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Tu as mis le loquet ?
Essaie de l'arracher.
- D'accord. - Maintenant ?
Soulève-moi.
Ça va ?
Je peux t'aider ?
Serre bien.
- C'est bon ? - Il va falloir me pousser.
- Te pousser ? - Aide-moi.
- Tu es sûre ? - Oui.
- D'accord. - Un...
Deux, trois.
Certains souvenirs restent limpides.
Ils repassent en boucle, dans ma tête.
Parce qu'ils font peur ?
Ou parce qu'ils rappellent
qu'on ne sait pas toujours quand on va toucher le fond ?
On s'en va, Maman.
On pourrait aller au bord de la mer.
On s'achètera des tacos.
Bien croquants, avec plein de fromage.
Tu viens, ou pas ?
On ne peut plus rester ici !
Je ne suis pas sourde.
Que veux-tu qu'on fasse ?
Je n'ai pas de boulot, pas d'argent.
Reste si tu veux. Je pars.
Ruthie, vite.
Avant qu'il arrive.
Tu as pris la télé ?
On va la vendre.
- D'accord. - Viens.
Ouvre le coffre.
Vite.
Merde.
On y va.
C'est parti.
C'était toujours moi qui sonnais l'heure du départ.
Tous les mecs de ma mère étaient des tordus.
Alors on finissait toujours
par fuir, en embarquant ce qu'on pouvait.
C'était notre vie,
à ma mère et moi.
PRÊTEUR SUR GAGE
Monte.
- C'est ta fille ? - Dans la voiture.
On dirait ta petite sœur.
A bientôt.
Où est-ce qu'on va ?
Où tu veux.
Où je veux, où je veux...
Harvard, c'est où ?
A Boston.
Il fait trop froid.
Je t'achèterai un manteau.
J'ai 14 ans. Trop jeune pour aller à Harvard.
D'accord.
Boston.
Pourquoi pas ?
Je pourrais faire médecine, un jour.
Je me disais la même chose.
Tu ferais un super médecin, Ruthie.
J'irais consulter chez toi.
Trop bon.
- Tu fais quoi ? - Une seule.
Tu as tes frites.
Pique pas les miennes.
Comme au bon vieux temps.
Rien que toi et moi.
Putain !
- Merde. - Ça va ?
Maman ?
Quoi ?
Bon sang de merde.
Tu as mis le loquet ?
- Là ? - Tiens-moi.
- D'accord. - Tu es prête ?
Soulève-moi.
Serre bien.
C'est bon ?
Il va falloir me pousser.
Te pousser ?
Tu es sûre ?
D'accord. Prête ?
Trois, deux, un.
Maman. Est-ce que ça va ?
Viens. Ça va aller.
Ça a marché.
- Viens. - Elle a sauté.
Oui, on l'a eue. Debout.
Pour moi, on venait de toucher le fond.
Je m'en occupe.
Tiens. De l'aspirine.
Et un Red Bull bien froid.
- Tiens. - Merci.
Ça soulage ?
Il nous faut une grande maison.
Genre...
Trois étages, au moins.
Avec une façade jaune.
Et des volets noirs.
Comme un tournesol.
Ça me plaît.
On laissera pousser la pelouse, très haut.
Et il nous faut une piscine.
Une piscine toute ronde.
Je la vois déjà.
Avec...
Un toboggan.
J'adore les toboggans.
On aura des matelas gonflables.
Ceux où tu peux poser ton verre.
Ce sera génial.
Ça me plaît bien.
Je m'y vois.
Pourquoi tu ne parles jamais de ta mère ?
Pourquoi tu insistes ?
Parce que je veux savoir.
J'ai eu tout un tas de mères.
Dans les familles d'accueil.
Elles étaient comment ?
Je n'ai pas envie de me rappeler.
Je préfère t'admirer.
Tu dis tout le temps ça.
Jolis petits pieds.
Ils ne sont pas jolis.
Non.
Seigneur.
Je t'aime, Maman.
Ruthie, réveille-toi.
Allez.
Réveille-toi.
Debout.
On ne va pas passer la journée sur ce parking.
Ma mère n'aimait pas les cartes.
Elle suivait les panneaux.
Et quand l'inspiration frappait, on s'arrêtait.
- Tu as des chewing-gums ? - Oui. Cherche.
On sort tout de suite !
- Clocharde. - Connasse.
Viens, Ruthie.
Tu ne trouves pas que ça a un goût ?
- C'était quoi ? - Merde.
C'était quoi ?
La voiture brûle !
- Gare-toi. - Merde.
C'est pas vrai.
- C'est pas vrai ! - Arrête-toi !
- Descends. - Ton soda !
Merde, la voiture !
Recule.
Merde.
Bordel.
Putain.
Bagnole de merde !
Vie de merde !
Pourquoi tout finit toujours par lâcher, Ruthie ?
Bordel de merde.
Putain !
Passe-moi l'autre clé.
Excusez-moi.
Ecoutez, madame.
Ça va vous coûter environ 700 $.
- Tant que ça ? - J'en ai bien peur.
Ma fille et moi, on survit à peine.
Cette dépense...
Ça nous achèverait.
On pourrait peut-être s'arranger.
Trouver un accord, vous et moi.
Vous envisagez de vendre la voiture ?
Je suis désolé. Rien que le pot, ça monte dans les 500.
Je ferai un geste sur la main-d'œuvre,
ça réduira un peu la note.
Mais...
Je ne peux pas faire mieux.
Ça va aller.
T'en fais pas, maman.
Tout ira bien.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
On ne change rien.
On continue
d'improviser au fur et à mesure.
Ça te dit, de manger ici ?
Ça a l'air fermé.
C'est parfait. Tu sais quoi faire.
Entrez donc.
Merci. On a roulé toute la nuit.
- On meurt de faim. - On est pas encore ouverts
mais mon oncle Marty adore les gosses.
C'est votre fille ? On dirait plutôt des sœurs.
- Un jus d'orange ? - Oui, merci.
Tu crois qu'elle a une...
Les serveuses ont une ouïe surdéveloppée.
Mon entrejambe vous fascine ?
Si on se connaissait mieux,
vous verriez que mon cerveau l'est bien plus.
Je peux avoir un café ?
Ça marche.
Alors, vous allez où ?
A Boston.
Je n'y suis jamais allée. C'est près de New York, non ?
J'ai toujours rêvé de faire carrière à Broadway.
Ou de voir Grey Gardens au moins une fois.
Avec l'immense Christine Ebersole.
Vous connaissez ?
Je l'ai servie. Je lui ai dit que je l'adorais.
Elle a répondu :
"merci."
J'ai dit : "de rien."
Vous avez choisi ?
Je veux le pain perdu avec les fruits.
Les pancakes et les œufs.
- Et des frites. - Tu veux du bacon ?
Du bacon, deux portions de saucisses, et...
Deux muffins, c'est possible ?
C'est noté.
Tu peux rester sérieuse ?
Impossible.
- Vas-y. - Fais comme ça.
Elles ont bien nettoyé leurs assiettes !
Il paraît que nos muffins à la myrtille vous ont plu ?
Ils étaient bien garnis.
On ne fait pas de publicité mensongère.
Pam, mets deux muffins à emporter
pour ces demoiselles. C'est cadeau, pour la route.
- Merci. - Mais de rien.
Voilà. Prenez votre temps, rien ne presse.
N'aie pas l'air coupable.
Je fais de mon mieux.
Je vais te dire un truc, Ruthie.
Ils s'en tapent pas mal de toi.
Pas la peine d'être méchante.
Ils ont un boulot,
une maison.
Quoi qu'on fasse, ils survivront.
Alors reprends-toi.
La porte est ouverte.
Je te suis dans une minute.
Attends.
Ils ont pigé ?
Non.
- Il a regardé. - Merde.
Merde.
Vas-y.
Allez.
- Il faut qu'on parte. - La voiture n'avance pas.
- Merde. - Vite.
Tu ne vas pas tout faire en marche arrière.
Qu'est-ce que tu fais ?
Gare-toi.
- Arrête-toi. - Merde.
- Elle n'avance pas ! - Maman.
Ne panique pas, s'il te plaît.
- Maman, du calme ! - Elle n'avance pas.
Bon sang.
Merde.
Merde.
Ça va aller.
Ce n'est rien, Maman.
Tu fais quoi ?
On doit y retourner.
Pourquoi ?
La caisse lâche devant le resto qu'on vient d'arnaquer.
Si ce n'est pas un signe divin, c'est quoi ?
Attrape mon sac à main.
Voilà.
On va entrer tranquillement.
Et leur expliquer.
On avoue tout. Viens.
Formidable.
J'ai la police en ligne.
Je suis désolée.
Mettez-vous à ma place.
Que puis-je faire d'autre ?
Est-ce que vous avez déjà eu faim ?
Je ne sais plus quoi faire. Alors je fuis.
Mais la voiture est morte.
On n'a rien.
Allez-y, appelez la police.
J'irai en prison et ma fille sera placée.
Les foyers, vous connaissez ?
C'est très dur.
- Vraiment merdique. - Oncle Marty est cardiaque.
- Il aurait pu faire un infarctus. - Ça va, ma chérie.
Je regrette vraiment.
Quelques fois...
Je fais des mauvais choix.
Pour compenser d'autres erreurs.
Et je suis vraiment navrée. Sincèrement.
- Je... - Vous êtes une voleuse.
Monsieur.
Les super-héros ne volent pas, ni ne ressemblent à Jésus.
Ils ont des vieux tacots.
Ils ne se séparent pas de leur enfant. A aucun prix.
Et parfois, comme tout le monde, ils font des erreurs.
On est désolées.
Pam, raccroche s'il te plaît.
Le désespoir fait ressortir le pire des gens, disait ma mère.
Si on traite bien les gens, on a une meilleure vie.
Vous avez déjà été serveuse ?
Ce n'est pas ma commande.
Pardon.
- Mademoiselle ? - Je voudrais du café.
Pardon, mais on attend toujours les boissons.
- Du ketchup ! - Vous avez fini ?
Je pourrais avoir de l'eau ?
Crève, pédé !
Suce-moi, sale trav !
Pédé !
Dégagez !
Chaque ville a ses bourreaux.
Les grandes et les petites.
Les gens haïssent ce qui les dépasse.
Ruthie.
Réveille-toi.
- Quoi ? - Allez.
C'est l'heure.
- Quelle heure il est ? - Presque 5 heures.
- C'est super tôt. - Je sais.
- Trop tôt. - Allez.
Il faut se lever.
Bon sang.
Ce monde est dingue.
Moi, je suis un gars simple.
J'écoute toujours ma mère.
Quand je mourrai, elle sera là à m'attendre.
Je ne mens jamais.
Chaque matin, je viens ouvrir cette porte.
Chaque soir, je la referme.
Tu vois ? Un gars simple.
Tu es incroyablement douée, tu sais ?
Je n'ai jamais vu personne faire si bien la plonge.
Vraiment. Tu es indispensable.
Je t'augmente d'un dollar. Immédiatement.
Qu'est-ce que tu en dis ?
Par contre, il faut le relaver.
- Pose-le. - Pardon.
C'est impeccable mais on va le laver.
Va donc te préparer pour le service de ce soir.
- D'accord. - Parfait.
Elle est mignonne.
J'ai toujours voulu une fille.
Un peu moins maladroite, quand même.
Mais elle est bien.
- Neuf cent. - Le T.
Il y en a deux.
Travaille mieux, pas plus.
Leurs histoires de fantasy football...
- Et les vrais matchs, alors ? - Lee, ça suffit.
Je peux être resservi ?
Oui.
Vous êtes une sacrée beauté, vous savez ?
Ça vous dit de boire un verre avec moi, là derrière ?
C'est un truc qui pourrait vous intéresser ?
Je travaille.
Une autre fois, peut-être.
Merde, Lee.
- Désolé. - Lee.
- Continuez de manger. - Montre un peu.
Ça m'a pris par surprise.
Pardon. Merci, Pam.
Je rentre. Mes excuses à la dame.
Je lui dirai.
D'accord.
La gouttière te réussit ?
- Oui. Merci beaucoup. - C'est vrai ?
Ça a l'air d'aller.
Tu veux une serviette ?
Lee, c'est beaucoup trop.
A la prochaine.
Il ne fallait pas transférer Manning. C'est une grosse erreur.
Et ma part ?
Tiens. C'est pour toi.
Tu permets ?
Pardon.
C'est ici que Marty fait ses siestes.
Il peut dormir avec Judy at the Palace à fond.
En plein rush.
- Vous y serez bien. - Merci.
Oui.
- Merci. - De rien.
C'est chouette.
Je peux étendre les jambes.
Alors, combien ?
- Passe. - D'accord.
Quelques dollars.
On va tout mettre de côté pour réparer la voiture.
Après, on reprendra la route.
Ruthie.
Ne fais pas confiance à ces gens.
Surtout pas à Pam.
C'est à toi qu'elle en veut.
Elle est sympa.
"Elle" ?
Les gentils sont toujours les pires salauds, au final.
- Tu n'en sais rien. - Si.
Tu peux me croire.
Comme on dit...
Tu sais ?
On dit :
"la vie est dure."
Ou :
"la vie, c'est une merde après l'autre".
Tous ces dictons...
Des gens futés les ont pondus.
C'est loin d'être con, tout ça.
Peut-être.
Mais les gens très futés finissent par se suicider.
C'est comme choisir de ne pas lire un roman en entier.
La fin est bien ? Ça valide toute l'histoire.
Mais il faut lire jusqu'au bout.
Je n'ai rien compris à ce que tu as dit.
Tu es vraiment maligne.
Merci.
Où qu'on aille, on trouvera une bonne école.
Comme on avait enfin un lit, on pouvait rêver.
Tu sais que cette canette serait encore là dans 500 ans,
si on la jetait ?
C'est vrai ?
Et on utilise 800 milliards de canettes par an.
A une époque, j'en rêvais la nuit.
Le monde entier, recouvert de canettes en alu.
Puis j'ai découvert qu'on pouvait faire des choses avec.
Des bijoux, par exemple.
C'est qui ?
Vic.
Il est agent immobilier.
Après une vente, le pourboire est bon.
Il a l'air intéressé par ta mère.
Salut.
Salut.
Essaie de dormir, d'accord ?
Ma mère aimait les hommes, mais les choisissait mal.
Chaque ville apportait un nouveau mec.
C'est génial.
Ma mère se trompait sur Pam.
En apprenant à la connaître, j'ai vu qu'elle était comme nous.
On est devenues...
amies.
Ta couleur préférée ?
Ma couleur préférée ?
Quand il y a une fuite sous une voiture,
ça fait une flaque multicolore.
Je vois.
C'est ça, ma couleur préférée.
Tu es super douée.
J'ai pris l'habitude de construire des abris où me cacher.
J'adore les rayures.
- Oui. - Il nous faut un thème.
Un truc différent pour chaque barre ?
Je peux te peindre le visage ?
- Hors de question. - Pourquoi ?
Sois bonne avec l'univers, et il te le rendra.
C'est mon année. Je le sens.
Qu'est-ce que tu en dis ?
C'est cool.
C'est pour l'international.
Peter Pam - Star de vélo
Je serai célèbre en Asie, puis en Allemagne.
Après, à moi New York.
Réveille-toi.
Lève-toi. J'ai une surprise.
A force, on a commencé à se sentir chez nous dans cette ville.
À VENDRE
J'adore ta photo.
Ruthie, elle est jaune.
Oui. Elle est jaune.
Quand tu as dit qu'il vous fallait un logement,
j'ai pensé à cette maison.
Elle est parfaite. Déjà meublée.
Comme elle a été saisie, c'est une affaire.
Alors, Ruthie ?
On est fauchées. On ne peut pas acheter de maison.
Je vais obtenir un super prix.
- Pas d'apport ? - Non.
Il suffit de signer quelques papiers.
Et de payer les échéances.
C'est un investissement.
- Tu vois ? C'est bien. - Et Boston ?
C'est pas si loin.
Vic dit que le lycée est bien.
Et c'est un investissement, on y gagnera.
- C'est ça ? - Oui.
Ruthie ?
Tu en penses quoi ?
J'adore.
Si tu aimes aussi.
J'adore.
J'adore.
J'adore.
- Signe-là. - "Promesse d'achat."
Paraphe ici, et là.
Et encore ici.
Vas-y.
- Vite, qu'on fête ça. - Là.
Voyons.
Loupé !
Ce n'est pas si drôle.
Du rose.
J'en ai jamais vues des roses.
Elles sont presque mortes.
Viens.
Il y a tellement de trucs.
Il y a tout ce qui existe, à mon avis.
Aujourd'hui, on ne vole pas. Viens.
Elle est énorme.
Un responsable, s'il vous plaît.
Il nous faut une carte de crédit.
Une carte de crédit ?
Ils accepteraient ?
Bien sûr. On est propriétaires.
Tu aimes ?
Il nous faut ça, maman.
Ruthie.
- Regarde ça. - La vache.
C'est trop beau.
J'ai lu qu'il fallait investir dans les œuvres d'art.
Et ça ? Seulement 50 cents de plus.
Maman.
C'est cool.
Non.
Dans toute l'Amérique...
Bonjour.
Salut.
Je suis Patti.
Avec un "i".
- La voisine. - Bonjour. Ruthie.
- Salut. - Rita.
Enchantée, Rita.
Tiens. Bienvenue dans le quartier.
Mes gosses sont là.
Greta, Tommy, Jake, Alistair et...
Arrêtez avec ce chien !
Ramenez-le chez lui !
Vous devez surveiller Tommy !
Je tombe enceinte pour un rien.
Même toi, tu me mettrais en cloque.
Attention à la connasse d'en face.
C'était ma prof, au lycée. Elle est devenue proviseure.
Dans mon futur lycée ?
Elle est à fond dans...
Tu sais ? L'auteur, là. Celui qui a écrit...
Comment déjà ? Spoon River Anthology.
Elle fait une fixette là-dessus.
En fait, ça ne parle pas de cuiller.
C'est une histoire de gens qui sont morts.
Bref, lis-le.
- Allons dire bonjour. - Non.
- Viens. - Maman.
Sympa, la télé.
- Maman, non. - Je ferme ta porte ?
- Non. - Je laisse ouvert, d'accord.
Elle a l'air super méchante.
C'est la honte.
Bonjour. Ma fille, Ruthie.
Elle va aller dans votre lycée.
Vous avez acheté ce vieux trou à rats ?
Mlle Frankfurt. Proviseure.
Ruthie Carmichael, madame.
C'est bien, tu es polie.
Tu aimes l'école ?
La bibliothèque, surtout.
Faut que je file.
- A plus tard. - Salut, toi.
La maison te plaît ?
C'est merveilleux. Tu es si gentil avec nous.
C'est formidable.
Enlève ta culotte.
- C'était dramatique. - Arrête.
André le Géant. Mon catcheur préféré.
Tu te souviens ?
"Je t'aurai, Hulk Hogan !"
Tu te souviens de ce gars-là ?
- Non. - Non ?
Viens, on va sur le canapé.
Je ne peux pas.
Pourquoi ?
Faudra revenir.
- Tu reviendras. - D'accord.
- Salut. - A bientôt.
Pardon.
Tu t'incrustes ?
Salut.
Ruthie. Debout.
C'est l'heure d'aller au lycée.
Tu es si douée qu'ils te feront sûrement sauter une classe.
Je me disais
que tu ferais une super présidente.
On n'aurait même pas besoin de vice-président.
Si tu le dis.
Tu vas assurer.
Ne laisse personne dire le contraire.
D'accord.
Tu entres et tu leur en mets en plein la vue.
D'accord.
Maman.
Gina, c'est toi ?
T'es qui, toi ?
Ruthie Carmichael. Je suis nouvelle.
- T'es en troisième ? - Oui.
T'as de la beuh ?
Non.
Des oxys ?
- Non. - Des clopes ?
Pas sur moi.
Pauvre gouine.
Le café, les donuts,
c'était sympa pour la réunion.
Mais j'insiste : vous ne dirigez que la chorale féminine.
- Juste les filles. - Pas les garçons.
On en a déjà parlé. Pas les garçons.
Ça ne passe pas auprès des parents.
- Mademoiselle ? - On est fermés.
Je sais, pardon. Je passais en voiture, et...
Vous vous souvenez de moi ?
Vous vous rappelez ?
- J'étais là-bas. - Vous m'avez vomi dessus.
Presque. Pas tout à fait sur vous.
Bref, oui.
Je tenais à m'excuser.
J'étais au fond du gouffre.
Et...
Vous avez bonne mine.
Je vais mieux, merci.
C'est au jour le jour.
Sachez que je suis profondément navré.
Et...
C'était déplorable de vous ennuyer à votre travail.
Je tenais à vous dire que je regrette.
Ça n'arrivera plus jamais. Merci de m'avoir écouté.
- C'est tout ? - Oui.
Merci, et bonne soirée.
T'as déjà fumé, au moins ?
S'il te plaît.
- C'est bon ? - Penche-le.
Oui.
Tu me l'allumes ?
Attends. On va...
En fumette, c'est plus doux.
C'est quoi ?
T'es défoncée ?
Oui.
- Carrément. - On dirait.
"On évolue à l'envers.
Notre cerveau grossit mais marche de moins en moins bien.
L'espèce humaine, mécréante, s'autodétruit.
Elle détruit son habitat et dévore ses enfants.
Si on veut sauver la planète, il faut penser différemment."
Assieds-toi.
Envoie la bouteille.
Tu crois que la vie est facile ?
Elle est très dure.
Et la tienne, en particulier.
Tu sais ce que mon père disait, quand j'étais petite ?
"Reste près de la merde, tu finiras par puer."
Tu as du potentiel mais tu restes près de la merde.
Tu as envie de puer ?
Non, Mlle Frankfurt.
Tu veux fréquenter des cas
et boire au lycée ?
- C'est ton but ? - Non. Pardon.
Tu fréquentes les drogués ?
Ils se croient cool. A tort.
Tu es renvoyée trois jours.
Tolérance zéro, c'est la règle ici
pour l'alcool et la drogue.
C'est compris ?
Oui, Mlle Frankfurt.
C'était la première fois que j'étais punie.
Le lycée, c'était plus dur que prévu.
Je voulais ne rien dire à ma mère.
Pour ne pas la décevoir.
Tu dois aller voir un médecin.
Ça va aller.
On n'a pas les moyens.
Les cachets ne font rien.
Mes problèmes ne comptaient plus
face à la souffrance de ma mère.
J'ai tellement mal.
Ça va aller, Maman.
Salut.
Bonsoir.
Il faudrait qu'elle se lave.
Elle est trop faible.
- Je passais vite fait. - Viens.
- Non. Faut que j'y aille. - Viens me voir.
Ça va aller.
Oh, Ruthie.
Mlle Frankfurt.
Je ne sais pas où aller.
Ma mère est très malade.
Entre, ma puce.
- Viens. - Merci.
Vite.
Bonjour, Rita.
- Vous vous appelez comment ? - Jacob.
D'accord.
Mes poumons morflent.
- Vraiment. - Oui, j'entends ça.
Mais votre cœur est en bonne santé.
Je t'aime.
A mon retour au lycée, tout avait changé.
Et j'ai compris
que moi aussi.
On était en retard sur nos échéances.
Et les pénalités s'accumulaient.
Il y avait de moins en moins de clients au resto.
J'avais peur qu'on n'y arrive pas.
Je ne boirai pas seul.
Je peux en avoir ?
Oui.
Dis-moi stop.
C'est bon.
- Mes aïeux. - La journée a été longue.
Elles le sont toutes.
C'est si difficile.
Si difficile.
Jour après jour.
- C'est encore ouvert ? - Il y a de la lumière.
- Trois. - Pioche.
- Coup de bol. - Tu as un valet ?
C'est fermé.
Non.
Attendez.
Ils ont faim, les pauvres.
- J'apporte les menus. - Je m'en charge.
Tu es sûre ?
Sur Saturne, il y a de terribles orages. Vous le savez ?
Non.
La foudre est 1 000 fois plus puissante qu'ici.
Vous vous rendez compte ?
Vous avez choisi ?
- Je vais t'aider. - Pas la peine.
- Rentre. - Je veux t'aider.
Rentre finir tes devoirs.
C'est déjà fait.
Il est tard.
Tu es bourrée.
Quoi ?
Pas du tout.
Si, tu es bourrée.
Tout le monde boit un verre de vin, ou une bière après le travail.
Arrête de me casser les pieds sans arrêt.
- Arrête ! - Tu me fous la honte.
Rentre à la maison.
Je savais, quand ma mère avait peur. Elle buvait encore plus.
Je ne pouvais pas l'abandonner.
Vas-y !
- Dégénéré. - T'aimes ça ?
Tu la veux, ma bite ?
Tu vas l'avoir.
T'aimes ça, hein ?
Maman !
Marty !
Maman !
Quand on vit si près du fond, pas la peine d'appeler les flics.
T'aimes ça, petit pédé.
Te relève pas.
Arrête, pédé.
J'avais 11 ans quand j'ai assisté au viol de ma mère.
J'ai juré que ça n'arriverait plus.
Salope, prends ça.
Arrêtez !
Lâchez-la !
Ruthie, non !
Va te faire foutre !
Arrêtez ! Et foutez le camp !
Foutez le camp !
Et ne revenez jamais !
Je t'emmerde !
Ils ne t'ont rien fait ?
- Tu es sûre ? - Tu n'étais pas là.
Ça va aller.
Ça va aller.
LA VIE EST UNE ÉCHELLE IL FAUT MONTER OU DESCENDRE
Ça compte beaucoup pour moi. Je te remercie, Bruce.
Merci beaucoup.
Vous connaissez mon histoire.
Enfin, pas tout le monde.
J'ai perdu ma femme il y a deux ans.
Elle faisait les courses,
et elle a fait un anévrisme.
Elle est décédée.
Je n'ai pas vraiment de famille.
En fait, on était...
Il n'y avait qu'elle et moi.
Pardon.
Mais...
Pardon.
Il n'y avait qu'elle et moi.
Alors,
vous êtes un peu devenus ma famille.
Et...
Quand j'ai échoué ici, je me suis assis là-bas.
J'étais paumé.
Grâce à vous, je me suis senti le bienvenu.
Ces cookies sont trop bons.
Ruthie ?
Ruthie.
Parle-moi.
Combien de fois je vais devoir m'excuser ?
Ruthie.
J'essaie de me reprendre.
J'aimerais que tu l'admettes.
Ruthie.
Je veux que tout aille bien, à nouveau.
- "Bien" ? - Oui.
Tout ce qui est bien, tu arrives à en faire de la merde.
Approche.
Je vous ressers ?
Je veux bien, merci.
De moins en moins de clients, des journées toujours plus longues.
Tiny's fermait de plus en plus tôt.
- Je te dérange ? - Non.
Tu sais que comparé à la taille de l'univers,
un humain n'est qu'un milliardième de fourmi ?
Quand ça m'est arrivé,
je n'en ai pas parlé. Je savais ce que les gens diraient.
Je me sentais sale.
Je ne voulais plus manger.
Je ne voulais rien avaler.
J'errais, sans but, en me disant
que personne ne voudrait jamais de moi.
Plus jamais.
J'étais souillée.
Tu vois ce que je veux dire ?
J'ai très peur.
De quoi ?
Dieu fait des erreurs, parfois.
Tu crois qu'il en a fait une avec toi ?
J'ai peur de vivre.
J'ai trop peur de Dieu pour me tuer.
J'ai peur...
De ce qui m'attend.
Là-haut, ou en bas.
Tu as survécu à ça.
Tu peux survivre à tout.
- Je ne sais pas. - Respire un grand coup.
Je veux aller à New York, mais j'ignore si j'y survivrais.
Bon.
Je veux que tu... Bouche !
Ne souris pas. Je t'interdis de sourire.
Sérieusement, arrête.
D'accord.
Tu vas te lever, retourner à ta caravane,
mettre une des tes jolies robes,
et redevenir toi-même.
Seigneur, accorde-moi la sérénité pour accepter l'immuable,
le courage de changer ce que je peux,
la sagesse pour les différencier.
Bonsoir.
- Salut. - Ça va ?
Oui, et vous ?
Super.
Quoi de neuf ?
Bonne réunion.
C'est souvent bien.
Vous venez depuis longtemps ?
C'est mon septième mois de sobriété.
Pas mal. C'est un début.
Et vous, ça va ?
- Dix-huit jours. - Bravo.
- J'aime ce numéro. - Moi aussi.
Demain, il aura changé. Mais bravo.
J'ai vu l'enseigne, en passant.
Et je me dis que...
Quand je conduis et que je vois un truc, je me dis :
"Il faut que je fasse ça".
C'était un signe.
Et une enseigne, aussi.
- C'est presque le même mot. - Oui.
Alors je suis venue.
Ça a l'air d'aller.
J'essaie de me reprendre.
Vous êtes nouvelle, alors.
Je vous aurais proposé de prendre un café,
avec un peu plus d'ancienneté.
Je boirais bien un café.
C'est vrai ? Avec moi ?
D'accord. On peut boire un café.
- Trois. - Sept.
- Douze. - Vingt-deux.
C'est minable.
Quand est-ce que ça va changer ?
Je ne sais pas.
Tiens, garde tout.
Tu viens de l'Iowa ?
Oui, de Council Bluffs.
Et tu aimes quoi, à part ce jeu ?
- Cent ? Bravo ! - J'ai fait 100 !
- Oui ! - Je vais essayer.
Tu es doué.
- Comment ça se fait ? - J'y ai gâché ma jeunesse.
J'adore ton sourire.
- D'accord. - Ta prémolaire est soignable.
Je suis dentiste.
Ne sois pas gênée.
Ça ne se voit que quand tu ris.
Je ne ris pas souvent.
Ça aussi, je peux y remédier.
- T'es pas dentiste. - Le meilleur.
- Non. - Un des meilleurs.
- Vraiment ? - Oui.
Admire un peu ce râtelier.
C'est des vraies ?
Montre. Je t'offre un examen. Ouvre grand.
- Non. - Je peux t'aider.
Pourquoi cette haine du dentiste ?
On aide les gens. Qui est contre
des dents saines ?
C'est la base d'une vie épanouie.
Allez.
- D'accord. - Voyons ça.
Voyons un peu.
D'accord. A la base... Attends.
Elles sont parfaites.
Mais il te faut des soins, et un bon détartrage.
Et une nouvelle dent.
De quand date ton dernier bilan ?
Ruthie était encore un bébé.
T'inquiète. On va te soigner.
D'accord.
Tu es gentil.
J'avais entendu parler de "la crise".
Là, je la voyais concrètement.
Patti avec un "i", et d'autres comme elle, disparurent.
À VENDRE
On est foutues.
SAISIES - VENTES
Il y a un garage.
- Superbe. - C'est rare, ici.
C'est un atout.
Certains font ce qu'ils veulent
et certains souffrent. Pourquoi ?
Ça va s'arranger.
Ce n'est pas juste.
La vie n'est pas toujours juste
mais rien n'est insurmontable.
Ce connard s'enrichit parce qu'on perd notre maison.
Et on n'y peut rien.
Pourquoi c'est si dur, la vie ?
Ce n'est pas normal. J'ai 15 ans.
Tout finit toujours par s'arranger.
Tu n'en sais rien. Tout s'effondre !
- Ça va aller. - Tout tombe en ruines !
- Ça ira. - Non, ça n'ira pas !
- Si, Ruthie. - Non.
- Je t'assure que si. Assieds-toi. - Ça n'ira pas.
- Ça n'ira pas. - Si.
Détends-toi.
Viens. Lève les pieds.
Prête ?
Tu vois ?
Je veux pleurer, je n'ai pas envie de rire.
C'est dur de le voir, pour le moment.
Un jour avec le recul, tu verras que tout n'est pas si noir.
Viens là.
Chérie, mets une robe sexy.
- Je te sors. - Quoi ?
Quoi ?
J'ai appelé, quand j'étais malade.
J'étais occupé.
Occupé à faire quoi ? Occupé ?
Je perds ma maison.
- Je m'en occupe. - Oui ?
Tu vas faire quoi, Vic ?
Tu vas faire quoi ?
- Dis-moi. - Approche.
Me sauter n'arrangera rien.
- Tu dois m'aider ! - Mon cul.
Tu as signé.
- Tu m'as dit de le faire. - T'es grande.
- Tu me l'as dit ! - Du calme.
Tu as fait ton choix.
Tu n'as pas le droit de retourner la vérité.
C'est dégueulasse !
Les mecs comme toi font tous ça.
- D'accord. - Dégage, salaud !
- OK. - Ne reviens pas.
Cinglée.
Maman ?
Rien.
Arrête.
Il faut que je termine.
Je t'aime.
Moi aussi.
Ça t'a plu ?
Oui, j'ai bien aimé la soupe.
- Oui. - Autre chose ?
Non, merci.
J'aime la soupe à la tomate, pas les tomates.
C'est un paradoxe.
Un quoi ?
Comment ça s'écrit ?
Je t'invite.
J'aime t'aider.
Je n'ai pas besoin de ton aide.
Ça ne va pas ?
Regarde-moi.
On va perdre la maison.
Je peux peut-être vous aider.
Non.
Je n'en peux plus, des mecs qui disent vouloir aider.
Tu peux me parler.
Je ne peux pas faire ça à Ruthie.
Ça va aller.
Quand est-ce qu'on va vivre chez Lee ?
Jamais.
Il y a 81 jours, j'ai décidé de vous contacter.
Et je m'en félicite. J'ai de la chance.
Il y a 81 jours.
Je suis libre.
FERMETURE DÉFINITIVE
Bonsoir, les filles.
Pas de bêtises.
Lee ?
Merci d'être aussi gentil.
- Ce n'est rien. - On en a tellement bavé.
Je ne veux plus que Ruthie soit triste.
Je comprends.
Je tiens vraiment à toi.
Tout va s'arranger.
Venez vivre chez moi. D'accord ?
A moins qu'on passe la nuit ici.
Je n'aime pas les adieux non plus.
C'est nul.
Tout ira bien, Ruthie.
Allons-y.
Viens.
- Salut. - Salut.
- Je vais porter ça. - Merci.
Je vous fais visiter ?
Salut, Ruthie. Content de te voir.
- Salut. - Allons voir la maison.
Venez.
Je vais ouvrir.
Elle a été bâtie en 1926.
C'est une conception toute simple.
Ma collection de disques. J'en ai de tous les genres.
- Génial. - Fais comme chez toi.
Une chambre, une salle de bain.
Et la cuisine. Je vais poser ça.
Là, le jardin.
Ruthie, une piscine !
On ne sait pas nager.
Je vous montre l'étage.
J'ai hâte de plonger.
Je tiens ce fatras de mes grands-parents.
Ça se voit. Vous pouvez changer tout ce que vous voulez.
Ruthie, ça pourrait être ta chambre.
J'ai viré mes affaires.
Tu peux la repeindre, si tu veux.
Je vais vider la voiture.
Installez-vous.
Tu cherches quelque chose ?
- Pardon. - Pas de problème.
Je n'ai pas encore tout débarrassé.
Il reste un tas de vieilles choses.
Tu joues aux échecs ?
Un peu. Et toi ?
J'aime le fait d'apprendre tout en jouant.
On ne gagne pas en fonçant tête baissée.
Il faut savoir reculer, perdre quelques pièces pour avancer.
Il faut être patient.
C'est ce qu'on dit, en tout cas.
Je te laisse commencer.
Salut, Ruthie.
- Bonjour. - Breakfast of Champion.
Merci.
C'est le livre, Maman.
J'aime les deux.
- Bonjour. - Salut, Ruthie.
Salut.
Tu fais quoi, aujourd'hui ?
Rien de spécial.
- Salut. - Salut.
Salut.
- Elle aurait dû appeler. - Oui, au moins.
Pour me tenir au courant.
J'ai trimé sur cette robe.
D'accord.
Très bien.
- Ça ne va pas ? - Qu'est-ce qu'on fout ici ?
Je ne tiens plus. On peut se tirer ?
- Loin de cette vie de banlieue bidon ! - Ruthie.
On n'ira nulle part.
Terminé, on ne fuit plus.
- Merde. - Ruthie.
Tu y crois, à ce joli conte de fées que tu as fabriqué ?
Les alcoolos repentis qui tombent amoureux ?
- Arrête. - Je ne suis plus une gamine !
- Si. - Lâche-moi.
- Lâche-moi ! - Va te coucher.
- Arrête. - Non !
- Laisse-moi. - Bordel !
Ruthie !
Bravo, maman.
Tu as ton happy end.
Tu crois ça ?
- Ne pleure pas. - Non !
Bien. J'en ai marre que tu chiales.
Tu en as marre de tout !
J'en suis ravie !
Tu enchaînes les mecs. Lee est différent ?
- C'est un type bien. - Comment ça ?
Je l'aime. Et il m'aime.
Il a soigné tes dents.
On a besoin des autres.
Il veille sur nous.
Comme je veille sur toi.
- Il veille... - Laisse-moi !
Ne me dis pas quoi faire !
- Je suis ta mère ! - Ça ne se voit pas !
- Si ! - Non !
Si tu savais !
Tu ne connais rien des foyers
parce que j'ai tout fait pour.
Tu veux partir ? Vas-y.
- Je pars ! - Vas-y !
Je pars.
J'EMMERDE L'ÉCOLE
C'est pas vrai.
Merci.
Un, deux, trois.
Ça ira. Fais-moi confiance.
C'est l'âge de l'indépendance.
Elle n'a jamais fait ça.
- Vraiment ? - Pas Ruthie.
Elle a 15 ans, elle va faire ce genre de choses.
C'est normal. On a tous fait ça.
C'est un truc d'ado.
Je te jure.
Viens, fais-moi un câlin.
Allez.
J'hallucine !
Quoi ?
Je...
Elle...
Elle m'a suivi.
Clocharde.
Connasse.
D'accord.
- Merci. - Je fais du café.
D'accord.
Je suis désolée.
Moi aussi.
Quelque fois, je merde vraiment.
J'essaie d'être une bonne mère.
Mais je ne sais pas comment.
C'était plus facile, avant.
Si tu faisais une chute,
je pouvais soigner ton bobo.
Maintenant, je suis perdue.
Je sais.
Je t'aime, Maman.
Je t'aime, Ruthie.
Tu es une grande fille.
Oui.
J'ai compris un truc.
Quoi ?
Tu as besoin de moi, autant que l'inverse.
Ruthie.
J'ai encore plus besoin de toi.
- C'est ma barrette. - Tu me l'as donnée.
Quand ça ?
Tu ne veux plus en porter.
- Je ne te l'ai pas donnée. - C'est ma jupe.
C'était pour une fête.
Moi, c'était pour une nuit.
Mes cheveux me gênaient.
Tu l'as déjà mise avant.
- Je n'osais rien dire. - Tiens.
- Oui, tu peux conduire. - Génial.
Sous-titres traduits par: Rose Rhys Guillerme
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