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Ma mère mourut, j'étais toute petite.
Mon père avait gardé, dix ans, leur gâteau de mariage au freezer.
Après l'enterrement, il le donna au jardinier.
Il jouait à l'insouciant...
mais sa petite étrangère ne le consola jamais.
Espérant recommencer sa vie loin du théâtre de son malheur...
il m'emmena dans le Sud Dakota.
Un dollar si tu manges ce Colley.
Pas pour un dollar.
D'ailleurs, ça doit pas être un Colley.
Gare à la tête !
T'as une cigarette ?
Il me filera pas une cigarette.
Il ne parle pas beaucoup.
Ça, non, il est pas bavard.
Qui aurait cru que mon aventure naissant dans cette petite ville...
s'achèverait dans le Montana.
Eh ben, essaye-les.
C'est ta taille, file-moi un dollar.
Neuves, elles en valent 20.
Regarde si elles te vont.
Cette dame règle pas ses factures.
Elle va finir par avoir des problèmes.
J'en ai assez pour aujourd'hui. A demain.
LA BALADE SAUVAGE
Je m'appelle Kit.
Je te dérange pas ?
J'ai eu envie de te dire un p'tit bonjour.
J'essaye tout une fois.
- Toi, comment tu t'appelles ? - Holly.
Oui, ben, euh... on va se balader ?
Pourquoi ?
J'ai des trucs à dire c'est pas courant.
Les gens ont plutôt le cerveau embué.
A propos, mon nom c'est Carruthers.
Pas génial, hein ?
Ça me va.
On m'a pas demandé mon avis.
On me l'a accroché dans le dos.
Tu vas à l'école ?
Non. J'ai un boulot.
Lequel ?
Ça m'est égal de me lever tôt. Je ramasse les poubelles.
Ça m'emballe pas trop.
C'est mon père. Il faut que je parte.
Je te revois quand ?
Je sais ce qu'il va dire.
- Je peux être franche ? - Bien sûr.
On ne doit pas me voir avec un type qui ramasse les poubelles.
Il dira ca ?
- Qu'est-ce qu'il y connaît ? - Rien.
Plutôt, il veut rien y connaître. Il faut que je rentre.
Qui c'était ?
Un type.
Ça va tuer les herbes ?
Et il voulait ?
Savoir s'il y avait pas un travail pour lui.
J'ai dit "non" et qu'il nous ennuie plus.
Tu connais la nouvelle ?
Ça fait les gros titres.
T'es viré.
C'est pas formidable ?
Tu parles !
J'ai plus besoin des clés. Je te les range là.
J'ai mon chien.
Tu as déjà travaillé ?
J'ai ramassé les poubelles.
Tu as perdu ta place ?
Je ne serais pas là, sinon.
Pourquoi es-tu parti ?
J'en ai eu envie.
Pour quel travail te crois-tu qualifié ?
A la seconde, là, je ne vois rien.
Inscrivez quelque chose pour prouver que je suis passé.
Tiens, tu veux t'occuper de bétail ?
Pourquoi pas ?
Pourvu qu'il y ait de l'air.
Il avait un de ces charmes.
Il me rappelait James Dean.
Ah, le monde est petit.
J'ai quitté mon travail.
J'ai eu raison, non ? Qu'est-ce que tu fais ?
De l'espagnol.
Dis-moi : " Quitté mon travail" en espagnol ?
Mi trabajo quelque chose.
Je vais devenir cow-boy.
J'y ai réfléchi.
C'est un boulot comme un autre.
Qu'est-ce que t'en dis ?
Je ne sais pas.
On se fichera plus de mes bottes.
On prend ma voiture ?
J'ai des devoirs.
Emporte-les.
On jette des papiers sur le trottoir.
Si on fait tous ça, ca sera un de ces chantiers !
Tu es rousse.
On t'appelle "la rouquine" ?
Oui, mais ça me plaît pas.
Pourquoi ?
J'ai mal au crâne.
On se voit demain ?
D'accord.
Kit alla au parc à bestiaux. Je poursuivais mes études.
Peu à peu, on commença à s'aimer.
On ne m'avait jamais tellement remarquée à l'école...
et ca m'a étonnée qu'il s'intéresse à moi.
Surtout qu'il pouvait avoir n'importe quelle fille de la ville.
Il disait que j'étais chouette, mais que je ne l'intéressais pas sexuellement...
et que venant de lui, c'était un compliment.
Il avait jamais connu de fille de 15 ans, si adulte...
et si peu godiche.
Il se fichait de l'opinion des gens.
Je lui plaisais.
Je parlais pas trop et ça lui plaisait aussi.
C'est beau, ce coin.
Oui, grâce aux arbres.
Et aux fleurs.
Faut pas les cueillir.
Elles sont si belles.
A toi.
Tout se faisait en cachette de mon père.
Il aurait eu une attaque. Un sale type qui avait dix ans de plus que moi.
Nous ne vivions que pour les précieuses heures que nous passions ensemble...
loin des tracasseries du monde.
J'ai l'estomac qui grouille.
Y a un vieil esquimau. Tu le veux ?
Non.
Quelqu'un en profitera.
Ça m'est égal.
Les petits Coréens en mangent bien.
Dans la boue et la puanteur...
il se souvenait de notre soirée.
De ma main qui courait dans ses cheveux.
De mon doigt sur ses lèvres.
Il voulait mourir avec moi. Je rêvais de me perdre dans ses bras.
Ma seule faute de cette période...
c'est d'avoir jeté mon poisson malade.
J'en ai eu un autre. Mais ça me turlupinait. J'en ai parlé à Kit.
Ça ne me gênait pas de lui raconter ca.
Il faisait, lui aussi, des choses bizarres.
Par exemple, il truquait sa signature pour qu'on ne l'imite pas.
Dans son lit, la nuit, il entendait un bruit.
Comme si on appliquait un coquillage sur son oreille.
Parfois, il me voyait approcher en robe blanche.
Je posais ma main fraîche sur son front.
Ça s'est passé comme il fallait ?
Oui.
Et c'est tout ?
Pourquoi on en parle tant ?
J'en sais rien, moi.
C'est fait. Tant mieux.
J'avais peur de mourir avant...
dans un accident de voiture, par exemple.
Tu vois l'arbre là-bas ?
L'eau a dû arracher les racines.
Tu te fiches de ce que je raconte.
J'ai une idée.
On devrait s'écraser une main.
Ainsi on n'oublierait jamais ce qui s'est passé.
Ça ferait mal.
C'est bien pour ça, idiote.
Ne me traite pas d'idiote.
Bon, mais je le garde en souvenir.
Un autre, plus léger.
Kit jura qu'il resterait près de moi.
Que rien ne nous séparerait.
Il écrivit le serment, mit le papier et certains objets...
dans une boîte qu'il attacha à un ballon trouvé dans une poubelle.
Le coeur serré, il regarda s'envoler le ballon.
Il dut sentir...
que ces jours de bonheur...
disparaissaient à jamais.
Peu après, mon père découvrit que je le voyais en cachette.
Il entra dans une rage folle.
Pour me punir, il tua mon chien.
Il me fit prendre des cours supplémentaires de musique.
La clarinette réussirait peut-être à me tirer de la rue.
C'est très chouette.
Qu'est-ce que tu viens faire ?
Je savais pas que c'était interdit.
Dites, Holly.
Elle représente beaucoup pour moi.
C'est la première fois...
qu'on me demande des comptes sur ma p'tite amie.
D'ailleurs, j'en avais pas.
Sans blague ?
Je peux m'asseoir là-dessus ?
J'ai beaucoup de respect pour elle.
Qu'est-ce que je pourrais dire ?
Rien... merci.
Où finirait-elle si elle allait avec un type comme toi ?
Elle serait très bien.
Et sinon, elle pourrait me quitter.
Oui, je ne l'empêcherais pas.
Je dirais que c'était de ma faute.
Je ne veux plus te revoir traîner dans le coin.
Compris ?
Fumiste !
Il faut de tout, m'sieur.
Qu'est-ce que tu fais ?
J'ai une arme, m'sieur.
Ça peut toujours servir.
Non mais, où tu te crois ?
Allez, dehors.
Eh ben, j'ai tout prévu.
J'emmène Holly.
J'avertis la police.
- Pourquoi ? - Effraction à main armée.
Vous ferez pas ça.
Pourquoi ?
Parce que je veux pas.
Attendez.
Si je vous descendais ? Qu'est-ce que vous en dites ?
Vous voulez écouter le bruit ?
C'est Holly.
Ça va papa ?
Je l'ai pris de face.
C'est grave ?
Je pourrais voir.
Appelons un docteur.
Je raconterai ce qui s'est passé.
Ça marcherait pas.
C'est trop tard.
Va voir, si tu ne me crois pas.
J'ai trouvé un toaster.
Ne t'inquiète pas.
On devrait peut-être avertir quelqu'un.
Tu l'as déjà dit...
c'est trop tard.
Pourquoi ?
On ne m'écoutera pas.
Toi non plus. Tu rigoles ?
Et si on nous a entendus ?
Ça serait pas drôle.
Je reviens.
Appelle la police si tu veux. Mais tu me feras pas un cadeau.
Ma p'tite amie Holly, et moi, on va en finir...
j'ai tué son père. Belle décision.
La raison est évidente...
j'ai pas le temps d'expliquer.
Un détail quand même...
il me provoquait.
Alors c'est parti.
On est navrés.
Ça fait jamais tellement plaisir... pas à nous en tout cas.
On a quand même rigolé.
Plus que bien des gens.
Fin de message. J'ai plus rien à dire.
Merci.
Kit laissa tourner le disque pour que le Sheriff Holt le trouve.
Il jouait sur le temps.
Il me fit prendre mes cahiers pour rester dans le coup.
On commencerait une nouvelle vie, on changerait de nom.
Il s'appellerait James, moi Priscilla.
On se cacherait dans le Nord.
Là, les gens ne posent pas trop de questions.
J'aurais pu m'éclipser par une autre porte...
mais je me sentais liée à Kit.
Autant passer une semaine avec quelqu'un qui m'aimait pour ce que j'étais...
que des années de solitude.
Comment tu vas ?
Ça va.
Un peu fatiguée.
Moi aussi.
On se cacha près d'une rivière, dans des peupliers.
C'était la saison des crues.
On bâtit une hutte dans les arbres avec des branches d'osier et de tamaris.
Toute plante avait son utilité.
On truffa le sol de cachettes.
On commençait la journée...
par établir un mot de passe.
La nuit, on volait un poulet, du maïs...
ou quelques melons.
Souvent, on restait étendus à observer les nuages.
On se serait cru dans une salle de marbre...
à notre façon de chuchoter, de percevoir le moindre bruit.
La police, n'ayant pas trouvé d'os...
devait nous rechercher. Kit s'y était préparé.
Il me donna des cours sur les armes.
Comment les démonter et les remonter...
au cas où je continuerais sans lui.
Il disait : Si le diable m'attaquait, je le descendrais.
Un jour j'ai porté 15 kilos de bois sur 6 km.
Un autre jour, je me suis fait les yeux...
pour savoir ce que ça donnait.
On a eu quelques brouilles.
Selon lui, je n'étais là que pour la balade.
Parfois je souhaitais qu'il tombe à l'eau pour le voir se noyer.
Arrête un peu !
Te fatigue pas trop !
Mais en général, tout allait pour le mieux.
Un des poulets est mort.
J'allais marcher dessus.
" Le Kontiki ne progressait pas tout à fait normalement.
Nous connaissions trop le rythme des lochs.
Je pensais à l'attraction d'une côte.
Je grimpais sans cesse au mât. "
Il était nerveux.
"Le temps passait. Un peu avant 6 heures...
Toratein dégringola de la vigie.
Il apercevait une ligne de palmiers à l'horizon. "
J'appris à aimer la forêt.
Le roucoulement des colombes, le bourdonnement des libellules...
me donnaient l'impression d'être seule au monde.
Un frémissement de feuilles, c'était les esprits qui murmuraient...
leur mécontentement.
Un jour, alors que je regardais des photos...
je réalisais brusquement que je n'étais qu'une fille née au Texas...
dont le père était peintre sur affiches...
et qui avait si peu d'années devant elle.
J'en eus la chair de poule.
Où serais-je...
si Kit ne m'avait pas abordée...
ou tué quelqu'un ?
En ce moment précis.
Si maman n'avait pas connu papa.
Si elle n'était pas morte.
A quoi ressemble mon futur mari ?
Que fait-il à cette minute ?
Pense-t-il à moi par hasard même s'il ne me connaît pas ?
Ça se voit, sur son visage ?
Ensuite je vécus dans la crainte.
Je souhaitais parfois me réveiller en quelque lieu magique.
Mais ça ne s'est jamais produit.
Tire-toi, vite.
Voilà quelqu'un.
Cache-toi.
Allez, grimpe !
Pas besoin de ca.
Il n'était pas très fier d'avoir tiré dans le dos.
Mais il disait qu'ils n'auraient reculé devant aucun moyen.
Et il les avait entendus chuchoter :
seule la prime les intéressait.
Si ç'avait été des policiers...
faisant leur boulot, ils auraient eu droit à une chance.
Pas un chasseur de prime.
On partit chez une "relation de poubelles " de Kit.
Tu vas, Cato ?
Pas trop mal.
Et tu deviens ?
Je tiens ça pour un type.
C'est plutôt calme.
C'est toujours mieux que les poubelles.
Où tu as trouvé ces bois ?
Ici, avec la maison.
Ma petite amie...
Holly Sargis.
Et celle du fou, tout nu, qui porte un chapeau et des gants.
L'infirmière lui dit : "Faut pas vous promener comme ça ! "
Il dit : "Y a personne dans le coin. "
Elle dit :
"Alors pourquoi le chapeau et les gants ? "
"Ben... on sait jamais. "
C'est drôle, non ?
Oui, je crois.
Elle joue aussi de la clarinette.
Vous ne vous ennuyez pas ?
Parfois.
L'autre jour...
y a un type qui a trouvé des pièces d'or...
en labourant par là.
Des pièces espagnoles.
Et tu l'as cru ?
- Il m'en a montré une. - A quoi ça ressemble ?
C'est rond. Et en or.
- Où ca ? - Dans ce champ, là-bas.
Je peux te montrer.
Finissons de manger.
On va pousser jusqu'au Texas.
Holly a de la famille à voir. Après, je ne sais pas.
On dit que le Mexique, c'est pas mal.
Je vais prendre une pelle.
Je vous rejoins.
- J'ai trouvé ça par terre. - Pose-le, c'est crasseux.
Hé, ils sont gros !
Elle est dans le camion.
Il n'a jamais expliqué son geste.
Il disait que ça porterait malheur d'en parler.
Et que c'était pas le moment.
T'en parlais jamais.
Regarde ce fatras.
Comment va-t-il ?
Je l'ai touché à l'estomac.
Il t'en veut ?
Il ne m'a rien dit.
Quel fatras !
Il a volé cette cage...
je l'ai vu faire.
On n'a pas de quoi s'offrir ça.
Je regarde.
Va plutôt lui tenir compagnie.
C'est à vous l'araignée ?
Dans la bouteille ?
Ça mange quoi ?
Des mouches...
des sauterelles quand j'en attrape.
Elle mord ?
Moi, jamais.
Où est Cato ?
Il est parti.
Où ca ?
J'ai pas à le dire.
Il a dit que tu nous déposerais en ville.
Tu as bien une Studebaker ?
Je prends quelque chose.
Pas question.
Quoi ?
Si tu entres, je te tue.
Que se passe-t-il ?
C'est trop risqué.
Venez par ici.
On fait un tour dans les champs. Non, laisse tomber.
Je t'ai quand même à l'oeil.
Qu'est-ce qu'on va devenir ?
Demande à Kit.
Il dit : "Fais le beau" et j'aboie.
Comment s'appelle ton ami ?
Tu l'aimes ?
J'en sais rien.
Faut que je reste avec lui. Il se sent piégé.
Je comprends.
Je l'ai déjà ressenti. Pas toi ?
Descendez là-dedans.
Vous y resterez une heure ?
Et je vais croire ça ?
Je ferme la porte.
Je les ai eus ?
Je n'irai pas vérifier.
Ça m'a fichu un coup terrible.
Kit avait le pistolet facile.
Du moment que c'était pour se protéger...
on avait le droit de tuer les témoins.
Il ne fallait pas venir se plaindre plus tard.
Il ne m'avait jamais paru violent...
sauf une fois. Il avait eu envie d'éliminer deux types...
il me dit pas qui.
Bizarre comme on connaît quelqu'un en ignorant tout de lui.
On est embarqués...
si on nous arrête.
Pourquoi l'as-tu mis là ?
Pour l'abriter du soleil.
Je n'éprouvais ni honte ni crainte... j'étais hébétée.
Comme "assise" dans une baignoire déjà vidée.
- Fatiguée ? - Oui.
Tu en as l'air.
Quand tout sera fini, je t'offre un énorme steak.
Je veux pas de steak.
On en reparlera.
Je vais porter le chapeau pour ça aussi.
Enfoirés !
Tout le pays nous recherchait... où Kit allait-il frapper ?
Les rues se vidaient...
les volets se fermaient, les rideaux se baissaient.
Tout ce qui avait un uniforme était en état d'alerte.
Les enfants des écoles étaient protégés.
On appela un détective célèbre de Boston.
Il ne trouva rien.
Les gens dormaient la lumière allumée.
Le prof de musique me croyait innocente, les autres, non.
Le jeudi, le Gouverneur envoya la garde surveiller la banque fédérale.
Le bruit courait que Kit allait l'attaquer.
Comme si les Russes avaient débarqué.
On chercha à se ravitailler dans une villa.
Ce serait plus rapide et moins dangereux qu'en ville.
La bonne nous ouvrit.
C'est pour le gaz. J'ai mes outils là-dedans.
Holly. Elle est du Texas.
Elle était sourde, mais on l'apprit plus tard.
Désolé si on tombe mal.
Y a personne à part vous ?
Parfait.
Oh, on est recherchés.
On aimerait rester deux petites heures. Ça ira ?
Comme vous voudrez.
Si je sonne de nouveau, ça veut dire : "Faut filer".
Je laissai Kit et je sortis faire un tour.
La journée était calme. Je ne le remarquai pas, j'étais songeuse...
mais je ne pensais pas à fuir.
Le monde était comme une planète inaccessible.
Je songeais : quel endroit merveilleux...
où il était si facile de s'amuser.
Ecoutez vos aînés.
Ils pigent pas mal de choses. Ne les rejetez pas.
Y a toujours une chance de se cultiver.
Ayez l'esprit ouvert.
Soyez compréhensifs envers les autres.
Tenez compte de tous les avis.
Mais acceptez la majorité une fois établie.
Holly et moi, on s'amuse pas mal.
Ça dure encore...
on n'est pas pris.
Excusez la grammaire.
Il joue avec le dictaphone.
Parfois, on dirait qu'il lui manque une case.
J'espère que ça m'arrivera jamais.
Il est fou, selon vous.
J'en sais rien. Bizarre, peut-être.
On dit que je le mène par le bout du nez...
je lui ai jamais dit de tuer quelqu'un.
J'aime bien votre maison.
M. Scarborough ?
Il a de la fièvre. Il est malade.
Vraiment ?
Vaut mieux pas entrer, c'est contagieux.
On veut pas déclencher une épidémie.
Je comprends.
Mais il m'a téléphoné hier soir.
Il m'a prié de venir.
Hier, ça allait bien.
C'est quoi, ça ?
Je peux laisser un message ?
Faut m'excuser.
Faut que je rentre.
Hé, Tex, on lève le camp !
- Que faites-vous ? - Je réfléchis.
Un passe-temps comme un autre. Elle est réglo ?
- On emprunte la Cadillac. D'accord ? - Oui.
Holly conduira pas.
La liste de ce que je prends... avec la voiture.
Allons-y.
On est copains ? Pas de blague, hein ?
Il peut vendre la liste comme spécimen de mon écriture.
- Tu es toujours devant ! - Toi, tu es toujours derrière.
- Arrête. - On t'a déjà fait ça ?
- Catégorique ? - Oui.
Je pourrai jamais le savoir.
C'est un gouffre cette bicoque.
Et ce qui va avec les voitures.
Et on croit que l'argent résout tous les problèmes.
Ben, c'est pas vrai.
Je voudrais partir.
Une seconde, je démarre.
Je me fais beau.
Craignant les barrages...
on prit à travers les "grandes plaines ".
Kit me dit d'apprécier le paysage, ce que je fis.
" Potin : Pat Boone mettrait fin à sa carrière...
pour reprendre et terminer ses études.
En réalité : Pat a dit que tant que sa carrière marcherait...
les études passeraient au second plan. "
Il a pas tort.
"Potin : Frank Sinatra et Rita Hayworth sont amoureux.
En réalité : c'est vrai, mais pas l'un de l'autre. "
De déserts en plateaux, à travers d'immense champs...
nous progressions...
vers le Montana en suivant les lignes téléphoniques.
Pour manger, Kit écrasait une vache, il économisait les munitions.
Un jour, on mangea de la graminée. Ça avait le goût de chou.
Pour nous ravitailler en essence, nous nous servions...
directement dans les pipelines.
Peu à peu nous approchions de la frontière.
Il était heureux de quitter le Sud Dakota. Il le maudissait.
Il disait que si les rouges envoyaient la bombe A...
il souhaiterait qu'elle tombe sur Rapid City.
Le Montana est par là.
Je n'y suis jamais allé.
Un de mes copains, oui... moi non.
J'avais pas de raison.
L'emblème, c'est la sturnelle.
On vécut isolés de tout, ni ici, ni là.
"Dans la solitude" lui paraissait plus représenter ce que je pensais.
Quelle que soit l'expression, ça ne pouvait plus continuer.
Pourquoi pas ?
Je m'amuse, enfin je râle pas.
On vit comme des animaux. Pas de quoi se laver.
Rien de valable à manger.
Je te pêcherai une truite dans la montagne.
Tout le monde aime la truite.
Je suis sérieuse.
Au loin, j'aperçus un train progresser silencieusement.
Comme la caravane dans Marco Polo.
Nos retrouvailles avec la civilisation.
Je voulus m'approcher.
Avant de partir, il tira sur un ballon qu'il jugeait superflu.
Il enterra certaines de nos affaires.
Nul ne saurait où nous les cachions.
Si on revenait, on les retrouverait intactes.
Nous, nous aurions changé.
Si on ne revenait pas...
quelqu'un les découvrirait, interloqué, dans des siècles.
On aurait pu grimper dessus.
Il allait trop vite.
En mettant la voiture sur la voie, je l'aurais ralenti.
Et on aurait été coincés ici.
Ça vaut peut-être mieux. J'en sais rien.
T'es dingue.
Kit fit pivoter la bouteille pour choisir une direction.
Elle se freine peut-être ici. Faut un endroit plus lisse.
Et par là ?
Laisse. Ça fait rien.
Si je suis pas un jobard, je tomberai bien.
- Sinon, je m'en fiche, tu piges ? - Non.
Je m'attendais pas à un miracle.
On continue vers cette montagne...
même si j'ai dit que c'était pas une grande idée.
On partit au crépuscule pour les montagnes de la Saskatchewan.
Pour Kit un pays magique, au-delà des lois.
Il avait besoin de moi plus que jamais, et pourtant...
je ne faisais plus attention à lui.
Je restais assise, écrivant des phrases entières...
avec ma langue sur mon palais là où personne ne pourrait les lire.
Cette nuit-là, on s'approcha de la frontière.
A l'horizon...
on apercevait les flammes d'une raffinerie...
Au sud, les lueurs de Cheyenne...
Ia plus grande ville que j'aie jamais vue.
Toutes sortes de pensées m'assaillirent, mais...
je jurai de ne plus me laisser entraîner par un casse-cou.
Même si j'étais folle de lui.
J'eus enfin la force de lui avouer.
Même si on filait vers le nord, il ne s'en sortirait pas.
Je m'engagerai dans la Police Montée.
J'ai les qualifications.
Je fais du cheval, je sais tirer.
Je suis pas frileux.
J'aime même bien le froid.
Quoi ?
Rien.
Je délirais.
Ça change pas.
Je n'écoutais pas.
Bave pas dessus !
On te demandera ton permis de conduire avant de t'engager.
C'est pas ça qui m'arrêtera.
Quand je veux quelque chose, je m'accroche.
Touche pas ! Nat King Cole !
Si je pouvais chanter comme ça.
Si je pouvais chanter ce que je ressens.
Ça serait un tabac.
Kit sentait la fin approcher.
Entendrait-il le docteur le déclarer mort ?
Pourrait-il lire les journaux le lendemain de l'autre côté ?
Il craignait d'être abattu sans entendre...
une fille hurler son nom auprès de lui.
Le spectacle des montagnes dans le soleil levant...
raviva ses espoirs.
Quel spectacle.
Qu'est-ce qu'une gamine du Texas pense de ça ?
J'adore cet air.
Vous avez de l'essence ?
Peut-être.
Désolé, mais il faut m'en donner.
J'ai conduit toute la nuit.
Je n'ai pas le temps de vous expliquer.
Je n'en ai pas.
C'est à vous ce camion, non ?
Vous êtes pas venu à pied.
Ecoutez, je vous refile ma Cadillac.
Vous perdez pas au change...
demandez à qui vous voulez.
Elle vaut combien à l'Argus ?
Qui êtes-vous ?
Carruthers. Je tue des gens de temps à autre.
Je réclame pas de médaille.
Allez, vieux...
commence à courir.
Je m'en vais.
Je sentais que ce serait le grand jour.
L'hélicoptère.
C'est pour nous.
- Monte dans la voiture. - Je ne veux pas.
T'as une meilleure idée ?
Je n'ai pas envie.
Qu'est-ce qui te prend ?
Qu'est-ce qui va pas ?
Je ne sais pas comment m'en sortir...
avec les gens comme toi.
Je te laisse une chance.
Midi. Grand Coulee Dam. Nouvel An 1964.
J'y serai. Pigé ?
T'as des balles de Savage 300 ?
Je l'ai vidé sur des bouteilles.
Tu me fais le plein ?
Si ça t'intéresse, sers-toi.
J'ai souvent songé à ce qui lui était passé par la tête.
Pourquoi il avait pas tout tenté pour fuir ?
Pensait-il qu'on le coincerait le lendemain ?
Etait-ce le désespoir ?
Selon lui...
il avait crevé.
Bouge pas.
Dans la montagne, j'aurais tenu une armée.
Tant que j'aurais eu des balles.
Vous m'avez coincé là.
On a réussi.
Laissez pas la Cadillac là.
Mains derrière la tête.
Mets l'autre.
Regarde. Il est pas plus grand que moi.
Me faites pas sauter la tête.
Il aurait dû y penser avant de se faire coincer, non ?
Je vais y passer ?
Aucune idée.
Avec quel calibre vous avez tiré ?
Un 30-0-6.
Votre première trouille ?
Vous avez joué au héros. Je le raconterai en ville.
Vous l'avez balancé.
- Tu portes plainte ? - Non.
Kit. Une question.
T'aimes les gens ?
J'ai rien contre.
Alors pourquoi ?
J'en sais rien.
J'avais envie d'être un criminel. Mais pas si grand.
Enfin, il faut de tout.
A qui ressemble cet enfoiré ?
Tu sais ?
Non.
Je me les coupe si c'est pas à James Dean.
Comment tu vas, Kit ?
Pas trop mal.
Un peu serré.
Chouette ton blouson.
Tu trouves ? C'est du cuir.
Ca... ça a de la valeur...
je l'ai depuis 10 ans. Il est pour qui ?
Attrape...
D'où tu es ?
- Sud Dakota. Et toi ? - D'ici.
Joni James est du Sud Dakota.
Elle aussi, elle s'est tirée.
Ton chanteur préféré ?
Eddie Fisher. Et toi ?
Tu veux un stylo ?
Quel âge as-tu ?
Tu lis pas la presse ?
- Tu t'es marié ? - Jamais, m'sieur.
T'as peur de la mort ?
J'y ai pas trop réfléchi.
J'ai pas à te donner de conseils...
mais ces bracelets serrent un peu.
Faut que tu signes quelques papiers.
Je vais les lire. Je peux avoir un Coca d'abord ?
Bien sûr.
Soyez sages.
Holly est par là, si tu veux la voir.
Il a des papiers à signer.
Je ferai pas d'entourloupette.
T'inquiète pas. Je vais te blanchir.
Y a des tas de types qui t'attendent.
Tu as de quoi t'amuser.
On a fait des vagues, non ?
Remarque.
Le gars à la sourde ?
Il peut s'estimer heureux.
- Dommage pour ton père. - Oui.
Il faudra qu'on en reparle un jour.
Voilà, Tom.
Merci, mon Capitaine.
- Et désolé pour le dérangement. - Y a pas de mal.
Bonne chance.
Je suis sincère.
On nous ramena dans le Sud Dakota.
On le mit au secret...
il n'eut pas de contact avec les co-détenus.
Il pensait qu'ils l'auraient aimé, les assassins surtout.
Je m'en sortis avec les sursis et quelques "gros yeux".
J'épousai le fils de mon avocat.
Kit s'endormit pendant la lecture de ses aveux.
Il fut condamné à la chaise électrique.
Par une nuit tiède, six mois plus tard...
ayant fait don de son corps à la science, il mourut.
Qui t'a filé ca ?
L' Etat.
J'aimerais m'en payer un.
T'es un drôle de type.
Ils en tiendront compte ?
Sous-titrage : SDI Media Group
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