votre indulgence.

Il me suffirait de rappeler que cet homme a tout perdu.

Tout. Et je ne parle pas que de son honneur. Je parle

de sa situation.

Je parle de sa femme. Je parle

de sa fille

qui, pendant plusieurs mois, ne lui a plus parlé.

...

-Elle est disposée à retirer sa plainte si tu la dédommages.

Elle est même prête à dire qu'il s'est rien passé.

... C'est de l'argent, qu'elle veut.

... Respiration forte

... T'es qu'un pigeon, mon vieux.

...

... ...

-Mettez-vous à la place

d'un homme qui apprend que tout ce qu'il vient de subir

était la conséquence d'une incroyable mascarade.

Et plus il fouille,

plus il enquête...

*-Combien pour que tu m'accompagnes ?

*-500 balles.

*-Ah, quand même. *-Je sais pas.

-C'était quoi, cet accent anglais ?

Elle soupire.

-Il me demandait de prendre l'accent anglais. Ça l'excitait.

*-Vous êtes sur le répondeur de Margot Hansen.

-Ah, tu décroches pas ?

Et t'as plus d'accent ?

...

Je vais te retrouver, Margot. Toi et ton petit connard.

-Rien ne prouve que l'enfant est le sien.

Mon client va découvrir

qu'il n'est pas le seul à s'être fait berner

...

mais qu'un programme immobilier serait la conséquence

et la cause de son malheur.

-Je sais que t'es lié à cette histoire avec l'autre pute.

Tout ça pour ton putain de projet à Antibes.

Tu voulais me niquer ?

Mais c'est moi qui vais te niquer.

J'ai un dossier comme ça !

Cela offrirait à mon client quelque circonstance atténuante.

Sauf qu'il n'est pas coupable.

La téléphonie nous prouve qu'à 14h40, il reçoit

un appel inconnu.

-Oui ? *-Allô ? C'est moi.

Faut que je t'explique ce qu'il s'est passé.

-Calme-toi, articule.

-J'y suis pour rien. T'es coupable de rien.

*De rien.

-Où es-tu ? *-À l'hôtel.

*-Quel hôtel ? -Au Negresco.

-Quelle chambre ?

-La 227.

Si mon client n'avait pas été alerté par quelqu'un,

comment aurait-il pu savoir qu'ils y étaient ?

J'ajoute que Carole, sa femme,

a témoigné du fait

qu'il avait quitté le domicile et qu'à aucun moment,

...

elle ne l'a vu se munir d'une arme.

-Tu vas où ?

-Giulia, tu trouveras le numéro d'un compte bancaire.

J'ai mis assez d'argent pour que tu passes un bon moment.

Tu le mérites. Plus que moi.

J'ai appris que Laurenti nous cherche. On n'ose plus sortir.

Nous allons disparaître quelques mois.

On va dans un endroit qui l'a toujours fait rêver.

Depuis le début, je travaille pour ses rêves.

Ce ne sont pas toujours les miens, mais je m'y sens bien.

Nous t'embrassons bien fort, Adrien et Margot.

-C'est bon, t'as fini ?

-Ouais.

Musique intrigante

...

... On sonne.

...

-Prends ça. -Quoi ?

-Il va me tuer. Il est armé.

-Pour qu'il la ferme,

faut l'envoyer en taule.

...

... Respiration forte

Coup de feu

Là, je te finance ton hôtel

où tu veux.

-Et puis quoi encore ?

Nous serons d'accord

pour dire que cette version est grotesque.

Je suis surpris

qu'en dépit des preuves accablantes qui pèsent

sur l'accusé, l'extraordinaire misogynie

de la défense l'ait poussée à tricoter un scénario aussi malsain.

Il n'y a que dans les mauvais films que l'on se tire sur soi-même.

Ce qu'il s'est passé est beaucoup plus banal.

Vibreur C'est celle d'un homme

... d'une nature très fragile,

... ancien alcoolique, abusé par ses désirs,

qui, peiné d'avoir meurtri ses proches,

va décider de se venger.

...

-Il est où ?

-Quoi ? -Il est où ?

Fais pas ça. Coup de feu

-Margot !

-Le bébé ?

Musique douce

...

-Je crois qu'elle l'aimait. Non,

je ne le crois pas, je le sais.

Je l'ai vu.

...

Il lui a repris le rêve qu'il lui a donné.

Et ça, c'est un crime.

... Respiration forte

Porte de prison

Bip d'ouverture de porte

Musique calme

...

... Bourdonnement

... ...

... Brouhaha

... ...

...

-Cher monsieur Laurenti,

vous ne pensiez pas recevoir cette lettre

et je doute que vous la lisiez.

J'ai des informations qui vous seraient utiles.

-Monsieur Saillard ?

-Oui ? -On aimerait vous parler.

-C'est bien

votre valise ?

-Euh... oui.

-Vous admettez que ces bijoux sont à vous ?

-Non, pas du tout. -Ah oui ?

-Je vous jure. C'est la première fois que je les vois.

-Vous savez qu'ils ont été volés à votre ex-compagne ?

-Non. Je sais qu'il y a eu un vol,

mais j'ai rien à voir avec ça.

-On vous demande de confirmer.

-Oui.

Il les a volés pendant la soirée.

Je dois dire que ça m'avait plu.

-Le fait qu'il vole ?

-Oui.

C'était la preuve qu'il l'aimait plus.

-Et les tableaux ?

-Il m'avait dit que c'était des faux.

Qu'ils valaient rien.

-Il vous a menti.

-Non.

-Désolé.

-Vous sauriez où se trouvent les tableaux ?

-Non.

Respiration forte

...

Laissez-moi, s'il vous plaît. Je suis pas bien.

-Entendu.

-Non, elle a pas pu vous dire ça.

-Non seulement elle l'a dit, mais votre amie

Giulia Margoni a confirmé

ses déclarations.

-Giulia ?

-Elle était sous son emprise

comme je l'ai été pendant trois ans.

Elle l'a fait pour lui. -On va vous arrêter,

monsieur Saillard.

-J'ai quitté le territoire après avoir fait six mois de prison

pour une affaire de vol.

...

Giulia Margoni avait touché un gros pot-de-vin

de la part de Serge Bazin.

J'étais au courant de rien.

...

Ni les tableaux volés à Martha Duval,

ni les bijoux, ni rien.

...

Si je n'étais pas recherché pour de fausses accusations,

j'aurais témoigné au procès.

Rien ne vous prouve ma bonne foi,

sauf que je n'ai rien à gagner à vous écrire aujourd'hui.

J'ai perdu la trace de la femme que j'aimais.

(En anglais) -Adrien !

-Et que vous aimiez peut-être aussi.

Adrien !

-Oui ? -Viens ici.

-J'arrive.

Vous voilà en prison

et moi dans une vie qui y ressemble beaucoup.

On n'a pas compris sa colère.

Je n'ai pas compris son chagrin.

Et si on se retrouve dans cette situation,

ce n'est pas que de sa faute.

C'est parce qu'on est trop cons.

-Mets-moi de la crème sur le dos.

Avec délicatesse.

-Oui.

Musique douce

...

(En italien)

-De l'autre côté, vous avez le val d'Orcia.

Bonjour.

Le matin, la vue est à couper le souffle.

J'ai fait venir les pierres de Manciano.

J'ai eu la chance de trouver cet ouvrier

qui a fait un travail formidable.

-Je peux jouer avec les chiens ?

-Je ne sais pas. Il faut demander à ta mère.

Elle est où, ta maman ?

-Ava,

n'embête pas les clients.

...

(En anglais) -Plus bas.

...

... Gémissement de bien-être

... Gazouillis

...

-Tu viens ?

... ...

-C'est ça, le projet. Elle et moi, dans une maison.

...

Et aucun mec pour nous faire chier.

...

"La Bambola" (Patty Pravo)

...

...

...

...

...

Musique classique intrigante

...

...

Sous-titrage : HIVENTY

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