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Original subtitles

Musique intrigante

Fredonnements

Seul dans la nuit

Mon inconnue

Le c�ur battant Je vous attends

Car je m'ennuie Toujours seul dans la nuit!

- All�, police. Ici I'agent cycliste 180.

Allons, dégagez!

Des empreintes?

- Uniquement celles de la victime, patron.

- Mauvaise affaire, Legal. Aucun indice. Du travail bien fait.

- On a quand même un témoin. Ce Tolu.

- "Je continuais mon chemin et j'ai croisé I'homme qui chantait.

"Je me suis retourné, il s'est dirigé vers la jeune fille,

"je ne sais rien de plus. "

C'est pas un témoignage, c'est un feuilleton.

Il s'arrête au moment où ça devient intéressant.

Pascal est arrivé?

- Certainement, patron. - Envoyez-le-moi.

- Ça va? - La vie est belle!

Pascal…

Pascal! - Fiche-moi la paix, je travaille.

C'est le patron qui te demande.

Il a un cadeau pour toi. - Lequel?

- La femme étranglée rue des Ursins.

Ça tombe bien, c'est du tout cuit.

- On dit toujours ça des affaires des autres.

Entrez.

Bonjour, patron.

- Bonjour, petit. Il y a du travail pour toi.

- Legal m'a mis au courant. - Josette Vuldi, 24 ans.

Employée chez Lucienne Courbet, la modiste.

- Crime crapuleux? - Elle a touché sa paie hier.

L'argent est intact. 200 F dans le portefeuille.

Bon.

"37, rue Lamarck".

"Petits fours aux blancs d'�ufs".

La pauvre gosse.

Elle croyait aux porte-bonheur.

- Le rapport et la déposition d'un certain Tolu.

- Quel genre, ce Tolu? - Dingo.

Ça s'annonce bien!

- Tu en trimbales, dis donc! - Ça déforme les poches.

Renseigne-toi rue Lamarck. Rendez-vous à 17 h.

Au revoir, patron.

La fête commence!

Tolu. T-O-L-U.

Naturaliste.

Je rentrais donc chez moi par la rue des Ursins

quand j'aperçus,

dans la lueur d'un bec de gaz, la pauvre jeune fille…

- Hum, hum! - Vous désirez?

- Inspecteur Pascal. Chargé de I'affaire.

- Je venais vous voir. - Pour compléter votre déposition?

- Je voulais simplement parler avec vous.

Vous parlez trop.

Je suis témoin, je témoigne!

- Soyez gentil de garder vos révélations pour la police

au lieu de les distribuer à tout-venant comme des prospectus.

Deval, tenez-vous en aux communiqués, qu'on reste bons amis.

- Pour une fois, j'allais dire la vérité!

- Faites passer en note officielle

qu'on apprécierait que le chanteur rue des Ursins vienne se présenter.

- Si c'est I'assassin, il va bien rire.

- Pour une fois que vous serez dr�le!

Pardon.

- Pas très bien élevé, cet inspecteur Pascal.

- Il est nerveux, c'est son premier meurtre.

Il y a des assassins veinards!

Je parie ma barbe qu'il trouvera rien.

- "Qu'allait faire rue des Ursins cette malheureuse enfant?

"Qui attendait-elle sous ce bec de gaz

"qui devait éclairer ses dernières minutes?"

C'est bien écrit.

- Pauvre Josette, quand même.

Elle était tellement gentille.

- Je dis que c'est son amoureux.

Elle allait avoir un enfant. I! pouvait pas I'épouser.

Alors, il I'a tuée.

- Toi, tu es encore allée au cinéma. - Comment le sais-tu?

Mesdemoiselles,

un peu de tenue.

M. I'inspecteur va vous interroger sur notre pauvre Josette.

Inspecteur, je vous laisse.

- Vous étiez toutes des amies de Josette Vuldi?

Alors, vous allez être bien gentilles et me dire tout ce que vous savez.

Oui, M. I'agent.

- On m'appelle aussi "inspecteur”. Mais passons.

La dernière fois que vous avez vu Josette, c'était un mardi.

Comment I'avez-vous trouvée?

- Elle semblait tout à fait normale.

- Vous la reconnaissez? - Fais voir.

- Non. - Pardon, c'est une erreur.

Non, non. Voilà la bonne.

- Là, c'est bien elle. J'aimais mieux I'autre.

- Merci. - C'est aussi une victime, I'autre?

Oui. Non, enfin…

pas encore.

Et Josette, comment était-elle? Bonne camarade?

Elle se confiait? - Non.

- Depuis qu'elle était amoureuse, plus moyen d'en tirer un mot.

Amoureuse? De qui?

Il paraît qu'il était connu.

- Vraiment? - Quelqu'un de formidable.

Même qu'elle lui avait écrit et qu'elle attendait

un rendez-vous. - Rue des Ursins?

- Ça, on I'ignore. Mais il était céIèbre, à I'entendre.

- Elle n'était pas un peu mythomane?

- Oh, non! Elle prenait jamais de drogue.

- Elle avait peut-être I'habitude de mentir, non?

- Elle paraissait sincère. Mais les femmes, vous savez…

- Bien sûr. Rien d'autre? - Josette ne disait jamais rien.

Si c'était arrivé à Madeleine, ça changerait tout.

Une vraie pipelette. - Tant pis.

Merci. J'espère ne plus avoir à vous déranger.

- Dommage. ll est rudement bien, pour un policier.

Bonsoir, M. I'agent.

Et I'autre photo, alors?

- Une splendeur! Blonde avec des yeux noisette.

*Musique jazz

- Robert, j'ai tellement confiance en vous

que lorsque vous bouclerez cette affaire,

je vous en confierai une autre. - Vous?

- Il se passe à la maison des choses étonnantes.

Toutes mes photos disparaissent I'une après I'autre.

Qu'est-ce qu'il y a? - Rien, c'est la surprise.

- L'autre jour, on a emporté le cadre.

Ça a été la 11e victime. Étrange voleur, vous avouerez.

- Vos photos n'ont aucune valeur commerciale.

- Peut-être en ont-elles une… sentimentale.

- Vous croyez? - Laissez-moi le croire.

Enfin, bref.

Je suppose qu'un inconnu est amoureux de moi.

Pourquoi êtes-vous si rouge? - C'est…

C'est la digestion.

Déjà?

J'ai dressé une liste des suspects.

Mais c'est difficile.! vient à la maison beaucoup de monde.

Les amis de papa, les miens.

Le facteur, I'homme de garde, vous…

- Oh, moi, ça… - Oh, oui.

Si vous m'aimiez, vous le sauriez.

- Vous pensez! - Voyons.

Et vous me le diriez. - Évidemment.

- Voyons. À moins d'être idiot. Ce qui n'est pas le cas.

Non…

Je ne peux plus avaler.

Il fait chaud, ici. Vous trouvez pas?

Le patron!

- Bonjour, papa. Comme disent tes clients: "On est faits. "

- C'est ça, ta petite camarade des beaux-arts

avec qui tu déjeunes 3 fois par semaine?

Oui. C'est Clothilde.

Elle est charmante!

Bonjour, Clothilde. - Bonjour. … Patron, bonjour.

Je… Je… Je vais vous expliquer.

Je passais dans le quartier, alors je me suis dit…

- C'est lumineux. Assieds-toi.

Voilà le rapport de Legal sur la victime.

Pas intéressant, hélas.

Une vie toute simple, pas de liaison.

Mais je voulais que tu le lises.

Je me suis donc permis de deviner le restaurant

où vous venez tous les deux depuis 3 mois en cachette.

Il faudra que je pense à t'acheter un sac à main.

Bon, je m'en vais. Rien de neuf encore?

- Rien encore, patron. - Je t'attends au bureau à 18 h.

Et toi, ne manque pas ton coup, menteuse.

L'addition, c'est pour moi. - Bien, M. Planquine.

Échec et mat.

*- Hissez-le! Levez-le!

*Le droit! Le gauche! Le droit! Le gauche!

*En I'air, le droit! En I'air, le gauche! En I'air! En I'air!

*Allongez bien vos bras!

*Allongez vos bras. Gardez vos coudes raides.

*Regardez dans la glace

*et voyez que vos coudes ne se fléchissent pas.

*Les poignets non plus.

*Tenez-vous bien droits. Et levez la tête.

*Le sourire aux Ièvres, bien entendu.

*Durant ces 15 minutes de culture physique,

*le sourire ne doit pas quitter vos Ièvres,

*tellement vous êtes contents de faire votre culture physique

*parce que vous savez que c'est la santé

“qui rentre dans votre corps.

*Ensuite, vous avez le sourire pour toute la journée!

*Musique douce

*Levez le genou, maintenant.

*Levez le genou droit… sur I'épaule droite.

*Essayez de venir vous toucher I'épaule. 1, 2.

*Levez le genou!

*Levez le genou!

*“Levez! Levez le genou!

- Vous aurez bient�t fini, avec votre TSF?

Moins fort, bon Dieu!

*- Au moment où vous levez le genou, vous grandissez de tout votre corps

“pour accompagner le mouvement du genou.

*Surtout, ne baissez pas I'épaule en avant.

*Musique douce

*- Seul dans la nuit

*Mon inconnue

*Le c�ur battant

“*Je vous attends

“Car je m'ennuie

*Toujours seul

*dans la nuit!

Plus fort!

*- C'était Seul dans la nuit, par Jacques Sartory.

*Musique jazz entraînante

C'était moins cinq.

Sans le col de son manteau relevé…

- Louise "Chabeaud". B- E-A-U-D?

- Non, B-O-T. 23 ans, dactylo.

- Une ouvrière d'abord, une dactylo ensuite.

C'est un étrangleur démocratique.

Quand pourra-t-elle parler?

C'est difficilement prévisible.

Une commotion cérébrale, il peut y avoir des complications.

- Elle a vu son agresseur, elle lui a parlé.

En pareilles circonstances, on est tous au service de la police.

- Je suis d'abord à celui de la médecine.

Oui.

Je laisserai ici un homme de garde. Legal.

Compris.

Docteur!

Elle s'agite.

- Non! Non, je ne veux pas! Lâchez-moi!

C'est lui… Il vient… Je le vois. Il est Ià.

Ses mains! Je vois ses mains! Lâchez-moi!

Je ne suis pas Sourire d'Avril! Je ne suis pas Sourire d'Avril…

Seul dans la nuit…

Seul dans la nuit…

C'est fini. Elle dort.

Surveillez la température.

- Est-ce la première fois qu'elle prononce ces mots?

- Oui, à ma connaissance. - Merci.

- Qu'est-ce que ça signifie? C'est inadmissible!

C'est interdit!

- Pas pour moi! Je suis Tolu, le témoin.

Ça y est! Je le tiens, inspecteur. C'est lui.

Allez.

C'est lui…

- Mais qu'est-ce qui vous prend?

- L'assassin, je vous dis que je le tiens. C'est lui!

C'est Jacques Sartory.

- Le chanteur? - Évidemment.

Tous des assassins.

- Ça vous dérangerait d'être plus clair?

- À la radio, j'ai reconnu la voix de la rue des Ursins.

C'était Sartory qui chantait.

Qui chantait quoi?

Seul dans la nuit.

- Vous êtes sûr? - Parole de Tolu.

- Parfait. Installe-toi dans la chambre de la petite.

Venez avec moi. - ll faut que je rentre.

- Pourquoi? - Je suis pas habillé…

- Vous aimez suivre les enquêtes? - Mais pas en pyjama.

Je proteste. Et j'ai mon lait sur le feu!

Allez, allez!

Entendu, monsieur. À 18 h 30.

- Jacques Sartory, je vous prie. - Je vais vous faire conduire.

- Vous me rendez ridicule. Je déposerai un rapport.

- Ça vous fera une déposition de plus.

Musique entraînante

C'est Ià, Messieurs.

Un instant.

"Petit Oiseau Blessé.

"Oui, j'ai beaucoup travaillé. Merci pour la photo. ”

À la ligne…

"Violette de Parme.

"Pourquoi demander mon âge, petite curieuse?"

On en finira pas. Entrez!

M, Sartory?

- Écrivez et joignez un mandat de 20 F,

vous recevrez une photo dédicacée. Bonsoir.

- Merci. C'est à M. Sartory que je voudrais parler.

Il n'est pas Ià!

Air au piano

Attendez-moi.

Ne vous gênez plus!

- Excusez-moi d'insister. Inspecteur Pascal, police.

Évidemment, ça change tout.

Alain Dalbrey, secrétaire et ami de Jacques Sartory.

Je vous en prie, inspecteur.

Stéphane Macheau, un autre ami de Jacques Sartory.

- Enchanté. - Pascal.

Inspecteur Pascal, police.

Il joue Un air au piano.

Enchanté quand même.

Où pourrais-je voir M. Sartory?

Voir? Très facile, inspecteur.

Jacques Sartory.

Une séance de téIévision. Je vous fais conduire?

Mireille!

- Il y chante Seul dans la nuit?

- C'est son succès le plus populaire. - Merci.

- Conduisez ces messieurs et placez-les.

À I'�il?

- La police ne paie pas. Elle fait payer.

Je vous en prie, inspecteur.

- Seul dans la nuit! - Seul dans la nuit!

- Pas de jugement téméraire. Écoutez-le d'abord.

- Seul dans la nuit! - Seul dans la nuit!

- SEUL DANS LA NUIT! - Pres de toi!

SEUL DANS LA NUIT!

SEUL DANS LA NUIT!

SEUL DANS LA NUIT! SEUL DANS LA NUIT!

- Voici, de Stéphane Macheau, Seul dans la nuit.

AH!

Musique douce

Seul dans la nuit

Mains dans les poches

Je vais toujours

Cherchant I'oubli

D'un malheureux amour

� toi qui passes

Tu n'en sais rien

Quoi que tu fasses

Sauras-tu vaincre

Et chasser mon chagrin?

Seul dans la nuit

Mains dans les poches

Je tue le temps

Tout en révant

Sans un remords

Mon c�ur espère encore!

Alors?

- Aucun doute. Je parie ma barbe que c'est lui.

Qui peut me donner le bonheur

J'allais peut-être faire un drame

Au lieu de rire de mes pleurs

Quand pour un visage entrevu

Tout à coup mon c�ur ne bat plus

Seul dans la nuit

Au long des rues

Vous, que je suis Vous, que j'épie

Allez-vous m'accorder

Un seul sourire

Un seul baiser?

Allez-vous dire

Les mots d'amour

Que j'ai tant espérés?

Seul dans la nuit

Mon inconnue

Le c�ur battant

Je vous attends

Car je m'ennuie

Toujours seul

Dans la nuit!

Évidemment! Un chanteur!

On devrait tous leur couper le sifflet!

Vous d'abord!

Thérèse!

C'est ça, les cours des beaux-arts?

Musique douce

Seul dans la nuit

Thérèse!

Vous écrasez mon chapeau!

- Moi? - Vous me décevez!

Mais non, madame, pas vous.

Thérèse… Je le dirai à votre père.

Essayez seulement!

Vous me paierez ça, Robert!

Venez, on s'en va!

Chut!

Un seul baiser….

Thérèse.

Laissez-moi tranquille.

Quoi?

- C'est lui. - Attendez-moi Ià, vous!

Je m'excuse, mais….

quand je vous ai vue comme ça écouter ce chanteur en cachette…

Toutes les femmes I'aiment,

alors… - Alors, quoi?

Qui êtes-vous pour me faire une scène pareille?

Mon père? Mon frère? Mon amant?

- Thérèse… - Vous auriez une excuse.

Vous êtes trop empoté. - Thérèse!

Vous êtes trop bête.

Inspecteur, vous allez I'arrêter?

Oui? Inspecteur!

Inspecteur! Vous allez I'arrêter?

Inspecteur! Dites, inspecteur!

Laissez-moi monter!

Je suis Tolu! Tolu, le témoin!

Fredonnements

- Eh bien? - Magnifique, mon amour.

Tu n'as jamais été mieux.

- Flatteuse. - Non, sincère.

Hum, hum!

M. Sartory, je serais heureux de vous parler un instant.

- Monsieur? - Pascal.

Inspecteur Pascal, police judiciaire.

C'est urgent?

- Moins que police secours, mais… - Parfait.

Une camarade, Mille Liliane Roy.

Monsieur… - Pascal.

Enchanté, mademoiselle.

- Je pense que nous serons mieux dans ma loge.

Je t'en prie, tu n'es pas de trop.

Entendu. D'accord.

Ton contrat sera prêt

cet après-midi. Tu seras où?

- Chez Liliane, jusqu'à 16 h.

Un cigare? - Jamais le matin. Merci.

- Vous le fumerez ce soir. - Dans ce cas…

Je vous en prie.

- Je m'en voudrais d'abuser de votre temps.

Je n'ai que quelques questions. Vous habitez bien rue d'Arcole?

Tous les bottins vous le diront.

- Vous arrive-t-il de passer par la rue des Ursins?

Rue des Ursins? Évidemment!

Tous les jours?

- Non. J'ai des habitudes, mais je n'ai pas encore de manies.

Il m'arrive de regagner mon domicile en prenant un autre chemin.

Il m'arrive même de ne pas regagner mon domicile du tout.

Oui. Oui, bien sûr.

Et jeudi dernier? - Jeudi dernier?

Attendez donc….

- Jean-Pierre t'attendait à La Coupole, non?

- Merci, Mlle Agenda. Quelle mémoire!

Oui, en effet.

Je suis allé à La Coupole pour rejoindre un ami.

Je ne suis pas passé rue des Ursins pour I'excellente raison

que je ne suis pas rentré chez moi.

Déçu? Vous prépariez déjà vos menottes?

- Je ne les ai jamais, ça déforme les vestons.

- Je suppose que vous recherchez I'assassin de la rue des Ursins.

Vous croyez que c'est moi? - Non, je cherche un témoin.

L'homme qui fredonnait Seul dans la nuit,

rue des Ursins, jeudi dernier, vers 19 h.

- La rue est à tout le monde. Ma chanson également.

Tout à fait exact.

Il ne me reste qu'à prendre congé.

Monsieur….

Mademoiselle….

Un instant, inspecteur.

Pour ne pas rentrer complètement bredouille.

Je vous remercie.

Je vous ferai porter la mienne demain matin.

- "Causerie du 19 mars. Réponse à Toujours Seule,

"Rosée de Printemps, Petit Oiseau Blessé.

Encore?

- "Lever du Jour, Pluie de Printemps…"

Continuez.

Continuez, je vous en prie.

"Pomme d'Api. " C'est tout.

- Ce sont les réponses à votre courrier radiophonique?

Oui. Quel rapport?

- Avez-vous parmi vos correspondantes

un Sourire d'Avril?

- Comment voulez-vous que je le sache? Mireille…

Pardon.

"Causerie du 19 mars.

“"Réponse à Toujours Seule,

"Rosée de Printemps". - Fleur de Bougnat.

- Lettre de Sourire d'Avril le 27 février.

Réponse donnée au courrier le 8 mars, donc hier, à 18 h 30.

C'est Louise Chabot.

Vous lui avez répondu au micro à 18h 30.

2 heures après,

on tentait de la tuer. - Déduction?

Aucune, je constate.

- Sur un ton qui n'est pas de mon goût!

- Jacques! - Laisse-moi.

Mais je n'accuse personne.

Permettez-moi de m'étonner d'une série de coïncidences

que je trouve étonnantes.

C'est tout. - C'était déjà trop.

- Puis-je avoir communication de la lettre de Sourire d'Avril?

- Non. Ces lettres me sont personnelles.

Avez-vous un mandat de perquisition? - Un grand mot pour une babiole.

Non, je n'ai pas de mandat de perquisition.

- Parfait. Je ne vous retiens pas.

- Je peux en avoir un, et même un mandat d'amener,

si Louise Chabot m'apprend des choses intéressantes.

Au revoir, messieurs dames.

Eh ben, voilà.

Oui?

- Bonjour. Vous avez le mandat de perquisition?

Sur le bureau.

Et avec ça?

- Avec ça, je vais à la pêche. Ça devrait mordre.

- Sartory coupable. Ça t'épate pas?

- De près ou de loin, il est mêIé à I'affaire.

- Tu interroges Louise Chabot demain matin, attends le résultat.

All�?

C'est lui-même à I'appareil. Legal?

Je t'ai demandé de m'appeler à 15 h? Jamais.

Vous lui avez demandé de m'appeler? - Non.

C'est certainement une erreur.

Remonte près de la petite.

Vite! Pas d'explications!

Vite!

Elle a été achevée dans son lit.

J'aurai la peau du type qui a fait ça.

Demandez-moi Liliane Roy. Vite.

Qu'est-ce qui te prend?

- Sartory devait être chez elle. On va être fixés.

All�? Ça répond pas, vous êtes sûr?

J'y vais.

- Bernard! Prends deux hommes, et nous partons. Vite!

Bien, patron.

Je souhaite me tromper,

mais je sens que votre visite a un motif grave.

Non?

I! s'agit de Jacques, n'est-ce pas?

- Quand M. Sartory est-il parti d'ici?

- Cinq minutes avant votre arrivée.

Et vous êtes restés ensemble?

Sans bouger d'ici?

Sans bouger d'ici.

Pas de visite cet après-midi?

Ni coup de téIéphone? - Le téIéphone a sonné.

Nous n'avons pas répondu. - Pourquoi?

Hum, hum!

- Puis-je savoir le motif de cet interrogatoire?

Louise Chabot a été achevée

dans son lit, à I'H�tel-Dieu.

C'est atroce.

Vous avez pensé que Jacques… Mais vous êtes fou?

- Sincèrement, je ne le crois pas.

Que comprend I'entourage de Jacques Sartory

à Radio Lutèce?

- Alain Dalbrey, tout d'abord. Vous le connaissez?

L'homme à la cicatrice?

Un accident d'auto. Jacques conduisait.

- Il y a longtemps? - Près de 10 ans.

Alain se destinait au théâtre.

Il venait d'obtenir son 1er prix de tragédie au conservatoire.

Pauvre garçon. - Et I'autre? "Macheau!", je crois.

- Son compositeur. Beaucoup de talent, mais…

- Mais? - Je ne I'aime pas.

Pourquoi?

- Pourquoi aime-t-on? Pourquoi n'aime-t-on pas?

Voilà un beau sujet d'enquête.

- Je vous promets d'y réfléchir. Je vais prendre congé.

Je verrai M. Sartory le plus t�t possible.

Conseillez-lui de prendre son mal en patience.

- Mais vous le soupçonnez vraiment? C'est impossible.

Pourquoi?

- Parce que vous êtes intelligent. - Vous me disiez fou.

On peut certes être les deux en même temps.

Mademoiselle…

- Un cornichon, voilà ce que je suis.

On m'a roulé. Je veux démissionner.

- Fiche-moi la paix avec ta démission! Alors?

- On a trouvé ça dans un coin de la cour.

- Il a été volé dans la salle de garde.

Occupe-toi de ça.

Mais je… Je suis Tolu!

- Je proteste! Je suis innocent! Je suis Tolu, Iâchez-moi!

Encore vous?

Il se cachait au 3e étage.

- Mensonge! Je me plaindrai à la police.

- Taisez-vous! Qu'est-ce que vous venez faire ici?

- J'apportais des oranges. - Pour qui?

- Pour cette malheureuse enfant que Sartory vient d'achever,

sous I'�il indifférent de la police.

- Faites analyser les oranges. Et vite!

- Il y en a pour 33 F. Faut me rembourser.

- Vous la connaissiez? - Non.

- Pourquoi les oranges? - J'aurais su la faire parler.

- Ça tient pas debout. Emmenez-le!

Non, vous n'avez pas le droit.

Je suis Tolu! Je veux mes 33 F!

Complètement fou.

- "Il reviendra. Ne pleurez plus, Petite Blonde aux Yeux Verts. "

"Petit Oiseau Blessé.

"Oui, j'ai beaucoup travaillé pour arriver. Faites comme moi.

"Merci pour la photo. Vous êtes charmante. "

Et pour terminer cette émission,

qui est la v�tre, mes chères auditrices,

veuillez écouter La Chanson de tous les jours,

qui m'a été demandée par un groupe d'auditrices.

C'est une chanson de Stéphane Macheau.

Musique enjouée

L'herbe a sauvé La fourmi qui se noyait

Un fil a sauvé L'araignée qui trébuchait

Les rails ont sauvé Le tramway qui s'en allait

Vos yeux ont sauvé Mon c�ur qui se perdait

C'est la chanson de tous les jours

On I'entend à tous les carrefours

Et la vie doucement s'écoule

Pour les hommes, les chiens et les poules

Oui, mais parfois cette chanson

Devient triste et c'est la raison

Pour laquelle L'on crie et I'on pleure

En oubliant les belles heures

Un pied a marché Sur la fourmi qui courait

L 'areîiâÏéîüuî î 'Zîéallait

Les rails ont sauté Puisqu'il n'y a plus de tramway

Mes yeux vont pleurer Puisque vous m'ignorez

C'est la chanson de tous les jours

On I'entend à tous les carrefours

Et la vie doucement s'écoule

Pour les hommes, les chiens et les poules

Les jours sont faits de petits riens

Rien ne va mal Oui, mais rien ne va bien

*Et chacun doit choisir sa route

*Ceux qui espèrent…

- Courier radiophonique 1939, ler trimestre.

*- C'est la chanson de tous les jours

*C'est la chanson

*De tous les jours

- Une lettre du 15 février signée Fleur des Champs.

On y a répondu?

Mireille, exécution.

Maintenant, veuillez écouter notre quart d'heure policier.

- "Fleur des Champs, le 15 février. Réponse donnée le 1er mars. "

- Le 1er mars? Le texte de la réponse.

Mireille, exécution.

- "Réponse à Fleur des Champs.

"Je n'ai jamais pensé à I'opéra, ni lui à Moi.

"Vous êtes charmante. "

- C'est tout? - Oui.

Faites voir.

- On vous fait un petit paquet? - Merci.

On chantonne.

- Encore vous? Qu'est-ce que ça signifie?

- Il s'intéresse à la graphologie.

- Exactement. D'ailleurs, voici mon mandat de perquisition.

- Alors, je n'ai qu'à m'incliner. - Oui, je suppose.

- Et vous en avez pour longtemps? - C'est fini.

- Vous I'avez déniché dans mes papiers?

Peut-être.

- J'aimerais avoir des explications. - Moi aussi.

Où étiez-vous hier, à 20 h 30?

- Chez Liliane Roy. - Vous êtes fidèle à vos alibis.

- "Alibis"? Alors, vous me soupçonnez?

Oui ou non?

Oui et non.

Louise Chabot qui, dans son délire, a prononcé "seul dans la nuit”,

a été achevée dans son lit, à I'H�tel-Dieu.

Josette Vuldi, assassinée par un inconnu qui fredonnait cet air,

a aussi été une de vos correspondantes sous le pseudonyme Fleur des Champs.

Or elle est morte le soir de I'émission qui apportait votre réponse

à sa lettre.

Franchement, Sartory...

vous seriez à ma place, et moi, à la v�tre,

vous me soupçonneriez?

Oui ou non?

- Vous avez pris connaissance des réponses.

C'est moi qui les ai rédigées. - Je sais.

- Ces réponses sont-elles suspectes? Équivoques? Ambiguës?

- Non, non. - Alors, vous perdez votre temps.

Je connais Jacques depuis 20 ans. Vos soupçons sont ridicules.

- C'est très bien, votre petite intervention.

Je vous félicite d'avoir des amis. C'est très rare.

Bonjour, messieurs.

- Avouez! Vous n'avez pas fait votre devoir!

Avez-vous vérifié ses alibis? Non. Pourquoi?

C'est lui qui a tué. Et je le prouve.

C'est un chanteur, donc d'abord un assassin.

Parlez donc d'autre chose.

- Jamais! - Vous voulez une cigarette?

- Non! - Un journal?

- Assez. J'irai jusqu'au bout.

Pourquoi n'a-t-on pas coffré cet individu

qui vit de ses cordes vocales et de la stupidité des femmes?

Pourquoi?

- Je vous jure que je vous ai dit tout ce que je savais.

Non! Sartory est un assassin.

Pourquoi vous criez?

- Le Christ a prêché dans le désert.

Je m'efforce de semer la vérité dans le néant.

- Voilà 5 heures qu'il hurle à nous abrutir.

Impossible de le faire taire. - Oui.

- On peut pas étouffer facilement la clameur des consciences!

Sartory est un assassin. Et je le prouve.

Du vent! Vous êtes libre.

- Je refuse. - Fichez-moi le camp!

- Je dirai ce que j'ai à dire. Sartory...

Assez!

Sortez-le!

- Vous n'avez pas le droit de me jeter dehors.

Je suis Tolu, le témoin!

Musique douce

- Vous regardez ma nouvelle photo?

Elle me plaît beaucoup.

- Je m'en doutais. J'en ai commandé deux douzaines.

Et cette enquête?

Difficile.

- Vous ne supposez pas que Sartory puisse y être mêIé?

- Parce qu'il est charmant? - Il en est incapable, regardez-le.

- Le jour où les femmes dirigeront la police,

tous les assassins seront laids. - Vous allez être ridicule.

C'est ce que nous verrons.

Ça se voit déjà.

Thérèse!

Vous ne savez dire que ça!

À votre place, je I'aurais déjà giflée.

- Ah oui? - Oui!

Excusez-moi, patron.

- Je suis arrivé trop t�t. Si j'avais su…

File à la cuisine et secoue Marguerite, j'ai faim.

Tu restes?

- Oui. Marguerite ajoutera un peu d'eau dans le potage.

Elle est insupportable.

Patron, ça devient grave.

La presse commence à nous tomber dessus.

Je me demande si… - Tu te demandes quoi?

- Si I'affaire n'est pas trop lourde pour moi.

C'est pas que je me dégonfle.

Sorvier revient demain. C'est un as…

- Il n'y a pas de miracle y

en matière de police, sauf dans les romans.

C'est un métier difficile, impopulaire.

Un métier fait de patience et de travail.

Je connais mes hommes, je sais choisir et je t'ai choisi.

- Vous êtes un type de première bourre.

C'est très bien dit.

- Je vous remercie. - Bravo.

Sherlock Holmes serrant la main de Fouchet!

À table.

Alors, quoi de nouveau?

- J'ai mis le nez dans les affaires de Sartory.

Et alors?

- Les deux victimes étaient ses correspondantes.

- J'apporte du courrier pour le grand détective.

Merci, facteur.

C'est Liliane Roy. Elle veut me voir tout de suite.

Elle sait certainement quelque chose.

- Eh bien, téIéphone quand tu voudras.

- Je vous accompagne? - Ne vous dérangez pas.

Papa, cette Liliane Roy...

elle est très jolie?

- Moins que toi. - Oh, on dit ça!

T diable I eetsifimide

- M. Sartory n'est pas Ià? - Non. Pourquoi?

On a encore tué quelqu'un? - Pas que je sache.

- Cigarette? - Merci.

- Jacques chante à Fontainebleau. Nous allons souper ensemble.

Nous avons une heure devant nous.

Et cette chose grave?

- Je ne sais pas si c'est lié à votre affaire,

mais je préfère tout de même vous mettre au courant.

Un danger r�de autour de Jacques.

- Vous avez des soupçons? - Oui et non.

Une angoisse, plut�t.

Voilà de quoi il s'agit.

Parmi les lettres que Jacques reçoit quotidiennement,

il y en a certaines tout à fait intimes

qu'il trie et auxquelles il ne peut répondre.

- Des déclarations d'amour. - Eh oui, les femmes sont folles.

La divulgation de ces lettres suffirait à mettre à feu et à sang

des dizaines de ménages réputés sans reproche.

Et on a volé ces lettres.

- Vous êtes très intelligeant. - Et ça ne se voit pas.

Oui, on a volé ces lettres.

Plus exactement, les plus compromettantes.

- Quand? - Je I'ai constaté il y a un mois.

Je n'ai rien dit à Jacques. - Ces lettres sont chez lui?

- Non, dans son bureau, à Radio Lutèce.

On a pu les prendre sans aucun risque:

Macheau, Dalbrey, Mireille, Melor… - Melor?

Vous I'avez aperçu I'autre jour.

C'est un camarade de Jacques, un imitateur, un peu foufou.

L'amant de Mireille.

- Une question, si vous permettez.

Pourquoi étiez-vous si pressée de m'apprendre cette nouvelle?

- Il s'est produit un fait nouveau.

J'ai reçu ce matin la visite d'une femme affolée.

Elle n'a pas voulu me faire connaître son nom…

On chantonne.

C'est Jacques.

Vous allez pouvoir en parler avec lui.

Excusez-moi.

*- All�, chérie? J'ai pu rentrer plus tôtt que je ne pensais.

*Tu es prête?

*All�?

*All�, Liliane?

*All�?

Comment?

Vous pouvez faire poser les scellés d'ici une heure.

Patron!

Les empreintes seront longues à débrouiller.

- On se débrouillera seuls. Alors?

- Des lettres en pagaille, mais rien qui nous intéresse.

- Préviens le labo, qu'on tire les photos en vitesse.

Bien.

Sartory, trouvez autre chose.

Vous prétendez ne pas être venu ici et avoir téIéphoné d'un café.

Mais quel café?

- Je m'en souviens plus. - C'est facile, ça.

- Vous trouvez, vous, que c'est facile?

Liliane est morte, et vous voudriez que je vous donne un nom de bistrot?

C'est ignoble!

C'est possible.

Mais il y a trois cadavres dans cette affaire.

Voyons, Sartory.

Faites un effort.

Vous jouez votre tête.

Hein?

Récapitulons. Vous chantez au gala de Fontainebleau.

Les organisateurs dérangent I'horaire prévu,

et vous passez une bonne heure avant votre tour normal.

Vous sautez aussit�t en voiture, vous venez ici…

- Non! - J'ai reconnu ta voix.

Vous connaissez ma voix?

- Et Liliane, alors? - Elle a dit: "C'est Jacques. "

Alors?

Je n'ai pas tué Liliane.

- Pascal… - Qu'est-ce que c'est?

- Quelqu'un qui vient voir Liliane Roy, dans I'entrée.

Inspecteur Pascal.

Vous veniez voir Liliane Roy? - Non, je…

Oui. On m'a laissée entrer. Pourquoi ne pas me laisser sortir?

Je n'ai rien à voir…. - Avec le meurtre?

Vous connaissiez Liliane Roy?

- Et Sartory? - Non.

- Deux mensonges en deux mots, c'est beaucoup. Votre nom?

Dois-je faire ouvrir votre sac?

- Mme Laforgue. 103, boulevard Suchet.

Que veniez-vous faire ici?

Asseyez-vous.

Eh bien, voilà.

Tant pis, j'ai confiance en vous. - Merci.

Je n'ai pas I'embarras du choix.

Avant mon mariage,

j'ai connu Sartory. Il n'était pas céIèbre.

Mais il était… - Charmant.

- Nous nous écrivions beaucoup. Moi, surtout.

Puis je me suis mariée, je ne I'ai plus revu.

J'aime mon mari.

Je suis honnête. - Je I'avais deviné.

- Les années ont passé. J'avais tout oublié.

Jacques, notre liaison, notre amour. - Et vos lettres.

Vous savez?

- Liliane m'avait prévenu. Vous avez reçu la lettre anonyme?

Oui, il y à 4 jours.

Il faut que je verse 50000 F pour racheter ma correspondance.

J'ai voulu avoir une explication de Jacques, je suis venue…

Il était absent. C'est Mlle Roy qui m'a reçue.

Elle m'a dit de revenir ce matin.

- À qui devez-vous remettre I'argent?

- On m'a indiqué un café, à Montmartre.

Le délai expire demain à 15 h. - Qu'allez-vous faire?

Payer. Que faire d'autre?

- Vous fier à moi et me laisser régler cette affaire.

- J'aime mieux payer. Après, ça sera terminé.

Vous croyez?

- C'est une affaire privée que je vais mener à ma guise.

De quoi vous mêlez-vous?

- Tout à fait exact. L'expérience s'achète.

Vous en aurez demain pour vos 50000 F.

J'espère que ça vous profitera. Madame…

Laisse passer.

Vous êtes libre, M. Sartory.

- Libre? - Ne quittez pas Paris sans m'avertir.

Vous ne me croyez plus coupable? - Je sais ou je ne sais pas.

Pour le moment, je ne sais pas.

Allez.

- La Petite Dépêche, dernière édition, dernière heure.

- La Petite Dépêche, dernière édition, dernière heure.

La Petite Dépêche, dernière édition, dernière heure.

La Petite Dépêche...

Vous?

- Un hasard. La cérémonie, ça a été?

Oh, je vous en prie.

- Vous avez compté vos lettres? - Non. Pourquoi voulez-vous…

- Les crapules peuvent être malhonnêtes. Il en manque combien?

Trois. Je vais…

- Non, rentrez. À qui avez-vous remis I'argent?

- Au chasseur. - Bon… Place au technicien.

Passez demain à la PJ, bureau 45. Ce sera gratuit et définitif.

Musique intrigante

Hé, le chasseur!

Les 50000 F. - Je comprends pas.

De quoi parlez-vous? - Police.

Donne I'argent, ou je t'embarque.

Ça va, pas d'histoires.

Compte.

- Je suis pas mouillé, je sais rien de cette combine.

Je devais juste les apporter.

- À qui? - Je sais pas.

Parole d'homme, j'en sais rien.

M. Bob, qu'on I'appelle. Il est au 6e.

- Garde-le, le temps de vérifier.

Avec joie.

Seul dans la nuit

Mains dans les poches

Je vais toujours

Cherchant I'oubli

D'un malheureux amour

- Qu'est-ce que c'est? - Ah, c'est vous.

Qu'est-ce que vous voulez?

Mais ne vous gênez plus.

Si vous voulez une robe de chambre et une paire de pantoufles…

c'est justement dans I'alc�ve.

Salle de bains et cuisine.

C'est pour louer?

Avec escalier de service?

Oui.

Pourquoi? Vous partez déjà?

- Où est Sartory? - Sartory?

- Il chantait, j'ai reconnu sa voix.

- Inspecteur, vous êtes un comique. Vous connaissez Edison?

- Thomas Edison, né en 1847, mort en 1931.

- Et inventeur du phonographe. Ou presque.

Vous permettez?

*- Au lieu de rire de mes pleurs

*Quand pour un visage entrevu

*Tout à coup mon c�ur ne bat plus

*Seul dans la nuit

- Moralité: tournez 7 fois votre poing avant de frapper à ma porte.

Charmant.

Et ça?

Ça?

- "L'argent n'a pas d'odeur". Pas celui-Ià, en tout cas.

La violette.

Le parfum préféré de cette chère Mme Laforgue.

- Je comprends pas. Vous vous trompez d'étage.

Ne te fatigue pas, c'est fini.

J'ai piqué ton petit copain, le chasseur.

Tu commences à comprendre?

On se tutoie?

Pas toi, moi.

Tu t'appelles en réalité Louis Corda. Tu as tiré 5 ans

pour extorsion de fonds et chantage.

Ça n'empêche pas de faire de la bonne musique.

Dr�le de mélange.

Ça t'épate, hein?

- Comprenez-moi. Je vous prenais pour une gourde.

- Tu connais Bertillon? Bertillon Alphonse.

Né en 1851, mort en 1914.

A inventé I'anthropométrie.

Une belle vache.

- Tu es le seul des amis de Sartory à figurer dans notre collection.

Avec I'argent que tu gagnes, tu aurais pu rester tranquille.

Ça coûte cher, les cartes, hein?

Conclusion?

- D'abord, les lettres qui manquent, celles de Mme Laforgue.

Et puis les autres.

- Compris. Vous êtes assis dessus.

- Tu les as fauchées toi-même à Sartory?

Oui.

- Pas de complice? - Non.

J'aime le travail solitaire.

- Et tu sais rien des meurtres. - Bien entendu.

- T'as des alibis? - Des alibis?

Plein les poches.

J'aime pas me salir les mains, c'est un principe.

- Eh ben, mes félicitations. Là-dessus, bonsoir.

Vous ne m'embarquez pas?

Si Mme Laforgue porte plainte, je te coffre, mais ça m'étonnerait.

Elle a peur du scandale.

- Ne fais pas le rigolo, je t'ai à I'�il.

Je t'arrêterai pour autre chose dans pas longtemps.

Tu devrais écrire une mélodie sentimentale.

"Chantez, mesdames".

- Mille regrets. Je passe à la musique religieuse.

Air au piano

Quand il a remis le phono,

la chanson n'a pas repris à I'endroit où elle s'était arrêtée.

C'était pas le disque. - C'était Sartory?

- Lui ou un autre. Je sais pas.

Je cours après une voix. Je piétine comme un débutant.

La presse engueule le patron, et je lui apporte rien.

Et I'autre tue toujours. J'ai envie de tout Iâcher.

Tu n'es pas dingo?

Laisse rigoler les imbéciles, c'est à I'arrivée qu'on jugera.

Tu as peut-être raison.

Arrêtez Ià, c'est à deux pas.

Appelle le patron pour le rapport et rejoins-moi chez Sartory.

Je venais Ï vous voir. dans I'espoir de vous voir

- J'en ai assez, vous m'entendez? Assez de votre enquête.

Arrêtez-moi ou fichez-moi la paix.

Il faut que je sache…

- Mon emploi du temps? Demandez-le à ceux qui me suivent.

Je les ai semés, cet après-midi. Un coup d'accéIérateur a suffi.

Distribuez-leur des voitures de course.

Hé, Pascal!

Et c'est pas tout. - Quoi?

- Tolu s'est fait rosser. Il t'attend chez lui. On y va?

Tout à I'heure.

Seul dans la nuit

Cherchant I'oubli

D'un malheureux amour

� toi qui passes

Tu n'en sais rien

Quoi que tu fasses

Sauras-tu vaincre et chasser…

Vous désirez, messieurs? - Une minute. Laissez-nous.

Pas vous.

Votre nom? - Raymond Melor. Artiste.

Quel genre?

Imitateur, pardi!

- Vous êtes un ami de Sartory? - J'ai cet honneur.

Vu la tournure que ça prend, j'aimerais appeler mon avocat.

- Vous imitez n'importe qui? - N'importe qui.

Melor, imitateur sans limites.

- C'est amusant. Où étiez-vous à 16 h?

"J'étais au Jardin des Plantes

"à étudier un nouveau numéro d'imitation sur les cris d'animaux. "

On fait quoi?

Bah, on s'en va.

- "Vous ne pouvez pas partir comme ça,

"avant la fin de mon numéro.

"C'est la première fois qu'on me le ferait. Oh, non. ”

Enfin…

Vous avez entendu chanter M. Macheau?

- Non, jamais. - Jamais?

- "Non. " - Tant mieux pour lui.

Au revoir. - "Au revoir. "

Tenez.

Avalez-moi ça, ça vous calmera.

Frapper un homme de votre âge, un savant,

faut-il être brute, tout de même!

Ça vous apprendra à fouiner. - J'ai fait mon devoir.

- Votre devoir, c'est d'empailler les bêtes.

C'est votre policier. Je me sauve.

Monsieur…

- Cher M. Tolu, qu'est-ce qui se passe? Un accident?

- Une agression, inspecteur. Une Iâche et ignoble agression.

Asseyez-vous. - Où donc?

Mettez le psittacule sur I'établi.

- Le quoi? - Le perroquet. Prenez le tabouret.

- Tout le monde habite le 6e, c'est épuisant.

Il ne vous a pas raté. Crochet du droit, je suppose.

Racontez-moi. - C'est simple.

Je me méfiais de lui, alors depuis 2 jours,

je I'ai pris en filature. - Sartory?

Sartory

est un assassin. Un assassin.

Vous avez filé Sartory?

Non, son complice, Dalbrey.

Qui se dit son secrétaire. - Cher M. Tolu…

- Il ne s'est aperçu de rien. - Jusqu'à hier soir.

- Je pensais qu'il allait tourner, mais il m'attendait.

I m'a empoigné en criant: "J'en ai marre de votre sale gueule!"

- Il a joint le geste à la parole. - Un bandit.

À I'échafaud!

Doucement.

Chaque soir, il rejoint Sartory

dans une bicoque abandonnée, rue Pelleport. Un coupe-gorge.

Vous avez vu Sartory y entrer? En sortir?

Non, non. Ça ne fait rien.

lls ont partie liée. Crapules et compagnie.

À I'échafaud, le chanteur!

Vous n'aimez pas les chanteurs.

Depuis que Mme Tolu s'est enfuie avec ce ténor, sans doute.

Je n'en ai parlé à personne. Pas même à mes chefs.

- Merci, mais peu importe. Tout le quartier le sait. Je I'ai su

par le garçon laitier.

Je la croyais chez sa tante à Nevers. Dix ans, déjà.

- On a rarement la femme qu'on mérite.

Moi, jamais.

Mais c'est Sartory qui a tué, j'en suis sûr.

Venez ce soir 185 rue Pelleport vers 21 h. Vous verrez.

Dalbrey va I'y retrouver. Vous viendrez?

- À ce soir, M. Tolu. Je viendrai.

Sartory est un assassin.

Papa. …

- Tu es magnifique. - On me I'a livrée ce matin.

Puisse ton Pascal chéri être fier de moi.

- Tu confonds les adjectifs possessifs, il me semble.

- Il est en retard. Bonjour la galanterie!

Si je manque I'ouverture…

- Qu'est-ce qu'on donne? - Manon.

Enfin, vous voilà! - Excusez-moi.

Patron… - Tu as vu Tolu?

- C'est Dalbrey qui lui a cassé la gueule.

Tolu n'arrêtait pas de le suivre…

- Rien de grave? - Non.

Dans 3 jours, il n"y pensera plus. - Bien fait.

Cette manie de faire le travail des autres…

- Quand vous aurez le temps, vous penserez à me mener à I'opéra?

- J'avais oublié. - C'est charmant.

- Ce soir, j'ai un rendez-vous.

- Quoi? - Avec Tolu, on va pister Dalbrey.

Je ne sais pas… Allez-y toute seule. - Non!

Nous devions sortir ensemble.

- Écoutez… - Ce qui est dit est dit.

Vous ne pouvez pas m'accompagner? C'est moi qui vous accompagne.

Vous n'y pensez pas?

Thérèse, tu es ridicule.

- Ça me ferait plus plaisir que d'aller seule à I'opéra dans ma robe neuve.

Je m'intéresse beaucoup à cette affaire.

Il se pourrait même qu'un jour, je vous épate.

- Occupe-toi plut�t de ce qui te regarde. Allez, file.

- Votre père a raison. - Évidemment.

Il suffit d'être père pour avoir toujours raison.

À votre aise.

- Elle va m'en vouloir. - Ça lui passera.

- Sûrement, mais sur moi. Enfin…

À demain. À moins qu'il y ait du neuf.

- Tu es armé? - Je dois avoir un revolver. Merci.

- Je retourne à la PJ. Appelle-moi Ià-bas.

Entendu.

Il est déjà Ià.

- Excusez-moi, je suis en retard.

- Thérèse? - C'était inconfortable.

Mais enfin!

Je fais peu de cas

des ordres paternels.

- Vous allez immédiatement… - "Rentrer chez vous?" Non.

- Thérèse! - M. Tolu, sans doute.

Le témoin à charge de Jacques Sartory. Enchantée.

Je vous ai déjà vu en pyjama. - Mademoiselle…

- Je suis votre homme. - Vous me paierez ça.

Restez derrière. À la 1re fantaisie, je vous manque de respect.

Ne me tentez pas.

En route.

- C'est Ià. Au fond du couloir, à gauche.

Sartory doit I'attendre.

- Sartory n'y est pour rien dans cette affaire.

- Sartory est un assassin. Je connais mieux I'affaire.

- Qu'est-ce que vous en savez? J'ai pas dit mon dernier mot.

Gardez-le pour vous.

- Sartory est un assassin. - Non!

Taisez-vous!

Je parierais ma barbe.

Tenu. Vous êtes témoin?

Taisez-vous, à la fin!

- La barbe de monsieur contre mes cheveux.

Tenez. Ne les quittez pas, ils pourront vous servir.

C'est fini, oui? Allons-y.

C'est beaucoup mieux que Manon. - Chut!

- Il me demande ça en face. - Écoutez.

Regarde-moi un peu.

J'ai été beau, tranquille et vertueux.

Tu te demandes pourquoi je tue? Veux-tu donc

que je m'empoissonne?

Veux-tu qu'en frappant sur ce squelette,

il n'en sorte aucun son? Veux-tu donc…

- Lorenzaccio, acte Ill, scène 3.

- Songes-tu que ce meurtre est tout ce qui me reste de ma vertu?

Que je glisse depuis 2 ans sur un rocher taillé à pic

et que ce meurtre est le seul brin d'herbe où j'ai pu me cramponner?

Crois-tu donc

que je n'ai plus d'orgueil parce que je n'ai plus de honte?

Veux-tu que je laisse mourir en silence I'énigme de ma vie?

Si mon apprentissage du vice pouvait s'évanouir,

j'épargnerais peut-être ce conducteur de b�ufs.

Mais j'aime le vin, le jeu… les filles!

Comprends-tu cela?

Voilà assez longtemps, qu'on me couvre de boue,

que les oreilles me tintent

et que I'exécration des hommes empoisonne mon pain!

Qu'est-ce…

Que faites-vous ici?

Lâche! Lâche! [I vous le fallait, mon secret.

Ça vous amuse.

C'est dr�le de voir un raté jouer Lorenzaccio sur un théâtre vide.

Mais si, voyons! Riez donc! Qu'attendez-vous?

- Personne ne va rire. Nous ne savions pas.

- Vous ne saviez pas que j'aime le théâtre plus que tout?

Que toute ma joie était de venir ici tout seul,

lancer mes répliques sur un théâtre pourri de vermines?

Vous le savez, maintenant! Bravo!

Allez le dire à vos chefs, à vos juges, à vos journalistes!

Une femme.

Ils ont amené une femme.

Salauds!

Belle soirée, n'est-ce pas?

Tu as vu le clown?

Magnifique histoire à raconter demain à tes amies.

Les Ièvres doivent te faire mal de les avoir mordues.

Mais non. C'était très beau.

Qu'est-ce que tu dis? Répète.

Je dis: "C'était très beau. "

Si cet imbécile n'avait pas toussé, je crois bien

que j'allais applaudir.

Merci, c'est la première fois…

Merci, mademoiselle.

Je viens ici presque chaque nuit.

J'ai loué ce théâtre abandonné dans les règles.

Voulez-vous les papiers?

Des questions à me poser?

Laissez-moi seul.

La clé est sur la porte.

Vous?

- Mais oui, moi. Enfin, on vous trouve.

Qu'est-ce qui vous prend? Je viens de voir papa, il est furieux.

- Je suis malade. - Avec cette mine de bébé Cadum?

Papa a essayé de vous téIéphoner.

- J'ai décroché. - Voyons, Robert.

- C'est votre père qui vous envoie? Ma décision est prise.

Je Iâche I'affaire et je quitte le métier.

- Vous abandonnez donc papa dans le pétrin.

Non, je I'oblige à en sortir.

Les as de la PJ sont libres. Moi, je suis un cornichon.

Le cornichon se retire dans son bocal, c'est tout.

La presse traîne votre père dans la boue par ma faute.

Vous savez ce que vous êtes? - Un imbécile.

- Il y a des choses que vous trouvez tout seul.

Un imbécile, oui.

Un bon policier, ce n'est jamais un d'Artagnan ou un Sherlock Holmes.

Et quand c'est un héros, nul ne le sait.

Un policier, ça se cramponne.

Ça encaisse les coups durs et ça recommence. Compris?

Ça recommence.

À quoi se résume la carrière de mon père?

À 30 ans d'efforts inutiles et d'échecs retentissants.

Ça reste le numéro 1 de la PJ. I a un tableau de chasse

comme peu de policiers peuvent en montrer.

Robert, je vous demande

de reprendre votre enquête. Je ne suis plus une petite fille.

J'ai cherché, moi aussi. J'ai peut-être une idée. Qui sait?

Vous devriez m'écouter.

Ma lettre de démission est prête.

Dans 1 heure, je la remettrai à votre père.

Dommage.

Je croyais que vous m'aimiez un peu. - Moi?

- Assez pour ne pas me refuser la 1re chose que je vous demande.

- Qu'est-ce qui vous fait croire… Que je vous…

Le mur.

- Vous savez, elles sont Ià comme ça, en camarades.

- Idiot… Vous voulez Iâcher les dés?

Bon. Je saurai vous forcer à les reprendre.

Air au piano

- C'est ta dernière chanson? - Oui, de cette nuit.

Bravo.

- Tu viens? - Oui, je descends avec toi.

Et la causerie?

- Tout de suite. - Dépêchez-vous.

Dis-lui que je ne I'oublie pas

Qu'elle m'apporte un sourire

Un soupçon de désir

Ce qui fait qu'ici-bas, I'on s'aime

Un regard tendre et doux Un c�ur un peu jaloux

Du bonheur à revendre Et c'est tout

Je sais qu'elle viendra

Un jour entre mes bras

Je sais qu'elle aimera se serrer

Tendrement contre moi

Ce jour-Ià, mes amis Si I'amour me sourit

Apprenez donc que le roi même

Ne sera pas mon cousin Quand j'aurai, c'est certain

De fortune en mon nouveau destin

Señor, toi qui viens de Séville

Merci pour sa lettre d'amour

Señor, la plus belle des filles

Vient de m'annoncer son retour

Je saurai lui sourire

Prévenir ses désirs C'est toujours ainsi

Quand on aime

Je serai tendre et doux Et je serai jaloux

D'un bonheur qui ne sera qu'à nous

Merci, car elle sera

Bient�t entre mes bras

Je sais qu'on s'aimera

Quelques jours

Mais elle restera Ià

Sachez bien, mes amis Que I'amour me sourit

Maintenant, je suis sûr qu'elle m'aime

Car je I'attends demain Quel merveilleux destin

Le roi n'est vraiment plus mon cousin

Señor, si tu vas à Séville

Tu n'y verras plus mon amour

Señor, la plus belle des filles

Revient vers moi

Et pour toujours

- Secoue-toi, Jacques. Je vois le préfet de police demain.

Le dénommé Pascal aura de mes nouvelles.

Voilà le courrier. Tu passes dans 5 minutes.

- Je partirai aussit�t après I'émission.

Je vous téIéphonerai vers 19h 30.

Bonsoir, Alain. - Bonsoir, Jacques.

*- Place au quart d'heure du courrier de Jacques Sartory,

*qui reprend ses émissions.

*- Bonjour, mes chères auditrices.

*Je suis heureux de vous retrouver après 2 semaines d'absence.

*J'ai pris des lettres au hasard dans le courrier

“que je n'ai pas pu lire jusqu'au bout.

“Je vais y répondre aujourd'hui.

*Ma 1re réponse sera

*pour C�ur Délaissé.

*Merci, cher C�ur Délaissé, de votre lettre si touchante.

*Et permettez-moi d'espérer que votre solitude sera passagère.

*La vie vous donnera…

All�? Police judiciaire?

Le bureau du commissaire Planquine.

AII�, c'est toi, papa? Pascal est dans ton bureau?

Passe-le-Moi et garde I'écouteur.

Bonsoir, Robert.

Vous avez déjà remis votre lettre de démission?

Dommage.

J'ai rendez-vous avec I'assassin

à 20 h à la rotonde des Buttes-Chaumont.

- Thérèse! Thérèse, je vous interdis!

Thérèse!

- On a coupé? - Elle a raccroché.

- Quelle heure? -19h 10.

- AII�? Simon? Saute chez moi, vite.

Et empêche ma fille de sortir.

Ma fille Thérèse, oui!

Si elle rouspète, gifle-la. - Parfaitement.

Simon arrivera trop tard. Elle est pas idiote.

Ta lettre de démission.

Comment a-t-elle fait?

- Pour arriver à I'assassin, elle a pris le chemin le plus court.

Elle a écrit à Sartory. Mais qui a répondu?

Ce petit chameau!

M. le commissaire…

- Vous, non! - Une seconde…

Inspecteur! Inspecteur!

J'ai une idée. - Fichez-nous la paix.

- Écoutez-moi. … - Zut!

Taxi!

- Tu es folle? Qu'est-ce que ça signifie?

Ça.

- C'est bien ce que tu pensais.

Quand I'as-tu eue? - Il y a 5 jours.

- Tu n'as rien dit! - Robert n'a pas voulu m'écouter.

Il fallait vous expliquer.

Nous réglerons ça plus tard.

Pour I'instant, tu vas rentrer à la maison.

Legal, reconduisez ma fille.

Non, tu n'as pas le droit.

Professionnellement.

Vous êtes quatre hommes solides autour de moi,

et lui viendra seul.

Écoutez.

- Eh bien, qu'il ne t'approche pas. Tiens-le à distance.

Vous autres, cachez-vous Ià-bas.

Tu n'as pas peur?

- Non. Ma lettre. - Ah, oui.

Robert!

Vous! C'était vous.

Sartory.

Imbécile! - Embarquez-le.

- C'est ridicule. Lâchez-moi!

Papa, tu te trompes.

Il est venu par hasard… - Tais-toi.

Mademoiselle dit la vérité.

Je vais t'expliquer.

- Toi, tu répondras quand on t'interrogera!

Vous êtes venu en voiture?

Emmenez-le.

- Ça ne se passera pas comme ça.

Rentre à la maison.

Sinon, tu auras de mes nouvelles.

Allez, viens.

Ah! Cette fois, on te tient.

C'est lui, voyez? Si on m'avait écouté plus t�t…

Comment êtes-vous venu?

Hein? - Je vous ai suivis, pour voir.

J'ai le droit, je suis le témoin.

Allez, oust!

- Vous n'avez pas le droit. Je proteste!

Allez!

Je vais toujours

Cherchant I'oubli D'un malheureux amour

� toi qui passes

Tu n'en sais rien

Quoi que tu fasses

Sauras-tu vaincre et chasser mon chagrin?

Seul dans la nuit

Mains dans les poches

Je tue le temps

Vous êtes C�ur Délaissé? - Oui.

- C'est à vous, la voiture? - Oui.

Rendez-moi ma lettre.

Dalbrey!

Un traquenard, hein?

Tes amis les flics ne doivent pas être loin.

Je ne comprends pas.

Je suis seule.

Ce n'est pas moi que tu attendais.

Ce n'est jamais moi qu'on attend.

Les autres non plus ne m'attendaient pas.

Josette Vuldi, n'est-ce pas?

Louise Chabot.

Liliane Roy.

Tu as plus de mémoire que moi.

J'ai oublié les noms. Ça compte, un nom?

Ne crie pas.

Je déteste ça.

La première, la petite blonde, tu sais,

elle a voulu crier, elle aussi.

- L'étrangler? Son sac glissait, je I'ai retenu.

- Et la lettre? - Je lui ai jamais écrit.

Elle m'a prévenu que mon imposteur serait Ià.

Ma secrétaire a reçu la communication…

Ça vient du parc.

- Un peu jeune, mon petit, le coup du revolver.

Sois sage, ou je tire. Allez, avance.

1157RN3!

- Je crois bien que la farce est jouée.

Il fallait bien que ça finisse un jour.

Alain Dalbrey fait ses adieux au théâtre.

Soirée de gala.

Ce soir, on terminera aux chandelles.

Elle aurait dû mourir plus tard.

Tous nos hiers ont éclairé pour des fous

le chemin vers la poussière de la mort.

Éteins-toi, court flambeau, la vie n'est qu'une ombre qui passe,

un pauvre histrion qui se pavane une heure sur la scène.

Et puis….

On ne I'entend plus.

Tu as peur, hein?

Non.

C'est vrai.

Les autres avaient peur, ça les rendait laides.

Et toi, tu restes belle comme avant.

Tu vas te débattre, toi aussi?

La première, elle s'est débattue.

Elle me griffait lles mains à travers mes gants.

Elle aurait voulu crier, mais je déteste ça!

Liliane a crié.

Après I'accident, le docteur

m'avait dit:

"Attention, vous n'avez pas la tête solide. Du repos. "

Du repos, quand on ne vit que pour se venger. …

L'idiot!

Sartory m'avait tout pris.

Mon talent, ma carrière, tout!

C'est lui qui conduisait la voiture.

C'est sa faute. Sa faute!

Toutes les issues sont condamnées. Ton ami flic arrivera trop tard.

Tu I'aimes, hein?

Dis-le-moi, que je sache si je vais détruire…

- Robert! - Ne crie pas!

Haut les mains!

Vous êtes blessé?

C'est rien.

Il est fou.

Aux passerelles. Vite!

- Alain! - Tu es libre, Sartory!

J'ai pourtant tout fait pour qu'on t'accuse.

Je me suis servi de ton écriture,

ton métier, ta voix.

Cette fameuse voix que Macheau m'a fait travailler.

Tu vas me manquer dans mes souvenirs.

Je t'avais réservé une belle place près de Liliane.

Alors, Sartory, tu ne viens pas avec moi?

Dommage! Regarde!

En arrière, les flics! Chapeau bas! C'est Dalbrey qui passe!

- Alors? - Raccompagne Thérèse.

Moi, je reste ici avec Bernard et Legal.

- Vous m'en voulez pas trop? - Non.

J'ai trop de peine pour avoir de la rancune.

Liliane, Dalbrey...

Quant à Macheau…

- Vous passez au music-hall à 21 h. Ne faites pas attendre le public.

Merci.

- Robert, vous boitez. - C'est rien. Une maladresse de plus.

Avez-vous remarqué que quand il s'agit de vous…

Oui. Oui, oui.

- Quand je pense que… Vous mériteriez…

- C'est tout ce que vous trouvez à me dire?

Je vous aime.

Oh. ….

Vous avez fini par le dire.

- J'ai perdu. Ce qui est dit est dit.

Voilà. Mademoiselle, monsieur, c'était un honneur.

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