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LE CHANT DU DANUBE
POMPIERS DE VIENNE
Quoi ?
O� est le feu ?
- Quoi ? - O� est...
O� est le feu ?
Au caf� d'Ebeseder.
- O� �a ? - Au caf� d'Ebeseder.
Laissez passer !
On a tout ? Tout est l� ?
Tout aura br�l� avant l'arriv�e des pompiers.
Sortez tout. Allons.
O� est Rasi ?
- Rasi ? - Votre fille !
Elle prend une le�on de musique.
C'est tout mon c�ur qui est en �moi
Je ne vis que pour qu'il soit � toi
Chaque sanglot, crois-moi
Est celui d'un c�ur Qui se languit de toi
Le sanglot
D'un c�ur
Qui se languit
Du...
Tien
La maison br�le, mais il continue � jouer.
Quel courage...
Qui est ce jeune homme ?
C'est Herr Johann Strauss, madame.
Il est tr�s beau.
Et tu me l'as d�di�e ?
Bien s�r, comme toutes mes chansons pass�es et futures.
Si elles pouvaient �tre publi�es !
"Pour Rasi Ebeseder, du compositeur Johann Strauss."
Je serais fi�re que tout le monde voie �a.
"� Th�r�se Strauss de son mari" me rendrait plus fier encore.
Dites, vous voulez bien vous d�placer ?
�cartez-vous.
Rasi.
- Tu nous espionnes par la fen�tre ? - Non.
Je suis venu te sauver.
De quoi ?
Tu ne sais pas ? La maison est en feu.
Que dois-je faire, m'�vanouir ?
Allons. Assez d'�garements.
C'est � moi de la sauver.
Alors que j'ai risqu� ma vie pour monter ?
Arr�tez. Descendons ensemble.
Non, tu dois �tre sauv�e.
- L'escalier est enfum�. - Balivernes.
Posez-la.
- Rasi n'est pas � vous. - Bient�t, si.
- Oh non, alors. - Mais si.
- Non. - Si.
- �coutez ! - Bon !
- Non. - S'il te pla�t.
Sauve ma musique, la chanson que tu m'as faite.
Je risquerais moins si tu me posais.
Seuls les membres de la brigade peuvent entrer.
Vite, Leopold. D�croche-la-moi.
Vite, une jupe, s'il vous pla�t.
On n'entre pas dans une boutique
dans cette tenue !
Je re�ois une cliente tr�s importante.
Je suis d�sol�e.
Je n'oublierai plus l'importance de la d�cence pour ces dames.
Ne manquez pas de respect � plus haut rang que vous.
�a y est. O� est Rasi ?
Chez Mme Fouchet.
Regardez, le feu s'�tend.
Le feu est �teint.
Il lui apporte sa jupe !
Veuillez m'excuser.
Il rougit.
Es-tu certaine que ce soit �a ?
Je viens porter ceci � Mlle Ebeseder.
Elle est en cabine, mais n'entrez pas, elle est nue.
Bon, j'attendrai � c�t�.
Nous devons enfiler les suivantes.
Et voici un mod�le tr�s s�duisant pour l'hiver.
Ce n'est pas vous que j'ai vu en face � l'instant ?
Dans la maison en feu ?
Si, mais le feu est �teint.
Quel dommage.
Ce monde manque de feu, vous ne trouvez pas ?
Je ne suis pas s�r de comprendre.
Un feu comme celui qui anime votre chanson.
Prenez une chaise.
Elle est pour vous.
Quelle �tait cette chanson ?
Un de mes morceaux.
Vous �tes compositeur ?
Je suis le fils d'un compositeur.
Vous ne vous asseyez pas ?
Mon p�re est Johann Strauss.
Vous avez h�rit� de son talent.
Il ne le pense pas.
Il pense que je devrais laisser cela � mes fr�res qui �tudient � Berlin.
Et vous ?
Je suis second violon dans son orchestre.
Voil� un poste bien d�primant.
Mon p�re est un grand homme, vous savez.
Ils sont particuliers.
Comme tous les grands hommes,
cela lui d�pla�t d'entendre la jeunesse frapper � la porte.
P�re n'a rien � craindre pour sa r�putation.
Je me le demande.
Pas encore. Je verrai vos mod�les plus tard.
Dites-moi. Aimeriez-vous mettre mes vers en musique ?
- Oui ! - Je ferai publier la chanson.
- Vous le pourriez ? - Facilement.
Mais ce ne sera pas suffisant.
Il faudra qu'elle soit jou�e et chant�e.
Votre p�re la dirigera-t-il, rien qu'une fois ?
Un morceau �crit par moi ? Ne r�vons pas.
Mais un morceau �crit par moi...
Comprenez-moi bien. Je ne suis pas une grande po�tesse,
mais j'ai un ami qui pourrait nous aider.
Quand lirai-je vos vers ?
Ils ne sont pas termin�s.
Mais ils le seront,
demain, � 16 h.
Venez me voir.
Je voudrais vous les lire,
afin que vous composiez la musique qui leur conviendra.
Je suis d�sol�e.
Je vous ai griff� ?
Mes ongles sont ac�r�s.
�a va, je vous assure.
Excusez-moi.
Je voulais te remercier pour ma jupe.
Cette dame m'a compliment� sur ma musique.
- Elle va essayer de m'aider. - Comme c'est gentil.
Mlle Ebeseder...
Connaissez-vous Mlle Ebeseder, comtesse...
Helga Von Stahl ?
Tr�s honor�e.
Je vais aider P�re � ranger.
Je me r�jouis qu'il y ait eu peu de d�g�ts.
Il a pu en faire plus qu'on ne croit.
Eh bien... au revoir.
Au revoir.
- Au revoir. - � demain.
Mme la comtesse est pr�te ?
Venez.
Votre bain, madame.
Ce n'est rien. Il r�ve d'un duel � l'�p�e.
Mon honneur est sauf.
Quoi ?
Qui m'a r�veill� ? Sortez tous.
Apportez mon bain.
Gustave...
Je r�vais que je me battais en duel pour d�fendre votre honneur.
Je vous en remercie, mon cher.
Inutile de dire que j'ai tu� mon adversaire.
Votre bain est pr�t, madame.
Encore en retard !
"Je n'aime que toi" ?
� qui avez-vous �crit ces vers ? Son nom !
Gustave, je suis d�shabill�e.
- Le nom de cet homme ? - Ce n'est pas un homme.
Ces vers sont pour le Danube.
Je ne suis pas idiot !
Tournez la page, si vous ne me croyez pas.
Je vous demande pardon.
Ces vers sont charmants.
Le bain de Son Excellence.
Est-ce indispensable ?
Tout a fait joli.
Merci, Votre Excellence.
Pas vous, le po�me.
Apportez-moi le po�me.
L'eau refroidit, Votre Excellence.
La comtesse parle. Que dit-elle ?
Son Excellence demande ce que dit Madame.
Madame travaille � son po�me.
Elle dit que le mot "orange" ne rime avec rien.
Madame dit que le mot "orange" ne rime avec rien.
Mais bien s�r que si, avec "losange".
Son Excellence sugg�re "losange" .
Son Excellence sugg�re "losange" .
- Idiot. - Qu'a-t-elle dit ?
"Excellente suggestion", dis-lui.
Madame dit : "Excellente suggestion."
De quelle couleur est le Danube ?
Madame demande de quelle couleur est le Danube.
Madame demande de quelle couleur est le Danube.
Je ne sais pas. De quelle couleur ?
C'est dans de l'eau du Danube que se baigne Votre Excellence.
Je le sais. Quelle est sa couleur ?
Marron sale.
Mais que fais-tu donc ? Viens ici !
Serait-ce une plaisanterie d�go�tante ?
Excusez-moi. Voulez-vous votre peignoir bleu ?
Bleu ! Mais bien s�r !
J'aurais d� y penser.
Ma ch�re, le Danube n'a jamais �t� bleu.
Pourrait-il �tre argent ?
"Argent" ne rime avec rien qui puisse aller.
Est-ce vrai ?
Vous �tes une femme d'une grande intelligence.
Bien des hommes ne vous �galeraient pas.
Son Excellence se rend au palais ce soir.
Oui, madame.
� 16 h, un jeune homme se pr�sentera.
Oui, madame.
- Je n'y suis que pour lui. - Bien, madame.
J'ai une id�e.
Strauss mettra ce po�me en musique.
Le grand Strauss ?
Bien entendu. Y en a-t-il un autre ?
TH��TRE DE LA VILLE
VERS L'ORCHESTRE
Je donnerai le po�me � M. Strauss d�s la fin de la r�p�tition.
C'est M. Strauss ?
- Puis-je jeter un �il ? - Sans entrer.
Tr�s bien. Les cuivres n'�taient pas assez pianissimo, mais �a ira.
Demain, � 10 h.
Composez-vous vraiment une nouvelle valse ?
C'est difficile apr�s avoir compos� la Lorelei.
Comment �galer la Lorelei ?
Je ne veux pas l'�galer.
Je veux la surpasser.
Qu'as-tu dit ?
Que l'�me de la musique est plus forte que celle des compositeurs.
La prochaine valse qu'on �crira devra surpasser la Lorelei.
Tu n'approuves pas le succ�s qu'ont mes compositions.
Personne n'aime votre musique plus que moi.
Mais l'art doit avancer. Il ne peut s'arr�ter pour admirer.
"Avancer", tu dis ?
Tu crois que je pi�tine ou que je suis fini ?
Vous m'avez mal compris.
Et qui sont ceux qui m�neront cette avanc�e ?
Tu en fais partie ?
Je sais qu'on t'a chass�, le mois dernier.
Tes voisins ne supportaient plus tes improvisations.
Assieds-toi.
Vas-y.
�coutons l'une de tes compositions.
Tu as peur de jouer pour des musiciens.
Pas du tout.
Admirable. Magnifique !
Quelle majest�, c'est sublime.
Vous parlez d'une avanc�e !
Donnez-lui les lauriers dont l'empereur m'a coiff�.
Tu prends ton violon ?
- Je ne reviendrai pas. - Ne sois pas idiot.
Son Excellence vous envoie ceci
en vous recommandant d'en faire une nouvelle chanson.
Pardon ?
- C'est un idiot. - Monsieur !
Les Allemands v�n�rent les titres.
Ici, � Vienne, les artistes sont plus importants.
La nuit Lorsque la lune luit
Ton chant susurr� sait m'apaiser
Tu es le seul que j'aime � jamais
Le seul qui me fasse soupirer.
C'est peine perdue. Je ne sais pas.
C'�tait tr�s bien.
Non, je n'ai pas confiance en moi.
Je ne pense qu'aux mots de mon p�re lorsque j'ai jou�.
Quelle chanson �tait-ce ?
Celle que chantait votre jeune amie ?
La fille du p�tissier ?
Non, c'�tait une autre.
Celle-ci.
Non, je trouvais �a tr�s bien.
Jouez-la encore.
- Vraiment ? - Oui.
Chantez.
Entendu.
Je savais qu'elle �tait bonne.
Elle est formidable.
Quand vous dites ces choses, je crois enfin en moi.
Je sais que je pourrai composer votre chanson.
Madame est-elle l� ?
Elle est avec un jeune homme.
Un jeune homme ?
Herr Strauss vous a renvoy� ceci.
- Pourquoi est-ce chiffonn� ? - Je me suis assis dessus.
Ah oui ? Tu t'es assis dessus ?
Herr Strauss a dit qu'il �tait mauvais.
Alors tu t'es assis dessus !
Parce qu'Herr Strauss n'a pas aim�.
Ces vers sont une �uvre d'art.
M�me s'ils ne plaisent pas � Herr Strauss.
Soyez tranquille, je sais le prendre. Jouez.
Le nom de Strauss ne saurait s'associer � �a.
L'impertinent ! Ignore-t-il que je suis cousin
de feu l'empereur ?
Merci, Votre Excellence. Ce sera tout ?
Pour le moment, mais Strauss va m'entendre.
Gustave ! Quelle bonne surprise. Voici Herr Strauss.
Strauss ? Cet esp�ce de...
Mes excuses. Vous n'�tes pas le musicastre.
"Musicastre" ? Cela plairait � son p�re.
Il s'agit donc du fils.
M. Strauss va mettre mon po�me en musique.
Tiens donc !
Le nom de Strauss lui sera finalement associ�.
N'est-ce pas, mon ami ?
Bonjour, ma ch�rie.
Je ne t'attendais pas si t�t.
Pas de baiser ?
Tu es certaine que personne ne regarde ?
M�me moi, j'ai les yeux ferm�s.
J'ai dit � P�re que nous �tions amoureux.
- Qu'a-t-il dit ? - Ce que je pensais.
Il a demand� de quoi nous pourrions vivre.
De pain et de lait, pour commencer.
Il tient � ce que son gendre travaille avec lui.
Tu me vois en p�tissier ?
Je le comprends.
Les Ebeseder sont p�tissiers depuis quatre g�n�rations.
Qu'est-ce donc ?
Tu devrais regarder nos registres.
La derni�re chose que Metternich a mang�,
ce sont nos roul�s au chocolat.
- Et il est mort. - Bien s�r.
Il les a demand�s pour mourir heureux.
Vois-tu cette tache de caf� sur le mur ?
- Pourquoi ne pas la nettoyer ? - La nettoyer ?
Elle est de Winterhalter, le peintre.
Il a fait mieux, non ?
Ne plaisante pas. Il a jet� un caf� au g�n�ral Radetzky.
Celui de la marche de ton p�re.
Une marche.
Je me demande...
Le Danube ne coule pas ainsi.
Mais de quoi parles-tu ?
Regarde, un po�me � mettre en musique.
- Une commande ? - Oui.
C'est formidable !
La chanson sera publi�e.
Ce n'est pas un tr�s beau po�me,
mais l'id�e est bonne.
Celui qui a �crit cela est intelligent.
Attends une minute.
Quelle �tait cette phrase que j'aimais tant ?
Je ne sais pas.
Moi, si.
�a convient parfaitement.
Danube si bleu, si bleu, si bleu
Tu te souviens ?
Oui, c'est ma valse !
�a convient parfaitement. J'aurais d� y penser.
- Tu vas pouvoir la terminer. - �a oui !
Le principal est fait.
C'est ainsi que vous travaillez ?
Approchez un instant.
Je ne tol�rerai pas �a.
Ta m�re ne m'a laiss� l'embrasser qu'apr�s 6 mois de mariage.
Voil� pourquoi vous aviez 50 ans � ma naissance.
Grand Dieu, quelle insolence !
Voil� ce qui arrive � te laisser fr�quenter des artistes
et des musiciens.
Partez.
Il est venu voir la boulangerie.
Je lui ai fait part de votre souhait que mon pr�tendant
soit pr�t � reprendre Ebeseder.
Vous �tes vraiment int�ress� ?
- �norm�ment. - Tant mieux.
Je vais vous montrer la boulangerie.
C'est que...
- Je m'appr�tais �... - Il serait ravi.
N'est-ce pas ?
Il craignait de vous d�ranger,
mais ce n'est pas le cas.
Le bois.
La farine.
Le pain.
Voici nos c�l�bres roul�s que le grand Metternich...
A aim�s � en mourir.
Vous �tes f�ru d'histoire.
Venez donc voir notre c�l�bre four.
Bel enfant de l'ouest
Tu roules vers la mer
Que dites-vous ? Votre m�re ?
Non, les roul�s.
- Puis-je voir o� ils sont faits ? - Bien s�r. Les roul�s sont l�.
Et voil� o� nous les faisons.
La recette est secr�te.
- Je l'ai ! - Vous l'avez ?
C'est moi qui l'ai eu !
Il l'a fait expr�s. Je le crois enclin �...
Je viens de composer une chanson dans votre boulangerie !
Danube si bleu, si bleu, si bleu
Pendant que je vous donne la recette des c�l�bres roul�s Ebeseder,
- vous composez une chanson idiote ? - D�sol�. C'est...
C'est un sacril�ge.
J'ai fait visiter cet endroit aux plus grands musiciens.
Franz Schubert est descendu ici.
Il composait la symphonie inachev�e,
mais a-t-il essay� de la finir ? Non ! Il a mang� des g�teaux.
Moi aussi.
Je suis d�sol�.
Je voulais vous demander...
- Qu'est-ce ? - C'est un malaxeur de p�te.
L'invention de mon arri�re-grand-p�re.
Leopold.
Montrez-lui.
- Je suis occup�. - Faites ce que je vous dis.
D�p�chez-vous.
C'est �a.
Plus vite.
C'est le tempo id�al.
Quand j'entends au loin Le son de ta voix
Je sens en moi Un doux �moi
Cela vous fait cet effet-l� ?
Tout � fait. Plus vite, s'il vous plait.
Mais que faites-vous ?
Le charme si prenant
De ta voix enchante la lande
Dans mes r�ves Tu rejoins la mer
Pour te plonger Dans ses eaux argent�es
Hourra ! �a y est, tout est arrang�.
Quoi donc ? Notre mariage ?
Non, la chanson. J'ai fait tous les arrangements.
La chanson... Tu as vu le fournil ?
Non, j'�tais trop excit�.
- Tu n'as pas contrari� P�re ? - Je ne pense pas. �coute.
Danube si bleu, si bleu, si bleu
- Ne chante pas ici. - Alors viens.
Qui tiendra la boutique ?
La boutique ? Qu'importe la boutique ?
Elle importe autant que ta chanson.
Tu as s�rement raison.
O� vas-tu ?
Retrouver celui qui a �crit le po�me.
Doux seigneur.
Je n'aurais pas d� faire cela.
C'est votre superbe musique.
- Vous ne m'en voulez pas ? - Non.
Bien s�r que non.
Allons, jouez encore.
Voici le second mouvement.
C'est ta plus belle chanson.
C'est toi que je dois remercier.
Sans cette premi�re phrase...
Tu peux montrer ta gratitude en me la d�diant.
On dirait que tu n'en as pas envie.
Ne te les ai-je pas toutes d�di�es ?
Si, mais je tiens particuli�rement � celle-ci.
Elle aurait plus de valeur si mon p�re l'ex�cutait.
Pour Helga Von Stahl avec ma gratitude. Johann Strauss.
�DITIONS MUSIC ALES ANTON DREXLER
Je la publierai si vous me le demandez.
Faites plus que cela.
Faites que son p�re la mette au programme de son orchestre.
Impossible !
Il le faut, Drexler.
Le prince y tient.
Vous savez que je ferais tout pour vous et Son Excellence,
mais nul ne peut forcer Strauss.
- Vous avez peur de lui. - Pas du tout.
Je lui dis qu'il a tort de traiter son fils ainsi, mais sans r�sultat.
Johann a commis une grave erreur
- en blessant la vanit� de son p�re. - Oui.
Nous devons essayer dans les r�gles,
mais si cela �choue, il faudra �tre plus audacieux.
Pas �tonnant que l'on vous qualifie de dangereuse.
C'est sans danger pour vous.
�a, je l'ignore.
- Est-il l� ? - Herr Strauss ? Oui.
Il r�p�te pour la f�te chez Dommayer.
Messieurs. Cet accord doit �tre accentu�.
Ce n'est pas du tout ce que je veux.
Je montrerai votre chanson � M. Strauss.
Permettez-moi de la lui remettre.
Je suis l'amie de quelqu'un qui lui est proche.
Bien, mais surtout, ne l'interrompez pas.
Vous venez voir votre p�re ?
Non, M. Drexler.
- Il est avec une dame. - Je sais, ils m'attendent.
Que voulez-vous ?
Vous demander de faire jouer ce morceau � votre orchestre.
Est-ce mon fils qui vous envoie ?
Non, il n'est au courant de rien.
�tes-vous sa tendre amie ?
Oui, mais j'esp�re que nous nous marierons un jour.
Alors conseillez-lui un m�tier qu'il comprenne.
Ce n'est pas juste !
Vous ne l'avez m�me pas jou� !
Inutile, je sais lire. C'est nul !
Vous croyez �tre le seul � comprendre la musique.
Laissez cette partition.
Depuis le d�but.
Ma chanson.
La comtesse doit suivre par-dessus ton �paule.
Une autre copie serait plus pratique.
Je ne comprends pas.
Ce n'est pas la m�me chanson.
Celle-ci est d�di�e � une Mlle Ebeseder.
Comment �a ?
Je voulais te le dire, Rasi.
C'est la m�me chanson.
La comtesse en a �crit les paroles.
Je ne veux pas causer de probl�me.
Si votre jeune amie veut que la chanson lui soit d�di�e,
faites-le.
Je n'en veux pas. Je ne veux plus jamais l'entendre.
Jouons-la � M. Drexler.
Je ne peux pas la laisser.
Je suis l� pour vous.
Merci, mais certaines choses comptent plus que le succ�s.
Ce n'est pas le discours d'un homme ambitieux.
Peu importe.
Veuillez m'excuser.
Quel idiot.
Laisser une fille comme elle g�cher ses chances.
Les jeunes aiment passionn�ment.
Disons plut�t b�tement et follement.
Je ne vous avais jamais vu perdre votre belle s�r�nit�.
Inutile de nous soucier plus de cette chanson.
Je vais vous la jouer une fois,
puis nous la jetterons au feu.
Attends, Rasi. Laisse-moi t'expliquer.
�coute.
Je veux bien abandonner la musique.
Que faire d'autre ?
Tu abandonnerais la musique pour moi ?
Bien s�r. Tu comptes plus pour moi que l'ambition et le reste.
Je t'aime tant.
J'�tais tellement malheureuse.
Viens, allons trouver ton p�re pour le lui dire.
Non, ma ch�re, nous ne br�lerons pas ceci.
Johann l'orchestrera et cette chanson vivra.
- Pour Herr Johann Strauss. - De la part de qui ?
Madame ne veut pas que je cite son nom.
C'est inutile. Je connais son nom.
La comtesse Helga Von Stahl.
Je pourrais lui en donner un autre si je n'�tais pas une dame.
- Pour toi. - Merci.
Que veut-elle dire ?
Qu'elle veut ton scalp � sa ceinture.
S'il reste une place.
- �coute ce qu'elle �crit. - �a ne m'int�resse pas.
D'accord.
Alors ? C'est donc un secret ?
Bien s�r que non.
Elle veut que j'aille au festival de Saint Stephen pour une surprise.
�coute-moi bien. Va � ce festival et je ne te parlerai plus jamais.
Jusqu'ici, je ne comptais pas y aller.
- Quoi ? - Ne me donne pas d'ordre.
Je ne te donne pas un ordre, mais un avertissement.
Si je veux aller au festival, j'irai.
D'accord, mais tu sais ce que �a signifie.
J'ai tout abandonn� pour toi, Rasi.
Tous mes r�ves.
Je me retrouve artiste en chocolats et en pain d'�pices.
Tu es malheureux, ici.
Je le sais bien.
Je ne suis pas une bonne muse.
- Je n'ai jamais dit �a. - Je le vois.
Retournes-y, donc. Retourne la voir.
Elle peut t'aider.
Il ne sera jamais p�tissier.
Son c�ur n'y est pas.
Il va � cette f�te avec elle.
Une f�te ? Quelle f�te ?
Mais bien s�r, j'allais oublier.
On nous a confi� le buffet du festival de Saint Stephen.
C'est une grosse commande.
- Une autre tasse ? - Merci.
Notre jeune compositeur ne vous int�ressait plus.
J'ai �t� �merveill�e.
On ne peut laisser son g�nie se perdre chez un confiseur.
Tous ses talents g�ch�s avec une fille de p�tissier.
Drexler, vous �tes incorrigible.
- Vous prenez du sucre ? - Un.
Je suis un vieil homme. Laissez-moi rire de mes plaisanteries s�niles.
Mon envie d'aider un jeune musicien ne doit pas vous laisser...
Non, bien entendu.
Et si je le pensais, je le garderais pour moi.
Inutile que le jeune musicien se fasse tuer
par un prince Gustave jaloux.
Vous me donnez une id�e.
Le prince nous aidera dans notre plan.
Ma parole, rien ne vous effraie.
Il a pris le vieux Strauss en grippe.
Il adorerait lui jouer un tour avec nous.
Les pistolets, � 25 pas.
Je ne l'ai donc pas vraiment tu�.
Cela doit �tre mon 50e duel au nom de votre honneur.
Approchez, Gustave.
Je veux vous dire une chose.
- Bonjour, Johann. - Bonsoir.
- Mauvais temps pour la f�te. - Cet orage sera vite pass�.
Toujours optimiste.
Dites-moi...
Je viens vous mener au prince Gustave.
Je n'ai pas de temps pour les princes.
Je dois aller � la f�te.
Sornettes.
- Vous avez le temps. - J'en doute.
Il n'est que 19 h 30.
Seulement ?
Je ne veux pas le voir de toute fa�on.
Je vais jouer ma nouvelle marche pour la 1re fois.
Tous les critiques seront l�.
Le prince a �t� cat�gorique.
Vraiment ?
Il veut vous parler d'une d�coration � laquelle songe l'empereur.
Vraiment ?
L'ordre de Fran�ois Joseph ?
Ce serait difficile.
Ou l'ordre de L�opold ou l'ordre de l'Aigle.
Pourquoi pas le Marie-Th�r�se ?
Dites-lui ce que vous voulez.
Le prince a une grande influence � Sch�nbrunn.
Vraiment ?
Tr�s bien, je vous suis.
Nous avons 40 mn devant nous.
Par ici, M. Strauss. Son Excellence souhaite vous entretenir en priv�.
S�rement un message de l'empereur.
Je vais courir � la f�te avertir que vous arrivez.
Ce n'est pas n�cessaire.
J'ai largement le temps.
Bien travaill�, Drexler.
Suivez-moi.
S'il vous plait. �tes-vous, M. Strauss ?
Non, M. Strauss n'est pas arriv�.
Puis-je attendre ? J'aimerais son autographe.
Oui, mais il tardera encore 30 mn.
Quelles affaires on fait !
D�j� 10 barils de bi�re.
Cette soir�e restera dans l'histoire de la musique.
Qui cherches-tu ?
Dis-moi, Leopold, tu as vu Johann ?
- Non et je n'y tiens pas. - Ne sois pas triste.
Je n'y peux rien. C'est ce que je pense.
Si tu entends un sanglot, ce sera moi qui rirai.
Ne sois pas b�te.
Tu trouveras une fille plus jolie que moi.
Je ne m'inqui�te pas pour �a.
Mais si tu me repousses, je n'ai aucune chance avec elle.
Mieux vaut trouver Johann.
- Bonsoir, Dommayer. - Bonsoir.
Bonsoir, comtesse. Le maestro est avec vous ?
Il ne tardera plus.
Tant mieux. Je m'inqui�tais.
Il est moqueur, mais jamais en retard.
Mesdames et messieurs.
J'ai l'honneur de vous pr�senter le grand Johann Strauss.
Bonsoir.
Herr Strauss, jouez-nous la Lorelei, s'il vous pla�t.
Je suis d�sol�, mais je ne peux pas. J'ai peu de temps.
Elle a les faveurs de l'empereur.
Pour quelques mesures...
Ne vous occupez pas de �a.
- �a ira, merci. - Je suis venu t'aider.
Retourne � ta cavali�re.
Je n'ai pas de cavali�re.
- Je l'ai vue. - Elle n'est pas avec moi.
Tu t'es habill� comme �a pour aider au buffet ?
Non, en effet.
Je suis venu comme invit� de la comtesse.
Mais en te voyant, j'ai chang� d'avis.
Je ne te crois pas.
Carl, approche.
Voil�. C'est mieux ?
J'ai �t� une vraie peste.
On ne se disputera plus, n'est-ce pas ?
Pas si tu �vites la comtesse.
C'est promis.
Je t'aime tellement.
Pourquoi ris-tu ?
Tu dis toujours �a.
Je suis impossible.
Mon ch�ri.
Que se passe-t-il ? Qui sers-tu ? Lui ou les clients ?
�tes-vous l� pour le concert ou le buffet, jeune homme ?
D�cidez-vous une fois pour toutes.
Vous �tes soit musicien, soit p�tissier.
Il vient de d�cider.
Il a choisi la p�tisserie et moi.
Au travail, maintenant. Vois ce qu'on veut boire.
- O� �a ? - Juste l�.
Je n'ai jamais vu le maestro aussi en retard,
en plus de 20 ans.
On commence par Le Beau Danube bleu du jeune Strauss ?
C'est pr�vu.
C'est �trange que le maestro le joue apr�s tout ce qu'il en a dit.
O� est Strauss ? Je ne suis pas venu pour boire.
Si Strauss n'arrive pas, demandons � �tre rembours�s.
Bonsoir, madame.
Restez un instant.
C'est impossible. Je fais le service.
Laissez le service et �coutez-nous.
C'est le grand moment de votre vie.
Rejoignez l'orchestre et jouez Le Danube Bleu.
Mon p�re y consent ?
Oui, il vous offre cette chance.
- L'orchestre n'est pas pr�t. - Si.
Je les ai fait r�p�ter.
Vous ?
Pourquoi, si mon p�re �tait pour ?
Apr�s ce qu'il a dit de votre valse devant son orchestre,
il a �t� trop fier pour le faire lui-m�me.
Que dire ?
Ce n'est pas le moment de parler, mais d'agir.
�coutez-les.
M. Drexler, o� est Strauss ? Expliquez-vous.
Voici M. Strauss.
Une plaisanterie ?
Voici Johann Strauss, le jeune. Il va conduire sa valse.
Je vous sugg�re d'aller l'annoncer.
Attendez. Je ne peux pas.
Si. Il le fera.
- Vous ne pouvez pas ? - Je dois parler � Rasi.
Le temps presse. Vous devez jouer avant l'arriv�e de votre p�re.
Allez-y. C'est votre chance.
Mesdames et messieurs.
C'est avec une tr�s grande fiert�, ce soir,
que la direction des jardins Dommayer
vous pr�sente son programme
pour cette soir�e exceptionnelle.
Vous allez entendre pour la premi�re fois...
Mlle Rasi, ne le retenez pas maintenant.
Depuis le d�but, vous avez d�cid� de me l'enlever.
Oui, j'aimerais vous l'enlever,
mais pas comme vous le pensez.
S'il vous �coute encore,
il n'arrivera jamais au succ�s.
Vous lui avez dit �a ?
Oui, pour �tre franche.
Et je crois qu'apr�s ce soir, il comprendra que c'est vrai.
Ne vous inqui�tez pas.
Apr�s ce soir, je ne veux plus de lui.
Je vous le laisse.
Sa musique, son amour...
Tout est � vous.
F�licitations.
Pourquoi me parles-tu ainsi ?
Car j'ai appris ce soir ce que j'aurais d� savoir.
Nos voies ne peuvent �tre les m�mes.
Comment peux-tu me dire �a � cet instant ?
Je le pense. Va la rejoindre.
Elle peut t'aider.
Elle peut faire de toi un grand homme.
- Qui a maniganc� �a ? Drexler ? - On m'a dit que vous �tiez d'accord.
Je ne le crois pas. C'est l'�uvre de ta ma�tresse.
Mes excuses pour vous avoir offens�.
Ils veulent que vous la rejouiez.
Vous avez bien d'autres morceaux.
Vous entendez ce que vous dites ? C'est mon orchestre.
�coutez-les me r�clamer.
D�sol�, mais ce n'est pas vous qu'ils r�clament.
C'est votre fils.
Vous n'�tiez pas l�.
Oui...
J'�tais en retard.
Je ne suis pas l� et c'est � toi qu'on fait appel.
Un Strauss bien las
et son illustre fils.
Joue quelque chose
� ces abrutis lourdauds. Moi, je m'y refuse.
Ne parlez pas comme �a, je ne voulais pas vous blesser.
Me blesser ?
Me crois-tu aussi faible que toi ?
O� est Rasi ?
Partie.
Partie o� ?
Chez elle.
Rasi n'est pas partie.
Elle aide son p�re � d�barrasser.
Eh bien, j'ai menti !
C'est � mon p�re.
- La comtesse attend chez Dommayer. - Je rentre.
Vous lui devez ce grand succ�s.
� elle et � sa ruse.
J'aurais d� savoir qu'elle mentait.
Je viens d'expliquer � votre p�re que vous n'y �tes pour rien.
Il n'en croira rien.
- Venez ! - Je ne peux pas, merci.
Il rentre voir sa ch�rie.
Une fille formidable qui lui a inspir� �a.
Je suis formidable aussi, qu'attends-tu ?
O� vit-il, Drexler ?
Quelque part sur Schulgasse, je crois.
Vous n'irez pas ce soir ?
Si.
Approchez.
Savez-vous o� vit M. Strauss ?
Le jeune, bien s�r.
Oui.
Dans la petite ruelle, en haut de Schulgasse.
- La maison aux persiennes vertes. - Merci.
Elle va le rejoindre.
- De quoi parles-tu ? - De la comtesse.
Tu crois que �a m'int�resse ?
Nous irons nous amuser ailleurs.
Bonsoir, Excellence.
Alors, Dommayer, avez-vous entendu Le Danube Bleu ?
Si je l'ai entendu ? Je n'ai jamais vu plus grand triomphe.
Vous voyez ! C'est un chef d'�uvre.
Et les paroles... J'ai particip� � leur �criture.
Danube si bleu, si bleu, si bleu
Herr Strauss, f�licitations pour votre brillant fils.
Je f�licite Votre Excellence pour la brillante comtesse.
Vous parlez du po�me ? C'�tait un tort de me le renvoyer.
Je ne parlais pas du po�me.
Elle m'a ridiculis�, ce soir.
Et son talent se surpasse � vous ridiculiser.
- Comment osez-vous ? - Je vous en prie.
Que voulez-vous dire ?
Pourquoi aider ainsi mon fils ?
Par go�t pour l'art.
Et elle est partie le rejoindre pour parler d'art ?
Partie ? Je ne vous crois pas.
Elle est ici. Elle a promis de m'attendre.
Bonsoir, Excellence.
O� est-elle ? O� est la comtesse ?
- Elle �tait l� � l'instant. - Et maintenant ?
Elle doit �tre partie.
Elle est partie ? Mais o� ?
- Elle devait m'attendre. - Je l'ignore.
Je l'ai vu parler � l'aide d'Ebeseder, puis elle m'a dit bonsoir.
Quel aide ? Il y aurait quelque chose entre eux ?
Bien s�r que non, Excellence.
Elle l'interrogeait.
Lequel est-ce ? O� est-il ?
Au buffet, avec une toque blanche.
Tenez-moi �a.
O� est la comtesse Von Stahl ?
Vous voulez vraiment le savoir ?
Efface-moi ce sourire narquois !
Il n'est pas narquois, Excellence. Poli, tout au plus.
Sais-tu o� est la comtesse ?
Elle est all�e chez le jeune Strauss.
Menteur !
C'est la v�rit�. Elle m'a demand� l'adresse.
Donne-la-moi !
Ne lui dis pas !
Parle !
Une maison dans une ruelle. J'ai oubli� son nom et le num�ro.
En haut de Schulgasse.
Pourquoi lui as-tu dit ? Je ne te pardonnerai jamais.
Dans une ruelle. J'ignore le num�ro.
Vite !
� Schulgasse, imb�cile !
Je devais venir vous dire combien je suis d�sol�e.
- D�sol�e ? - Oui.
Je voulais vous aider et je n'ai fait que vous blesser.
Voulez-vous bien me pardonner ?
Ne parlez pas ainsi.
J'ai �t� ingrat de partir sans vous remercier.
Je n'aurais pas d� m'en m�ler.
Vous �tiez heureux dans votre p�tisserie.
Non, je ne l'�tais pas.
L'amour ne suffisait pas ?
C'est difficile lorsqu'on aime la musique autant que moi.
Tout cela est fini, inutile d'en parler.
Tout est fini entre vous et cette jeune fille ?
On ne peut pas vivre sans amour.
Vous croyez ?
Je ne m'y connais gu�re.
Vous �tes si jeune et vierge.
Dommage que vous ne restiez ainsi.
Comment �a ?
Vous n'�tes toujours pas conscient de votre succ�s.
En vous levant demain matin, vous serez c�l�bre.
- C�l�bre ? - Oui.
C'est la raison de ma venue ce soir.
Vous ne serez plus jamais le m�me.
Pourquoi me parler ainsi ? Je ne changerai pas.
Vous �tes tr�s jeune.
Le monde est � vos pieds.
Je n'oublierai pas que c'est � vous que je le dois.
Attendez ici.
Vous voyez quelqu'un ?
C'est une cal�che.
Helga !
Helga !
O� est-elle ?
Qui donc ? De quoi parlez-vous ?
Si vous voulez vous battre, envoyez-moi vos seconds.
Mes seconds ?
Oui. �p�es, pistolets, choisissez.
Que je choisisse ?
C'est l'�charpe de la comtesse.
Vous faites erreur.
Strauss doit �tre un homme heureux.
Mais comment ?
�a alors, Gustave !
Vous nous avez devanc�s.
J'esp�re que vous avez f�licit� M. Strauss comme il le m�rite.
Bien entendu.
Tu vas bien ?
J'en suis heureuse.
Ce qui est arriv� ce soir
ne signifiait rien pour moi,
car j'ai cru t'avoir perdue.
Puis-je avoir votre autographe, s'il vous plait ?
Une minute.
Sous-titres : H�lo�se Chouraki
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