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Original subtitles

[Mélodie au piano]

[Extrait du film Les liaisons dangereuses]

[Vibreur]

[L'extrait continue.]

[Sonnerie de classe]

-C'est pas comme dans le livre!

-Parce que c'est une adaptation.

-Madame, dites-nous comment ça finit!

-Mal évidemment!

Vous le savez puisque vous avez lu le roman.

-Au revoir, madame.

-Vous pouvez tous sortir dans le calme s'il vous plaît!

-Mais madame, j'ai rien compris.

-Qui prend le bus?

-Au revoir, madame.

[Musique entraînante]

-Comment ça va, ma belle? -Speed!

Tiens, je te donne ça. -Ah, les clés.

-La télécommande est en 128, et le vidéoprojecteur allumé...

-D'accord, c'est noté. -Ça va?

Je peux te demander, s'il te plaît?

-Oui, pas de problème! -Merci.

-Mais je t'en prie! -Ciao.

-Ciao. Attends, attends! -Quoi?

N'importe quoi... -Ah là là.

-Ça va pas du tout... -Qu'est-ce que t'as?

-Je sais pas.

-Cool! -Oui, très cool.

-Alors, à nous.

-Pour les stages, on est confrontés toujours au même problème :

les entreprises profitent des exonérations d'impôts,

et ils veulent pas prendre nos jeunes,

donc je voulais savoir où ça en est de ce côté-là.

Qu'est-ce qu'on fait?

-Les élèves ne savent pas rédiger une lettre de motivation.

C'est pas leur faute, on ne leur a jamais appris,

mais il faudrait mettre en place un truc.

-C'est une excellente idée, je pense au français, Rachel?

-Oui. J'y avais pensé aussi. On l'avait déjà évoqué,

que dans le cursus autobiographique,

sur le récit autobiographique, pardon, et sur le récit de soi,

on pouvait faire la préparation aux lettres de motivation.

-Ça serait top ça.

-Très bien, parfait.

On va passer à l'association "Viens voir mon taf" alors...

[Klaxon]

-Oh merde, Paul... -Salut, Rachel.

-Ouais, salut!

-Putain, t'as oublié? -Non!

Pas du tout, non! -Non? T'as pas oublié?

-Je suis désolée.

-Tu fais vraiment chier. -J'ai guitare, j'ai pas pu dire mardi.

T'es sûr que je t'ai dit mardi?

-Je suis pas ton chauffeur, je te dépose au premier métro.

C'est à quelle heure ton cours?

-C'est quoi, cette montre? Tu portes des montres?

-C'est un cadeau. -Un cadeau?

-C'est un cadeau de mon père.

Commence pas.

Si je te dis que ça vient d'une fille, tu vas te moquer.

Je vais pas culpabiliser. J'ai pas à culpabiliser.

-J'ai rien dit.

-Je te connais. On est plus ensemble depuis huit ans.

Huit ans et je me justifie encore. Je suis un malade.

[Notification] T'as un message.

C'est qui, "Ali Guitare"?

[Musique rythmée]

[Klaxon]

-Aïe! Attention, merde.

-Salut!

-Salut, Ali. -Salut.

-Au revoir, chef. -Salut, Ali.

-Oui?

-Non, non, rien. -Ah.

-Vas-y, je t'en prie.

[Fracas] [Rire de Rachel]

Pardon.

-Tu vas vers où? -Hein?

-Tu vas vers où?

-Où je vais? Je vais vers là où tu vas...

Et toi? -Bah...

C'est fou parce que c'est exactement vers là que je vais.

-Non? -Si!

-C'est formidable! [Rire]

Allons-y ensemble.

Tu veux aller boire un verre?

-Ouais.

-Un coca rouge, avec un café allongé.

Non, pas rouge, pardon. Un coca zéro plutôt. Oui, pardon.

Non, ouh là, euh...

Non, pas zéro.

-T'es toujours comme ça? -Non.

Là, par exemple, je suis juste un petit peu nerveux.

-Et du coup sinon? -Pardon, monsieur.

Je vais vous prendre un coca zéro, avec un allongé, et en même temps.

-Un coca, un café? -Voilà.

-En même temps. -D'accord.

-Je vais faire péter l'émail de mes dents ce soir.

-Tenez.

[Musique romantique]

-Viens.

[Musique classique]

[De l'eau coule.]

-Je te dépose juste un café.

-Tu te rinces l'œil?

-Non, je te trouve beau.

-Non, je te vois pas, t'es où?

Hein? Non mais tu te fous de ma gueule?

On va rater le shofar. 19h53. Bon, tant pis!

Je te cherchais! -On devait se retrouver au métro.

-C'était un peu précis quand même. -Bah oui.

-Calme.

[Sifflement sourd]

[Propos en hébreu]

-Et il a une petite fille de 4 ans. -OK, elle est comment?

-Je l'ai pas encore rencontrée.

-Son ex. Elle est comment? -Ah, son ex?

Je la connais que de loin. -Attends, j'ai un flash.

Elle voulait un deuxième enfant, il voulait pas.

Du coup, elle l'a trompé, il l'a su.

Elle est retournée dans les bras de son premier amour de jeunesse,

un mec genre des scouts laïques, un Christophe.

Tu vois ce que je veux dire?

-Alors ils ont une petite fille de cinq ans, et il est parti?

-Non, papa, il est pas parti.

Je viens de le dire, c'est elle qui l'a quitté.

-S'il est si bien, pourquoi elle l'a quitté?

-Oh là là... -Mais quel relou!

-Je posais une question! -Tu vieillis mal!

-Je ne vieillis pas mal. Je sors de chez Margaret, mon acupunctrice.

Elle m'a dit que j'allais très bien!

Elle m'a remis en forme. Elle guérit tout, voilà.

-Bien sûr.

Je veux bien son numéro, Simon a un urticaire en ce moment.

-Ah bon?

Purulent? -Non. Je peux pas en parler, c'est...

Je savais que c'était le genre de blague à pas faire.

-Il a des boutons? -Mais partout?

[Musique entraînante]

-Et toi, Rachel?

-Quoi? -Pour les stages.

-Quoi? -T'as rempli le tableau?

-Non, j'ai pas rempli le tableau, mais j'ai quelqu'un.

-Ouais?

Le nom du référent? -Benattia, Ali.

-OK. Un numéro ou un mail? -06 45 15 68 22.

-Une description?

-Brun, 1m95, sportif... -Non, mais le job, quelle branche?

-Designer automobile.

-C'est super ça. -Ouais, je sais.

[Sonnerie de classe]

Dylan?

Dylan? Tu peux rester deux secondes?

Juste deux secondes.

-Oui? -T'as trouvé ton stage finalement?

J'ai quelque chose qui pourrait peut-être t'intéresser.

-Quoi?

-Tu m'avais parlé de la fête foraine avec tes oncles,

que t'aimais savoir comment les machines fonctionnaient.

Designer automobile.

Je crois que ça pourrait te plaire.

-Et c'est où?

-C'est à Croix de Chavaux.

-Laissez tomber, ça m'intéresse pas.

-L'école prend en charge tous les transports cette semaine-là.

Et l'entreprise paye tous les déjeuners.

OK?

Tu réfléchis et tu me dis.

-Merci.

Ils sont où les cendriers déjà?

-Le meuble au-dessus de la télé.

Là!

[Musique mélancolique]

-Bonjour, Madame Diabara... -Excuse-nous.

-Non, vous me dérangez pas... -Entrez, entrez!

-Enfin, on se rencontre! -Bonsoir.

-Enchanté, Ali.

-Mia, enchantée.

[Musique jazz]

-Ali.

Je veux la rencontrer.

Je veux rencontrer Leïla.

-Ah bon?

-Bah évidemment, t'en doutais?

-Non.

Ça n'a rien d'évident, tu sais, les enfants des autres parfois...

-Les gens qui ont des enfants s'en plaignent tout le temps.

C'est pour conjurer le bonheur d'en avoir.

-Je te confirme, elle est adorable.

Mais elle peut être très casse-couilles aussi.

T'es un peu loin là, viens.

Viens sur moi. Enlève ça, il fait chaud.

[Gémissements]

T'en as? -Non.

-Je suis le seul?

-T'es le seul.

Et moi, je suis la seule?

Oh, Ali!

-Attends, je compte.

-Je prends pas la pilule.

-On va faire autrement.

-Bonjour.

-Voilà. Rachel, Leïla.

-Bonjour!

-Tu dis bonjour?

-Mais qu'est-ce que je vois?

Je m'attendais à une petite fille, c'est une grande. T'as quel âge?

-La politesse, tu réponds ou pas? -Quatre ans et demi.

-Et demi. -Et demi, c'est important!

-Non, non, non! -Ah oui...

-Non, non, Leïla! -Bah si!

-Si? -Allez!

-Bon si, alors.

-Tu veux lesquels? -Ceux-là! En haut!

-C'est tes préférés? -Oui!

-Les arcs-en-ciel? -Oui.

-Moi aussi.

Je pourrais vous demander le paquet de bonbons? Merci.

Merci.

-Tu dis merci? -Merci.

-T'as dit merci? -Oui, elle l'a dit.

[Musique chevaleresque]

-Question nourriture, c'est pas la joie.

Sur le champ déserté par l'armée du grand Duc,

les ours émerveillés découvrent un tas de trucs.

-Quelle générosité, ces hommes! Regarde.

Ils nous ont laissé plein de choses.

-Salpêtre, un ours élégant et ambitieux.

Il est fasciné par les hommes. Peut-être un peu trop.

-Mémé vient dans ma chambre, il me raconte des histoires.

-C'est pas vrai... -Si.

-Papa, il le sait ou c'est votre secret?

-C'est un secret!

Mémé, viens!

-Oui... -Viens.

Bouge pas. -Le gentil chien.

-Bouge pas.

-Qu'est-ce que tu fais là? Carrément?

-Oui, oui.

-C'est l'heure, on va se coucher.

Viens, allez. Tu dis bonne nuit, ma nuit?

-Bonne nuit. -Pourquoi il t'appelle ma nuit?

-Parce que Leïla,

ça veut dire nuit en arabe.

-C'est trop beau ça. Alors bonne nuit, ma nuit.

-Tu fais un bisou? -Je peux te faire un petit bisou?

-Voilà...

-On va aller se mettre en py... -...jama!

-Se brosser les... -Dents!

-Et on va se lire une... -Histoire!

-Grr grr fait le monstre derrière la maman de Bernard!

"Pas maintenant, Bernard", dit la maman.

Elle croit que c'est son fils encore.

Le monstre mord la jambe du papa de Bernard...

"Pas maintenant, Bernard" dit le papa.

Tu restes un peu quand même?

-Oui.

Quand même.

Quoi?

Ça va?

-Si ça m'ennuie qu'elle te trouve au réveil,

c'est pas parce que ça se passerait mal.

C'est juste que...

Faut que j'en parle avec Alice avant.

-Ouais, c'est entre vous, c'est votre histoire.

Et t'as pas à te justifier, Ali.

Tu sais...

Moi, doucement, ça me va.

Tu sais, je trouve ça admirable, en fait.

T'es un chic type.

-Attends... -Quoi?

-T'as pas fini ta phrase, là.

Je suis un chic type, mais quoi?

Malgré tout, c'est ça?

-Voilà, malgré tout.

-Chut.

-Papa!

-T'entends du bruit? J'ai entendu un truc.

-Papa!

-Non, attends. -Papa!

-Elle va se rendormir.

Attends.

-Papa!

-Vas-y. -Je reviens!

Qu'est-ce qu'il y a? -Je viens d'avoir un cauchemar.

J'ai eu peur. -C'est à cause de l'histoire?

-Oui... Je veux dormir dans ton lit.

-Non. C'est interdit ça.

-Je vais dans ton lit. -J'ai dit non. Tu vas où?

-Je vais dans ton lit.

-Mais non, Leïla, on avait dit quoi? Merde...

[Musique cocasse]

-Oui, qu'est-ce que tu veux?

Tu veux une cigarette? Du feu? De l'eau?

Désolé.

T'as froid? -Non, pas du tout.

[Musique douce]

Ça va?

-Oui...

Ce n'est pas la folie niveau follicules.

J'en vois, mais pas nombreux.

-Ça veut dire quoi?

-Ça veut dire que si vous voulez un enfant,

c'est maintenant.

Vous en voulez?

-Oui.

-Pourquoi vous avez attendu si longtemps?

Vous avez le papa?

-Je viens de rencontrer quelqu'un, oui.

-Écoutez-moi. Si vous lancez

quelque chose d'assisté, c'est maintenant.

Dépêchez-vous! C'est comme un compte à rebours qui est lancé.

Vous le savez.

-Et il me reste combien de temps?

-Je me pose la même question tous les matins.

-Alors?

-Ce n'est pas une science exacte. -Combien à peu près?

-Pensez que les mois sont comme les années.

Maintenant, je vais regarder vos seins.

-Pardon? -Vos seins.

-Oh, pardon.

-Je peux essayer celle-là?

-Ouais c'est pour toi.

Dis-moi,

ça va te paraître bizarre,

mais tu te rappelles si maman était déjà ménopausée ou pas?

-J'en ai aucune idée.

T'as qu'à demander à Wiseman.

Pourquoi?

-Non, comme ça.

-Comme ça?

T'as le temps, Rachel.

Non?

-Allez, on parle d'autre chose.

-OK. On a qu'à parler de la prostate de papa, non?

T'es foncedée!

Tu me déconcentres!

Attends, parce que je voulais faire un truc...

Tu connais ça?

-JOYEUX ANNIVERSAIRE

JOYEUX ANNIVERSAIRE

JOYEUX ANNIVERSAIRE

MIA

JOYEUX ANNIVERSAIRE

-Neuf ans! -Vas-y!

["Cocaine Blues" (Dave Van Ronk)]

-Yeah, baby.

Je suis amoureux de toi.

-Merci...

Pardon, pardon, continue.

Pardon, pardon, recommence.

Moi aussi, moi aussi.

-J'ai envie de jouir en toi, je peux?

-Oui!

-Mon amour.

[Sifflet]

-Ouais. Fauche, fort, très bien.

Pas mal... Essaie de ne pas le lâcher, d'accord?

-Je suis Jeanne, la maman d'Elsa.

-Bonjour.

Je suis l'amie d'Ali, la belle-mère de Leïla.

-Enchantée. -Enchantée.

-Alice m'a parlé de vous.

-En mal, j'espère. -Oh là là.

Si vous saviez!

Désolée, je n'avais pas la force de ramener Leïla.

-Pas de soucis, Jeanne.

-Allez, c'est parti. On range!

-Merci!

Leïla!

-On a le même jus de pomme...

[Musique douce]

[Cliquetis de langue]

-UN DISCOURS, UN DISCOURS! -Non, non.

Non, je ne veux pas!

-ALLEZ!

-J'en étais sûre.

-Pas en allemand!

-J'ai préparé un petit bout de papier.

Non, mais...

Bon, comme vous vous en doutez,

j'en ai vu passer des élèves.

Et un paquet, depuis tout le temps.

Je fais un peu partie des murs.

Ce collège, c'est un peu ma deuxième maison,

et peut-être même la première...

-Ça va?

-Oui, ça va.

Non, j'ai un coup de chaud.

Ouais, ça fait du bien là.

-Tu pars un peu?

Tu pars un peu? -Oui, on part en Camargue!

-"On", c'est ton mari et toi? Tu ne m'as pas dit, t'es mariée?

-Non, non, c'est mon copain et sa fille.

-C'est chouette, la Camargue. -Ouais.

-Faut juste faire attention aux moustiques.

-Tu crois, en cette période?

-Non, ça va.

Si tu mets une bonne cotte de mailles, ça ira.

Ça va mieux? -Ouais, ça va!

-Tu veux du champagne? -Non, merci.

-Une petite goutte? -Non, ça va.

-Place aux jeunes, dans cette vocation qu'est la nôtre!

[Acclamations]

["La Cavalerie" (Julien Clerc)]

-Je te fais un massage!

Ça fait du bien?

-Oh oui. Merci beaucoup, c'est gentil.

Trop bien, ça.

Reste sur ton siège, mon ange.

-T'as encore mal au cœur? -Non.

-T'es sûre? -Oui!

-Ça va?

-Ça nous fera 18,80, s'il vous plaît.

-Je vais prendre ceci aussi.

-Alors, et celui-ci...

27,80. -Merci.

-Ouais! Viens, ma chérie!

À droite, à droite, chérie.

-Regarde! -C'est super!

-Dommage qu'on soit éloigné du restaurant.

-Ça va, ce n'est pas si loin.

-Bah si, si on veut aller dîner en la laissant seule...

-Je n'avais pas pensé à ça. Je vois si y en a une autre?

-Non, t'inquiète, tout va bien.

-Oh non, il est pas là.

-T'as du réseau, toi?

-Euh non, pas là...

-Il y a du réseau dans la salle de bains.

La vue est magnifique!

-Les chevaux sont juste là,

à côté de nous.

-Regarde, regarde, celui-là...

Il est beau!

[Musique triste]

Il y avait un moustique!

-J'ai l'impression que le monde est entré dans une sorte de névrose...

-C'est-à-dire?

-Bah c'est-à-dire que,

on nous dit qu'on a le droit de rêver à un monde heureux,

et on se rend compte que le monde n'est que ça.

C'est ça qui rend tout le monde dingue.

-Tu plaisantes? Je préfère imaginer que le monde est grand,

plutôt que de m'aveugler et de me contenter de mon bout de terrain...

-Oui... C'est la différence entre nous.

T'es un idéaliste, moi, je suis une pragmatique.

-Non, non, non.

Toi, t'es une sereine.

Et moi, je suis un insatisfait.

-Ouais.

Ouais... Et on est bourrés aussi un peu.

-Un peu?

Chut.

Je suis désolé. -De quoi?

-Bah c'est pas les vacances dont tu rêvais.

-Gratte-moi le dos en haut à droite au lieu de dire des conneries.

-Venez voir le spectacle de la Camargue

avec Guillaume, qui va surmonter le taureau

qui s'appelle Suédois...

[Acclamations]

-Ça te plaît, chérie? T'aimes bien?

-Un tonnerre d'applaudissements pour Guillaume.

[Musique festive]

[L'animation continue.]

-Oh merde.

-Leïla?

Leïla?

Leïla?

Leïla!

Leïla?

Mon cœur!

On avait dit que tu devais prévenir si tu jouais ailleurs!

-J'ai joué avec les autres à chat perché.

-J'ai eu peur, je suis allée chercher une crêpe pour toi,

puis je te voyais plus...

Où t'étais passée?

-Allez, allez! [Cri]

Vas-y! Donne-lui... Neymar! -Chut.

[Cris]

-Excuse-moi, ouais, si tu veux, j'arrête...

-Ouais, arrête.

Non!

-Même si on n'aime pas le foot, c'est un grand match!

-Ah OK.

-Allez, allez! Oui! Allez!

Oh non! Non, non! Excuse-moi, stop!

Recule, j'ai plus de réseau.

Putain!

Vas-y, recule, recule.

Ah! On a marqué!

On a marqué! -Chut, tais-toi!

-On a marqué! On a marqué!

On ne s'emballe pas, c'est une égalisation.

Tu veux pas que je la prenne? -Non, non, non, vas-y!

[Hurlement]

-On a gagné! On a gagné! On a gagné!

On est en finale!

["Again" (Doris Day)]

-On fait le sandwich.

-Ah, le sandwich!

-Vous êtes le pain et moi, je suis le fromage.

-D'accord... -Tu sais ce que c'est?

-Pas du tout!

-Regarde.

On fait comme ça. Toi, tu me serres.

-Oh, te serrer, d'accord.

-Et papa, tu me serres derrière.

-D'accord. -D'accord, comme ça.

-Plus fort. -On écrabouille le fromage.

-Elle est vraiment belle.

Elle est adorable. -Oui.

-Comment tu t'appelles? -Leïla.

-Leïla, tu as quel âge? -Cinq ans.

-Oh, tu es une grande fille.

Qu'est-ce qu'elle vous ressemble.

C'est incroyable. -Merci.

-T'es trop belle!

-Qu'est-ce qu'on faisait...

-Mesdames, messieurs, dans quelques instants...

-Non, maman ne sera pas à la gare.

-Moi, je veux la voir tout de suite.

-Dès qu'on arrive à Paris, je t'accompagne à la maison

et tu verras maman, d'accord?

On a passé un super week-end, non?

-Je veux voir maman.

Tout de suite.

Elle est où, maman?

Moi, je veux voir maman tout de suite.

Maman!

-Non, chérie, tu ne cours pas. Leïla! Leïla!

C'est chiant!

-Papa, dépêche-toi! Je veux voir maman!

-Elle n'est pas là! Arrête!

Non, tu t'arrêtes là tout de suite. Oh oh!

Leïla, tu t'arrêtes!

Non, elle pas là! T'es chiante!

Leïla, tu obéis. Leïla...

Arrête-toi!

-Papa, dépêche-toi! Je veux voir maman!

-Là, t'es chiante! Là, je te préviens, attends-moi.

[Téléphone]

-Oui, allô?

Qu'est-ce qui se passe?

Je ne comprends rien, tu es où?

J'arrive. J'arrive, bouge pas.

Quoi?

Quoi?

Dis-moi, s'il te plaît.

Qu'est-ce qu'il y a?

-Je suis enceinte.

-Ma petite sœur.

Ma petite sœur chérie qui va avoir un bébé.

-Je sais...

-Mais tu voulais avoir un enfant?

-Non! Enfin...

C'est un accident, c'est un super accident, mais...

Qu'est-ce que je vais faire? -Comment ça?

-Bah, ma thèse,

Simon, l'appartement, tout ça...

-Chut.

T'es heureuse un peu

ou pas du tout?

Alors? -Bah oui, oui.

-OK. -Je suis super heureuse.

-Alors, ça va aller.

La question ne se pose pas, allez.

Ça va aller.

Quelle bonne nouvelle.

[Musique douce]

Tu sais qui est le père?

[Elles rient.]

-T'es con!

-Bonjour, ça va?

Bonjour, Alice. Je suis Rachel.

-Oui, je sais. Enchantée, bonjour, Rachel.

Je me suis emmêlé les pinceaux.

Je me suis trompée de semaine. J'ai plus de cerveau.

-Je vais vous laisser. -Non, c'est réglé comme ça avec Ali.

Je l'attends, je l'embrasse et puis je vous la laisse!

-Ouais, d'accord.

-J'ai l'impression qu'il y a ma fille

qui est en train de martyriser la tienne.

-Allez-y!

-Maman!

-Oh là là.

Tu veux ton goûter? J'ai une compote là.

-Non, merci.

-Coucou! -Bah alors, oui les bisous,

les bonjours à Rachel. -Ça va?

-Moi aussi, bien sûr, mais quand même!

Vous êtes en voiture? -Oui, avec celle d'Ali.

-Touche! -Non, tu m'as pas...

-Touche!

[Chahut des enfants qui jouent]

-Et puis nous, on se voit bientôt.

À la semaine prochaine.

Salut, mon petit ange. -Au revoir, maman.

-Au revoir, mon amour.

-Ça va, Alice?

Vous êtes toute pâle.

-Non, mais c'est de voir Jeanne comme ça, ça me...

-Vous pleurez.

C'est une grande amie à vous?

Je comprends, c'est tellement triste.

Ça va aller, je suis sûre.

-Je ne veux pas qu'elle me voie...

-Non, elle ne vous voit pas là.

-Merci, Rachel. Ça arrive...

-Oui, ça arrive.

-Oui.

-À bientôt. -À bientôt.

-Pourquoi tu fais ça?

Tu sais que c'est une chance, de faire un stage ici?

-Non, mais il travaille, quand il est là.

Sauf quand il dépouille le local fournitures.

-Quoi? -C'est rien, Rachel, on s'en fout.

-Mais non! Bon, Dylan, ça suffit.

Tu t'exprimes là, merde. C'est à toi que je parle.

-Je comprends pas ce taf, je veux quelque chose de simple, moi.

-De simple. De simple comment?

-Je ne sais pas, la téléphonie,

la restauration...

-Ce n'est pas la même chose. Dis ce que tu préfères :

c'est la téléphonie,

c'est la restauration, c'est quoi?

-La restauration.

-Bon, c'est super.

OK, d'accord.

On proposait plein de stages dans la restauration, t'as pas vu?

-Si, j'ai vu...

-Alors, pourquoi t'as pas...

-Je vous laisse régler ça. -On finit vite.

-Au revoir, Dylan. -Ali...

Je suis désolé.

-Je m'en fous que tu sois désolé.

Je ne veux pas ça, je veux que tu avances.

Les gens n'en ont rien à faire de toi.

Alors, bouge-toi le cul, un peu.

OK?

Tu t'aimes si peu que ça?

T'as oublié ton manteau.

-J'ai pas de manteau.

-T'es sérieux?

-J'ai pas froid.

-Tu l'as payé combien?

-C'est pas le sujet ça...

-C'est pas le sujet... Si, c'est le sujet.

Si j'étais méchant, je dirais que c'est du narcissisme.

Vu que je t'aime, je vais dire que t'es trop bonne.

Je t'avais pas dit qu'il allait se faire chier?

Je connais les gamins comme ça.

Oh.

Mais qu'est-ce que tu fais là, toi?

Qu'est-ce que tu fais là?

-Pourquoi Rachel, elle est tout le temps là?

-Parce que c'est mon amoureuse.

-C'est maman, ton amoureuse. -Mais non.

J'aime maman, mais c'est Rachel mon amoureuse.

-Non.

-T'es fatiguée, on va aller se coucher.

-Mais pourquoi elle est tout le temps là?

-Elle est souvent là, pas tout le temps là.

-Moi, je veux qu'elle s'en aille.

-T'as baissé le feu sur la sauce?

Tu sais que ça ne veut rien dire, elle a cinq ans!

À cet âge-là, ça ne veut rien dire.

-Bien sûr que je le sais,

mais ça ne m'empêche pas d'avoir de la peine.

-Je ne sais pas.

-Tu sais pas quoi? -Je sais pas, t'es en boucle sur toi.

Elle fait pareil à sa mère! Et à moi aussi!

-Je suis en boucle sur moi, t'es sérieux?

Depuis le début, je m'aligne sur votre planning.

Je l'ai rencontrée quand tu voulais.

Je dîne et je dors quand ça vous arrange.

Pareil pour les vacances, les jours de garde.

-Je ne pensais pas que c'était des concessions.

-Arrête, s'il te plaît. Arrête.

Tu fais semblant de pas comprendre que je m'attache à elle?

Moi aussi, j'ai tout. Je dois faire avec ses bouderies, ses humeurs.

Sauf que moi, en fait...

Je resterai une figurante.

-T'exagères. -Non, je n'exagère pas.

Je sais pas ce que c'est que d'avoir ce qu'elle vous donne

quand elle vous le donne.

À la fin de la journée, c'est vous son père et sa mère, pour toujours.

J'ai honte, voilà.

-De quoi? -De cette conversation!

-Mais pourquoi?

-Elle est banale, je me trouve banale.

Cette fille dans la rue qui te dit "je veux un enfant”.

Je t'en veux de m'en faire rendre compte.

-Rachel, je sais quel âge tu as.

Et moi non plus, je n'ai pas 25 ans.

Mais...

On a le temps, on a tout le temps.

-Justement pas tant que ça.

J'ai peur que ça soit bientôt plus possible.

[Musique mélancolique]

-Dieu plein de compassion qui réside dans les cieux,

accorde un repos parfait sur les ailes de la présence divine,

dans cette demeure suprême des saints et des purs

dont le nom brille comme la lumière du firmament

à l'âme de notre mère Nora, fille de Joseph de la maison de Lévy...

-QUI EST PARTIE POUR L'ÉTERNITÉ.

AINSI LE MISÉRICORDIEUX

LA RECOUVRIRA ÉTERNELLEMENT DE SES AILES PROTECTRICES

ET JOINDRA SON ÂME AU FOSSÉ DE LA VIE.

LE SEIGNEUR ET SON HÉRITAGE, QU'ELLE REPOSE EN PAIX. AMEN.

[Prière en hébreu]

-AMEN.

-T'en as mis qu'un?

-Justement, je me suis posé la question.

Je ne sais pas. Enfin, je sais pas s'il est considéré comme en vie déjà

ou si tant qu'il est pas complètement en vie, ce n'est pas la vie.

Tu me suis? -Oui.

-Justement dans le judaïsme,

le fœtus n'est pas considéré comme un être humain à part entière.

-Ah d'accord.

On serait les seuls à être OK avec l'avortement? J'adore l'idée.

-Selon la Mishna, prendre la vie d'un nouveau-né, même de quelques heures,

c'est un crime.

Mais dans le cas d'un fœtus, là,

ça se discute, ça dépend des rabbins.

-Mais du coup un ou deux?

-Embraye! Embraye. -Et là, je passe en deuxième?

-Et là, tu passes en deuxième.

Stop... -OK, bah oui, oui, oui.

-Doucement! -On va écraser personne ici.

-C'est pas pour eux que j'ai peur, c'est pour ma voiture.

-Ta voiture qu'a deux siècles, déjà.

-Bon, on va voir Foufounette. OK? -OK.

Ça fait longtemps! Tu crois qu'elle a changé Foufounette?

-Lâchez-lui les poils à Foufounette,

cette malheureuse.

-Mais si, on fait ce qu'on veut!

-Bon de toute façon, là où elle est, elle bougera plus.

[Rires]

-C'est hyper marrant.

-Foufounette serait un super sujet de podcast.

J'aimerais raconter son histoire, potentiellement une histoire inventée,

parce que personne connaît Foufounette.

Je pense qu'elle a eu une relation avec Richard...

-Voilà un cas réjouissant, Linda Lo, on est tous d'accord, hein...

Qu'est-ce qu'on écrit à Linda Lo?

-Pour moi, c'est tout de suite les félicitations.

-Voilà, une excellente moyenne. -On n'est pas souvent d'accord.

-C'est pour ça qu'il faut se réjouir. Alors...

Ah, euh...

Dylan Leclou. Je crois qu'on est tous d'accord aussi?

Classe relais, je ne le reprends pas l'année prochaine.

-Je suis d'accord, Fadila. C'est pas possible.

Trop d'absentéisme. C'est même plus de l'absentéisme.

Il vient quand il veut, et quand je dis ça, c'est très rare,

il est plus absent que présent.

Il y a un contexte difficile dans la famille,

mais c'est pas une raison pour tout excuser.

-Pardon, je peux dire quelque chose?

Je suis d'accord avec votre constat.

Mais on n'a pas mobilisé toutes nos ressources.

Et il y a encore des choses à faire, à entreprendre,

avec d'autres élèves par le passé, on a fait davantage,

on ne peut pas baisser les bras.

La classe relais pour moi, c'est pas possible.

-Rachel, tu peux pas te permettre de dire qu'on a baissé les bras.

Et puis t'as vu ses notes?

-Les notes, on sait ce que ça veut dire et ce que ça ne veut pas dire.

-Je sais qu'il aurait besoin...

-C'est pas lui qui aurait besoin, c'est nous qui avons besoin de lui.

Enfin de lui, d'eux.

De sa génération. On peut pas dire à 16 ans, c'est fini

et qu'il y a plus d'espoir. C'est pas possible ça.

Moi, j'ai senti chez lui, j'ai vu de manière concrète,

une ouverture, un espace.

Je suis obligée d'entendre ça, je peux pas retirer ma main.

Sinon ça a plus de sens, en fait. Sinon quoi, on est où?

De passage? Non.

C'est important.

-Moi, je suis d'accord avec Rachel.

Bien sûr, il est très en dessous de la médiane de la classe. C'est vrai.

Mais j'ai vu des progrès à l'oral et dans le domaine de l'initiative

et on est obligés de le remarquer.

Il a 16 ans. Il a le droit à une chance quand même.

-Il montre aucune volonté.

-Il en a montré. -Dans ma classe, il en montre.

-Dans une classe sur 10...

-Ça a le mérite d'être quand même entendu ce qu'il dit.

Ils ont raison. Il a que 16 ans.

-On le garde pour l'année prochaine? On est d'accord?

-On s'occupe de ça.

-Bon, on le garde.

-On le garde.

-Réjouissez-vous aussi, voilà.

On retrouve Dylan l'an prochain.

-Laquelle?

Qu'est-ce qu'il y a?

-Qu'est-ce qu'il y a, petit chou? -C'est pour moi?

Je peux le montrer à Rachel?

-Oui.

-Il est trop beau, ce dessin.

["Nous partirons, nous deux" (Yves Simon)]

Mes femmes.

-Tiens, voilà. -C'est mon cadeau d'anniversaire?

-Non, ce n'est pas ton cadeau d'anniversaire.

Ton cadeau, ça sera samedi et ça sera une surprise!

-Une surprise? -Oui!

-Ouais!

Youpi!

-Ça va, mon cœur?

-Oui!

-Attends-moi, Leïla. Oh!

-Maman!

-Oh mon capitaine! Comment ça va?

Bonjour, ma puce! Oh là là.

-Ça va?

-Bonjour! -Bonjour.

-Vous vous êtes déjà rencontrées, je crois?

-Bah oui, au judo!

J'étais passée pour régler du courrier, et je voulais te parler de Jeanne.

-Je vous laisse peut-être. Pardon, je...

Je monte et je vous attends. -J'arrive.

-À bientôt. -Oui, à bientôt!

-J'ai envie de faire pipi. -Ouais, attends.

Tu peux prendre Leïla avec toi? Elle a envie de faire pipi.

J'arrive. Vas-y, ma chérie. -Viens!

-Elle est super! -Ouais, elle est super.

-J'ai envie de faire pipi...

-Oui. Concentre-toi sur les chiffres.

-Elle va monter, maman?

-Je ne sais pas, je ne crois pas, non.

-Pipi, pipi, pipi, pipi. -Vite, vite, vite.

-Pipi, pipi, pipi.

Regarde, Rachel!

Comme ça, regarde si j'appuie sur le bouton!

Tu m'écoutes, Rachel?

-Deux secondes, mon cœur.

-Regarde comme j'en fais bien. -Montre-moi.

T'es une professionnelle de la toupie.

Tu me laisses deux secondes?

-Non. -Si, tu me l'avais dit.

Il faut que je termine ça,

que vont dire mes élèves si je ne corrige pas?

Qu'est-ce qu'il fait, papa? -Je ne sais pas.

-Moi non plus.

-Les nouvelles sont mauvaises

à propos de la mère d'Elsa.

Alice dit qu'il faut s'attendre au pire.

Ça me rend dingue de devoir annoncer ça à Leïla si jamais...

-La première chose à lui dire, à mon avis,

c'est la rassurer sur sa mère à elle.

Que ça ne peut pas lui arriver, sa maman n'est pas malade.

-Je sais, mais Alice ne veut pas qu'on en parle. Tout court.

-Ah bon, mais pourquoi?

Il faut absolument lui en parler, je t'assure.

Faut pouvoir nommer les choses pour qu'elle puisse en parler.

Je sais de quoi je parle.

-Je sais, mais tu connais Alice.

Enfin, non, tu ne la connais pas,

mais quand elle a un truc en tête...

-Si elle a un truc en tête...

Qu'est-ce qui est prévu pour samedi?

-Samedi?

-L'anniversaire de Leïla.

C'est nous qui l'avons, j'ai pensé à un truc...

-J'allais t'en parler...

On va faire ça chez les parents d'Alice.

Ils sont dans l'Essonne.

Ils ont un grand jardin.

Difficile de dire non à ses grands-parents.

-Je n'ai rien dit.

-Ne te sens pas exclue, ma Rachel.

C'est juste que...

Cette année, c'était plus facile de faire celui-là en famille.

[Téléphone]

-Les portables sont interdits pour tout le monde pendant les épreuves.

-Chut.

-Rachel,

nous sommes chez mes parents dans l'Essonne.

Je voulais te dire merci d'avoir compris.

Leïla parle de toi. À bientôt, Alice.

Attendez-moi!

[Musique triste]

-Ça va?

-Moyen.

-T'as un truc de prévu cette aprèm? -Oui.

-Arrête, t'as rien de prévu.

-Si, je t'assure. -Mais non.

Je sens que t'as rien de prévu.

Allez, je t'emmène déjeuner.

[Musique triste]

-J'étais avec mon amour du lycée, Paul.

Il bosse dans un grand journal, aujourd'hui.

Je me disais...

On ne va pas y penser, puis un jour,

ça arrivera et on le gardera.

Ça sera comme ça, ça sera une évidence.

Puis, ce jour est venu.

Et je ne l'ai pas gardé.

Il m'en a voulu, je crois. Il aurait bien aimé, lui.

Mais... on n'en a jamais reparlé.

Et je sais que...

Non.

Que quoi?

-Si j'avais encore ma mère avec moi, j'aurais pris une autre décision.

-Elle est morte

quand t'avais quel âge?

-Neuf ans.

-C'est petit pour perdre sa mère.

Elle est morte de quoi?

-D'un accident de voiture.

J'étais avec elle.

-Ah ouais, c'est violent.

-Mais je pense...

Que c'est pour ça que je tarde tant.

J'attends même qu'il soit trop tard. Parce que ça me fait penser à elle.

-C'est si grave que ça de pas en avoir?

-Grave, non.

Je pense pas qu'une femme est complète qu'en en ayant, mais...

Je crois même que quelque part, je suis fière d'appartenir

à la communauté des femmes qui n'en ont pas,

mais quand même. C'est comme...

Une immense expérience collective que le monde entier traverse

et à laquelle je n'ai pas accès.

-Moi, je t'aurais forcée à me faire un enfant.

[Elle rit.]

-Tu dis ça parce que t'es un enfant toi-même.

Désolée, Vincent.

Regarde.

Il fait jour.

[Pleurs]

[Pleurs du nouveau-né]

[Mélodie mélancolique]

-Prêts?

C'est parti!

-Papa! -Ça va?

-J'ai fait tomber le prof de judo et je me suis fait mal.

-Oh là là, tout ça? -À mon pied.

-Tout ça...

[Mélodie mélancolique]

Oh, merde.

Merde, merde.

Putain, merde.

Non, Leïla, ne fais pas ça, s'il te plaît.

Je conduis là. -J'ai mal au ventre.

J'ai envie de vomir.

-On arrive, on va ouvrir les fenêtres.

-J'ai vraiment envie de vomir.

-Respire.

Ça va. Ça va, ça va.

[Clic de la ceinture Bips]

Tu remets ta ceinture, c'est trop important.

Tu remets ta ceinture tout de suite!

Remets ta ceinture!

Remets-la.

Tu t'attaches. -Je vais vomir.

-Non, non, non!

Oh là là.

C'est pas vrai...

Attends... [Klaxon]

Merde!

[Klaxon]

Tiens. Ça va, on est bientôt arrivées.

On va s'arrêter un peu.

Comment ça marche, ces boutons de merde?

Alors. Ça va, mon ange?

Viens, je vais remettre ta ceinture. Ça va?

T'as eu peur?

OK.

Ça va maintenant. C'est passé.

Pardon d'avoir crié.

[Cri et fracas]

-Leïla!

Mon bébé!

Ma nuit!

Mon amour!

Comment ça va?

-Bien. -Pas de bobo?

-Non.

-J'ai eu peur.

J'ai eu peur.

Ça va? -Pardon.

-T'as vu un médecin? -Oui, c'est rien.

-Et toi, t'as vu un médecin? -Oui.

-Non? Oui?

T'as pas été blessée? Pas de bobo? -Non.

On va rentrer à la maison, d'accord?

Qu'est-ce que tu veux faire?

-Tu sais que Louana a accouché?

-Ah, tant mieux. Comment ça s'est passé?

-Bien.

Pourquoi tu ne m'as pas dit?

-Dit quoi?

-Que Jeanne était morte.

-Je ne voulais pas t'emmerder avec ça.

Avec ces nouvelles tristes là.

-M'emmerder? Mais c'est ma vie aussi.

Ali, regarde-moi.

J'ai qu'une vie, elle est avec vous.

Ce qui vous arrive, ça m'arrive aussi et vice versa, non?

-J'ai eu tort, j'ai tout faux.

Pardon. -Non, mais...

-Je sais, Rachel. Je sais.

Là, je suis fatigué.

["Again" (Doris Day)]

[Téléphone]

-Laisse-moi! Merde!

-Rachel, arrête!

Je ne l'aime plus. Non, c'est vrai, Rachel.

-Arrête, s'il te plaît...

-Je crois qu'au fond, elle non plus.

C'est pas un hasard qu'on se retrouve autour d'un enterrement.

Elle n'aurait pas dû me demander ça.

De réessayer, de me demander de revenir.

Mais...

Maintenant qu'elle me l'a demandé, je ne peux pas lui dire non.

-Je comprends.

En fait, non, je ne comprends pas.

Pourquoi?

-Pour Leïla.

Maintenant, elle est là, elle est dans ma vie.

Mes choix, c'est pas seulement mes choix à moi.

Je ne vais pas te dire que tu comprendras un jour, mais...

-Mais c'est ce que tu fais.

-C'est ce que je pense.

Je te souhaite sincèrement, profondément que ça t'arrive.

Vraiment. Même si ça ne sera pas avec moi.

-J'ai compris, ça.

Je me sens piégée.

-Moi aussi, je suis piégé.

-Piégé? Toi, mais de quoi t'es piégé?

Tu veux aimer, tu aimes. Tu veux pas d'enfants, t'en as pas.

Tu veux encore des enfants, c'est quand tu veux.

T'es piégé de quoi? De rien du tout.

Pour moi, c'est trop tard.

-Je suis piégé parce que je t'aime.

-Arrête, s'il te plaît.

Arrête.

-Tu dors pas?

-J'ai pas sommeil.

Pourquoi tu pleures?

-Je pleure pas, mon cœur.

-T'as fait un cauchemar? -Un petit cauchemar qui va passer.

-Tiens, prends ma lune. -Merci.

C'est gentil.

[Sanglots]

-Je veux pas que tu pleures, moi.

On fait un sandwich?

-Oui, on fait un sandwich.

Tu fais le fromage?

-La salade. -La salade, d'accord.

Viens.

-Papa, tu fais le pain.

[Musique triste]

-Je vais y aller. -Non, reste ici.

-Allez.

-Il faut que je parte, il est tard. -Non, reste.

-Viens, mon cœur. -Non.

Reste.

-On va se coucher. -Au dodo.

-Reste ici. -Chérie.

-Tu me promets que tu restes?

-D'accord. Comme ça, on se voit demain matin.

Je te ferai le petit déjeuner.

-Bonne nuit, Rachel.

-Bonne nuit, ma nuit.

[Musique triste]

Je t'en veux, Ali.

-Je sais.

-Je sais que tu sais.

[Musique triste]

[On frappe.]

-Rachel!

-Ça va, mon cœur? -Oui.

-Ça a été? Ça s'est bien passé?

C'était chouette? -Regarde ma cocotte!

-T'as fait une cocotte?

Viens, je t'ai pris ton goûter. On y va?

Tu te souviens qu'on allait se promener?

Attention!

-Alors, qui va m'emmener au judo? -Plein de gens.

Plein de gens que t'aimes.

-On se verra quand même?

-Leïla, c'est plus moi qui vais décider.

Mais peut-être oui.

Mais beaucoup moins qu'avant.

Ça ne veut pas dire que je ne penserai pas à toi.

-Un, deux, trois, hop.

C'est parce que tu vas mourir? -Non.

Non, non, pas du tout.

Je serai bien vivante.

-Alors, tu partiras en voyage?

-Non, je serai...

Je serai dans la même ville, je serai vivante,

mais on ne se verra pas comme avant.

-On partira en vacances, toi et moi?

-Non, on partira plus en vacances.

Tu vois, ça, c'est fini.

-Je suis triste alors.

-Non. Non, je ne veux pas.

Je ne veux pas que tu sois triste.

Jamais.

Alors tu ne m'oublies pas, mais tu ne penses pas trop à moi.

D'accord?

-Bonjour. -Bonjour, Alice.

Voilà.

-Maman!

-Je suis désolée, Rachel.

-Non.

C'est Ali qui me fait souffrir, ce n'est pas vous.

On va arrêter de s'excuser à la place des hommes.

Au revoir.

-Au revoir, Rachel. -Au revoir, Alice.

Au revoir.

-Je vais chercher le courrier, j'arrive.

-Samedi...

Dimanche.

-Bonjour, Rachel.

Il y a encore les moyens, vous savez?

Mais les chances sont minimes.

-Oui, je sais.

-Vous en parlez avec le papa?

-Il y a plus de papa.

Mais oui, on verra.

La vie est courte et longue.

-Oui.

La vie est longue.

-Merci.

[Elle chantonne.]

-Tu peux le garder 5 minutes? -Mon bébé!

-Allez-y, il y a pas de souci.

-Je peux vous laisser? -Oui, bien sûr.

-Tu laisses maman tranquille?

-Je te laisse avec tata. -Maman va te laisser tranquille aussi.

-Oui, allez-y! Allez-y.

-Je vous laisse.

-À tout à l'heure, mon chéri.

-Regarde, t'as fait tomber ton biscuit.

Regarde, mon petit chou.

Regarde, t'as vu ça?

T'as vu ça?

Voilà.

-Mémé! Viens!

Mémé, couché!

Bouge pas!

-Leïla!

Leïla!

[Musique lente au piano]

-D'accord, c'est bon!

Arnaud, on commence par la bibliothèque.

-Pardon, je suis à la bourre. Oh merde! Mince, excusez-moi.

-Non, restez!

-Madame Friedman?

Je peux?

-Dylan!

Oui, bien sûr!

Mais tu...

Vous, tu... Vous travaillez ici?

-Ouais. C'est incroyable de vous voir là. Vous venez souvent?

-Parfois, oui.

Vous êtes serveur? -Chef de rang, attention.

-C'est formidable. -Mimou!

Elle ne paie pas la dame, mets sur ma note.

-Attention, je vais revenir tous les jours.

-Je suis content de vous voir. C'est un signe.

-Un signe de quoi? -Du destin.

Vous n'avez pas changé du tout.

-Oh que si.

Ce n'est pas grave.

T'es bien ici? -Ouais, grave.

C'est cool. Il y a une bonne équipe.

-Ravie que tu travailles dans un endroit qui te plaît.

-Merci.

Je suis désolé.

-De quoi?

-Pour tout. J'étais un petit con. Je vous en ai fait baver.

J'ai souvent pensé à vous et je ne suis jamais venu vous voir.

-L'important, c'est que vous puissiez vous passer de moi.

-Vous êtes toujours à Maurice Ravel? -Oui.

Et puis, on se voit maintenant.

C'est réparé.

-Si je voulais vous voir ces dernières années,

c'était pour vous remercier.

Je voulais vous dire que vous m'avez marqué.

Je voulais vous dire que...

Que je ne vous ai pas oubliée.

-Dylan, tu viens là, on a besoin de toi.

-Je reviens, ne bougez pas.

["Les eaux de Mars" (Georges Moustaki)]

[Musique mélancolique]

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