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T'as vu l'heure ?
Par rapport au soleil, c'est encore l'heure de dormir.
Oui mais par rapport à ma patronne, c'est l'heure de me remuer les fesses.
T'en fais pas.
Dans une semaine, nous serons en train de nous les dorer au soleil
- comme cette jolie fille. - Avec quel argent ?
Avec ça, idiote ! Je vais voir si j'ai gagné.
- T'as gagné le gros lot ? - Mieux que ça, remboursée !
C'est pas si mal ! Allez à ce soir. Au revoir !
Au revoir !
Vous avez pas un franc s'il vous plaît ?
Tenez, c'est encore mieux.
Taxi !
- SOS, au secours monsieur ! - Qu'est ce que vous avez ?
Y a quelqu'un qui arrête pas de me persécuter !
Où est-il ?
À mon bureau, c'est ma cheffe de service.
Vous vous foutez de moi ?
- Emmenez-moi, je suis en retard. - Vous croyez que j'ai que ça à faire ?
- Dépannage à toute heure. - Allez, montez.
Nobody else, but you.
I wanna be loved by you,
alone...
Boop-boop-a-doop !
Vous inquiétez pas les filles, ce n'est que moi !
Écoute toi, t'as du culot.
Moi ? Il est à peine 9h20 !
Et alors, on commence à 9h, non ?
Heure d'été ou heure d'hiver ?
En tout cas, heure d'été ou heure d'hiver, moi ce que je constate,
c'est que c'est toujours les mêmes qui travaillent.
Qu'est ce que c'est que ça ?
C'est le maillot de Sophie que tu dois essayer !
Un maillot Huit ?
Je me plierais en quatre pour le mettre.
Je l'essaye, et je le ramène demain.
Ah non ça, pas question. Moi je dois le rendre à midi.
Bah je peux pas l'essayer ici !
Tu te glisses dans le bureau du PDG,
il est avec un client, il rentre qu'à 11h.
D'accord. Tu viens ?
Oh non, tu connais ma conscience professionnelle.
Je termine ce dossier et je te rejoins, OK ?
OK !
I couldn't aspire...
Oh, Monsieur de Tourville. Oh pardon !
Ben je vous croyais absent !
Sans ça je me serais jamais permise.
Elle est bien foutue la petite Joëlle, hein ?
Jamais vous n'avez daigné jeter un regard sur elle !
Aaaah !
Un PDG c'est au dessus de ça, n'est-ce pas ?
Pas le moindre effort !
Il faut qu'on leur mette les documents sous le nez...
pour qu'ils les compulsent.
Vous pouvez en étudier à votre aise
tous les avantages,
et en tirer les conclusions les plus favorables,
pour sortir votre joli petit stylo
et...
signer le contrat !
Qu'est ce que vous en dites ?
Ça vous la coupe, hein ?
Mieux qu'au cinéma !
Mieux qu'en scope !
En re-lief !
Et tu n'as encore rien vu,
car la vedette va sortir de l'écran
pour venir s'asseoir sur les genoux du spectateur.
Coucou !
- Bonjour, Madame de Tourville. - Bonjour, Mademoiselle.
- Vous allez bien, Madame de Tourville ? - Je vais très bien, merci.
Toujours aussi élégante.
Ne vous dérangez pas, je connais le chemin.
Très bien Madame de Tourville.
Monsieur de Tourville, je ne sais comment vous remercier
pour tous ces dérangements.
Monsieur Birman, cela est tout à fait naturel avec un client,
encore plus lorsqu'il s'agit d'un ami tel que vous.
C'est pourquoi j'aimerais que vos enfants et leurs charmantes camarades
acceptent mon invitation à Marrakech.
Avec joie.
Ils feront la connaissance de ma fille Muriel,
qui est bien seule depuis la mort de ma femme.
Cela dépendra de leurs projets, mais j'en parlerai à ma femme.
C'est de la marchandise tout fraîche, de première qualité !
Ferme, ronde, appétissante,
et qui ferait honneur à n'importe quelle multinationale.
N'est-ce pas mon Étienne ?
Qu'est ce que vous faites là ?
Moi, euh...
Rien !
Et qui est ce qui va être cocue ?
C'est Madame de Tourville !
Oh !
Étienne !
Au revoir Madame de Tour...
Depuis notre mariage, c'est l'éternelle lune de miel.
Exceptionnel !
Ah, justement, la voilà.
Je me permets de...
Tu te permets beaucoup trop de choses, et en particulier à ta secrétaire
de transformer ton bureau en camp de nudistes !
Bonjour Monsieur.
Alors Étienne, c'est pas mieux que la mère Piévache ?
La porte !
Immédiatement, la porte !
- Pas de panique Mademoiselle Piévache. - La porte !
Vous avez déjà entendu parler d'infarctus ?
- Mais qu'est ce que vous faites ? - Je tue les mites.
Mais pas sur moi !
Il paraît que ça tue également les secrétaires de direction.
J'ai comme l'impression que vous ne ferez pas de vieux os ici...
Et bien moi, j'ai comme l'impression que t'en feras, des vieux os,
et même de très vieux.
Alors ma chérie, t'as pu essayer tranquillement ?
Tu sais, à notre époque, il est très difficile de protéger sa vie privée.
Ah, ça oui.
Oui ?
Oui Monsieur de Tourville.
Je prends mon bloc notes Monsieur de Tourville.
J'arrive tout de suite Monsieur de Tourville !
Ah... c'est vous !
Prenez une note de service.
Invitation de Monsieur Birman
pour deux personnes,
hôtel de Mamounia,
Marrakech.
- C'est bien cela ? - Exact.
Mademoiselle ?
Je n'ai pas terminé.
Ainsi, on m'avait caché son violon d'Ingres ?
- On s'adonne au strip-tease ? - Moi, Monsieur ?
Bien sûr vous, pas Monsieur Birman !
On exhibe ses seins,
ses cuisses, on est folle de son corps...
Mais c'est pas le genre de la maison, Mademoiselle !
Pour cela, il faudra aller travailler aux Folies Bergères.
Et si vos services sont devenus si spéciaux,
nous nous en passerons à l'avenir.
Vous pouvez sortir, et allez vider votre bureau pour faire place nette.
Vous, vous perdez rien pour attendre.
Au lieu de jouer à la poupée, prenez votre bloc.
Votre bloc !
Et inscrivez.
Inscrivez le nom de cette demoiselle.
Le nom de famille !
Oh ! Mais faut tout vous répéter deux fois !
On n'a affaire qu'à des gourdes !
T'es sûre que je suis invitée aussi ?
Mais oui ! C'est marqué pour deux personnes.
Oh, et tout ça parce que tu t'es déshabillée dans son bureau devant lui.
C'est immoral, hein ?
- Pas devant lui, il était pas là ! - Ah bon ?
Bon ben alors, c'est pas immoral.
Mais sa femme, elle, m'a vue par l'entrebâillement de la porte.
Qu'est ce qu'elle t'a dit ?
Rien, moi je l'ai pas vue.
Ah bon ? Bah alors là je comprends pas.
Mademoiselle Piévache m'a vue aussi.
Et toi, tu l'as vue ?
Bah oui, puisqu'elle était dans le bureau !
Bon bah alors c'est bien ce que je te dis, c'est immoral. Allez.
Béatrice ! Béatrice !
Dis donc, t'en as une chouette valise !
C'est Linda, qui travaille chez Vuitton qui me l'a eue.
Je t'expliquerai pourquoi. Allons, dépêchons-nous.
Ben on n'est pas en retard.
- Je voudrais pas me faire remarquer. - Bah pourquoi ?
T'as vu ce qu'a dit le directeur d'Air Maroc ?
Il pensait que les billets étaient prévus
pour la fille de Tourville et son amie.
Et alors ?
Et alors je pense qu'il y a eu erreur d'aiguillage.
Ce qui veut dire ?
Que les billets n'étaient pas pour moi.
D'où la valise Vuitton, pour faire fille de PDG.
Alors, pas de folies, toi.
Non ! Tu seras sage aussi ?
Bien sûr ! Je ne bougerai pas de Paris, j'irai même pas au golf.
Allez. Bon voyage.
Et bien je vais te dire : le fait que nous en profitions nous,
c'est plutôt moral !
Peut-être, mais à l'arrivée,
pour Monsieur Birman, le client qui invite,
il faut absolument que je me fasse passer pour la fille de Tourville.
Mademoiselle... de Tourville, sans doute ?
- C'est cela même. Bonjour ! - Enchanté.
Je vous présente ma fille, Muriel.
- Bonjour ! - Enchantée, Mademoiselle.
Oh, appelle moi Joëlle.
Ah bon ? Joëlle ? Vous vous appelez Joëlle ?
Oui ! Et voici mon amie, Béatrice.
Béatrice ?
- Bonjour. - Bonjour, enchanté.
J'espère que vous allez passer un bon séjour
en attendant l'arrivée de votre frère.
Mon frère ?
T'as un frère ?
Aïe !
Mais qu'avez-vous ?
C'est rien, c'est rien, une petite douleur qui lui arrive comme ça.
J'espère que ce n'est pas grave.
Non, non. Mais ça présage toujours quelques ennuis.
Ne vous en faites pas. Avec le soleil, ici, tout s'arrange !
Venez.
Oh, tu sais pas à quoi je pense ?
- Non ? - Aux copines.
- Pourquoi ? - J'aimerais qu'elles nous voient !
Et le fils du boucher !
Cela doit vous dépayser.
Oh oui, cela n'a rien à voir avec Montmartre.
Ah, je croyais que vous habitiez Passy.
Ah justement,
Montmartre pour nous, c'était déjà un grand dépaysement.
Alors ici...
- Oh, qu'est ce que c'est ? - La Koutoubia,
une des mosquées les plus renommées,
et du haut de laquelle le muezzin chante toutes les trois heures
pour appeler les fidèles à la prière.
Le père Hallyday il en crèverait de jalousie !
- Ce que c'est beau, ces portes ! - Oui !
C'est Mademoiselle Piévache qui serait contente !
Une de vos amies, sans doute ?
Pas exactement,
mais elle adore les portes à un tel point,
qu'elle veut toujours que tout le monde la prenne.
- Quel silence ! - À Paris, on ne s'entend plus.
- Comment ? - À Paris, on ne s'entend plus !
- Comment ? - À Paris, on ne s'entend plus !
Bon, de toute façon, je vous ai logées dans l'aile gauche, sur la palmeraie.
On n'a pas la vue sur la mer ?
On est au Maroc, chérie !
- Y a pas la mer au Maroc ? - Si, tout autour !
Ah, tu vois qu'il y a la mer !
Et de ce côté, 1200 kilomètres de sable.
Belle plage, hein ?
Ah ! Je vous présente Olivier,
qui, tout en préparant son professorat de gymnastique,
s'occupe de la piscine où il règne en maître.
Nageur !
- Enchantée ! - Bonjour !
Il fait beau aujourd'hui, hein ?
Je m'occupe de vos valises.
Oh, tu es gentil, elles sont à la chambre 202.
Chambre 202, c'est parti !
À toute à l'heure. Tu viens Muriel ?
Hé ! À Marrakech, y a pas la mer !
Ben pourquoi y a une plage ?
Viens...
Viens voir, c'est encore plus grand dehors !
- Je vous l'ouvre. - Oh, c'est pas la peine, merci Olivier.
- Ben qu'est ce que vous avez ? - Oh rien.
Je vois qu'il ne vous manquera rien pour votre séjour. Un peu spécial...
- mais il ne vous manquera rien. - Oh, laissez nous ranger nos affaires !
L'imbécile, qu'est ce qui lui a pris ?
Qui est ce qui t'a prêté tout ça ?
Mais c'est pas à moi ! C'est pas mes affaires !
Qu'est ce qui m'est arrivé ?
J'ai pigé : pendant qu'on parlait à Orly,
j'ai aperçu une grande fille rousse qui avait la même valise que la tienne,
elle l'a posée à côté.
Qu'est ce que je vais faire ?
Bah on la redéposera à Orly quand on reviendra.
Et en attendant ?
Poser pour le catalogue de La Redoute !
Oh ! Tu crois qu'il y a des nanas qui portent des trucs comme ça ?
Elle devait travailler au Crazy Horse saloon.
En tout les cas c'est pas une raison pour que l'autre asticot
- se mette à fouiller dans nos valises ! - Oh ben il a ouvert sans faire exprès.
Ça c'est le genre de mec qui l'ouvre sans le faire exprès.
Écoute, on a qu'à plus lui adresser la parole.
Bonne idée.
Il fait beau aujourd'hui !
Vous êtes notre soleil, Olivier.
À toute à l'heure.
T'as vu ce mec, pour qui il se prend ?
Pour James Bond 007 !
Ben tu sais, moi les héros je me les fous au...
Oh, tu le gâtes trop !
Il fait beau aujourd'hui !
Toujours spirituel, Olivier.
Attention, le voilà, pas de faiblesse.
Fais moi confiance, avec ce genre de type, même sur une île déserte,
Tu resterais pas vierge !
T'es bête !
- Il fait beau aujourd'hui ! - Tiens, on ne s'en était pas aperçues !
Ça vous dérangerait pas d'aller faire ça plus loin ?
Vous nous faites de l'ombre.
Ce qu'il peut être bête !
Il est tout dans les muscles.
Laurent aussi, ce qui n'empêche pas qu'il est sensible et intelligent.
Qui c'est Laurent ?
Un autre animateur.
Dont tu es amoureuse ?
Il me regarde même pas...
Moi je suis sûre du contraire.
- Mais Joëlle t'apprendra. - Quoi ?
- À te faire regarder. - Non mais dis donc, toi !
Et puis si ça marche pas, elle te prêtera ce qu'il y a dans sa valise.
Qu'est ce qu'il y a dans la valise ?
L'ABC de la parfaite bricoleuse.
N'importe quoi !
Oh !
- Chic, du homard ! - Oh, j'en ai jamais mangé...
- à Marrakech... - Mon plat favori.
C'est toujours son plat favori.
J'en suis ravi, doublement ravi.
Car non seulement Monsieur Bichope est mon ami,
mais c'est aussi un très grand champion de golf.
Je drive pas trop maladroitement quoi !
Je fais joujou !
Il est certain que pour le golf,
le plus important c'est le premier trou.
Sans lui, pas de partie possible !
On commence jamais par le second !
Alors il faut tirer d'un coup sec,
et surtout, surtout, pas mettre la balle du premier coup dans le trou !
Non, non, non, non !
Influencer l'adversaire,
lui faire peur, mais pas le démoraliser.
Donc,
il faut savoir se dominer,
maîtriser son doigté,
sa dextérité,
et là-dessus, je vous assure que je suis très fort !
Je fouinasse, je tourne autour,
et tout d'un coup...
Vous avez un foulard ravissant.
- Merci, il vient de Londres. - Je trouve qu'il fait très rétro.
C'est le charme de l'Angleterre.
Regardez, il est en soie, c'est très...
Et, si on le tâche, c'est facile à nettoyer ?
À Londres, oui.
...votre impatience, ça va vous rapporter.
Et vous vous dites, comment peut-il avoir un caractère si dur ?
Lui, un racé, un sensible !
Je suis arrivé à ce que mes adversaires...
...pour ne pas dévoiler mon stratagème.
Mais je ne vais pas trop éclairer la situation.
Oh, désolé !
Je suis désolé.
Je surgissais.
Et d'un coup sec...
...pas les pleutres, les risques rien !
...tous les sports que j'ai pratiqué,
et je vous assure que ça m'a beaucoup appris pour le golf.
Vous me direz, au golf c'est pas pareil,
au rugby c'est pas pareil ! Au rugby, le ballon est ovale,
il est plus facile à bloquer, plus gros !
Pour deux équipes de quinze, donc trente joueurs,
il n'y en a qu'un ! Tandis qu'au golf, chacun a sa balle.
Chaque joueur est zen, ils se respectent. Une balle pour lui-même.
Oh non mais, qu'est ce que vous voulez, c'est pas ma faute.
Je suis emporté par ma rapidité d'esprit,
équivalente avec ma dextérité de joueur, qu'est ce que vous voulez. Calmons nous.
Donc, nous revenons au second trou.
Ah bah où ils sont passés ?
Merci.
Qu'est ce que tu regardes ?
Le gosse d'hier.
Tiens, regarde, James Bond il s'est trouvé une nouvelle victime.
Allez, allez, allez, plus haut, plus haut, plus haut !
Tu vois ce qui est bien, c'est qu'en maillot, tout le monde se ressemble.
PDG ou pas, ils se font tous engueuler par Olivier.
Allez vas-y !
Une, deux, une, deux, une, deux !
Plus fort ! Plus de nerf !
Et ses secrétaires, qui ne savent même pas qu'elles sont vengées.
Suppression, désormais, de toute prime !
Suppression de tout whisky jusqu'à nouvel ordre !
Sinon, c'est la porte !
Sans cela attention, c'est l'aorte !
Allez, appuyez un peu. Et rentrez moi ce ventre. Allez !
J'ai une idée !
Ça va ? Je peux jouer avec ?
Non, non, non ! Papa !
C'est à moi !
Ben tu fais des pâtés ce matin ?
Il fait beau aujourd'hui !
Et le soleil...
Ah, tu vois que c'est pas la lune !
Ben non, c'est le soleil.
Alors, vous avez passé une bonne nuit ?
Excellente, après une telle soirée !
Eh, t'as vu Olivier. C'est pas le pied ce matin !
Qu'est ce que Muriel est sage !
Oui, elle ne se lie que très difficilement.
- On va s'occuper d'elle, hein ? - Oui !
Je vous en saurais gré.
Tenez.
Voici vos cartes, pour votre sport favori.
- Lequel ? - Le golf !
- Le golf ? - Ben le golf, quoi ! T'es sourde ?
J'suis peut-être sourde, mais pour le golf...
Pour le golf, vous pourrez en faire dès cet après-midi.
- Justement, pour le golf... - T'en feras dès cet après-midi même !
Faut tout te répéter deux fois !
Oh dis donc !
Je vous amène mes deux jeunes championnes.
Bien sûr, bien sûr !
Et méfiez-vous, elles vont vous donner du fil à retordre.
- C'est pas au vieux renard... - ...qu'on apprend à faire la grimace !
On s'occupera d'elles, n'ayez crainte.
- Justement, j'aurais bien aimé que... - T'occupes !
Tu viens, la championne ?
- Bonne partie ! - Oui, vous inquiétez pas.
- J'viens vous chercher toute à l'heure. - Ok, au revoir !
Quel handicap vous avez ?
Handicap, handicap ?
Est ce qu'on a des têtes d'handicapées nous ?
Et quel club ?
Quel club ?
Bah le club de Marrakech !
Eh ben, nous sommes gâtés...
Qu'est-ce que je vais leur donner ?
Tenez, tenez,
prenez ce club.
Bon.
Allez, tenez.
C'est pas vrai !
Mais d'où vous sortez ?
Allez !
Bon, n'ayez pas peur.
Un coup sec, hein, un coup sec...
- Comme ça ? - Oui !
Tu l'as eu !
Oui, mais la balle est toujours là !
Non, elle est partie la balle !
Ravissantes et adroites.
Bonjour monsieur !
Ravissantes et à gauche !
- À moi ! À moi ! - Non, non, non !
- C'est à moi de tirer ! - C'est ça, tirez, tirez vous,
- on vous rattrapera ! - Allez !
Ah !
Na !
Voilà !
Allez.
- Un peu plus à droite ! - T'en fait pas !
Allez !
Allez !
À moi maintenant ! À moi, moi, moi !
C'est pas si mal, hein ?
Je l'ai eue, je l'aie eue !
- Tu viens ? - Non, moi je tire encore.
Eh, Béatrice !
Tu veux pas celle-là, c'est mieux elle est plus grosse ?
Tant pis !
Vous n'avez pas vu notre balle ?
Si, de tout près.
Merci de l'avoir bloquée.
Regardez, regardez tirer.
Écoutez, j'ai déjà plus qu'un œil, je préfère le conserver.
Eh, la balle !
Gardez votre balle, et moi je garde mon œil !
Vas-y Béa !
- Vous venez d'arriver ? - Oui, à Marrakech. Avec mon amie Béa.
Tu viens Béa ?
Ravissantes, mais maladroites.
- À moi ! - Tiens, Béa, vas-y.
- Pousse-toi ! - D'accord !
Allez !
Olé !
Oh, regarde Béa, dans le trou du premier coup !
- Elle en a même rougi ! - Oui, elle est mûre.
Tu m'en donnes un bout ?
Alors, bonne partie ?
Que dites-vous de mes championnes ?
Vous aviez raison, on aurait dû se méfier.
Mais vous avez quelque chose dans l'œil !
- Laissez moi regarder. - Merci, merci !
J'avais quelque chose, mais par miracle, c'est ressorti.
L'œil est resté.
Vous les avez étonnés à ce que je vois !
- On s'est pas trop mal débrouillées. - Pour une première fois. c'était bien.
Une première fois ?
- Sur le golf de Marrakech ! - C'est ça !
- De Marrakech ? - Oui !
Je crois qu'on leur a tapé dans l'œil !
Ravissantes, mais pas libres.
Le golf, ça a été dur ?
Ben, pour les autres, oui.
Je crois qu'on leur a donné pas mal de fil à retordre.
On a eu un succès !
Mérité, j'en suis sûr.
En tout cas ils ont eu de la chance, ici, vous nous avez vraiment manqué.
- Ah bon ? - Déjà ?
Laurent, je vous cherchais, c'est l'heure de ma leçon.
Bon, et bien, excusez moi.
Le devoir m'appelle. À tout à l'heure.
Muriel !
Qui est-ce ?
Laurent.
Pourquoi t'es toujours toute seule ?
Parce que je connais personne.
Fallait venir avec nous.
Au golf, on s'est fait un tas de relations.
Elle en a pas besoin, elle connaît tout le monde ici.
Oh, tout le monde ou personne, c'est la même chose.
Ah, je comprends !
Un seul être vous manque, et le monde est dépeuplé.
Qu'est ce que ça veut dire ?
Un seul Laurent vous manque, et le club est dépeuplé !
Oh, t'es bête.
- C'est vrai. T'es vraiment bête ! - J'ai deviné juste si elle pleure !
Tu dois l'aider à séduire son Laurent.
Ne me parlez pas de lui ! C'est un grossier personnage
qui ne pense qu'à faire son joli cœur devant toutes les femmes.
- Toutes les femmes, mais pas toi. - Oh, Béatrice, ça suffit !
Écoute Muriel,
tu sais, les hommes c'est pas très intelligent.
Alors il faut tout leur montrer.
C'est pour ça que partout, tu vois des écriteaux
« Attention à »,
sans ça, ils tomberaient dans toutes les embûches.
Et bien, en amour, c'est la même chose.
- Il faut mettre un écriteau ? - Presque !
Par exemple quand tu le vois, qu'est ce que tu fais ?
Il m'intimide, alors je regarde mes pieds.
Oh ! Mais pas du tout ! C'est pas comme ça qu'il faut faire.
Il faut le regarder bien droit dans les yeux,
d'une façon trouble.
Comment ?
Comme ça !
Et tu plisses légèrement les yeux.
Je vais me casser la figure !
Avec Béatrice, on va te montrer.
T'as pigé ?
Bon, alors à toi maintenant, vas y.
C'est presque ça, mais essaye, ça marche à tous les coups.
Vous croyez vraiment que ça marchera ?
Écoute Joëlle, elle est super.
Dans le quartier, le fils du boucher qui est gourde comme pas un,
qui c'est qui l'a eu ? C'est elle !
Allez, courage !
- Et si ça va pas ? - On trouvera autre chose.
Ah oui, par exemple...
Quand tu te trouves seule à la piscine avec lui,
tu fais semblant de te noyer, il te sauve et il te fait le bouche à bouche.
- C'est dégoûtant ! - Faut pas avoir d'idées préconçues !
De toutes les choses qu'on croit dégoûtantes,
c'est celle à laquelle on se fait le plus vite.
Allez, à toute à l'heure.
Courage !
Ben qu'est ce que t'as dans l'œil ?
Tu veux du collyre ?
Après un trimestre si désastreux, il n'est pas question que je me ruine
pour emmener Jean-Pierre aux sports d'hiver rejoindre sa sœur.
Il ira à Marrakech chez mon ami Birman.
Tu sais, le Maroc ça doit vraiment être sympa quand même.
Je m'en fous.
Ce que je veux, c'est retrouver Amélie.
Elle, elle est aussi drôlement sympa. Surtout question lit.
- Et où elle est ? - À la neige, avec ma sœur.
Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi
sa sœur n'y est pas allée avec son amie Amélie.
Le Maroc. C'est merveilleux.
Moi, à leur âge, je passais mes vacances en Auvergne, chez mes grands-parents.
Quoi ?
Dans un château, peut-être, mais c'était tout de même l'Auvergne.
Tiens, les billets. Et les invitations. Regarde ce que j'en fais.
Arrête !
Ben...
Je sais pas, mais c'est quand même plus sympa d'aller au Maroc
que de rester dans le 18ème.
Tu peux me le filer ?
Tu veux ?
Mais dis donc, ils vont s'apercevoir que je suis pas Jean-Pierre de Tourville.
Ils me connaissent pas.
Tu seras Guillaume de Tourville, et le tour sera joué.
C'est dingue, 18 trous !
Oh, ça peut être que des mites. Ça m'est arrivé l'an dernier.
Je parle du golf !
Ah, 18 trous !
Ah oui, c'est beaucoup trop !
Ou alors il faudrait plus de balles.
Tu les as vus tous, dans ce club ? Ils s'arrêtent pas.
On se croirait chez Renault !
C'est le sport à la chaîne.
Ah ça je dois dire qu'après un tel programme,
les nuits c'est silence total.
- Tout le monde est crevé. - Oui, et bien moi aussi.
Je dors !
Joëlle ?
Quoi ?
T'entends ?
Quoi ?
Écoute.
Ah tiens ? Il y en a qui ont encore quelques sursauts pour s'aimer.
Tu crois ?
Ils dépensent leurs dernières forces à faire l'amour.
Joëlle ?
Quoi ?
Ça me gêne de les entendre.
Ça va durer toute la nuit ?
Innocente !
Pourquoi ?
Parce qu'à moins d'une nuit de noces ou d'un championnat,
dans une demi-heure ça sera terminé.
Alors prenons notre "mâle" en patience.
Comme tu dis !
C'est pas possible !
Mais n'y fais donc pas attention !
Comment ça se fait qu'on entende que lui ?
Ah ça c'est comme dans la vie,
c'est toujours les bonshommes qui gueulent le plus fort.
Oh, ça je le mettrai.
Ben... Qu'est ce que tu fais ?
Je pouvais pas dormir, j'ai eu l'idée de fouiller dans la valise de la fille.
Ah je vois ! La relation de cause à effet avec l'accompagnement.
Bonne idée. On va se déguiser !
- Oui, tiens ! - Laquelle ?
Ah, super !
Dépêche toi. On s'amuse bien.
J'arrive pas !
Regarde, ça fait quoi ?
Mets de la musique.
- Ça fait porno, hein ? - Oui, allez !
Au secours ! Au secours !
- Laurent ? - Oui ?
Une serviette s'il vous plaît.
Vous en avez déjà une.
- Ah oui c'est vrai ! - C'est pas grave.
Au secours ! Au secours !
- Laurent ? - Oui ?
J'ai assez de crème sur le dos ?
- Oui, oui, ça va, très bien. - Merci.
Au secours !
Laurent ?
Venez voir...
Je suis bien coiffée ?
- Oui, oui, très bien, parfait. - Au secours !
Au secours !
Laurent ?
Oui ?
Au secours !
Elle se noie !
Béa ?
Béatrice ?
Tu dors ?
Oui...
J'ai pas dormi de la nuit.
Eux non plus.
Moi je me fais changer de chambre dès ce matin.
Ah, c'est pas tous les jours qu'on tombe sur un étalon.
Je serais curieuse de le voir en chair et en os.
Bon ben je me lève, maintenant que je suis réveillée.
Joëlle !
Viens voir !
Ton étalon est là. Le Superman dans toute sa splendeur.
Écoute !
Oh c'est pas vrai, ils vont pas recommencer !
Viens voir !
Oh, quelle douleur !
J'ai pas fermé l'œil de la nuit.
Je me suis vraiment trop donné.
On l'avait bien remarqué !
Je l'ai tellement bien fait que j'ai failli me noyer pour de bon.
Et il a plongé pour te sauver ?
- Ouais... - Ben alors, tu vois que ça a marché !
Et le bouche à bouche ?
Ça il devait pas le savoir parce qu'il m'a donné des gifles pour me ranimer.
Non, non, non !
Eh, regarde le bourreau des petites filles.
Le pauvre homme, il a pas l'air bien.
Ben tu vois, y a des hommes qui ont l'air de rien,
puis qui peuvent troubler toute une nuit l'âme candide de deux jeunes filles.
Ce Laurent, je le déteste de plus en plus.
Mais t'arriveras à tes fins, j'en suis sûre.
- Mais je saurai jamais. - Je te dis que Joëlle va t'apprendre.
Alors, on vole le seau des petites filles maintenant ?
J'ai ma petite idée pour ce matin.
Tu te déshabilles pas aujourd'hui ?
J'y vais. Mais j'attendais l'inspiration.
Tiens, tiens...
La voilà justement.
Il fait beau aujourd'hui !
Moi je ne trouve pas.
- Ah ? - Je vois comme un... petit nuage.
Où ça ?
Au-dessus de votre tête.
Bah je dois être miro.
Bon ben... je vais me déshabiller.
Vous voyez bien qu'il y avait un tout petit nuage
au dessus de votre tête ce matin.
Et il a même crevé.
Ça lui a calmé ses ardeurs.
Le pauvre, il a l'air d'une poule mouillée.
Exactement !
C'est ce que faisait ma grand-mère à ses poules quand elles couvaient.
Ah oui, mais c'était pas la tête qu'elle mouillait.
- Pour le reste, attends demain. - Chiche !
Chiche !
- Comment tu vas faire, il va se méfier. - Fais-moi confiance.
Il faut toujours faire confiance.
Je vous apporte une très bonne nouvelle :
- votre frère vient d'arriver. - Quel frère ?
Et bien, le seul, l'unique, je crois.
Le charmant Guillaume de Tourville.
Ah, Guillaume est arrivé !
Et, où est-il ?
Il est monté dans sa chambre. Il redescend pour vous embrasser.
Tu viens Muriel ?
En son honneur, je vous invite tous ce soir
pour assister à des danses marocaines.
C'est un endroit très typique, ça vous plaira.
- Merci, à tout à l'heure. - À tout à l'heure.
Dis donc, tu crois que c'était vraiment sur la tête de James Bond
que s'amoncelaient les nuages ce matin ?
T'en fais donc pas pour ton amie Joëlle,
j'ai du flair,
et je suis sûre que je reconnaîtrai mon frère de très loin.
Et si c'est un faux-frère et qu'il nous dénonce ?
Et notre séduction, chérie ?
Tu ne fais pas assez confiance à notre séduction.
Oh, pardon. J'avais oublié !
Tiens, le voilà !
C'est marrant, il m'a jamais vue et pourtant il me reconnaît.
- J'y vais ? - Courage !
Houhou, j'arrive !
Guillaume ?
Mais, vous n'êtes pas...
Dis donc, tu rencontres toujours des amies !
Je... Je te jure !
On va régler ça à la maison.
- Je te jure ! - Viens, viens, viens...
Qu'est ce qu'on fait quand on a une panne de flair ?
En tous les cas, il était pas mal.
Et ça a drôlement fait bisquer son petit ami.
Vous cherchez quelqu'un ?
Oui, je suis Guillaume de Tourville, et je cherche ma sœur.
Joëlle ? Elle est justement là, devant vous, avec son amie Béatrice.
Suis-je bête ! Je vous remercie.
Bonjour Joëlle !
Joëlle, c'est elle. Je suis Béatrice, l'amie de votre sœur.
Je vous en prie, ne dites rien, je suis votre sœur.
Je vous en prie, ne dites rien, je suis votre frère.
Vous êtes touchants !
On devrait se lever et danser avec elle.
Bien allez-y. Je suis sûre que vous aurez du succès.
J'en meurs d'envie, mais à côté d'elle je serai ridicule.
Si vous voulez un soir au club, vous nous ferez cela.
- Chiche ! - Chiche !
Mais si vous perdez, vous offrez le champagne.
- D'accord ! - D'accord !
Quel dommage que tu sois ma sœur.
Et bien moi je suis ravie que tu sois mon frère.
- Je dis ça car tu me plais beaucoup. - J'avais bien compris.
Alors pourquoi t'es ravie que je sois ton frère ? Je te plais pas ?
Gros malin !
L'inceste, t'en as jamais entendu parler ?
Allez viens ma bibiche, on leur fait notre numéro.
Bah qu'est ce qu'il te prend ?
Oh pardon.
Je t'avais pris pour ta sœur.
Mes amis,
demain soir au club, Béatrice nous fera une exhibition de danse du ventre.
- Bravo Béa. - Ça c'est formidable !
- Mais j'ai jamais dit ça ! - Vous avez parié.
Bon, d'accord. Mais alors vous aussi, hein ?
Ce soir Béa, tu vas te surpasser.
Si tu me donnes le trac, je ferai rien du tout.
Tu vas faire passer un grand frisson de volupté sur le club.
Moi je t'envie !
Pourquoi tu l'accompagnes pas ?
- Chiche ? - Chiche !
- Ouais ! - OK !
Tiens, Muriel, voilà ton Laurent.
Pourquoi mon Laurent ?
Parce qu'il le sera bientôt.
C'est pas parce que les premiers conseils de Joëlle ont raté
que tu l'auras pas.
Oh je veux plus de conseil.
Ahah ! Serait-ce maintenant superflu ?
Y aurait-il anguille sous roche ?
Le beau ténébreux aurait-il dévoilé son amour à la pure jeune fille ?
Vous le saurez si vous lisez le chapitre suivant.
Et c'est ainsi que l'esprit vient aux filles.
Tiens, voilà Olivier.
Pourquoi tu dis ça ?
Voilà jeune fille,
hier tu nous avais promis de lui faire ce que ta grand-mère faisait aux poules.
- Mais j'avais pas oublié du tout. - Ah, ah !
Il fait beau aujourd'hui !
Olivier. Si on faisait la paix ?
C'est vous qui en avez toujours après moi.
Innocent jeune homme !
Vous n'avez pas deviné ?
Deviné quoi ?
Que lorsqu'une fille veut montrer l'intérêt qu'elle porte à un garçon,
elle lui fait mille agaceries.
- Vous croyez ? - Bien sûr !
Tenez, je vous marque la première danse sur mon carnet de valses ce soir.
Je ne sais pas danser.
Ben alors je vous marque la deuxième !
Et pour signer la paix,
vous me permettez de faire de vous une jolie photo ?
En souvenir ?
Venez !
- Tu connais Guillaume ? - Oui, oui bien sûr.
- Bonjour. - Bonjour.
J'en ai pour un instant.
Tenez vous bien droit.
Bravo !
Gonflez le torse un peu plus.
Voilà !
Quand je montrerai la photo, je veux que toutes mes petites amies du 16ème
en crèvent de jalousie !
Attention, c'est parfait !
Ah non !
Souriez mieux que ça ! « Cheese »,
comme disent les cover girls.
Voilà, c'est parfait.
Béa s'il te plaît,
ton peigne et ta glace, Olivier a une mèche rebelle.
Parfait.
Oh !
C'est bête, alors ! Je vous coupais les jambes.
Reculez un peu.
Olivier !
Encore un peu.
Encore, encore un peu...
Voilà, c'est parfait !
Tu vois Béa,
ma grand-mère, avec ses poules, elle faisait la même chose.
Vous pouvez quand même m'aider à m'en sortir, hein ?
Tiens. Les canards boiteux, il faut toujours les aider.
Voyez Béatrice, comment est Joëlle.
Ben ma grand-mère à ses poules elle en faisait tout autant.
Tiens pour ton frère, on dirait que ça va comme sur des roulettes.
Avec ma Jag',
je vous assure que je mettrai pas longtemps pour aller à Ouarzazate.
Mais on va pas aussi loin cet après-midi,
on fait simplement visiter la palmeraie aux filles,
nos motos suffisent.
C'est des combien ?
Ben, des 125.
Moi avec ma 7 et demie,
je vous assure que je mettrai pas longtemps à semer tout le monde.
C'est que je touche un peu en moto, moi.
Voilà l'engin que vous m'avez demandé.
Jeune champion !
- Merci, monsieur Birman. - De rien.
C'est un nouveau modèle ?
J'espère que t'as fait le plein d'essence.
Causez toujours, de toute façon je serai le premier.
Non mais je te dis ça parce que je vois pas ton réservoir.
Le sanglier ! Le sanglier !
Un sanglier ? C'est plutôt un cochon, oui !
Le trophée de chasse !
T'es pas encore arrivé à Ouarzazate, c'est moi qui te le dit.
Cause, cause toujours, de toute façon je serai le premier.
- T'es pas crevé ? - Moi je suis increvable.
- Bon, allez les filles, en route. - Oh oui !
Ah merde ! Je suis crevé.
Alors Guillaume, un ennui mécanique ?
Oui, je suis crevé.
J'emmène Muriel rejoindre ses amis.
- Je t'emmène ? - Je veux bien.
- C'est ouvert derrière ? - Oui, tu le mets derrière.
C'est arrimé ?
OK !
Salaud !
Salaud !
Oh, t'as un serpent là !
Tu dis des conneries !
T'es fou non ? Ça va pas.
- Arrêtez ! - Quoi ?
Regardez !
- Qu'est ce qui lui arrive ? - Là !
Un scorpion.
- Venez voir. - Quoi ?
Là-bas, c'est le début du désert.
Moi j'aime regarder le désert comme un marin regarde la mer.
- Ça va, ça va ! - C'est moins vivant.
Mon œil, c'est plus fascinant, au contraire.
Les couleurs elles changent à chaque instant.
Eh, dis donc,
mon père il a fait la guerre dans le désert.
Et puis d'abord, il s'est perdu dans le désert.
- Est-ce qu'il a vu des mirages ? - Parfaitement !
Ah bon ? Et est-ce qu'il a vu des femmes voilées ?
Mon père il a vu des oasis, des chameaux et des points d'eau.
Peut-être qu'il a vu un beau touareg sur son cheval du désert.
Tu rêves !
Elle rêve !
Oh, regardez !
Oh, t'as vu ? Il est là ton beau touareg,
regarde !
- C'est ça un mirage ? - Oui, c'est ça !
Alors je peux aller l'embrasser, comme l'aventurière d'un film rétro ?
Mais oui enfin, vas y !
Vas-y ! Allez !
Coupez ! Coupez !
Quelle est cette conne qui est entrée dans mon champ ?
Merde !
Qu'est ce que tu regardes ?
Euh, la fille.
Et pourquoi tu la regardes ?
Parce qu'elle boit du lait.
Ah oui, c'est très rare quelqu'un qui boit du lait.
Vous n'avez pas fini ?
C'est vraiment marrant ce qu'elle peut boire comme lait.
Et dans sa chambre, elle en boit, du lait ?
Si c'est pour hier soir que tu dis ça, alors là tu te mets le doigt dans l'œil,
parce que c'est monsieur Birman que je cherchais.
Ah oui, jusque dans la piscine ?
Ah tiens, le voilà justement.
Auriez-vous la gentillesse de me passer de la crème sur le corps ?
Mais bien sûr.
Ça doit être doux à toucher, une fille qui boit du lait.
Devant aussi ?
Un petit peu.
T'aimes ça, toi, les gros seins ?
Beurk, je déteste, ça fait vulgaire.
Et les garçons, tu crois qu'ils aiment ça ?
Les tarés comme Olivier peut-être,
mais pas les autres je t'assure.
Tu crois que le lait ça fait grossir la poitrine ?
Je m'en fous !
Qu'est ce que tu cherches ?
Oh rien, une revue, un article qui m'intéressait.
Sur quoi ?
Je m'en rappelle plus.
Tu viens danser ce soir ?
Je crois pas, j'aime mieux me promener.
Tu viens pas voir Béatrice faire son numéro ?
Oh si, je passerai peut-être. Mais avant j'irai faire un tour.
- Tout seul ? - Oui.
Tu veux venir ?
Bah... peut-être. Si je te dérange pas.
Non. Si tu ne parles pas.
Je dirai rien. À ce soir.
Où est-ce qu'on se retrouve ?
Là-bas, près du grand palmier.
D'accord.
Le décor de ce night club, devant le vieux palais,
doit vous mettre en condition Béatrice.
Oh, nous avons erré cet après-midi dans les méandres de la médina.
Les écheveaux de couleur vive séchant au soleil !
Les cuivres étincelants,
les relans de musique arabe nous incitaient à la danse.
Elle a acheté le guide Michelin cet après-midi.
Nous avons même acheté des costumes pour notre soirée.
- Pourquoi ne pas les avoir encore mis ? - Pour l'effet de surprise.
Quand nous ferons notre numéro.
Moi aussi je vais danser.
Tu sais vraiment danser la danse du ventre toi ?
- Oui, j'ai appris avec les poissons. - Quel poissons ?
Ceux de la vasque au fond du jardin.
Y a pas de poissons dans la vasque.
Si, même que chaque matin, j'essaye de les attraper.
Ils me glissent entre les doigts.
Chic !
Demain on ira à la pêche avec toi.
Tu sais vraiment danser la danse du ventre ?
Et elles, elles savent ?
Non, mais c'est ça qui est drôle !
- Et Muriel ? - Elle va venir, mais...
elle est si imprévisible.
- Qu'est ce que tu faisais ? - Je vais me coucher.
Mais t'es bête ! On va faire notre numéro.
Allez, viens nous aider à nous déguiser.
- Où étais-tu ? - Je les aidais à se déguiser.
Ah, j'aime mieux ça, je te croyais seule à rêver dans ta chambre.
Je te veux jeune et gaie comme ton papa.
Viens danser avec nous.
- Qu'est ce que tu bois ? - Un diabolo menthe.
Oh, arrête ton cinéma, tu bois du lait.
Oh ben...
Oh ben tiens, je m'en étais pas aperçue !
- Bonjour ! - Bonjour.
Qu'est ce qu'elle se tape comme paire de nichons cette nénette.
Oui, bah heureusement que t'es passé à côté d'elle et que tu t'es penché,
- sans ça tu l'aurais même pas remarqué. - Pour ce que j'en ai à foutre !
J'en ai déjà vu des plus gros.
Tiens, je ne savais pas que tu fréquentais des concours.
Quels concours ?
Agricoles, chéri.
Bonjour.
Auriez-vous la gentillesse de remplir mon verre ?
- Oui, de quoi ? - De lait.
Tiens, regarde le petit frère qui arrive avec ses gros sabots.
Oh bah dis donc, t'en fais une tête toi.
- C'est parce que Muriel est pas là ? - Muriel, je m'en balance.
Vous n'allez pas vous mettre à jouer. Ça ne va durer qu'un seul été !
Merci. Vous avez mérité d'en goûter.
Maintenant je connaîtrai vos pensées.
Oh mais, t'as vu l'autre imbécile ?
Non content de se prendre pour des laiteries parisiennes,
voilà pas qu'il se met à téter lui aussi.
Oh c'est pas vrai, toi aussi ?
Tu permets ?
Tu fais ça pour ta poitrine ?
Non mais dis donc, j'en ai pas besoin moi !
- La preuve ! - Grossier !
Une gougoutte, pour son chat...
Oh merde, ma leçon !
Vous aussi vous buvez du lait ?
Oui, il faut être dans le vent.
Je ne sais pas très bien à quoi ça sert,
mais depuis quelques jours, tout le monde en boit.
Tu es sûre qu'il y a des poissons ?
Je les caresse tous les jours.
Monsieur Birman assure qu'il n'y en a pas.
Mais puisqu'elle te dit qu'il y en a !
Oui, elle les caresse peut-être, mais elle en a jamais attrapé.
C'est pas facile. Ils glissent entre les doigts en faisant la danse du ventre.
Comme vous hier soir.
Qu'est ce que c'est ?
Des anguilles.
Super.
Pas mal.
Waouh, ils sont super extras.
On peut pas être fort en tout.
- Tu te débrouilles déjà pas mal à vélo. - Oh, charrie pas.
Même que tu crèves ta monture sous toi.
Ouais bah tu crois pas si bien dire, mon vieux.
Ah parce que t'es aussi cavalier ?
Ouais, un peu !
Et t'as fait des concours hippiques ?
Épiques ! Même qu'on relevait les barrières pour moi.
- Et même qu'on vidait les rivières. - Pourquoi ?
Pour t'empêcher de mettre une bouée !
Mon gars, des canassons comme ça, j'en ai maté plus d'un, ouais !
Comme ceux de cette fantasia ?
Un peu, ouais, mais à la française, tu vois.
En douceur, avec du doigté.
Alors là, je t'admire.
Et tu me ferais plaisir si tu nous faisais une petite démonstration.
Bah quand tu veux à Paris, ouais.
Pourquoi pas ici ?
- Pourquoi, il y a un manège ici ? - Ah ouais bien sûr !
Et qui est ce qui va épater ses petits copains demain matin ?
- Hein ? Qui c'est ? - Ça sera moi ?
Ils doivent être nerveux, hein ?
Un peu. Des pur-sang en pleine santé.
Ils sont tous en pleine santé ?
Pourquoi vous me demandez ça ?
Parce que quelques fois, il y en a qui sont un peu plus chétifs, délicats.
Ah, je vois, comme notre pauvre Méchoui.
- C'est lequel ? - Le gris, là-bas.
Écoutez, si vous me permettez,
demain matin 8h, je vais lui faire faire une petite promenade à la fraîche.
Bon, c'est d'accord.
- Je vous remercie beaucoup. Bonsoir. - Au revoir !
- Bonjour monsieur ! - Bonjour !
Bonjour mesdemoiselles.
- Vous voulez un cheval ? - Ouais, un terrible.
- Nerveux, sauvage. - Une belle bête, quoi.
- C'est pour vous ? - Ah non, non !
C'est tout de même pas pour ces demoiselles ?
Oh non, c'est pour un ami. Un parisien.
Oui, il le veut pour demain matin à 8h.
Ah, un grand brun ?
Oui !
Il est venu mais il s'est intéressé à Méchoui.
Méchoui, c'est un terrible ?
Oh, pas exactement, c'est un malingre, mais très calme.
Ah je vois. Il a encore voulu se sacrifier.
Oh mais oui. Il aime tellement les chevaux
que quand il en voit un déshérité il veut s'en occuper.
Alors qu'il n'aime que les terribles et vicelards.
Je me disais bien que c'était un brave garçon.
J'ai une idée !
Vous n'avez qu'à lui donner un de la même couleur que Méchoui,
mais terrible à monter.
Parfait. Comme ça il sera heureux en tant que cavalier,
et il aura tout de même l'impression d'avoir fait une bonne action.
Quel brave cœur !
- Ok, à demain. - Au revoir !
À demain.
Viens Méchoui. Ben quoi Méchoui, viens.
Ben Méchoui... Il a pas l'air de connaître son nom ?
Ça dépend des jours.
Avec ma chance habituelle,
je suis tombé sur un mauvais jour.
Allez mon Méchoui,
je suis doux, calme et obéissant, hein ?
Toi aussi j'espère ?
Allez mon petit Méchoui.
Ohisse !
Pourquoi il m'appelle toujours Méchoui ce mec là ?
Attention les copains, ça va aller très vite.
Et voilà, c'est parti !
Eh, regarde, il chevauche comme un gaucho !
Ah, il manque pas d'assiette, hein ?
Pourtant ce matin, il était pas bien dans l'assiette.
Mais à l'arrivée, c'est un vrai jockey.
Oh merde !
Arrête ton char, Ben-Hur !
Dis donc Olivier, tu apprends à nager à monsieur
ou tu le prépares pour l'équipe du commandant Cousteau ?
Ça suffit pour ce matin, j'ai bu assez d'eau.
Je vais prendre un bon petit Martini.
- Vous partez déjà ? - Et oui.
Le tout Paris nous réclame et nous nous devons à lui.
Ouais, le tout Paris mon cul.
Oh, Béa !
Oh pardon, mais ça dit bien ce que ça veut dire.
Vous avez raison Béatrice.
Ce soir, vous venez tous à la villa pour le dîner d'adieux.
Ce soir ? Mais je croyais que t'étais invité chez M. Bichope ?
Et bien je vous ferai tous inviter.
Plus on est de fous, plus on rit et il reçoit très bien.
Oh, il va encore faire une conférence sur le golf pendant tout le dîner.
Ah, monsieur Bichope c'est le monsieur de l'autre soir
qui nous a fait une tête comme ça avec le golf ?
Et surtout duquel vous vous étiez bien vengée
en lui faisant un œil gros comme ça avec une balle.
Oui, mais pour le dernier dîner il va accaparer toute la conversation.
Je vous promets que non.
Alors tu jures que s'il prononce une seule fois le mot golf,
tu fais une action d'éclat.
Je vous le jure.
À condition évidemment que personne ne le prononce avant lui.
Nous te jurons de ne pas prononcer le mot golf une seule fois.
Parfait !
Muriel, pourquoi tu as dit une action d'éclat ?
Je connais papa, il est capable de tout quand on le met au défi,
et ses réactions sont toujours hors mesure.
Je suis sûre que si monsieur Bichop prononce une seule fois le mot golf,
papa fera quelque chose d'extraordinaire.
Alors mes enfants, vous avez entendu ?
Il faudra tout faire pour que monsieur Bichope
prononce le mot golf ne serait-ce qu'une seule fois.
Faudra lui dire : « Comment va le golf, M. Bichope ? ».
Bravo ! Tu as fait des progrès Olivier...
Mais t'as pas entendu qu'on doit pas prononcer le mot golf ?
- Mais alors comment on fera ? - C'est ça l'astuce, gros malin.
À nos jeunes amis !
À nos jeunes amis dont je garderai un souvenir si charmant.
Je suis sincère, je le dis avec mon cœur.
Voilà, à votre santé.
- Monsieur Bichope, à votre santé ! - À votre santé !
Vous ne m'en voulez plus ?
- Une balle perdue... - ...dix de retrouvées !
À la guerre, ça aurait été pire,
et puis au sport, ça fait partie des risques du jeu.
- Pas vrai ? - Bien sûr.
Ça ne vous était jamais arrivé ?
Si, quand j'étais jeune, et que je faisais des poids et haltères.
Oh, vous aviez reçu une haltère dans l'œil M. Bichope ?
Non, sur le pied, et je vous assure que c'est douloureux.
Mes amis,
je me permets de lever mon verre à...
Je vous remercie de votre délicate attention vous savez, mais
mon pied est guéri depuis longtemps.
Dieu merci !
Je voulais dire que je lève mon verre à une victoire qui me semble proche.
- Non ! - Pardon, une victoire sportive ?
Je n'aime pas qu'on parle sport.
Et moi, je suis passionnée des exploits de M. Bichope.
- Il les raconte si bien. - Surtout des sports où y a des balles.
Ah, vous me taquinez Mademoiselle !
Mais au tennis, je me défendais pas mal non plus.
C'est moins dangereux !
Quoiqu'un jour, pendant un match, sur le court,
un imbécile a jeté une peau de banane
et en me reculant, je me suis tordu...
- Le pied ! - Non !
Le poignet. Et je vous assure que c'est douloureux aussi.
Surtout sur un sol dur.
Tandis que les sports qui se jouent sur le gazon comme le...
Croquet !
Vous ne me croirez pas si je vous avoue m'être coincé le pied sous un arceau.
Oh, c'est pourtant large, hein ?
Ben Béa, c'était peut-être le lendemain du jour
où M. Bichope avait reçu son haltère sur le pied !
Ça m'a fait un croche-pied, et je suis tombé sur mon maillet !
Comme l'autre jour, avec mon club !
Le club, le club...
En 1960, je faisais partie d'un club de voile.
Un jour, dans le golfe du Lion...
- Où ? - Dans le golfe du Lion.
Il l'a dit, il l'a dit !
Ouais, on a gagné !
Il a dit le mot golf, on a gagné !
- Le golfe du Lion, c'est pas le jeu ! - Si !
Ah, si si si, c'était dans le golfe du Lion !
Et il le répète !
Mes histoires de golf ne vous intéressent pas.
Si, justement...
Puisque nous en sommes à parler de golf,
j'aurais aimé qu'un champion comme vous donne quelques conseils
aux néophytes que nous sommes.
Quel conseil ?
La place exacte de la balle où il faut frapper, avec le club,
pour l'envoyer à l'endroit désiré.
Oh bah tout dépend de l'endroit où on est et du trou qu'on veut atteindre.
Par exemple...
imaginons que ce petit chou est la balle,
la cuillère est mon club,
si je veux le mettre...
sur le compotier qui est sur la desserte,
où dois-je frapper ?
Le compotier, attendez, attendez.
Voilà. En bas, à gauche.
Parfait. Vous l'avez eu !
Le tableau sur le mur.
Et bien, au milieu, au milieu.
Sous le centre de gravité de la balle.
Oh, c'est formidable pour un débutant !
Sur la fenêtre ?
En bas, à gauche.
- Et la console ? - La console, attendez.
Attendez...
Au centre, à droite.
Tiens mon chou.
Pardonnez moi, il faut m'excuser, je me suis pris au jeu.
Je suis désolé, vraiment.
Oh, mille excuses.
Puisque nous n'avions plus de choux,
la crème au chocolat aurait été superflue.
- Bonsoir madame. - Ça se rafraîchit ce soir.
Oh pardon, bonsoir monsieur.
Bon ben, salut les copains.
- Tu montes déjà ? - Ouais.
Je suis crevée et puis j'ai mes valises à faire.
- Béa tu restes pas ? - Je monte aider Joëlle.
Allez viens faire une dernière danse.
Danser ? Notre passage dans ta vie t'aura tout de même été profitable.
Oh quoi ?
C'est pas la peine de l'expliquer, de ce côté-là, il est irrécupérable.
En danse, idiot. À toute à l'heure, je redescends.
À toute à l'heure.
Vous venez boire un pot ?
- Et si on allait danser ? - Plus tard.
J'ai envie de faire quelques pas.
Tu ne viens pas ?
Ah bon.
Et maintenant, je me couche.
- Tu redescends pas ? - Non.
J'ai envie d'être toute seule.
J'en ai marre d'être toujours enfermée.
Ah, je vois. Tu voudrais être toute seule, à deux.
Bravo madame Soleil !
Mais qu'est ce qu'il te prend ? Tu mets des collants ?
Ben oui.
Mais t'es folle ! Avec cette chaleur et des jambes bronzées.
Figure toi que je pèle comme une orange.
- Ça me fait une peau de crocodile. - Et alors ?
Alors à travers le collant ça se voit pas.
Ah... OK.
- Tu veux pas que je reste ? - Non.
Ben... Tu voulais être deux.
Oui... Mais avec une personne du sexe opposé.
T'as le cafard ?
C'est ça.
J'ai du vague à l'homme.
Si tu m'en trouves un jeune, beau et viril, tu me l'envoies ?
Même James Bond.
Tu vois où j'en suis ?
Bien. Je vais essayer de te ramener ça.
Qu'est ce que t'as ?
J'ai envie de t'embrasser.
Comme ça, tout d'un coup ?
Oui mais j'ai envie depuis longtemps.
Tu me l'avais jamais dit.
Ça se dit pas, ça se fait.
Sans se le dire ?
On en a toujours envie ensemble.
Ensemble ?
Ça je savais pas.
T'as une peau comme une pêche.
J'aime pas les pêches.
- Tu n'aimes pas ? - Si.
Tu veux pas ?
Si, mais plus tard.
Pourquoi plus tard ?
On est bien, c'est la nuit, on est seuls,
la musique au fond... Plus rien ne nous gêne.
Si.
Quoi ?
Mon chewing-gum.
Retire-le de ta bouche !
- Je sens pas trop la menthe ? - Non.
À quoi tu penses ?
Ça part avec quoi, du chewing-gum, sur du velours ?
Qu'est ce que t'as ?
J'ai le cafard de rentrer.
Tu vas retrouver ta Jaguar, tes amis...
Oui mais je reverrai plus Joëlle.
- T'habites pas avec ta famille ? - Si si, bien sûr.
Tu dois bien avoir une petite amie ?
Qu'est-ce qu'elle a, Joëlle, elle a pas voulu redescendre ?
Je sais pas.
Tu sais, tu devrais plus être collé comme ça avec ta famille.
Moi je peux pas vivre sans Joëlle.
Bien sûr. C'est touchant cette affection pour ta sœur.
Je voudrais pas te faire de peine, mais je trouve pas ça tout à fait normal.
- Qu'est ce qui est normal ? - Par exemple moi et Béatrice.
- Parce qu'elle est pas ta sœur ! - Ben oui peut-être.
Si t'en es là mon pauvre vieux...
Eh, dis donc, t'es vieux ? Allez viens.
Viens danser !
- Tu sais qu'il m'inquiète hein ? - Pourquoi ?
- Il est amoureux de Joëlle. - Et alors ?
- Ben c'est sa sœur ! - Oh, nul n'est parfait !
Ça sent bon, tu trouves pas ?
Ça sent toujours comme cela.
J'avais pas remarqué.
C'est parce que tu n'étais pas avec moi.
J'en suis sûre.
Tu veux pas qu'on aille se promener ?
Tu voulais une dernière danse !
J'aimerais qu'on soit seuls tous les deux.
On n'est jamais plus seuls qu'au milieu des autres.
On dit ça, on dit ça...
Dis donc, il va pas s'ennuyer Guillaume ce soir.
Pourquoi tu dis ça ?
- Parce qu'il danse avec son frère. - Mais il a pas de frère.
Oh, on peut pas tout avoir.
Allez, on y va !
- Où ? - Faire notre promenade !
Oui, mais avant je vais aller voir Joëlle.
Bon d'accord.
Mon amour.
Jure moi qu'il n'y aura jamais un autre homme entre nous.
Je te le jure.
Un peu d'air, par pitié.
T'es vraiment chouette.
Tu sais vraiment parler aux femmes.
Oh, mais t'es pas une femme.
De mieux en mieux. Mais je crois que t'as raison.
C'est d'une femme dont t'as besoin.
Y en a une dans la chambre qui justement est dans les mêmes dispositions que toi.
Olé !
Ma jambe ! Ma jambe !
Qui était-ce ?
Ben Olivier, tu m'avais demandé de te l'amener.
Sa visite a été un peu rapide.
Je lui ai fait signe mais... il a brûlé l'arrêt.
Il s'est fait mal ?
Non, mais il a dérangé Laurent et Muriel qui ont décidément pas de chance.
Je vais voir s'il a rien.
Ne me le remonte pas !
Je veux plus personne.
Tu t'es rien cassé ?
Je comprends pas ce qui est arrivé.
Ça doit être la serrure de la porte qui a cédé.
Oh oui sans doute.
Tout s'est passé si vite.
J'ai mal à ma jambe !
- Tu veux pas m'aider ? - Oui, bien sûr.
Tu veux pas m'aider à aller jusqu'à ma chambre ?
Oui, je vois. Et à te mettre sur ton lit ?
Oui c'est ça.
Doucement, hein ? Va doucement.
Qui est-ce ?
C'est ton frère.
Entre.
- Tu es seule ? - Oui.
Et Béatrice ?
Elle profite de sa dernière nuit.
- Et Olivier ? - Ah, je l'ai à peine aperçu ce soir.
Pourquoi t'as pas voulu redescendre ?
Parce que j'ai le cafard.
De retrouver Paris ?
Oui.
Moi aussi.
Bah tu vas retrouver ta Jaguar, tes amis.
Et toi, le bel appartement de tes parents.
Le nôtre ?
J'aimerais.
J'ai froid.
Je peux me glisser un moment dans ton lit ?
Pour qui me prends-tu ?
Pour ma sœur.
Alors dans ce cas...
Mais, en frères et sœurs, hein ?
N'abuse pas.
- En frères et sœurs. - Oui.
- Je peux avoir confiance ? - Oui.
- Tu fermes la porte à clef ? - Oui, par habitude.
Ah bon ? Tu fais ça même quand tu es tout seul ?
Elle est moins belle que la vôtre.
- Quoi ? - Ben la chambre.
Non, je la trouve bien.
Allez viens.
T'as plus mal à ta jambe ?
Ah, j'oubliais !
T'oubliais ?
La douleur !
- Je suis extrêmement dur à la douleur. - Ah bon ? Moi aussi.
À la douleur des autres, hein ?
Pourquoi tu dis ça ?
Parce que tu t'es assise loin de moi.
Je vois pas le rapport avec la douleur.
C'est que j'aurais moins mal.
Si je m'assieds près de toi ?
Ça te paraît bizarre ?
Non.
Allez allonge toi,
tu seras mieux.
T'as promis de pas me toucher, hein ?
- J'ai promis, j'ai promis... - Si, t'as promis.
Bon d'accord.
Pourquoi ?
Parce qu'aucun garçon m'a encore jamais touchée.
- Oh, tu me l'avais pas dit ! - Ben non, bien sûr.
Quand je rencontre un garçon je vais pas lui dire :
« Je suis une gourde, je suis jamais allée toute seule
dans une chambre avec un garçon.
Aucun garçon m'a jamais touchée ».
Si un jour je le fais...
Je t'ai promis de pas te toucher.
Ce que t'as la peau douce.
Qu'est ce que c'est que ça ?
Tire pas sur mon collant !
- Tu mets ça pour te protéger ? - Ça me regarde.
V'la encore l'autre avec son lumbago.
- Tu reviens l'année prochaine, hein ? - C'est promis.
Au revoir,
- et merci beaucoup. - Bon voyage.
Et revenez-nous vite.
Et plus besoin d'invitation, ni d'autorisation de M. de Tourville.
On ne peut pas toujours dépendre de ses parents, hein ?
- Au revoir. - Au revoir.
Bah alors Béa, qu'est ce que tu fais ? Tu viens ou tu restes ?
- Je viens. - Allez viens.
Alors moi aussi.
Mais comment tu vas faire, t'as pas de billet ?
Ah non ?
Tiens Olivier, je te donne la moitié du mien.
Ben il est plus bon à rien !
- Tu veux plus partir ? - Gros malin t'as deviné, je reste !
Bravo Béa !
- Bon ben alors... - Tu m'en veux pas trop ?
Au revoir.
Tu sais, pourvu que je ramène mon frère à la maison,
mon père me dira rien.
Mais nous reviendrons, je te le jure.
On l'espère.
Ce n'est qu'un au revoir, mes frères,
ce n'est qu'un au revoir.
Oui nous nous reverrons mes frères,
ce n'est qu'un au revoir.
- Au revoir ! - Bon voyage !
À bientôt et au revoir !
- On t'attend ? - Oh, sûrement.
Le chauffeur de Père vient me chercher avec son coupé.
Et toi ?
J'ai ma Jaguar au parking.
Bon, et bien...
À un de ces jours !
À un de ces jours, ouais.
Au revoir.
- Vous rentrez sur Paris ? - Oui.
Je vais dans le 18ème.
OK, montez.
Vous avez une Jaguar, c'est vraiment la voiture de mes rêves.
- Vous savez conduire ? - Oui.
Tenez, parce que je rentre de Tokyo, je suis crevée.
Taxi !
Oui, dans le 18ème.
Super !
Guillaume !
- Guillaume ! - Joëlle !
Je t'ai vu dans une Jaguar.
Je t'ai vue dans un coupé.
Tu vois, il n'y a pas besoin du désert pour avoir des mirages.
Hop !
Alors t'habites le 18ème ?
Alors ni toi ni moi sommes de la famille de monsieur de Tourville ?
Si, moi.
T'es sa fille ?
Mieux que ça. Sa secrétaire.
Dis donc, elle est drôlement chouette ta valise.
Elle est pas à moi.
Tu sais, il y a eu un tas de micmacs au départ
et je me suis retrouvée avec une valise pleine de dessous cochons.
C'est pas vrai !
Dis donc,
j'en ai jamais vu. Tu me montres ?
- Tu veux voir ? - Oh oui, vraiment oui.
Non seulement ce n'est pas la mienne,
mais ce n'est pas celle qui n'est pas la mienne !
Qu'est ce que tu vas en faire ?
Je vais la ramener au commissariat,
et si dans un an et un jour personne ne la réclame,
nous partons à Marrakech en Jaguar.
Ça sera un super voyage de noces !
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