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L'EXTRAVAGANT MR. RUGGLES
Paris au printemps 1908...
10 heures, Milord.
Quoi ?
10 heures, Milord.
Qu'est-ce qui ne va pas, Milord ?
Rien ne va.
Encore des crustac�s au d�ner ?
Et alors ?
Vous savez que vous ne les dig�rez pas.
Je les dig�re parfaitement.
J'ai pris �galement des hu�tres, du homard et du champagne.
J'ai pass� la soir�e avec M. et Mme Floud.
Les Am�ricains ?
lls m'ont appris leur esp�ce...
de poker.
Triste exp�rience, Milord.
Ah �a, oui !
Je sors le gris clair, Milord.
Je sens que ce matin, il faut du gris clair.
Pourquoi ce d�sordre ?
Je fais mes valises. On rentre chez nous, Effie.
Je n'en peux plus.
Habille-toi, Egbert. Je veux que tu ailles chercher Ruggles.
Je n'ai pas besoin d'un valet anglais !
Oh que si !
J'en ai autant besoin qu'un cochon de poches revolver.
Je ferai de toi un gentleman, duss�-je en mourir.
Pas en engageant un homme pour me laver et m'habiller.
Je peux me boutonner moi-m�me. Je l'ai toujours fait.
Tu ne vois donc pas que �a nous poserait socialement ?
Comment �a, socialement ?
A Red Gap, cela nous donnera
un certain standing... du pedigree.
C'est quoi ?
Du pedigree... De l'avoir avec nous.
D'avoir qui ?
Effie, tu ne veux pas emmener Ruggles � Red Gap ?
Bien s�r que si !
Egbert, habille-toi.
Ecoute... on peut me la faire, mais il y a une limite.
Egbert, habille-toi.
Mais enfin, pourquoi ?
Pourquoi ?
Ruggles, comment affrontez-vous... les chocs ?
Les chocs ?
Oui, les vicissitudes de la vie...
Vous r�agissez toujours bien, n'est-ce pas ?
Je l'esp�re, Milord.
Je me souviens, vous avez �t� tr�s ferme avec cette Espagnole.
Une danseuse, je crois ?
C'est cela, Milord.
Etonnant, le nombre de danseuses espagnoles � Madrid !
Beaucoup plus qu'ailleurs.
Aussi fra�che qu'une pomme reinette.
Plus jolie que la secr�taire !
De loin. J'ai failli tout abandonner et partir...
en Am�rique avec elle.
L'Am�rique ne vous conviendrait pas.
Je ne sais pas. On dit que �a se d�veloppe.
Vous vous y d�brouillerez tr�s bien.
Moi ?
J'ai oubli� de vous dire...
Vous partez en Am�rique.
Le pays de l'esclavage !
Plus maintenant, je crois.
Un certain Pocahontas y a mis fin.
Heureusement !
L'Am�rique du Nord ou du Sud ?
Du Nord, je crois : dans l'Ouest, ldaho ou Omaha.
L� o� il y avait des lndiens...
Le type est millionnaire.
Le ''type'' ?
Oui, bourr� � craquer. Des mines, vous savez...
du b�tail... et des tas de choses.
Vous avez beaucoup plu � sa femme...
et ils vous ont...
gagn�.
lls m'ont gagn� ?
Oui, nous jouions � ce jeu de poker...
ll s'agit de bluffer...
et je n'y suis pas mauvais.
Dois-je comprendre...
que j'�tais l'enjeu ?
Oui, � peu pr�s.
Je n'ai pas compris qu'ils bluffaient aussi.
J'avais trois huit contre un flush � carreau.
Je vous ai perdu pour un huit !
Croyez bien que je vous ai perdu
dans les r�gles.
L'Am�rique du Nord, Milord ?
Une r�gion assez sauvage, je crois.
Oui, j'imagine.
C'est sans doute M. Floud
qui vient vous prendre, Ruggles.
Entrez, Monsieur.
Comment allez-vous, M. Ruggles ? �a va ?
Tr�s bien, Monsieur. Asseyez-vous.
Ecoutez, Ruggles, je veux que vous compreniez
que je ne suis pour rien l�-dedans. C'est Effie...
Je comprends, Monsieur.
Quand elle s'est mis quelque chose dans la t�te...
Je vous crois, Monsieur.
Alors, vieille tarentule !
Tu sais pourquoi je suis l� ?
Oui, je sais.
�a ne m'amuse pas plus que toi, mais tu connais Effie.
Quand elle est lanc�e, elle piquerait un serpent � sonnettes.
Vous verrez que Ruggles n'est pas mal.
O.K., votre parole me suffit.
Maintenant, Bill, va faire ton barda.
Mon barda ?
Tu n'as pas le temps. Effie est press�e.
Tu viendras chercher tes frusques plus tard.
Tr�s bien, Monsieur.
Puis-je encore faire quelque chose ?
Je ne vois pas, Ruggles.
Tout cela est assez soudain, n'est-ce pas ?
�a devait l'�tre...
une chose comme �a...
Je me fais du souci pour vous, Milord.
Oh non, Ruggles, tout ira tr�s bien.
�a devrait m'amuser de m'habiller tout seul.
J'esp�re que cela vous plaira.
Bien s�r que oui.
Vos pilules digestives.
Vous devez en prendre deux.
Au revoir, Ruggles.
Et prenez bien soin de vous.
Oui, Milord. Merci, Milord.
Ne me remerciez pas. C'est moi qui devrais vous remercier.
Je suis pr�t.
Ah oui... oui...
C'est un peu triste, hein ?
Au revoir. Portez-vous bien.
ll a un go�t terrible.
- A la teinturerie ? - Non, on va br�ler tout �a.
- Les br�ler ? - En faire des cendres !
Et puis on br�lera les cendres.
Mon mari va s'habiller de neuf des pieds � la t�te.
Regardez-moi �a !
ll les aime tant qu'il en a achet� deux.
M�me les mites n'en veulent pas.
Venez, Bill, remuez-vous un peu.
O� allez-vous avec mes v�tements ?
Elle va sans doute les faire nettoyer.
Eh bien, nous y voil�.
Allons-y.
O� �tes-vous donc ?
Allez, entrez.
Apr�s vous, Monsieur.
Vous �tes fichtrement poli !
Entrez, Bill. Faites comme chez vous.
Nous avons de la compagnie.
Eh bien, Ruggles, vous voil�.
Je suis ravie de vous avoir. Je vous ai � l'�il depuis longtemps.
J'esp�re que vous vous plairez
ici et � Red Gap.
A Red Gap, Madame ?
La ville o� nous habitons, dans l'Etat de Washington.
Ce n'est que de la ''petite bourgeoisie'',
mais certains d'entre nous s'int�ressent vraiment au...
grand monde.
lndubitablement, Madame.
Vous �tes bilingue, je vois !
Que fait cette fille avec mes habits ?
Ne t'occupe pas.
Maintenant, il faut habiller M. Floud des pieds � la t�te.
Pourquoi ? Mes habits sont tr�s bien, n'est-ce pas, Bill ?
Aujourd'hui, je l'ai laiss� s'habiller � son go�t
et regardez � quoi il ressemble !
Pouvons-nous faire quelque chose ?
Monsieur pourrait �tre un peu plus �l�gant.
Je pourrais surtout �tre tranquille !
Egbert, �coute-moi !
Regardez-moi cette cravate !
J'ai honte de lui partout o� je vais.
ll faut voir o� elle va !
Tu feras ce qu'on te dit. Viens.
Votre chapeau, Monsieur.
Vous comprenez, pour le serpent � sonnettes ?
Attention pour les habits. J'aime les tissus � carreaux.
On ne va pas faire �a � chaque fois.
Que puis-je faire pour vous ?
Des v�tements pour Monsieur.
Pour Monsieur ?
Voici le Monsieur.
Quelque chose dans le m�me style ?
Vous �tes fripier ou quoi ?
Monsieur a acquis ces v�tements dans des circonstances bizarres.
L'apparence actuelle de Monsieur est accidentelle.
L'h�tel de Monsieur a br�l� durant la nuit.
Monsieur est sorti de la fournaise dans le plus simple appareil.
Qu'est-ce que �a veut dire ?
Monsieur a d� accepter des v�tements pr�t�s par des t�moins.
Des gens de cirque !
Voil� pourquoi Monsieur est si ridicule !
Vous n'�tes pas un Apollon non plus.
Voulez-vous nous montrer des jaquettes ?
Essaie de marcher, Egbert.
Qu'en pensez-vous ?
Dans l'ensemble, �a ne me d�pla�t pas.
ll a l'air tr�s distingu�.
Je ressemble � notre coq avant qu'on l'�crase.
Avant, tu ressemblais au coq apr�s qu'on l'eut �cras� !
Je ne vais pas �tre oblig� de porter �a !
Les gu�tres font la diff�rence entre l'homme �l�gant
et l'homme simplement habill�.
Allons, Egbert, va t'asseoir et sois �l�gant.
Je ne veux pas les mettre ! C'est ridicule !
Rattrapez-le.
Egbert, tu es un autre homme.
Faudrait peut-�tre que je change de nom.
Quoi encore ?
Nous allons la tailler.
Pas question !
�a ne va pas avec les gu�tres.
Tant pis. Je garderai ma moustache.
Que dira-t-on � Red Gap si je n'ai plus ma moustache !
Non, monsieur, vous ne...
Ruminez tant que vous voudrez, mais vous n'y toucherez pas.
ll m'a fallu vingt ans pour avoir cette moustache. Je la garderai.
M�me � un chien, je ne ferais pas �a.
N'est-ce pas mieux ainsi ?
Satisfait, Monsieur ?
Vous seriez satisfait, vous ?
O� vas-tu ?
Je vais � la maison me cacher dans un placard.
Pas du tout. Tu vas aller avec Ruggles.
D�cide-toi une bonne fois.
Ruggles, pendant que je fais quelques courses,
passez donc quelques heures avec M. Floud
dans les galeries de peinture.
ll a inscrit quelques r�flexions dans ce petit livre.
ll a des �panchements artistiques.
Rentrez t�t. Des personnes tr�s importantes viennent d�ner.
Et t�chez qu'il se conduise en gentleman !
Nous avons en commun certains go�ts artistiques.
Un tour au Louvre ?
Attendez. Elle va dispara�tre dans une minute.
Madame m'a dit de vous montrer les galeries.
�a n'en a pas l'air, mais c'en est une.
Max, apportez mon livre.
lls me gardent mon livre. C'est une ruse.
lls m'ont eu.
Donnez-moi un stylo et deux bi�res.
Regardez.
Je copie des passages de ce grand livre dans le petit
et je montre � Effie ce que j'ai appris dans les galeries.
Je ne vois pas comment vous allez approfondir votre culture.
Je ne sais pas. Je fais �a depuis que je suis � Paris.
Ecrivez, cette fois. �a en mettra plein la vue � Effie.
Choisissez un bon passage, au milieu,
quand ils parlent de ''l'extase artistique''.
''L� se d�ploie dans toute sa beaut�...''
Asseyez-vous ! On n'�crit pas debout.
Je sais ce qui vous tracasse.
Vous croyez que je vous en veux � cause des v�tements et tout �a.
Je suis mont� contre Effie, pas contre vous. Asseyez-vous.
La diff�rence entre nos conditions
m'interdit de m'asseoir � la m�me table que vous.
Vous avez honte de vous asseoir ?
Non, mais un domestique ne peut s'asseoir avec son ma�tre.
Son ma�tre ? Vous me valez bien et je vous vaux bien, non ?
Je ne vous vaux pas ?
Qu'est-ce qui vous chiffonne ? Asseyez-vous et relaxez-vous.
Vous voyez, �a ne fait pas mal !
Juste ce qu'il fallait !
Vous ne buvez pas avec moi ?
�a ne va pas ? Vous ne vous amusez jamais ?
N'�tes-vous pas heureux ?
Souriez donc un peu !
Quel sourire... Vous vous sentez mal ?
Je suis en parfaite sant�
mais je suis mal � l'aise de briser ainsi les traditions.
Ne vous en faites pas, Colonel.
ll faut que vous m'appeliez ''Ruggles''
et non ''Colonel'', ''Bill'' ou ''M. Ruggles''.
Et pourquoi pas ''Colonel'' ?
Les gens pourraient nous croire �gaux.
L� d'o� je viens, tous les hommes sont �gaux.
Peut-�tre en Am�rique,
mais pas chez nous !
On ne va pas se chamailler pour �a. On a du boulot.
Apr�s on s'attaquera � une bonne bouteille.
On en �tait o� ?
''L� se d�ploie dans toute sa beaut�
''ce r�alisme vigoureux
qui alterne avec une d�licatesse subtile...''
Eh, Jeff Tuttle !
Attends, je veux te pr�senter un ami.
O� es-tu ?
Viens ! Je veux te pr�senter quelqu'un.
Tu m'as reconnu dans ces fringues ?
Moi ne pas te reconnatire ? Vieux pirate !
Sacr�e vieille branche !
Colonel Ruggles, Jeff Tuttle, de Red Gap,
Etat de Washington, U.S.A.
Ravi de vous conna�tre, Colonel.
Je n'ai aucun titre militaire,
n'ayant servi ni pour Sa Majest�, ni m�me dans le rang.
Tout ami du pirate est mon ami.
Alors, on s'assied ?
Oui. Prenez une chaise, Colonel.
Non, une pour vous.
O� as-tu d�nich� �a ?
C'est de la faute � Effie. Attends de voir �a...
Grand chef Galurin.
Colonel, fourre �a par l�.
Alors, vieux l�zard, d'o� tu viens ?
On a fait le tour de l'Europe et de l'ltalie.
Toutes les �glises, l'une apr�s l'autre !
Si on s'en jetait un derri�re la cravate ?
En fran�ais, je ne sais commander que de la bi�re.
Laisse-moi faire.
Pas mal, mon fran�ais !
O� as-tu appris �a ?
ll m'a fallu du temps pour attraper l'accent.
Nous devrions rentrer, Monsieur.
Attends une minute. On vient de commencer.
Madame a bien pr�cis� que des gens importants venaient d�ner.
ll parle d'Effie. Tu la connais !
Elle mordrait un serpent.
Et elle le mangerait tout cru.
Ah, voil� ce qu'il nous faut.
Apportez encore trois...
Ce coup-l�, il a compris tout de suite.
Sacr�e vieille bourrique !
Vieux coyote !
A la tienne !
Allez, allez, Colonel. Eclusez-moi ce verre.
On casse une petite cro�te ?
Oui, une petite cro�te.
Demande des �ufs au bacon.
Ce type ne sait m�me pas sa propre langue !
�a c'est du bon fran�ais, du tr�s bon fran�ais !
Et apr�s, on ira dans un des endroits int�ressants.
D'accord, mais pas dans une galerie !
Pas dans une �glise.
Pas chez un tailleur.
Pas dans une �glise.
Tu l'as d�j� dit !
Je me demande ce qu'on va avoir � la place des �ufs au bacon ?
On n'aurait pas d�
le laisser aller jusque-l�.
ll est rond !
�a le met toujours dans cet �tat. C'est terrible.
Excusez-moi...
- Attrape-le ! - Je l'ai !
Eh bien, quand il s'y met...
Tu vois, il recommence.
ll faut qu'il prenne l'air. ll fait trop chaud, ici.
Va payer.
Je vais le soutenir.
Viens, Bill. Allons, Colonel.
Calme-toi. On est plus nombreux que toi.
Approchez le truc que le cheval tire !
Allons, un peu de tenue.
Apr�s vous.
�a recommence ! Allez, monte.
On vous tient au courant. ll faut qu'on discute.
Tu vas rentrer l�-dedans, oui ?
ll doit bien y avoir un moyen.
Attendez, s'il vous pla�t.
Tu m'aides pas beaucoup.
Allons, laisse-le faire comme il veut.
On vous suit.
Merci d'�tre venu.
J'aurais voulu que vous rencontriez mon mari.
Je ne sais pas ce qui l'a retenu.
Silence !
Jeff Tuttle, de Red Gap !
Du calme ! On va entrer en douce.
Voil�, �a y est.
Fais-le taire, Jeff.
Qu'est-ce que �a veut dire ?
Le colonel nous a caus� les pires ennuis.
�a lui est arriv� � la galerie.
Tiens-le, Jeff.
Lui qui est si gentil. C'est dommage.
Vous l'excusez, hein, les gars ?
Je suis tr�s surprise.
ll ne devrait pas boire. �a r�veille la b�te en lui.
Et bien s�r, vous, vous n'avez pas bu !
ll a bien fallu. ll nous a oblig�s.
ll nous a menac�s avec un couteau.
Je veux parler � Ruggles en particulier.
Tu crois qu'on peut la laisser avec lui ?
Ne vous en faites pas pour moi !
Je n'en jurerais pas. Apr�s tout, tu es... tout ce que j'ai.
Attention, Ruggles, je te pr�viens...
Un seul geste et... tu piges ?
J'aime mieux �a.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? - ''Yippee''.
Oh, alors �a va.
Eh bien, Ruggles, moi qui vous avais dit de veiller sur lui !
Je suis confus, Madame.
J'aurais d� demander au comte de me mettre au courant.
ll vaut mieux que vous alliez au lit.
Ruggles, vous me d�cevez beaucoup.
Pas autant que moi, Madame.
D'autant plus que je n'aurais jamais cru Egbert capable de �a.
Capable de �a ?
Egbert et Jeff vous suivant partout pour vous sauver !
Je ne l'oublierai jamais.
Tuttle est un lndien, mais Egbert, c'est diff�rent.
Dire qu'il a d� quitter le mus�e pour vous suivre dans ces...
Comme �a a d� le d�go�ter !
Le faire monter sur un man�ge !
- O� prenez-vous ces id�es ? - Je n'�tais pas moi-m�me.
Vous n'avez pas l'air d'un alcoolique
inv�t�r� !
Mes id�es larges vous autorisent � prendre un verre.
Je sais ce que vous ressentez...
� cause de mon mari.
Enfin, je vous pardonne.
Je suis comme �a... Demain, nous rentrons chez nous.
Chez nous en Am�rique, � Red Gap.
C'est toujours le Kansas ?
Non. Nous arrivons � Red Gap, dans l'Etat de Washington.
Vraiment ? Mais on ne voit rien qui annonce une ville.
Red Gap n'est pas exactement une ville,
mais �a pousse vite dans l'Ouest !
Ma s�ur et mon beau-fr�re nous attendront � la gare.
M. et Mme Belknap-Jackson.
M. Belknap-Jackson est un gentleman.
Ah �a, pour s�r !
D�s qu'il a su que grand-m�re Pettingill, la m�re d'Effie,
faisait fortune dans le p�trole,
il a rappliqu� de Boston pour se mettre dans la famille.
- Pas vrai ? - Tais-toi.
M. Belknap-Jackson est � la t�te de notre petite soci�t�.
Vous ne croiriez pas qu'avant son arriv�e,
personne ne songeait � mettre
des napperons sous les rince-doigts !
Personne ne songeait aux rince-doigts !
C'est vraiment curieux.
J'esp�re que l'Europe a am�lior� Egbert.
Qu'est-ce qui pourrait l'am�liorer ?
Que c'est gentil � vous d'�tre venus !
Quelle �l�gance, Egbert ! Je ne vous reconnais pas !
Je ne me reconnais pas moi-m�me.
Colonel Ruggles, voici M. et Mme Belknap-Jackson.
C'est le Belknap de Boston dont je vous ai parl�.
Nous l'avons ramen� d'Angleterre.
lci, il y a peu de gens de notre rang.
C'est le valet d'Egbert.
Sacr� snob, va.
Ma Pettingill ! Sacr�e vieille sorci�re.
Vieux crapaud !
lls t'ont nomm� ambassadeur ?
Je fais ''�tranger'', non ? Je vais te montrer quelque chose.
Fichtre ! Une vraie lady !
Eh, Ma ! Voil� le gars qui m'a fait �a.
Voici notre Ma Pettingill.
O� est votre uniforme ?
C'est le valet d'Egbert.
Vous �tes aussi dr�le que Belknap-Jackson.
Ruggles, apportez les bagages.
Qui est ton ami ?
Les gars, je vous pr�sente le colonel Ruggles, un bon ami.
Les amis d'Egbert sont nos amis.
Vous allez vous plaire, ici.
Egbert n'aime que les chic types
et si vous �tes un chic type, bienvenue � Red Gap.
Ne m'appelez pas Madame, je suis Ma Pettingill.
Si vous cherchez Egbert, allez donc au Silver Dollar.
Nous y serons.
Les autres arrivent.
Je vous pr�sente le colonel Ruggles.
Une v�ritable Maure ?
Et un habitant de la Chine ?
Que pensez-vous de la baraque ?
C'est vaste.
Belknap-Jackson et mes 2 filles ont r�uni leurs id�es
et voil� le r�sultat.
Moi, j'ai seulement r�gl� l'ardoise.
Mais ce n'est pas perdu. Je peux toujours revendre �a � la ville.
Puis, j'�cris :
''Les Floud �taient accompagn�s de leur valet anglais,
''obtenu gr�ce � la gentillesse du comte Burnstead.
Cela apportera un petit air europ�en � leur demeure.''
Qu'en dites-vous, Belknap ?
Quel baratin !
Egbert, porte cela chez Jake Henshaw � son journal
et assure-toi que ce sera imprim�.
Vous �tes pr�t ?
Accompagnez M. Floud au journal.
Veillez � ce qu'il ne s'arr�te pas en chemin.
- Effie, tu me connais ! - Justement !
- ll faut que je porte �a ? - C'est indispensable.
Qu'il revienne directement.
Je vous en confie la responsabilit�.
Ecoutez, Bill.
C'est Nell Kenner qui chante. C'est joli, non ?
Je vous rappelle que nous devons aller au journal.
On a bien le temps d'y aller. On va entrer l� d'abord.
Effie et ses chipies cassent toujours du sucre sur Nell.
Mais elle est sage comme une bonne s�ur.
Vous ne devriez pas y aller avec votre valet.
lls vous prendront pour le duc de Kakiac. Entrez donc.
Dites-moi un peu. Qui est-ce qui commande ?
Vous, Monsieur ?
Oh, j'oubliais...
Prenez �a. S'ils me voyaient avec,
ils me videraient de la ville en m'attachant derri�re un cheval.
Vous, vous ne risquez rien. Vous n'�tes pas d'ici.
- Qu'en es-tu arriv� ? - Je viens de rentrer.
Eddie, je te pr�sente un bon ami, le colonel Ruggles.
Tr�s heureux de vous conna�tre.
Voici Doc Squires.
Ce gars-l� gu�rit tout � l'huile de ricin.
Attendez, je pensais � quelque chose...
Ah oui ! O� est le tonneau de bi�re ? Allons-y !
Serrez la main au colonel Ruggles.
Hank, je te pr�sente mon pote, le colonel Ruggles.
Je te rejoins dans une minute.
Prenez une bi�re, Colonel.
Te voir me r�jouit le c�ur.
Red Gap n'est plus pareil sans toi.
Tu te moques de moi.
Voici le colonel Ruggles.
Jake Hanshaw, Colonel, le meilleur journaliste de l'Ouest.
Colonel ? Quelle arm�e ?
L'arm�e britannique, bien s�r ! Quel est votre pr�nom ?
- Je ne l'emploie jamais. - Pour le journal.
Allons, dites-le, Colonel !
Marmaduke.
Sans blague ?
Comment trouvez-vous notre bonne ville ?
Epatante.
N'est-ce pas ?
Je n'ai jamais rien vu de tel.
Connaissez-vous nos belles filles ?
Je n'ai pas ce plaisir.
En attendant, go�tez de notre bonne cuisine.
Laissez cette vieille crapule nous raconter son voyage.
Vieille crapule ?
Je vous raconte en fran�ais ou en anglais ?
En fran�ais.
Qui a dit �a ?
Bien s�r, il est plus fort que moi.
Qui a pr�par� cette sauce ?
Moi.
Excellent, ma bonne dame.
Ne m'appelez pas ma bonne dame : je m'appelle Judson.
Enchant� de faire votre connaissance.
J'en suis � : ''Le colonel Marmaduke Ruggles
de l'arm�e britannique...'' Vous �tes chez les Floud ?
Merci, c'est tout ce que je voulais savoir. Atout de suite.
Alors, ma sauce vous pla�t ?
Tr�s bonne, vraiment... presque parfaite.
Comment �a, ''presque'' ?
Peut-�tre qu'un peu de ceci et un peu de cela
en feraient une sauce ''superlative''.
Ah, oui ?
Eh bien, je pr�pare des sauces depuis une �ternit�
et personne n'y trouve � redire.
Je ne la critique pas.
Et pourquoi un peu de ceci et un peu de cela ?
Juste un peu d'�pice et de vinaigre.
Ecoutez... contentez-vous de commander votre r�giment.
N'en faisons pas une querelle diplomatique.
Vous dansez ?
Je ne devrais pas, j'ai du travail.
Vous travaillez ici ?
En un certain sens, oui.
J'aide toujours Nell quand elle re�oit.
Je vois.
�a vous �tonne que quelqu'un du service puisse danser.
lci, �a n'a aucune importance.
C'est dr�le, vous �tes le premier � me faire sentir diff�rente.
Me ferez-vous l'honneur de cette valse ?
C'est bien le journal ?
C'est bien le journal ?
M. Floud n'est pas l� ?
ll n'y est pas.
Est-ce qu'il est pass� ?
Vous en �tes s�r ?
Que j'essaie chez Nell Kenner ?
Elle a organis� une ''bi�re-�-gogo'' ?
Que ferait mon mari � une ''bi�re-�-gogo'' ?
Boire...
Vous plaisantez, jeune homme.
ll est � une bi�re-�-gogo.
ll n'y aura rien dans le journal, demain.
�a me surprend de Ruggles.
Vous feriez mieux d'y aller et vite !
Entre nous, Schwartzie, qu'en penses-tu ?
M�me les boutonni�res sont moches.
Je te comprends. Tu vas voir ce que je vais faire.
Je vais me d�barrasser de tout ce d�guisement
et je vais te commander dix complets.
Et tous � carreaux.
Tu la serres de trop pr�s, m�me pour Red Gap.
ll danse avec �l�gance.
Colonel Ruggles, quel est votre pr�nom d�j� ?
On ne l'utilise pas.
Dites-le-moi.
Vous allez rire.
Non, dites-le.
Marmaduke.
C'est joli.
Moi, c'est Prunella.
Alors Ruggles, on s'amuse ?
Oui, merci, Monsieur.
C'est parfait ! Qui vous a permis de vous m�ler aux invit�s ?
M. Floud me l'a fermement recommand�.
D�sol� de g�cher votre plaisir. Rentrez � l'instant.
Je vais v�rifier aupr�s de M. Floud s'il le d�sire.
Peu importe M. Floud. Vous venez avec moi.
ll faut que je parle � M. Floud, Monsieur.
Je ne me laisserai pas frapper par un domestique.
Vous h�bergez une crapule ?
C'est un anarchiste !
C'est un assassin !
Je ne vois rien de dr�le l�-dedans.
�a viendra, �a viendra.
Tais-toi, maman.
Ruggles, comment avez-vous pu ?
J'ai laiss� parler la b�te en moi.
M. Belknap-Jackson a raison.
Vas-tu te taire, maman !
A Paris, vous d�bauchez mon pauvre mari,
et maintenant vous vous attaquez � notre famille.
Ruggles, il faut partir.
Vous allez m'abandonner dans cette terre lointaine ?
Terre lointaine !
Vous voyez, il est impossible.
Allez faire vos bagages imm�diatement.
Une minute, Bill.
Avant de renvoyer Bill, lisez donc cet article.
- Qu'est-ce que c'est ? - C'est �pouvantable !
''Le colonel Marmaduke Ruggles,
''de l'arm�e britannique
''et ami intime du comte de Burnstead
est en ce moment l'h�te de...''
Regarde, c'est marqu� l�.
''L'h�te...
de M. et Mme Egbert Floud.''
Catastrophe, une v�ritable catastrophe !
''Un ensemble de festivit�s
''est d�j� pr�vu par nos h�tesses les plus en vue...
Mme Judy Ballard et Mme Ralph Wilton.''
La suite est en page 5.
Que peut-il encore arriver !
Enchant�e ! Colonel Ruggles, je pr�sume ?
Je suis Mme Judy Ballard.
Je voulais absolument vous rencontrer.
Voici Mme Myron Carey.
Et Mlle Sarah Grant.
Elles mouraient d'envie de vous rencontrer.
Quelle chance vous avez d'avoir un invit� si distingu� !
C'est la chose la plus incroyable qui soit arriv�e � Red Gap.
Et � moi !
Voici notre vieil ami, le colonel Ruggles de l'arm�e britannique.
Je mourais d'envie de vous voir.
Quel r�giment ?
Nous sommes pr�ts pour la photo.
Que tout le monde ait l'air heureux !
Souriez, Colonel.
Regardez tous le colonel et souriez.
Colonel, d�tendez-vous.
Non, votre visage !
Mme Floud, regardez le colonel et souriez gentiment.
Un peu mieux que �a !
Allez, regardez-vous.
Maintenant, un grand sourire.
Et maintenant, � la sant�
de notre h�te d'honneur, le colonel Marmaduke Ruggles.
ll va nous conter ses exp�riences dans l'arm�e britannique.
Je ne peux parler de mes exploits.
lnsistez, Effie.
Vous savez, le colonel a beaucoup v�cu en Afrique noire.
Vous �tiez dans la Garde Noire, n'est-ce pas ?
Bonjour, Mme Judson.
Cette robe vous va � merveille.
Vous l'aimez ?
Vous avez un bien joli petit jardin.
Vous n'avez sans doute pas le temps de prendre le th� ?
Je crois que si.
ll n'a encore jamais vu de cow-boy anglais.
Quelle jolie petite maison !
C'est moi qui ai tout arrang�.
Des poissons rouges !
J'ai toujours �prouv� un intense plaisir
� leur amiti� silencieuse.
Comme c'est dr�le !
C'est Elmo.
Feu mon mari.
ll ne s'est jamais remis d'un coup de pied de mule.
Colonel, veuillez m'excuser. Je dois faire le th�.
Puis-je vous aider ?
- C'est tr�s chaud. - Puis-je vous �tre utile ?
Les hommes sont maladroits dans une cuisine.
ll faut amener la th�i�re � la bouilloire, et non l'inverse.
Colonel, je fais le th� depuis une �ternit�.
Je n'en doute pas, mais le th� est une affaire d'Anglais.
Pour le caf�, je m'en remettrais � vous, mais nous faisons du th�.
On am�ne toujours la th�i�re � la bouilloire et non l'inverse.
Colonel, votre savoir est �tonnant.
Cela n'a rien d'�tonnant.
Les meilleurs cuisiniers sont toujours des hommes.
J'ai d'ailleurs des conceptions tr�s personnelles sur la cuisine.
Que pourrions-nous faire de bon avec le th� ?
Quelque chose de simple. Vous avez de la farine ?
Montrez-moi �a.
J'ai besoin de farine, de beurre, de lait et de sel.
Vous avez l'air � l'aise dans une cuisine.
Je ne saurais d�crire
l'intense plaisir que j'�prouve � cuisiner.
Comme pour les poissons rouges ?
Colonel, vous me donnerez la recette ?
Rien ne saurait me faire plus plaisir.
Vous devriez ouvrir un restaurant.
Nous allons nous reposer au ranch.
�a va ?
Je me permets de relire la vie de vos grands hommes d'Etat.
- Vous aussi avez l'air heureux. - En effet.
Heureux de vous dire que vous �tes cong�di� !
Cong�di� ! Vous recevrez votre billet pour San Francisco.
Vous prendrez le train de midi.
Le train est en retard ?
Pourriez-vous m'indiquer un restaurant bon march� ?
Allez au Silver Dollar. lls ont un bon menu.
O� pourrais-je d�poser mes bagages ?
lci. Je les surveillerai.
- Qu'est-ce que ce sera ? - Une petite bi�re.
- �a va ? - Fort bien, merci.
J'aimerais manger quelque chose.
Le menu du jour est tr�s bon.
Voici de bons pieds de cochon.
Viens ici, vieux lascar.
Tu nous �vites ?
Tu nous �vites ?
Assieds-toi.
Je vous croyais au ranch.
On vient juste prendre un pot.
- Asseyez-vous. - Tout ceci est fort g�nant.
- Qu'est-ce qu'il raconte ? - J'en sais rien.
Vous avez bu ?
Croyez bien que je vous tiens toujours en haute estime.
ll est plein comme une outre !
Allons, qu'est-ce qui te tracasse ?
''...plus besoin de vos services.''
Belknap-Jackson...
Je vais l'�trangler !
Ce sale hypocrite !
Mais Bill, pour rien au monde nous ne te renverrions !
Vous ne pouviez me rendre plus heureux.
Mais si, buvez �a.
Ce Belknap n'est qu'un snobinard.
C'est pour moi que tu travailles, non ?
J'ai entendu malgr� moi.
Je ne comprends pas.
Dis-lui, toi.
Asseyez-vous.
Ecoutez �a.
Alors vous n'�tes pas... Mais c'est merveilleux !
Prenez un verre !
Non, je viens acheter de l'eau de vie.
On s'envoie tous un dernier coup et on ram�ne Bill � la maison.
ll ne vaut mieux pas.
Je ne peux continuer cette imposture, et...
je ne veux plus �tre domestique.
Je veux devenir quelqu'un,
�tre mon propre patron.
Ce pays est plein d'avenir.
Tous les hommes y sont �gaux.
Qu'est-ce que j'ai toujours dit !
Comme Lincoln � Gettysburg.
ll a touch� juste quand il a dit...
Qu'est-ce qu'il a dit ?
J'allais te demander la m�me chose.
Je ne sais plus.
Moi non plus.
Qu'est-ce qu'il a dit, Lincoln � Gettysburg ?
Je sais pas, mais je vais me renseigner.
Qu'est-ce qu'il a dit, Lincoln, � Gettysburg ?
Qu'est-ce qu'il a dit, Lincoln, � Gettysburg ?
Je sais pas, patron.
Je me souviens pas. Demande � Hank. ll lit les journaux.
- Tu le sais, Hank ? - Non.
Demandez aux gars.
Toi aussi, renseigne-toi.
Qu'est-ce qu'il a dit, Lincoln, � Gettysburg ?
Je sais pas. J'y �tais pas.
Qu'est-ce qu'il a dit, Lincoln, � Gettysburg ?
J'sais pas. Qu'est-ce qu'il a dit ?
Je te le demande.
''J'y �tais pas'' !
J'ai pas trouv�.
Aucun de ces cr�tins ne sait.
Pas un seul qui le sache.
Quel beau troupeau d'Am�ricains !
C'est pas vrai... tu le sais ?
Vas-y, Bill.
''Voici quatre-vingt-sept ans,
''nos p�res cr��rent sur ce continent une nation libre
''fond�e sur le principe de l'�galit� de tous les hommes.
''Nous voici engag�s aujourd'hui dans une guerre civile
''qui doit montrer si cette nation,
''ou tout autre,
''est capable de survivre.
''Nous voici sur un champ de bataille de cette guerre.
''Une partie de ce champ doit �tre d�di�e au repos
''de ceux qui se sont sacrifi�s
''pour que vive cette nation.
''Cette t�che est certes noble, belle et souhaitable,
''mais dans un sens plus large, nous ne pouvons d�dier
''ni consacrer,
''ni sanctifier cette terre.
''Les vivants et les morts qui y ont combattu
''l'ont consacr�e plus que nous ne saurions le faire.
''Le monde oubliera ce que nous venons de dire ici,
''mais jamais ce que ces hommes y ont fait.
''C'est � nous, les vivants,
''qu'il incombe de poursuivre
''l'�uvre inachev�e que ces hommes
''ont fait si noblement progresser ici
''et c'est � nous de nous vouer
''� la grande t�che qui reste � accomplir :
''que ces morts v�n�r�s
''suscitent en nous un d�vouement aussi grand
''que celui qu'ils ont su montrer.
''Faisons que ces morts ne soient pas morts en vain,
''que cette nation,
''fille de Dieu,
''connaisse une libert� nouvelle
''et que le gouvernement du peuple,
''par le peuple et pour le peuple,
ne disparaisse pas de la terre.''
Je paye une tourn�e !
A la sant� du colonel Ruggles !
Bill, on a d�j� un Pr�sident,
mais si vous voulez �tre notre maire ou sh�rif, dites-le-moi.
Je n'ai pas d'ambitions politiques.
Mais alors quoi, Bill ?
Je lui ai conseill� d'ouvrir un restaurant.
Formidable !
Pas b�te. Red Gap n'a jamais eu de bon restaurant.
Pas b�te. Red Gap n'a jamais eu de bon restaurant.
Et je vous fournirai le local.
Gratis. C'est moi la propri�taire.
Un Chinois tenait un restaurant. On l'a abattu.
� cause de ses �ufs au bacon.
ll ne connaissait que la cuisine chinoise.
Je pourrai vous aider et vous m'aiderez pour les sauces.
Vous aurez besoin de combien, Bill ?
Si je puis me permettre, vous �tes tous sensas.
Et toi donc !
Buvons � la sant� du nouveau restaurant !
Une seconde... Comment allons-nous l'appeler ?
Pourquoi pas : ''A l'abeille diligente'' ?
''La Taverne du Mustang''.
''Vieille Hostellerie Anglaise'' serait plus gentil.
J'y suis :
''L'Auberge du Cheval d'Or''.
Mais si. �a ferait une sacr�e belle enseigne.
Mais si. �a ferait une sacr�e belle enseigne.
Puis-je me permettre ?
''Grill anglo-am�ricain''.
- Pas mal, hein ? - J'aime bien.
Et toi, Egbert ?
Pas mal, mais � mon avis,
il faudrait un cheval dans le nom.
Voici une lettre de Lord Burnstead.
ll vient nous rendre visite !
ll vient ici ?
Reprendre Ruggles.
Le comte de Burnstead chez nous !
Mon triomphe � Red Gap !
- Qu'y a-t-il ? - Ruggles est parti.
ll est en route pour San Francisco.
Comment ?
Je l'ai renvoy�.
Renvoy� ?
De quel droit ?
Qu'allons-nous faire ?
Je vais m'�vanouir.
Non... Je vais chercher Egbert.
Quel d�sordre !
C'est merveilleux !
Je ne vois rien l� de merveilleux.
Ah non ?
Mon p�re �tait valet de chambre,
son p�re avant lui,
et de cette lign�e de valets surgit un homme.
Quelqu'un d'important,
bien qu'insignifiant,
un homme qui est pour toujours son propre ma�tre.
C'est vraiment merveilleux.
Ruggles ouvre un restaurant ?
Oui, dans l'ancien restaurant chinois.
ll n'en fera rien !
Qui lui a donn� cette id�e stupide ?
Regarde le beau costume !
Par tous les saints de la prairie !
A quel cheval as-tu pris cette couverture ?
Effie, je suis fier de ce costume.
O� sont tes beaux habits ?
Disparus.
Egbert, tu vas m'enlever �a !
Pas question !
Enl�ve-moi �a !
Non. D'ailleurs, Effie,
autant r�gler nos comptes tout de suite.
Tu te souviens de Lincoln � Gettysburg ? Non, bien s�r.
ll a dit que tous les hommes sont �gaux.
ll a dit que tous les hommes sont �gaux.
Pas seulement quelques-uns : tous.
Y compris moi. Je suis �gal aussi.
Egal � quoi ?
A quoi ?
Eh bien �...
Elle d�tourne la conversation !
Les hommes sont �gaux aux femmes !
Aussi, d'apr�s Lincoln, je n'ai pas d'ordres � recevoir de toi.
ll a dit aussi : on peut tromper son monde un certain temps,
mais toi, tu ne m'auras jamais,
esp�ce de paltoquet.
Non, ce n'est pas comme �a.
Lord Burnstead va venir. Lisez.
- Venir ici ? - Merveilleux, non ?
J'organiserai de grandes r�ceptions
J'organiserai de grandes r�ceptions
et je compte sur vous, Ruggles. Vous avez � faire ?
Oui, Madame.
Bien s�r, j'oubliais ce restaurant chinois.
Evidemment, il n'en est plus question, maintenant.
Mais je perds du temps
et George qui va arriver.
Ruggles, je suis si �mue !
ll vient me reprendre.
Vous n'allez pas vous laisser faire ?
ll doit avoir besoin de moi.
Comment, tout laisser pour �tre son domestique ?
Vous ne lui devez rien.
Evidemment, il m'a laiss� tomber,
mais ma famille n'a jamais laiss� tomber la sienne.
ll ne s'agit pas que de service.
ll s'agit d'h�r�dit�, de fid�lit�, d'habitude, si vous voulez.
ll s'agit d'h�r�dit�, de fid�lit�, d'habitude, si vous voulez.
Moi, j'appelle �a autrement.
Et toutes vos th�ories, l�-dedans ?
Vous n'�tes pas colonel et voil� que vous n'�tes pas un homme.
Qu'�tes-vous donc, alors ?
Je crois que je vais me jeter � l'eau.
C'est �a, allez-y.
Et l� o� c'est profond !
Le comte de Burnstead � ma droite, et puis...
Judy Ballard.
S�rement pas.
Non, nous la mettrons...
En bout de table, avec moi.
Mais o� est donc Ruggles ?
ll est introuvable.
Vous l'avez encore renvoy� ?
Non, je l'ai cherch� partout.
ll ne peut pas m'abandonner !
Je ne sais m�me pas comment pr�senter notre invit� d'honneur.
On sonne. lls sont en avance !
Je parie que Lord Burnstead n'est pas encore pr�t.
Je parie que Lord Burnstead n'est pas encore pr�t.
- C'est f�cheux. - Quoi ?
On ne peut pas descendre la cravate d�faite.
Non.
Et si nous ne descendions pas ?
Ces r�ceptions sont effroyables. Effroyablement ennuyeuses.
Moi, je m'en moque.
Je n'y vais jamais.
Parce que je suis agile.
Agile, vraiment ?
C'est �a.
Amiral...
venez ici.
Vous voyez cette fen�tre ?
Elle me semble tout � fait ordinaire.
Avez-vous d�j� eu l'occasion
de sortir par une fen�tre ?
de sortir par une fen�tre ?
Alors, allez-y !
J'esp�re que nous en trouverons d'autres.
Faites attention.
Vous sentez un trou dans le mur ? C'est moi qui l'ai fait.
Oui, �a y est.
Entrez, mesdames, et d�barrassez-vous.
Comment est ma coiffure ?
Parfaite. Et la mienne ?
D�sol�e d'�tre en retard.
Ce n'est pas grave. Allez-y sans moi...
je vous rejoins.
Ces rideaux m'ont l'air bizarre.
Ce n'�tait pas la boisson, au moins ?
Ce n'�tait pas la boisson, au moins ?
Si.
Veuillez m'excuser, Miss Kenner.
Mais je suis si nerveuse aujourd'hui !
Quelques verres, ce n'est pas grave.
ll ne s'agit pas de �a, mais de M. Ruggles.
ll a d� lui arriver quelque chose.
Mais voyons, il va arriver.
Je suis dans tous mes �tats !
Vous voyez ce que je veux dire ?
- O� est ton manteau ? - Je t'expliquerai...
Je veux d'abord te pr�senter... Entrez, George.
Voici mon compagnon de poker, le comte Burnstead.
Appelle-le George, tout court.
Occupe-toi de lui, Nell,
car il ne conna�t pas nos habitudes
parce que chez lui...
Oh, et puis c'est partout pareil !
N'y a-t-il rien � boire ?
Veuillez excuser cette intrusion.
Ce n'est rien. N'�tes-vous pas l'invit� de Mme Floud ?
ll me semble en effet, mais...
Je ne sais pas faire un n�ud de cravate.
Quel dommage ! Je vous le refais ?
Vous �tes bien aimable.
C'est votre premi�re visite dans notre pays ?
Pardon ? Veuillez m'excuser...
Vous ressemblez beaucoup � une jeune femme que j'ai connue.
Vous ne la connaissez pas, bien s�r.
C'est la plus jolie femme d'Angleterre.
D�sol�e de ne pouvoir faire mieux.
Mais c'est merveilleux !
Vous croyez au coup de foudre ?
Et vous ?
Non. Aussi vais-je rester encore un peu.
Entrez donc.
Ah, ces rythmes am�ricains...
Madame est servie.
Si nous passions � table.
Je voudrais continuer encore un peu.
- Pourquoi ''boum'' ? - ll y en a un.
Vraiment ?
Vous ne comprenez pas ?
R�p�tez avec moi.
Non, � la batterie.
Bien s�r, suis-je b�te !
D�sol�e. ll y en a un autre.
- Un bis ? - Un boum-bis.
- �a me pla�t. - Quoi ?
Un boum-bis.
Un boum-bis.
Allons manger.
Je pr�f�re les boum-bis.
ll y en a partout !
- �a c'est de moi. - Je sais.
�a vous ennuie ?
Non, pas du tout.
Je veux dire... deux ''boum''.
Votre tambour...
On ne peut pas le recoudre, bien s�r...
Rachetez-en un, et un pour moi.
Je sais que Lord Burnstead nous pardonnera de ne pas l'attendre.
ll n'a pas encore fini de t�l�phoner.
Une conversation tr�s importante
avec le roi, je crois...
ou est-ce le gouverneur du Canada ?
Si nous commencions ?
Bonne id�e !
C'est �a, allons-y !
Au moins ici, vous ne renverserez plus rien.
D�sol�e, mais �a ne va pas du tout.
Racontez-moi tout.
Comment peuvent-ils rire, alors que peut-�tre...
Peut-�tre, quoi ?
Le colonel Ruggles. ll s'est jet� dans la rivi�re.
Mais pourquoi ?
A cause d'une femme !
Comment le savez-vous ?
J'y �tais. Elle lui a dit des choses affreuses.
Mais c'est grave !
C'est ce que je vous dis.
ll faut faire quelque chose.
Je vais rassembler tout le monde.
H�, les gars. Habillez-vous et venez.
Un fant�me.
Vous �tes vivant !
Suivez-moi !
Ce n'est plus la peine !
Qu'est-ce qui vous prend de faire peur aux dames ?
On vous croyait prisonnier des lndiens.
Content de vous voir.
Moi aussi, Milord.
Pardonnez-moi de ne pas avoir �t� � la gare.
�a ne fait rien.
Puis-je vous parler seul � seul, Milord ?
Bien s�r.
- Allez, laissons-les. - Je n'y comprends rien.
Apportez donc � boire.
Pour un noy�, il m'a l'air plut�t sec.
Que se passe-t-il, Ruggles ?
Milord, je viens de livrer un terrible combat.
- lls �taient plusieurs ? - Un seul.
Une femme ?
Je luttais avec moi-m�me.
- Vous avez gagn� ? - Sans discussion.
Bravo. Je ne vous savais pas si courageux.
J'ai beaucoup chang�, Milord.
Je ne sais comment vous expliquer.
Mais ici, � Red Gap, je suis quelqu'un,
une personnalit�.
Je sais, ''le colonel Ruggles''.
Le colonel de la Garde Marmaduke Ruggles.
Erreur fatale !
Surtout si la guerre �clatait.
Surtout si la guerre �clatait.
Mais Milord...
quand les gens vous croient quelqu'un, on finit par le croire.
Voil� la raison de mon angoisse d'aujourd'hui.
Suis-je quelqu'un ou non ?
Comment saurais-je ? Je viens d'arriver.
Je suis quelqu'un !
Je vous f�licite. Comment l'avez-vous compris ?
Vous souvenez-vous d'Abraham Lincoln ?
Le type au cerisier ?
En conclusion, Milord,
je suis navr� de vous dire que je ne rentrerai pas � Londres.
Je reste ici � Red Gap.
Milord, ma d�cision est prise.
Je vais ouvrir un restaurant.
Mais vous n'avez pas d'exp�rience dans le commerce.
Peut-�tre, mais je veux essayer.
Je ne vous savais pas si ent�t�,
mais quelque chose me dit que nous rentrerons � Londres.
Voici vos rafra�chissements.
Voici vos rafra�chissements.
A la sant� de Londres !
Au Grill anglo-am�ricain, Milord.
CE SOlR : OUVERTURE
Ce sera � point dans dix minutes.
lls adorent votre sauce.
Notre sauce. J'ai mis un peu de ceci et de cela.
Que pensez-vous de notre tenue ?
Parfait.
Une table pour quatre.
Vous connaissez tous Effie, les gars.
Place aux dames, abrutis.
H�, ton jupon d�passe !
H�, d'o� tu sors ce bibi ?
De Paris. Quelle horreur, hein ?
Salut, Bill. O� nous as-tu mis ?
Effie, o� est Lord Burnstead ?
En retard, sans doute. ll est tellement occup� !
O� est Lord Burnstead ?
ll devait venir avec vous...
Oui, mais il n'est pas venu.
Je ne comprends pas.
De toute fa�on, il ne tenait sans doute pas � venir.
En voil� une r�ception, sans l'invit� d'honneur !
Tu sais o� est George, non ?
Non, je ne l'ai pas vu de la journ�e.
Non, � gauche.
Effie, ne t'en fais pas comme �a.
Essayez notre sauce, Monsieur.
Comment, pas de ketchup ?
�a ne fait rien, je mangerai en rentrant.
Tu as bien besoin de la compagnie de ces joyeuses femmes fran�aises !
- Que se passe-t-il ? - Ce n'est pas notre faute.
Qu'y a-t-il ?
La haine est un mauvais sentiment mais je hais M. Belknap-Jackson.
Je vais vous donner un calmant.
Je suis tr�s calme.
Prenez-en un quand m�me.
O� est donc Lord Burnstead ?
Je vous l'ai dit. ll est tr�s occup�.
Amusez-vous bien.
O� �tiez-vous donc, Amiral ?
Effie vous cherche partout.
Je suis d�sol�.
Asseyez-vous donc.
Je suis inexcusable.
C'est sans doute l'�motion.
Vous croyez au coup de foudre ?
Nous non plus, et pourtant...
F�licitations, sacr� vieux renard.
Mais quelle id�e, Nell !
Elle va �tre comtesse.
Comtesse ?
Asseyez-vous pr�s de moi, je vous en prie.
Asseyez-vous pr�s de moi, je vous en prie.
lci, Amiral... et toi Nell,
� c�t� de lui.
C'est normal, car je suis le plus vieil ami de Nell.
Je serai demoiselle d'honneur
et le repas de noces aura lieu chez nous.
Faire une comtesse de cette danseuse !
Retirez ces paroles.
Comment ?
Retirez ces paroles.
Vous m'insultez !
C'est vous qui �tes insultant.
Vous m'insultez apr�s m'avoir espionn� !
Bien malgr� moi.
Vous mentez.
Retirez ces paroles.
Assez. Vous oubliez que vous n'�tes qu'un domestique.
Je suis le propri�taire ici et en tant que tel,
je vous prie de partir.
- Comment ? - Je vous prie de partir.
Si je pars, tout le monde partira avec moi.
Si mon succ�s devait d�pendre de gens comme vous,
alors...
alors...
alors, M. Belknap-Jackson...
il n'y a pas de mots !
Ruggles, vous osez ?
Oui, Monsieur !
Vous ne pouvez...
Quelle infamie !
Assis !
Mesdames, messieurs, je voudrais vous parler de M. Ruggles.
C'est rat� !
C'est rat� !
Mais non, voyons.
Je dis toujours : apr�s la nuit vient le jour,
les nuages cachent le soleil,
et apr�s la pluie...
Tout �a m'est �gal.
On ne dirait pas � vous voir.
Milord a beaucoup de succ�s.
ll est tr�s heureux, ce soir. ll va �pouser Nell.
Alors, Bill, vous venez ?
On n'a jamais vu �a � Red Gap !
C'est vraiment un type bien
Personne ne peut le nier !
Mais, vieille b�te, c'est pour toi qu'ils chantent l
Mes amis !
Dieu vous b�nisse !
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