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Essoufflement -Allez.
Concentration. Con-cen-tra-tion. Elle frissonne.
Ben, filme ta sœur. Go!
Bon. On revient.
Sors tes skis, Emma. Sors tes skis.
-Allez, Emma. Concentre-toi. Tu peux y arriver.
-Allez. Go!
Tendus, les bras. Tendus.
J'ai dit: "Jambes pliées, skis serrés." C'est pas compliqué.
On ne reste jamais sur un échec, chérie.
Tu le sais. Hein ?
Alors, fais ce que je te dis.
-Allez ! -Concentre-toi.
Go!
-Allez. Vas-y, ma fille.
Vas-y ! Oui !
-Superbe.
Elle souffle.
Musique rock
-Il te voulait quoi, le boss ?
-Me dire combien il comptait sur moi,
enfin, sur nous, pour le magazine.
Il veut des sujets forts, inédits, vendeurs...
Galvanisation des troupes.
-T'es pas assez galvanisée ?
-On ne met pas le curseur au même niveau.
-Eh oui.
-On peut être à la fois une journaliste compétente et pleine de charme.
Bravo, Emma. Ce sera votre vrai premier dossier.
C'est important, il faudra bétonner les sources.
Nous allons passer à la préparation du numéro du mois prochain. Des idées ?
Il toussotte.
-Je pensais à une enquête sur le microcrédit en Inde.
-Très excitant.
D'autres idées ?
-Ou alors un vrai dossier
sur la crise de l'eau en Asie. -Non.
On ne va pas recommencer avec ça.
Mais moi, j'ai un sujet. Oui.
Le sexe en période de crise.
-Et la vie sexuelle de Paris Hilton
vue par Boris Cyrulnik ?
-Je te rappelle que nos ventes en kiosque ont baissé de 20 %.
Alors, tu prends le dossier.
J'attends une enquête de terrain, des chiffres clés.
Et on reste sous l'angle économique.
Je vous écoute Yann.
-Le sujet que j'avais proposé l'année dernière
sur la face cachée des Pokémons, on en parle pas mal en ce moment.
-Je doute que Pikachu corresponde à la ligne éditoriale du journal.
-Pourquoi pas ? L'industrie du manga a explosé.
Il faut s'y intéresser.
-Bien sûr, Emma. Mais Yann a d'autres vues.
-Ça mérite d'y réfléchir.
-Oui, oui. On pourra en reparler.
Yann, je vous rappelle
que vous êtes sur l'assurance vie.
-En stage, je ne fais que ça.
-Il faut creuser la garantie obsèques.
Je ne peux pas me passer de vous là-dessus.
-Merci de m'avoir soutenu. C'est hyper gentil.
-Je t'en prie.
-Si je peux te rendre un service, n'hésite pas.
-Merci.
-OK, t'es la star de la rédaction, mais t'es jamais d'accord sur rien.
-Tu sais que je déteste ce genre de sujets racoleurs.
Refile-le à la 1re de la classe.
-Tu m'emmerdes. J'ai l'actionnaire au cul.
Il me demande pourquoi le mec le plus cher du journal n'écrit rien de bien.
C'est clair ?
-L'actionnaire trouve normal qu'on paie son fils pour un stage, depuis 10 ans ?
Et sous un faux nom.
-Sois gentil, tu le gardes pour toi.
-Salut.
-Le dossier sur la dette mondiale, tu l'as récupéré ?
-Paul m'a dit de le faire.
Tu ne savais pas ?
-Ben, non, non.
-Un problème ?
-Non. Pas du tout.
Ça fait 2 semaines que t'es là, ça fait 2 ans que je le propose.
Moi, je préfère un dossier sur la bistouquette.
Je me sens motivé. -Désolée. Je l'ai rendu hier soir.
-Ah. Ça t'arrive de dormir ou ça abîme ton brushing ?
-Mlle Emma Dorian ?
Une signature, s'il vous plaît.
-Ça a l'air pratique.
-C'est un siège ergonomique contre la fatigue lombaire.
Tu peux travailler des heures sans souci.
-50, 60 heures d'affilées ?
-Merde, il faut que j'y aille.
-On est en horaires aménagés ?
-Je vais chez le dentiste, il faut prévenir la CGT ?
Musique rythmée
-Rincez-vous.
Parfait.
Alors.
Voyons voir ça.
Doucement.
Parfait.
Oh!
Allez...
Viens, viens.
Cri d'effort
Chut, chut, chut...
-Ah.
-Emma, le dossier sur les IPO,
tu t'en occupes ?
-Hum.
-Bien. Et l'interview d'Anderson ? -J'y vais demain.
-Toute seule ?
-Oui. Paul a envie de me tester.
Dis-moi, l'interrogatoire, c'est tous les jours à la même heure ?
-Ah, non, non.
-C'est juste pour savoir.
-C'est juste qu'il faut de l'expérience pour tenir tête
à des mecs comme ça. T'es une débutante.
-5 ans que je suis journaliste.
-Oui, excuse-moi. J'oublie la presse féminine.
-Tristan,
je suis sortie major de Sciences-Po, j'ai un DEA, un master d'économie,
et j'ai soutenu une thèse de finance internationale.
-Tu fais du violon. -Et du piano.
Et pour financer mes études, j'ai écrit pendant 5 ans
les pages conso d'un magazine féminin.
Ça te pose un problème ?
Coucou.
Ça va? -Oui et toi ?
-Ça Va.
-T'es marié ?
-Non, non, non.
-T'as peur de t'engager ?
-Euh... Mais non.
-Tu sors d'une histoire compliquée ? -Non.
-Un problème de santé ?
-Je vais très bien.
-Écoute, on n'est pas obligés de...
On peut très bien se voir comme ça, de temps en temps, pour le plaisir.
-Oui, mais...
le plaisir de qui ?
Non. J'aurais mieux fait de faire ma compta.
-Tu sais comment c'est au début.
On fait connaissance et puis, petit à petit...
-Mais je ne veux pas recommencer.
T'as un côté un peu... comment dire...
Un peu molle. Et je ne suis pas fan.
-"Molle" ?
-Comme si j'avais baisé une limace sous anesthésie générale.
Ne le prends pas pour toi.
-Connard.
-Très bien.
Musique mélancolique
-C'est pas de l'enduction PVC ?
-Imperméable et antitache.
-J'en étais sûre. Depuis le début du repas, j'y pensais.
Juste un coup d'éponge.
-Oui. Et le dimanche, à la machine, 60 degrés, fini.
-Formidable. J'ai vu ça dans un magazine.
Et ça résiste aux plats chauds.
On peut poser un plat à gratin.
En fait, c'est du coton, recouvert d'un enduit PVC.
C'est-à-dire en...
En... euh...
Euh...
Je ne me souviens plus. Vous vous rappelez ?
-Eh ben, non, je dois dire...
-Si. Ce sont des initiales.
C'est pas vrai, je l'ai sur la langue.
-Tu nous diras ça la prochaine fois.
-Je regarderai sur la garantie.
-Vous m'excusez, je ne me sens pas très bien.
Je vais m'allonger avant de rentrer.
-On va te ramener. Ben ?
-Hum.
-Merci. C'est gentil.
-Je vais préparer le café.
-Elle n'est pas très en forme. Ça ne m'étonne pas aussi.
La presse écrite est sinistrée.
On frappe à la porte.
-Bah ! Qu'est-ce que tu fais là ?
Ça ne va pas ? -J'avais besoin d'être seule.
-Que se passe-t-il ?
-Maman ?
Quand vous vous êtes mariés, vous aviez consommé ?
-C'est-à-dire ?
-Vous aviez déjà couché ?
-Oui, quand même.
-Ça se passait bien ?
-Très... On avait notre appartement près de la mairie.
Ton père commençait à travailler.
-Mais dans l'intimité ?
-Oh, écoute. Benjamin est arrivé très vite, donc voilà...
Que veux-tu que je te dise ?
-Donc ça se passait bien ? -Mais oui. Très.
Pourquoi ces questions ?
-Parce qu'apparemment je suis nulle.
-Comment ça ? Au travail ? Non. Pas toi, ma chérie.
Tu es douée pour tout. Tu sais ce que papa dirait?
-Ça marche pas dans tous les domaines.
-La méthode de ton père : 4 étapes plus la 5e de verrouillage.
Si, ça marche très bien. -Ben non.
-Votre père vous a appris à être des winners.
Pas des losers qui se traînent par terre à la moindre contrariété.
-J'ai du temps ces jours-ci, si tu as besoin de moi.
J'ai du temps ces jours-ci, si tu as...
-Quoi ?
-Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas.
-OK. Merci.
-Comment ça se passe ? -Je commence à avoir
une bonne vision du secteur. -Oui. Dis donc.
Il faut que t'ailles faire un tour au Décapsuleur.
Une boîte échangiste. Tu vas voir Zeno. -Tu le connais ?
-Très vaguement.
Il peut te refiler pas mal d'infos. Mais c'est ce soir ou jamais.
Il part demain pour 10 jours. -OK. Je vois ça.
-Ah, euh... Il faut être accompagné pour rentrer.
Tiens. Vas-y avec Emma.
-Ah ben, oui, oui. Bien sûr.
-T'as compris ce que c'est ?
-Oui. C'est la boîte échangiste du moment.
Le patron peut te filer des infos, mais il part demain.
-T'es au taquet.
-Ton gilet pare-balle était au sale ?
Musique d'ambiance
-Tenez. Voilà Zeno.
-Ah, merci.
Je vais essayer de le choper.
-Une coupe, s'il vous plaît.
Ambiance animée
-T'as vu la nouvelle salle ?
On a installé un siège gynéco.
-Ah ouais... Super.
-Bientôt ils vont faire une salle de torture, genre Moyen Âge.
C'est la mode à Amsterdam.
Alors ils étaient emmêlés.
Un vrai Mikado.
Il faut arrêter le Red Bull, sérieux.
Les vieux, ils tiennent pas le choc. J'ai eu 3 AVC.
On est emmerdés à chaque fois.
À quelle heure tu commences ?
-Ben, là, j'attends.
-Tu veux essayer le siège gynéco ?
J'ai déjà
14 inscrits.
-Pardon ?
-T'es le gang bang ?
-Ah non, je crois pas.
-OK. Je croyais que t'étais la nouvelle.
En même temps,
la dernière qui s'est pointée dans ton genre, elle s'est enfilé 60 mecs.
Alors, moi, franchement, je ne me fie plus au look.
-Emma. Emma.
Emma !
Emma !
Emma
On est arrivés. On est chez toi.
-Ah... merci.
-Attends.
-Tristan.
-Attends.
-Non, j'ai chaud.
J'ai peut-être des lacunes, mais je suis pas une limace.
-Non, non.
-Tiens.
-Merci.
-Je suis pas une limace...
Musique douce
'Ça Va ?
-Super.
-Merci d'être venue hier soir. J'ai eu plein d'infos.
-C'était sympa, hein ?
T'as passé une bonne fin de soirée ?
-Oui. Enfin il était déjà tard.
-Ah ben oui, c'est vrai.
Il était quelle heure ?
-Quand on est arrivés chez toi, il devait être 3 h.
-Tu m'as raccompagnée ?
Ah ben oui, je suis con.
Jusqu'où déjà ?
-Eh ben... jusqu'à ton lit.
-Ah oui, voilà.
T'as bien dormi ?
-Pas beaucoup.
-Tu t'es couché tard ?
-Juste après, oui.
Tu ne te souviens pas ? -Si, bien sûr.
Bon, ben, je vais...
J'ai un dossier à finir
sur la finance solidaire. Pfou... C'est passionnant.
-J'en doute pas. Oui.
Moi, je suis enchaîné au sexe, jour et nuit.
-Tristan...
Dis-moi, par rapport à cette nuit...
C'était bien ?
Parce qu'en ce moment, je suis un peu...
-Ça, c'est sûr, t'es un peu...
-Quoi ?
-Si tu me dis que t'es un peu... Tu vois,
je comprends mieux.
-Dis-moi. -Je sais pas,
c'est toi qui me dis que t'es un peu...
Du coup je me dis, "elle est un peu..."
Ce qui fait que...
Bon. -Je suis quoi ?
-Ça va, la situation est assez gênante comme ça.
Il y a eu un petit couac, ça peut arriver. On en parle plus.
Il s'est rien passé. "Nada."
Ne t'en fais pas, petite limace.
-Bref je suis nulle.
-C'est nouveau, ça. Arrête.
-Je suis sérieuse. J'en suis sûre.
-Lucas ne t'avait jamais rien dit ? Et celui d'avant,
le Breton ? Et Frédéric ?
-Non, mais bon... C'est pas si facile.
Ils n'ont pas osé. C'est peut-être pour ça que je suis célib'.
-C'est toi qui les as quittés. -Non. Pas Frédéric.
Je ne suis pas au niveau. Ça fait 2 fois avec 2 mecs différents
que j'ai 2 feed-back déceptifs.
-Et la méthode de papa.
-Arrête avec ça.
T'as raison, c'est ce qu'il faut que je fasse.
-Quoi ?
-Devenir le meilleur coup de Paris.
-Paris intramuros ou... -Grande couronne.
Ile-de-France, même.
-Coucou.
-Coucou.
Si tu peux, pousse jusqu'à Montargis.
-Tu vas à Montargis ?
-Non. Pas tout de suite.
-Bien sûr, vous avez Le sexe pour les tocards qui est
la base.
Si vous voulez aller plus loin,
vous avez ça aussi.
Numéro 1 toute l'année dernière.
Même esprit...
vous avez ça aussi.
-Parlons cul.
-Avec ça, vous avez dépassé le niveau "grand débutant".
-Et si je veux passer au niveau "expert" ?
-Alors là, il n'y a pas 36 solutions.
First in Bed, du professeur Chaban-Cerbère.
Mais je vous préviens, c'est très,
très technique.
Musique entraînante
-Oui, oui, oui.
Oui, oui, oui.
Elle fait claquer son stylo.
-Emma, Emma.
Emma !
Tu pourrais te caler sur le vert, pour aujourd'hui ?
Ou le rouge, tu choisis une couleur
qui te plaît pour la journée.
-Oui. Pardon.
-Comment ça se passe ?
-J'ai des infos sur les réseaux de l'Est.
Demain, je vois Rochebrune, le mec de French-Porn.
-Très bien.
Par un ami de mon garagiste, j'ai récupéré le numéro
d'une escort girl, c'est la plus chère de Paris.
Elle fait 5 000 par nuit.
-"5 000" ? -Et c'est du bouche à oreille.
-C'est cher payé.
-Non, c'est le prix.
Tu peux la joindre tous les jours jusqu'à 18 h, le dimanche après 21 h.
Appelle de ma part.
-De ta part
ou de celle de ton garagiste ?
-De mon garagiste. Je le préviens.
-Salut.
Bonjour. -Bonsoir.
-Agathe ?
-Ouais. Entre.
-Emma Dorian. -Enchantée.
Tu peux poser tes affaires là.
Tu veux un apéro ? -Oui. Volontiers.
-J'ai des partiels dans 15 jours, c'est le bordel.
-C'est sympa de me recevoir.
Je vous paierai. -Laisse tomber.
Dis-moi, en quoi je peux t'aider ?
-Ah ben, en fait, comme je vous ai dit au téléphone, comme je t'ai dit,
ben, je crois que je suis nulle au lit.
Du coup,
quand je couche avec un mec, il ne veut pas recommencer.
-Ouh c'est... C'est pas pratique. -Non.
-Euh... Mais t'as toujours été comme ça ?
-Non, non. Enfin...
J'avais jamais remarqué, mais ça fait 2 fois de suite. C'est pas bon.
Un dentiste et un mec du journal où je bosse.
-Tu bosses dans la presse ? Pour quel canard ?
Son portable sonne.
Excuse-moi, c'est un bon client.
(Voix sensuelle) Bonsoir, Peter.
Ah... oh...
Je peux être là d'ici une petite heure.
Vous pourrez attendre ?
À tout à l'heure.
Excuse-moi, c'est une urgence.
Il faut être d'astreinte H24. En plus, c'est un chaud.
Tu me commandes un taxi ?
-Elle arrive. Désolée.
Musique sensuelle
-Tu m'accompagnes ?
-Euh... Ouais, ouais. D'accord.
-1re règle : toujours faire poireauter.
Comme dans tout domaine, il y a des modes.
Moi, je suis dans le top 5, parce que j'ai géré.
Les filles sur Internet, elles sont mortes.
La règle, c'est zéro photo. Que du fantasme.
-Du coup, toi, t'as combien de clients à peu près ?
-Je tourne autour de 5, 6 maxi.
Après, c'est complet.
Ah ben oui, c'est pas que du fun.
-Et sinon, côté technique,
il n'y a pas des astuces, des trucs qui marchent à tous les coups ?
-Moi, c'est mon job. Je suis une pro. Ça n'a rien à voir avec toi.
Il faut que tu prennes ton pied.
Un bon coup, c'est une nana qui s'éclate.
-Mais je ne suis pas performante. -"Performante" de quoi ?
Il faut juste que tu apprennes à découvrir ton corps.
T'as des toys ?
Tenez, monsieur.
On s'appelle ? Je ne vais pas te laisser comme ça.
J'ai un truc qui va t'allumer la foune.
-Merci, c'est gentil.
-Pfou... Eh ben.
-Oui.
-Faites de la place, j'arrive avec l'omelette norvégienne.
-Comment ça, tu bosses là-dessus ?
Comment tu t'y prends ?
-Je regarde des films, je lis des bouquins...
-A mon avis, va direct aux TP.
-Je sais, mais c'est pas facile à organiser.
VVaouh!
C'est toi qui l'as faite ?
J'ai trouvé une recette dans Femme polyvalente.
-Trouve donc quelqu'un pour t'aider.
-T'es débordée. T'as pas un stagiaire
qui peut te donner un coup de main ? -Si.
-Les stagiaires, pour grimper les échelles
dans la société, sont horriblement exploités.
Au jour d'aujourd'hui, et encore plus de nos jours,
les stagiaires sont corvéables à merci.
-Oui, mais là, je ne peux pas.
C'est pas un boulot de stagiaire.
-Justement, ils sont contents de faire autre chose que des photocopies.
-Ben oui. Béné a raison. Récupère le stagiaire.
“Quand elle a commencé à le sucer, j'ai l'impression que mon cœur
battait dans ma chatte, que ma tête était vide...
"Toi mon toit" (Elli Medeiros)
Les papillons en l'air
Et les fourmis par terre
Chacun est à sa place
Il n'y a pas de mystère
Sauf. . . Toi, toi mon toit
Toi, toi mon tout mon roi
Il cogne au carreau.
-Bonjour. —Ça va ?
-Oui. Et toi ?
-Tu ne serais pas en train
de me faire un petit dans le dos ? Un dossier.
-Pas du tout. Pourquoi tu dis ça ?
-J'ai trouvé un dossier bizarre dans ton tiroir.
Tu vois ce que je veux dire ?
-Oui, je vois. Mais c'est pas ce que tu crois.
C'était pour avant, pour te filer un coup de main.
-C'est gentil. Mais ça fait un moment que je me débrouille sans toi.
-Évidemment. C'est pas ce que je voulais dire.
Tu m'aimes pas trop ?
Je ne suis pas
le genre à piquer le boulot du voisin. - OK.
Peut-être. Excuse-moi, je me suis sans doute fait des idées.
-Salut. -Salut.
-Salut.
J'y vais. À tout à l'heure.
-J'arrive pas à la détester.
-C'est ton jour, tu remets ta couronne en jeu.
Ne joue pas sur tes facilités.
Et bonne chance à la nouvelle quand même. On est fair-play. Allez.
Concentrée, et puis tu joues.
Feu !
-Salut.
-Ah, salut, Emma. Ça va ?
Excuse-moi, c'est la finale. -La finale ?
-Dernier "fight" des photocopieuses. Celle-là gagne depuis 3 ans,
l'autre a été remplacée. Le titre est remis en jeu.
-C'est du recto-verso ? -Ah ben, oui.
La première qui a terminé a gagné.
La Xerox, je lui colle un handicap de 20 feuilles. Elle est rapide.
-Et euh... Qu'est-ce que je voulais dire...
T'es en stage depuis quand ?
-Ça va faire 3 ans, en juin.
Avant j'étais à l'Écho du photocopieur, justement.
-oK. -Allez !
-Tu sais, tu m'avais dit que...
je pouvais te demander un service, n'importe lequel.
Et... j'ai pensé à un truc.
Bon, c'est un peu...
-Yes !
Musique entraînante
-On s'y met?
-Là, maintenant?
-Ben non, finis ta pomme.
J'ai révisé l'amazone et la levrette, ce serait bien de commencer par là.
-Oh !
-Bonjour. -Bonjour.
Vibrations
Salut.
(Ensemble) -Salut.
-Ça va comme tu veux ? -Ça va.
Après ça, je fais un dossier sur les placements...
-On verra, on verra.
J'ai récupéré par la femme de mon notaire une adresse.
Le sexologue à la mode. Gipch.
Et ça se bouscule au portillon.
6 mois d'attente. -C'est quoi, son truc ?
-Il résout tout.
Les problèmes de fantasme, de libido, les blocages en tout genre.
Les gens qui n'arrivent pas à donner satisfaction à leur partenaire.
Appelle de la part de Peter.
-De Peter ou de sa femme ?
-De Peter.
Bon. Note.
01 44
55 67
45. Voilà.
Je compte sur toi.
Ah, Emma.
Vos brèves étaient parfaites.
J'aimerais qu'on se voie un peu,
qu'on réfléchisse...
Il appuie sur la télécommande. Mais calmement.
J'aimerais mettre un numéroscope. -On reprend
l'idée de l'horoscope ?
-Un numéroscope. On reste dans l'économie.
Bip Votre fauteuil devrait se baisser.
Je me suis trompé de touche.
-En fait, c'est pas ça. -Ah oui.
-C'est là qu'il faut pousser. -C'est pas le...
-Il faut pousser là. -Non, attendez.
-C'est pas le fauteuil. Rends-le. Arrête.
-Fais voir.
Le bruit ne vient pas de là. -C'est pas ça.
Arrête de jouer avec mon bip de parking !
-T'as pas de bagnole. -Si. Bientôt.
-Moi, je vais travailler.
Vibrations en continu
Elle geint.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Il faut qu'elle prenne confiance en elle.
-J'arrive pas à la détester.
-Ça va me faire bizarre. J'ai fait toute ma carrière ici.
J'ai tout vu :
les restructurations, les grèves, l'informatisation.
J'en ai vu passer du monde.
-Tu vas être bien dans le Sud. Tu trouveras peut-être des piges.
Tristan est là depuis longtemps ?
-Je dirais 8, 10 ans. Avant il était reporter en Iran.
-Non. C'était en Irak.
-Il a laissé ses affaires ?
-Non. Il est chez une amie.
-Pas du tout. Il vit dans son camping-car.
-N'importe quoi. Il n'a jamais eu de camping-car.
-Il vivrait en communauté dans le 16e.
-Non. -Pas du tout.
-Des enfants '? -Non.
Enfin, rien de précis. Il a été marié à une chercheuse.
Elle a tout lâché pour s'occuper
des bêtes en Afrique. Des...
Comment ça s'appelle ? Ça court vite.
Des panthères tachetées.
-Moi, je me le taperais bien, Tristan.
Tristan sifflote.
-Oh là là là là.
Hé ! Je viens de voir l'escort
dont m'avait parlé Paul.
Pff! Oh là, pouh !
Oh là là. Dire qu'elle fait ça
pour ses études. Les mecs doivent brûler des cierges pour qu'elle redouble.
-En tout cas, t'as l'air retourné.
-J'ai pas pris beaucoup de notes.
-À ce point-là ?
-Une pro, c'est une pro.
-À quoi tu vois ça, en fait? C'est quoi, tu...
Tu l'as essayée ?
-Tiens, Tristan.
-Ah, c'est tout. Ben, merci.
-T'en as jamais assez.
-Ça avance, ton petit dossier ?
-Si on veut pinailler, il manque un encart
sur la sexualité des contrôleurs de la RATP.
Pas facile à approcher.
-Et moins excitant qu'une escort girl.
-Ah oui, c'est sûr.
-Mais euh... T'as vraiment couché avec elle ?
-C'est pour ton dossier ?
Mais dis-moi, t'en es où ?
Fais voir. -Non. C'était juste
pour t'aider.
Mais c'est rien. -Montre-moi.
Ça peut être intéressant.
-C'est bon. -Fais pas ta timide.
Ah, pas de crayon. -Arrête.
-C'est où ? -Arrête. Là, tu m'énerves.
-Montre-moi. Ah ! On n'avait pas dit, pas les stylos.
-Pas les dossiers. Arrête...
-On se voit toujours ce soir ? -Oh là ! Y a une sortie, là.
-Paul m'a demandé de l'accompagner pour un rendez-vous.
-Il sera déguisé en quoi ?
-Pfou... À ce soir.
Il lui tape sur les fesses.
-Au revoir. -Au revoir.
Mademoiselle... Bonjour.
-Bonjour. -Entrez.
-Excusez-moi. Vous ne seriez pas Bob Clark ?
-Hum hum.
-Je vous ai vu hier soir dans Chacun cherche sa chatte.
Et aussi dans...
Celui pour lequel vous avez eu le Hot d'or.
-Le retour du jardinier.
-Emma Dorian. -Enchanté.
-C'est super qu'on se rencontre...
-Catherine, ma femme. Emma. -Bonjour.
-Une fan. -Pas du tout.
Enfin si, j'aime beaucoup votre travail. Vraiment.
C'est bien.
Mais c'est pas pour ça que...
Enfin, bref. Je suis journaliste et on fait un dossier
sur votre milieu.
-Bien. Vous avez une carte ? -Oui.
Je travaille pour un mensuel économique.
-M. et Mme Clark.
C'est à vous.
-Au revoir. -Au revoir.
-Au revoir.
-Je vous écoute.
-En fait, je voudrais essayer de...
Je souhaiterais améliorer mes compétences sexuelles.
Parce qu'en fait...
-Il y a un problème.
-C'est-à-dire qu'avant, je ne me posais pas la question.
Ça se passait bien.
-Non. Il ne faut pas se raconter d'histoires.
Comment l'avez-vous constaté ?
-Disons qu'une expérience récente,
deux même, deux,
j'ai été nulle, m'ont permis de prendre conscience...
-Vous visez la performance ?
-Oui. C'est ça.
-Bien. 3 solutions.
1. Le périnée électronique.
Ça se pratique au Brésil. On substitue au muscle naturel
un muscle artificiel qui a différentes fonctions
vibrations, contractions avec emprisonnement du membre.
Plusieurs clientes l'ont fait. Elles sont ravies.
C'est 30 O00 euros, pose comprise,
garanti 2 ans.
-Et sinon ?
-J'ai personnellement mis au point un coaching
pour former des experts. 95 % de réussite.
Quand les patientes reviennent, c'est soit
parce que le mari est en arrêt à cause des coïts
soit parce qu'il est décédé.
-Ça consiste en quoi ?
-Correction des postures et histoire du sexe.
Parce que c'est un tout.
Pour être efficace au lit, il faut des dates clés.
12000 euros TTC. -Tout compris.
-Écoutez...
Cet été, je présente 3 patientes au championnat de Gif-sur-Yvette.
La performance est mon métier. Les meilleures sont au championnat.
-Je récapitule : on est mariés depuis 15 ans.
On fait l'amour, mais tu prends plus ton pied.
Tu trouves que c'est pas assez varié. -Et toi ?
-Je fais le mec qui s'en fout du moment qu'il tire son coup.
-Ça ne te change pas trop. -N'oublie pas le dictaphone.
-T'as pas envie de changer.
-Arrête avec ça. Je bosse. Je suis pas sur ton divan.
Il faut savoir ce qu'il propose, à quel prix, si c'est du cash.
-On peut caler des séances. Je vous laisse réfléchir.
-Merci. Mademoiselle.
-Liliane, je vous paie pour vous occuper de la porte,
pas pour chater sur Facebook.
-T'as un truc à me dire ?
-C'est pas du tout ce que tu crois.
Il se trouve que Gilbert Gipch
était mon pédiatre quand j'étais petite.
Il m'a soignée pour des problèmes... -De régurgitations ?
Je vais être très clair. Je sais pas à quoi tu joues, mais c'est terminé.
Les fayottes, comme toi,
j'en ai vu débarquer par camions. Si tu t'approches
d'un seul de mes contacts...
-Tu te trompes.
-Ton petit cirque me fatigue.
-Mais...
-Non. C'est tout.
-Tu crois que les mecs s'entraînent?
Y en a la moitié qui devrait commencer par réviser l'anatomie féminine.
-C'est moi qui suis pas au top.
-Arrête avec tes histoires de niveau. Tu me fais flipper.
T'as un PQR ? -Un quoi ?
-Un plan cul régulier, pour te dégourdir la foune.
C'est tendance.
Téléphone
(Voix sensuelle) -Bonjour. Hum hum.
Oh!
J'y serai dans une heure.
Une urgence. -On se voit la semaine prochaine ?
-Je vais peut-être partir en Belgique avec lui.
-Mon frère peut t'aider, il bosse dans une banque.
Je dîne chez lui dimanche, si tu veux venir.
-Je vérifie, je t'appelle.
-Mais on va se revoir.
-J'aurais voulu 1 cours plus précis.
Comme la fellation.
-T'as déjà fait quelques pipes dans ta vie ?
-J'aimerais que tu me montres la version pro.
-On ne peut pas décomposer le geste.
-Y a bien des erreurs à ne pas commettre, des trucs qui marchent.
-Le chaud-froid, ça marche pas mal.
Moi, je prends du whisky ou le sorbet menthe poivrée.
Mais de chez Picard. Éjaculation garantie.
-Ah ouais. C'est pas évident à avoir sur soi.
-Mais pour toi, l'important, c'est que tu prennes ton pied.
Que tu vibres.
-J'ai bien vibré dernièrement.
Elle rit.
Vous percevez bien la différence ?
-Pfou, que ce soit Penelope Bowl, Samantha Pearl
qui vaut quatre fois plus sur le marché, pour moi, c'est kif-kif.
Vous connaissez Catherine, mon épouse.
Emma qu'on a rencontrée chez Gipch. -Éric, je sais.
-Éric ? Vous vous appelez Éric ? -Ouais.
-Ah, c'est drôle. Catherine, c'est votre vrai prénom ?
-Je suis institutrice. Y a pas de pseudo.
-Oui. Pardon.
Pour en revenir à vos partenaires... Il n'y en a pas de meilleures
que d'autres ? -Si. Forcément.
Certaines ont pris des cours, il y a plus de présence.
-Non, non.
Sexuellement.
-Tout ça, c'est technique.
-Ah !
-Pour les filles, il y a un entraînement pour éviter les luxations.
Pour nous, il ne faut pas rater le dénouement.
-C'est-à-dire ?
-Il faut éjaculer au bon moment.
-Ça devait pas être sur l'économie ?
-Si, si. Bien sûr.
Et alors, pour vous, Catherine,
ça ne doit pas être évident d'être
la femme d'un harder...
-Mes copines se demandent si leur mec ne se tape pas la stagiaire.
Moi, je sais qu'il se fait le staff.
-Ah ouais, c'est pratique.
Du coup... -Éric est fatigué.
Il a 4 éjaculations demain.
Si vous avez tout ce qu'il vous faut...
-Bon, je vais me débrouiller.
Je vais récupérer mes affaires.
-Dès que t'as ton diplôme, je te présente le responsable.
-Merci. C'est sympa.
-Comme quoi, on n'est pas obligés de coucher pour réussir.
Dans certains milieux... -C'est une nappe en VPC ?
-Pas du VPC, du PVC.
Je l'ai achetée le lendemain du dîner.
C'est génial. C'est une nappe
qui se lave d'un coup d'éponge, qui ne se froisse pas.
C'est un coton recouvert d'un enduit PVC,
c'est-à-dire en polychlorure de vinyle.
-Tu fais quoi dans la vie ?
-Je lis des magazines, je regarde des trucs à la télé...
Je vis par procuration
des vies qui n'ont rien à voir avec la mienne. Je cuisine
pour mon mari ou pour ma belle-sœur.
Je papote avec la gardienne. Je suis pas foutue d'être enceinte.
Je raconte des trucs sans intérêt qui font rire tout le monde. Bref...
Je suis la doublure de la ménagère de moins de 50 ans.
-Mais non, Béné. T'es notre phare dans la tempête.
Heureusement que t'es là.
-Je me disais un truc.
Tu devrais te maquiller. Un petit trait de kohl, pour le plaisir.
-Ah bon ? -Mais ouais.
Juste là. T'as une présence naturelle.
C'est dommage de ne pas la souligner.
-Ah bon, ben, je vais essayer. -J'ai rendez-vous
avec mon stagiaire.
-Dimanche ?
-C'est effarant -Oui.
Sonnerie
-Waouh ! Oh là là, c'est trop bien.
Oh oh... Oh là, Emma.
Waouh...
Goldorak, go!
Emma crie.
Allez. On jette l'ancre ici.
Ça va te ressourcer, tu vas voir.
Circulation des voitures
Vache qui rit ou Apéricube ?
-Un Apéricube.
T'es allé à Oxford ?
-J'ai fait toute la tournée des Summer camps.
Oxford, Cambridge et autre.
-Vous aviez les moyens.
-Mon père voulait que je parle 4 langues.
Résultat, vers 10, 11 ans, j'ai eu un blocage.
J'ai arrêté de parler. Plus rien.
Ni en français, ni en anglais, ni en flamand.
Les psy lui ont dit que je finirais par être un haut potentiel,
mais qu'il fallait attendre. J'ai vécu chez ma grand-mère et tout est revenu.
-Ben oui, tu t'en es pas mal sorti finalement.
-Ouais. Et aujourd'hui...
il y a notre histoire.
-"Notre histoire" ? Il ne faut pas exagérer.
-Je ne sais pas ce qu'il te faut.
Vanille ou chocolat ?
J'ai parlé de ton problème à mon père,
il nous prête sa maison.
-Yann.
Je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu. On fait nos sessions,
on est bons amis, et puis, c'est tout.
C'est un truc qui se fait entre collègues, pas plus. Tu comprends ?
Tu comprends ?
Il aspire avec sa paille.
Il soupire.
-Thierry ?
Paul veut
que j'interviewe un acteur porno. Là, il m'a pas donné d'adresse.
-Qu'il demande à son charcutier.
-Non mais, comment il s'appelle, l'acteur français qu'on voit partout?
-Bob Clark. -Ah oui.
-Il est un peu "has been".
-Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit?
-Il est un peu "has been".
-Ah, parce que tu t'y connais en acteurs pornos ?
-Non. Pas spécialement.
Je sais qu'il a eu un Hot d'or pour Le retour du jardinier en 2003.
Ça remonte. À mon avis, tu peux trouver mieux.
Il y a Richie Salmon,
un jeune qui monte, qui joue dans Bas les pattes. Ou l'autre
qui a un sexe préhistorique, Bartlomiej Zabriesleski.
Vraiment très performant. Il est polonais. Top.
-Tes parents tenaient un sex-shop ?
-J'ai trouvé ton exercice...
-Ah, toi qui es resté jeune.
Si je te dis acteur porno, tu penses à qui ?
-Vivant ou mort ?
-Putain. Vivant.
-Bob Clark.
-Ah... -Ben voilà. La vérité sort
de la bouche des enfants.
-J'ai appelé Bob Clark. Tu vois de qui je parle ?
Il m'a dit qu'il t'avait déjà répondu. Pas la peine que je le voie.
-Écoute, Tristan. C'est pas du tout ce que tu crois.
-Je ne crois rien, moi. Explique-moi.
-Je l'ai rencontré chez Gipch.
-Pfou. -Si, c'est vrai.
Là, on a discuté un peu.
Et il m'a proposé qu'on se revoie,
de manière plus intime.
-Il t'a draguée ?
Ce con,
il baise toute la journée, mais il faut qu'il chasse. Il a quoi?
-Un problème de sperme. -Bien sûr.
-Si. Il est soumis à une cadence très dure.
Il doit suivre un régime spécial.
-Pourquoi tu l'as interviewé ?
-Ben parce que... on s'était dit ça,
s'il y avait le moindre souci par rapport à sa femme.
C'était un alibi.
-En gros, tu t'es tapé Bob Clark.
-Non. Je ne me tape personne. -J'y crois pas.
C'était comme dans les films ?
-C'est le pro de chez pro. Une précision,
une souplesse.
C'est un autre usage du corps, en fait.
-T'es déjà là, toi.
-Alors ? Tu l'as recadrée ?
-Non. De toute façon, ça sert à rien, elle est complètement barrée.
-Le justicier a baissé sa garde. C'est la fin d'une époque.
-J'arrive pas à la détester.
-Bien. On va faire un point rapide.
J'ai vu tout le monde. Tristan, t'as bouclé ?
-Oui. Il me reste un encart. -On va partir en fabrication.
-Il n'y a que mes papiers, ou quelqu'un d'autre travaille dessus ?
-Non. Qui veux-tu ? C'est toi qui fais le dossier.
Alors. Pour le numéro de février,
j'ai trouvé le sujet choc.
On pourrait faire un numéro spécial. C'est un phénomène récent,
et je ne voudrais pas qu'on arrive 2e ou 3e dessus.
-C'est quoi, alors ?
-La prostitution dans les maisons de retraite.
Qui prend ?
Qui prend ?
Emma, ce serait bien. Un sujet porteur, jamais traité.
-Non. Ça va aller. Les histoires de cul, j'ai eu ma dose.
-Ah bon.
Michèle ?
-Non, non. Je viens de mettre ma mère dans une maison médicalisée.
-C'est peut-être limite, comme sujet. -C'est peut-être limite, mais ça existe.
C'est grave, ça intéresse les gens. Sortez de vos cafés branchés !
Je vous préviens, je vais décider seul.
Autre chose pour les suppléments, et pas question de tergiverser :
l'économie souterraine des nains.
Sous l'angle économique.
-Des nains de jardin ?
-Non, Emma. Les gens de petites tailles.
Qui prend ?
Qui prend ?
Ce sera Michèle.
C'est décidé. On a des objectifs à tenir.
On se revoit jeudi.
Emma, Tristan, dans mon bureau. J'ai besoin de vous voir.
-Je ne peux pas aller à Cabourg, j'ai une réunion en Belgique.
-En Belgique ? -Les actionnaires
sont belges. Vous allez à Cabourg représenter le journal.
Pas en touristes. Vous allez à des tables rondes.
Chacun prépare une intervention.
OK?
-Oui, super. Ça nous fera prendre l'air.
Rien de tel pour souder les équipes.
-Bien. Je vous laisse voir ça.
-Ça te sied parfaitement, ce petit haut.
'Ça Va ?
-Non, ça va pas du tout. C'est la merde. Je suis en panique.
Il faut que je sois bonne. -"Bonne" ?
-Oui. Comme disent les mecs :
"Elle est bonne, elle a l'air bonne..."
Quel est le sens de ce "bonne" ?
-Qu'elle a un cul et des seins.
-C'est forcément être bonne à quelque chose.
On est bonne en maths, aux échecs, au lit.
Une nana est bonne à quelque chose.
-Elle est bonne à s'allonger.
Elle est bonne, limite bonniche.
-T'es sûre ? -Oui. Je suis sûre.
-Bonjour.
Je vous sers quelque chose ? -Je prends comme elle.
-Très bien.
-Je ne sais plus rien. Je...
Elle soupire.
Je ne sais plus comment faire comprendre à un mec qu'il me plaît.
-Là, je peux t'aider.
Un mec, c'est à toi de le regarder bien au fond des yeux,
bien Iubrique et de penser au cul.
Chaque particule
de ton corps doit penser cul, chaque pore de ta peau doit penser cul.
Même si la conversation tourne autour du marxisme,
eh bien, toi, tu penses au cul.
-Cul, cul, cul. -Tu veux une démo ?
-Ah ouais, je veux bien.
-Excusez-moi.
Il nous reste 2 jours à Paris, et nous se savons pas
quoi faire, mon amie et moi.
Nous hésitons entre le musée
du quai Branly ou nous balader
vers la Buttes aux Cailles.
Ou peut-être visiter les jardins de Bagatelle. J'aime bien aussi
cette incertitude,
ce moment où rien n'est figé.
-Je... je... je vous emmène.
-Ah non. Pas tout de suite. Donnez-moi votre carte.
-Oui.
-Merci beaucoup.
-Oui.
-Ah oui, là...
Elle fait claquer son stylo.
-Salut, Tristan. -Salut.
-Souffle.
Souffle, je te dis.
Elle souffle.
C'est ouf ce qu'on gaspille, comme fourniture.
Dis-moi, ce serait bien qu'on se fasse un débriefe en tête à tête.
-Ouais, mais pas ce soir...
j'ai piscine.
-Est-ce que t'as des courbatures ?
-Non, Yann. Je n'ai pas de courbatures. -J'en étais sûr.
Tu fais pas travailler tous tes muscles. Il faut mobiliser tous tes organes.
On se voit après ta piscine.
-Avant la prochaine séance,
vous allez faire une petite expérience.
Vous buvez ça, avant l'acte.
Vous vivrez un moment merveilleux.
Je ne pourrai pas toujours vous prendre en urgence.
Vous ne pouvez pas fonctionner au coup par coup.
-Merci beaucoup, docteur.
-Liliane!
-Ça fait 15 ans qu'il est parti.
Après l'accident, j'ai eu tellement de souci.
-Tu vas pas recommencer.
-Je peux parler avec Bénédicte.
A l'hôpital,
le médecin nous a dit que c'était une hémorragie
interne... -Allô ?
Il lui restait peu de temps.
-Je peux pas parler.
Je suis chez ma mère. -De la purée ?
*—Ne me fais pas ça. Je bosse comme un malade pour toi.
-Je... *- T'as pas le droit !
-Yann, désolée, j'ai un problème de réseau.
Je capte très mal.
Elle tape dans le four.
Elle met la hotte en marche. Je t'entends plus ! Je te rappelle.
C'est mon stagiaire. Il élargit trop ses attributions.
-Tu sais...
Je me fais du souci pour ta maman.
C'est dur de vivre seule,
pour une femme dans cette société égoïste,
privée de tout repère.
Si Ben venait à disparaître...
Je te trouve un peu déprimée ces derniers temps.
-Tu trouves ? Non. Je ne sais pas.
Heureusement que vous êtes là. Un jour, tu auras une autre famille.
-Oui. J'ai déjà du mal à m'intégrer moi-même.
-J'ai un mal de crâne. -Prends dans mon sac, j'ai un truc.
-Merci.
-Tant que j'ai pas demandé à mon n+1, je peux rien faire.
Il faut qu'on se consulte, qu'on voie si on va s'entendre...
-Hum hum... ...avant de rédiger...
Ça va, ma chérie ?
-Oui, oui, oui. J'ai chaud.
-Enfin bref,
c'est pas gagné au niveau européen. Les directives changent.
On va se consulter,
et on verra bien. On ne rédige pas les textes.
Elle soupire.
C'est...
On... on se consulte
entre collègues parce qu'on est... On est combien...
On est combien au bureau ? On doit être quatre.
Le temps de se consulter,
le temps d'avoir...
De toute façon, on s'en fout, c'est pas nous qui rédigeons les textes.
Elle gémit. On va... Y a des gars pour ça.
-Chéri, on va pas pouvoir rester.
Humm... Allez. Ah.
Elle gémit.
Excuse-moi, mon chéri.
Oh, je peux pas attendre.
Allez viens. Viens.
Un chat miaule.
-Oh !
-Oh... Je suis gênée.
Écoute, je ne sais pas ce qui m'a pris.
-C'est pas grave, ma chérie.
-J'ai tellement honte. Non, mais j'ai honte, tellement honte.
C'est comme si j'étais possédée.
-C'était pas désagréable du tout. C'était même...
très... bien.
Très, très bien.
-Je suis rassurée. Tu ne vas pas me quitter ?
-Mais non. Non.
Allô, maman.
Tout va très bien. Dis-moi une chose,
l'épice dans ton plat, hier, c'était quoi ?
De la cardamome ? Ah bon ?
Téléphone
Sonnerie du portable
-Tu réponds pas au téléphone ?
-Yann, j'ai un papier
à terminer.
-Tu crois que t'arrives au bon niveau ?
Je bosse, là.
-Écoute, Yann.
On a fait un petit entraînement. Je te remercie pour ton aide.
Merci, ça m'a beaucoup aidée.
Je dois faire mon chemin toute seule. -T'es découragée.
-Non, ça va.
-Non.
Tu délires.
T'es au bout du rouleau.
Ça devient mon problème.
-Non. Je vais m'en sortir seule.
-Si on arrête de se voir, je balance tout à tout le monde. Tout.
On se voit jeudi.
-Si vous pouviez
me donner des conseils, ce serait génial.
-Vous avez ma carte. Rappelez-moi après votre stage.
-D'accord. À bientôt, alors.
-Toi qui méprisais la presse gratuite... -Pas du tout.
Quand j'étais étudiant, j'étais chef de rubrique à Casto Mag.
-Non ? Tu n'as donc pas toujours été cette grande plume altermondialiste ?
-Eh ben non. Je t'invite à dîner avec mes notes de frais ?
-Ouais.
-Moi, le couple,
les projets de vie, les crédits,
tous ces trucs
qui te pètent à la gueule avant l'échéance...
-Tu veux pas une vraie histoire.
-J'ai pas dit ça.
C'est quoi ?
Un forfait "al| inclusive" avec 20 ans d'engagement ?
Moi, je préfère les petits bouts éparpillés,
le vrac, les pépites.
Pas un package, spécial couillon, avec rien dedans.
T'as une bonne descente,
pour une limace.
-Méfie-toi. Moi, passé la 1re bouteille, je ne réponds plus de rien.
-C'était bien notre moment d'intimité.
-C'est pas ce que tu as eu l'air de dire le lendemain.
-J'ai dit quoi ?
-Tu m'as fait comprendre que j'étais pas au top.
-Arrête. T'as quand même pas cru qu'on avait couché ensemble ?
-On n'a pas couché ensemble ?
-Bah pas du tout. Plutôt mourir.
-Je te remercie.
-Mais non... Je ne suis pas du genre à profiter d'une femme dans le coma.
-Je t'ai cru, moi.
Ben, quoi ? Techniquement, c'était pas impossible.
-Euh non. Oui, non. Techniquement, non, c'est sûr.
-Il faudrait y aller.
Musique romantique
Attends. Attends, deux secondes.
C'est quoi, ce bordel ?
Oh, putain.
Bip de SMS
Calme, calme. Hum.
Elle pousse des petits cris.
Non. Hum hum, cambre. Ouais, c'est bien.
Musique mélancolique
-Et voilà. Je t'ai tout mis là-dessus.
-T'as tout mis quoi ? -Ton bilan.
Je t'en avais parlé.
-Tout le monde va arriver. On voit ça plus tard.
-Je peux afficher les résultats dans l'ascenseur.
Bon. Alors...
Concernant la progression générale, il y a un bon trend.
-Super.
-Détends-toi. On arrive au mapping résultats sur objectifs.
-Bon, accélère. -Attends.
La grande conclusion est sur la page d'après.
Concernant
ta capacité à rassurer
ton compagnon post-coït. Quoi ?
-Bonjour, Emma Toujours sur le pont.
N'oubliez pas le papier sur Trouvons.com.
J'appelle Gaillard et on en reparle. -Voilà.
-Yann ? Vous viendrez dans mon bureau pour le dossier
crédit obsèques longue durée.
-Passionnant.
-T'es sûr que tu veux partir ?
C'est dommage.
J'avais un beau sujet à te proposer. Le lobby des femmes au foyer :
sources de financement, cooptation.
Réseaux clandestins.
-Sans oublier la dépendance aux produits ménagers.
-T'es en phase avec la ligne du journal.
-Et toi, t'es en phase ?
-À ton avis ?
Téléphone Excuse-moi.
*-C'est votre garagiste. -Passez-le-moi.
*-Bien, monsieur.
-Je lui ai dit
qu'on en mangeait depuis une semaine. C'est une overdose.
-Qu'est-ce qui t'a possédée ?
Réfléchissons.
On commémorait la mort de papa.
Comment ça s'appelle, ces gens qui...
-Ah, je suis chaude.
-C'est ça, le truc. La mort de papa.
Tu es nécro.
-On peut en parler plus tard.
Rires
-C'est Peter. Il nous rejoint pour le café.
Il bosse dans la presse éco, il pourra t'aider à changer de boulot.
Elle est en formation,
mais elle est passionnée.
Tu pourrais peut-être lui apprendre des trucs.
Elle est assez "open".
-Si ça te fait plaisir.
Excuse-moi.
Ah oui. Oui ?
Oui, bien sûr.
-Emma, qu'est-ce que tu fabriquais ? Ah, Peter.
Je te présente Emma dont je t'ai parlé.
Emma, voici Peter, mon favori...
insatiable et increvable. -Enchanté.
Je suis désolé, je dois y aller. Nous avons des amis à dîner.
Au revoir.
-C'est dommage.
Je lui ai dit que tu étais en apprentissage, et que t'en voulais.
Sonnerie du portable et répondeur du téléphone
*-Bonjour, je m'appelle Jules...
*Yann m'a dit que vous vous entraîniez
*pour devenir le meilleur coup de Paris. Bip message
*Je suis intéressé. Vous pouvez me joindre au...
Les messages défilent.
*-Bonjour, c'est Thierry du journal.
Yann nous a tout raconté. Si tu veux parler, je suis là.
On sonne à la porte. *Je t'embrasse. N'hésite pas.
Voix sourdes
-Ah !
Elle crie.
Cloches
-C'était pas mal. -Pas mal, oui.
On y va. Faut pas louper le Père-Lachaise.
-Ça n'a pas l'air terrible.
-La cérémonie était top.
-Qu'est-ce que vous faites là ?
T'as perdu quelqu'un de ta famille ?
-Non. Un ami à moi. -Ah bon, qui ?
-Comment il s'appelle ?
-Raymond Mullard.
-Tu nous excuses, il faut qu'on y aille.
-Bob Clark a appelé pour toi.
Il dit que tu peux venir sur le tournage de Pas de panne pour le plombier.
T'avais fait une demande.
-Un malentendu.
-J'en sais rien.
-Vous venez bien
au pot de Nicole, ce soir ? Téléphone
-Allô ?
*-Mlle Dorian ? -C'est moi.
*-Secrétariat du docteur Gipch. Vous êtes prise à Gif-sur-Yvette.
-Où ça ?
*-Le concours du docteur.
Bip de SMS
-Je vous sens gênée, mais pas de problème, il s'est rien passé.
Rien du tout, hein ? Bien.
Chers amis, je vous demande un moment d'attention.
Nicole. Ma chère Nicole.
Le grand jour est arrivé, tu nous quittes.
Je crois pouvoir dire, sans qu'on me contredise,
que tu vas nous manquer.
Yann qui fut, pendant un certain temps,
ton stagiaire a tenu à faire lui-même
le discours.
Je lui laisse la parole.
*-1, 2. Ouais, ça marche.
*Nicole, quand...
*je suis arrivé à mon poste de stagiaire,
*tu m'as regardé dans les yeux
*en me disant : "Tu dois voir au-delà de la photocopieuse",
*et essayer d'imaginer.-. -Alors ? Fière de ton homme ?
-C'est pas ce que tu crois.
-Je croyais que tu te tapais le fils de l'actionnaire pour ta carrière.
-Qui ?
-Le fils de l'actionnaire, le poète du SMS.
-C'est ça. Et Nicole, c'est Lady Gaga.
D'ailleurs, elle va nous faire un show.
-Pour une journaliste, t'es pas très renseignée.
Tu peux pas tout maîtriser.
Y a des bugs parfois. On a tous nos moments de faiblesse, même toi.
*-Bonne route, Nicole.
-Bravo ! -Bravo, Yann.
-Je profite que nous soyons réunis pour vous annoncer 2 autres départs.
Tristan...
va rejoindre une publication concurrente,
plus en adéquation, moins...
Comment dire...
Enfin, il nous quitte.
Yann, dès lundi, rejoint un autre titre du groupe
où, en tant que stagiaire senior et expert en contrats d'assurance,
il pourra chapoter un jeune nouveau stagiaire.
Enfin, j'ai la joie d'annoncer
qu'Emma va devenir rédactrice en chef,
ce qui est une très juste promotion. -Ah carrément.
-Bonne journée à tous.
Le bar est ouvert. Téléphone portable
-Allô ? Non, ça ne va pas être possible,
parce que je, je...
Non, mais je...
Je ne veux plus d'entraînement, je ne veux plus rien.
Voilà. Je vais rester en l'état.
Votre périnée électronique, vous pouvez vous le foutre dans le cul.
Quoi ?
Je m'en fous de l'autre psychopathe qui se prend pour Goldorak.
Le carnet d'adresses d'un vieil has been aussi.
Et surtout, je ne verrouille plus rien.
Je suis fatiguée.
Vous pouvez comprendre ça ?
Et si un mec à l'idée de venir me draguer,
qu'il aille faire un stage de remise à niveau.
Et si j'ai zéro en fellation, j'en ai rien à foutre.
Moi aussi, je démissionne.
-Non, non, Emma. -Si, si, Peter. Peter, je m'en vais.
Vos nains dans les maisons de retraite, dites-leur bonjour de ma part.
-Mes amis, servez-vous, servez-vous.
"La beauté de l'amour" (Arthur H)
À la sortie de la villa Juste après l'orage
Tu as trébuché, j'ai démarré On a pris le large
Quitter les rivages Quitter les indélicatesses
l'âme légère et sans personne pour nous tenir en laisse
Gémissements
-J'ai bien peur d'avoir
une petite panne de limace, là.
Oui. Désolé...
-La reprise du trafic est prévue pour quand ?
-Bah, le temps de prendre un petit remontant.
C'est le cœur...
C'est le cœur...
C'est le cœur...
du mystère
La beauté...
de l'amour
La beauté de l'amour
La beauté de l'amour
"La beauté de |'amour" (Arthur H et Izia)
Musique douce
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