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La Premi�re Guerre mondiale vient de se terminer
sur une victoire totale des �tats-Unis et des Alli�s.
La guerre appartient d�s lors au pass�.
Les arm�es sont d�mobilis�es, les marins d�sarment leurs bateaux,
et l'aviation n'en est encore qu'� ses balbutiements.
En 1921, sur la c�te de Virginie, des chefs de l'arm�e et de la Marine
se r�unissent pour mettre au point une exp�rience r�volutionnaire.
- Bonjour, mon G�n�ral. - Content de vous revoir.
Amiral Sims, G�n�ral Mitchell.
Nous nous sommes d�j� vus.
Vous connaissez l'amiral Gage.
Nous nous sommes �crit.
Voici le commandant Lansdowne de l'a�ronavale.
Son dirigeable survolera le secteur lors des man�uvres.
- Nous nous connaissons. - Mon G�n�ral.
Je tiens � pr�ciser que je resterai impartial dans votre controverse
avec la Marine.
L'�tat-major m'a charg� de d�cider
si vous devez mener ou non votre exp�rience.
Vous n'y voyez pas d'objection ?
- Je ne pouvais avoir meilleur juge. - Tr�s bien.
Amiral, exposez votre position.
Ce navire est l'objectif principal de nos man�uvres.
L'aviation croit qu'un bombardement pourrait le couler.
La Marine le d�ment, et demande la permission de le couler au canon.
Pourquoi croyez-vous que les avions ne peuvent pas le couler ?
Ce navire fut la fiert� de l'arm�e allemande.
Le cuirass� Ostfriesland.
Les Britanniques le surnomment
l'insubmersible.
- �tiez-vous au courant, G�n�ral ? - Oui.
Retournons � Langley Field, je vous dirai comment je compte le couler.
Oui, certainement.
Messieurs.
Qu'en dites-vous ? Au but, ou manqu� de peu.
Tr�s impressionnant.
On coulera ce rafiot en un rien de temps.
Il est en feu ! Regardez !
Regardez, il est en feu !
Alertez les pompiers et une ambulance.
- Qu'il ouvre son parachute ! - Nous n'avons pas de parachute.
Tout va bien, Bob ?
Oui, je crois. J'ai quelques br�lures.
Que s'est-il pass� ?
Une fuite d'essence. Je l'ai sentie au d�collage.
Pourquoi avoir d�coll� sachant qu'il y avait un probl�me ?
Mon G�n�ral, il y a toujours un probl�me.
Aujourd'hui une fuite d'essence, hier une pompe a claqu�,
et la semaine derni�re, j'ai failli perdre une aile.
Pourtant, j'ai plus de chance que la plupart de nos gars.
Vous comprenez pourquoi j'ai tant besoin d'argent.
M�me en apportant des am�liorations, ce n'est pas une arme efficace.
�a peut le devenir.
Venez, je vais vous montrer quelque chose.
Halte !
Sentry, voici le g�n�ral Guthrie.
Donnez-moi un coup de main.
D'o� les sortez-vous ?
Je les ai command�es � des armuriers.
Une tonne de TNT.
Vous insinuez que vos avions peuvent porter une bombe d'une tonne ?
Mais oui, et ils couleront ce navire comme une bo�te de conserve.
Restons r�alistes, Billy.
L'utilisation de ces bombes serait impossible en temps de guerre.
Vous les porterez peut-�tre, mais pas sur l'objectif.
C'est exactement ce que je veux faire.
Donnez-moi une chance de vous le prouver.
En p�riode d'exhibition, peut-�tre, mais pas en combat.
� quelle altitude voleriez-vous ?
J'aimerais attaquer � 300 m�tres.
La lutte anti-a�rienne
abat les avions volant en dessous de 1500 m�tres.
La lutte anti-a�rienne ?
En combat, nos chasseurs les mitrailleraient
pour les emp�cher de tirer.
Je dois me montrer r�aliste, Billy.
Nous connaissons les performances de nos armes.
Vos avions, eux, n'ont pas fait leurs preuves.
Alors, laissez-moi vous le prouver.
D'ici peu, la moiti� du monde sera d�truite par l'aviation.
Je veux que notre pays fasse partie de l'autre moiti�.
Si je coule ce cuirass�, nous aurons une v�ritable aviation.
Et avec quel argent ?
L'arm�e de Terre et la Marine manquent d�j� d'argent.
Oubliez-les. La prochaine guerre aura lieu dans les airs.
On ne gagne pas une guerre
sans planter une ba�onnette dans la gorge de l'ennemi.
L'arm�e de Terre � gagn� la derni�re guerre et gagnera la prochaine.
L'infanterie finit toujours par avoir le dernier mot.
Nous leur aurons ouvert la voie.
Votre attitude vous dessert.
Pardonnez-moi.
Ne pensons pas � la guerre future.
Nous sommes d�j� en guerre.
Mes hommes tombent semaine apr�s semaine
dans ces engins volants obsol�tes et rouill�s.
Donnez-moi une chance de prouver que nous avons le droit de vivre.
Cette exp�rience doit �tre conduite dans des conditions de guerre.
Si vous volez � basse altitude
et que vous lancez une bombe trop lourde pour �tre utilisable,
vous ne ferez qu'une exhibition � vos propres fins.
Et vous ferez mauvaise impression.
Afin de rester �quitable,
je vous laisse r�aliser deux attaques.
Mais vous devrez arriver � plus de 1500 m�tres
sans utiliser vos nouvelles bombes.
1500 m�tres ?
Mais cela avantage la Marine.
D�sol�, ce sont mes ordres.
Disposez-vous d'un v�hicule pour me reconduire ?
Oui, mon G�n�ral.
J'aimerais que quelqu'un m'explique
pourquoi les contribuables de ce pays gaspillent leur argent
sur ces jouets militaires qu'on surnomme des avions ?
Si la guerre �clate, S�nateur, l'aviation sera bien utile.
La guerre est une affaire s�rieuse, monsieur le d�put�.
Elle doit �tre consid�r�e s�rieusement.
Les contribuables ne veulent pas g�cher leur argent
avec ces stupides cerfs-volants.
Quelques canons de marine valent mieux que toute l'aviation.
Exactement.
Elle devrait �tre r�duite � ses justes proportions.
Une attraction amusante pour les foires et les jours de f�te.
Si nous avons une nouvelle guerre,
j'esp�re que vous la ferez personnellement.
Le G�n�ral Mitchell demande la permission de commencer � bombarder.
- A-t-il indiqu� son altitude ? - Il est � 1500 m�tres.
Il ne l'a m�me pas �rafl�, il ne pourra jamais le couler.
Il ne l'a m�me pas touch�.
M�me la flotte anglaise n'a pas pu le couler.
Je savais qu'il n'y arriverait pas.
G�n�ral, je veux de nouveaux ordres pour demain.
Pour quoi faire ?
J'aimerais utiliser mes nouvelles bombes.
Vous me l'avez d�j� demand�.
Permission refus�e. Merci, messieurs.
Avec mes bombes d'une tonne, inutile de toucher le bateau,
l'onde de choc de l'explosion cr�vera son blindage.
Vos bombes d'une tonne ne sont pas utilisables en pratique.
Ex�cutez les m�mes ordres.
Je ne ridiculiserai pas l'aviation devant les repr�sentants
de 40 pays et la presse mondiale.
Vous ex�cuterez vos ordres.
Repoussons la man�uvre. Je peux trouver une autre solution.
Il serait regrettable que vous couliez ce cuirass�.
Comment ?
J'ai d�j� connu deux guerres dans mon pays,
avec une arm�e sous-�quip�e, mal �quip�e et mal entra�n�e.
Je ne veux pas que �a recommence.
C'est ce qui arrivera si vous faites croire aux d�put�s
que l'aviation seule peut d�fendre ce pays.
Vous bombarderez de 1500 m�tres avec des bombes de 500 kilos.
Bonne journ�e, Billy.
Allez-y.
Que se passe-t-il, messieurs ?
Nous avons discut�.
� quel propos ?
Nous sommes arriv�s � la conclusion que tout �a ne nous m�ne nulle part.
Je vois.
Et alors ?
Et alors...
L'avenir nous semble sans espoir.
Tout semble perdu.
Eh bien ?
Nous voudrions votre avis sur une �ventuelle d�mission.
Vous voulez que je vous dise de quitter l'aviation ?
Je sais, nos avions ne sont pas en bon �tat.
Et la paie...
Mais dans 20 ans,
San Francisco ne sera plus qu'� quelques heures de New York.
Et New York pourra �tre bombard�e en partant de Berlin.
Le monde entier sera � port�e d'ailes.
D�missionnez si vous le voulez, mais ne venez pas m'en parler.
Billy, entrez.
Je ne pensais pas que vous dormiez d�j�, d�sol� de vous avoir r�veill�.
- Retournez vous coucher. - Non, entrez.
Billy.
Que faites-vous ici, � Washington ?
Je ne voulais pas vous d�ranger, je passais,
en pensant que vous seriez encore debout.
- Je vais y aller. - Ne soyez pas stupide.
Je vous offre quelque chose ?
Non merci, Margaret.
Je ne serai pas de tr�s bonne compagnie ce soir.
Vous avez l'air fatigu�, allez vous asseoir,
je vous sers un verre de lait.
D�sol�, Billy. C'est triste ce qui vous arrive avec le bateau.
Ce n'est pas seulement le bateau.
Tout part � vau-l'eau. Mes hommes sont venus me voir.
Ils veulent d�missionner.
Chacun d'entre eux.
�a ne me surprend pas.
On se d�courage tous � un moment ou � un autre.
Il m'arrive de penser que je me suis tromp� sur toute la ligne.
L'homme n'est peut-�tre pas cens� voler.
�a ne vous ressemble pas, Billy.
Quand je suis devenu g�n�ral,
je me suis dit que j'allais accomplir de grandes choses.
Mais tout m'en emp�che.
Il y a un toujours un g�n�ral plus influent.
Le g�n�ral Autrefois.
Non, merci Margaret. Je n'ai envie de rien.
Retournez vous coucher, je vais m'en aller.
Non, Billy. Buvez �a et d�tendez-vous.
Vous n'arriverez pas � dormir dans cet �tat.
Dormir ?
J'ai du travail qui m'attend demain.
Comment couler un �norme et insubmersible cuirass�
alors que mon sup�rieur fait tout pour que ce soit impossible ?
Vous ne pouvez pas en vouloir � Guthrie.
Il applique les r�gles.
On doit tous se plier au r�glement, et vous le savez.
Bien s�r.
On se plie aux r�gles.
Et si d'autres pays ne s'y pliaient pas ?
Qu'adviendrait-il de nous ?
Je dois leur ouvrir les yeux sur ce qui peut arriver.
Je dois couler ce cuirass�.
Vous ne pouvez pas faire l'impossible.
Mais je peux essayer.
Zach.
Pouvez-vous appeler la base, et dire � Russ Peters
de rassembler mes hommes,
et que j'arrive tout de suite.
Non.
Attendez demain matin.
Ce que je dois faire doit �tre fait cette nuit.
Et vous savez quoi...
Je suis terrifi�.
Mais Zach vous le dira, c'est normal pour un pilote.
Billy, que comptez-vous faire ?
Vous en entendrez parler.
N'oubliez pas de passer ce coup de fil.
Bonsoir, mes amis.
- Bonne nuit, Billy. - Bonsoir.
- Qu'est-ce qui se passe ? - J'en sais rien.
L'ordre vient de Washington.
Que se passe-t-il, mon G�n�ral ?
Un changement dans les ordres, messieurs.
Nous volerons � basse altitude et avec nos nouvelles bombes.
- On commence quand ? - Comment avez-vous fait ?
Ne vous occupez pas de �a. Dites aux armuriers de charger.
Mon G�n�ral.
Tout est en r�gle ?
Y a-t-il vraiment eu de nouveaux ordres ?
Vous m'avez bien entendu ?
Oui, mon G�n�ral.
Mon G�n�ral.
C'est une heure �trange pour recevoir un ordre.
Vous n'avez pas d�cid� �a tout seul ?
Ne vous en pr�occupez pas, Russ.
Allez sur le terrain et pr�parez les avions.
C'est entendu ?
Oui, mon G�n�ral.
Mais que font-ils ?
Ils descendent � basse altitude pour attaquer.
C'est contraire aux ordres.
Avez-vous autoris� un changement de proc�dure ?
Non, absolument pas.
Pas mal, pour un "jouet militaire", S�nateur.
"Le G�n�ral Mitchell s'est montr�, au long de sa carri�re,
"d�pourvu d'esprit d'�quipe,
"et plus int�ress� par ses ambitions personnelles
au d�triment de tout le monde, et m�me de ses associ�s."
"Ses actes le rendent inapte
� la position �lev�e qu'il occupe actuellement."
"En cons�quence, le ministre de la Guerre d�cide
"que le g�n�ral William Mitchell soit relev� du commandement
"des forces a�riennes,
et affect� � la garnison de Fort Houston au Texas."
"En accord avec ses nouvelles fonctions,
le g�n�ral Mitchell sera r�trograd� au rang de colonel."
Voulez-vous nous laisser, messieurs.
Le progr�s est n�cessaire
dans une arm�e, Billy.
Mais il faut d'abord avoir une arm�e.
Il n'y a pas de progr�s
si les officiers sont indisciplin�s.
J'ai mis mes �toiles en jeu pour quelque chose en quoi je croyais.
Et j'ai perdu.
Vos �tats de service sont exceptionnels.
Ils ne seront pas perdus.
Je l'esp�re, mon G�n�ral.
Mais il ne s'agit pas de moi
Il s'agit de l'aviation.
C'est une arme nouvelle et puissante.
La plus puissante du monde.
Enlevez-moi encore des galons, nommez-moi capitaine,
mais laissez-moi dans l'aviation avec mes gars.
D�sol�, Billy.
Il n'y a rien d'autre ?
Non, mon G�n�ral.
Ce ne n'est pas si mal, le Texas.
J'y suis all�.
Oui, mon G�n�ral.
Votre fort se place indubitablement en t�te
des �tablissements militaires que nous avons visit�s.
C'est vrai, mon G�n�ral.
C'est tr�s aimable � vous, messieurs.
Je vous ressers ?
Non, mon G�n�ral. J'ai une question � vous poser.
De quoi s'agit-il ?
J'aimerais parler � l'un de vos officiers.
Si cela ne vous d�range pas, puis-je voir le colonel Mitchell ?
Mitchell ? Bien s�r, je vous l'envoie.
Ne le d�rangez pas, j'aimerais juste le saluer.
Peut-on me conduire jusqu'� lui ? Je retrouverai mon chemin.
Bien s�r.
"Il est recommand� que ces abris soient situ�s
"� une vingtaine de m�tres des ateliers,
"et qu'ils aient une capacit� suffisante pour stocker
les pi�ces d�tach�es."
"Les meilleures dimensions..."
Merci, je retrouverai mon chemin.
Frank, mais que faites-vous ici ?
Je passais, je suis venu voir comment vous allez.
J'ai perdu mes �toiles, mais j'ai toujours mes boutons.
Quel plaisir de vous voir. Quoi de nouveau � Washington ?
Pas grand-chose depuis ton d�part.
Portez �a au commandant Anderson, et dites-lui que c'est correct.
Oui, mon Colonel.
Comment vont mes hommes ? Les avez-vous vus ?
Ceux qui sont rest�s vont bien.
Et Russ Peters ? Je n'ai pas de nouvelles.
Il va bien.
Mieux que vous, en tout cas.
Ce climat doit vous rappeler la campagne des Philippines.
Personne ne me tire dessus.
Ce n'est pas bon pour votre malaria.
Je n'ai pas eu de sympt�me cet �t�.
Frank.
Savez-vous si l'arm�e a command� de nouveaux tri-moteurs Ford ?
La r�ponse est non.
C'est pourtant un avion formidable. Pouvez-vous y rem�dier ?
Ils ne m'�couteront pas. Que comptez-vous faire ?
Tout ce que je peux faire,
c'est d'�crire � l'�tat-major, je lui �cris tous les jours.
Parfois deux fois par jour.
On a construit un nouveau b�timent � Washington pour ces lettres,
il a la forme d'une corbeille � papiers.
Je pourrais la remplir � moi seul.
Ils ont �t� injustes avec vous, Billy.
Vous ne le savez pas, mais vous avez des amis,
et je parle en leur nom.
- Vous n'avez qu'un mot � dire. - D�sol�.
On ne m�le pas la politique et l'arm�e.
Si vous ne voulez pas faire de la politique dans l'arm�e,
faites-en hors de l'arm�e.
D�missionnez et faites-vous �lire s�nateur au Wisconsin.
Vous pourriez occuper le poste de votre p�re.
C'�tait un excellent s�nateur, vous le serez aussi.
Avec vous au S�nat, et moi � la Chambre,
les cieux seront bient�t remplis d'avions.
Je ne suis pas politicien, Frank.
Je ne veux pas que l'aviation devienne un jeu politique.
En outre, de quoi aurais-je l'air avec une redingote et un col dur ?
�a ne m'irait pas.
Pourquoi m'ent�ter avec vous, vous ne ferez jamais rien de cens�.
Vous travaillez selon vos r�gles et moi, selon les miennes.
Ce sont ces r�gles qui ont fait br�ler vos hommes
� bord de cercueils volants.
Ces r�gles les ont tu�s.
Eux ne souffrent pas longtemps, au moins.
Vous, vous pr�f�rez moisir ici.
Je dois �tre trop stupide pour comprendre l'esprit militaire.
Il faut �tre n� comme �a.
Bien...
Au revoir, Billy.
M�fiez-vous de la crampe de l'�crivain.
Sergent, faites annuler mon billet pour Milwaukee.
V�rifiez les horaires pour Washington ce soir.
J'y passerai ma permission.
Bonjour, mon Colonel.
- Ai-je enfin une chance ? - Je ne pense pas.
�coutez-moi.
Depuis deux semaines, je demande � voir le g�n�ral Pershing,
et depuis deux semaines, vous me dites de revenir plus tard.
J'exige de voir le g�n�ral et je veux un rendez-vous ce jour.
Je regrette, le g�n�ral est tr�s occup�.
Essayez de vous adresser � un autre bureau.
Oui, vous me l'avez d�j� dit.
J'ai essay�, et ils m'ont tous renvoy� ici.
Le g�n�ral Pershing est le seul qui puisse m'aider.
Colonel, beaucoup de gens demandent � voir le g�n�ral.
Il n'a pas beaucoup de temps disponible.
Je suis venu ici pour tenter de sauver des vies.
Pardonnez-moi, mon Colonel,
mais je pense que la vie de pilotes est aussi importante
que le temps du g�n�ral.
Le g�n�ral Pershing a r�uni une conf�rence
qui durera probablement toute la journ�e.
Merci, colonel.
Je vous en prie.
G�n�ral Pershing.
Je suis content de vous voir.
Je n'ai rien � vous dire.
Billy !
Bonjour, Margaret.
Je vois qu'il y a eu du changement.
Vous �tes plus jolie que jamais.
Comment va Zach ?
Il va bien, il rentrera tard.
C'est bon de vous revoir, vous nous avez beaucoup manqu�.
- Je rajoute un couvert. - Je ne peux rester.
Je repars pour le Texas.
Nous savions que vous �tiez � Washington.
J'ai essay� de passer, mais je n'ai pas eu le temps.
J'esp�re que notre arm�e est aussi invincible au combat
qu'elle l'est dans les bureaux.
Oui, �a je sais.
Zach est aux prises avec le haut commandement au sujet du Shenandoah.
Ils veulent l'envoyer � D�troit.
Pour un d�fil�.
Cette baudruche existe encore ?
Bonsoir, ch�rie.
Bonsoir, ch�ri.
Billy !
Content de vous voir, j'ai appel� le club, comment �a va ?
- Vous avez l'air en forme. - �a va.
Mais j'ai les pieds en compote et la migraine.
J'ai appris �a, c'est lamentable.
Pourquoi arrives-tu si t�t, Zach ?
J'ai re�u mes ordres.
Quels ordres ?
Je pars avec le Shenandoah demain matin.
Oh, non !
�a ira, ne t'en fais pas.
Tu disais qu'il ne devait plus voler.
Je me suis battu tant que j'ai pu, mais j'en ai re�u l'ordre.
Mais tu as dit qu'il ne pouvait pas voyager par mauvais temps.
J'ai re�u mes ordres.
Je comprendrais s'il y avait la guerre ou bien une man�uvre,
mais ils ne font �a que pour la publicit�.
Sans publicit�, le Parlement ne votera pas notre budget.
Billy, s'il vous pla�t, dites-lui de ne pas y aller.
Vous, il vous �coutera.
N'ayez crainte, Margaret.
C'est un vieux ballon, mais il aura un bon �quipage � bord,
et un bon commandant.
Si la Marine n'est pas inqui�te, pourquoi le seriez-vous ?
Il faut que je parte.
Je reviendrai � Washington dans quelques mois,
et j'aurai l'occasion de d�ner avec vous.
- Vous avez une voiture ? - Non.
Je vous accompagne.
Au revoir, Margaret.
Je reviens tout de suite, ch�rie.
Dans quel �tat est le Shenandoah ?
Avec ce temps, c'est un suicide.
Alors, pourquoi avoir accept� ?
J'ai re�u mes ordres.
Vous pouvez d�sob�ir.
�tes-vous devenu fou ?
Non. Mais vous l'�tes si vous suivez des ordres
qui m�neront votre �quipage et vous � la mort.
Si je refuse de d�coller, ils me rel�veront de mon commandement
et me feront passer en conseil de guerre.
Quelqu'un d'autre le fera d�coller.
Vous aurez attir� l'attention sur le fait que ce vol est une folie.
L� n'est pas la question.
�a ne suffira pas pour sauver l'�quipage.
Je suis plus qualifi� pour commander ce navire que quiconque.
Zach, vous ne comprenez pas.
Si vous refusez de le faire d�coller,
le trouble sera tel qu'on pourra enfin le r�former.
Peut-�tre.
Pourquoi risquerais-je ma carri�re sans �tre s�r
qu'ils r�formeront le dirigeable ?
�a n'a aucun sens.
Votre carri�re compte moins que l'avenir de l'aviation.
Vous, que faites-vous pour l'avenir de l'aviation, perdu au Texas ?
Il ne s'agit pas de moi.
Nous parlons de vous.
Je ne pourrai plus rien faire
si je suis jug� et chass� de l'a�ronavale.
Il n'y aura plus d'a�ronavale
� moins de faire comprendre � tous la gravit� de la situation.
Il faut leur montrer.
Vous devez y r�fl�chir.
Je n'ai pas besoin d'y r�fl�chir. J'ai re�u mes ordres.
Ce vol a �t� �tudi�, l'�tat-major prend un risque calcul�.
Un risque calcul� ?
Vous sacrifiez la vie de votre �quipage
pour prot�ger votre carri�re dans la Marine.
Le Shenandoah est disloqu� par la temp�te.
Il se brise en trois et s'�crase au sol.
14 morts, dont le commandant Lansdowne.
Bonjour, Billy.
Asseyez-vous.
Quelle catastrophe terrible, elle fait tous les gros titres.
�a fera du tort � toute l'arm�e.
C'est d�j� difficile d'enr�ler des recrues.
De quoi s'agit-il, Billy ?
Pourrais-je avoir une permission pour assister � l'enterrement
de Zachary Lansdowne au cimeti�re d'Arlington ?
- C'�tait un ami � vous ? - Un ami proche.
Alors oui, allez-y.
Permission exceptionnelle accord�e.
Merci, mon G�n�ral.
Attendez une minute, Billy.
J'oubliais que vous aviez �t� pilote.
J'ignore ce que l'�tat-major pense de tout �a.
L'opinion publique risque de se passionner.
Les journalistes vont couvrir les obs�ques et poser des questions.
Je vais demander une confirmation � Washington avant votre d�part.
Mon G�n�ral, voulez-vous consid�rer ma demande comme annul�e ?
Vous ne voulez pas que je demande cette confirmation ?
Non, mon G�n�ral.
Comme il vous plaira.
Merci, mon G�n�ral.
Vous �tes au courant ?
Les avions partis pour Mexico sont port�s disparus.
Qui vous a dit �a ?
Mon planton l'a entendu � la radio.
Comment sait-il qu'ils sont perdus ?
C'est tout ce qu'il m'a dit. Attendez.
Nous interrompons ce programme pour un bulletin d'information.
Au cours du plus grand d�sastre qu'ait connu l'aviation,
six avions se sont �cras�s entre San Diego et Fort Wachuca.
Cette formation �tait compos�e de pilotes ayant appartenu
� l'escadrille de Billy Mitchell, qui avait coul� l'Ostfriesland.
Des patrouilles sont � la recherche de survivants dans les montagnes.
Nous reprenons maintenant notre programme.
Si j'ai fait venir la presse aujourd'hui,
c'est que j'ai une d�claration � faire.
Voler est un exercice dangereux.
Il est normal qu'un certain nombre d'accidents se produisent.
Mais ces r�centes catastrophes,
celle du Shenandoah,
et des avions de l'arm�e en route pour le Mexique
sont tout � fait anormaux.
Je serais d�loyal � la m�moire de mes camarades disparus
si je continuais � me taire.
Ces accidents sont le r�sultat direct de...
l'incomp�tence...
de la n�gligence criminelle...
et presque de la trahison de l'administration
de notre d�fense nationale, de la Marine,
et du minist�re de la Guerre.
Voil� ma d�claration.
�a, c'est quelque chose.
C'est inattendu. Vous voulez qu'on le publie ?
Cette d�claration doit �tre publi�e.
Cet article va faire scandale.
Vous voulez bien le parapher ?
Mon directeur est un ancien officier d'active,
il vous appellera s�rement.
- �a vous ennuie ? - Non.
J'ignore les proc�dures de l'arm�e,
risquez-vous de passer en conseil de guerre ?
C'est mon but.
Colonel Mitchell.
Commandant.
Par ordre du ministre de la Guerre, vous �tes en �tat d'arrestation.
Voici l'acte d'accusation
et votre assignation � compara�tre devant le tribunal.
Merci.
J'ai ordre de vous dire que vous ne pouvez quitter Washington.
Vous �tes aux arr�ts, et devrez vous comporter en cons�quence.
Entendu, Commandant.
Le commandant de la garnison vous recevra demain � midi
et vous dira o� vous logerez.
C'est termin� ?
Oui, mon Colonel.
Votre mission termin�e, acceptez-vous de partager un caf� ?
Merci, mon Colonel, mais je ne...
�a ne fait rien. Vous pouvez disposer.
Mitchell.
Bonjour, G�n�ral Gutrie.
Vous est-il venu � l'esprit de d�missionner ?
D�missionner maintenant ? Hors de question.
Dommage, j'en suis d�sol�, Mitchell.
D�sol� pour l'arm�e.
Bonjour, Colonel Mitchell.
Je vous la fais porter.
Bienvenue, c'est bon de vous revoir.
Merci, Phil.
- Puis-je avoir ma chambre ? - Elle vous attend.
Excusez-moi.
- Vous �tes le colonel Mitchell ? - Oui.
Lieutenant Colonel White.
J'ai �t� d�sign� par le Parquet pour assurer votre d�fense.
Ravi de vous rencontrer. Allons discuter dans ma chambre.
Parfait.
On vous a remis l'acte d'accusation ?
Oui. Je l'ai ici.
Vous n'aurez pas grand-chose � faire, ce proc�s est jug� d'avance.
Vraiment ?
Oui. Je suis coupable.
Absolument.
Vous allez plaider coupable ?
Non, je dois plaider non coupable si j'ai l'intention de t�moigner.
Vous voulez dire que vous avez fait �a d�lib�r�ment ?
Il faut que quelqu'un m'�coute.
Vous n'avez pas choisi la voie la plus facile.
Je sais, je n'ai aucune chance, mais je dois aller jusqu'au bout.
�a semble fou, n'est-ce pas ?
Non, Colonel.
Non, je crois que je comprends.
On conna�t les membres du tribunal ?
Oui. J'ai crois� le g�n�ral Guthrie.
Moi aussi.
Il a quelque chose � faire l�-dedans ?
C'est lui qui pr�sidera le tribunal.
Quels sont les autres membres ?
Les chefs et futurs chefs de l'arm�e.
G�n�ral George L. Irwin,
G�n�ral Sladen, G�n�ral Graves, G�n�ral Poore,
G�n�ral Douglas MacArthur, G�n�ral Bowley.
Pas un seul officier d'aviation.
Avez-vous song� � prendre un avocat civil ?
C'est votre droit.
Il utiliserait la grosse artillerie ?
Oui. Honn�tement, nous ne pouvons n�gliger aucune possibilit�.
- Un grand nom ? - Le plus grand possible.
Je n'avais jamais eu � m'�carter de l'arm�e.
Colonel Mitchell ! C'est si bon de vous revoir !
Vous n'avez pas chang�, madame Sturges.
Votre patron est ici ?
Oui, vous pouvez entrer.
Je vous remercie.
Bonjour, Frank.
Billy ! Il �tait temps que vous veniez me trouver.
Vous avez r�ussi � les frapper l� o� �a fait mal.
Je suis fier de vous.
J'esp�re que vous venez pour que je me charge du proc�s ?
Exactement.
Je l'esp�rais.
Je me pr�pare depuis le d�but de l'affaire.
Je pourrais plaider d�s demain.
Voyons les charges retenues contre vous.
J'en �tais s�r. L'Article 96, la plus vague des clauses.
Elle couvre tout.
Aussi bien frapper un cheval qu'embrasser un sergent.
"Conduite pr�judiciable � la bonne marche du service."
Mon Dieu !
On ne va pas attendre de compara�tre devant le tribunal
pour les contrer, nous attaquerons les premiers.
Je vais convoquer une conf�rence de presse,
on s'en prendra � la Marine
puis � l'arm�e de Terre.
Non, Frank, non.
Quel est le probl�me ?
�a ne me pla�t pas, ce n'est pas ce que je veux.
Mais c'est ce pour quoi vous vous �tes battu.
La reconnaissance de l'aviation.
Une chance d'exposer � tous son importance.
- Avez-vous chang� d'avis ? - Je n'ai pas chang� d'avis.
Je veux un nouveau programme et de nouveaux avions.
Mais je ne veux pas faire de tort � l'arm�e ou � la Marine.
Je ne vous comprends pas.
Dans une telle bataille, c'est tout ou rien.
Je ne vois pas les choses ainsi.
Vous voulez botter le train de l'arm�e, mais avec politesse.
Je veux exposer la situation d�sesp�r�e de notre aviation.
Tout ce que je veux, c'est t�moigner.
Mais vous allez t�moigner.
Et le g�n�ral James Guthrie pr�sidera l'assembl�e.
On vous a parl� de Guthrie ?
Vous pensez que je reste assis � ne rien faire ?
Que puis-je faire ?
R�cusez-le pour partialit�, et �vincez-le du jury.
Je ne ferai rien qui remette en cause l'int�grit� d'un officier.
Les vieilles traditions.
L'arm�e m'a engag� quand je n'�tais qu'un gamin.
Elle m'a tout appris.
Je ne suis pas en guerre contre l'arm�e.
Vous ne parlez pas comme votre p�re, il se serait battu
jusqu'au bout pour obtenir un proc�s loyal.
L'arm�e des �tats-Unis me fait passer devant le tribunal.
J'aurai un proc�s loyal.
Si vous n'�tes pas d'accord, ne prenez pas l'affaire.
Entendu.
J'essaierai de m'en tirer.
Si j'y parviens, ce sera une sacr�e r�ussite.
- On dirait un entrep�t. - C'�tait un entrep�t.
Hier, ils l'ont reconverti en tribunal.
Une seconde, mon Colonel.
Merci.
Bonjour, Colonel Moreland.
J'ai encore l'honneur de vous combattre ?
Oui.
Bonne chance.
Le lieu id�al pour cacher un proc�s.
Ils veulent qu'il y ait le moins de monde possible
le jour de votre t�moignage.
Colonel Mitchell.
Je m'appelle Carlson.
Je suis le greffier du tribunal.
George Carlson.
Oui ?
Mon fils �tait sous vos ordres.
Il a �t� abattu au-dessus de l'Argonne.
Len Carlson ?
Oui, Colonel.
Je suis tr�s heureux de vous conna�tre.
Len �tait un bon gar�on.
Il vous ressemblait beaucoup.
J'ai toujours voulu vous remercier pour votre lettre.
Elle a �t� d'un grand r�confort.
J'aurais aim� pouvoir faire plus.
Je suis d�sol� pour ce qui vous arrive.
Et j'aimerais que vous sachiez...
Garde-�-vous � l'entr�e de la Cour.
Bonne chance.
L'audience du tribunal est ouverte.
Colonel Moreland.
Le minist�re public est pr�t � commencer le proc�s
intent� par le gouvernement � William Mitchell.
Pouvons-nous savoir quel avocat a choisi l'accus� ?
Il a choisi comme avocat Ma�tre Frank Reid.
Ma�tre Reid sera assist� par l'avocat d�sign� par le Parquet,
le lieutenant colonel Herbert A. White.
Avant de faire pr�ter serment, je rappelle que les r�gles
du code de proc�dure militaire seront appliqu�es.
J'attends l'enti�re coop�ration des deux partis en cause,
pour arriver rapidement � une conclusion.
Le tribunal va pr�ter serment, puis la parole sera � l'accusation.
"Que l'accus� a volontairement port� pr�judice
"� la discipline militaire,
et qu'il a, de fait, jet� le discr�dit sur l'arm�e."
"Enfin, que l'accus� a fait � la presse
"une d�claration m�prisante et irrespectueuse
� l'�gard de l'administration du minist�re de la Guerre."
Colonel Mitchell.
L'acte d'accusation vient de vous �tre lu.
Que plaidez-vous ?
Non coupable.
L'accusation peut poursuivre.
L'accusation ne fera pas de d�claration liminaire.
Si vous permettez, j'aimerais exposer mes arguments
quand l'accusation aura pr�cis� ses charges.
Nous prouverons que la d�claration du colonel �tait justifi�e
par les conditions d�plorables r�gnant dans l'arm�e et la Marine.
Cette justification n'a rien � voir. C'est une affaire simple.
L'accus� a-t-il fait la d�claration qu'on lui attribue ?
Si oui, il est coupable.
Pas si ces accusations sont justes.
Vous d�velopperez ce point de vue plus tard, Ma�tre.
Appelez le premier t�moin.
Le minist�re public a cit� Carl Tuttle.
Monsieur Tuttle, �tes-vous l'auteur de cet article
qui contient une d�claration pr�t�e � l'accus� ?
Oui, c'est exact.
Je demande que cette page soit vers�e au dossier
comme pi�ce � conviction num�ro un.
Votre demande est accept�e.
Monsieur Tuttle,
qui vous a donn� cette d�claration qui est apparue dans ce journal ?
Le colonel Mitchell.
- Est-ce conforme � ce qu'il a dit ? - Oui.
O� �tait le colonel Mitchell quand il vous a parl� ?
Dans son bureau, � Fort Sam Houston.
Que faisiez-vous l�-bas ?
Le colonel Mitchell a demand� � mon directeur d'envoyer un reporter.
Un reporter ? Plus de questions.
La d�fense veut-elle interroger le t�moin ?
Monsieur Tuttle,
avez-vous cherch� � savoir ce qui �tait vrai ou faux
dans les propos du colonel Mitchell ?
Oui. J'ai men� mon enqu�te.
Quel en a �t� le r�sultat ?
J'ai appel� 50 officiers de l'arm�e, et je leur ai demand�
ce qu'ils pensaient.
- Sans valeur. Ce sont des on-dit. - Retenu.
Ces 50 officiers ont-ils approuv� les dires du colonel Mitchell
sur l'�tat d�plorable de notre arm�e
et de la Marine ?
Objection !
Les t�moins ne doivent pas tirer de conclusions.
Objection retenue.
Ob�issez � notre proc�dure, Ma�tre Reid.
Je vais reformuler ma question.
Elle est inacceptable sous n'importe quelle forme.
Tenez-vous-en aux preuves recevables devant ce tribunal.
Colonel Moreland, appelez le prochain t�moin.
Le minist�re public cite Howard Milliken.
Monsieur Milliken,
avez-vous re�u de vos lecteurs des lettres relatives � ce proc�s ?
Oui, beaucoup.
Pouvez-vous r�sumer l'opinion de vos correspondants ?
- Objection, question sans rapport. - Objection retenue.
Vos lecteurs �taient-ils choqu�s ?
Comment r�agissent-ils face au d�vouement du colonel Mitchell ?
Question sans rapport avec l'affaire.
Ne r�pondez pas, monsieur Milliken.
Monsieur Reid, ma patience a des limites.
Ma confiance en la justice militaire aussi.
Nous avons le droit de prouver
que ce qu'a dit l'accus� �tait justifi�.
Dans un tribunal militaire, la d�sob�issance
et l'insubordination sont injustifiables.
Je ne suis pas d'accord.
On ne peut accuser son voisin d'�tre un meurtrier sans preuve,
mais si on peut le prouver, si !
Je proteste. Ma�tre Reid nous �gare.
Nous cherchons � savoir si l'accus� a bien fait
la d�claration qui lui est attribu�e,
et ce, sans autorisation.
Sur ce point, nos preuves ne sont pas mises en doute.
Et ce point seul nous int�resse.
Vous pouvez vous retirer.
Sans erreur de notre part,
le minist�re public n'a pas d'autre t�moin ?
C'est bien �a, mon G�n�ral.
La d�fense peut appeler son premier t�moin.
- Personne n'est encore pr�sent ? - Non.
Je n'imaginais pas qu'ils finiraient si vite.
Les t�moins de la d�fense sont encore en route.
Ils ne sont pas � Washington ?
La bri�vet� des t�moignages nous a pris de court.
Vos t�moins auraient d� se tenir pr�ts ici.
�a n'aurait pas �t� possible pour certains.
Ce sont des officiers qui ont besoin d'une permission pour s'en aller.
Qui sont ces officiers ?
Le commandant H. H. Arnold.
Un instant, Ma�tre Reid.
Quelle sera la nature de ces t�moignages ?
Justifier les propos du colonel.
Le minist�re public proteste.
La justesse ou la fausset� de ces propos sont sans valeur ici.
Ce commandant Arnold �tait-il pr�sent
lorsque l'accus� a fait sa d�claration ?
Non, mais il prouvera qu'elle est justifi�e.
Objection. La Cour n'a pas � savoir si elle est justifi�e.
Objection retenue.
Qui sont les autres t�moins ?
- Commandant Spaatz. - Objection.
Puis-je voir cette liste, Ma�tre Reid ?
Capitaine E.V. Rickenbacker,
d�put� Fiorello LaGuardia,
l'amiral William S. Sims...
Ces t�moins �taient-ils au Texas au moment des faits ?
Non.
Alors leur t�moignage est irrecevable.
Sans ces t�moins, je n'ai plus de d�fense.
Alors le tribunal va s'ajourner
pour vous donner le temps d'en pr�parer une.
Que pensez-vous des d�bats, colonel White ?
C'est notre proc�dure.
Enfin, ce n'est pas un tribunal.
Tout homme a droit � une d�fense, m�me un triple meurtrier.
Les tribunaux militaires ont leurs r�gles.
Ne vous en m�lez pas. Nous devons trouver une solution,
ou c'est fini.
Il n'y a pas moyen de changer la proc�dure.
Vous appelez �a une proc�dure ?
L'accus� a le droit de donner son nom et adresse, et c'est boucl�.
Nous aurons l'occasion de parler.
Nous n'aurons rien.
C'est perdu s'ils ne vous laissent pas prouver
que votre d�claration �tait justifi�e.
C'est comme refuser � un accus� le droit de pr�senter un alibi.
Je vais leur donner cet alibi, et je t�moignerai.
Je donnerai ma version aux juges et � tout le pays.
Je leur apporterai toutes les justifications.
C'est ce que vous croyez.
On vous demandera seulement si vous avez fait cette d�claration.
- N'ai-je pas raison, Colonel ? - C'est vrai.
Y a-t-il une chance de faire d�poser un t�moin pour prouver
que la d�claration �tait justifi�e ?
Non, aucune.
S'ils en tol�rent un, ils devront tous les recevoir.
Gagnons du temps en attendant que je trouve une id�e.
Vous connaissez la tactique de l'obstruction ?
Quand un politicien ne sait pas quoi dire, il parle.
Je rentre me gargariser.
Maintenant, et si la Cour m'y autorise,
je demande la permission de vous lire
des articles concernant ce proc�s.
Voici quelques-uns des �ditoriaux
qui ont paru dans la presse dans tout le pays.
Je demande qu'ils comptent comme pi�ces � conviction pour l'accus�.
Quel est votre but, Ma�tre Reid ?
Cherchez-vous � retarder les d�bats du tribunal ?
Je pense que l'opinion du pays peut int�resser le jury.
Objection. Ce n'est pas un fait mat�riel.
Objection retenue.
Vos propos sont, de toute �vidence, destin�s � la presse.
Je vous recommande de faire votre publicit�
en dehors de cette salle d'audience.
J'ai avec moi...
cet exemplaire du Code p�nal militaire de 1921.
Il est �crit qu'avant tout jugement par un tribunal militaire,
tout motif d'inculpation doit �tre remis au sup�rieur de l'accus�.
La personne qui a retenu les charges et les �ventuels t�moins
compara�tront devant lui,
et l'accus� pourra pr�senter sa d�fense devant cet officier.
La Cour sait cela.
Vous faites r�f�rence au paragraphe 76-A de notre manuel.
Si le commissaire du gouvernement conna�t cette clause,
dites-moi pourquoi
cette opportunit� n'a pas �t� offerte au colonel Mitchell ?
Je veux le nom de l'officier qui a port� ces accusations.
C'est impossible pour le moment.
�a ne devrait pas �tre si difficile � trouver.
Serait-ce le commandant de Fort Sam Houston ?
Pas n�cessairement.
Serait-ce le commandant de la r�gion militaire
o� �tait affect� le colonel Mitchell ?
Non, ce n'est pas lui.
Alors, �a doit certainement �tre le chef d'�tat-major de l'arm�e.
�a n'est pas lui non plus.
Quelqu'un a bien port� ces accusations
contre le colonel Mitchell.
Comme il semblerait qu'il soit introuvable,
je ne vois pas d'autres solutions que d'appeler
la plus haute autorit� de l'arm�e,
commandant tous les soldats servant le drapeau am�ricain,
j'ai nomm� le pr�sident des �tats-Unis.
Silence dans la salle.
Par respect de la l�galit�, voici une assignation
prescrivant au pr�sident Coolidge de compara�tre devant ce tribunal,
et de certifier qu'il a eu connaissance des faits de l'affaire.
Cette assignation sera transmise au pr�sident par le tribunal.
Cette requ�te sera examin�e � huis clos.
L'audience est lev�e.
F�licitations, Frank.
C'est ouvert.
Bonjour.
Je suis d��u, je pensais que c'�tait le pr�sident Coolidge.
- Vous avez d�jeun� ? - Oui, merci.
Ils sont tous surexcit�s.
Qui �a, mon Colonel ?
Les journalistes.
L'histoire Coolidge d�cha�ne les passions.
La presse ne nous aidera pas.
Ils sont juste bons � pleurer aux enterrements ou aux pendaisons,
mais jamais pour les stopper.
Entrez, c'est ouvert.
Messieurs, nous pouvons faire un march�.
- Comment ? - Un compromis.
Ce n'est pas officiel,
mais mes relations m'assurent qu'en r�tractant votre d�claration,
on fera pression sur l'�tat-major, et vous n'aurez qu'une r�primande.
Voici le projet, j'esp�re qu'ils accepteront.
Puis-je le voir ?
C'est pas mal du tout, Frank.
C'est excellent.
C'est digne, sans bassesse.
Tr�s bon jeu de mots entre z�le et jalousie.
Parfait. C'est excellent.
Si vous permettez, Billy.
- Je ne peux pas. - Je vous demande pardon ?
Je ne peux pas r�tracter mes propos.
Pourquoi pas ? Vous l'avez fait pour pouvoir t�moigner.
M�me si vous t�moignez, vous ne pourrez rien prouver.
Vous n'avez rien � perdre.
Le proc�s n'est pas termin�.
Je pourrai peut-�tre dire ce que j'ai � dire.
Pas sans un miracle.
Vous �tes venu � la Cour chaque jour,
vous savez qu'on ne vous laissera pas parler d'autre chose
que de l'acte d'accusation.
Ne soyez pas stupide, laissez tomber tant qu'il est temps.
Je ne peux pas penser qu'� moi. Il y a d'autres hommes en jeu.
Le futur de l'arm�e de l'Air de ce pays est en jeu.
Je continuerai tant qu'il me restera une chance de dire ce que je pense.
Aidez-moi � gagner, Frank.
Je ne parle pas de gagner, mais de vous tirer de cette gal�re.
Et c'est ce que j'ai fait.
J'ai sauv� votre carri�re,
je vous ai permis de rester dans votre pr�cieux uniforme.
Si je ne peux pas faire mieux, personne ne le pourra.
Maintenant, signez-le.
Non, Frank, je ne peux pas.
Je ne crois pas aux miracles,
je devrais vous conseiller de trouver un nouvel avocat.
Mais un homme doit �tre enterr� par ses amis.
Je resterai donc aux fun�railles.
Venez, Colonel.
Pourquoi est-ce que je n'abandonne pas ?
Pourquoi est-ce que je me bats ?
Si un t�moin pouvait compara�tre
et parler d'un d�sastre a�rien,
nous pourrions nous engouffrer dans la br�che.
C'est impossible.
Margaret Lansdowne.
C'est contraire � la proc�dure.
C'est parfait.
Voil� le t�moin que je cherche.
Mitchell a accus� l'arm�e, mais aussi la Marine.
La Marine n'a pas �cout� Lansdowne plus que l'arm�e n'a �cout� Mitchell.
C'est la justification parfaite.
La Cour s'est d�j� prononc�e � ce sujet.
Ils refuseront qu'elle t�moigne.
La veuve d'un h�ros ?
Quand son histoire fera les gros titres des journaux du pays,
aucun tribunal ne refusera son t�moignage.
� demain matin, au tribunal.
Madame Lansdowne ?
Oui.
Je suis le d�put� Reid.
Je sais, j'ai vu votre photo dans les journaux.
Permettez que j'entre ?
Je sais pourquoi vous �tes l�, et ma r�ponse est non.
Je suis d�sol�e.
Puis-je vous parler une minute ? S'il vous pla�t.
Si vous voulez.
Si je comprends bien,
vous ne voulez pas t�moigner pour le colonel Mitchell ?
C'est �a.
Pourquoi ?
Vous devez avoir une raison.
Voudriez-vous me la dire ?
D�sol�e, je ne peux pas.
Puis-je m'asseoir ?
Je ne pense pas que nous ayons grand-chose � nous dire.
Et moi, je pense le contraire.
S'il vous pla�t.
Si vous refusez de le dire, je ne vous demanderai pas
pourquoi vous refusez de t�moigner, vous avez une raison.
Quelqu'un vous a peut-�tre convaincue de ne pas parler.
Peut-�tre pensez-vous prot�ger quelqu'un, peu m'importe.
Mais il y a une chose que je dois savoir.
Ne me croyez pas impertinent.
Je pr�sume que vous aimiez votre mari,
n'est-ce pas ?
Oui, bien s�r.
Vous savez qu'il est mort en se battant pour une cause.
Oui.
Son sens du devoir �tait si fort
qu'il a fait d�coller un engin dangereux
apr�s s'�tre battu pour faire annuler ce vol.
Comment savez-vous cela ?
C'est sans importance.
Je veux vous dire que Billy Mitchell m�ne le m�me combat que votre mari.
Si votre mari �tait en vie,
il essaierait d'aider Billy de toutes les mani�res possibles.
S'il vous pla�t, ne faites pas �a.
Le seul moyen d'�viter des sacrifices inutiles et futiles
comme celui de votre mari, c'est de faire �clater la v�rit�.
Billy Mitchell a risqu� sa carri�re pour les d�noncer.
Et je sais que votre mari voudrait que vous l'aidiez.
Vous le savez, vous aussi.
Madame Lansdowne.
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour publier votre r�cit ?
Personne ne me l'avait demand�.
Et qui vous l'a demand� ?
C'�tait ma d�cision.
D'apr�s ce que je sais, vous et le colonel Mitchell
�tiez de proches amis de longue date.
Absolument.
�tes-vous venu ici pour aider un vieil ami
aux d�pens de la v�rit� ?
Objection !
Objection retenue.
Tr�s bien.
Vous dites que le colonel Mitchell ne vous a pas demand� de t�moigner.
C'est vrai.
Quelqu'un d'autre vous l'a demand� ?
- Oui. - Qui ?
Le d�put� Reid.
Le d�put� Reid.
Le d�put� Reid vous a-t-il sugg�r� de relater les faits
tels qu'ils se sont pass�s,
ou de mettre en avant des �l�ments favorables
au colonel Mitchell ?
Objection, je proteste !
On sugg�re que j'ai suborn� ce t�moin.
Je veux comprendre pourquoi ce t�moin...
Vous insinuez que j'ai fait pression sur Madame Lansdowne
pour qu'elle vienne parjurer.
Ma r�putation � la Chambre...
Je ne porte pas atteinte � votre r�putation.
Un peu de silence.
Permettez-moi de reformuler ma question.
Avant de venir t�moigner ici, avez-vous subi une pression ?
Oui.
Une pression tr�s forte.
Pourquoi ne pas nous en parler ?
On m'a dit
de ne pas t�moigner.
Qui vous a dit cela ?
Je ferais mieux de ne pas le dire.
Continuez, dites-leur.
Dites-leur qui vous a dit de ne pas t�moigner.
Des amis de mon mari.
Des officiers de Marine.
Objection !
Laissez-la finir !
Dites � la Cour ce qu'on vous a dit.
Un instant, Ma�tre Reid.
Madame Lansdowne,
votre accusation est tr�s grave.
Affirmez-vous au tribunal que des officiers de Marine
vous ont demand� de cacher des informations ?
Oui, G�n�ral.
Dites les noms.
Objection ! Ce n'est pas un fait mat�riel !
Objection rejet�e.
Je pr�f�re ne pas les nommer.
Ils pensaient agir pour le bien de la Marine.
Qu'ont-ils dit ?
Que c'�tait le devoir d'une femme d'officier
de prot�ger la Marine � tout prix.
�tiez-vous d'accord ?
Oui.
Ils m'ont dit que mon mari �tait un h�ros.
Et qu'en sa m�moire, je ne devais pas salir son nom.
Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
Parce que je me suis rendue compte...
qu'en disant la v�rit�,
je ferai mon devoir envers la Marine et envers Zach.
Si Zach �tait en vie,
il t�moignerait pour le colonel.
Je t�moigne en son nom et je dis la v�rit�.
Il a tout essay�.
Il a �crit des lettres, pass� des coups de fil,
il s'est adress� � tous les bureaux.
Il savait que ce n'�tait pas prudent de d�coller avec cet engin.
Le dernier jour,
je suis all�e sur le terrain pour lui dire au revoir.
Tout �tait pr�t pour le d�collage,
mais il n'arr�tait pas de repousser le d�part.
Il attendait, en esp�rant de nouveaux ordres de Washington.
Nous avons march� jusqu'au central,
et il a demand� � l'op�rateur s'il y avait un message pour lui.
Il n'y en avait pas.
Quand le dirigeable fut pr�t, il m'a embrass�e
et est mont� dans la cabine.
Il m'a fait signe � travers la fen�tre.
Puis il a donn� l'ordre de larguer les amarres.
Je ne l'ai jamais revu.
Zach et ses hommes ont �t� envoy�s � la mort par indiff�rence.
Zach �tait trop jeune pour refuser d'ob�ir.
Trop jeune et trop courageux pour sauver sa propre vie.
Je ne vois pas l'int�r�t de prolonger votre pr�sence ici.
Merci Madame.
Vous pouvez vous retirer.
Le minist�re public demande que cette d�position
soit consid�r�e comme sans valeur.
Elle est contraire � la proc�dure du tribunal.
La d�fense consid�re
que le t�moignage de madame Lansdowne est capital.
De plus, je demande � la Cour de reconsid�rer ses d�cisions
sur ce sujet,
en laissant la d�fense faire citer ses t�moins
comme elle l'avait pr�vu initialement.
Le tribunal doit d�lib�rer avant de se prononcer.
L'audience est suspendue.
Levez-vous !
Maintenant, croisons les doigts.
Merci.
Ce t�moignage change tout.
En quoi ? C'est une femme troubl�e.
Troubl�e ou non, nous devons l'�couter,
et tous ceux qui veulent t�moigner.
- Je suis d'accord avec MacArthur. - Pas moi.
Nous sommes l� pour juger Mitchell.
Pas pour �couter des histoires sur la Marine,
ou des gens qui d�fendent son attitude.
Vous l'avez dit. Nous devons juger Mitchell.
Pour que le proc�s soit juste,
nous devons �couter tous les t�moignages,
qu'il s'agisse de justification ou non.
Vous avez entendu ce qu'elle a dit sur le Shenandoah.
Supposez que d'autres t�moins aient le m�me avis.
Le proc�s durerait des semaines, et la publicit� sera mauvaise.
Nous devons courir le risque.
Notre syst�me p�nal repose sur le droit
que poss�de tout homme de se d�fendre.
Et le droit d'utiliser tous les moyens, il peut se tromper,
mais rien ne l'emp�che de s'exprimer.
Si nous oublions cela, nous sommes en danger.
Et je le pense, messieurs,
en tr�s grand danger.
Je suis d'accord avec le g�n�ral MacArthur.
Autre chose � ajouter ?
- Non. - Je ne crois pas.
Il n'y a plus qu'� voter.
L'audience est ouverte.
Le tribunal a d�cid� de rejeter la requ�te
visant � rayer le t�moignage
de Madame Lansdowne du proc�s-verbal.
La d�fense peut poursuivre
avec ses t�moins.
Silence dans la salle.
Vos t�moins sont-ils pr�sents ?
Oui, monsieur.
L'un de ces t�moins ne sera pas ici.
Le pr�sident Coolidge a d�clin� votre invitation � compara�tre.
La d�fense remercie monsieur Coolidge
pour sa gracieuse r�ponse � notre requ�te.
Nos prochains t�moins, j'en suis s�r,
nous feront oublier son absence.
Commandant Arnold.
Combien de pilotes se sont tu�s depuis la fin de la guerre ?
517 au total, monsieur.
Du 1er janvier 1919 � ce jour.
Combien d'entre eux sont morts dans des appareils modernes ?
Dans des engins construits depuis la guerre, 12 d'entre eux.
N'y a-t-il jamais eu de recommandations faites
� l'�tat-major pour qu'il prenne des mesures de s�curit� ?
Si, des douzaines. La plupart par le colonel Mitchell.
Savez-vous ce qu'elles sont devenues ?
Oui, elles ont �t� class�es.
Capitaine Rickenbacker,
combien de victoires a�riennes avez-vous remport�es ?
Vingt-six.
Combien de temps avez-vous pass� au-dessus des lignes ennemies ?
Environ 300 heures.
En vous basant sur votre exp�rience de v�t�ran,
j'ai trois questions � vous poser.
Est-il normal de faire voler des pilotes sans parachute ?
C'est suicidaire.
�a revient � envoyer un marin en mer sans gilet de sauvetage.
Que pensez-vous des appareils
utilis�s actuellement par nos aviateurs ?
Les cimeti�res autour de la base d�montrent leur valeur.
Savez-vous quel est le rang de l'aviation de notre nation
compar�e aux autres ?
Selon les derni�res informations, nous occupons la huiti�me place.
Merci, Capitaine Rickenbacker.
Capitaine Rickenbacker, les derniers rapports officiels
contredisent formellement vos soi-disant informations.
Rien ne me surprend dans les documents
auxquels vous faites r�f�rence.
Je serais surpris qu'on les prenne au s�rieux.
Plus de question.
Commandant Spaatz, quelle est votre affectation ?
� l'�tat-major. Je suis chef du bureau op�rations.
Pourriez-vous dire au tribunal de combien d'avions de combat
notre arm�e dispose ?
Oui, monsieur. Neuf.
Les rapports du minist�re de la Guerre
d�clarent 1800 appareils.
C'est techniquement correct.
Mais 1400 d'entre eux sont des pi�ces de mus�e
qui sont obsol�tes et inutilisables.
Qu'en est-il des 400 restants ?
331 d'entre eux ont fait la guerre en France en 1917.
Et ils n'ont pas �t� modifi�s ni r�vis�s depuis.
Et les 69 qui restent ?
60 sont utilis�s pour l'entra�nement,
il en reste donc 9 utilisables contre un ennemi potentiel.
Sur ces 9, pas un seul chasseur n'est �quip� d'armes de guerre.
Vous pensez que la mise en place d'une force a�rienne
est frein�e par le minist�re de la Guerre ?
Absolument.
Commandant, merci beaucoup.
Monsieur le d�put� LaGuardia, pensez-vous que nos jeunes officiers
sont toujours d'accord avec les ordres de l'�tat-major ?
Pour tout vous dire, quand l'arm�e vient devant le Congr�s,
tout le monde se met vite d'accord.
Merci, monsieur le d�put�.
Monsieur LaGuardia, avez-vous d�clar� � New York
que le colonel Mitchell n'est pas jug�
par un jury compos� de ses pairs ?
Oui, c'est vrai.
Par quelle logique arrivez-vous � la conclusion
que des officiers g�n�raux n'�taient pas les �gaux
du colonel Mitchell ?
C'est simple. Ils sont toujours rest�s au sol.
Aucun d'entre eux n'a jamais vol�.
Monsieur le d�put�, vous qui avez d�j� pilot� un avion,
votre jugement serait-il biais� par votre sympathie
� l'�gard d'un autre homme qui est, lui aussi, pilote ?
Je n'ai pas plus de sympathie pour un pilote d'avion
que pour certains de mes coll�gues d�put�s.
Selon vous, les officiers qui n'ont jamais vol�
ne sont pas les �gaux du colonel Mitchell ?
Dans cette situation, oui.
Ils sont aussi aptes � le juger
que vous de vous pr�senter comme d�put�.
Je n'ai plus de questions.
Amiral Sims,
quelle est la politique de la Marine concernant ses appareils ?
Elle n'a aucune politique.
Elle improvise,
de jour en jour.
La Marine consid�re-t-elle les avions
comme des armes majeures ?
La Marine ignore les avions.
Ils se disent qu'ainsi, ils dispara�tront peut-�tre.
Merci, Amiral Sims. � vous, Colonel.
Amiral, comment expliquez-vous cette diff�rence d'opinion
entre vous et vos coll�gues de la Marine ?
Ils ne savent rien au sujet de l'aviation.
Ces officiers sont sans doute capables
de s'informer des probl�mes de l'aviation ?
Lire des livres sur le golf ne fera pas de vous un bon golfeur.
Si mes informations sont justes,
vous n'�tes plus en activit�, est-ce correct ?
Oui, Colonel. Je suis � la retraite.
Je pense toujours par moi-m�me.
J'aimerais dire une chose � la Cour.
Cette dispute sur les avions
n'est pas une critique de l'arm�e ou de la Marine.
Elle oppose des hommes qui aiment voler
� d'autres qui n'aiment pas voler.
Des hommes qui pensent en termes d'aviation,
� d'autres hommes qui ne pensent pas du tout.
Colonel Moreland,
ce proc�s commence � d�g�n�rer.
�a devient le proc�s de l'arm�e.
Monsieur le pr�sident,
l'arm�e ne restera pas sur la d�fensive, croyez-moi.
Le prestige de nos forces arm�es est s�rieusement affect�.
Plus vite ce proc�s sera fini, mieux ce sera pour le pays.
Je peux vous assurer
que le d�bat prendra une autre tournure sous peu.
Merci.
O� se trouve...
Viens Jos�phine Dans ma machine volante
Qui monte et qui monte dans les airs
Balance-toi comme un oiseau
Qui monte et qui monte dans les airs
Elle monte un peu plus haut
Voil� Ma�tre Reid !
Que pensez-vous du d�put� Reid ?
C'est un type g�nial !
Qui est g�nial ?
Le d�put� Reid !
George, apporte � monsieur Reid un peu d'huile sur un toast.
Elle n'est pas tr�s bonne, et dure � dig�rer !
�a c'est s�r !
Nous devrions nommer le d�put� Reid pr�sident des �tats-Unis.
Merci, messieurs, j'irai � la Maison Blanche en bombardier.
Mais d'abord, o� est le colonel Mitchell ?
Il est dans sa chambre. Allons le chercher.
Viens Jos�phine Dans ma machine volante
Qui monte et qui monte dans les airs
Oui ?
Billy ?
Est-ce que tout va bien ?
Moi ? Bien s�r. Juste une petite migraine.
Oubliez la f�te, et reposez-vous.
Vous devrez �tre en forme pour t�moigner demain.
Regardez-moi, Colonel.
�a va Russ, tout va bien.
C'est ce que je pensais, c'est la malaria.
Ce n'est pas de quinine dont il a besoin, j'appelle un docteur.
Ne faites pas �a. Revenez ici, Russ.
Vous ne pouvez pas aller � la barre dans cet �tat.
Demain, �a ira. J'ai d�j� eu des crises similaires.
Il faut que j'aille � la barre.
Pourquoi, rien ne vous y oblige ?
Je n'ai pas encore t�moign�.
Vous n'avez pas � le faire. On a gagn�.
Je n'ai pas gagn�.
Pas avant qu'on ait une aviation.
�coutez.
J'�coute.
Frank...
vous allez me faire t�moigner ?
Si vous insistez.
Allez chercher ce docteur.
Demandez-lui de venir � la Cour demain, il peut en avoir besoin.
L'audience du tribunal est ouverte.
Colonel Mitchell,
je vous rappelle que selon la proc�dure
vous avez le choix entre trois solutions.
Vous pouvez garder le silence,
dans ce cas, rien ne sera retenu, pour ou contre vous.
Vous pouvez t�moigner sans pr�ter serment,
ou t�moigner sous serment,
auquel cas, vous serez soumis � un contre-interrogatoire.
L'accus� conna�t ses droits.
Il a choisi de t�moigner sous serment.
Jurez-vous que le t�moignage que vous donnerez devant ce Comit�
sera la v�rit� et toute la v�rit�, et que Dieu vous vienne en aide ?
Je le jure.
Je signale au tribunal l'adjonction du commandant Gullion
au minist�re public.
Il conduira le contre-interrogatoire.
Qui est-ce ?
Un des meilleurs juristes de l'arm�e. J'ignorais qu'il �tait � Washington.
Colonel, en qualit� d'expert en aviation, et de pilote,
honor� par l'�tat pour avoir servi son pays en temps de guerre,
d�sirez-vous ajouter quelque chose en conclusion ?
En temps qu'officier de l'arm�e des �tats-Unis,
j'ai d� choisir entre mon devoir envers l'arm�e,
et ce que je consid�re comme mon devoir envers mon pays.
J'ai choisi de me faire traduire en conseil de guerre
pour d�sob�issance, car je pensais...
que c'�tait le seul moyen d'attirer l'attention
sur un probl�me urgent.
J'esp�re avoir prouv� qu'il nous faut d'une aviation ad�quate.
Mais au-del� de �a, et par-dessus tout...
il faut prendre des mesures pour la s�curit� de nos pilotes.
Silence dans la salle.
Silence dans la salle.
Merci, Colonel.
Votre avertissement n'�chappera pas aux dirigeants de ce pays.
Vous pouvez poursuivre.
Colonel Mitchell, j'ai �tudi� vos �tats de service,
et j'avoue qu'ils m'ont impressionn�.
Pouvez-vous nous dire ce que repr�sentent vos d�corations ?
La Distinguished Service Medal, la Distinguised Service Cross,
la L�gion d'honneur fran�aise,
la Couronne d'Italie, l'Ordre de St-Michel et de St-George.
La Croix de Guerre.
�tes-vous le seul officier de l'arm�e am�ricaine
� pouvoir se vanter de porter ces d�corations ?
Non. Beaucoup d'autres les portent.
Je vois. Maintenant, dites-moi...
Ces officiers ont-ils �t� jug�s dans un tribunal militaire ?
Objection. Ce n'est pas un fait mat�riel.
Vous n'�tes pas tenu de r�pondre.
J'essaie seulement de comprendre quel officier unique vous �tes.
Vous �tes diff�rent, exceptionnel, un homme hors pair.
Je pr�sume que vous respectez autant que moi les officiers
de l'arm�e am�ricaine qui portent les m�mes d�corations que vous.
Bien s�r. Ils les ont m�rit�es.
En risquant leur vie au combat pour leur pays ?
Oui.
Alors, pourquoi les avoir appel�s des tra�tres ?
Cette question relate des faits qui ne sont pas au dossier.
Vous pouvez continuer.
Je r�p�te ma question.
Dans votre d�claration
pourquoi avez-vous appel� ces hommes des tra�tres ?
Je ne faisais r�f�rence � aucun officier en particulier.
Vous deviez penser � quelqu'un
en accusant l'ensemble du service de trahison.
Je pensais au syst�me.
Le syst�me qui confie la mise en �uvre
de l'aviation � l'arm�e et � la Marine.
Je vois. Vous faisiez des g�n�ralit�s.
Oui.
L'ensemble de vos d�clarations sont-elles des g�n�ralit�s ?
Non.
Dois-je comprendre que quand vous dites...
"coupable de n�gligence criminelle",
c'est votre pens�e ?
Cette justification �tait et reste justifi�e.
La n�gligence de la s�curit�...
Pardonnez-moi de vous interrompre, Colonel,
mais la Cour aimerait avoir des �claircissements sur ce point.
Vous r�it�rez donc vos accusations
selon lesquelles un certain nombre des officiers de haut grade
sont des criminels ?
Vous d�formez mes propos.
Colonel Mitchell.
Votre attaque publique de l'arm�e a-t-elle commenc�
apr�s la s�rie d'accidents dans lesquels des amis � vous...
furent tu�s ?
Oui.
Est-il possible que votre chagrin
caus� par leur d�c�s vous ait inspir� cette d�claration ?
Non, c'est faux.
Pourquoi ne pas avoir attaqu� vos sup�rieurs
avant les accidents qui ont tu� vos amis ?
Je n'�tais pas pr�t.
Vous pensiez qu'il �tait trop t�t pour provoquer un scandale ?
Je n'ai jamais pens� cela.
Vous avez peut-�tre attendu d'�tre compl�tement s�r
que les journaux se rangeraient de votre c�t� ?
Du c�t� d'une meilleure aviation.
Pour vous, la presse est qualifi�e pour dicter sa conduite � l'arm�e ?
Ces s�ries de questions sont sans rapport
et sont sans fin mat�rielle.
Le minist�re public veut d�naturer la d�claration de mon client.
N'en d�plaise � la Cour,
l'accus� essaie de justifier la d�sob�issance,
et j'essaie de prouver
qu'elle est injustifiable.
Poursuivez.
Colonel, j'ai ici les originaux des lettres que vous avez �crites
au minist�re de la Guerre au cours des deux derni�res ann�es.
Vous les reconnaissez ?
Ce sont les miennes.
Je les ai lues avec grand int�r�t.
Cela en fait au moins un.
J'aimerais vous poser quelques questions
� propos des d�clarations que vous y faites.
Vous dites que dans une guerre future
les arri�res des pays bellig�rants seront envahis par des arm�es
l�ch�es en parachute de formidables flottes a�riennes.
O� avez-vous entendu cette sensationnelle information ?
Personne ne me l'a donn�e.
C'est �vident pour quiconque a un peu de jugeote.
Je vois.
Insinuez-vous que les commandants en chef de l'arm�e,
non seulement, manquent de comp�tences,
mais aussi, qu'ils n'ont pas de jugeote ?
C'est vous qui l'avez dit. Pas moi.
Dans cette lettre,
vous recommandez que les forces arm�es soient scind�es en trois.
L'arm�e de Terre, la Marine, et l'arm�e de l'Air.
Est-ce bien votre opinion ?
Absolument.
Pourquoi voudriez-vous diviser les forces de notre pays ?
Je ne veux pas les diviser,
j'ai recommand� que les trois arm�es soient r�unies
sous l'autorit� d'un seul minist�re.
Avec un sp�cialiste aux commandes
de chaque branche.
Vous imaginiez-vous aux commandes de l'arm�e de l'Air ?
Je proteste.
Les questions de l'accusation sont tendancieuses.
Elles cherchent � discr�diter l'accus�
en donnant un autre sens � ses paroles.
Objection retenue.
Vous d�clarez que l'arm�e devrait chercher
� se prot�ger contre les raids a�riens
avec des alarmes, et des abris contre les bombes.
Des abris contre les bombes...
Pensez-vous vraiment que notre pays
pourrait subir une attaque a�rienne ?
C'est ce que je crois.
Sinon dans l'imm�diat, dans un avenir proche.
Avez-vous id�e de la largeur de l'oc�an Atlantique ?
Approximativement 5000 kilom�tres.
- Et de l'oc�an Pacifique ? - Je vois o� vous voulez en venir.
Il ne faudra pas longtemps
avant qu'un avion puisse traverser l'oc�an sans escale.
- En transportant des bombes ? - Tout � fait.
Vous rendez-vous compte que vos d�clarations
peuvent �tre prises au s�rieux,
et qu'elles pourraient cr�er la panique dans tout le pays ?
Je pr�f�re voir des gens apeur�s plut�t que morts.
Ici, vous recommandez au gouvernement de fonder
une acad�mie pour former des pilotes.
Que reprochez-vous � West Point ?
Je n'ai rien contre West Point.
C'est une bonne �cole pour les fantassins,
une �cole similaire devrait exister pour les pilotes.
Ici, vous d�clarez, je cite :
"Des avions volant � 1500 kilom�tres � l'heure
combattront dans la stratosph�re."
Fin de citation.
Savez-vous ce que repr�sente une vitesse
de 1500 kilom�tres � l'heure ?
Bien s�r, que je le sais.
Vous savez qu'elle d�passe celle du son ?
Elle est sup�rieure d'environ 300 kilom�tres � celle du son.
Existe-t-il � ce jour des avions qui puissent voler � cette vitesse ?
Pas chez nous, je vous l'assure.
Vous dites, non seulement,
qu'ils voleraient � 1500 kilom�tres par heure,
mais aussi qu'ils d�passeraient de 300 kilom�tres la vitesse du son ?
Tout � fait.
Serait-ce trop vous demander
de m'indiquer de quelle boule de cristal
vous avez obtenu ces informations incroyables ?
Je proteste. L'accusation cherche � ridiculiser mon client.
Je vais r�pondre.
Il n'y a pas de boule de cristal.
Quiconque a des connaissances dans l'aviation
sait que la vitesse maximale des avions
est presque sans limite.
Tout d�pendra du d�veloppement technique.
Incroyable.
Voici ce que vous avez �crit apr�s un s�jour � Hawa�.
Vous dites, je cite :
"L'arm�e et la Marine sont surtout pr�occup�es par la juridiction ici."
"Il y a tant de rivalit�s entre eux qu'Hawa� est presque sans d�fense."
Fin de citation
Pensez-vous qu'un officier
peut porter un tel jugement sur ses sup�rieurs ?
�a a �t� �crit selon mes convictions.
Les forces a�riennes contr�leront le Pacifique.
Les missions de l'arm�e de Terre, de la Marine, et de l'arm�e de l'Air
doivent �tre pr�cis�ment d�finies.
Je vous remercie.
Vous semblez avoir beaucoup � dire sur Hawa�.
Par exemple, vous �crivez :
"Pearl Harbor n'a pas de d�fense ad�quate
contre une attaque a�rienne."
Absolument.
"Une puissance �trang�re pourrait attaquer et r�duire les �les Hawa�
en quelques minutes."
Vous le croyez vraiment ?
J'en suis persuad�.
Poursuivez, et vous trouverez mes observations sur la fa�on
dont cette attaque se produirait.
Justement, j'y venais.
Absolument.
Nous y voil�.
Votre lettre est dat�e du 14 d�cembre 1923.
Je vais la lire doucement et distinctement,
car je veux que toute la Cour sache
que vous �tes un expert hors pair
en chiromancie, tables tournantes,
et pour pr�dire l'avenir dans les feuilles de th�.
Je proteste.
Le minist�re public devient injurieux.
Objection retenue.
Mes excuses, Colonel.
Je laisserai vos lettres parler d'elles-m�mes.
"Pr�c�d�s d'un �cran de sous-marins, les portes-avions ennemis
"doubleront par le Nord l'�le de Oahu
� une distance d'environ 250 kilom�tres."
"L'attaque sera lanc�e en deux vagues et sans avertissement."
"La premi�re vague frappera Pearl Harbor,
"les baraquements de Scofield, et l'a�rodrome de Ford Island,
les d�p�ts d'essence et les cantonnements des troupes."
"Cette attaque sera suivie d'une deuxi�me peu apr�s."
"Ses objectifs �tant la ville et les ports d'Honolulu."
Colonel...
Colonel, dans quel �tat �tiez-vous ?
Quel �tait votre �tat d'esprit quand vous avez �crit ceci ?
Si vous me demandez si j'�tais fou, la r�ponse est non.
Et vous �tes toujours s�r de cette pr�diction ?
Si nous ne renfor�ons pas nos d�fenses,
nous pourrons �tre attaqu�s.
Je vois.
Il y a une information introuvable dans vos lettres.
Vous pouvez peut-�tre nous �clairer.
Votre boule de cristal a-t-elle r�v�l�
par quel ennemi cette attaque imaginaire sera lanc�e ?
Le minist�re public ridiculise mon client.
Je demande au tribunal de bien vouloir
faire annuler cette question !
Je vais y r�pondre.
L'attaque sera lanc�e par les Japonais.
L'accusation aimerait remettre ces documents au dossier
comme pi�ces � conviction.
Votre demande est accept�e.
Colonel Mitchell,
je ne vous demande pas
quelle explication le minist�re de la Guerre
va donner � l'ambassadeur du Japon.
Cependant, maintenant que vous vous �tes exprim�,
maintenant que vous avez fait votre...
votre petit num�ro,
maintenant que vous avez proclam� vos pr�dictions,
nous direz-vous que vous avez noirci la situation, et qu'apr�s r�flexion,
les choses ne vont pas si mal que �a ?
Certainement pas.
Je pensais chacun de mes mots, et je les pense encore.
J'en conclus, Colonel Mitchell, que vous �tes l'auteur
du plus flagrant pr�judice caus�
� la bonne discipline militaire.
Je ne suis pas d'accord.
Colonel Mitchell,
d�sirez-vous poursuivre votre carri�re dans l'arm�e ?
Oui.
Si quelque chose vous faisait dire que vos sup�rieurs se trompent,
vous pr�cipiteriez-vous vers la presse
pour d�noncer leurs comportements ?
Je proteste, cette question est ridicule et scandaleuse.
On demande au t�moin de sp�culer sur son futur.
Pourquoi pas ?
Puisque ce t�moin peut pr�dire l'avenir du monde
et de ses arm�es.
Il n'y a qu'une question qui compte.
Le Colonel Mitchell est-il encore qualifi�
pour rester dans l'arm�e active ?
Je vais r�pondre, Commandant.
J'ignore ce que je ferai demain.
Vous ne savez pas si vous agirez comme un bon officier.
Je n'ai pas dit cela.
�tes-vous pr�t � ob�ir aveugl�ment � vos sup�rieurs,
m�me quand vous estimerez que leur conduite
est n�gligente et incomp�tente ?
Je me consid�re comme un bon soldat.
Eh bien...
Alors vous n'�tes pas le William Mitchell qui d�non�ait
ses sup�rieurs au Texas.
Je n'ai pas chang�.
Vous insistez toujours sur votre droit � la d�sob�issance ?
Je n'ai pas dit cela non plus.
J'aimerais r�ussir � �tablir votre opinion exacte
sur la question de l'insubordination.
Colonel Mitchell.
Quel est le premier devoir d'un soldat envers ses sup�rieurs ?
Nous en avons d�j� parl�.
Est-ce que le mot vous fait peur ?
Quel mot ?
Le mot qui r�pond � ma question,
dans toutes les arm�es du monde,
ce mot est le mot "ob�issance".
Vous essayez de me faire chasser de l'arm�e.
Vous m'accusez donc de d�sob�issance.
Colonel Mitchell, pourquoi ne pas d�missionner de l'arm�e
et mener votre campagne en tant que civil ?
Car je suis un soldat, Commandant.
Et consid�rez-vous la d�claration faite au Texas comme justifi�e ?
Je proteste, l'accusation demande � mon client de se juger lui-m�me.
Je vais r�pondre.
Colonel Mitchell, vous n'�tes pas oblig� de r�pondre.
Objection retenue.
�tant donn� votre opinion,
selon laquelle vos sup�rieurs sont n�gligents, et incomp�tents,
pourriez-vous leur ob�ir dans discuter,
si vous �tiez maintenu en activit� ?
J'insiste,
le t�moin n'a pas � r�pondre � cette question.
Je vais y r�pondre...
Vous voudriez que je dise
que je ne peux plus rester dans l'arm�e
car j'ai encouru l'hostilit� de mes sup�rieurs hi�rarchiques.
Je ne peux pas l'admettre, et je ne le ferai pas.
J'ai port� l'uniforme de l'arm�e des �tats-Unis
presque toute ma vie d'adulte.
Et je l'ai port� avec fiert�.
Mais si �tre un bon soldat, c'est �tre un soldat comme vous,
se montrant incapable de penser et de dire ce qu'il pense,
d'�tre �troit d'esprit,
de fermer les yeux et d'�tre insensible
aux devoirs les plus sacr�s,
alors reprenez mon uniforme et tout ce qui va avec.
Si s'efforcer de faire quelque chose pour son pays,
et essayer de combattre l'injustice
c'est �tre un mauvais soldat,
alors, je suis fier d'�tre un mauvais soldat.
Cette discussion va plus loin que la d�finition du bon soldat,
tel que l'accusation l'entend,
ou sur le sens du mot ob�issance.
Cette discussion porte...
sur la foi d'un homme en ses connaissances,
sur ce qu'il sait �tre juste.
Si �tre un bon soldat
c'est �tre soumis b�tement et passivement
� l'injustice, � l'ind�cision et � la complaisance,
alors je suis...
Je suis fier d'�tre un mauvais soldat.
Billy.
Merci, Colonel Mitchell.
Le contre-interrogatoire est termin�.
J'ai termin�.
La d�fense a-t-elle une derni�re d�claration � faire ?
La d�fense n'a plus rien � ajouter.
Le tribunal se retire pour d�lib�rer.
Levez-vous � l'entr�e du tribunal.
L'audience du tribunal est ouverte.
Accus�, levez-vous.
"Colonel William Mitchell,
"par un vote � bulletin secret tenu � huis clos,
"l'opinion des deux tiers des membres du jury est concordante."
"Le jury vous d�clare en tous points coupable."
Silence dans la salle.
"Par un vote � bulletin secret et tenu � huis clos,
"l'opinion des deux tiers des membres du jury concorde."
"Le tribunal vous condamne
"� �tre radi� des cadres de l'arm�e active,
avec suspension de toute solde ou indemnit� pendant cinq ans."
"Le tribunal fait preuve de mansu�tude
en raison de vos �tats de service pendant la Grande Guerre."
L'audience est lev�e.
Une d�claration, Colonel ?
- Resterez � Washington ? - Vous remettrez-vous au pilotage ?
Que pensez-vous de l'arm�e, Colonel ?
L'arm�e ne me doit rien, et je dois tout � l'arm�e.
Garde-�-vous !
Merci, messieurs.
Russ.
Continuez.
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