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Je vous déteste, Takigawa.
Pratiques-tu vraiment\Nle tir à l’arc par passion ?
Tu tiens de lui cette ténacité,\Ncette soif et ce respect.
J’ai accepté de devenir coach\Npour prendre ma revanche.
Je sais, je sais…
C’est plutôt moi\Nqui fais une fixation, hein ?
Ma foi…\NAvant de leur faire la morale,
je vais devoir\Ntravailler sur moi-même.
Pas vrai, Foehn ?
TSURUNE
– LE CLUB DE TIR À L’ARC DU LYCÉE KAZEMAI –
Sérieux ?
Oui.
J’ai fait le compte\Ndes tirs réussis du groupe entier,
et il y en a beaucoup.
– Combien ?\N– Je garde ça secret.
Hein ? Pourquoi ça ?
Takigawa me l’a fait promettre.
Je ne dois pas parler\Ndes statistiques de chacun.
Surtout à Onogi\Nqui se laisse vite troubler.
Il abuse, Masa !
– Il a tout compris.\N– Écrase !
Au fait, Seiya…\NQu’est-ce que tu mets ?
Mon mélange d’épices.
Le tien ?
Une boutique propose\Ndes mélanges personnalisés.
Et la dose de chaque épice\Nest aussi secrète.
J’évite de faire ça\Nen dehors de chez moi
depuis que j’ai choqué un camarade\Ndes cours privés à l’école primaire.
Mais je sens qu’avec vous,\Nje peux me le permettre.
Tu vois, je te l’avais bien dit.
Mais non, pas du tout.
Seiya a l’air bien plus détendu\Nces derniers temps,
comme s’il était\Nredevenu lui-même.
Je pense pareil.
De ?
Oh, rien de spécial.
Je nous trouvais juste plutôt sereins\Nmalgré les départementales.
Ah, tu le penses aussi ?\NJ’avais grave ce ressenti !
Et on gère mieux l’exécution\Ndes gestes à respecter.
Si ça se trouve,
on aura de bons résultats\Naux départementales !
Attention, Ryôhei.\NTe relâche surtout pas.
Ouais, c’est le genre de moment\Noù il faut rester bien concentré.
Je suis au courant, mais bon…
J’ai maths, là…
Et nous EPS, non ?
Dépêchons-nous, Minato,\Non doit encore se changer.
Oui.
Désolé, Seiya. Je te rejoins après.
J’ai laissé mon survêt\Ndans le vestiaire du dojo.
TERRAIN DE TIR À L’ARC
Le voilà.
Que tu changes subitement d’avis\Nm’a laissé perplexe…
Ainsi, tu as accepté de devenir\Nle coach du club de Kazemai
parce que tu désirais\Nte venger du grand maître.
J’avais une idée derrière la tête…
Je voulais en apprendre plus\Nsur mon grand-père.
Je vois.
Parmi ceux de sa génération,
le grand maître devait bien avoir\Ndes rivaux ou des amis proches.
Si tu veux découvrir sa nature,
tu auras plus de chances\Navec ce genre de personnes.
Vous avez sans doute raison…
Pour se venger ?
Tu mets un peu trop ton poids\Nvers l’arrière.
Penche-toi un poil plus en avant,\Net ça ira bien.
Quant à toi, Hanazawa,\Nc’est tout le contraire.
Ayez constamment à l’esprit\Noù se trouve votre centre de gravité.
Il y a un problème ?
À l’entraînement, on aurait dit\Nque Takigawa te préoccupait.
Pas vraiment…
Ne me dis pas qu’il n’y a rien.
Si tu as des soucis, dis-le-moi.
On a appris que rien de bien n’arrive\Nquand on garde tout pour soi.
Pas vrai ?
Ouais.
Pour tout te dire,\Nquand j’étais au dojo, à midi…
Pour se venger ?
Oui.
C’est ce qui l’a poussé à accepter\Nde devenir notre coach.
Se venger…\NC’est un mot plutôt fort.
Takigawa a beau\Ntoujours afficher un air badin,
je me disais bien\Nque ça cachait quelque chose.
On sent que ses sourires\Nne sont pas totalement sincères,
comme s’il refoulait\Nune partie de ses sentiments…
Mais un désir de se venger…
Je dois avouer\Nque je ne m’y attendais pas.
Quand j’ai rencontré Masa,
il réalisait le défi\Nde tirer 10 000 flèches.
10 000 flèches ?
Et il prenait ça très au sérieux.
Ses tirs imposaient le respect\Net étaient sublimes…
à en faire peur.
Il paraît qu’on fait ça\Nquand on se fixe un objectif
ou quand on désire quelque chose.
Tu lui as demandé pourquoi ?
Non… Enfin, je pouvais pas.
Peut-être que ces 10 000 flèches\Nont un lien avec sa vengeance.
Oui.
À plus.
Ouais, à demain.
SHÛ FUJIWARA\NTU AS PRÉVENU NOTRE MAÎTRE ?
Shû ?
Rien de bien important,\Nc’était à prévoir…
Après tout, il était pas du genre\Nà tenir un journal.
Des photos ?
Ce serait pas grand-père ?
Tiens…
Il s’agit de M. Yasaka\Net de Mme Saionji.
Et en dernier, M. Ôsone.\NIl a les mêmes traits.
Ce qu’ils étaient jeunes !
Ils étaient à l’époque\Nles trois grands noms du tir à l’arc.
Je m’en doutais.
Mme Saionji m’a pris sous son aile\Nplus d’une fois quand j’étais gamin,
alors je me disais que c’était elle.
Il paraît qu’à présent,\Nelle ne prend plus d’élèves.
Et elle ne sort vraiment\Nplus beaucoup de chez elle.
Si tu veux ses coordonnées,\Nje peux te les donner, tu sais ?
LA DOULEUR D’UNE CHUTE
SAIONJI
Masa ?
Minato ?\NQu’est-ce que tu fais ici ?
Bienvenue.
Madame…
Cela faisait longtemps.
C’est moi qui vous ai causé…\Nqui vous ai parlé au téléphone.
Masaki Takigawa, n’est-ce pas ?
Entrez donc, tous les deux.
Minato a donc été votre élève,\Nje ne l’aurais jamais cru.
Je cherchais un dojo\Nen cachette,
et c’est la seule\Nqui a accepté de m’enseigner.
J’étais vraiment surprise,\Nà ce moment-là.
Un élève de primaire, sans ses parents,\Nfait irruption dans mon dojo
et me demande\Nde lui apprendre le tir à l’arc.
C’est ici que j’ai rencontré Shû…\NShû Fujiwara, l’élève de Kirisaki.
On a toujours pratiqué\Nle tir à l’arc ensemble.
Puis, l’autre jour,
il m’a demandé d’informer en personne\NMme Saionji que j’avais repris le tir.
On m’a pourtant dit\Nque vous ne preniez plus d’élèves…
Je dois avouer que j’ai trouvé\Nce jeune garçon impoli,
mais il semblait vraiment sincère,\Nalors je l’ai laissé essayer…
et j’ai fini par remarquer\Nqu’il avait un don.
Et que c’était son destin.
Comme toi, Takigawa,
lorsque je t’ai vu pratiquer\Npour la première fois.
Cela dit,\Nquelqu’un s’occupait de toi,
tu étais l’apprenti de M. Yasaka.
Cela fait déjà trois ans\Nqu’il nous a quittés.
Je pensais d’ailleurs te revoir\Nlors de ses funérailles.
Pour tout vous dire,\Nje ne m’y suis pas rendu.
Mon grand-père et moi\Navions coupé les ponts
quelques années\Navant sa disparition.
Mon grand-père me haïssait,
et je m’opposais\Npar conséquent à lui.
Finalement, il est parti\Navant que nous nous réconciliions.
Tiens, tu dis qu’il te haïssait ?\NJe n’en suis pas si sûre…
Mon grand-père vous aurait-il dit\Nquelque chose à mon sujet ?
Non.
Nous ne nous sommes pas contactés,\Nces dix dernières années.
Ce que je sais,\Nje l’ai appris par un tiers,
alors je ne devrais peut-être pas\Nen parler moi-même.
Qui vous en a parlé ?
Il s’agit d’Ôsone.
Yasaka ne se serait jamais\Nouvert à moi,
mais Ôsone était lui aussi\Nprêtre de métier.
Je crois qu’il se confiait à lui\Npour différentes choses.
D’ailleurs, Yasaka allait à Aomori\Npour aider Ôsone dans ses rituels
à la même période chaque année,\Nsi je me souviens bien.
Je n’en savais rien.\NMon grand-père, aider quelqu’un ?
Sa personne\Nne se résumait certainement pas…
au professeur\Nqu’il incarnait devant toi.
Quand j’ai eu\Nla décoche prématurée,
mon grand-père\Na critiqué ma motivation.
« Tu as la décoche prématurée\Ncar tu manques d’entraînement
et ton mental est faible. »
Voilà.
Je me suis donc opposé à ses méthodes\Net je suis parti vivre ailleurs.
J’ai fini par trouver d’autres maîtres\Net me suis débarrassé de la décoche,
mais à ce moment-là,\Nmon grand-père n’était plus.
J’ai senti une chose disparaître…\Nou plutôt se briser en un instant.
Ça m’a complètement abattu.
Pourtant,
depuis ce jour,\Nmes tirs sont devenus parfaits.
Malgré le vide que je ressentais,\Nje touchais la cible à coup sûr.
Tous me complimentaient\Npour mes tirs,
et on m’invita à participer\Nà des tournois
dans tout le Japon…
Et finalement…
j’ai perdu ma raison de décocher.
Après ça,
j’ai décidé de tirer 10 000 flèches\Npour arrêter de pratiquer.
C’était comme un rituel\Npour faire reposer mon âme…
Celle de l’archer
que mon grand-père a élevé\Ndepuis le début.
Mais tu es ensuite apparu\Ndevant moi.
C’est ton air souffrant\Nde la décoche
qui a éveillé\Nquelque chose en moi.
C’est pourquoi je t’ai confié la tâche\Nde tirer la toute dernière flèche
et tenté de prendre\Nun nouveau départ.
Je voulais simplement prouver
que je n’enseignerais jamais\Ncomme mon grand-père.
Tout ça pour me venger de lui.
Mais j’avais tort.
Enfin, je dis ça,\Nmais je ne sais pas si c’est le cas.
Mais une chose est certaine.
Je fais une fixation\Nsur mon grand-père.
Je pense que pour continuer\Nmon travail de coach
et pour continuer d’apprécier\Nl’archer que je suis,
je vais devoir en apprendre plus\Nsur mon grand-père.
Du moins, c’est ma conclusion.
L’homme dont elle parlait\Ns’appelle M. Ôsone, non ?
Vous allez tenter de rencontrer\Nl’ami de votre grand-père ?
Bonne question…
J’ai pensé à le contacter…
mais honnêtement,\Nje ne sais pas ce dont j’ai envie
ou ce que je devrais faire.
Je suis un peu perdu.
Je vois…
Vous savez, je pensais que Masa\Nétait quelqu’un de très mature,
mais il a aussi ses propres soucis…
C’est tout ce que tu as à dire\Naprès avoir entendu ça ?
Bah, je peux rien y faire !\NC’est trop me demander !
Masa…
Dites, à l’école primaire,\Nvous pensiez quoi des collégiens ?
D’où sort cette question ?
Pareil, vous considériez pas\Nles lycéens comme des adultes ?
Ouais, pas faux…
Mais que pensez-vous de nous,\Nmaintenant ?
Vous pensez qu’on est matures\Ncomme ceux que l’on observait ?
Pas du tout…
T’as pas changé d’un poil, Kai.
Tu peux parler !
C’est pareil pour moi.
Et je pense\Nque ce sera toujours le cas.
Si vous préférez,\Nceux qu’on voit comme étant adultes,
comme nos parents ou nos profs,\Nne le sont pas autant qu’on le pense.
Et c’est sûrement le cas\Nde Takigawa.
Masa…
Alors M. Tommy aussi ?
Non, lui, c’est un extraterrestre.
C’est pas sympa…
Bah alors, les gars ?
Arrêtez de traîner.\NL’entraînement va commencer.
Masa ! Euh…\NVous avez contacté ce M. Ôsone ?
Désolé,\Nj’en ai aussi parlé aux autres.
Ça me torturait l’esprit\Nd’être le seul à savoir.
C’est moi, je n’aurais pas dû\Nme plaindre auprès de toi. Désolé.
Oui, j’ai contacté M. Ôsone.
Il m’a invité à la cérémonie de tir\Nde cette année
et m’a dit qu’on pourrait\Nse parler là-bas.
Vous y allez, alors ?
Non.
Pourquoi ?
Je ne suis pas libre.
Son rituel se déroule\Nla veille des départementales.
Mes élèves en vie comptent plus\Nque mon défunt grand-père.
Ne vous inquiétez pas,\Nj’aurai l’occasion de le revoir…
Allez le voir !
Partez à Aomori, Masa.
Vous avez tort de penser pouvoir\Nlui parler quand bon vous semble.
Je voulais parler à ma mère\Nde certaines choses…
Je devais me confier à elle…
Mais vu qu’elle était présente\Nau quotidien,
j’avais tendance\Nà repousser au lendemain
en pensant avoir tout mon temps…
Puis un jour,
ma mère a disparu soudainement.
Comme vous\Net votre grand-père, non ?
Rien ne dit que cette personne\Nsera encore parmi nous
quand vous voudrez lui parler !
Alors si vous voulez voir quelqu’un,\Nfaites-le quand vous le pouvez.
Il a raison, Masa !
Allez-y.
On se débrouillera bien.
Faites-nous confiance.
Ce que vous nous avez enseigné\Nréside à l’intérieur de nous.
Ce n’est rien si vous n’êtes pas là\Nquelques jours.
– Mais…\N– Ou alors,
vous n’avez pas confiance\Nen vos disciples ?
Tu sais y faire.
J’ai juste un bon professeur.
MAGASIN DE TIR À L’ARC NAKAZAKI
Je vois. Tu y vas, finalement.
Oui.
Il faut dire\Nqu’ils me soutiennent tous pleinement.
Je vous jure, les jeunes…
Vous me mettez\Ndans le même panier ?
Et pas qu’un peu.
Du coup, j’aurais un service\Nà vous demander…
Bien.
Les départementales\Ndébutent enfin après-demain.
Je serai absent demain\Npour des raisons personnelles…
Ne vous inquiétez pas pour nous\Net faites ce qu’il faut.
Nous pouvons nous charger\Nde botter les fesses des garçons.
Comptez sur nous !\NOn va pas y aller de main morte.
Vous me faites un peu peur, là…
Ma foi,
se faire redresser par les filles\Nen entraînement à part est pas si mal…
Silence, le snob.
Moi, snob ?
C’est méchant, non ?
Bon, OK…\NJe suis un snob, si vous voulez.
Enfin bon, on s’entraînera\Ncomme à notre habitude.
Ne vous inquiétez pas pour nous.
Désolé. Je vous suis reconnaissant.\NMerci à vous.
Je reviendrai après-demain\Navant les départementales,
alors tirez pleinement profit\Nde votre dernier jour d’entraînement.
Oui !
VALIDER LA DESTINATION
Bon, c’est parti…
LYCÉE KAZEMAI
Masa est à la bourre…
C’est clair.
Tu l’as appelé ?
Il a pas lu mes messages,
et j’ai tenté de l’appeler,\Nvu que je reçois pas d’accusé…
Le correspondant\Nque vous essayez de joindre…
Hé !
Je vous cherchais…
Pourquoi est-ce que vous courez ?
Écoutez-moi\Ntout en gardant votre calme.
Ren m’a appelé au magasin.
La nuit dernière,\NMasaki a eu un accident de voiture.
PROCHAIN ÉPISODE\NLES CINQ FLÈCHES
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