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Zulu
...
Musique douce
---
Ambiance festive
- UN DISCOURS, UN DISCOURS!
UN DISCOURS, UN DISCOURS!
Cris de joie
---
- Je vous aime, les gars. - OUAIS!
- Mais je pleurerai pas.
Surtout pour mon groupe:
Yohan, Jérôme, Loïc, Willy, Marceau,
Fred.
Les formulaires me manqueront
et les dysfonctionnements du LRP.
Ca, quand tu perds
15 pages de PV par magie.
- Ah bah ça, oui.
- Des jeunes cons se disent
que la retraite est loin.
C'est pas faux.
Mais quand vous serez à mon âge,
ça n'existera plus.
Je voulais annoncer...
- OH, NON!
Je voulais...
- Vous faites chier. Vas-y.
- Non, t'es le roi
de la soirée.
- T'es fier de prendre la relève?
- Les gars, je suis fier,
très fier de prendre sa relève.
Cris de joie
Tu sais que c'est vrai. Voilà.
- OH, NON! Protestations
--- - A la santé de Touranchot.
- Santé!
--- - C'est quand même louche
un Breton qui boit du pastis.
- C'est un mystère.
Merci, Marceau.
- Santé!
- Santé à tous.
Merci, merci.
- Hé, les gars!
- LA TANCHE! LA TANCHE!
LA TANCHE! LA TANCHE! LA TANCHE!
LA TANCHE! - Le retraité!
- Pour ta chambre à coucher.
- Bande de petites salopes.
- La photo.
- On se place.
- La Tanche, viens.
Pousse-toi.
- Attention
A la PJ, on sourit.
Un chien aboie.
---
---
---
Rires
- Reste encore un peu.
- Tu bosses pas demain.
- Tu rejoins Wesley? - Non, je vais dormir.
- BONNE NUIT.
- Rentre bien. - On se voit demain.
- BISOU, BONNE NUIT.
Aboiements
---
Miaulement
Aboiement
- Ma Nanie, je t'aime trop, t'es la meilleure copine du monde.
Et je te fais plein, plein, plein de bisous.
Bip
- Clara.
- T'es qui?
Feu
Musique lente et solennelle
---
Téléphone
*-C'est qui le chat noir?
- C'est Boris.
- Je suis quoi?
- Le chat noir.
*-C'est lui. *-C'est clair.
- T'es là depuis 3 jours,
on est saisis.
*-Après une cuite.
Dans la pampa. *-C'était pour les gendarmes.
- Tu portes la poisse.
Souris pas,
on est sérieux.
- T'étais d'astreinte cette nuit.
Ta première astreinte.
T'as la guigne.
- Fred aussi était d'astreinte. - Il a jamais eu de saisine.
*-J'aime pas
comment tu te défausses.
- Ou c'est Yohann.
A peine chef de groupe, bim!
Musique lente et solennelle
---
Miaulement
- Les gendarmes tirent la gueule. - C'est chez eux.
- Pourquoi ils sont pas saisis?
- Ca... On a assez de boulot.
Le proc n'a rien voulu savoir. Il voulait la PJ.
Il pense qu'on bosse mieux. Ce qui n'est pas faux.
Sonnette
- BONJOUR. - Police judiciaire.
Enquête de voisinage. On peut entrer?
...
- Et le légiste?
- Il devrait pas tarder.
Téléphone
---
*-Allô?
Allô, Clara?
- Capitaine Vivès, police judiciaire.
On a trouvé ce téléphone.
La personne que vous appelez,
c'est Clara comment?
*-Vous êtes de la police? - Oui, répondez.
Clara comment?
*-Euh, Royer, Clara Royer.
- Y-E-R?
*-Oui.
- Et son adresse?
*-17 Chemin des Terres Blanches. Vous avez son téléphone?
- Je peux rien dire.
Votre identité, c'est Nanie comment?
*-Béguin, Stéphanie Béguin.
- Tu parles?
- Si tu veux.
- Je préfère, oui.
Je déteste annoncer
la mort d'un enfant.
Le reste, je m'en fous,
les trucs crades, mais ça...
- Madame Royer?
- Oui.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- Police judiciaire.
- Oui, il s'agit de quoi?
- Nous pouvons entrer?
- Qu'est-ce qui se passe? Y a un problème?
- Entrons, c'est important.
Votre mari est là?
- Non, il travaille.
Je l'appelle?
- On s'en charge. Il rentre à quelle heure?
- Je sais pas, 18 h, 18 h 30.
Qu'est-ce qui se passe?
- Asseyez-vous, ça va prendre du temps.
- Je peux savoir?
- Cette nuit, une jeune femme a été tuée.
Nous pensons...
- Yohan?
- Nous pensons qu'il s'agit de votre fille.
- Quoi?
- Nous avons trouvé un corps.
Il s'agirait de Clara.
- Clara?
- Oui.
- Elle est chez Nanie.
- Non, elle n'a pas dormi chez elle.
- Clara est chez Nanie.
- Madame,
Clara n'y a pas passé la nuit. Elle a été agressée
en rentrant.
- Qu'est-ce que vous racontez?
Porte
Nanie, elle est où Clara?
- Elle est pas là?
- Je comprends pas.
- Asseyez-vous.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Asseyez-vous.
- Je veux pas m'assoir!
- Madame,
nous pensons que la jeune femme qui a été tuée est Clara, votre fille.
- C'est pas vrai! C'est pas vrai!
Vous mentez! Vous mentez! Sortez de chez moi! Sortez!
Nanie! Je veux la voir!
Elle est où? Nanie!
- Calmez-vous.
- Elle est où? Elle est où?
Clara! Clara!
- On était entre filles.
On s'amusait, on bavardait.
- Qui était au courant?
- Je sais pas.
- Clara voulait
rejoindre quelqu'un?
- Non, non, non.
Elle voulait rentrer chez elle.
- Clara avait des ennuis?
Des différends?
- Non, elle s'entendait
avec tout le monde.
Elle était pas compliquée.
- Des ruptures?
- Oui, pas mal.
Elle tombait facilement amoureuse.
- Une rupture récente?
- Non, depuis des mois, elle sortait
avec Wesley.
Elle l'avait rencontré au boulot,
à la Toussuire, au bowling.
- La Toussuire?
- La station, au-dessus.
- Wesley comment?
- Fontana, Wesley Fontana.
Elle m'a envoyée une vidéo.
- Quand ça?
- Cette nuit,
juste après être partie.
- Vous me montrez?
*-Ma Nanie, je t'aime. T'es la meilleure copine du monde.
Je te fais plein plein de gros bisous.
- Je dois récupérer la vidéo.
Il m'est arrivé un truc.
J'annonçais le décès.
J'ai aperçu une photo.
Elle petite avec un chat.
J'ai pas pu.
Rien ne sortait.
- Tu venais de voir le corps.
C'est plus dur quand on l'a vu.
- Oui, peut-être.
J'étais comme
au bord d'un grand trou.
J'étais dans le noir.
- T'as buggé, ça arrive.
- Un drôle de bug.
J'ai cru que j'étais mort.
- T'exagères pas un peu?
- Oui, t'as raison.
- Clara habitait ici?
- Oui, complètement.
Il lui arrivait de dormir ailleurs. On n'était pas après elle.
Elle habitait ici.
- Vous connaissiez son petit ami? - Wesley?
Pas très bien.
Clara était plutôt pudique.
Wesley venait la chercher. Je lui ai parlé une fois.
Elle semblait amoureuse.
- Vous étiez proches?
- Oui, enfin, on parlait pas
de choses vraiment intimes.
Peut-être avec sa mère.
- Comment vous la décririez?
- Je suis son père.
Je la vois avec mes yeux de père.
Intelligente.
Oui.
Et joyeuse.
- Brûler une gamine,
faut être dégénéré.
C'est un délire fanatique?
Une gamine ou pas, faut avoir l'idée
d'avoir un bidon d'essence.
C'est pas un coup de couteau.
Même fou de jalousie,
tu dis pas "je vais mets le feu".
- Un coup de couteau, tu le dis?
- Non, mais tu peux comprendre.
Tu te dis, il pète un câble.
Là, il s'est dit quoi, le mec?
- Ca sent la punition,
comme avec l'acide.
Tu te souviens à Echirolles?
- Ouais. - Non, ils veulent marquer la fille.
- Ou il comptait pas la tuer.
- Sadique et crétin?
- Pourquoi pas? On dit "il",
si ça se trouve, c'est "elle".
- C'est les femmes qu'on brûle.
Jeanne d'Arc, les sorcières.
Les mecs, on décapite,
on crucifie, on fusille.
- Des hommes s'immolent.
- Compare pas avec un malade
qui crame une jeune fille.
- Je dis comme toi. Ce sont toujours les hommes
qui mettent le feu.
- Sans compter le barbecue.
- T'as sauté
dans la piscine, la barbe en feu.
- Allez plutôt écrire vos PV.
- Pardon, et pour les heures sup?
Vous les notez?
- T'es mal barré, toi.
- T'as quel âge?
- 27.
- Et tu comptes tes heures?
- C'est pas du bénévolat. - Oui.
- Elles doivent
être prises en compte.
- Dans un monde normal.
- On sera payés
quand le monde sera normal.
- "Monsieur et Madame Tudesq...
Tudesque déclarent n'avoir rien vu,
ni entendu.
Au 26 de la rue Jean Huguet,
monsieur et madame Vovelle
déclarent n'avoir rien vu,
ni entendu."
- Tu peux faire ça en silence?
- Ouais, pardon.
- Yohan,
on est en extension de compétence?
- Non, pourquoi?
- Ca reste notre compétence.
- C'est chez les gendarmes.
- On n'est pas en 18.3?
- OK.
- C'est pas possible!
J'en ai marre!
- Quoi?
- C'est l'encre, ça fuit partout.
Les rouleaux sont bloqués.
- T'as mis l'élastique?
- Je l'ai inventé.
Donc oui, il est là.
Je mets la petite cale,
je mets l'élastique.
On entend le petit clic, j'appuie.
Ca marche pas.
Je suis pas réparateur! Moi, je veux imprimer mes PV!
- Embrasse Nathalie.
Il frappe.
- Je peux te parler?
- Ouais.
- C'est la merde, en fait.
La grosse merde.
Je crois qu'on va divorcer.
- Ah...
- Elle est enceinte.
- Et vous allez divorcer?
- C'est une histoire à la con.
Ca fait un moment
qu'on essaie d'avoir un enfant.
J'avais passé l'âge.
J'étais pas contre non plus.
Finalement,
l'idée me plaisait bien.
On arrête les contraceptifs,
rien ne se passe.
Je me dis:
ça viendra quand ça viendra.
Mais pas Nathalie, non.
Avec les années, ça la stressait.
Elle vérifiait les dates,
la température.
Elle passe des examens,
elle veut que j'en passe aussi.
Elle me prenait la tête.
- Et donc?
- Les examens sont bons,
on n'est pas stériles, quoi.
Le gynéco dit de patienter,
donc on patiente.
Et elle rencontre un type.
Elle me le cache pas.
Elle le voit régulièrement.
Elle dort moins à la maison.
Je prends sur moi.
Ca peut passer,
faut qu'elle aille voir ailleurs.
Et elle m'annonce qu'elle est
enceinte et qu'elle veut divorcer.
Tu te rends compte?
Ca fait
3 mois, elle est déjà enceinte.
Ca m'a fichu un méchant coup.
Déjà, c'était pas très joyeux.
Avec l'autre, ça a marché direct.
C'est injuste.
A demain.
Musique douce
---
- Tu connais Clara Royer?
- Je la connais.
Pas très bien, mais oui.
- Vous êtes ensemble?
- Ensemble?
Oui et non.
- Oui ou non?
T'es son petit ami.
- Non.
Franchement, non. C'est une connaissance.
- OK. Depuis quand?
- Je pourrais pas dire. - Une semaine, un mois, 2 ans?
- Moins de 6 mois.
Elle faisait des extras.
Et le soir, j'étais au bar,
je lui ai offert un verre, sans
arrière-pensée.
- OK. Et alors?
- Je me suis laissé tenter, quoi.
On a passé la nuit ensemble.
- Et?
- Ensuite, on a continué à se voir un peu.
Pour dire la vérité,
Clara, c'est pas trop mon style.
Elle est mignonne,
mais c'est pas...
C'est bizarre, je raconte ma vie. Qu'est-ce qui se passe?
Clara
a dit quoi?
- Rien.
- Elle est morte.
- Quoi?
- Elle a été assassinée.
- Vous êtes tarés.
Fallait commencer par ça.
- C'est-à-dire?
J'aurais pas dit ça.
- Je croyais... Je pensais...
- Quoi?
- Je croyais qu'elle avait fait une connerie,
- Pour dire quoi?
parlé de moi.
- J'en sais rien.
Elle était amoureuse de moi et pas moi.
- Pourquoi?
- En fait, Clara, c'était une fille sympa.
Mais je me suis un peu forcé.
C'est elle qui me relançait.
Je faisais une pause avec ma copine.
- Vous vous disputiez?
- Non.
- Ca arrive aux couples.
- On n'était pas un couple.
- Elle a dû faire des crises de jalousie.
- Non, jamais.
- Ton amie est jalouse, elle?
- Elle sait pas.
Vous lui en parlez pas?
Il soupire.
- Tranquille, lui.
- Un grand romantique.
On a entendu les copines de Clara. Fred exploite
le téléphone.
Elle a passé la majeure partie
de sa journée chez elle
à regarder des séries.
A 16 h, elle s'est rendue
à l'escalade. - Parmi les abonnés,
il y a un contact de Clara:
Jules Leroy.
Quand Clara se rendait à la salle,
Leroy y était.
- Intéressant.
Dont le 12.
- C'est lui.
Il habite chez sa grand-mère.
- Il a quel âge?
- Non, 21, comme Clara.
12 ans?
- On dirait Willy avec une perruque.
- Tu rêves!
- Ca t'irait bien.
- Et le petit copain, Wesley?
- Sa copine confirme son alibi.
On attend le bornage
- Une écoute?
de son téléphone.
- Lui, sa copine
et le patron du bowling.
- OK.
Sonnette
- Police judiciaire.
- Bonjour.
- Je crois qu'il dort.
- Nous voudrions voir Jules Leroy.
- On va le réveiller.
Vous nous indiquez sa chambre?
- Oui, entrez.
Suivez-moi.
C'est en bas. - Merci, madame.
- Il est de ouf le champion. Son ulti' est incroyable.
J'avais pas vu. Tu peux me cover le mid'?
Vas-y, bouge. Ouais, nickel.
Putain, le bâtard. Je suis mort, putain!
- Jules Leroy?
- Ouais.
Je sais pas quoi dire.
- T'étais avec elle ce jour-là?
- Ouais, à la salle.
- Commence par ça. Quelle salle?
- D'escalade. Elle m'avait pris comme coach.
- De quelle heure
à quelle heure?
- Elle est pas restée longtemps. Je dirais 1 h.
De 16 à 17, un truc comme ça.
- Ensuite?
- Elle est repartie.
- Où ça?
- Je sais pas.
- Vous couchiez ensemble?
- Quel rapport?
- Je pose des questions, tu réponds.
Si tu refuses, on le note.
Vous couchiez?
- Ca nous arrivait.
- Elle avait un copain.
- Et moi une copine.
C'était juste comme ça.
Clara était pas compliquée.
On était sexfriends.
- Sexfriends?
- On couchait ensemble,
mais comme des amis,
pas des amoureux.
- Elle parlait de son copain?
- Ca m'intéressait pas.
- Il était au courant?
- Ca m'étonnerait.
- Pourquoi?
- Je pense pas
qu'elle aurait voulu qu'il sache.
- Elle te l'a dit ça?
- Non, enfin...
- Elle en a jamais parlé?
- Ca m'intéressait pas.
Je suis pas jaloux.
- Lui l'était?
- Ouais, sûrement.
Tous les mecs sont jaloux.
- Pas toi.
- Non, j'ai décidé
de pas l'être. Mais de base,
on est tous jaloux, en vrai.
- Donc il était jaloux?
- Oui, sûrement.
Rire étouffé
---
- Ca te fait marrer?
- Je pensais à autre chose.
- A autre chose?
- Oui, non, un truc
qu'un pote m'avait dit.
---
- Tu sais de quoi elle est morte?
- Oui, cramée, je crois.
- Tu crois?
Elle a été brûlée vive.
Vas-y, dis-le.
- Elle est morte comment?
- Elle a été brûlée vive.
- Ouais.
- Brûlée vive.
---
- Quel petit con!
- Tu y crois aux sexfriends?
- Ca te paraît louche?
- Non, dans la vraie vie.
- T'es un sentimental.
Faut que je sois amoureux.
Il a dit qu'elle était facile?
- Non, pas compliquée.
- C'est pareil.
- Non, en français, c'est pas la même chose.
- En français,
tu m'emmerdes, ça prend deux M?
- Alors? Ca t'a plu la morgue?
- Super.
- T'as dégobillé?
- Non.
Il ricane.
Pas de coups et blessures.
Asphyxie par les fumées.
Toxicologie, rien, alcoolémie
faible, pas de rapports sexuels.
- OK.
- Je sens pas trop la...?
- La quoi?
- Bah...
La mort, la morgue.
- Si, quand même.
T'as du change?
- Non.
- Faut toujours en avoir.
Demande à Fred.
- Tu connais Jules Leroy?
- Oui, il était
au lycée technique avec nous.
- Clara couchait avec lui?
- Oui.
- T'as pas parlé de lui.
- J'ai pas pensé.
- T'aurais dû. Je vais croire
que tu caches des choses.
Tu le protèges?
- Non.
Non, pas du tout.
C'était pas important.
- C'est important.
Je t'explique pas pourquoi.
Si Clara fréquentait 2 types,
je dois le savoir.
Beaucoup de crimes
sont commis par jalousie.
- Pardon. - Dis toutes les personnes
avec qui il y a eu quelque chose.
Personne la connaît mieux
que toi.
- Gabi Lacazette.
- Oui.
- Avec un Z?
- C'est qui?
- Il est des Avettes.
Il était aussi au lycée. Clara est sortie avec avant Wesley.
- Elle l'a quitté pour Wesley?
- Non, je crois que c'était fini.
Gabi était très jaloux.
- Quoi d'autre?
- Je sais pas.
Ca lui plaisait de se montrer avec lui.
Elle aimait les bad boys.
- Y en avait d'autres?
- D'autres?
- Les bad boys. C'est qui les autres?
Arrête de parler au compte-gouttes.
Musique douce et rythmée
---
Téléphone
- Oui?
Je descends le chercher.
Jé? - Quoi?
- Langue de pute,
Lacazette a répondu à ma convocation.
Ca va le porte-avion?
- Je le savais. J'avais appelé la gendarmerie.
- Et t'as appelé quand?
- Dès que j'ai appris, le 14.
- Ils ont dit de nous contacter? - Non.
- Pourquoi vouloir te voir?
- Pour la chanson.
- Celle sur Clara.
- Quelle chanson?
- C'est quoi
cette chanson?
- Un rap vénère. Vous l'avez pas entendue?
- Non.
- Je suis pas là pour ça?
- Et ça dit quoi?
- Ca dit que je vais la cramer.
- Elle m'a fait des plans.
- Pourquoi la cramer?
C'est pas une meuf fidèle. C'était pas.
C'était jamais facile. Y avait ses parents.
Elle faisait la princesse.
Moi, je bosse, moi.
Je donne la moitié à ma mère. Je veux ouvrir mon label.
J'ai pas envie
de payer l'hôtel.
- On peut l'entendre?
- Il est sur YouTube.
- J'aimerais que tu chantes.
- Là, ici, maintenant? - Là, ici, maintenant.
- Je peux pas. Il me faut une prod, un beat.
- T'as pas besoin de beat,
tu peux le faire comme ça. Vas-y.
Vas-y.
- Clara, c'est clair Y aura pas de clarinette
Je viendrai en bas de ta fenêtre Avec un cocktail molotov
On attend quoi pour foutre le feu T'es En souffrance
J'ai le pétard
au cas où l'essence suffit pas
Tu vas morfler, cuire
Prépare-toi, l'incendie se réveille
Je vais te cramer, te carboniser Te jeter aux braises
Te laisser en cendres
- C'est bon.
- Vous demandez. Si j'avais su,
- Tu l'as fait.
j'aurais pas rappé ça.
- C'est des mots.
- C'est important les mots!
- C'est pas moi.
Jamais j'aurais pu. Je suis pas un mec violent!
- Pas violent! T'entends ce que tu chantes?
La cramer!
C'est quoi cette obsession?
Qu'est-ce que t'as dans ta tête
pour avoir ces idées? Et si ta chanson
a donné l'idée à un décérébré? T'as pensé à ça?
T'es complice!
- Vous me mettez en G.A.V.? - C'est sûr.
- Vous pourrez prévenir ma mère?
Elle va être morte d'inquiétude.
- Tiens-t'en aux faits.
- Comment ça?
- Si tu parles plus que lui,
c'est contreproductif.
- J'ai été contreproductif?
- Un peu, oui.
- OK.
Je vais pisser.
- Marceau?
Willy dit que tu dors au bureau.
- C'est compliqué à la maison.
T'inquiète, je me débrouille.
- Toilettes, salle de bain.
Tu dormiras là.
N'en fous pas partout quand tu pisses.
- T'es sérieux?
- Oui.
Je veux pas
nettoyer ta pisse.
- Je pisse proprement.
- Ils disent tous ça,
mais au bureau...
- On est 24 au bureau. Tu me tiens pour responsable?
- Prends pas de risque,
pisse assis.
- T'es vraiment cintré.
- Tu savais pas?
- Pas à ce point.
*-Bonjour, répondeur d'Emilie. Laissez un message.
*-Bébé, c'est encore moi. Me laisse pas sur répondeur.
Je m'en foutais de Clara, c'était rien, c'était une pauvre fille.
*-Marion, c'est Jules, ça va? *-Ca va.
*-Je me demandais,
on va à l'escalade cet aprèm? *-Ouais.
*-Trop bien. La dernière fois, c'était bien.
*-J'arrive pas à vivre sans toi. T'es la femme de ma vie.
- C'était au courrier.
Ca m'a paru curieux.
- Merci.
Musique lente et inquiétante
---
Fred?
Viens voir.
Ca a été posté à Saint-Jean.
- C'est un vrai dingue.
---
Chasse d'eau
- T'es pas censé ramener ça.
- Je sais.
- Je pense à Nathalie.
Je l'aime comme un dingue.
J'entends mon coeur, boum boum boum.
Ca m'angoisse.
- Tu devrais voir la psy.
- La psy...
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes
ont tout à l'heure passé
Tu connais?
- Non.
- On vous apprend rien à l'école.
Paul Verlaine, "Colloque sentimental".
Leurs yeux sont morts
et leurs lèvres molles
Et l'on entend
à peine leurs paroles
Dans le vieux parc
solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé
...
*-Ma Nanie, je t'aime. T'es ma meilleure copine.
Je te fais plein plein de gros bisous.
Ma Nanie, je t'aime. T'es ma meilleure copine.
Je te fais plein plein de gros bisous.
- Elle l'a filmé.
- Quoi?
- Elle l'a filmé.
- Où ça?
- Sur le banc.
- Ca peut être l'ombre de l'arbre.
- Non, regarde.
C'est le banc.
Il est assis, il l'attend.
- On peut rien en faire.
C'est que des pixels.
On se casse, on gèle.
Yohan?
Musique lente et inquiétante
---
- Vous êtes de la PJ?
Vous enquêtez pour Clara?
- Ca vous intéresse?
- Je vous observe.
- Denis.
- Vous êtes qui?
- Douet.
- Denis comment?
J'ai envoyé le briquet.
- Quel briquet?
- Jaune transparent. Je l'ai trouvé.
Le meurtrier l'a peut-être jeté en quittant les lieux.
Vous l'avez pas reçu?
- Où vous l'avez trouvé?
---
- Je l'ai trouvé là.
- Vous habitez où?
- Ici.
- Comment ça?
- Juste là, là.
...
- On t'a pas vu
à l'enquête de voisinage.
- J'étais là. Personne n'est venu.
- Tu vis là?
- C'est à mon oncle.
Il s'occupe du potager, moi, je suis pas trop légumes.
Petit rire
- Tu fais quoi?
- Pas grand-chose.
Je dors mal, je fais la grasse matinée.
J'étais mal pour Clara, j'ai fumé comme un porc.
Je devrais pas vous raconter ça.
- Vous connaissiez Clara?
- Oui.
Je suis l'un de ses ex.
- Un ex?
- Oui.
On a couché ensemble.
Mais on était plus ensemble.
On se voyait moins.
On n'a jamais été en couple.
On se fréquentait secrètement.
Elle venait si elle se disputait avec ses parents.
Je lui filais des cigarettes.
- Tu l'as revue quand?
- Je sais pas, je saurais pas dire.
- Non.
- Cette nuit-là, tu l'as vue?
- Elle est passée tout près.
- Je l'ai pas vue.
- T'as rien entendu?
- Non.
- Bonjour.
- Bonjour.
- Stéphanie Béguin, s'il vous plait.
- Je vais la chercher en cuisine.
...
- Denis Douet, tu le connais?
- Denis? Oui, de loin.
Je l'ai pas cité?
- C'est ça.
- Désolée.
C'est une connaissance de Clara.
Il squatte un cabanon.
- Ils avaient une relation?
- Avec lui?
Jamais de la vie.
Il est répugnant, il la dégoûtait.
- Rien que d'en parler...
- C'est elle ou toi qui dit ça?
- Comment ça?
- Qu'est-ce qu'elle a dit?
- Ca, qu'il était répugnant.
- Il lui a fait des avances?
- Il était collant.
Elle s'était fâchée.
Il la collait trop chez lui.
Elle voulait plus le voir.
Clara m'en parlait pas. J'approuvais pas.
Il fait rien, il travaille pas, il fume et se branle.
Pardon, mais c'est vrai.
- Elle a couché avec lui?
- Non.
- Elle te l'a pas dit.
- Qu'est-ce que ça change? C'est pas elle!
Vous comprenez pas. C'est pas elle, elle a rien fait.
Ce qu'elle foutait avec lui? Avec les autres?
On dirait une pute, là.
Elle a couché ou pas? Ca change quoi?
Elle a pas commis de crime.
- Personne ne dit ça.
- Vous dites qu'elle couchait avec tout le monde.
Elle y serait pour quelque chose? Je vous réponds.
Pourquoi elle s'est fait tuer? Je sais, je vais vous dire.
Parce que c'était une fille.
Voilà, c'est tout, c'était une fille.
C'est pas elle.
On parle pas d'elle, là.
Clara aimait plaire, ça oui.
Elle tombait toujours sur le mauvais type.
Si ça se trouve, elle a pas refusé ses avances.
C'était une fille gentille.
Elle voulait rire et profiter.
J'arrive à dire que des saloperies, mais...
C'était mon amie.
Elle me manque.
...
- Tu l'as acheté où? - Je l'ai trouvé.
- Quand, comment?
- Je l'ai déjà dit.
- Tu le redis.
- Le 15, je l'ai trouvé
par terre à côté de ma voiture.
- Oui.
- En marchant?
- Et tu l'as envoyé?
- Aider à te trouver?
- Pour aider.
- Quoi? - Pour qu'on te remarque.
- Je comprends rien.
- Tu la dégoutais. Elle effaçait tes messages.
Elle te méprisait. T'as voulu la punir.
- Vous y allez fort.
- Ne parlez pas, maître.
Tu te sentais rejeté.
- Vous êtes dingue.
- Qu'est-ce que tu t'es dit?
Soumettez-moi au détecteur de mensonge, vous verrez.
- "Le 15 octobre, j'ai trouvé
le briquet en allant à ma voiture.
Je l'ai envoyé à la police."
C'est ça?
- Oui.
- "Je n'ai pas tué Clara Royer."
- C'est ça, j'ai rien fait.
- T'es énervé ou c'est moi?
- Toi quoi?
- Moi qui crois que t'es énervé.
Ou je t'énerve.
- Non, mais ça peut venir.
- OK, t'es énervé.
- Tu veux dire quoi?
- Rien.
- J'essaie de me calmer,
mais tu me fais chier.
- OK.
On fait un boulot bizarre.
Tu trouves pas?
- Dis ton truc ou tais-toi.
Je suis fatigué.
- On fait un boulot bizarre.
On interroge, on fouille,
on écoute les conversations.
Et on écrit
des rapports, des rapports.
- C'est ça.
- On combat le mal
avec des rapports.
- On n'a pas de piste, pas de preuve
et pas de photocopieuse!
- C'est le bien contre le mal
sans photocopieuse.
Musique lente et mystérieuse
---
- C'est aussi une région.
- Un région d'où?
- Du Botswana.
- Il travaille
dans la géographie, maintenant.
- Passe-moi la harissa.
- Fais gaffe, elle arrache.
- Pourquoi tu souris?
Tu t'es fait dépuceler?
- Vas-y, accouche.
- Je vais me marier.
- Je me marie avec Pauline.
- Quoi?
- Pauline?
- Ma copine.
- Oui.
- T'es sérieux?
- Mais t'es un bébé, toi.
- A la mairie et tout?
- Oui. J'ai fait ma demande.
On se marie en mars.
- Elle est enceinte? - Non.
Jusque-là, non.
- Pourquoi vous vous mariez?
- Pour le plaisir, qu'elle soit ma femme, moi son mari.
Et aussi pour faire la fête.
- Pour faire la fête?
- Ah ouais. - Vous vous connaissez depuis quand?
- 6 mois.
- 6 mois?
- Waouh.
- Mais, hé,
on s'aime vraiment.
- Si vous vous aimez...
Redescends sur terre.
- Précipite pas,
mauvaise idée.
- Tout le monde dit ça.
- Laissons-le.
- Ils sont lucides.
- Non, faut lui dire.
Déjà se marier pour n'importe qui,
c'est une grosse connerie.
Quand t'es policier,
et à ton âge, c'est un suicide.
- Je crois pas.
- Tu verras.
- Je verrai.
- Droit dans le mur.
- Vos couples, c'est pas une règle.
Regardez, vous êtes aigris.
Vous croyez plus en rien.
Avec Pauline, c'est un coup de foudre.
- Tu m'angoisses!
C'est pénible, ça monte, là.
Elle sait
que tu vas aux putes?
- J'y vais régulièrement pour...
voir qui pense à Clara.
C'est peut-être idiot.
Ce matin, j'ai trouvé ça.
J'ai trouvé ce teeshirt.
Je crois que c'est du sang.
Je l'ai pas touché.
J'ai pris des gants
et ce sac plastique.
J'ai pris des photos
pour montrer
comment il était.
Voilà.
J'espère ouvrir une piste.
- Le sang est à Vincent Caron. 31 ans, fiché.
Il a blessé
la mère de son garçon.
Fracture de la mâchoire, 5 dents cassées, devant le gamin de 4 ans.
Elle avait perdu connaissance après une strangulation.
Elle avait des hématomes partout, des côtes cassées.
4 mois de préventive,
puis il a été relâché. Il est toujours pas jugé.
Il vit à Modane, chez sa copine, une institutrice, Nathalie Bardot.
...
Sonnette
- Police Judiciaire.
Vincent Caron?
- Ouais.
...
- Marceau?
- Va les chercher.
C'est à vous?
- C'est pas chez moi.
Tu peux répondre?
- Je m'en sers
comme détachant.
- Comme détachant?
- Oui.
...
- On a avisé ton avocat il y a 2 h, on va commencer sans lui.
- Il est sur Lyon.
- Tu as refusé
un avocat commis d'office.
- Je m'en fous,
vous faites pas peur.
- Tu reconnais?
- C'est à moi.
- Et le sang?
- C'est à moi aussi.
- Tu connaissais Clara Royer?
- Oui.
- Arrêtez de me tutoyer.
- Tu la connaissais d'où?
- Ah, d'accord.
Vous la connaissiez d'où?
- Elle m'a demandé
en ami sur Facebook
et on a échangé
pendant un moment.
- Et ensuite?
- On s'est rencardé.
Elle était très timide, mais après, plus rien l'arrêtait.
- C'est-à-dire?
- Elle aimait mon côté animal.
- Précisez.
- On baisait fort.
- Où ça?
- Chez ma copine quand
elle était pas là, dans ma caisse,
ça dépendait de l'inspiration.
- Elle connaissait vos ennuis?
- Pas que je sache. Elle avait pas ces a priori.
- Tout noir ou tout blanc.
- Oui.
- Vincent a parlé de Clara?
- Qu'est-ce qu'il a dit?
- Qu'ils couchaient ensemble.
- Il l'a dit quand?
- En janvier.
Ils se voyaient.
- Pour vous rendre jalouse?
- Pas du tout.
Il en a besoin,
il me le dit, c'est comme ça.
- Ca vous dérange pas?
- Non.
- Elle était accro.
Je voulais pas en abuser. - Accro?
- Accro à moi. C'était une gamine.
Je l'aimais bien.
J'ai posé le teeshirt.
C'était un cadeau.
Je me suis ouvert le bras et j'ai mis le sang sur le teeshirt.
- Pourquoi vous avez attendu?
- Pour pas me mêler au cirque.
- Il vous a dit pour Clara?
- J'ai lu le journal.
Quand j'ai compris,
je l'ai dit à Vincent.
- Il aurait pu la tuer?
- Non.
Il était chez moi cette nuit-là.
- A quelle heure?
- Toute la nuit.
- C'était quelle date?
Il a dormi chez moi.
- Je sais plus...
La nuit du 12 au 13.
- Quel jour?
- Je sais plus.
- Vous vous souvenez pas du jour?
- Je me trompe pas.
Le 13 je travaillais pas.
Il a dormi chez moi, je sais.
- Vous dormiez?
- Oui.
- Il a pu s'absenter.
- Non.
Je me réveillais.
Mon chat était malade.
Vincent a pas bougé.
- Vous faisiez quoi la nuit du 12?
- J'étais chez Nathalie.
- Vous avez vu Clara quand? - En avril.
- Plus après? Pourquoi?
- Elle a rencontré quelqu'un.
- Vous lui en avez voulu? - Non.
Je respecte. Je force personne.
- Ah... Tu forces personne?
Par respect, t'as démoli ton ex?
- Non, on s'engueulait.
- Elle était hystérique, j'ai dû la calmer.
- A coups de poing.
Ca a rien à voir.
- Il est accusé
de violences sur son ex.
- C'était un accident.
Vous le connaissez pas.
- Vous avez peur de lui?
- Non.
- Il est violent?
- Non.
- Pourquoi vous le protégez?
- Vous savez rien.
Il a rien fait.
- Personne n'a entendu
parler de Vincent Caron.
Elle a
même pas parlé à Nanie.
- Elle assumait pas.
Le type est tordu.
- Ses mecs étaient hyper spéciaux.
- C'est-à-dire?
- Rien, je constate.
- Tu constates quoi?
- C'était pas une sainte.
- Qui parle de sainteté?
- Je faisais la remarque. Je crois pas au hasard.
- Qu'est-ce que ça veut dire?
Elle l'a bien cherché?
Tu trouves le coupable avec ça?
- Je peux m'exprimer?
- Tu dis de la merde.
- Doucement. - Calme-toi.
Des nanas aiment les sensations fortes.
- Elle s'est faite cramer! Des femmes aiment ça?
- Je dis
que des femmes aiment les méchants! T'es au-dessus.
- De quoi? - La méchanceté.
Toi, t'es du côté du bien. - Stop.
- Non, il est irréprochable. Moi, je fais de la merde.
Toi, t'es parfait! - Ferme-la.
Tu te tais.
Musique tendue et dissonante
---
*Musique de suspense
---
- J'ai une question.
- Ouais.
- Pourquoi tu roules pas sur route?
Tes tours de piste,
zoum, zoum, zoum, c'est bizarre.
On dirait un hamster.
J'arrête.
- T'arrêtes quoi?
- Tout.
J'en peux plus des connards. Ca me rend haineux.
Je voulais pas faire ça. Je voulais être prof de français.
Transmettre la langue française.
- Je vais te donner un somnifère.
Tu dors et on en reparle
la tête reposée.
Musique sombre et menaçante
---
- On baisait fort. - Brûlée vive.
- Elle est mignonne, mais...
- Je suis pas violent.
- Dans l'appart de ma copine.
- On a couché plusieurs fois. - Je me suis forcé.
- Clara était pas compliquée. On était sexfriends.
- Clara, c'est pas mon style. - ... mon côté animal.
- On est tous jaloux. - J'ai été tenté.
- C'est pas une meuf fidèle, c'était pas une meuf fidèle.
- Tu vas morfler cuire Clara prépare-toi
L'incendie se réveille Je vais te cramer, te carboniser
Te jeter aux braises Te laisser en cendres
---
*-C'est le portable
de Nathalie, laissez un message.
*-C'est Vincent. Tu réponds pas?
*-C'est le portable de Nathalie, laissez un message.
*-J'ai appelé Isabelle, t'es pas au boulot.
*-Ca va? *-T'es où?
*-A la maison. *-T'étais où?
*-J'étais là. *-Nathalie, mens pas.
*-Je te jure. *-T'as pas répondu, connasse.
*-J'ai pas bougé. Ca a pas sonné.
*-Tu faisais tes saloperie de sale suceuse de bites.
*-Arrête.
*-On aura une explication, espèce de petite merde.
Je vais t'exploser la gueule, sale pute.
Je vais te démolir et te péter le cul.
Tu m'attends. Tu dis que tu m'attends!
- D'accord, je t'attends.
- Yohan?
Marceau est parti voir Caron.
- Putain.
*-Oui? - Tu fais quoi, Marceau?
- Je vais voir Caron.
*-C'est pas une bonne idée.
- Une très bonne idée.
*-Non, tu reviens.
- Je gère.
- Putain.
Tonalité
---
*-Messagerie de Marceau. Laissez un message.
- Fais chier.
Musique rythmée et dramatique
---
Sonnette
- C'est qui?
- Police judiciaire, ouvrez.
Caron est là?
- Il est sorti.
Vous faites quoi?
- Je vais l'attendre.
Vous avez le prénom de ma femme.
- Pardon?
- Vous avez le prénom de ma femme.
Vous êtes de quel signe?
- Scorpion.
- Ah bon...
Ma femme est bélier.
Vous avez le même prénom.
Nathalie, reviens sur son alibi, il pourra plus te faire de mal.
La nuit du 12, tu t'es réveillée, il était pas là.
Il était 1 h du matin.
Il est rentré à 4 h 30. - C'est pas vrai.
Il était là. Mon chat était malade.
- Arrête avec ce chat!
Porte d'entrée
- Vous êtes là?
- Ferme ta gueule.
T'aimes frapper les femmes?
- Ouais.
- Donc t'aimes ça?
- Ouais.
- Ca aussi? Là aussi?
- Ouais.
- Et celle-là? Et celle-là?
- Ah, joli.
- Marceau!
- Celle-là aussi?
- Arrête!
- Et celle-là?
Arrête!
- Viens, viens, viens!
Viens!
- S'il porte plainte je le tue.
Je le renverse.
- Je suis pas capable?
- Putain, tais-toi!
- A Grenoble.
- Tu vas où?
- Non! Tu montes avec moi!
C'est un ordre! Marceau!
- Parle pas, personne saura.
- C'est une raclure.
Je lui ai mis une giflette!
- T'es con?
On doit respecter les procédures!
- Je suis pas débile!
- T'es pas débile?
Si c'est l'assassin
et qu'ils annulent la procédure,
j'te pardonnerai pas.
Sérieux, j'te pardonnerai pas.
- Tu me fais chier.
Vous me faites tous chier.
Arrête-toi.
Arrête-toi!
Arrête-toi maintenant! Là!
Là, maintenant! Arrête-toi!
Musique paisible et mélancolique
---
- Capitaine Vivès?
- Oui.
- Je suis la juge Beltrame.
Vous me suivez?
Asseyez-vous.
C'est pas très accueillant.
J'ai hérité de 130 dossiers.
On a beau être prévenu,
c'est toujours pire.
Je suis plutôt méthodique,
je mettrai un peu d'ordre.
Je suis contente de vous voir.
Les mails, le téléphone,
c'est magnifique.
Le face à face,
c'est quand même mieux.
On dit que vous n'êtes pas bavard.
- Ah?
- Ca vous surprend?
- Sans plus.
- C'est au sujet de Clara Royer.
Ce dossier a fini
tout en bas de la pile.
Et au fond d'un placard.
Je comprends pas.
- Mon groupe suit plus l'affaire. - Je sais.
Pourquoi?
- J'ai demandé au commissaire, il fallait une nouvelle approche.
Après quelques semaines, c'est très difficile.
Là, ça va faire 3 ans.
Ca me rend malade, mais c'est fini.
- Clara avait 21 ans. Elle a été brulée vive.
Vous pouvez pas dire "c'est fini".
Même sans les médias, il faut s'en occuper.
- Je m'en suis occupé. - Donc je m'adresse à vous.
Reprenez l'enquête.
- Mauvaise idée.
- Le dossier est solide. Il est bien construit.
La rédaction des PV est précise, on sent le souci du détail.
Je les ai même trouvés très bien écrits.
- Ils servent à rien. - A éliminer des pistes.
- On n'a pas trouvé l'assassin.
On a merdé, et je sais pas où.
- Je comprends votre amertume. Mais c'est pas le sujet.
- Je suis pas amer.
Chaque enquêteur tombe un jour sur un crime qui le hante.
Une affaire qui fait plus mal que les autres.
Elle tourne dans la tête.
Ca vous... - Ca vous dévore.
- J'allais dire "détruit".
Ca bouffe de l'intérieur.
Quand j'ai débuté, y avait un gars,
pour lui, c'était une petite fille disparue.
20 ans après il s'en remettait pas.
Je me disais qu'il radotait.
Pour Tourancheau, c'est une grand-mère.
Battue à coups de casserole et terminée aux poings.
Elle avait essuyé son sang et pris une couverture
pour mourir sans tacher.
Ca l'a égaré dans l'enquête.
Il comprenait pas qui avait essuyé le sang.
Quand il a enfin compris,
ça lui a mis le coeur en pièces.
- Et vous, c'est Clara.
- Tous les types entendus auraient pu le faire.
Peut-être que c'est aucun,
mais ils auraient pu le faire.
Tous auraient pu le faire.
Même ceux qui sont pas des salauds.
Et ceux qu'elle a pas croisés.
Si on ne trouve pas l'assassin, c'est que tous les hommes
ont tué Clara.
Ca cloche entre hommes et femmes.
- Je suis une femme,
je suis aussi juge d'instruction.
Je sais que quelque chose cloche
entre les hommes et les femmes,
comme vous dites.
On approche de la date anniversaire
de la mort de Clara.
Dans 2 semaines,
ça fera 3 ans.
Celui ou celle
qui a commis le crime pourrait
avoir des remords, ou avoir
envie d'en jouir à nouveau.
J'aimerais remettre
les suspects sur écoute.
Il peut se passer quelque chose.
- On voulait
le faire pour le 1er anniversaire,
et planquer sur le lieu du crime.
On n'a pas pu, question de budget.
Et on a eu d'autres affaires.
- C'est dommage.
- Elle espère qu'il appellera sa mère
et dire qu'il a mauvaise conscience
depuis 3 ans.
- Dans ce genre-là.
- On gaspille notre temps.
- La juge y croit, moi aussi.
- Elle est jolie?
- Quel rapport?
- Je sais pas, aucun.
...
- C'est à moi.
- Pardon, j'allais demander.
- C'est une gentiane.
- OK.
- La photo est pas terrible, mais elle me plaît.
Un ami l'a envoyée.
Un collègue parti il y a 3 ans.
- Pas vraiment.
- A la retraite?
Il a été muté.
- J'en ai entendu parler. Marteau?
- Marceau.
Un peu marteau aussi.
Il a donné aucune nouvelle. Et il envoie ça.
Comme ça, sans commentaire. Et je l'imprime.
Voilà.
- Vaut mieux imprimer que déprimer.
- C'est ça.
Tout à fait ça.
- L'autre jour, vous avez évoqué
une planque.
Faisons-le.
C'est hypothétique,
mais ça se tente.
- Les stups pourraient
nous prêter la cuve.
- J'ai pensé à autre chose.
- Quoi?
- A sa tombe.
On pourrait cacher une caméra en face de la tombe de Clara.
Qui peut s'en occuper?
- La tech de la PJ, mais on a peu de temps.
- Qu'ils étudient la question. Je pensais
à une fausse tombe pour cacher la caméra.
- Vous êtes sérieuse?
- Vous trouvez ça idiot?
- Un peu, mais ça me plaît.
- Tant mieux.
- Vous pensez obtenir les fonds?
- Oui.
Je les ai déjà obtenus.
- Je tombe amoureux de vous.
- Dites pas de bêtise.
Musique mélancolique
---
- Tu veux un café? - Non, merci.
- Pourquoi la PJ?
T'étais major, t'aurais pu
demander un commissariat.
T'aurais pris du galon.
- J'ai du mal avec l'uniforme.
Et j'aime l'enquête.
Les preuves, les auditions,
recouper les faits.
- Y en a au commissariat. - Des vraies enquêtes.
- Le côté violent te plaît?
C'est pas ça qui est pénible.
- On m'avait dit
qu'à la crim', les mecs étaient plus évolués.
- C'est
pas vrai?
- Vous êtes moins racistes, mais 3/4
des collègues sont des bourrins.
- Bah, oui.
- A ce point-là?
Je dis pas ça pour vous.
Les hommes commettent les crimes et
les hommes sont censés les résoudre.
Les hommes tuent et font la police, c'est curieux.
- Je sais pas.
- Un monde d'hommes.
Il va venir?
- Il sera déçu, y a plus rien.
Musique triste
---
- Regardez.
---
Grondement du tonnerre
---
- Il va flotter.
Où ils ont mis la caméra? - Sur la tombe d'à côté.
Ca doit être ça, là.
- Elle est là.
- Essaie de le pivoter.
...
- Alors?
- Rien.
Une vieille sur une tombe.
Le jardinier, tu veux voir?
- Non, avance.
- Un chat.
On passe
en infra.
Un autre chat.
Il a les pattes blanches.
- Vas-y, accélère.
Arrête.
Musique inquiétante
---
- Un mec sur la tombe de Clara!
- On le connait? - Non, jamais vu.
---
- D'accord.
Donc, euh... Carrément.
---
- Il parle. On a du son?
- Que l'image.
---
- BONJOUR. - Vous venez avec moi?
- Il chante.
En anglais.
Je sais pas signer en anglais.
- C'est pas universel? - Non.
Elle peut traduire. On peut revoir?
Nuit... Ange.
- Ange dans la nuit.
Ange dans la nuit.
Angel in the night?
Angel in the night?
Et après?
- Viens, serre-moi fort.
- Elle peut l'écrire en anglais?
"Come and hold me tight."
Tu vérifies?
- Y a "Angel in the Night",
1983, du groupe Toxic Ivies.
*Musique rythmée *-Angel
in the night Come and hold me tight
Save me
from the shadows Chase away my sorrows
Angel in the night Come and hold me tight
- On en fait quoi de ça?
*-Save me from the shadows Chase away my sorrows
---
- Ange dans la nuit, serre-moi dans tes bras.
Sauve-moi des ténèbres, chasse ma tristesse.
La chanson est pas très connue.
- On avance?
- Pas vraiment, mais ce truc d'ange de la nuit,
j'arrête pas d'y penser.
Ca me rappelle quelque chose, je sais pas quoi.
Y a peut-être un fil à tirer.
- Et les caméras de la ville?
- La municipalité a pas le budget. La vidéo-surveillance est coupée.
- Vous l'avez montré
à l'entourage de Clara? - Ca leur dit rien.
- OK, à bientôt. Merci.
- Tu peux avancer?
- Oui.
- Faites gaffe à la porte.
- Ca passe.
- Vas-y, pivote le canap'.
- Fais gaffe, ça tape.
- C'est bon?
- Oui, c'est bon.
- Merci, les gars.
- Oulala.
- Il est immense, il prend toute la place.
- On va remplacer le petit.
- Le petit va où?
- Je le récupère.
- T'as demandé?
- Non, mais on a un 3 places
au lieu de 2 places, on est gagnant.
- J'ai besoin du canap'.
- Fred, c'est pas une brocante.
- Et cette table?
On a un micro-ondes.
- Je l'ai trouvé.
- Quoi?
- Le type du cimetière.
J'ai repris les commentaires.
Sur le site du Dauphiné, il y a un commentaire avec une photo.
Regardez.
- "You're my angel in the night.
Mats."
- Sur les réseaux,
y en a des milliers.
J'ai appliqué des filtres, je suis tombée
sur ce profil.
C'est lui, non?
- Oui, c'est lui.
Bien joué.
- Le voilà.
Musique sombre et dramatique
---
- Lâche-moi! Lâche-moi! Lâche-moi!
- T'as été au cimetière
le 12 octobre?
- Oui, j'étais au cimetière.
- Pour quoi faire?
- Tu venais voir qui?
- Je venais voir quelqu'un.
- Une fille morte.
- La tombe de Clara Royer?
- Pourquoi?
- Lui parler?
- Pour me recueillir, lui parler.
- Tu parles aux morts?
- Oui.
- Non, je voulais lui parler à elle.
- Tu voulais dire quoi?
- Je peux pas vous le dire.
- Va falloir.
- Je peux pas vous aider.
- Te fous pas de nous.
Tu la connaissais d'où?
- De l'hôpital.
- Lequel?
- A Chambéry.
- T'as rencontré Clara à l'hôpital? - Oui.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
- Rien.
Je l'ai trouvée jolie.
- Elle était jolie.
Et t'as voulu la brûler?
- C'est pas ça.
C'est quoi, alors?
- J'ai vu ce qu'on lui a fait.
- Je comprends pas.
- Tu savais où elle habitait? - Non.
- Yohan?
- Tu savais pas où?
- On a un soucis.
Mats a fait des séjours à l'HP.
Jérôme les appelle.
- On parle de 2016?
Je vous recontacte.
C'est pas lui.
Il a été interné au moment des faits.
Il a découvert Clara
dans les journaux et a fait
une fixette sur elle déjà morte.
Il en a parlait souvent.
...
- J'étais tellement sûre.
- Tu crois aux fantômes?
- Pas besoin d'y croire.
Les morts sont là avec nous.
Ils nous tourmentent pour qu'on oublie pas.
J'ai perdu mes parents il y a 8 ans.
J'ai cru mourir de chagrin.
C'était un monde parallèle.
Eux étaient encore vivants et j'étais morte.
Puis finalement, non.
J'ai accepté.
Certains morts nous accompagnent.
On fait les choses pour eux.
Clavier d'ordinateur
---
- Salut, Marceau. Qu'est-ce que tu deviens?
J'ai accroché ta gentiane au bureau.
J'ai pas percé son mystère. Je la regarde souvent.
L'enquête Clara n'est pas bouclée, malgré une nouvelle juge.
On a cru tenir le coupable, ça n'a rien donné.
T'avais raison, c'est moi le chat noir.
On a une nouvelle recrue, Nadia. Je sens qu'elle a un truc.
Elle a pas peur des fantômes.
Je mets de l'espoir en elle.
J'ai suivi tes conseils. Je me suis échappé du vélodrome.
Objectif: la Croix de Fer. 22 km de montée jusqu'à 11 %.
Autant être ambitieux.
Je te dirai si j'y arrive.
Donne-moi de tes nouvelles.
Yohan.
Musique sereine et harmonieuse
---
Sous-titrage: PolySon
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