All language subtitles for Julius Caesar 1CD (1970) French-BR srt subtitles

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Original subtitles

C�sar fut �lu consul pour la 4me. fois

et alla en Espagne faire la guerre aux fils de Pomp�e

qui �taient tous tr�s jeunes.

La plus grande bataille de cette guerre civile

se d�roula ici, a Munda.

Et C�sar en personne fit courir a sa vie un grand danger.

Il fit perdre la vie � 30.000 soldats sur le champ de bataille

parmi lesquels il y perdit 1.000 de ses meilleurs hommes.

Ce fut la toute derniere combattue par C�sar

et a son retour a Rome,

le peuple le nomma

Dictateur a vie.

Salut a C�sar!

Salut a C�sar!

Salut a C�sar! C�sar!

Salut, C�sar! C�sar!

C�sar! C�sar!...

C�sar! C�sar!

Hors d'ici, rentrez, fain�ans; rentrez chez vous.

Est-ce aujourd'hui f�te ?

Toi,

quel est votre m�tier ?

Un m�tier, que je crois pouvoir faire en suret� de conscience :

je remets en �tat les �mes qui ne valent rien.

Tu es donc savetier ? Hein ?

Vrai, monsieur, je suis un chirurgien de vieux souliers

Quand ils sont us�s, je les recouvre.

Pourquoi n'es-tu pas dans ta boutique aujourd'hui ?

Pourquoi menes-tu ces gens-la par les rues ?

Mais, monsieur, pour user leurs souliers, et me procurer plus d'ouvrage.

S�rieusement, nous nous sommes mis en f�te pour voir C�sar,

et nous r�jouir de son triomphe.

Vous r�jouir ! Et de quoi ?

Quelles conqu�tes vous rapporte-t-il ?

Quels nouveaux tributaires le suivent a Rome

pour orner, encha�n�s, les roues de son char ?

Buches que vous �tes,

vous valait pas mieux que des pierres !

O coeurs durs,

cruels enfants de Rome,

n'avez-vous point connu Pomp�e ?

Bien des fois, n'�tes-vous pas mont�s sur les murailles,

sur les fen�tres et les tours, jusque sur les chemin�es,

pour voir le grand Pomp�e traverser les rues de Rome.

Vous choisissez ce jour pour faire la f�te

et semer de fleurs le passage

de celui qui revient couvert du sang de Pomp�e ?

Allez-vous-en.

Rentrez chez vous,

tombez a genoux,

priez les dieux d'�carter le fl�au

qui tombera sur les ingrats.

Salut, C�sar!

Hol� ! silence ! C�sar parle.

Calpurnia!

Me voici, mon seigneur.

Tenez sur le passage d'Antoine, quand il courra.

- Antoine! - C�sar, mon seigneur.

Vous toucher Calphurnia en courant, Antoine,

car nos anciens disent

que les femmes st�riles touch�es dans la sainte course,

secouent la mal�diction de leur inf�condit�s.

Je m'en souviendrai.

Quand C�sar ordonne, on s'ex�cute.

Allez, et n'omettez aucune c�r�monie.

C�sar!

Ha ! qui m'appelle ?

Que tout bruit cesse. Une fois de plus, silence !

Qui, dans la foule, m'appelle ainsi ?

Une voix, plus stridente qu'un clairon,

crie "C�sar" !

Parle,

C�sar se tourne pour entendre.

Prends garde aux ides de mars.

Prends garde aux ides de mars.

Qui est cet homme ?

Un devin qui vous met en garde

contre les ides de mars.

Amenez-le moi, que je le voie.

Mon ami, sors de la foule,

regarde C�sar.

Qu'as-tu a me dire ? R�p�te encore.

Prends garde aux ides de mars.

C'est un r�veur.

Laissons-le, passons.

Irez-vous voir la course ?

- Moi ? non. - Je vous en prie, venez.

Je n'aime guere les jeux.

Je n'ai pas la vigueur d'Antoine.

Mais allez-y, Cassius. Je vous laisse.

Brutus,

je vous ai observ� :

Vos yeux ne t�moignent plus de cette affection

dont j'avais l'habitude.

Vous vous montrez trop distant.

Brutus, voyez-vous votre propre visage ?

Non, Cassius. On ne se voit que par r�flexion.

Plusieurs citoyens des plus respect�s de Rome,

(sauf l'immortel C�sar)

se plaignent du joug qui oppresse notre g�n�ration,

souhaitant que le noble Brutus usa de ses yeux.

Dans quels p�rils voulez-vous m'entra�ner, Cassius,

en me pressant de chercher en moi ce qui n'y est pas.

Pourquoi cette acclamation ?

Je crains de voir le peuple faire de C�sar un roi.

Ah, oui ? Vous le craignez ?

Vous ne le souhaitez donc pas ?

Non, Cassius.

Cependant je l'aime beaucoup.

J'ignore

ce que vous autres pensez de cette vie.

Mais moi,

j'aimerais mourir que de vivre en craignant de mon espece.

Je suis n� libre comme C�sar. Vous aussi.

Nous avons tous 2 profit� de m�me.

Nous pouvons comme lui soutenir le froid de l'hiver.

Et cet homme aujourd'hui est devenu un dieu,

et Cassius n'est qu'une pauvre cr�ature,

qui se courbe si C�sar s'abaisse a le saluer de la t�te !

En Espagne, il eut la fievre.

Au plus fort de la crise,

je fus frapp� de voir comme il tremblait.

Et oui! Ce "dieu" tremblait.

Ses levres poltronnes �taient exsangues,

et cette langue qui commande aux Romains de l'�couter

et d'enregistrer ses dires,

criait : "H�las !"

"Titinius, donne-moi a boire,"

comme une fillette malade.

Par tous les dieux, je suis effar� de voir

qu'un temp�rament si faible prenne les devants

sur ce monde majestueux, et seul remporte la palme.

Encore des cris !

On doit applaudir de nouveaux honneurs pour C�sar.

Voyez! mon cher,

il foule comme un colosse cet �troit univers,

et nous autres petits hommes

nous rempons entre ses jambes �normes,

cherchant de tous c�t�s d'ignobles tombeaux.

Les hommes,

a certains moments, sont ma�tres de leur sort.

La faute, cher Brutus,

n'en revient pas aux �toiles, si notre condition est basse, mais a nous-m�mes.

Brutus et C�sar...

Que renferme donc ce "C�sar" ?

Ce nom r�sonnerait-il mieux que le v�tre ?

�crivez-les ensemble,

le v�tre est tout aussi beau.

A prononcer, il remplit aussi bien la bouche.

A peser, il a le m�me poids. Dans une conjuration,

Brutus �voquera aussi bien un esprit que C�sar.

Maintenant dites-moi, au nom de tous les dieux,

de quelle viande se nourrit donc ce C�sar,

pour etre soudain devenu si grand ?

Siecle, tu es d�shonor� !

A quelle �poque

depuis le grand d�luge, a-t-on pu dire, jusqu'a aujourd'hui,

en parlant de Rome :

"ses vastes murs n'enfermaient qu'un seul homme" ?

Je r�fl�chirais a vos paroles.

Ce qui vous reste a me dire, je l'�couterai patiemment,

et je trouverai un moment pour vous �couter et

r�pondre a ces hautes consid�rations.

Jusque-la, noble ami, m�ditez ceci :

Brutus pr�ferait �tre villageois que parmi les enfants de Rome

aux dures conditions que notre temps va nous imposer.

Je suis heureux que mes faibles paroles

ait allum� une �tincelle dans l'�me de Brutus.

Voyez, Cassius : la colere sur le front de C�sar,

et tous les autres, l'air servile,

les p�les joues de Calphurnia, Cic�ron au regard fureteur

et flamboyant qu'il a au Capitole,

quand des s�nateurs l'ont contredit.

- Antoine! - C�sar?

Je ne veux autour de moi que des hommes gras,

a la face brillante, qui dorment la nuit.

Ce Cassius la-bas a le visage d�charn�;

il pense trop.

Les hommes comme lui sont dangereux.

Casca nous dira ce qui se passe.

Il n'a rien de dangereux.

C'est un noble Romain et bien intentionn�.

Je le pr�ferais plus gras,

mais je ne le crains pas.

Mais si j'�tais peureux,

il n'y a d'homme que j'�viterais davantage que ce maigre Cassius.

Il lit beaucoup,

il est grand observateur

et p�netre jusqu'au fond des �mes.

Il n'aime pas les jeux, comme toi Antoine, ni la musique.

Ce genre d'homme ne trouvera la paix tant qu'il en verra un autre plus grand que lui,

voila qui les rend si dangereux.

Je te dis ce qui est a craindre non que ce que je crains,

car je suis toujours C�sar.

Passe a ma droite, cette oreille est sourde,

et dis-moi ce que tu penses de lui.

Casca!

- Vous voulez me parler ? - Oui, Casca.

Dites-nous ce qui a rendu C�sar si triste ?

On lui a offert une couronne

qu'il a repouss�e du revers de la main,

comme ca.

Et la seconde acclamation ?

C'�tait pour cela aussi.

Il y a eu 3 acclamations.

Pourquoi la derniere ?

Toujours pour cela.

La couronne lui a donc �t� offerte 3 fois ?

Parfaitement,

et 3 fois il l'a repouss�e, chaque fois plus doucement.

A chaque refus, mes honnetes voisins se remettaient a crier.

- Qui lui offrait la couronne ? - Qui ? Antoine.

Dites-nous, cher Casca, de quelle maniere l'a-t-il offerte?

Que je sois pendu si je puis vous le dire.

C'�tait une vraie momerie. Je n'y faisais pas attention.

J'ai vu Marc-Antoine lui pr�senter une couronne.

C'�tait d'ailleurs plut�t une espece de diademe,

qu'il repoussa d'abord. Je pense pourtant qu'il en aurait bien voulu.

Alors il la lui offre encore, et encore il la refuse,

mais selon moi, il avait du mal a en d�tacher ses doigts.

Et alors il l'offre une toisieme fois.

La encore il la repousse. Et a chacun de ses refus,

la populace l'acclamait, frappant des mains coup�es et jetant des bonnets de nuit pleins de sueur.

A chaque refus de C�sar, ils exhalaient une haleine si puante

que C�sar en sembla suffoqu�. Il s'est �vanoui, et tomba.

Un moment, je vous en prie. Quoi ! C�sar s'est �vanoui ?

Au march�. il avait l'�cume a la bouche, sans voix.

Rien d'�tonant : il tombe du haut mal.

Non, ce n'est point C�sar.

C'est vous, c'est moi et l'honnete Casca,

qui tombons du haut mal.

J'ignore ce que vous entendez par la, mais il est bien tomb�.

Voyant ces pl�b�iens se r�jouir de ces refus,

il a offert sa poitrine a percer.

Alors il est tomb�.

Des cr�atures autour de moi ont cri�e :

"H�las ! La bonne �me !"

Elles lui ont pardonn� de tout leur coeur.

Peu importe! C�sar eut �gorg� leurs meres, qu'ils en auraient dit autant.

- C'est apres cela qu'il est revenu si chagrin ? - Oui.

Cic�ron a-t-il dit quelque chose?

Oui. Il a parl� grec.

- Dans quel sens ? - Je n'y entendais que du grec.

Je puis vous dire encore d'autres nouvelles.

Marullus et Flavius qui �taient les ornements des statues de C�sar,

ont �t� r�duits au silence.

Adieu.

Il y aurait bien encore d'autres betises,

si je pouvais m'en souvenir.

Voulez-vous souper ce soir avec moi, Casca ?

Non, je suis engag�.

- D�nerons-nous demain, alors ? - Oui, si je suis vivant,

si vous le voulez toujours, et si le d�ner le m�rite.

Bien, je vous attendrai.

Faites donc. Adieu,

tous deux.

D'ici la,

songez a l'Univers.

Et, apres cela,

que C�sar se tienne ferme.

Car nous la renverserons,

ou nous aurons d'autres mauvais jours a passer.

Qui va la ?

Un Romain.

Cassius.

A-t-on vu une nuit pareille,

des Cieux menacant de la sorte?

Ceux qui ont vu la terre aussi pleine de crimes.

Je pourrais, Casca, nommer un homme semblable a cette terrible nuit,

quelqu'un qui, r�duit a lui-seul, n'est pas plus puissant

que toi ou moi,

qui est cependant devenu prodigieux

et terrible comme ces �tranges ph�nom�nes.

Vous parlez de C�sar, n'est-ce pas, Cassius ?

Peu importe le nom.

On dit ainsi que les s�nateurs nommeront demain C�sar pour roi

et qu'il portera sa couronne sur mer, sur terre, partout,

sauf en Italie.

Moi, je sais ou je porterai ce poignard.

Cassius affranchira Cassius de l'esclavage.

Si je sais cela, que le monde entier le sache :

cette part de tyrannie en moi, je peux facilement l'�carter.

Moi de m�me!

Tout captif a dans sa main le pouvoir de se lib�rer.

Alors, pourquoi C�sar serait-il un tyran ?

Quel tas d'ordures est donc Rome ?

Quelle pourriture, pour illuminer un si vil objet que C�sar !

Mais,

� douleur ! Ou m'as-tu conduit ?

Peut-etre parl�-je ici a un esclave volontaire.

Vous parlez a Casca,

un homme qui n'est pas impudent faiseur de rapports.

Voila

ma main,

travaillez a redresser tous ces abus.

Mon pied ira aussi loin que celui qui prendra les devants.

Le march� est conclu.

Apprenez, Casca,

que j'ai engag� certains des plus g�n�reux Romains

a entrer avec moi dans une affaire aussi honorable

que dangereuse par son importance.

�cartons-nous un peu. Quelqu'un arrive.

C'est Cinna, je le reconnais a son pas : c'est un ami.

Cinna!

- ou courez-vous ainsi ? - Je vous cherchez.

Qui est-la ? M�tellus Cimber ?

Non, c'est Casca, un Romain engag� dans nos affaires.

J'en suis bien aise.

Quelle terrible nuit !

Certains ont vu des choses �tranges.

- Suis-je attendu ? - Oui.

O Cassius ! Si vous pouviez convaincre le noble Brutus !

Vous serez content.

Cher Cinna,

prenez ce papier,

placez-le dans la chaire du pr�teur, ou Brutus le trouvera.

Jetez celui-ci sur sa fenetre.

Collez celui-la a la cire sur la statue de Brutus l'ancien.

Apres, revenez au portique de Pomp�e, ou nous serons.

- Je pars livre ces papiers. - Faites.

Venez, Casca,

vous et moi irons chez Brutus avant le jour.

Il est d�ja aux 3/4 a nous,

et a la prochaine rencontre, nous l'aurons tout entier.

Sa mort est le seul moyen,

et je ne vois aucun motif personnel de le rejeter.

Il voudrait etre couronn�.

A quel point cela changera sa nature, la est la question.

C'est l'�clat du jour qui fait �clore le serpent

et nous force a marcher prudemment.

Le flambeau brule dans votre cabinet, seigneur.

En passant devant la fenetre, j'ai vu ce billet scell� .

je suis sur qu'il n'y �tait pas quand je me suis couch�.

Retourne au lit, il ne fait pas encore jour.

Est-ce demain les ides de mars ?

Je ne sais pas, seigneur.

"Brutus tu dors."

"R�veille-toi, vois qui tu es."

"Faudra-t-il que Rome demeure tremblante sous un homme ?"

Qui !

Rome?

"Parle,

frappe,

r�tablis nos droits."

O Rome ! Tu en as ma promesse :

tu obtiendras de la main de Brutus tout ce que tu demandes.

Ce sont les conjur�s.

O conspiration !

Je crains d'avoir troubl� votre repos.

Bonjour, Brutus.

Sommes-nous importuns ?

Je suis debout depuis une heure, sans avoir dormi de la nuit.

Je connais vos compagnons?

Oui, tous,

et pas un qui ne vous honore.

Pas un qui ne d�sire que vous partagiez

l'opinion qu'a de vous tout noble Romain.

Voici Tr�bonius.

Il est le bienvenu.

Celui-ci est D�cius Brutus.

Il est aussi le bienvenu.

Celui-ci est Casca.

celui-la Cinna.

et celui-la M�tellus Cimber.

Tous sont les bienvenus.

Puis-je dire un mot ?

C'est ici l'Orient.

N'est-ce pas la que le jour se leve ?

Non.

Pardon, seigneur, le jour est la

et ces lignes grises dans les nuages annoncent le matin.

Vous admettrez tous 2 votre erreur.

C'est la, ou vise mon �p�e

que se leve le soleil.

Donnez-moi tous la main, l'un apres l'autre.

- Jurons d'agir comme pr�vu. - Non, point de serment.

Notre cause ne suffit-elle pas au redressement de nos droits ?

Ce secret de Romains d�termin�s ne vaut-il pas un serment ?

Y en a-t-il un autre que l'honnetet�

engag�e envers l'honnetet� a ce que cela soit ,

ou que nous p�rissions ?

Ne frappera-t-on que C�sar ?

Bien demand�, D�cius.

Je pense qu'il n'est pas prudent que Marc-Antoine,

si ch�ri de C�sar,

survive a C�sar.

Nous trouverons en lui un dangereux machinateur.

Qu'Antoine et C�sar tombent ensemble.

Il para�tra bien sanguinaire, Cassius, de couper la t�te

puis d'arracher les membres, ainsi que la colere en donnant la mort, suivie de la haine.

Car Antoine n'est qu'un membre de C�sar.

Soyons des sacrificateurs, non des bouchers, Caius.

C'est contre l'esprit de C�sar que nous nous dressons.

Dans l'esprit de l'homme il n'y a pas de sang.

Si nous pouvions abattre l'esprit de C�sar sans le tuer !

H�las ! Pour cela il faut que son sang coule.

Mes amis, tuons-le hardiment, mais sans rage.

D�pecons-le comme un mets propre aux dieux,

et non comme une carcasse bonne a donner aux chiens.

Oubliez Marc-Antoine,

il ne vaut pas plus que le bras de C�sar quand sa t�te sera tomb�e.

Pourtant je le redoute.

car cette tendresse vou�e a C�sar...

H�las ! Bon Cassius, oubliez-le.

S'il aime C�sar, cela n'agira que sur lui-meme,

se laissant aller au chagrin, et mourant pour C�sar.

Ce serait beaucoup pour lui, ainsi livr� aux plaisirs,

a la dissipation et aux soci�t�s nombreuses.

Rien n'assure que C�sar voudra sortir aujourd'hui.

Car il est depuis peu devenu superstitieux.

Ces prodiges singulieres de cette nuit,

et les avis de ses augures,

pourraient le retenir loin du Capitole.

N'ayez crainte.

Si c'est sa d�cision, je la surmonterai.

Il aime les histoires de licornes attrap�e avec des arbres,

les ours avec des miroirs, les �l�phants dans des fosses,

les lions avec des filets, et les hommes par la flatterie.

Il aime entendre dire qu'il hait les flatteurs. C'est la justement qu'il est le plus flatt�.

Laissez-moi faire. J'orienterai son humeur vers le Capitole.

Le jour arrive, Brutus.

Et vous, amis,

dispersez-vous.

Mais souvenez-vous vos paroles,

et montrez-vous de vrais Romains.

Brutus, mon seigneur !

Porcia, qu'avez-vous ? Pourquoi vous lever si t�t ?

Votre sant� exige de ne pas exposer votre tain d�licat

au froid humide du matin.

Ce n'est pas bon pour vous non plus.

Vous avez brusquement d�sert� mon lit, Brutus.

Mon cher �poux,

faites-moi conna�tre ce qui vous chagrine.

Je ne me sens pas bien. Voila tout.

Brutus est sage.

S'il �tait souffrant, il veillerait a se soigner.

C'est ce que je fais.

Ma bonne Porcia, retournez au lit.

Brutus est malade ?

Est-il prudent de s'exposer au froid du matin ?

Quoi ! Brutus est malade,

et il quitte le repos bienfaisant de son lit

pour affronter les mauvaises influences de la nuit,

et l'air impur qui ne peut

qu'aggraver son mal ! Non, cher Brutus.

C'est dans votre �me qu'est votre mal

et a titre d'�pouse, je dois le savoir.

A deux genoux je vous supplie,

au nom de ma beaut� jadis vant�e,

de tous vos serments d'amour,

et de ce serment qui nous a unis

de me d�voiler, a moi votre compagne,

ce qui pese sur votre �me.

Qui �taient ces hommes venus vous voir cette nuit ?

Il y avait ici 6 ou 7 hommes, le visage cach� a l'obscurit�.

Ne vous agenouillez pas, douce Porcia.

Je n'en aurais nul besoin si vous �tiez mon bon Brutus.

Y-a-t-il pour nous cette exception aux liens de mariage,

pour que ne me soient ainsi dissimul�s vos secrets ?

Ne suis-je votre moiti� que jusqu'a un certain point,

pour vous tenir compagnie a table, au lit et discuter ?

Ne suis-je r�duite qu'a la part congrue de votre affection ?

Si c'est le cas,

Porcia est la concubine de Brutus, et non sa femme.

Vous �tes ma femme fidele et honor�e,

aussi pr�cieuse que le sang dans mon triste coeur.

Si c'�tait vrai, je saurais d�ja ce secret.

Je suis une femme, j'en conviens.

Mais une femme que le grand Brutus a prise pour �pouse.

Je suis une femme, j'en conviens.

mais une femme de bon renom,

la fille de Caton.

Ne suis-je pas plus forte avec un tel pere et un tel �poux ?

Dites ce que vous m�ditez, je ne le r�v�lerai pas.

J'ai d�ja prouv� ma constance.

O dieux, rendez-moi digne de cette noble �pouse.

et bient�t ton coeur partagera les secrets du mien.

C�sar

C�sar, d�fie-toi de Brutus,

prends garde a Cassius, n'approche point de Casca,

aie l'oeil sur Cinna, m�fie-toi de Tr�bonius

observe bien M�tellus Cimber: D�cius Brutus

ne t'aime point. Ces hommes sont ligu�s contre C�sar.

Prends garde aux ides de mars.

Mars... Mars... Mars.

Mars... Mars... Mars

Ni le ciel ni la terre n'ont �t� en paix cette nuit.

3 fois Calphurnia dans son sommeil a cri�:

"Au secours ! ils assassinent C�sar !"

- Y a-t-il quelqu'un ? - Mon seigneur ?

Va commander aux pretres d'offrir un sacrifice

- et reviens me dire quel succes ils en augurent. - J'y vais, mon seigneur.

A quoi songez-vous, C�sar ?

Comptez-vous sortir ?

Pas question que vous sortiez aujourd'hui.

C�sar sortira.

Les menaces ne m'ont jamais regard� que de dos.

En faisant face a C�sar, elles s'�vanouiront.

C�sar,

jamais je n'ai tenu compte des pr�sages,

mais aujourd'hui ils m'effraient.

il y a la-bas un homme qui,

en outre, d�crit les hideux ph�nomenes vus par les gardes.

Une lionne a mis bas au milieu des rues.

Des s�pultures se sont ouverts et les morts en sont sortis.

Des soldats de feu embrasaient les nuages, align�s comme en guerre,

il en pleuvait du sang sur le Capitole!

Le choc de la bataille retentissait dans les airs,

des chevaux hennissaient et des mourants g�missaient,

des spectres ont pouss� par les rues des cris �pouvantables !

Oh, C�sar!

ces pr�sages sont inouis,

et il me font peur.

Peut-on �viter ce qui est d�cr�t� par les dieux ?

C�sar sortira quand meme.

Car ces pr�sages ne s'adressent pas qu'a C�sar.

Quand des mendiants meurent, on ne voit pas des cometes.

Les feux du ciel signalent la mort des princes.

L'homme courageux ne goute jamais la mort qu'une fois.

De tous les prodiges dont j'aie oui parler,

le plus �trange pour moi, est qu'un homme �prouve la crainte,

Vu que la mort, fin n�cessaire,

arrivera quand elle arrivera.

Que disent les augures ?

Que vous ne devez pas sortir aujourd'hui.

En retirant les entrailles d'une victime,

ils n'ont pas trouv� le coeur de l'animal.

Les dieux voulaient faire honte a la l�chet�.

C�sar serait une bete sans coeur si la peur le retenait chez lui.

Non, C�sar n'y restera pas.

Le danger sait bien que C�sar est plus dangereux que lui .

Nous sommes 2 lions n�s le meme jour,

mais je suis l'a�n� et le plus terrible.

C�sar sortira.

H�las ! mon seigneur,

votre sagesse se consume en confiance.

Ne sortez pas aujourd'hui.

Donnez ma crainte et non la v�tre pour motif de votre absence.

Nous enverrons Marc-Antoine au s�nat.

Il dira que vous n'allez pas bien.

A genoux, je vous l'implore.

Marc-Antoine dira que je ne vais pas bien,

et je c�derai a ton caprice en restant.

Voici D�cius Brutus. Il le leur dira.

Salut a C�sar ! Bonjour, digne C�sar !

Je viens vous chercher pour aller au s�nat.

Vous venez a temps, D�cius, pour annoncer aux s�nateurs que je ne viendrai pas.

Non que je ne puisse pas,

mais que je ne le d�sire pas: dites-leur bien �a, D�cius.

Dites qu'il est malade.

C�sar enverrait-il un mensonge ?

Ai-je combattu si loin, pour craindre de dire la v�rit� a quelques barbes grises ?

D�cius, allez dire que C�sar ne veut pas y aller.

Puissant C�sar, dites-moi une bonne raison,

de peur qu'on ne me moque quand je le leur annoncerai.

La raison est dans ma volont�: je n'y veux pas aller.

Cela satisfaira le s�nat.

Mais, pour vous et parce que je vous aime,

je vous dirai que

c'est Calphurnia, ma femme, qui me retient ici.

Elle a r�v� cette nuit qu'elle voyait ma statue

verser du sang par 100 jets comme une fontaine.

De solides Romains souriaient, leurs mains pleines de ce sang.

Pour elle, ce sont des pr�sages de maux imminents.

A genoux, elle m'a conjur� de rester aujourd'hui.

Ce songe est mal interpr�t�.

C'est une vision heureuse et favorable.

Votre statue aux jets de sang

et ces Romains souriants signifient que Rome recevra de vous un sang novateur,

et qu'ils se d�p�cheront de s'en empreigner pour le faire savoir.

Voila ce que signifie le r�ve de Calphurnia.

Le voila bien expliqu�.

Vous le verrez,

quand vous saurez ce que j'ai a vous dire.

Le s�nat veut d�cerner ce matin une couronne a C�sar.

S'il apprend que vous ne voulez pas venir, il changera d'avis.

On pourrait moquer ainsi votre message:

"Que le s�nat se s�pare. Ce sera pour une autre fois,"

"quand la femme de C�sar aura fait meilleurs r�ves."

Si C�sar se cache, ne murmurera-t-on pas :

"Voyez, C�sar a peur ?"

Vos craintes s'av�rent absurdes, Calphurnia !

J'ai honte d'y avoir c�d�.

Apportez ma robe, je vais au s�nat.

Voyez, Publius vient me chercher.

Bonjour, C�sar.

Quoi ! Brutus aussi est matinal !

Bonjour, Casca

Voila maintenant Cinna,

voila M�tellus.

Ha ! Tr�bonius.

Voyez Antoine.

Lui qui festoye toute la nuit,

le voici pas moins lev�.

- Bonjour, Antoine. - Bonjour a l'illustre C�sar.

Mes bons amis,

prenez du vin avec moi.

Nous irons ensemble en amis.

"C�sar, d�fie-toi de Brutus. Prends garde a Cassius.

N'approche point de Casca. Aie l'oeil sur Cinna.

M�fie-toi de Tr�bonius. Observe bien M�tellus Cimber.

D�cius Brutus ne t'aime point.

Les ides de mars sont arriv�es.

Oui, C�sar,

mais non pass�es.

Salut a C�sar.

Salut a C�sar!

Lis ce billet.

Tr�bonius vous demande de parcourir son humble requ�te.

O C�sar, lisez d'abord la mienne qui touche C�sar de plus pres.

Lisez-la, grand C�sar.

Ce qui nous concerne sera lu en dernier.

N'atendez pas, C�sar ! Lisez la mienne a l'instant !

Cet homme doit �tre fou.

Ne tendez pas vos p�titions dans les rues ! Venez au Capitole.

Je souhaite le succes de votre entreprise aujourd'hui.

Quelle entreprise, Popilius ?

Portez-vous bien.

Qu'a dit Popilius L�na ?

Il souhaite le succes de notre entreprise aujourd'hui.

Je crains que nos projets ne soient d�couverts.

Observez comme il parle a C�sar.

Casca, prenez les devants. Nous craignons d'�tre d�nonc�s.

Brutus, que allons-nous faire ?

S'il lui dit, c'en sera fait de Cassius ou C�sar. Je me tuerai.

Cassius, calmez-vous.

Popilius L�na ne d�voile rien. Voyez, il sourit,

et C�sar garde son expression.

Tr�bonius agit juste a temps. Vous voyez, Brutus ?

Il tire Marc-Antoine a l'�cart.

Ou est M�tellus Cimber ? Qu'il face sa requ�te a C�sar.

Il est pret : secondons-le en l'entourant.

Casca, vous frapperez le premier.

Sommes-nous prets?

Quels abus C�sar et son s�nat doivent-ils r�former ?

Tres noble, tres grand et tres puissant C�sar,

M�tellus adresse a ton tribunal les humbles voeux de son coeur--

Je dois te pr�venir, Cimber,

ces rampants hommages peuvent enflammer un autre,

et r�duire a n�ant les d�crets arret�s en premieres r�solutions.

Mais ne crois pas que C�sar soit de cette espece,

qu'il rel�che son �nergie pour de futiles flatteries:

de douces paroles, de basses courbettes,

de viles caresses d'�pagneul.

Ton frere est banni par un d�cret.

si tu t'avises de t'incliner, prier, cajoler, je te chasserai comme un roquet.

Sache que C�sar ne fait pas d'injustices,

et qu'il ne se laisse pas apaiser sans motifs.

Y-a-t-il ici une voix plus recommandable que la mienne,

plus douce pour C�sar, qui d�fendra mon frere exil� ?

Je baise ta main, mais sans flatterie, C�sar,

en te demandant que Publius Cimber

obtienne la libert� de revenir.

Quoi, Brutus !

Pardon, C�sar! C�sar, pardon!

Cassius s'abaisse jusqu'a tes pieds

pour que Publius Cimber soit d�livr� de son exil.

Vous pourriez me fl�chir si je vous ressemblais !

si je pouvais prier pour �mouvoir, je serais �mu par des prieres.

Mais je suis immuable comme l'�toile du nord,

qui seule au firmament demeure fixe et immobile.

Les cieux sont peints d'innombrables �tincelles,

toutes de feu, et chacune resplendissantes,

mais une seule garde sa place.

Ce monde aussi est peupl� d'humains dou�s d'intelligence.

mais parmi eux un seul conserve son rang,

inaccessible: cet homme, c'est moi.

En voici une preuve ici m�me: parce que je suis ferme, Cimber a du �tre banni

et ferme je le suis encore en voulant qu'il le reste.

- O C�sar-- - Ecarte-toi. �branleras-tu l'Olympe ?

Grand C�sar--

Brutus, pourquoi t'agenouilles-tu ?

Mon bras parle pour moi !

Et tu, Brute!

Alors tombe, C�sar.

Libert� ! d�livrance ! La tyrannie est morte.

Courez, allez le proclamer dans toutes les rues.

D'autres aux tribunes. Allez et criez :

"Libert� ! d�livrance ! affranchissement !"

Peuple et s�nateurs, ne vous effrayez pas!

Ne fuyez pas, restez a vos places!

la dette de l'ambition est acquitt�e!

- Allez a la tribune, Brutus. - Et Cassius aussi.

Restons group�s, pour que des amis de C�sar ne tentent de...

Ne parle pas de rester!

Publius, point d'abattement!

Nous ne ferons de mal a aucun Romain. Dites-le a tous, Publius.

Partez, Publius, l'agitation populaire pourrait mettre votre vieillesse en p�ril!

Oui, partez, nous seuls assumeront notre action.

- Ou est Antoine ? - Il a fui chez lui, apeur�.

Hommes, femmes, enfants, �pouvant�s, courent en criant comme au jour du jugement.

Baissez-vous, Romains, baissez-vous.

Baignons nos bras dans le sang de C�sar.

Marchons ensuite jusqu'a la place publique

et brandissant nos glaives rougis, crions tous : "Paix !"

"d�livrance ! libert� !"

Baissons-nous donc et trempons-les...

Combien de siecles futurs verront repr�senter cette noble scene,

dans des futurs empires et dans des langues encore inconnues !

Combien de fois coulera, par jeu, le sang de C�sar

ainsi �tendu devant la statue de Pomp�e, tel la poussiere !

Et chaque fois qu'on le verra,

on dira de nous: "Voila ceux qui lib�rerent leur pays."

- Sortons-nous ? - Oui, marchons tous!

Brutus devant. Les plus vertueux de Rome honoreront sa marche.

Un instant, qui vient ?

Bienvenu, Marc-Antoine.

O puissant C�sar!

Es-tu donc tomb� si bas ?

Toutes tes conqu�tes, tes gloires, tes triomphes

se r�duisent-ils a si peu de chose ?

Adieu !

J'ignore, Messieurs, vos intentions.

Qui d'autre devra mourir? Qui d'autre est trop puissant?

Pour moi, l'heure de la mort de C�sar sera parfaite.

Ces �p�es que vous tenez n'en rempliront pas moins leur t�che,

enrichis du plus noble sang de ce monde.

Vos mains encore fumantes de la vapeur de sang, tuez-moi donc

si tel est votre souhait.

M�me avec mille ans a vivre, je suis dispos� a mourir.

Aucun lieu ni aucune mort ne me plairont autant que pres de C�sar

et sous vos coups, a vous, l'�lite de notre temps.

O Antoine, ne nous implorez pas votre mort.

M�me si vou nous voyez sanguinaires et cruels,

comme doivent sembler a vos yeux nos mains et nos actions,

nous ne sommes sanglants qu'en surface.

Nos coeurs, vous ne les voyez pas.

Ils sont pitoyables.

Mais pour vous,

nos �p�es n'ont qu'une pointe de plomb, Marc-Antoine.

Votre voix aura autant d'influence qu'une autre

dans la distribution des nouvelles dignit�s.

Mais patientez que nous ayons calm� la population effray�e,

Vous saurons alors pourquoi, moi qui aimais C�sar

quand je l'ai tu�, j'ai agit ainsi.

Je ne doute pas de votre sagesse.

Que chacun de vous me donne

sa main sanglante.

D'abord, Marcus Brutus, je veux secouer la v�tre.

Puis Caius Cassius, je prends votre main.

C�sar,

Si ton �me nous voit maintenant, tu dois souffrir plus qu'a ta mort,

de voir ton Antoine pactisant avec tes ennemis,

serrant leur main sanglante

-O grand homme !- en pr�sence de ton cadavre!

Marc-Antoine !...

Pardonnez-moi, Cassius.

Compterez-vous parmi nos alli�s ?

Ou bien ferons-nous sans vous ?

Je suis votre amis a tous, et tous je vous aime,

en esp�rant que

vous m'expliquerez en quoi C�sar �tait dangereux.

Si ce n'�tait pas le cas, le spectacle serait atroce.

Nos raisons sont si l�gitimes que m�me vous, le fils de C�sar,

vous en seriez satisfait.

C'est tout ce que je d�sire.

Accordez-moi aussi de pr�senter son corps en place publique,

et d'y parler, pour ses fun�railles, comme il convient a un ami.

Vous le pourrez, Marc-Antoine.

Brutus, un mot.

Vous ne savez pas ce que vous faites.

Ne consentez pas qu'Antoine parle a ses fun�railles.

Songez-vous combien ses paroles vont �mouvoir le peuple ?

Permettez...

Je monterai d'abord a la tribune.

J'exposerai nos motifs pour la mort de C�sar.

Ce qu'Antoine dira, je clamerai qu'il le fera avec notre accord,

et que nous consentons aux c�r�monies pour C�sar.

Cela nous sera plus avantageux que le contraire.

J'ignore qui en d�coulera.

Cela me d�pla�t.

Marc-Antoine !

Disposez du corps de C�sar..

Dans votre harangue fun�raire, vous �viterez de nous bl�mer,

mais dites de C�sar tout le bien que vous voudrez,

en ajoutant que c'est avec notre permission.

sinon vous n'aurez aucune part dans ses fun�railles.

Vous parlerez sur la m�me tribune

que moi, apres mon propre discours.

Soit ! Je n'en d�sire pas plus.

Pr�parez donc le corps et suivez-nous.

O pardonne-moi, masse de terre encore saignante,

si je parais doux et pacifique avec

ces bouchers !

Tu es le d�bris du plus grand homme

qui ait jamais v�cu.

Malheur a celui qui r�pandit ce sang pr�cieux !

Je le pr�dis sur tes blessures,

la mal�diction s'abattra sur la t�te des hommes.

Une terrible guerre civile envahira partout l'Italie!

Le sang et la destruction deviendront si banals

que les meres souriront en voyant leurs fils d�chir�s par la guerre.

L'ombre de C�sar promenera sa vengeance,

criant d'une voix puissante dans nos frontieres: "Carnage !"

puis seront l�ch�s les chiens de guerre.

- Vous servez Octave C�sar, non ? - Oui, Marc-Antoine.

C�sar lui a �crit de venir a Rome.

Il a recu ses lettres, il est en chemin.

Il m'a charg� de vous dire--

O C�sar !

La douleur, je vois, est contagieuse.

Ton ma�tre vient-il ?

Il couche cette nuit a 7 lieues de Rome.

Rome est en deuil et dangereuse,

Octave n'y trouvera aucune suret�.

Vas vite le lui dire.

Non, reste encore.

Attends que j'aie port� ce corps en place publique.

En parlant, j'�valuerai sur le peuple le succes de ce crime.

Rendez raison de vos actes !

Suivez-moi et �coutez-moi, amis.

Cassius,

allez dans l'autre rue et partageons le peuple.

Pour m'entendre, restez ici.

Pour �couter Cassius, suivez-le, et nous expliqueront

la mort de C�sar.

Le noble Brutus est mont�.

Silence!

�coutez patiemment jusqu'au bout.

Romains,

compatriotes,

amis!

Faites silence et �coutez ma cause.

Croyez-moi pour mon honneur,

et respectez mon honneur pour me croire.

Jugez-moi

dans votre sagesse,

et user de votre raison pour mieux juger.

S'il y a dans cette assembl�e

un ami de C�sar,

alors je le dis : mon amiti� pour C�sar valait bien la sienne.

Si cet ami demande pourquoi

Brutus s'est �lev� contre C�sar, je r�ponds :

je n'aimais pas moins C�sar,

mais j'aimais Rome davantage.

Voudriez-vous C�sar vivant et mourir tous esclaves,

que de voir C�sar mort, et vivre tous libres ?

C�sar m'aimait,

je le pleure.

Je me r�jouis de son bonheur pass�.

Je respecte son courage.

mais a cause de son ambition,

je l'ai tu�.

J'ai des larmes

pour son amiti�,

de la joie pour sa fortune,

du respect pour sa vaillance,

et la mort

pour son ambition.

Qui est ici assez abject

pour vouloir �tre esclave ?

S'il en est un, qu'il parle!

Car lui, je l'ai offens�.

Qui est ici assez stupide pour ne vouloir pas �tre un Romain ?

S'il en est un, qu'il parle!

Car lui, je l'ai offens�.

Qui ici assez vil pour ne pas aimer son pays ?

S'il en est un, qu'il parle!

Car lui, je l'ai offens�.

Je m'arr�te pour une r�ponse.

Personne, Brutus, personne.

Personne.

Personne n'a donc

�t� offens�.

Voici son corps qui avance,

avec Marc-Antoine en deuil,

qui, sans avoir particip� a sa mort,

en recueillera les fruits,

une place dans la r�publique.

Qui n'en aura pas une ?

Sur mes mots je vous quitte.

J'ai tu� mon meilleur ami pour le bien de Rome,

de m�me je garde ce poignard pour moi,

des que ma patrie jugera ma mort n�cessaire.

Vivez, Brutus !

Vivez, Brutus !

- Elevons-lui une statue. - Qu'il soit fait C�sar.

Les meilleures qualit�s de C�sar seront couronn�es dans Brutus.

Ramenons-le chez lui en triomphe.

- Mes concitoyens ! - Paix, silence !

- Brutus parle. - Silence !

Bons concitoyens,

laissez-moi partir seul,

et, pour l'amour de moi, restez avec Antoine.

Accueillez le corps de C�sar,

et aussi sa harangue a la gloire de C�sar

ainsi que nous l'autorisons a Marc-Antoine.

Je vous conjure, que personne ne parte,

a part moi seul, tant que parle Antoine.

Hola, restez. Ecoutons Marc-Antoine.

Nous �couterons. Noble Antoine, montez a la tribune.

J'appr�cie de votre attention au nom de Brutus.

Que dit-il de Brutus ?

Il dit qu'au nom de Brutus,

il appr�cie notre attention.

Qu'il s'avise de dire mal de Brutus.

Ce C�sar �tait un tyran

C'est certain: quelle chance que Rome en soit lib�r�e.

- Bons Romains-- - Silence ! �coutons-le.

Amis,

Romains,

compatriotes,

pretez-moi l'oreille.

Je viens pour inhumer C�sar, non pour le louer.

Le mal que font les hommes vit apres eux.

le bien est souvent enterr� avec leurs os.

Qu'il en soit ainsi de C�sar.

Le noble Brutus

vous a dit que C�sar �tait ambitieux.

Si c'est le cas, c'�tait une faute grave,

et C�sar en a �t� durement puni.

Ici,

par la permission de Brutus

et des autres--

Car Brutus est un homme honorable.

Ils le sont tous,

tous des hommes honorables--

Je viens parler aux fun�railles de C�sar.

Il �tait mon ami,

fidele et juste.

Mais Brutus parle d'un ambitieux.

Et Brutus est un homme honorable.

Il a ramen� dans Rome une foule de captifs

dont les rancons ont rempli les coffres publics:

�tait-ce par ambition ?

Lorsque les pauvres ont g�mi, C�sar a pleur�.

L'ambition devrait etre faite d'une matiere plus dure!

Pourtant Brutus dit qu'il �tait ambitieux,

Et Brutus est un homme honorable.

Vous avez vu comme, 3 fois, j'ai donn� une couronne de roi,

qu'il a 3 fois refus�.

�tait-ce la de l'ambition ?

Pourtant Brutus dit qu'il �tait ambitieux,

et surement Brutus est un homme honorable.

Je ne cherche pas a contredire Brutus,

mais je suis ici pour dire ce que je sais.

Vous l'aimiez tous jadis, et non sans raison.

Qu'est-ce qui vous emp�che alors de le pleurer ?

O discernement! Tu as fui chez les brutes,

les hommes, eux, ont perdu la raison !

Soyez indulgents pour moi.

Mon coeur est dans ce cercueil avec C�sar.

Je marque une pause pour qu'il me revienne.

Il y a, pour moi, beaucoup de sens a ce qu'il dit.

Si tu y r�fl�chis bien,

C�sar a subi une grande injustice.

Est-ce Vrai? Un plus mauvais que lui pourrait le remplacer.

Avez-vous not� ces mots ?

"Il n'a pas voulu de la couronne."

Il n'�tait donc pas ambitieux.

Personne dans Rome n'a plus grand coeur qu'Antoine.

Hier encore la parole de C�sar aurait r�sist� a l'Univers.

Aujourd'hui le voila �tendu

et pas un seul mis�rable pour lui rendre hommage !

O citoyens,

si je voulais exciter vos esprits a la r�volte,

je pourrais faire tort a Brutus,

tort a Cassius,

qui, vous le savez, sont des hommes honorables.

Je ne leur ferais aucun tort.

Plut�t nuire a ce mort, a moi-m�me, ou a vous, qu'a des hommes si honorables.

Voici un parchemin scell� par C�sar.

je l'ai trouv� chez lui. Son testament.

Si le peuple en apprenait le contenu, que,

ne m'en veuillez pas, je ne tiens pas a vous lire--

sinon vous courriez tous baiser les blessures de C�sar, vous empreignant dans son sang sacr�.

Tous, vous prendriez un de ses cheveux en souvenir,

qu'a votre mort, vous l�gueriez en h�ritage.

Le testament ! Nous voulons l'entendre.

Silence!

Calmez-vous, mes amis. Je ne dois pas le lire.

Il ne faut pas que vous sachiez combien C�sar vous aimait.

Vous n'�tes pas de bois, ni de pierre, mais des hommes,

et a ce titre, ce testament vous rendrait fous de rage.

Il vaut mieux que vous ignoriez que vous �tes ses h�ritiers.

Si vous l'appreniez, qu'arriverait-il ?

Lisez le testament !

Soyez donc patients ! Ne pouvez-vous attendre ?

J'en ai d�ja trop dit en parlant de ce texte.

Je crains de faire tort a ces hommes honorables

dont les poignards ont massacr� C�sar. Oui, je le crains.

- Ce sont des tra�tres ! - Le testament ! Sa succession !

Me contraignez-vous a lire le testament ?

Le testament ! Lisez le testament !

Rapprochez-vous du corps. Vous verrez mieux son auteur.

Je peux descendre? Y consentez-vous ?

N'approchez pas plus.

Vous connaissez tous ce manteau.

Je me rappelle la premiere fois que C�sar l'a port� :

Un soir d'�t� dans sa tente,

le jour ou il vainquit les Nerviens.

Regardez! Ici l'a frapp� l'arme de Cassius.

Voyez comme l'a d�chir� le haineux Casca !

Ici le bien-aim� Brutus l'a poignard�.

Et le flot du sang de C�sar, quand se retira son fer ignoble.

Brutus, vous le savez, �tait un ange pour C�sar.

Jugez, � grands dieux, a quel point C�sar l'aimait.

Cette blessure lui fut la plus cruelle

car quand le noble C�sar vit Brutus le poignarder,

l'ingratitude, pire qu'une tra�trises, l'a achev�.

Alors son coeur se brisa, et le manteau sur son visage,

au pied m�me de la statue de Pomp�e,

couverte de son sang, tomba le grand C�sar.

Et quelle chute, citoyens !

Nous tomb�mes avec lui, l'�p�e de la trahison brandi sur nos t�tes.

Nobles �mes, vous pleurez d�ja en voyant les plaies du manteau !

Regardez mieux!

Voyez donc ce corps d�chir� par des tra�tres !

- O lamentable spectacle ! - O noble C�sar!

Demeurez, citoyens.

Bons amis, chers amis,

ne vous laissez pas aller a la r�volte a cause de moi.

Les auteurs de cette action sont des hommes honorables.

Les griefs qui les y ont pouss�s, h�las ! Je ne le connais pas.

Ces hommes honorables vous les expliqueront surement.

Mes amis, je ne cherche pas a provoquer votre indignation.

Je n'ai pas, comme Brutus, l'art de la parole.

Je suis, vous le savez, un homme simple et direct

a l'affection sincere pour un ami.

Ceux qui m'ont permis d'en parler en public le savent bien.

Car je n'ai ni esprit, ni talent d'orateur,

ni autorit�, ni �loquence pour �mouvoir les hommes.

Je ne parle qu'avec des faits.

Ce que je dis, vous le savez vous-m�mes.

Je montre les blessures de C�sar, tristes bouches muettes

qui pourtant parlent a ma place.

Mais si j'�tais Brutus, et que Brutus fut Antoine,

cet Antoine-la porterait le trouble dans vos esprits,

et donnerait une langue a chaque blessure de C�sar

qui remuerait les pierres de Rome, les soulevant

a la r�volte !

Ecoutez encore, compatriotes! Ecoutez ce que j'ai a dire!

Savez-vous au moins ce que vous allez faire?

En quoi C�sar a-t-il m�rit� de vous tant d'amour ?

H�las ! Vous l'ignorez !

Il faut donc que je vous le dise.

Vous oubliez le testament dont je parlais.

Le voici, ce testament,

scell� par C�sar.

A chaque romain, a chacun de vous, il donne

75 drachmes.

En outre,

il vous l�gue tous ses jardins,

ses bocages priv�s, et vergers plant�s de ce c�t� du Tibre.

Il vous les laisse, a jamais, en guise de jardins publics

pour vous promener et vous distraire.

Voila qui �tait C�sar! Quand na�tra un pareil ?

Venez, partons !

Allons bruler son corps sur la place sacr�e !

Maintenant laissons faire.

G�nie du mal ! Te voila lanc�.

Suis le cours qu'il te plaira!

- Qu'y a-t-il, camarade ? - Seigneur, Octave est d�ja dans Rome.

- Ou est-il ? - L�pidus et lui sont chez C�sar.

Il arrive a point nomm�.

La Fortune a belle humeur,

et dans ce caprice elle nous accordera tout.

Selon Octave, Brutus et Cassius ont fuit Rome comme des d�ments.

Le peuple leur a surement fait comprendre

combien j'ai su l'�mouvoir.

Allons chez Brutus et Cassius !

Brulons tout !

Allez ! Venez !

Voila, tous ceux-la mourront.

Leurs noms sont point�s.

Votre frere aussi doit mourir.

Y consentez-vous, L�pidus ?

J'y consens.

Pointez-le, Antoine.

A condition que Publius meurt,

votre neveu, Marc-Antoine.

Il mourra.

Voyez,

de ce point, je le condamne.

Brutus et Cassius levent des arm�es.

Nous devons leur tenir t�te.

Faisons alliance, rassemblant nos amis et nos forces,

et tenons conseil.

Je suis d'accord.

Car de partout nous voila vern�s d'ennemis qui menacent

et d'autres tout sourire, qui fomentent des complots.

L�pidus, rapportez-nous le testament de C�sar.

Nous r�duirons les charges qu'il nous a l�gu�es.

Vous retrouverai-je ici ?

Ici ou au Capitole.

Voila un homme sans m�rite,

tout juste bon a faire le messager.

A-t-on raison de partager l'Univers en 3

pour qu'un des tiers lui soit remis?

C'est un soldat �prouv�.

Comme mon cheval, Octave.

Mon noble frere, vous m'avez caus� du tort.

Par tous les dieux, ai-je caus� du tort a mes ennemis ?

Pourquoi alors en ferais-je a mon frere ?

Ne nous querellons pas, nos 2 arm�es doivent voir en nous des alli�s.

Brutus, pas de subterfuge avec moi--

Cassius, assez, exposez vos griefs calmement.

Je vous connais bien.

Durant notre conf�rence, nul ne doit approcher la tente.

Que Lucius et Titinius en gardent l'entr�e.

Voici ce que je vous reproche:

vous avez condamn� Lucius Pella pour corruption par les Sardiens

sans tenir compte de mes lettres en sa faveur.

Vous vous abaissez en lui venant en aide.

Ne nous attardons sur des futilit�s.

Sachez, Cassius, qu'on vous reproche

d'�tre avide, vendant des faveurs a des hommes sans m�rite.

Moi avide !

Un autre que vous, Brutus, par tous les dieux,

n'aurait pas surv�cu a ces dernieres mos.

Selon vous, nul ch�timent ne doit punir la corruption ?

Ch�timent !

Souvenez-vous du mois de mars,

des ides de mars !

Le sang de C�sar ne coula-t-il pas pour la justice ?

Nous n'avons donc frapp� le premier homme de Monde

que pour prot�ger les voleurs, et accepter des pots-de-vin ?

Vendrons-nous la bel avenir qui s'ouvre a nous pour quelques pieces ?

J'aimerais mieux �tre un chien qu'un Romain de ce genre.

Brutus, vous n'avez pas a me r�primander.

Je suis un soldat, moi,

plus ancien et plus capable que vous a faire des conditions.

- Allons, c'est faux, Cassius. - C'est vrai.

- Je vous dis que non. - Ca suffit. C'en est trop.

Songez a votre vie. Ne me tentez pas plus.

- Partez, homme sans consistance. - Est-ce possible ?

Ecoutez-moi bien.

Dois-je supporter votre violente colere ?

Votre regard de fou devrait-il m'effrayer ?

O dieux ! Faut-il que j'endure tout cela ?

Tout cela, et plus encore.

Agitez-vous jusqu'a votre orgueil vous fasse �clater.

Exhibez donc votre fureur pour faire trembler vos esclaves.

Dois-je m'�carter, rampant, pour laisser libre cours a votre rage ?

D�vorerez tout le fiel de votre bile, dussiez-vous en crever.

D�sormais votre emportement ne servira qu'a me faire rire.

Nous en sommes la !

Vous vous dites meilleur soldat.

Faites voir. Justifiez votre bravade, pour mon plaisir.

Je serai heureux de m'instruire a l'�cole des gens sup�rieurs.

L'insulte est a son comble, Brutus !

J'ai dit un soldat plus ancien, pas meilleur.

Ai-je dit "meilleur" ?

Peu m'importe.

De son vivant, C�sar n'aurait jamais os� m'irriter autant.

Vous n'auriez jamais os� autant le provoquer.

- Jamais os� ? - Non !

- Je n'aurais jamais os� ? - Jamais de la vie !

Ne pr�sumez pas trop de mon amiti�.

Je pourrais faire une chose que je regretterais.

Vous l'avez d�ja faite.

J'ai demand� de l'or pour payer mes l�gions et vous avez refus�.

�tait-ce digne de Cassius ?

Aurais-je inflig� ce refus a Caius Cassius ?

Quand Marcus Brutus sera assez sordide pour tenir sous cl�

ces mis�rables jetons et les refuser a ses amis,

soyez pr�ts, vous dieux, a le r�duire en cendres.

- Mettez-le en morceaux ! - Je n'ai pas refus�.

- Mais si. - Ce n'est pas vrai !

Ma r�ponse vous a �t� rapport�e par un imb�cile.

Brutus a d�chir� mon coeur.

Des amis peuvent supporter leurs faiblesses r�ciproques,

mais Brutus exagere les miennes.

Seulement quand j'en suis affect�.

- Vous ne m'aimez pas. - Je n'aime pas vos d�fauts.

De pareils d�fauts, un ami n'en ferait pas cas.

Un flatteur les ignorerait, fussent-ils g�ants comme l'Olympe.

Viens, Antoine. Toi aussi jeune Octave !

Vengez-vous sur Cassius seul. Le monde l'a fatigu�.

Hai d'un homme qu'il aime,

insult� par son frere,

maltrait� comme un esclave,

tous ses d�fauts remarqu�s,

enregistr�s, rumin�s pour me les jeter au visage !

Oh ! mes larmes

pourraient tant couler que d'an�antir mon courage !

Voila mon poignard,

et voici ma poitrine nue.

Mon coeur y est plus riche que de l'or ou les mines de Plutus.

Si tu es un Romain, arrache-le !

Moi qui t'ai refus� de l'or, je t'offre mon coeur !

Frappe comme tu l'as fait a C�sar,

car au plus fort de ta haine pour lui,

tu l'aimais plus que tu n'aim�s jamais Cassius.

Rentrez votre poignard.

Emportez-vous tant qu'il vous pla�t, libre a vous.

O Cassius,

vous �tes attel� a un agneau portant en lui la colere comme le caillou porte le feu.

Le plus grand effort en produit une rapide �tincelle

qui s'�teint aussit�t.

Cassius a-t-il v�cu jusqu'ici que pour ne fournir a Brutus

des occasions de se moquer,

alors qu'il est triste et abattu ?

Quand j'ai dis cela, j'�tais aussi abattu.

Vous en convenez ?

- Donnez-moi votre main. - Et aussi mon coeur.

Lucilius et Titinius,

commandez aux chefs d'abriter leurs troupes pour la nuit.

Ensuite revenez tous les deux, et amenez Messala.

Lucius, une coupe de vin.

Je ne vous croyais pas capable de tant de colere.

O Cassius, les chagrins m'accablent.

Portia est morte.

Portia!

Elle est morte.

Et vous ne m'avez-vous pas tu� durant la dispute ?

O insupportable perte !

De quelle maladie ?

De n'avoir pu supporter mon absence,

et du chagrin de voir Antoine et Octave gagner en force.

-cette nouvelle m'est venue avec celle de sa mort-

sa raison a chancel�,

et profitant de l'absence des serviteurs,

elle avala du feu.

Et elle en est morte ?

Oui.

O dieux immortels !

Ne me parlez plus d'elle.

Donne-moi une coupe de vin.

Ici

j'ensevelis toute mon aigreur, Cassius.

Mon coeur a soif de la noble coupe.

Entre, Titinius. Bienvenu, brave Messala.

Prenons place autour de ce flambeau,

et d�battons du plan a suivre.

O Porcia, es-tu donc morte ?

Cessez, je vous conjure.

Messala,

J'apprends de ces lettres que le jeune Octave

et Marc-Antoine viennent a nous

avec une puissante arm�e en direction de Philippes.

Mes lettres disent la m�me chose.

Que diries-vous d'avancer vers Philippes ?

- Je suis contre. - Pourquoi ?

Laissons l'ennemi nous chercher.

Il usera ainsi ses forces et fatiguera ses soldats.

Tandis que nous, restant sur place,

nous nous trouverons pleins de repos et pr�ts a tout.

De bonnes raisons c�dent forc�ment a de meilleures.

Les peuples qui sont entre Philippes et ce camp

ne sont contenus que par une affection forc�e.

Leurs subsides ne nous ont �t� accord�s qu'a regret.

- Mon frere, �coutez-moi. - Permettez.

Nous savons en outre a combien s'�leve le total de nos amis.

Nos l�gions sont completes. Notre cause est mure.

L'ennemi grossit encore ses rangs, les n�tres n'iront qu'en d�clinant.

La conjoncture est changeante, profitons qu'elle reste cl�mente.

L'occasion une fois manqu�e,

le voyage de la vie se poursuit dans les bas-fonds et la misere.

En ce moment, nous sommes a flot et bien pourvus.

Il faut prendre le courant tant qu'il est favorable,

ou perdre toutes nos chances.

Eh bien ! Comme vous voulez, marchez.

Nous vous accompagnerons jusqu'a Philippes.

Pendant ce temps la nuit avance, et il faut conc�der a la nature

le minimum de repos qu'elle exige.

- Y a-t-il autre chose a dire ? - Rien de plus. Bonne nuit.

Demain nous serons pr�ts a nous mettre en marche.

Lucius! ma robe. Adieu, digne Messala.

Bonne nuit, Titinius.

Noble,

noble Cassius,

bonne nuit et bon repos.

O mon cher frere !

Cette nuit a bien mal commenc�.

Que jamais semblable discorde ne se mette entre nos �mes !

Ne le permettez pas, Brutus.

Tout va bien.

Bonne nuit, mon ma�tre.

Bonne nuit, mon frere.

Bonne nuit, seigneur Brutus.

Adieu, tous.

Que ce flambeau �claire mal !

Ah ! Qui entre ici

C'est suremment la faiblesse de mes yeux

qui produit cette horrible vision.

Il s'avance sur moi !

Qu'es-tu ?

Es-tu un dieu,

un ange ou un d�mon ? Toi qui glaces mon sang

et fais dresser mes cheveux ?

Parle-moi, qu'es-tu ?

Ton mauvais g�nie, Brutus.

Pourquoi viens-tu ?

Pour te dire que tu me verras a Philippes.

A la bonne heure. Je te verrai donc encore ?

Oui, a Philippes.

Voyez, Antoine,

nos esp�rances sont contredites :

Vous disiez que l'ennemi ne viendrait pas,

Leurs arm�es sont en vue,

pr�tes au combat. Ils prennent les devants a Philippes,

avant que nous ne les attaquions.

Je sais ce qui les pousse a agir ainsi.

C'est par peur qu'ils descendent

pour nous braver, croyant nous convaincre de leur courage.

Mais il n'en est rien.

Pr�parez-vous, g�n�raux !

L'ennemi arrive.

Il a d�ploy� l'enseigne de la bataille.

Nous devons prendre des dispositions.

Octave,

menez au pas votre arm�e

sur la gauche de la plaine.

C'est moi qui tiendrai la droite.

Vous, prenez la gauche.

Pourquoi me contrarier dans un moment pareil ?

Pas pour vous contrarier, c'est juste ma volont�e.

Ils s'arr�tent, et voudraient parlementer.

Faites halte, Titinius.

Sortons des lignes et parlons.

- Nous attendrons leur attaque. Les g�n�raux veulent se r�unir. - Pas un geste jusqu'au signal.

Les paroles avant les coups. N'est-ce pas, compatriotes ?

Non que nous pr�f�rions les paroles, comme vous.

De bonnes paroles valent mieux que de mauvais coups, Octave.

Vos mauvais coups, Brutus, s'accommodent de bonnes paroles.

Quand vos poignards se croiserent dans les flancs de C�sar

vous lui montriez vos dents de singes, rampant comme des chiens,

et, prostern�s comme des captifs, vous baisiez les pieds de C�sar.

O flatteurs !

Flatteurs !

Rends-toi gr�ces, Brutus.

Cette langue ne nous outragerait pas autant aujourd'hui,

si Cassius en avait �t� cru.

Finissons, allons au fait.

Si parler nous met en sueur, elle coulera plus rouge au moment de la preuve.

Voyez !

je tire l'�p�e contre les conspirateurs!

Quand pensez-vous qu'elle rentrera dans le fourreau ?

Pas tant que les 33 blessures de C�sar ne seront veng�es,

ou que le meurtre d'un second C�sar ne s'ajoute

a l'�p�e des tra�tres.

C�sar, tu ne peux pas mourir de la main des tra�tres.

Je l'espere bien.

Je ne suis pas n� pour mourir par l'�p�e de Brutus.

O fusses-tu le plus noble de ta race, jeune homme,

tu ne pourrais p�rir d'une main plus honorable.

Ecolier mal �lev�,

indigne d'un tel honneur !

L'associ� d'un farceur et d'un d�bauch� !

Toujours le vieux Cassius !

Au d�fi, tra�tres ! Nous vous le jetons a la face !

Si vous osez combattre aujourd'hui, venez en plaine.

Sinon, venez quand vous en aurez le courage.

Venez, Antoine. Partons.

Allons, vents, soufflez donc,

Vagues, enflez-vous, et vogue la barque !

La temp�te est a son comble, et le hasard mene la bord�e.

Maintenant, noble Brutus,

que les dieux nous soient assez favorables

pour que notre amiti� se poursuive jusqu'a la vieillesse.

Aujourd'hui s'achevera l'oeuvre commenc�e aux ides de mars,

et j'ignore si nous nous reverrons.

Faisons donc nos adieux.

Pour jamais adieu, Cassius.

Si nous nous revoyons, ce sera avec un sourire.

Dans le cas contraire, nous aurons bien fait nos adieux.

Pour jamais adieu, Brutus.

Si nous nous revoyons, ce sera en effet avec un sourire.

Sinon, tu as dit vrai

nous aurons eu raison de nous dire adieu.

Allons, en marche.

Si l'on pouvait savoir ce qui adviendra de ce jour a l'avance.

Le jour finira de tout facon,

Alors nous saurons.

A cheval, a cheval, Messala !

Cours remettre ces billets aux l�gions de l'autre aile.

Qu'elles donnent a la fois.

Je vois que l'aile d'Octave va mollement.

Un choc soudain la culbutera.

Vole, vole, Messala !

Qu'elles fondent toutes ensemble !

Sois mon t�moin, Messala

que je suis forc� malgr� moi

de confier nos libert�s au hasard d'une bataille.

Depuis Sardes,

2 grands aigles descendirent sur notre enseigne avanc�e,

et s'y sont pos�s, mangeant de la main de nos soldats.

Ce matin ils se sont envol�s.

A leur place, corbeaux et vautours planent sur nos t�tes

et d'en haut nous fixent d�ja comme des proies mourantes.

Nous couvrant de leur ombre,

sous lequel s'�tend notre arm�e pres de rendre l'�me.

Ne croyez pas cela.

Je n'y crois qu'en partie.

car je me sens plein d'ardeur,

et d�termin� a affronter avec constance tous les p�rils.

Revenez !

Regarde, Titinius, les l�ches fuient !

Cette enseigne-la,

je l'ai vue aller en arriere. J'ai tu� le l�che!

O Cassius ! Brutus a donn� trop t�t le signal.

Il s'est concentr� sur Octave, nous privant de ses troupes,

alors qu'Antoine nous encercle.

Fuyez plus loin, seigneur,

Fuyez plus loin !

Marc-Antoine est dans vos tentes.

Cette colline est assez loin

Vois, vois, Titinius.

Est-ce dans mes tentes que je vois cette flamme ?

Titinius, si tu m'aimes, monte mon cheval,

et fonce la-bas v�rifier si ces troupes sont ennemies.

Toi, Pindarus, monte vers ce sommet.

J'ai toujours eu mauvaise vue.

Suis Titinius du regard.

Dis-moi ce que tu vois sur le champ de bataille.

Aujourd'hui, je vis le jour.

C'est mon anniversaire.

Le temps a fait son cercle.

Je finirai au point

ou j'ai commenc�.

Le cours de ma vie est r�volu.

Alors, quelles nouvelles ?

Titinius est investi par la cavalerie,

qui le poursuit a toute bride.

Pourtant il galope encore.

Les voila a sa port�e.

Ecoutez, ils crient de joie.

Descends, ne regarde pas plus.

O l�che que je suis, de vivre assez longtemps

pour voir mon fidele ami pris sous mes yeux !

Toi, viens ici.

je t'ai fait prisonnier chez les Parthes

et, en sauvant ta vie, je te fis jurer que

que quoique je te commande, tu ob�irais. Remplis le serment.

A pr�sent sois libre,

prends cette �p�e qui plongea dans les flancs de C�sar,

et traverses mon torse avec. Ne dis rien.

Prends cette poign�e et quand mon visage sera couvert

comme je le fais,

dirige l'arme.

C�sar,

tu es veng�,

avec la m�me �p�e qui te donna la mort.

Il s'est tu� !

O Jules C�sar, tu restes puissant !

Ton ombre erre sur la terre, et tourne nos �p�es

contre nos propres entrailles.

Le soleil de Rome est couch�.

Notre jour est fini.

Pourquoi m'avais-tu envoy� au loin brave Cassius ?

N'ai-je pas trouv� tes amis ?

N'ont-ils pas mis sur mon front cette couronne de victoire,

me chargeant de te la donner ?

N'as-tu pas entendu leurs acclamations ?

Toi le dernier des Romains, repose en paix !

Amis,

je dois plus de larmes a cet homme mort

que vous ne me verrez lui en donner.

J'en trouverai le temps, Cassius,

j'en trouverai le temps !

Et tu, Brute?

Ce n'est point Brutus !

Qu'on ne lui fasse aucun mal.

Venez, mes ultimes amis,

reposons-nous sur ce rocher.

Bon Volumnius. Un mot, �coute.

- Que veut mon ma�tre ? - Ceci, Volumnius :

L'ombre de C�sar

m'est apparue la nuit a 2 reprises,

une fois a Sardes,

et la nuit derniere ici,

dans les champs de Philippes.

Je sais que mon heure est venue.

Non, seigneur, non.

J'en suis certain, Volumnius.

Tu vois ce monde, Volumnius, et comment tout s'y passe.

Nos ennemis nous ont battu, jusqu'au bord de grouffre.

Il est plus noble de s'y jeter, que d'attendre d'y �tre pouss�.

Bon Volumnius,

nous avons fait nos �tudes ensemble.

Au nom de note vieille amiti�, je t'en prie,

empoigne mon �p�e,

quand je me jetterai dessus.

Ce n'est pas l'office d'un ami, seigneur.

Fuyez, seigneur, fuyez !

Il n'y a pas de temps a perdre.

Adieu, vous, et vous Volumnius.

Compatriotes,

mon coeur se r�jouit car de toute ma vie

je n'ai pas trouv� un homme qui ne me fut fidele.

Je recueillerai plus de gloire dans ce jour de d�sastre,

qu'Octave et Marc-Antoine

n'en auront par cette vile conqu�te.

Adieu tous a la fois,

car la langue de Brutus a presque termin� sa vie.

La nuit est suspendue sur mes yeux.

Le repos viendra a mes membres

qui n'ont oeuvr� qu'a arriver a cette heure.

Fuyez, mon seigneur, fuyez.

Pars! Je te suivrai.

Straton, je t'en prie, reste aupres de ton ma�tre.

Tu es un homme plein d'attachement.

Ta vie n'a pas �t� sans honneur.

Prends donc mon �p�e,

et tourne ton visage, quand je me jetterai dessus.

Veux-tu, Straton ?

Avant, donnez-moi votre main.

- Mon ma�tre, adieu ! - Adieu, bon Straton.

C�sar, maintenant apaise-toi.

Je ne t'ai pas tu� d'aussi bon coeur.

- Quel est cet homme ? - Il appartient a mon g�n�ral.

Ou est ton ma�tre ?

Hors des cha�nes que vous portez, seigneur.

Les vainqueurs ne peuvent plus que le r�duire en cendres.

Brutus seul a triomph� de Brutus,

et nul autre que lui n'a l'honneur de sa mort.

Comment est-il mort, Straton ?

J'ai tenu son �p�e, il s'est jet� dessus.

Ce fut le plus noble Romain d'entre tous.

Les conspirateurs n'ont agit que par jalousie du grand C�sar.

Lui seul ne se ligua que pour le bien public.

Sa vie fut douce,

les �l�ments de son �tre,

si bien combin�s, que la Nature

put dire au Monde :

"C'�tait un homme!"

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