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Elle est belle, hein ?
Dommage qu'elle marche pas.
C'est rien. C'est sûrement le delco.
C'est toujours le delco.
Bon, tu viens.
Vis l'instant présent au lieu de ressasser tes ennuis.
Jouis de la chaleur, de la beauté, des arbres.
Sois cool. Merde !
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Tiens-le vertical, sans ça on n'y arrivera jamais.
Je serais beaucoup plus détendue si on avait réglé la note du téléphone,
celle du boucher, sans parler des gages de Suzanne.
La vache !
Tu permets que je me repose 2 minutes ?
Oui, mais préviens au moins.
Dans quel état je suis, moi.
T'as jamais été aussi belle.
Je te trouve très excitante comme ça, je te jure.
Ah oui ? Parlons-en !
Je t'aime.
Puisque tu le dis.
J'ai un passage à vide en ce moment, c'est tout.
Je te l'ai dit 20 fois : je suis cyclique.
Je trouve tes cycles de plus en plus long.
- On y va ? - Attends !
Je sens mon cycle qui se renverse.
Attends, on va pas avoir le temps.
Ce qu'il faudrait, c'est qu'on foute le camp.
Un grand coup d'air.
Pourquoi ? T'en as pas assez ici ?
Allez, ils vont arriver.
Ça aussi, le sexe, ça s'entretient.
L'érotisme est un jeu...
Le jour où je te tromperai, c'est que je ne t'aimerai plus, c'est tout.
Qui parle de tromper ? Qu'est-ce que ça a à voir avec l'amour ?
Je voudrais seulement que tu libères un peu sur le plan sexuel.
- Sans la liberté, le couple... - Eh ben je suis pas libérée, c'est comme ça !
Pour faire l'amour avec quelqu'un, il faut que je l'aime. Je dois être anormale.
J'en ai marre de tes théories.
À gauche, voyons ! À ma gauche.
À ta droite, si tu préfères.
Qu'est-ce qu'il y a ? T'es coincée encore?
- On n'y arrivera jamais. - Y a pas de raison.
Il est descendu par là. Il doit pouvoir remonter.
Je parle pas de ça. Je parle de tes week-ends.
T'es formidable, toi.
Une affaire ne se monte pas en 3 coups de cuiller à pot.
Il faut le temps de se trouver la clientèle.
« La clientèle » ? Ça fait 2 ans que tu me répètes ça.
M. Marc, voilà le taxi qui arrive. Vous feriez bien d'y aller.
Avec ce bon Dieu de lit !
Laissez-moi faire. Allez vous occuper de vos clients.
Non, vous n'y arriverez pas.
Laissez-le comme ça. Je reviens m'en occuper tout à l'heure.
C'est ça ! Allez, soulève un peu plus.
Un peu sur la gauche.
Eh bien voilà.
Ce stage de psychothérapie de groupe va durer 3 jours.
J'espère qu'on va faire du bon travail.
Vous êtes venus ici parce que vous avez des problèmes.
Nous allons essayer de les résoudre ensemble, d'accord ?
Maintenant, vous allez fermer les yeux.
Respirez profondément.
Vous allez descendre en vous-mêmes.
Je suis moi-même ici et maintenant.
Je vais être tour à tour chacune des parties de mon corps.
Mes doigts de pied.
Mon sexe.
Mon anus.
Bon maintenant, chacun va dire ce qu'il ressent.
- Babette, c'est quoi ton nom ? - Babette.
Babette, qu'est-ce que tu ressens ?
J'ai ressenti...
« Je ressens ». En gestalt, on parle toujours au présent.
Qu'est-ce que tu ressens ici et maintenant ?
Je me sens...
Je me sens comme si j'étais morte.
C'est exactement ce que je ressentais avant de rencontrer Félix.
J'étais mariée à un inspecteur des impôts.
Au fond, j'étais morte mais je ne savais pas.
- Sybille. - Et puis j'ai connu Félix.
Félix, c'était l'intelligence, la sensualité, la vie, l'amour !
- Je t'en prie, Sybille. Calme-toi. - Ça suffit.
Tais-toi.
On interrompt pas quelqu'un qui est en train de travailler.
Ce que je disais, c'était pour essayer d'aider Babette.
Quand Babette aura fini, tu pourras donner ton feedback avec les autres.
Babette, essaie d'être plus précise. Qu'est-ce que tu ressens à propos de ton corps ?
Du dégoût.
Et pour quelle partie plus précisément ?
Psst ! On vous demande au téléphone !
Allez quoi !
Dépêchez-vous ! Ça fait 1h que je vous appelle !
Tout de même !
- Oui. - Marc, c'est toi ? C'est Marlène.
Faut absolument que je te voie très vite. Écoute, je serai là dans 1h.
Je ne sais plus où aller, c'est affreux. Marc, tu es le seul qui puisse me sauver.
Si tu refuses, j'ai plus qu'une solution : je me flingue. C'est pas compliqué.
Il y a quelque chose ?
Une histoire de dingue.
Tu sais, Marlène. La fille avec qui je...
...je vivais. Je t'en ai parlé. - Oui, je sais.
Le grand amour de ta vie. La passion sur les barricades. Et alors ?
- Elle vient de m'appeler. - C'est gentil. Au bout de 5 ans.
Une histoire de fou. Elle avait l'air complètement paniquée.
Elle arrive.
- Où ça, elle arrive ? - Ben, ici.
Elle a demandé de venir passer 2 ou 3 jours. - Attends.
T'es pas en train de me dire que tu l'as invitée ici.
Je ne l'ai pas invitée. Je n'ai pas pu placer 3 mots.
- Elle était complètement affolée... - Et qu'est-ce que tu comptes faire ?
Je ne sais pas, moi. Si elle est vraiment aux abois...
Faut être humain, quand même. - Humain ?
Après ce qu'elle t'a fait ? Non mais tu l'entends !
T'as entendu ça ? Elle est partie avec son meilleur ami
en lui piquant sa bagnole, ses meubles, ses économies, et il veut être humain.
Écoute, ça n'intéresse pas Suzanne...
Cette pute ne mettre pas les pieds chez moi, tu entends ?
Ne hurle pas comme ça. Y a mon groupe qui...
Je me fous de ton groupe !
- Veux-tu te taire ! - Non, je ne me tairai pas !
Pourquoi ce serait toujours à moi de me taire, d'ailleurs ?
- Mais parce que tu n'as rien à dire. - Moi, j'ai rien à dire ?
Tu as quelque chose à dire ? Alors, dis-le !
Arrête de faire l'enfant. Reviens dans ton adulte.
Mon adulte te dit merde.
- Calme-toi, je t'en prie. - Ne me touche pas !
Cette vie qu'il me fait mener...
Ah, tu sais. C'est pas la bonne manière avec les hommes.
Cette femme, si tu l'empêches de la voir, elle va lui rêver dans la tête.
Je les connais, tu sais.
- Jacques ? - Oui, je...
- Qu'est-ce que tu ressens ? - Je ressens...
Tu vois, c'est très étrange.
Je ressens mon corps comme une grotte immense plongée dans une ombre violette.
Là c'est Jacques qui travaille. On interrompt pas quelqu'un qui travaille.
Qu'est-ce que tu ressens, Jacques ?
Excusez-moi.
J'ai peur.
On pourrait travailler là-dessus. Qu'est-ce que tu en penses ?
Oui.
Dites-lui qu'il faut pas qu'il ait peur de vous.
Dites-lui « nous sommes avec toi ».
Nous sommes avec toi.
Levons-nous.
Nous allons faire maintenant un petit exercice.
C'est pour apprendre à faire confiance aux autres.
Mais c'est bon pour tout le monde.
On va voir ça avec Colette.
Alors, vous vous mettez les bras en croix,
et vous vous laissez tomber en arrière, Colette.
Voyez, il faut rester bien droit en vous laissant tomber.
Parce que vous pouvez vous faire mal au coccyx.
Allons-y. Jacques, à toi.
Vas-y.
Laisse-toi tomber.
J'y arrive pas. Je peux pas.
Il le faut !
Il faut que tu apprennes à faire confiance à l'autre.
- Tu as confiance en moi ? - Oui...
- Enfin, je sais pas. - Attends !
Voilà, tu risques pas de te faire mal.
Concentre-toi. Pense « j'ai confiance en Marc ».
J'ai confiance en Marc.
- T'es prêt ? - Oui.
Tu vois qu'on y arrive ?
- Ça me fait du bien. - Mais bien sûr !
Maintenant, on va enlever le matelas, d'accord ?
Allez, vas-y.
J'ai confiance en Marc.
J'ai confiance en Marc.
Y a une dame.
C'est la dame qui a téléphoné. Elle est dans la lingerie.
Ne me regarde pas comme ça. Je t'en prie.
Écoute, c'est normal. Je t'ai pas vue depuis 5 ans.
Oui, je sais. Bob et moi, on a pas été très corrects.
Vous êtes partis avec ma voiture, mes meubles et mon fric mais vous m'avez laissé ma brosse à dents.
Essaie de comprendre. J'étais folle.
Accessoirement, j'ai mis 2 ans à m'en remettre.
2 tentatives de suicide, 3 ans en analyse.
De fil en aiguille, c'est comme ça que je suis devenu psychothérapeute.
Je te dois tout, finalement.
Je suis au bout du rouleau, Marc.
J'ai nulle part où aller.
Laisse-moi rester ici 2 ou 3 jours.
C'est pas possible.
Ne me chasse pas. Je t'en prie.
- C'est si grave que ça ? - J'ai les flics au cul, Marc.
Dans quoi t'es encore allée te fourrer, toi ?
Je vais essayer d'arranger ça.
Je devrais pas te le dire.
Qu'est-ce que ça peut faire ? Tu le sais aussi bien que moi.
T'es la seule femme qui ait vraiment compté dans ma vie.
J'ai jamais cessé de t'aimer.
Même maintenant encore.
Attends, je reviens.
- Colette, écoute. - Non laisse-moi, j'ai pas le temps.
- Où tu vas ? - Préparer une chambre pour Marlène.
C'est ce que tu voulais, non ? - Tu es d'accord pour qu'elle reste ?
- Oui, oui, je suis d'accord. - Tu dis ça sur un ton...
Je suis d'accord. Ça te va sur ce ton ?
Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
J'ai réfléchis.
Je trouve ça normal que tu te préoccupes de la seule femme qui ait compté dans ta vie.
Colette.
J'ai besoin de tout mon calme. Ce groupe s'annonce très dur.
Je l'ai senti tout de suite mais je vais t'aider, tu vas voir.
Je sais pas ce que tu as dans la tête mais je te préviens.
Je n'admettrai pas que tu perturbes le travail du groupe.
Moi ? Je perturbe, moi ?
Marc, où es-tu ?
On a un problème avec Jacques. Ça va pas du tout.
J'arrive, j'arrive.
Ça va mieux maintenant, mais on a eu peur. Il a piqué une crise terrible.
- C'est normal. - Il voulait se suicider.
Bien, très bien !
Il réagit - Il voulait se jeter par la fenêtre.
Il expulse ses tensions intérieures.
De toute façon, on est au rez-de-chaussée.
Tu es en colère contre moi ?
Jacques, réponds-moi. Tu es en colère contre moi ?
On va faire un petit exercice qui va te faire du bien.
Donnez-moi une épée.
Tu vas exprimer ta colère contre moi en m'insultant
et en me frappant avec cette épée.
Elle ne fait pas de mal. Elle est faite exprès.
Allez vas-y, insulte-moi.
Salaud, pauvre type.
Tu t'excuses !
C'est ça ton problème. Tu t'excuses tout le temps d'exister.
Plus fort !
Salaud, ordure ! Psychothérapeute de mes 2 !
Bien, très bien. Maintenant, frappe-moi en même temps.
C'est pas mal. Mieux que ça. Insulte-moi !
Je suis très en colère.
- Espèce d'ordure ! - Stop !
Bien, très bien.
Maintenant, tu vas agresser comme ça chacun des membres du groupe.
Pendant ce temps-là, je vais régler un truc et je reviens.
- Marc, ça me fait du bien. - Mais bien sûr.
Salaud, ordure, fumier !
Tout roule. Pas de problème.
- Cette fille-là, c'est ta femme ? - Colette ?
Ouais.
La maison, c'est à elle.
- Ça la dérange pas que... - Pas du tout. Tu plaisantes ?
C'est fou ce que t'as changé.
En bien, je veux dire.
T'es encore plus belle qu'avant.
- T'es gentil, Marc. - Dis donc.
C'est quoi, tes ennuis avec les flics ? La drogue ?
Non, c'est pas la drogue. Je te jure.
C'est déjà ça.
Qu'est-ce que c'est alors ? Enfin bon, t'es pas obligé de...
- C'est un hold-up qu'a foiré. - Un hold-up ?
Non mais ça va pas ?
Je vais pas reprendre la route. Y a des barrages partout.
T'as dévalisé la Banque de France ou quoi ?
- Non, une petit banque privée. - Ah ben tu me rassures !
- Enfin, on fait pas des barrages pour... - On a blessé un flic.
Ben voyons ! Mais qui, « on » ?
- T'as pas dévalisé une banque toute seule ? - Non, c'est Joe.
- Joe ? Qui c'est, celui-là ? - Le mec avec qui je vis.
Charmant garçon ! Faudra que tu me le présentes.
Justement, il va venir me rejoindre ici ce soir.
De mieux en mieux ! T'attends encore du monde, là ?
Tu te fous de moi ! D'où il sort, ce Joe ?
Je me suis mise avec lui quand j'ai quitté Bob.
Mais au fait, Bob ? Mon grand ami Bob !
Pourquoi t'es pas allée trouver Bob ? Pourquoi moi ?
C'est avec Bob que t'étais partie. Alors, où il est quand t'es dans la merde ?
- Ben il est ici. - Où ça, ici ?
Ici, quoi.
J'ai préféré laisser Marlène t'expliquer.
Allez quoi, sans rancune.
On se la serre ?
Vieux pirate.
Tu manques pas d'air, fumier !
Allez merde, y a prescription.
De toutes les façons, Marlène et moi, c'est fini.
Hein, ma puce ? On est copains, c'est tout.
Tu t'imagines pas que ce fumier va s'installer ici ?
Pourquoi il s'énerve comme ça ?
Sors 2 minutes. Je vais lui parler.
- Je vais t'expliquer. - S'il reste une minute de plus...
Marc, calme-toi. Essaie de comprendre.
J'essaie de t'aider. - Tu essaies de m'aider ?
Bob n'est plus le petit loubard sympa que tu as connu.
« Sympa » ?
C'est devenu un dur, un vrai. Armé jusqu'au dents, il est dangereux.
Il est capable de tout.
- Qu'est-ce que tu cherches ? À me faire peur ? - Oui.
Maintenant, tu vas agresser celui qui t'impressionnes le plus.
Il va pas bien, cet enfoiré.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Un parano qui rentre pendant la séance de travail à Jacques.
Une espèce de cinglé. Un petit râblé.
Bravo, vous frappez les gens, maintenant ?
Mais c'est pas moi !
Viens, mon petit gars. Je vais te mettre une compresse.
Ça va bien comme ça ! 1.200 balles le week-end, merci !
« J'ai confiance en Marc » !
Et dire que j'ai même pas acheté ma mobylette pour payer ce stage !
Mais qu'est-ce qui fout ?
Laisse cette voiture tranquille. Je ne te le répèterai pas.
Vous êtes Marlène, je suppose ? Je suis Colette.
- Bonjour. - Bonjour.
Ah, il a une grande tendresse pour cette Land Rover.
Il a toujours beaucoup aimé les voitures.
Celle-là, c'est sa danseuse.
Ça fait un an qu'il travaille dessus. Il l'a amenagée, il l'a peinte.
Vous le connaissez aussi bien que moi.
De quel droit te permets-tu d'y toucher ?
- Tu veux que j'essaie de la réparer ? - Non.
- Une bonne bagnole. - Oublie-la.
- Je te l'achète. - Elle n'est pas à vendre.
- Je t'en donne un bon prix. - Non !
Écoute-moi avant de gueuler.
La frontière est à 10 km. On va essayer de passer en Suisse par la forêt.
J'ai déjà été par le col mais la route est complètement effondrée.
- T'as pas une glace ? - Non.
- Ça fait des années que le col est fermé. - Je m'en fous.
Avec une voiture normale, on passe jamais, mais avec une...
Elle n'est pas à vendre !
Où il va, celui-là ?
Et merde !
- Qu'est-ce que tu fais ? - Tu vois, je m'en vais.
C'est idiot. C'est très mauvais d'interrompre un travail comme ça.
Laissez-moi ! Qu'est-ce que tu fous ?
Écoute-moi petit gars. Tu vas rejoindre tes camarades, ok ?
- T'as compris ? - Ben oui.
Non mais ça va pas !
Personne se taille de cette baraque tant qu'on est là, tu piges ?
On va rester ici le temps qu'il faudra.
Que tu le veuilles ou non.
C'est clair ?
Alors, cette Land Rover, tu me la vends ?
Ben non.
Allez quoi.
Tu m'as déjà piqué ma bagnole, mes meubles, mon fric...
Qu'est-ce que tu veux encore ?
Un joli petit paquet.
C'est ta femme ?
Bonjour.
Qu'est-ce qu'on fait, nous ?
Oui, au travail.
On fout rien, ce matin.
Eh Marc, je peux venir avec vous ?
Ça m'intéresse vraiment, je t'assure.
Bon. Vous avez choisi votre partenaire.
Bien. Maintenant, vous fermez les yeux.
Vous vous touchez mutuellement le visage et le corps.
- J'adore ! - Hé ho, du calme.
Y a rien d'érotique là-dedans.
Vous prenez connaissance de l'autre par le toucher, c'est tout.
T'as compris, Michel ?
Concentrez-vous. Chassez les pensées qui cachent votre être profond.
Descendez lentement en vous-mêmes.
Concentrons-nous sur ce que nous ressentons.
- Je sens un exquis picotement. - Chut !
Écoute !
C'est pas sérieux, franchement.
Si c'est nerveux, va te calmer dehors. Tu reviendras quand tu seras en état.
Je peux ?
C'est une forme de communication qui a complètement disparu dans notre civilisation,
et qu'on retrouve sous d'autres formes et dans d'autres cultures.
C'est encore une de ces censures par lesquelles la morale judéo-chrétienne occulte le corps
et tout ce qui s'y rattache,
occasionnant des blocages qui empêchent notre énergie vitale de s'exprimer.
Attention.
Qu'est-ce qui se passe en toi ?
Ça me brûle. Ça me fait mal.
- Elle est complètement raidi. - Je peux pas. Ça me dégoûte.
Tu veux qu'on travaille là-dessus ?
Tu as dit ?
Qu'est-ce que tu as dit ?
Tu as dit « je veux pas ».
Tu voulais dire que tu ne voulais pas qu'on te touche ?
- Oui. - Pourquoi ?
Parce que je suis laide.
Bon, qu'est-ce que vous pensez de Babette physiquement ?
Moi je suis d'accord avec elle. Je la trouve franchement moche.
C'est dégueulasse de l'agresser comme ça !
Laisse-le dire ce qu'il pense. C'est le jeu dans la gestalt.
De toute façon, les canons de la beauté sont imposés par les hommes.
- C'est contre ça qu'il faut réagir. - Je pense que ce n'est pas ça le problème.
Je pense que tu refuses ton corps parce que quelque chose vécu dans ton enfance t'a amené à le refuser.
Moi aussi, quand j'étais jeune, je me trouvais laide. Maintenant, je sais que je suis belle.
Le meilleur travail dans ton cas, ce serait d'accepter
de montrer ton corps au groupe. Accepter leurs regards, tu comprends ?
Tu veux pas essayer de te déshabiller ?
Je peux pas.
Je sais que c'est très difficile. Je te demande, Babette. Il le faut !
On va tous se déshabiller, ça l'aidera.
Vous n'êtes pas obligés.
Si vous ne vous sentez pas prêts à le faire, ne le faites pas.
Attention.
Non mais je vais vous montrer. C'est un coup à prendre. Vous verrez.
On se détend. On respire profondément.
Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Hé ho ! C'est la partouze, là-dedans ?
Laisse-nous travailler, s'il te plaît.
Merci.
Pardon.
On continue.
On se détend ?
On se détend ! On respire profondément.
Vous allez crier : « Nous sommes beaux, nous sommes fiers de notre corps ».
Allez-y.
Nous sommes beaux, nous sommes fiers de notre corps
- Qu'est-ce qu'il y a encore ? - Je vais avec Bob jusqu'à la rivière.
S'il te plaît.
Je te déteste !
- À qui dis-tu cela ? - À ma mère. Je la déteste.
Je la déteste. - Eh bien, dis-le-lui.
Maman.
T'es pas une femme. T'es toujours habillée en noir.
C'est pas ma faute si papa t'a laissée tomber. Tu m'étouffes.
C'est toi qui est laide.
Et puis, qui est triste.
C'est pour ça qu'il est parti.
C'est pas à cause de moi.
À table !
Tenez.
Goûtez-moi ce petit vin de pays. Vous m'en direz des nouvelles.
Vous savez parler aux hommes. Je vois ça.
Alors on bouffe ou quoi ?
Vous avez fini de travailler ?
C'est le fauteuil de M. Marc.
Il a toujours eu un faible pour ce qui m'appartient.
Ben bouge pas. Je t'en prie. Fais comme chez toi.
Marc, je t'adore.
Où vous allez ? Mettez-vous là.
Les jeunes avec les jeunes.
Non, merci.
- Qu'est-ce qu'il a, mon poulet ? - C'est pas ça.
Je suis végétarien. Je ne mange pas de cadavre.
Ce que vous appelez de la viande.
- Tu manges pas de maquereau, toi ? - Qui, moi ? Non.
C'est dingue. En Occident, les gens ne savent pas manger.
C'est vachement important, la façon de manger.
C'est vrai.
Le plus important, c'est de mâcher.
- Sybille, il faut que je te parle. - Oui mon amour, parle-moi.
Tout à l'heure. Je veux dire, après.
Ça fait longtemps que tu connais Bob ?
Marc et moi, on s'est connus au Quartier latin sur les barricades.
Il était marrant. Il parlait tout le temps. C'était un étudiant, quoi.
Moi, ça m'impressionnait.
Tout de suite, il m'a expliqué le prolétariat.
Le prolétariat, je savais pas ce que c'était vu que je suis fils d'ouvriers.
Dis donc, les souvenirs d'ancien combattant.
C'était génial à la Sorbonne, non ?
Au fond, t'en as pas profité.
Il passait son temps à imprimer des tracts à la ronéo dans une cave.
Pourtant, quand il en parle, c'est vraiment sa folle jeunesse.
Marc, ça a toujours été tout dans la tête.
Oh oui.
Dis donc, tu me la vends, cette Land Rover ?
Allez quoi, je t'en file un bon prix.
N'insiste pas. On doit aller faire une randonnée en Afrique avec.
Parce que tu n'as toujours pas traversé l'Afrique ? Oh ben dis donc !
Il en parlait déjà quand on était... - Ah bon, parce qu'avec vous aussi ?
On se retrouve dehors dans une demi-heure.
Qu'est-ce que tu fais là, tout seul ?
- Je fais la sieste. - Tu fais une drôle de tête.
Qu'est-ce qu'elle a, ma tête ? Je vois pas ce qu'elle a de drôle.
Ça ne te dérange pas si je m'allonge un moment aussi ?
- Au fait, pourquoi tu lui vends pas la Land ? - Tu ne vas pas t'y mettre, toi aussi.
Pourquoi tu te sers pas du tien ?
Je ne l'avais pas remarqué.
Il est pas mal, ton copain Bob.
Pas spécialement mon genre, mais... il est pas mal.
J'allais te le dire. J'avais peur que tu l'aies pas remarqué.
Tu sais, il m'a embrassée tout à l'heure à la rivière.
C'est fou ce qu'il peut être attiré par tout ce qui m'appartient.
Dis donc, je suis pas ta voiture.
Tiens, prends les 2, voilà.
- Ça t'ennuie pas ? - Quoi ?
- Qu'il m'ait embrassée. - Mais non voyons, c'est normal.
Tu sais, j'ai réfléchi.
À propos de ces histoires de liberté dans le couple.
T'as peut-être raison, finalement.
Au fond, si ça m'a jamais tenté, c'est peut-être que
j'ai jamais rencontré quelqu'un qui me plaisait assez.
À la rivière tout à l'heure, j'ai eu très envie de lui.
Arrête ton petit jeu. Ça va, hein ?
- Quel jeu ? - Arrête. Ça m'agace.
Je croyais que l'érotisme était un jeu. Tu m'as toujours dit qu'il fallait tout se dire.
Je t'ai déjà dit 100 fois qu'entre Marlène et moi, il ne peut plus rien n'y avoir.
Passe-moi le cendrier. - Viens le chercher toi-même.
Avec Bob, si tu insistais, je sens que ce serait possible, pour jouer.
Non. - Arrête.
Alors tu veux vraiment que Bob et moi...
Si tu faisais ça avec lui, je te tuerai.
Ah bon ? Pourtant, tu me répètes tout le temps...
Avec n'importe qui, sauf avec lui.
Laisse-moi tranquille.
- Allez viens. - Non, non.
Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Moi aussi, je suis cyclique, figure-toi. J'ai plus envie.
Du moins, pas avec toi.
Allez !
Je t'en prie ! - Alors, demande-le-moi gentiment.
- Chérie, je t'en prie. - Mieux que ça. - Je t'aime.
Dis-moi que je suis la seule femme qui ait jamais compté dans ta vie.
Tu es la seule femme qui ait jamais compté dans ma vie.
Salaud !
Dis, si t'allais fermer les volets ?
Ma bagnole !
Laisse ma voiture tranquille, t'entends ?
- Qu'est-ce qui se passe ? - Il commence vraiment à m'emmerder, celui-là.
- Où tu vas ? - Bouge pas, je reviens.
T'es attiré par ma bagnole. C'est pas possible. T'es aimanté.
Ok, pas la peine de gueuler.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je vais me laver les mains.
Remets-moi ça en place.
Tu m'as dit qu'il fallait pas que je touche à ta bagnole.
Je veux que tu la remettes dans l'état où tu l'as trouvée.
Faudrait que tu saches ce que tu veux.
Remets cette voiture comme elle était et n'y touche plus, c'est tout ce que je te demande.
- Où tu vas ? - Moi ? J'ai des choses à faire.
Arrête, hein. Tu viens, on monte.
Et pourquoi faire ?
Tu viens !
On va continuer notre sieste.
Ah bon ? Mais je croyais que tu voulais t'occuper de ta voiture.
Arrête.
T'as vu l'heure ? Faut que tu travailles, non ?
La 1re fois que j'ai montré mes seins à Félix, il a dû avaler du valium.
Pendant des mois, il a lutté, lutté !
Rien que pour me caresser les cuisses, ça lui a pris 3 mois.
Et puis un jour, il a eu une idée de génie.
Il m'a dit : tu pousses un cri.
Un cri de toutes tes forces. - Calme-toi. Il faut pas que tu t'énerves.
Jamais je n'oublierai cette nuit-là. Il me disait « crie, mais crie » !
J'étais glacée de terreur. La gorge nouée.
Comme si tout mon héritage judéo-chrétien se révoltait.
- Je t'en prie, mon petit, calme-toi. - Et soudain.
Soudain je me suis mise à pousser un cri.
Un cri comme ça : Aahh !
- Qu'est-ce que c'est ? - Elle extirpe son héritage judéo-chrétien.
Il faut monter les blancs en neige très ferme, sans ça, ça tombe à la cuisson.
Oh ben mince, alors.
Cette nuit-là, je me donnais à lui pour la 1re fois.
Et ce fut le début de ma métamorphose.
J'étais libre, libre. Je chantais à tue-tête dans la rue « j'aime Félix ».
Je me promenais toute nue sur mon balcon.
Mon mari m'a fait voir un psychiatre, l'imbécile.
Lorsque je lui ai annoncé que je le quittais, il s'avoua vaincu.
Il avait même l'air soulagé. Il m'a aidée à faire mes valises.
Et il a insisté pour m'accompagner chez Félix.
Et c'est mon amour qui fit des difficultés.
Avec l'honnêteté intellectuelle qui le caractérise.
Il avait peur que la vie commune ne soit fatale à notre amour.
Arrête ! Calme-toi !
- Je t'aime. - Mais oui, moi aussi.
Tais-toi un peu maintenant.
Là tu vois, je me suis sentie vachement proche de Sybille.
C'était vachement beau quand elle a parlé d'elle et de Félix.
Je veux dire, comme il l'a aidée.
Tu crois pas qu'une chose comme ça pourrait t'arriver ?
Non.
Pourquoi ?
Je sais pas.
Les hommes généralement se foutent de ce qu'on pense, nous autres.
Ça dépend desquels.
Pour qu'un autre puisse t'aider,
il faudrait peut-être commencer par t'aider toi-même, tu crois pas ?
Tu veux pas essayer de te déshabiller ?
Si tu veux.
Je n'y arriverai pas.
Mais oui, t'y arriveras. J'en suis sûr. Nous sommes tous avec toi. Dites-le-lui.
Nous sommes avec toi.
Nous sommes avec toi.
Pense à Sybille. Sybille, dis à Babette que t'es avec elle.
Sybille.
Nom de Dieu !
Il a réparé la bagnole !
Tu sais que c'était le carburateur ?
Descend de cette voiture !
- Pas la peine de râler. - Je ne veux pas que tu touches à cette voiture.
- En remontant le moteur, y a pas... - Descend de là !
Eh, ça va !
Pas la peine d'en faire une histoire.
- C'est de la bonne bagnole. - Tu me la piqueras pas, c'est moi qui te le dis !
Qu'est-ce qu'il va chercher ?
Recule doucement, c'est bon.
Doucement !
Regarde dans quel état tu vas la mettre.
Recule doucement.
J'ai peint là ! Tu vois pas que j'ai peint ?
Au point où elle en est.
Merci.
En Occident, les gens n'accord aucune importance à la digestion. C'est drôlement important !
Dans cette position, tu perçois le travail de l'organisme pendant la digestion.
Il était vachement dépressif, tu vois.
Suicidaire et tout ça. C'était terrible, la vie avec lui.
- T'as dû drôlement en baver. - Ouais, mais je l'aimais vachement.
C'était vraiment le seul homme qui comptait dans ma vie, tu vois.
Et puis il était homo. - Homosexuel ?
Oui.
Il était pas question de sexe entre nous. Ça, tu vois, c'est vachement important chez un homme.
- Qu'il s'intéresse pas au sexe ? - Oui.
Après, il s'est mis à s'intéresser aux enfants handicapés mentaux.
Il est devenu moniteur.
Remarque, c'est vachement enrichissant, les handicapés mentaux.
Tu sais, quand tu te mets à l'écoute d'un débile profond, par exemple.
Tu te sens vachement superficiel.
Les handicapés moteur aussi, c'est pas mal.
Moi, j'avais un copain paraplégique...
À la fin, y en avait plus que pour ses handicapés mentaux.
Il passait ses journées à parler à ces schizophrènes, ces mongolies, tout ça.
Le soir, c'est tout juste s'il m'adressait la parole.
Oui, je disais que c'est pas de ma faute si je suis pas hydrocéphale.
Je comprends.
Puis ça n'a plus marché du tout.
Après, il est parti avec un Noir.
C'était un ancien boxeur qui était danseuse nue à Pigalle.
C'était un dépressif parce que ses mollets étaient trop musclés.
Les seins étaient pas mal.
Moi aussi, j'en ai bavé.
Tu répétais tout le temps que t'étais un salaud de fils de bourgeois. T'avais que ça à la bouche.
Tu me piques ma bagnole, mes meubles, mon fric, ma femme et le salaud, c'est moi ?
- J'ai pensé que tu te sentirais moins coupable. - Vous avez bientôt fini ?
Sans blague.
Tu devrais faire de la politique.
Dis donc, Marc, je vais faire un tour.
La nuit est tellement belle.
C'est vrai ? Vous êtes plus ensemble, tous les 2 ?
Non, on est des amis, c'est tout.
Elle est avec mon pote Joe, maintenant.
Elle est glacée !
Viens, mon amour.
Regarde, mon corps est tout phorphorescent.
Sybille, il faut qu'on parle.
Donne-moi la main, mon amour.
Arrête, tu vas me faire tomber.
Ah non, j'en peux plus.
Ne me mords pas !
Tu sais bien. Je m'enrhume pour un rien.
Et puis il faut voir la vérité en face.
Notre amour est devenu un goulag.
Écoute, on va bâtir un couple où toute notion de pouvoir sera bannie.
- Je peux plus supporter ces mots. - Eh bien, révolte-toi !
D'accord.
Tu m'emmerdes !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Mais rien.
- Laisse-moi, Marc. S'il te plaît. - Écoute, ça va.
T'as besoin de quelque chose, c'est ça ?
Je connais ta façon de passer devant moi en remuant les fesses : « Je vais faire un petit tour ».
« La nuit est tellement belle ».
Qu'est-ce que tu veux ?
Ma Land Rover, c'est ça ?
Ben voyons !
Quelle comédienne !
Ce qu'il y a de formidable, c'est que je vais me lever et aller la rejoindre !
Et je suis un psychologue, un spécialiste.
Bon, arrête ! Je vous la vends, ma Land Rover.
T'es tellement gentil, Marc.
Ouais, « gentil ». Dans ta bouche, ça veut dire « con ».
Tu me prends pour un con. Je le sais. Tu sais que je le sais.
Je me conduis quand même comme un con.
Enfin, qu'est-ce qu'il y a encore ?
Excusez-moi.
J'ai tellement peur.
J'ai peur d'aller en prison, Marc.
Mais non ! Vous allez vous en tirer avec la Land.
Y a pas que ça. On n'a pas un sou.
Tu comprends ?
Comment ça, pas un sou ?
Le hold-up a foiré. On n'a pas eu le temps de repasser à la planque.
Comment il compte me payer ma voiture, Bob ?
Il pensait t'emprunter des sous.
Il pensait m'emprunter des sous pour me payer ma voiture ?
C'est un cauchemar.
Chaque fois que je crois qu'il a atteint les limites,
je me rends compte qu'il les a dépassées depuis longtemps.
Marc.
Je guérirai donc jamais de toi ?
Je t'en supplie, Marc.
Freud ? Reich ? Chomsky ? Aidez-moi enfin.
Tu auras tout. La voiture, le fric, tout. Je te déteste.
Je te déteste.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - La voiture.
- C'est Joe. - Quoi, Joe ?
Tu comprends rien. C'est Joe, je te dis.
- Elle est où, Marlène ? - Joe !
Je commençais à me faire du mouron.
On va se faire oublier ici 2-3 jours.
Où c'est qu'elle est, Marlène ?
Marlène ?
- Ça va ? - Où t'as été traîné ?
- Je faisais un tour. - Qu'est-ce que tu foutais avec ce type ?
- Il est fou, ce mec ! - Mêle-toi de ce qui te regarde.
Je suis crevé. Allez viens.
Elle est où, ta chambre ?
Qu'est-ce que c'est que cette maison de dingues ?
Tu sais pas si ils attendent encore du monde, par hasard ?
C'est vraiment l'auberge du cheval blanc ici.
Oh là là, où t'es encore allé traîner, roulure ?
Tu n'as aucune raison de me faire cette tête. Aucune, tu m'entends ?
- Mais je ne fais pas la tête. - Oh ça va, je te connais.
Tu rêves, voyons.
Tu m'as encore dit ce matin que tout ce que tu exigeais, c'étais que je ne gâche rien.
C'est vrai ou pas ? - C'est exact.
Je ne voulais pas faire l'amour avec Marlène.
Et nous ne l'avons pas fait.
Bravo.
Tu es très belle quand tu te coiffes.
Merci.
Qu'est-ce que tu fais ? Tu te couches pas ?
Je vais passer la nuit avec Bob.
Arrête cette comédie.
Quelle comédie ? Nous sommes un couple libre, non ?
Ça fait assez longtemps que tu me bassines avec ça.
Tu n'es pas cohérent, mon chéri. Bonsoir.
Je ne prétends pas être cohérent.
Cohérent ? Non, je ne suis pas cohérent.
Tu connais quelqu'un de cohérent ? Qu'est-ce qui est cohérent dans ce monde de dingues ?
Tu veux me dire pourquoi tu t'énerves ?
Je vais coucher avec Bob parce que j'en ai envie, c'est tout.
Tu ne t'es pas gêné avec Marlène, non ?
Je te préviens, si tu fais ça, ce sera très grave.
T'entends ?
Réfléchis bien parce que tu me le paieras.
Lâche-moi, merci.
Colette, c'est grotesque. Je te préviens que si...
C'est moi.
Ben quoi ? Vous avez jamais entendu parler de la liberté du couple ?
Bon ben, bonsoir.
Bonsoir.
- T'es avec qui là ? - Je suis seule.
- Moi je suis avec Jérôme. - Ah bon.
Je peux rentrer 2 minutes pour voir comment t'es installée ?
C'était sympa de rester à parler comme ça tous les 2 ?
Il faut que je me couche.
Je pensais... Je pourrais peut-être rester avec toi, aussi.
Je ne te toucherai pas...
Tu peux prendre ma main, si tu veux.
C'est dingue, la vie, tout de même.
J'étais vraiment au bout du rouleau. J'en pouvais plus.
Le matin, j'arrivais même plus à me lever.
Je regardais le plafond avec une espèce d'angoisse.
Tu vois...
Tu vois, tu te dis « je finirai bien par trouver quelqu'un ».
C'est vrai. Je finirai bien par trouver quelqu'un.
Et puis, les mois passent. Les semaines.
Et puis t'es tout seul.
Le matin, la nuit, le soir. T'es tout seul.
Alors, t'essaies de lutter. T'essaies d'avoir l'air gai.
Parce que tu sais que si t'as l'air triste, t'as encore plus de chance de rester seul.
Tu me rends heureux.
Tu peux pas savoir ce que tu me rends heureux.
Tiens, tu vois. Je m'en fous, du sexe.
Franchement, tout ce que je veux, c'est d'être avec toi.
Allez rentre. Fais pas l'idiote.
Ils veulent pas de moi à côté.
Colette m'a dit de venir dormir ici.
- Il n'y a pas d'autre chambre. - Bon, t'as qu'à te foutre là.
Tu sais, je trouve ça formidable, votre couple avec Colette.
Ah bon ? Tant mieux.
Ouais, cette liberté. Ce respect de l'autre.
Elle a envie de faire l'amour avec Bob ? Pas de problème.
Pas de jalousie. Tous ces trucs mesquins et tout.
Je vous admire vraiment.
Ah ouais, bon ben si on dormait ?
Oui, bonne nuit.
- Marc ? - Ouais.
- Je peux pas venir dans ton lit ? - Ça va pas, non !
- Je te croyais plus libéré. Je suis pas libéré.
Mais qu'est-ce que vous dites ? Ah non, non, non !
Non, pas encore.
Oui, oui. Écoutez, non.
Mais qu'est-ce que vous faites ?
Ne me touchez pas.
Attention, je vais hurler.
Vous allez avoir bonne mine. Qu'est-ce qu'il va penser ?
Marc, écoute-moi.
Tu vas me foutre la paix, oui ?
Marc !
Fous-moi la paix. J'aime pas les hommes, t'entends ?
T'es bien nerveux pour un psy.
Je suis psy toute la journée. La nuit, j'ai besoin de dormir.
Tu sais, j'ai réfléchi.
C'est pas normal, ta réaction.
Elle est trop violente, trop agressive.
Je suis sûr que dans le fond, si t'essayais honnêtement de t'analyser...
Sacré nom de Dieu de bordel de merde !
On peut pas dormir dans cette baraque.
Vraiment, c'est pas normal de réagir comme ça.
Je t'ai pas touché ni rien. Je t'ai juste demandé.
Marc, au fond, les hommes t'attirent,
mais tu refuses de l'admettre.
T'as un comportement de fuite-type.
Qu'est-ce que tu fous là ? Tu dors par terre ?
Toujours. C'est la seule façon vraiment saine de dormir.
C'est vachement important, la façon de dormir. Les gens dorment n'importe comment.
Un oreiller, un matelas et un sommier, c'est ce qu'il y a de pire.
Tu t'esquintes la colonne vertébrale et les vertèbres cervicales.
La circulation se fait mal, la digestion aussi.
Bon, si t'éteignais ?
Il faut dormir sur le dos, parce que la position sur le ventre ou sur le côté, c'est la mort.
C'est logique, en Occident les gens ne savent pas vivre, tu vois ?
Je vais étrangler quelqu'un, c'est sûr.
On va m'embarquer en ambulance dans une camisole de force.
C'est normal, tu vis en dépit du bon sens. Tu devrais essayer de manger macro, de faire du yoga...
Je vois la presse d'ici :
« Meurtre dans un centre de psychothérapie de groupe ».
« Le thérapeute massacre les malades qu'il était chargé de soigner ».
Y a quelque chose de formidable aussi, c'est la gymnastique zen.
Tu en fais 3h par jour...
Colette ?
Colette, arrête cette comédie.
Ça doit être une sorte de cycle.
Il me laisse 5 ans pour refaire ma vie et puis il se pointe.
Ce coup-ci, il va avoir du mal à embarquer les meubles.
Hé ho, ils sont pas à moi, les meubles.
Ils sont à Colette. Il faut que je lui dise.
Il est foutu de piquer les meubles de Colette.
Je t'aime.
C'est rien.
Thérapeute de mes 2 !
Cocu !
Quelle conne !
Tout ça te passera avant que ça me revienne, va.
C'est bien.
Avec ça, on risque pas de passer inaperçus.
On fait avec ce qu'on a, dis donc.
On va traverser la Suisse avec cette bagnole de cirque ?
Tu sais que t'es bien, toi !
Trouve autre chose.
Avec une voiture normale, tu passes pas le col.
Il est fermé depuis des années.
Y a que les sangliers et les contrebandiers qui y passent, et encore.
Elle marche, au moins ?
Ben oui, qu'elle marche !
Je l'ai remise en état. Y a que les freins qu'il faut que je vérifie.
- Magne-toi ! - Y a pas le feu au frigo.
T'as dormi là, toi ?
Ben dis donc, t'en fais une tronche, coco !
Marlène m'a dit que finalement, tu nous la vendais, ta chignole ?
Bonjour, M. Marc !
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? - Je pars.
Je pars ce matin.
Ça va, c'est pas à toi de partir. La maison est à toi.
Je te demande simplement de me laisser finir ce groupe en paix.
Ces gens ont payé. Y a pas de raison qu'ils supportent les conséquences de...
tes extravagances.
Mais t'as tout ton temps.
Tu donneras les clefs à Suzanne. Elle m'avertira quand tu seras parti.
Au moins, tu l'as cherché. Je t'avais prévenu.
Bon ben...
Faut que j'aille travailler.
Bon, on va se concentrer un peu.
On se tait.
Marc, Sybille a un problème : Félix est parti cette nuit.
Ça te défrise ? Ferme les yeux et respire profondément.
Je suis moi-même ici et maintenant.
Je chasse les pensées qui obscurcissent mon être profond.
- Je descends en moi-même. - Marc ?
Dis donc, où t'as mis ma grande valise en toile ?
C'est pas le moment. On descend en nous-mêmes, là.
Je te demanderai de remonter un moment et de me dire où t'as mis ma valise.
C'est toi qui l'a prise pour aller à Paris.
Je sais pas où je l'ai mise. Cherche-la.
Essaie de te souvenir.
Je ne me souviens pas et je t'en prie, laisse-nous travailler.
- Bon, qui parle ? - Marc !
Hier, Félix a... - Oh, toi !
Voilà, vas-y !
Tu vois, en voyant Sybille, je pensais à Marie-Thérèse.
C'est qui, Marie-Thérèse ?
- C'est une amie qui... - Une gonzesse avec qui tu couches, c'est ça ?
Ouais. Avec Marie-Thérèse, les vibrations sont vachement bonnes.
On se parle, et tout. C'est chouette, quoi.
On se caresse. Y a une harmonie. - Ok, on a compris.
Accélère, on va pas y passer la journée.
Au moment où tout se passe bien, je suis excité et tout, je peux pas.
Tu bandes plus, c'est ça ?
À la limite, je m'en fous. J'en suis plus là.
La supériorité phallique, c'est secondaire.
Y a des trucs vachement important qui se passent entre nous au niveau des caresses, de la communication.
D'ailleurs, les Hindoux dans certaines cérémonies védiques...
Oh là là, on va pas s'en sortir, merde ! Marie-Thérèse, tu la baises ou pas ?
Non. C'est con et ça me fait chier.
Eh ben, on y est arrivés !
Dites donc !
Maintenant, tu vas imaginer que tu es ton pénis.
- Mon quoi ? - Ton pénis, ton sexe, ton phallus.
C'est pas compliqué.
Alors, concentre-toi.
Imagine que tu es ton pénis.
Là, à ma place, imagine qu'il y a le sexe de Marie-Thérèse.
Ton pénis va dire ce qu'il ressent au sexe de Marie-Thérèse.
Marc, excuse-moi de te déranger mais il me faut cette valise.
Fiche-moi la paix. On travaille.
Alors, qu'est-ce que t'attends ?
- J'y arrive pas. - C'est pas compliqué.
Imagine que tu es ton pénis, c'est pas sorcier.
- Marc, s'il te plaît. - Fous-moi la paix.
Alors, ça vient ? - J'y arrive pas, Marc.
Mais qu'est-ce que vous avez ce matin tous, bordel !?
T'as déjà vu un sexe. T'as qu'à t'imaginer que t'es un sexe !
Un sexe, avec des poils partout. C'est pas sorcier !
Je crois qu'on ferait mieux d'arrêter, Marc. T'es pas dans ton état normal.
- Toi, ta gueule. Moi, les tantouzes ! - Marc, viens immédiatement me chercher cette valise !
Tu le fais exprès ? Tu cherches à saboter le groupe, ou quoi ?
Lâche-moi parce que j'en ai marre !
J'en ai marre de tes conneries de groupe et de ces guignols qu'envahissent ma maison depuis 2 ans.
- Ces guignols te font bouffer. - Fais-moi rire, t'as vu ma ligne ?
C'est avec le fric de ces guignols que j'ai payé la salle de bains.
Où ça ? Où elle est, la salle de bains ?
C'est ma faute si ton con de plombier n'a pas voulu...
C'est ma faute, ça encore ?
Monsieur visait la clientèle huppée de province.
Il voulait créer des groupes super-snobs. « Y a une créneau énorme », il me répétait.
- Colette, tais-toi ! - Tiens, regarde !
Le voilà, ton créneau. Il est tout petit, ton créneau.
Minable, détraqué, comme toi !
Avant vous, ça a été les vers à soie.
Tous les vers à soie ont crevé et la maison a été empuantie pendant un mois.
L'artisanat local, la même chose.
Et les projets de conserves macrobiotiques, alors ça !
Parce qu'il connaît, la macro. Ça lui a rapporté un max.
Viens, Marie-Thérèse.
Non Marc, tu rates tout ce que tu entreprends.
T'es même pas capable de me rendre heureuse.
Essayons de nous calmer.
On finira par se dire des choses qu'on regrettera.
Où ils sont ?
Le stage n'est pas terminé. Au travail, allez.
Non, je rentre chez moi.
Et moi qui te prenait pour un homme de gauche !
- Oh, les mecs. - Il est pire que fasciste !
Arrêtez, c'est idiot.
Je m'en fous.
Je vais téléphoner à la police. Ça se terminera en Fort Chabrol.
Ça m'est égal.
Merci.
Le con, merde !
Marc ? Marc, les freins !
Eh Marc, les freins !
Marc ça va, t'as rien ? Merde, ta bagnole !
Ok, maintenant je le descends.
Où j'ai foutu les cartouches, déjà ?
Merde, je les ai planquées dans le 2e tiroir du secrétaire de l'escalier.
C'est lui ou moi. Je m'en fous.
Après tout, c'est un repris de justice, je risque 5 ans maximum.
J'en ferai que 3. Je préparais un doctorat de psycho, voilà !
Pour les études, la prison, c'est idéal !
T'inquiète pas. On va te la sortir de là, ta bagnole.
Ce qu'il faudrait, c'est un treuil et des pioches.
On a été durs avec lui. Marc ?
- T'es blessé ? - Toi le pédé, ta gueule !
Vous n'avez pas compris que ce sont des gangsters ?
Vous entendez ? Des repris de justice, des tueurs !
Vous êtes en cavale, c'est vrai ?
Oui mais c'est pas grave. On va s'en tirer, pas de problème.
Si vous avez besoin d'un coup de main, je peux vous aider.
Merci mais ne t'inquiète pas. Ça va très bien se passer.
Je suis à votre disposition.
Tu sais, Félix a écrit un très bel article
sur les prisons l'année dernière quand ils ont buté Mesrine.
C'est dégueulasse, la manière dont ils ont eu Mesrine.
Ils lui ont laissé aucune chance. C'est de l'assassinat.
Oui mais c'est le jeu, ça.
Moi aussi, j'ai piqué un solex quand j'avais 15 ans.
Je me suis fait arrêter. Je suis passé devant le juge pour enfants.
Je peux te causer 2 minutes ?
Qu'est-ce que t'as ?
- Tu regrettes pour hier soir ? - Non.
C'est parce qu'on a fait l'amour, c'est ça ?
De toute façon avec les hommes, il faut en arriver là.
Je veux dire, une femme, ça sert qu'à ça, alors...
T'es vachement injuste. C'est toi qui...
Laisse-moi respirer un peu ! J'aime pas qu'on me colle !
Merde !
Où j'ai bien pu foutre cette putain de cartouche ?
Ça avance, les kikis ?
Ça fait du bien !
Dis donc, Babette.
Si t'enlevais tout ça ? Tu vas crever de chaleur.
Bravo !
Tu voulais garder tout ça pour toi ? T'as pas honte, hypocrite !
Eh ben voilà.
C'était pas si compliqué.
Bon...
Mes cartouches !
T'as rien ?
Ne t'en va pas.
Pourquoi ?
Je t'aime.
Je crois pas.
Tu souffres parce que je te quitte et t'appelles ça de l'amour.
Je sais pas ce que c'est que l'amour, c'est ça.
Je sais pas.
T'es comme eux. Comme tous ceux qui viennent ici.
Vous parlez, vous parlez... Vous appelez ça vous libérer.
À force d'employer les mots à tort et à travers, ils veulent plus rien dire.
Quand des mots, vous passez aux actes, eux aussi signifient plus rien.
On ne vit pas, quoi ?
Ma foi, c'est ta façon de vivre, peut-être.
C'est marrant, tu sais. Ton univers.
Tes gestalts, la psychanalise, l'écologie, l'antitruc, l'antimachin...
la contre-culture, tout ça, ça me fait penser au Club Mediterranée.
Allez !
Tu t'amuses bien avec nous !
Dis moi, Roméo, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
On pars tout de suite ou on passe la nuit ? - On peut vivre un petit peu !
Sybille, je te trouve vachement désirable.
C'est beau et sincère quand tu dis ça !
Les gens sont pas mûrs de ce côte-là. Ils sont coincés par leurs tabous, leurs contradictions.
Je te désire vachement, tu vois ? C'est vachement profond !
Tu sais, Jérôme, tu vas lutter pendant des années !
C'est dingue, hein.
Ça va, Coco ?
Dis donc, qu'est-ce qu'on se marre !
J'ai pas faim.
Venez m'aider.
C'est foutu.
Faites pas cette tête-là. C'est pas la bonne manière.
Vous ne comprenez pas, dans cette société pourrie...
Tiens, y avait longtemps ! La société, la société...
Qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse encore pour vous, la société ?
Qu'elle courtise les filles à votre place ?
Tu verras, je te présenterai des zigs.
Tous des princes.
Oui, j'en doute pas mais j'aimerais quand même mieux pas louper mon train.
Bon courage.
Tu étais... vous étiez exotique.
Tu peux remonter tes valises. C'est moi qui pars. Je rentre chez mon père.
Il a un magasin d'électroménager à Valenciennes.
Je vais vendre de l'électroménager.
Complètement refoulé, très heureux...
j'épouserai une pharmacienne ou quelque chose comme ça.
J'enverrai mes enfants chez les Jésuites. Je voterai RPR.
Adieu, Colette.
Toi Bob, tu as tout ce qu'il te faut : ma femme, la voiture, ma maison.
Ah, mon fric est planqué derrière le miroir de la salle de bain.
Merci, Bob.
À la joie !
Marc.
Y a une chose que je voulais te dire.
Je sais pas si tu vas me croire,
mais je t'aime beaucoup, Marc.
Tu vois, à ma façon, je t'ai aimé.
Je te jure que je suis sincère.
Tu es le seul garçon qui était gentil avec moi.
C'est peut-être ça le problème : tu es trop gentil.
Je sais pas, moi.
Une femme a besoin de sentir qu'un mec peut devenir violent pour la garder.
Tu sais, y a 5 ans,
tu m'aurais filé une paire de claques, peut-être bien que je serais restée.
Bon, à une prochaine fois, Marc.
Tu sais, pour Colette,
ce serait dommage que tu la laisses comme ça comme tu l'as fait pour moi.
- Viens, j'ai à te parler. - T'es pas encore parti ?
Ça suffit. Je te dis de venir.
Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Mais c'est dingue !
Mon Dieu mais faut faire quelque chose !
Mais qu'elle le quitte ! Mais qu'elle le chasse !
Tu peux être sûr que je te quitte, t'as vraiment fait ce qu'il fallait !
Il m'a giflée. Il manquait plus que ça !
Calme-toi !
Monsieur joue les machos maintenant. Jamais il m'avait fait ça !
Je le supportais parce qu'il était gentil.
Marc, ça va ? Mais tu saignes !
T'as besoin de quelque chose ?
Oui tiens, va me chercher du coton.
Où ça ?
Dans le placard du couloir. Une boîte métallique.
Bon Dieu !
Mais non, pas ça. Une boîte ronde.
Ça, par exemple. Où t'as trouvé...
Dans le placard, tu m'as dit.
Depuis le temps que je la cherche, cette boîte !
- Qu'est-ce que tu fais ? - Tu vois.
Marc, faut faire quelque chose. Bob et le chauve sont en train de violer Babette.
Ça tombe bien, je vais les descendre tous les 2.
De toutes les façons, ça devait finir dans le sang, cette histoire.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
C'est pas jojo. Là-haut, ils sont en train de violer Babette.
Oh ben merde ! Mon fusil !
Tiens-la, merde !
Lâchez-la, bande de lâches !
Bouge pas, reste où tu es. Arrête, ça va.
Je vous préviens. Je vais vous descendre.
- On rigolait. - T'as fait ton numéro, Zorro. Reste comme ça.
Si t'avances, je tire !
Il a bouffé du lion ! Il est assez con pour aller chercher les flics.
- Bob, je t'ai fait mal ? - Tu m'as sonné, dis donc !
Ah non !
C'est pas là qu'il fallait frapper. C'est sur la nuque, c'est pas difficile.
Tiens-moi ça.
Tu m'aurais fait péter les cervicales. Tu m'aurais fait éclater le cervelet.
Je savais pas.
Qu'est-ce que tu fous ?
On les fout tous dans la cave et on se tire !
Allez, tout le monde au trou !
Oh dis donc ! La trouille que j'ai eu.
T'as rien ? - Ça va, t'en fais pas pour moi.
Allez zou ! Tu sais qu'il m'a assomé, ton zèbre.
Attends, et Marc !
J'arrive.
Pardon, je lui ai dit.
Magne-toi. Faut qu'on passe la frontière avant le lever du jour.
C'est sur la tête qu'il faut frapper.
Merde, le pneu !
- Quoi, le pneu ? - Crevés, les 2 !
Quel est l'enfant de salaud ?
Ce coup-là, faut cavaler. On se tire à pied !
Vous avez pas l'intention de me faire cavaler comme ça jusqu'en Suisse, non ?
On respire profondément.
- Qu'est-ce que vous faites là ? - On t'attendait pour travailler.
Marc, super.
Ton idée de faire venir Bob et Joe pour le week-end, génial !
C'est dommage qu'ils soient partis.
Mais... ils ont rien compris !
Tu as subi un choc très dur. Tu es perturbé, c'est normal.
Assieds-toi et parle-nous de tes rapports avec Colette. On va essayer de travailler là-dessus.
Oui, tu verras. Ça te fera du bien.
Tu sais, je suis sûre que c'est vachement enrichissant pour nous, ton expérience.
Mais... ils comprennent rien à rien.
Quelle bande de tordus !
Oui, sors ton agressivité. Je suis sûre que ça te fera du bien.
Vas-y, Marc. Agresse-nous.
C'est fini, tout ça.
Nous sommes avec toi, Marc. Nous t'aimons.
Allez viens.
- Où on va ? - Dans le désert.
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