All language subtitles for Juno and the Paycock 576p french

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Original subtitles

JUNON ET LE PAON

Chers compatriotes!

Courageusement, sans rel�cher notre effort

nous avons combattu et r�sist�

pour le salut national de l'Irlande.

Lorque nous combattions unis, ensemble,

nous avons toujours perdu, euh... gagn�.

Souvenez-vous

Quand nous combattions ensemble,

nous avons toujours gagn�.

Oui! Nous avons gagn�!

Quand nous �tions divis�s par les id�es

et dans nos actions, nous avons toujours perdu.

Tu as raison! Tu as raison!

Pour sortir de ce cauchemar, et �viter l'autodestruction et la peur

il faut nous rassembler de nouveau, et agir, pas pour tel ou tel parti,

ni R�publicains ni Ind�pendantistes,

mais vers une Irlande libre.

Vous �tes de forts gaillards

au grand c�ur.

Face au danger et � la mort,

restons unis face � l'ennemi qui voudrait qu'on s'entretue.

Le reponsable que nous devons

diviser et chasser et lui montrer que dans l'unit�

nous vaincrons, pour la paix.

Et nous devrions ...

Courez!

Laissez-moi passer!

Ils m'ont bless�!

Laissez-moi!

Aucun respect! Ils n'ont aucun respect pour personne!

- Que se passe-t-il encore ? - Une fusillade au coin de la rue.

Les R�publicains ont attaqu� un groupe d'ind�pendantistes.

C'�tait moins une cette fois, Joxer.

De peu.

C'�tait un gentil petit carnage.

Oh Seigneur ! N'arr�teront-ils jamais ?

On en a d�j� assez support�, sans qu'ils nous tirent dessus.

Ces foutus Irlandais se marchaient dessus pour essayer de s'enfuir.

Oh oui ! Il y en a m�me qui fuyaient � quatre pattes.

Tu n'�tais pas trop fier non plus, il me semble !

J'�tais pris dans la cohue, Capitaine.

Je t'ai vu ! Tu frappais tout le monde pour t'�chapper.

On ne peut plus sortir sans risquer de se faire tirer dessus

comme un vulgaire tra�ne savate.

Tiens, on ne parle plus que du pauvre fils de Mme Pankhurst.

On l'a trouv� mort sur un chemin,

cribl� de balles. Il a agonis� pr�s d'un ruisseau

toute la nuit, tout seul. C'est affreux.

Et qu'est-ce qu'ils en disent ?

Que c'est quelqu'un du voisinage

qui a d�nonc� Pankhurst,

Que l'embuscade c'�tait lui,

et que l'indic savait o� il �tait

et o� on pouvait le trouver. - Un voisin ?

Les R�publicains sont furieux.

Ils ont jur� de retrouver

celui qui a donn� Pankhurst.

Pour faire quoi ?

Dieu seul le sait !

Pour le pendre j'imagine, ou pire. Ils le connaissent.

Esp�rons qu'ils fassent vite.

On ne veut pas de mouchards dans le quartier.

Attendez-moi. Je vais dans l'arri�re salle

�couter ce qui se raconte.

Ce combat entre R�publicains et Ind�pendantistes

comme le disait l'orateur, au moment de la fusillade,

doit absolument cesser.

On va pas passer toute notre vie � �viter les balles,

et � s'entretuer fraternellement en toute impunit�.

Buvons un coup

�� nous fera du bien apr�s avoir �chapp� � la mort.

Que ta voix est m�lodieuse quand tu offres un verre.

Johnny !

montre-nous ce que tu as.

Je dois...

J'ai r�v� ou quoi.

Je croyais avoir une demi-couronne dans ma poche !

Boirais-tu dans ton sommeil ?

J'ai d� le d�penser par inadvertance.

Vous allez devoir payer celui-l�.

T'as fini ? tu ne m'auras pas comme ��.

T'as propos� un verre, tu le payes.

- Et comment ? - Tu as command�.

- Je fais un ch�que ? - Tu as command�.

- Pas du tout. M�me si...

Y'a un probl�me ?

Joxer d�pense encore ce qu'il n'a pas.

et croit que quelqu'un va payer.

�a va, c'est ma tourn�e.

Johnny, remet-nous ��.

Cette fois, mettez-moi Une bouteille de bi�re.

Madame Madigan, vous �tes une vraie perle.

Je l'ai toujours dit

une vraie dame. Adorable, vraiment.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Tout le monde conna�t Mme Madigan. � votre sant�, ma ch�re.

Et maintenant, il faut que j'y aille.

J'ai un rendez-vous important dans une demi-heure.

�a me rappelle que j'en ai un dans vingt minutes.

Attendez un peu. Vous payyez pas un verre avant de partir ?

�'aurait �t� avec plaisir, mais je dois absolument y aller.

Et moi, je dois suivre.

Allons-y Joxer.

Rentrons. Junon est partie pour la journ�e.

Puisque tu ne peux pas m'offrir un verre, on va se faire un th�...

Allons-y, je te dis qu'lle devait sortir. Allez viens.

Il va bient�t se mettre � prier

mais pas pour demander du travail.

�a c'est gentil, Capitaine. Tr�s gentil.

Ah ! Une bonne tasse de th�.

La seule boisson que j'appr�cie lorqu'elle n'est pas l�, Joxer.

C'est pas Junon qu'on devrait l'appeler

mais Juju la r�leuse,

elle r�le tout le temps

�a doit �tre �pouvantable de vivre avec une femme qui r�le sans arr�t

Je ne sais pas comment vous fa�tes. Moi je ne pourrais pas.

Une chance qu'elle soit partie.

Quand le chat est pas l�, les souris dansent.

Approche-toi du feu, Joxer. Nous allons prendre un th�.

Une tasse de th�, quelle bonne id�e.

Une tasse qui r�chauffe, mais... Charmant!

Approche du feu, Joxer, et prend un th�.

Vous voulez pas un �uf en plus ?

Je n'ai pas le temps, Mme Boyle. J'ai une urgence.

Au fait.

tu connais le contrema�tre du chantier

qui se trouve � Kilister, non ?

C'est pas un vieux copain � toi ?

Le contrema�tre de Kilister, bien s�r.

C'est un homme adorable. Vraiment.

Il m'a m�me dit "viens d�jeuner et je t'embaucherai".

"Am�ne ton copain si tu veux".

Et je lui ai dis que vous �tes un homme adorable, vraiment.

Ce boulot pouvait pas mieux tomber. C'est parfait, mon petit Joxer.

On a du mal � croire que j'aie aussi mal aux jambes.

La semaine derni�re, j'�tais presque paralys�.

C'est un signe.

Ce que Dieu prend d'un main, il le redonne de l'autre.

Il est � peine 11 heures. On a tout notre temps.

J'enfile mon vieux pantalon apr�s le d�jeuner

et on fini d'arranger �� chez Johnny.

Au fait, Joxer,

on ferait bien de prendre nos pelles.

On ferait miex de s'�quiper pour parer � toutes les �ventualit�s.

Prenez votre pelle � long manche moi je prendrai ma pioche.

On peut ne pas en avoir besoin, mais sait-on jamais.

Un clou manque, on perd un fer,

un fer manque, le cheval bo�te,

et sans cheval, l'homme est foutu.

Charmant proverbe. Vraiment.

Va au diable !

Une pelle ! Tu es plus habile avec un couteau et une fourchette.

qu'avec une pelle !

M�me si tu trouvais un bon boulot,

tu ne l�verais pas les bras de peur d'avoir mal aux jambes.

Je travaille comme un for�at pour te nourrir,

et toi, tu te pavanes en ville.

Vaudrait mieux �tre mort que d'entendre ��.

Tout le monde t'appelle Capitaine,

alors que t'as tout juste mis les pieds sur un rafiot entre ici et Liverpool.

Et pourtant, � te voir et � t'entendre

on dirait que t'es Christophe Colomb.

Tu me laisses tranquille ?

��, pour la tranquilit�, tu te poses l�.

- Tu me chasses de loa maison ? - Pour que t'ailles o�, au bar ?

Je n'entre jamais chez Foley. Je n'ai pas bu de tord-boyau

depuis 3 semaines.

Tiens �� au dessus du feu.

C'est peut-�tre la derni�re, je ne sais pas d'o� viendra la suivante.

Je n'en veux pas. J'ai encore un peu de fiert�.

Tu veux d�jeuner, oui ou non ?

Je n'en veux pas de ton d�jeuner. Tu peux te le garder.

Je vais me d�brouiller. N'aie crainte.

Oh ! Mais ne t'imagines pas qu'on va te forcer.

Vous voici enfin M. Boyle. Je vous cherche partout.

Le barman m'a dit que vous veniez juste de partir.

Et en quoi �� regarde Jerry Devine,

si j'�tais au bar ou pas. Et d'abord, pourquoi tu me coures apr�s ?

On ne peut plus sortir une minute

sans un paquet d'espions, et de bons � rien � ses trousses ?

Vous n'y �tes pas du tout, M. Boyle, je voulais juste vous rendre service.

On vous fait dire qu'il y a du travail pour vous � la mine.

Si vous demandez Manigan, le contrema�tre, vous �tes embauch�.

Bon d'accord, mais je n'aime pas qu'on m'�pie.

Regarde plut�t les �toiles.

Ce n'est pas parce que tu suis ma fille que tu dois en faire autant avec moi.

�� y est, ma jambe droite recommence � me faire mal.

Et �� va vite gagner la gauche. C'est un vrai miracle,

d�s qu'il renifle un travail, ses jambes l'abandonnent.

Il faut monter � l'�chelle non ? Comment je fais avec mes jambes ?

Et comment je fais pour redescendre ?

Demande � un gars de te porter.

T'arrives pas � moter une �chelle, mais tu vas au bar en courant.

Prends ton d�jeuner et va te pr�parer

et ne fais pas comme si tu �tais � l'agonie.

Je ne d�jeunerai pas, je t'ai dit. Apr�s tout ��, �� serait choquant.

J'ai encore ma fiert� tout de m�me.

Ta fiert� ? Entre l�-dedans et met tes v�tements de travail.

Mieux vaudrait �tre mort !

Mieux vaudrait �tre mort !

Et mon autre jambe qui s'est met !

Personne ne sait le terrible supplice que j'endure

avec ces douleurs �pouvantables dans mes jambes.

J'y vais. Je suis tr�s en retard.

Mme Boyle, Mary n'est pas l� ?

Non, elle est sortie.

- Elle rentre quand ? - Je ne sais pas. Pourquoi ?

Elle fricote avec un autre gars.

Je l'ai vue hier soir sortir du dancing

accroch�e au bras d'un bell�tre d�gingand�

portant canne et gants.

Mary est une grande fille.

- Tu m'as jou� un sale tour. - Fichez-moi la paix.

Tu veux toute la place ?

Les gosses se fichent de leurs parents.

J'imagine que c'est partout pareil.

Le monde entier va de travers.

Qu'elle la garde, sa saucisse.

Son d�jeuner ! Qu'ils me supplient � genoux.

Le th� est potable, mais

Voulez-vous une machine � coudre ?

Non, j'en veux pas de votre machine.

Dieu vous aide.

Capitaine, vous entendez ce raffut en bas ?

Qui frappe � la porte ? Qui c'est ?

Qui frappe � la porte ? Tu n'entends pas ?

Tu es sourd, ivre, ou quoi ? Qui a cogn� ?

Comment je le saurais ?

Joxer, regarde par la fen�tre.

Ben voyons, pour me prendre une balle dans le museau.

Pas question. Je pr�f�re qu'on me croit l�che que d'�tre mort.

Qui est ce type en imperm�able ?

Il s'en va, il �tait fatigu� de cogner.

Assieds-toi et prends un th�, Joxer.

Je ne reste pas une minute de plus.

On sait jamais quand la patronne va nous retomber dessus.

Quelque chose me dit que je dois partir, et vite.

Si �� tourne mal, tu pourras toujours te cacher par l�.

Et d�s qu'elle change de pi�ce,

tu reviens et tu files.

Bon, mais je reste pas longtemps.

� qui est ce livre?

� Mary. Elle passe son temps � lire.

Surtout des balivernes.

Vous avez d�j� lu La famine ou Exil en Sib�rie ?

C'est un livre charmant, vraiment.

T'occupes pas d'Exil en Sib�rie, mange ta saucisse.

Pourquoi avez-vous mis votre velours ?

- J'ai trouv� un travail. - Quoi ?

Ne fais pas cette grimace. Le petit Devine est venu

me proposer un travail � la mine.

- Ils devraient m'embaucher. - Merci Seigneur ! Une bonne nouvelle.

Comment �� une bonne nouvelle ?

Je voudrais t'y voir dans mon �tat avec tes bonnes nouvelles.

Moi qui peux � peine me tra�ner

- tant mes jambes me font mal. - J'oubliais.

Il oubliait !

J'ai l'impression que personne

ne voit l'�tat o� je suis � cause de mes jambes.

O� est votre jeunesse, Capitaine, quand vous naviguiez sur les mers,

que la temp�te sifflait dans la m�ture

que les seuls mots �taient "b�bord ou tribord" ?

et la r�ponse "B�bord, moussaillon".

C'�tait le bon temps, Joxer, �� c'�tait le bon temps.

Ni la chaleur, ni les charges ne me faisaient peur en ce temps l�.

Tirant des bords du golfe du Mexique � l'oc�an Antarctique.

J'en ai vu des choses.

J'ai vu des choses qu'aucun chr�tien

n'oserait m�me jamais raconter.

Souvent, je dis bien, souvent, attach� � la barre, avec un filin

� cause du vent d�cha�n�,

et des vagues qui d�ferlent sans arr�t

au point de penser que chaque minute est peut-�tre la derni�re.

Et le vent ventilait et ventilait.

Venter est le mot juste, mais les marins disent ventiler

Quel mot charmant, Capitaine, vraiment.

Donc, �� ventilait, et �� ventilait.

Je regardais souvent le ciel

en me disant:

Que d'�toiles !

Boulets de charbon ! Qui veut des boulets ?

Boulets de charbon !

Boulets de charbon !

Charbon ! - Excellente remarque.

Pourquoi tant d'�toiles ?

Et parfois je me demandais aussi

Qu'est-ce que la lune ?

Excellente question, qu'est-ce que la lune ?

Je suis press�e

Grand Dieu ! La revoil� !

Grand Dieu, qu'est-ce que tu fais l� ? Vite, change de pantalon,

met une chemise, arrange-toi !

Un visiteur vient avec Mary t'annoncer une bonne nouvelle.

Un boulot, j'imagine.

Chaque chose en son temps.

N'aie pas peur. Ce n'est pas un travail,

mais la chance de ta vie.

C'est quoi tout ce myst�re ?

D�p�che-toi, et enl�ve ton pantalon quand on te le dis.

- Allez ! Allez ! - D'accord, �� va !

Quel foutoir ! Le vieux Joxer �tait ici.

Joxer ici ! Nom d'un chien !

Maman, voil� Charlie.

- Entrez, M. Bentham. Asseyez-vous. - Merci.

Pas l�, ici.

Il arrive dans une minute. Il change de pantalon.

Maman!

Ne vous d�rangez pas pour moi, Mme Boyle.

Alors vous connaissez ma fille Mary, elle savait la nouvelle, et n'a rien dit

�� pouvait pas mieux tomber, car on �tait au bout du rouleau.

- Pourquoi fais-tu tout ce vacarme ? - Je change de pantalon.

Et il faut que toute la maison soit au courant ?

Pourquoi tu te changes tout le temps ?

Laisse moi tu veux. Laisse-moi.

O� sont mes bretelles ? Qui sait o� j'ai mis mes bretelles ?

- Tu les aurais pas sur les �paules ? - Nom d'un chien !

Il lui manque toujours quelque chose.

Johnny, je voudrais que tu viennes.

Fiche-moi la paix !

Viens, Johnny, je veux te pr�senter � M. Bentham.

Mon fils, M. Bentham, il �tait � l'usine.

C'�tait un gamin si faible encore quand il a �t� bless� � la hanche.

Puis il a perdu son bras dans l'attentat Rue O'Connell.

Johnny, voici M. Bentham. Mon fils Johnny, M. Bentham.

Comment �� va ?

Il s'est sacrifi� pour l'Irlande. Tout �a pourquoi ?

Je le referais, maman, je le referais, un id�al c'est un id�al.

Ton id�al, il est parti avec ton bras.

C'est �� l'id�al pour un travailleur.

Alors �� vient l�-dedans ?

Voil� mon mari, M. Boyle. M. Bentham, M. Boyle.

- M. Bentham. - Comment allez-vous ?

�� va pas fort.

J'ai terriblement mal aux jambes. Je vais vous dire

T'auras plus mal aux jambes en �coutant M. Bentham.

Faisons vite, que j'enl�ve ce foutu col

Je suppose que vous vous souvenez d'un certain M. Elison de Sanctuaire,

c'est un de vos parents, je crois.

Ce bon � rien, ce fain�ant ! Si je m'en souviens !

Il est mort M. Boyle.

Mais avant de mourir, il m'a dict� son testament.

Il voulait l�guer son bien � deux personnes,

son petit cousin, Michael Finegan

et John Boyle, son cousin de Dublin.

Moi ! C'est bien moi ? Moi !

Oui, vous, M. Boyle.

J'ai ici copie du testament que j'ai r�dig�

et d�ment enregistr� au greffe.

Voici le testamen de W. Elison, de Santuaire, Comt� de Dublin.

J'odronne et d�sire que mes biens soient vendus et divis�s comme suit:

20 Livres � St Vincent de Paul,

60 Livres pour le repos de mon �me.

Quelle g�chis !

Bon, alors, il reste combien en tout ?

Je dirais que votre part devrait �tre de...

1500 � 2000 Livres.

Une fortune, Papa !

On peut enfin partir pour un endroit o� on ne nous conna�t pas.

Te voil� tranquille, Jack.

Je ne douterai jamais plus de la bont� divine.

Si Joxer �tait l�, il dirait "Apr�s la pluie, le beau temps."

- F�licitations, M. Boyle. - Merci, M. Bentham.

Junon, Mary, Johnny,

on prend le deuil imm�diatement.

Qui aurait pu dire que le pauvre Bill allait mourir comme �� !

Enfin, on doit tous mourir un jour.

Toi, Junon, aujourd'hui.

et moi, peut-�tre, demain.

On n'y peut rien autant vouloir arr�ter un cheval fou

ou d'implorer en vieux patois

St Patrick et St Bridget.

Usim et siera.

Papa, ce n'est pas "De profundis" mais "Dieu sauve l'Irlande".

Et alors, c'est une pri�re, non ?

Johnny, Mary,

� l'avenir, il faut de la tenue.

Tu vois Junon, j'en ai marre de Joxer.

C'est un fain�ant.

Ah t'en a marre de Joxer ? Sors faire un tour, si tu veux,

Va te tremper et te glacer dehors.

�� te fait quoi, � toi et � ton ami le cravat�.

Mais, que faisiez-vous l� dehors ?

Je r�vais que j'�tais sur un bateau

qui naviguait loin de l'Atlantique,

et �� ventilait, �� ventilait.

Et regardant le ciel, je me demandais,

Pourquoi ces �toiles ?

Pourquoi ces �toiles ?

�� suffit, Joxer Daly. J'ai toujours su que vous �tiez f�l�.

Dehors.

C'est plut�t dr�le

de voir un vieux loup de mer

qui a le mal de mer sur une rivi�re.

�� suffit, Joxer Daly, sinon je te corrige moi-m�me.

Dites au revoir, pas adieu.

Tu pries Dieu pour du boulot, il ne t'en donnera pas.

Il est pas pr�s de souffler la mousse d'une bi�re sur mon compte.

Et maintenant, on va s'en jeter un.

Une pinte, un baron.

Jack, tu parles � M. Bentham, pas � Joxer.

De toute fa�on, on va tous boire un coup.

Y'a rien � boire.

Je vais en chercher chez Foley.

Ah non, pas toi. Je te connais. Mary va y aller.

- Va chez Foley chercher du whisky. - Bien Maman.

Finis les probl�mes, Junon.

Et buvons aux jours meilleurs qui nous attendent.

- Nous prenons celui-ci, M. Holden. - C'est une Livre d'avance, plus trois

� cr�dit.

- C'est tr�s raisonnable. - Comme vous dites.

Voyons voir. Plus 4,

soit 22 Livres et 11 Shillings pour tout le lot, Mme Boyle,

Y compris les meubles et les rideaux livr�s ce matin.

D�s qu'on a l'argent, on vous paye.

- C'est en compte, Mme Boyle. - Merci beaucoup, M. Holden.

J'esp�re qu'on s'endette pas trop. D'abord les meubles, maintenant ��.

Pas avec 2000 Livres.

- Il est � vous, Mme Boyle. - Merci beaucoup, M. Holden.

Allons-y, Allons-y.

- Je prends �a, Maman. - D'accord.

- Au revoir, M. Holden. - Au revoir, Mme Boyle.

- Merci beaucoup. - Merci beaucoup.

Ouf, c'�tait pas dr�le de porter ��.

Quel bel engin. Mais t'aurais d� le faire livrer.

�te tes pieds des nouveaux meubles.

- T'as pas vu le phonographe, Johnny. - J'ai autre chose en t�te.

- A quoi tu penses ? - A rien, rien du tout.

Quelque chose te tracasse. Tu n'es pas comme d'habitude.

Une nuit chez mes soeurs, la suivante chez le fr�re du p�re.

Tu vas pas te reposer comme ��.

Je n'ai de repos nulle part, nulle part, nulle part.

Je crois que tu cherches pas vraiment.

Fichez-moi la paix, bon sang.

Voil� M. Bentham !

Pourquoi tu t'agites ? Y'a pas de place pour lui ?

Il ne manque plus que la fanfare.

Nous servirons les tasses, au lieu de les pousser sur la table

comme des ignorants

- Entrez, M. Bentham, entrez donc. - Bonsoir � tous.

Asseyez-vous, M. Bentham. Pas l�, ici.

Merci.

Le chapeau de M. Bentham, Jack.

Mary arrive.

Le th�.

Tiens, Mary, prends ceci.

- Prenez un morceau. - Merci Mary.

Tiens prends �a.

Mary, attends.

C'est mieux comme ��.

Oh! Merci.

Ce th� n'a pas vu la bible.

Si on respectait la religion, tout irait mieux. Vous croyez pas ?

Je ne sais pas, Mme Boyle. Je suis th�osophe.

Th�osophe. Bon sang, c'est quoi un th�osophe ?

Un th�osophe, c'est ...

Expliquez-lui.

Difficile � expliquer en peu de mots.

La Th�osophie se base sur les "V�das" les livres religieux des Hindous.

Au centre, se trouve l'esprit de compr�hension universelle,

Le souffle vital, en dehors duquel rien n'existe vraiment.

Ce souffle vital est appel� Prana.

,,Oh oui! C'est le ,,,, praum ,,,,. ,,

- C'est ��, Prana. - Jack, s'il te plait.

Le bonheur de l'homme d�pend de sa proximit� avec cet esprit.

Ceux qui atteignent la perfection sont appel�s des Yogis.

Des yogis ! J'en ai vu des centaines � Chicago.

D'apr�s ces yogis, la pratique de certains exercices mentaux,

donnerait des pouvoirs exceptionnels.

Par exemple, voir ce qui se passe � des milliers de kilom�tres.

Cette croyance n'est pas pour moi. C'est une religion bien curieuse.

Les autres ne le sont-elles pas ? Sinon, qui croirait ?

Toutes les religions disparaissent.

Prenez les vrais Irlandais de Dublin

Ils en savent plus sur Charlot et Tommy Micks

que sur Pierre et Paul, leurs propres saints.

- Croyez-vous en Dieu, M. Bentham ? - Maman ! Tu sais bien que non.

Je ne sais pas.

Les scientifiques croient que les soi-disant fant�mes

ne sont visibles que par certaines gens.

Ils disent qu'un acte exceptionnel,

comme le meurtre d'une personne,

lib�re une grande �nergie, et que cette �nergie

perdure sur le lieu de l'action.

Dans cet endroit, l'un ne verra rien, alors qu'un autre

qui sera sensible � l'�nergie du lieu verra l'affaire

comme dans un flash.

Pourquoi parler de �� ?

On pourrait parler d'autre chose ?

Un meurtre est assez p�nible sans encore en parler.

D�sol�, je ne savais pas ...

Excusez-le, il est tr�s sensible.

Mon Dieu ! Que'est-ce que c'est ? Johnny, Johnny !

Ferme la porte, vite.

Vite ! Oh mon Dieu !

Dieu, aide-moi s'il te pla�t ! Dieu aide moi !

Qu'est ce qu'il y a ? Assieds-toi.

- Qu'y a t'il ? - Je l'ai vu,

je l'ai vu sourire devant la statue. J�sus, aie piti� de moi.

Donne-lui � boire. Jack, vite ! Remue-toi nom d'un chien !

Maman, assied-toi devant la porte.

Je m'assieds l�. Mais au moins, dis-nous ce qui t'arrive.

Je l'ai vu. J'ai vu Robert Pankhurst agenouill� devant la statue

la lumi�re rouge l'�clairait, et quand je suis entr�,

il s'est tourn�, m'a regard�, et j'ai vu sa poitrine qui saignait.

Pourquoi m'a-t-il regard� comme �a ?

Calme toi. Calme toi, ce n'�tait que le rougeoiement de la veilleuse

et la conversation qui t'ont troubl� l'esprit.

Reprend une gorg�e, �� ira mieux.

Voil�, du calme.

Allonge toi, �� va passer. Comme ��, c'est bien. Tout va bien.

Jack, regarde et dis-lui que ce n'est rien.

Foutaises. Ce n'�tait qu'un reflet.

Maman, va voir si la lumi�re est allum�e devant la statue.

Jack,

regarde si la lampe �claire la statue.

Mary, va voir si la lampe �claire la statue.

J'y vais, Mary.

La lampe �claire toujours la statue.

C'est Mme Madigan. Ouvrez, capitaine !

- Capitaine ! quel plaisir de vous voir. - Entrez, Mme Madigan.

Entre Joxer.

Y'en a qui savent s'habiller, hein ?

Douce comme la fleur de Mai et odorante comme le foin coup�.

- D�licieuse. - Quel flatteur !

Je connais quelqu'un d'aussi beau qu'un bouton de rose.

Mais je ne dirai pas de nom !

Venez, je vais vous pr�senter

au pr�tendant de Mary,

Voici Mme Madigan, Quand j'ai trop mal au dos,

si elle pouvait s'en occuper, je serais sur pied imm�diatement.

Vous allez me faire rougir, Capitaine.

Je vais vous dire, M. Bentham,

avec Mary, vous avez tir� le gros lot,

Croyez-moi.

Pas comme certaines poup�es appr�t�es

cherchant � attraper un bon parti.

Je me souviens de sa naissance comme si c'�tait hier.

C'�tait le 25 juin 1903

� 1 heure 33 � l'horloge de Foley.

C'�tait un jour glacial pour la saison,

et je me souviens avoir dit � Joxer

que j'ai rencontr� dans les escaliers

que la petite Boyle serait une belle gosse, si elle survivait,

et qu'elle serait quelqu'un, un jour, sans que personne s'y attende.

Pas vrai, Joxer ?

Exact, M'ame.

Le temps a fait son oeuvre. Et la voil� aujourd'hui.

Regardez-la.

Fianc�e � un jeune homme

pr�t � occuper toute place que Dieu voudra bien lui donner.

Asseyez-vous, ch�re amie.

Voici Joxer Daly, ancien chef des partisans

des catholiques nationalistes Irlandais.

Ce vieux voisin du dessus n'a jamais d�sesp�r�

m�me au pire de la tourmente.

Je n'ai jamais d�sesp�r�, capitaine. Je n'ai jamais d�sesp�r�.

Assied-toi Joxer.

Nous deux, on a vraiment eu chaud.

Surtout chez Foley.

On s'en est bien sorti, vraiment.

Si on buvait un coup ?

�� ne se refuse pas.

Johnny n'est pas bien.

Dieu le prot�ge, le pauvre ch�ri.

Toujours malade.

Mme Madigan, du th� ou du raide ?

Pour moi,

j'ai pris le th� il y a un instant et j'ai peur d'en boire un autre,

Je ne suis pas bien si j'en bois trop. Merci, sans fa�on, Capitaine.

Une bi�re brune, alors ?

J'ai peur qu'un brune me reste sur l'estomac, apr�s le th�.

Un whisky ?

�� c'est parl� !

Rien de tel qu'un goutte de whisky � l'occasion.

Bien s�r, en boire trop n'est pas bon.

Eh, ne le noyez pas.

Magnifique !

Je suppose que vous allez partir maintenant que vous �tes riches.

Eh bien

nous pensions prendre une petite maison pr�s de la mer.

J'aimerais que cet endroit qui, si on veut,

m'a donn� la vie, soit aussi aussi ma tombe.

Toujours l'appel de la mer.

Et cet appel, vous l'entendez toujours, dans le vent et sur la mer.

Ici, c'est mar�e basse.

Junon, Mary, une chanson.

Papa, non, je ne suis pas d'humeur.

Allez, ma ch�re enfant, vas-y.

Ne sois pas timide, tu vas te marier.

Je me souviens comme si c'�tait hier.

C'�tait une belle soir�e d'ao�t, il y a quinze ans exactement,

selon la date pass�e mardi il y a quinze jours,

quand moi et mon homme, Dieu le garde,

�tions assis tout timides � l'�cart d'un tranquille chemin de campagne.

Et il m'a dit "Ch�rie",

"cela va griffer ton beau petit cou"

en �cartant une branche de m�rier sauvage,

avec les fleurs les plus adorables,

que vous ayez jamais vu de votre vie.

Son bras est tomb�, par accident, autour de ma taille.

Quand j'ai senti ce bras me serrer

me serrer, me serrer,

j'ai cru que ma poitrine allait �clater

"Au lever du jour, dans le vert tendre des feuilles, ..."

Allez, on chante.

Assieds-toi, Joxer.

Asseyez-vous, M. Bentham.

- Oh, c'est magnifique ! - Bravo.

Une chanson charmante, vraiment.

Vous savez quoi ?

Je ne vous ai jamais vu dans une telle forme

ni toi non plus, Mary. C'�tait tr�s beau.

C'est � vous maintenant, allez.

- Allez-y - Je ne peux pas.

- Allez-y vous ! - M. Bentham voudrait vus entendre.

C'est ma pr�f�r�e !

Ma voix est voil�e maintenant.

Trop voil�e.

Mais je me souviens quand Maise Madigan chantait

comme un rossignol � la saison des amours.

Je me souviens comme si c'�tait hier, M. Bentham.

C'�tait � une f�te donn�e pour l'arriv�e du premier n�

des Jameson, vous savez, Joxer, le coiffeur de Henrietta Street.

- A Joxer maintenant. - A vos risques et p�rils.

Vive le phonographe.

J'ai horreur de voir quelqu'un faire ce dont il est incapable.

Donnez-lui sa chance.

Bah, il a oubli� la chanson.

Mais non il ne l'a pas oubli�e.

Tant pis, ce sera pour une autre fois.

Chut. Arr�te. Attend un peu.

La pauvre Mme Pankhurst descend.

Ce soir, ils enterrent son fils. Je vais ouvrir. Fais de la lumi�re.

J'ai ouvert les rideaux pour que vous y voyez clair.

Qu'est-ce que �� peut me faire � moi

�� ne me rendra pas mon enfant ch�ri.

Entrez prendre un th� chaud.

Je ne peux rien avaler, Mme Boyle, et je vais bient�t le rejoindre.

Alors m�me qu'il est mort anonyme nous l'enterrerons comme un roi.

Et moi, je vivrai comme une malheureuse.

J'ai tant souffert � sa naissance

pour le porter dans son berceau

et voil� qu'aujourd'hui

je souffre encore pour le porter dans sa tombe.

Vous feriez mieux de ne pas y aller,

et de rester avec vos voisins.

Je l'ai vu venir, je veux le voir partir.

Dieu vous aide.

Je vais vous chercher un ch�le. Il fait tr�s froid.

Ma maison est vide maintenant.

C'�tait mon seul enfant.

Dire qu'il est rest� toute une nuit

allong� au bord d'un chemin d�sert.

Personne ne s'est souci� que sa t�te ch�rie,

que j'ai embrass�e si souvent, baigne � demi dans un ruisseau.

- Tenez Madame. - Dieu vous b�nisse.

Sainte m�re de Dieu, aie piti� de nous deux.

Tr�s Sainte Vierge,

o� �tais-tu quand mon fils ch�ri s'est fait cribl� de balles,

quand mon fils ch�ri s'est fait cribl� de balles.

C�ur sacr� de J�sus crucifi�,

arrache nos c�urs de pierre et donne-nous la foi.

Arr�te ces meurtres et cette haine,

et donne-nous la vue, pour l'amour de Dieu.

C'�tait Mme Pankhurst, une voisine.

On a trouv� son fils cribl� de balles.

On dit qu'il a �t� d�nonc�.

C'�tait un gentil gar�on et tranquille.

Mais il n'a eu que ce qu'il cherchait

avec sa satan�e R�publique.

Il venait souvent ici boire le th�, lui et Johnny ne se quittaient pas.

�� suffit avec �� maintenant.

�� ne nous concerne bougrement pas.

S'ils veulent leur compte, ils l'ont.

Quand j'�tais marin

je savais que je pouvais finir dans un cercueil liquide.

S'ils veulent combattre,

qu'ils ne se plaignent pas de finir en combattant.

"Je veux finir en soldat, ma poitrine offerte aux balles".

Elle n'a que ce qu'elle m�rite,

et finira par en tirer gloriole.

Moi je me demande

et si le Capitaine chantait ?

- On va se promener - On sera pas longs

Capitaine, une chanson.

Il me faut plus de remontant pour pouvoir chanter.

J'ai une id�e. R�citez-nous, le po�me que vous avez compos�.

Un po�me charmant, vraiment.

Mon Dieu ! Il �crit des po�mes ? Vite, le phonographe.

Bon, je veux un silence de mort.

Religieux, Capitaine, silence religieux.

- Arr�tez cette rengaine. - Qu'est-ce que t'as encore ?

�coutez, �coutez.

C'est l'enterrement.

Ouvre la fen�tre. Non, pas tant que ��.

Voici le corbillard. Et la vieille qui suit le cercueil.

On ne le voit plus sous les fleurs.

Charmant enterrement, vraiment.

Venez, on verra mieux dans la rue.

Venez tous.

Alors Boyle ?

Que fais-tu ici ?

Et l'enterrement ?

Je ne suis pas bien.

On t'attend � la r�union apr�s-demain soir.

Quand ? O� ?

Je sais pas. On se retrouve au bar Pillar � 8 heures.

Ce soir, je saurai o� on va.

Une voiture nous emm�nera � la r�union.

Ils pensent que tu pourras leur dire

qui a vendu le Commandant Pankhurst.

Alors j'irai pas. Je ne sais rien pour Pankhurst.

Tu ferais mieux de venir Rappelle-toi ton serment.

Je n'irai pas. J'en ai pas d�j� assez fait pour l'Irlande ?

J'ai perdu un bras. Avec ma hanche, je ne marcherai plus comme avant.

J'en ai pas fait assez pour l'Irlande ?

Personne n'en fera jamais assez pour l'Irlande.

Mills Cox & Bentham, Avou�s Notaires Asserment�s

Oh, papa, une fortune !

On peut enfin partir ailleurs

Fini de chercher du boulot.

Fini les probl�mes

buvons aux jours meilleurs.

Ils ne vont rien toucher du tout ?

Je vous le dis Joxer, pas un sou.

Je commen�ais � m'inqui�ter pour le paiement,

des v�tements que j'ai fait.

Je suis all� voir ce menteur de notaire et j'ai tout d�couvert.

Ils voulaient me jeter dehors, me disant que le Capitaine

�tait parti plus vite qu'il �tait arriv�.

Ils lui ont dit comme ��: "vous n'aurez rien".

J'ai l'impression qu'un jour ou l'autre �� devait finir par arriver.

Il n'aura rien.

Je sentais que �� tournait pas rond.

J'ai fait des r�ves �tranges,

et puis, ce M. Bentham, il ne vient plus non plus.

Il y a anguille sous roche.

De plus qui, bon sang,

l�guerait tout � ce fripon de Boyle ...

- Comment va le Capitaine ce matin ? - Dites plut�t, o� est-il ?

- Est-il l� ? - Oui, il est au lit

il a tr�s mal aux jambes.

Allons-y, le docteur va nous attendre.

Il est au nid.

J'y vais tout de suite.

Il ne va pas continuer � se pavaner dans mon costume.

Croyez-moi ou non,

on ne trouve pas 7 Livres sous le sabot d'un cheval.

Je me moque d'o� il va les tirer, mais il va me payer ou le rendre.

Je ne vais pas me laisser tondre comme un agneau

et en plus dire merci, �� non !

D�p�chez-vous d'y aller. Vous leaissez pas faire.

- O� est-il ? - L�-bas, au fond.

C'est toi, Junon ?

- Vous d�rangez pas, M. Boyle. - Oh, c'est vous, M. Kelly.

Vous �tes pas trop malade, j'esp�re.

Mes vieilles jambes, M. Kelly. mes vieilles jambes.

Ouais, ouais, je sais !

J'aimerais que vous me donniez quelque chose sur ce costume.

Combien je te dois ?

Combien ? �� n'a pas chang�, 7 Livres.

Je suis content que vous soyez venu M. Kelly.

Au fait, je veux un bon manteau �pais et chaud pour l'hiver,

Combien �� co�te un manteau comme �� de nos jours ?

�� ferait 6 Livres de plus.

Six Livres.

Six et sept font treize.

Je vous devrai donc treize Livres.

Oh non !

vous ne devrez pas 13 livres.

Vous voulez vivre � cr�dit ?

Sans mon pantalon.

Nom d'un chien, o� allez-vous, avec mon pantalon ?

O� je vais avec "votre" pantalon ?

Vous avez du toupet, y'a pas � dire.

Je pourrais vous insulter, mais je ne le ferai pas,

Vieux pourri.

Et qu'est-ce que je mets pour sortir ?

C'est le cadet de mes soucis ! Vous n'avez qu'� sortir en slip !

Que va t-il mettre ! Monsieur Jack et son beau manteau.

"Qui vit � cr�dit a des soucis !"

M. Kelly ! M. Kelly !

M. Kelly ! M. Kelly !

- Qu'y a t-il, Capitaine ? - Kelly m'a pris mon costume.

- Il l'a pris ? - Oui !

Bon sang !

Et que faisiez-vous pendant ?

J'�tais au lit quand il est entr� comme un voleur,

l'a attrap� comme un rat et est parti sans un mot.

- Pourquoi a-t-il fait �� ? - Pourquoi ? si je le savais.

- La jalousie, je crois. - Et il n'a pas dit pourquoi ?

Je te l'ai dit, il l'a pris avant que je me r�veille.

�a m'�tonne de lui. Il doit y avoir autre chose.

Il a d� entendre des choses.

Entendu des choses ? Explique-toi Joxer,

quelles choses ?

il aurait pas entendu, par hasard, que vous n'allez rien toucher ?

Et pourquoi j'aurais pas cet argent ?

Exact. Je vois pas pourquoi.

- Nom d'un chien ! - Quoi encore, Jack ?

Il a pris la bouteille de bi�re qui �tait sur la table.

Non, il n'a pas pu faire ��.

Alors qui ? Junon l'avait laiss�e l� et elle n'y est plus.

- Elle est ps partie toute seule ? - C'est choquant !

L'homme est vraiment un loup pour l'homme.

Mme Madigan !

Un instant.

J'esp�re que je ne vous d�range pas en pleine discussion

sur votre prochain h�ritage,

si je peux dire,

et que nous allons pouvoir parler un peu, "Capitaine" Boyle.

Bien s�r, Mme Madigan.

Les vieux amis sont toujours les bienvenus !

Oui, ils peuvent venir quand ils veulent.

Pas sans pr�venir, Mme Madigan.

- Asseyez-vous. - Merci beaucoup,

mais le peu que j'ai � dire peut �tre dit debout.

Pour aller droit au but,

vous vous souvenez que je vous ai pr�t�

3 livres que j'ai eues chez "ma tante" pour des meubles et des couvertures ?

Si je m'en souviens ! Je les ai m�me inscrites dans mon livre.

Maisie Madigan: 3 Livres et demi

sur articles mis en gage.

A rembourser sur ma part quand elle arrive � bon port.

Voil�, depuis que j'ai mis ces couvertures au clou,

je me g�le de froid.

et j'ai d�cid� que si je dois avoir trop chaud l'hiver prochain,

je ne vais pas me geler celui-ci.

Par cons�quent,

rendez-moi mes 3 Livres, s'il vous pla�t.

Tant de h�te,

est difficile � satisfaire. Mais je vais vous donner un re�u

Je veux mon argent et pas votre blabla.

- Je suis fauch�. - Tiens donc !

Aboule le fric ou je me sers, esp�ce de fripouille.

Arr�tez ! Vous pouvez bien attendre un peu.

Attendre ! Je serai morte avant.

Si je n'ai pas mon fric...

je vais me servir sur la b�te.

- Que faites-vous ? - Je vais le mettre en gage

et r�cup�rer mes 3 sacs, tu piges ?

Je te donnerai le re�u. T'en feras ce que tu veux, mon canard.

Vous ne pouvez pas, il n'est pas � moi.

Bas les pattes. Il n'est pas � toi ?

Tant mieux, �� m'all�ge la conscience de savoir

que je prends quelque chose qui ne t'appartient pas,

mon beau marin d'eau douce !

Je vais t'apprendre � te pavaner avec l'argent de Maisie Madigan.

Je vais t'arracher les plus belles plumes de la queue,

esp�ce de vieux d�gueulasse.

- Reviens ! - Me touche pas !

Mais o� va t-on ? Je te le demande, Joxer,

il n'y a plus de morale.

Elle aurait pas entendu dire que vous n'aurez pas l'argent ?

Qui a dit �� ?

- C'est pas vrai, je sais. Mais... - Mais quoi ?

Rien, rien.

Tu allais dire quelque chose.

- Allez, ne ment pas ! - Qui ment ?

- A quoi tu penses ? - Tu racontes pas d'histoires, toi ?

Oh non, tu ne saurais pas t'y prendre.

Tu m'as d�j� entendu mentir ?

As-tu d�j� dit la v�rit� ?

Tu mens comme un arracheur de dents.

Dehors! Sors d'ici imm�diatement !

Tu n'es qu'un bon � rien, un fain�ant.

Ho ho ! Y'a l'ancre qui d�rape. Bon vent ...

Souviens-toi

"Monsieur" Jackie Boyle vieille fripouille et sale menteur.

Alors qu'a dit le docteur ?

J'ai � te parler.

Ferme la porte et assied-toi.

Encore des ennuis, c'est �� ?

- Raconte. - C'est au sujet de Mary.

Quoi Mary ? Elle n'a rien de grave ?

D�sol�, mais c'est vraiment grave.

Vraiement grave ! C'est pas la tuberculose, dis ?

Non, c'est pas la tuberculose. C'est pire.

T'es aveugle ?

Tu vois pas ce que Bentham a fait � Mary ?

Alors il devra l'�pouser !

Tu sais bien qu'il est parti Dieu sait o�.

Et elle, o� elle est que je lui dise ce que je pense ?

Quand j'en aurai fini avec elle, elle saura pourquoi elle pleure.

Je l'ai laiss�e en bas pour te parler. Tu ne lui diras rien.

Depuis l'�cole, elle gagne sa vie

et ton amour paternel ne l'a pas vraiment encombr�e.

C'est ��. Prends son parti contre son p�re.

Je vais te montrer si je ne vai rien lui dire.

Tu ne diras rien, ou elle s'en ira.

C'est ��, qu'elle s'en aille ! Et le plus vite possible.

Si Mary s'en va, je pars avec elle.

C'est ��, pars avec elle ! Partez toutes les deux.

J'ai bien v�cu avant toi et je vivrai aussi bien apr�s.

Crois pas que je vais me mettre � d�gouliner de piti� apr�s tes pri�res.

�� va vite faire le tour du quartier, avant m�me que t'aies pu dire ouf.

Et quand je vais passer, ils vont dire,

c'est le p�re de Mary Boyle qui a ...

Chasse-la. Elle t'a d�shonor�.

Johnny, chut.

On n'a qu'� partir quelque part o� on ne nous conna�t pas.

Tu parles comme un livre. Pour aller o� ?

- C'est pas si simple. - Mais si, quand nous aurons l'argent.

- L'argent ? Quel argent ? - Celui du vieux Ellison pardi.

Ben, y'a pas d'argent qui arrive, ni du vieux Ellison, ni d'un autre.

En plus des ennuis de ta fille, il y a une autre nouvelle.

Y'a pas d'argent pour nous. Le testament �tait mal r�dig�.

Comment pas d'argent ? Comment �� mal r�dig� ?

Demande � celui qu'a engross� Mary. Il s'est bien moqu� de moi.

Ce cr�tin a bousill� le testament.

Au lieu d'�crire nos noms, il a simplement �crit

le reste de la propri�t� ...

doit �tre divis� "entre cousins et petits cousins".

Et il en sort par centaines, d'Am�rique et d'Australie pour toucher le gros lot.

Et leurs avocats vont tellement tra�ner et se goinfrer,

qu'il ne restera pas de quoi acheter un chausson

pour le b�b� de ta ch�re fille.

Je comprends pourquoi Bentham a l�chement abandonn� Mary.

Je comprends tout.

Mon Dieu, ne reste t-il donc pas

un seul homme droit et honn�te sur cette terre ?

Tu nous a laiss� d�penser jusqu'� ce que ...

Oh, toi, la ferme. Je veux pas t'entendre.

Retrouve Bentham

si tu veux te venger de tout ce qui nous arrive.

- Non, je ne me tairai pas. - Johnny, calme toi.

- Calme-toi, Johnny, s'il te pla�t ! - Non, je ne me calmerai pas.

- Je ne vais pas me taire ! - S'il te pla�t, Johnny !

Quel p�re magnifique nous avons !

Pas �tonnant que Mary ai mal tourn� avec ce sale vieux ...

Calme-toi, fais-�� pour moi.

J'en ai assez, je vais boire un coup.

Le dernier que je vais pouvoir m'offrir.

Fais en sorte que ta ch�re fille

ne sois pas l� � mon retour.

Si je pose encore mes yeux sur elle, je vais me mettre en col�re.

Et si je m'�nerve,

je ne r�ponds plus de rien.

Fais attention � toi, esp�ce de sale vieux ...

Johnny ! Johnny !

Ah, je peux �tre fier de mon fils

et de ma fille aussi.

Joxer !

Joxer !

Joxer, tu es l� ?

Je suis l� ! Je suis l� !

Je vais faire un tour chez Foley. Tu viens ?

J'arrive camarade.

Avec ce froid �� nous rechauffera.

Tu n'as qu'un mot � dire.

Mary !

Mary, je voudrais te parler un instant, tu veux ?

Ta m�re m'a dit, Mary, et je suis l�.

Apr�s tout Qu'est-il arriv�?

Apr�s ce qui s'est pass� ?

Peu importe. Nous sommes jeunes, nous oublierons.

L'amour est au-dessus de tout ��.

Oublions Bentham. J'ai un bon travail on pourra vivre confortablement.

- Viens avec moi. - Oh, Jerry, Jerry,

Tu ne me fais vraiment aucun reproche ?

Des reproches ! Mais je t'aime, Mary.

M�me si tu m'as laiss� tomber. M�me si tu m'as bless�.

Tu m'aimes encore alors que je suis ...

Seigneur Dieu, Mary, tu ne veux pas dire que ...

Maintenant tu sais tout, Jerry, tu sais tout.

Mon Dieu, Mary, es-tu donc tomb�e aussi bas ?

Oui, Jerry.

Comme tu dis, je suis tomb�e aussi bas que ��.

Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Je ne m'attendais pas � ��.

Je ne pensais pas ce que j'ai dit.

Je ne m'attendais pas � ��.

Ta m�re ne m'avait pas dit ��.

Je suis d�sol�. Dieu sait que je suis d�sol� pour toi, Mary.

Ne dis plus rien. Je ne t'en veux pas de penser que c'est terrible.

C'est la r�alit� et tous penseront comme toi.

Je m'y attendais.

Ton amour est aussi mesquin que celui de tous les autres.

Je suis quand m�me d�sol�.

Je n'aurais pas d� venir. Si j'avais su, je ne serais pas venu.

Si je peux faire quelque chose ... Je le ferai.

Que se passe t-il, Maman ? Que font ces gens ?

Tout va mal.

Nous n'aurons pas un sou. Ils reprennent les meubles.

Je cours chercher ton p�re.

Maintenant. Allons-y.

Qui �tes-vous et que fa�tes-vous ici ?

On reprend les impay�s.

Mettez-vous face au mur. D�p�chons.

Viens John, on y va. On a quelques questions � te poser.

Non, je suis malade. Que voulez-vous ?

D�p�che-toi. On a � faire et on est press�. Avance !

Pourquoi ? Je suis un vieux camarade.

Comme ton ami Pankhurst.

Mais ��, tu l'as oubli� en le donnant � ses assassins.

C'est notre homme. On l'emm�ne. Vite.

Prends son bras!

- T'as un chapelet ? - Un chapelet ?

Pourquoi faire ?

Vous n'allez pas tuer un camarade, qui a perdu un bras pour l'Irlande.

Pankhurst y a perdu sa vie, lui.

L�chez-moi !

Sainte Marie m�re de Dieu,

priez pour nous pauvres p�cheurs.

Laissez-moi !

Laissez-moi !

J�sus ! - Tais-toi !

M�re de Dieu, Priez pour moi !

Laissez-moi ! L�chez-moi, pour l'amour de Dieu !

Tout est fini.

Que veulent-ils � Johnny ?

Pourquoi ?

Nugent dit qu'ils sont partis dans une voiture.

Mes ennuis ne vont-ils jamais finir ?

Mon Dieu, s'il arrive quelque chose � Johnny,

je deviens folle.

J'irai � la police. Ils pourront s�rement m'aider.

Mme Boyle !

Mme Boyle !

Mme Boyle !

Que Dieu et la Sainte Vierge vous viennent en aide !

Qu'y a t-il ?

C'est Johnny. Il lui est arriv� un malheur.

Il y a en bas deux policiers qui veulent vous voir.

Ils ont trouv� le corps d'un pauvre gars

et ils pensent que c'est ...

- Johnny ! Johnny ! - Maman ! Ma pauvre Maman !

Chut, ma ch�rie, tu auras bient�t ton propre fardeau � porter.

Mais pourquoi,

pensent-ils que c'est Johnny ?

Un docteur l'a reconnu

qui avait soign� son bras.

Non, pas Johnny, pas mon fils.

Mon fils ch�ri !

Jerry Devine disait vrai,

il n'y a pas de Dieu.

Dieu n'existe pas!

S'il existait, il ne laisserait pas ces choses arriver.

Tais-toi, Mary ! Ne dis pas des choses comme ��.

On va avoir besoin de son aide et de celle de la Sainte Vierge.

La volont� de Dieu n'y peut rien.

Que peut Dieu contre la stupidit� des hommes.

Ma pauvre,

il faut aller avec les policiers voir le corps � l'h�pital.

Ils attendent.

On va y aller, Mary, on va y aller.

Et on reviendra plus.

On va laisser ton p�re se d�brouiller.

J'ai fait ce que j'ai pu mais cela a �t� inutile.

On ira chez ma soeur attendre le b�b�.

Le pauvre petit n'aura pas de p�re !

Il aura mieux, il aura deux m�res.

On va attendre toute la nuit ?

Allons-y Mary. Allons-y.

Toi pour voir ton pauvre fr�re,

et moi...

pour regarder le cadavre de mon pauvre enfant.

Oh maman, je n'en peux plus. Je n'en peux plus !

J'oubliais, j'oubliais.

Ta pauvre vieille m�re �go�ste ne pensait qu'� elle seule.

Non, tu n'as pas � venir avec moi. Ce ne serait pas bon pour toi.

Va m'attendre chez ma s�ur.

J'affronterai l'�preuve seule.

J'aurais d� �couter Mme Pankhurst

pour son fils.

C'est au tour de Johnny maintenant.

Mais je me rappelle tout ce qu'elle a dit

et c'est � mon tour de le dire.

J'ai souffert � ta naissance, Johnny,

pour te porter dans ton berceau.

Et voil� que je souffre encore

pour te porter dans ta tombe.

Sainte M�re de Dieu, Sainte M�re de Dieu,

aie piti� de nous !

Tr�s Sainte Vierge,

O� �tais-tu quand mon fils ch�ri s'est fait cribler de balles ?

quand mon fils ch�ri s'est fait cribler de balles ?

Oh C�ur sacr� de J�sus!

arrache nos coeurs de pierre et donne-nous la foi.

Epargne-nous la souffrance

et donne-nous

Donne-nous ton amour �ternel.

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