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Yoruba
Zulu
...
-Salut.
-Ca va ? -Ca va, merci.
-Baisse ton arme !
-Lâche ton arme ! -Couche-toi !
-Bouge pas ! -A terre !
-Regarde pas.
Baisse les yeux.
Regarde pas !
Regarde pas !
...
Cri.
Tu bouges pas !
-Arrêtez ! Les flics arrivent !
Arrêtez-vous !
Coups de feu.
-Merde ! Merde ! Merde !
...
-Ah, t'es contente de toi ?
-J'avais pas le choix. Sans ça, on était cuits.
-Elle avait pas d'arme.
-Tu voulais que je fasse quoi ?
On n'allait pas rester là-bas ! -Ils nous lâcheront plus.
Cris de joie.
Cris de joie.
-Momo ! Regarde !
-Saut dans 5 minutes. -Celle-là, je me la garde.
-Allez, on s'équipe.
...
Cris de joie.
...
...
...
Rires.
Cris de joie.
Rires.
Cris de joie.
...
-Merci.
Vous la connaissiez,
Léa Tellier ?
-Elle était dans mon groupe,
quand j'étais aux Stups.
Elle a quitté la police pour le transport aérien.
Elle pensait que c'était moins risqué pour une mère de famille.
-Ils ont volé pour 12 millions de montres de collection,
ils allaient pas s'arrêter pour elle.
Qu'est-ce qui lui a pris, de jouer les flics ?
-C'était quelqu'un de bien.
L'avion a été loué à Modane
avec un faux passeport.
L'Aéronavale a réussi à le repérer puis a perdu son contact
sur la Méditerranée.
C'est tout sauf des amateurs.
-Il va pourtant falloir les stopper.
Pour ça, je vois que vous.
Et dans les règles.
On s'est compris ?
Gémissement.
-Ca vous fait mal quand je force, là ?
-Oui. -Et là ?
Elle gémit.
-Vous tenez à ce que je porte plainte pour torture ?
Elle rit.
-J'ai déjà eu une patiente comme vous
à l'hôpital.
Une grincheuse, râleuse, hargneuse.
Une chieuse, quoi.
-Vous l'avez achevée ? -Ah non,
je lui ai rien laissé passer. Et depuis un an, elle marche.
-Moi, je ramperais jusqu'à Lourdes pour plus jamais vous revoir.
Elle rit.
-Allez-y, on respire.
Très bien.
Elle respire fort. Allez...
Soufflez puis mettez-vous sur le côté.
Elle gémit.
Voilà. Pliez.
Très bien.
*-Selon la police genevoise, il a été impossible
*de localiser la destination de l'avion des 5 braqueurs,
*qui, ce matin, à l'aéroport de Genève,
*se sont emparés de 17 millions d'euros de joaillerie.
*Une première constatation s'impose :
*les malfaiteurs étaient renseignés,
*car ce type de transfert est confidentiel.
*Il semble qu'un braquage similaire a déjà eu lieu à Lyon
*il y a 12 mois.
*L'enquête menée par la BRI
*va tenter de savoir si la même équipe est à l'origine
*de ce casse,
*car elle avait fui dans un avion volé,
*jamais retrouvé.
-17 millions d'euros...
Ca laisse le temps de voir venir.
Ca va pas, Marie ?
-J'y étais.
A Lyon, il y a un an.
-Au braquage ?
-Hop...
Voilà, transport Air Cargo.
La feuille de route et le bordereau de douane.
-Marie...
Un transfert de valeur est planifié sous 3 semaines
par vol privé, sécurité maximum.
-OK. On a la date et l'heure ?
-Non, c'est encore confidentiel.
-Week-end moins le quart, Marie. T'as quoi de prévu ?
-Un stage de rafting. -Encore ?
C'est là que tu comptes
trouver un mec ?
-Bon, on a 5 tonnes de préservatifs pour le Maghreb
et 10 de rillettes pour Le Havre. Confonds pas.
Rires et cris de joie.
-Allez, là !
Cris de joie.
...
...
...
-Un peu d'eau ? -Merci.
-Moi, c'est Maxime.
-Marie.
-Enchanté.
-1er stage ? Merci. -Ah ouais, OK.
Ca se voit tant que ça ? -Ta copine aussi ?
-C'est pas ma copine.
Avec Sofia,
on se connaît depuis le bahut, à Gap.
-Hm...
C'est marrant, j'y suis née. Mes parents y ont une maison.
-Et le rafting, t'es une pro ?
-J'aimerais, mais j'ai un vrai métier à côté.
-T'es dans quoi ?
-La logistique aérienne.
Je bosse au fret, à Lyon-Saint-Exupéry.
-Passionnant.
-Bien plus que tu penses.
Et toi, tu fais quoi ?
-Je vole.
Tu connais le wingsuit ?
C'est comme le parachutisme,
mais sans parachute.
Je vole comme un oiseau avec une combinaison spéciale.
-Ca, c'est pas pour moi. J'ai trop peur du vide.
-C'est parce que t'as jamais essayé.
C'est extra.
Si je t'invite à nous voir en training,
tu viendrais ?
Ouais ?
-Ouais.
...
-Lieutenant Valberg, PGHM, Briançon.
-Luc Ferraz, BRI. Mon adjointe, lieutenant Pleven.
-Pleven, c'est breton, ça.
-Affirmatif. Rennes.
-Et Ferraz, ça vient de Chamonix.
Du nouveau ? -Oui.
La carcasse a glissé en contrebas.
On a retrouvé le GPS. Aucune présence humaine.
-C'est bien l'avion du braquage de Genève ?
*-C'est un Pilatus PC-21.
*Immat' Fox Golf CMR. -Bien reçu, terminé.
-Bon. Comme ça, on est fixés.
Il y a un an, leur avion est parti vers la mer avant de disparaître.
Pourquoi pas cette fois ? -La dernière fois,
la météo était propice. Là, ils ont eu moins de chance.
-Ou alors, elle a changé de camp.
-Le Pilatus qu'on a retrouvé est celui qui a été utilisé
sur le vol de diamants de Genève.
Mais ni empreintes ni ADN à bord.
Le propriétaire est l'entreprise ATS,
à Chambéry.
-Comme l'an dernier à Lyon, le nom du loueur est bidon.
Mais cette fois,
ATS est équipée en vidéosurveillance.
-Si ce type est le pilote du commando,
il doit avoir une licence de vol.
Une vraie, à son nom.
France dirigera l'équipe
chargée de le loger. OK pour tout le monde ?
Il y a autre chose. Lors des deux braquages,
les casseurs ont fui avec des appareils volés.
Le GPS qu'on a retrouvé prouve
que l'avion était programmé sur pilotage automatique
pour s'abîmer en mer.
Voilà pourquoi on patine depuis des mois.
En fait, ils quittent l'appareil en plein vol.
Donc, on a affaire à des parachutistes.
On va commencer par les clubs de parachutisme.
Allez, au boulot.
-J'ai les Suisses sur le dos.
Ils arrêtent pas d'appeler depuis qu'ils savent
que l'avion est tombé chez nous.
-Ca fait un an que je suis dessus.
Les casseurs ont été informés par quelqu'un,
à Genève et à Lyon.
C'est cette piste que je me réserve.
Je veux choper celui ou celle qui trahit.
Elle hurle.
...
Elle halète.
Elle soupire.
Elle reprend son souffle.
On sonne à la porte.
...
...
-Pourquoi vous sonnez
15 fois ? -Pour être sûre.
-Je suis pas sourde.
C'est le seul sens qui soit encore intact
après ma chute.
Ca et mon cerveau, et je le regrette souvent, ça.
Reçue ce matin.
-Ca a de la gueule.
-Oui.
Sauf que je serai pas prête.
J'ai 10 jours de retard sur mon planning
et je dois me taper la tournée des boutiques pour annoncer l'expo.
J'aurais jamais dû me lancer là-dedans.
-Ca vous sort des assurances.
Le télétravail, ça mine le moral.
Vous devriez voir du monde.
-C'est dommage,
j'ai rien à me mettre pour draguer sur Tinder.
-Pourquoi vous signez Alice Grant ? -Alice,
c'est mon 2e prénom.
Grant, c'est le nom de ma mère. -D'accord.
-Enorme artiste, ma mère.
Enorme ego aussi.
Pour respirer, j'ai immigré à Lyon,
et me voilà de retour dans cette prison dorée.
-C'est quand même pas le bagne. -Si.
Si, si. Et j'ai pris perpète.
Elle gémit.
-Vous pouvez pas, là ? -Non, je peux pas.
Le gauche, je peux. Le droit, je peux pas.
Remarquez, ça fait longtemps que je vais plus aux manifs.
A quoi ça sert de lever le bras ? -A faire des étagères.
-C'est sûr, ça motive.
-Il va falloir prendre quelqu'un pour faire le ménage.
Les aides à domicile, ça existe.
-Pour qu'elle fouille dans mes affaires,
me pose des questions sur mon accident, ma poterie...
-Moi, je peux pas tout faire.
Vous pouvez pas rester éternellement toute seule.
C'est pas humain, ça.
Vous vivez
comme une nonne.
Y a de quoi devenir neurasthénique.
-On va te mettre des petites chaussures.
Hello, les gars !
Ca roule ?
Marie...
Rico...
Ca roule ?
Donc, Eric, Marie, Momo, notre pilote.
Ca va, mec ?
Et Sofia. -Salut.
-Bonjour.
-T'inquiète pas, je suis là. Ca va aller, hein !
Crie !
Elle crie.
Plus fort !
Elle hurle.
-Waouh !
Elle crie.
Waouh !
C'est dingue !
...
-Putain, le pied ! Rire.
Yes ! -Enorme !
Il rit.
-Alors, c'était comment ?
-C'est incroyable. Elle rit.
-Enorme !
-Tu veux un coup de main ? -Oui.
-Alors ?
-C'est dingue. -On a eu un temps parfait.
Tu veux que je t'aide ? -Viens voir deux secondes.
Tu vas où avec elle ?
-Tu sais ce qu'elle fait, comme job ?
Elle gère le fret à l'aéroport de Lyon.
-Et... ?
-Ca veut dire transfert des valeurs, tout ça.
-OK. Bonne pioche.
Le problème, Maxime, c'est qu'elle te plaît vraiment.
T'as pas les épaules d'un salaud. Alors, tu t'emballes pas.
Je suis désolée. Je la sens pas, cette meuf.
-Y a un problème ?
-T'inquiète, elle est jamais contente de son saut.
Tu fais un truc, demain soir ?
-Euh, non. -Ah, si.
On y va ensemble, tous les deux. Elle rit.
-OK.
...
-Chaque fois que je vois ces mômes, j'ai une pointe de nostalgie.
J'ai eu un accident qui m'empêche de sauter.
Alors, forcément, ils sont ma jeunesse.
Bon, vous cherchez quoi ?
-Lui. C'est le pilote
d'une bande qui pille les transports de fonds.
La photo est pas bonne. -Elle me suffit.
-Vous le reconnaissez ? -Je m'en souviens.
J'ai son nom aux archives, mais vu ce que vous me dites,
c'est bidon.
-C'était quoi, son nom ?
-Les autres l'appelaient Momo. -Quels autres ?
-Votre bande. Deux filles, deux garçons,
même pas 30 ans, fans de wingsuit.
-Les combinaisons volantes. -Oui.
-Ils s'entraînaient ici ? -Oui.
-Vous avez leurs noms ? -Juste des prénoms, mais...
Attendez.
On a fêté, à l'automne dernier, les 25 ans du club,
et ils nous ont laissé un petit souvenir
juste là.
-Merci.
-De rien.
N'oubliez pas de réarmer la drisse, sinon ça va pas s'ouvrir.
-Merci.
-Vous avez appris ça où ?
-J'ai été 10 ans commandant de l'air.
C'était ça, ma jeunesse.
Merci.
Elle rit.
-C'est classe.
-Je crois que j'ai trop bu.
Tu dois me trouver ridicule.
-Pas du tout.
-En tout cas, j'ai passé une très bonne soirée.
-Moi aussi, Marie.
...
Tu y es déjà allée ?
-Non.
-On a sauté plusieurs fois là-bas.
-Ca rapporte tant que ça, vos exhibitions ?
-Une vraie fortune.
-Vous m'avez demandée ?
-Vous êtes la responsable logistique ?
-Gaëlle Steiner.
-Commandant Ferraz, BRI. On s'est vus il y a un an.
J'enquête sur l'attaque. -Encore cette histoire ?
-Je parle de Genève, cette semaine.
-Ils ont remis ça ? -Vous saviez pas ?
-Non. Je gère le bureau de Lyon, c'est déjà pas mal.
Vous avez du nouveau ? -Peut-être.
J'aimerais savoir
si, sur cette photo, vous reconnaissiez quelqu'un.
-Dans le groupe, non,
mais derrière eux, oui. Elle.
C'est Marie. -Marie ?
-Marie-Alice Delorme. Elle était sous les ordres de Léa Tellier.
-Elle était ici il y a un an ? -Non.
10 jours avant l'attaque,
elle a eu un accident grave. -Un accident de voiture ?
-Parachutisme.
J'ai voulu aller la voir
à l'hôpital, on me l'a interdit.
Elle était dans le coma.
Après, il y a eu le vol des montres, la mort de Léa.
J'avoue qu'après,
j'ai plus eu de nouvelles de Marie.
-Vous pensez que ce sont ses amis ? Elle fait partie de cette bande ?
-Non, pas son genre, mais...
Elle sortait avec un mec, à l'époque.
Je sais pas s'il est sur la photo. Ca paraissait sérieux.
Ca l'avait transformée. -OK.
Elle est d'où, cette Marie, alors ? -Hautes-Alpes, je crois.
J'ai l'air de l'accuser, mais je ne balance pas, j'évoque.
-Bien sûr.
Il y a un an, quelqu'un a donné aux braqueurs
le jour et l'heure du transfert.
Vous étiez pas nombreux à le savoir, ici.
-Léa, c'est exclu.
Moi, j'avais pas accès au logiciel des assurances.
-Alors, il ne reste plus que Marie.
Ouais, France...
Trouve-moi ce que tu peux sur une Marie-Alice Delorme.
Elle faisait partie de la logistique à Lyon.
-Tu la sors d'un chapeau ?
*-Elle est passée à la trappe,
mais c'est notre 1re piste sérieuse. Garde ça pour toi.
-Tu crains quoi ? *-Des fuites.
*Il y a des chances pour que ce soit elle l'informatrice,
la source du gang.
Si elle prend peur, ils sortiront jamais du bois.
J'ai besoin d'elle pour remonter jusqu'aux braqueurs. Trouve-la.
-Non ! Non !
Elle hurle de terreur.
...
...
-Marie !
Marie, ça va ?
Vous faites quoi ?
-Mon jogging. -Je vous croyais dans le bain.
-Je suis sortie toute seule, j'avais pied.
-Euh... votre frigo est encore vide, là.
-J'appellerai Pizza Machin. -Ah non !
Des lipides, du cholestérol, c'est pas bon.
-Merde !
Vous m'entendez ? Merde !
Vous avez vu à quoi je ressemble ?
Ca intéresse qui que je prenne 1 kg ou que je glisse dans le bain ?
-Vous pouvez pas vous foutre en l'air comme ça
après ce qui vous est arrivé.
-Je voulais pas me réveiller.
Pourquoi vous tenez tous à ce que je vive ?
Je veux crever.
Elle sanglote.
-Marie...
On va aller faire des courses et on va remplir votre frigo.
-J'en ai marre !
J'en ai marre de ce boulot qui m'emmerde.
J'en ai marre d'avoir mal
à crever, la nuit.
J'en ai marre de moi.
Je me reconnais même plus.
J'en peux plus.
Elle pleure. J'en peux plus.
-Dites pas ça, Marie, je suis là.
J'ai passé l'annonce
pour l'auxiliaire de vie. -Je l'enverrai péter.
-Je vous aime beaucoup,
mais si vous faites ça, je reviendrai plus.
Il sifflote.
...
-Oh là là...
Ca nage dans le bonheur.
-M'emmerde pas.
-T'y tiens, à ta copine.
-12 millions en montres, ça t'intéresse pas ?
-Où et quand ?
-Tarmac de Lyon.
Le 17 au matin.
Ca te va, ou je t'envoie une invit' ?
-Si elle se doute de quelque chose, on est morts.
-Elle sait rien, elle est amoureuse.
-Oui, mais toi ?
-Va te faire foutre.
-Je vois.
Avec plaisir, Maxime.
Alors, t'es prête pour ton 1er solo ?
-Ouais, un peu stressée, mais...
-T'inquiète, j'ai vérifié ton matériel,
tout est plié parfaitement. -Super.
Merci. -Ca va se passer comme prévu.
Tu vas t'éclater. -Oui.
*-Qu'on mette cap au sud depuis Lyon ou Genève,
*y a une limite où sauter devient dangereux.
*-En parachute, mais pas en wingsuit.
*-Ca reste casse-gueule. *-Oui, mais ils ont pas de limite.
...
-Ciao, maman.
Pardon.
...
Tu vas t'éclater.
Un solo, c'est 1 000 fois plus fort qu'un orgasme.
...
Elle crie.
... -Non, non !
Elle crie.
...
...
Non !
Non ! Maxime ! Aide-moi !
Qu'est-ce que je fais ?
Elle crie.
...
Maxime !
Elle crie.
...
...
...
-Elle s'est crashée ! -Elle est morte.
Elle a chuté de 3 000 m. Personne ne survit à ça.
-Faut la retrouver ! -Tu fais quoi, là ?
Tu veux risquer une enquête ou renoncer à 12 millions ?
-Putain, c'est toi. Tu as pourri son parachute.
C'est toi qui l'as tuée, hein ?
-Elle aurait fini par parler, j'ai réglé le problème.
-T'es complètement malade. Tarée !
-Tout le monde vous a vus ensemble. Les flics vont s'intéresser à toi.
Alors, arrête de pleurnicher. On n'a pas le temps, on s'arrache.
-Grosse malade, va.
...
-Bonjour,
vous voulez des bijoux ?
-Euh... bonjour. Non, merci.
-Moi, c'est Lola. J'ai 7 ans.
-Moi, c'est Alice. Ta maman est là ?
-J'en ai pas.
-Je suis la grand-mère de Lola. Je peux vous aider ?
-Oui, je fais la tournée des commerçants
pour annoncer mon expo de raku. C'est de la poterie.
Vous pourriez coller mon affiche ?
-Bien entendu. -Merci.
-Moi, je fais de la pâte à modeler. Je peux en faire avec toi ?
-Je ne donne pas de cours.
-Oh...
Ca lui ferait tellement plaisir.
Je vous paierai, si vous voulez.
Sans problème.
Ma fille aînée s'est tuée à moto,
à la naissance de Lola, et son père a disparu.
Mais même si c'est pas possible,
je collerai quand même votre affiche.
-Dans mon état, c'est pas possible. Désolée. Au revoir.
-Au revoir.
-Oh, dis donc, Lola...
C'est pas qu'elle veut pas, elle peut pas.
*-On approche de la zone limite de saut.
*-Commandant, on va sauter.
*-Non.
*Dites au pilote d'atterrir.
*C'est surtout en bas que je veux enquêter.
-Tu vas t'éclater.
Elle crie de rage.
Elle pleure.
-C'est pas possible.
Non ! Non ! Non !
Elle pleure.
-Tu viens nous voir en exhibition,
jeudi prochain ? -Le 17 ?
-Oui.
-Je peux pas, j'ai un gros transport de fret.
Elle halète.
-Vous venez voir si votre affiche est là ?
-Non, je l'ai vue, merci.
Je suis d'accord pour la petite, si elle veut faire de la poterie.
-C'est formidable.
Je croyais que c'était pas possible.
-Si, parce qu'en fait, je...
Je bosse de chez moi pour un groupe d'assurances en transport aérien.
Donc j'ai pu me libérer mercredi.
-Bien sûr, oui.
Ca doit être intéressant. -Oui, ça l'est.
Et la poterie, ça me détend. -Bien sûr.
-Donc, si Lola est d'accord, mon adresse est derrière l'affiche.
-Très bien. Je vous remercie.
Alors, à bientôt.
-C'est l'endroit idéal pour atterrir incognito.
-On aurait pu
le tester. -Oui, on aurait pu.
C'est plus au sud que l'avion s'est crashé ?
-Oui.
-Ils pouvaient être attendus par deux 4x4
et disparaître.
Rien ne les empêche de recommencer. Vibreur.
Oui.
-Luc...
J'ai trouvé ta cliente. *-Je t'écoute.
Marie-Alice Delorme.
Elle est cadre chez Eurosur.
*Je t'envoie du monde ?
-Non, envoie-moi son adresse.
Et pour Momo ?
-RAS, on cherche. *-OK.
Tiens-moi au courant.
On peut redescendre ? -L'hélico nous attend.
Elle souffle.
-Ca vous fait quoi, quand je force, là ?
Cri de douleur.
-Mon point G est plus haut. Elle rit.
-Encore, allez.
-Redressez-moi cette jambe, bordel !
-Vous avez mangé quoi, ce matin ? Allez, respirez !
Marie respire à fond.
-Yasmine... -Oui.
-Vous croyez au destin ?
-Comment ?
-Vous savez...
la chance du dernier moment,
quand vous pensez que c'est foutu et que vous recevez un signe.
-Quel genre ?
-Le genre qui vous donne envie de vous battre.
Le destin qui sonne
à votre porte. On sonne à la porte.
-Oui ?
-Bonjour. -Bonjour.
-Luc Ferraz. C'est pour l'annonce.
-Pardon ?
-"Recherche auxiliaire de vie pour personne handicapée."
Je ne suis pas
chez Marie-Alice Delorme ? -Si, bien sûr, entrez.
-J'arrive trop tard ?
-Non, c'est pour Marie. Je suis Yasmine, sa kiné.
-Enchanté. -Et Marie...
-C'est l'handicapée.
-Bonjour.
-Je m'attendais à une femme.
-Si c'est une condition...
-Non, on a besoin de vous, surtout Marie.
Cette nuit, elle a cassé
le miroir de la salle de bains en tombant.
-Je suis secouriste aussi.
-Ben ça va, on est sauvées, alors.
-Je peux faire vos courses, la cuisine
et vous emmener où vous voulez.
-Je conduis ma voiture. -Super.
-Votre chambre est pas là-haut ? -Pourquoi ?
Vous voulez installer
un monte-plats pour vieux ?
-Non, mais peut-être qu'installer des plans inclinés
vous faciliterait la vie. -Je compte pas faire du karting.
-Peut-être, mais ça vous soulagerait.
-Non, mais Marie,
c'est une super idée. -Si vous le dites.
Bon...
Ma kiné y tient, donc...
Venez pas avant 9h ni après 17h.
-Et si vous glissez encore ?
-Monsieur me ramassera le matin en me ramenant les croissants.
-Je m'appelle Luc.
-Vous pouvez commencer demain.
Une semaine à l'essai.
-A l'essai ? Cool.
Au revoir. Merci.
-Merci.
A demain. -A demain.
-C'est un miracle, cet homme. -Je suis pas croyante.
-Il tombe super bien.
Si c'était pour moi, je l'aurais pas pris qu'à l'essai.
-Demandez-lui son portable.
Il fait peut-être des extras.
-Tu la portes tout le temps, ton armure ?
-Sauf quand je dors.
-Et pour faire pipi ?
-J'ai une petite trappe secrète.
-Et dehors, tu prends ta petite voiture ?
-Quand elle est pas en révision, oui.
-T'as de la chance, les garçons t'embêtent pas.
Moi, tu peux pas savoir...
Pourquoi on fait pas des pots comme toi ?
-Parce que ça éclabousse et que je veux pas salir les murs.
Si tu veux faire une danseuse, n'oublie pas ses jambes.
-C'est une danseuse qui vole ! -Ah, pardon.
On va lui mettre des ailes.
Oh, tu l'avais déjà commencée !
Scie électrique.
-Je fais trop de bruit ? -Non, je ramène la petite.
-Je peux le faire. -Moi aussi.
Mais couper des planches...
Tu dis au revoir, Camille Claudel ? -Au revoir !
-Au revoir, toi.
Scie électrique.
...
...
-Vous me la déposez mercredi ? -Bien.
Vous avez beaucoup de travail ? -Oui.
Avec la période des salons, il y a plus de rotations.
-Ah oui, bien. Bon courage. -Merci.
-Mercredi, alors ? -Voilà.
Bisous, mon chat.
-Tu dis au revoir à Alice ? -Au revoir, Alice !
-On va faire un petit goûter.
-Je suis le seul à l'avoir vue, ou quoi ?
-Calme-toi, elle s'appelle Alice Grant.
Marie est morte d'un accident sous nos yeux.
-D'un accident, c'est ça.
-Mais enfin, personne n'a plus entendu parler d'elle.
Si elle s'en était sortie, ça aurait fait la une des journaux.
Elle est sûrement desséchée quelque part en montagne.
(On la retrouvera dans 100 ans.)
Hm ?
-C'est bon, t'inquiète.
Toi, ta culpabilité te perdra.
-Super. -Hm.
-Y a plus qu'à l'essayer avec le fauteuil.
-J'y penserai.
Vous êtes toujours aussi gentil ?
Même avec les autres ?
-Je prends mon travail à coeur.
-J'espérais juste que vous faisiez une exception
pour une fille exceptionnelle.
Tant pis.
...
Elle crie.
-Oh là...
-Merci.
-Faut pas vous énerver comme ça.
Je vous apporterai des croissants, la prochaine fois.
Attendez, je m'en occupe.
-C'est gentil.
-Vous en avez, des papiers. C'est quoi, votre boulot ?
-Assurances en fret aérien.
Vous allez nous chercher des petits cafés ?
-Bien sûr.
Tombez pas sans moi, hein !
...
-Vous avez fait vite.
-C'est des express.
C'est pas trop risqué ?
-La poterie ?
-Non. Votre autre métier.
Vous assurez quoi ?
-Du périssable au transport de valeur.
Or, diamants, joaillerie.
-Vous avez des infos précieuses.
-Je suis une proie vulnérable, c'est ça ?
-Pas forcément une proie.
-Les vols sont souvent le fait d'une fuite
ou d'une indiscrétion.
-Ou d'une complicité.
-Dans mon cas, personne sait ce que je fais.
J'en parle pas.
Les gens pensent que je suis une artiste.
C'est inoffensif, une artiste.
-Surtout cachée derrière Alice Grant.
-Ca me permet de rester discrète.
Dans mon état, c'est préférable, non ?
Vous voulez essayer ?
-Non. Je suis pas doué.
-De vos mains ?
Vous aussi, vous mentez, Luc.
Faites-moi plaisir. Y a un tablier, là.
Donnez-moi vos mains.
Voilà.
Laissez monter la terre, doucement.
C'est agréable, non ?
-Assez, oui.
Pourquoi vous m'avez parlé de votre métier, si c'est secret ?
-Pas secret.
Confidentiel.
-Oui, mais c'est pas très prudent. Vous me connaissez pas.
-Jamais marié ?
-Divorcé.
-Elle aimait pas les hommes secrets ?
-Elle aimait pas les hommes absents, surtout.
J'étais souvent absent.
-Vous vous méfiez des femmes, non ?
-Et vous ?
Vous faites toujours confiance aux hommes ?
-Comment on devient auxiliaire de vie ?
-En passant sa vie dans l'armée, et après, en cherchant du travail.
-Vous faisiez quoi, dans l'armée ?
-Parachutiste.
Sonnerie de texto.
-Ah, vos barres de douche sont arrivées.
Je vais aller les chercher. Merci pour la leçon de poterie.
-Avec plaisir.
-Oui, France. *-Merci de rappeler si vite.
*On a logé Momo, le pilote des braqueurs.
Son état civil : Maurice-Gilles Barthès.
Ancien officier, 10e régiment para, 10 ans de Légion, revenu en France.
*Je te maile son dernier domicile et ses états de service.
*On sait jamais. -OK.
-Ca a l'air d'être un sacré client. *-Oui, ça a l'air.
*On se tient au jus. -Luc...
Sois prudent.
-Assurances en transport aérien, c'est un peu vague pour être sûrs.
-Elle a dit ça en proposant des cours pour la petite.
-C'est ce que Marie faisait à Lyon. C'est elle.
-Elle faisait du fret, rien à voir. -Ca signifierait qu'elle a survécu.
Tu imagines ? Une chute de plus de 3 000 m ?
-Papa a raison.
Maman, ce serait bien de savoir
ce qui est arrivé à cette Alice Grant.
-Elle a parlé d'un accident à Lola. Pourquoi elle mentirait ?
Si elle vous avait reconnus, on aurait les flics sur le dos.
On va quand même pas avoir peur d'un fantôme.
-Tu as les moyens de savoir pour qui elle bosse précisément ?
-Je peux faire en sorte.
-Tu penses à quoi, là ?
-Je te dirai quand je serai sûre.
...
-Y a quelqu'un ?
-T'es qui ?
-Maurice-Gilles Barthès ?
-Tu lui veux quoi ?
-Je suis le commandant Ferraz, de la BRI.
J'enquête sur les braquages
de Genève et Lyon. Tu es en état d'arrestation.
Il rit.
-T'es venu seul ? -Oui.
Si tu poses ton arme, ça ira. -Sans déconner !
Cliquetis.
Coups de feu.
...
...
...
Un problème ?
-C'est la 1re fois que ça m'arrive.
OK.
Grognements.
...
...
Craquement. Cri.
Gémissement.
France, c'est moi.
Bon, Barthès est mort.
Envoie-moi une équipe pour nettoyer.
Je veux pas que ses complices se doutent de quelque chose.
On n'aura qu'à simuler un accident de voiture.
Super, merci. J'appelle le patron.
-Bonjour. -Bonjour.
Je suis la grand-mère de Lola. -Oui, bien sûr.
Elles ont presque terminé, allez-y.
-J'arrive, mamie !
Mes mains sont sales. -Oui, mais je t'attends.
Scie électrique.
-Ca y est,
j'ai fini ma danseuse ! -Très bien. Formidable.
-On va attendre qu'elle sèche et on la mettra au four.
-C'est formidable. Bon, eh bien, on dit à mercredi ?
-A mercredi ! -Allez, à mercredi, Alice.
Au revoir, monsieur dame.
-Elle est tellement douée.
Ca fait 10 jours qu'on se connaît, elle m'a déjà adoptée.
-C'est pas plutôt l'inverse ?
-J'aurais adoré avoir une fille comme elle,
mais en me brisant le bassin, j'ai perdu bien plus.
Et je ne peux plus en avoir.
-C'était quel genre d'accident ?
-De parcours.
Des gens que j'aurais pas dû rencontrer
et des risques que j'aurais pas dû prendre.
On ne connaît jamais vraiment les gens.
Tenez, vous, par exemple,
je sais rien de vous. Vous me dites presque rien.
-Vous savez ce qu'il y a à savoir.
-Non. Je sais ce que vous voulez bien me montrer.
Je sais pas qui vous êtes ni d'où vous venez...
ni même où vous vivez.
-Moi, j'ai pas changé de nom.
-Je vous ai dit pourquoi.
Vous recevez des appels bizarres,
vous disparaissez. J'ai un fantôme chez moi, je flippe.
-Vous n'avez rien à craindre.
-La dernière fois qu'un type m'a dit ça,
j'ai fait 8 mois d'hosto.
-Vous préférez que je parte ?
-Non.
Le matin, je regarde l'heure avant que vous arriviez.
Je suis soulagée quand j'entends votre voiture.
Et puis après, j'ai peur d'être trahie, alors je m'en veux.
Pourquoi vous avez quitté l'armée ?
-Un missile a touché notre avion en Afghanistan.
Notre appareil était en feu.
Donc on était 20 types à sauter en parachute
en pleine nuit.
Y en a qui se sont ouverts,
d'autres qui étaient en flammes, comme le mien.
J'ai été obligé
de le larguer.
Mais, pendant ce temps-là, je chutais.
1 800, 1 500, 1 000 mètres.
Et à 800 mètres, un de mes hommes a surgi et m'a sauvé.
Il a réussi à me raccrocher et ouvrir.
J'ai plus jamais ressauté.
-A son expo, ils ont parlé d'un accident d'avion
et de mois d'hôpital à Lyon. -Je le savais !
Elle s'en est sortie.
Elle est vivante.
-OK, Maxime, t'avais raison, c'est Marie.
Concrètement, ça change quoi ?
-Pourquoi elle nous tourne autour ? -Je sais pas. Un trou de mémoire.
Tu t'attendais à ce qu'elle te saute dessus ?
-Comme par hasard,
Momo se tue en bagnole. Il faut se tirer, ça pue.
-Non. Momo a toujours conduit comme un con, c'est pas ça.
-On est sûrs d'une chose :
exposition de joaillerie
des Ecrins.
Marie bosse bien
pour les assurances.
J'ai piqué ça chez elle. -Fais voir.
-Elle veut se venger. C'est un piège !
-Avant d'en être sûrs, on va se renseigner.
Quand et comment le transfert des bijoux a lieu ?
-On s'en fout, de ça !
Elle veut notre peau !
-Vous changez de ton !
Voyou peut-être, salaud sûrement, mais vulgaire,
pas chez moi.
-OK, pardon.
Mais pourquoi elle veut pas nous balancer ?
-J'ai compris.
Les flics veulent savoir nos sources.
Marie bosse pour les assurances. Le braco à Lyon, c'est grâce à elle
qu'il a réussi.
Là, elle devient complice.
Elle est baisée, maman.
-Hop.
Voilà.
Super. A vous, maintenant.
-Euh... J'ai pas fait l'école du cirque, moi.
Et puis dehors, je préfère garder ma béquille.
-Qu'y a-t-il ?
Vous craignez de passer pour une infirme ?
-Je suis quoi d'autre ?
Essayez de rentrer dans une boulangerie en fauteuil.
Et on ne dit plus
"infirme" mais "PMR", personne à mobilité réduite.
Comme on ne dit plus "sourd comme un pot"
mais "malentendant".
Et "malvoyant" pour "aveugle".
C'est fou, comme les gens ont peur des mots.
-Mais vous, vous avez peur du regard des autres.
-Vous feriez quoi, à ma place ?
-Je me dirais merci pour le travail que j'ai fait.
Ca fait toujours plaisir. Hop.
Hop.
Allez !
A vous de jouer.
Il faut pousser un peu.
Super.
Halètement. Il crie.
Ca va ?
-Hm.
Si vous saviez le nombre de fois où je me casse la gueule.
-Oui, j'ai vu, vous savez.
-Merci d'être là.
-Je fais juste mon boulot. C'est pour vous aider à vivre.
-Survivre.
...
-Euh...
En fait, j'ai pas le droit de faire ça.
-Je ne porterai pas plainte. Je te le promets.
-Oui, mais c'est pas possible quand même.
-Euh...
J'ai besoin d'être seule.
Vraiment.
Laissez-moi, s'il vous plaît.
...
Elle crie.
...
...
...
...
...
-Voilà.
...
Qu'est-ce qui se passe ? -T'as été suivi.
...
-C'est moi qui t'intéresse, papa ?
-Louis Antoine Mornas, 58 ans, bijoutier à Gap.
Votre acheteur de cet après-midi a été serré à Lausanne.
La sûreté suisse a retrouvé sur lui une partie des bijoux de Genève.
Le reste, c'est où ?
Chez vous ?
Vous savez que vous êtes foutu ?
Vous et votre famille.
Vous allez tous prendre entre 10 et 20 ans de prison.
Je serais vous, j'allégerais l'addition.
-Ma femme et ma fille n'y sont pour rien.
J'ai agi seul.
Je ne connais personne. Tout est cloisonné.
Je suis juste chargé de cacher la marchandise
et de la remettre à un acheteur.
Pour eux, je suis... une sorte de concierge.
-Un concierge ?
-Oui.
-Ils ont vachement augmenté le SMIC.
-On va en rester là.
On a ce qu'il faut pour une perquisition.
-C'est trop tôt. -Leur pilote est mort.
On en sait assez pour arrêter les frais.
Il faut relever les filets. -On n'a ni ADN ni empreintes.
Avec un bon avocat, ils s'en sortiront.
On a juste un vieux prêt à prendre 10 ans.
-On trouvera des éléments chez lui.
-J'ai besoin d'un flag', vraiment.
-Grâce à Marie Delorme ?
-Il y a un an, on l'a manipulée, comme à Genève.
Ils séduisent leur proie avant d'avoir accès à leurs données.
Mais là, c'est Marie Delorme qui les pousse à agir.
On peut réussir grâce à elle.
-OK.
Mais si ça dérape...
Sonnerie de portable.
...
Remue-ménage au loin.
...
Halètement.
Elle crie.
...
Elle halète.
...
...
Grand cri.
Marie halète.
...
-C'est moi, c'est moi.
Ca va ?
Elle halète.
...
Y a personne.
C'était qui ?
-Comment vous voulez que je le sache ?
Qu'est-ce que vous foutez là ?
-Vous répondiez pas à mes appels.
Vous avez aucune idée de ce qu'il voulait ?
-Non.
Non.
A part les bijoux...
on m'a rien volé.
-Ton père ne devait s'absenter que quelques heures.
-T'inquiète pas, il sait ce qu'il fait.
-Oh, tu boites ? -Non, c'est rien.
Hé, maman...
Date et heure de transfert de joaillerie des Ecrins.
Tout doit transiter par ici, par l'aéroport de Tallard.
-Quand ça ?
-Demain, 10h, fourgon Eurosur, comme à Lyon.
Maman... -Hm...
-38 millions d'euros. -Ah ?
-38 barres, tu te rends compte ? -Hm.
-C'est notre dernier braco. Après, on a la belle vie.
-T'as un pilote ? -Oui, Maxime.
Il a pas son brevet, mais il me doit bien ça.
T'es prête ?
Elle toussote.
Oui ? -Oui.
-Les petits croissants avec ça...
Ca fait une éternité qu'on m'a pas fait de petit déj'.
-Depuis Maxime ?
Maxime Weber, professionnel de wingsuit.
Pas de casier.
Sofia Mornas,
même chose,
sauf qu'elle a pris un an pour vol.
Les deux autres ont été inculpés pour des délits mineurs.
Après, y a les parents Mornas,
bijoutiers et receleurs des vols de leur fille.
Le père est maintenant dans les locaux de la BRI.
Je suis flic.
Je les traque depuis Lyon et la mort de Léa Tellier,
10 jours après ta chute, qui n'avait rien d'accidentel,
mais là, je t'apprends rien.
Je suis désolé, Marie,
mais il fallait que je sache qui les informait.
C'était toi,
la mieux placée.
-Maxime a profité de moi.
Et elle...
-Sofia ?
-Je lui dois ce que je suis devenue.
-Donc, tu as voulu te venger ?
-Même pas.
C'est le destin qui les a amenés sur ma route, ici, dans ma ville.
Les voir continuer à vivre normalement
pendant que je me traîne, c'était pas possible.
J'ai décidé qu'ils devaient payer.
Je voulais leur offrir un braquage. -C'était quoi, ton plan ?
-Les détruire.
-Provoquer une fusillade ? -Je les veux morts sur le tarmac.
C'est ça
qu'ils sont venus chercher cette nuit :
les détails du transfert. -Tu nous as rendu service
en leur tendant un piège.
Tant mieux. Mais maintenant, laisse-moi faire.
-(Ben oui... bien sûr.)
T'as raison. Comme ça,
ils auront un beau procès.
Et dans 10 ans, je les croiserai au marché.
"Salut, Marie, ça va ? Toujours infirme ?
"Nous, on s'en sort pas mal et on a planqué du fric,
"histoire de se faire une nouvelle vie."
Qu'ils crèvent !
Qu'ils crèvent.
-Tu as droit à la justice,
mais tu peux pas te venger comme ça.
-Pardon ?
Ils avaient le droit, eux, de tuer Léa,
qui venait d'avoir un gosse ?
Ils avaient le droit de saboter mon parachute ?
Et moi, j'ai droit à un fauteuil roulant ?
T'es qui pour me dire
ce qui est bon pour moi ?
Tu sais ce que je ressens, quand je me vois dans la glace,
quand je serre les dents chez le kiné ?
J'avais une vie, moi,
avec des rêves, avec un avenir.
Et eux, ils m'ont tout pris. Ils m'ont volé ma vie.
Tu comprends ça ?
Si tu savais le nombre de fois où j'ai voulu crever,
où je voulais pas me réveiller.
J'ai même cherché à me pendre.
Je voulais juste retrouver mon visage d'avant,
mon corps d'avant.
Tu l'as vu, toi, mon corps, hein ?
T'en as même pas voulu.
Alors, au nom de quoi
il faut que j'accepte mon sort ?
Au nom de quelle loi à la con faut que j'accepte mon sort ?
-Les voir morts, ça te rendra rien. -Ca me soulagera
d'avoir été souillée.
-Je te demande de me faire confiance, Marie.
S'il te plaît.
-Qu'est-ce qui me prouve que tu vas pas me trahir ?
-Rien.
-J'ai fait au plus vite.
-Merci beaucoup d'être venue. Je vous la confie.
-Ca va, Marie ?
Marie, vous êtes prête ? -Oui, j'arrive.
-Il est où, Louis ? Hein ?
Il est où, mon mari ? Qui est ce type qui traîne chez toi ?
Un putain de flic, hein ? Réponds.
Réponds ! Tu nous as vendus, salope !
Tu nous as vendus, saloperie ! -Ton mari a été arrêté.
Et c'est bientôt au tour de toute ta portée de rats.
T'es cramée, Mornas. T'as pas compris ça encore ?
Gap est un piège.
Sofia va tomber, tu vas tomber.
Ca fait trop longtemps que j'attends ça.
-Jamais ! Jamais !
-Autorité à tous, on se tient prêts.
-On a un problème. -Quoi ?
-On a une cible aux commandes de l'appareil.
Une cible aux commandes de l'appareil.
Elle gémit.
Grognements d'effort.
-Fourgon en approche.
Grognements d'effort.
-On bouge pas, on se tient prêts.
*On tape dès qu'ils sortent les bijoux.
-Allez, tu descends !
Baisse la tête.
Allez, allez.
-Merde.
Oh, putain. Viens.
Grognements d'effort.
-Lieutenant Pleven.
Comment ça ?
Merci.
Marie Delorme a disparu.
Selon sa kiné, elle a été enlevée hier.
-Merde.
Putain.
-Allez, sors. -Descends, dépêche-toi.
-Luc !
Luc ! Arrête-les !
Arrête-les !
On s'en fout, de moi ! Arrêtez-les, putain !
Tuez-les !
On s'en fout !
Luc !
Arrête-les !
-Monte ! -Arrête-les !
-Tiens 2 et 5
prêts.
Luc, on fait quoi ?
-Autorité à tous.
Personne ne bouge. Je répète : personne ne bouge.
Combien de temps pour un appareil du PGHM ?
-Lieutenant Pleven...
Combien de temps pour un hélico ? OK, merci.
16 minutes.
-C'est 10 de trop.
Il faut garder leur position jusqu'à la zone de saut.
-A condition qu'ils sautent. -Ils auront pas le choix.
...
-Félicitations, Marie.
Tout ça, c'est grâce à toi.
C'est la version officielle,
quand on retrouvera
ton corps dans les débris.
-Excuse-moi. Je voulais pas ça. -Ta gueule !
-Ho, Max !
Max, va te préparer.
T'auras pas de seconde chance.
...
*-Là, à 10 h.
*Connecte-toi sur leur fréquence radio.
*-C'est fait.
*-OK. Marie...
*Marie, on est derrière toi.
*Je suis dans l'hélico, derrière toi. Tu m'entends ?
*Derrière toi ! Marie !
*Marie ! Tu m'entends ?
*-Luc ! Luc !
*Ils m'ont laissée toute seule !
*Ils ont tous sauté !
*Je veux pas mourir, Luc !
*-Panique pas, Marie.
*Il va falloir que tu sautes.
*L'avion va se crasher.
*Fais-moi confiance. J'ai un parachute.
*-Tu m'as dit que tu pouvais pas !
*-Ecoute-moi, Marie.
*Je peux pas, mais je vais devoir. Fais-moi confiance.
*Je vais venir te chercher.
*Il faut que tu sautes.
*D'accord ? Laisse-moi 10 secondes.
*-Je peux pas ! Je veux pas mourir ! Je peux pas !
*-Je vais venir.
*Accroche-toi bien, Marie, mais saute de ce putain d'avion.
*Il va se crasher.
Elle crie.
...
Explosion au loin.
Propos indistincts.
...
-Ca va ?
Ca va ?
Tu restes là.
Je vais revenir te chercher. Tu bouges pas.
Fais-moi confiance.
Tu restes là. -Oui.
Bouge pas, OK ?
Propos indistincts.
...
... -Je m'en occupe.
-OK, Max, le casque !
...
-C'est parti ! Go !
-Stop ! Police !
Sortez de là. Sortez de là !
Allez !
Ecarte-toi.
Ecarte-toi !
Personne ne bouge.
Marie !
-(Merde.)
-Reste pas là, Marie !
Reste pas là !
-Elle crèvera jamais,
celle-là.
-Non ! Coup de feu.
...
-Sa mère a été arrêtée
à sa bijouterie.
Mais elle est dans le déni, comme son mari.
Elle veut protéger sa fille.
Elle sait pas ce qui lui est arrivé.
-Et Lola ?
Elle a plus de famille, maintenant,
à part moi.
-Marie, je suis prête, je vous attends.
-D'accord.
-Marie, si t'as mal, tu cries.
-C'est gentil, mon chat.
Elle rit.
Il frappe.
-Bonjour.
Police. Elle rit.
Je passais dans le coin, alors... -Ah oui ?
Depuis Lyon ? -C'est ça.
-C'est ça... Tu t'es perdu, quoi.
-Oui, mais non. Ils rient.
Je t'ai apporté de quoi dîner.
Je peux même le faire réchauffer. -D'accord.
A l'essai. -A l'essai, bien sûr.
Tiens.
J'ai trouvé ça par terre, alors... -Tu t'es dit...
Merci.
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