All language subtitles for Sugar man (2012) docu

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Original subtitles

Musique rythmée

...

Sugar Man

Dépêche-toi

Parce que j'en ai assez de ce décor

Contre une pièce bleue

Viens redonner

Des couleurs a mes rêves

Vaisseaux d'argent magiques

Remplis d'excitante coke

De douce Marie-Jeanne

Le Cap Afrique du Sud

(anglais) -Mon surnom vient de cette chanson.

A l'armée, mon nom, Segerman, on le prononçait "Sugarman".

On a commencé a m'appeler Sugar, d'où mon surnom.

Ça fait 40 ans que ce 33 tours, Coid Fact,

de Rodriguez est sorti.

En Afrique du Sud, l'album a eu beaucoup de succès.

Une des plus grosses ventes de l'époque.

Le truc, c'est qu'on savait pas qui était ce type.

Sur les autres stars du rock, on avait plein d'infos.

Mais sur ce type ? Rien.

Puis, on a appris qu'il s'était suicidé.

Il s'était immolé sur scène

et avait péri carbonisé en public.

Incroyable. Ce n'était pas qu'un suicide,

c'était le suicide le plus grotesque de l'histoire du rock.

Musique sombre

...

...

SUGAR MAN

...

Orage

...

-Mon premier souvenir de lui, en fait…

C'est quand Mike Theodore m'a appelé et m'a dit :

"Il y a un artiste que je veux te montrer.

"Il s'appelle Rodriguez et il bosse près du fleuve Detroit.

"Il y a un bar là-bas, près des quais le long du fleuve.

"Allons le voir ce soir, il va te plaire."

Je nous revois ce soir-là,

on s'est garés dans ce coin très isolé de Detroit,

le long de la berge du fleuve.

On sentait le brouillard qui venait du fleuve.

On est entrés dans le bar et en passant la porte,

on entendait le bruit des cargos qui descendaient le fleuve.

Comme si on était dans un roman de Sherlock Holmes.

On sort du brouillard, on entre dans cet endroit,

et dedans, c'est rempli de fumée, il y a du brouillard là aussi.

-Boum ! Comme un mur de fumée.

C'est jonché de bière et de cacahuètes, le bordel.

Puis, on entend

ce bruit de raclement.

Raclements et coups sur la guitare.

Puis, on entend cette voix.

Une voix étrange.

-On traverse le brouillard,

je regarde et je vois dans un coin reculé…

Je vois l'ombre d'un homme sans voir son visage.

♪ ai dit : "C'est quoi, ça ?" On s'approche…

-On voit ce type,

de dos.

On ne voit que son dos et il est dans un coin

en train de chanter.

C'était une scène éthérée.

Du brouillard, des cornes de brume,

une fumée épaisse a n'y rien voir.

Puis, cette voix.

-On écoutait les paroles car on ne voyait pas son visage.

On lui a parlé et on a voulu faire un album avec lui.

Le seul compositeur de ce genre a l'époque, c'était Bob Dylan.

C'était aussi bien écrit.

Mélodie douce

...

Et ait-ce un chasseur ou un joueur

Qui ta fait payer le prix

Qui adopte maintenant un air détendu

Et prostitue ta perte

Étais-tu torturé par la soif

Dans ces plaisirs que tu recherches

Qui ont fait de toi Tom le Curieux

Qui ont fait de toi James le Faible

...

Tu prétends qu'il se passe quelque chose

Quelque chose que tu qualifies d'unique

Mais je vois que tu t'apitoies sur toi-même

Les larmes glissent sur tes joues

-Il était l'esprit nomade de cette ville.

Parfois, il arrivait que je le coince. Detroit a son lot

d'endroits ravagés.

Je le voyais de temps en temps

loin de The Brewery, et je me demandais…

Ça ne faisait que contribuer au mythe.

Mais que fait-il ? De quoi il vit ?

On m'avait dit qu'il posait des toitures…

Qu'il faisait des chantiers.

Il gagnait sa vie comme ça.

Il était, et je le dis avec affection, avec respect, mais…

Je pensais qu'il était juste…

Pas plus qu'un SDF.

Il n'était pas stable.

♪ ignorais s'il avait une maison.

On aurait dit qu'il allait de foyer en foyer.

-Detroit, dans les années 70, était une ville dure.

Elle l'est encore.

Beaucoup de délabrement, de maisons en ruine.

La vraie pauvreté y existe.

Ces rues étaient l'habitat naturel de Rodriguez.

-Quand on se voyait pour parler

de ce qu'on faisait,

il nous rejoignait dans un coin de son quartier.

Il ne venait pas chez moi.

Il me disait de le retrouver au coin de telle rue

et on y allait.

Avec Mike, on se garait, on descendait,

on attendait au coin et il apparaissait d'un coup.

Il était là.

Il était le poète des quartiers pauvres.

Les poèmes qu'il mettait en musique parlaient de ce qu'il voyait.

C'était un regard très réaliste

sur la vie dans les rues de Detroit, sur son quartier.

Sur qui marchait dans ces rues.

Sa façon de le traduire en chanson était très intéressante.

-On bossait au studio d'enregistrement Tera-Shirma.

Quand il se mettait a chanter, on disait : "Ce type a du talent."

-Rodriguez,

a cette époque, avait toutes les cartes en main.

Des appuis, de l'argent. La situation était idéale.

Pourquoi n'a-t-il pas percé ? Cette question continue de me hanter.

A-t-il fait assez de promotion ? Assez de concerts ?

Et ait-il trop politique ?

Et ait-ce ceci ou cela ?

Aurait-il fallu du vert au lieu de l'orange ?

Un violon a la place du hautbois ?

C'est sans fin.

Mais si on l'écoute encore aujourd'hui, on se dit :

"Je ne comprends pas, il est parfait."

-Je ne l'ai entendu jouer qu'une fois.

Une des chansons de son album s'appelait…

The Sugar Man. C'est bien le titre de la chanson ?

Je connaissais ce type, Sugar Man.

Il s'appelait Volkswagen Frank.

Il habitait dans le coin. On allait dans la Volvo de Frank.

On montait et on prenait un petit "sucre".

“Sugar Man" Sixto Rodriguez

...

...

-J'ai des photos que j'aimerais vous montrer.

Je les ai gardées depuis mon séjour en Angleterre

avec Rodriguez.

Ça doit être dans cet album, j'ai oublié où.

Ce sont mes photos quand j'étais acteur.

C'est moi. Et là, Jimmy Dean. C'était en 1955.

Attendez, je crois que je les ai trouvées.

Elles doivent être là.

Les voilà.

Mon Dieu, elles sont là.

Je n'ai pas vu ces photos depuis au moins 35 ans.

-Il reste

mon artiste le plus mémorable.

♪ en ai produit des super, mais….

Il est le plus mémorable.

Ce n'est pas que son talent.

Il est comme un sage, un prophète.

Il va bien au-delà d'un artiste musical.

Il aurait certainement cartonné si on avait continué.

Ils m'ont présenté a lui en disant : "Rodriguez,

"voici Steve Rowland, il adore ton album."

Rodriguez m'a alors dit : "Vous avez aimé Cold Fact ?"

Je lui ai répondu : "Je l'ai trouvé vraiment génial.

"Je n'en reviens pas que cet album n'ait pas marché.

"C'est un album fantastique."

Il a mis son nouvel album, c'était sur cassettes a l'époque.

Il avait une démo de l'album

qu'il voulait appeler Coming From Reality.

♪ ai dit : "Ça va faire un malheur. Les chansons sont super.

"C'est un petit peu différent des autres.

"Mais elles sont super.

"Certaines sont très tristes."

Il y en a une qui est carrément mortelle.

Une des chansons les plus tristes…

Je ris, mais c'est une des chansons les plus tristes que je connaisse.

C'est une chanson très simple. Je vais la mettre.

Écoutez les paroles.

Mélodie douce

...

♪ ai perdu mon boulot

Deux semaines avant Noël

Oh, man !

♪ ai parlé a Jésus a The Sewer

Le Pape a dit que c'était pas son putain de problème

Pendant que la pluie buvait du champagne

Mon archange estonien est venu et m' laissé bourré

Car le baiser le plus doux que j'aie jamais reçu

C'est celui que je n'ai jamais goûté

-Ça me rend vraiment triste

car c'était le dernier titre qu'on a enregistré.

La dernière chanson que Rodriguez ait enregistrée.

Ce qui est encore plus triste,

c'est que l'album est sorti en novembre 1971.

On avait de grandes espérances.

Il n'a rien fait du tout.

Deux semaines avant Noël,

le label Sussex l'a laissé tomber.

La première phrase de la chanson

était vraiment prémonitoire :

"J'ai perdu mon boulot deux semaines avant Noël".

Je n'arrête pas d'y penser.

Ce type mérite d'être reconnu.

Personne aux États-Unis n'a entendu parler de lui.

Personne….

Ça n'intéressait même personne de l'écouter.

Comment est-ce possible ?

Un type qui écrit comme ça.

On m'a dit que tout le monde devait payer sa part

♪ ai expliqué que j'avais trop payé

l'odeur de son parfum

Flotte encore dans ma tête

Mélodie douce

...

Musique rythmée

...

Je me demande combien de fois tu tes fait avoir

Je me demande combien de projets ont mal tourné

Je me demande combien de fois tas fait l'amour

Je me demande si tu sais qui sera le suivant

-On se demande comment le Ter album est arrivé en Afrique du Sud.

On m'a raconté l'histoire

d'une Américaine qui était venue voir son petit ami

en apportant une copie avec elle.

Ce couple et tous leurs amis ont adoré,

ont voulu l'acheter mais sans succès.

Ils ont fait des copies et les ont fait circuler. Mais c'est ici

qu'il a atterri et a germé.

Une fois ici, il s'est répandu très vite.

Il Wonder" Sixto Rodriguez

...

-Je me souviens….

♪ étais au lycée

et on a entendu cette chanson, ! Wonder How Many Times You've Had Sex.

Le pays était alors très conservateur.

C'était l'apogée de l'apartheid.

Il n'y avait pas de télévision.

C'est dire si le pays était conservateur, car la télé était communiste.

C'était vraiment incroyable.

Tout était restreint, tout était censuré, tout était…

Et ce type chantait ça.

Qui est-ce ? ♪ ai dit : "Rodriguez."

Il est devenu une sorte d'icône rebelle.

Le truc étrange, c'est qu'on a tous acheté ses disques.

Toutes mes connaissances l'avaient. ! Wonder.…

C'était la grande chanson qu'on chantait tous.

Il était sur la jaquette, un hippy avec des lunettes de soleil.

Personne ne savait rien sur lui, c'était un mystère.

A la différence de ce qu'on lisait sur d'autres artistes,

pour en savoir plus, il n'y avait que dalle.

Personne ne savait rien, c'était un mystère.

On n'avait que cette photo.

Tu restes là, assis a réfléchir

Mal dans ta peau

Le fou du Roi

Prétend qu'il n'y pas de remède

Retourne dans ta chambre

Les yeux rivés au mur

Car tas personne a écouter

Tas personne a appeler

Tu trouves que je suis étrange

-L'album a eu un énorme succès.

En Afrique du Sud, il a été la BO de notre vie.

Si vous alliez dans une maison de la classe moyenne blanche libérale

qui avait une platine et un tas de disques,

vous y trouviez toujours Abbey Road des Beatles,

Bridge Over Troubled Water

de Simon et Garfunkel,

et toujours Cold Fact de Rodriguez.

Pour nous, c'était l'un des disques les plus célèbres.

-Le message était : "Soyez anti-establishment!".

Un des titres : Anti-Establishment Blues.

On ignorait

ce mot jusqu'à la chanson de Rodriguez.

On a compris que c'était normal

de protester contre la société, d'être en colère contre elle.

-Parce qu'on vivait dans une société

où tout était fait pour empêcher que l'apartheid ne prenne fin.

Cet album avait en quelque sorte des paroles

qui nous ont pratiquement libérés en tant qu'opprimés.

Chaque révolution a son hymne.

En Afrique du Sud, Coid Fact a été l'album qui a permis aux gens

de libérer leur esprit et de commencer a réfléchir différemment.

Le maire dissimule la criminalité

La femme du conseil a hésité

Le public est irrité Mais oublie d'aller voter

Ce système va bientôt s'écrouler

Devant un air plein de colère

C'est un fait concret

-Notez que les maisons de disques sud-africaines

n'ont pas cherché a retrouver Rodriguez.

Mais a cette époque, on était en plein apartheid, a son apogée.

L'Afrique du Sud était boycottée par le monde entier.

Ses musiciens ne pouvaient pas jouer a l'étranger.

Aucun spectacle étranger ne venait.

La porte était fermée entre l'Afrique du Sud et le reste du monde.

Je me suis réveillé ce matin ♪ avais la tête qui tournait

♪ ai jeté mes fringues et hors du lit, j'ai sauté

♪ ai ouvert la fenêtre pour écouter les nouvelles du moment

Mais je n'ai entendu que le blues de l'establishment

-Le monde entier s'acharnait sur le gouvernement

mais nous l'ignorions car ils contrôlaient les infos.

La majorité de la population était marginalisée

et avait été écartée de l'économie.

C'était ce qui s'était passé dans l'Allemagne nazie,

mais si un journal publiait ça, il était poursuivi.

Ainsi, l'Afrique du Sud était devenue le paria du monde.

Il y avait des boycotts culturels et sportifs.

C'était une société très isolée, coupée de tout.

L'apartheid était mal mais il y avait peu de choses, en tant que Blanc,

qu'on pouvait faire. Le système était très strict.

C'était un État militaire.

Si on critiquait l'apartheid, on risquait 3 ans de prison.

Beaucoup de Blancs luttaient,

mais pas la majorité.

On était surveillé, espionné. C'était effrayant, les gens flippaient.

Mais de la communauté afrikaner a émergé

un groupe de musiciens afrikaans, de compositeurs.

Quand ils ont entendu Rodriguez, c'était comme si une voix leur disait :

"Mecs, il y a une solution."

Il y a une solution. Secouez la musique.

Secouez l'imagerie. Chantez, faites des concerts.

C'était vraiment la première

opposition a l'apartheid

au sein de la communauté afrikaner.

C'était ces jeunes Afrikaans et, sans exception,

ils avoueront l'influence

de Rodriguez.

Koos Kombuis, Willem Môller,

le regretté Johannes Kerkorrel.

Ces types étaient vus comme les icônes de la révolution musicale afrikaner.

Pour eux, Rodriguez était leur homme.

-C'était un mouvement d'artistes afrikaner contre l'apartheid.

On a tous écouté Rodriguez a un moment donné.

Ça a été un énorme choc. Ça vous faisait entrevoir une autre voie.

Ce que présentait l'establishment n'était pas tout.

Afrikaners alternatifs

Les mots deviennent des armes contre l'apartheid

l'université Potch bannit les rebelles culturels

Le plus gros tube a été Set It Off

pendant la présidence de P.W. Botha.

Le vrai méchant.

A la télé, il parlait comme ça.

Cette chanson disait : "Éteignez la télé".

Archives de matériel censuré

-Quelles phrases ont posé problème ?

-Toutes.

"Sugar Man, dépêche-toi car j'en ai assez Contre une pièce bleue

"Viens redonner des couleurs a mes rêves."

La plus difficile : "Vaisseaux d'argent magiques

"remplis d'excitante coke, de douce Marie-Jeanne."

-Pourquoi ?

A vous de décider.

-Il s'agit de drogues. -Certainement.

Pendant l'apartheid, il était impossible de la passer.

-Qu'arrivait-il, sinon ?

-On ne pouvait pas.

Je vais vous montrer pourquoi.

On a l'album, le vinyle.

Au dos, on voir un autocollant qui dit : "À éviter".

Mais quand on sort le disque de la pochette,

on voit qu'ils ont rayé juste cette chanson

avec une pointe pour être sûr qu'on ne la passerait pas.

C'était leur façon d'interdire la musique,

une façon brutale a mes yeux

pour s'assurer qu'on ne l'entendrait pas.

-La plupart des titres étaient interdits sur SABC

qui contrôlait l'industrie de la diffusion.

Il n'y avait aucune radio ou télé indépendantes.

Dès qu'il a été interdit de diffusion, ça a rendu l'album...

désirable.

C'est comme face a un interdit. On a 16, 17 ans

et il y a quelque chose qui est interdit. C'est parfait.

Musique rythmée

...

Né dans une ville agitée

A Rock and Roll USA

A l'ombre du plus grand édifice

♪ ai juré de rompre les amarres

♪ ai écouté les acteurs du dimanche

Mais ils ne disaient qu'une chose

Qu'on ne peut pas s'en tirer

Non, on ne peut pas s'en tirer

-Coid Fact était juste un de nos albums.

Pendant 20 ans, c'était juste un disque qu'on écoutait

et qu'on aimait.

Mais un événement clé est survenu qui a tout changé pour moi.

On était sur la plage de Camp's Bay,

et une de mes amies,

une femme d'Afrique du Sud

qui venait de se marier et qui avait émigré a Los Angeles,

me dit : "Où je peux acheter Cold Fact en Afrique du Sud ?"

Je me retourne et lui indique

un magasin de CD de l'autre côté de la rue.

"Tu peux l'acheter là-bas."

"Vraiment ? Parce qu'on ne le trouve pas aux USA.

"Personne n'en a jamais entendu parler."

C'était un moment clé car je l'ignorais.

Je pensais que tout le monde connaissait Rodriguez, surtout aux USA.

Je me suis dit : "Rodriguez ! C'est intéressant."

♪ ai ressorti mon disque de Rodriguez

qui ne disait rien sur lui ni d'où il venait.

Sur Coid Fact, il y a quatre noms.

Sur le devant, il n'y a que Rodriguez.

Mais si on regarde la vignette,

le nom de l'artiste est Sixto Rodriguez.

Mais si vous regardez les titres, six sont au crédit de Jesus Rodriguez

et quatre au crédit de Sixth Prince.

Qui a écrit les chansons et qui sont ces gens ?

On n'avait pas d'autre info qu'un disque

une photo de lui, avec un chapeau et des lunettes de soleil.

On ignorait s'il était grand car il était assis.

Comment résoudre un mystère ? Il faut utiliser chaque info.

Qu'avions-nous ? Un disque avec des paroles.

On a étudié ce que disaient les paroles,

très peu avaient des références géographiques.

You Can't Get Away commence par…

"Né dans une ville agitée A Rock and Roll, USA."

Quelle ville agitée ?

Elles l'étaient toutes dans les années 60.

"A l'ombre du plus grand édifice".

Le plus grand est a New York.

Plus bas, il est dit : "Dans une chambre d'hôtel a Amsterdam".

Puis : "Longeant une route poussiéreuse de Géorgie". La Géorgie ?

On avait Amsterdam, la Géorgie et l'édifice le plus haut du monde.

Pas grand-chose.

-On m'a raconté, mais il y a beaucoup de versions différentes,

qu'il n'avait pas joué en concert depuis très longtemps.

Un impresario a monté un concert.

Il espérait que ça serait super.

Ça ne s'est pas du tout passé comme ça.

Le son n'était pas bon, la salle n'était pas bien.

Beaucoup de paramètres n'étaient pas bons.

Au fur et a mesure du concert,

ça n'a fait qu'empirer.

Les gens ont commencé a ricaner, a siffler,

prouvant que le concert ne se passait pas bien du tout.

On est arrivé au point où, très calmement, doucement,

il a chanté sa dernière chanson.

"Merci pour ton temps, Remercie-moi du mien

"Laisse tomber."

Il a alors sorti une arme

et a appuyé sur la gâchette.

C'était la fin très tragique

de ce qui était une non-carrière.

Musique rythmée

...

-En 1996, le label de musique sud-africain

sort le second album de Rodriguez, Coming From Reality,

en CD pour la 1re fois en Afrique du Sud.

Pensant que j'en savais beaucoup sur lui,

on m'a demandé de coécrire le texte de présentation.

Je vais vous lire des passages.

Ça commence par :

"S'il y a eu un air de mystère autour d'un artiste pop,

c'est bien autour de Rodriguez.

"Il n'y a aucun mystère autour de lui ailleurs dans le monde

"parce que ses albums, Coming From Reality et Cold Fact

"ont été des flops monumentaux partout."

Là, le point le plus important.

"Il n'y avait aucun fait concret sur l'artiste Rodriguez.

"Y a-t-il un inspecteur en musicologie ?"

C'est la phrase qui a tout changé.

-Je faisais des recherches sur Rodriguez et un jour, a l'armée,

quelqu'un a dit : "Comment est mort Rodriguez ?"

Par coïncidence, a l'époque, je préparais un article sur lui.

♪ avais écrit cinq sujets sur un papier.

Le N°4: "Trouver comment est mort Rodriguez".

Je pensais que ça ferait un bon papier.

♪ avais gardé ça en tête pendant des années

et des années plus tard, je tombe sur…

Le CD ressorti de Coming From Reality.

Dans le texte d'accompagnement, il est dit :

"Il n'y a aucun fait concret sur l'artiste Rodriguez.

"Y a-t-il un inspecteur en musicologie ?"

Cette question, je l'ai prise comme une invitation.

Je me suis dit : "Peut-être, c'est moi".

Ma première piste a été de suivre l'argent.

En suivant l'argent, on arrive au fond de tout.

Mais où va l'argent des morts ?

♪ étais sidéré qu'on ne sache rien sur lui.

C'est dire combien l'industrie de la musique était mauvaise,

connue pour arnaquer les gens.

S'ils avaient dit : "Ah oui,

"on envoie l'argent a X ou Y",

mais ils ne faisaient qu'être vagues.

En insistant auprès de quelqu'un,

j'ai obtenu une adresse, j'ai appelé,

j'ai oublié si j'ai parlé a quelqu'un ou laissé un message,

mais le lendemain, le numéro avait changé.

Ça, c'est un cadeau

pour qui veut

devenir détective.

Il y a un obstacle et un obstacle est source d'inspiration.

Trouver facilement n'est pas stimulant.

C'était énorme qu'on ait changé de numéro.

♪ ai reniflé alors une sale histoire d'argent.

-Si on compare a d'autres artistes, c'était beaucoup ?

-Si on compare a d'autres artistes, c'était beaucoup ?

-Chaque mois, ça se vendait.

A chaque fête, a chaque endroit,

on l'entendait au moins une fois.

Je ne pense pas pouvoir imaginer

combien d'albums il vendait ici

car c'est sur une longue période.

-Qu'est-ce qui serait probable ?

-J'imagine, peut-être 500000 disques sur cette période.

-Ça fait beaucoup, surtout pour un petit pays.

10 fois Disque d'or.

-Rodriguez ignorait son succès

en Afrique du Sud. Pourquoi ? Je sais pas.

Il aurait dû le savoir, je trouve ça étrange.

Je n'ai aucune idée.

-Mais vous envoyiez des royalties ?

-Bien sûr, on les envoyait a AM Records.

Le label s'appelait AM Sussex.

S'ils étaient associés ou pas, je l'ignore.

Mon idée, c'est que si vous trouvez

le propriétaire de Sussex Records,

vous trouverez où a atterri l'argent.

-C'est étrange, non ?

-C'est très étrange.

-L'album avait-il autant de succès que les Rolling Stones ou les Doors ?

-Il avait plus de succès que les Rolling Stones.

-En ressortant le disque, avez-vous tenté de le contacter ?

-Non, pas du tout.

Parce qu'à l'époque, la légende était…

Il y avait un artiste comme Jimi Hendrix.

Avec le catalogue d'Hendrix, on comprend.

Si vous avez juste Jimi Hendrix,

et que vous avez une licence pour ce territoire,

vous n'allez pas essayer de le joindre parce qu'il est mort.

-Mais a qui avez-vous payé les royalties ?

-A Sussex Music. -A Clarence ?

-A Sussex Music qui est sa société.

-J'ai décidé de faire un schéma.

De mettre par écrit le parcours que j'essayais d'élaborer.

Tous les détails, toutes les maisons de disques,

tous ceux qui étaient liés a Rodriguez

et a son album.

♪ ai élaboré ce document.

♪ ai découvert 3 sociétés en Afrique du Sud

qui avaient sorti ses disques.

Ce qui m'a mené jusqu'à une maison de disques aux USA.

Elle avait signé Rodriguez et produit son 1er album,

Sussex.

♪ ai fait des recherches sur Sussex.

Ce qui m'a amené a découvrir le propriétaire de Sussex Records.

Clarence Avant.

Il avait été a la tête de la Motown,

un des postes les plus prestigieux dans le monde de la musique.

Dans ma quête pour retrouver la trace de Clarence Avant,

je ne trouvais que des portes fermées, je n'arrivais pas a le trouver.

-J'ignore si vous connaissez cette photo.

IL rit.

-C'est lui.

C'est Rodriguez.

♪ ignore quand elle a été prise.

-En 1970, je crois.

-C'est bien lui.

Ne me faites pas pleurer, putain.

Vous m'avez ému, je ne veux pas être ému

pendant que je vous parle.

Si je devais citer 10 artistes auxquels j'ai été lié,

Rodriguez serait dans les cinq premiers.

Je n'avais jamais rien entendu de tel.

Les gens diraient Bob Dylan, pas moi.

Bob Dylan était léger a côté.

Est-ce que ça a rapporté ?

Pour juger les chansons aux USA,

on dit : Est-ce que c'était dans le top 100 ?

Est-ce qu'il était N° 12 ?

Est-ce que ça passait a la radio ? La réponse est non.

Personne ne le passait. Rodriguez ?

Ce nom ne marquait pas les esprits.

Même s'il avait l'air d'être blanc.….

Tout le monde connaissait Rodriguez, c'est un nom espagnol.

Latin, mais la musique latine ne marchait pas.

-Combien de disques a-t-il vendu en Amérique ?

-En Amérique ? Six.

Ma femme en a peut-être acheté un. Ma fille.

Elle ne pouvait pas a l'époque. Dennis, peut-être.

Ça n'a pas d'importance.

Ça ne s'est pas vendu ici.

Il y a eu de l'excitation autour de lui.

Deux agents l'avaient entendu et ont voulu l'emmener en Californie.

En Californie, il était nerveux et il a tourné le dos au public.

Les gens ont dit : "C'est quoi, ce bordel ?"

-Mais il a vendu des centaines de milliers de disques dans un autre pays.

-Je devrais pister en Afrique du Sud un vendeur de disques ? Pas question.

-Vous saviez qu'il avait du succès là-bas ?

-Rodriguez, jeune homme, n'a pas eu lieu

en ce qui me concerne.

Point final.

-Si je dois suivre la piste de l'argent, comment faire ?

-C'est l'argent qui est important ? Ou Rodriguez ?

C'est l'histoire de Rodriguez ou l'argent qui vous intéressent ?

Il y a combien d'habitants là-bas ? 40 millions ?

-Il y a 40 millions d'habitants.

-Ils sont libres depuis quand ? 3 heures ?

Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous m'avez dit

qu'ils rayaient les disques…

Ce mouvement underground était grand comment ?

Grand comment ? -Il y a vendu 500000 disques.

Il en a vendu 500000, et alors ? ♪ ignore a qui.

Il avait combien de distributeurs ? Aucune idée.

-J'ai parlé a trois maisons de disques.

-Lesquelles ?

-Bosses, en Afrique du Sud, a vendu ses disques.

-Allez lui dire de m'envoyer un rapport.

Vous pensez qu'un contrat de 1970 m'intéresse ?

Si c'est le cas, vous êtes dingue.

Buddha Records a cessé ses activités.

♪ ai cessé mes activités.

Vous croyez pas qu'ils s'en fichent ?

Moi, je m'en foutrais.

-J'ai cherché longtemps des infos sur Rodriguez.

♪ ai ouvert une page sur le web, "A la recherche de Rodriguez",

dans l'espoir que quelqu'un sur le Net laisserait un message

pour me donner la moindre info.

Mais rien.

♪ ai alors rencontré Craig,

le détective en musicologie qui avait lu mon texte

et qui cherchait aussi Rodriguez.

Il est venu au Cap et on s'est rencontrés dans un café.

On s'est échangé toutes les infos qu'on avait.

Très peu, malheureusement.

On s'est dit alors qu'il valait peut-être mieux arrêter.

-J'étais perdu, j'étais dans une impasse.

Je ne savais plus où chercher.

♪ étais allé sur les lieux qu'il chantait.

♪ étais allé a Londres. Rien.

♪ étais allé a Amsterdam.

Rien.

Un jour, j'ai abandonné. "Ça suffit !"

Un jour, j'écoutais par hasard dans ma voiture Inner City Blues.

♪ entends alors cette phrase :

"J'ai rencontré une fille a Dearborn,

"a 6 heures ce matin. Fait concret."

Je me suis dit : "Attends un peu." Je n'avais pas vérifié Dearborn.

♪ ignorais si c'était une ville mais ça y ressemblait.

Je me suis dit alors : "Vérifie dans un atlas."

Je suis allé voir dans mon vieil atlas que j'ai ressorti.

"Voyons voir ce que je peux trouver.

"Si Dearborn existe."

Je l'ai trouvé. Dearborn, Wayne, Michigan.

F.7.

Dearborn, une partie de Detroit.

C'était une découverte capitale.

Detroit, la ville de la Motown, de Marvin Gaye, de Stevie Wonder

et de Mike Theodore, le producteur de l'album.

Août 1997

-J'étais assis dans mon appartement

en train de boire un café. Je regardais l'océan par la fenêtre.

Le téléphone sonne.

-C'est un appel de l'étranger, d'Afrique du Sud.

D'un écrivain, Craig Bartholomew.

Il commence a me raconter cette histoire incroyable.

"Savez-vous que Rodriguez se vend en Afrique du Sud depuis 25 ans ?

"Ses albums se vendent par millions."

♪ ai dit : "Quoi ?"

Il vient me voir et me raconte toutes ces histoires.

Il me dit : "Comment est mort Rodriguez ?"

Il me donne les informations qu'il a,

que Rodriguez s'est tiré une balle en pleine tête sur scène,

ou qu'il s'est suicidé en s'immolant.

-J'avais 100 questions a lui poser.

♪ espérais qu'il répondrait a toutes mes questions.

"Pourquoi a-t-il écrit ces paroles ? Où a-t-il écrit ?

"Où a-t-il enregistré cet album ?"

On a parlé, je lui ai posé un tas de questions, c'était génial.

C'était un feu d'artifice de questions et réponses.

C'était un moment d'euphorie d'avoir enfin découvert quelque chose.

♪ ai finalement posé la question a laquelle je voulais une réponse.

"Comment est-il mort ? S'est-il suicidé sur scène ?

"Quelle est cette histoire tragique ?

"Essayons de savoir immédiatement ce qui s'est passé."

Mike Theodore me dit : "Mort ? Il n'est pas mort.

"Sixto est en vie. Il est en vie et se la coule douce.

"Le chanteur Sixto Rodriguez

"est en vie et se la coule douce a Detroit."

-J'ai oublié qui m'a dit : "On l'a trouvé."

♪ ai dit : "Non !

"Tu te fiches de moi. C'est pas…"

Au début, j'ai cru que c'était un canular, une plaisanterie.

C'est comme trouver la momie dans la tombe de Toutankhamon.

"Il est vivant !"

-Je me souviens avoir dansé, d'être au téléphone

et avec Craig, on sautait et on disait : "On l'a trouvé !"

C'était excitant, on avait réussi.

Juste d'entendre une chanson qu'on a partagée

Font ressurgir les souvenirs de toi a mes côtés

De ton sourire, de ton rire enlevé

De tes baisers, de ces moments d'après

Je pense a foi

-C'était terminé. C'était la fin de l'histoire.

♪ enquêtais sur un homme mort. Un jour, je découvrais un homme vivant.

C'était la fin de l'histoire. ♪ ai écrit mon article…

Intitulé : "A la recherche de Jésus".

Je l'ai faxé a pas mal de gens impliqués,

mais d'une façon ou d'une autre, l'article a traversé l'Atlantique

et atterri en Amérique.

Ce que je pensais être la fin de l'histoire

n'était en fait que le début d'une autre.

Le meilleur était a venir.

-J'ignore où c'est. Ça peut prendre du temps.

Ils ont les dates.

3 ans de recherches pour un chanteur mort.

Août 1997, j'étais dans le Kansas.

♪ ai eu une copie au boulot. Je bossais,

je me suis mise a surfer sur le Net

et c'est là que j'ai découvert le site.

Sur le Net, il y avait une brique de lait avec une photo.

Avec écrit dessus : "Recherché", "Avez-vous vu cet homme ?"

Je me suis dit : "En fait, j'ai déjà vu cet homme…"

♪ ai répondu :

"Rodriguez est mon père. Je suis sérieuse.

"Vous voulez vraiment avoir de ses nouvelles ?

"Parfois, il vaut mieux maintenir le fantasme."

♪ ignore pourquoi j'ai dit ça.

Puis, j'ai donné mon adresse e-mail, mes numéros….

Pour me contacter. Il m'a appelée.

-On avait découvert qu'il était vivant, j'avais parlé a Craig.

Je suis arrivé au boulot

et Alex, qui bossait avec moi sur le site, m'a dit :

"Tu ne vas pas croire ce qu'il y a sur le site."

Il y avait un forum où on pouvait laisser des messages

et il y en avait un

qui disait : "Je suis Eva, la fille de Rodriguez."

Elle avait laissé un numéro et voulait entrer en contact avec nous.

Je l'ai appelée le soir même.

♪ ai dit : "Salut, je suis Sugar" et elle : "Eva”.

On a eu une conversation incroyable.

Elle m'a expliqué qui était son père, ce qu'il avait fait, où il était allé.

Elle m'a demandé qui j'étais et j'ai expliqué mon surnom de Sugar

et comment j'avais participé au site.

A la fin, je lui ai dit :

"C'est vraiment incroyable,

"ce serait super de pouvoir parler a votre père.

"J'adorerais pouvoir le saluer."

Pour moi, c'était la fin de ma quête et je voulais juste parler a cet homme.

Puis, je suis allé me coucher.

A 1h du mat cette nuit-là, le téléphone sonne.

Ma femme répond parce qu'il est de son côté.

Je me souviens qu'elle a décroché

et que son visage s'est transformé. L'air stupéfaite, elle m'a dit :

"C'est lui."

♪ étais sous le choc. ♪ ai couru dans mon bureau,

j'ai décroché et elle a raccroché.

♪ ai dit : "Allô ?" et une voix a dit :

"Allô, c'est Sugar ?"

♪ ai su que c'était lui, j'ai reconnu sa voix.

Je l'avais entendue tellement de fois, je savais que c'était lui.

Je parlais a Rodriguez.

C'est l'un des plus grands moments de ma vie.

Mélodie douce

...

...

-Quand vous voulez.

C'est bon ? Je dois faire quelque chose ? Tenir un verre d'eau ?

C'est bon ?

-Vous en voulez un ? -J'aimerais bien.

Je suis censé être a l'aise.

Reposez votre question, que je l'entende bien.

-Dans les années 70 et 80,

avez-vous eu un contact avec l'Afrique du Sud ?

-Non, aucun.

Ils n'avaient peut-être pas de numéro où me joindre.

-Que ressentez-vous ? Vous ignoriez un fait qui aurait pu changer votre vie.

Certainement pour le mieux.

-J'ignore si ça aurait été le cas,

mais ça fait réfléchir.

-Ça n'aurait pas été super de savoir que vous étiez une star ?

-Je ne sais pas quoi répondre.

-Après Coming From Reality, vous vouliez faire d'autres albums ?

-J'aurais aimé continuer

mais rien ne vaut "Reality", alors, je suis retourné bosser.

-Qu'avez-vous fait ?

-Je suis ouvrier a la journée. Je démolis….

Ou rénove des bâtiments.

Et des maisons….

Je fais de la restauration…

-Ça vous plaisait ?

-Oui, ça me plaît.

Ça maintient en vie et en forme.

-Mais c'est très loin de la musique.

-Oui, plutôt. C'est différent.

-Vous avez continué a faire de la musique ?

-Je continue. Je joue de la guitare, j'adore ça.

Mais j'adore écouter, j'adore aller aux concerts.

Mais j'ai continué.

Musique rythmée

...

Garçon des rues Tes dehors depuis trop longtemps

Garçon des rues Ça vaut le coup de rentrer chez toi

Garçon des rues Tu vas finir seul

Tas besoin d'amour et d'écoute

Pas de cette vie sans perspective d'avenir

...

Tu retournes chez toi mais tu ne peux pas rester

Car toujours quelque chose t'en éloigne

Tu dis vite adieu

Tu dis vite salut

Tu n'es qu'un gamin des rues la lumière dans les yeux

Tu ferais bien de te ressaisir

Cherche quelque chose de mieux

-Il n'a jamais parlé d'être déprimé.

On a continué a survivre parce qu'on ne peut pas abandonner.

-Qu'a-t-il fait a la place ?

Il a beaucoup lu.

Il s'est impliqué en politique, dans la vie de la communauté.

Il participait aux manifestations

pour les causes auxquelles il croyait. Il nous y emmenait.

Il était toujours partisan de travailler pour les gens

qui n'avaient pas l'occasion de faire entendre leur voix.

Les ouvriers, les précaires…

Il avait de l'expérience dans ce domaine.

-Il avait une approche du travail différente des autres.

Il prenait ça très au sérieux.

Comme quelque chose de sacré.

Il faisait ce sale boulot pendant huit ou dix heures…

Mais il était habillé en smoking.

Il avait cette sorte de qualité magique

qu'ont tous les vrais poètes et les artistes,

il exaltait les choses, pour s'élever au-dessus du banal, du commun.

Les conneries, la médiocrité qui sont partout.

L'artiste…

Est un précurseur.

Même si ses espoirs musicaux ont été déçus, l'esprit est resté.

Il devait juste trouver un endroit, affiner la marche a suivre

pour se l'appliquer a lui-même.

Il savait qu'il y avait plus que ça. Au début des années 80,

il voulait faire quelque chose de juste, qui ferait la différence.

C'est alors

qu'il a voulu se faire élire maire.

"Que Dieu te bénisse, Rodriguez.

"Situ peux être maire de Detroit, alors tout est possible."

♪ ai rencontré une fille a Dearborn Tôt ce matin a six heures

Fait concret

Questionné sur les sacs La banlieue, c'est la barbe

On y retournera

Car papa m'interdit

Les nouvelles idées

-Des vieux souvenirs a lui.

C'est un autocollant

de la 1re fois où il s'est présenté a la mairie.

Je pense que c'est une copie du vote.

Il n'a jamais gagné une élection.

139.

Il y avait 169 candidats pour 9 élus.

Ils ont mal écrit son nom.

-Les membres de ma famille du côté de ma mère

sont d'origine européenne et indienne d'Amérique.

La famille de mon père est mexicaine. Mon grand-père est venu de Mexico.

Les Mexicains sont venus a Detroit pour travailler dans l'automobile.

On était des ouvriers,

des cols bleus, on bossait dur.

On a vécu dans 26 maisons différentes.

Certaines n'avaient pas de chambres, d'autres de toilettes.

Ce n'étaient pas des maisons.

Juste des endroits où on vivait.

Mais d'être pauvre,

d'avoir peu, ne veut pas dire qu'on n'a pas de grands rêves,

ni que notre âme n'est pas riche.

C'est là qu'on voit d'où viennent les préjugés,

car il y a une différence entre vous et moi,

entre eux et nous.

-"J'ai joué dans tous les endroits possibles.

"J'ai joué dans des bars de pédés, de putes, a des enterrements de motards,

"dans des opéras, des salles, des centres de réadaptation.

"J'ai trouvé que tous ces endroits où j'ai joué,

"tous les gens pour qui j'ai joué sont les mêmes.

"Si vous écoutez bien, vous reconnaîtrez peut-être quelqu'un.

"Une chanson dégoûtante."

-Il ne faisait pas que la menuiserie.

Il nettoyait les maisons a fond,

il faisait ce que personne d'autre ne voulait faire.

Le boulot que personne ne voulait faire.

Il revenait a la maison couvert de poussière

et de peinture après sa journée de travail.

De longues journées.

Je l'ai vu porter un réfrigérateur sur le dos dans des escaliers.

C'était juste un jour de travail pour lui,

mais je savais qu'il travaillait plus que d'autres pères.

-Cette ville vous dit de ne pas trop rêver,

de ne rien attendre de plus.

Il! m'emmenait toujours dans des endroits où seule l'élite

pouvait aller.

Il m'a appris que je pouvais aller où je voulais,

sans me soucier de mon compte en banque et j'y vais.

Il était comme ça.

Il m'a montré les étages supérieurs.

Il disait : "Je suis aussi bien qu'eux."

-Il s'était spécialisé en philosophie a l'université.

Mon père nous a beaucoup exposées a l'art.

Il nous laissait aller dans les bibliothèques, les musées…

C'était nos centres aérés.

On visitait les salles du musée, a San Diego Rivera.

Il y avait des Picasso,

des Delacroix...

On a commencé a apprendre la vie en dehors de la ville,

dans les livres, les tableaux et la musique.

Les juges aux cœurs formatés

Ordonnent que la justice de supermarché soit appliquée

Enfants gelés des quartiers déshérités

Marcheurs sous une pluie de papier

Attendent en vain l'arrivée des chevaliers

Les détournés peinent a s'enjoliver

Les pluies nocturnes battent ma fenêtre

Les vents de mes pensées défilent

Elle a ri quand j'ai tenté de lui dire

Qu'un bonjour ne se termine qu'en adieu

Musique rythmée

...

♪ ai commencé a jouer a 16 ans

avec une guitare de famille.

♪ ai joué dans pas mal de bars en ville, de boîtes et des petites salles.

♪ ai rencontré Mike Theodore et Dennis Coffey.

Ils étaient venus me voir jouer.

Je donnais un concert dans un endroit appelé The Sewer.

C'était au bord du fleuve Detroit.

On a signé un contrat avec Clarence Avant,

c'est comme ça que ça a commencé.

Mais toutes ces premières années, c'était en dehors du boulot.

Je bossais a l'usine Chrysler qui s'appelait Dodge Maine.

Je bossais aussi a Eldon & Lynch Road a Detroit.

Dans un atelier de traitement.

C'était un boulot difficile.

Mais ce fut une super année pour moi.

L'album Coid Fact.

♪ avais accompli ce que j'essayais de faire, un album.

Je trouvais que tout allait très bien.

Qu'est-ce que j'ai ressenti ? Un sentiment de réussite.

Une élévation.

-C'était un bon album, d'après vous ?

-J'ai fait de mon mieux.

Les critiques étaient bonnes.

Je le trouvais bon.

Ce n'est pas a moi qu'il faut demander.

Mais continuez.

-Vous avez été surpris qu'il ne se vende pas ?

-J'étais moins surpris.

C'est le monde de la musique, il n'y a aucune garantie.

Mélodie douce

...

-J'ai dit : "Vous êtes plus grand qu'Elvis"

et il a dit : "Comment ça ?"

"En Afrique du Sud, vous êtes plus célèbre qu'Elvis Presley."

♪ ai senti qu'il pensait que c'était un canular

et qu'il allait raccrocher. ♪ ai dit : "Attendez, écoutez-moi !

"C'est promis, venez ici, vous ne serez pas déçu."

Il bossait dur a Woodbridge.

Un jour, il a apporté cette photo de lui

sur une brique de lait.

Il m'a dit : "Emmerson, regarde. Ils me recherchent."

♪ ai dit : "Vraiment ? Pourquoi ?"

Le lendemain, il m'a dit : "Emmerson, je pars en tournée."

Je lui ai dit : "T'es sérieux ?" En tant que journaliste, j'ai douté.

Ça n'arrive pas dans un monde rationnel.

C'est contre les lois de Dieu et de la nature.

Ce mec en tournée doit être un imposteur.

Une belle arnaque de relations publiques.

C'est même pas une belle arnaque, mais plutôt stupide.

Ça ne peut pas être vrai. Seuls les idiots peuvent y croire.

Mais j'avais tort.

2 mars 1998

-On était angoissés de sortir de l'avion. C'était un long vol.

Mais on est sortis, on a pris nos sacs,

ils étaient lourds,

et on s'est dirigés vers l'aéroport.

Soudain, trois limousines se sont arrêtées.

On était sûrs que ce n'était pas pour nous.

On les a contournées.

Genre : "Poussons-nous,

"ça doit être des gens importants." Mais elles étaient pour nous.

C'est comme ça que ça a commencé. C'était un autre monde.

-C'était comme si Madonna apparaissait…

S'avançant dans le vent.

Les paparazzi,

tous les assistants et tout le monde l'accueillaient

et on nous a accompagnés

dans un salon privé.

De la moquette blanche.

-C'était quelque chose

dont on n'aurait jamais rêvé, marcher sur de la moquette blanche.

Surtout avec nos chaussures.

-Une limousine l'a conduit en ville.

Le long du chemin, sur les réverbères,

il y avait des affiches du concert.

Il a vu son visage

sur tous les réverbères. "C'est moi !"

-On a rencontré tout le monde.

Craig Bartholomew,

leur famille, leurs gosses

et Stephen Segerman.

Tout le monde

était tellement content, excité. On l'était encore plus.

-Stephen a appelé et m'a dit :

"Tu vas pas y croire,

"mais Rodriguez vient en concert

"et on est en première partie.

"Ça te branche ?" J'ai dit : "Bien sûr."

"Où est-il ?"

Ils l'ont retrouvé, il est vivant.

Il vient faire une tournée et on sera en première partie.

Je n'arrivais pas a y croire.

Puis, j'ai eu toutes les infos. Il vit a Detroit.

Un peu plus tard, il m'a dit : "Il n'a pas de groupe.

"On peut être son groupe ?"

Je me souviens que même alors,

on était un peu a se dire :

"C'est vraiment Rodriguez ?"

On le saura s'il peut chanter ces chansons.

On n'en sait rien. Si c'était quelqu'un d'autre ?

-Un jour, on en a entendu parler,

et le lendemain, on était là,

a essayer d'y croire.

On pensait que c'était très choquant.

Il s'en est sorti facile.

Il est arrivé, il a fait son truc

et j'étais épatée qu'il le fasse aussi bien.

Mais il n'a pas la tête dans les nuages,

il a un peu trop les pieds sur terre.

Il n'a pas profité de tous les agréments.

Il n'a pas dormi dans le lit King Size.

Il s'est lové sur la causeuse, c'est là que je l'ai trouvé.

Il ne voulait pas que quelqu'un ait a faire un autre lit.

-Un jour, j'étais restée a la maison

et tout le monde était sorti.

Le téléphone s'est mis a sonner et j'ai décidé de répondre.

C'était une journaliste

qui voulait parler a Rodriguez et l'interviewer.

Avant qu'elle ne raccroche,

après que je lui ai dit de rappeler plus tard,

elle m'a dit qu'elle voulait savoir, entre elle et moi,

si c'était le vrai Rodriguez.

-On répétait avec un CD

les chansons qu'on allait jouer, ici, dans le studio au Cap.

Le jour où il est arrivé de l'aéroport,

on était en pleine chanson.

Quand il est entré, il a pris le micro et il a terminé la chanson.

On a éteint le lecteur de CD et c'était…

Parfaitement raccord.

Parfaitement raccord.

C'est vraiment lui.

On savait tous que ça allait être vraiment spécial.

Mélodie douce

...

merci Le Cap !

-Quand on est montés dans l'avion,

je pensais qu'il y aurait, avec un peu de chance, vingt spectateurs,

avec un peu de chance.

Mais ça s'est avéré très différent.

-Il y a des vieux et des jeunes

qui viennent assister au concert.

Mon père est sur scène. Avant qu'il monte sur scène,

j'ai pris une photo du public parce que personne ne le croira.

C'était comme voir Elvis revenu d'entre les morts.

Le public n'en revient pas. Ils sont là, au concert.

Ils ont payé, ils ont encore du mal a croire que Rodriguez

va vraiment monter sur scène.

6 mars 1998

Acclamations du public

...

vous êtes prêts ?

voici...

Rodriquez !

Musique saccadée

...

-Il n'avait même pas besoin de jouer, ils étaient contents de le voir.

Pendant un moment, ils voulaient se rencontrer.

C'était une réunion.

-C'était complètement différent. C'était pour tout le monde

le concert le plus excitant, parce qu'unique.

On n'avait jamais vu Rodriguez.

On n'entendait que le bassiste qui jouait…

Rodriguez s'est avancé sur le devant

et le bassiste s'est arrêté.

Pendant 5 ou 10 minutes,

les gens ont hurlé.

Foule en délire

...

merci de me garder en vie.

...

Il Wonder" Sixto Rodriguez

...

-Je pense que passer du statut de paria…

A celui.…

De qui il était réellement.

Parce c'était qui il était,

un musicien sur scène, jouant pour ses fans.

Ça na pas marché Mais ne doute jamais

De mes sentiments pour toi

Merci pour ton temps

-Je pensais qu'il serait abasourdi

devant ces gens qui le regardaient.

C'était le contraire. ♪ ai vu une grande tranquillité.

Son visage était totalement serein.

Complètement.

C'était comme s'il était arrivé a ça,

a ce qu'il avait essayé de trouver toute sa vie.

Un foyer est synonyme d'acceptation.

Voilà un type qui vit de l'autre côté de la terre

et c'était comme s'il avait trouvé sa maison.

En voyant les gens autour de moi,

je me suis dit que c'était une expérience unique dans une vie.

Ça n'arrivera plus jamais.

Mélodie douce au piano

...

...

-N'est-ce pas ça, le destin ?

Les rêves qu'on a de nous-mêmes,

celui d'être un jour reconnu,

que notre talent et tout le reste

deviennent visibles pour le monde.

La plupart d'entre nous meurent sans atteindre,

de près ou de loin, cette espèce de magie.

♪ ai essayé de le faire parler sur l'étrangeté de cette situation,

mais je n'ai eu aucun retour, aucune réaction.

Je ne savais pas s'il était paralysé par la timidité

ou si je posais la mauvaise question ou s'il y avait un problème de langue….

C'était peut-être mieux de préserver le mystère.

Je suis sorti de l'interview

en me disant : "C'est trop étrange pour être vrai."

Ça reste trop étrange pour être vrai.

C'est l'époque des miracles.

Acclamations du public

...

Rodriguez a donné 6 concerts a guichet fermé en 1998 en Afrique du Sud

-Ils étaient adorables, je n'en revenais pas.

♪ en reviens toujours pas. Quand je suis arrivé sur scène,

5000 sièges,

des sièges blancs…

Quand j'ai joué,

ils ont foncé vers la scène.

L'Afrique du Sud m'a fait me sentir comme un prince.

-Puis, il a signé des autographes pendant deux heures.

Les gens faisaient la queue

pour faire signer leur guitare, leur CD...

Le plus incroyable

reste l'homme tatoué d'un "Cold Fact".

C'est Rodriguez en personne.

Ça m'a fait halluciner.

Je me disais : "C'est complètement dingue."

-C'est pour les ventes de Coid Fact

-Dites ça aux USA, d'accord ?

le chanteur américain Rodriguez est en vie et en pleine forme.

Il est avec nous ce soir. Bienvenue.

-C'est très gentil.

-On raconte des histoires fascinantes sur votre mort.

ça va d'une immolation par le feu sur scène

pour se suicider,

à une overdose fatale en prison.

Mélodie douce

...

-C'était tellement beau,

un rêve magnifique…

Puis, il a fallu rentrer.

Mon père disait qu'il avait deux vies.

Le carrosse qui se transforme en citrouille.

-Les gens a Detroit vous ont-ils cru quand vous êtes revenus ?

-Les habitants de Detroit ont besoin d'entendre du positif.

♪ ignore jusqu'à quel point ils y ont cru

car c'est une histoire énorme.

On dirait une histoire inventée pour se vanter.

Il était vraiment célèbre.

Il démolissait

une vieille cabane ou il balayait les débris, les saletés.

Un jour, je ne le croyais pas,

il m'a parlé de l'album et du succès qu'il avait eu.

Quelqu'un avait une copie pirate qui a circulé

chez tout le monde. Ça a eu tellement de succès

que les enfants pouvaient la réciter

et chanter la chanson mot pour mot. La chanson entière.

Je ne connaissais pas l'album,

je lui en ai demandé un, mais il n'en avait même pas.

C'était aussi obscur que ça.

Mais il avait toutes les photos,

avec des foules immenses, 20000 personnes, comme a Woodstock.

"Tu plaisantes ? C'est toi ?"

-Je croyais que c'était truqué, je n'y croyais pas.

Mais il avait eu toutes ces foules et il se satisfaisait

de ratisser les pelouses des gens

ou de nettoyer et faire du travail manuel.

Il est resté.

-Il vit.….

Une existence très modeste.

Vraiment.

Il n'y a vraiment aucun excès

et il bosse toujours aussi dur pour joindre les deux bouts.

Il n'y a aucun glamour dans sa vie.

-Mais il doit être riche, non ?

-Non.

Riche de plein de choses mais pas matériellement.

Ça n'est jamais arrivé.

-Il a vendu des milliers de disques en Afrique du Sud.

-Oui.

♪ imagine qu'il doit y avoir beaucoup de piratage,

quelque chose comme ça.

D'autres sont peut-être riches.

Mélodie douce

...

Extrait du 3e album inachevé de Rodriguez

♪ oublie la fille qui a dit non

Je dirai a qui je veux où aller

♪ oublier ai tes mensonges et fa trahison

Tes tentatives pour être aussi discrète

Aujourd'hui peut-être

Je m'esquiverai

Tu peux garder tes symboles de succès

Je poursuivrai mon propre bonheur

Tu peux garder tes montres et fa routine

-Quand je repense au soir où j'ai parlé avec Eva,

je n'imaginais pas que nos vies allaient changer après cet appel.

Eva a fait la tournée avec Rodriguez.

On leur avait affecté un garde du corps pour les conduire

et ils sont tombés amoureux. Ils ont un enfant.

Rodriguez a donc un petit-fils sud-africain.

♪ étais bijoutier a Johannesburg.

Je vis au Cap et j'ai un magasin de disques.

Les choses ont tellement changé pour nous.

Sauf pour une personne, Rodriguez. Pour lui,

rien n'a changé.

Sa vie d'avant est toujours la même qu'aujourd'hui.

-Ce qu'il a clairement prouvé,

c'est qu'on a le choix.

Il a pris toutes ces affres, cette angoisse,

ce trouble, cette douleur

et il en a fait quelque chose de beau.

Il est comme un ver a soie.

Vous prenez la matière brute

et vous la transformez.

Vous en faites quelque chose qui n'existait pas.

Quelque chose de beau. De transcendant, peut-être.

D'éternel, peut-être.

En ce sens, je pense qu'il est représentatif

de l'esprit humain, de ce qui est possible.

On a le choix

et ça été mon choix de vous offrir Sugar Man.

Avez-vous fait ça ? Posez-vous la question.

"Crucify your mind" Sixto Rodriguez

...

...

Rodriguez est retourné en Afrique du Sud 4 fois

et y a donné plus de 30 concerts

!a donné la plupart de l'argent

qu'il avait gagné avec ses concerts

Rodriguez vit toujours a Detroit

dans la même maison qu'il habite depuis 40 ans

Tu sauras bientôt que je te quitte

Je ne regarderai jamais en arrière

Je suis né dans le but

Qui crucifie ton esprit

Persuade ton miroir

Comme tu l'as toujours fait

Donne de la substance aux ombres

Donnant encore plus

Tu affirmes avoir quelque chose a offrir

Secrets brillants et nouveaux

Mais combien y a-t-il en toi de répétition

Que tu ne lui as pas murmuré non plus

...

“Sugar Man" Sixto Rodriguez

...

...

...

...

...

Sous-titrage : C.M.C.

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